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c'est la vraie source des erreurs de Charron. Plusieurs passages de ce Iraité ont été corrii;és dans les éditiotis posli'rieures. L"auteur avait composé, peu de temps avant sa mort, )in ai)régé et une apologie de son Traité de la Sagesse, qui fut publié smis le même titre, Paris, 1608, in-8° ; seize Discours chrc'liens sur la Divinité, la création, la rédemption, l'eucharistie, Bordeaux, 1000; Paris, 1G04, in-8".
CHAS, compilateur médiocre, né à Nîmes vers 1750, mort dans la misère à Paris vers 1830, se pro|iosait d'entrer dans la société des jésuites, lorsqu'elle vint à être sup|)rimée. Il se tourna alors vers le barreau, et se fit recevoir avocat à Paris. Ayant peu de causes à plaider, il s'occupa de divers travaux littéraires, et publia depuis 178V, presque chaque année , des brochures ou des compilations , parmi lesquelles nous citerons seulement celles qui concernent plus directement la religion et la morale : Réflexions sur les iminuvités ecclésiastiques , considérées dans leur rapport avec les maximes du droit public et r intérêt national, Paris, 1788, in-8°, avec l'abbé de Montignon; Vie de Fénelun, abrégée de celle de Querbeuf, ibid., 1788, in-t-2 ; réimprimée à la 'été d'une édition des OEuvres de Fénelon, en 10 volumes ; Esprit, pensées et maximes de l'abbé Maunj, député à l'Assemblée nationale, Paris, 1791, ui-8" : l'auteur fit le même travail sur Fontenelle, d'Alembert et Thomas ; Exposition des preuves positives et démonstratives de la vérité, de la divinité et des bienfaits de la révélation, ibid., 1815, in-8° : c'est la préface d'un ouvrage qui n'a point paru; Tableau historique des constitutions civiles et religieuses de l'Angleterre, et de leurs variations, ibid., 1816, in-8°; Lettre à MM. les professeurs et instituteurs de l'instruction publique, Paris, 1821,
CHASSAIGNE (Antoine ue La), docteur de Sorbonne en 1710, ensuite directeur du séminaire des missions étrangères , naquit en 1682 à Chateaudun, dans le diocèse de Chartres, et mourut en 1760, à 78 ans. Il joignit à des mœurs très-pures un savoir étendu; son attachement au jansénisme lui attira bien des peines. On a de lui la Vie de Nicolas Pavillon, évêque d'Aleth, 3 vol. in-12, ouvrage diffus, écrit avec négligence et dicté par l'esprit de parti. La première partie est de Lefebvre Saint-Marc. Ghassaigne n'en a l'ait que la deuxième.
CHASSANION (Jean de), écrivain protestant, né à Monisirol en Vêlai, se lit principalement connaître par son Histoire des Albigeois, touchant leur doctrine et leur religion, contre les faux bruits qui ont été semés d'eux à Genève, 1595, in-8% que son mauvais style rend presque aussi insupportable à la lecture que sa révoltante partialité. On connaît encore de lui : De gigantibus eorumque reliquiis atque ils quœ ante annos aliquot nostra œtate in Gallia reperta sunt, Btile, 1580, in-8°; Spiie, 1587, in-8°; Uistoires mémorables des grands et merveilleux jugements et punitions de Dieu, 1586, 10-8".
CHASSANIS (Charles), ué à Nîmes vers
DlCTIONN. DE BlOGnAPUlE RELItt. 1,
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1750, suivit la carrière du négoce, qui était celle de son père, ce qui ne l'empêcha t pas de cultiver les lettres avec succès. Des poursuites furent dirigées contre lui par les comités révolutionnaires ; mais il parvint à s'y soustraire, et mourut en 1802, après avoir composé plusieurs écrits pour la défense de la religion : Essai historique et critique sur l'insuffisance et la vanité de la philosophie des anciens, comparée à la morale chrétienne, Paris, 1783, in-12, ouvrage dont Chassants paraît être le véritable auteur, quoiqu'il soit annoncé comme n'étant qu'une traduction de l'italien de don Gaétan Sertor; Morale ■universelle tirée des livres sacres, Paris, 1791, in-16; Du christiatiisme et de son culte, contre une fausse spiritualité, Paris, 1802, ia-8°.
CHASSIGNET (Jean-Baptiste) , né vers 1578 à Besançon, fit ses éludes au collège de cette ville, fut reçu docteur en droit, et obtint la charge d'avocat fiscal au bailliage de (iray. Il cultiva la poésie, et il a laissé : Le Mépris de la vie et consolation contre lamort, Besançon, 159i, in-12 : recueil de sonnets et d'odes qu'il avait composés dans sa première jeunesse ; Paraphi-ases en vers français sur les douze petits prophètes du Vieil Testament, Besançon, 1601, in-12; Paraphrases sur les CL Psaumes de David, Lyon, 1613, in-12 : on ne peut refuser à l'auteur de la verve, de l'abondance, de l'harmonie, et un certain art dans la disposition des mots et dans la coupe des périodes, dont les poésies de ses contemporains n'oli'rent que très-peu lie modèles ; mais il manque de golit dans le choix des expressions , et trop souvent il rend d'une manière bizarre l'es images sublimes des Livres saints. 11 traduisit aussi du latin en fiançais l'Histoire de Besançon, de J.-J. Cliilllet; cette traduction n'a pas été i)ubliée. Grappin, dans son Histoire abrégée au comté de Bourgogne, place la mort de Chassignet à l'année 1635.— Un bénédictin du même nom composa dans le xvir siècle une Histoire de tous les monastères du comté de Bourgogne , dont il est parlé avec éloge dans le Voyage littéraire de dom Marteinie, et qui est restée manuscrite.
CHASTELAIN(CLAUDE),chanoinederEglise de Paris, sa patrie, fut mis par M. de Harlay, archevêque, à la tète d'une comf)agnie pour la composition des livres d'église. II possédait la science des liturgies, des lites et des cérémonies de l'Eglise. Il avait parcouru l'Italie, la France, l'.VUemagne, et partout il avait étudié les usages de chaque Egl se particulière. Il connaissait tout ce qu'il y avait de curieux dans les lirux où il passait, et souvent il en instruisait même les gens du pays. Il mourut en 17J2, à 73 ans. On a de lui : les deux preraiers mois de l'année du Martyrologe romain, Paris, 1705, in-4-°, traduits en français, avec des additions à chaque jour des saints qui ne sont point placés dans ce Martyrologe selon l'ordre des siècles; la première, de ceux de France; la seconde, de ceux des autres pays ; et des notes sur cha-
auc jour. Les recherches de l'auteur regarent principalement la vérité des faits. Il
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iHait très-lié avec le P. Pappbroch, l'un des plus célèbres bnllandistes. On conserve à la bibliothèque des avocats de Paris une copie manuscrite du second volume, qui comprend les mois de mars et d'avril, Martyroloqe universel, Paris, 1709, in-4°. C'est la traduction en français du Martyrolo.^e romain, avec des notes et des additions. Cet ouvrage est rédigé dans le goût du inécéiient , plein de l'érudition la plus recliercliée; Vocabulaire haqiolo- Hii/ue , dans les Etymologies de la langue française, de Ménage; Vie de saint Chaumont, Paris, 1699. in-12. Les bollandisles lui ont détlié un volume de leur savante collection. CHATEAUBRIAND (Fba>çois - Auguste , vicomte de) est , sans contredit , do tous les écrivains qui ont paru depuis un siècle, celui qui exerça sur son époque l'influence la ])his universelle et la muins contestée. Cette iiitluence fut triple : religieuse, littéraire et politique, et, sous ce triple aspei-t, la vie de cet homme illustre peut donner lieu à des études développées et intéressantes. Mais nous ne pouvr.ns ici que présenter un rapide résumé des faits princip lux qui ont marqué sa longue et brillante carrière , en appuyant davantage sur ceux qui concernent la religion , afin de ne point sortir du cadre de notre Dictionnaire. — Le vicomte de Cua- TEAUBRiÀND naciuit le k septembre 1768 (et non 1769), à Saint-Malo, cri Bretagne, d'Auguste de Chateaubriand , seigneur comte de Combourg , qui mourut à Combourg , près Saint-Malo, le 6 septembre 1786, et d'Apol- Jine-Jeanne-Suzanne de Bédée, morle à Saint- Servan , le il prairial an vi (31 mai 1798), dont il était le dixième et dernier enfant. Il fut confié aux soins d'une nourrice qui, pour le sauver d'une maladie que l'on avait jugée mortelle , le voua h la Vierge de l'Ermitage. A l'âge de huit ans , il se lit relever du vœu de sa nourrice , et le préire fit à ce sujet un sermon dont il garda le reste de sa vie un profond souvenir. L'enfant fut élevé au château de Combourg, vieux manoir au style sévère, entouré de grands bois et d'immenses bruyères, d'où il entendait les mugissements de la mer qui se brisait sur les grèves. Le caractère de cette nature à la fois imposante ot mélancolique des rivag 's armoricains se retrouve dans la plupart des ouvrages q'ic son génie enfanta dans la suite. 11 parait que, d'après un usage assez constamment .uivi, de réserver pour l'Eglise les cadets de laniille, ChAtcaubriaiid aurait été d abortl destiné au sacerdoce : tel était du moins le v l'u de SI mère, tandis ((ue son père voulait ((u'il entrU d.ms la marin.' royale. L'enlant couiinetiçi ses études à Dol, les continua à Rennes, od il hérita du lit de Parny, et eut i>our (•undisci[)lcs Moi'eau et Limoidan , et achi'va, plu^ tard* l'étude du grec h Puis. .Après s'elre ri'u lu à Bicst pour entrer dans la martne< François revint presipio aussitôt à CttiiiKiuig, [)uis il repartit pour Paris av(>c liu brevet de sous-lieutenaut au r(\giment do iNavane. ■îai'; l,i carrièri' nnlitain; ii'r'Iait pas umi plus cidl ' (jui devait hx( r sa voraliori : ù paiuc s'csl-ij f lit uofumcr ca|)itaiue de cava-
lerie, grade qui lui donnait le droit de monter dans les carrosses du roi et de jouir des honneurs de la cour, qu'on le voit occupé exclusivement de littérature , et recherchant bien plus la société de Fonlanes, de Cliamfort , de Delille , de Laharpe , etc., que celle des grands seigneurs de son temps. La révolution ébranlait déjà la société , les trônes chancelaient sur leurs bases , l'heure approchait des grandes crises qui changent la faco d'iui monde, et c'est à ce moment solennel que le jeune Chateaubriand débutait dans les lettres. Sa première com|iosition imprimée est une idylle assez médiocre sur l'amour do la campagne, qui fut insérée dans VAlmanacli des Muses de 1790, et dont l'appai ition, dit-il, pensa le faire mourir de crainte et d'espérance. Nous n' pouvons nous empêcher de noter en passant qu'ici, pas plus que dans la carrière sociale , Chateaubriand n'avait encore trouvé sa veine. Plus tard, il fit d'autres poésies, dont très-peu sortent du rang des productions communes. Sa tragédie de MoïsCj par exemple, fut un essai assez malheureuï, et si l'on en rapproc'.ie les cliœurs , qui prêtaient tant aux mouvements lyriques , de c ux à'Estherei d'Athalie, môme de ceux du Paria, on trouvera la distance assez grande. Mais une voie nouvelle va s'ouvrir fout à coup devant l'inquiète activité du jeune homme. « Si j'étais à votre place, lui dit un « jour Malesherbes, j'irais en Amérique, j'y « tenterais quelque grande entreprise , je « voyagerais pendant dix ans. « Deux mois après , au printemps de 1791 , il s'embarquait à Saint-Malo , pour aller découvrir un passage au nord-ouest de l'Amérique, en retrouvant la mer Polaiie. A peine arrivé en Amérique, Chateaubriand semble avoir oublié le but primitif de son voyage. Les forêts, vieilles comme le monde , les fleuves im raenses dont aucun homme civilisé n'a vu la source et mesuré le cours, les cataractes qui se présentent devant l'œil confondu coaimo des océans à pic , les mœurs des sauvages, les merveilles d'une nature vierge et tout à fait inconnue , étonnent , ravissent , attirent le jeune voyageur, qui observe tout et prend sur toutes choses ces notes qui seront, plus tard, René, Atala, les Natchez , etc. Pendant qu'il errait ainsi de forêt en forêt , de peuplade en peuplade, un fragment de journal angliis, qui lui tombe par hasard sous la njaiii, un soir qu'il avait demandé riiospilalité dans une ferme biltie de troncs d'arbres, lui appcfiid la tuile de Luiis XVI et son arn'Mation à Varennos. Sa révolution est aussitôt prise : il abandonne les savanes américaines, traverse l'Océan et rejoint l'arméode Cotidé , dans les rangs de laquelle il fkit la campagne de )7!>5. C est à celle époque qu'il épnusi, M Saint-Malo, mademoiselle de Lavi-^rie. Une blessure qu'il r.'cul au sié^è do Thioiivillc, et dont une malacii ■ sérieuse aggrava les siiiics , mit ses jours on danger. Eri 17!!;), il se rendit h f.ou 1res , oii il fut rudeni ni secoiré par l'adverdlé. Il dut cliorcli r des mqyeji'j d'c.MSleiice da(is S(in travail ; des traductions failcs pour uôs Mbraires,
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des Ipçofis de français e' la composition de son Essai sur les Révolutions occupèrent alors son temps. Le livre dont nous parlons, publié à Londres, en 1796, n'annonçait guère l'auteur des Marti/rs et du Génie dû Christianisme, et il se ressent visiblement de la disposition d'es[)rit d'un jeune boninie qui avait liante plusieurs des écrivains de l'école incrédule ou sceî)ti(iiie du xviii' siècle. Plus tard, Clîflteaubriaud en a lui-même redressé, par des notes placées au bas des pa':cps , les paradoîes et les erreurs. Mais la foi religieuse ne lui étaii pas encore revenue; laissons-le raconter lui-même comment son cœur fut changé : « Ma mère, après avoir été jetée, à « 72 ans , dans les cachots , ex|iira sur un « grabat oii ses malheurs l'avaient reléguée; « le souvenir de mes égarements répandit « sur ses derniers jours une grande amer- « tume ; elle chargea en mourant une de « mes sœtirs de me rappeler à cette rel'gioii « dans laquelle j'avais été élevé; quand la « lettre de ma sœur me parvint au delà des « iners, elle-même n'existait plus : elle ét;i,it « morte aussi des suites de soti empri- « sohilement. Ces deux voix sorties du tom- « beau , cette mort qui servait d'iulerprète à « la mon, m'ont frajipé : je suis devenu chré- « tien. Je n'ai point cédé, j'en conviens, à de « grandes lumières surnaturelles; ma cb'n- « tiction est sortie du cœur : j'ai pleuré et « j'ai cru. » C'est de ce moinent qu'il conçut l'idée et le plan de son grand ouvrage , le Génie dû Christianisme, et il avait déjà commencé à exécuter cetle m Uvre capitale , lorsqu'il rentra en France, en 1800. Alors il rédige, de concert avec Fontanes, le Mercure, dont il obtient le privilège , et publie son épisode d'Atata , qui faisait partie , comme celui de kené , du Génie du Christianisme. Enfin, en 1802, ce dernier ouvrage parut. -^Longtemps ballottée par la tempête, dit un biographe, la société renaissait à l'ordre matériel; les rangs se reformaient sous une main puissante; mais les intelligences, lassées dii doute, épouvantées de l'athéisme et de ses conséquences , flottaient encore ç-à et là indécises , cherchant un phare , un port, un abri : le (Sénie du Christianisme fut tout cela. On avait soif de foi, de poésie et d'amour; on eut de l'amour, de la poésie et de la foi, et la France , vieil Eson rajeuni dans la chaudière révolutionnaire , se surprit à croire et à pleurer, comme aux beaux jours de son adolescence. Aualvser le Génie du Christianisme est chose iiîlpossible à entreprendre ici; il faudrait des livres pour dire les beautés de a livre. — Chateaubriand avait dédié son ouvrage au premier consul, qui fut sensible à cet hommage, et qui l'envoya comme secrétaire d'ambassade dans la capitale du monde chrétien. Mais Tharmonie entre les deux monarques de l'intelligence ne dura pas longtemps. La vue des ruines de la yille éternelle, l'aspect de ces monuments, où le souvenir de la sanglante résistance du polythéisme se mêle à l.i grande image dutriomjiihe de l'Evangile, lui suggèrent l'idée de son cbéf-d' oeuvre , les Martyrs , et il se propose
de Tisiter un jour la Grèce et la Judée, alin dé trouver, dans ces deux anciens empires dé religions ennemies, d^» nouvelles coulr-urs pour ses tablcaiix. Il venait d'.'tre nommé ministre plénipotentiaire dans le Valais, et il parcourait l'Italie, d'où il adressait à Joùbert et à Fontanes d^^s lettres qui ne sont pas les moins remarquables de ses écrits , lor>;qu'il apprit la mort du duc d'Enghien, fusillé dans les fossés de Vinccnnes. Aussitôt il donne sa démission, protestant ainsi contre un odieux assassinat. Le pouvoir lui relire le privih'ge du Mercure, qui e-^t réuni à la Décade, et Châteaubrian I se décide à se rendre en Orient. Son dépirt pour Jérusdem eut lieu le 13 juillet 1806. Il revoit le nord de l'Italie, s'embarque à Venise pour la Grèce, et gagne Jérusaleiû, en passant par Constantinople et Jaffa. Après avoir parc uru la Palesti ne, après avoir été armé chevalier du Saint-Sépulcre à côté du tombeau de notre divin Rédempteur, il se dirige vers l'Egypte , touche à Tunis, eîplore les ruines de Carfhagf^ , traverse l'Espagne, et rentre dans sa patrie au nlois dé mai 1807. Ce long pèlerinage du poète nous a valu les Martyrs et Vltinéraire , qui sont, avec le Génie du Cliristldnisme, ]es pius beaux fleurons de sa couronne. — Dans le poème de Chateaubriand , dit le bio^ra[ihe déjfi cit'- , les tableaux reflètent fidèlement les lieux; les pensées et le style reflètent fidèlement l'époque. C'est mieux qu'une belle fiction, c'est une ma^Tiifique évocation historique. 11 semble que sous la baguette du ma»gieien nous voyons tour à tourdi'tilerdevarv' nous , avec leurs vêtements , leur pose , leui langage et leurs idi'es d'autrefois, les empereurs de la décadence romaine, les rois chevelus des hordes frankes , les prophétesses gauloises, les belles vierges de la >.iessénie, les Sophistes grecs, les prêtres du paganisme, et les enthousiastes coniésseurs de la fdl. — • Retiré dans la terre qu'il possédait au Taldu-Loup, près d'Aulnai, et qu'il vendit plus tard au duc Matthieu de Montmorency, il oubliait momentanément les agitations politiques, eu s'apj)liquant à ses Compositions littéraire--'. Cependant Napoléon, se flattant sans doute de le ramener, le l'ait nommer, eu 1811, pour occuper le facteuil que la mort de Chéuier laissait vacant à l'Institut. Mais le discours de réception , dans lequel l'élu flétrissait et les principes politiques de Chénier, et la doctrine du régicide, lut loin d'apaiser lés inimiiès im[)ériales, et Chfltéa :briandse tint à l'écart jusqu'à la Resiauratio-i. En ISli parut sa fameuse brochure politique : Bonaparte et les Bourbons , dont Louis XVllI disait quelle lui avait valu une armée. Ne craignons pas de dire, car ce n'est pas nuire au génie que de lui reconnaître des taches. Sur cette terre où rieii n'est parfait , que ce livre laisse trop apercevoir l'influence de l'esprit de parti. C'est le propre des passions poliliiiues , de pousser i|uelquefois au delà des limites de la modération et de la sagesse, tnême les esprits les plus généreux, et d'obscUrcir momentanément le jour qui montrerait les hoinmes et les cliosés àous lenr véii-