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l'ami et le th(''ologien de M. de Caylus, évêque d'Auxerre. 11 était né à ïretz en Provence en 1680 , et il mourut à Savigni , près de Paris , en 1756 , à 76 ans. On a de lui plusieurs écrits contre la bulle Unigenitus, à laquelle il était fort opposé. Les principaux sont: les trois derniers volumes deVHistoire du livre des Réflexions morales et de la constitution Unigeni us, Amsterdam, 172:1-1738, 4 vol. in-i" ; le premier est de Louai! , ouvrage qui n'a été lu que par les gens du parti ; V Histoire de la condamnation de M. Soanen, évêque de Senez, 1728, in-i% ouvrage du môme genre ; des Observations théologiques et morales sur les deux histoires du P. Berruj/er, en 3 vol. in-12, 1755 et 1756.
CyESAR (Aquilinus-Julius), né à dratz en Styrie, le 1" novembre 1720, mort le 2 juin n92, a laissé divers ouvrages d'érudition utiles par l'immensit'' des matériaux qu'ils renferment, mais où manque l'esprit de critique. Outre plusieurs manuscrits , parmi lesquels on cilait un travail c^msidérable sur l'église d'Ulrecbt , on a de Cœsar : Annales ducatus Styriœ, Vienne, 1768-69-79, 3 vol. in-fol. : il y avait un quatrième volume qui n'a pas vu le jour; Description de la Styrie ( en allemand), 2 vtil. in-8", 1113 ; Histoire politique et ecclésiastique de la Styrie, 7 vol., 1785-88; Droit canonique national de V Autriche, 1789- 1790, 6 vol. in-8".
C^SARIUS. Voy. Césaire.
CAFFARi) (le Père), tiiéatin , est auteur d'une lettre imprimée à la tète du Théâtre Ac Boursault, où il prétend prouver qu'un clirétien peut aller à la comélie. 11 fallait av(jir une opinion bien avantageuse de l'histrionisme pour mettre au jour une assertion si fort opposée aux maximes sacrées de la religion , et si contredite par tous les Pères de l'Eglise. Saint (^hrysostome, frappé du danger que l'on court dans ces lieux de corruption , exhortait les pères et les mères à en écarter leurs enfants. « Lorsque nous voyons, « dit-il , un domestique porter un flambeau « allumé dans ses mains, nous n'avons rien « de i)lus pressé ([ue do lui di'd'endre d'aller « dans les endroits où il y a de l^i [)aille, du « foin, ou toute autre matière combustible , « de jjcur que sans y penser, il ne laisse tom- « berune étincelle qui cuibrase toute lamai- « son. Usons de la môme précaution à i'é- « gard de nos (jnfanls, cl ne permettons jws •< que li'urs yeux se i)orlent sur ces assem- « blées funestes ; et si les personnes qui les « fréquentent demeurent dans noire voisi- « nage, défemlons à nos enfants de les voir, « et de coiivcrsri'avecelies, si nous voulons 0 empôcber que quelque étincelle ne porte « le feu dans leurs Ames , et n'y cause un « dommage irréparable, par un incendie gé- « nérai. » Une nmltitude d'écrivains, ceux môme qui se sont actjnis le plus de célébrité dans ce genre de travail, n'en ont point porté unjugemeiit plus favoraide. «tluidi; enfin jiar « la loi (dit (iresset dans une lettre publiée " eu 175'.)), C(.' Ilamlieau liuniucux, devant qui « Inutes les lueurs des h-mps disparaissent, « devant qui s'évanouissent toutes les rôvc-
« ries sublimes et profondes de nos faibles « esprits forts, je vois sans nuage que les lois « sacrées de l'Evangile et la morale profane, « le sanctuaire et le théâtre sont des objits « inalliables. » Bossuet A&ns, ses Maximes sur la comédie , et le Père Lebrun réfutèrent le Père Cafl'aro qui se rétracta. Il vivait dans le xvu' siècle.
CAILLET (Jean ), jésuite, né k Douai en 1578 , écrivit un ouvrage intitulé : Illustria sanctorum rirorum exempta et facta lectissima per singulos anni dies, en six tomes, et mourut le k septembre 1628.
CAIN, premier fds d'Adam et d'Eve, naquit sur la tin de la première année du monde, et s'adonna à l'agriculture. Jaloux de ce que les oifrandes d'Abel son frère étaient acceptées du Seigneur , tandis que les siennes en étaient rejetées , il lui ota la vie l'an du monde 130. Déchiré par les remords, tremijlant pour sa propre vie, Cam était prêt à se livrer au désespoir; Dieu daigna le rassurer, et le condamna à une vie errante et fugitive sur la terre. 11 se relira à l'orient d'Eden, et eut son lils Enoch, dont il donna le nom à une ville qu'il y fit bâtir; ce qui n'est pas dillîcile à comprendre, vu la nombreuse postérité que leur longue vie donnait aux patriarches. On regarde ordinairement Gain comme réprouvé ; cependant saint Jean Chrysostome croit que Gain a fait pénitence de son fratricide , et qu'il en a obtenu le pardon.
GAINAN, fils d'Enos, père de Malaléel , mourut l'an 2769 avant Jésus-Christ, âgé de 910 ans. il y a un autreGAi>AN,tilsd'Arpliaxad et père de Sala, sur lequel les savants ne sont pas d'accord. Cet Arpliaxad ne se trouve [las dans le texte hébreu ni dans la Vulgate (Gen. xii), mais on le lit dans les Se|)tante, et dans saint Luc., cli. ni, v. 36 : Qui fuit Sale, qui fuit Catnan, qui fuit Arphaxad. Plusieurs interprètes pensent cju'il n'était point dans les anciens exemplaires des Septante , qu'il s'y est glissé ensuite par la faute des copistes , et ((ue de là , jiar une autre faute, il a passé dans le texte de saint Luc, où jusiiu'alors il n'avait pas éti'-. C'est le sentiment de Cornélius a Lapide et du P. Petau. Mirum ridcri non débet, dit ce dernier, si Cainani nomni ex LXX corruplis libris in Erangelium Lucœ redundassc suspicemur. Le P. Poussines, dans un excellent Traité sur la généalogie de Jésus-Chri>t, adopte la mêmeo[)inion, et ajoute: Quis nescit Testamentum novum librorum omnium frequcnlissime fuisse descriptum 't Quod ergo assurli edilioni LXX, jam mcndosœ semidocli (irœculi nd drscrijilionem tÀangeliorum accédèrent, rcsiilurrc ut ipsis quidcmvidcbatur, omissum apuil Lucam nomen nondubilaverunt. (Juœ hallucinalio auctorilatis erudilœ auctorilalem hulniit , ut in omncs brcri coilices vulgaretur , si tnmrn in omnrs. On peut consulter aussi Usserius clic P.Criiret, rjui ont ()ublié des dissertations sur ce sujet.
GAIPUE, grand prêtre des Juifs après Simon, condamna Jésus-Christ à la mort, fut di''l>osé pai- \'dellius , cl se tua , dit-on , do désesiioir. L'évangéliste sainl Jean remarqua'
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que lors même qu'il prononça le jugement inique contre Jésus-Christ , il eut, comme printife des Juifs , une espèce d'inspiration qui lui fit d re une bien grande et respectable vérité : Expedit vobis ut unus moriatur homo pro populo, paroles dont il était bien loin (i(^ comprendre le vrai sens.
CAISOTTI (Paul-Maurice), né à Turin en 1726, lut nommé en 17G1 à l'évêché d'Asti , et mourut en 1786. Il fit bUirun magnifique séminaire , releva les études , et forma un clergé digne de lui. On a de ce prélat une très-bonne Instruction à la jeunesse ecclésiastique, 1775, in-12, en italien.
CAIUS, célèbre entre les auteurs ecclésiastiques, florissait à Rome au ni" siècle , sous le pontificat de Zéphirin et sous l'empire de Caracalla. Il avait été disciple de saint Irénée, ce qui ne l'empêcha pas de rejeter absolument l'opinion des millénaires. Un anonyme, cité par Photius, dit positivement que Caïus était |»rêtre, et qu'il demeurait à Rome. Photius ajoute qu'on tenait encore qu'il avait été même ordonné évèque des nations, pour aller porter la foi dans les pays infidèles , sans avoir aucun peuple , ni aucun diocèse limité. Caïus eut une fameuse dispute à Rome contre Procle ou Procule , l'un des principaux chefs des montanistes, et la mit par écrit da s un Dialogue , qui n'est pas venu jusqu'à nous, non |ilus que ses autres ouvrages. — Il ne faut pas le confondre avec Caïus, macédonien , disci|)le de saint Paul , converti à Coriiithc où il était établi , et où il avait reçu cet apôtre. 11 l'accompagna depuis dans ses voyages, eut part à ses persécutions, et fut pris avec Aristarque par les séditieux d'Ephèse, que Démétrius, orfèvre, avait excités contre saint Paul. On croit que c'est ce même Caïus h qui saint Jean adresse sa troisième Epître dans laquelle il le loue de la pureté de sa foi , et de la charité qu'il exerce envers ses frères et les étrangers.
CAIUS (saint) , originaire de Dalmatie , et j)arent de l'empereur Dioclétien, élu pape le 17 décembre 283, après la mort de saint Eutychien, eut à soutfrir une cruelle persécution qui dura deux ans, [lendant laquelle ce saint pontife ne cessa d'encourager les confesseurs et les martyrs. Il se tint caché durant l'orage, non pas qu'il craignit la mort , mais pour être plus à portée d'assister son troupeau. Il mourut le 22 avril 296. Ses souffrances lui ont mérité le titre de martyr. C'est à l'occasion de ce pajie qu'un auteur très-connu fait la réflexion suivante : « Que « n'eurent point à soulfrir, dit-il, les saints « pasteurs de la primitive Eglise ? Qu'on se « ra pelle qu'ils étaient en bulte aux persé- « cutions des idolAtres; qu'ils avaient conti- « nuellement à lutter contre l'ignorance, la « stupidité , la jalousie , la malice de ceux « qui essayaient de gagner à Jésus-Christ , « et qu'ils partageaient tous les dangers aux- « quels k'urs trouiieaux étaient exposés. » C'est ce pape qui ordonna que les clercs passeraient par tous les sept ordres inférieurs de l'Eglise, avant que de pouvoir être ordonnés évêques.
CAJETAN (Henri), cardinal, mort en 1599, âgé de 49 ans, fut envoyé en France par le pape Sixte-Quint, a|)rès la mort de Henri III, en qualité de légat a latere, pour contribuer à l'élection d'un roi catholique. Il épousa le parti de la Ligue, et soutint les efforts de l'Espagne. Sixte-Quint mécontent le rappela. Cajelan fut ensuite envoyé en Pologne, pour déterminer le roi Sigismbnd à se joindre aux Impériaux contre les Turcs. Cette mission ne lui réussit pas mieux que celle de France. Pendant son séjour à Paris, il avait publié : Lettre à la noblesse de France, 1590, in-8° ; Lettre aux archevêques , évêques et abbés du roi/aume, 15i)0, in-8° ; Missive à la faculté de théologie, 1591, in-8° , et d'autres écrits dans le sens do la ligue.
C.VJETAN (Constantin), abbé bénédictin de Saint-Baronte, au diocèse de Pistoie, mort à Ruine en 1650, à 90 ans, était de Syracuse. II poussait le zèle pour la gloire de son ordre jusqu'au fanatisme. Il crui qu'il l'illustrerait beaucoup, s'il lui donnait tous les grands hommes qu'il pourrait, ou du moins ceux qu'il croyait tels. Après avoir mis dans sa liste une partie drs saints anciens, il travailla à la grossir des saints modernes. Il commença |)ar saint Ignace de Loyola, le fit bénédictin, dans un livre publié à Venise en 1641, in-8°, où il prétend aussi jirouver que le livre des Exercices de saint Ignace n'est pas de lui , mais de Cisneros , religieux bénédictin , et il le prouve très-mal. ( Voy. Ignace. j^La congrégation du Mont-Cassin désavoua Cajetan en 1644. Cajetan ne pouvant faire admettre des jésuites dans son ordre , se tourna du côté des franciscains et des frèri's prêcheurs. Il leur enleva saint François d'Assise et saint Thomas d'Aquin. Le cardinal Cobellucci disait, au sujet de ce voleur de saints, qu'il craignait que Cajetan ne transformAt bientôt saint Pierre en bénédictin. (Voy. saint Benoit.) Il voulut aussi enlever à Thomas à Kerapis la gloire d'avoir fait l'admirable Imitation de Jésus-Christ, et l'attribuer à un moine nommé Cessen. On peut voir combien sa prétention est mal fondée, à l'article Kempis. Il a fourni beaucoup de matériaux à Baronius pour ses Annales , et publié lui-même plusieurs ouvrages en latin.
CAJETAN (Octave), jésuite, habile critique et bon historiographe, né à Syracuse en 1556, mort en 1600, s'est acquis des droits à l'estime de sa patrie par les ouvrages suivants : Vitœ sanctorum siculorum , Palermo , 1652, in-fol. Ces vies sont [luisées dans des monuments authentiques, tant grecs que latins, et rédigées sur des manuscrits précieux par leur antiquité ; Isar/oge ad historiam sacram siculam, Palerme, 1707, in-4°, et dans la collection des historiens d'Italie de Grœvlus ; Animadversiones in epist. Theodosii Monachi, de Syracusanœ urbis expugnatione , dans la collection de Muralori.
CAJETAN (Sébastien), provincial des mineurs observantins dans la province de Labour, au commencement du xvii' sièc/a , a laissé un Commentaire latiiT des décrets de
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la congrégation des rites sur la célébration de la messe.
CAJOT (dom Chvules), bénédictin do la congrégation de Saint-Vannes, naquit à Verdun le"l7 aoilt nu , et prnfossa la pliilosophie et in théi)lo.;ie dans les al)l)ayes de Saint-Vannes et de Saint-Arnould de Metz. 11 mourut le 6 décembre 1807, laissant divers ouvrages dont le principal est intitulé : Rrchcrclirs historiques sur l'esprit primitif et les anciens collèges de Tordre de Saint-Benoit, d'où résultent les droits de la société sur les biens qu'il poss'de, Paris, 1787, 2 vol. in-8°. Cajot s'altactie à montrer dans cet ouvrage due les sociétés religieuses et les ordres de Saint-Benoit ne sont point faits pour se livrer uniiiucuient à la contemplalion; et en remontant aux temps antérieurs , il fait voir que la société de Saint-Benoît particulièremeht dirigeait autrefois des écoles d'enseignement gratuit , des séminaires d'où sortaient des évrV|ues et des prêtres, et s'occupait en grande partie du ministère ecclésiastique; que di'S monastères des bénédictins étaient sortis des religieux qiii avaient porté dans le nord la foi et la civilisation, et il en conclut que pour pouvoir jouir des avantages que la sociét '■ leur a continués depuis ce temps, il faut qu'ils reviennent aussi à leur institution primitive.
CALABRE (EmiE), prêtre de l'Oratoire, savant et pieux, né à Troyes, le k mai 1653 , directeur du séminaire de Soissons, mourut en 1710. On a de hd une Paraphrase sur le Miserere, souvent r.'imprimée.
CALANUS fJuvENci s Goelius), né en Dalcaatie, évêque de Cino-Eglises en Hongrie , vivait dans le xn* siècle. Il est connu par un petit ouvrage, Attila rc.x Hunnorum, Venise, 1502, in-fol. Ou le trouve dans V Apparat ecclésiastique du Pèr* Canisiiis , et dans VApparat à l'histoire de Uongrie, avec des notes de J. Tomka, Presbourg, 1736, in-fol.
CALASIO (Mauio de), franciscain , né dans la petite ville de ce nom ()rès d'Aquila, vers 1550, et mort en 162;) , proi'esseur d'hébreu à Home , composa une excellente Concordance des mots héhreu.x de la Bible , imprimée à Rome en 1621, en ■'» grands in-fol.. et ensuite à Lomlres, 17V7, sous le même format et avec le mèuie nombre de volumes. Cette édition , j)lus estimée que celle de Rome, a été donnée par (luillaume Romaine. Le fond de cet ouvrage, utilf ans hébraisaiit-i, est pris dans la Concordance du rabliin Nathan. Calasioa encore laissé Canaries générales linguœ heliraïcœ.
CALCO (JvryiEs, carme et théologien, né à Pavii' ilans le xvi° siècle, a laissé les l'crils suivants : de Dirorlio Ilenrivi VIII , Anglnrum régis ; île l'urgatorii loco; de Impunitione spirilus , de. Genmlogia Christi; de Filio hotnini».
C.\LDKR JoHj»), né h Aberdeen, fut quejfiuc temps pasteur d'une congrégation de uissidenis près de la Toin- de Londres , et inourni le i.l juin 1H15. ii H2 ans. Il ,-i publii'-: avic Niiliuls , /(■ Bdliillard , accompagné de tiolus, 17b(), <• vol. iii-N"; Les derniers senli-
ments sur la religion de Pierre-François Le Courayer, 1787, in-12. Il a beaucoup contribué h l'édiiion de l'Encyclopédie de Rees , in-fol., et h la nouvelle édition de la Biographie anglaise.
CALDERON (Antoine), né h Baeça, chanoine et professeur de théologie à Salamanque, chargé do l'éducation des infants d'Espagne, fut nommé à l'évèché de Grenade, et mourut avant de prendre possession de son diocèse, le 1 ^jan.irr 165'i. Il composa cinci ouvrages sur l'immaculée conception , et 3 vol. in-fol. sur l'histoire de saint Jacques, patron et c qntaine général des Espagnes , Madrid, 1657 et 1658.
CALDERWOOD, ou CALDWOOD (David), ministre presbytérien , né en Ecosse vers la fin du xvi" siècle, s'appliqua à l'ét nie de la théologie, et fut nommé en 160V ministre de Crelling jirès de Jadbury. Le roi d'Ecosse Jacques VI (OU I" d'Angleterre), aj^ant voulu ramener l'Eglise écossaise à l'uniformité de l'église an,:,licane, rencoi^lra dans Calderwood une gfande opposition bses projets Ce théologien, ayant signé avec quelques autres ecclésiastiqu'S , une protestation contre tout cliangement, il fut cité à com|>araîti e devant une haute commission prési lée par le roi. Bien ne put le fléchir, et il fut condamné au bannissemen'. Calderwood passa en Hollande où il [jublia en 162.3 , sous le nom (l'Iùhcardus Didoctarius , un ouviage intitulé : Altarc Damascenum, in-'i", très-estime dans son parti. On l'a réimprimé en 1708 , sous ce titre : Altarc Damascenum , seu Ecclesiœ Anglicanœ politia, Fcclesiw Scoticanœ obirusa, a formalista guodnm dclineata, illustrata et examinata suh nominc olim Edicardi Didoctavii , studio et opéra Daridis Calderwood, etc. C'est comme nn c )r|)s de controverses sur les points qui divisent en Angleterre les calvirdsies en puritains et en anglicans. Calderwood ayant repassé secrètement en Ecosse , s'occupa de rassembler et de mettre en ordre les matériaux d'une Histoire de l'Eglise d'Ecosse depuis la reformation. Le manuscrit de cet ouvrage, formant 6 volumes in-fol., se conservait h la bibliothèque de l'université de Glasgow, où il existe probablemeni encore. L'auteur en publia, en 1618, un extrait , sous ce titre: Véritable histoire del'Eglise d'£'co«se, 3 volumes, et mourut vers 1638.
CALDIERA , ou CALDERIA (Je*n), écrivain italien du xv' siècle, natif de Venise, professa la médecine h Padoue. Il mourut vers 1V7V, laissant tni ouvrage assez curicut intilubi- : Cnncordiintiœ poctarum , phitosophi>rum et thenlagornm , opus vere aureum, Vcni-^c, Iîiï7, iii-M", fort rar'. Caldiera cherche h prouver, dans ce livre singidier, qin> les vi'rités dogmalKpu's de la leiigion chrétieniH,' se retrouvent dans la mythologie.
CALEB, de la tribu de Jmla, ne l'an ISW avant Jésiis-Chrisl, fut envoyé d.ins la terre; ]>roinis" avec d'autres députes, |>our reronnaltie le pays. Il rassura le peuple d'Israël , épouvanté par le récit de ses rompagntuis de voyage. Jusué et lui furent JCS seuls do
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ceux qui étaient sortis d'Egypte, qui entrèrent dans la terre de proraissinn. Calel) eut pour son partage 1 s montagnes et la ville d'Hébron, dont il chassa trois géanis. Olhoniel son neveu s'i?taiit rendu maître de la villi» de Dai)ir, que l'oncle n'avait pu pren dre, Calel) lui lit épouser sa tille. Ce digne Israélite mourut à l'àgo de IIV ans. Calcb et Josué sont, dans les ouvrages ascétiques, le symbole du petit nombre de chrétiens qui soutiennent avec eoiira^e, confiance et persévérance, les souffrances et les combats de cette vie, et arrivent après un pénible et laborieux voyage au lieu du repos.
CALËCA (ilANUicL], moine grec de l'ordre des Dominicains, vivait dans la dernière moitié du XIV' siècle , et prit une grande part aux disputes qui s'élevaient alors en Grèce sur la procession du Saint-Esprit. Il était du parti qui voulait la réunion à l'Eglise latine, et ses ouvrages ont mérité les éloges des théologiens catholiques. Le plus imiiortant a pour titre : Quatre livres contre les erreurs des Grecs touchant la procession du Saint- Esprit : le Père Petiu en faisait beaucoui)de tas, et Ambroise le Camaldule le traduisit en latin par ordre du pape Martin V. Sa traduction publiée à In,o!>ladt, 161G, in-i°, [lar le P. Slevart , a été reproduite dans le tome XXVI de la Biblioth. patrum , de Lyon. Le iiiéme tome re.iferni" a issi la traduclion latine, par le P. Combefis , de deux autres traités de Caioca sur l'essence et l'opération de Dieu; sur la foi, et les principes de la foi catholique. D'autres ouvrages de Cileca existent en manuscrit '.'ans diverses bibliothèques de Paris, d'Allemagne et d'Italie.
CALENTYN (Pierhe), prêtre et écrivain flamand, mort vers 1383, a publié : une Traduction de l'ouvrage latin intitulé : Méthode de l'aire spirituelleutenl le voyage en Terre- Sainte, de Paschasius, Louvain, 1363, in-12 : l'auteur de ce livre de dévotion suppose un pèlerin qui , ne pouvant se rendre personnellement à Jérusalem, y veut aller du moins en esprit. La route et le retour sont divisés en autant de statinns qu'il y a de jours dans l'année ; Via crucis a domo Pilati ad Calcariœ montem, ibid., 156S ; Les sept heures de la sagesse éternelle, composées, il y a plus de deux ce7itsans, par Henri Suzo, nouvellement traduites en flamand, Louvain, 1372, in-12; Petite crèche pour recevoir V Enfant-Jésus , imprimé 'nlasuilodiiLit jonché delleurs, deV. iHensberch, en flamand, Louvain, l(jW,in-16. . CALENUS, ou VAN-CAELEN (Henri), né à ifeéringue, petite ville de la principauté de Liège , vers 1582 , ayant achevé son cours d'études à Louvain , fut nommé curé d'Asche , puis de Sainte-Catherine à Bruxelles , archiprêtre du doyenné de la même ville, et chanoine de la métropole de Malines. Comme il avait donné une magnifique approbation au trop fameux ouvrage de Jansénius, celuici, en faisant don du manuscrit à son chapelain, le chargea de le remettre à Calenus et à Froimond, jiouile rendre public. L'Augustinus parut [)ar leurs soins en 16i0, et depuis ils furent deux des principaux conseil-
lers de l'archevêque Boonen,dans les démêlés que ce livre occasionna. Il fut nommé par ce prélat à l'archidiaconé de Malines, et par Philippe IV à l'évôché de Ruremonde. Mais cette dernière nomination lui devint inutile h cause do son attachement à la doctrine de J.nisénius , qu'il soutint être celie de saint Augustin, même après avoir signé une formule d'abjuration entre les m'iins de l'internonce de Bruxelles. Il mourut le 1'» février 1631, afirès avoir publié Déclaration véritable de M. Calenus , nommé à iévéché de Ruremonde, en 1 itin et en français, Bruxelles, 16+6, in-i% et quelques ouvrages.
CALIGNON ( PiEHHE- ANTOiJiE d'AmbksiECx de) , a minier du roi et vicaire gé néràl d'Embrun, descendait, par les femmes, de Sotfrey de Caligno^j, qui travailla avec de Thoii à rédiger ledit de Nantes, et naquit à Greenwich près Londres , en octobre 1729. Il embrassa l'état eixlésiaslique en France, où il rentra en 1773 , fut reçu bachelier de Sorbonne et nommé aumôni r du roi à Genève, où il officiait |)our les catholiques chez le résident de France. Il eut occasion de connaître Voltaire, qui faisait gran 1 cas de ses talents et qui no pouvant concevoir que la religion et la foi pussent être le partage d'un homme instruit, lui disait souvent: « Avec l'esprit que vous avez, vous chantez a Dieu ! » Calignon jirofessa ensuite la rhétoriqu3 à Lyon , devint chanoine de Crépy, en Valois, et s'adonna pendant quelques annét'S à la prédication avec beaucoup de succès. Nommé depuis grand-vicaire d'Embrun, il étudia avec beaucoup de fruit , l'italien , l'anglais et surtout l'hébreu, sous l'abbé Lavocat. Lors de la révolution , il se rendit à Ponthierry, [irès de Melun, où il vécut ignoré avec sa sœur , et mourut le 25 décembre 17 3. On a de lui plusieurs ouvrages, entre autre : l'^îJeM sinc're , ou Lettres à une mère sur les dangers que court la jeunesse en se livrant à un goût trop vif pour ta littérature , 1768; Tableau des grandeurs de Dieu dansl'é' connmie de la religion, dans l'ordre de la société, et dans les merveilles de la nature, in-12, iliiO ; Dictionnaire de t'elocution française, 1 vol. in-8 ' ; Yllommc consolé par lu religion, ode couronnée à Rouen par l'académie de l'Immaculée Conception, en 1775. On regrette que l'abbé Calignon n'ait point fait imprimer ses sermons, qui ne sont point sans mérite , et ne seraient point son moindre titre à l'estime des littérateurs. (M. Barbier prétend , dans son dictionnaire des Anonymes , que ces trois premiers ouvrages ne sont pas de l'abbé Calignon.)
CALINI (César) , jésuite , né à Brescia , mort à Bologne , en i7i9, est auteur de plusieurs ouvrages sur la théologie , la morale, l'Ecriture sainte , et de dissertations trèsétendues sur le gouvernement des Hébreux.
CALÎXTE ((jeokges , théologien luthérien, né il Médelbx dans le Holsteiu en 1586 , fut professeur do théologie à Helmstadt en 1614-, et njourut en 1636. Ou a de lui un traité lalin contre le ci'libat des clercs, 1031, in-4-% et d'autres ouvrages fanatiques , quoique en
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beaucoup d'endroits il soit plus raisonnable et plus réscivé que la ]ilupart des chefs des nouvelles sectes. On appelle de son nom calixlins, les luthériens qui reçoivent les calvinistes à leur communion. On donna aussi ce nom à des sectaires de Bohôme, au commencement du XV' siècle , parce qu'ils croyaient l'usage du calice absolument nécessaire au peuple. Un certain Jacobel , prêtre, fut l'auteur de cette doctrine. Le concile de Bàle crut les réunir à l'Eglise en leur accordant la communion sous les deux espèces : Roquesane, jirétre ambitieux, empêcha, malgré cette condescendance, la réunion des sectaires avec le saint-siége. Luther les attira enlin dans son parti. Voy. VHist. des Var., liv. xi.
CALLENBERG ( Jean-Henri ) , théologien luthérien et savant orientaliste , naquit en 169i dans le pays de Saxe-Gotha. Après avoir fait ses études à l'université de Halle, il y enseigna successivement la philosophie et la théologie, et s'a ionna ensuite aux missions, pour lesquelles il composa un grand nombre de livres élémentaires, qu'il ht imprimer à ses frais et dans sa maison où il avait établi une imprimerie arabe et une hébraïque; car son zèle s'étendait aussi à la conversion des Juifs répandus dans le Levant. On vit sortir de ses presses des traductions de la Bible et divers livres ascétiques. Il mourut en 17C0. Ses principaux ouvrages sont : Prima rndimenta linguœ arabica, 1729, in-8' ; Kurze anleitimg zur judisch-tentschen Sprache , 1733, in-8°, au((uel il joignit, en 1736, un petit dictionnaire. C'est une grammaire élémentaire de Ihébreu corrompu que parlent les Juifs d'AUemagnf ; Scriptores de religione muhammcdica, 1734, in-S° ; Specimni indicis rentin (1(1 liltcraluram arnbirnm prriiiiniliiim, i'''i^,\n-H';Spe(imrnt)ibliotlirc(Farcihir(r.\l'36, in-8"; Repertorium litterarium topicum, 1740, in-8° ; Grammalica limjuœ grœcœ rithjaris , paradigmata rjusdem , 1747, in-8° ; Relation des voyages erdrepris pour le bien de l'ancienne chrétienté d'Orient, 1737, en alleuiand. Des traducl ions arabes du Catéchisme de Luther , du Nouveau Testament, du Traité de Grotius sur la vérité de la religion chrétienne, etc. Callenberg s'occupait avec zèle de la [irospérité d'une mission que l'esprit seul du protestantisme ne pouvait laisser subsister longtem|is, et ijui tomba entièrement vers 1792.
CALLISIO (.VIauin), franciscain, professeur d'hébreu à Rome, composa une Concordance de la Rible, imprimée dans cette ville en 1021, in-4° et in-folio: elle est curieuse et trcs-ruchercliée des amateurs.
<;ALLIXTE 1" ouCAl.LISTK fsaiiit), succéda au pape Zi^pliiiin en 219, et souffrit le martyre le 14 octobre 222, selon d'autres en 22.'{ ou 224. C'est lui (pu lit consiruire le célèbre cimetière de la voieAppieuTie. Ouolqucs martyrologues ne hii (ionncnt tpn' le titi'e di' Confesseur ; peut-être parce (pi'il est difticile de croire qu'il soit mort jiour la foi sous .Mexandre-Si'vère, ami des (•hr(''tieiis ; mais celte difliculté cosse dès qu'on fait at-
tention qu'il fut tué dans une émeute populaire et jeté dans un puits ; genre de mort qui marque assez qu'd n'y eut rien de légal dans la cruauté exercée envers lui. Quoique les actes de son martyre ne soient pas authentiques, rien n'engage à les contredire .sur ce ()oint. On jteut consulter Be sancto Callisto papa , ejiisque basilica S. Mariœ trans Tiberimnuncupata, disquisitiones duœ criticohistoricœ; auctorePetro Moretto, Home, 1752, 2 vol. in-folio Saint Urbain I" lui succéda.
CALLIXïE h, flis de Guillaume le Grand, comte de Bourgogne, archevêque de Vienne enl083, succéda au pane Gélase H, et fut couronné à Vienne le 9 lévrier 1119. Ce prélat révéré pour ses mœurs et sa sagesse longtemps éprouvées dans le gouvernement de son diocèse, était d'autant |)lus propre au pontificat , qu'il en connaissait mieux la charge, et témoignait moins d'envie de s'y voir élevé. Son premier soin fui de procurer la réunion de l'Eglise, et d'étouil'er jusqu'aux principes du schismi" en Allemagne. A cet effet, après avoir célébré un concile à Toulouse pour réprimer les sectateurs de Pierre de Bruis etde Henri son disciple, qui rétablissaient les dogmes et les pratiques détestables des manichéens sous des foi'mes nouvelles, il tint le premier concile général do Latrau en 1123, auquel assistèrent des prélats de toutes les régions de l'Occident, dont lo archevêques, plus de 200 évoques, et une inQnité tant d'abbés que d'autres ecclésiastiques constitués en dignité. Ony Uitlescanonsqu'il avait dressés au nombre de cinq contre la simonie, les investitures faites par l'autorité séculière, les usurpations des biens ecclésiastiques, l'incontinence des clercs, et contre ceux qui laissaient leurs bénéfices |)ar droit d'héritage, ou qui exigeaient des rétributions pour l'adminislration des sacrements et pour la sépulture ; et dès qu'on y eut Iraité , avec autant de sagesse que d'éloquence, delà distinction entre la puissance de la royauté et ci'lle du sai-erdoce, Callixte H fulmina l'anathème contre l'antijjape Maurice Bouruin, qui avait {)ris le nom de Grégoire eU'envoya au monastère de Cave, pour y faire pénitence. Peu de tem[is après, Callixte 11 fut attaqué d'une maladie violente, (pii l'empurta le 12 ou 13 décembre 1124, au grand regret du monde chrétien. « En moins de 0 années do « l)0iitilicat, dit un histmien véridi [ue , il « avait pacifié rE;.ilisi' et rem|)ire, ré|)aré les «fautes ou les lail)les-;es de ses |irédéces- « seurs , rétabli l'auldrilé du ^aint-sié{JO et «toute la splendeur de l'ordi'e hiérarchique. « Il avait trouvé le moyen de ranu'ucr l'abon- (( (lance et la sphMideur dans Home. Il n'y " remit |)as M'ideinent en ii^nneur les mo- « numeuls anli(|ues, maisil y ajouta plusieurs « aipH'ducs pour la conunoililo des dilfércnts « (piarliers delà ville, rebAtit réghsedcSnint- " Pierre, et lui doiuia des ornements magni- " li(pies. >i 11 e.sl liinilalfur (le l;ibba\e do Boimevaux en Dauphiue. Honoré 11 lui succéda.
CALLIXTE III, né à Vnlcnco en Espagne, dont il devint aiclicvê(iuc, élu pape le 8 avril
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IVoo, après la mort de Nicolas V, mourut le 6 août 14oS. Ce ponti-fe, qui se nommait avant son élévation, Alphonse do Borgia, honora sa dignité par ses vertus, sa science et son désintéressement, dont il avait donné , avant son élévation, des niar([ues éclatantes, lorsqu'étant évèque et cardinal, il ne voulut-jainais accepter aucun bénélice en commande, disant qu'il était content de son épouse, c'està dire de son église de Valence. Quoiiiue dans un Age fort avancé, il n'avait rien perdu de sa fermeté ni de sa vigueur. Le roi d'Aragon, au service duquel il .avait été attaché, et qui prétendait le régir encore sur le trône pontifical, lui ayant fait demander par ses ambassadeurs couunent il voulait vivre avec lui : Qu'il gouverne ses états, répondit le pape, et quil me laisse gouverner l'Eglise.
CALLIXTE m, autipa|)e , élu en 1159, concurremment avec Alexandre IIL Voy.
Alexandre IU.
CALLYiPierre), né h Mesnil-Hubert, près d'Argentan, dans le diocèse de Séez, fut professeur d'éloquence et de philosophie à Caen en 1660. 11 se fit beaucoup d'ennemis en professant le premier en France la philosophie de Descartes. 11 s'occupa aussi beaucoup de la conversion des protestants, et il mourut en 1709, principal du collège des arts de cette ville. On a de lui : une édition de l'ouvrage deBoëce Deconsolatione philosophiœ, adusum Delphini, avec un longCommentaire; Universœ philosophiœ instil^ttio, Caen, 1695, k vol. in- !*■', ouvrage dédié à Bossuet; Discours en forme d'homélies, sur les miracles de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui sont dans l'Evangile, Caen, 1703, 2 vol. in-8°. Il s'est fait plus connaître par un ouvrage moins utile, mais plus singulier, intitulé : Durand commenté, ou l'Accord de la philosophie avec la théologie, touchant la transsubstantiation, 1700, in-12. 11 y renouvelle le sentiment de Durand et prétend que s'il y a transsubstantiation dans le mystère de l'eucharistie, il faut qu'il reste quelque chose de ce qui était auparavant le pain. L'évèque de Bayeux s'éleva contre ce sentiment, et Cally se rétracta ; il voulut même lire l'instruction à son prône, (juoique l'évèque l'en eût dispensé, et il eut soin de dire à ses paroissiens qu'il était l'auteur du livre et qu'il le rétractait. Cette simplicité et cette humilité font honneur à son caractère et à sa religion. On ajoute qu'il supprima, autant qu'il fut en son pouvoir, les exemplaires de son ouvrage.
CALMET (dom Augustin), né à Mesnil-la- Horgne, près de Commercy ( Lorraine ) en 1672 , bénédictin de Saint- Vannes en 1688, fit paraître de bonne heure de grandes dispositions pour les langues orientales. Après avoir enseigné la philosophie et la théologie à ses jeunes confrères, il fut envoyé en 1704 à l'abbaye de Munster, en qualité de sousprieur. Il y forma une académie de huit ou dix religieux, uniquement occupés de l'étude des livres saints. C'est là qu'd composa en partie ses Commentaires. Dom Mabillon et Je célèbre abbé Duguet l'ayant déterminé à les publier en français, plutôt qu'en latin , il
suivit leur conseil ; mais on peut bien dire que sa docilité fut excessive et le conseil inconsidéré. Sa congrégation récompensa ses travaux en le nommant abbé de Saint-Léopold de Nancy en 1718, et ensuite de Sénones en 1728. Il mourut dans cette abbaye en 1757. Ses vertus ne le cédaient point à ses lumières. Il avait du savoir sans morgue, et de la piété sans rigorisme. Son caractère était plein de douceur et de bonté. L'étude ne lui fit pas négliger l'administration du temporel de son abbaye ; il y fit des réparations et des embellissements, et augmenta beaucoup la bibliothèque. {Voy. sa Vie, in-8% par dom Fange, son neveu et son successeur dans l'abbaye de Sénones.) On a de lui un grand nombre d'o;ivrages, dans lesquels on remarque une érudition vaste sans être bien dirigée et bien choisie. Commentaire littéral sur tous les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, en 3 vol. in-V, imprimés de[)uis 1707 jusqu'en 1716, réimprimés en 26 vol. in-V , et 9 infol. et abrégés en li vol. in-4.°. On a donné une nouvelle édition de cet abrégéen 17 vul. in-4% à Avignon: grand répertoire dps philosophes modernes, où ils vont chercher leurs objections contre l'Ecriture sainte , qu'ils assaisonnent de mille manières diverses, enlaissrmt toujoursles réponses décote. « C'est dans cette énorme compilation, dit « un critique , que les auteurs de l'Histoire « universelle, publiée par des Anglais , ont « recueilli les resplendissantes lumières dont « ils ont brillante leur ouvrage. Mais ce plagiat « ne fait pas un bon fondement de justifica- « lions. Que cet infatigable bénédictin ait eu « l'imprudence de rassembler toutes les ab- « surdités pro[)res à affaUjlir, à anéantir le « respect dû aux livres saints ; que, jiar une « im(irudenceplusgrave, il ait accumulé cette « multitude de visions et de folies, sans pren- « dre au moins régulièrement le soin de di- « riger, de classer lesidées qu'elles font naî- « tre : qu'enfin, par une autre imprudence, « il ait mis en langue française un recueil, « qui, sous toutes les considérations possi- « blés , ne comportait point l'usage des « idiomes populaires, du moins son ouvrage, « par sa nature et par son titre, n'était pro- « prement que du ressort des théologiens ; il « n'y avait que des personnes attachées par « état ou par goût à l'étude de la Bible qui « pussent être tentées de le lire. Mais Vftis- « toire universelle est une lecture destinée à « tous les états, à tous les âges, assortie à « tous les goûts : si la pédanterie ou la mé- « chancelé vient à la barbouiller de contes «obscènes ou impies, l'étendue du mal que «produit un tel ouvrage, se mesure néces- « sairement sur le nombre et l'incapacité des « lecteurs. On ne peut qu'apidaudir à la sage «vigilance d'un illustre magistrat, qui dans « une grande ville des Pays-Bas fit défense « aux libraires de le distribuer. » Les Dissertations et \(!S préfaces de ses Commentaires, réiinjiriiiiés séparément à Paris en 1720, avec 19 Dissertations nouvelles, en 3 vol. iii-!i-°. C'e^t la partie la plus agréable et la plus recherchée du Commentaire de dom Calmet.
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Il compHe tout ce fju'ona avancé avant lui sur
la matière qu'il traite ;mnisilestrare qu'il fnsse penser. 11 y a plus de faits qued riMlexioris ; mais comme la plupart de ces faits intéressent la curiosité des éruilits, ce recueil a été très-bien accueilli. L'Histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament, \io\ir servir d'iniToàuctionhV Histoire ecclésiastique de Fleury, en 2 et h vol. m-k\ et en 5 et 7 vol. in-12. L'auguste sim|ilicité des écrivains sacrés y est conservée, et leur récit est souvent appuyé de l'autorité.des histoires profanes. 11 y adopte la clironologied'Usserius. L'édition de Paris i;e 1723, in-12, fourmille defauti'S. Dictionnaire historique, critique et chronologique de kl Bible, l'aris, 1730, en 4 vol. infol., avec des figures et une bibliothèque sacrée à la fin. Doui Calmet y réduit par ordre 8lp!;abétique tout ce qu'il avait répandu dans ses Commentaires. C'est un ouvrage d'un but utile et respectable, où la science théologi([ue, celles des langues, des antiquités saintes et profanes, concourent à répandre dis lumières sur les endroits obscurs de l'Ecriture, et où , par le moyen d'un ordre facile et connu, le lecteur est dirigé d'abord vers l'objet dont il veut s'occu -er. C'est dommage que l'érudition l'emporte souv.nt sur l'exactitude, sur une critique exacte et sévère, que les diflicultés y soient quelquefois ()roposées du même a;;gravées, plutôt quevérilablementéclaircies.etqu'on y ti'ouve la pUqiart des défauts ou des inconvénients du Commentaire. L'abbé Rondet en a donné une nouvelle édition, coriigée et augmentée, en 6 vol. ni-8", Toulouse, 1783. Du lesle, il ne faut pas confondre ci; savant ouvr.ige avtc le Dictionnaitc de la Bible, par l'abljé Barrai, compilation superlicielle, pleine de fautes de tous h s genres, qui ne donnei'a certainement pas une idée .pisle des saints livres. On dirait qu'on s'est attaché de|iréférenceaux traits qui, dans un état isolé, sans nuance et sans ensenilde, peuvent alimenter l'esprit (le dérision et de satire. Un homme d'un srns droitel solide a nonnné ce Dicliounairi> le persiilage de l'Hisloir;' sainte. Histoire ecclésiastique et civile de la Lorraine, in-fi)l., 3 vol., n'imprimée en 5, 1745: la meilleure qu'on ail publiée decetle province. Bibliothèque des écrivains de Lorraine, in-ful., 1751 i Histoire (jénéalof/ique de lu maison du Chdtvlet, branche puinre delà maison de Lorraine, Nancy, 1741, iu-i'ol.; Histoire universelle sucrée et profane, en lo vol. in-4°. Cet ouvragii n'est pas encore achevé. C/autour n'est trop éloudu fur l'iiistoire erclésiasliquc et mouasliipic. A cela près, l'ouvrage est •savant et a>sr/. driaillé. Il copie uu peu trop les liislurieus moilernes, nu lie i d'aller à la hource. Dissertations sur les apparitions des unyes, des démouh et des esprits : 1 1 sur les refunnls et vampires dr flonqrie, l'.iiis, 174G, in-12, fl Kinsidii'n, I7'i',», 2 vol. in-12, n»mpilatioij sans cruique , faite par un vieillard octogénaire. Commentaire littéral, historique et mural sur la riqle de suint-lli noit, 3 vol. in-4", tic. Les cilalious répandues dans ces ouvraije^i sont souvent fausses, parce qu'il a
presque toujours cité après d'autres. Dom Calmet était aussi hundtle que savant : il rclusa coiistamraent l'évèché in partibus que lui offrit Ili'uoît Xlll. Il s'était composé luimôme cette épitaphe
Fraler Anguslinus Calmet
Nalione (îallus, religione caiholko-rotnanusi
Prolïssione niooaclius, iioiiiine abbas,
lUtilluni legil, scripsH, oravil.
liliiiain bene !
— r>I.Migne a publié le Dictionnaire historique, archéuloç/ique, philologique, chronologique, géographique et littéral de la Bible, de dom Calmet, 4 édition, revue, corrigi'c, complétée et actualisée par M. l'abbé A. -F. James, de 1) Société Asiatique de Paris, 1840, 4 vol. in-4°.
GALONNE (l'abbé de), frère du ministre de Louis X\ 1, était avait la révolution grandvicaire et chanoine de Cambray ; il fut arrêté à Nogent-sur-Seine, qu Iques jours api es le 14 juillet, comme il chi reliait à émigrer: parvenu cependant à Coblentz, il y seconda son frère qui, à cette époque, avait obtenu la conOance des [irinces émigrés. Dans un des voyages que les deux frères lirent eu Allemigne, ils coururent grand risque de la vie, leur voiture ayant été nréci|)ilee dans le Riiin. Au milieu du [)éril ,labbé de Galonné eut la présence d'esprit de se saisir du j)ortefeuillo il de le tenir élevé au-dessus de l'eau, jusqu'à cequ'on fût venuà h'ur secours. Après la dispersion de la cour de Goblentz, il se retira à Londres, où il établit avec .\I. de Montlosier, un journal français intitulé : Le Courrier de l'Europe, qui contenail des aperçus politiques assez remaïquables et qui a été continué. Dos biugra]»hes l'ont fait mourir en 179J : la vérité est que vers cette époque il quitta l'Angleterre pour passer au Canada, ou il s'établit aux Trois-Kivièrrs, en qualité tie cuié et chapela n d'une communauté de religieuses ursulines. Il lit un voyage à Londres en 1801 ; mais il retourna presque aussitôt au Canada, où il est mort au mois d octobre 1822. On trouve dans l'Ami de la Religion et du Roi, une Lettre de l'aiibé de Galonné, écrite du Canada, sur l'ostensoir donné par Féiiélon à la cathédrale de Cambray.
CALOV en latin Ca/wr/w.» Abraham), théologien luthérien, né en 1G12 ii Mohrungcu (duché de Bruuswii k], ft successivement visiteur des églises et des écoles du cercle de Samlaiiile en Prusse, conseiller de justice, recteur du tolfge de Danlzig, profi-sscur en théologie à Willeuberg. »l y tcuioigna beaucoup d'aigreur contre ceux qui travaillaient h l'éuiur les dill'i'ri'ules set les de l'empire, dont le cliel' était Ceorges Gulixle. On appela les partisans do Caluviuii, culovien*, commii ou nommjiit les autres calixlius. H mouiul le 2'J février l(i8G. Il est auteur d'ui grand uombiii d'ouvrages, la iilupnil h l'occasion de ses disputes , entre aulr< s : //»«luriaSyn<:retistica, 1(182; Crilicus sucer Bibli eus ; Cousidcrulio urminiunismi ; Socintanis mus profligatHs, etc.
CALVI.N \JtANj, naquit à Noyou «u liiOU,
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