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d'un tonnelier qui devint notaire et procU' reuv tisc.il de l'évôché. Jean fut pourvu dès l'.â^'e de douze ans d'une chapi'ilenie dans l'église de Noyon, et ensuite de la cure de Pont-l'Evêque, auprès de celte ville, quoiqu'il n'ait jamais été élevé au sacerdoce. Après avoir étudié le droit à Orléans , il alla prenilre des leçons <i Bourges, oii il connut le luthérien Wolmar qui lui apprit la langue grecque, en luênie temps qu'il lui donnait du goût pourda lilierté de penser. 11 passa de là à Paris, où il se lit connaître, en 1532, par son Commcnt.iire sur les deux livres de ëénèque , de la Clémence. Ayant mis à la tête de cet ouvrage le nom de Calvitius, on i'a depuis appelé Calvin, quoique son véritaljle nom lut Cauvin. Ses liaisons avec les partisans de la nouvelle doctrine, et sou ardeur à la soutenir, l'obligèrent de quitter i'aris. Retiré à Angoulèrae, il y enseigna le gi-ec et . prêcha ses erreurs. Il courut ensuite à Poitiers, à Nérac, de Nérac ii Paris; mais, craignant toujours qu'on ne l'arrêtât, il se rendit à Bàle. C'est dans celte ville qu'il publia son livre de l'Institution chrétienne, en Jatin, dont la meilleure édition est celle de Robert Etienne, 1533, in-Iol. Il composa cet ouvrage fameux [luur servir d'apologie à ses disciples condamnés à morl par François I". C'est l'abrégé de toute sa doctrine. Ce fut le catéchisme de tous ses disciples. Il embrassa la plupart des sentiments de Luther : ma. s il enchérit beaucou|> nu-dessus. La présence réille, la prédestination absobie aux peines de l'enfer, sont les deux points principaux sur lesquels il ne s'accorde pas avec lui. A travers les expressions fortes dont il se §ert en parlant de la présence du corps et du s.nng de Jésus-C irist dans l'EMcnaristie, on voit qu'il lieuse (jue le corps du Sauveur n'est réellement et suiistantiellenient que duns le ciel. F.n blàmantles erreursrépandues dans cet ouvrage , on doit lo,.cr la pureté et l'élégance du style, soit en lalin, soit eu français; car le nouvel a|iùtrele conq)Osa dans ces deux langues. Onydécouvre un espritsubtijet pénétrant, unhommeinstruitdans l'éttid^ de l'Ecriture et des Pères; mais toutes ses qualités sont ternies par le peu de disceriieuientdans le choix des O[iiuions, par des décisions téméraires et des déclamations em|iorttes. Les principales erreurs répandiies dans cet ouvrage et dans celui de la Cène, sont que le libre arbitiu a été éteint entièrement par le péché, et que Die. i a créé les hommes pour être le partage des démons ; non qu'ils l'aient mérité par leurs ciimes, mais parce qu'il lui plait ainsi. Les vujux, si l'on en excepte ceux du baptême, sont une lyrannio. 11 ne veut là culte extéiieur, ni invocation des saints, ni chef visible de l'Eglise, ni évèques, ni prèti es, ni fêles, ni croix, ni bénédictions, ni aucune de ces cérémonies sacrées que la religion reconnaît être si utiles au culte de Dieu, et la philosophie être si nécessaires à des hommes matériels et grossiers, qui ne s'élèvent, poui- ainsi dire, que par les sens à l'adoration de l'Etre suprême. 11 n'admt't «{ue deux sacremeutSj, le baplême et la
cène. Il anéantit les indulgences, le purgatoire, la messe, etc. Le patriarche de la nouvelle réforme, après ditléreutes courses en Suisse et su Italie, vint s'établir h Cenèvo, où il fut fait prédicateur et profes'eur en théologie. Une dispute sur la manière de cé-^ lébrer la cène, l'en fit chasser au bout de 2 ans, en 1538. Rappelé après trois ans de sé^ jour à Strasbourg, il y fut reçu comme le pape de la nouvelle église. Genève devint dès lors le théâtre du calvinisme. Il y établit une discipline sévère, fonda- des consistoires, des colloques, des synodes, des anciens, des diac es, des surveillants. Il régla la forme des prières et des prêclies, la manière de célébrer la cène, de b qjtiser, d'entei'rerles morts. 11 dressa, de concert av. c les magistrats, un recueil des lois civiles et ecclésiastiques, approuvé alors par le peujde, et rej;ardé encore aujourd'hui comme le code fondamental de la république. Il fit plus, il établit une espère d'in(iuisition, une cliainbre consistoriale avee droit de censureel d'excoiiimunicdiim. Cette religion, qu'on a crue être jilus favorable à cette libellé qvn est l'essence des républiques, eut pour auteur un hi;mme dur jusqu'à la tyrannie. « Calvin, dit un auteur moderne, «avait tout l'orgueil du génie qui croit sen- « tir sa supériorité, et qui s'indigne qu'on la « lui dispute. Quel homme fut jamais plus « tranchant, jilus impéiieux, j lus décisif, « plus divinement iufdilhi.le à son gré ? La «moindre opposition, la moindre objection « qu'on osait lui faire, était toujours une « œuvre de Salan, un crim.) digne du feu, » Le médecin Michel Servet lui ayant écrit quelques lettres sur le mystère ee la Trinité, Calvin s'en servit [.our le faire brûler vif, ne pensant plus à ce qu'il ..vait érrit lui-même contre les persécuteurs des hérétiques. D'autres temps, d'autres sentiments. Poursuivi en France, il écrivit contre les intolérants ; maître à Cenève, il soutint qu'il fallait condamner aux flammes ceux qui ne pensaient pas comme lai ; et cet homme qui comptait pour rien l'autorité de l'Eglise universelle, voulait être l'arbilre de toute croyance. Valenlin-Gi'iitilis, autre arien , commençant k faire du bruit, le p.,triarclie de Genève le fait arrêter, le condamne à faire amende honorable, et l'oblige de se sauver à Lyon. Gentilis et Servet avaient tort sans doute ; mais dans les iJiincipes de Calvin, il leur était aisé de se justifier : leur droit d'interpréter l'Ecriture égalait à tous égards celui du patriarclie de la réforme [Yoy. Lestulus Sci- Pio-N, Servet). Son parti fut regardé par tous les autres protestants comme le jdus fier, le plus inquiet et le jilus séditieux qui eût encore paru. Le chef traita ses adversaires avec un eiopei tement indignenon-seulement d'un théologien, mais d'un honnête homme. Les épilhètes de pourceau, d'dne, de chitn, de e«et'a/,de taureau, (ï ierognc, d'enragé, étaient ses compliments ordinaires. Cette grossièreté brutale n'empêcha pas qu'il n'eût beaucoup de sectateurs. Ce culte, nu et dépouillé de tout, qu'il avait introduit, fut un appât pour les esprits vains , qui croyaient par ce moyen,
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sYlever au-dessus des sens, et se distinguer du vulgaire. Calvin mourut à Genève l"an 156i, dans le désespoir, et d'une maladie horrible, si l'on en croit un de ses disciples, témoin oculaire. Calvinus in desperatione finiens vilain obiit, turpissimo H fœdissimo tnorbo, qucm Detis rebeUibits cl makdictis comminalus est, pj-iiis cxrruriatus cl ronsumplns. Quod ego verissime altcslari audeo , qui funeslum cl Iragicum illius cxitum cl cjrilium his mets ocmUs prœsens aspexi (Joan. Haren. Apud Petr. Cutseaiium). On a toujours regardé Calvin comme le second chef du protestantisme, et l'abbé Hérault en a parlé de la manière suivante : < Calvin, dit-il, moins vo- « luptueux que Luther, ou plutôt plus gêné «parla faiblesse de sa coraploxion, puisqu'il « ne laissa pas de s'attendrir pour Idelette, « sa cJjère anabaptiste; moins emporté, moins « arrogant, moins sujet à lajactance,étaitd'au- « tant plus orgueilleux, qu'il se piquait da- « vantage d'ôtre modeste, que sa modestie «même faisait la matière de son ostenlation; « intinirnent [tlus artiticieux, d'une malignité « et d'une amertume tranquilles, mille l'ois « plus odieuses que tous les emportements « de son |)récurseur. Orgued qui perçait tous « lesvoiles dont il s'étudiait à s'envelopper ; « qui, malgré la bassesse de sa ligure et de « sa physionomie, se retraçait sur son front ■■( sourcilleux, dans ses regards altieis, et la « rudesse de ses manières, dans tout son « commerce et sa familiarité même, où, al)an- « donné à son humeur chagrine et hargneuse, « il traitait les ministres, ses collègues , avec « toute la dureté d'un despote entouré de « ses esclaves. Mais sur quoi fondé, ce ré- « formateur s'est-il arrogé sa mission ? Sur « le dépit conçu de ce qu'on avait conféré « au neveu des connétables de France lebé- « néfice que l'orgueil extravagant de ce petit- « tils de batelier briguait pour lui-môme. On « peut se souvenir qu'avant ce refus, il avait « déclaré que s'il l'essuyait, il en tirerait une « vengeance dont il serait parlé dans l'Eglise « pendant plus de cinq cents ans : aussitôt « qu'il l'eut essuyé, il mit la main à l'établis- « sèment de sa réforme. » Les ouvrages de cet hérésiarque ont été inqirimés à Amsterdam en 10()7, quoique le titre porte 1671, en 9 vol. in-fol. Ses Conmientaires sur l'Ecriture en sont la jjartie la plus considérable. L'auteur, très-médiocre hébraisant, lésa remplis, suivant l'abbé de I-onguerue, de sermons, d'invectives et de sens étrangers. On voit briller dans la plupart de ses autres écrits du savoir et de la pénétration. Rien ne le flattait davantage que la gloirede bien écrire. Vestpliale, lulhi'rien, l'ayant traité de déclamateur : « Il a beau faire, ri'jiondit Calvin, ja- « mais il ne le persuadera à i)ersonne ; ''uni- « vers sait avec quelle force je presse un « argument, avec (juclle ])récision je sais n écrire. » Et jiour prouver (pi'il n'est pas di'ilamateur, il dit .i son (Tilj(|uc : Ton école n'esl qu'une puante élable à pourceaux., m'enlends-lu, chien? m'entends-tu bien, frénétique.' tn entends-tu bien, grosse béte'f Uiieis mots liaus la bouche d'un réformateur ! Les cu-
rieux recherchent un Traité singulier de Calvin : Psyeopannichie, ou Traité de Jean Calvin , par lequel il veut prouver que les âmes veillent et vivent après ([u elles sont sorties des corps; contre les erreurs de quelques ignorants qui pensent qu'elles dorment jusqu'au dernier jugement, l'av'\s, 16^8, in-8°. Comme Calvin niait l'existence du purgatoire, il eût été plus conséquent de laisser dormir les âmes que de les éveiller pour ne savoir où les mettre, au moins celles (pii n'étaient ni assez pures pour aller au ciel, ni assez coupables pour aller en enfer. Théodore de Bèze, son disciple, a écrit sa Vie. On en a une autre sous le nom de Papire Masson, Paris, 1611 , in-i°, que l'on croit être de Jacques Guillot. Quanta l'esprit de sa secte, on peut en prendre aussi une idée juste dans les lettres même de Calvin, et dans les maximes qu'il prêchait à ses disciples. « Lesjieuples accou- « rent de toutes parts, » dit-il dans une de ses letlres, écrite à M. du Poét, qu'il traitait de Monseigneur et de Général de la Religion enDauphiné, « pour recevoir le joug des mis- « sions. . . Grand fruit, maintes richesses... « Et si les papistes disputent la vérité de « notre religion, ils ne pourront lui disputer « la richesse. Vous seul travaillez sans relil- « che et sans intérêt. Ne néglige/, nullement « l'agrandissement de vos moyens : viendra « un temps où vous seul n'aurez rien acquis « en ces nouveaux changements : il faut que « chacun songe à son intérêt. Moi seul ai « négligé le mien,dontj'ai grande repenlance. « Ainsi ceux à qui j'ai occasionné d'en acqué- « rir, prendront souci de la mienne vieillesse, « qui est sans suite. Vous, au contraire, Mon- « seigi.eur, qui laissez vaillante lignée, bien •/ disposée à soutenir le petit ti'ou[)cau, ne « les laissez sans nujyens grands et puissants, «sans lesquels bonne volontéserait inutile.» « Que le loi » (dit-il dans une autre lettre, écrite au même du Poët), « fasse ses proces- « sions tant qu'il voudra, il ne pourra em- « pêcher les progrès de notre foi ; ses haran- « gués en public ne feront aucun fruit que «émou voir peuples déjà trop portés au soulève- « ment... Ne faUes faute deuéfaire le pays de « ces zélés fa(juins rjui exhortent les |)euples 0 i)ar leurs discours à se roidir contre nous, «noircissent noti'e conduite, et veulent faire « passer pour rêverie notrecroyance. Pareils « monstres duiveiil être élouH'és comme fis « ici en l'exécution de .Michel Servet, espa- «gnol. A l'avenir ne pense|)as que personne « s'avise di! faire diose semblable. »
CAMBACftufiS (l'abbé uk! , tils d'un conseiller il la cour des aides, comples et linances du Languedoc , ni' à Monl|)ellier en 1721 , mort dans la même ville le(j novembre 1802, fut archidiacre dans l'église de celte ville. En 1757, admis h prêcher devant le roi , il ne craignit pas de montrer la ("écadence do l'Kt.it dans les progrès de l'irréb.gion. l'n Panégyrique de saint l.oui.^, (pi'il prononça dcv.int 1 .Vcadémie française en 1708, acheva d'élablii' sa réputation. Aux talents d'un oratiiir cliri'lien, d joiginl l.i jir.ilique des >ertiis évangéliques. Ou a de lui des Sermons, 1781,
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3 vol. in-<2. 11 en donna en 1788 une nouvelle édition, même format, précédée d'un Discours préliminaire , où les preuves de la religion sont présentées avec force et clarté. On en a donné une troisième édition il y a i(uel [ues années. Son Panégyrique de saint Louis avait aussi été publié en 1768, in-4°.
CAMBACÉIIÈS (Etiennk-Hubert de), cardinal, frère de Cambacérès , qui fut archichancelier sous l'empire, naquit à Montpellier le 11 septembre 1756, et débuta dans la carrière ecclésiastique en obtenant un canonicat à l'église de Saint-Pierre de cette ville. Il demeura dans l'obscurité jusqu'à l'époque de l'élévation de son frère au second consulat. Nommé archevêque de Rouen le 12 avril 1802, il fut décoré de la pourpre romaine l'année suivante, et fait sénateur le 1" février 1805. Quoiqu'il ait exprimé dans un mandement publié en 1806 les sentiments dont il était animé pour l'heureux chef à qui lui et les siens devaient tant, cependant son refus d'assister au mariage de Marie-Louise et sa résidence dans son diocèse montrent qu'il ne fut point un courtisan obséquieux. Quoiqu'il eût adhéré à la restauration de 1814, Napoléon lui donna dans les Cent-Jours le titre de pair, qui ne lui fut point maintenu sous la seconde restauration. Le cardinal de Cambacérès mourut à Rouen le 25 octobre 1821.
CAMBIS-VELLERON (Joseph-Louis-Domi- NiQDE, marquis deI , né à Avignon, en 1706, d'une famille ancienne du Comtat Venaissin, servit en qualité de capitaine dans un corps de dragons, puis obtint pour retraite la place de lieutenant-général de l'infanterie du Comtat, alors sous la domination des papes. 11 s'était formé une riche bibliothèque dont il publia le Catalogue raisonné à Avignon , 1770, in-4° de 766 pages , et qu'il se proposait de donner à la ville d'Avignon sous la condition do la rendre publique ; la mort, qui le surprit en 1772, l'empêcha de réaliser ce projet. On a de lui : la Relation d'un niiracle opéré à Rome en 17i2,par l'intercession de saint François-Xavier , trad. de l'italien, Paris, 17i4, iii-18 ; Réflexions critiques et his toriques sur le panéfiyrique de saint Agricold (parle P. Eusèbe Didier, récollet), 1755, in-4-°; Supplément servant de réplique à la réponse du P. Didier, 1755, in-4° ; Additions au mémoire historique et critique (de Secousse) de la Vie de Roger de Saint-Lary de Bellegarde , Paris, 1767, in-12. 11 a laissé les manuscrits suivants, conservés dans sa bibliothèque : y'ies de madame de Chantai, de saint François de Sales, et de l'hermite de Gens; les Annales du Comtat Venaissin, 5 vol. in-fol., et {'Histoire particulière de la ville d'Avignon, in-fol. ■ — Cambis (Richard-Joseph de), sieur de Fargues, a publié : un Recueil des saints qui sont honorés dans Avignon, in-12; la Vie de saint Benezet , Avignon , 1670, in-12, sous le nom de Disambec , ana^rannne de De Cambis. 11 laissa en manuscrit des Mémoires sur les troubles et séditions arrivés dans Avignon depuis 1661 jusqaes et inclus l'année 1663, in-fol. il avait été témoin des événements qu'il rap-
D.1CT. VE lilOGUAPHiE RELIG. I.
porte. Voy. le Catalogue raisonné des manuscrits de Cambis-Velleron, page 'p74..
CAMBRY (Jeanne), tille de Michel Cambry, docteur en droit , naquit à Touinay. Elle jouissait d'une grande fortune et possédait tous les avantages qui plaisent dans le monde; m;iis elle prit la résolution de tout quitter pour se consacrer à Dieu, et elle prit le voilo dans l'ordre de Saint-Augustin, où elle était connue sous le nom de Jeanne-Marie de la Présentation. Elle se dévoua tout entière pendant quelques années au service des malades dans l'hôpital du Maine, puis elle se fit recluse à Lille en 1625, et consacra son temps à des lectures spirituelles , h la méchtation, et à la composition de quelques ouvrages de piété. On a d'elle un Traité de la ruine de Vamour-propre et du bâtiment de l'amour divin. Jeanne Cambrv mourut le 19 juillet 1629.
CAMERARIDS (Guillaume), noble écossais, de jésuite devenu oratorien, prit la jilume contre ses anciens confrères. Il vivait vers le milieu du xvii" siècle. On a de Camérarius des écrits de philosophie, de théologie ; un recueil de quelques traités des Pères qui n'avaient pas encore vu le jour, et quelques autres ouvrages. Voy. Chalmers.
CAMERINO ( François i>e), religieux italien de l'ordre des Frères-Prêcheurs, se distingua dans les missions de l'Oi ient. En 1333, il se rendit à Avignon, avec un Anglais nommé Richard, près du pape Jean XXU, à qui il lit part du désir que témoignait l'empereur Andronic de se réunir à l'Eglise romaine. Le pape le fit ordonner archevêque de Vospro ou du Bosphore, et Richard fut sacré évoque in pfnlibus; tous deux partirent pour Constantinopie avec le titre de nonces, et munis de lettres et d'instiuctions relatives à la réuni<m (les Eglises grecque et latine. Mais le latriarclie, connaissant l'ignorance de sou clergé, refusa d'ouvrir avec les nonces les conférences que le peuple demandait , de s(jit(! que le voyage de Camérino n'eut aucun effet.
CAMERON (Jean), professeur de grec à silascow en Ecosse, sa patrie, pissa trèsjeune en France l'an 1600. enseigna à Bergelac, à Sedan, h Saumur et à Montauban. C'était un protestant modéré. S'étant opposé, en 1625, à la fureur des huguenots révoltés contre Louis XIII, il les irrita tellement qu'ua d'entre eux faillit le faire expirer sous le bâton. 11 mourut de chagrin peu de mois après, à Montauban, âgé de i6 ans. Il était persuadé qu'on pouvait se sauver dans l'Eglise romaine, et il en suivit , à quelque chose près , la doctrine sur la grâce. (Voy. sa Defensio de gratia, Saumur, 102i, iu-S".) Sa modéraiion déplut aux f;iiiatiques de son parti, mais elle lui mérita l'estime des gens impartiaux. Parmi ses ouvBges on distingue son Myrothecium crangelicum, Saumur, 1678, 3 vol. in-i", plein de remarques, où son savoir brille autant que son jugement. On loue encore ses Prœlectiones thcologicœ , Saumur, 1626 et 1628, 3 vol. in-i", et Genève, 1659, in-fol.^ écrites d'un style un peu diffus, mais net.
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CAMERON (AncHiBALi») , ministre presbytérien eu Ecosse, humme d'un caractère singulier, et chef de la secle des caméroaiens, qui, non contents d'avoir fait schisme avec les autres presbytériens, poussèrent la fanatisme jusqu'à déclarer Charles II déchu de la couronne, et se révoltèrent. En 16.!0, sous le règne de Guillaume 111, ils se réunirent aux autres presbytériens. Mais en 1706, s'étant rassemblés en grand nombre, ils recommencèrent à exciter de nouveaux troubles en Ecosse, et prirent les armes près d'Edimbourg. Des troupes réglées qu'on envoya contre eux les dispersèrent bientôt. A cette dangereuse bizarrerie de système et de conduite, il est aisé de reconnaître le génie caractéristique des sectes de tous les siècles.
CAMPANELLA (Thomas), dominicain calabrais, né dans un petit bourg nommé Stillo, le 5 septembre 1568, s'attira des disgrûces par sou humeur turbulente et par son esjjrit inquiet et dangereux. 11 fut mis en prison, accusé d'avoir voulu livrer la ville de Naples aux ennemis de l'Etat, et d'avoir des sentiments erronés. La suite vérilia mieux cette dernière accusation que la première. Campanella fut 27 ans en prison. Il y essuya jusqu'à sept fois la (|uestion pendant 21 heures de suite, et n'en sortit qu'à la sollicitation du nape Urbain VIII. Il vnit à Paris en 1G24, y lut protégé par le cardinal de lUchelieu; et y mourut eu 1039, à 71 ans, pour avoir pris de l'antimoine. On a de lui des écrits de philosophie et de théologie , dans lesquels il se montre plus singulier que judicieux. 11 avait de l'esfirit, mais peu île jugement, et il fut encore un de ces écrivains qui se plaignent toujours des autres et n'ont à se plaintire que d'eux-mêmes. Celui de tous ses ouvrages qui a fait le plus de bruit est son Allieismus triuinp'idCus. llome, in-lol., lt)31 ; Paris, 1636, in-i". Ouoique les bibliograiihos rangeit ordinairement cet ouvrage parmi les apologistes de la religion, on prétend qu'il serait mieux
Elacé paimi ses adversaires. En faisant semlant d'y coiidiattre les athées , Cam[)anolla semble les favoriser, en répondant très-faiblement aux arguments qu'il leur prête, d"ùù Tient qu'on a dit qu'il aurait dû lintiluler : Alheismus triumphans. C'est la seule raison qui peut le faire rechenher, quoiqu'il ne mérite pas d'être lu. Sa Monnrvliia Messiœ, 1633, iu-V'', est encore au nombre de ces livres qu'on recherche et (ju on méprise. Voy. le seiuiôme volume des Mémoires du P. Ni- Céroii.
CA.MPANILE (Jean -Jérôme), docteur en droit, évoque de Lncor.lone, puis d'Isernie, est auteur du Divcrsurium jnris canonici, Najdes, 16:10, in-fol., tt do |ilusiiurs autres ouvrages moins importants. 11 mourut à Naples en 1626.
CAMPANILE (le Père), religieux dominicain et missionnaire, né, en 1762, à Saint- Antime près do Naples, s'applupia d'abord à renseignement, puis s'attacha au collège do la Pio|iegan(le do Rome. En 1802, il fui envoyé dans l'Orient avec le titre di> jirffcl dos missions de la Mésopotamie et du Kurdistan
Le P. Campanile gagna au catholicisme dix villages assez considi'rables , et décida les évéques catholiques chaldéens résidant à Alkuse à se soumettre au saint-siégi' , et à renoncer au droit qu'ils s'étaient arrogé de nommer leurs successeurs sans l'approbation du jiape. Après treize années de travaux , le P. Campanile revint à Naples où il prêcha avec un giand succès, et fut nommé professeur suppléant de langue arabe à l'Université de celte ville. En 1818, il publia une Histoire du Kurdistan et des sectes religieuses qui s'y trouvent, ouvrage intéressant qui contient des détails nouveaux sur les usages de ce pays. On a encore de lui quelques autres écrits. 11 mourut à Naples le 2 mars 1835.
CAMPBELL (Georges) , théologien écossais, né en 1096 dans le comté d'Argyle , professa l'histoire ecclésiastique à l'Université de Saint-André et obtint ensuite une petite cure dans les montagnes de l'Ecosse. 11 mourut en 1757, laissant quelques ouvrages: un Discours sur les miracles, trad. en français par JeandeCastillon,Utr('cht, 1763, in-12; un Traité sur la vertu morale, et une Défense de la religion chrétienne, 1736, qui in.lisposa le clergé écossais contre l'auteur, parce qu'il y exprimait des opinions cont; aires au calvinisme.
CAMPBELL (Jean), né à Edimbourg, le 8 mais 1708, consacra toute sa vie aux travaux du cabinet. Quoitiue d'une complexion délicate, sa sobriété lit qu'il jouit d'une assez bonne santé, et véi ut jusqu'à l'âge ue 67 ans, étant mort le f"8 décembre 1775. On lui doit grand nombre d'ouvrages, entre autres: Histoire militaire du prince Eugène et du duc de Marlborough, 173(i, 2 vol. in-fol.; Vies des amiraux et des autres officiers de la marine anglaise qui se sont rendus célèbres, Londres, 1712, 2 vol. in-8°: on y trouve beaucoup de particularités toucliant les colonies cl lu commerce de l'Angleterre. 11 avait été lait agent de la colonie de Géorgie en 1705, ce qui lui procuia beaucoup de renseignements. Voi/nges et aventures d'Edouard lirown, in-8*; Mémoires du duc de Jiipperda, 17V0, in-S°; ///*• toire abrégée de l'Amérique espagnole, 1711, in-8° ; Collection de voyages, 2 vol. in-fol. : elle peut servir de suite à celle de Jem Marris: Biographia Britannica. 17'»5-1718. 2 vol. in-fol.; L'Art de prolonger la vie cl la vigueur de l'esprit, 17'^!), in-8^ 11 est fail sur le modèle tlu Hygiaslicomie Lessms, si ce n'iii est I as la traduction. 11 a travaillé en société- h la jiartie di,' l'histoire modorno dans l Histoire unicersplle , par une société d'.\n,-l.ns qui semblent avoir pris à lAche de dé-iijurer tous les nioniim' nts liislorKiues [Voy. C\lmet) On a encore de Campbell une Dissertation sur les miracles, l'aris, 1767, où il réfuie VEssiii sur les miracles , etc. , do David Hume.
CAMPE (JoAciiiM-IIi Nni), célèbre écrivain allemand, né en 17'i6 à Deusen, dans la princi[)auté de Brnnswick-Wolfenbiilel , accepta une jilace d'aunn'iiiipr dans le 1" régiment du prince do l'russe en garnison à Postdam, à lauuellu il rwiuuçii JNeiitôt pour
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se livrer uniquement à l'éducation delà jeunesse. Le mauvais état de sa santé le détermina à voyager en 1789, et il se rendit à Paris. Il fut du nombre ues savants étrangers auxquels l'Assemblée nationale offrit le titre et les droits de ciloyen français. Di'goûté du monde et des affaires, il se retira dans sa maison de campagne près de Brunswick, et il mourut le 2i novembre 1818. 11 a publié un très-grand nombre d'ouvrages en allemand, qui lui assurent un rang dislingué parmi les écrivains de sa nation. On admire surtout, dans ses livres d'éducation, le don rare de faire concevoir aux enfants les idées les plus abstraites, et la facilité avec laquelle il s;iit conformer sou langage au degré de leur intelligence. Ils sont (11 outre écrits d'un style pur et naturel. Les principaux sont: Conversations philosophiques sur la révélation indirecte de la religion et sur Vinsiiffisance de quelques démonstrations qui les concernent, Berlin, 1773, in-o"; Commentaire philosophique sur ces mots de Plutarque : La Vi rtu est une longue habitude, ou de la Manière dont se forment les inclinations vertueuses, Berlin, 177i, in-8°; les Facultés de l'âme humaine de sentir et de connaiire, considérées la première d'api'ès ses lois, et toutes les deux d'apr:^s l'influence qu'elles exercent l'une sur l'autre, et de leurs effets sur le caractère et le génie, Leipzi,,, 1776, in-S" ; Conversations relatives à l'éducation, avec Basedow, Dessau, 1777, 4 cahiers in-S°; Petit livre de morale à l'usage des enfants, Brunswick, 1777, in-8°, trèssouvent réimi^rimé. 11 a été aussi publié en latin sous ce titre : de Mor'ibus libellas siurgularis, 1781, in-ij°, et Irad. en français, Paris, 1799, in-12; Recueil de différents mémoires sur l'éducation, Leipzig, 1778, 2 vol. in-8°; Compendium artis vivctidi ex Erasmi Rolerodami iibro de civililate morum puerilium, Haudjourg, 1778, in-H" ; Petite Bibliothèque des enfants, Hambourg, 1779, 12 vol. in-lO, et Brunswick, 1782, 12 vol. in-12, trad., en français dans la Bibliothèque géog aphique et iuttructive des jeunes gens, publiée jiar Breton, et imitée par Berquiii dans son Ami des enfants ; De la sentimentalité et de la sensibilité sous le rapport de l'éducation, Hambourg, 1779, in-8°. Ce petit traité, qui a pour objet d'enseigner les moicns de conserver l'équilibre entre les facultés humaines, a été réimprimé sous ce titi'e : Des soins nécessaires pour conserver l'équilibre entre les facultés humaines, et Avis particulier contre le vice moderne de l'exaltation de la sentimentalité dans la révision générale des matières relatives aux écoles et à l'éducation ; Le nouveau Robinson, Hambourg, 1779, 2 vol. in-S". Ce n'est point une traduction du Robinson Ciusoë. Camp'e n'en a conse vé ([ue ie fond; et en adoi-tant la forme du dialo,j,ue qui amène des exp.icùtions très-instructives, il en a fait un des meilleurs ouvrages élémentaires que l'on puisse mettre entre les mains des etifanls : il a été traduit dans toutes les langues, et il en existe plusieurs traductions françaises. La plus répandue est en 2 vol. in-12, Paris, 1818; La Découverte de l'Amérique, pour l'ins-
truction et l'amusement des jeunes gens, Hambourg, 1781, 3 vol. in-8°. Plusieurs éditions de cet ouvrage, qui fait suite au précident, ont aussi obtenu le plus grand succès. Il a été traduit en français, Paris, 1822, 3 vol. in-12; et 1827,2 vol. in-12, avec 8 fig., sous ].•, titre de : l'Histoire et découverte de l'Amérique. Cette dernière traduction n'est pas aussi complète que la précédente; mais elle renferme tout ce qu'il y a de plus intéressant. L'auteur s'est borné à en retrancher quelques longueurs et les germanismes qui déparaient cet ouvrage. Petite Psychologie pour les enfants, Hambourg, 1780, iii-8°, avec 4 jilanc'iies; et Brunswick, 1 Oi, traduite en fiançais sous le litre d'Eléments de psychologie, ou Leçons élémentaires sur l'âme, à l'usage des enfants, Genève, 17S3, in-12, avec l(i planches ; Théophron, ou le Guide de la jeunesse, Hambourg, 1783, plusieurs éditions. Il a été traduit en français, Brunswick, 1798, in-S"; Conseil paternel à ma fille, 1789, in-H". C'est le pendant du précédent ouvrage; Révision générale de toutes les matières relatives aux écoles et à l'éducation, Hambourg, 1785-92, 15 vol. in-8°. On y trouve réuni tout ce qui a été écrit d'utile sur l'éducation, par Quintilien, B'énéion, Locl.e, Rousseau et les moralistes de tous les âgys. Campe a enrichi le tout de notes, d'observations et de discussions importantes, qui ne sont pas ce qu'il y a de moins bon dans ce recueil. On en a publié un extrait , Wurtzbouig, 1800, 3 vol. iu-8\ Lettres écrites de Paris pendant la Révolution, 1791), in-8''; Echantillon de quelques essais pour enrichir la langue allemande , Brunswick, 1791,1792 et 1794 , in-S". Dictionnaire pour expliquer et pour rendre en allemand les expressions étrangères que la langue allemande a été contrainte d'adopter, servant de supplément au dictionnaire d'Adelung, ISOl,
2 vol. iii-4° ; Essai pour fixer d'une manière plus positive et rendre en allemand les termesscientifiques de la grammaire, 1804, m-^"; Mémoire pour servir au perfectionnement ultérieur de la langue allenutndc , par une société d'amis de celte langue, Bruiswick, 1795-97,
3 vol. en 9 [laities, in-8°; Dictionnaire allem.'.'n(i, Brunswick, 18j7-i8ll , 5 vol. in-4'; Voyage en Angleterre et en France en forme de lettres, Brunswick, 1S03, 3 vol. in-8°, avec iig. Campe a été aussi un des éditeurs du Journal de Brunswick pendant les années 1788 et 1789.
CAMPÉGE ou CAMPEGGI (Ladrent), Bolonais, cardinal de la cré.ttion de Léon X, avait été marié avant (|ue d'entrer dans letat ecclé-iastique. Clément VU l'envoya, en 1524, en Allemagne, avec la qualité de légat, pour assister à une nouvelle diète convoquée à Nuremberg; mais il ne put rien obtenir de cette assemblée. Quatre ans après, en 1528, on l'envoya à Londres pour être adjoint de Volso./' dans le jugement sur le divorce de Henri Vil» avec Catherine d'Aragon. Il dit à l'un et à l'autre ce qu'ils devaient attendre d'un légat sage et pacilique. il allégua au roi le tort qu'il faisait à sa réputation, le mécontentement des Anglais, le désespoir d'uue
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Krincesse pleine de vertus et de raison, 'ayant pu rien obtenir de l'opiniAtreté de Henri, il voulut, dit-on, persuader à la reine de se laisser séparer d"un éfioux dont clie n'avait ni le cœur ni la confiance ; de sacrifier ses droits au repos de l'Europe, menacée de la guerre et d'un schisme; mais cette proposition ne peut s'entendre que d'une simple séparation, et point de la dissolution d'un mariage reconnu valide, et que nulle autorité ne pouvait rompre. 11 est reconnu que chez les catlioliques aucune cause, pas même colle d'adultère (qui d'ailleurs n'était pas le prétexte allégué par Henrij, ne peut délier le nœud du mariage. On sait encore que l'opinion contraire a été re.jetée au concile de Trente, et combien de désordres elle a occasinniiés clie^ les protestants, oiî elle a introdu; lune véritable polygamie. Campége n'ayant rien pu conclure revint à Rome, et y mourut en 1339. On trouve plusieurs de ses lettres, importantes pour l'histoire de son temps, dans le recueil intitulé : Epislolarum miscellanearam libri X, BAIe, looO, in-iol. Sigonius a donné la Vie de ce cardinal, qui a été traduite en français par Maucroix, Paris, 1677,
CAMPÉGE ou CAMPEGGI ( Alexandre ), lils du précédent, devint coadjuteur de l'archevêque de Bologne , et fut ensuite vicelégat d'Avignon. Créé cardinal en 1551 par Jules III, il mourut trois ans après, âgé de 50 ans. On lui attrilnie un traité De Auctoritate pontificis romani. — Son frère, Jean- Baptiste, fut évèque de Majorque. On a de lui une harangue qu'il prononça au concile de Trente : De tiiendardigione, Venise, 1561, in-V°.
CA.MPÉGE ou CAMPEGGI (Thomas \ neveu du cardinal Laurent Campeggi, l'accompagna dans plusieurs légations, lui fut associé dans le gouvernement de Parme et de Plaisance, et lui succéda, en 1539, dans l'évcché de Feltri. L'année suivante, Paul III l'envoya , en qualité de nonce, à la conférence qui fut tenue à Worms, entre Eckius et Philippe Mélanchthon, et qui fut presque aussitôt rompue que commencée. En 15'»5, il assista à l'ouverture du concile de Trente, en qualité d'adjoint aux légats du sainlsiége, et tit décider, dans la seconde session, qu'on traiterait ensemble les dogmes et la réforraation. Ce prélat mourut h Home le 11 janvier 136V, à 6i ans. Il a laissé plusieurs petits traités j)leinsile niiHliode et de clarté. Le plus considérable, qui est très-rare, est intitulé De auctoritate SS. Cvnciliorum, Venise, loijl. L'auteur y enseigne que le pape ne pourrait Ctre déjiosé par un CDUcile que d.iiisle cas où il serait tombé dans l'hérésie; que, régulièrement, c'est au jinpo h coiivoijuei- les conciles ; mais qu'il ^oll refus les cardinaux, les princes iirotecleurs des saints canons, et mOme les 6vé(jues, de leur prolire mouvement, peuvent y pourvoir ; que c'est au pape h publier ou conlii mer les décrets des conciles. Enfin il ne reconnaît jioinl l'infaillibilité iKjur les faits, mais uniqueuionl pour les ilécisiuiis de la foi. Outre
ce traité, Campége en a laissé plusieurs sur la résidence des pasteurs, qu'il enseigne être de droit divin, contre la pluralité des bénéfices, et sur plusieurs autres maiières. Dans son Traité sur le célibat ecclésiastique, il prouve qu'il ne faut point abolir la loi qui oblige au célibat ceux qui sont dans les ordres sacrés.
CAMPEN (Jean van den ), savant hollandais, naquit dans l'Over-Yssel, aux environs de la ville de Cainpen, vers l'an 1490, tit de grands progrès dans l'étude des langues grecque, latine, hébraïque, et fut professeur d'hébreu à Louvain pendant plusieurs années. De là, il voyagea dans une : grande partie de l'Europe : la peste l'enleva | à Fribourgle 7 septembre 1538. Nous avons de lui : une Grammaire hébraïque en latin, imprimée sous ililléients titres à Paris, 1520 et 1533; Louvain, 1528. Elle est fort méthodique ei dégagée des ennuyeuses minuties dont on a farci la plupart de celles qui ont paru depuis. Paraphrase et interprélation des psatimes selon la vérité hébraïque, en latin, dont il y a eu un très-grand nombre d'éditions dans le xvr siècle, à Nuremberg, à Lyon, à Paris, à Anvers , à Strasbourg , à B;de. Elle a été traduite en français, en allemand, en flamand et en anglais; on a ioint à quelques-unes de ces éditions une Paraphrase sur VEcclésiaste du môme Campen.
Cet auteur a fort bien saisi le sens littéral de la plupart des psaumes et expliqué heureusement une partie des difficultés qui s'y rencontrent.
CAMPEN ou KAMPEN (Jacob de], l'un des chefs des anabaptistes que Bécold, ait Jean de Leyde, qui venait d'être couronné roi de cette secte dans un cimetière de Munster, envoya dans les Pays-Bas répandre ses monstrueuses erreurs sur la Trinité et sur l'Incarnation. (Campen reçut, en 153V, le |)rétendu titre dévèque d'Amsterdam. Jean de Leyde lui adjoignit Jean de Géléen, en le chargeant de soumettre cette ville et la Hollande au royaume 4/8 Sion. Mais le complot fut découvert, et Géléen fut tué d'un coup de mousquet en se défendant dans unetourd'Amsterdam où il s'était retiré. Campen réussit à se cacher pendant jilus de six mois; découvert dans un amas de tourbes, il fut condamné à avoir la langue et la main droite coupées, et enlin ;i avoir la tète tranchée. Sa tôte et sa main furent exposées, attachées au fer d'uiKî lance.
CAMPESIER ( Lambert ) , dominicain saxon, donna une édition d'Erasme, dont il retrancha tous les endroits qui attaquaient l'état religieux.
CAMPHAUl Jacqies), théologien du xV siècle, (le loidre des dominicains, iiacjuil vers rVVO ;i Gènes Ses supérieurs l'envoyèrent terminer ses (''tudesiiOvford.i l il vroçul le ;-radc de licencié d.ins la l'aeuPé de pliilnsoiihi(!. Après son retour en liaiie. il publia un ouvia^een itiiliensons ce tilie latin : De immortalilc.lr anirniv, opufculum in mOdiim dialogi, |u<'nnère édiiioii, Kome, U72 , in-fol. de 25 Icuillels, imprimé jiar J.-Ph.
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Lignarainc. Celte édition est fort rare. Les bibliographes en citent quatre autres qui sont aussi très-rares, savoir : Milan, l.'i.75; Vienne, 1477; Cosenza, 1478, les trois in-4.° ; Brescia. 1478, in-fol.
CAiMPl ou CAMPO (Pierbe-Marie), prêtre de Plaisance dans le xvii' siècle, est compté par les Italiens pour un des bons historiens de cet Etat. Son Histoire ecclésiastique de Plaisance, écrite en italien, fut imprimée à Plaisance môme, en 1661-1C62, en 3 vol. in-fol. Elle passe pour exacte. On a encore de lui la Vie du pape Grégoire X, Rome , 1655, in-4% en latin.
CAMPIAN ou CAMPIEN (Edmond), jésuite, né à Londres en 15'i-0, étudia à Oxford, oii il fit de grands progrès dans les belles-lettres, et prit le diaconat selon le rit de la religion anglicane. 11 embrassa ensuite la religion catholique, et entra dans la compagnie de Jésus à Rome, en 1573. Il s'y distingua bientôt par sa piété et par son savoir. Après divers voyages , Grégoire XIII l'envoya en Angleterre, où il mourut pour la foi catholique le 28 novembre 1581, sous le règne d'Elisabeth. Le jésuite Paul Bombino a donné l'histoire de la vie et du martyre de son confrère. On a de Campian une Cltronir/ue universelle; une Histoire d'Irlande, Dublin, 1633, in-fol.; un Traité contre les protestants d'Angleterre; une Histoire du divorce de Henri VIII dans l'Histoire ecclésiastique d'Angleterre , par Harpsfeld, Douai , 16:22, in-fol.; Dix preuves de la vérité de la religion chrétienne, proposées aux universités d'Angleterre, in-12 : cet excellent ouvrage a é é réimprimé dans le tome xiv de la grande collection des Démonstrations évangéliques, publiée par M. l'abbé Migne ; et d'autres ouvrages qui l'ont fait moins connaître que son martyre, quoiqu'ils prouvent qu'il était versé dans les belles-lettres et dans la théol'igie. Voij. Parsons.
CAMPION (Hyacinthe), né à Bude en 1725, prit de bonne heure l'habit de Saint- François, ])rofessa avec beaucoup de distinc- Uon îa philosophie et la théologie dans son ordre, et mérita d'en être nommé provincial. Pendant qu'il remplissait cette charge, il mourut subitement à Esseck en Esclavonie, le 7 août 1767. On a de lui : Animadversiones physico-liistorico-morales de Baptismo non natis, abortivis et projectis conj'erenrfo, Bude, 1761, in-8°, ouvrage où les savants peuvent rencontrer des réflexions utiles, mais où les personnes d'un caractère timoré et scrupuleux ne trouveront guère de quoi se rassurer (Voy. Cangiamila et Dinouart) ; Vindiciœ pro suo ordine adrersus ciuosdam scriplorcs novissime opeltain posthumam Guilleimi Frederici Damiani sacerdotis Petrini, Bude, 1766, in-8°. Il y prouve que les fratricelles, les begghards et les béguins ne sont pas sortis de l'ordre des Frères Mineurs; Vindiciœ denuo vindicalœ adversus apologiam Josephi Antonii Transijlvani, etc., Bude, la même année et dans le même genre que le précédent. On doit regretter que le JP. Campion , homme d'ailleurs d'un mérite
et d'un savoir peu communs , ait employé presque tout son temps à traiter avec tant de chaleur une matière assez inutile; comme si, en supposant que l'opinion qu'il combattait fût vraie , l'ordre de S.iint-François cessait pour cela d'être ce qu'il est, un ordre saint et vraiment respectable. Il aurait dû se rappeler que les apôtres de Jésus-Christ n'ont point été avilis par la désertion traîtreuse et criminelle d'un de leurs membres; il se serait épargné par là bien des peines, et aurait rendu plus de services aux lettres. CAMUS (Jean-PierreI, né à Paris en 1582, nommé à l'évêché de Belley dès l'i^ge de 26 ans, fut sacré dans sa cathédrale par saint François de Sales. Il gagna l'amitié de ce prélat par ses talents et par l'ardeur d^ son zèle, que le saint évôipie trouvait néanmoins être quelquefois excessif ou déplacé. On ne peut disconvenir que la guerre qu'il déclara aux moines mendiants ne le couvrit de ridicule aux yeux des gens modérés. On vit paraître successivement plusieurs ouvrages contre eux : le Directeur désintéressé . la Désaproppriation claustrale, le Rahat-joie du triomphe monacal, les Deux Ermites, le Reclus et l'Instable, V Antimoine bien préparé, 1632, in-8°, rare; VAntimonie, etc. Le cardinal de Richelieu, s'intéressant à la réputation de ce prélat , lui fit des remontrances amicales sur cette multitude d'ouvrages injurieux, dont les titres même annonçaient le zèle amer ainsi que le mauvais goût de l'auteur. « Je ne vous connais, lui dit cette « Eminence, d'autre défaut que cet acharne- « nement contre les moines ; et, sans cela, « je vous canoniserais. » — « Plût îi Dieu I « lui répondit avec vivacité Camus, nous « aurions l'un et l'autre ce que nous sou- « haitons : vous seriez pape et moi saint. » Ce n'était pas répondre au reproche que lui faisait le cardinal. Après vingt ans de travaux, il se démit de son évêché, et se retira h l'hôpital des Incurables à Paris, où il mourut en 1652. Il avait refusé deux évêchés considérables, Arras et Amiens. La petite femme que j'ai épousée, disait-il par un jeu de mots ridicule, est assez belle pour un Camus. Ce prélat avait beaucoup d'imagination, et cette imagination perce dans ses ouvrages, écrit avec une facilité singulière, mais d'un style moitié moral, moitié burlesque, se mé de métaphores singulières et d'images gigantesques, d'ailleurs lâche, diffus et incorrect. Outre les ouvrages cités plus haut, on a de lui : plusieurs volumes d'Homélies; dix volumes do Diversités ; des romans pieux, Dorothée, Alcine, Daphnide, Hyacinthe, Carpie, Spiridion, Alexis. C'est tout ce qu'on peut lire de plus ennuyeux. On aurait tort de juger trop sévèrement des expressions ou des descriptions qui semblent ne pas remplir le but de l'auteur, mais qui n'étaient sans doute pas destinées à le contrarier. On a plus de deux cents volumes de cet écrivain infatigable. Les seuls qu'on trouve à présent dans les bibliothèques choisies sont ['Esprit de saint François de Sales, en 6 vol. in-8", réduits en un seul par Collot, docteuf
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de Sorbonne : ouvrage où la philosophie est aimable autant que la religion s'y fait respocter. Vie de saint Norbert, Caen, 16V0, in-8°, et YAvdnemmt des protestants vers l'Eglise romaine, publié j)ar Richard Siiiinn en 1703, arec des remarques sous ce titre : Moyens de réunir les protestants avec VEijIise romaine. VApocalypse de 3[éliton , l!i68, in- 12, que Voltaire lui aitribue fjuissement, est d'un minime apostat, nommé Claude Pitois, mort h Sedan en 1676. 11 est vrai cependant que cet apostat a puisé son libnlle dans les écrits de Camus contre les moines. L'auteur du Projet de B ourq fontaine (Y oy. FiLLEAU ) le met entre lés six personnages qui , dans cette assemblée f imeuse , délibérèrent sur les moyens de détruire le christianisme, accusation étrange à laquelle il n'est pas permis d'adhérer légèrement. Il est remarquable néanmoins que la tAche échue k celui doit les lettres initiales étaient P. C, savoir celle de décrier les religieux, ait été précisément rempliepar Pierre Camus. « L'évêque romancier, dit un auteur « moderne, que ses productions boutTonnes, « obscènes et mordmtes, ont fait surnommer « le Lucien de Vdpiscopat , qui accouplait « dans ses rapsodies le texte des livres « saints à ceux de VAmndis et de VArt d'ai- « wer d'Ovide ; ce diffamateur des ministres « de la pénitence, et principalement des ré- « guliers distingués par leur attachement au « saint-siége, peut faire sentir toute l'ardeur « de la faction h exécuter son projet en ce « point. »
CAMUS (Etienne Le), cardinal, né à Paris en 1632, d'une ancienne famille de robe , docteur de Sorbonne en 16o0, évêque de Grenoble en 16T1, revêtu de la pourpre romaine par Innocent XI, ne dut celte dignité qu'à sa vertu. H avait été aumônier du roi avant d'être évoque. Entraîné par le torrent de la cour, il aima le monde et en fut aimé. Quoiqu'il eût été fort disjipé dans ce poste, il disait depuis : « Qu'on avait dit de lui plus <t de mal qu',1 n'en avait fait; que depuis « .son changement, on disait |>lus de bien « qu'il n'en l'.nsait, et que c'était une espèce « de com[iensali n. » 11 jo gnit les austérités d'un pénitent aux travaux d'un évèque; il fonda deux séminaires; il visita tous les ans son diocèse; il l'instruisit par ses sermons et ses exemples; il réjiandit d'abondantes aumônes. Les piuvros lurent ses héritiers à sa mort, arrivée en 1707. C'est sous ses auspices qu'a paru la Théologie morale de Grenoble, composée ])ar Genêt, dep;:is évèifue de Vaison [Voy. ce nom). On a encore de lui plusieurs lettres à ses curés; des Ordonnances synodales pleines do sagesse; une dissertation contre un auteur qui avait nié la virginité de la sainte Vierge, etc.
CAMUSAT (NrcoLAs), né à Troyes en 1575, chanoine di; cette ville ofi il mourut en l6,jo, é ait un iiommo très-laborieux eld'uno haute piété. Les anti(piités de son pays furent le principal objet de ses travaux, et on lui doit les ouvrages suivants : Cltronolugin ab orbis origine ad annum Cltrinti 1220 cum
appendice usque ad annum 1223, Troyes, 1608, in-4.° : cette chronique, plus utile pour l'histoire de France que pour celle des antres nations, est d'un religieux prémnntré, nommé Robert; l'abbé Lebeuf en a fait imprimer deux suppléments dans ses Pièces justificatives pour l'histoire d'Auxerre. Les prémontrés de Lorraine en avaient annoncé une édition plus exacte que celle de Camusat ; mais cette promesse ne s'est point réalisée. Promptuarium sncrarum antiquitatum Tricassinœ diœcesis, etc., ibid., 1610, in-8° : ce recueil, qui contient des pièces curieuses et de savantes notes, est utile h ceux qui veulent suivre les différentes variations de l'ancienne disciiiline en France. Pour qu'il soit complet, il faut qu'on y trouve à la fin un Auctuarium, a i manque en beauco^ip d'exem[)laires. Uistoria Albigcnsium , seu sacri belli in eos anno 1209 suscepti. etc., ibid., 1615, in-8° : cette histoire est de Pierre des Vaux de Cernai, moine de Citeaux, et témoin oculaire des événements qu'il raconte. On en a une traduction française par Sorbin; Mélanges historiques , ou Recueil de plusieurs actes, traités, etc. , pour serrir à l'histoire, depuis iS^O jusqu'en 1580, ibid., 1619, in-8».
CAMUSET (l'abbé), né en 17V6 àChâlonssur-Maine, mort vers 1810, fut sous-maître au collège Mazarin , ensuite professeur, et publ a divers ouvrages estimés : Pensées anti-philosophiques, 1770, contre les Pensées philosophiques de Diderot; Principes contre l'incrédulité, où l'auteur s'attache à combattre le livre du Système de la nature; S-iint Atigustim^engé des jansénistes , 1771 ; L'Architecture d>i corps humain, ou lemntérialisme réfuté par les sens, 1772 ; Pensées sur le théisme, contre Anacharsis Clotz , 1785.
CAN (Fkançois-Xavier), né en 1803 dans la chrétienté de Son-Mieng, dans le vieari.t apostol que du Tong-King occidental , fut admis de très-bonne heure au collège de la mission, où, après avoir parcouru le cercle des études chinoises, il fut choisi pour ap- ))rendre les éléments de la langue latine. En 18-32, Mgr Havard l'adjoignit aux missionnaires poui' les aider dans leurs travaux , et il était sur le point d'être fait catéch'ste , lorsqu'il se vit arrêté le 20 avril 1836 ear des soldats qui comiitaient sin- une lorte récompense, croyant avoir saisi eu sa personne un missionnaire. Amené de ant le mandarin île l'arrondi.ssein 'ni, il fut sommé de fouler aux jiieds la croix; C n s'\ refusa avec in.lign ition. Ayez pitié de mire jeunesse, lui disait le mandai in. — Je suis déjà vieux, ])uisque je suis niih' pour le ciel Telle fut sa réponse, et ciunme mi lui obje lait l'exemiile de ceux ipii avaient failli, il r.''pliqua : C'est l'exemple des bons qu'il faut imiter et non celui des mourais ; qun.id tout le monde foulerait la croix, cela ne m'eni/agrrait pas à le faire. Plutôt milh' fois une mort cruelle que de commettre un tri crime I So vovaiit sur le point de mourir, il parli du bonheur qu'il ressentait de mourir iiour la fui, et sa sérénité surprit el loucha les païen»
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eux-mêmes. Une foule immense le suivit au lieu du supplice. Lorsqu'on lui eut mis la corde au cou, on renouvela auprès de lui les premières sollicitations qu'il repoussa avec la même énergie. EnOn il fut livré aux bourreaux, et , levant les yeux au ciel , il expira le 20 novembre 1837.
CANALES (Jean), moine, né à Ferrare vers le milieu du xV siècle, entra dans l'ordre des frères mineurs, et composai des ouvra:Aes de piétJ, te s que les Traités de la vie réleste, de la nature de rame et de son immortalité, et quelques autres (jui furent imprimés ensemble, Venise, iW*.
CANAVERI (Jean-Baptiste) savant évoque de Verceil,né à Borgomrîro en Piémont, le 25 septembre 1753, entia dans la congrégation de l'Oratoire, et se distingua par son talent et ses succès dans l'éloquence de la ciiaire. Son zèle, sa pieté et ses heureuses qu;dités lui avaient acquis une considération universelle. 11 se servit de l'ascendant que lui donnait son raéiito pour établir ou protéger beaucoup de bonnes œuvres. 11 fonda à Turin une maison de retraite pour les dames nobles, et s'occupa de plusieurs autres établissements utiles. En 1797 il fut fait évêque de Bielle; en \H03 il donna sa démission de ce siège, et fut nommé, en 1S05, à celui de Verceil. 11 avait mis à exécution dans son séminaire un nouveau plan de théologie qu'il songeait à faire imprimer, lorsque la mort le frappa le 13 janvier 1811. On lui doit des Panégyriques, des Lettres pastorales, et une Notice sur les monastères de la Trappe fondés depuis larévolution, Turin, 1794,in-8°.
CANAYE (JEà^), jésuite né à Paris en 1594, professa les humanités dans cette ville, au collège de Clerraont, fut ensuite recteur du collège de Moulins, puis de celui deBlois ; il s'accpiit une certaine réputation comme prédicateur , et parvint à être nommé supérieur des hôpitaux de l'armée de Flandre. Il tst moins connu parsestalentset par les emplois qu'il a exercés que par un petit ouvrage inséré dans les œuvres de Saint-Evremond, intitulé : Conversation du maréchal d'Hocquincourt et du P. Cunaije. Ce morceau a été aussi attribué à Charleval. L'auteur a eu pour but de jeter du ridicule sur les principes des jésuites , concernant la grâce. On a du P. Canaye : un Recueil de lettres des plus saints et meilleurs esprits de Vantiquité touchant la vanité du monde, Paris 1628, in- 8° ; des vers en français et latin, imprimés dans le volume intitulé Lurfot'ici XllI triumphus de Rupella capta , Paris, 1628, in-i". 11 mourut à Rouen, le 26 février 1670.
CANCELLIERI (Frasçois-Jébome), ecclésiastique célèbre par son érudition, membre de diverses académies, né à Rome le 10 octobre 1751, se lit remarquer par les plus heureuses dispositions chez les jésuites du collège oii il lit ses études, et obtint par leur protection l'emploi de secrétaire du sénateur Abondio Razzonico , puis celui de secréaire du cardinal (jiiaud. Devenu ensuite bibliothécaire du cardinal Antonelli, il se livra en même temps à i'étude de la httéra-
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ture, et entretint avec la plupart des savants de l'Italie une correspondance suivie. Cancellierifit paraître, en 1786, De secretariisbasilicœ vaticanœ, en 4 vol. in-4% ouvrage rempli de notices curieuses et qui a nécessité de nombreuses recherches. L'auteur le fit suivre, en 1788, d'une Description de la basilique de Saint-Pierre, et Bibliographie des auteurs qui en ont parlé, in-12, 1788, et d'une Description des chapelles pontificales , soit aux grandes fêtes, soit dans toute l'année, qui lui a donné le sujet de plusieurs écrits dont quelques-uns ont été réimprimés et traduits en diverses langues, notamment les Descriptions des chapelles de Noël, Pâques et Saint- Pierre, qui l'ont été en français, Rome, 1818. Cancellieri avait longtemps travaillé à un BullairedelaPropagande. Saisies événementsîqui survinrent l'empêchèrent de mettre à profit les matériaux qu'il aval recueillis sur ce sujet. Lors de l'occupation de la capitale du monde chrétien en 1798, Cancellieri, inébranlabledans safidélitéau saint-siége,se vil séparé du cardinal Antonelli, et vécut dans la retraite. Eu 1892, il donna l'Histoire des prises de possession des papes, 1 volume in-4°, et fut nommé directeur de l'i.nprimerie de la Pro^ pagande. Il possédait en outre un emploi à la Pénitencerie. En 1804-, il accompagna le cardinal Antonelli qui suivait le pape Pie VU en France. En 1806, il fit paraître à Rome ses Mémoires historiques sur les fêtes de saint Pierre et de saint Paul. De nouveaux malheurs vinrent bientôt le troubler dans ses douces occupations. La mort d' Antonelli, arrivée le 25 janvier 1811, h Sinigaglia où il avait été déporté en 1808 [Voy. Antonelli), l'allligea vivement, et, durant cette année de troubles, il ne fit paraître que des opuscules peu importants. Lorsque la sécurité revint en 1814, il donna de nouvelles productions sur des points d'antiquité ecclésiastique et sur des questions ]iresque toutes relatives à la religion. Outre les ouvrages que nous avons mentionnés, nous citerons encore : El ogio del cardinale Slefano Borgia, inséré dans les mémoires de Guattani , pour 1805 ; Elogio di Filipo-Maria Renazzi ; les Eloges de J.-B. Visconti, père du fameux Ennio Quiriuo et du cardinal Guillaume Palotta. Ces derniers se trouvent dans un recueil que publiait l'abbé Cancellieri sous le litre de Discobole: des Dissertations sur la patrie de Christophe Colomb et sur l'ablié Jean Gersen, qui forment un lumineux appendice bibliographique à celles qui avaient été publiées, eu 1808, par son compatriote Napione sur le même sujet. Mémoire sur saint Médicus , martyr et citoyen d'Otricoli, avec une notice sur tous les saints qui ont exercé la médecine; et les Sept choses fatales de l'ancienne Rome , etc. L'abbé Cancellieri composa encore unetopogra|>liie historique des environs de la place Navone sous les titres de : Le Marché, le Cirque Agonul, etc., avec un Traité des Obélisques. Cet ouvrage est terminé par une liste de ceux que l'auteur avait publiés jusqu'alors au nombre de quarante-quatre. Des journaux ayant annoncé sa mort en 1812 , Can-
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cellieri ,s'em[)rcssa do démentir cette fausse nouvelle par une Lettre philosophico-morale, pleine de gaîté, dans laquelle il passait en revue les personnages plus ou moins célèbres qui ont survécu au bruit de leur trépas. Il recouvra, au retour de lapais, les deux places qu'il avait occupées, et mourut le 29 décembre 1826. Sis restes ont été réunis à ceux du cardinal Antonelli , son protecteur, dans le monument qu'il lui avait fait élever à Saint-Jeande-Latran.
C.\NDALH (Jean-Jacques), né à Plouhinec, diocèse de Vannes, le 29 octobre 1802, fut fait prêtre au séminaire de Versailles, et après avoir exeicé pendant quelques années le saint ministère en qualité de desservant , il entra, au mois de juin 1823, dans le séminaire des Missions-Etrangères. Dès le mois de décembre suivant, il partit pour les missions. Deviné d'abord pour celles du Tong- King et de la Cochinchine, il fut ensuite envoyé à Padany , d'oii il devait atteindre l'île de Nias. Mais" il ne put y pénétrer, et il revint à Sincariourenl835. C'est seulement en 1837 qu'il arriva dans la Haute-Cocliinchinp. Depuis un an il habitait la chrétienté de Diloan, où il venait d'établir un pitit collège secret, lorsqu'il fut dénoncé au premier mand;uin de la province qui vint à la poursuite du missionnaire, à la tète de trois compagnies de soldats. Le zélé missionnaire n'avait d'autre parti que la iuite |)Our échapper à la haine des persécuteurs ; il erra dans les chrétientés voisines, et se réfugia enfin avec un de ses élèves dansdes bois où il eut à soufTrir toutes les horreurs de la faim. Continuellement harcelé par ceux qui avaient juré sa mort, il finit par succoraiier h tant de souffrances et de privations, dans une misérable hutte, le 28 juillet 1838, après avoir eu la con^olation de recevoir les derniers secours de la religion des mains d'un prêtre annamite.
CANDIDE, prêtre de l'Eglise romaine, fut envoyé dans les Gaules en 595, par le pape saint Grégoire le Grand, pour y gouverner le patrimoine de saint Pien e, c'est-i'i-dire les terres que h'S papes y avaient achetées ou qui leur avaient été concédées. Le prêtre Candide fut ciiargé de porter au roi Childebert de la limaille des cliaines desaintPierrc, lelique qu'il devait jiorter suspendue h son cou. Le pape «lisait dans sa lettreà Childebert: «Vous « êtes autant au-dessus des outres rois, que « les rois sont au-dessus des autres hom- « mes. M Candide, se (onlbrraanl aux instructions qu'il avait reçues, convertit les revenus qu'il était venu toucher en œuvres de charité. Ap. es avoir acheté déjeunes Bretons à leurs parents idol.'dres, d les lit ba|)tiser et instruire, alin de les employer dans la mi>sion que dirigeait saint .Vugustin en Angleterre.
C.\NDIDUS (PA>TALi;oN), dont 1 ■ nom vrai étailHV/.«.s-,qn'il latinisa suivant un usage commun d.iiis son siècle, nacpiit tii .Uiti'iche en 15iO, fut i:;inistre i)roti'stant ;i Deux-Ponts, et mourut If.'i 1V\ lier 16(18. On a de lui -.(iolibrris, hocrsfilr (iolliicis pir UlsiiniiKiin rii/ihiis r Trutiinica (jrnir oriu)idis libri VI, Di'ux-Ponls, l&i>7, in''f ; Annaki «»u 'iabuiof chronologie
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cœ nd annum 1602, Strasbourg, 1602, in-8°; Bclgicarum rerum epitoine ab anno 712 ad annum 1G05, Francfort, 1606, in-4-°; Bohemiadrs, sive de ducibus Bohemiœ libri III et de regibus libri V, carminé complexi, Strasbourg, 1590, in-4° : Epigrammata et oraliones funèbres, 1600, in-8°; Orationes funèbres ex Mose concinnnti.r, Deux-Ponts, 1006, in-8° ; Orad'ones funèbres ex lihris Siimuelis, Regum, Chron. et Jobi concinnutœ, Bàle, 1608, in-8°. — Can- DiDus (Gerhard), écrivit une histoire intitulée: De rébus Belgicis, imprimée h Francfort en 1580, et en 1583, dans le recueil donné par Arnold Freytag, sous ce titre : Scriptores ires de rébus belgicis. — Candidus (Jean !, jurisconsulte, est auteur d'une histoire de la ville d'Aquilée : Commentariorum Aquileiensium libri VIII, Venise, 1521, in-folio, qui a été reproduite dans le tome VI du Trésor des antiquités de Graevius, et trad. en italien, Venise, 15i4, in-8°. La bibliothèque des minimes à Paris conservait en manuscrit une histoire des rois de France depuis Pharamond jusqu'à Louis XI, par Jean Candidus. Elle était intitulée De originum regum Galliœ.
CANFKLD (Benoit de), dont le vrai nom était Guillaume Fiich, était Anglais et né de parents puritains. Il se convertit à l'âge de 2'i- ans, vendit ses biens, en distribua le prix aux pauvres, et vint en France, oiî il entra chez les capucins de Meudon, en 1586. Le récit de sa conversion se trouve à la suite de sou livre de la Règle de Perfection. En 1599, le désir de travailler i\ la conversion de ses compatriotes le fit repasser en Angleterre, où les catholiques étaient alors vivement persécutés. Mais, à son arrivée dans ce pays, il fut mis en prison, et il ne fut relAché que sur les instances d'Henri W , qui écrivit deux fuis en sa faveur h Elisabeth. Le P. Benoît était instruit ; il réussissait dans la prédication, et dirigeait beaucoup de personnes ])ieuses. Il mourut à Paris le 21 novembre 1611. M. Boucher lui a consacré une Notice intéressante dans la Vie de Marie de l'Incarnation. 1
CANGE (Charles do Fresne du), trésorier de France à Amiens sa patrie, naquit en 1610. Après avoir fréquenté le barreau de Paris, il reiourna à Amiens, et se livra entièrement à l'étude de l'histoire sacrée et profane, grecque et romaine, ancienne et moderne. En 1668 , il vint habiter la capitale, et s'y fit autant estimer par ses talents (jue jiar sa tloiiceur, sa politesse et sa mode.stie. Quoiqu'il eût embrassé la jiarlie la jilus dégoûtante de la litléiature, et (|ue, suivant sc^ expressions, il ne se liU arrêté qu'à la recherche des vieux mots, il sortait de la jinussière de ses livres avec l'air le plus alVable. C'est pour mon plai.iir, disait-il ,-i ceux (pii craignaient de le débiurner, guc j'étudie, ri non pour être à charge à moi-ménir ou nu.r autres. Sa carrière littéraire s'ouvrit jiar l'Histoire do l'emjiire de Conslanlinople sous les em|)ereurs i'r.inçais, en 1657, livre |ilein d'érudition el do (litique. Lesautres ouvrages ipii vinrent ensuite sont : L« Glossaire de la basse latinité^
en^tvol.in-folf rémiprioiâ ensixeQl73()ipar
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les soins des bénédictins de Saint-Maur, et augmenté de quatre nouveaux vol. par l'abbé Carpentier, de l'ordre de Cluni. On n'ignore point combien ce dictionnaire demandait de recherclies. Il n'y avait que Du Cange qui pClt assaisonner une matière sèche de tant de clioses savantes et curieuses. On rapporte, au sujet de ce livre , une anecdoie fort singulière. L'auteur fit venir un jour quelques libraires dans son cabinet, et leur mon(r;int un vieux cofiYe qui était placé dans un coin, il leur dit qu'ils y pourraient trouver de quoi faire un livre, et que s'ils voulaient l'imprimer, il était prêt à traiter avec eux. Ils acceptèrent l'offre avec joie ; mais s'étant mis à chercher le manuscrit, ils ne trouvèrent qu'un tas (le petits morceaux de papier qui n'étaient pas plus grands que le doigt, et qui [)araissaient avoir été déchirés comme n'étant plus d'aucun usage. Du Cange rit de leur embarras , et les assura de nouveau que son manuscrit était danslecolfre. Enfin l'un d'eux ayant considéré plus attentivement quelquesuns de ces petits lauibeaux, y trouva des remarques qu'il reconnut être le travail de Du Cange. Il s'aperçut même qu'il ne lui serait pas impossible de les mettre en ordre, parce que commençant tous par le mot que l'auteur entreprenait d'expliquer, il n'était question que de les ranger suivant l'ordre alphabétique. Avec cette clef, et sur la connaissance qu'il avait de l'érudition de Du Cange, il ne balança point à faire marciié pour le cofl'ieetpourles richesses qui étaieut dedans. Ce traité fut conclu sans autre explication; et telle est, d t-on, l'origine du Glossaire latin. Glossaire de la langue grecque et du moyen âge, Lyon, 1688, 2vol. in-tol.,engrecetenlatm. Ce n'est pas celui de ses ouvrages où il y a le moins d'érudition. Des éditions de V Histoire de S. Louis, par Joinville, m-îo\ .; les Annales de Zonare, Paris, 1686, 2 vol.in-fol.; V Histoire de Jean Emmanuel Comnène, par Jean Cinnamès, Paris, 1670, in-fol.; Historia Bijzantina commcnlario illustrata, Paris, 1680, in-lolio, ouvrage très-curieux et plein de recherches; Illj/ricum vêtus et novum, Presbourg, 174.6, in-fol. C'est une histou-e de la Dalmatie, Croatie, Esclavonic, elc. ; l'éditeur et le continuateur de ce savant ouvrage est M. le comte de Keglt'vich de Buzin. La Chronique paschale d'Alexandrie, in-folio, enrichie de notes et de dissertations. C'est pendant l'irapiessiun de ce dernier ouvrage que Du Cange mourut en 1688, à 78 ans, laissant beaucoup d'ouvrages manuscrits dont on peut voir la liste dans un mémoire sur sa vie et ses écrits, imprimé en 1752. Louis XIV donna une pension de 2000 livres à ses enfants, en reconnaissance des travaux du père. Le grand Colbert lui fit prof)Oser de rassembler en un corps tous les écrivains de l'histoire de France. Il en donna un essai; mais ce projet n'ayant pas été goûté, il l'abandonna. Nous n'avons pas parlé d'un Ir.iité rare et curieux, intitulé : Traité historique du chef de saint J eun-Baptiste, Paris, 1665, m-k°. Voyez les Hommes illustres de Perrault, et le tome viu des Mémoires du père NicéroQk
CANGIAMILA (François-Emmanuel), né à Palerme le 1" janvier 1702, se livra d'abord à l'étude du barreau, reçut le bonnet doctoral en 1717, et suivit cette carrière pendant quelque temps. Mais sa vocation lui fit embrasser l'état ecclésiastique en 1723 , et dès lors il s'occupa exclusivement de théologie. Il se fit recevoir docteur en cette science, et devint chanoine théologal de Palerme et 'inquisiteur provincial du royaume de Sicile. Ce fut au milieu de ses nouvelles fonctions que Cangiamila , quoiqu'il fût étranger aux sciences médicales, se rendit célèbre par un savant ouvrage intitulé : Sacra embryologia , sive de officio sacerdotum, mcdicorum et aliorum circa œternnm parrulorum in utero existentium salutem, l'ibri IV. L'auteur y a rassemblé ce que les pliysiciens, les médecins, les saints Pères, les théologiens ont écrit sur la formation de l'homme dans le sein de la mère, sa naissance, l'indispensable nécessité du baptême pour être régénéré dans la grâce et la lumière de Dieu. Il y traite des obligations des curés à l'égard d'un objet qui tient si essentiellement à leur ministère, des vues que la police et le gouvernement doivent porter sur le même objet. Onelques critiques ont trouvé que l'ouvrage était surchargé de détails, et que l'auteur se fondait sur des vues incertaines. « Le temps « oùl'arae s'unit au corps, dit un naturaliste « théologien, ne peut se déterminer exacte- « ment, vu surtout que sa présence n'est « point nécessaire au commencement ni « même au premier progrès de la végétation « ou de l'accroissement. On peut croire que « l'époque en est plus reculée que l'on ne « pense ordinairement. Le parti le plus sage, « dit saint Augustin, est de ne rien pronon- « cer là-dessus , et de consentir à ignorer « l'époque précise oùdansleseindelafemme « l'homme commence à vivre de cette vie qui « ne doit plus finir. Quœri igitur ac disputari « potest, quodutrum ah homine inveniri pos- « sit ignoro, quando incipiat homo in utero « vivere. (Enchirid. c. 26.) » Dans la pratique cependant l'on ne saurait troj) exactement suivre les avis de Cangiamila. L'administration des sacrements , et surtout celle du baptême, ne devant se régler que d'après les principes les mieux affranchis des inconvénients des systèmes. La dernière partie contient des réflexions bien propres à inspirer le plus touchant intérêt envers ces tendres r: 'jetons de notre espèce , si précieux aux yeux d'une religion qui prodigue à ses enfants ses soins et ses secours, depuis le premier instant de vie, jusqu'à leur rentrée dans le sein général de la mortalité. L'ouvrage de Cangiamila parut d'abord en italien, à Palerme en 1743, in-îol.; puis sous le titre latin que nous avons transcrit, à Milan, 1751, in-4.°; Pa'erme, 1758, in-fol.; Venise , 1769, in-fol. Vienne, 1765, in-8^ Ce vaste ouvrage a été abrégé par un théologien judicieux d'Ypres, 1778, 1 vol. in-8°. Nous en avons aussi un abrégé en fiançais par l'abbé Diiiouart, Paris, 1762, 1766, et 1774, trois édi \ tioDS in-iîi. La secouda contient beaucoup,
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d'additions et un éloge historique de Cangiamiia. « Cet ouvrage, dit un historien de la « médecine, dicté par des principes religieux « qu'il ne nous a|i(iartient pas d'examiner, « renferme des préci {)tes liygit'niques très- « s.iges pour 1rs fiuinios enceintes; l'auteur « préconise l'opération césarienne, en iiidi- « quant les cas où l'on no doit pas hésiter à « la pratiquer. » Le tiaduct-ur annonce dans une note que Cangiaraila avait laissé en manuscrit à la bililiotlièque de Palerm" un autre ouvrage intitulé : Médecine sacrée. Cangiamila mourut à Palerme le 7 janvier 1T63.
CANINl (Angf), grammairien très-habile, ne en 1321 à A ngtiiaii en Toscane, était versé dans la coimnissanre de la langue grecque, de l'hébreu, du syriaque et des autres langues ori'-ntales. 11 les enseigna successivement à Venise, à PaJoue, à Bologne, à Rome, en Espagne, et fut appelé à Paris par François 1", qui lui donna une chaire dans l'université. 11 fut ensuite altaché à Guillaume Duprat, évoque de Clermont, et mourut en Auvergne en 153". On a de Canini : De locis sacrœ ScHpturœ Iiebraicis commentaria, impiimé avec les Quinquagenœ d'Antoine de Lebrija, Anvers, 1600, in-S"; Institutiunes linguarum syriacœ, assyriacœ et thalmudicœ una cum œthiopicœ cl arabicœ collatione, quihus addita est ad calcem N. T. multorum locorum historica enarratio , Paris , Charles Estienne , 155 'i-, in-4°; Grammatica grœca , Paris, in-4"; une version latine rlu Commentaire de Simplicius sur Epictète , Venise, 15i6, in-fol., et 156!), in-folio.
CANISIUS (Pierue), né h Nimègue le 8 mai 1521, se fit jésuite, prêcha avec un grand succèsdansles principales villesd'Allemagne, surlout h Viennf, où il fut prédicateur de l'empereur Ferdinand. 11 travailla à la conversion des hérétiques, fut le premier provincial de sa compagnie en Allemagne, et nonce du saint-siége, nonuné par le [lape P^e IV. Il mourut à Fribourg en Suisse l'an 1597. Canisius possédait toutes 1 s vertus qui font un apôtre; c'est le jugement qu'en ont porté les personnes les plus illustres de son t(>m;,s, en pariiculier h'S papes Pie IV, Pie V et Crégoin; XIll. Les hérétiiiues, dont il lut constamment le iléau, l'appelaient par allusion ii son nom, le chien d'Autriche. Nous !\yru\!nh\[jt\:SanctiCyrilli,patri(irchœAle.ritndrini, opéra, Cologne, 15'i6, 2 vol. in-folio; If. Leonis Mar/rii papw sermones et hotnilifp, Louvain, liiCfi, iM-l:i; D. Ilieronymi epistohe, Cologne, l67'^; Commenlaria de verbi Dci corrupiclis, Ingolsladt, 158.J, 2vol. in-folio. Canisius y réhite les failles inventi'cs |iar les Centuriatcurs de .Ma.;(lcbourg; des sainiiiaircs et lies note.9 sur h s épiires et érnngiles, .\nvers, 16((6, iii-12; .Maiiuale calholicorum, \n\fia, 159!); Notœ in evanyclicas lecliones,Vn\ut r^;, 15i)l , 2 vol. in-V'; Siiinma diictrinw chrisliana;. Cecaléclii-nic est l'oiiviagi' ipii n t.iit le plus d honni'ur au pérci'.anisius; mais il n'en i";t pas moins en butte aux gens do la iielile église, qui clierclienl h lui subNtitiier, ainsi qu'aux autres cntéc^hismes (•atholi(pies, ceux qui sont infectés des nouvelles erreurs. La
première édition parut en 155V, munie d'un édit de Ferdinand I", roi des Romains. En 1567, il en parut une autre à Paris avec des corrections, un nouvel édit de l'empereur Ferdinand, et un petit poëme qui est un abrégé du cati^chisme. Les marges de cette édition sont chargées de citations. Le père Buséo en a donné une édition in-folio, où l'on trouve tout au long les passades qui servent de preuves. Il y a peu de livres qui aient été si souvent imprimés et traduits en tant de lan;;;uos ditférenti'S. La meilleure version française est celle du père Verjus. Canisius donna, par ordre de l'empereur Ferdinand, un ai)régé de ce catéchisme. La meilleure édition de cet abrégé est celé d'Augsbourg, 1702, par les soins du père WiuiJehofer. Enfin on a donné un abrégé de l'abrégé ; et c'est celui-ci qui était eu usage dans tous les colh''ges : petit ouvrage excellent, et d'un genre ré llem.'ut inimitable, qui présente le sommaire de la foi chrétienne avec autant de clarté, d'or. Ire, de précision quant aux choses, que d'élégance et de dignité quant au langage. La Vie du P.Canisiusa été écrite en latin par Ra lerus,'Sacchinus, Nieremberg; en italien par Fuligatti, et en français par le P. d'Origny.
CANISIUS (Henri) , neveu de Pierre, selon Valèrc-André; cousin-germain, selon le Père Possevin : né à Nimègue vers le milieu du xvi' siècle, enseigna pendant 21 ans le droit canon à Ingolstadt. On ignore la date de sa mort, mais on sait qu'il était encore/ en vie en 1009. On a de lui : Summa juris canonici, Ingolstadt, 1615; et d'autres ouvrages sur le droit, qui ont été recueil is par Valère-André, Louvain, l(iV9, in-4"; Victoris, episcopi Tunminensis, Chronicon,?iyec la suite de Jean do Biclare : c'est la première édition de cette Chronique, Ingolsladt, IGOO, in-i" ; Uistoria miscella, avec des notes, Ingolstadt, 160.'} , in-12. Cette histoir'^ est de Paul, diacre d'Aijuilée ; Antiques lectiones, Ingolsladt, 1601 , en 6 vol. '\n-ï°. Plusieurs savants, entre autres Marc et Antoine Velser, Georg s Lautiiérius, Albeil Huiiger, les pères Possevin, .lacques Gretzer et André Scliot lui lournirent diverses pièces jiour cet ouvi-ige. Il a éti' réimprimé par les soins de Jacques Basnage, sous ce litre : Thésaurus monumenlorunt ecclesiasticorum et historicnrum,seu lectiones antiqiMP, cu)n noiis rariorum , a Jacobo Ilasnnye , in-folio, 7 tomes en '* vol. Amsterdam. 1725. Le savant édileui' les a ornés de doctes jirélaces et de remarques uliles et curieuses, avec quelqiies notes et variantes de Cappcronier. Ce recueil renferme diverses pièces imporianles sur l'histoire du nviven .'''ge, el sur la ehronologie. L'auleir était un homme d'une erud tion vaste, et, ce qui est plus rare, sage el moilesle.
CANMZAKIO (PiEiii\i\ .savant théologien et junsi iiMsulU» sieiJM'U, mort à Palerme eu lli'id, esi jiuieur d'un ouvraue manuscrit iuliluh' • Heliijionis christiiinw Panormi libri VI, etc.
<:ANOK1LO iBknoIt). religieux du Monl- Cassiu, au commeucemonl du xvi* siècle,
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écrivit sur plusieurs questions de droit civil et canonique, applicables aux moines et à leurs règles. — Canofii.o (François), moine italien , de l'ordrv^ des frères niiîieurs au XVI' siècle, a imblié : OEconomia concionalis super evangeb'a quadragesima. ■ — Ca\ofilo (Antoine), de Sulmone, également de l'ordre des frères mineurs, vivait dans le xvii' siècle. Il est auteur de Discours paradoxaux, en Italien, pour tous les jours de carême , et de quelijues panégyriques d^ saints.
CANSTEIN (CuARLEs-HiLDEBaAN'D de), luthérien, né à Lin.lcnberg le 15 août 1667, mort à Ha: le le 19 août 1719, fut d'abord page de l'électeur de Biandebourg. Après avoir servi dans les Pays-Bas, il abandonna pour raison de santé le sprvice militaire, et se retira à Halle, où il s'occupa d'œuvres pieuses. 11 légua sa bibl othèque et une partie de sa f riune à la maison des orphelins de cette ville. On a de lui une ffarmonie des quatre Evangiles, Halle, 1718, in-folio, et une Yic du docteur Spener, dont il fut le disciiile et l'ami, imi-rimée seidement en 1729, et quelijues ouvrages de théologie. Canstein s'était servi despiocédés du clichage, afin de répandre à des prix très-bas le Nouveau-Testament, la Bible et le Psautier.
CANTACUZÈNE (Matthieu). Voy. Matthieu.
CANTEL (Pierre-Joseph), né au pays de Caux en 16i5, entra dans la compagnie de Jésus et s'y distingua. 11 mourut à Paris en 16S4. Son ardeur pimr l'étude al)régea ses jours. Nous avons de lui un traité de Romana republica, iii-12, Utrecht, 1707. C'est un excellent abrégé des antiquités rom.dnes. Les meilleures éditions snnt celles d'Utrecht , avi'C des figures. MetropoUtanarum urbium historiœ civilis et ecchsiasticœ tom'us primus; c'est le seul qui ait paru. Il donna le Justin ad usum delphini, Paris, 1677, in-i" ; et le Valêre Maxime, aussi ad risum, etc., Paris, 1679. Ces éditions sont estimées.
CANTIUNCULA (Claude), jurisconsulte du xvi" siècle, né en Lorraine, mort chancelier du bailliage d'Einsisheim dans cette province, est auteur des écrits suivants : De potestate papœ, imperatoris et concilii ; Topica exemplis legum illnstrata, BAle, 1320, in-folio; Paraphrases in très primas libros Institutionum Justiniani, Louyain, 13i9, in-folio; De oflicio judicis libri II, Bàle, 13V3, in-4°. Ces ouvp'ges scnl devenus très-rares.
CAMiUS, écrivain polonais, moi t en li73, écrivit un Commentaire sur saint Jlstthieu. Le Recueil biographique de Simon Starovolski renferme une notice sur Cantius.
CANTZATCHETZY (Jean), moine arménien, né vers l->3i, se livra h l'étude de la théologie, de l'histoire sacrée et de la rhétori iue, et donna ensuite des leçons de ces mômes sciences dans le monastère où il résidait, en Asie mineure. On a de lui (en arménien) un Commentaire de la Genèse ; une Explication des Cantiques de Salomon; un livre sur l'origine ou la cause des Fêtes ;Donabadjar). On trouve un Abrégé de ce der-
nier ouvrage à la fin des OEuvres de saint Cyrille, imprimé à Constantinople.
CANUS ou CANO (Melchior), dominicaia espagnol, né k Tarançon, dans le diocèse de Tolède, en 1523, professeur de théologie à Salamanqne, fut envoyé au concile de Trente sous Paul IH, et nommé év6 [ue des îles Canaries en 1352. Il n'en prit noint possession. Il mourut à Tolède en 1560, provincial de Castille. Ce religieux n'avait pas voulu pendant longtemps être évêque, peut-être pour ne pas s'éloigner de Philippe H, dont il avait gagné l'atfecton. Tous les théolog ens ont donné des éloges à son traité, intitulé Locorum theotogicorum lib. XII, Pa oue, 1727, in-îi.% tant pour les excellentes choses qu'il renferme, que pour la manière éléj,ante de les exprimer. On lui reproche seulement d'avoir trop affecté d'imiter l 's ouvrages de rhé'.orique d'Aristole, de Cicéron, de Quintilien, et des autres aut.urs profanes, et de fatiguer son lecteur par de longues digressions et par une foule de questions étrangères à son sujet. Les lieux théologiques d'oi^ il tira ses arguments sont l'Ecrituie sainte, les traditions apostolique--, les Pères, les conciles, etc. Il condamnait avec raison ces questions vaines et absurdes par lesquelles on a longtemps défiguré la simplicité et la majesté de la science de la religion; mais on ne peut s'empêcher de convenir qu'il montrait trop d'aigreur contre les srolastiques. « Nous savons, dit un illustre prélat, que la « scolastique n'est point d'une indispensaiilo « nécessité pour conserver intact le dépôt « de la foi; les promesses de Jésus-Christ « sont, k la vérité, son principal appui; tes « promesses n'excluent pas les moyens hu- « mains que la prudence suggère et varie se- « Ion les conjonctures. L'Eglise a eu des mo- « tifs très-pressants pour mettre en œuvre « ceux que lui fournissait la scolastique : car « cette foime d'enseignement lui a fait rem- « [lorter des avantages précieux sur les sec- « taires, qui n'en ont jamais condamné l'u- « sage que parce qu'ils n'en pouvaient sou- « tenir la force; et les sarcasmes qu'ils ont « lancés contre cette pralique doivent être « une raison de plus pour la conserver. » F. S. Anselme, DuNS, l'iRAViXA i J.-V.), Hangest, S. Thomas. Canus n'éta t pas non plus ami des jésuites, et ne craignait pas de (es regirder comme des précurseurs de l'antechrist, sans que ni la bulle de Paul III qui confirmaii leur institut, ni une lettre ciiculaire du général de son ordre, qui défendait à ses religieux de mal parler clés jésuites, jmssent lui faiie changer de sentiment, ni môme l'empêcher de déclamer contre eux en cha re. Jean Penna, son confrère, docteur de Salamanqne, publia en leur faveur un m-.nifeste apologétique. Si on juge du caractère de Canus par uu trait que rapporte le Père Bouhours au 5° livre de la Yic de saint Ignace, on ne pourra s'empêcher d'en concevoir des idées sini-tres. On lui attribue encore Prœlectiones drpœnitentia. Ses œuvres ont été pubUées à Cologne en 1603, in-8°; ibid., 1678, iu-8°; Lyon, 1704. in-4.°.
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CANUT IV (saint), roi de Danemark, frère et successeur de Harold, et fils de Suénon II, monta sur le trôno en 1080, ( t fut tué dans l'église de Saint-Alban, de la ville dOdensôe, située dans l'ile de Funcn, l'an lOSfi, selon la plus vraisemblable opinion. Son z(^le pour la religion, qui fut la causi- de sa mort, lui mérita le nom de martyr. « Son zèle, dit un « auteur moderne, pour la propagation de la « fui chr(''tienne, le soin qu'il prit de bAtir « et de ré|iirer plusieurs églises, son appli- « cation à rendre la justice, une pratique « continuelle des vertus chrétiennes , le « bon ordre qu'il s'efforça d'éiablir dans le «royaume, après avoir donné lui-même « l'exemple par le règlement de- son doraes- « liquc : tout cela partait d'un fonds do reli- « gion, et en lit un grand saint, comme ses « autres qualités le rendirent grand prince. « Car il délivra le Danemark des incursions « des Wcndes, des Estlinns et des habitants « de la Courlande; il rétalilit la sûreté de la « navigation en punissant les pirates du der- « nier supplice ; il ne jiardonnait pas plus « aux étrangers qu'à ses propres sujets, s'il « en trouvait quelqu'un coupable de vol ou « de meurtre; il rétablit la peine du talion, « œil pour œil, dent pour dent; il avait pris « df's mesures pour recouvrer le royaume « d'Angleterre, dessein que la trahison de « son frère Olaûs fit échouer. Enfin jamais la « justice n'avait été exercée avec plus d'exac- « titude et plus de vigueur dans le Dane- « mark. » {Histoire du Danemark par Des roches, tome II, page 240.) jElnoIhus a écrit sa Vie, Copenhague, 1657, in-V". — 11 y a eu quelques autres princes de ce nom ; entre autres, un fils d'Éiic le Bon, roi de Danemark, assassiné le 7 janvier 11.30, et mis aussi au nombre des martyrs.
CANZ ( IsR\EL-(ioTTLiEB ) , profcsscuT de théologie luthérienne à Heinsheim , où il était né le 2(5 février 1690, et oi;i il mourut !e 28 janvier 1753, à l'Age de 63 ans. Il était disciple de Wrdf, et tenta d'introduire sa philosophie ( t celle de Leibnitz dans la théologie. Ses principaux ouvrages sont : Pliilosophiœ Leibnitzianœ et Wolpanœ usus //i theologia, pcr prœcipiia fidei cupita, Francfort et Loiii/ig, 1728-1739, in-'t°, livre qui eut du sucrs in Allemagne; Eloqucutiœ et prœsertim oratoriœ lineœ paucœ, Tidjingen, 173i-, in-'t" ; Grammaticœ u)iirersnlis tenuia rudimenta, 1737, in-'i'; DIsriplinw mondes nmnes, etiam ew (/uœ forma arlis nondum fiuc usquc comparuerunt, perpétua nexu Iraditœ, Leip/.ig, 17.39, in-8"; Ontoloejia polemica , Lei|izig, 17il , in-8"; Meditutioncs philosopliicœ, Tubingcn, 175',), in-'i"; Tlieolof/ia Ihetico-polemica. Dresde, n^i-l, in-8''; Comprndium theoloyia: purioris, Tubingen, 1752, in-8°.
CAPAC(;iO (Jules-Césab), écrivain fécond du XVI' .s!è''e, né îi Capagna, ilans le royaume de Na|)les, fit gentilhoiinue du duc d'I'rbiM, et secrét/uro de la ville de N;q)lrs. Il lunurut en 1631. On a de hu une Histoire de Naplcs, imprimée dans celte vdle en 1607, iii-V, qui est ftu nombre des livres raies, Qucltiues
critiques prétendent que Capaccio n'en est que le traducteur, et que l'ouvrage est de Fabio Cordiani. Quoi qu'il en soit, cet ouvrage se trouve dans la collection de Grœvius, avec les Antiquitates et historiée Campaniœ felicis, du môrto Capaccio. On a encore de lui Puteolana historia et de Balneis liber, Naples, 108i, in-4% ouvrage curieux et savant; les Triomphes de saint François de Paule, en italien, traduits en français par Granjon, Paris, 1634, in-4°, et des apologues en vers italiens, 1619, in-4", avec figures.
CAPELLI. Yotj. Cappelu.
CAPISTRAN (saint Jean de), disciple de Bernardin de Sienne, et frère mineur comme lui, marcha sur les traces de son maître. Il tirait son nom de Capistran dans l'Abruzze, où il était né en 1385 d'un gentilhomme angevin. 11 signala son zèle et son éloquence dans le concile de Florence pour la réunion de l'Eglise grecque avec l'Eglise romaine ; dans la Bohème, contre les hérétiques; dans la Hongrie, contre les Turcs. Il se mit à la tète d'une croisade contre les hussites, et en convertit quatre mille. Lorsque Huniade entra en vainqueur dans Belgrade, Capistran, prédicateur de l'armée, regardé couime un homme inspiré, s'y distingua tellement, qu'il parut incertain à qui on devait davantage, ou à la valeur du héros, ou aux sermons du missionnaire. « Quelques écrivains, dit l'abbé « Bérault, ont osé accuser de vanité la re!a- « tion do l'atlaii-e de Belgrade, qu'il fit passer « au pape et à l'empereur, et qui n'attribue « point à Huniade toute la part que le géné- « rai paraissait avoir eue au succès. Le seul « nom d'un saint reconnu par l'Eglise nede- « vait-il pas le mettre à couvert du soupçon « infamant d'une basse jalousie? Ne sont-ce « pas ses légers censeurs, au contraire, tpii « méritent le reproche, non-seulement de « témérité, mais de peu d'intelligence dans « les choses de Dieu ? Si ces vues supérieu- « res et indispensables, quand on veut peser '< les o uvies îles saints, avaient dirigé leur « jugement, n'auraienl-ils pas compris qu'un « homme apostolique, en attribuant le suc- « ces même des armes à la ferveur de la « prière, et à cette foi qui transporte les « montagnes, en rapportait véritablement la « gloire au premier auteur de ces prodiges? » Il mourut trois mois après cette grande victoire, en 1456. C'est mal à propos qu'on lui a reproché les jieines iniligées aux hussites ri'belles et obstinés; ellus ctaicnl décernées ])ai' la puissance séculière; le zélé nnssionnaire n'y eul aucune part. On a de lui un grand nombre d'écrits : un Traité de l'autorité du pape et du concile ; un Traité de l'excommuniriilion : un aidre sur le mariage; quelques-uns sur le droit ciril, /'i/,surc et les contrats; i'Apologii' du tiers-ordre de saint François ; le Miroir des clercs, etc. Il fut canonisé par Benoît \lll, vu 17'V.
CAl'lSl CClll ^ Jean-Antoim , cardinal , (■•vèiiuc de LiMJi, lié à Hume in 1515, fut un habile jurisconsulte. D'abord chanoine du >alican, il devint auditeur de rote, et fui fait, par Pie V, préfet do la sigaaturo du
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gnVe. Plus fard il fut nommé gouverneur de G ualdo. avec le caractère de légit apostolique. On a de lui des Constitutions, qu'il publia dans son diocèse de Lodi, où il tint un synode. Il mourut à Rome, âgé de 53 ans, le 29 janvier 1569. — Capisucchi (Paul), oncle du précédent, fut, comme lui, chanoine du Vatican et auditeur de rote. Il devint évèi|ue de Neocastro et vice-légat de Hongrie, el s'acquitta avec boulieur de plusieurs négociations dont Clément VIII et Paul III le chargèrent. Ce dernier pontife l'ayant envoyé à Avignon, alors déchiré par mille factions, il calma tout par sa prudence. Il mourut à Rome en 1539, à 60 ans. — Capisicchi (Raimond), né à Rome en 1616, se fit dominicain et professa dans cette ville la théologie et la philosophie. Son mérite lui fit confier plusieurs emplois importants, et Innocent XI le lit cardinal en 16S1. Il mourut à Rome le 22 avril 1691, laissant plusieurs ouvrages de tlit''ologie, entre autres : Controversicé theolo- (jirœ selectœ, Rome, 1677, in-folio.
C.\PITEIN ( Jacques-Elisa-Jean), auteur nègre, naquit en Afrique, sur la côte de Guinée, vers 1715. Acheté à l'âge de sept ans pai- un marchand négrier qui l'amena en finllande, il apprit la langue du pays, et après avoir étudié le latin et les éléments des langues grecque , liébraïque et chaldéenne , il s'appliqua à la théologie dans l'université de Loyde. En 174.2, il fut envoyé comme missionnaire en Guinée, et depuis cette époque on n'a plus sur lui que des renseignements fort incertains. On ignore l'époque de sa mort. On a de lui : une Elégie en vers latins sur la mort de Manger, qui fut son maître et son ami; De vocatione Ethnicoriiin, dissertation composée pour son entrée à l'université ili' Leyde; Dissertatio-politico-theologica de s.rvitute Hbertnti christianœ non contraria, (/uam sub prœside J. van dcr llonert publicœ (lisquisilioni subjicit J. E. J. Capilein, Afer, Leyde, 174-2, in-4° ; des Sermons en hollandais, Amsterdam, 174.2, in-'i.".
CAPITON ('Wolfgang-Fabrice), théologien luthérien, ami d'OEcoIampade et de Bucer, né à Haguenau en 14-78, mourut de la peste à Strasbourg en 1541. Sa première femme était veuve d'OEcoIampade. Sa seconde se piquait de bel esprit, et s'avisait même de prêcher, lorsque sou mari était malade. On a de Capiton plusieurs ouvrages, entre autres une Grammaire hébraïque, et la Vie de Jean OEcolampade.
CAPONSACCHI (Pierre), religieux franciscain, né dans les environs d'Arezzo , en Toscane, au xvi" siècle, est auteur de quelques ouvrages peu connus : In Johannis apostoUApocalypsin observatio, Florence, 1572, in-4.° ; 2" édition, ibid., 1586, in-4°. On a remarqué que cet ouvrage est dédié à Sélim II, empereur des Turcs; De justifia et juris audilione, Florence, 1575, in-4.°; Discorso intorno alla canzone del Petrarca che incomincia : Vergine bella che di sol vestita, Florence, 1507 el 1590, in-ï", production de la jeunesse de l'auteur. Le P. Lelong s'est trompé en le désignant comme un commentaire du
Cantique des cantiques. On ignore l'époque de la mort de Caponsacchi.
CAPPE (Newcome), né à Mill-Hill, près Leeds, le 21 février 1732. Après avoir terminé ses études à l'université de Glascow, il retourna, en 1755, à Mill-Hill ; peu après il fut nommé pasteur associé, puis pasteur unique de la congrégation des presb\ tériens à York. Il y mourut le 24- décembre 1800, après quarante années de ministère. Il s'était distingué dans la prédication, et on a de lui des Sermons remarquables par la pensée et le style. On cite surtout les suivants : Sermon sur la victoire du roi de Prusse à Rosbach, le 5 novembre 1757; Sermon pour les trois jours de jeûne, pendant la guerre d'Amérique; Sermon pour le jour d'actions de grâces, 1784 ; Sermon pour le jour de jeûne, écrit durant la guerre d'Amérique, mais publié en 1795; Sermon sur la mort de révérend Edouard Sandercock ; Discours sur la providence et le gouvernement de Dieu; Remarques critiques sur plusieurs passages importants de l'Ecriture sainte, avec des Dissertations sur diûérents sujets, auxquelles sont joints les mémoires de la vie de Cappe, publiés par sa seconde femme, 1802, 2 vol. in-8°. Dans ce dernier ouvrage l'auteur se proposait principalement de combattre la doctrine des trinitaires, et de donner des explications sur le sens que les unitaires modernes attachent à certains passages du Nouveau-Testament.
CAPPEL (Louis), dit le Jeune, né à Sedan en 1585, ministre protestant et professeur d'hébreu à Saumur, etfaça la gloire des autres hébraisants, par une critique sûre et une érudition consommée. Ces deux qualités brillent dans tous ses ouvrages, justement estimés des savants. Les principaux sont : Arcanum punctuationis revclatum, Leyde, 1624., in-4% dans lequel il montre invinciblement la nouveauté des points-voyelles du texte hébreu, contre les deux Buxtorf. Cet ouvrage, la terreur des théologiens de Genève attachés aux Buxtorf, souleva contre lui leur parti composé de presque tous les protestants. Il n'en a pas été moins recherché par les amateurs de la critique sacrée. Le célèbre Grotius disait qu'il. n'y avait que des entêtés qui pussent contester les preuves de Cappel. Critica sacra, Paris, 1650, in-folio, qui lit encore plus de bruit que l'ouvrage précédent. Ce savant ouvrage, qui mettait en poudre l'infaillibilité massorétique, et qui répandait des incertitudes sans nombre sur le texte hébreu moderne, unique fondement de la foi des protestants, déplut si étrangement aux calvinistes, qu'ils en empêchèrent pen:iant dix ans l'impression. Ce fut Jacques Cappel, son fils aîné, qui, s'étant fait catholique, obtint, par les entremises des PP. Petau, .Morin et Mersenne, un privilège pour l'imprimer à Paris du vivant de son père. Arnold Boot, Jacques Ussérius et Jean Buxtorf le (ils attaquèrent cet ouvrage, mais sans lui faire grand mal : Louis Cappel répondit par deux lettres savantes imprimées à Saumur, 1651 et 1652, in-4-°j força les pro-
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tesinnts ses confrères à respecter les anciennes versions, auparavant méprisées chez eux, et les mit dans la nécessité, ou de se soumeitre avec les catholiques à l'autorité de la Tradition, pour s'assurer du sens des livres sacrés, ou de recourir à la chimère de l'esprit particulier, qui ne peut contenter que des fanatiques. Des Commentaires sur l'Ancien Testament, publiés avec VArcanum, Amsterdam, 15S9, in-folio. {Voy. Eléazar, GoROPiLS, Masclef, Morin). Chronologie sacrée, Paris, 1655, in-i°. Elle est assez succincte, quoiqu'elle contienne des dbservations utiles et bien digérées; Historia apostolira, ex actibus apostolicis et epistolis Pau- Unis destimpta, Saumur, 1G33, in-4°. Cappel moMut à Saumur en 16oS, à 73 ans. [Yoy. le catalogue des ouvrages de Cappel, dans le tome XXn° des Mémoires du Père Nicéron,
2ui a accordé un article à un autre Louis appel, dit YÀncicn, zélé calviniste, mort à Sedan, le 6 janvier 1583, et oncle de celui que nous avons fait connaître.)
GAPPËLLt (Marc-Antoine), cordelier, né à Este, vers le milieu du xvi* siècle, écrivit d'aboid en faveur de Venise, dans son différend avec Paul V : Parère délie controversie, etc., 1G06, in-4° ; puis, s'étant rétracté, il emjiloya sa plume contre les ennemis de l'autor té du pa|)e : De summo pontificatu B. Pétri, 1021, in-'i-° ; De cœna Christi suprema, 16-25, in-i". 11 passa par les charges de son ordre, et mourut à Rome en 1625.
CAPPONl (Séraphin), pieux et savant dominicain, né en 1536 dans le Bolonais, professa la philosophie et la Ihéohigie dans jilusieurs v lies d'Italie avec beaucoup de succès, éditia ses disciples par ses vertus, et mourut à Bologne le 2 février 161i. Ses ouvrages sont : Yeritates aureœ super totam lerjem vetcrem, Venise, lo'.lO, in-fol. ; des Commentaires sur saijit Mallliieu et sur saint Jean, Venise, 1602-160i, 2 vcl. 'n\-k° ; la théologie de saint Thomas eu al)régé, 1597; Elucidationcs in Sùmmam sanvti Thomœ, 1588, 5 vol. iii-4°; 1612, 6 vol. in-fol.; Commentaires sur les Psaumes, Bologne, 1592, in-ful. Le P. Jean- Michel Pio a donné sa Vie, 16-5, in-4°.
C.VPKAiS (saii.t), né à Agen au m' siècle, se retira sur une montagne voisine de cette ville pour y mener la vie érémiti'iue et so dérober on même temps h la cruelle per>écutioii allumée dans cette [novince. Caprais, regardant un jour, du lieu de sa retraite, co qui se passa t dans la ville, fut témoin du supplice d'une jeune vierge nommée Foi.
Frappé de la constauce et de la fermeté que cette hlle courageuse faisait paraître au milieu des tourments, il so jette aussitôt îi genoux, demande à Dieu la gr.ice de l'imiter, et court se présenter h Daciun, gouverneur de l'Espagne tarragonaise, et qui étaitaloisà Agen(veis l'an de Jésus-Cluisl 2b7j. A iieino s'est-il déclaré chrétien (lu'il est >aisi, cîiargé de fers et soumis à d horribles tortures. Mais, insensible h la douleur comme aux promesses llatteuses que lui faisait lo gouverneur, il est condamné à mort, et partage avec sainte Fo"i la palme du martyre. Ils eu-
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rent l'un et l'autre la tète tranchée le 6 octobre; leurs corps, enlevés pendant la nuit par des cljrélieus, furent eu-evo'is honorablement. Dnlci le ouDulcice, évoque d'Ageu au commencement du v siècle, fit rechercher leurs corps, et bâtir une église sous l'invocation de saint Caprais, où il les déposa. On célèbre le 20 octobre la fête de s.iint Caprais, et celle de sainte Foi le 6 du même mois, jour de leur martyre. Un chanoine de la collégiale de S.iinl-Caprais d'Agen, Bernard L.ibenazie, {lublia dans cette ville, en 1714, iii-12, un ouvrage intitulé: Prœconium divi Caprasii Aginnensis, ejusque episcopalis dignitas, seu Dissertatio de antiquilate ecclesiœ sancti Caprasii Aginnensis. Lahenazie et quelques autres auteurs font de saint Caprais un évèqne d'Agen, mais c'est sans aucun fondement, selon Baillet.
CAPRAIS ( saint), apiielé aussi Capraise pour le distinguer du (irécédent, vécut au V siècle. Issu de parents distingués, il avait reçu une éducation conforme à sa naissance, et cultivé l'éloquence et la philosophie Mais ces pounaissaiices n'ayant servi qu'à le convaincre de la fragilité des biens terresires, il distribua aux pauvres toute sa fortune el se retira dans les montagnes des Vosges. Le bruit de sa vie pénitente et de sa sainteté lui amena deux jeunes seigneurs. Honorât et son frère Venance, qui venaient consulter le pieux solitaire sur le dessi iu qu'ils avaient conçu de se consacrer h Dieu. Caprais quitta sa retraite et les accompagna dans divers pèlerinages qu'ils firent hor.-. des Gauls. Venance mourut à Méthone ; cette circonstance engagea Honorât et Caprais à rentrer dans leur jiatrie ; et, diUei inuiés par le conseil de Léonce, évoque d;; Fr/jus, ils allèrent s'établir dans l'île de Lérins, alors déserte, où iiS fonder, nt le fameux monastère ue ce nom. Honorât le gouveina sous la direction et par les consisde Caprais, jusqu'au inoiuent où d fut nommé archevêque d'Arles ; et Caprais y mourut le 1" juin 430. Le Martyrologe romain place sa lôte au môme jour; on lui donne d ms plusieurs martyrologes la qualité d'abbé do Lérins ; mais cela ne paraît pas prouvé.
CAPRANI('.A(D()MiMyLE;,évèqucdeFirino, né en liOO, dans le territoire de Paleslrino. rendit de g auds services au sauit-siége, qui l'employa dans plusieurs négocialion> délicates, et lui coiilia lies emplois im|iorlanls. Ce fut b.i qui eut le bonheur de proi ur r la paix aux Etats romains, qui étaient rava-és dejiuis loîigtcmps \<;>y .\l|iiuinse, roi d'Aragon. Le pape .Martin V, (pii avait recomiu son mérite, l'avait nomme caidinal en 1V23, mais il ne lui avait pas permis d'eii pnrlcr les insigni'S, ce qui, Uai.s la suite, lui lit refuser l'euliée du conclave, et lui nt dis|»uler la qualt;'' île cardnal. 11 mouiut le 1" se|)temi.re 1V58, laissant plusieurs ouvi-n^' s, (jÙ l'on trouve | lus d'érudition que d'i hgance. Les jirinci|iaux s(iiit:.li7a conciîii JlasiUcnsis, pars prima; Documenta scu praccjjla de modo Vivendi, de urlc moricndi, in-V, r»77, réimprimé en 1478; De conl(niplu mundi ; De
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pace Italien constituenda , oratio ad Alfonsum reqein ; De rationebelli contra Turcas. Sa Vie a été écrite en latin par Baptiste Po^s'0> Rome, 1705, in 4°; elle a été insérée par Baluze dans ses Miscellanea, toiue lil, p. 263 ; une autre Vie de ce prélit a été écrite aussi en latin par Michel Catalani, 1793, in-1».
■CAPRARA (Alexandre de), jésuite, né h Bologne en 1359, d'une famille noble de cette ville, s'éleva aux premiers emplois de son ordre et mourut en 1625. On a de lui : Traciatus de benedictione episcopaU, Bologne, 157:); et un Eloge de Cliarles Sigonius, en latin, imprimé eu tète des OEuvres complètes de ce savant.
CAPRARA (Jean-Baptiste), cardinal-prôtre du titre de Saint-Onuplire, né à Bologne le 29 mai 1733, était tils du comte de Montecuculli ; mnis il prit le nom de sa mère, qui était le dernier rejeton de la maison Caprara. Ses connaissances en droit politique Axèrent sur lui l'attention de Benoît XlV, qui l'envoya h Ravenne, à l'âge de 25 ans, en qualité de vice-légat . Capraia devint noncf, en 17C7 à Cologne, en 1773 à Lucerne, en 1783 à Vienne, reçut du pape Pie VI le chap< au de cardinal le 18 juin 1792, et fut fait évoque d'iési en 1800. En 1801, Pie VII le nomma légat a latere auprès du gouvernement français, et il présida la œagnilique cérémonie du 18 avril 1802 dans réglise de Notre-Dame, cérémonie qui avait pour objet le rétablissement du culte. En 1803, il accompagna le premier consul k Bruxelles et fut créé archevêque de .-.lilan, et c'est en cette qualité qu'il sacra Bonaparte roi d'Italie, le 28 mai 1803. Caprara continua ensuite d'habiter à Paris, oîi il mourut le 21 juin 1810. Ses pouvoirs de légat lui avaient été retirés lorsque le pape fut emmené prisonnier en France. L'abbé Rauzan prononça son oraison funèbre, et un décret impérial ordonna que ses restes seraient inhumés au P,.nthéon. On a reproché au cardinal Caprara son dévouement à Na[ioléon, et quelques décisions qui ont paru peu conformes aux principes d'une saine théologie, entre autres sur la légitimité des biens nationaux. On connait de lui divers actes d'une noble bienfaisance; il légua tous ses biens à l'hospice de Milan par son testament.
CAPREOLE (Jean), dominicain, professeur de théologie à Pa.is, laissa des Commentaires sur le Maître des sentences, 1588, in-folio, et une Défense de saint Thomas. 11 tlorissait vers le m lieu du xv' siècle.
CAPREOLUS (Elie Cavriolo, connu sous le nom de), jurisconsulte, moit en 15^9 dans un âge avancé, est auteur d'une histoire de Brescia, sa patrie, sous ce titre : Chronica de rébus .Brixianorum ad senatum populatumque Brixianum upus, in-fol. Cette première édition, qui est très-rare, paraît avoir été imprimée en loOO, époque où se termine le récit des événements qui se sont passés dans cette ville. Burmann, en insérant cet ouvrage dans son Thésaurus antiquitatum
Italiœ, a ajouté aux douze premiers livres Ips xiu' et XIV' qui étaient resti's manuscrits, et qui vont jusqu'en 1510. On cunnaît encore de Capreolus : un traité De confirmalione chrislianœ fidei, imprimé avec divers opuscules du Mantuan, Brescia, i4-99, in-4°; Defensio statuti Brixiensium; De ambitione et sumptibus funerum minuendis.
CAPUA (Thomas da), Napolitain, fait cardinal par le pape Innocent II , dans le xii' siècle , est auteur de quelques Hymnes et d'une Antienne à la sainte Vierge , insérées dans le Bréviaire romain. — Capla (Pierre da), cardinal de la promotion d'Honorius lil, en 1219, professa la théologie dans les écoles de Paris. On a de lui : Épitome sentenliarum ; Lexicon concionatorium , et quelques autres écrits , conservés dans plusieurs bibliothèques religieuses d'Italie. — Capca (Anriibal da) , né dans le xyi° siècle , fut archevêque dfe Naples et nonce en Pologne sous h' pontificat de Sixte V. On a de lui quelques Discours en latin, publiés pendant sa nonciature.
CARABANTES (Joseph de), né en 1628, prit l'habit de capucin dans la province d'Aragon. Sa charité et son zèle pour la propagation de la foi l'engagèrent à porter la connaissance du vrai Dieu chez les nations sauvages de l'Amérique, ofi il souffrit, en véritable apôtre , de nombreux et pénibles travaux. Il mourut en 1G94, après avoir écrit : Ars addiscendi atque,docendi idiomata pro missionariis ad conversionem Indorum abeunlibus ; Lexicon, seuvocabularium verborum , adverbiorum , conjunctionum et interjectionum ad meliorem intelligcntiam significationemque Indorum ; Practica de missiones^ remédia de pecadores , sacado délia divina escritura y délia ensennanza apostolica , e C, 2 vol. in-i°; le iiremier im[)rimé h Léon, 1674; le seconda Ma irid , 1078. Practicas dominicales, y lecciones doctrinales de las co~ sas mas essenciales sobre los Evangelios, etc., 2 vol. in-4-% Madrid, 16?6 et 16b7'. Michel de Fuentès, évêque de Lugo, en Calice, trouva ce dernier ouvrage si rec mmandahle , qu"il en ordonna une lecture publique dans loaies les paroisses de son diocèse. Diego Gonsalez de Quiroga a donné la Vie de ce zélé missionnaire, Madrid, 1705, in-4% en espagnol.
CARACCIOLI (Robert) , plus connu sous le nom de Robertusde Licio, parce qu'il était de Lecce , dans la province d Otrante , où il naquit en 1425, entra dans l'ordre des mineurs observaiitins, d'où d pa^sa dans celui des conventuels. U professa la théologie, te distingua surtout comme prédicateur, et fut élevé, en 1471 , sur le siège d'A(juino , par Sixte IV. Ce pape le nomma ensuite évoque de Lecce, mais il mourut avant l'expédition des bulles. Caraccioli mourut dans sa ville natale, en 1495. Outre ses Sermons , qui parurent pour la première fois à Veni o , en 1472 , in-4% et qui ont été souvent réimprimés, on a de lui : De hominis formalione /('- 6er, . Nuremberg , 1479, in-foi.; Traciatus
de incarnationeChristi; Spéculum ftdei Chri'
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stianœ , Venise, 1555, in-fol.; Tractatus de immortalitate animœ , ibid. , tiOG , m-k" ; De alerna beatitudine , ibiil. , li96 , in-i°. Il a |iaru à Naples, 1703, in-i°, une \ie de R. Caraccioli, par Domenico de Angelis.
CARACCIOLI (Jean-Antoine), de Melfi, né au commencement du xvi' siècle d'une famille illustre, fut le dernier abbé régulier de Saint-Viotor de Paris , en 1543. 11 tyrannisa ses confières , et se vit obligé de permuter son abbaye, en 1551 , avec Tévéclié de Troyes. Il s'était "fait connaître d'abord avantageusement par son Miroir de la vraie religion, Paris , 15V4 , in-16; mais il ternit ensuite sa réputali m ])ar son attachement aux nouvelles opinions. Il prêcha le calvinisme à ses diocésains , et les scandalisa en se mariant. Il mourut , en 1569 , à ChAteau-Neuf-sur- Loire, méfirisé des deux partis.
CARACCIOLI (CÉsAR-EuGÉMo), de la môme famille que Jean-Antoine, florissait dans le XVII' siècle, et se fit connaître par quelques ouvrages. Le plus considi^rable est une Jlistoire ecclésiastique de Naples , en italien, 165i, 1 vul. in-i°. Charles Leilisylit un vol. in-i° d'augmentations. Cette Histoire est peu commune en Italie. On estime aussi sa Description du royaume de Naples , 1661 , in-i".
CARACCIOLI (Jean-Baptiste), clerc régulier, né au royaume de Naples, dans le xvii' siècle , publia les ouvrages suivants : Religiosiis evangelicus , sive spirituales sermones super dominicarnm evangelia ; Spirituales sermones encomiasticorum de sanctis partes duw ; De virtutibus in commune.
CARACCIOLI (Lolis-Antoine), né à Paris, en 1721 , d'une famille originaire de Naples, fit ses études au Mans , où son père i tait établi , et enta , en 1739, dans la congrégation de l'Oratoire , qu'il quitta bientôt pour voyager en Italie, en Allemagne et en Pologne, oii il fut gouverneur des enfants du prince Rewski , grand-général et premier sénateur du royaume; il fut décor/' d'un brevet de colonel, afin d'être admis à la table du général. De retour en France , il se fixa d'abord à Touis, ensuite k Paris, où la modicité de sa fortuni' l'engagea à composer un grand nombre d'ouvrages qui se ressentent (le la piéci[iitation avec lacjuelle ils furent écrits. On n'y trouve ni vues profondes ni un style brillant. Cependant , quelques-uns de ses traités sur la morale, ijui sont ce qu'il a fait de mieux , eurent du succès dans leur temjis, et i)lusieurs orateurs ne se firent pas scru|)ule d'en débiter des morcfaux entiers dans leurs senuons. Aujour l'hui ils sont presque entièreuirut oubliés. Les ])rincipa ix sont : Conversation avec soimi'mc, in-12; Jouissance de soi-même, iii-12; Le véritable Mmtor, in-12; De la grandeur d'âme, in-12; L'univers éniginaliguf , iM-12; /.*' tableau de ta mort, in-12; Le langage dr la religion, \n-i'2; Le cri de la vérité contre la si'itur/i<in du siècle, in-12 ; Les vies de Itérulle, du I'. dcCondren, de Benoit XIY, de Clément XIV , de Madame de Maintenon, de Josrpli II. 'l'oulcs ces A'ics, écrites à la hâte , sont .'-ans inlirêl. Celle do Benoit XIV surtout , qui aurait pu fournir
tant de détails intéressants h un auteur judicieux, ne nous offre que de prétendus bons mots, des anecdotes sans autorité, des réflexions vagues , rien enfin qui puisse répondre au mérite de celui que l'auteur avait h peindre. L'ouvrage de Caraccioli qui eut le plus de succès est ses Lettres du pape Clément XIV, qu'il attribua faussement à ce pontife , et qui sont reconnues aujourd'hui être de Caraccioli même, puisqu'il n'a jamiis pu en fournir les originaux. Elles durent leur vogue k un certain |)arti, qui ne les a |ias empêchées de tomber dans un grand discrédit. Quoique son style soit [ilus soigné que dans ses autres ouvrages, on y retrouve les mêmes idées, les mêmes opinions que dans ses précédents écrits, des dates fausses, des invraisemblances palpables , des bévues même, quelquefois un ton peu ecclésiastique et des maximes dé[)lacées dans la bouche du chef de l'Eglise. Caraccioli mourut à Paris , le 29 mai 1803, dans un état voisin de la pauvreté. Les troubles de la Pologne lui a.vaient fait perdre une pension quelui faisaient ses anciens élèves; peu de temjis après il perdit une autre pension que lui avait laissée l'impératrice Marie-Thérèse. En 1795 , la Convention lui avait accordé un traitement annuel de 2,000 fr., dont il ne paraît pas avoir joui longtemps.
CARAFFA (Charles), fondateur de la congrégation des Ouvriers-Pieux , était de l'illustre maison de CaraÛ'a. Né en 1561, il se fit jésuite; mais de fréquentes maladies l'obligèrent de sortir de la, société cinq ans ajirès son entrée. Il prit alors le parti des armes, et se tlistingua par sa bravoure. Agé de 34 ans, il ressentit un grand dégoilt du siècle , et embrassa l'état ecclésiastique en 1599. Depuis ce temps, il mena une vie très-austère, et se livra entièrement aux exercices de la charité et de l'apostolat. Lorsque les malades ne l'occupaient point dans les hôpitaux , il instruisait le peuple dans les places publiques, et travaillait à la conversion des pét-lieurs. Il établit à Naples plusieurs maisons de repenties, à Timitation de celle que saint Ignace avait établie à Rome. Il fut fait supérieur des catéchumènes et du séminaire do Naples, qu'il réforma , et fonda une congrégation pour les missions. Le pape G:égoire XV approuva ce nouvel institut, sous le litre do Congrégation des Ouvriers-Pieux. Quelque temps avant sa mort , il se relira dans une solitude , pour ne vaquer qu'à son propre salut , et il y mourut le 8 se|)lembro 1633. Ces Ouvriers ne font point de vivux, leur vie est très-austère; cette congrégition n'est |)as noiiiiueuse.
CARAFFA ,Antoini: . de l'dluslro maison de ce nom, aussi distingué par ses lumières (jue par son rang, partagea la disgrAce de sa lamiile sous Paul IV, et alla chercher UD asile à l'adoue; le jiape Pie W qui le ra]^ jiela , le lit cardinal en 1568, et (]Uclque temps après il fut mis, par Sixie V, h la tèio des éditeurs de la Hii)le des Septnnie. t^llo fui publiée par ses soins, avec la Piél'ace et les Seholies de P erre Morin. l\ Itoiiie, 1587, in-folio. Celle Bible fui traduite on latin , et
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Farut à Rotûe , en 1588 , in-folio. L'une et autre sont rares. Le P. Morin en a donné une nouvelle édition h Paris, en 1628, 3 vol. in-folio. Il y a joint le Nouveau Testament, en grec et en latin. Ce savant cardinal traduisit de grec en latin : Catena veterum Patrum in cantica Yetcris et Novi Testamenti. — Commentaria Theodoreti in Psalmos. — Sancti Grcgorii Nazianzeni orationes. 11 mourut en
CARAFFA (Grégoire), clerc régulier, mort ÎL Naples , dans le xvir siècle, composa des commentaires sur saint Thomas , sur Porphyre , et des opuscules sur des sujets philosophiques.
CARAFFA (Charles) , fils de Fabrice Caraffa, prince de la Roccella, fut évèque d'Aversa, nonce apostolique, puis légat en Allemagne près de Ferdinand II, sous le pontificat d'Urbain VIII , et mouinrt en 16ii. On a de lui : Commentaria de Germania sacra restaurata , Cologne, 1639, in-8". Le président Cousin a donné une traduction fi-ançaise de cet ouvrage qui concerne l'état de la religion en Allemagne . depuis l'an 1620 jusqu'en 1629 ; une seconde édition contient une continuation jusqu'en 16'i'l , faite par un anonyme , Francfort , 1641 . in-12.
CARAMUEL DE LORKOWITZ ( Jean ) , cistercien , né à Madrid en 1606 , d'un père flamand et d'une mère allemande, fut envoyé aux Pays-Ras avec le titre d'abbé et comte de Melrose en Ecosse, et celui de vicaire général de l'abbé de Cîteaux dans les îles Britanniques. En 1638 , il prit le bonnet de docteur en théologie à Louvain , et fut l'un des premiers qui se déclarèrent contre VAugustinus de Jansénius , et qui reçurent avec respect les décrets d'Urbain VIII qui le condamnaient. Il eut beaucoup à soutlrir à cette occasion, selon ce qu'il rap{)orle lui-même. Quelque temps après, il fut fait abbé de Dissembourg dans le Bas-Palatinat. Il y travailla, avec un zèle infatigable et un succès éclatant, à la conversion des hérétiques. L'archevêque de Mayence le prit pour sutfragant, et il fut décoré du titre d'évèque deMissy. 11 fut ensuite vicaire général de l'archevêque de Prague. Cette ville étant assiégée par les Suédois en 164-8 , il crut que sa qualité de religieux ne devait pas l'empêcher de prendre les armes pour la défendre contre les hérétiques. 11 se distingua tellement à la tête d'une compagnie d'ecclésiastiques qu'il reçut en récompense un collier d'or de l'empereur. La tranquillité étant rendue à la Bohême, il travailla à la conversion des protestants, et en convertit jusqu'à vingt-cinq mille. Son zèle et ses succès lui procurèrent l'évèché de Kœnisgratz en Bohême ; mais il n'en eut que le titre, les revenus étant entre les mains des luthériens. Alexandre VII lui donna celui de Campagna dans le royaume de Naples, en 1657 ; il s'y fixa jusqu'en 1673. Vers la fin de cette année , il fut pourvu du siège de Vigevano, entre Milan et Pavie; et ce lut là qu'il finit ses jours, le 8 septembre 1682. On a de lui un grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels on distingue sa Trithemii
DiCT. D£ BlOQUAPHIE HELIQ. I.
Steganographiavindicata,'^uv&mhev^, 1721 , in -4°, et sa Théologie, 7 vol. in-foi., etc. On trouve ses décisions morales trop peu sévères ; et ce n'est pas sans raison qu'il tient un des premiers rangs parmi les casuistes relâchés. Il était un des plus ardents défenseurs du probabilisme , pour lequel il publia une Apologie. Yoy. Pascal , Blsem-
BAl M , ESCOBAR.
CAUBEN (Victor de) , rabbin allemand , né en 1423 de jiarents juifs , peu aisés, fit néanmoins de bonnes études, et se rendit savant dans les langues , les coutumes , les lois des peuples orientaux. Nommé rabbin par les juifs de Cologne , il acquit une réputation telle que l'archevêque de cette ville attacha une grande importance à sa conversion : il l'entreprit, et y réussit. A l'âge de cinquanteneuf ans , Carben , abandonnant sa femme , plus attachée que lui à la foi judaïque , et trois enfants nés do leur mariage , reçut le baptême en présence d'un grand concours de peuple. Quelque temps après , il entra dans les ordres, fut fait prêtre, et, dès ce moment, employa ses talents à combattre les erreurs qu'il avait partagées pendant tant d'années. Il mourut à Cologne le 2 février 1515, à l'âge de quatre-vingt-douze ans. Ses ouvrages sont devenus rares ; les plus remarquables sont : Propugnaculum fidei cfiristianœ , instar dialogis, christiamim et judœum disputatores introduccns, in-k°, sans date; Judœorum errores et mores , opus aureum ac novum et a doctif viris diu expectatum , Cologne , 1509 , in-4'', traduit en allemand, 1550, in-8°.
CARBONNET DE LA MOTHE (Jea>ke de), religieuse à Bourg en Bresse, sous le nom de mère Jeanne de Sainte-Ursule , écrivit un Journal des illustres religieuses de Sainte-Ursule , avec leurs maximes et pratiques spirituelles, tiré des chroniques de l'ordre, et autres mémoires de leurs ries, Bourg, 1684-1690, 4 vol. in-4°. Le P. Grosset , jésuite, a eu beaucoup de part à cet ouvrage ; ce recueil est rangé suivant l'ordre du calendrier , et ne va que jusqu'à la fin d'octobre : les deux derniers mois ne paraissent pas avoir été imprimés. Il contient le tableau des vertus de 755 ursulines et de trente bienfaiteurs de l'ordre , et peut fournir aux religieuses une lecture édifiante et instructive. Il a fourni des matériaux aux hagiographes et aux biographes. On y trouve quelques anecdotes intéressantes; mais il ne peut être que d'un assez faible secours pour l'histoire, jiarce que les détails biographiques et les dates y manquent.
CARDAILLAC (Jean de), issu d'une ancienne famille du Quercy , professa le droit à Toulouse, fut nommé en 1351 évêque d'Orense en Galice ; en 1360 , évêque de Braga en Portugal ; en 1371, patriarche d'Alexandrie et administrateur de l'évèché de Rodez; en 1376, administratem- perpétuel de l'archevêché de Toulouse. La cour de Rome l'employa utilement en diverses légations. En 1368, il parcourut la Guyenne, où commandait le prince Edouard de Galles, alla de ville en ville , engageant l'es habitants à secouer • ■ 27
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un Joug étranger, et gagna seul à son prince soixante villes, places ou forteresses, faisant ainsi plus que n'eiU pu faire une armée victorieuse. Le zèle et ré]o(iuençe du prélat facilitèrent le succès qu'olitint en 1370 le connétable du Guesclin, qui souiuil presque toutes les villes de la Guyenne et du Poitou. Cardaillac fit fondre à ses frais , pour la cathédrale do Toulouse, une cloche d'une grosseur extraordinaii e qui porta son nom , et qui pesait cinquante mille livres : cette cloclie a été détruite pendant la révolution. Ce prélat mourut le 7 octobre 1390, laissant plusieurs manuscrits qui prouvent son éloquence et son éru'lition. On les conservait dans la bibliothèque des dominicains de Toulouse. On lit sa Vie dans les Essais de littérature , impiimés à Amsterdam , en 170^, in-l2.
CAUDENAS (Bernardin de), né à Chuquisaea, dans la province de las Charcas au Pérou, entra dans l'ordre de Saint-François, où il ne tarda pas à se distinguer par son talent pour la .prédicaii(;n ; devint missionnaire apostnj'que et fut nommé en 16i3 à l'évêché del'AssomjUion dans le Paraguay. Mais les missions des jésuites étant voisines de son diocèse, il ne vil dans la déliance avec laquelle ils on défendaient l'entrée aux Espagnols , comme aux autres Européens , qu'un projet de se soustraire à l'obéissance du roi d'Espagne , et il les accusa avec chaleur ; les jésuites se défendirent, ei parvinrent k le mettre mal avec les ofiiciers du roi. Excités par l'exemple de Cardenas , d'autres évêques de l'Amérique s'opposèrent aux entr 'prises des Jésuites ; Palafox, le plus célèbre de ces prélats, entrrtenàt une correspondance suivie avec Cardenas. La cour de .\ladrid, îi qui les deux partis avaient adressé des mémoires , nomma des commissaires qui réussirent avec peine h concilier les esprits. On peut voir les ilétiiils de cette querelle dans VHistoire du Poraquay , du P. Charlcvoix. Cardenas, nommé à l'évôché de Popayan , s'excusa sur son grand âge; mais le désir de la paix lui flt accepter, en itioG, celui de Saiiia-Cruz de la tiier.a , où il mourut peu d'années après. On a de lui : Mamtnl y rclacion (le las cosas di Piru, Madrid, lli.'3'; , in-V" ; Historin Indinna et indigmarum ; Mi-morial présenté au roi (l'Espagne pour la défense de don Bernardin de Curdcnns , év('(iue de Paraguay, contre les religieux de la compagnie de Jésus, tt pour répondre «w.r mémoriaux présentés à la susdite majesté , par te P. Prdraça, procureur des jésuites aux Indes , ouvrage curieux, qui a été traduit de l'espagnol, 16(id, in- 12.
CAKDIM ( Antoine-François ), jésuite portui^ais, né îi Viana, en 1015, im.rt à .M.iiao, en IGoO, lut millionnaire au Japui, en t^hine, au rovaume de Si.un et à la C.icliinchino. On a (le lui : une Jlelution, en portugais , de la mort de quatre missionnaires de sa tuuion, dé-apité.s 'lu .iHpon pour la loi , Lisbonne, lUi.J, in-S ; une Kelation, en WaJien , do la province ilu Japon, Uoine, id't'o, in-8*; Fasciciilus tJaponicis floribus, etc., Uonie, lG'i7,
in-4° ; Catalogus omnium in Japonïa pro Christo interemptorum , ibid.
GARI.ES (Lancelot de) , né î» Bordeaux d'un président au parlement de cette ville , embrassa l'état ecclésiastique 11 fut chargé par Henri 11 , d'une négociation avec Rome, et ce prince le nomma à révèché de Rie/. Caries cultivait les lettres, et surtout la poésie ; il était particulièrement lié avec Ronsard , Joachim du Bellay et le chancelier de Lhùpital. Ce prélat mourut à Paris vers l'année 1570. Parmi les ouvrages qu'il a laissés , on distinj;ue : Paraphrase en vers français de l'Ecclésiaste de Salomon, loGI ; une autre du Cantique des Cantiqu-es, in-S", et des Cantiques de V Ecriture, etc., loG2 ; Eloge ou témoignage d'Iionncur de Henri II , roi de France , traduit du latin de Pierre Pascal , 1560, in-fol.; Lettres au roi de France Charles IX, contenant les actions et propos de M. de Guyse, depuis sa blessure jusqu'à son trépas, Paris, ISG.i, in-8". Mais le [ilus rare et le plus reulierché de ses ouvrages est une Epitre contenant le procès criminel fait à rencontre de la rogne Boullan (Aune de Boulen) d'Angleterre, Lyon, loi3, in-8°.
CARLETON (Georges), évèque anglais, né en 1539 dans le Northumberland,au chdteau de Norham, dont son père était gouverneur, était évèque de Landatf, lorsqu'il fut envoyé en 1GI8, par le lOi Jacques 1". au synudo de I)ordrecht, avec trois autres théologiens anglais et un écossais. 11 s'y prononça fortement en faveur de lépiscopal, bien que, sur quelques points du dogme, notamment sur celui de la ]irédestination , il adoptât les erreurs du calvinisme, et qu'il fOt d'ailleurs adversaire déclaré des catholiques. 11 fut nommé en IGIO évoque de Cliic:iester, et il mourut eu 1G28, à Ci) ans. Parmi ses nombreux ouvrages, nous citerons : Heroici charactercs, en vers, Oxford, 1G03, in-V"; Les dîmes dues au clergé, examinées et prourées être de droit diiin, Londres, IGi'O et IGll, in-i"; La juridiction royale, papale, épiscopale, etc., Londres, iGiO, in-4"; Consensus Ecclcsiœ catholiv(r contra l'ridentinos de Scripturis, Ecctesin, jide et gratia, etc., Francfort, 1613, in-S"; Asirologiinaiiia , ou la Folie de VAsirologie, Londres, l&2\, in-'»*, réimprimé en IGol ; > (/</ Ilernardi (iilpini, Londres, 1G28, in-'i-°, et dans la Collection des Vies de Bâtes, Loi.dres, 1681, in-V.
CARLETTl (Pelli rin-Marie), évCquc de Monlepuiiaiio en Toscane, était né dans cette ville le Àl octobre 1737, u'une famille noble et pieuse. Il étudia d'abord au collège des jésuites à Pral(!>, et lit son c urs de lln-ologii' a Rome, au collège Baiidiiiedi. 11 entra daiis la c()Ugu\-,atioii de l'Oratoire de saint Phlippe de Ni'ii, mais la quitta au bout de cluij ans, (.11 1781 ; et ayant i lé ordonné prêtre a Ferraro, en 1782, se réunit h une société de missionnaires. Après s'être appliqué plusieurs années aux Irav.iux di' la cli.ino dans ri'.t.il de \ eiiise, la Loiubardie el la Uoinar^ne, il lut nommé lectiur du séminaire de Burgo-San-hcpolcro , pui» clianoine do
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Florence. C'est en 1801 qu'il fut ('levé sur le sii^ge de Montopulciaiio , en même terajjs qu'Alborgotti l'étnit sur celui d'Arezzo. CarkUi prit cl la lellre les instructions données aux pasteurs, par saint Grégoire le Grand. Homme d'oraison et de prière, il se levait à cinq heures du matin en hiver, à quatr» en ('lé, consacrait les premières heures à la méditation, et ( élébrait chaque jour le saint sacrilice de la messe. 11 se livrait aussi à diverses austérités,. Jeûnait les mercredis, vendredis et samedis, et accomplissait une foule de bonnes œuvres. Il moniait souvent en chaire, et il voulait que les pasteurs soivissent son exemple. Les Avci-tissemmts pastoraux, qu'il publia à Sienne, 1807, in-i°, témoignent de son zèle et de sa ferveur. Lors de la translation du pape Pie VII en France, il sut résister aux promesses comme aux menaces, et il présenta à Elisa, sœur de Napoléon, grandeduchesse de Toscane, une adresse en faveur des droits du saint-siége, dans laquelle il s'appuyait du grand nom de Bossuet, dont il citait des passages. On conçoit que cetie adresse n'ait point été insérée dans le recueil des adresses qui fut imprimé par ordre de Bonaparte, et dont un grand nombre ont été rétractées ou désavouées. Il assista au concile de 181 1 , sur lequel il a laissé 18 Lettres pleines d'intérêt. En 1814, il célébra dans son diocèse la délivrance du pape, et eut occasion de sauver plusieurs ofiiciers menacés par la multitude de Montepulciano. L'arclàduc d'Autriche étant rentré en possession de la Toscîne, Cartel ti rédigea pour lui un Mémoire où il exposait les droits de l'Eglise, d'après les princi[)es et les décrets du concile de Trente. Ce :démoirj , non plus que les Lettres dont nous venons de pailer, ne p.raît pas avoir été imprimé. Carletti aurait voulu se retirer chez les jésuites, mais Pie VII lui ordonna de rester à la tôle de son diocèse. Il mourut le h janvier 18:27, à 70 ans. Nous citerons encore de lui : une Instruction sur l'usure et le /)r(?(, imprimée en 1814; une Lettre pastorale sur la dévotion au Sacré- Cœur, 1814; et une Dissertation sur l'institution des évéques, Bologn ■, 1815, in-8°, publié sans nom d'auteur par les soins du chanoine Auibrogi, de cette ville, qui l'a nommé depuis sa mort. M. l'-jbbé Baraldi lui a consacré une Notice très-détaillée, extra te de trois discours funèbres prononcés dans sa cathédrale; et Joseph de Poveda a fait son Eloge historique.
CAKLl (Jean), religieux dominicain, né vers 1440, mort à Florence le 1" février 1503, à 65 ans, jiuHia les Vies de quelques prélats ses contemporains : celle de Dominique, cardinal et archevêque de Raguse; de Simon Salterolo, archevêque de Pise; d'Aldobrande Cavalcanti, évêque de Civita-Vecchia. Ces Vies sont en italien
CARLI DE PIACENZA (Denis), capucin, natif de Reggio, fut envoyé au Congo en 16C6, avec le P. Michel-Angelo Guattini et quatorze autres capucins, i>ar la congrégation de la Proia-iUide, pour y travailler aux missions de ce pays. Le P. Michel-Angelo
succomba bientôt aux fatigues et à la chaleur du climat. Les missionnaires eurent la satisfaction de baptiser plusieurs milliers d'enfants, mais ils ne purent convertir qu'un petit nombre de nèg es. Le principal obstacle qui s'opposait au succès de leurs efforts était l'obligation, pour les nègres, de se contenter d'une seule femme. Le P. Denis, au sortir d'une longue et cruelle maladie qui vint interrompre ses t avaux, retourna en Europe, et il écrivit à Bologne la relation de ses voyages, qu'il publia sous ce titre : Il Moro trasportato in Venezia, ovvcro raconti de' costuini , riti e religinne de' popoii deW Afriea, America, Asia ed Europa, Reggio, 1672, in-12; Bologne, 1074, in-8'' et in-12; Bassano, 1G87, in-4°. Une nouvelle réimpression en fut faite à Bologne en 1678, avec ce titre : Yiaqgio di D. Michel Angiolo di Guatlini e del P. Dionir/i Carli, nrl regno del Congo; drscritto per leltcre con una fidèle narration del paese, in-12. En 1683, il en fut donné une traduction française, Lyon, Amaulry, in-12; et le P. Labal la réimprima dans sa Relation historique de l'Ethiopie orientale, tome y, pages 91-26»; et l'Histoire générale des Voyages, de Prévôt, en renferme un extrait. On comprend que cet ouvrage doive laisser à désirer pour ce qui concerne les détails de géographie et d'iiistoire naturelle; ma'S il y règne une sorte de naïvelé et de bonhomie religieuse qui le fait lire encore avec int'^rêt.
CARLOSÏAD ou CA^iOLSTAD (André- Rodolphe), dont le véritable nom était Bodenstein, chanoine, archidiacre ei i)rofesseur de théologie à Witlenberg, donna le bonnet de docteur à Martin Luther, et lia amitié avec lui. Un jour qu'ils étaient à table, il paria, le verre à la main, qu'il renouvellerait les opinions de Bérenger contre la présence réelle; il tint parole. 11 écrivit ; mais il donna dans la itius granue des absurdités, en disant que ces paroles de Jésus-Christ d. ns la Cène, Ceci est mon corps, ne se rapportaient pas à ce qu'il donnait, mais ((u'il vonbiit seulement se montrer assis à table. C'était un fanatique boudlant et singulier, il se livrait à tout le monde, et personne ne le voulait. Il erra longtemps de ville en ville, persuadant aux écoliers de mépriser les sciences, de ne s'attacher qu'à la Bible, de brûlor tous leurs livres et d'apprendre quelque métier. Il leur en donna l'exemple en se faisant laooureur. 11 fut le premier enclésiastiq'e d'Allemagne qui se maria publiquement. Cette cérémonie se fit avec bea"coup de profanation. Ses disciples tirent des oraisons pro'res pour ce mariage, et les chantèrent à la messe. La première commençait ainsi : O Dieu qui, après l'extrême aveuglement de vos prêtres, avez daigné^ faire la grâce au bienheureux Carlostaà d'être le premier qui ait osé prendre femme sans avoir égard aux lois du papisme, nous prions, etc. Il se relira à Bâle après avoir vu Zuin,3de, et y mourut dans la misère en 1541. On a de lui beaucoup d'ouvrages de controverse, méprisés des catholiques et peu estimés des vrotestants.
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CARNEGHETZY (Georges), théologien arménien, mort vers l'an 1067, est auteur d'une Histoire ecclésiastique d'Arménie, depuis l'an 301 jusqu'à l'an 1000, et d'une Apologie du rite arménien. Ces deux ouvrages, en langue arménienne, se conservaient en manuscrit à la Bibliothèque ro.ale.
CARNEÏZY (Jean), prêtre et docteur arménien qui vivait au xiii' siècle, voyagea en Syrie et en Egypte, et découvrit dans un monastère de Baghdad un manuscrit des Psaumes de David, en langue arménienne, dont il lit faire plusieurs copies pour les répandre dans son pa,)S. Le patriarclie Ciagh( tzy, dans son Jardin désirable, fait mention de trois écrits de Carnetzy qui ne se trouvent guère que dans quelques couvents orientaux. Ils sont intitules : Avertissement aux religieux sur les devoirs et le genre de vie monacale; un Livre de prières ; une Histoire de la conversion d'une famille mahométane à la religion chrétienne.
CAHNOLi (Louis), jésuite, né en 1618 à Bologne, où il mourut en 1693, professa les iiumanités, la rhétorique, la philosophie et la théologie dans cette ville. Il publia, sous :!e nom de Jules Loranci, les deux ouvrages suivants : une Vie du vénérable Jérôme Torclli, en latin, Foili, 1652; un Discours sur la création de l'académie des Accensi à Mantoue, en latin, Bologne, 1655; sous lenomde VergiiiO Nolarci : Idea délie virtù del S. Pad. lynazio de Loyola, Bologne, 1658; et une ■ Vie du même saint, en italien, Venise, 1680.
CARO DE TORRES (François), prêtre régulier de l'ordre de Saint-Jacques, né à Séville vers la lin du xvi' siècle, voyagea dans la Belgique et dans les Indes occidentales, et ])ublia, en ( spagnol : Histoire des ordres viilitaircs de Saint-Jacques, de Calatrava et d'Alcantara, depuis leur fondation, Madrid, 1629, in-foL, dédié k Philippe IV; Relation ■des services rendus à LL. MM. les rois Philippe Il et III, par don Alonso de Sotomayor, dans les Etats de Flandre, les provinces de Chili et de Terre-Ferme, Madrid, 1620, in-i".
(^ARON ^Rayjiund), religieux irlandais, né en 1605 dans le comté de Westmead, entra chez li's récollets, et enseigna la tiiéologie avec distinction. Après plusieurs années de séjour à Saltzbourg et à Louvain, il retourna dans son pays avec le titre de commissaire général de son ordre. Les catbol.ques l'ormaienl alors deux partis, dont lun exigeait de Charles I" une assurance positive poulie maintien de la religion romaine et des privilèges de la nation, et l'autre se contentait d'une ]irome)>je générale, jusqu'à ce que ce [irince lut d'',oarrassé de la guerre parienientaire. Le 1*. (>aroii se prononça pour le dernier parti. Voyant (|ue les évènemenls prenaient une tournure défavorable, il jiassa sur le continent, d'où il ne revint qu'a|>rès le rétablissement de Chai les II. 11 mourut à Dubhn au mois de mai 1666. Son ouvraj^t; le plus ((jiuiu est inlituj.' : licmonslranlin llyueruorum contra Lovanienscs ullramonUinasque censuras, etc., Lijudres, 1665, in- loi., dans lequel il suutieul la doctrine de r£|jli$e
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gallicane sur l'indépendance des rois, la lidéUté des sujets, et contre l'infaillibilité du pape. L'ouvrage, dédié à Charles II, est précédé d'une plainte au saint-père : Ad pontifie, max. Alex. VII querimonia, qui a été insérée dans le recueil des libertés de l'Eglise gallicane, de l'édition de 1731. On cite encore de ce religieux : Roma triumphans, Anvers, 1635, in-12, où il se sert l'une nouvelle métlujde pour démontrer la doctrine catholique; Apostolalus evangelicus missionariorum regularium , ibid., 1653, in-12; Paris, 1659, 10-8°; Controversioe générales fidei contra infidèles omnes et hiercticos, Paris, 1660. En outre, il a laissé en manuscrit : De sactrdotio et imperio libri duo; De canone saerœ Scripturœ contra episcopum Dunelmensem.
CARPANI (Joseph), jésuite, né à Rome en 1683, y mourut vers 1765. Il a laissé : Deux pièces de vers latins intitulées : De Jesu infante, Rome, 17't7, qui ont été traduites en italien. Sept tragédies latines imprimées à Vienne en 174.6, et à Rome en 1750, sous ce tilre : Josrphi Carpani socielatis Jesu, inler Arcades, Tyrrhi Creopolitœ, tragœdiœ, editio quarta, auctior et accuratior. Elles ont t'rlé représentées au collège allemand et hongrois à Home, et y ont obtenu le plus brillant succès. Plusieurs poésies insérées dans le recueil de l'académie des Arcades dont il était membre, et qui portent le nom de Tirro Crcopolita, qui lui avait été donné dans cette société. Plusieurs ouvrages de théologie, où l'on trouve beaucoup de clarté, de précision et de force de raisonnement.
CARPiN ou CARPINI (Jea.n du Plan), frèremineur de l'ordre de Saint-François, né en Italie vers l'an 1220. Innocent IV l'envoya, en 124-6, dans le Kaptchac, vers l'un des petits-fils de Gengis-Khan, pour obtenir de ce prince qu'il cessât ses ravages dans la Russie, la Pologne et la Hongrie. Il se consacra ensuite aux missions du Nord, et [)rôcha l'Evangile en Bohème, en Hungrie, en Norvège et en Danemark. De retour à Rome, il fut successivement premier cnslode de son ordre en Saxe et provincial d'Allemagne. On ne connaît jias la date.de sa mort; mais il parait qu'il parvint h un ;'ige fort avancé. On a inséré ia relation de ses voyages dans le Recueil de divers voyages curicu.r, faits en Tartaric, en Perse et utlleurs, par l'urre livrgeron, Leyde, 1"29, 2 vol. in-V, et La Haye, 1735, sous le tilre de Voyages faits principalement en Asie dans les mi', mu', xiv' et x\' siècles, quoicjue ce soit la même i''dilion où l'on a change seulement le iiinitispice. Carpini est le premier qui ait fait connaître les jiayb et les ])euples (ju'il a visili-s. Sa descri|)tiun des Moiighols est assez exacte; mais à 1 exemple des voyageurs de sou temps, il sacrille souvent au goùl de son siècle pour le merveilleux.
CARPOCRATE, hérétique du W siècle, contempurain de Basilide , était d'Alexandrie. Il eiiseit,nail que JéMis-t^lirist n'était qu'un pur iionnne, lils de Joseph; cpie sou auio n'avait, au-dessus de celles J«s oulrc?
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hommes, qu'un peu plus de force et de vertu; et que cette surabondance de grâces lui avait été accordée de Dieu pour vaincre les démons qui avaient créé le monde. Il rejetait l'ancien Testament, niait la résurrection des morts, et soutenait qu'il n'y a aucun mal dans la nature, mais (jue tout dépendait de l'opinion. 11 laissa un fils, nommé Epipliane, qui fut héritier de ses erreurs. Les Adamites furent sectateurs de ses rêveries. Il eut plusieurs autres disciples, dont quelques-uns portaient des marques à l'oreille. Ils avaient des images de Jésus- Christ, qu'ils plaçaient k côté de celles de Pythagore, de Platon, d'Aristote, etc. Ils s'appelaient de son nom, carpocraliens.
CARPZOW (David-Be:soit), ministre luthérien, était fils de Benoît Carpzow, qui fut professeur de droit k Wittenl)crg, puis conseiller de l'électeur de Saxe. On a de lui une Disserlation sur les vêlements sacr('s des Hébreux, 1655, in-4-°, où il y a beaucoup de recherches. — Carpzow (Jean-Benoît), ministre luthérien, fière du précédent, a laissé quelques ouvrages de controverse, et une dissertation De Ninivitarum pœnitentia , imprimée à Leipzig, 1540, in-l°. Il mourut en 1657 à Leipzig, où il avait été professeur en théologie. —Carpzow (Jean-Benoît), fils du précédent, né à Leipzig en 1639, y mourut en 1699. Il s'esl fait un nom par la version latine de plusieurs livres des rabbins, et par beaucoup de dissertations singulières sur l'Ecriture sainte. On en peut voir la liste dans la Bibliothèque sacrée du P. Leiong.
CARPZOW (Samuel-Benoit), luthérien, né à Leipzig en 16W, mort en août 1707, fut professeur de poésie, et composa contre le jésuite Masenius un ouvrage théologique, sous ce titre : Anti-Masenius , seu Examen novœ praxeos ortliodoxam fidem disccrncndi et amplectendi, a Jacobo jMasenio propositœ. — Carpzow (Jean-Gottlob), fils du précédent, né à Dresde en 1679, mort le 7 avril 1767, a laissé : une Dissertation latine sur les opinions des anciens philosophes, touchant la nature de Dieu, Leipzig, 1699,in-4°; Crif/ca sacra, Leipzig, 1708, in-4°. Les éditions suivantes ont été augmentées, notamment celle de Leipzig, 1748, in-4°; une Introduction aux livres historiques de l'Ancien Testament, en latin, Leipzig, 1714, in-4°; une autre Introduction pour les livres canoniques du Nouveau Testament, Lei|)zig, 1721, in-4*.
CARPZOW (Jean-Benoit), de la môme famille que les précédents, né à Leipzig en 1720, y fut [irofesseur de philosophie. 11 nrofessa ensuite la littérature ancienne (lans l'université de Helmstaedt, et mourut le 28 avril 1803. Ses principaux ouvrages sont : Philosophorum de quiète Dciplacita, Leipzig, 1740, in-4"; Mcmcius sive Mentius (.Mengtscu , philosophe chinois) Sinensium post Conj'ucium philosophus opt. max., Leipzig, 1743, in-8°, dissertation tirée presque entièrement de la Philosophia sinica du P. Noël; Essai d'observations philolor/iques sur Paléphates, Musée, Achilles Tatius, Leipzig, 1743, m-^° ; Dissertation sur Autohjcus de
Pitane, dont il est parlé dans Diogèno Laërce (IV, 29), Leipzig, 1744, in-8''; Lectionum flavianarmn stricturœ, etc. Ce sont des remarques critiques sur Josèphe ; Spécimen d'une nouvelle édition d'Eunape, Leipzig, 1748, in-4». On a regretté que l'auteur n'ait pas donné l'édition qu'il semblait promettre : quoiqu'il ne passAt pas pour très-habile helléniste, comme il possédait les papiers de Fabricius qui avait fait beaucoup de recherches sur Eunape, il en ei>t pu donner une bonne édition; Exercitationes sacrœ, sur l'Efiître aux Hébreux, Helmstaedt, 1758, in- 8°; Discours de saint Basile sur la naissance de Jésus-Christ, en grec et en latin, Helmstaedt, 1758, in-8°. Il soutient contre dom Garnier l'authenticité de ce discours; Dissertation sur la vie et les écrits de Saxon le Grammairien, iïM., 1762, in-4''; Dialogtie de. Hiéronyme sur la sainte Trinité, en grec et en latin, avec notes, ibid., 1768, in-4''; le même ouvrage -accompagné d'un autre traité théologique du même écrivain, intitulé Philoponia, Altenbourg, 1772, in-S"; Dialogues des morts, de Lucien, avec notes, Helmstaedt, 1773, in-8°; deux Epîtres apocryphes ^ l'une des Corinthiens à saint Paul, l'autre de saint Paul aux Corinthiens, publiées d'après, le manuscrit arménien, et Irad. en grec et en latin, Leipzig, 1776, in-8°. Tous les écrits de Carpzow sont en latin.
CARR (Thomas), prêtre anglais, dont le vrai nom était Miles Pinkney, d'une ancienne famille de Broohall, fut envoyé jeune au col-, lége de Douai, et fut plus tard pendant dix ans procureur de ce collège. Il se rendit ensuite à Paris, où il fonda un monastère des. augustines anglaises, et fournit les premiers, fonds pour l'établissement du C(dlégi' des Anglais. Carr mourut à Paris le 31 octobre 1674, à 75 ans, laissant plusieurs ouvrages en anglais et en latin. Les principaux sont : Pietas Parisiensis, Paris, 1G66, in-8° : c'est la description des hôpitaux de cette ville; Douces pensées de Jésus et de Marie, 1665, in- 8°: ce sont des méditations en anglais pour les dimanches, les fêtes du Sauveur et de la sainte Vierge ; Le gage de l'éternité, 1632» in-S" : c'est la trad. en anglais d'un ouvrage de Camus, évoque de Belley; Les soliloques de Thomas a Kempis, trad. du latin, Paris, 1653, in-12; Traité de l'amour de Dieu, trad. de saint François de Sales, Paris, 16;j0, 2 vol. in-8% et quelques autres traductions du même genre; divers traités sur le culte, la prière, les anges, les saints, le purgatoire, la primauté du pape, la perjiétuité de l'Eglise, qu'il composa en grande partie avec le docteur Cosens, Paris, 1646, in-8°.
CARRANZA (Dumer), dominicain, écrivit une Doctrine chrétienne dans une des langues américaines nommi'e chontal, qui se parle dans la province de Tabasco, près du Yucatan. — Carranza (Michel-Aliihonse de), naquit à Valence dans le xvr siècle, fut vicaire général de l'ordre des Carmes en Espagne, censeur royal en Portugal, et mourut octogénaire, en 1607, dans sa ville natale. Il a laissé entre autres écrits : Vila sancli Ilde-
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fonsi, Valence, 1556, in-S", réimpr. à Louvain : Jean Bollandus Fa roproduite avec des notes, dms les Acla sanctortim, 3 janvier; Camino dd cielo. Valence, ICOI, in-8°.
ÇARRANZA (B authélkmi de), né en 1503, à Miianda dans la Navarre, entra chez les dominicains, et y professa la théologie avec éclat. On l'envoya au conriie de Trente, en 1545. Ey soutint, avec beaucoup de force et d'éloquence, que la résidence des évoques était de droit divin. En 15oi, Philippe 11, roi d'Espagne , avant épousé la reine Marie d'Angleterre, mena avec lui Carranza, qui travailla de toiites ses forces à réiablir la religion cat!iolique, et à extirfier la protestante. Ce piiui-e le nomma bientôt à l'archevêché de Tolèile. Charh'S '< , alors dans sa retraite de Saiot-.Iust, le fit appeler pour l'avoir auprès de lui dans ses derniers moments. Quelque temps ap.ès, Garianza, accusé de penser comme Luther, fut arrêté par ordre du Saint-Oftice en 1559. Il dit aux deux évéques qui l'accompagnaient, lorsqu'il fut conduit à l'inquisition : Je vais en prison au milieu de mon meilleur am,i et de mon plus cruel ennemi. Ce propos ayant donné aux deux prélats de l'émotion : Messieurs, ajouta-t-il , vous ne m'entendez pas; mon gi-and ami, c'est mon innocence ; mon grand ennemi, c'est l'archevêché de Tolède. Après huit ans de prison, il fut conduit à Uomc, oii sa captivité fut encore plus longue. On le jugpa enfin en 1576, et on lui lut sa sentence. Elle portait en substance, que, quoiqu'il n'y eût point de preuves de son hérésie, il ne laisserait jjas de faire une abjuration solennelle des erreuis qu'on lui avait imputées. Cajranza se soumit à ce décret. 11 mourut le 2 mai de la môme année au couvent de la Minerve, après avoir protesté, les larmes aux yeux et prêt à recevoir son Dieu, qu'i7 ne l'avait jamais offensé mortellement en matière de foi ; et que néanmoins il reconnaissait pour juste lu sentence rendue sur ce qui avait été allégué et prouvé contre lui. Le peuple méprisa les op|)resseurs, et rendit justice à l'opprimé. Le jour de ses fuuéiailles, toutes les boutiques lurent fermées comme dans une grande fote. Son corps fut honoré connue celui d'un saint. (Irégnire Xlll fil mettre sur son tombeau une épitaplie, dans laquelle on parlait de lui comme d'un homme également illustre par son savoir et par ses mœurs, modeste dans la prospérité, et patient dans l'adversité. Les principaux ouvrages de Carrauza, sont : La Somme des conciles et des papes depuis saint Pierre jusqu'à Jules JJI, en latin, 1C8I, in-4°, ouvrage qui peut servir d'ihtrodu :lion à l'histoire ecclési.islique. Traité de lu résidence des évéques et des autres pasteurs, imprimé a Venise en IS'+T, in- 4°. Un Catéchisme espagnol, llioS, in-fol., approuvé d'abor i par l'inqui-sition, censuré ensuite, et absous du toute censuri! par le concile de Trente en lo!"):!. On lui attribue cncoie un Traité de la patience. Un bomuje qui avait été si lunglemps dans les prisons, pduvait connaître cette vertu. yoij. les principaux traits do sa vie dans
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le IV" volume des Mémoires du P. Nicéron- CARRÉ (Pierre), prêtre, né à Reims en 1749, professa d'abord la rhétorique au collège de Charleville, puis fut nommé curé de Saint-Hilaire-le-Graud, village de Champagne. La révolution ayant éclaté, il eut la faiblesse de prêter le se.ment civique, et il essaya de se justifier dans un ouvra ,e intitulé: La constitution et la religion parfaitement d'accord, par un curé de campagne, Charleville, 1790, in-S". H.Uons-nous de dire que Carré rétracta ce serment, nu moment od les prêtres qiii le refusaient ou le rétractaient (illaient être violemment persécutés. Quoiqu'il eût pu mettre sa vie en sûreté en s'exilunt, il ni ma mieux restur à Reims, afin d'y distribuer les secours de son ministère. Les prêtr. s constitutionnels du district de Reims ayant ndiessé aux prHres demeurés fidèles à leur devoir une Lettre de pacification. Carré leur opposa une Réponse des catholiques à la lettre prétendue pastorale du citoyen Nicolas Diot, in-4°. Cet écrit pk'in de vigueur et d'esprit attira à son auteur de nouvelles persécutions; le 13 décembre 1795 les autorités de Reims reçurent du département l'ordre de le faire conduire par la gendarmerie hors du territoire fr.mçais; mais il se déroba aux recherches et ne reparut que sous le consulat. Il mourut à Reims le 13 janvier 1823.
CARRÉ (Dom Rémi), bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, prieur de Béceleut, né à Saint-Fal, diocèse de Troyes, eo 1706, mort en 1763, a laissé : Le maître des novices dans l'art de chanter, ou Règles générales, courtes, faciles et certaines pour apprendre parfaitement le plain-chant , Pans, 174-'i., iii-4°; Recueil curieux et édifiant sur les cloches de l'église, Cologne, 1737, in-S"; Plan de la Bible lutine, distribué en forme de bréviaire, Paris, 17sO, in-12.
CARREL (Lolis-Joseph), docteur en théologie, natif de Seisscl en lîugey, a laissé : la Pratique des billets, Louvain, 16'J0; Bruxelles, 1698, in-12, dont l'olijet est de réfuter celui de Le Correur, (jui a pour titre : Traité des billets entre négociants, 1682. Ce dernier soutenait que dans le commerce il est permis de prêter à intéi et, pour un temps limité, sur de simples billets. Carre] convient que cette pratique n'est point o|)posée à la lui naturelle, ni par conséquent mauvaise en soi, mais qu'elle e>t contraire à la loi divine expliquée par la tradition ; La science ecclésiastique suffisante â elle-même sans le secours (les sciences profanes, l.yon, 1700, in-12; .-Itt.s à l'auteur de la Vie de M. d'Aranthon d'Alex, évéque de (irnève, Bruxelles et Lyon, 1700, ui-12. D. Lemasson, auteur de cette Vie, y répondit dans des Eclaircissements ajoutés ù la lin de la 2' édition. Caircl siiiitcnuit que le prélat n'était p 'iiit contraire aux senliments de saint Augustin et du saint Thomas sur la grik'C et la prédesiination, ni euneiui de Porl-Royal ; dom LiMiiasson s'allaiha h (iénioiilrer que M. d'Aranthon n'était point janséiiislo ni <iuiétisle; mi -4n'.'i et trois Lettres, iusérées
SSi
dans l'Histoire des ouvrages des savants, de J703, sur les propositions concernant la révélaiion et la certitude du texte sacré, où il prend la défense du docteur Ho:den, dans son Anal ijse de la foi; Lettre à M. Ainelot de La Houssdjjr, Pars, 1691, in-V, concernant la traducticii des Lettres de Cicéron à Attietis, jiar Sniul Réal.
CARRELET (l'abl)é Lotis) , docteur en théologie, et curé de la première paroisse de Dijon, joignit le zèlek la science, et s'acquit à juste titre l'estime des honnêtes gens. 11 mourut en 1766. Ou a de lui des OEucres spirituelles et pastorales, 1767, 7 vol. in-l:J, qui sont recherchées, et ont été réimprimées à Paris en 1805. Les deux premiers volumes renferment les Homélies; le troisième, les Instructions tliéoloijiques; le quatrième, les Discours sur les points les plus importants de la morale; le cinquième, les />(scoitrs sur les fêtes et les cérémonies remarquables de l'Eglise ; le sixième les Panégyriques et les Oraisons funèbres ; le dernier, les Discours sur plusieurs événements intéressants pour la religion. En tète du premier volume est une Vie du pieux curé. — Carrelet de Kozey (Barthélemi), frère aîné du précédent, né à Dijon le 21 février 1695, mort à Soissons le 14 juin 1770, avait aussi embrassé 1 état ecclésiastique et il se Ot un nom dans l'éloquence de la chaire. Languet , évoque de Soissons , le jiorama son théologal en 1723, et dans la suite il devint doyen du chapitre et vicaire géné- • rai. 11 prêcha l'A vent en 1727 à la cour de Lorraine, la Cène à Versailles en 1730, et prononça le panégyrique de saint Louis devant l'académie française en 1733. L'année suivante il présenla au cardinal de Fleury son Ode à Louis le Grand sur la gloire de Louis XV dans la guerre et dans la paix. En 17.'i-2, il prêcha le Carême à la cour de Lorraine. Son Eloge historique, lu dans l'académie de Soissons, dont il faisait partie, a été imprimé, 1771, iu-8°.
CARRIERES (Louis de), né en 1662, à Auvilé près d'Angers, entra dans la congrégation des pères de l'Oratoire, où il remplit divers emplois. 11 mourut à Paris en 1717, avec Ja réputation d'un homme savant et modeste. L'Ecriture sainte fut sa princiiiale étude : nous avons de lui un Comnunttiire littéral, inséré dans la traduction française, avec letexte latin à la marge, en 24 vol. iri-12, impiimé à Paris depuis 1701 jusqu'en 1716. On en donna en 1730 une nouvelle édition in-4% en 6 vol. avec des cartes et des figures; et une autre en 10 vol. in-12, Toulouse, 1788. Il a été réimprimé depuis plusieurs fois in- 8° et in-12. C.e commentaire ni' consiste presque que dans plusieurs mots adaptés au texte, pour le rendre jilus clair et plus intelligible. Ces courtes phrases sont distinguées du texte par le caractère italique; l'auteur s'est servi de la traduCiion de Sacy. Son ouvrage a en beaucoup de succès, et il est d'une utilité journalière. Voy. Godeau et Vbnce.
CARRIERO (Alexandre), prévôt de l'église de Saint-André de Pa'oue, mort en 1626, a publié ; uu traité Dvpotestate sunmn pontifi-
cis; De sponsalibus et matrimonio ; Discorso sopra la commediadi Dante; laPalinodia.On a de lui en manuscrit, sous le nom de Cal-r dereo : De gcstis Patavinorum.
CARRILLO (Martin), historien, théologien et jurisconsulte espagnol , naquit à Sâragosse en l'an 1565; après avoir prufessé pendant plus di; dix ans le droit canon, il fut successivement recteur du collège de cette ville, grand vicaire de l'évêque d'Huesca et de l'archevêque de Saragosse. 11 eut aussi un canonicat dans la cathédrale de cette dernière ville, et obtint l'abbaye de Mont-Aragon, qu'il posséda jusqu'à sa mort , arrivée en 1632. On lui doit : Annales y memorias chronolofjicas, (/iie contienen las cosas sucedidas en ei luundo seTialadamente en Espana, desde su principio y poblacion hasta el oTïo 1620, Huesca, 1622, et Saragosse, 1634, in-folio; Eloge des femmes célèbres de l'Ancien Testorment, en esp., i626 ; Historia dd glorioso S. Valero obispo de Zaragoza, Sara^., 1615, in-k° •,Jielacion del nombre, sitio, plantas, conguistas , eliristiandad , fertilitad , ciudades, lijgares y gobierno del reyno de Sardena, Barcelone, 1612, in-4° ; Catalogus archiepiscoporum Cœsaraugustanœ Ecclesiœ, Cagliari,1611, et plusieurs ouvrages de jurisprudence peu im' ortants.
CARRON (Guï-Toussaint-Julien) , prêtre vertueux et écrivain ascétique, né à Rennes le 23 février 1760, était fOs d'un avocat au parlement de Bretagne qui mourut avant que son lils eût vu le jour. Elevé avec beaucoup de soin par sa mère, femme d'une piété tendre et éclairée, l'enfant montra de trèsbonne heure les plus heureuses dispositions, et surtout une ardente charité pour les pauvres. Tonsuré à treize ans, il s'associait des camarades zélés pour catéchiser les indigents et les ignorants dans une chapelle firès de Renues, et leur distribuer les aumônes qu'il avait recueillies. 11 fut ordonné prêtre, par dispense, avant d'avoir atteint l'âge de 23 ans, et fui nommé vicaire dans la paroisse de Saint-Germain de Rennes. Dès 1785^ son active charité avait trouvé moyen d'établir une manufacture do toile à voile, de mouchoirs et de cotunnadcs; deux mille pauvres y étaient occupés, et des sœurs de la Cliarité étaient chargées d'instruii'e et de surveiller les jeunes fl les, de soigner les malades et de maintenir l'ordre dans la maison. Dans un autre quaiiUer do la ville, l'abbé Carron avait rassemblé aes filles arraciiées au désordre et les avait mises sous la surveillance de femmes pieuses qui du"igeaient leurs travaux. On raconte que des .jeunes gens à qui il avait soustrait les obiets de leur passion, ayant résolu de se défaire de lui, le firent appeler dans un lieu écarté pour confesser un homme qu'ils supposaient s'être batiu eu duel. Cet homme se tenait couché dans un cabinet avec un pistol t à son côté; mais quand l'abbé Carron s'approcha de lui, il le trouva mort. Les travaux multipliés de ce saint prêtre altérèrent sa santé, au finint que ses supérieurs durent lui ordonner de se reposer. U vint à Paris, o\x il se lia avec l'abbé
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Gérard, auteur du Comte de Valmont, recueillit des aumônes considérables pour ses étaiDlissements, etreçut, de Marie-Antoinette des témoignages du plus vif intérêt. En 1792, il fut emprisonné à Rennes pour avoir refusé de prêter serment h la constitution civile du clergé, et le 14- septembre de la même année il fut déporté avec prés de 300 prêtres et religieux à Jersey, oij affluaient en môme temps un grand nombre de fugitifs des autres parties de la Bretagne, de la Normandie et du Maine. Son premier soin fut d'établir une cliapelle dans l'île pour les familles françaises; et en 179311 ouvrit deux écoles pour les enfants des émigrés des deux sexes. Afin de pourvoir à la santé de ses compagnons d'infortune, affaiblie par le malheur et la misère, il' établit une pharmacie pour les émigrés indigents et une bibliothèque pour les prêtres. Le gouvernement anglais ayant résolu, en 179t>, de faire jiasser en Angleterre la plus grande partie des prêtres et des émigrés réunis h Jersey, l'abbé Carron y arriva au mois de septembre, et son zèle lui procura d'abondantes ressources. Non-seulement il put rétablir ses écoles et remonter sa pharmacie, mais encore il forma, en 1797, deux hospices, l'un pour 33 ecclésiastiques âgés ou infirmes, l'autre pour 25 femmes. La môme année il institua un séminaire de 25 élèves, qui a donné plusieurs ministres à l'Eglise. En 1799, les écoles établies par lui, devinrent des pensionnatsdans l'un desquels on élevait 80 jeunes gens; 60 jeunes personnes recev.iient dans l'autre une éducation convenable à leur sexe. Labbé Carron se fixa à Sommerstown, près de Londres, où il b;Uit encore une grande chapelle, indépendamment de celle qu'il entretenait dans London-stieet,et y continua ses immenses bienfaits. Beaucoup de riches Anglais, catholiques et protestants, s'associaient à ses bonnes œuTes et le rendaient dépositaire de leurs largesses. On dit qu'un jour, tandis qu'il sollicitait des aumônes dans un temple de protestants, un jeune homme lui dduna un soufflet; aussitôt il lui tendit la main en lui disant : a Le soufflet est pour mon indiscn?!tion, monsieur, mais mes pauvres n'en sont sont |)as coupables : n'avez-vous rien à leur donner? » Les princes français exilés lui témoignèrent leur satisfaction et leur estime, de vive voix et par écrit, jiour les services qu'il rendait à ses compatriotes. Rentré en France en ISl'i-, l'abbé Carron retourna bientôt en Angleterre, d'où il ne revint qu'après les cent-jours. 11 établit dans le quartier Saint-Jacques, près le Val-de-Grâce, un pensionnat de demoiselles, et se livrait en outre aux fonctions du ministère, prêchant, catéchisant et confessant avec un zèle au-dessus de ses forces. Il avait formé une association d'hommes pieux, commis, ouvriers, militaires, qu'il réunissait tous les (piin/.c jours pour des exercices d(! [liélé. Sa seule distraction était la société de quelques amis. Un riche catholiqut^ anglais, Thomas Weld, qui avait perdu sa fenuue, vint se consoicr auprès do lui, et se préparer .sous sa direc-
tion à entrer dans la carrière ecclésiastique. Depuis il est devenu évoque et cardinal. L'auteur de 1' Essai siir l'inaiffe'rence en matière de relir/ion habitait aussi cette maison, et se montrait alors aussi simjjle que modeste, et peut-être eùt-il suivi une tout autre voie s'il eût pu jouir plus longtemps des conseils d'un homme judicieux et d'un saint prêtre, tel que l'abbé Carron, h qui d'ailleurs il avait voué un tendre respect. L'abbé Carron termina sa carrière le 15 mars 1821, par une mort aussi sainte que l'avait été sa vie. Le 29 du môme moiSjl'évêque catliotique de Londres, Mgr Poynter, prononça son éloge dans cette ville. M. Lamennais avait promis d'écrire la vie de son vénérable ami; mais on ne sait malheureusement que trop dans quel autre courant d'idées s'est jeté depuis ce fameux écrivain. Voici la liste des nombreuses productions de l'abbé Carron, où l'on remar(jue cette onction et cette ferveur qui caractérisent toutes les actions de sa vie : les Modèles du clergé, ou Vies édifiaîitrs de MM. de Sarra, Boursoul, Beurrier et More!, Paris, 1787, 2 vol. in-12; les trois Héroïnes chrétiennes, Rennes, 1790 ; Rectieil de cantiques anciins cl nouveaux, il\)i, in-18; Pensées ccclésiasliciucs, Londres, 1800, 4- vol. in-12 ; Pensées chrétiennes, ou Entretiens de l'dme fidèle avec le Seigneur, pour tous les jours de l'année, Londres, 1801, G vol. in-12; Paris, 1803, 4 vol. in-12, et 1815, G vol. in- 18 ; chacun en deux parties. Cet ouvrage contient tout ce que la morale évangéli<jue a de plus pur et de plus consolant ; le Modèle des prêtres, ou Vie de Bridaine, Londres, 1803, in-12 ; l'Ami des mœurs, ou Lettres sur l'éducation, Londres, 1805, 4 vol. iu-12; l'Heureux matin de la vie, ou petit Traité sur r/)«mi/((p', Londres, 1807, et Paris, 1817, in-18, fig. ; le beau Soir de la Vie, ou petit Traité sur l'amotir divin, Londres, 1807, et Paris, 1817, in-18, lig. ; la Vertu parée de tous ses charmes, ou Traité sur la douceur, Londres,
1810, et Paris, 1817, in-18; /'.4r( de rendre heureux tout ce qui nous entoure, ou petit Traité sur le caractère, Londres, 1810, et Paris, 1817, in-18, fig.; la Boule du bonheur, on Coup-d'œil sur les connaissances essentielles à l'homme, Paris, 1817, 2' édition, in- 18 , fig. ; Vies des justes dans les plut humbles conditions de la société, Versailles, 1815, et Paris, 1817, in-12; Vies des justes dans la profession des armes, 1815 et 1817, Lu- 12; Vies des justes dans les conditions ordinitircs de la société, 1810, in-12; Virs des justes parmi les filles chrétiennes, IKIG, iii-12; Vies des justes dans l'élude des lois ou dans la magistrature, 1810, in-12; Vies des justes dans l'état du mariage, l'aris, 1816, 2 vol. in-12; Vies des justes dans les plus hauts rangs delà société, Vans, 1817, i vol. in- 12; les nouvelles Héroïnes chrétiennes ou Vies édifiantes de seize jeunes pcrsounis , 1815, 2 vol in-18, lig.; 8' édition, 1819; tes Ecoliers vertueux, du I i'cs- édifiantes de plusieurs jeunes (/ens /iroposés pour modèles. Londres,
1811, l'i l'aris. 1819, V édilu.n. 2 vi.i. in-18, r\^.; .U'iilèlrs a'unç -itndrc et fidèle dévotion
à la Mère de Dieu dans le premier âge de la vie, Paris, 1816, in-12; la vraie Parure d'une femme chrétienne, ou petit Traité sur la pureté, Lyon, 1816, ln-18 ; le Trésor de la jeunesse chrétienne , ou le Triomphe de la pureté, Lyon, 1816, in-18; de l'Education, ou Tableaux des plus doux sentiments delanature, Paris, 1817, in-18; les Confesseurs de la foi dans l'Eglise gallicane à la fin du dix-huitième siècle, Varis, 1820, k vol. in-18. Cet ouvrage important est précieux par le grand nombre de traits admirables de piété, de patience, de résignation et de pardon magnanime qu'il renferme. Il est peu de lectures plus propres h élever l'âme, à fortifier, et à porter plus puissamment au service de D eu, que l'exemple de ces généreux confesseurs qui ont payé de leur sang leur attachement aux règles de l'Eglise. Dans tous les autres ouvrages de l'abbé Carron, on reconnaît le directeur habile, l'homme instruit dans les voies de Dieu, le prêtre plein de zèle et de charité. C'est un père tendre, qui a fort à cœur la perfection de ses enfants, et qui se plie à tous les tons pour les corriger de leurs défauts; c'est un moraliste exercé qui a observé tous les replis du cœur humain, qui en a sondé les blessures, et qui y applique les remèdes les plus convenables. L'abbé Carron a laissé encore plusieurs ouvrages en manuscrit, entre autres : les Vies des justes dans Vépiscopat et dans le sacerdoce ; la Vie de l'abbé de La Salle, et un Nécrologe des martyrs de la foi, pour faire suite aux Confesseurs de la foi.
CARRUEL (Clotilde), pieuse fille de Cherbourg, vouée depuis plus de 40 ans au service des malheureux, passait avec eux les nuits dans leurs maladies les plus cruelles et les jilus douloureuses, et se chargeait du soin d'ensevelir les cadavres des indigents. Si quelquefois elle rendait aux personnes aisées dont elle avait la confiance ces services pénibles, on ne la voyait rien ajouter h la nourriture grossière à laquelle elle s'était condamnée : la rétribution qu'elle recevait des riches passât tout entière dans les mains des pauvres. Depuis l'invasion du choléra, la pieuse Clotilde redoublait d'elforls; la fonction d'ensevelir les cholériques semblait lui être dévolue à elle seule, à cause de la terreur qu'inspirait ce genre de mort. Son dévouement même hâta l'heure de la céleste récompense. Elle vit en souriant l'approche de la mort, et salua avec bonheur le beau jour de son éternité. Lorsque le choléra l'eut frappée elle-même, en 1832, le clergé de Cherbourg se fit un devoir d'assister au convoi de cette victime de la charité.
CARTENl (Pierre de), carme du couvent de Valenciennes, a publié des ouvrages mystiques, remarquables par leur singularité , et qui peuvent fort bien servir de pendant à ceux du dominicain Pierre Doré, son contemporain. Tels sont Les voyages du chevalier errant de la Grâce, qui divise sa narration en trois parties. A la première, il récite la vie qu'il a menée en suivant Folie et Volupté; ù la seconde, comme il fut conduit au chi\-
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teau de Pénitence et au palais de Vertu; dans la troisième, se lisent les beaux sermons que lui fit le bon ermite Entendement. Les quatre novissimes, ou Fins dernières de l'homme, etc., Anvers, 1573. Il y a eu plusieurs éditions de cet ouvrage postérieures à celle-ci, dont quelques-unes sont accompagnées de très-belles gravures. On trouve àla fin de tout, La querelle de l'ame damnée avec son corps, etc.. Elle a été fort estimée en son temps.
CARTHAG LE Jeine (saint), évoque d'Irlande, fonda dans le West-Méath le grand monastère de Rathenin ou Rateny, qui devint l'école la plus célèbre qu'il .y eût en Europe au vu* siècle. Il y gouverna plus de huit cents moines pendant resjjace de 4-0 ans, et composa pour ses disciples une règle que l'on conserve encore en ancienne langue irlandaise. Les persécutions qu'il éprouva d'un petit roi voisin, l'obligèrent de se retirer dans le Munster, oii il fonda un monastère et une école encore plus célèbre cpie celle de Rathenin. 11 mourut le limai 637. Sa Vie a été écrite en vers latins par Bonaventure Moron.
CARTHAGENA (Jean de), espagnol, d'abord jésuite, puis mineur observantin , professa la théologie à Salamanque , et à Rome, où Paul V le chargea de la défense de ses droits dans le démêlé qu'il eut avec la république de Venise. C'est à cette occasion qu'il écrivit : Pro ecclesiastica libertate et potestate tuenda adversus injustas Venrtorum leges, Rome, 1607, in-i"; Propugnavulum catholicum de jure belli romani pontificis adversus Ecclesiœ jura violantes, ibid., 1609, in-8°. Dans ces écrits l'auteur s'élève contre les alliances de la France avec les princes protestants, et soutient que le pape peut appeler à son secours des troupes infidèles pour protéger les libertés de l'Eglise contre ceux qui voudraient y porter atteinte. On a encore de Carthagena : Homiliœ catholicœ de sacris arcanis Deiparœ Mariœ et Josephi, Cologne, 1613-1618, 2 vol. in-folio; Paris, 1614 et 1615, 4 vol. in-folio; Homiliœ catholicœ in universa christianœ religionis arcana, Rome, 1609; Paris, 1616, in-folio; Praxis orationis mentalis, Venise et Cologne, 1618, in-12; etc. Ce religieux mourut à Naples en 1617.
CARTIGNY (Jean) , en latin Carthenius, religieux carme et docteur en théologie, mort à Cambrai eu 1380, s'est fait connaître par un roman intitulé : Le voyage du chevalier errant, Anvers, 1557, in-8°, réimprimé sous ce titre : Le chevalier errant égaré dans la forêt des vanités mondaines dont si noblement il fut remis et redressé au droit chemin qui mène au salut eVernp/, Anvers, 1595, in-12. 0.1 y trouve les sept psaumes tradints en vers élégiaques. Cartigny est encore auteur de Commentaires sur l'Ecriture sainte, et d'un tra'té des Quatre fins de l'homme, An\evs, 1558, 1573, in-16.
CARTWRIGHT (Christophe), ministre anglican, né à York en 1602, mort en 1658, laissa des ouvrages estimés des héhraisants. Les principaux sont : Electa targumico-rabbinica in Genesim, Londres, 1648 , iu-8% et m Exodum, 1653, in-8°.
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CARTWRIGHT (Thomas), pasteur h Anvers et à Middelbourg, ensuite curé de Warw-ick, né vers l'an 1533, dans le comté d'iîerlforj, mort en 1603, est auteur d'une //«rwoHi'c évangrliquc, eu latin, in-V, 1630, réimprimée par Élzevir en 16i7, sous ce titre : Jlarmonia evangelica conunentario nnalytico, mctaphrastico, practico illustrnta, etc.; d'un Commentaire sur les Proverbes de Salomon, Leyde, 1617, in-4°, et sur l'Ecclésiaste, Londres, 160i, in-i°, en latin. 11 a fait quelques autres ouvrages estimés. Avant d'être curé de Warw ick, il avait été professeur de théologie à Cambridge ; mais il fut destitué de sa chaire et ensuite mis en prison, îi cause de ses emportements et des séditions qu'il occasionnait en faveur du pi'esbytérianisme. Cette correction le rendit plus circonspect dans la suite.
CAUTWRIGHT (Guillaume), né à North- Avay en Glo(>eslershire, en 1611, sous-chantre de l'église de Salisbury, se lit un nom par son talent |)iiur la chaire, qu'il sut allier avec son goût pour le théâtre, ce qui n'est pas rare chez les prédicants. 11 mourut en 164'*. Outre des sermons qu'il a publiés, il a fait des poésies grecques, latines, anglaises, parmi lesquelles se trouvent des comédies, et des tragi-comédies, Londres, 1651, in-8°.
CAPvUS (Frédéuic.-Ai GUSTE ), théologien protestant, né à Budissin le 27 avril 1770, mourut le 6 février 1807 à Leipzig, où il avait enseigné la philosophie avec distincion, comme professeur extraordinaire depuis 1796, et comme professeur i rdinaire depuis 1805. Ses ouvrages, écrits pour la plupart en allemand, ont été recueillis par Ferdinand Hand, Leipzig, 1808-1810, 7 vol. in-8°. Ils renferment : sa Psychologie; son Histoire de la psychulogie; des Réflexions sur l'histoire de la philosophie; Psychologie des Jléhrcux; Considérations sur l'histoire de l'espèce humaine; des Essais de morale et de philosophie religieuse. On cite encore de Gal'Lis une dissertation latine, intitulée : i7is(oria untiquior sententiarum Ecclesiœ grœcœ de arroiniiiodatione Christo in primis et apostolis tributa, Leipzig, 1793, in-V°.
CARVALHO (Valentin), jésuite, que Philippe AlegauUje cite comme auteur des écrits suivants : Supplcmentnm amuiarum epistolarum ex Jojwnia, anno M DC ; Annwe lilterœ ex Sinis, annoM DCl, Rome, J603, in-8°, en italien. — Cakvalho (Antoine, jésuite, né à Lisbonne on 1590, mort en lOoD, professa la rhétorique et la pliilosophie à Evora et à Coinibre. Oii a de lui des commi'utaires latins sur la Somme de saiid l'Iiomas, in primam secunda- partis, et un discours portugais sur cette question délicate : S'il est cotivcnahle que les prédicateurs censurent les princes et les ministresY Lisitonnc, 1627, in-i".
CARY (Robert), sav.uit anglais, né à CookingtOM, dans le DevonshiVe en 1015, xnort en 1088, fut d'abord curé de Porlle- Juouth, puis obtint lors du nHalilissomenl de Cliaries II l'arcliidiaconal d'Kxi'Ier. Mais ayant été privé de ce bém-lii c au bout de deux ans, il revint prendre ses premières fonctions à Portlemoulh. Ou a do Cary : /'o-
lœologia chronica, ou Tableau chronolomque du temps ancien en trois parties : 1° didactique, 2" apodictique, 3° canonique, Londres, 1677, in-folio. Il traduisit aussi quelques hymnes en vers latins. — Cary (Edouard), d';;bord officier dans les troupes anglaises du parti du roi, se rendit ensuite sur le continent où il embrassa l'état ecclésiastique. Il retourna en Angleterre comme missionnaire, et mérita 1 estime de ses collègues. Jacques II le fit chapelain général de son armée pour les catholiques. On a de lui: Le catéchiste catéchisé relativement au serment d'allégeance ,
CARYL (Josfph), théologien, né à Londres en l'J02, mort en 1072, prêcha souvent devant le long parlement, et fut employé pendant li guerre civile daus diverses négociations. Il y montra de l'habileté et non moins de zèle contre Charles I '. Lors de la restauration il fut destitué; il passa secrètement ses dernières années à Londres, écrivant quelques ouvrages, dont lu jjrincipal est une Exposition du livre de Job, plusieurs fois imprimée en 13 vol. in-4°, et 2 vol. in folio.
CARYOPlilLE (Jeax-Matuieu), né dans l'île de Corfou, se rendit savant dans les langues latine, grecque, et orientales, et devint archevêque d'Iconie. Il fut lié avec le cardinal François Barberini , neveu du pape Urbain Vill, publia divers ouvrages dout quelques-uns sont des traductions, et mourut à Rome vers 1636. Ses ouvrages sont : la > ie de suint Nil, le jeune, trod. du grec en latin, Rome, 1624, in-8°: Confutatio Niii Théssulonicensis, gr.-lnt., Paris, 1626, in-8° ; les Lettres grecques de Thémisloclc, avec UUO traduction latine et des variantes à côté du texte grec, Rome, 1626, in-4°; le Concile générul de Florence, ibid., sans date, in-4°, grec et lalin ; Caldcœ seuJLthiopicœ linguœ institutiones, ibid., 1630, in-S" ; Refutatio pseudochristianw Catechesis editœ à Zacharia Gergano grœco, gr. lat., Rome, 1631, in-V; Censura confessionis jidci, seu potius perlidiœ calvinianiv qiue sab nomine Cyrilli patriarchte Constanlinopolilani édita circumfcrtur, Rome, 1631, in-8' {Voy. Cybillc-Llcau) ; la Doctrine chrétienne du cardinal Rellarmin, trad. en italien, ouvrage auquel il a joint une version s,>riaque, Rome, 1633, in-8°; eniin, un V(jlume de vers grecs et latins, intitulé : Noctcs tusculanw.
CASAL iGaspaud), théologien portugais, néàLeiria dans le \m' siècle, fut d'abord ermite, )irol'essa ensuite la théologie à Coim bre vers loVi, et devint conseiller et confesseur du roi Jean III, dont il avait été précepteur. Il assista au concile de Trente, fut nommé évè(pie, et mourut à Coïmbre en 1575. Parmi ses ouvrages de théologie, ou remarque : de Jusli/icationr humani grneris, Venise, 1563 et 1599; Axiumnta christiana, Cojudtre, 1550; Veid.se, 1563; Lyon, 1593, in-4 ; De Cwna, etc., Venise, 1563, iu-V*; De usu caticis, de sacrifirio Missw, etc., Venise, 1563, et .Vnvurs, 156(J, in-'»°.
C.iSAI.I (L'iiEitTi>u DE), lïère mineur dans le \i> ' oiècle, composa uii livre, oui osl aussi
rare que singulier, infifulé : Arbor mœ cruci fixœ Jesu, Venise, 14-85, in-folio. Quelques écrivains ont pensé que VArbor vitœ avait fait naître l'iclt^e du fameux Liber conformitiitutn vitte sancti Francisci ad vitam Jesu Christi {Voy. Albizzi). L'un et l'autre ouvi'age contiennent, en elfet, un sommaire de la vie de Ji'sus-Christ, et ont pour but principal de relever la splendeur de l'ordre de Saint-François. Casali a encore donné un XVii\i('DeseptemEcclesiœstatibus,\&x\\se,\^i&, in-folio. C'est une espèce de commentaire sur l'Apocalypse, comme VOnus Ecctesiœ , de septcm Ecclcsiœ sUUibas, que la conformité du titre et du sujet a fait aussi attribuer à Casali, msis qui parait avoir été composé jiar Jean, évéque de Chiemsée. Baluze a recueilli dans ses 3Iiscellaneace que Casali écrivit en 1321 relativement à la pauvreté monastique.
CASANATE (Jérôme), né à Naples en 1620 et mort le 3 mars 1700, fut créé cardinal par Clément X en 1073. Innocent XII, qui connaissait sa science et son amour jiour les lettres, le nomma bibliothécaire du Vatican. L'abbé Zacagni donna sous sa direction un recueil d'ouvrages anciens manuscrits sous le titre de Collcctanea, Rome, 169*^, in-4°. Casanate laissa par son testament sa bibliothèque au couvent de la Minerve des dominicains à Rome, à condition qu'elle serait publique, avec quatre nriile écus romains de revenu ])our l'entretien de cette l)ibliolhèque. On y voit sa statue en marbre. Audiffredi en avait fait le catalogue sous ce titre : Catalogus bibliothecce Casanatensis iibrorum typis impressorum, k vol. iu-foL; mais il ne va que jusqu'à la lettre L.
CASANATE (Marc-Antoine Alègre ue), carme d'Aragon, mort en 1658, est auteur de plusieurs ouvra^;es ; le plus considérable est le Paradis de la gloire du Carmel, Lyon, 1639, in-fol.; c'est une bibliothèque des auteurs carmes. On lui reproche d'y avoir fait entrer des écrivains étrangers à son ordre, pour grossir son histoire d'un plus grand nombre d'hommes illustres.
CASAS (Bautuéi.emi de las-), né à Séville en 1474, suivit dès l'.'îge de 19 ans Antoine de Las-Casas son père, qui passait dans les Indes avec (Christophe Colomb en 1493. De retour en Espagne, il fut ecclésiastique et curé. Il quitta sa cure et sa patrie pour aller travailler au salut des Indiens. Il revint quelque temps après en Europe pour ])Orter les plaintes clés Indiens contre les Espagnols aux pieds de Charles-Quint. L'aliaire fut discutée dans le conseil, et fut suivie de plusieurs règlements favorables aux Indiens. Le docteur Sépulvéda ayant entrepris de justi- Ger les Espagnols dans un ouvrage intitulé Démocrates Sccundus, seu dcjustis belli eausis , etc., Las-Casas, devenu évêque de Chiapa , lui opposa son traité intitulé La destruction des Indes, plein de détails qui font frémir l'humanité, mais où l'on aperçoit partout l'esprit exagérateur ; aussi cet ouvrage ne termina-t-il pas son différend avec Sépulvéda. Dominique Soto, confesseur de l'empereur, fut nommé pour examiner
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cette affaire. Las-Casas mit toutes ses raisons par écrit, pour être envoyées h Charles- Quint, mais ce prince avant balancé les différents rapports, ne décida rien. L'évoque de Chiapa revint en Espagne en 1551,aprèss'être signalé pendant 5;J ans en Amérique, par son zèle et par ses vertus épiscopales. Robertson, dans son Histoire de l'Amérique, le représente comme un homme inquiet et mécontent. Le P. Charlevoix, qui dans VHisloire de Saint-Domingue en fait le plus grand éloge, remarque « qu'il avait l'imagination « tiop vive, et qu'il s'en laissait trop domi- « ner (L. 5, ann. 1515). — Il faut convenir, « dit-il ailleurs, qu'il règne dans son ou- « vrage un air de vivacité et d'exagération « qui prévient contre lui. Il n'a pas su dé- « gager la vérité des couleurs que la pré- « vention, la haine, l'intérêt, l'amitié, l'en- « gagement, un zèle ou trop amer ou trop « ardent peuvent lui donner (L. 6, ann. 15'{7). )i Marmontel voulant en faire le héros de son poème des Incas, en fait un homme ridiciilcm' nt vain, un imbécile; mais cette maladresse ne déshonore que le romancier. Des écrivains plus judicieux ont observé que sa charité n'était jias toujours conséquente, et que tandis qu'il travaillait, avec une ardeur qui tenait de l'enthousiasme, à la liberté des Indiens, il employait tout sou crédit à asservir les nègres. Il mourut à Madrid en 1560, ûgé de 92 ans. Il s'était démis de son évèché entre les mains du pape, peu de temps auparavant. L'ordre de Saint-Dominique, dans lecpcl il était entré en 1322, lui doit plusieurs établissements dans le Pérou. Outre sa Relation de la destruction des Indes, Séville, 1532, iu-4°, on en a plusieurs autres contre Sépulvéda. L'édilion espagnole de Séville, 1531, cinq parties en 1 vol. in-4°, caractère gothique, est plus estimée que les éditions suivantes en caractère ordinaire. Elle a été traduite en latin. Il a été donné une traduction française des œuvres de Las- Casas, 1822, 2 vol. in-8". Voici le jugement que les encyclopédistes, qu'on peut biea citer quand ils parlent en faveur des Espagnols, portent de cet ouvrage. « On serait « tenté de croire que l'auteur a voulu pal- « lier les crimes de ses compatriotes en les « rendant absolument incroyables... C'est « une exagération grossière, et voici pour- « cjuoi ce Las-Casas a tant exagéré : il voulait « établir en Amérique un ordre semi-mili- « taire, semi-ecclésiastique ; ensuite il vou- « lait être grand-maitre de cet ordre, et faire « payer aux Américains un tribut prodig eux « en argent : pour convaincre la cour de l'u- « tilité tie ce projet, qui n'eût été utile qu'à « lui seul, il portait le. nombre des Indiens « égorgés à des sommes innombrables. » Oji ne doit point oublier un ouvrage latin aussi curieux que rare sur cette question : « Si les « rois ou les princes peuvent en conscience « par quelque droit, ou en vertu de quelque « titre, aliéner de la couronne leurs citoyens « et leurs sujets et les soumettre à la domi- « nation de quelque seigneur particulier? » Tubingen, 1025; 111-4". L'auteur y discute
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plusieurs points très-délicats et très-intéressants, touchant les droits des souverains et des peuples. Il examine si les rois peuvent aliéner des provinces et des villes, faire des cessions, des échanges, etc., et soutient la négative. Mais, outre que la destinée générale des nations a prescrit contre cette opinion, la contraire, fût-elle fausse, concourt à remplir le plan éternel (\es révolutions successives qui doivent agiter tous les enifiires de la terre, les clianger, les réformer, en faire la matière d'une vicissitude et d'une inconstance bien digne de fixer les regards et les réflexions profondes d'une philosophie chrétienne. « Souvenez-vous, disait le célèbre « Bossuet à son auguste élève, que ce long « enchaînement de causes particulières qui « font et défont les empires, dépend des or- « dres secrets de la divine Providence ; Dieu « tient du haut des cieux les rênes de tous « les cœurs en sa main ; tantôt il leur lâche « bride, et par-là, il remue tout le genre hu- « main. C'est lui qui préiiare les effets dans « les causes les plus éloignées, et qui frappe « ces grands coups, dont le contre-coup porte « si loin. Quan 1 il veut lAcher le dernier, et « renverser les empires, tout est faible et ir- « régulier dans les conseils. L'Egypte, autre- « fois si sage, marche enivrée, étourdie et « chancelante, parce que le Seigneur a ré- « pandul'csprit de vertige dans ses conseils: « elle ne sait plus ce qu'elle fait, elle est « perdue... Par \h se vérifie ce que dit l'Ace pôtre, que Dieu est heureux et te seul puis- « sant Roi des rois, et Seigneur des seigneurs. « Heureux, dont le repos est inaltérable; qui « voit tout changer sans changer lui-même, « et qui fait tous les changements jjar un « conseil innnuab'e; qui donne et qui ùte « la puissance; qui la transporte d'un homme « à un autre, d'un peuple à un autre, pour « montrer qu'ils ne l'ont tous que par em- « prunt, et qu'il est le seul en qui elle réside « naturellement. « La Relation de la destruction des Indes a été traduite en français en 1(598, |)ar l'abbé de Bellcgarde. On en a aussi une traduction latine, Francfort, 1598, in-i°. On triiuve une notice sur [>as-Casas dans le Voyage à la Trinidad et â Yénézuéln, par DauxioM-Lavaisse, tome II, Paris, 1812. Sa vie a été écrite en italien par Michel Pio de Bologne, 1GI8, \n-k\
CASATI (Paul), né h Plaisance en 1G17, entra jeune chez les jésuites. Après avoir enseigné ii Rome les mathématiques et la ttiénldgii', il fut envoyé en Suède à la reine Cliristine, (ju'il acheva de déterminer à embrasser la religion catholique, il mourut à Parme, en 1707, à l'Age de 91 ans, lai>.sant plusieurs ouvrages en latin et en italien. Les principaux sont : Ydcuunt proscriplum,{\('w<., lt)'*9; De terra îiiacliiitis mota, Urinie, KiOS, in-.V° ; Mechauicorum libri oeto, Lyon, KiSV; De igné disserlationes, 1080 et 161)5, deux jiarties in-V, la priiuière h N'enisi', (^t la deuxième a Parme, estimées; De nngelis disputalio tliiotogica. Plaisance, 170.'{; Hgdrostuticœ dissertationes, l'jirme, 1G95 ; Opiicw dispulutiones, Parme, 1705. Ce (pi'il y a do
singulier, c'est qu'il fit ce traité d'optique à 88 ans, étant déjk aveugle. Sa mort causa des regrets aux savants et aux gens de bien. On voit dans ses ouvrages de physique beaucoup de recherches et d'expériences et plusieurs bonnes vues.
CASAUBON (IsAAc), né à Genève en 1559, d'un ministre protestant, professa d'abord les belles-lettres dans sa pairie, et ensuite la langue grecque à Paris. Henri IV lui confia la garde de sa bibliothèque en 1603. Jacques I", roi d'Angleterre, l'appela après la mort de ce prince et le reçut d'une manière distinguée. Il mourut en 161V, et fut enterré à l'abbaye de Westminster. Il affecta toujours de raontrerun esprit depaixdans lesquerelles de la relii;ian ; mais pour avoir voulu plaire aux catholiques et aux huguenots, il ne fut agiéable ni aux uns niauxaulres. Un de ses fils s'étant fait capucin, alla lui demander sa bénédiction. « Je te la donne de bon cœur, lui « dit son père, je ne te condamne point : ne « me condamne pas non plus : nous paraî- « trons tous deux au tribunal de Jésus- « Christ. » Ce propos tombait à faux, les catholiques ne conaamnent personne, mais ils croient à l'Evangile qui ne veut qu'une foi et qu'une Eglise. Etant allé en Sorbonne, on lui dit: « Voilà une salle oii l'on dispute de- « puis quatre cents ans. — Qu'y a-t-on dé- « cidé? )> demauda-t-il sur-le-champ. On voit jiar ces réponses que Casaubon était |)lutôt portéàl'indilférence pour toutes les religions, qu'il ne penchait pour le calvinisme; indifférence qui est l'effet naturel del'abandon delà vraie religion dans des gens qui ont le sens assez droit pour apprécier les sectes. On a de lui : des Commentaires sur plusieurs auteurs , Théophraste, Athénée, Strabon, Polybe, Pollen, etc. On remarque dans tous une littérature immense, et des vues nouvelles sur plusieurs ])assages mal entendus ; De libertaie ecclesiasiiea, 1607, in-8'', imprimé jusqu'à la page i6\, parce que le dilféreiidavec Venise ayant été accordé, Henri IV en fit discontinuer l'impression. Ce fragment se trouve avec ses Lettres, Kolerdam, 1709, in-f'ol.; des Exercitations sur les annales de Raronius, Londres, 1614. in-fol., qui sont très-mauvaises. Il ne jiousse son examen que jusqu'au trente-quatre i)remièies années, et on a dit avec raison « qu'il n'avait attaqué « l'édifice du cardinal que par les girouellcs. » Le Clerc le bl.lme d'avoir écrit sur des matières (ju'il n'eiilciid.iit |ias assez, et qu'il n'était [)his temps d'ciudier dans ses vieux jours; des /.(Vt/T.-déjii cilces. Elles sont intéressantes pai' bien des jiarticulariti'S, et surtout par la modestie et la candeur qui y régnent; ces deux vertus forniuiciit le caractère de l'auteur, on voit dans plus d'un endioil (pie dans la (]is|iositioii de son i leur il n'élait pas éluigné de la leliijion de ses pères. Casauhuniana, 1710, in-'»°.
CAS.M'BON (Mkuici. fils du iirécédent, né à (ienèvecii l.'lD'.t, élevé il Oxlurd. et ensuite chaiioinc.de Cantorbi'ry, refusa une pension (jue lui olliail Olivier Cromwi 11 |iour écrire riiisloire de son temps. Il niourul en 1071,
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