‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 170 sur 228 · CEP · texte numérisé non relu

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glisG du Vatican, dans le xviii' siècle, était ti'ès-versé dans la diplomatifjue. Ses princi- ]inux ouvrages sont : De antiquitnle Ecclesiœ Ùispanœ dissertationes, Rome, 17iO-17Vl , 2 vol. in-i° , où l'auteur s'attache à faire voir l'état et la discipline de l'Eglise d'Espagne depuis son établissement jusqu'au vin' siècle. Cenni ayant avancé que l'ordre di' Saint- Benoît ne datait, en ce royaume, que depuis le IX' siècle, le P. Scarmagli, abbé du Mont- Cassin, lui répondit par l'écrit suivant : Vindiciœ antiquitatum monasticarum historiœ adrersiis Cajetatmm Cennium , Arezzo, 1733; Monumcnta dominntionis ponti/iciœ, sive Codex CaYolinus, et Codex Rudolphiniis, chronologia , dissertatioiiibus et notis iUustrala , Rome, 1760, 2 vol. in-i°.

CliPARl (■Vibgh.e) , jésuite, né en 1564, à Panicale , uans le diocèse de Pérouse, fut recteur des collèges de son ordri; à Florenco et à Rome, et mourut le 14 mars 1631. Il est autour de plusieurs livres ascétiques estimés et de quelques ouvrages historiques en italien, parmi lesquels on cite : Vie de sainte Françoise, Romaine; Vie de sainte Madeleine de Pazzi; Vie de saint Louis de Gonzague, qu'il avait connu personnellement. On sait que le P. Croiset a écrit une vie du même saint sous ce titre : Parfait modèle de la jeunesse chrétienne , etc.. Av. gnon , 1733. On en a une autre parle P. Dorléa; s , réimpr. avec celle de saint Stanislas Kostka, Paris , 1727, in-12; Vie de saint François Rorgia , Rome, 1624, in-S", qui a été aussi écrite en français par le P. Verjus, 1 vol. in-4° ; réimpr. à Avignon , 1824 , 2 vol. in-12 ; Vie de Jean Rerchmans, qui a été trad. en français par le P. Cachet. Le P. Nicolas Frizon a aussi écrit une Vie do Borchmans, 1716 , qui a eu plusieurs éditions.

CEPEDA (Gabriel de), dominicain espagnol, né à Ocana, est auteur d'une Histoire de Notre-Dame de Atocita , Madrid, 106!) ; réimpr. dans la même ville , en 1670, in-4".

CEPHAS est le nom que Jesus-Christ donna à Simon , fils de Jean ou de Jona , lorsque son frère André le lui amena. Le nom syriaque Cépha signifie i'jf/Tc , comme saint Jean l'explique : c'e^t pourquoi les évangi''listes et les apôtres , écrivant en grec , l'ont ap[ielé nixpof, quoiqu'ils emploient aussi en quelques endroits le nom de Céplias. 11 est des auleurs anciens et modernes qui reconnaissent un CÉPHAs, dilférent de saint Pierre , et qu'ils placent entre les soixantedouze discip es. Us prétendent que c'est de •ui que parle saint Paul dans l'épître aux Galates, chup. 2. Celte opinion n'est pas la plus suivie ; mais elle est appuyée sur des raisons et sur des autorités graves. Le P. Hardouin a f,dt une dissertation pour l'établir; et si cet auteur s'est souvent distingué par des originalités paradoxales , on ne peut l'en accuser dans le cas présent, |)uisque Clément d' Alexandrie, Dorothée de Tyr , quelques savants du temps de saint Jérôme, l'auteur de la Chronique d'Alexandrie, etc., ont soutenu, ou du moins regardé comme vraisemblable le môme sentiment. En 1785 , le

P. Marcellin Molkenbuhr a publié sur ce sujet une nouvelle dissertation, très-sagement écrite, intitulée : Dissertatio scripturisticocritica : An Cephas , quem Paulus Antiochiœ rednrguit (Gai. u), fuerit Simon-Petrus, apostolorum coriphœus? in-4" , oii il conclut égament que le Céphas auquel saint Paul résista à Antioche n'est point le prince des apôtres. Quoi qu'il en soit, celle ddférence d'opinions ne touche à rien d'essentiel, et n'intéresse en aucune manière l'autorité et la primauté du chef de l'Eglise. Un ménagement, peut-être excessif pour les juifs ex- Iraordinairement attachés aux observances s légales , n'est ni un crime ni une erreur qui puisse compromettre ou la sainteté ou la prééminence de saint Pierre. Mais si le pas- , sage dont il s'agit ne regarde pas cet apôtre, le respect dît à sa mémoire , autant qu'à la vérité historique , exige que l'on combatte une opinion dont des esprits faux ou superficiels ont abusé pour écrire plus d'un genre d'inepties.

CERDA (Jea\-Lolis de La) , jésuite , natif de Tolède , est connu par son Commentaire sur Virgile, Lyon , 1619 , 3 vol. in-fol. Ce format annonce peut-être plus d'érmlition que de précision et de goûl. Une pensée ordinaire , un mot q li ne dit rien, exercent souvent l'esprit du laborieux et savant commentateur. Il expliqué ce qui n'a pas besoin d'être expliqué , et disserte pesamment sur ce qu'on doit sentir avec délicatesse. Cet ouvrage le rendit si célèbre, q .e Urbain VIII voulut avoir son portrait. On a encore de lui un Commentaire sur Terlullien, Paris, 1624, in-fol. , dans le goût ae celui de Virgile. L'érudition y est prodiguée dans l'un et dans l'autre, et il faut convenir qu'il y a peu de gens qui puissent faire une | areille dépense ; Adversaria sacra, Lyon, 1626 , infolio : « Ouvrage fait, dit Baillet, avec beau- « coup de travail, jjoui- é^-hdrcir et faciliter « l'intelligence de i)lusieurs auteurs sacrés « et ecclésiastiques. » De excellentia cœlestium spirituum, prœsertim de angeli custodis ministerio, Paris, 1631, iii-8''. Il mourut, en 1643, âgé de plus de quatre-vingts ans.

CERDA-Y-RICO (don Francisco), philologue espagnol, né vers 1730, fut d'abord avocat, puis employé à la bibliothèque royale de l'Escuiial, et chef do bureau au minisièie des Indes. Il mourut en 1792, âgé de 62 ans. 11 se lit surtout connaître par les éditions qu'il donna d'un grand nombre de bons ouvrages espagnols des siècles précédents , auxquels il ajouta des commentaires judicieux On cite principalement les suivantes : Les OEuvres d'xVlpIionse Garcia, de J. Christophe Calveti , de Cervantes de Salazar, de Lope de Vega, de 1769 à 1776; Expédition des Catalans et dei Aragonais contre les Turcs et les Grecs, par don François de Moncade, avec une carte, 1777 ; Les mémoires historiques du roi de Castille , Alphonse le Sage , et les Observations sur sa Chronique, ouvrage posthume de Gaspar Esdagnez , de Ségovie, resté manuscrit chez un libraire ; La Mos^ quée, poème de Villaviciosa ; Nouvelle idée

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de la tragédie antique, ou Eclaircissement de la Poétique d'Aristote , par Joseph-Antoine Gonzales de Salas ; Poésies spirituelles du P. Louis de L^'on , en 1779 ; Lettres philologiques et Tables poétiques de Fr. Cascolas, 1771 ; OEuvres choisies, rares ou inédites des plus illustres Espagnols, 1783; Chronique du roi Alphonse VIII , dit le Noble et le Bon. Cerda-y-Kico a, en outre, publié sous son propre nom : Histoire du règne des Goths en Espagne ; Histoire des rois des Asturies et de Léon; Chronique du roi Alphonse XI; Discours sur les antiquités de l'Espagne; Discours et harangues prononcés au concile de Trente par les prélats espagnols; Commentaires des affaires relatives à l'Espagne, traitées dans ce concile, etc.

CERDON, hérésiarque du ii' siècle, né en Syrie, vint à Rome sous le pape Hygin, et y sema ses erreurs , tantôt en secret , tantôt ouvertement. Ayant été repris de sa témérité, il tit semblant de se repentir et de se réunir h l'E^i^lise ; mais son hypocrisie étant découverte, il fut absolument chassé. 11 admettait deux principes : l'un bon et créateur du ciel, l'autre mauvais et créaleur de la terre. Il rejetait l'Ancien Testament, et ne recolmaissait du Nouveau c[u'une partie de l'évangile de saint Luc, et cjuelques épitres de saint P.iul. 11 prétendait encore, dit-on, que Jésus-Christ n'avait qu'un corps fantastique. La doctrine des deux principes fut la source de l'hérésie des Manichéens. Voij. Marcioi».

CERF DE LA VIEUVIIXE ( Philippe Le), religieux bénédictin de Saint-Maur, a écrit une Bibliothèque historique et critique des auteurs de sa congrégation , La Haye , 1726, in-12 ; ouvrage supei liciel qui a été effacé par l'Histoire littéraire de celte congrégation , de dom Tassin.

CÉRINTUE , hérésiarque , disciple de Simon le Magicien , commença à publier ses erreurs vers l'an 51 II attaquait la divinité de Jésus-Chri>t, et n'admettait en lui que la nature humaine. Saint Jean écrivt son évangile a la prière des hdèles, pour réfuter ses erreurs sacrilèges. On ajoute môme qu'ayant trouvé Cérintlie dans les bains publics , où il allait pour se laver, il se retira avec indignation, en disant : Eugons, de peur que nous ne soyons abîmés avec cet ennemi de Jésus-Christ.

CERISIERS (René de), jésuite , né à Nantes en 1603, mort en 1662, a traduit le traité de hi Consolation delà philosophie de Bnèce, et donné la Consolation de la théologie, dont on a fait plusieuis éditions. 11 a tradui! aussi les Confessions et les Soliloques do saint Augustin , ainsi que la Cité de Dieu. On a encore de lui : L'Innocence reconnue , ou Vie de sainte (ieneriève de Hrabant, espèce de loman spirituel, où ion trouve des morceaux de la simplicité la plus noble et la plus touchante; d'cxcell.-ntes liéjlexions chrétiennes et politiques sur la vie des rois , réimjirimées avec des additions, sous ce litie un peu fastueux : Le Tacite français , avec des ré- (lexians , etc. , et i)iusieurs autres ouvrages.

CERQUEIRA ou CERQUERRA (j.oms), évêque au Japon , né en 1552 à Alvito , en Portugal, se fit jésuite à quatorze ans. Après s'être fait recevoir docteur en théologie à l'université d'Evora , il fut désigné par ses supérieurs jiour diriger la mission que Philippe li envoyait au Japon , et fut sacré évoque. Lorsqu'il arriva devant iîacao, en 1595, le prince Taicosama persécutait avec violence les chrétiens. Cerqueira fut réduit ë se cacher avec ses compagnons , puis il se rendit à Nangasacki, où les jésuites avaient une maison, qu'il gouverna jusqu'à sa mort, arrivée le 15 février 161'i'. On a de lui : De morte .gloriosa sex martyrum qui anno 1604 in Japonia pro fide passi sunt , Rome, 1607, in-S" ; De morte gloriosa Melchioris Bugundoni et Damiani Cœci, cjui anno 1605 eamdem ob causam occisi sunt; Litterœ ad Claudium Aquavivamgeneralemprœpositum, anno 1613.

Ces lettres concernent l'état des missions au Japon. Manuale casuum conseientiœ , traduit en langue japonaise et imprimé à Nangasacki , iii-V° ; Manuale ad sacramcnta ecclesiœ ministranda, im|)rimé dans la môme ville en 1605, in-4°. Ces deux dernieis ouvrages sont très-rares.

CERUTTI (Joseph-Antoiîse-Joachim) , cidevant j.'suite, de l'académie de Nancy, né à Turin le 13 juin 1738, mort à Paris le 3 février 1792, se lit d'abord connaître par des discours et (!es lettres sur dilférents objets, remporta deux prix h l'académie de Montauban en 1760, et la même année ci lui d'i loquence à Toulouse. Mais ce qui lui lit le plus de répiitation , ce fut ï Apologie de l'institut des jésuites ; les matières, les raisonnements, les vues princijiales lui en avaient été foi;rnis : il y mit la façon, qui lui valut une |iension de la part du dauphin, lils de Lou's XV. Il la perdit pour avoir eu la lAcheté de prêter le serment abjuratoire de ce même iiiStitut, exigé par les parlements. Tout ce qu'il a écrit est plein d'esprit , mais de Cit esj'nt recherché, qui, bien loin de donner du prix aux bonnes choses, ne fait que le^ déprécier. On trouve des vues excellentes et des idées neuves dans son discours «ur l'intérêt d'un ouvrage; mais elles sont défigurées [lar un style affecté , plein d'antithèses et do pointes; ce qui porterait pri Sipie à croire queVApologie des jésuites n chipas de lui.L'asprit ne plaît qu'autant qu'il assaisonne la raison, sans chercher à se montr- r. Ce défaut se fait moins sentir dans sa Lettre sur les avantages et l'origine de la gailé française, et dans SiiU Discours sur l'origine (lu désir général de transmettre son nom à la postérité. A la lin de sa Carrière , il s'est livré tout entier h la démoiralic, et a enfanté plusieurs diatribes ou la haine de la religion va de pair avec les jilus creuses spéculations de politique, unô entre autres sur les assignats et te pajHermonnaie ; ce qui lui a attiré d'un critique un peu sévère le néerologe suivant : « L E- « tat y gagnerait beaucoup , si quelques « hommes uu même juemc et de la mèmeafli- « liatiup payaient le même tribut il la Iran- « quillité puljlique. Jamais homme ne lit do

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« Tesprit un aous plus dangereux; jamais M ou n'eut aes opinions plus fausses, des « ]iiincipes jilus erronvs, un style plus char- « gé de concolti; jamais on ne connut moins « la véritable éloquence. Je ne parle jioint « di'S v;iriations dans ses systèmes, qui traie hirent sa duplicité : il aurait pu, du moins, « faire excuser l'exaltation de sa tête par les « vertus d'un sujet fidèle et d'un citoyen « ami des lois. Mais le moraliste, en lui, eut « tous les défauts de l'orateur. 11 est malheu- « reux pour sa mémoire qu'il ait joué un « rôle dans cette tiagédie sanglante dont tant « de factieux sont les auteurs. Ses ouvrages « seraient morts avant lui ; mais son titre de « factieux lui survivra. » Cérutti était fort lié avec le fameux Mirabeau , qui l'employa souvent, soit à lui préparer des matériaux pour ses discours, soit à rédiger des fragments de ses rapitorts. Devenu membre du département de Pari.*, il fut nommé, par les élections de cette ville, député à la législature en septembre 1791. Il avait entrepris, la môme année , la Feuille villageoise, journal dont le but était ds propager dans les campagnes les principes de la révolution.

CERVEAU (Ue\é) , prêtre du diocèse de Paris, né dans cette ville le 22 mai 1700, mort en 1780. Son principal ouvrage est : Nécrologe des plus célèbres défenseurs et confesseurs de la vérité des x\n' et xvm° siècles, Paris, 1769 et ann. suiv., 7 vol. in-12. Ce catalogue, destiné particulièrement à exalter ceux qui se sont opposés au formulaire et à la bulle Unigenitus , renferme un si grand nombre d"!iommes obscurs , que l'on connaît h peine leur nom; on y trouve cependant quelques ardcles qui peuvent servir à l'histoire littéraire. On a encore de lui : L'Esprit de Nicole, 17G5, in-12; Poème sur le symbole des apôtres et sur les sacrements de l'Eglise , 176S, in-i2.

CÉSAIRE (saint) , frère de saint Grégoire de Nazianze et médecin de rem|)ereur Julien, conserva une foi pure el des mœurs inuoceiites au milieu d'une cour païenne. Il se joua de la dialectique de Julien, et lui prouva un jour avec tant de force rimpioté de l'idolâtrie, que ce ;>rince s'écria : O bienheureux père! 6 malheureux enfants ! Paroles qui marquaient le bonheur du père d'avoir produit de tels enfants , et le malheur des enfants d'être si fermes dans une religion qu'il croyait mauvaise. Césaire s'exila luimôme de la cour, et se retira dans sa famille , à la prière de Grégoire de Na ianze. 11 fut ensuite questeur de Bithyn'e, et mourut en36J. Saint Grégoire de Nazianze, qui pour lors n'était encore «pie simple prêtre, prononça lui-môme l'oraison funèbre ue son frère Cés-iire, devant son tombeau el en présence de son père et de sa mère. On ignore le lieu de sa mort ; mais il est certain qu'il fut i;ihumé à Nazianze. Ou lui attribue quatre dialogues qui ne sont pas de lui, quoi qu'ils se trouvent dans la Uibliothèque des Pi'jres.

CÉSAIRE (saintl, né en WO, près de ChAlon-sur-Saône , se consacra à Dieu dans le

monastère de Lérins , sous la conduite do l'abbé Porcaire. Ses austérités l'avant rendu malade, on l'envoya k Arles pour' rétablir sa santé. Trois ans après , il fit élevé malgré lui sur le siège de cette ville. 11 gouverna son diocèse en apôtre. Il fonda à Arles un monastère de filles, et leur domia une règle, adoptée depuis par plusieurs autres monastères. La calomnie vint intenompie les biens qu'il faisait à son diocèse. On l'accusa auprès d'Alaric davo'r voulu livrer aux Bourguignons la ville d'Arles ; on le calomnia de nouveau auprès de Théodoric ; mais ces deux princes reconnurent l'innocence de cet homme apostolique , ainsi que la méchanceté de ses calomniateurs. Son nom n'en fut que jjIus célèbre. Dans un voyage à Rome, où il était désiré depuis longtemps, le [lape l'honora du paliium , et permit à ses diacres de porter des dalmatiques comme ceux de l'église de Rome. On croit que c'est le premier préirt d'Occident qui ait porté le paliium. Le pape ajouta à ces honneurs le titre de son vicaire dans les Gaules, avec le pouvoir de convoquer des conciles. Césaire |>résida à celui d'Agde en 505, au second concile d'Orange en 529 , et à plusieurs autres. Il mourut ei! 54-2, la veille de la fête de saint Augustin, dont il avait été un des plus fidèles disciples. Nous avons de lui 202 homélies, qui, après avoir été souvent confondues parmi celles de saint Ambroise et de saint xVugu>tin , ont été recueillies dans l'appendice du cinquième volume des œuvres de ce dernier, imprimées à Paris en 1683 , et dans l'élition d'Anvers ou d'Amsterdam, en 1700. L'édition que Baluze en avait donnée en 1669 n'en contenait que quatorze. L'on a encore de ce saint plusieurs autres ouvrages qu'il serait à désirer de voir reproduire, d'autant plus que tout plait dans ses écrits ; le style en est simple et naturel, les pensées nobles, les raisonnements solides, les exemples persuasifs et toujours à la portée de ceux qu'il se proposait d'instrure. Ses sermons ont été traduits en français |)ar l'abbé Dujat de Villeneuve , Paris, 1760, 2 volumes in-12. On lui attribue une prédiction remarquable par plusieurs événements qui se sont réalisés sous nos yeux, intitulée : Mirabilis liber qui prophetias , revclationesrpie necnon res mirandas pr(eteritas, prœscntes ac futuras aperle demonstrat, in-8% gothique, plusieurs f 'is réimprimée. Ou en a extrait, dans ces derniers temps, ce qui a rapport à notre révolution, sous ce titre : Prédiction pour la fin du xviii' siècle , avec la traduction littérale à côté du texte, précédée d'une introduction qui établit la concordance des dates et des événements avec les circonstances actuelles. Voici les principaux faits qu'elle contient : K La plus noire trahison exercée contre le « roi des Français, prisonnier ; la gloire do « ce jieuple Ciiangée en opprobre et en con- « fusion; car le lis sera privé et dépouillé « de sa noble couronne , et on la donnera ;\ v< uu autre auquel elle n'ap|iartieiit pas; le « royaume de France envahi , saccagé et « presinie détruit, parce que les administra-

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« leurs seront si aveuglés , qu'ils ne pour- « ront trouver un défenseur dans leur sein , « et que, dans sa fureur , la main, la colère « du Seigneur sera levée contre eux et con- « tre les plus grands et les plus puissants de « cet empire ; ceux qui servent se révolte- « ront contre leurs propres seigneurs , et « presque tous les nobles, aiitani qu'ils sont, « seront tués, dépouillés de leurs dignités « et chassés cruellement de leurs domaines, « parce que la populace ne connaîtra de roi « que sa volonté, et que l'on ne pourra rien « obtenir sur elle. L'avantage et le bien de « la république seront entièrement dans l'ou- « bli , et ils n'existeront point; mais l'inté- K rôt personnel et l'égoisme seront seuls en « vigueur. Toute l'Eglise sera persécutée « dans tout l'univers d'une manière lamen- « table et perfide; elle sera dépouillée et « privée de son temporel ; les pasteurs et les « grands de l'Eglise seront chassés et arra- « chés de leurs dignités et de leurs prrlatu- « res ; ils seront cruellement maltraités et « mis en fuite , et les ouailles qui leur sont « soumises resteront dispersées , sans pas- « tenrs et sans guides. Le chef suprême de « l'Eglise changera son siège, et ce chef sera « bienheureux s'il peut, avec ceux de ses « frères qui le suivront, trouver un asile où « ils puissent, avec les siens, manger seule- « ment le pain de douleur dans cette vallée « de larmes ; car la malice tout entière des « hommes se déchaînera contre l'Eglise. Et « en elfet , elle n'aura point de défenseur « pendant vingt-cinq mois et plus , parce « que, pendant tout ce temps, il n'y aura ni « pape , ni empereur à Rome, ni roi ni ré- « gent en France. Les autels seront renver- « ses et leurs ruines jirofanées ; les monas- « tères, souillés ot dépouillés , seront dé- « truits , parce que , dans sa vf ngeance, la « main et la colère du Seigneur seront appe- « santies sur le monde, à ciuse de la multi- « tude et de la continuité des péchés. Tous « les principes seront renversés; c'est pource quoi la face entière du monde devra né- « cessairement changer. La teire éjjouvantée « tremblera dans plusieurs li, ux d'une ma- « nière étonnante, et engouUrera les viv.mts « dans ses abîmes. La pompe des nobles « sera éclipsée , et , pendant un autre es- « pace de temps , l'ordre entier du clergé « restera abattu. Le jeune prisonnier qui rc- « couvrera la couronne des lys et dominera « sur l'univers entier , (Hant rétabli sur son « trône, détruira les enfants de iJrutus cl les « îles ; c'est pourquoi il ne sera plus lait « mention d'e;ix, et ils resteront anéantis « pour toujours. YuilA tous les mallieuîs qui « doirenl pn'ccdcr lu rcslditralion du cliris- « lidiiismr. Mais après drs misères si grandes « et si multipliées, (jue les créatures de Dieu « en tomberont nresque dans le désespoir, « des restes écnappés de la persécution « de l'Eglise , il seia tiré , par la volonté de « Uieu, un pape cjui léformera tout runivcrs <' par sa sainli^té, et l'amènera ii 1 ancienne « manière de vivre; des disciples du Christ, « tous les ccclésiasliques , ol tous le res-

« pecteront à cause de sa sainteté et de ses « vertus. Il prêchera partout nu-[)ieds, et ne « craindra point la puissance des princes ; « d'où vient que, par sa vie laborieuse, il « les ramènera de leurs erreurs au sainl- « siège, et il convertira presque tous les in- « lid^les , et surtout les juils ; et ce pape « sera secondé par un empereur , homme « très-vertueux, qui sera des restes du sang « très-saint des rois des Français , qui l'ai- « dera et lui obéira en tout ce qui sera néce cessaire pour réformer l'univers. Sous ce « pape et cet empe eur, tout l'univers sera « réformé , parce que la colère de Dieu s'a- « paisera. Ainsi, il n'y aura [dus qu'une loi, « une foi , un bapti'me , une manière de vite vre. Tous les ho.nmes auront le même esee prit et s'aimeront les uns les autres. Cet ee état de paix durera pendant de longues ee années; mais a[irès que le siècle aura été ee réformé , il paraîtra plusieurs signes dans ee lescieux , et la malice des hommes se réee veillera; ils retourneront à leurs nnciennes ee iniquités , et leurs crimes seront encore ee pires que les premiers. C'est pourquoi ee Dieu amènera et avancera la fin du monde, ee et. voilà la tin. »

CÉSAIKE, né, selon la plus commune opinion, hColo^ne, entra dans l'ordre de Cileaux en liO'J, fut longtemps maître des novices dansle monastèredu Val-Saint-Pierre, i.omiiié autrement Hcisterbach, [irès d.' Bonn, puis prieur dans l'abbaye de \'illiers en Brabant; et niiiuiut vers I2i0. On a de lui : Dialogi de miraculis, Cologne, l'i8i, in-fol., réim|)rimé en J591 et 1599, sous ce titre : Jlluslriuin miraculorum et historiarum lib. xii. Cet ouvrage a été ensuite réimpri mé à A nvers en 1G05, mais il est tronqué. On le trouve aussi dans le second tome de la BihlintliecaPatrum Cisterciensium, mais également tronqué. C'est une collection de pieuses historiettes, avec lesquelles Césair.î prétendait nour, ir la piété des novices qui étaient soumis à sa diii ction. 11 a été mis à l'index en Espa^^ne. De ritn et passione sancti Engelberti, Cologne, 1613.

CÉSARl (le P. Antonio), né vers 1750 à Vérone, embrassa la règle de saint Plii,i|)|io de Néri, dont les disciples sont les oraturiens de l'Italie, et se distinç;ua comme philologue et ciimme liltéiateiir. Il niouiut a Baveune en 1828. On a de lui une édition des Vite de SS. Padri, Vérone, 1799, k vol. in-V" : c'est une traduction d<i saint Jérejme; une édition du livre de Feo Bclcari : La vita del IS. Giovanni Colundiini, ii.id., 1817, in-8"; une autre dvsfioreiti di S. l'rancesco, ibid., 182:2, in-'*" : ces trois ouvrages font autuiité dans la langue ilalieime; eulin une autre de la Diiina Commcdia, de Dante, avec une préface et do savantes notes. 11 traduisit aussi pL. sieurs auteurs classiques, et donna, comme auteur: Alcune novelle, Venise, 1810, in-8".

CÉSABINI (JuLiiiNj, cardinal, présida au ceincile de Bàlc, et p.irul avec échit à celui do Florence. Le papi' Eugèni> 1\ l'eiiviiya eu lleiiigiie, iieiur prêcher la cnnsadi' cemlre les 'Jures. Ladislas, mi de lieuigrie. a\anl précipilauimeul lait la poix avec ces iiilidèies,

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sans consulter ses alliés, avec lesquels il avait pris des engagements, Julien crut que celte paix n'obligeait j3as le roi, sans considérer que les traitt's d'alliance sont en quelque façon subordonnés à l'objet pour lequel on les conclut, et que la guerre avec les Turcs n'existant ['lus, les conventions faites avec les alliés étaient sans force. Il y eut une bataille donnée près de Varna, en iiii,. gagnée par les Turcs sur les chrétiens. Le cardinal, qui s'y était trouvé, périt dans cette journée.

CÉTHURA, seconde femme d'Abraham, que ce patriarche épousa à l'Age de cent quarante ans, et dont il eut six enfants :Zamram, Jecsan, Madan, Madian, Jesboc et Sué. Abraham leur donna des présents, et les envoya demeurer vers l'Orient, dansl'Arabie déserte, ne voulant [las qu'ils habitassent dans le pays que le Seigneur avait promis à Isaac. On croit que c'est d'eux que sortirent les Madianites, les Ephéens, les Dédanéens et les Sabéens, dont \l est souvent parlé dans l'Ecriture. Les mages qui vinrent adorer Jésus-Christ naissant étaient, suivant plusieurs savants, des rejetons de ces peuples, et la foi d'Abraham fut pour eux une espèce de titre pour être les prémices de la voc dion des gentils.

CHABANEL (Jean), écrivain peu connu du xvr siècle, naquit à Toulouse vers 1560, et étudia avec fruit, dit-on, les mathématiques et la langue française. Après avoir été lait prêtre, et reçu docteur en théologie, il devint recteur de la fameuse église de la Daurade à Toulouse, et mourut eu 1615.

Selon Lacroix du Maine, Chabanel aurait publié, dès 1581, un Recueil d'œuvres. L'ouvrage que ce bibliographe parait avoir eu en vue est le Miroir de la vie humaine, trad. de l'espagnol de Louis de Grenade, dont Duverdier cite l'édition de 158i, in-16. En 1587, Chabanel retoucha la version que Nie. Colin avait donnée d'un autre traité du même auteur : Le mémorial de la vie clirélirnnc, Chabanel a donné en outre : Oc ranii(iaHé des églises paroissiales, et de rinstitulion des recteurs el vicaires perpétuels, Toulouse, 1608, petit in-8°, rare et plein de recherches ; Les sources de l'éléyancc française, ou du droit et naïf usagedesprinciiitilrsjjartiesdu parler français, ibid., 1612, in-1-2 : labbé (Joujctdit que l'ouvrage est moins à louer que la bnnne volonté de l'auteur; De l'antiquité de Notre-Dame de la Daurade à Toulouse, et autres antiquités de cette ville, iUuslrées de diverses observations et singularités rcman/ualiles, ibid., 1621, petit in-8°; De l'état et police de la même église, ibid., 162-3, in-8"; Opuscula varia de rébus ecclesiasticis el moralibus, Bordeaux, 1620, in-8°.

CHACON. Voy. Ciaconius.

CHAFFOY (Claude-François-Marie Petit- Benoit de), né à Besançon, le 7 février 1752, d'une famille anci une dans la magistrature, lit ses études au séminaire de Saiiit-Stdpice, et fut nommé archidiacre du diocèse de Besançon par Mgr do Durfort, archevêque de cette ville, qui le chargea en outre de la liaute direction du séminaire. Lorsque la révolu- DiCTioNN. DE Biographie kelig. l.

tion éclata, il suivit son arcnevêque dans l'exil. Après la mort de ce prélat il fut chargé par l'évôtpie .le Lausanne de veiller sur les prêtres français réfugiés en Suisse, et il s'imposa des sacrifices afin de pourvoir à leur subsistance. On rapporte qu'à cette époque, malgré la rigueur des lois révolutionnaires, il vint secrètement en France pour assister un mourant. Après le concordat il retourna k Besançon, où il se livra tout entier à la pratique des bonnes œuvr. s. En 1817 l'abbé Chaifoy fut appelé à l'évêché de Nîmes, mais il ne put prendre possession de son siège qu'en 1821. Il apporta dans l'administration de ce diocèse toute l'ardeur de son zèle. H élahlit un grand et un jietit séminaire, institua des missions diocésaines, et forma dans la cathédrale un cours modèle de catéchisme. Plusieurs attaques d'apoplexie altérèrent profondément sa santé, et il mourut le 29 septembre 1837, à l'âge de quatre-vingt-cinq ans. On lui doit un ouvrage sous le titre à'Analyse, qu'il composa pour la direction des religieuses.

CHAHUT (Philippe), né à Tours en 1602, entra dans l'ordre des jésuites à 18 ans, et y professa les humanités, puis la pliilosophie, enfin la théologie. Il devint ensuite recteur du collège de Tours, puis de la maison |rofesse de Rouen, et en dernier lieu du collège de Paris. Il quitta l'enseignement [lour s'occuper de la direction des consciences, et mourut en 1669. On a de lui : La science du salut, 1655, in-4-°; Le manuel de dévotion, Rouen, in-8° ; Les moyens de se bien disposer à la mort ; L'avant-goût du Paradis, ou moyens de s'entretenir avec Dieu après la communion, 1653, in-8'; I^' excellence de l'oraison mentale, IfiSG, in-8"; Le secret de la prédestination, 165',*, in-8°; Le miroir de la bonne mort ; De la simplicité chrétienne; Les moyens spirituels de Savonarole, 1672. Ces deux derniers ouvrages sont des traductions des traités de Savonarole, intitulés, />c simplicitate vilœ christ ianœ; Expositio orationis dominicœ quadruplex.

CHAIS ( Pierre ), né à Genève en 1701, pasteur de l'église protestante française à La Haye en 1728, a donné quelques ouvrages analogues à son état, qui sont i ocherchés de ceux de sa cuuimunion; tels sont : La sainte Bible avec un Commentaire littéral et des notes choisies, tirées de divers auteurs anglais, La Haye, iîk'i et ann. suiv., 8 vol. in-i°. Les deux derniers ne parurent qu'en 1790. Ce long commentaire n'embrasse pas encore tous les livres U'storiques de l'Ancien Testament; Catéchisme historique et dogmatique, 1755, in-S"; Le sens littéral de l'Ecriture, 1738, 3 vol. in-8', liaduit de Thomas Slackliouse ; Lettres historiques et dogmatiques sur le jubilé et les indulgences, 1151, 3 vol. in-8% oi)posées aux dogmes des catholiques sur cette matière. Il est mort à La Haye en 1783. ('HAISE (Jean Filleau de La ), frère du traducteur de Don vîuiciiotte, né à Poitiers, vini à Paris de bonne hmire, et s'attacha à la duchesse do Longueviile, au duc de Ruhan, et aux solitaires de Port-Royal. II mourut en 1693. Son Histoire de saint Louis, Paris, 1688»

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2 vol. in-4°, faite sur les mémoires de Tillemont, est devenue rare. Quoique écrite d'un style lâche, elle fut reçue avec tant d'empressement, que le libraire fut obligé, le premier jour de la vente, de mettre des gardes chez lui. Ceux qui n'avaient pas le même enthousiasme pour les ouvrages de Port-Royal engagèrent l'abbé de Choisy à donner une autre Histoire de saint Louis. Elle fut composée en moins de trois semaines; et malgré son air superlicicl, les agréments et la légèreté du style du nouvel historien tirent oublier l'érudiiion de l'ouvrage de La Chaise, dont les matériaux seuls lui avaient coûté deux ans de recherches.

CHAISE ( François de La ), né au château d'Aix en Forez en lOâi, se lit jésuite au sortir de la riiétorique. Il était petit-neveu du Père Cotton, célèbre dans celle compagnie. Après avoir professé avec beaucoup de succès les belles-lettres, la philosophie et la théologie, il fut élu provincial de la province de Lyon. Il remplissait cet emploi, lorsque Louis XIV le choisit pour son confesseur, à la place du Père Larier, en 1675. Une figure noble et intéressante, un caractère doux et poli, lui acquirent beaucoup de crédit auprès de son pénitent. Les jansénistes l'accusèrent d'indulgence dans un temps où, selon eux, il aurait dû être sévère. Ils le blâmèrent encore plus d'être entré dans toutes les mesures que le monarque prit contre eux. Il est sur qu'il ne leur fut pas favorable, et il ne devait

E as l'être. Il mourut en 1709, à 8o ans, memre de l'académie des Inscriptions, dans laquelle il méritait une place par son goût pour les médailles ( Voij. les Eloges des académiciens, par M. Boze, tome 1", page 123j. L'Histoire particulière du Père de La Chaise, Cologne, 1G96, 2 vol. in-16, est plutôt une satire gu'une histoire ; la Vie qui eu est un abrégi', imprimée en 1710, ne vaut pas mieux. Le duc de Saint-Simon, qui ne peut être suspect quand il dit du bien des jésuites, eu [larle sur un tout autre ton. « Le Père de La Chaise, « dit-il, était d'un esprit médiocre, mais d'un « bon caractère, juste, droit, sensé, sage, doux « et modéré, fort ennemi de la délation, de « la violence et des éclats. Il avait do l'hou- « neur, de la probité, de l'humanité, de la a bonté; allabie, poli, modeste, môme res- « pectueux. Il était désintéressé en tout geu- « re, quoique fort attaché à sa famiUe; il se « piquait de noblesse, et il la favorisa en « tout ce qu'il put; il était soigneux de bons 0 choix pour 1 é|iiscopal, surtout pour les a grandes places; et il fut heureux, tant qu'il « eut l'entier crédit. Facile <'i revenir, ijuand « il avait été trompé, et ardent h répurei; le « mal que son erreur lui avait fait faire, « d'ailleurs judicieux et précaulionué. Par K bien des faits en sa vie, il su))prima bien « des Iriponni'ries et des avis anonymes <c contre beaucoup lic gens, en servit quaiia lilé, et ne lit jamais de uial(iu'à son corps « défendant; auNsi lut-il géiiéraleiucnt regret- « té. Les ennemis même des jésuites furent « forcés de lui rendre justice, et d'avouer « que c'était un homme de bien et honnêtc-

« ment né, et tout à fait pour remplir sa « place. » L'éloge que le roi lui-môme flt de lui en présence de tous ses courtisans, lorsqu'on vint lui apporter les clés de son cabinet et ses papiers, est bien propre à dissiper la calomnie et à faire respecter sa mémoire. « 11 était si bon, dit-il, que je le lui rejjro- « chais souvent, et il me répondait : Ce n'est y> pas moi qui suis bon, mais vous qui êtes « dur. »

CHAIX (Thomas), religieux de l'onlre du Mont-Carmel, né k Tarascon, en 1696, enseigna pendant plusieurs années la tliéologie et la philosophie dans cette ville ; il se retira ensuite au monastère de Mazargues , près de Marseille, oii il mourut en 1768. 11 composa un ouvrage sous ce titre : De l'excellen<;e de la décotion au saint Scapulaire de Notre-Dame des Carmes, iii-ii. On connaît de lui deux odes, l'une couronnée à l'académie de Marseille en 1736, soi- la mort du maréchal de Villars ; l'autre sur le jugement dernier, qui fut couronnée aux Jeux tloraux de Toulouse.

CHALLNIÈRE ( Joseph -François Audebois DE La), chanoine pénitencier de l'église d'Ang.rs, membre de l'académie de la même ville, et ancien prof^'sseur en théologie, est auteur des Conférences du diocèse d. Angers sur kl grâce, eu 3 vol. iu-12. Quoiqu'ileût moius de précision et de netteté dans l'esprit que Babin, le piemier auteur de ces Conlérences, son ouvrage ne laisse pas d'être esliuié. Il partagea sa vie entre l'étude et les exercices de son ministère, et se distingua autant |iar son zèle que par son érudition. Il mourut en 1759.

CILVLIPPE ^Louis-Fhançois-Candide), récollet, connu aussi sous le nom de Pierre Candide, né à Paris en 1684., y mourut en 1757, à 73 ans. Il s'est acquis l'estime des gens de bien et principalement de ses conirères, par ses vertus et sa science. Il a donné au public ; Vie de saint François d'Assise, Paris, 1729, in-i°,et 1736, 2 vc«!. in-12, pleine de recherches et de bonne critique. Elle a effacé toutes les histoires de ce saint fondateur qui avaient paru jus(|u'alors. Oraison funèbre ducardinal de MaiUtj,il-2-2. OesSermons.

CHALLONEK (Uu.haud), évoque de Debra, vicaire apostolique de Londns, se lit estimer des protestants mêuie par ses belles ([ualités. 11 n'était pas né catholique ; il embrassa la vraie religion vers la vingtième année de son âge. Ce prélat moui'ut à 90 ans, en 1781. On lui doit dis Mémoires pour sei-rir à l'histoire de ceux qui ont soujfcrt r-n Angleterre pour la religion, Londres, 17't-l, ouviage où il prouve avec évidence que liss Anglais ont fait mourir un grand nombre de personnes, précisément pour cause de religion, et réfute les hérétiques qui ont lait tous les ell'orts possibles [lOiu' déchirer la mémoii'e de ("OS témoins de la loi. 11 n'est pas surjireiiaut qu'ils aient été condamnés comuie criminels de lèse-majesté : le cuiiseil du roi regaido le souverani com ue dnf de la leligion, et ceux qui lui refusaient cette (jualilé comme criminels du lèse-majeste. Ou a eucore de Chai ■

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loner uji grand nombre d'ouvrages fort goûtés des catholi(}ues anglais : Les fondements de la doctrine cathoUque ; Histoire abrégée des commencements et des progrès de la religion protestante; La Pierre de touche dn protestantisme; Le jeune homme instruit sur les fondements de la religion chrétienne ; L'autorité infaillible de l'Eglise dans les matières de doctrine, fondée sur les promesses de Jésus-Christ, et prouvée par les ouwages même des protestants ; Essai sur l'esprit des prédicateurs dissidents ; Le chrétien catholique instruit dans les sacrements; Les fondements de l'ancienne religion ; Britania sancta, 2 vol. in-i% contenant les vies des saints les^ plus célèbres des deui royaumes; La Cité de Dieu du Noureau Testament; Précaution contre les méthodistes , etc.

CHALMERS , Giillavme), en latin Camerarius, d'une famille noble d'Ecosse, natif d'Aberdecn, tît ses études à Rome chez les jésuites, dont la société le reçut dans son sein. Il professa la philosophie à Chaloiis- STiP-Marne, puis à Angers, et durant ses deux cours d'enseignement publia de ix ouvrages intitulés : Seleetœ dispiitationes philosophicœ, trois parties réunies en un voiume in-folio, 1630; Ad unirersam Aristotelis logicam introdnetio, 1632, in-8°. Le P. Ann:it et Théophile Raynaud ayant attaqué le premier de ces deux ouvrages, dans lequel il avait soutenu la prémotion physique et la science moyenne, Cbalmers leur op|iosa Antiquitatis de novitate Victoria, IGSi, in-4°, dont la modération coatïastait avec l'acrimonie de ses adversaires. Pendant qu'il professait la théologie à Smmur, il tit imprimer : SS. Augustini, Fulgentii et Anselmi monimenta nunc primum ex veteribus manuscrijitis eruta, et annotationibws illustrata, Paris, 163i, in-12.M. de Sancy, son ancien confrère, évèque de Saint-Malo, l'associa en 1633 au gouvernement do son diocèse. Cbalmers mourut à Paris en 16T8, dans un âge très-avancé. On a de lui plusieurs autres ouvrages théologiques et une Histoire ecclésiastique d'Ecosse, Paris, lCi3.

GHALOTAIS iLoiis-KENÉ deCaradelcde La), procureur général du parlement de Rennes, né dans cette ville le 6 mars 1701, fut un des premiers ma^àstrats qui se signalèrent contre les jésuites; il rendit deux fois compte en 1762, au parlement, des constitutions de cette société; ces Comptes rendus sont eu 2 vol. in-12. Us sont écrits avec une force égale à la haine qu'il avait vouée à ces religieux. « 11 n'a point gardé, dit une société de gens « de lettres non suspects clans celte matière, « de justes mesures, lorsqu'il a parlé des « hommes célèbres que la société éteinte a « produits dans presque tous les genres. » Il fut amplement réfuté par VApologie de l'institut des jésuites et les Comptes rendus des comptes rendus. 11 eut ensuite un démêlé fort vif avec le duc d'Aiguillon, gouverneur de In province de Bretagne. Chalotais fut soupçonné d'avoir des liaisons avei; les ennemis ('e l'tita! ; la liberté avec laquelle il contraria les opérations du jjouverneur, ses propos vifs et ludéceots fortilièrent les soupçons. 11 fut

mis en prison, et son procès fut fait par des commissaires nommés par le gouvernement; mais les accusations n'ayant pas été consta tées, on lui rendit la liberté. Il mourut h Rennes le 12 juillet 1785. On a de lui, outre ses Comptes rendus : Essai d'éducation nationale, 1763, in-12, dont la reli ^ion ne fait point la base , réimprimé en 1826, 1 vol. in 18 ; Exposé justificatif de sa conduite., 1767, in-4°, et différents autres mémoires relatifs à sou affaire.

CHAM, 3' fils de Noé, né vers 24i6 avant Jésus-Christ , cultiva la terre avec son père et ses frères, après le déluge. Un jour que Noé avait pris du vin avec excès, ne lui connaissant pas sans doute la propriété d'enivrer, il s'endormit dans une posture indécente. Cham le vit et avertit ses frères, pour exposer son père à leurs railleries. Noé, instruit de sonimpudence, maudit Chanaan, fils de Cham, punissant le père dans les enfants; il ne faut pas douter que Chanaan ne méritât d'ailleurs cette punition par ses crimes personnels. « Cham , dit un homme très-versé « dans l'étude des saintes lettres , avait été « béni de Dieu avant sa faute [Gen. is.); voilà « pourquoi Noé ne le maudit point person- « nellement ; mais il annonce q le cette béné- « diction divine ne s'étendra point sur ses « descendants. Se'onlestyle des livres saints, « maudire ne signiûe pas toujours souhaiter « du mal , mais en prédire ; ici les verbes « sont au futur, et non à l'optatif: il faut « donc traduire Chanaan sera maudit, et non a que Chanaan soit maudit. » Cliani eut une nombreuse postérité. On croit que l'Egypte, oii il s'établit , l'adora dans la suite sous le nom do Jupiter Ammon.

CHA.MBRE (Pierre Cureau de La), membre, comme l'avait été son père, de l'académie française, fut destiné d'abord à la médecine; mais une surdité qui lui survint le tit tourner du côté de l'Eglise. 11 mourut eu 1693, curé de Saint-Barthélémy. Ses connaissances ne se bornaient pas aux matières ecclésiastiques. 11 écrivit peu; mais il engagea plusieurs personnes timides, quoique habiles, à écrire. 11 se comparait à Socrate, qui, ne produisant rien de lui-mèm ■, aidait les autres à produire. Quonju'il aimât la poésie, il ûe fit jamais qu'un seul vers en sa vie. Boileau, à qui il le récita, s'écria en l'admirant : « Ah 1 M. le curé, que la rime en est belle 1 » On a de lui des Panégyriques et oraisons funèbres, in-i", Paris, 1688.

CHAMBRE François Ilharakt de La), docteur de la maison et société de Sorbonne, et chanoine do Saint-Benoit, né à Paris le2jan- \ier I6'.'8, mourut dans la môme ville en 1733, à 53 ans. On a de luiditférents ouvrages, qui p.'ouvent qu'il avait approfondi les matières qu'il a traitées. Les principaux sont : uu Traite de la véritable religion, Paris, 1737, 5 vol. in-i2, où le mérite du stvle se trouve réuni à la justesse ot à la solidité des raisonnements; uu Traité dî l'Eglise, 1743, 6 vol. iu-12; Traité de lu grâce, 1716, i vol. in-12; un Traité du Formulaire, en 4 vol. in-12; et plusieurs autres écrits contre le baïanisme^'

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le jansénisme et le quoinellisme ; une 7»- Iroduction à In théologie, in-12, etc.

CHAMIER (Daniel)', théologien protestant, natif de ^lonteliiuart, fut d'abor i ministre dans cette ville, puis k Mont()elli(r. Selon Varillas, il eut la principale part à la rédaction de redit de Nantes. Nommé professeur de théologie à Montauban, en 1612, il y fut tué d'un coup de canon en 1621, sur un bastion où il faisait les fonctions de prédicanl et de soldat. Il s'était souvent employé dans les atTaires de son parti, et s'occupa aussi beaucoup de controverse. On a de lui i vol. in-folio contre Bellarmin, sous le titre singulier de Pan:<tralie catholique, ou Guerre de l'Eternel, 4 vol. in-folio, (leiiève, 1610. Quoique l'ouvrage ne soit pas moins fanatique que son titre, on y trouve pourtant des clioses curieuses.

CHAMONT (saint). Voyez Chaumont.

CHAMPEAUX (Guillaume de), archidiacre de Paris dans le \ir siècle, fonda une cninmunauté de chanoines réguliers à Saint-Vieîor-lès-Paris, el y professa avec distinction. Abadard, son disciple, devint son rival, et disputa longuement et vivement avec lui. Champeaux mourut religieux de Cileaux en 1121, après avoir été pendant quelque temps évèque de Cli;;f;ns-sur-Marne. On a de lui un Traite de Vorigine de Vâme dans le Thésaurus anecdotorum de Martenne, et d'autres ouvrages manuscrits.

CHAMPIER (Symphorien), Camperius, et Campegius ^caril prit aussi ce nom), s'atlribuant, par vanité, une origine commune avec l'illustre famille de Campége ou Campeggi, de Bologne, et de (^ampisi, de Pavie, naquit à Saint-Symphorien-le-Chàtel, près de Lyon, en IV'2. Il lit ses hum.uiités à Paris, étudia la médecine à .Montpellier, exerça cet art à Lyon, et sa réputation le mit en correspondance avec les savants de son temps. 11 fut premier médecin d'.Vntoiiie , duc de Lorraine, suivit ce prince en Ital.e, Van 1509, et combattit à ses côtés. Il accompagna encore ce prince dans le même pays, en 1515, et, se trouvant à Pavie, fui aggrégé au collège de médecine de cette ville. Do retour h Lyon, il tenta, mais en vain, d'y faire établir un collège de médecine, qui ne fut fondé que longtemps après sa mort, qui arriva en 1535, ou 'l5;J9, ou IS'iO. Champier est auteur d'un grand nomlu-e d'ouvrages de médecine et d'histoire. Ses comtem|)orains le louèrent avec excès, et ses successeurs le censurèrent outre mesure. Haller, plus juste, le peint d'un trait : Non indnrtus hotno, dit-il, poli/f/rophus et collector, snutijdrhnrus tamcn. Se^ diveis ouvrages man ,uent de goilt et de critique ; cejiendant ceux d'hisioire, comme ceux de médecine, ne sont pas sans mérite. Nous citerons: un Dialogue, en latin, |)Our la des- Irucion des arts n'iagique-, L. on,in-i°, avant 15i"7; Itosa gallirii omnibus snnitatem alfcclantihus titilis el nccensaria, dont il s'est iait ipiaire éditions à Nancy, Paris et Valence ; Prailica nova in medirina, qm a eu aussi quatre éditions;! Lyon, Venise et P.'le : Mirahiliuin divinorum Itunutuoruingue libri IV,

l>yon, 151", in-i"; Symphonia Galeni ad Hippocratem, etc., Lyon. 1528 et 1531, in-8°, contre le svstème médical des Arabes, dont Champier fut un des premiers à ébranler l'iniluence ; De corponim animorumgue morhis et eorum remediis, Lyon, 1528, in-8°; Hortus gallicus, pro Gallis, in Gallia scriptus, etc., in quo Gallus in Gallia omnia œgritudinum remédia repcrire docet , nec medicaminibus egere peregrinis, quum Deus et natura de necessariis unicuique regioni provideat, Lyon, 1533, in-8" de 83 jiages; Campus Elysius Gallia: amœnitalcs refertus, in quo sunt medic.inœ compositœ, hcrbœ et plantœ virenles, in quo quidquid apiid Indos, etc., reperitur, apud Gallos reperiri passe dcmonstratur, Lyon , 1533, in-8', suivi de plusieurs opuscules, entre autres : Spéculum medici christiani de institucndo sapientiœ cuitu, ac de veris et sahotaribus animi et corporis remediis. Parmi ses productions historiques, nous indiquerons : Les grandes chroniques des princes de Siiruie et Piémont, Paris, 1516, in-folio, compilation mal écrite, mais pleine de recherches; De origine et commendutione civitatis Lugdunrnsis, Lyon, 1507, in-iolio ; Ecclesiœ Luqduncnsis hierarchia quœ est Franciœ prima suies. Lyon, 153", in-folio; La vie du chevalier Hagard, 1525, in-i", ouvrage romanesque, indigne de ce héros; Recueil des histoires d'Austrasie, etc., Lyon, 1509, in-folio; Trophœum Gallorum, quudrupliccm eorumdcm complectens historiaiii, Lyon, loOT, in-folio, où il fait la description de l'entrée triomphante de Louis XII dans (iènes; La Nef des dames, la Nef des princes, in-i"; De antiquitate domus Turnonensis, Lyon; 1527, in-folio; Geneulogia Lotharingorum principum, Lyon, 1537, in-folio ; l'auteur est un de ceux qui ont donné le plus de cours aux fables débitées sur l'origine de la maison de Lorraine. 11 avait été consul de Lvon en 1520 et 1533. CHA.MPION (Pierre^,' né à Avranches en 1631, professa leshumanités chez les jésuites, ipii l'avaient reçu dans leur société, et mourut le 28 juin 1701, laissant : Vie du Pîre Rigouleuc, Paris, lOSù, in-12 ; L\on, '*' édition, 1739; Vie du Père Lallemant, jésuite, Paris, 169V; L\on, 1735, in-12; Vie des fondateurs des maisons de retraite : M. de herlivio, le père Vincent Jluby et mademoiselle de Francheville, sous l'anagrauune Phonamic, Nantes, 1098, in-8". Champion avait commencé à taire imprnner une Vie de Palafox, évoque d'Osma : l'imjiression en a été arrêtée à la septième f'uille. Le docteur Arnaud s'est servi de ces sept feuilles dans son Histoire de Pal(ifo.r, el l'abbé Dinouart, qui eutcoinnnniicalitui du manuscrit entier, employa ces matériaux pour la Vie de Palafox qu'il i)ublia en 1767.

CHAMPION DE NILON (Charles -François), jésuite, né à Uennes le 1" février 1724, s'établit, après la dispersion de >ou ordre, à Orléans, el s'attncha h la [larnis^e de Sauil- Vincenf. Il se tint caché pendant le règne de la terreur, el miuirut dans sa retraite, à 70an^. en 179V. On a de lui : Critique po.'ithumc d'un ourragc de Voltaire Jes tommcn-

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taircs sur Corneille), 1772, in-8° de 27 pages ; Manuel de morale, Paris, 1771, in-12 ; Réflexions impartiales sur les observations critiques de Cléinent, adressées à lui-même, Orléaiis et Paris, 1772, in-12; Morceaux choisis des proph'lrs, mis en français, 1777, 2 vol. iii-12, r(^m[)rimés on 1828 avec une notice sur l'auteur; Les amusements lyriques d'un amateur, l778,in-8° de 72 pages; Catéchisme pratique, 1783, in-12, très-estiiué; Nouvelles hiatoires et paraboles, pour servir de suite à celles du P. Boiiaventure Giraudeau, 1786, in-12, plusieurs fois imprimées.

CHAMPION DE PONTALIER (FnANçois), dit te Jeune, frère puîné du précédent, né le 21 octolire 1731, à Rennes, se fit aussi jésuite, et se retira, comme l'abbé de Nilon, à Orléans, lors de la persécution suscitée contre les jésuites. Mais il retourna bientôt dans sa patrie, où il s'appli((ua aux œuvres de piété et aux travaux littéraires jusqu'à sa mort, arrivée le 10 septembre 1812, à 81 ans. On cite du P. Champion di' Pontalier : Variétés d'un philosophe provincial, par M. Ch... le Jeune, Paris, 17G9, in-12, eslimé ; Le Trésor du chrétien, dédié à madame Loiiise de France, c.;rmélite, 1778, 3 vol. in-12; nouvelle édition, 1828, 3 vol. in-12; La retraite d'après les exercices de saint Ignace, in-12; Le Théologien philosophe, 17t,G, 2 vol. in-8°; Traité du saint nom de Jésus, Orléans, 1787, in-12 , Nouvelles paraboles fondées sur des fictions, 2 vol. in-12 ; Nouvelles lectures de piété convenables à tous les états, Rennes, ISOi, 4- vol. in-12, ouvrage excellent. M. de Boulogne, dans ses Annales littéraires, parle avec é'.oge (le ces deux derniers ouvrages. On a encore de Champion un petit livre sur les enfanls de chœur, et le Portefeuille d'un jeune philosophe.

CHAMPION DE CïCÉ (Jérome-Mauie), né à Rennes en 1735, d'une famille noble, embrassa de bonne heure l'état ecclésiastique, et ayant été fait prôlre en 1761, fut appelé la même année par l'évèque d'Auxerre, son frère, pour le seconder dans l'administration de son évôché. Il fut nommé agent du clergé en 1765, et il remplit cette mission avec honneur. En 1770, il fut élevé sur le siège de Rodez, et, en 1771, nommé archevêque de Bordeaux. A l'époque de la révolution, il devint membre de l'assemblée constituante, se montra favorable aux innovations, et fut un des premiers de son ordre à se réunir aux représentants des communes. Nommé gardedes-sc aux par le roi, qui voulait s'entourer d'hommes agréables à la nation, il eut souvent à entretenir l'assemblée des troubles des provinces, de la résistance des parlements et de l'inexécution des lois. Mais les com-

{)laisances qu'il montra pour les principes de a révolution, notamment lorsqu'on sa qualité de ministre il revêtit du sceau de l'Etat le décret de l'assemblée qui érigeait en loi la trop fameuse constitution civile du clergé, r.e purent le soustraire aux accusations des jacobins, et il dut donner sa démission nu mois de novembre 1Ï90. 11 ne tarda pas à passer en Angleterre, d'où il revint, lors du

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Concordat. Il donna sa démission du siège de Bordeaux, et fut élevé, en 1802, sur celui d'Aix. A peine eut-il le temps d'établir dans son nouveau diocèse plusieurs séminaires et maisons de charité; il mourut le 22 aoiit de la même année.

CHAMPS (Etienne Agard des), né à Bourges en 1613, provinvial des jésuites de Paris, se fit aimer au dedans et consi(^érer au de'iors par sa politesse et son mérite. Le grand Condé et le prince de Conti l'honorèrent de leur estime. Ce jésuite mourut à-la Flèche en 1701, à 88 ans, après en avoir passé 71 dans sa comiiagnie, et pratiqué avec exactitude toutes les vertus de son étit. Il s'est fait principalement connaître des théologiens> par son livre De hœresi janseniana, dédié à Innocent X, en 1654. La matière de la grâce y est approfondie. On l'a réimprimé à Paris, en 1728, in-folio.

CHANAAN, l'vm des fils de Cham, donna son nom à cette portion de terre, promise à la postérité d'Abraham, appelée dans la suite Judée, et aujourd'hui Palestine ou la Terre- Sa nte. On montrait autrefois son tombeau,, long de vingt-cinq pie.ls, dans la caverne de: la montagne des Léopards, qui n'était pas loin de Jérusalem. Il faut bien se garder de croire que ce tombeau prouve la taille gigaatesque de Chanaan. On sait que les anciens ne mesuraient par les tombeaux sur la granr deur des cadavres. Voy. Cuam.

CHANDIEU (Antoine La Roche de), ministre protestant, d'une famille noble du Forez, ne vers 1531., au château de Chabot, dans le Maçonnais, se retira à Genève en 15S3, et mourut en 1591, à 5" ans. On a de lui un grand nombre d'ouvrages de controverse, 1615, in-folio, dans lescpiels il prend les noms de Sadeel et de Zamariel, qui, ew hébreu, signifient Champ de Dieu et Chant de Dieu. Ils sont ignorés jiour la plupart. L'auteur était [leu versé (ians l'antiquité ecclésiastique.

CHANDLER (Samuel), né à Hungerford en 1C93, ministre non conformiste, consacra son loisir à des ouvrages ut les, et h quelques-uns qui tiennent au fanatisme de secte. 11 mourut le 8 mai 1766. On a de lui des Discours contre A. Collins, sur la nature des miracles et les preuves de la religion chré^ tienne, 1725, in-S" ; Réflexions sur ta conduite des déistes modernes, 1727, in-8"; Preuves de la résurrection de Jésus-Christ, ilkk, in-8°; Marmora Oxoniensia, Oxîovd, 1763, in-folio: belle édition enrichie d'une préface oii se trouvent les détails liistoriques qui concernent ces marbres précieux; Traduction, ea anglais, de l'Histoire de l'inquisition, i}av Limborch, 1731, 2 vol. in-i", qui ne lait gutre honneur à sa jihilosojihie ; Histoire des persécutions, 1736, in-8": il Saut se souvenir que c'est un protestant qui écrit, et qui emploie quelquefois le mot persécution dans un sens renversé.

CH.VNivL (le Père), missionnaire de la société de Marie, né en 1802, à Montrevel, aujounrhui dans le dépailement du Jura, termina son apostolat par le martyre, le 28 mai

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18il, lorsqu'il venait d'être uomtné .préfet a]5oslolique de t'Océanie. K s'étaît élabli à l'île de Futiiïia, et avait converti au cliristianisme ïe fils du roi ou chef de l'une des tribus. Le roi vint dans le village qu'habitait son fils, pour le ramener au culte de ses fausses divinités. Furieux de voir ses efforts iuutiies, il résolut la perte du missiounaire. Le lendemain un des naturels vint prier le P. Chanel de panser une blessure, et le missionnaire s'avançait sans défiauce pour le soulager, lorsqu'il lui fut porté un coup de casse-tête sur le front. Sa cabane était entourée par des naturels armés qui s'y précipitèrent. 11 fut renversé, percé à l'épaule d'un coup de baïonnette, et eut enûii le cnhie brisé. La cabane fut ensuite pillée par les meurtriers. — Le P. Chanel avait pour compagnons de ses travaux le P. Nizier et un Anglais, qui heureusement étaient allés visiter un malade dans une autre partie de l'île; «ar c'est par l'exercice de la médecine, pnr la pratique des arts utiles, que ces courageux missionnaires travaillent à porter chez b's sauvages la civilisation chrétienne. La tribu dans laquelle ils se trouvaient les protégea jusqu'à l'arrivée d'un navire qui les conduisit à l'ile Wallis, autre île du même archipel, où la prédication de l'Evangile avait obtenu beaucoup de succès.

CHANTAL (sainte Jeanne-Françoise Fré- »ïOT de), naquit à Dijon en 1572. Son père, président à mortier, avait refusé la charge de premier président quR Henri IV lui avait offerte. La jeune Fréraiot fut mariée à Christophe de Rabutin, baron de Chantai, l'aîné de cet:te maison. Sa vie, dans le mariage, fut «n modèle achevé. La prière succédait à la lecture, et le travail à la prière. Sa piété ne se démentit point, lorsqu'elle eut perdu son mari, tué pur malheur à la chasse. Quoiqu'elle n'eût alors que 28 ans, elle fit vœu de ■De])oint se remarier, et vécut depuis comme une femme qui n'était plus dans le monde que pour Dieu et ses enfants. Leur éducation, le soin des pauvres et des malailes devinrent ses uniques occupations et ses seuls divertissements. Ayant connu saint François <le Sales en IGO'i-,"^ elle se mit entièrement sous sa conduite. « C'était, d t un historien, « la coopératrice que le Ciel lui avait Vrépa- « rée. Après avoir été d'abord l'exemple des M jeunes personnes de son suxe^ par sa piété, « par sa modestie, par l'innocence et la dou- « ceur do ses mœurs; des fcuiunes mariées, « par la régularité de sa conduite, par le « sage gouvernement de sa maison, par tuu- « tes les qualités qui rendent une femme « également chère et respectaMe à son époux, « Françoise retraçait à Dij(UJ une image ti- « dèlo de cette veuve méinor.ible, a\itrefois « canonisée de son vivant ii Uétludie par la « voix publique. » Le saint évèque ne tarda

Jias de lui coiunnuiiiiuer son projet pour l'éablissement de l'ordre de la \ isilatmn. Kile entra dans ses vues, et en ]< Uj les premiers fondements à Anneci l'an 1(110. Le reste de sa vie fut emploi é à l'ouih;! de non\eaux mouustères, et h les édilier par ses vertus cl

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t>a.r son zèle. Lorsqu'elle mourut k Moulins, en 16'il, on en comptait 87. Il y en eut h la fin du siècle 150. et environ (>,(;00 religieuses. Dans l'instant même qu'elle. expira, elle fut canonisée par la voix de ses tilles el par celle du peu|)le. Le ]>a|H3 Benoît XIV a corïliriué ce jugement, en la béatifiant en 17.St, et<]lément XIII en la canonisant en 17G7.()n (Hiblia ses Lettres en 16G0, h.-'*". Marsollier a publié sa Vie, 2 vol. in-12, Paris, 1779.

CHANTELmiP (dom Clai de) , en latin Cantahipu.i , bénédictin de la cnnsrrégation de Saint-Maur, m'ï à Vion, près de Sablé, en Anjou, l'an 1017, prit d'aUord l'Ii.ibit des religieux de Fontewault, maisleqnitta bientôt pour embrasser l'onlre de Saint-Hinoît. Il fit profession h Sdnt-Louis de T. ulouse, le 7 février 16*10, à l'âge de 23 ans. Le Père Mabilion parle de lui comme d'un savant reconimanlable pour l'étendue de ses connaissances. H était très-versé dans l'histoire, et lié avec tous les gens de lettres de Paris. Le père Chanteloup mourut le 28 novembre 166't. On connaît de lui : une édition des Sermons de saint Bernard, précédés do sa Vie, par Alain, évêqu-e d'Auxerre, et suivis de la Vie de saint Malichie, composée par saint Bernard, Paris, U)()2, ïn-'t-'';VHi>!loire de l'abbaye de Mont-Majour, et celle de Saint-André d'Avignon, en manuscrits conservés, le premier dans l'abbaye de ce nom, et le second dans les archives de Saint-Ccrmaindes-Prés. Chantelouji eut beaucoui' de part à la Bibliothèque ascétique et au Spirilége, publiés par dom d'Achéry. Il avait fut imprinier à Paris, le Bréviaire des bénédictins, et commencé l'Histoire des abbayes de Marmontiers et de St.-Florent. Cette dernière a été achevée par dom Jean Guignes.

CHANUT (Martlvl), était lils de Pierre Clianut qui fut d'abord ambassadeur de Fiance au|irès de la reine Christine en Suède, puis en Hollande. Martial fut abbé d'Issoire, aumônier d'Anne d'Autriche, visiteur-général des ('armélites pendant plus do trente ans, et mourut le 13 novembre 1095, laissant des traductions de plusieurs ouvrages religieux , entre autres : Seconde apoloyie de Justin pour les chrétiens, trad. du grec, Paris, 1070, in-12, sous le nom de Pierre h'ondet, réim|)r. sous son noiu en IGA6;\(' Catéchisme du concile de Trente, Paris, 1073, iu-12; Vie de sainte Hier 'se, écrite par elle-même, trad. de l'espagnol, Paris, 1091, in-8". Ses traductions sont fidèles, mais le style est languissant.

<;HAPEAirVIl.LK (Jean), né à Liège eu 1551 , fui e\aminntour synodal err 15"S, crrré de Saint-Michel, puis chanoine de la collégiale de Sauit-Pierie ; ini[uisileur de la foi en15S2; charmine di- la calhédi'ale, grandpénitoïK-ier en 15H7; et, l'ai. née d'aprè.s , grand vicaiio; arcliidiacre eu la-S'O, et cniio prévôt d<' Saint-Pierre. Il >e dévoua, él r l curé, au service lies pestiférés , non-seulement de sa paroisse, mais encore des poslifi'iés abandonnés dans les auties paroisses. C'est en grande partie h ses soins (jue l'on doii l'érection du séminaire épiscopal de

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Liège. Il mourut usé de travaux l'an 1617, ayant consacré sans relâche près de quarante ans de sa vie au service de ce vaste diocèse. On a de lui (en latin) : Des Cas réserves, Liège, 1614, in-8°; Explication du catéchisme romain, 1C03 ; De V administration des sacrements en temps de peste. Louvain, 1637 ; Vita sancti Perpctni, 1601 ; Gesta pontificum Leodieiisiiun. '161-2-16I6, 3 vol. in-V"; c'est une collection d'historiens originaux de Liège, avec des notes critiiines, ouvrage estimé des savants ; De la première et véritable origine delà fête du corps de Jésus-Christ, eîc.

CHAPELAIN (Charles-Je\>-Baptlste Le), né à Rouen le 15 août 1710, fils d'un des plus éloquents proeurimrs généraux qu'ait eus le parlement deNormande, entra à l'âge de 16 ans dans la société des jésuites. Après avoir fait ses premières études, et professé d'une manière distinguée nu collège de Louisle-Grand à Paris, il suivit la carrière de la prédication.Sondèbutdansla capitale annonçant le talent le plus marqué, il ne tarda pas k èV.e nonnné pour prcclier à la cour, dont, par une distinction pnrticulière , il occupa la chaire pendant un avent et un carême de suite. Les succès soutenus qu'il oljtint pendant plusieurs années à Paris, à Lunéville, et dans les provinces méridionales de France, avaient tellement étendu sa réputation que, lors de la catastrophe de la société , l'impératricereine Marie-Thérèse le lit inviter à venir prêcher à sa cour. Empressé de se rendre au désir de cette auguste princesse , il partit d'Avignon, lieu de sa retraiie, et prêcha pendant un avent et un carême à Vienne avec un éclat qui honora l'éloquence française. L'activité de son zèle et sa trop grande apyilication lui causèient une raal'dicqui l'obligea de suspendre ses travaux. Il se retira dans les Pays-Bas autrichiens, oii il vécut quelques années d'une pension considérable que la générosité de rim))èratrice-reine lui avait assignée. Attiré à Malines par le cardinal-archevèi|ue, il ne s'y occupait que des grandes vérités qu'il avait prêehèes pendant plus de trente années, lorsque, le 26 du mois de décembre 1779, il tomba mort au moment où il entrait dans la métropole, pour y célébrer la messe. Ses Serinons out été inqirimés à Paris en 1767, en 6 vfll. in-12, réimpr. en 1772, et traduits en allemand la môme année, Augsbourg, 6 vol. in-8°.

CHAPELL (CkjiLLACME), né à Lexington, dans le comté de Nottingham, successivement évèque de Cork, Gloyne et Ross eu Irlande. Il était si modéré, qu'on l'appelait jiapiste. Pour se soustraire aux persécutions des fougueux protestants, il fut obligé d'abandonner l'Irlande et de se retirer à Derby, où il moumt en 1649. On lui doit : Usage de récriture suinte, 1653, in-8", en anglais; Mettiodns concionandi, 1648, in-S".

CHAPELLE (Armand de La), pasteur de l'église française à La Haye, moi t dans un âge avancé en 17't6, s'est fait ccnmaître dans la république des lettr s par des ouvrages périodiques, historiques, polémiques. Tels sont : Bibliothèque anglaise , 1716-17:27 , 15

voI.in-12, qui n'a pas joui d'une grande célébrité ; Bibliothèque raisonnée des ouvrages des saî)a«<s, juillet 1728 à juin 1735, 14 vol. in-8°: ce dernier journal littéraire a été continué depuis ; Mémoires de Pologne, Amsterdam, 1739, in-12: ils contiennent ce qui s'est passé de plus remarquable dans ce royaume depuis la mort du roi Auguste H, en 1733, jusqu'en 1737 ; La religion chrétienne démontrée par la résurrection de N.-S. Jésus-Christ, traduit de l'anglais de H. Ditton, Amsterdam, 1728, 2 vol. in-8° ; Paris, 1729, in-4° ; Nécessité du culte public, 1746, in-8% Francfort, 1747. 11 y prétend justiOer les assemblées des calvinistes du Languedoc et autres provinces méridionales de la France, en réponse à une lettre qui avait été publiée h Roterdam en 1745, où il était démontré que les calvinistes n'avaient pas ce droit ; que ces assemblées étaient défendues par les lois constitutionnelles du royaume; qu'elle^ ne tendaient qu'à en troubler le repos. Voy. Lejoux.

CHAPELLE (l'abbé Louis), professeur de philosophie, et ensuite directeur de l'hôpital de la Sal|iétrière , né en 1733 à Arinthod (Jura), mort à Paris le lOfévrier 1789, s'était fait estimer par ses lumières, son zèle, une activité qui ne souffrait nulle interruption de travail, et ses connaissances littéraires et philosophiques, qui étaient très-étendues. C'est lui c[ui est l'auteur de la vigoureuse iléfense de V Histoire des temps fabuleux contre M. de Guignes, M. Anquetil et l'abbé du Voisin, qu'il publia sous ce titre : Histoire véritable des temps fabuleux confirmée par les critiques qu'on en a faites, Liège et Paris, 1779, in-8% chef-d'œuvre d'érudition et de critique, où il a su habilement fondre toute la substance de l'ouvrage dont il faisait l'apologie, et ijui peut en quelque sorte le remjilacer. Voy.le Journ.hist. et lilt. du 15 août 1780, page 601, 13 avril 1786, page 575. Voy.GvÉ- HiN Dij Rocher.

CHAPELLE (l'abbé de La), né vers 1757, au château de Pommiers en Beaujolais, d'une famille originaire du Périgord , fut nommé grand-vicaire par M. de Montazet, archevêque de Lyon, et il conserva cette dignité durant la vie de ce prélat. Lors de la révolution, l'abbé de La Chapelle se rendit en Italie^ avec la famille de Juliénu. Rentré dans sa pa- ' trie en 1806, il alla habiter un petit village du Beaujolais, où il se rendit utile dans l'exercice du ministère. Sa modestie lui fil plusieurs fois refuser l'épiscopat. En 1819, il fut nommé aumônier du quartier du roi , et en 1824, lors de la formation du ministère des affaires ecclésiastiques, directeur sous M. Frayssynous. L'abbe de La Chapelle devint depuis conse lier d'Etat, et fut commissaire du roi pour la présentation des budgets du clergé. On lui a reproché de n'avoir pas assez énergiquement défendu les intérêts de la religion dans les discussions du conseil d'Etat, et de mettre de la lenteur dans les affaires. Lorsque les évoques réclamèrent, dans un mémoire célèbre, contre les |)rescri|itionsde.s ordonnances du 16 juin 1828, ils reçurent, sous la date du 9 août, une circulaire sortie

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des bureaux du ministère des affaires ecclésiastiques, et signée par l'abbé de La Chapelle. Le ton et Tesprit qui régnaient dans cette pièce excitèrent des plaintes, et une seconde circulaire fut loin de faire cesser ce mécontentement. Le changement de ministère du 8 aortt 18.30 lui (Ma sa [ilace ; mais il conserva le titre de conseiller d'Etat. Depuis la révoluliim de 1830, il s'était retiré dans sa famille. Il mourut lé 20 décembre iS'V*.

CHAPMAN (.îean), écrivain anglais, né à Slraltleld-Say, en 170'i., pas^a par divers emplois ecclésiastiques ; il devint archidiacre de Sndbury,et trésorier^ Chichester, et mourut 14. octobre 1784. On a de lui : Examen des objections cran écrivain anonyme contre le livre de Daniel, Cambridge, 1728, in-8°. Cet anonyme était Collins ; l'auteur, en le réfutant, a montré beaiicoiij) de vigueur et d'érudition ; Remarques sur la lettre du docteur Middleton au docteur Waterhmd, 17.31, où Chapman prend la défense de Watr^rland ; Dissertation (en latin) sur les Académiques de Cicéron , adressée au docteur Tunstaîi et imprimée à la suite de la lettre de ce dernier à Middleton sur l'aiithenticité de qiielques épîtres de Cicéron ; Lettre sur les anciens caractères numéraux des légions romaines, placée en guise d'anpcndice c> la suite des observations de TnnstaU sur les lettres de Cicéron à Brutus et de Brutus à Cicéron, 1744 ; deux Traités sur Phléqon : il y lépond au docteur Sykes, qui prétendait que l'éclipsé de soleil meulioniiée par cet écrivain n'est pas celle qui coïncida, suivant les livres saints, avec la mort du Sauveur ; cinq Serions; une bonne édition tïEusèhe, 2 vol. in-8°, 1730 et 174-1. Chapman y défend le christianisme contre les alta(|ue3 de Tindail et de Morgan.

CHAPPELOW (Léonard), orientaliste anglais, né en 1G83, devint en 1717 membre du colléj;e Saint-Je^m di; Cambridge , lors de l'exclusion de ïomkinson comme non-conformiste, et en 1720, successeur du savant Simon Ockley dans la chaire de langue arabe. 11 mourut le 14 juin 17G8, laissant : uiieéditinn de l'ouvrage de Spencer, intitulé : De legibus Ilebrworum ritualibus , Cambridge, l'727, 2 vol. in-fol., avec de nombreuses additions et rei tiflcations (jueSjencer lui-même avait laissées à son légataire ; Elementa linguœarabicœ, Cambridge , 1730, tirés surtout d Erpénius ; Commentaire sur le livre de Job, Cambridge, 1752, 2 vol. in-4°, avec le texte hébreu et la traduction en anglais; Traduction en vers anf/lais du Voyageur, poëme arabe d'Abou-l^mall Tograi ; une réimpression des Six assemblées, [)ubliées en arabe et en latin par Schullens, 1707, in-8".

CHAPPONEL D ANTESCOURT (Rmmonu), chanoine régulier de Sainte-Geneviève, et lirieur de Saint-Eloy do Boissy , mort en 1700, a publié : VHistoire des chanoines réguliers, ou Itrcherclies historiques et critiques sur l'ordre canonique, .Ww'n^, KJO!), in-4", ou in-12 Charles-Louis Hugo, iTémontré , lit iiiiprimer, l'année suivaiite, îi Luxi uibonig, une critique île cette liislijire; Traité de l'usage de célébrer le service divin dans l'église,

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en langue non vulgaire, et de Vesprit dans lequel il faut lire VÈcriture sainte, Paris. 1087, in-12 ;£'a;ame;i des voies intérieures, 1700, in- 12, ouvrage composé pour montrer le danger des illusions des quiétistes.

CHAPÏ ou CHAT DE RASÏIGNAC (Ay- MERi), était issu d"une illustre et ancienne maison du Périgord qid fait remonter son origine aux anciens sires de Chabanois, connus dans nos histoires dès la tin du xi' siècle. 11 fut d'al)ord trésorier do l'Eglise romaine, évoque de Volterre et gouverneur de Bologne, ensuite transféré h l'archevêché de la môme ville en 1361. Il obtint en 1365, de l'empereur Chailes IV', la confirmation des ]iriviléges de son église, et le titre de prince de l'empire. 11 y lit fleurir l'université, dont il était chancelier. Il fut transféré de nouveau en 1371 à-l'évèché de Limoges, et nommé gouverneur de tonte la vicomte de Linidges. Il mourut la veille de Saint-Martin, l'an 1390. Ce prélat, également recommandable par les qualités qui font le citoyen, parles vertus d'un évêquc, cl |!a.- le caractère libéral d'un prince, fut pleuré comme un père. Protecteur des savants et Sivant lui-même, il répandit ses bienfaits sur les gens de lettres.

CHAPT DE RASTICNAC (Lolis-Jacques de), de la même fimille que le précédent, naquit dans le Périgord en 1684. Après avoir brillé en Sorbonne, où il prit L' bonnet de docteur, il alla à Lucon en qualité de grandvie dre, et fut nommé à une des pr.nnères places du chapitre de la cathédrale. Son mérite Ini procura l'évêché de Tulle en 1721. Il fut député en 1723 à l'assemblée du clergé, et y parut avec tant d'éclat que deux mois après il fut transféré à l'archevêché de Tours. En 1730 et 17 J3, il prés da, eii qualité de commissaire du roi, au chapitre général de la congrégation de Saint-Maur, tenu à Marmoutiers. Les talents avec lesquels il brilla dans les assemblées du clergé de 1726, 1734- tt 1743, le tirent choisir pour chef de celles tenues en 1747 et 1748. Les procès-verbaux de ces dillorentes sessions sont ùcs monuments de son savoir et de son éloquence. Cet illustre prélat mourut en 1750, ?i 66 ans, commandeur de l'ordre du Saipt- Esprit. 11 avait le don de connaître les hommes et de les employer, et savait faire aimer et respecter l'autorité. Né gi'néreux et bienfaisant, il n'usait de son crédit que pour faire du bien. On l'a vu, dans les temps des inondations de la Loire, fournir la nourriture et des logements à tous les pauvres habitants des campagnes voisines de Tours, avec leurs troupeaux, et à tout le menu j)eul)le de la ville. Il se plaisait à cultiver à ses irais les talents des jeunes ecclésiastiques, h ins|)irer à son clergé le goût des sciences. Esprit juste et conciliant, il se servait do ses hnnières pour terminer les ditl'érends et ] révenir les dissensions. Des nueurs douces, un (omuH'rce si^r, un (;œur né pour l'auiiliô, lui avaient attaché les ])lus illustres amis. On a de lui : des harangues, des discours et autres pièces, qui se trouvent dans les procès-verbaux du clergé ; des lettres, des mnn-»

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dcmcnts et des instructions pastorales, où il défend avec zèle la doctrine de l'Eglise et l'autorité de la bulle Uni^enitus ; une Instruction pastorale sur la justice chrétienne, par rapport aux sacrements de pe'nitence et d'rurliarislie, 17i9. où l'on a cru voir des chnsi's hasardées. Il est certain qu'elles pourraient être dites avec plus d'exactitude théo- Jogique , et d'une manière plus clairement opposée à des asseitions condamnées. Il paraît que le prélat a lui-mèiue senti ce défaut, puisque dans une Lettre à j}f. l'ancien évéque de Mirepoix. il a cru devoir s'exirimer très-nettement sur les objets sur lesquels on l'accusait d'avoir cliangé de sentiment.

CHAPT DE RASÏIGNAC Armanp-Anne- Auglste-Antoixe-Sicaire de!, neveu du précédent, naquit en 1726 au ciiAteau de Laxion dans le Périgord, et après s'être fait recevoir docteur en Sirbonne, devint grandvicaire d'Arles et abbé de S.diit-Mesmin. Il lut envoyé aux états-généraux par l'assem- Ijlée du clergé d'Orléans. Il siégea aussi à l'assemblée constituante, et dans la séance du 12 octobre 1789, il demanda avec plusieurs autres membres que la discussion concernant les biens du clergé fût ajournée. L'abbé de Uastignac n'échappa pas à la fureur révolutionnaire. Enfermé au mois d'août 1792, à l'Abbaye, il y périt victime des mass.icres du 2 septembre suivant, ài^é de 06 ans. Ou a de lui: Questions sur la propriété des biens-fonds ecclésiastiques en France, 1789, in-8'' ; Accord delà révélation et de la raison contre le divorce, 1790, in-8°, av; c cette épigraphe tirée de Hincraar : « 11 faut que les lois publicfues « soient chrétiennes dans un royaume chré- " tien, » i/uvrage estimé par les théologiens ; une Traduction de la Lettre SynoJale du patriarche Nicolas à l'empereur Alexis Comnène, sur l'érection des métropoles, avec de savantes noti's, 1790, iii-8°.

CHAPTAKD ou CHATAUD (Jean), chanoine de Saint-Martin et prieur de Tauxigny, né à Tours en 1567, était tiès-savant dans l'histoire ecclésiastique et très-versé dans la lecture des Pèr.-s grecs et latins. Il n'est cependant connu que [lar un Eloge de Jacques de Billij , abbé de Saint- .Micliel en l'Herra, et son prédécesseur dans le i rieuré de Tauxi.y;ny. Il a pour titre : Eloqium Jacobi Billii Prunœi abbatis S. 3Iicliaelis in Eremo, Parisiis, 15^2, in 4°. Jacques de Uilly, ayant laissé imparfait, en mourant, son travail sur les œuvres de saint Grégoire de Nazianze, Chajitard et Génébrard y mirent la dernière main, et en publièrent, en 1583, une seconde édition bien pi is complète, réimprimée en 1609 et J611, 2 vol. in-ibl. Chaptard mourut à Tours le 2i janvier 16i9.

CHARDENIUS. Voq. Ghi.ad>y.

CHARDON DE LUGNY (Zacharie), protestant converti par Uossuet, fut élevé au ministère ecclésiastique dans le séminaire de Saint-Sulpice el dé|)ulé du roi et du clergé de France pour les conlrovLMses. 11 travailla avec un grand zèle h la couversiou des pi'Oteslants, et mourut le 23 juin 1733, -"igé de 90 ans. On a de lui : Traité de la religion

chrétienne, Paris, 1697, 2 vol ia-i2; Recueil des falsifications que les ministres protestants ont faites dans rÈcriture-Snintc, en leur dernière traduction de la Bible, Paris, 1707, in-12; Nouvelle méthode pour réfuter l'éta^ blissement des églises prétendues réformées et de leurs religions, Paris, 1731, in-12.

CHARENCY (Guillalme), chanoine de Saint-Sauveur de Crest en Dauphiné, sa patrie, comjiosa un ouvrage qui est devenu fort rare, et qui est intitulé : Clef du sens littéral et moral de quelques psaumes de David. Il vivait d.ins le xvii* siècle.

GHARENTON ( Joseph-Nicolas ) , jésuite , né à Blois eu 16i9 , mort à Paris en 1735, âgé de 86 ans. On a de lui : Entretiens de l'âme dévote sur les principales tnaximes de la vie intérieure, traduction de Thomas à Rompis , Paris, 1709, in-12 ; VHistoire générale d'Espagne, du Père Mariana, jésuite, traduite en français, augmentée du sommaire du même auteur et des fastes jusqu'à nos jours; avec des notes historiques, géographiques et critiques, des médailles et des cartes géographiques. Pari;-, 1725, 5 tomes eu 6 vol. in-V. C'est par ordre de Philippe V, roi d'Espagne, qu'il entreprit cette traduction ; il la dédia à ce prince. Sa préface est curieuse et l'ouvragi' estimable.

CHAUL.\S I Antoine), prêtre de Couserans, mourut dans un âge avancé en 1698, à Rouie , où il s'était fixé quelques années avant sa mort. On a de lui : Tractatus de libertatibus Ecclesiœ Gallicanœ, in-i". Le but de l'auteur n'était d'abord que d'attaquer dilféients abus introduits par les jurisconsultes et les magistrats français, sous prétexte de conserver leslibertésde leur église. .Mais un de ses protecteurs à la cour de Rome l'engagea k étendre la matière et à traiter des droits du pape, qu'il croyait violés dans les articles du clergé de France en 1682. La dernière édition, eu 1720. Rome, 3 vdl. in-i", est bien plus ample que laqireluière. C'est un ouvrage savant et écrit avec ])urelé. De primat ii summi pontificis, m-k"; De la puissance de l'Eglise, contre le jésuite Maimbouîg ; Causa regaliœ , contre Noël Alexandre, Liège, 1685, in-V'. Le savoir, la modestie, la piété, distinguaient l'abbé Charlas. Quoiqu'il ait dirig- pendant quelque temps le séiuiuaire de Païuiers sous M. Cau- Ict, il avait un caractère et des principes plus décid(''s que ce prélat.

CHARLFMA(iNE ou CH.\RLES I", fils de Pépin, mi de F ance , naquit, selon la plus commune opinion, à Saltzbourg, cliAteau de la Haute-iJavière, vers l'an 7ji-2, quoique ipiel ques-uns le disent né à Jupille, près de Liège, et d'autres, mais sans fondement, à In^elheim. Ajirès la mort de son père, il eut la Neustrie, la Bour^'Ogne et l'Aquitaine, et, a|)rès celle de Carloman, son frère, en '771, il fut reconnu roi de toute la monarchie fianraise. Ses premiers exidoits fureu; contre Hun due , duc d'Aquitaine , qui , s'étant fuit moine, quitta son monastère pour se uu'tire à la tèle de quelques lrou|>esqui s'étaient révoltées. 11 fut vaincu et fait prisoq •

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nier. Charlfltoagne résolut ensuite de mettre ses sujets de delà le Rhin à couvert des insultes des Saxons , peuples barbares et féroces, qui depuis longtemps faisaient des courses dans la France germanique, y portaient le fer et le feu et en enlevaient les liabitaiits, qu'ils rétiuisaient en esclavage. Il marcha contre eux, lesdétit et prit leur meilleure place, qni était Ereshourg, château situé vers Paderborn, en lit passer la garnison au fil de Fépée, rasa le temple de la fameuse idole Irminsul, et ^>ardonna au reste de la nation. Tandis qu'il tâchait de mettre un frein à la licence des Saxons, l'Italie implorait son secours. Didier, roi des Lombards, dévastait l'exarchat de llavenne et les Etats de l'Eglise. Charles marche contre lui , le fait l'risonnifT dans Pavie, et joint au titre de roi des Franc is celui de roi des Lombards. Le conquérant confirme la donation faite au pa|>e de l'exarchat. A peine le vainqueur des Saxons fut-il éloigné, que ces peuples reprirent les armes et recommencèrent leurs rava.;es. Charles accourt , les bat et leur [virdi nne encore. Il passe ensuite en Espagne pour rétablir Ibin-Algrabi dans Saragosse. Il assiège Pampelune , se rend maître du comt • de Barcelone; mais son arrière-garde est défaite à Roncevaux par les Arabes et les Gascons, et il perd dans cette journée Roland, son neven supposé, si célèbre dans les anciens romans. Les Saxons, toujours inquiets et prompts à violer leurs engagements, avaient encore protité de l'absence de Charles pour renouveler leurs déprédations, et avaient mis tout à feu et à .sang, sans distinction d'âge ni de sexe, depuis Deutz, vis-à-vis de Cologne, jusipi'à Colilentz. Cliarlcsles délit de nouveau, et les Saxons demandèrent encore |)ardûn. 11 le leur accorda et leur laissa des ecclésiastiques pour les instruire dans la religion chrétienne , persuadé que c'était le moyen le plus efficace pour adoucir la férocité de cette nation. Witilvind, qui avait beaucoup d'iniluence sur ce peuple, les entraîna encore dans une révolte, et c'était la septièiu!' dont ils se rendaient coupables. Alors C! arles, voyant qu'il ne gagnait vim par la douceur, résolut de sévir, ne croyant |)ouvoir assurer le repos de ses peuples que ])ar ce moyen. 11 lit trancher la tète à quatre mille cinq cents de ceux qui, contre la foi des serments, avaient été trouvés sous les armes. 11 témoigna ensuite aux Saxons qui; ce n'était qu'à regret qu'il répandait leiu- sang, qu'il- ne voulait pas détruire leur nation, qu'il leur accorderait volontiers la paiv si leuis chefs , (pu s'étaient retirés, voulaii.v t venu- trader avec lui. Il leur donna ménu' des ù'ages tour lu sih'uté de leurs persoimes ; il les regut avec bonté , les disposa [wir sa douceur au christianisme, eut la meilleure part à la conversion du fameux Witikind, établit , avrc le secours du saint-siége, onze évoques dans le .r pays, les laissa vivre selon leurs loi'^, et leur lit goiiter les douceurs de la paix. (]'est aveu raison aue le célèbre Marquar I Fre'ierl'apl'ello MuUarum ferocissimarumgmlium non

kim domitorem cjnam emoh'torcm et institutorem. « 11 ne voulut cette fois, dit La Bruère, « faire grâce aux Saxons qu'à condition qu'ils « deviendraient chrétiens. Cette conduite, « di;gne d'un prince religieux, n'était pas moins « digne d'un prince éclairé. Les Saxons , « peuples sauvages et féroces, ne connais- « saient encore que les vices de la nature, « et ne cultivaient point les vertus de laso- « ciété. Leur culte , aussi grossier que « leurs mœurs, s'adressait à des idoles qu'ils >< arrosaient de sang humain , siipei-stilion « cruelle qui naissait de leur caractère fa- « rouche et le fortitiait. On ne pouvait les « soumettre qu'en adoucissant leurs mœurs; « et c'était à la religion seule qu'il apparte- « nait de plier ces esprits inflexibles. Le chan- « gcinent arrivé dans les mœurs depuis la « publication de l'Evangile g-arantissait le « succès de l'entreprise. En etfeî , sur quelce que peuple chrétien que l'on jette les « yeux, on verra que la loi de Jésus-Christ « l'a rendu moins cruel. » Mais c'est là précisément ce qui indispose si fort les philoso|ihes modernes. Si Charlemague n'avait fa:t usage de ses forces que pour détraire la religion chrétienne partout où s'étendait sa puissance, il n'est point d'éloges qu'il ne reçiil de leur part ; mais parce que ce prince ne faisait cas de son autorité et de ses conquêtes qu'autant qn'elles contribuaient à établir le règne du cliristianisme sur les ruines de l'idolâtrie, il n'est point surprenant qu'il soit un des objets les plus directs dos injures de la secte anti-chrétienne, comme des calomnies les plus abominables et les plus avérées. C'est ainsi que Voltaire n'a point rougi de lui attribuer l'institution de la cour weimiqitc, autrement dit tribunal secret de Wcstphalic, tandis que tous les histoiiens, depuis le vui°jus::;ue vers le milieu du xiv" siècle, gardent le [dus profond silence sur l'origine et l'établissement de cette juridiction, tandis que ceux qui ont traité de l'histoire de Saxe des x% w' et xH" siècles, n'en disent pas un mot, et qu'on ne trouve pas d-.ns leurs vastes histoires la moindre trace d'une cour de justice de celte nature. \Yoy. Mâx!MiUENl".)<iCeno « fut, ditRigolet de Juvigny, qu'a]irès avoir « reconnu i'insuflisance dès moyens qu'il « avait emidoyés d'abord [lour contenir dans « h' devoir les Saxons, très-indociles au joug, « que ("liarleraagne publia, en 789, le tii- « ni('ux capilulaire(/rpnr;//>i/s Saxoniœ, rap- « j)orté parBaluze, par lequel il prononce la « peine de mort contre ceux qui apostasie- « raient ou qui se rendraient coupables do « quelque crime ou délit cunlre la religion, « la paix puliliqi:e cl la liddilc duc au sou- « verain. Qu'on examine toutes les luis con- « tenues dans ce capilulairc, entre autres, « celles dont Voltaire abuse pour flétrir la « mémoire île Charlemagne , et (pi'on juge « d'après les UKcur.s du vin' siècle, et les « événements qui oi.t dicté celle législation « rigoureuse, si ces lois ont heu de cruel ol « de tyrannique? Qu'aui'aienl-ils l'ail en pa- « reil cas, ces philoso|ihes si anns do l'hu u inanité, si enueiuis des rois, si tolérants,

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« criant Ji tous les habitants de l'univers: n Vous êtes libres ! qui ne daignent pas se « placer ni dans le siècle, ni se transporter « dans le i^ays dont ils prétendent écrire « riiisloire; qui jugent des mœurs et des « usages des anciens peuples sur les nôtres, « des vues des plus grands princes du moyen « âge, d'après les systèmes de politique « qu'ils se forment eux-mêmes; qui sui'po- « sent des causes pour apprécier des effets « A peine connus; dont l'imagination entin « fait les frais des tableaux, chimériques « qu'ils mettent sous nos yeux, et sur les- « quels ils s'<'jmisont ou faux raisonnemi'uîs « et en réflexions inutiles? Ouauraient-ils « fait, ces pédagouies ennuy( ux du genre « humain, s'il eût été possiLle que l'un d'eux « se fût trouvé à la place de Charlemagne? « Heureusement ils n'existaient pas. » Charles, maître de l'Allemagne, de la France et de l'Italie, marche à Uume en triomphe , se fait couronner empereur d'Occident par Léon III, l'an 800, et renouvelle l'empire des Césars, éteint on 'i7G dans Augustule. On le déclara César et Augusie; on lui décerna les ornements de? anciens empereurs romains, surtout l'aigle impiriale. Depuis Bénévent jusqu'à l?a,^onne, et de Bayonne iusqu'enBavière,tnut était sous sa puissance. Qu'on suive les limites de son empire, on verra qu'il possédait toute la Gaule, une province d'Espagne, le conliueut de l'Italie jusqu'à Bénévent, toute l'Allemagne, lesPays-Bas et une lartie de la Hongrie. Les bornes de ses Etats étaient, à l'orient, le Naab et les montagnes de la Bohème; au couchant, l'Océan; au midi, la Méditerranée; au nord, l'Océan et l'Oder. Dès qu'il l'ut cmjereur, Irène impératrice d'Orient, voulut, dit-ou, l'épouser, pour réunir les deux empires; mais une révolution subite, ayant précipité du tiône cette princesse , lit évanouir ses espérances, Vaincfueur partout, Charles s'appliqua à policer ses îitats, ré;ablit la marine, vis la ses ports, lit construire des vaisseaux, forma le projet de joindre le Rhin au Danube i)ar un canal, pour la jonction de l'Océan et du Pont- Euxin. Aussi grand par ses conquêtes que par l'amour des lettres , il en fut le protecteur et le restaurateur. On tint devant lui des conférences qu'on peut regarder comme l'origine de nos académies. Son |,alais fut l'asile des sciences. Pierre de Pise vint d'i- (alie, Alcuin d'Angleterre, etc.; tous furent comblés de biens et de caresses. Charles n'était point déplacé au milieu de ces savants ; car il était versé dans les langues, surt(jut dans la langue laline, qu'il possédait comme sa langue maternelle. Sur la lin de sa vie, il conféra la version latine des saints Evangiles avec la version syriaque et l'original grec, et }■ lit des corrections. Au rapport du savant Lambecius, on conserve à la bibliothèque impériale à Vienne l'exemplaire d'une explication de l'Epître aix Romains, corrigé de sa main. Que l'abbé Velly vienne après cela nous dire que Charlemagne no savait pas iiiêuie éi rire son nom ! L'Eglise, dans son empire, lui dut lo chaut grégorien', la convocation de plu-

àeurs conciles, la fondation de beaucoihpde monastères. Outre l'école de Paris, qu'il établit, il en érigea dans toutes les églises cathédrales, et à Rome un séminaire. « Son « exemple, dit un auteur moderne , ranima, « vivilia tout, et chacun s'empressa d'acqué- « rir des connaissances. Cette énnilation de- « vint g('.nérale, et avança beaucoup h^s pro- « giês des études. Celle' de la i^eligion sur- « tout, (|u'ii fallait puiser dans les sources « de l'Ecriture sainte et dans les écrits des « premiers Pères de l'Eglise, fut couronnée « par les plus grands succès. A mesure que « la vérité répandait sa lumière, les belles- « lettres, et les bonnes mœurs qui en sont « la suite, reprenaient leur vigueur; car, « malgré des traits impies lancés de nos « jours contre le christianisme par une au- « dacieusé philosophie , elle est foi cée d'ace vouer en secret que c'est cetîe religion « sainte qui nous a tirés de la barbarie en « adoucissant ik)s mœurs, qui a éclairé nos « esprits en soumettant notre raison, et qui i< unit tous les hommes, non par les nœuds « vains et légers d'une orgueilleuse bienfai- « sauce (terme dont on abuse tro|) souvent « aujourd'hui ), mais par les liens si doux et « si chers de la charité. » C'est relativement à son nom que l'on donna le nom de livres CaroUns à un traité sur le culte des images, dont la dernière édition est de Hanovre, 1731, in-8°, sous ce titre: Augusta concilii Nicœni II censura. On sait que les Pères de Francfort furent trompés par une traduction inlidèle et môme hérétique des décrets du concile de Nicée , où l'on décernait aux saints le même culte qu'à la Divinité : leu.r erreur est une erreur de fait. Au reste, les livres CaroUns, d'oii l'on a tiré l'histoire du concile de Francfort , ne sont rien moins qu'authentiques, comme plusieurs critiques l'ont prouve, entre autres Bellarrain {Controv. de conc. lib. », c.8). Outre les Capitulaîres, dont la meilleure édition est de Baluze, Paris, 1677, 2 vol. in-fol., on a de Charlemagne des lettres qui ont été insérées dans la collection de dom Bouquet, et une grammaire dont on trouve des fragments dans la polygraphie de ïrithème. Ses lois sur les matières ecclésiastiques sont pleines de sagesse. On connaît entre autres celle que fit ce religieux prince pour entretenir parmi les rustres et les pAtres la piété unie à une gaieté sainte. Il voulait qu'ils chantassent les cantiques de l'Eglise, surto-ut le dimanche, en menant leurs troupeaux aux pâturages, et en les ramenant chez eux, afin que tout le monde les recon)iût pour chrétiens et pour dévots. Los lois qu'il a portées sur les matières civiles sont également admirables, pour un temps qu'il plaît aux philosophes modernes de taxer d'ignorance , et où il y avait peut-être plus de sagesse que dans le nôtre. 11 ordonna, ce qu'il est honteux qu'on ait exécuté si tard en France, que les poids et mesures seraient mis par lout son empire sur uu pied égal. U lixa le prix du froment, du seigle, de l'avoine; régla le prix des étoffes, eri'habillement de ses sujets sur leur

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état et sur leur rang. S'il ordonna par son testament que les querelles des trois princes ses tils, })Our les limites de leurs Etats, seraient di^cidées pnr le jugement de la croix ( ce jugement consistait à donner gain de cause ^ celui des deux partis qui tenait le plus longtemps les bras élevés en croix), c'est que le génie.ne, prévaut jamais entièrement sur les coutumes de son siècle; et il faut convenir que les d 'clamations auxquelles les philosophes se livrent à cette occasion sont absolument mal fondées. « Ces « sortes de pratiques, dit un auteur plus « modéré, n'étaient sans doute pas le fruit « d'une sagesse profonde, ni d'un discerne- « ment bien juste ; mais étaient-elles aussi « insensées qu'on le dit? Dans ces temps de « simplicité, les chrétiens disaient tout bon- « nement à Dieu : Seigneur, cette cause est si « embrouille'e que les juges même n'y voient K goutte ; Auteur de toute vérité et de toute « justice , daignez suppléer à leurs lumières, « et nous montrer de quel côté est le bon « drojY. La justice d'une cause, lorsqu'elle « est bien obscure tt bien compliq lée, se « fait-elle toujours connaître plus claire- « ment dans le labyrinthe de la procédure « moderne, dans ce conflit de principes et de « maximes contradictoires , dans cette niul- « titudes de décisions réformées et réfutées « les unes par les autres, que dans les épreu- « ves judiciaires de nos lions et ignorants « aïeux? » Charlemagne se sentant près de sa fin, associa à l'empire Louis, le seul fils qui lui restait, lui donna la couronne impériale, et tous ses autres Etats , à l'exception de l'Italie , qu'il garda pour Bernard , fils de Pépin. 11 mourut l'année d'après, le 28 janvier 814, dans la 71" année de son âge, la 47' de son règne, et la 14" de son empire. On l'enterra à Aix-la-Chapelle, avec les ornements d'un chrétien pénitent et ceux «l'un empereur et d'un roi de France, et on lui fit cette courte épitaphe : « Ci-git Charles, « grand et orthodoxe empereur, qui a étendu « glorieusement le royaume des Français, ( t « qui l'a hrureusenient .uouverné pendant « quarante-sept ans. » Lorsqu'Othon 111 fit ouvrir son tombeau, on retira ceux de ses ornements que le tem;'S et Thumidité n'avaient pas gâtés; et ils font encore aujourd'hui paniedu trésor de l'empire, particulièrement sa couronne, son cimeterre et le livre des Evangiles. Pétrarque a parlé de ce tombeau dans la 3' épître du i" livre en ces termes : Vidi Aquensem Caroli sedem ri in teuiplo inarmoreo rerendam barbaris gentibus sepulcrum. Le nom de ce conquérant légi-slateui- remplit la terre. Le prince était grand , l'hunnue l'était davaniagc. Les rois ses enfants fuient ses |)remieis sujets, les instruments de son f)ouvoir et les modèles de l'obéissance. 11 mit un tel tempérament dans les ordr.'S de l'Etal, qu'ils furent contrebalancés, et qu'il resta le maître. Tout fut uni par la force de son génie. 11 empêcha ro|)jiression du clergé et des hoiinnes libres, en menant coiitinuelieinent la imblesse d'expédition en expédition. Il ne lui laissa pas

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le temps déformer des desseins, et l'occupa tout entière à suivre les siens. L'empire se maintint par la grandeur du chef. Maître absolu de ses peuples, il mit sa gloire il en être le père , et il goûta le plaisir de voir qu'il en était aimé autant qu'il en était craint. Encore plus redoutable aux ennemis de la religion qu'à ceux de l'Etat, il fut toujours le ll'au de l'hérésie et du vice, le protecteur le plus zélé aussi bien que l'enfant le plus soumis et le bienfaiteur le plus libéral de l'Eglise. Ses victoires furent pour elle des conquêtes, et le fruit le plus doux qu'il recueillit de tant de combats, ce fut d'étendre le royaume de Jésus-Christ à proportion qu'il étendait le sien. Vaste dans ses desseins , simple dans l'exécution, personne n'eut à un plus haut degré l'art de faire les plus grandes choses avec facilité, et les plus difticiles avec promptitude. Il [larcourait sans cesse son vaste empire, [lortant la main où il, menaçait de tomber , passant rapidement des Pyrénées en Allemagne, et d'Allemagne en Italie.

Quelques auteurs modernes lui ont disputé le titre de Grand, sans doute parce qu'il leur a paru trop chrétien ; mais les historiens équitables conviennent tous que personne ne mérita mieux de porter le nom de Grand que cet empereur. Il était doux, et ses manières étaient simples, ainsi que celles des grands hommes. 11 aimait à vivre avec les gens de sa cour. Charlemagne fut marié huit fois. Du vivant de son père Pépin , il épousa Himiltrude. Il déféra ensuile trop aux conseils de sa mère Bertrade, qui lui lit ré]iudier cette Himiltrude pour prendre la tille de Didier, roi des Lombards ; mais quelques mois après, touclié des remontrances que les prélats de son royaume et le pape Etienne lui tirent, il renvoya cette princesse en Italie et rappela Himiltrude. Devenu veuf, il éjionsa en secondes noces Hildegarde , l'an 773. Eginhard, qui nous a donné les annales de son règne et la vie de ce ]iriiice , appelle concubines les dernières femmes de Charlemagne : sur cela les écrivains modernes ont accusé ce prince d'incontinence; mais ils n'ont pas fait attention qu'on entendait souvent par le mot de concubine une femme mariée, mais sans certaines formalités, et qui n'avait pas certaines ])rérogatives, à cause de l'inégalité de condition et le défaut de dot; de là venait que les enfants qui naissaient de ces nru'iages étaient exclus de la succession des Etals de leur père. Il faut convenir (-ependant qu'on trouve dans ce temps-là quelques exemples qui semblent prouver que la doctrine do l'indissulubilité du mariage avait soull'ert queltjues obscurcissements ; et c'est ainsi tjue plusieurs auteurs ont expliqué le grand nombre d'épouses que ce prince eut successivemenl. Charles gouverna sa maison avec la même sagesse i|ue son empire. Il lit valoir ses domaines et in lira de ipioi répandre d'abondantes aumônes et soulager sou peuple. Chailemagiie avait les \etiv grands et vifs, lu visage gai et ouvert, le ne/, aquilin. Quelques auteurs ont voulu en faire UQ

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g(''ant, et c'est un préjugé général parmi le peuple d'Aix-la-Chapelle. Ou peut voir làdessus la dissertation de Marquard Freher, De statura Caroli Magni. Eginhard assure que sa taille, quoique haute, n'avait rien d'extraordinaire : Statura eininenti, quœ tatneti jtisinm non caccdcret. 11 ne portait en hiver, dit Eginhard, qu'un simple pourpoint fait de peau de L.utre, sur une tunique de laine bordée de soie. Il mettait sur ses épaules une espèce de manteau de couleur bleue ; et pour chaussure il se servait de bandes de diverses couleurs, croisées les unes sur les autres. Paschal III, anti-pape, le mit au nombre des saints, en 1165 ou 1106. Il a encore été canonisé par Rainaud, archevêque de Cologne, et par Alexandre, évêque de Liège, en présence de l'empereur Frédéric Barberousse, qui publia un diidômepowr l'élévation et ûexaltation de son corps. Les papes h'gitinies ont constamment toléré le culte qui' lui rendent encore les églises d'Aix-la- Cliapelle, de Reims, de Rouen, etc. Benoit \IV prétend que cette tolérance et cet usage suffisent pour autoriser les honneurs que lui rendent les églises particulières , et Anlcnt une béatification. Louis XI ordonna q le sa fête serait célébrée le 28 janvier. Ce- [M-ndant dans quelques endroits , comme à Molz, ou fait tous les ans un service pour le rt'pos de son Ame. Les pays qui composent aujourd'hui la France et l'Allemagne jus- ([u'au Rhin, dit un historien célèbre, furent tranquilles pendant près de cinquante ans, et l'Italie iiendaut treizi^ Depuis son avènement à l'empire, point de révolution en France, point de calamités pen lanl ce demisiècle, qui, ]iar là, est unique. La Bruère a donné VHistoire de Charlemayne en 2 vol. in-12. Elle est infiniment préférable à celle ((lie M. Gaillard a puliliée en 1782, k vol. in-12, et en 1818 et 1819, en 2 vol. in-S" : cDiiqpilation sans ordre , sans choix et sans goût, remplie de délamations sans objet réel et de censures sans justesse, ot le caractère <le ce grand prince est entièrement défiguré, ii's faits altérés et travestis, et l'histoire asservie aux vues d'une philosophie qui ne raisonne l'histoire, suivant l'expression de l'auteur, que pour séduire et pour currom- ]iie; pour exalter les Sardanapale, les Julien, les Andronic, les Wenceslas, et calomnier les Constantin, les Théodose, les Charlemagne, les saint Louis. — Nous devons aussi une mention à l'Histoire de Charleinagne, en 2 vol. in-12 de M. Auguste Savaguier, ancien élève de l'école des Chartres, mort en 18^9 à Belle-Ile , oii il avait été liansporté pour avoir pris part à l'insurrection du 2i juin 1848. — Pour conii>léter ce que nous avons dit relativement au culte dont Charlemagne a été et est encore l'objet, nous ra[iporterons ce passage de VAmi (le la religion, du jeudi 6 septembre 1838, tom. xcvui, p. 4^53 : « On sait que l'empe- « reur Charlemagne a été autrefois honoré « connue saint dans quelques églises, et " ({u'il reçoit encore ces honneurs à Aix-la- « Chapelle ainsi qu'à Cologne. Jusqu'à la fin

« du XVI" siècle, on a inséré son nom dans « le martyrologe de Paris. Un Espagnol, qui « se trouvait à Rome l'an dernier, zélé pour « la gloire de ce grand monarque , a fait de « nombreux efforts jiour obtenir que son « culte fût confirmé par le saint-siége. Il « s'est d'abord assuré de la tradition de di- « verses églises à ce sujet, a fait graver une « ancienne figure de Charlemagne, entourée « d'une auréole, et a adressé ensuite une « supplique au saint-père pour solliciter « cette grdce; mais ses démarches ont été « sans succès. Le pape, dans son audience « du 28 mars, a répondu qu'il ne fallait rien « changer : ISil esse innovandiim. »

CHARLES, surnommé le Bon, fils de saint Canut, roi de Danemark, et d'Alizé de Flandre, devint comte de Flandre en 1119, après la mort de Baudouin, qui l'avait institué son héritier par son testament. Il donna à ses sujets l'exemple de la |)ratique de toutes les vertus chrétiennes, et s'occupa constamment à les rendre heureux. Ayant appris que quelques grands opprimaient le pays, il porta des lois sages contre eux. Berthoul qui avait usurpé la prévôté de Saint-Donatien de Bruges, à laquelle la dignité de chancelier de Flandre était attachée, forma, pour se venger du vertueux comte, qui arrêtait le cours de ses injustices, l'horrible projet de lui ùler la vie, et en confia l'exécution à quelques scélérats qui se portèrent dans l'église de Saint- Donatien, où le comte allait tous les jours de gmiid matin. Cliarles, averti de ce qui se tramait, se contenta de répondre : « Nous « sommes toujours enviroiuiés de dangers; « il sulfit que nous ayons le bonheur d'appar- « tenir à Dieu. Si c'e.st sa volonté que nous « perdions la vie, pouvons-nous la perdre « pour une meilleure cause que pour celle « de la justice et de la vérité?» Tandis qu'il récitait les psaumes de la pénitence devant l'autel de la sainte "Vierge, ses ennemis fondirent sur lui et l'assassinèrent le 2 mars 1127. « C élait , dit un historien , un prince « ennemi de la flatterie; il n'est; inait ceux qui « l'approchaient qu'à proportion de la frann chise avec laquelle ils l'avertissaient de ses « fautes. Plus d'une fois il é|iuisa ses trésors « en faveur des pauvres ; et lorsqu'il n'avait « plus rien à leur donner il faisait vendre ses « [iropres habits pour les soulager. 11 leur « distribuait lui-même du pain et de quoi « couvrir leur nudité. On remarqua qu'étant « dans la ville d'Yjires, il leur donna en un « seul jour jusqu'à 7,800 pains. 11 les aimait « enfin si tendrement, qu'il tint toujours le « blé et les autres denrées à bas prix, afin « qu'ils ne ressentissent point les eti'ets de la « misère. » Une conduite si sage et si chrétienne lui 3 mérité le titre de Vénérable.

CHARLES DE SAINT-PAUL, dont le nom de famille était Vialart, sufiérieur-général de la congrégation des feuillants , fut nommé évêque d'Avranches en 1640, et mourut en 16'î'i.. Il est très-connu par sa Géographie sacrée, imprimée avec celle de Sanson, Amsterdam, 1704, 3 vol. in-fol. Son Tableau de la rhétorique française est au-dessous dumédiQ-"

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cre, aussi reste-t-il dans Toubli. On a onrovc (le lui : Mcmo-ires du cardinal de Ricliclieu, Paris, 1610, in-fol., qui furent condamnc^'s à ôtre brûlés , cottwio calomnieux et priîjudioiaWes à l'Etat ; mais cet arrêt du parleuicnt ne fut point exécuté.

CHARLES DE LORRAINE, archevôciue de Reims, de Narbonne, évc''que de Metz, de ïoul, de Verdun, de Térouanne, de Lueon et de Valence, abbé de Saint-Denis, de Fécamp, deCluni, de Marmoutier, etc., naquit à Joinville, en IS-iS, de Claude de Lorraine, premier duc de Guise. Paul 111 l'honora de la pourpre romaine en 15V7. Le cardinal se signala au colloque de Poissy, qu'il avait ménagé, disent ridiculement les protestants, jxiur faire admirer son éloquence. L'année d'auparavant, en 1560, il avait proposé d'établir l'inquisition en France, en remontrant (|ue ce moyen avait constamment préservé le Portugal, l'Espagne et l'Italie, du malheur des guerres civiles, où l'hérésie avait plongé le r«ste do l'Europe. Le chancelier de rHûjdtal s'y opposa. Pour tenir un milieu, le roi attribua la connaissance du crime d'hérésie aux évêques, à l'exclusion des parlements. Le cardinal de Lorraine parut avec beaucoup d'éclat au concile de Trente, et y déploya son zèle pour l'Eglise et pour la conservation de la doctrine witholique, contre les efforts des sectaires. De retour en France, il fut envoyé en Esjiagne par Charles IX, dont il gouvernait les iinances en qualité de ministre d'Etat. Il est faux qu'il ait eu la moindre |iart à la Saint-Barthélémy, comme le suppose .M. Chénier dans sa très-fanatique et sacrilège tragédie de Charles IX. Le cardinal n'était pas même alors en France : il se trouvait à Rome. Il voulait sans doute qu'on fil une guerre implacable à des fanatiques révoltés; il pensait que toute paix, toute trêve avec eux était inutile et dangereuse. « L'é- « véneuu'ut, dit un auteur , a prouvé qu'il « était beaucoup meilleur politique que le h chancelier de l'Hùiùtal. Sa maxime était « celle de Platon et des plus fameux philo- « sophes anciens et modernes, qu'il ne doit « y avoii' dans un Etat qu'un seul culte, et « que ce culte doit ètie vrai ; que c'est là une « loi Ibndamentale et constitutionnelle; que « la religion cesse dètre efticace quand les n citoyens sont persuadés <\wi toute religion 9 est bonne; qu'on ne jieut être fortement « attaché qu'à une religion exclusive. » Ayant eu une faiblesse dans une proce.>.sion de jiénileuts à Lyon, et n'ayant j»as voulu se retires de [leur de trouhler la cérémonie, il fut saisi d'une fièvre qui le conduisit au tombeau en 157i. Il Iravaiil.i à réformer la magistrature, lit tleurir les sciences et les cidtiva.

CHARLET (.Iiîan-Bai'tistf.), naquit à Langre$ vers la tin du xvu' siècle et devint chaôoino du- la collégiale de (iranccy, puis curé d'Aluiy prèsde Djjon. Il s'appliqua beaucoup à riiistoire de son pays, et il était en coricspondance avec Mabillon. Outie un Abriijé dis vies des évoques de Luiiyrcs , il laissa les uuvrages suivants : Alurli/rologo des saints il des saillies du diocèse dvLangres,avec un Ne-

croloqe des personnes éminentes en vertus, avec des disseriatio7is sur les Saints-Jumeaux , etc., 170i; Collection des antiquités des pays et diocèse de Langres; Lanejres savante, ou Histoire des hommes illustres du diocèse : c'est dans ce aianusoritquePapillon puisa l'idée do sa Sibliothèquc des auteurs de Bourgogne, \]Our laquelle il a protité du travail de Charlet.

CHARLEV'OIX (Pierre -François -Xavier DE),jésuite, né à Saint-Quentin le 29 octobre 1082, professa les humanités et la i>hilosophie avec beaucoup de distinction. Nommé pour travailler au Journal de Trévoux, il remplit cet ouvrage, pendant 22 ans, d'excellents extraits. Il mourut à La Flèche le 1" février 1761. Des mœurs pures et une science profonde le rendaient le modèle de ses confrères et l'objet de leur estime. On a de lui plusieurs ouvrages qui ont eu beaucoup de cours : Histoire et description du Japon, en G vol. in-12, et 2 in-4°. Ce livre, bien écrit et très-détaillé , renferme ce que l'ouvrage de Kaerapfer olfre d'intéressant, el réfute ses calomnies contre les chrétiens du Japon, par des faits multipliés , solennels , incontestables, que le seul fanatisme de secte a pu nier ou dénaturer; Histoire de Vile de Saint-Domingue, in-4°, 2 vol., Paris, 1730; Amsterdam, 1733, k vol. in-12. Cet ouvrage, qui est écrit avec simplicité et avec ordre, est aussi curieux que sensé. L'auteur s'est borné à l'histoire civile et politique, sans entrer dans le détail des missions; Histoire du Paraguay, 6 vol. in-12. C'est le même ton, la même sagacité et la même exactitude qui' dans les ouvrages précédents; Histoire générale de la Nouvelle-France, in-12, 6 vol. C'est le meilleur de tous les livres écrits sur cette matière; Vie de la mère Marie de VIncarnulion, in-12; livre écrit avec onction et jji'opre à nourrir la piété. Ces différents ouvrages ont été bien reçus de ceux qui jugent sans préjugés ; on souhaiterait seulement un peu plus de précision dans le style.

CHARLIER (Gilles) , Jîgidius Carleritis , théologien du xv' siècle, né à Cambrai, étudia au collège de Navarre à Paris, oh il expliqua quelque temps le fameux livre des Sentences de Pie.re Lombanl et fut re^u docteur. Elu doyen de Cambrai en 1.V3I , quoiqu'il n'ait prêté serment en cette (lualilé qu'eu li36, il fut député la même année par le chapitre de cette ville au concile de Bàle. C'est lui qui lit rejeter l'article présenté parles jirélats de Bohême sur la ni'ies^ité de la pénitence publique, et il prononça à cette occasion un discours que les collections des actes des conciles, le» Antiquœ lectiones deCanisius, etc., nous ont conservé. Charlier, revenu à Cambrai, no tui'da pas à être appelé à Paris [lour y professer la théologie. Il mourut le 23 novembre li72, étant doyen de la maison de Sorbonne. Les bibliothèques des Pays-Bas (lossédaient quelqui s-uns de ses manuscrits, savoir, le Scutum vcritatis, (jui se conservait à Lduvain, et un Commentaire sur les t|uatre livres des Sentences de Lombaiil , ()ui se voyait à Bruxelles el à Lille, chez les diuniuicains. On a |)ublié de CliarJier : Sporta fntgaicntc

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rwn, Bruxelles, 1478, in-fol. : c'est le second ouvrage imiiriiué dans celte ville, où riiu[jrinierie avait été introduite, deux ans auparavant, par les frères de la vie couirauiie; Spwlula fragmentoriim, ibid-, 1471), in-fol. , ouvrage relatif à divers points de théologie et qu'on trouve souvent réuni dans un même Tolume avec le précédent.

CHÂllLIER (Jean), surnommé Germon, prit ce nom d'un village du diocèse de Reiras, où il vit le jour en 13G3. II étudia la théologie sous Pierre d'Ailly, et lui succéda dans la di-

Suité de chancelier et de chanoine de Téglise e Paris. Jean Petit ayant eu la lâcheté de justifier le meurtre de Louis, duc d'Orléans, tué en 1408 par ordre du duc de Bourgogne, Gersou lit censurer sa doctrine par les docteurs et par l'évèque de Paris, quoiqu'il paraisse favoriser lui-mùme la docirine du tj'rannicide. Au concile de Constance, il assista comme ambassadeur de France; il s'y distingua par plusieurs discours, et surtout par celui de la supériorité du concile au-dessus du pape; ce qui n'empêcha i)as qu'il ne reconnûl, en des termes très-forts, la primauté et la juridict'on du pape dans toute l'Eglise. ■N'osant pas revenir h Paris, où le duc de Bourgogne l'aurait maltrait '•, il fut contraint de se retirer en Allemagne, déguisé en pèlerin, et ensuite à Lyon, dans le couvent des Célestins , où son frère était prieur. Cet homme illustre poussa l'humilité jusqu'il devenir maître d'école. Il mourut en 1429, à 66 ans. La plujiart de ses œuvres furent d'abord imprimées à Sirasbourg en 1488. Edmond Richer les infecta do sa doctrine, et les publia à Paris en 160(5. Du Pin a donné un Recueil des ouvrafjes de Gerson en 3 vol. in-fol., Eublié en Hollande en 1706. ils sont distriués en cinq classes. On trouve, dans la première, les dogmatiques; dans la seconde, ceux qui roulent sur la. disiipline; dans la troisiètne, les œuvres de uioride et de piété; dans la quatrième, les œuvres mêlées. Cette édition est ornée d'un Gersoniana, ouvrage curieuï , fiaais où, comme dans tous les ana, il y a des chose.s pour le moins très -douteuses. On trouve aussi dans cette édition un traité com-

f)0sé, dit-on, par Gerson, au concile de Consance, et puldié pour la première fois par le compilateur luthérien Van der Hart, h la fin du xvn' siècle, «dans la collection des écrits relatifs à ce concile : pièce suspecte et probablement déligurée, car il n'y a nulle apparence que Cerson ait écrit les extravagances qu'il renferme. Aussi Du Pin, s'obstin.int à lui en faire honneur, fut obligé de l'imjirimer hors du royaume. (Voy. Petit-Didier.) (ierson a été, sans contredit, l'un des docteurs les plus recommandables de son temi)S. II n'était pas cependant bien savant dans l'histoire ecclésiastique, ni dans les écrits des saints Pères, qu'il cite ordinairement comme ils sont dans le décret de Gratien, où souvent ils sont rapporti's ]ieu exactement. Son st\l(> est dur et négligé, mais énergique. Quelques pseudo-canonistes se sont servis de son nom pour all'aiblir l'autorité du saint-siége. Ils allèguent des passages relatifs aux temps de

schisme et de scandale où se trouvait l'Eglise, où le pontife légitime est un sujet de problème, où la jTaiv de l'Eglise ne pouvait naître que de la déposition de tous les contendants ; mais ils n'ont garde de rapporter les endroits où ficrson s'exprime d'une manière claire, générale et absolue sur cette matière. « L'é- « tat de la papauté, dit-il, a été institué surit naturellement et immédiatement de Jésus- « Christ, comme ayant une ])rimatie monar- « chique et royale dans la hiérarchie ecclé- « siastique. Car, de même que les prélats « mineurs, tels que les curés, sont soumis è « leurs évèqucs , quant à l'exercice de leur a puissance, et qu'ils peuvent limiter et reste treindi'C l'usage de leurs pouvoirs , il n'est a pas douteux aussi que les prélats majeurs « ne soient soumis au pajie, et qu'il ne puisse « en user de môme à leur égard.» [De stat. eccl. chr. opcr. tom. II, col. 532.) « La plénitude, « dit-il ailleurs, de la puissance ecclésiastique, « qui comprend celle de l'ordre et de la ju- '( ridiction, tant dans le for interne que dans « le for externe, et qui peut s'exercer immé- « diatement et sans limitation sur quiconque « est de l'Eglise, ne peut résider que dans le « souverain pontife, parce qu'autrement le « gouvernement de l'Eglise ne serait pas mo- « narchique. » {Operum tom. I, p. 145, etc.) Quelques auteurs lui ont attribué l'excellent livre de Vlmitation de Jésus-Christ; mais il n'est pas plus de lui que du prétendu moine Gersen, Gessen ou Gesen, noms forgés sur celui de Gerson. Voy. Amort, Gebsen, Naudé, Thomas à Kempis. -■ C'est Fe'ler qui s'exprime ainsi sur l'auteur de Vlmitation. Nous ne voulons rien décider sur cette question bibliograpliique; nous nous bornons à indiquer à ceux qui voudraient l'examiner plus à fond, un excellent ouvrage intitulé : Corneille et Gerson dans l'Imitation de Jésus-Christ , par Onésime Leroy, Paris, 1842, in-8°, orné de miniatures calquées sur le manuscrit de '^'alencicnnes.

CHARL1ER ( Pierre-Jacqi'es-Hippolyte) , prêtre, né à Noisy-le-Grand, près Paris en 1757, devint secrétaire et bibliothécaire de M. de Joigne. ïrès-versédans la connaissance des saintes Ecritures, des Pères et de l'histoire ecclésiastique, il fut chargé de travailler au Pastoral de Paris avec l'abbé Revers, et il en donna un altrégé en 1 vol. 11 eut aussi part à l'édition du Bréviaire, et acheva la traduction en vers latins du poi-nie de la Reli.^ion de Racine, commencée parle même ablié Revers. 11 travailla encore à un Rituel pour une liturgie générale, et s'occu|)ait de revoir le second volume des OEuvre^ de saint Grégoire de Nazianze, lorsqu'il mourut à Saint-Germain-en-Laye le 25 juin 1807.

CHARPENTIER (Hubert), iirêtre, né en 1563 à Coulommiers, dans le diocèse de Meaux, fut l'auteur de l'établissement des Prêtres du 6'a/tjoire sur le Mont-'Vylérien [irès Paris. Il lit deux établissements pareils sur la montagne de Retharram en Béarn, et à Notre-Dame de Garaison dansle diocèse d'Auch. il mourut à Paris en 1630. Il avait été ami particulier de Duv rgierde Hauranneet de tout Port-Royal

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CHARRIER DE LA ROCHE (Locis), évoque de Versailles, né à Lyon le 17 mai 1738, d'une famille originaire d'Auvergne, fit ses études tliéologiques à Paris, et fut reçu docteur en Sorbonne. Dès l'âge de onze ans, il avait obtenu un canoniiat dans le chapitre noble d'Ainai, et il en d':vint prévôt-curé. Il était en outre prieur du Bois-de-la-Salle en Beaujolais ; et l'arclievôque de Lyon, M. de Monlazet, le nomma son grand-vicaire et son officiai métropolitain, c'est-à-dire président du tribunal autiuel onappelait des jugements de l'ofticialité ordinaire et de celli^ des suffrasçants. Après la mort de ce prélat , M. de Marbeuf lui retira les lettres de grand-vicaire, parce qu'il i)assaitpour être janséniste. Charrier fut député aux états-généraux par la chaussée de Lyon; il fut le premier de son cidre qui se réunit au tiers-état, et en 1791 il prêta serment à la constitution civile. Le 18 novembre 1790, il s'était élevé avec force contre le projet d'envahir le Comtat-Venaissin, et le 28 août suivant il s'opposa à la proposition de faire du mariage un acte purement civil, il fit quelques tentatives )iour détermiiier son élection pour le siège métropolitain de Lyon; mais Mirabeau fit donner ce siège h Lamouretto. Nommé évêque de Rouen, il rencontra une forte opposition chez les habitants, dont les sympathies restaient fidèles k leur ancien prélat, le cardinal de La Rochefoucauld, encore vivant, et, ayant bientôt donné sa démission, il se retira à Lyon , dans sa famille. Après le siège de cette ville, il fut incarcéré; mais les pauvres, dont il se montra toujours le généreux ami, sollicitèrent et obtinrent sa mise en liberté. On assure que la composition d'une chanson patriotique sur la prise de Toulon ne fut pas étrangère à celte faveur. En 1802, Charrier, nommé évoque de Versailles , rétracta son serment, et il demanda la mémo rétractation aux prêtres qui se trouvaient dans le même cas que lui. Pie VII, dans son voyage en France, le reçut avec bonté. Bonaparte, devenu empereur, le nomma son aumônier et lui donna la croix de la Légion-d'Honneur; il n'en vit [)as moins avec une vive satisfaction la reslauration du trône de Louis XVin, en 181V. Si dans les Cent Jours il se rendit aux Tuileries , ce fut sur une invitation expresse, mais il n'est pas vrai qu'il ail pontifié au Chauip-de-Mai. Charrier de La Hoche mourut à Versailles le 17 mars 1827 , ûgé ue 89 ans. On a de ce prélat : lii'fulution de l'instruction paslorule de l'evciinr de lioulogne le savant Asscliie j .".«r Coutovitr spirit aille , 1781, in-8°, dans lai|uclle l'anleur se montre favorable aux réfornu's médité. 's parl'assem- 'blée ; Questions sur les aU'aires présentes de l'i<(/lise de France, 1792, in-8"; Lettre à Maullrol sur la relif/iuu, 1791, in-8"; Lettre circulaire aux cures de son diocèse contre les brefs du pape , 1791 , in - 8" ; Lettre pastorale aux fidèles de son diocèse, 1791, in-8" ; Quels sont les remèdes aux malheurs qui désolent la France? 1791, iii-8'; Fvanicn des principes sur 1rs droits de la rcliijion, la juridiction et le réyime de l'Fglise catholique,

relativement à la constitution civile diiclerç/é, Paris, 1792, in-8°. Il avait donné avec Tabaraud une seconde édition des Institutiones theologicœ du P. Valla, Lyon, 178i, 6 vol. in-12 ; et ciuelques écrivains lui ont attribué le Compendium du même ouvrage qui parut à Lyon en 1781, 2 vol. in-12. Enfin, en 1802, il publia, en faveur de la conscription mili- ] taire, une Instruction pastorale, qui fut citée dans les journaux comme un monument de zèle et de patriotisme.

CHARRON (Pierre), né à Paris en 1541, d'abord avocat au parlement, fréquenta le barreau pendant cinq ou six ans. Il le quita pour s'appliquer à l'étude de la théologie et à l'éloquence de la chaire. Plusieurs évêques s'em|iressèrent de l'attirer dans leurs diocèses, et lui procurèrent des bénéfices dans leurs églises. Il fut successivemen! théologal de Bazas, d'Acqs, de Lectoure, d'Ag^n, de Cahors, de Condom et de Bordeaux. Michel Montaigne lui accorda son amitié et son estime. Il lui permit, par son testament, de porter les armes de sa maison : grâce puérile, mais dont un gascon, quoique philosophe, devait faire beaucoup de cas. Charron lui témoigna sa reconnaissance en laissant tous ses biens au beau-frère de co philosophe. En 1595 , Charron fut député à Paris jiour l'assemblée générale du clergé, et choisi imur secrétaire de cette illustre compagnie. Il aurait voulu finir ses jours chez les chartreux ou chez les célestins, mais on le refusa dans ces deux ordres, à cause de son âge avancé, et plus encore du peu de consistance qu'on supposait à sa vocation. Il mourut subitement à Paris, dans une rue, en 1603. On a de lui : Les trois vérités, i[\-8°, 1595. Par la première, il combat les athées, par la seconde, les païens, les juifs, les mahométans; et par la troisième, les hérétiques et les schismatiques. Les catholiques ajiplaudirent à ci't ouvrage, et les protestants l'attaquèrent vainement : aucun de leurs écrivains d'aloi-s n'avait ni la force de style ni l'esprit méthodique de Charron. Traité de la Sagesse, Bordeaux, ItiOl , in-8°; Leyde, Elzévir, in-12, 16i6. Ce livie combattait si vivement les opinions populaires, cjue Charron semblait donner dans un excès contraire à celui (ju'il condanniait. Deux docteurs de Sorbonne le ccnsui'èi-ent; l'université, la Soi-boiine, le'. liAtelet, le par'lement, s'élevèrent contre lui. Le pri'sidei.t Jeanuin , ii qui on cuiilia cette all'aire, dissipa l'oi'age, et dit qu'il fallait pernrettro la vente du livre, comme d'un livre d'Ftat ; riKiis cette déci.'iou ne justifia |ias l'uuvi'age aux yeux de ceux (]ui ne iicnsent pas sui' toutes choses d'après l'autorité d'un magistrat. Le jésuiie (ïaïasse a uns Chai-ron au i-angde Théophile et de \anini. Il le croii iirêrrie plus daiipei'eux , « d'autant qu'il dit " pUis (le vilainies qu'eux, et les (lit avec « quchjue peu d'honnêteté. » Il le peint « livré à un athéisme lu'utal, arcociuiné à '< de.- mélancolies langOUiX'uses cl tiuaniles. » 11 aui'ait hii lui icpi.jchei' .(Ncc phis de raison que, (ians son liviH! de la Sagesse, i\ copie souvent Michel Montaigne, son maître; et

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