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terre, où il était alors, un Etat de Véglise grecque. Ce livre, trailuit en latin, et réimprimé à Leipzig, l(j76, in-4°, loule principalement sur la discipline et les cérémonies. IJ offre plusieurs choses curieuses sur les jeûnes lies Grecs, sur leurs fêtes, sur la manfière dont ils se confessent, sur la discipline monastique, etc.
CHRODEGANG (saint), évèque de Metz en 742, mort en 706, fut employé par Pépin en diverses négociations. La plus honorable est celle de l'année 753, où il fut chargé d'amener en France le pape Etienne II, qui lui accorda le pallium avec le titre d'archevêque. Il institua une communauté de clercs réguliers dans sa cathédrale, et leur laissa une règle composée de 3i articles. Elle a été pui bliée par le Père Lnbbe dans sa Collection (les conciles, et par le Père le Cointe dans ses Annales. Ce saint prélat est regardé comme le restaurateur de la vie commune des clercs; et c'est l'origine la mieux marquée des chanoines réguliers. « Le zèle « qu'il fit paraître, dit un historien, pour ra- « nimer dans lo clergé cet esprit do prière « et de ferveur qui caractérisait les temps « apostoliques, est une preuve bien sensible « de son ardeur pour le service de Dieu, et « pour l'accomplissement de sa gloire. La « réforme qu'il entreprit était fondée sur la « connaissance qu'il avait des grandes dispo- « sit ons qu'exige une fonction aussi su- « blime que celle de faire l'office des anges, « en chantant les louanges du Seigneur, et « d'être établis médiateurs entre le ciel et la « terre. Puissent ceux qui sont attachés au « service des autels, n'oublier jamais l'émi- « nente dignité de leur état 1 Rien ne sera «plus propre à les entretenir dans cette « sainteté du vie, dans cette pureté de creur, « et ilans ce détachement de toutes les créa- « tures, qui doivent les distinguer du com- « mun des fidèles. »
CHKOMACK (saint), C/iromacms, pieux et savant évêque d'Aquilée au iV siècle, défendit avec zèle Rutin e: saint Jean-Chrysostome, fut ami de saint Amhro se et de saint Jérôme. Il mourut vers l'an 406. 11 nous reste de lui dix-huit homélies sur saint Matliieu. On y trouve une explication de l'oraison dominicale, et d'excellentes maximes sur l'aumône, le jeûne, et les autres vertus chrétiennes. L'auteur s'exprime d'une manière correcte; il a beaucoup de justesse et de précision dans les idées; ses réflexions tendent toujours au bien des lecteurs. C'est fort mal à propos que les dix-huit homélies de saint Chromace ont été rédigées en un ou en trois traités dans la plupart des éditions. CHROSCiKOWSKI (S4muel), de la congrégation des piaristes, littérateur polonais, né en 1730, mort en 1799. Il enrichit la littérature nationale des ouvrages suivants : La philosophie chrétienne , Varsovie, 1776 ; Officia et obligationes hominum in omni statu, Varsovie, 1709 ; De jure naturaii et politico philosophia moralis, sive ethica, uti-umque ejus et ea quœ ad itlud spectant, Varsovie, 1770 ; La physique expérimentale , 1764 ;
Préceptes chrétiens à l'usage de tout les hommes, Vil2 ; Les Dialogues de Phocinn , traduits du français de MabUj, 1770; Mathilde, tragédie en vers, traduite de l'italien, impri mée à Léopol, en 1782.
CHRYSOLANUS (Pikrre), archevêque de Milan au xir siècle, se fit un nom par son savoir et ses vertus. On a de lui, dans Allatius, un Discours adressé à Alexis Comnène, touchant la procession du Saint-Esprit, contre l'erreur des Grecs.
CHRYSOLOGUE.Foî/ PieuklChîiysologue.
CHRYSOLOGUE (Noel-André) , capucin du xviii' siècle, se distingua comme astronome et comme géographe.
CHRYSOSTOME. Voy. saint Jean Chry-
SOSTOME.
CHUBB (Thomas), déiste anglais, né en 1679 à East-Harnham, petit village voisin de Salisbury, fut mis en apprentissage chez un gantier, à l'Age de 15 ans : mais i( quitta ce métier pour s'associer avec un de ses amis, fabricant de chandelles à Salisbury. Tout son savoir se bornait à lire et à écrire : animé du désir d'acqui'rir des connaissances, il emplo.ya à la lecture tous ses moments disponibles, et il acquit ainsi une certaine connaissance des mathématiques, de la géographie et de quelques autres parties de la science. Son étucle favorite était la théologie, et il établit à Salisbury une petite société dont l'objf't était la discussion des matières religieuses. Clarke et 'Waterland disputaient îi cette époque sur la Trinité; il se laissa éblouir par les écrits de Whiston, et devint tout à coup un adversaire décidé de cr^ dogme. Il s'imagina même pouvoir écrire sur ce sujet, et il composa un Traité sur la suprématie du Père, qui, imprimé en 1715, fit sensation surtout auprès des personnes qui savaient que ce traité était l'œuvre d'un homme sans lettres : ce qui ne l'empêchait pas d'être fort médiocre. Il publia ensuite une Collection de traités sur différents sujets, et un discours sur la raison par rapport à la révélation, productions faibles, qui n'ont fait tort qu'à leur auteur, et dans lesquelles il a voulu prouver que la raison est un guide suffisant en matière de religion. On y aperçoit clairement que Chubb ne croyait ni à la révélation, ni à une providence, ni à une vie future. Il mourut subitement vers 1747, avec la réputation d'un homme d'une imagination ardente et doué d'un talent naturel que son ignorance avait égaré.
CHURTON (Ralph), écrivain anglais, né près de Bickley, dans le Chestershire, le 8 décembre 1754, fut successivement lecteur de Bampton en 1785, prédicateur à Whitehall en 1788. archidiacre de Saint-David en 1805, et mourut le 23 mars 1831. On cite de lui : Leçons de Bampton, 1785, in-S" : ce sont huit sermons prononcés devant l'université d'Oxford et relatifs à la destruction de Jérusalem ; Notice sur la vie du docteur Th. Toicnson, archidiacre de Richmond, etc., à la tète du Discours sui l'histoire évangélique de la sépulture à l'ascension du Christ, par Loveday, Oxford, 1793 : plusieurs fois repro-
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Juit ailleurs en tout ou eu partie; Courte apologie de l'église anglicane, etc., adressée aux ïiabitants'do Midleton Chemy dans le comté de Northamplon, Oxford, 1795; Lettre à l'évéque de Worcesier, â l'occasion de ses critiques sur l'areher^(iHe Sicicer et l'évéque Lowth dans sa Vie de Warliurton, Oxford, 1796 ; Vies de Guill. Smilh, écéque de Lincoln, et du chevalirr Richard Satton, fondateur du collège de Brazen-Nuse à Oxford, Oxford, 1800, in-S" : i'.iuteur y ajouta un suppléinout an 18(;3; Vie d'Alex. Hnirell, doyen de Siinl- Paul, etc., Ox'ord, 1S09, in-8°; dvers Sermons qui ont été puldiés séparément : ceuxci, comme ceux q e nous avons mentionnés pl):s haut, sont au nomlire de huit. N'dubiicms pas d'indiquer encore une Introduction aux Sermons sur l'Evangiie, qu'il fit pour l'édition des œuvres complètes de Townson, archidiacre de Richmoud, domi' e par lui en ISIO, 2 vol. in-;>.
CHUSAI, l'un des |)lus lidéles serviteurs de David, qui, ayant appris la révolte d'Ahsalnn, vint trouver le roi, la tète couverte de poussière, et ses habits déchirés. David l'ayant engagé à feindre d'entrer dans le parti d'Absalon, '.lour pénétrer s; s desseins et s'opposer aux con.scils d'Ac'uitiphel, Chusai alla à Jérusalem, gagna la confiance de ce p ince rebelle, et détourna par sa prudence les conseils que lui donnait Achitop cl de poursuivre David. Ce service fut le salut de ce prince, q .i jiassa aussitôt le Jouidain pour se mettre en sûreté, vers l'an 1023 avant l'èie clnétienne.
CHLSAN-UASATHAIM, Ethiopien, roi de Mésopotamie, lit la guene aux Israélites, et les réduisit eu servitude. Dieu le permettait ainsi pour h s juinir de leur idoliUi ie. Ils demeurèrent dans cet esclavage h.dt i.ns, h la fin desquels Dieu, touché de leur re|ientir, se servit d'Olhoniel pour les remettre en libcilé, vers l'an lilV avant Jésus-Christ.
CHY'I ILïLlS (David), niiid.-tre luthérien, né îi Ingeliin,^ en 1530, et mort en 1000, à 70 ans. On a de lui plus eurs ouvrages qui furent rei.herch s dans \r temps par ceux de son paili. Le plus connu est un Commentaire sur r Apocalypse, 1575, iii-8", reui] li de rCveries, et oij il marque de ratlachemenl à la doctrine de Socin. (Jn a eiaoïe de lui une Histoire de lu confession d'Augshnurg, Anvcis, 1582, in-V"; une Chronologie latine de l'histoire d'Hérodote et de Thucydide, lielui- Stadt, 1585, in-V", très-rare. Il y a joint De lectlone hislorinruin recte instituemla, on, après (juelqucs légères observations sur la n'cosilc' de I hi^to re, il donne une liste ne un Iiiues hislorii'iis avec des remarques; Tabula philosofjhica, sett Séries philosophorum, dai s les Aniiquiti's grei-qm^s; Chroni- Cou Siixonia- et ricinarum aliquol gmlinm, ah anno 1500 o(/ Uill, Lei|i/ig, lt)28, info!^; c'est la meiileui'c édiiion de cet ouvrage, qui a eu ilu succès; Cunlumalinn i!e VUisloirc de lu Prusse, do Se .ul/, en allemand; Chronrilogin rilw Alphonsi, ri l.iiihniri XII ri Caroli V impcrutori», Wiltcnberg, 1585, in-V". Chjlru.'u.s était préciséuioul co qu on
appelle un compilateur allemand. Il ne composait point, il recueillait ilans mille auteurs de quoi former ses ouvrages. On en imprima le recueil à Hanovre en IdOV, 2 vol. in-fol. Son vrai nom éta t Koehhaff.
ÇIACONH'S, ou Chacon (Pierrr), né k Tolède en 1525, chano ne à Sévit e. mort à Rome en 1581, fut employé par le papeCrégoire XIIl à corriger le Calendrier avec d'autres savan s. On doit il ses veilles des Notes .savantes sur Tertullien, «assien, Pompéius Festus, César, etc. C était son génie de corriger les anciens auteurs, dC rétablir les passages tronqués, d'exp'iqner les difficiles, et de leur donner un nouveau jour. On a enc re de lui : Opuseuln in columnœ rostrat(B inscriptiones : de pnnderihus et mensuris et nummis, Uome, 11.08, in-8°; De Triclinio romano, sive de modo convivandi et conviviorum apparntu liber, Rome, 1590, in-S"; Notœ in vêtus Itonianonini calendarium, dans le t me VIII du Thésaurus antiquitatum de (ira'vius.
CIACONIUS ou CHA<.ON (Alfonse), de Raëça dans l'Andalousie, jirofessa avec distinction dajis l'ord.e de Saint-Dominique, et mourut à Rome vers L.Oi, avec le titre de patriarche d'Alexandrie. On a de lui : Vitœ et gesta romanorum iionti/ieuiii et cardinalium, réimprimé à Rome en 1 i77, en V vol. in-fol., av(!(; une coijtinuation, collection savante et pleini' de rec leidies. .'vai'. Guarnacci l'a coiUinué" jusqu'au pape Clément XII, Rome, 1751,2 vol. in-fol.; 7/i.<toria uiriusquc belli dacici a l'raj'ino Cœsare gesti ex simulacris quœ in coluinna ejusdrn* Uomœ cisunlur collecta, Rome, 1556, 1576, 1585, 1616, in-fol., tig. A eet ouvrage estimé est joint un Traité dans h quel Ciaconius soutient que l'âme de Trajau a été délivr'e de l'enier pa les jirières de saint Crégoire : conte puérd et absurde, de (|uelque manière qu'on 1 envisage, mais qu'on trouve avant Ciaconius dans quel(]vies ..ncienncs légendes; Bibliotlwca scriplorum , publiée parCaïuusat à Pars. 17.31, iii-lul., et Amsterdam, 17.'i3, répertoire utile aux bibliographes, Mjais q i n'est pas exempt de fauies; explication de la colonne trajane, en latin, 1576, in-foi., lig.; en italien, 1*80, in-fol., fig. Ciaconius manquait de criticjiie. Outre la fable de Trajan, qu'il d l)ilait d un air grave, il donnait la pouriire romain- à saint Jérôme : ce (|u'on peut néanmoins en quel- (|ue sorte justifier, sur ce (jue le saint docleui- icmpiissail. h (juelq es égaids, près du pape Damase, les foiicticiis (jui depuis .sont d 'Venues [iroj res aux cardniaux. Ni Bibliothi'que, qui est par ordre alnhnlii'liqiie, ne va tiue juscpi'a la bdre I'^ V(»i/. \ ittobiîli.i.
CIAKKIAK le Pure;, religieux arménien du moiiaslere de l'il ■ de Sainl-l.n/.aie près do Venise, éiail iluiie l'aïuille dislin-uéo et naquit en 1771 h (Ihiuiiiu kaiia. Venu de lrè.^-ll()Illle lie TO d.ins c Ite de pour y faire ••■es (-lu e-, il (om, la le cél.bre P. Avediclii.iii parmi .ses professeurs. Il élail l'Haloment versé dans lu connaissance de rain»*nieii, du ^rei', du ialin, de t'ilulien, du fiaii-
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çais et de l'allemand, et il eut part à l'édition en quiitorze langues de l'ouvrage intitulé : Preces sanrtiNifrses, Ai'mcnioram patriarchœ, Venise, 1815, in-"24. On lui doit, en outre : Dictionnaire italien et arnie'no-turc, (!e l'inipriirierie du n:onastère à l'ile de Saint-Lazare, I80i; La mort d'Abil, de Gessner, tradui e en a-ménien, Venisi', 1825, in-8°; Les aventures de Te'lc'mnque, trad. dans la même langue, 1826, in-8°; Dictionnaire arménoitali:n, en 18.3i, et plusi urs autres ouv.rages que de Venise on expédie à Constantinople et . n Arménie pnur l'instruction de la jeunesse. Il venait de tr du re également l'Enéide de Virgile, en arménien, lorsqu'il mourut dans S' n monastère au mois de janvier 1835, à l'jlge de 61 ans.
CIA'.iBEULANI (Loiis), vice-sunérieur des ndssions de Hollande, né en 1763, dans la marche il'Anci'ine, fut d'abord secrétaire de M. Br.nicadoro, nonre à Bruxelles, et depuis cacdiu.tl. Ciamherlani l'accompa.^ua en Hollande, uù ce j rélat était supérieuf- des missions, et il y fut chargé d'accorder les yiouvoirs , de donner les dépenser , de régler tout ce qui tient au gouvernement s,irituel. Bonaparte ne l'inquiéta ])oint dans ces saintes occupations, et il reçut mî'me une pension de Louis, frère do ce monarque. S'étant rendu en 1815 à .Malines, qui était sans évèque, sa présence inquiéta le gouvernement ombrageux îles Pays-Bas, qui le tit enlever et trauslér r en Hollande par la maréchaussée. Ciamberlaiii resta depuis celteéj^oque à l^Iunstor, jusqu'à sa mort, arrivée le 29 janvier 1828. Il avait reçu 'ie Rome l'annonce de sa promotion à un évèché in parlibus. On suscita, eu 1817. un procès à M. Cramer, archi-piètie d'Amsterdam , parce qu'il entretenait des rapports avec Ciamberlani; mais les poursuites furent arrêtées à la suite (le la [lublication d'un mémoire où l'on prouvait que ce dernier ava t été autorisé dans ses foiictions, tant parle décret de Napoléon du 18 octobre 1810, que par la nouvelle loi fondamentale du royaume des Pays-Bas.
CIAMCIAN (le Père Michel), religieux arménien, de la congrégation des mékhitaristes de Venise, né a Constantinoplo en 17.38, fut d'abord destiné à la profession de joaillier. Aussi se livra-t-il assez tard à la cultuie des lettres, et lorsqu'il embrassa l'état ecclésiastique, ce ne fut pas sans difdculté qu'on l'admit parmi les rebgieux mékhitarisles, parce qu'd avait déjà 23 ans. Grâce à son aiiplication soutenue , aidée d'une faclité naturelle, il eut bientôt surpassé tous ses condisciples dans la connaissance de l'arméiden littéraire, et il fui chargé de l'enseigner aux autres. Cette occupation et les divers travaux qui lui furent conOés ne lui permirent pas d'apprendre la langue latine qu'il ignora tOLijours. Son premier ouvrage lut une Grammaire arménienne, rédigée en arménien 1 1 imprimée à Venise en 1779, in-i" : c'est un ouvrage utile, mais comme la plupart des prammaiies composées par ues arméniens, d est diû'us, man-
que d'ordre et de clarté, et est surchargé de beaucoup de détails inutiles. Bientôt après, il entreprit son Ilislnire d'Arménie, le plus considérable et le plus important de ses ouvrages. 11 fut secondé dans son travail par ses jeunes disciples, qu'il avait chargés d'extraire et de rassembler les matériaux dont il avait besoin. Cette histoire, écrite tout entière en arménien littéral, dans un style simp'e, mais toujours pur et correct, forme 3 vol. in-4°, lie plus de mille pages chacun. Ils furent imprimés à Venise, dans les années 178i, 1783 et 1786. C'est une compilation très-utile pour connaître l'état civil et ecclésiastique de l'Arménie, surtout pour 'les temps mod rnes; mais, quoique l'auteur ait l'ait de grandes recherches, ce qui est relatif à l'histoire ancienne puésente des erreurs souvent très-fortes et manque d ■ critique, défaut qui se remarque en d'autres lia.tles de l'ouvrage. Cependant c'est à tout jirendre une production utile et estimable, et qui fait honneur à la littérature moderne des Arméniens. Le P. Ciamcian a |)ublié de plus un grand nombr.' de livres et d'opuscules sur la théologie ou sur des matières ascétiques, parmi lesquels on dislingue un Commentaire sur les Psaumes, en lO vol. in- 8°. Des démêlés qu'il eut avec les autres membres de la congrégation arménienne de Venise l'obligèreid dans un âge avancé de retourner à Constantinoplo, où il mourut après un séjour de 25 ans, le 30 novembre 1823, dans sa 86' année.
ClAMPINI (Jea>(-Justin), maître des brefs de grâce, préfet des brefs de justice, et ensuite abr^'viateur et secrétawe du Grand- Parc, naciuit à Rome en 1633. Il abandonna l'étude du droit pour la pratique de la chancellerie apostolique. Ces emplois ne lui firent |)ourtant pas négliger lès belles-lettres et les sciences. Ce fut par ses soins que se forma à Rome en 1671 une académie destinée à i'éuiJe de l'histoire ecclésiastique, pour laquelle il avait une forte inclination. En 1677, il établit, sous la célèbre Christine, une académie de jihysique et de mathématiques, que le nom de sa protectrice et le mérite de ses membres tirent l>ientôt connaître dans l'Europe, Ce savant mourut en 1698, âgé de ()5 ans. On a de lui beaucoup d'ouvrages en italien et eu latin, très-savants, mais peu méthodiques, et dont la iliction n'est pas toujours pure. Conjecturée de perpétua azymorum usu in ecclesia lalina, in-4-°, 1688; Veteramonumenta, inquibus prœcipue musica opéra, sacrarum profanarumque œdium structura disserlationibus iconiousque illuslrantur , 1696 et 1699, 2 vol. in-fol. C'est un traité sur l'origine de ce qui reste do plus cirieux dans les bâtiments de l'ancienne Rome, avec l'explication et les dessins de ces monuments. De sacris œdificiis a Constantino Magno constructis,\n-(iA., 1693; YExamcn des Vies des papes qui portent le nom d'Anastase le bibliothécaire, en latin, Rome, 1688, in-4". Ciampini prétend que ces vies sont de plusieurs auteurs, et qu'il n'^. a que celles de Grégoire IV, de Ser-
gins II, de Léon IV, de Benoît III et de Nicolas I", qui soient d'Anastasc. Plusieurs autres dissertations imprimées et manuscrites ; Ve vice-cancellario, Rome, IGÎtV, in-4°; De abbreviatorihus de curia, Rome, 1696, in-4°. Ces deux traités sont curieux et savants. On a donné la collection des œuvres de Ciarapini, avec sa Vie, Rome, 1747, 3 vol. in-lol. C'est un service que l'on a rendu au public, car ses ouvrages étaient rares et recherchés.
CIANTAR-PALÉOLOGUE fie comte Jean- Antoine DE ), né dans l'île de Malte le ik septembre 1696, descendait des Paiéologues dont il portait le nom. Il acheva ses études en Italie, et en 1721 il y fit un second vova^e. Le grand-maître de l'ordre de Malte lui confia en 172-2 les fonctions municipales de Jurât, qui ne s'accordaient qu'aux personnages les plus distingués. Les recherches littéraires et scientifiques occupaient ses loisirs, et il fut nommé membre de l'académie des inscriptions de Paris en 1747. Devenu aveugle en 17:11, il n'en cont'nua pas moins ses travaux et il put dicter plusieurs ouvrages importants, qui ont obtenu en Italie beaucoup de succès. Le premier volume de son édition de Malta illastrata d'Abéla, où il fit des additions considérables, parut en 1772, c'est-à-dire qu'il y travailla étant aveugle. Ce fut son fils, le comte Georges-Séraphin, qui {)ublia en 1780 le second volume, car Ciantar était mort en novemiire 1778. Ses )irincipaux ouvrages sont : Comitis J. Ant. C'inntar, acad. intronati, Epif/rammat. lit). III, Rome, 1737, m-V; de Beaïo Paulo apostolo in Melilam siculo Adriatici maris insulain natifragio ejecto disserlationes apoloyelicœ in insprrtiones anti-crilicas R. P. D. Ignatii Georgii deMelitcnsi Aposloli vaufraf/io, dcscripto in Act. apostol. cap. 27 it 2S, etc., Venise, 1738; de Antiqua inscriplione nuper effossa in Mclitœ nrhe nntabili Dissertatio, Naples, 17'i-9; Critira de rritici modrrni chr dair iinno 17.30 fin ail' (nnio 1761) scrissero sulla eontroversia del Saufracjio di S. Paolo apnslolo, Venise, 177.'}.
CIANTESf.l()SEPn), né îi Rome l'an 1612, entra dans l'ordre de Saint-Domini(|uc, s'y distingua [)ar ses vertus et sa science, fut liommé à un évéciié dansla Calabre, et mourut h Riime en 1670. On a de lui : De la perfection de la rie épiscopalc, en italien; De sarro-sanrta Trinitate ix antitinorum hehrœorum leslimoniis fompritljdta ; De Inrarnulione Verhi : une tradui-linn en hébreu des Livres de saint Thomas i oiUro les gentils.
CIHOT (PiKRnE-.MARTiAL, jésuite, né h Limoges en 1727. Ayant obtenu de ses su|)érieurs la liberté cli- se consacrer aux missions, il partit pour la Chine le 7 mars 1758. C'esl à lui, ainsi qu'au savant Père .\miot, ([uo nous ilcvons In pins grandi' partie di's renseignements (]ui nous sunl parvenus sur la Chine. Ils ont servi h composer les Mémoires sur 1rs Chinois, lii vol. \n-\°, dont ils forment la majeure parlio. L'i'i-rit le plus nnpurl.int lie ce jésuites est r/;'.<i.'!(/i sur ranlitjiiité des Chinuii, inséré dans le tome I" des Mé-
moires; il préteno y [)rouver qu'Yao fut le fondateur et le premier législateur de l'empire, et regarde comme fabuleux le règne des sept empereurs qui l'ont précédé. Cette opinion ne s'accorde point avec le sentiment du plus grand numbro des lettrés chinois, ni avec celui du père Aniiot, qui a cru devoir défendre l'intégrité de la chronologie chinoise dans une dissertation particulière, insérée à la tète du tome H des Mémoires. On peut reprocher au père Cibot un peu de diffusion dans le style, et quelquefois trop d'écarts d'imagination ; mais ces défauts sont bien rachetés par le fond toujours intéressant de ses observations, et par l'étendue et la variété de ses recherches. 11 mourut à Pékin le 8 août 1780.
CICERI (Pall-César be), abbé commendataire de Notre-Dame, en Basse-Touraine, prédicateur ordinaire du roi et de la reine, membre de l'académie française, naquit à Cavaillon, dans le Comtat-Venaissin, en 1678, d'une famille noble originaire de Milan. 11 remplit, pendant le cours d'une vie assez longue, l'honorable ministère de la chaire, avec autant de succès que de zèle. Privé de la vue sur la tin de ses jours, et par conséquent peu occupé, il se détermina à retoucher ses ser- 7nons, et sa mémoire fut presque son unique guide dans ce travail. On les imprimait lorsqu'il mourut, le 27 avril 1759, à l'Age de 81 ans. M. Bassinet les a publiés en 6 vol. in-12, Avignon, 1761. Sa sœur, marquise de Puvgirou-Cicéri, les dédia h la reine. L'auteur, bien qu'affligé de l'infirmité qui le privait de la vue, composa le Discours qui les précède, et dans lequel il établit les principes de l'art oiatoire, et combat avec force les innovations (jue la paresse ou le di'faut de talent voulait y intioduiré. Les deux derniers volumesconliennent, outre un sermon, douze l)anégyriques, deux oraisons funèbres et la vie de l'auteur. L'abbé de Cicéri alliait aux vertus chrétiennes et morales un caractère aimable et une humeur égale. Ses actions n'étaient pas la rél'utalion de ses discours. Une diction pure, saine et naturelle, des desseins communément bien jtris, des citations appliquées h propos, des mouvements bien ménagés, des raisonnements et des preuves; voilh ce qui lui assure un(> place parmi le petit nombre des orateurs sacrés de la 2' classe. M. Migne l'a introduit dans sa Ccdleclion.
CICHOVIUS ou CICHOWSKl. jésuite polonais du XVII' sièi le, est auteur dos ouvrages suivants, imprimi''s fiCracovie: Fpistola panrnetira ad i/riirrosiim domiiium Jonain Schlirhsint/ de Hu.rovirr V. ('. rjiis rpistola apohxjeticœ rcddita, cui addicta rsl harmonia fidei ralholirœ, rum fide .S.S'. Palnim pritnitirœ h'.rrlisiw, a Petro Nieohw Cirhovio, soc. Jesii, 16."i.'), iii-V; Sprruliim samososthenilarum ni siiriiiislnrum ru/f/o arinnorum, in quo ostnutitur samososlhriiilas vri sorinistas gru nrianos tantnprre in reliijionr rhristiann ditsidrrr a catholiris ri rvnnf/rliris , ul intrr rhristianos rrnscri non drliranl, srd noiius esse 1(1111 DU. protrsiantibus ifiiam riilhnliris rxecrahilis : edtlum a paire \irulito Cichono,
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soc. Jesu, Cracovxœ, in officium viduœ et hœredum Francisa Cœsari S. R. M. typogr.,
1662, in-4°. ^ , ,, ,„„ ,
CIENFUEGOS (Alvarez), né 1 an 1657 à Asuerra, ville d'Espai^ne, dans les Asturies, jésuite en 1676, professa la philosophie à Compostelle , et la théologie à Salamanque avec beaucoup d'applaudissements. Sa pénétration et son habileté engagèrent les em|iereurs Joseph I" et Charles VI à remployer auprès des rois de Portugal dans diverses négociations importantes, qu'il termina au gré des deux couronnes. Ce dernier empereur lui procura le chapeau en 1720, non sans difficulté, par rapport è son ouvrage sur la Trinité, dans lequel plusieurs docteurs croyaient avoir trouvé des expressions inexactes. L'empereur le fit ensuite son ministre plénipotentiaire à Rome, puis il devint évêque de Catane, et enfin archevêque de Montréal, en Sicile. Ce cardinal, après s'être démis de son archevêché, mourut à Romo le 19 août 1739. On a de lui différents ouvrages : Enigma theologicum. seu guœstiones de Trinitate divina, Vienne, 1717,2 vol. in-fol.; Vita abscondita sub speciebus Eucltaristicis, Rome, 1728, in-fol.; la Vida del venerabile P. Man Nieto, 1693, in-8°; La Vida del santo Francisco de Borgia, Madrid, 1702, in-fol.
CIMARELLl (Vincent-Mabie), religieux dominicain, né à Corinalto, dans le duché d'Urbin, au commencement du xvii' siècle, professa la théologie dans différentes villes, et parut avec éclat au chapitre général qui se tint en 1628 à Tortone. Nommé inquisiteur de la foi, il en remplit successivement les fonctions k Eugubio, Mantoue, Aucune, et enfin à Brescia, oii il mourut en 1660. Ou a de lui: Resolutiones physicœ et morales, m-k°; Istoria dello stato d'Urbino da Senoni detta Umbria Senonia e da lor gran fatti in Italia, Brescia, 16i2, m-k% ouvrage devenu rare, même dans la patrie de l'auteur.
CIRAN (saint), ouSigiran, né dans le Berry, d'une famille illustre, ayant reçu à Tours une éducation convenable à sa naissance, parut à la cour, s'y fit estimer, et y exerça fa charge d'échanson sous le roi Clotaire II. Sigelaie son père, qui était évêque de Tours, ayant voulu le marier, Ciran, qui pratiquait lès vertus d'un solitaire au milieu des grandeurs, refusa le parti brillant qu'on lui offrait, rompit peu après tout commerce avec le monde, reçut la tonsure des mains de l'évèque Modégisile, qui avait succédé à son père, et fut élevé aux ordres sacrés. Nommé archidiacre à Tours, il rendit de grands services au diocèse, corrigea les abus et rétablit partout la discipline. Son zèle et ses vertus ne pouvaient manquer de lui attirer des désagréments. Le gouverneur de la ville le fit mettre en prison, sous prétexte de folie ; mais le ciel confondit ses ennemis, et son principal persécuteur périt misérablement. Il se démit de sa dignité, et, après avoir distribué le reste de son bien aux pauvres, il se retira dans le diocèse de Bourges, sur les confins du Berry et de la Touraine, où il bâtit deux monastères, celui de Meaubec et ce-
lui de Lonrey, dans lequel il mourut, vers l'an 657, a.-rès l'avoir gouverné plusieurs années. Sa Vie a été publiée par Mabillon, avec des remarques.
CIRUELO (Pierre), né dans le xV siècle, à Daroca, dans l'Aragon, se fit recevo-r docteur à Paris, et fut appelé par le cardinal Ximenès h professer la théologie et la philosophie à l'université d'Alcala, nouvellement fondée. Il y prononça, en 1517, l'oraison funèbre de ce ministre, et fut un des instituteurs de Philippe IL Un canonicat k la cathédrale de Salamanque fut le prix de ses services, et il mourut dans cette ville vers 1580, plus qu'octogénaire. Parmi ses ouvrages, on cite principalement une édition du traité de lîradwardin, De arithmetica speculativa, Paris, 1495, in-V» ; Liber arithmeticœ praclicœ qui dicitur algorithmus, ibid., Ii95, in-4", goth.; Cursus quatuor mathematicarum artium liberalium, Alcala, 1516, in-folio : ce recueil contient deux petits traités de mathématiques de Boëce, les éléments de géométrie d'Euclide, et la perspective d'Alhazen : Ciruelo a enrichi de notes ces divers écrits; Expositio libri missalis peregregia; addita. surit de Arte prœdicandi, de Arte rnemorandi, et de Correctione kalcndarii, Alcala, 1528, in-folio, où il y a beaucoup d'érudition; QiMFstiones paradoxœ X, etc., Salamanque, 1538, in-4% où il traite des dictions grammaticales, de la raréfaction des corps, du paradis terrestre, de la cabale, etc. ; Apototesmata astrologiœ humanœ, hoc est de mutationibtis temporum, Alcala, 1521, où il répond, selon André Schott, aux arguments de Pic de la Mirandole contre les astrologues ; Hexameron théologal sobre el regimiento médicinal contra pestihncia, Alcala, 1519, in-4°.
CLAIR (saint), premier évêque de Nantes, vint dans les Gaules, selon l'opinion la plus commune, vers l'an 280, sous le règne de Probus, et fut envoyé, non de Tours par saint Catien, mais de Rome par le pape, avec le diacre Adéodat. On croit qu'il est le même que saint Clair d'Aquitaine, qui, de celte province, pénétra dans la Bretagne. On a toujours cru, dans le diocèse de Vannes, qu'il y était mort et qu'il y avait été enterré ; mais, en 878, ses reliques furent portées à l'abbaye de Saint-Aubin d'Angers.
CLAIR (saint), né à Vienne, fut formé de bonne heure k la vertu par sa mère, qu'une piété solide rendait recommandable, et qui le mit dans le monastère de Saint-Ferréol, ayant pris elle-même de son cùté la résolution de se retirer dans celui de Sainte-Blandine. Le jeune Clair s'acquit une telle réputation de sainteté, que l'évoque de Vienne le fit abbé du monastère de Saint-Marcel, et lui confia la direction des religieuses de Sainte-Blandine. Il devint bientôt le modèle d'un supérieur accompli, et fut favorisé du don des miracles. L'auteur de ses actes rapporte que, pendant la maladie qui le conduisit au tombeau, il prédit k ses disciples les -avages des Vandales et des Sarrazins, qui arrivèrent environ 72 ans après. Quel ques jours avant sa mort, ce saint abbé s'é
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tant fait porter à l'église, se cducha sût iln ciliée et se mit en prières. Il mourut vors Tan Ono, le 1" janvier, jf)nr auquel on faisait sa f'iHe, dès le lemns de Charlemagne. Ses r.'liques, qui f irent tran';porl('^es de l'é-çlise de Sainte-lJJandine à celle de Saint-Pierre, furent dissioées dans ie xvi« siècle parles hu:^u nots.
CLAIR (saint), martyr, naquit à Rocne«ter, en An;leterre. Ayant quitte^ sa patrie après avoir été ordonné préti'e, il passa dans les Gaules, et s'arrêta dans le Vexin, au diocèse de Uo'ien, od il vécut plusieurs années dans la p,ati(jue des plus héroï(juPS vertus. Souvent il sortait de la retraite qu'il s'étiit choisie pour aller p ôclier les vérités du salut. Il mourut martyr de la cliasleté, ayant été massacré pa" eux assassins envoyés par une femme qui n'avait pu le faire consentir à sa passion. On met sa mort vers l'an 89'i.. Son culte est cJlébrédans p'usieurs diocèses de France.
CLAIRE (sainte;, née h Assise en 1193, d'une famill" noble, renonça au siècle ; nti-e les mains do saint François, l'an 1212. Ce sa'nt in^tilute^r lui donna l'iiab t de pénitente h Noire-Dame de ia Portiuncul». Elle s'enferma ensuite dans l'église de Saint-Damien, près Assise, où el e demeura pendant 42 ans avec plusieurs co.iipajjnes de ses austérités el de ses vertus Cette église fut le berceau de l'ordre des Pauvres-Femmes, appelé en Italie delh' Povcrc-Donnr , et en Franco de Suinte-Clairr , ou des Clarisscs. Celte ibndatrice e go iverna suivant les instructions qu'elle avait reçues de saint François. A l'imitai ion de sun père -ipiiiluel, elle lit un testauient, |)ou. retoinmarlder h ses sœurs l'aujour de la pauvreté. « Elle voyait « dijnî! celte vertu, dit un li'slorien, le ro- « trancliement do tous les ob ets p.ropres à « enflammer les liassions. Elle la regardait « comme l'éco'e de la patiem e, par les occa- « sions quebe fournit de so'tfru- ;liver-es « sortes de privations, cumne le moyen de « p.irveni: à ce parfait détachement du m'ui- « de, dans 1 quel eoiisiste l'essenr ■ de la véri- « taille pii'té. » Elle mourut le H aoU 1:>.');J. Son corps fui porb'^ a Assise. Ce convoi, honoré de la p;é>ence du pape et dos cardinaux, se lit comme un tnompiic au son des Irompellos et avec loule la s ileiuiilé' p ssilile. Alexandre IV' la mit peu de temps après dans le cal dogue des saints. Les r-digieuses de son ordre sunt d. visées en dniniattislcf, exactes observalrics île la règ'c donm'o h leur fiindalrire ji.ir saint François ; cl en iirhnnistes, qui suivent les règlemiUits mitig's donnés par Urbain IV. Ces dornières religi"US^s doivent leur origine à Isabelle de Frame, scBiir ie saint Louis, qui, en lio."», fonda le monaslèro de Long- linmps, près Paris.
CLAIRE (.VÏautin), jé-uite. né en 1612 h Sainl-Valery-snr-.Mer , fut un préJicalour d sliiigué, occupa d vers cninlots dans sa fomjiagnie, el UMurut h Li Flèehc i-n Ifin.*! Il i'U l;a un i ;iie I inljl ,|" : Ui/mni rrrlefiatlici, P.,ris, 107J, iu-V, doill il donna uue
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'■ nouvelle édition, en y ajoutant uae seconde iKirlie, P:iris, 1676, in-12. Les anciennes hymnes du l'église étaient souvent d'une latinité barbare; on y trouvait des termes ambigus, obscurs, une prosodie quehjuefois vicieuse. Le P. Claire s'efforça do rétablir dans ces hynmes rél'''gance, la pureté, la clailé, et il eit la gloire d'ouvrir la voie oti sont entrés plus lar I lesSantMiil et les Cofin.
CLAPARkDE, mini-itre protestant, né k Genève en 1727, se dis!ini;ua comme prédicateur, et traduisit les psaume-; "l les prophèl"S, pour la traduction delà Rible publiée h Genève en 13(ï">. On a encore de lui des Dissertations sur les miacles, sur l'authenticité des livres du N lUveau-Testament, sur b's démoniaques, sur le don des langues, etc. Il moiir t en 1801.
CLARiUS. moine de Sainf-Pierre-le-Vif de Sens, avait d'abord embrassé la vie mona-ti que dans l'abbaye de Sainl-Renoît sur Loii'c, oCi il demeura longtemps. Il est auteur de 'a Chronique du mon-istère de Snint-Pierre-le- Vif, q ii s'él nd ju'îqu'à l'.in il2i. Elle a été continuée jusqu'à l'an lIH'i. D. Luc d'Acherpr l'a publiée en grande partie dans son Spictlé(je, tome II. D. Bouquet en a inséré des morceaux dans la collection des historiens de France. Otte c'irouique esl importante pour ^hi^toiro de Fianc >.
CLARIUS 0 1 CLARIO 'IsinoRE) , né au chlt -au do Chiari, près de Brescia, en 1W5, de liéné liclin du Mont-Ca-sin devenu 'téque de Foligno, p;irut avec distinetion au concile de Trente, cl se fit aimer et respecter de son peuple pour son zèle el surtout pour sa charité. 11 laissi plusieurs ouvrages estimables par l'érudition qu'ils reiiierment, cl pai' leur utilité. Le-;^)rincipaux sont : Vulqnta editin veteris et nori Teslumenti, etc., '^^'nise, l^Vi, in-fi lio; Schnlia in nova Testamento, Anvers, IS'i-V, in-8'. Ces deux ouvrage~, s luve d consultés, sont au rang des meilleurs qui aient et' faits en ce geiu-e. Le premier fut mis h Vimler pour quel |Ues passades de la prétaee, dans lesquels l'auteur ne lespeitail pas «sse/. la Vu'.ga e; mais la iléfense de le lire fut levée par les d''putés du concile de Tr-nte pour l'examen des livres ; Des sermons latins. 1 vol. ni-i'nlio et 2 in-V"; Des lettres avec deux njniu-ides, publi/'cs par dom Maur Pi,i/./.i, .Mo lènc, 1705, in-V°; 'frailuciion latine du livre de saint Nil Deflirisliitnn philositphia, dans le lome \ de l'AinpIissima eolleetio de dom Marlenne. Ce savant el saint pn'd il monnii en I5:J5. à GU ans. H écrivait netlemeiil el avec facilllé.
('LARKI'' (SvMii-.i., ministre ou piéiicinl angla.s à L ndres, cul bcaucuuii h soulfrir du lemjis de Cromwcll. Il fut déjuilé | ar ceuï de sa >eclo, en 1060, pour féliriler Charles il sur son rétalil sse:iienl, el mourut lo 2'i dciembre IGS ', a: rès avoir publié : un ilfartifriihnje en anglais, 1051, in-folio; Vies de (lurli/ites persoiiniit/es éininents du sièrh pitssd, avec ti;ur(!s, Londrs, KîH'l, n-folio; Virri des qi'ne*(iux nui/lais : iim Truite contre lu tiilûunee, l'Ic; llistiirr de (itlillaume li Conquérant, Londres, liiG'J, ni-V',
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CLARKE (Samuel), fils du précédent, parlaj;ea les mauvais traitements que Cromwell lit essuyer à son p re, et perdit l'emploi qu'il avait au collège de Pemijroc, k Cambiidge. il [lassa le reste de ses jours dans la retraite, ne s'occu'iant que de l'étude, et mourut en 1701, îîgé de Ik ans. On a do lui plusieurs ouvrages sur l'Ecriture mainte, tous ('crits en anglais, entre autres une Coucurtlance, des Annotitions sur toute la Biide, uu Tiaité de l'autorité de l'Ecriture sainte.
Cl.ARRE (Samuei), né à Norwicli le 11 octobre 1(575, olitint par son mérite la cure do la paroisse de Saint-.lacques de Londres. Il fui [lendant quelque temfis dans le parti des nouveaux ariins, parmi lesquelsse trouvaient Newton et Whiston.Il soutint-on seniiment dans uu livie intitulé : La doctrine de l'Ecriture sur ta Trinité, iraprin é en 1712, réimprimé avec des auditions en 1719, et donné au public pour la troisième fois, après sa mort, avec des augmentaiions trouvées dans ses jiapiers, écrites de sa propre main. Son attachement trop conim à la secte qu'il a' ait embrassée rem[iècha d'être arc'.evèque de Cautoi*liéry. La reine Anne voulant bn donner cette dignité, (Jipson, évêque de Londres, dit à cette prince.-se : Madame, Clarke est le plus savant et le plus honnête homme de l'Angleterre ; il ne lui manque qu'une chose, c'est d'être chrétien. Clarke se distingua autaiit par son caractère que par ses talents. Doux, (-ommunicatir, il a été également recherclié et lar les étrangers et par ses compatriotes. Il mourut en 1729, après avoir abandonné l'arianisme ; mais il n'eut p.is le courage de s'élever jusqu'à la profession complète des vérit('s de la foi, quo que chez un es|irit di oit et consé(iuei)t rien ne parai ise plus natuiel. Ses ouvrages, publiés à Londres en 17i2, en k vol. in-folio, sont pour la plupart en anglais : qneb|ues-uns ont été traduits en français. On remarque dans tous un savant éclairé, un écrivain méthodique, qui met les matières les plus abstraites h li portée de tout le monde par une netteté et une précision adiniiubles. Le bel esprit qui l'a appelé une vraie machine à raisonneniLUts, devait ajouter que c'était une machine si bien dirigée, que dans tout ce qui ne concernait pas les préjugés de secte, elle n'en produisait ordujairementijue de convaincants et de démonstratifs. On a de lui : Discours concernant l'être et les attributs de Dieu, les obligations de la religion naturelle, la vérité et la certitude de la révélation chrétienne, contenus en seize sermons proches dans l'église cadiédrale de Sain;-Paul, en 170i et 1705, à la Lecture fon.iée par Koberl Bo.>le. Cet ouvrage, traduit en français par Ricoti r, Amsterdam, 1721, ;J vol. in-8°, et dans lequel l'auieui- a suivi le plan d'Abbadie, a été réimprimé plusieurs fois. L'édition d'Avignon, 17oG, sans nom de ville, en 3 vol. in-12, renferme (|uelqi:es Notes et une Dissertation du même auteur sur lu spiritualité et l'imniortalité de iù:ne, traduite de l'anglais ; des Paraphrases sur les (juatre évaugélistes, 1701 ; soiiante-Uii Sermons, 1724', lu-S"; Lettres à
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Dodweli sûr l'immortalité de l'âme, avec des Réflexions sur le livre intitulé : Amyntor, ou Défense de la vie de Milton ; une Lettre à Benjamin Hoidley sur le rapport de la rapidi é et de la force dans les curiis en mouvement, >723; La physique de Rohault , traduite en 1 ilin, 17 8, in-î8 ; une autre traduction, dans la même langue, da Traité d'optique de Ncu-ton , 1706, in-i" ; 1719, in-8° : Clar.e l'ut un des premiers qui soutinrent daiis les écoles les principes de ce célèiire physicien ; de savantes Notes sur les Commentaires de César, Londres, 171-2, in-f dio; Explication du catéchisme dr l'Eglise, publiée après sa mort, ainsi que dix nouveaux vobimes de Sermons, par son frère le docteur Jean Clarke, avec une préface de Benjnmin Hoadley, é>ôque de Salisbury. Samu' 1 Clarke a^ait enc(ire publié, par ordre du roi, pour l'instruction du duc de Cumberland, les douze premier-: bvres de l'Iliade, avec des notes et une traduc ion latine presque en ièremi-nt niaivellc, Londres, 1729, in-i°. Son fils Samu!l |)ublia le second volume en 1732, et VOdj/ssée, sur les notes laissées jiar son père, niÔ, 2 volumes in-i°. Ces deux ouvrages furent réimprimés en 1735 et 1758, dans le format in-8°.
CLARKE (Pierre), savant théologien anglais, fut pondant plus de cinquante ans pasteur au village ue Douvers dans le comté de Tviassachussets, et m )urut en 17G8, âgé de 7o ans. On a de lui : des Semons sur divers sujets; une Défense du droit divin dans le baptême des enfants: un Discours sur la nécessité de la grâce dans la conversion des pécheurs.
CLARKE (Adahi), ministre méthodiste, né en 17r,0 à peu de distance de Londoi derry en Irlande, ét;;it fils d'un laboureur qui tenait aussi une éco'e. Les moyens naturels de l'enfant ayant attiré l'attention de queli]ues ecclésiastiques qui appart naiei t à la secte établie par Wesley, ils jirirent soin de iui, et dès l'âge ne 19 ans il fut admis par le fondateur du métiiodisme |iarmi les prédicateurs ambulants qui étaient chargés de répandre cette doL'trine dans diverses part. es de l'Angljterre. Plus tard il se lixa à ! ondres, où ses travaux littéraires et biblio^iiaphiques lui fourniient des moyens d'existence. La société des antiquaires et l'aeadémie ro. aie d'Irlande l'admirent dans lei.r sein; vers 1806, il devint bibliothécaire honoraire de yjnstilutio^i de Surrey, et en 1807 il fut nommé sous-commissaire des archives publiques. Ce fut d'après si s conseils (jue ses coreligionnaires établirent une naission dans les j'ies Shetland. 11 mourut du cl.olera li 26 août 1832 à Ruslip, |iaro;sse peu élo gnée de Londres. Son princi^ial ouvrage est un Commentaire intitulé • Les Saintes-Ecrit a res, etc., avec les leçons marginales, un recueil de textes parallèles, de longs soiema,res il ehaque chapitre, un commentaire et des notes critiques, i8i0 à l&2o, 8 vol. iu-i\ Ses autres ouvrages sont : Dissertation sur l'usage et l'abus da tabac, 1797; Dictionnaire bibliot/raphi^uef couleiiaut un lidileau chio-
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iiologique des livres les plus curieux dans toutes les branches de la littérature, depuis la découverte de l'iiuprimerie jusqu'au commencement du xi\' siècle, suivi d'un Essai nui- la bibliographie, et d'un tableau des meilleures traductions anglaises des classi- (lues grecs et latins, i802, G vol. in-8° et in-12; en 180G l'auteur y ajouta : Mélanges hiblioqrnphiques nu Supplément au Dictionnaire bibliographique, '2 vol. in-8° et in-12; Abrégé du Directoire chrétien de Baxter, ISOV, 2 vol. in-8''; Jlistoire des anciens Israélites, leurs mœurs, etc., d'après Fieury, et avec sa vie, 1805, in-i2;'Succession de la littérature sacrée, en un arrangement chronologique des auteurs et de leurs ouvra-;os, depuis l'invention des caractères alpliabéliq\ies jusqu'à l'an .3i5 de Notre-Seigneur , 1807, in-8' et in-12, 1" volume : un de ses fds a poussé ce travail jusqu'en 1300, en le réimprimant; Histoire sacrée et profane du monde parallèle, par Shuckford, conifirenanl les observations de l'évêque Clayton, avec des caries géographiques, 1808, k vol. in-8° ; Clavis biblica, ou Abrégé de la science biblique, 1820, in-8"; des Sermons en 3 volumes, etc. On a sa Vie religieuse et littéraire, i)ubliée par M. B. Clarke, son parent, Londres , 1833, 3 vol. in-«'.
CLARKSON (David), né dans .a province d'York en 1621, s'appliqua ])articulièremeiit à l'étude des antiquités eccdésiasliqucs, fut ministre non-conformiste à [.ondres, et mourut en 1687. Clarkson a été le maître de Tillotson. On a de lui deux traités, l'un sur l'ét.a primitif de l'épiscopat, l'autre sur les lituru'ies. Ce dernier traité a été traduit de l'anglais en français, Boterdam, 1716. On ne doit pas s'attendre à des notions exactes sur cette matière de la part d'un ministre protesiant.
CLAUDE (saint), natif de Salins en Franche-Comté, fut chaniiine et archevêque de Besançon. 11 quitta celte dignité puur se renfermer dans le monastère de Saiut-Oyan, b;Hi sur le mont Jura, ilont il fut abbé. On couiparait se» moines avec ceux de l'ancienne Kgypte. L'idée cependant de ceux qui ne jugent de l'état religieux (pie par ses rapports avec les solitaires, est absolument injuste et déraisonnable. Où est-il écrit que, pour être rcli,.;ieux, il faut vivre dans le désert, renoncer aux .sciences, abandonner la délensede la rel.gion,coiiicnlnT W /èlcdans la rerh relie de son salut? « Si Ifs monas- « tères de l'Occident, dit un auteur, avaient « ressemblé h ceux de la Tliébaili-, il est « évident que les trésors lie l'antiquité ecclé- « î.iflslique et jirofane aurairiil éié perdus « pour II- monde chrétien. (Jue resle-l-il do « ceux de la Syrie? Le souvenir des vertus « de ces saints solitaires, souvenir toujours « jirécieux h la religion, mais dont i'uii|ires- K sien subsiste ii peine parce (pi'il n'a rien « laissé <le sensible. >. Sauil Clamle mourut è l'Age de 09 ans, en 703, selon le nère Cliifnet, ou en O'.Ml, comme l'a (irouvé l'auteur d'une Disarrlalion sur l'ordre chronologique du premiers évéques de Jk*ançun, tourouuéo
par l'académie de cette ville en 1779. Son corps, retrouvé dans le mu' siècle, encore intact, fut exposé à la vénération des lidèles, dans l'église du monastère de Saint- Oyan, qui prit alors le nom de Claude, et qui devint un objet de dévotion pour une foule depèlerinsqui y accoururent de toutes parts. 11 s'est formé peu k peu une ville l'ort agréable auprès de ce monastère. En 1743, le pape Benoit XIV' y érigea un évêché, sulfragant de Lyon, et changea l'abbaye en église cathédrale. Les chanoines, i)our être reçus, devaient prouver seize quartiers de noblesse, huit paternels et huit maternels. Le corps de saint Claude a été brillé en 179't. On a plusieurs fies de ce jirélat. Le jésuite P. -F. Chifilet a fait imprimer les ïllustrationcs San- Claudianœ dans le Recueil de Bollandus, sous la date du 6 juin. Boguel a donné sa Vie, Lyon, 1009, i'n-12, et dom Fr. Coqnelin en a puhlii' une autre, d'abord en latin, puis en italien, Rome, 1652, iii-'i° et in-8°.
CL.\UDE, évèque ûc Turin au viii' siècle, était espagnol de naissance. Ayant puisé l'amour de la nouveauté dans l'école de Félix d'Urgel, et perdu ainsi la foi, qui est indivisible, il embrassa facilement les erreurs des iconoclastes, et [loussa les choses plus loin que la plupart d'entre eux. 11 dissimula d'abord ses sentiments, comme font tous les sectaires, de peur de nuire h son élé ation dans le clergé; mais sitôt que son ambition fut satisfaite, il leva le masque sans nul ménagement. Dans la première visite qu'il fit de son diocèse, il brisa dans toutes les églises, non-seulement les images, mais encore les croix, et m.ir([ua la même fureur contre la vénération des reliques et l'invocation des saints. Un attentat si scandaleux révolta son peuple, (|ui moidra par la vigueur de sa résistance quel était le véritable état de la croyance iiarmi les sujets mêmes des monarques fiançais. On s'enqiressa de toutes )iarlsii confondre l'impiété de Claude. L'abbé 'l'Iiéodémie, ami de l'hypocrite avant (|u'il lïU di'iiiasqué, et Dungal. réel 'S au monastère de Saint-Denis, usèrent de leurs talents j)our écaiter la contagion qui menaçait l'Eglise occidentale. « Ouel orgueil, dit ce « dernier, de fouler aux pieds, de briseravec « méprisée (|ue depuis huit cents ans, c'esl- « h-dire depuis rétablissement du chrislin- « nisme, les saints Pères cl les plus religieux " princes oi.t permis, ont ordoniK' qu'on ex- << pos.'il diiis les ('glises, et même dans les «maisons parlicudères , pour la gloire du « Seigneur 1 Peut-on compter au iiombredes « chrétiens celui ipii rejette ce que reçoit n toute l'Eglise? » Les ('•eriisque (daude eut l'aiiilaee (le |iroduire en ta /eiir de son impiéli', bironl fondainiK's par les évêques.
CL.VlDi; . frère céleslin . vivait sous le règne de Charles \'l, au commencemeiit du \>' siè( le.ct il était digne d't'rlairer le nrtlre. ^ous avons de lui un ouvrage ph losopinqiie : Des erreurs de uns srusiiliiins cl des inlluenreii célestes sur lu terre, contre rnsliologii; judi( iaire, où il .s'exprime avec tani de justesse et de précision (ju'oii le croirait l'ou-
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vrage d'un moderne, si on le traduisait du latin sans indiquer l'auteur. Oronce Fine en a publié une 2° édition en 15V2, chez Simon de Colines, sous le titre : De his quœ niundo mirabiliter eveniunl. L'auteur mérite d'être placé à côté des Bacon et des Locke , Les auteurs de la Biographie universelle et
auelciues autres biographes, au lieu de lui onner la qualification de fnre célestin, l'apl)ellent François-Claude Célestin.
CLAUDE (Jean), célèbre ministre protestant né à la Sauvetatdans l'Agenois, en 1G19, d'nn père ministre, fut élevé par lui dans le sein de la théologie et de la controverse. Ministre à l'âge de 26 ans, il professa ensuite pendant huit ans la théologie à Nîmes avec le plus grand succès. Claude s'étant opposé aux sages intentions de quelques-uns de son parti, qui voulaient réunir les protestants à l'Eglise, le ministère lui fut interdit par la cour dans le Languedoc et dans le Querci. Il vint à Paris et fut ministre de Charenlon depuis 1G66 iusi|u'en 1C85, année de la ré- ■yocation de l'édit de Nantes. Il passa alors en Hollande, où ses talents et son nom l'avaient annoncé depuis longtemps. Le prince d'Orange le gratifia d'une pension. Il mourut peu de temps après, en 1687, regardé par son parti comme l'homme le plus capable de combattre Arnauld et Bossuet. Son éloquence était forte , animée , serrée, pressante. Il manquait d'une certaine élég/ince, mais son style n'en était pas moins fort , pour être simple. Peu de controversistes se sont servis plus heureusement des finesses de la logique et des autorités de l'érudition ; il en tira tout le parti qu'on peut s'en promettre quand on a contre soi la vérité, et qu'on ne peut raisonner que sur des principes faux. On remarque ce caractère dans tous ses ouvrages, dont les principaux sont : Réponse au Traité de la perpétuité de la foi sur l'Eiicharistie, 1671, 2 vol. in-8°; Défense de la réformation , ou Réponse aux préjugés légitimes de Nicole, 2 vol. in-4° et in-12; Réponse à la conférence de Bossuet, in-12; Les Plaintes des protestants cruellement opprimés dans le royaume de France, Cologne, 1713, in-12, ouvrage où il paraît avoir oublié les maux que la secte avait causés dans ce pays. Bayle lui-môme se moque des lamentations des calvinistes sur leurs prétendues persécutions, et leur déclare que leur conduite justifie pleinement la sévérité avec laquelle on les a traités en France. Plusieurs sermons, in-8", écrits avec une éloquence mule et vigoureuse; cinq volumes in-i2 d'OEuvres posthumes, contenant divers traités de théologie et de controverse. Sa Vie a été écrite par Abel Rotolph de Ladevèze, pasteur des réformés à La Haye, Amsterdam, 1687, in-12. CLAUDE (Jean-Jacques), petit-Ols du précédent, naquit k La Haye en leSV. Dès l'âge de 13 ans il publia une Dissertation latine sur la salutation des anciens, Utrecht, 1702, in-12; à l'âge tie 18 ans, une autre Dissertation dans la môme langue sur les nourrices etJes pédagogues : ces deux dissertations ont été réunies et publiées à Utrecht en 1702,
in-12. S'étant consacré ensuite à l'étude de la théologie, il devint pasteur de l'église française de Londres en 1710, et mourut en 1712, fort regretté. Après sa mort, son frère fit imprimer un volume de ses Sermons, où il y a plus de solidité que d'ornements et de pathétique.
CLAUDIEN MAMERTIN, prêtre et frère ae Mamert, archevêque de Vienne, publia dans le v* siècle un Traité sur la nature de l'dme, contre Fauste de Riez, qui prétendait, dit-on qu'elle n'est pas spirituelle, Hanau, 1612, et Zwickau, 1655, 1 vol. in-8°. V Histoire ecclésiastique de l'abbé Racine lui attribue une pièce de vers contre la poésie profane ; mais ce poëme est une suite de la lettre de saintPaulin de Noie k Jove. C'est avec plus de raison qu'on lui donne l'Hymne de la Croix, que plusieurs diocèses chantent au vendredi saint : Pange, lingua, gloriosi prœiium certaminis,*stG. Elle se trouve dans la Bibliothèijue des Pères et dans les livres d'église. Mamert avait été moine dans sa jeunesse, et avait lu une partie des auteurs grecs et latins. Il était un des plus savants de son temps, et mourut en 473 ou 4-74.
CLAUSEL DE COUSSERGUES (l'abbé Michel-Armand), membre du conseil royal de l'instruction publique, né à Coussergues , diocèse de Rodez, le 17 octobre 1763 , était fils d'un conseiller à la chambre des comptes du Languedoc, qui habitait Montpellier; 'e jeune Clausel y lit ses jiremières étudbs. Il vint ensuite à Paris au séminaire des Trente- Trois, puis àla communaut'é ditede Laon,oii Frayssinous et Boyer l'avaient devancé. Il fuJ ordonné prêtre le 22 décembre 1787, entra à la communauté des prêtres de la paroisse de Saint-Sulpice, et, à l'époque de la révolution il retourna dans le diocèse de Rodez. Il fut mis en prison sous la Terreur comme ayant refusé le serment et comme frère de deux émigrés. Revenu à Paris en 1797, il fut un des premiers ecclésiastiques qui s'occupèrent de rétablir l'exercice public du culte. En 1801 lorsque Frayssinous ouvrit ses conférences dans l'église des Carmes, l'abbé Clausel fut un des interlocuteurs. Après le concordat de 1802, il fut nommé grand vicaire du diocèse d^Amiens, et fut chargé pendant quelque temps par '^Igr de Villarel de l'administration spirituelle du département de l'Oise, qui comprenait les trois anciens sièges de Noyon, Beauvais et Senlis. Il se retira en Belgique pendant les Centjours. Il prononça, en 1820, dans la cathédrale de Beauvais, l'oraison funèbre du tluc de Berry, et il fut nommé archidiacre de Beauvais par Mgr de Bombelles. Frayssinous, devenu graud-maîtredel'universitérappela en 1822 au conseil royal de l'instruction publique, où il remplaça l'abbé Eliçagaray, et il y fut chargé des facultés de théologie catholique , des aumôniers de collège , des écoles ues Frères et des rapports avec le gouvernement pour les écoles secondaires ecclésiastiques. En 1823 et 1824, l'abbé Clausel se trouva mêlé à une q^uerelle fâcheuse, dans laquelle il porta à la lois la vivacité de
son caractère et la vigueur de son talent. Il avait cru devoir s'int resser dans Tairai re de Gbasles, curé de Chartres, dé|)lac('^ par son évc^que et quil croynit victime d'un acti; arbitraire. En 18-21) il soutint une autre controverse plus vive encore et d'une nature |)lus grave. L'abbé de Lamennais ayant publiL" sou livre : De la Rflir/wn considérée dans ses rapports avec l'ordre politirpte et civil, Clausel s'éleva avec forco contre cet ouvrage dans diverses brochures; la vivaiité qu'il montra dans celte circonstance s'exjilique par les persoinialilés de ses adversaires. Au commencement de 18-28, Feutier ayant .té appelé au miiiistiTedes allaires ecclésiasli(}U('s en remplacement de Frayssinous , l'abbé Clausel jugea sévèrement, dans une nouvelle brochure , un catéchisme ipie l'évèque de Beauvais venait de publier. Il continuait à siéger au conseil royal derinstiucton punlique, mais ayant eu quehi'ies discussions avec M. de Vatisménil, il demanda un congé et se rendit à Rome : il s'y trouvait à la mort de Léon XII et le cardinal de Clermont-l'onnerre le prit pour son conrlaviste. Lors de la révolution de 1830, Clausel, qui avait repris ses fonctions au conseil ro>il, accourut près de son ami, M. Frayssino' s, qui r<-sidant alors aux Tuleries, courait les plus grands ilarg'rs, et il l'aida à sonir de la capi a'.e. Ouel([ues jours après, ; revenu que sa démission devat lui être demandée, il la donna et obtint une pension de retraite. Quoi<iu'il eût regu des lettres de grand vicaire de l'arc!. evèque de l'aris, il alla se lixer auprès de M. Borde. ies,évéquc de Versailles, qui était son ami. Sa sauté depuis cette époque s'alfaiblit |icu à peu, et il se trouva enfin pris d'une paralyse prtsqu ■ générale. Sa l'ainiile le lit venir à Par, s, où il moin ut le -22 janvier 18^5, laissant un assez grand nombre d'écrits relalils aux contr.. verses dans lesquelles il lut en;^a;Aé, tels que : Courus lié^ flexions sur l'aljuire du curé de la cathédrale de Chartres , pur un docteur en IhéoUgie , G pagis in-S"; Dernières et succinctes paroles sur la même ojl'aire, 10 pages; Lettre d'un docteur en théotoyie en réponse aux Ubscrvations d'un eanoiiisle, 1" juin, 8 pagi's; Courte lléijonse à la courte Itéfntution de tout ce qui a été dit en foreur de M. Chosles, i pages; Lettre dcM. l'abbé'^'*, docteur m théologie, à M. le comte de ***, conseiller d'iilat, i jndjet, 2V pages; Deuxième Lettre du même, li août. 15 liages; Qmliiues Observations sur le dernier écrit de M. l'ohlié de Lamennais, pur un ancien grand vicaire, l'J pages; i\ou- VI lies Observations sur l'ouvrage de M. l'abbé de Lamennais; Dernières observations sur te même ouvrage; Réile.vious diverses sur les écrits de M. de Lami unuis et sur le Mémorial ; Nouveau coup-d'ail sur le Mémorial calholique; Encore un mot sur le Mémorial et sur les doctrines subversives de la saine philosophie et de la foi: te Mémorial eathotigue, lu Société cathuliiiiie ri ILncyetoiiédic »<■ fml gu'un, nu Justification de l écrit précédent; Obstrvutiuns sur le nouveau Catéchisme de lienuvait et sur l'iiulruction pwturale donnée ù
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cette occasion. L'abbé Clausel avait publié, en 1802, de concert avec son fri're aine, une édition des Vies des saints, |nn'gée des défauts de celle de Mesenguy, et à hiq ^elle il avait ajouté les saints que cet auteur avait omis volontairement : mais il n'y mit pas son nom.
CLAUSI (le Père Bernardo), religieux de l'ordre de Saint-Franvois-de-Paule , ancien soldat, né vers 18i)0, était un homme d'une énergie remarqiiab'e, et exerçait une influenc • extraordinaire S' rie peu, île de Home. Doué d'une aciiv té prodigieuse, le saini religieux savait en quelque Sorte se multiplier. Parcourant chaque jour les divers quartiers de la ville éternelle, franchissant les distances avec une i ai idité que le peuple qualitiail de miraculeuse, on le voyait iiresque simultanément en tous les lieux où il y avait des misères îi soulager, des aflligi'-s à consoler. Secourtant les uns, soutenant les autres, passant avec une cordialité simjile, et en quelque sorte enfantine, du |:ala!s <i la prison, ne la chaiimiiTe au < ouvent ou au confessionnal, il portait partout aide, assistance et lumière. Son regard vif et doux, pénétrant et profond, lis nt au fond des cœi^rs et des consciences. Souvent par l'onction et la force de ses discours il ftiisait d'un se léral endurci un pénitent en pleurs, il changeait les tiis|iositions les i lus vicieuses, et ramenait les ;lmes di'voyi'es à la pratique de la \ert.i. Le Père Berriardo av.iit la parole vive comme le regard; gai et riant, la lionté et la bit nveillance resp. raient dans sa |)ersonne. Le roi de Sardaigne, qui avait une conliance illimitée en ses luiii ères, le pria de venir à Turin, il y a quel [ues anni'es. Le Père Bernardo. s'étant ren lu à (elle invitation avec l'autorisation de ses su^iérieurs, fut i.e la part du peuple pii'niontais l'objel des o\a ions les \)\\i> extraordmai; es : chacun vou ail le voir, le toucher; souvent m nie on lui arrachait des fragments de ses vèteuiens pour les conserver «•( innie autant de re iijues. Ces lionneurs, > ont s'eifravail son humii.té, l'obligeivnl «le revenir à Home. Il est mort dans celle vdie, en lanvier 1850. Lu grai.d nombre ue gui risons miiaculuuses uni i {•'■ attril)u es par la voix publique <'i la verlu de ses prier s; mais r.uiloiile eccl'sia.stique ne s'elanl point eui oie prononc e il cet égard, nous nous abstiendrons d'm parler, li avait aussi pn-dii ics malheurs qui devaient fondre en I8'i8et iHV.t sur T Fgli.se el .'<ur u ville de Bome, et il cnnsolnil a.urs les lideles en ajoutant qu- < es inallieiirs seraient suivis du triomplie uivsliquo de l'élu.use de Je^us-Chlisl.
CL.W LU ^Phjhuk). issu d'une ihs meilleures maisons de a Catalugno, entra chez les j suites, il Tari.i-; ne, en lô 2, el obiinl, en 11)10, «l'être en . jé on Améiiquiï avec «iut;lquesaulre> mi.>Miiniiniros, pnur pr> cher la loi a Cartliagcne. cl dans les prorimes viMMiies. A pt-ine lut-il arnv. , ipi'il se sentit eiiiu des plus \its suni.mbiits ne compassion et de cnarilé pour Ufs pauvres nègres qui i2enus»aienllout a la lui» sous j'escl.iva.e
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du démon et des hommes. Occupé nuit et y)ur dos moyens de soulager leurs misères spirituelles et corporelles, on l'eût pris i)our l'esclave des esclaves. Il visitait les prisons et les hripitaux, et s'appliquait avec une ardeur infat gable à la conversion des inlidèles et des mauvais chnHiens. Il est aisé de juger de quelles bihi(^dictions furent combîi''S les travaux d'un tel ministre. Dieu fa\'0iisa aussi son serviteur du don des miracles. Le P. Clavtr mourut le 8 septembre lG3i, âgé d'environ '72 aiîs. Benoît XIV contirma, en 174.7, le décret de la cungrégation des Rites qui déclara compétentes et suffisantes les preuves du degré d'héroïsme dans lequel ce vénérable missionnaire a possédé et pratiqué toutes les vertus chrétietnes. Voyez sa Vie, par le P. F'euriau, 1T51, in-12.
CLAVIGERO (François-Xavier), jésuite, né au Mexique, vers l'an 172J, se livra avec zèle aux travaux i!es niissions, et mourut à Césène qu'.l était v^nu habiter après que son ordre eut été supprimé. C'est dans cette ville qu'iï mit en œuvre les matériaux qu'il avait gppor.és, pour écrite une histoire fort curie ise du .Mexique, qu'il av.iit parcouru dms tous les sens, durant ses missions, pendant 36 ans; elle a |iour tiu-e : Storia aiitica del Messko, cavatn (la migliori storici Spaijnuoli e da manoscrilli e pitture antiche dcgli Indiani, Césène, 17 0-178;, k vol. in-S". Cette histoire a été traduite en anglais par K. Cullen, Londres, 1787, -2 vol. in-'i-". Il on a paru un abrégé en allemand, Leiozis, 1789, 2 vol. in-8\
CLAVICiNY (Jacques de la Mariouse de), du diocèse de Baveux, dont il fut chanoine, ab!jé de Gondan, est autnir de plusieurs petits ouvrages in-16. Traduction libre des psaumes des vêpres du dimanche , Baveux, 1<J75, in-12; un t<a\té Du luxe; la Vie de Guillaume le Conquérant, roi d'Angleterre, 1690, in-i2 ; Les pri'res que David a faites à Dieu comme roi, 1690, in-12. Il mourut en
CLAVIUS (Christophe), jésuite de Bamberg dans le xvi" siècle, ûit envoyé à Rome oii Grégoire XIII l'eiuploya à la correction du calendrier. Il lut chargé d'expliquer et de faire valoir la réforme qui y tut faite en 1581. C'est ce qu'il exécuta dans son traité : Calendarii romani gregoriani expiicatio jussu démentis VIII, Rome, 1G03, in-fol. Cet ouvrage fut attaqué par plusieurs protestants passionnés, entre autres par Joseph Scaliger; mais Clavius le dcfendit avec autant d • savoir que de viaciié. Ce jésuite, aussi profond géomètre qu'habile astronome, fut legaidé comme un nouvel Euclide. Ses divers ouvrages ont tté réunis en cinq volumes in-fol. « Ce sont de ces collections, dit un « auteur, d"nl un savant ne saurait guère se « passer. » On y trouve : des Commentaires sur Euclide, sur Théodore, sur Sacrobosco; des Traités de mathématiques; ses Apologies du calendrier romain contre Scaliger. Clavius mourut en 1012, à 75 ans, terrassé par un buftle en fureur, jjendant qu'il visitait les seuf églises de Rome.
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CLAyTQN(RpBERT), prélat irlandais, membre de la société royale et de celle des antiquaires de Londres, m- à Dublin, en 1093, fut évéque de Killala en 172L), puis de Cork en 1733, et enfin deClogheren J7'i5, et mourut le 23 février 175S, après avoir publié un gran I nombre d'ouvrages estimés, tous écrits en anglais : Introdiictionà l'histoire des Juifs, traduite de l'anglais en français, Leydo, 1752I i\'.-k'; La chronologie du texte hébreu défendue, 1751, in-l"; Dissertation sur les prophéties, 1749, ouvrage qui a pour but de prouver que la tin de la uispersion des juifs et la ruine du paiiisme auroid lieu vers l'au 2000; Recherche impartiale sur le temps de la vernie du Messie, eu deux lettres à 1 n juif de distinction, qui d'abord parurent S('parément, puis ensemble en 1751, in-8"; Le dogme de la Trinité conforme aux lumières de la raison, 1751, in-i"; ce qu'il faut entendre d'une conformité négative, c'est-ii-dire d'un non- 0:.j osiliun, ouvrage qui a beaucoup de rapport avec le traité ue Lcibnitz, intitulé : Sacrosancta Trinitas per nova argumenta logica defensa ; Défense de l'histoire du Vieux et du Nouveau Testament, contre milord Bolingbroc.e, 1752-1737, 3 vol. \n-S°; Journal d'un voyage du grand Caire au mont Sinai, et retour, avec des remarques sur l'origine des hiéroglyphes et la mythologie des anciens Egyptiens, 1753, in-i".
CLEAVER (WiLLiAjij, prélat anglais, né en 17i2, d'un ecclésiastique qui tenait une école <\ T\Yiford, dans le Buckin;djanishire, fut élevé à Oxford, et devint précejiteur du raarq is deBucLiugham. La prolect on de ce seigni ur le lit nommer en lltk, ]:rébendier de VVestminst. r, évèiiue de Chester en 1787, do Saiiit-Asarih en 1806, et il se montra un de plus fermes défensi-urs des doctrines de l'église d'Angleterre. On a de lui : de Rhythmo Grœcorum liber si«(/«/ar<s, Oxford, 1789, in-8°; un recueil de Sermons qu'il publia avec ceux de son frère en 1808; ei quel. pies autres ouvrages, la ]il part sous le voile de 1 anonyme. Il est mort le 13 avril 1815.
CLEMANGIS ou CLAMANtiES (Nicolas de), né à Clamaiiges, village du diocèse de Chàlons, docteur de Sorbonue, ensuite recteur de l'Université de Paàs, fut secrétaire de l'antipa e Benoît XIII. 0. l'accusa d'avoir dressé la bulle d'excommunication contre le roi de France. N'ayant pu se laver 1 iitièrement de cette imputation, il alla s'enfermer dans la Chartreuse de Vallc-Umbreusc, et y composa plusieurs ou'. rages. Le roi lui a; ant accordé son i)ardon, il sortit de sa retraite, et mourut proviseur du collège de Nav.irre VOIS li30, et s. 1. 11 quelques auteurs, eu liJO. On voit encore dan^ la chapelle de ce collège, où il fut enterré, son épitaphe que voici :
Beliia lui, r.iiialaiinus tT.im, Clamingiiis .irlu ; Hic liuiDus ossa leiiel, s^urilus aslra petit.
11 avait été chanoine de Langres, il était alors chantre et archidiacre de Paris. Ou a de lui, ent.e autres ouvrages, Destudiis thcologicis, inséré dans le Spicilége du Père d'Acheiy, et plusieurs lettres. Sou latiu est assez nur, oour
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UH temps où la barbarie régnait. Il contribua beaucoup à ranimer l'étude des belles-lettres, et k rappeler dans sa nation le style des anciens, dont il approche beaucoup pour l'éloquence, la noblesse des pensées, l'élégance du style, les applications des auteurs profanes et sacrés. Quant au traité De corrupto Ecclesiœ statu, que quelques auteurs lui ont attribué, il paraît certain qu'il n'est pas de lui. Voy. Jean de Chelm.
CLÉMENCE (Joseph-Gdillaume), né auHavre-de-Grâce, chanoine de Rouen, s'est fait connaître par des ouvrages savants et solides, où le christianisme estdéfendu avec dignité et avec force, tels que la Défense des livres de rAncienTestamentcontrelaphilosophiede l'histoire: et l'Authenticité des livres tant du Nouveau que de l'Ancien Testament, démontrée, et leur véridicilé défendue, en réfutation de la Bible enfin expliquée par les aumôniers durai de i'rwsse, lesquels aumôniers ne sont autres que Voltaire, Paris, 1782, 1 vol. in-8% ouvrage qui décèle autant d'érudition que de critique, et est écrit d'une manière vigoureuse et avec tout le laconisme que la chose comporte. Sous ces rapports on le préfère à celui de Contant de La Molette. « En recon- « naissant, dit un critique, dans Con'ant un « grand nombre de bonnes observations, il i faut convenir qu'un étalage souvent inutile < de science liébraîque et des discussions « grammaticales semblent y prendre la idaco « des raisonnements les plus victorieux que « la matière fait naître comme d'elle-même , u et qu'en général sa manière n'a ni la préci- « sion, ni la dignité, ni la logique de Clé- « mence.» On a encore de lui : Les caractères duMessie vérifiés en Jésus de Nazareth, Rouen, 1776, 2 vol. in-8'. L'abbé Clémence mourut eu 1792.
CLÉMENCET (dom Charles), né en 1703 à Painblanc, diocèse d'Aulun, mort le 5 avril 1778, entra dans ia congrégation de Saint- Mauren 1722. Après avoir enseigné la rhétorique à Pont-le-Voy, il fut appelé à Paris dans le monastère deslJlaucs-Mantraux. C'était un hoiiune ardent, attaché à ses opinions, et soullrant avec peine qu'on les combattît. « 11 « ne fallait pas dire, au rapport de dom Chau- « don, eu sa présence, ni du mal de MM. de « l'uit-Royal, ni du bien des jésuites.» Doué d"niie ruéuioirc heureuse, et né avec l'amour du travail, il écrivit jusqu'au tombeau. On a de lui : l'Art de vérifier les dates, ou faits historiques des chartes, des chroniques, et anciens monuments depuis la naissance dcJ.-C, par le moijen d'une table chronologique, etc., avec un calendrier perpétuel, l'histoire abréijéc des conciles, des papes, des emi)rreurs, des rois, etc., pur des religieux bénédictins de la congrégation de Saint-Maur, connnencé par dom .Maur d'Antinc, qu'il publia avec dom Durand, 175(1, in-'v", et (juil lit réimprimer avec dom (élément, corrigé et augmenli', eu 1770, in-folio. On l'a encore augmenté et imprimé en 1783-87, ."{ vol. iii-lol. llyabeau- ( ijup de recherches et d'iTudillon, mais au-.si beaucoup d'idé<'s singulières, de calculs esoliques et pour ainsi dire arbitraires, rcvClus
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d'un appareil de critique propre à suDJuguer les âmes admiratrices des choses nouvelles. On voit sans peine que les rédacteurs ont moins cherché à instruire qu'à distinguer, plus attentifs b quitter les routes battues, qu'à saisir la vérité et l'ordre exact de l'histoire. La diTuière édition surtout est infectée de l'esprit de ce parti qui a produit les convulsions de saint Médard, et qui, sons des apparences opposées, se réunit à la philosophie du jour, pour travailler, chacun à sa manière, à démolirle grand édifice de l'Eglise catholique, comme les pharisiens et les sadducéens travaillèrent sous les auspices de l'hypocrisie et du libertinage, d'i^ie orthodoxie factice et dupl ^s grossier matérialisme, à déshonorer et à perdre la synagogue {Voy. Paris , Montgiîron , Roche (Jacques) , et la fin de l'art. Jansémus]. 11 a paru en 1750 sur cet ouvrage une Lettre pleine de bonnes observations , dont quelques-unes ont été insérées dans les Mémoires de Trévoux, 1750, novembre, page 1656. Voyez aussi le Journ. hist. et littér., 15 février 1785, p. 2il ; 1" octobre 1785, p. 2i0; 1" octobre 1790, p. 185. On trouve dans ce dernier numéro la réponse à la prétendue apologie des auteurs. L'Art de vérilier les dates a encore été réimprimé avec des corrections et des annotations en 18 vol. in-8° et 5 vol. iii-V, 1818-19. Un critique connu a nommé ce fameux ouvrage l'Art de vérifier les dat-es et de falsifier les faits. To!/. Clément (dom François). Histoire générale de Fort-Royal, 1755-57, 10 vol. in-12. On en a une a tre de Racine, et encore une antre, [uibliée en 1786. Toutes ces histoires se réduisent à nous apiirendre que res|)rit de dis[iute et de parti amena entiu la destruction et démolition totale de ce monastère ci'Lèlire. « Louis XIV, dit un auteur, « lassé de voir des ILlleltes infaligalilement « argumenter sur la grâce et la predestina- « tion, rejeter les décisions de l'Eglise, faire « de leur maison le rendez-vous de tous les « factieux d'un parti fanaliiiue et dangereux, « a pris enlin, de concert avec le pape, la « sage résolution de mettre ces pauvres et « iiupiiètes créatures dins une situation « plus paisible, en les disprrsant en divers « monastèr.'S, et de l'aire raser leur maison. « La charrue y a passé, et on a vu croître do « bons épis là où l'on n'ontendait que do « tristes crgolerics sur s.iint Augustin. » Lettres à HJorénas sur son abr.égé de l'histoire eccWsiasIique de Fleury, 1757, in-12; on y retrouve la chaleur de son esprit et de son i aiti. Les lûmes X et XI de ['Histoire littéraire de France (Voy. Rivkt m: la ('ihanukI. Il en a paru unilei'ui^ jiar dom Cléiinnl.Cleim.'iicet avait eiirore coiniiosi' une Uisloire des vies de suint Itcrnurd cl de Pierre le Vénérable, (x's deux morceaux ont été imprimés sé|iarenienl, Paris, 1773. in-'»°, et se joignaient ;i cette lii>t(iire comme Xlll' voL Depuis il a paru une L'uiitinuatiun à cet uiivragi', Paris, 18IV-17, 2 vol. in-V. yaj/i/îcation du sommaire de l'histoire ecclésiastique de Racine, 176(1, iii-12. Quelques biograplios l'allribuent à Ronlul. Il a iruvuillé au rocuei'
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des Lettres des papes avec dora Durand, ouvrage commencé par dom Constant. La vérité et l'innocence ^'ictorieuses de l'erreur et de la calomnie, au sujet du projet de Bourg-Fontaine, 1758, 2 vol. in-12. (Voy. Filleau). « Ce « livre, qui est écrit chaudement, dit dom « Cliaudon , n'est pas le seul dans lequel « l'auteur ait réfuté les jésuites. 11 donna di- « verses brochures contre eux avant et après « l'arrêt du parlement de 1762. 11 aurait été « sans doute plus généreux de ne pas jeter « des pierres à des gens qui étaient à terre; « mais puisqu'un religieux voulait écrire « contre des religieux , il aurait dû prendre « un ton plus modi'ré; le sien ne l'était as- « sûrement pas. Qu'on en juge par ce titre « d'une de ses lirochures : Authenticité des « pièces du procès criminel de religion et « d'étal qui s'instruit contre les jésuites depuis « deux cents ans, démontrée, 1760, in-12. » C'est CJémencet qui a le plus contribué à la fameuse collection intitulée Extraits des assertions dangereuses et pernicieuses des ouvrages des jésuites : ouvrage oîi l'on voit ]3artout, selon l'évèque de Sarlat (Instruction pastorale du 28 novembre 1764), l'empreinte d'une main ennemie de Dieu et de ses saints, de l'Eglise et de ses ministres, du roi et de ses sujets. Voy. cette Instruction, celle de l'archevêque de Paris du 28 octobre 1763, oii cet ouvrage est réfuté avec assez de détail. Voy. encore la Réponse aux Extraits des assertions, 1763, 3 vol. in-4-°, où l'on montre les falsifications et les altérations de toute espèce, dont les Extraits sont farcis.
CLÉ.MENT 1" ( saint ) , disciple de saint Pierre, dont il reçut l'ordination, suivant le témoignage de Tertullien, succéda, l'an 91, à saint Clet ou Anaclet. Saint Paul parle de lui dans son Epilre aux Philippiens. Ce fut sous son pontificat que Domitien excita la seconde persécution contre les chrétiens. Quelques savants prétendent que c'est à saint Clément qu'on doit la mission des premiers évoques dans les Gaules, que d'autres rapportent au pontificat de saint Fabien. 11 mourut saintement, ou, selon d'auties, il soutl'rit le martyre l'an 100. Les actes que Métaphraste nous a donnés de son martyre, ne méritent aucune considération ; mais cela ne prouve pas que saint Clément n'a pas versé son sang pour la foi. Rufin, le papeZozime, et le concile de Bazas, tenu en i52, lui donnent expressément le titre de martyr. 11 est mis aussi au nombre des martyrs dans le canon de la Messe. On a attribué à ce saint pape : Les Constitutions apostoliques, livre ancien et utile; les Récognitions, ouvrage cité par Origène, saint Epiphane et Rulin, qui ont cru qu'effectivement ce livre était de saint Clément , mais que les ébionites l'avaient étrangement défiguré; le pape Gélasel'a mis au rang des livres apocryphes ; cinq Lettres qui sont du nombre des Décrétales. Les critiques conviennent aujourd'hui assez généralement que tout cela n'est pas de saint Clément. Ce qui en est indubitablement est une Epitre aux Corinthiens, longtemps perdue, retrouvée dans le xvii' siècle, et publiée DicT. DE Biographie relig. 1.
'y à Oxford en 1633 par Patricius Junius, sur *un manuscrit venu d'Alexandrie, où elle est à la fin du Nouveau Testament. C'est un des plus beaux monuments de l'antiquité. « Il y a, « dit Tillemont, beaucoup de force et d'onc- « tion, accompagnée de jirudence, de dou- « cour, de zèle et de charité. Le style en est « clair. Elle a un grand rapport avec l'Epître « aux Hébreux. On y trouve le môme sens et « les mêmes paroles; ce qui a fait croire à « quelques-uns que saint Clément était le « traducteur de cette Epître de saint Paul. » Plusieurs critiques lui attribuent encore une autre Lettre aux Corinthiens, dont il ne nous reste qu'un grand fragment publié en latin jiar Godefroi Wendelin, et en grec par Palricius Junius. 11 paraît, en effet, qu'il en est véritablement l'auteur. Saint Denys de Corinthe, dans sa lettre à Soter, évêque de Rome, atteste cjue de temps immémorial on la lisait dans son église. Saint Irénée la qualifie de très-puissante et très-persuasive. Clément d'Alexandrie la rapporte dans ses Stromates, sect. 5, conforme au fragment que nous en avons. Origène la cite dans son commentaire sur saint Jean, et dans son livre des Principes. Il est faux, comme le dit Burigny, « que Eusèbe, saint Jérôme et Photius « la rejettent absolument. » Philippe Rondinini a donné la Vie de ce pape sous ce titre : De S. Clémente papa et martyre, ejusque basilica in urbe Roma, Rome, 1706, in-4.°.
CLÉMENT II, successeur de Grégoire VI, Saxon de naissance, ajipelé auparavant Suidger, évêque de Bamiierg, élu pape au concile de Sutri, en 1046, mourut le 9 octobre 1047. C'était un pontife vertueux, qui montra beaucoup de zèle contre la simonie.
CLÉMENT 111 (Pall ou Paulin), Romain, évêque de Preneste, obtint la chaire apostolique après Grégoire VIII, le 19 décembre 1187, et mourut le 27 mars 1191, après avoir publié une croisade contre les Sarrasins. C'est le premier des jiapes qui ait ajouté l'année de son pontificat aux dates du lieu et dujour.— Sur Clément m, antip.,T'.GuiBERT.
CLÉMENT IV (Guy Foulquois.Fuloom.ou Foulques), né de parents nobles à Saint-Gilles sur le Rhône, d'abord militaire, ensuite jurisconsulte, devint secrétaire de saint Louis. Après la mort de sa femme, il embrassa l'état ecclésiastique, fut archevêque de Narbonne, cardinal, évêque de Sabine, et légat en Angleterre. 11 monta sur le saint-siége eu 1265. On eut beaucoup de peim^ à lui fair« accepter la papauté, qu'il ne garda que trois ans, étantmortàViterbeen 1268. Rien n'égale la modestie de ce pape, comme on le voit |iar une lettre qu'il écrività Pierrele Gros, son neveu. Il ne veut point que ses parents viennent le trouver sans un ordre particulier, ni qu'ils s'enorgueillissent , et cherchent des partis plus avantageux à cause de son élévation, ni ((U'ils se chargent de recommandations pour personne. Ses filles étant recherchées en mariage, il leur offrit une dot si modique qu'elles aimèrent mieux se faire religieuses. Celle qu'd promit à sa nièce, ne fut que de 300 livres tournois, encore à con-
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dition qu'elle épouserait le fils d'un simple chcvilier. 11 tâcha de d'ssuader .'aiiit Louis d'ur.e nouvelle croisade , et ne la puhlia qu'avec ré[iugnance; non qu'il improuvât le but de ces ex|)éditioiis, mais parce qu ■ les mauvais succès qu'elles avaient eus jusqu'alors, lui inspiraient une timidité prudéut<'. On a dit que lorsque Charles de France, roi de Sicil % le consulta sur ce qu'il devait faire de Conradin, son iirisonnier ot son concurrent, hi pontife lui conseilla do le faire mourir; mais Fli;ury et Muratori lejustitient de cette fausse imputation, ot le Père Jacoh Spon encore mieux, en prouvant que Conradin fut mis à mort un au après celle du pape. On sait qu'après la mort de ce pape, il y eut un interrègne de trois ans. « Ce fut « dans cet intervalle, dit un autre historien, « marqué avec précision par Guillaume de « Puy-Laurent , ot par la Chronologie de « Montfort, qu'ont suivie les critiques mo- « dernes les plus estimables, et par cons^'- « quent après la mort de Clément IV, que « Cliarles d'Anjou lit mourir le jeune Conra- « din. Il est donc inutile d'alli'guer avec qucl- « quos apologistes simulés, pour paraître dé- « fendre Clément d'avoir contribué à cette « exécution barbare, il est, dis-je , plus « qu'inutile d'alléguer que Charles en fut « repris par ce pape et par ses cardinaux. » C'est sous le |iontilicat de Clément IV que les confrères du Gonfanon s'associèrent à Rome en l'honneur delà sainte Vierge. Celle cou'rérie a été, dit-on, la première et le modèlt' de toutes les autres. On a de ce ]iape quclcjucs ouvrages et des lettres dans le Thésaurus anecdotorum de Martenne.
CLÉMENT V, appelé auparavant Bertrand de Gouth ou de Goth, né à Villandreau dans le diocèse de Bm-deaux, fut archevêque de cette église en 1300. A|»rès la mort de Benoit XI, le sacré collège, longtemps divisé, se réunit en sa faveur. Son couronnement se fit le l'i- sejitembre l-'tOoà Lyon, où il appela les cardinaux. Matthieu Uosso tles Ursins, leur doyen, dit à cette occasion : L'Eglise ne reviendra de longtemps en Italie ; je connais les (jnscons. Le vieux cardinal ne se trompait pas. Le nouveau i>ape établit la cour romaine sur le bord du Khône. Il déclara vouloir faire son séjour à Avignon, et s'y hxa en 130'J. « Cependant toutes les raisons, dit « r.ilibé Bérault, faisaient du séjour habilutd « de Rome un devoir indispensable poui' le « I)apo, en qualili' tant de < hct d • l'LgIisc. « que d'évèiiue de ci'ite capitale du monde. « C'était là que le |>rince des apAtres avait « transféré, de l'Orient, la primauté de « l'apo-ilolal; i-t en (piittanl le séjour d'An- « tioche, il avait quitté en mènn! temps le « litre de cette église, à iaquelio il avait eu « Soin de nreposiir un nouvel év(><|ue. Par « un enchaînement de révolutions et de cnn- « jonclures, où les plus hardis penseur.s « n'ont pu im'-connaîlre laroii 'uiti- de la Pro- « vi'lriue, l-i «ouvi-raini'lé de lîome, en |)as- « sard à ces poiililes, les y a nus sur un piiil « aussi digne de la suréminence de leur rang, « que favorable à la sainte liberté de leur
a ministère. Les factions passagères des Ro- « mains, les troubles et les dangers de l'ita- « lie, de l'aveu môme des apolo,.;istes de Clé- « ment V, n'en eussent point banni un saint « Léon, un saint Grégoire, tant d'autres pon- « tifes d'une héroïque vertu ■ et que doivent « donc être tous les souverains pontifes, si- « non des liommes supérieurs aux faiblesses « ordinaires de l'humanité? » Les Komains se plaignirent beaucoup, et malheureusement la conduite de Clément V semblait fournir à la médisance. Ils dirent qu'il avait établi le saint-siége en France pour ne pas se séparer de la comtesse de Périgord, fille du comte de Foix, dont il était éperdument am ureux, et qu'il menait toujours avec lui. On l'accusait de faire un honteux trafic des choses sacrées, etc. Ces reproches, et d'autres qui peuvent être fondés à quelques égards , ont été beaucoup exagérés par Villani et d'autres historiens. Pour en juger sans préoccupation, il faut lire la sage et savante dissertation du Père Berthiei', qu'on voit k la tète du xin* tome de YHisloire de l'Eglise gallicane. Clément se joignit à Philippe le Bel pour exterminer l'ordre des templiers, l'abolit en ]iailie dans un consistoire secret pendant le concile général devienne en Dauphiné, en 1310. On connaît les jugements divers que les historiens ont poités de cette abolition. Il parait indubitable que le pape et le roi ont eu de tiès-grands torts, au moins dans la manière de procéder. Nous observerons seulement que celte abolition ne s'est faite que |iar un décret provis dre et non par un jugement déiinitif sur la réidité des crimes des accusés. Non per modum definitivir sententirp, sedper rium provisionis et ordituilionis apostolicœ. Il est certain que les tem[iliei's, supposés même innocents, ne pouvaient plus exister avec honneur et avec fruit. Les liistoriens sont d'accord qu'ils sont convemis d'abord généralement des faits qu'on leur reprochait; soit crainte, soit espérance, ils ont avoué, quoique quelques-uns se soient rétractés ensuite. Or , des hommes assez l;\ches jiourse déshonorer eux-mêmes, pour se couvrir de la honte dvs crimes les plus énormes, ne pouvaient plus servir rFgliso de Dieu sans scandale et sans murmure de la part des Hdèles. Yoi/. Molav (Jvryi es de). Ce pontife mourut le 20 avril LMV, à Hoqueniaure, jn'ès d'Avignon-, comme il se faisnt Iransporler k Bordeaux pour respiriT l'air natal. Sa luorl [ re^cpie subite, qui parut être la suite de l'ajournemenl fait par .Molay (V'o;/. encore ce mot), el divers accidents qui em] oisonnèrent sn vie, fui regardée comme une |)uiiilion de la conduite (ju il avait linuo h l'égaid des templiers, et (le la fausse dénian-'ie de faire d'Avignon la ré>-idenco du pontife romain. Son couronnement avait été suivi de présages que les llaliens regardèrent comme funestes. Ce spectacle avait attiré lair de momie, qu'une vieille muraille, trop char-,'i''e d' sj)i'itateurs, s'i'iroula, blessa Philippe le Bel, écra^^a le due de Bretagne, renversa le pane et lui lit lom!)er la tiare do dessus la tète. Les Romains apjiellent encore
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aujoard'liui la translation du saint-siége, la captivité de Bahijlone. On doit à Clément V u!ie compilation nouvelle, tant des dt'crets du concile général de Vienne au([uo1 il avait présidé, que de ses épîtres ou constitutions; c'est ce qu'on appelle les Cément ines, dont les éditions de Mayence, 1460, 1467, IWl et 1473, in-fol., sont rares.
CLÉMENT YI (Pierre Roger), Limousin, docteur de Paris, monta sur le siège pontifical en 1342, après la mort de Benoît XII. Il avait été bénédictin de la Chaise-Dieu en Auvergne, puis archevêque de Rouen, enlin cardinal. Le commencement de son pontificat fut marqué par la publication d'une bulle ,
f»ar laquelle il promettait des grâces à tous es pauvres clercs qui se présenteraient dans deux mois. Cette promesse eu attira en peu de temps plus de cent mdle, (jui inondèrent Avignon et fatiguèrent le pape. Clément ne trouva rien de mieux, que de faire quantité de réserves de prélatures et d'abba3es, en dérogeant aux élections des chapitres et des communautés; dérogation qui produisit peutêtre un plus grand mal que le bien qu'il voulait faire, lui 1343, il accorda pour la 50° année l'indulgence que Boniface VIII n'avait établie que pour la centième. Sa bulle est la première qui compare cette indulgence au jubilé de l'ancienne loi. On compta à Rome, en 1350, depuis un million jusqu'à 1200 mille pèlerins. Clément VI mouriit en 1352, dans de grands sentiments de religion. L'année d'au[)aravaiit, étant tombé malade, il donna une constitution oii il disait : « Si autrefois « étant à un moindre rang, ou depuis que « nous sommes élevé sur la chaire apostoli- « que, il nous est échappé, eu disputai. t ou « en prêchant, quelque chose contre la foi « catholique ou la morale chrétienne, nous « le révoquons et soumettons à la correction a du saint-siége.» Pétrarque, qui vivait de son temjis. lui donne l'éloge de très-savant pontife. Clément VI n'oublia rien pour délivrer l'Italie de la tyrannie de Louis de Bjvière, qui avait pris le titre d'empereur; il envoya un légat dans le royaume de Naples pour travailler à la réunion des «.recs et des Arméniens. Ce pape a con'.posé divers ouvrages, des sermons et on beau discours à la canonisation de saint Yves. Fleury (tome XX, livre xcHi, n. 13) a tracé un portrait peu favoralde de ce pape, sur la seule autorité de Maltlùev- Vil!ani , historien passionné, créature de Louis de Bavière, d'autant plus suspect sur le compte de Clément, qu'il ne voit rien en lui que d'odieux, ii l'exception de sa science, qu'il fait l'etfort de donner pour médiocre ; tiiudis qu'une foule d'autre s historiens lui accordent une érudition et des lumières su- ]) rieures, une extrême bienfaisance, un fond d'humanité, de bonté et de douceur, qui a fait dire h Pétrarque lui-môuie que jamais personne n'avait porté à plus juste titie le nom de Clément. Un particulier qui l'avait f^: ièvement olfen; é dans sa première condition, osa lui demander une grâce extraordinaire ([uatrd il fut pa(>e. Clément se souvint de l'injure, et dit : Non, jamais on ne me re-
prochera de m'étre vengé, et sur-le-champ il accorda ce qu'on lui demandait. Voij. Alde- BRAND. La facilité confiante avec laqui^lle Fleury a répété les calomnies de Villani, doit ' suffire pour tenir le lecteur en garde contre les jugements que cet historien de l'Fglise a portés sur plusieurs hommes illustres, et particulièrement sur quelques souverains pontifes.
CLÉMENT YII (Jui.es m Médicis), d'abord chevalier de Rhodes, succéda à Adrien VI en 1323. Cru, dans sa jeunesse, fils naturel de Julien de Médicis, Léon X son parent le déclara légitime, sur la déposition de quelques personnes qui assurèrent qu'il y avait eu entre son père et sa mère une promesse de mariage. La faveur dont il jouit sous ce pape, la pourpre dont il fut honoré, lui frayèrent le chemin à la chaire pontificale. Il reçut une ambassade solennelle de David, roi d'Abyssinie, qui lui demanda des missionnaires, et reconnut sa primauté , dans l'assemblée de BologJie, en présence de Charles-Quint, qui venait d'être couronné empereur. 11 se ligua avec François I'% les princes d'Italie et le roi d'Angleterre, contre Charles. Cette ligue appelée sainte, parce que le pape en était le chef, ne lui procura que des infortunes. Le connétable de Bourbon , qui avait quitté ï'rançois I" pour Charles-Quint , fit sommer Clément VII d" lui donner passage |>arRome pour allerà Napk'S, en 1327. Le pape refusa, et sa ca[iitale fut saccagée pendant doux mois entiers. Il y avait beaucoup de luthériens parmi les Impériaux. Les. soldats de cette secte s'étant saisis des habits du pape et de ceux des cardinaux, s'assembler nt dans le conclave,rc'vêtus de ces habits; et après avoir dégradé Clément , ils élurent à sa place l'hérésiar(|ue Luther. Le pape, assiégé dans le chiUeau Saint-Ange, n'en sortit qu'au bout de six mois, déguisé en marchand. Il fut obligé d'.icccpler toutes les conditions qu'il plut au vainqueur de lui imposer. Henri S lelmann, protestant anglais, dans son Histoire des sacrilèges, attribue ses disgrâces à la facilité avec laquelle ce pap'' se prêta à la suppression de plusieurs monastères , demandée par Volsey. Clément Ml eut bientôt arrès un nouveau sujet de chagrin. Ayant refusé, comme il le devait, des letucs dé divorce à Henri YIII, et se voyant forcé de condamner son mariage avec Anne de Boulen, il ianca contre lui une bulle d'excommunication , qui servit k ce prince de prétexte pour consommrr un des plus odieux scliismes qui aiunt désulé l'Eglise calholique. Des auteurs peu instruits, ou trop avides à saisir les fables débitées contre les pa|).s, ont dit que Clément VII avait provoqué ce malheur par sa préci|>itation; mais c'est un conte réfuté par l'abbé Raynai, dans ses Anecd. hist., et par Voltaire, dans les Annales de Vempire. Ce dernier d:t exuressément cjue le pape ne put se dispenser d'excommurliicr Henri. Cette calnnni.e li'aiilcurs se réfute ])ar toutes les circon^tanci'S d'un événement si désagréable au saint-siége, par tout ce qui avait précédé la qon.soiflniation tiu schisme , par l'impossibilité évidente de ra-
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mener Henri à des principes chrétiens. L'abbé Bérault met tout cela en évidence dans son Histoire de l'Eglise , accumule les faits qui confondent l'imposture, rrfute la relation de Martin du Bellay, ([ui , quand même elle serait vraie, ne prouverait rien, et conclut que, s'il y a quelque chose d'étonnant et d'excessif dans la conduite du pape, c'est sa constante et invincible patience qui s'est soutenue longtemps après l'évanouissement total de toute espérance de conciliation. Le caractère de Henri est une espèce de confirmation de ce que cet historien écrit sur cette matière. 11 conte d'ailleurs que l'excommunication ne fut portée que le 23 mars, et que dès le 14 du même mois le parlement avait fait une défense sévère de reconnaître le saint-siége. Il mourut le 26 septembre 1534 , et eut Paul III pour successeur. Il avait eu, quelque temps avant sa mort, uno entrevue à Marseille avec François I", ([ui maria son lils le duc d'Orléans, depuis Henri II, avec Catherine de Médicis. Voy. Robert de Genève, antipape qui , dans le XIV' siècle, avait aussi pris le nom de Clément VII.
CLEMENT VIII (Hippolïtf Aldobrandin), natif de Fano, fut couronné pontife après la mort d'Innocent IX le 30 janvier 1592. Craignant que le calvinisme lie vînt à régner en France avec Henri IV, il y envoya un légat pour engager les catholiques à élire un roi; mais Herui, ayant su que le pape était secrètement bien disposé à son égard, envoya à Rome Duperron et d'Ossat, depuis cardinaux, q^ui parvinrent à le réconcilier avec le saintsiége. Le pape, extrêmement satisfait de cet événement, voulut le faire passer à la postérité par des médailles qui portaient son |iortrait d'un côté, et de l'autre, celui d'Henri.IV. Clément eut un nouve lu sujet de joie dans la même année 1595, mais il ne fut que passager. Deux évôcjucs russes vinrent prêter obédience au saint-siége , au nom du clergé de leur pays : mais, de retour chez eux, ils trouvèrent leur église plus oljslinée que jamais dans le schisme. Une autre légation du patriarche d'Alexandrie eut des suites plus neureuses. Les députés abjurèrent entre ses mains les erreurs des Grecs, et reconnurent la primauté de l'Eglise romaine. Le livre du jésuite Molina ayant fait naitre des disputes entre les dominicains et les jésuites sur les matières de la grAce , le loi d Ivs|)agne renvoya les combattants à Clément \Ili.(]e [)oiitife établit à Rome les fameuses congrégations de Auxiliis, ou Des secours de la (/race, composées de prélats cl de docteurs drsiingués. Ces congrégations commencèrent à s'assembler le 2 janvier 159S. Le |)ape avait cette alfairc fort à cœur. Il assista en persomic à toutes les conférences , toujours accompagné de 15 cardinaux. Les soins (juil se doiuia pour faire Onir ces dis()utes, ((intinuèrcnl jus(|u'h sa mort, arrivée le 5 mai's IGOo, à (19 ans II n'eut pas le bonlii'ur ilc les ti-rmincr. Elles recommencèrent sous Paul V, son sui'cesscnir. Clément fut ret-onnnandable connue |iontifo et comme prince, il cond.imna les (bn-h, ramena un grand nomlire d hérétiques au sein do l'E-
glise , et ne contribua pas peu à la paix de Vervins en 1598. Jamais pape ne récompensa avec plus de soin les savants et les personnes démérite; il éleva au cardinalat Karonius , Bellarmin, Tolet, d'Ossat, Duperron, et plusieurs autres grands hommes. Après la mort d'Alphonse II, duc de Ferrare et de Modène, il accrut le domaine ecclésiastique du duché de Ferrare. César d'Est, cousin germain d'Alphonse, mais déclaré bAtard , prit les armes inutilement , et s'accommoda avec le pape, en renonçant au Ferrarais. Clément VIII a corrigé le Pontifical rornain, imprimé à Paris en 1664, in-fol., et 1683, in-12, et le Cérémonial des évéques, ibid., 1633, in-fol. Un historien véridique a porté de ce pontife le jugement suivant : « Zélé jiour la propagation de « l'Evangile, pour l'extirpation des hérésies « qui ravageaient l'Europe, pour la conver- « sion des schismatiques de l'Orient, pour le « rétablissement des mœurs et de la disci- « pline, il était si infatigablement appliqué « à tous ses devoirs, que les années et les « infirmités ne lui tirent jamais rien relâcher « de son travail. Il aimait les sciences et était « fort savant lui-même, libéral, extrêmement « charitable, sobre et frugal, ou plutôt aus- « tère, jeûnant fréquemment, ajoutant à ses « longues oraisons des pratiques de pénitence « qui auraient édifié dans un simple religieux. «.Il se confessait tous les jours au pieux car- « dinal Baronius; et tous les jours, sans y « manquer, il disait la messe avec une dévo- « tion qui lui faisait bien souveut répandre « des larmes. Humble de cœur et d'etfet, no- « nobstant un certain air d'empire et un ton « absolu, on le vit plus d'une fois au tribunal « de la pénitence, recevoir, comme eût fait « un bon curé, tous ceux qui se présentaient. « Jaloux encore de conserver les droits de « son siège, il ne les outra point, ou du moins « il évita les excès où avaient donné quelle ques-uns de- ses iirédécesseurs. Tel fut le « pape que d'effrontés sectaires, par un arti- « cle formel de leur foi, tinrent pour l'anle- « christ. »
CLEMENT IX (Jules de'Rospigi.iosi), d'une famille noble de Pistoie , en Toscane, né dans cctle ville, en 1600, fut successeur d'Alexandre; VII, en 1667, se montra libéral, magnili(pie, ami des lettres, et s'illustra par son caraclèi'e pacitiipie. 11 commenta par décharger les peuples de l'Etat ecclésiastique, des tailles et des autres subsides ; et il employa ce (pii lui restait de son revenu h procurer du secours à Candie contre Ifs Turcs. Il no souhaita pas moins ardeuunenl <le donner la paix h l'Eglise de France. Les évoques de Beauvais, d'Angers, de Pamiers et d'AIet, qui avaient miuilri' la plus grande np|)Osilion à la signature pure et simple du formulaire d'Alexandre \ II , voulant rentrer dans la cominuinon liu sainl-siége, assurèrent Clément l\ qu'ils y avaient enlin souscrit, sans exieption ni reslriclitui (pielcoiiipie. Cependant, malgré ces |)rotes(,tiions, ils assembleront leurs sMiodes, où ils firent sou.-^crire le formulaire avec la divlinclion expresse du fait et du droit, cl ils en dressèrcnl des prp-
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cès-verbaux qu'ils eurent soin de tenir secrets. Dix-neuf évoques se joignirent à eux pour certifier au pape la vérité de ce que ceux-ci lui avaient mandé. Des assertions aussi positives déterminèrent Clément IX à recevoir les quatre évêques à sa communion en 1668. Mais à peine cette réconciliation fut-elle rendue publique, que les quatre évêques et leurs partisans publièrent les procèsverbaux qu'ils avaient dérobés jusqu'alors à la connaissance du clergé ; et ils en inférèrent 5ue le pape, eu se réconciliant avec eux, avait ipprouvé la signature avec la distinction du droit et du fait. C'est ce qu'on a appelé, assez mal à propos, la paix de Clément IX. [Voy. les brefs de Clément IX à ce sujet, l'un adressé au roi, l'autre aux quatre évêques, le troisième aux évêques médiateurs ; la relation du cardinal Rospigliosi , la harangue du cardinal Esliœus dans la congrégation du consistoire du h- janvier 1693, et la Défense de l'histoire des cinq propositions, p. 396.) Ce
ftontife, dont le règne fut trop court, mourut e 9 décembre 1669, du chagrin que lui causa la perte de Candie. Clément X lui succéda.
CLEMENT X (Jean- Baptiste-Emile Al- TiEBi ) , Romain, fut fait cardinal par Clément IX, son prédécesseur. Ce pape , au lit de la mort se hâta de le revêtir de la pourpre sacrée, et, lorsque Al lieri vint le remercier de sa promotion, il lui dit : « Dieu vous « destine pour mon successeur; j'en ai quel- « que pressentiment. » La prédiction de Clément IX s'accomplit, et son successeur, élu le 29 avril 1670 , fut aussi doux et aussi pacitique que lui. Il mourut en 1676 à 86 ans. Le cardinal Patron, son neveu, gouverna son pontificat; ce qui fit dire au peuple qu'il y avait deux papes, l'un de fait , et l'autre de droit. Innocent XI fut le successeur de Clément X.
CLEMENT XI (Jean -François Albam) , né à Pésaro en 16*9, créé cardinal en 1690, fut élu pape le 23 novembre 1700, après Innocent XII. Il n'accepta la tiare qu'au bout de trois jours, et qu'après avoir consulté des hommes pieux et éclairés , pour savoir s'il devait se charger de ce fardeau. Le cardinal de Bouillon, devenu depuis peu doyen du sacré collège, eut beaucoup de part à la nomination de Clément XI, dont l'esprit, la piété et la prudence s'étaient fait connaître sous les
Pontificats précédents. Il n'avait que 51 ans ; EgUse avait besoin d'un pape qui fdt dans la force de l'âge. L'Italie allait devenir le théâtre de la guerre : en etfet, celle de la succession ne tarda pas à s'allumer. L'empereur Léopold I" l'obligea de reconnaître l'archiduc pour roi d'Espagne- Clément, quoique naturellement porté i)0ur la France, renonça à son alliance, et réforma les troupes qu'il avait armées. Son pontificat fut encore troublé par les querelles du jansénisme. 11 donna en 1705 la bulle Vineam Domini Sabaoth , contre ceux qui soutenaient les cinq fameuses projiositions, et qui prétendaient qu'on satisfaisait I ar le silence respectueux à la soumission due aux bulles apostoliques. Eu 1713, îi publa la célèbre constitution Unigcnitus
contre cent et une propositions du Nouveau Testament de Quesnel, prêtre de l'Oratoire. L'abbé Renaudot, si on en croit Voltaire, rapportait qu'étant à Rome la première année du pontificat de Clément XI, un jour qu'il alla voir ce pape ami des savants, et qui l'était lui-même, il le trouva lisant le livre qu'il proscrivit ensuite : « Voilà, lui dit le « pape, un ouvrage excellent; nous n'avons « personne à Rome qui soit capable d'écrire « ainsi. Je voudrais attirer l'auteur auprès de « moi. » Mais, outre que rien n'est plus suspect que ces sortes d'anecdotes dans la bouche de Voltaire, il ne faut pas regarder ces éloges, supposé qu'ils soient réels, et les censures dont ils furent suivis comme une contradiction. On peut être fort touché, dans une lecture, des beautés frappantes d'un ouvrage^ et en condamner ensuite les défauts cachés. Le bien, il est vrai, s'y montrait de tous côtés ; le mal, il fallait le chercher, mais il y était. Clément XI mourut le 19 mars 1721, dans sa 72' année, après un règne de plus de 20 ans. Ce pape était aussi pieux que savant ; il forma une congrégation composée des plus habiles astronomes d'Italie, pour soumettre à leur examen le calendrier grégorien. On y reconnut quelques défauts; mais comme on ne pouvait les corriger que par des moyens très-difticiles, on aima mieux le laisser tel qu'il était, (élément XI donna retraite au fils du prétendant d'Angleterre qui a toujours joui depuis des honneurs de la royauté dans cette capitale du monde chrétien. C'est encore à ce pontife que la Provence dut quelques bâtiments chargés de grains avec des. sommes considérables, qu'il envoya pour être distribués pendant la jieste de 1720. Ciément XI écrivait bien en latin. Le liultairs de ce pape avait été publié en 1718, iu-fol.; les Harangues consisCoriates en 1722, in-fol. Le cardinal Albani, son neveu, recueillit tous ses ouvrages et les fit imprimer à Rome ea 2 vol. in-fol., 1729. Sa Fie est à la tête de ca recueil. Lafiteau et Reboulet l'ont aussi écrite. Le premier a publié la sienne, 1752, 2 vol. in-12, et le second à Avignon, 1752, in-4°. U n'y a pas de genre d'horreurs que les jansénistes n'aient répandu sur le compte de ce grand pontife; à l'imitation de tous les hérétiques , ils se sont élevés avec fureur contre celui qui a proscrit leurs erreurs. Sa constitution n'en est pas moins devenue une règle de foi dans toute l'étendue de l'Eglise, et une espèce de signal où l'on reconnaît ses véritables enfants ; on peut dire qu'elle est comme VOmousioselle Theotocos de ce siècle. {Voy. Alexandre Vil.) Innocent XIII fut le successeur de Clément XI, en 1721.
CLÉMENT XU ( Laurent Corsim), pape après Benoît XUI en 1730, mort le 6 février 174-0, âgé de près de 88 ans, était né à Rome d'une ancienne famille de Florence. Il abolit une partie des impôts, et fit châtier ceux qui avaient malversé sous le pontificat précédent. Le lendemain de son couronnement, le peu- ]>le, assemblé de toutes parts, avait crié à sa suite : Vive le pape Clément XJI ! Justice des des injustices du dernier 7nin>stcre ! Ses revft»
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yiu» furent pour les pauvres. Son trésorier lui ayant rendu ses comptes, il vit qu'il n'avait pas 1.500 l'-cus eH csisse. « Comment, « dit le pnutife, j'i'taisplus liclie ét.iut cardinal « que d' puis que je suis pape! » et cola était vrai. Après sa mort, le peuple romain lui érigea par reconnaissance une statue de bronze, qui fut pincée dans une des salles du Capitole. CLÉMKNT XllI (CiiABLES Uezzomgo), d'une faioille originaire de Cùme dans lo Milanais, naquit à Venise en 1093. Il fut d'abord j rotonotaire apostolique participant, puis gouverneur di'S villes de Ùiéti et de Fano, ensuite auditeur de la Kol<^ pour la nation v. iiitienno. Clément XII, plein d'estime pour ses connaissances et ses vertus, le décora de la pourpre en 1737. Il fut élevé sur le siéi^e de Pauoue en 174-3, et signala son épiscopat par une piété si tendre et une charité si généreuse, qu'après la mort 'de •Benoit XiV, il fut élu pai;e le G .juillet 1738. Son i»onlitic,ft sera longtcmjis célèbre jiar l'expulsion des jésuites du Portugal, de la France, de l'Esjiagne et du royaume de Naples. Les (^ll'oris du pontife pour les soutenir, et la bulle Apostolicum qu'il donna en leur faveur, fuient inutiles. Ayant voulu exercer en 1768, dans les états de Parme, une autorité qu'il cro ait lui appartenir comme seigneur suzerain, il perdit le comtat d'Avi:.;iion et la jinncipauté de Uénévent, qui ne furent rendus au saint-siége que sous son successeur. Clément XIII mourut au commencement de 1769, avec l.i douleiu' de n'avoir )iu pacifier les trouldes élivi s dans l'Eglise, l'n grand fonds de religion et de bonté, un caractère bienfaisant, une douceur inaltérable, lui ont mérité les regrets de .ses sujets, et la vénération des ennemis mène du sainl-siégc. " Les bons citoyens, dit le « comte d'Alljon, ne peuvent, sans une vive « énjotioii,prouoncerlenomde(;i '•m ntXîJI: f< c'était vraiment le père du peuple; il n'a- « vait rien ue plus à cœur que de le lendre « lieui-euv. il y travaillait avec zèle. Le clia- « grin qu"il ressentait le plu^ \iv(.'menl, qui « lui .irradia même souvent des larmes, ét.iit « de voir des infortunés, dont il ne pouvi.it « soulager les maux. » il. de Lalaime ra,porte un trait (pii prouve cominen ce pontife ('tail éloigné île faire entrer dans .ses projets quelconques des luotifs de vanité, ou le vain désir des applaudissements bumains. « Le fiapc, dit-il, en parlant du des- « séilienient îles marais l'ontins, le désirait « |)ersounellernent ; lorsqui;.ie rendis conijito « h Sa Sainle'é de cette partie de mou voyu.^e, « elle y |>rii un intérêt marqué, el me de- « manda avec empressement ce que je pen- « sais de la possibilité et desa\anlages di' ec «proet;je les lui exposai en détail ; mai.'^ u ayant pris la lioerlé il', jouter que ce serait « une é|,oque de gloire pour .son règne, le « [loutife leligii ux interrompit ce discours « profane, ei joiriiini.t les mai.^s vers le ciel, « d me (l;l, presque' les larmes aux jeux : • Ce n'est lias la gloire qui nou.s tou<lie; « c est 11- bien de nos peuples que nous « cherchons. » {Voynye en Italie, par M. de
Lalaude , seconde édition, Paris, 1785, tom. VI, p. k^2.) Ceux qui ont conclu qu'il avait des torts, puisqu'il n'a pu èti e d'accord avec les puissances de !a terre, n'ont peutêtre pas assc . réiléchi sur les devoirs de sa place et resfiril de la religion dont il était le pontife. Clément S^IY fut son successeur.
CLÉ.MENT XIV ( Jean-Vincent-Antoine- Laubent iî.vNGANELLi), né à Saint-Archangelo, bourg près de llimini, le 31 oct. 1703, était fils d'un méd xin. Dès l'âge de 18 ans, il entra dans l'ordre des Mineurs conventuels ; et après avoir professé la théologie en différentes villes d'Italie, il vint h l'Age de 35 ans enseigner cotte science h Home, au collège di s Sabits-Apùtres. Ln finesse de .son esprit, ronjonemeni de son caiactèrele firent aimer de Benoit XIV : sous le règne de ce pontife, il devint consulteur du saint Oftice, place importan'e à Rome. Clément XI. I le décora de la pourfire en 1759. Ce pape étant mort en 1769, le conclave lut très-orageux. Enlin le sacré collège, décidé par le cardinal de Bemis, proclama le cardinal Ganganelli souverain pontife le 19 mai 1769. Jamais pape n'avait été élu dans des temps plus dilïiciles. Un esprit do vertige , répandu de toutes parts, attaquait et le trône et l'autel. Clément XIV chercha d'abord à se coi ciller les souverains : il envo} a un nonce à Lisbonne ; il suii[)rima la lecture do la bulle In coma Domini , qui déplaisait aux princes [Voy. BoMFACE VIlI) ; d négocia avec rEsjiagne et la France. Pressé do se décider sur le sort des jésuites, il demanda du temps pour examiner cette grande affaire. « Je suis, écri- <i vait-il, le père des fidèles, el surtout des « religieux. Je ne ()uis détruire un ordre cé- « lèbre, sans avoir des raisons qui me justi- « lient aux yeux de Dieu et de la posléi ilé. » Sollicité plus vivement que jamais, il donna, le 21 juillet 1773, le fameux luef qui éteint la compagnie ue Jésus. Clément XIV ne survécut pas longtemps à cette sup|iressiou t il mourut le 12 septembre lu'*. Sa maladie avait jiris sa source dans des dartres rentrées, que larl des médecins s'efforça vainomeiUd attirer au dehors. Le bruit de poison quo des gens de parti ont l'ait courir |iour rendre odieuse la nn'm aie dos jésuites, a été solennellement léfulé par les nn'Jecins du pape, en nartiCulier j ar Salicelti, lioiume d'u.c probité égale n ses grandes connaissances nnHlicales; il l'olail déil. par l'axiome de droit 6'"/ liono? lUi nunl \l\' forma ui^ muséum, où il rassembla beaucoup de précieux reste» de l'antiquité. Il fil sob^e, desinléressé, et no coiniul pas le népolisuiu. Su succession ne p.iSùU pa^ 7( O.OilO livres. On le |iressait de faire un leslamenl; il répondit « que les choses ir.iieni à qui edos a|>u partiendraienl. » Le marquis de Carracioli a donné sa s ie, Paris. 1715 el 1716, vol. in-12; ce n'est qu'une coiupii ition des g.i/.elles du !■ nips ; des lettres publiées sous sou num, n76-i"i77, 3 vol. in-iJ, sont e lièrenienl d« la laiton de ce maripii.s. Le comte uAlbou, dans ses Discours sur j'iiisloire, ie gouvurncmcul, etc., l. Il, j). t.'3."i, paile de u« pape
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dans les ternies suivants : « Les esprits sont « bien partag(^s sur le compte de Clé- « ment XIY ; et les portraits qu'en ont tra- « ci^s différentes mains se ressemblent si « pou, qu'il est impossible d'y apercevoir la « j)l]vsiononne et les traits d'une même per- « sonne. Les uns en parlent sur le ton de « réloge le plus outré : ils le vantent comme « un homme rare, qui s'est créé lui-même, « et qui dans peu de temps a eu le mérite « et la gloire de se rendre célèbre. Les au- « fre^, avec le mordant de la satire, assurent « qu'on le peint d'un seul Irait, en disant « qu'il ij'a eu que le triste et malheureux « talent dp se rendre fameux. Comment dé- « mêler la vérité et la tirer du milieu des « ombres épaisses dont on afl'ecte de l'enve- « lopper? On nous met en mains de gros « volumes, pour étaler h nos veux les vastes « connaissances du pnntifo, l'étendue de son « esprit, la solidité de son jugement, ses « grandes vues, >on habileté dans le manie- « ment des affaires; l'enthousiasme ne do'it « jamais tenir lieu de preuves : les amis, les « admirateurs du pape Ganganelli s'agitent, « se touim entent peut-être eu vain pour com- « muniquerau public les sentiments dont ils « sont échaufîis. Une voie plus courte et plus « sike se présente pour résoudre le problème. « Quel bien ce pontife a-t-il fait? Voilà quelle « doit être son apologie, sa conduite et ses « cpuvres. En apprenant ce qu'il a fait, tout « le monde saura évidemment ce qu'il fut. » CLÉMENT Vin.antip.ro2/.MuG\os(Gillesi.
CLÉMENT d'Ai.uxandrie (Titus - Flavius Clemens), docteur du n' siècle, philosophe platonicien, devenu chrétien, s'afacha à saint Panténus qui gouvernait l'école d'Alexandrie, et qu'il compare à uno abeille industrieuse qui formait son miel des fleurs des apôtres et des prophètes. Clément fut mis après lui à la tête de cette école l'an 19f>. Il eut un grand nombre de disciples, que l'on compta ensuite parmi les meilleurs maîtres : entre autres, Ori.^ène, et Alexandre, évoque de Jérusalem. 11 mourut vers l'an 217. Parmi ses ouvrages, les plus célèbres sont : Son Exhortation aux païens, qui a pour objet de faire sentir l'absurdité de ridol.Mric ; et cette absurdité devient singulièrement frappante par le précis historique que donne l'auteur de la m thologie paieime. Clément a inséré dans cet ouvrage plusieurs découvertes curieuses qu'il avait faites dans ses voyages, dont il se sert pour fortifier ses raisonnements, et qui attachent agréablement le lecteur. Son Pédagogue : c'est, selon lui, un maître destiné à former un enfant dans la voie du ciel, et à le faire passer de l'état d'enfance à celui d'homme parlait. Ses Stromates ou Tapisseries, recueil de mélanges, divisé en 8 livres, où il y a peu d'ordre. « On « ne peut, dit l'auteur lui-même, comj)arer « cet ouvrage à un jardin, où les arbres et « les plantes sont r;ingés avec symétrie ; il « ressemble plutôt à un amas d'arbres sau- « vages, venus d'eux-mêmes, et qui sont « épais çà et là. » 11 ajoute, qu'il l'avait fait pour lui servir de réj)ertoire dans sa vieil-
lesse , lorsque la mémoire viendrait à lui manqiier. On l'a accusé d'avoir trop suivi l^s principes des anciens philosophes, de ne s'être pas toujours exprimé avec assez d'exactitude ; mais on peut en général expliquer d'une manière favorable les endroits qui iiaraissent obscurs ou peu corrects. Si le stvle de cet ouvrage est un iieu dur, on en est dédommagé par l'érudition qui y règne, et par l'abondance et la variété des matériaux qu'il renferme. Ses Hypotyposes ou Instruetions, dans lesquelles il fait un peu trop d'usage du platonisme, surtout pour un docteur si voisin des apôtres. L'école d'Alexandrie ne s'appliqua pas assez à éviter ce reproche ; ses chefs, en inventant des systèmes fondés sur la métaphysique, parurent s'écarter de la simplicité de la foi. L'érudition de Clément était consommée dans le sacré et dans le profane. 11 était beaucoup plus fort sur la morale que sur le do:me. Il écrit presque toujours sans ordre et sans suite. Son style est en général fort négligé, ex cepté dans son Pédagogue, où il est plus fleuri. «Nous convenons, dit un savant « théologien, que ce Père est souvent ob- « scur, qu'il est diflicile de prendre le vrai « sens de ce qu'il dit ; mais les philosophes « qu'il copie ou qu'il réfute, n'étaient pas « eux-mêmes furt clairs. Quiconque cepen- « dant se donnera la jieine de le lire, sera « frappé de l'étendue de son érudition , des « grandes idées qu'il avait conçues de la mi- « séricorde divine, de l'efticacité de la ré- « demption, de la sainteté à laquelle un « chrétien doit tendre, il a jugé les païens, « qu'il connaissait très-bien, avec moins de « sévérité que n'ont fait plusieurs autres « Pères ; mais il n'a dissimulé ni leurs er- « reurs ni leurs vices. » La meilleure édition des ouvrages de ce Père est celle d'Oxford, donnée parle docteur Potter en 1715, 2 vol. in-folio. La réimpression de Venise, 1757, est moins estimée, quoiqu'elle ait des augmentations. On fait encoie cas de l'é lition de Paris, 1629 ; celle-ci est peu commune. Benoît XIV, dans une dissertation qui est à la tête du Martyrologe romain, lui conteste le titre de saint, mais il parait qu'on doit le lui donner. Voy. le Journal liist. et littér. , i" février 1785, page 186.
CLÉMENT (ClavueI, jésuite, né vers 1594 à Ornansen Franche-Éomlé, professa la rhétorique et les humanités à Lyon, puis à Dùle, et dut à son mérite d'être appelé à Madrid, pour enseigner les antiquités grecques et latines au collège fondé par Pliilip|ie H. 11 y mourut en 16i2, laissant : Ecclrsim Lugdunensis christiana simul ac humnna mujestas, Lyon, 1628, in-8°, discours prononcé à la rentrée des classes du collège de Lyon, en 1622; Clemens IV, eruditione, vitœ sanctimonia, rerum gestaruin gluria et pontificatu maximus, Lyon, 162-J, et 1624, in-12 ; Musei, sive bibliolhecœ tam privatof quam pubtieœ extructio , instructio, cura, usus, libri /T, Lyon, 1633, in-i% où il y a beaucoup d'inutiiités avec de l'érudition : ou y trouve, à la hn, une description de la i>i-
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bliothèque de l'Escurial , et un discours latin sur l'amour dos lettres , prononcé en 1027 au collège de Dôle ; Machiavelismus jugulntu.i a christiana sapientin, hispanica et austriaca, dissertatio christkmo-politica ad Phiiippiun lY ,re(jcni catholicum, 1637, in-i" : cet écrit a élé traduit on espagnol, et réimprimé plusieurs fois, in-l"-; Tables chronologiques de l'histoire d'Espagne, avant et après Jésus-Christ, Madrid, lGi3, grand iii-fol., en espagnol. Une autre édit. augm. a paru à ^'alencc, 1089, in-4°, par les soins de Bordazar.
CLÉMENT (Nicolas), né à ïoul en 16.'i.7, se lixa à Paris, oii il devint garde ilo la bibliothèque du roi, et y mourut eu 1712. On a de lui : Défense de l'antigiiité de la rille et siège épiscopal de Tout, Paris, 1702, in-8°. C'est une dissertation contre le Système chronologique et historique des éréques de Toul, par i'abl>é Riquet; Mémoires et négociations secrètes de la cour de France, louchant la paix de Munster, Amsterdam, 1710, in-lolio, et en 4- vol. in-8°; ce recueil de Clément a été publié |>ar Jean Aymond. 11 a lioaucoup travaillé au lalaliigue de la ini)liotlièque du roi, et l'a eniiclu de noies. — Il ne faut pas le confondre avec un autre Nicolas Clément, aussi de Toul, qui a donné en latin Les rois et ducs d'Austrasie, Cologne, 1593, in-4% traduit en français par Frnn(,ois (Iribaudet, Épifial , 1G17, in-4°.
CLÉMENT (Dems-Xavier), de l'académie de Nancy, doyen de l'église collégiale de Ligny, prédicateur du roi, confesseur de mesdames, né à Dijon en 1706, mourut en 1771, avec une grande réputation de piété. 11 se consacra de bonne heure à la chaire et à la direction, et il servit utilement l'Eglise dans ce double emploi. Il ramena, avec une charité douce et patiente , plusieurs incrédules et quelques libertins à la charité et à la vertu. Ses Sermons ont été im[)rimés en 1770-1771, 9 vol. in-12, y compris trois volumes de panégi/riques et oraisons funèbres. Il y règne l'éloquence simple et forte d'un homme de ')ieA, ([ui n'a pas puisé ses ornements dans les auteurs ]irofanes, mais qui s'est nourri dès son enfance du lait substantiel de l'Evangile. « Si son élocution, dit un critique, était « moins inégale; si ses pensées étaient plus « justes et plus i)rofondes; si son coloris ré- « pondait toujours h la vivacité do ses senti- « ments, on pourrait le jjroposer aux ora- « tours chrétiens eoinnie un modèle; mais il « n'a ni l'élofpn'nee convaineante de lîourda- « loue, ni l'éloqnenre tenilre e( onelueusede « Cheniin.iis, ni l'éloipience brillanle et ania niée du P. Neuville. Celle de l'abbé Clé- « ment tient par intervalles de chacun de « ces prédicateurs, sans alteindro h leur ma- « nière. » Nous avons ipielques ouvrages do piété, où l'abbé Cliquent montre h; môme esprit (jne dans ses Sermons, avec un style plus i'roid et [>lus coinjassé. Les princi|iaux sont : ,lri.s et une personne engagée dans le inonde, in-8'; Méditations sur la passion, iii-12; Instructions sur le sacri/ice de la messe; Maximes ))our se condttire chrétiennement dans le nionde; Exercice de l'dme pour la pénitence cl l'eHcharistie, in-12, etc. — Les
Sermons de l'abbé Clément ont été intégralement reproduits dans la grande Collection des Orateurs sacrés, publiée pnr M. l'abbé Migne, où ils ont pris rang parmi les œuvres des Orateurs du second ordre.
CLÉMENT DE BOISSY (Athanase-Alexandre), conseiller à la chambre des comptes, né îi Creteil, près de Paris, en 1716, mort à Sainte-Palaye le 22 aoiU 1793. On a de lui : Abrégé et concorde des livres de la Sagesse, Paris, 1767, in-12. L'art des langues, Paris, 1777, in-12. L'auteur de la nature, Paris, 1785, in-12. De la grâce de Dieu et de la prédestination, Paris, 1787, iM-12. Jésià-Christ notre amour, 1788, in-12. Traité de la prière,
1788, in-12. Manuel des Saintes Ecritures,
1789, 3 vol. in-12. Le mépris des choses hutnaines , 1791, in-12. Une traduction de l'Imitation , qui n'est guère qu'une nouvelle édilion de celle de Sacy, 1792, in-12. Il avait fait des recherches sur la jurisprudence et les privilèges de sa compagnie, dont il avait composé un recueil en 80 cartons infolio , dé|iosé par son fds à la bibliothèque royale. La table en a été imprimée en 1787, in-4". Parmi quehiues brochures de circonstance qui lui ont été attribuées, on cite celle qui a pour titre : De l'élection des évéques et (les curés, d'ajjrès les monuments de l'histoire ecclésiastique, 1791, in-8".
CLÉMENT (Algustin-Jean-Ciiarles), frèro du précédent, né h Creteil en 1717, embrassa l'état ecclésiastque, mais ne fut pas ordonné sous-diacre à Paris , parce qu'il refusa do signer le fornudaire. 11 se rendit alors à Auxerre , où l'évèque Cajlus lui conféra la prêtrise, et le nomma trésorier de son Eglise. L'abbé Clément , très-zélé pour la cause de l'appel, lit plusieurs voyages en Hollande, en Italie et on Espagne, dans l'intérêt de cotte cause. Plus tard, il s'attacha au parti qui défendait la constitution civile du clergé , et il n'en fut jias moins emprisonné en 179V. En 1797 , il devint évèque constitutionnel do Versailles. Il se démit de son siège après lo Concordat de 1802, et mourut le 13 mars 180i'. Clément avait publié beaucoup d'écrits pour défendre les opinions (ui'il avait embrassées. Nous citerons : L'épi.tcnpat de France, 1803; Lettre apologétique de l'Eglise de France, adressée au pape Pie )//, Lonilres, 1803, in-'(-° do 36 pages; Journal, correspondance et roi/ages en Italie et en Espagne, dans les années 'l7'58 et 1768, Paris, 180'2. 3 vol. iu-8". On a |iublié, eu 1812. lios Mémoires secrets sur la vie de M. Clément, évéque de Versailles , pour servir d'éclaircissement à l'histoire ecclésiastique du xvni* siècle, in-S* de I.IV liages, qui manquent d'inlérèt.
CLÉ.MKNT idom François), bénédictin do Saint-.Maur, né .'i llè/,o, près de Dijon, en 171'», m .«-es premières étinlos rlio/ les jésuites, au C(jllége de Diioii ; N'étant décidé pour la vie mona.s|i(pie, il prononça ses vo ux en 17.31, dans l'abbau' do \ omlôiiie. Appelé à Paiis par >os supérieurs, il se consacra h l'étiplo des annales baiiçaiscsdaiis la maison (les Itlancs-.Manloaux. On lo chargea d'abord de la continiiation de \'nisti>ire littéraire de
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la France, dont il publia le 12' volume, et ensuite de celle du Recueil des historiens de France, dont il publia les 12' et 13' volumes. 11 entreprit une nouvelle édition de VArt de vérifier les dates, qu'il publia depuis 1783 jusqu'en 1792. Voy. Clémencet. Quoique cet ouvrage ait obtenu un brillant succès, il n'en renferme pas moins beaucoup d'omissions et d'erreurs , qui ont été relevées dans les Mélanges d'histoire, imprimés chez Leclerc, 1806, tome I", page 406. VArt de vérifier les dates a été réimpr. en 1820, 5 vol. in-i°, précédé de VArt de vérifier les dates avant l'ère chrétienne, publié par M. Viton de Saint-Allais, d'après les mss. laissés par Clément. On a encore de Clément : Nouveaux éclaircissetnents sur l'origine et le Pentateuque des Samaritains, dsmsVonvrn^e de dorn Poncet,sur ce sujet, 1760,in-8°. Catalogus mamiscriptorum collegii Claromontani, etc., 176i, in-8". Il mourut en 1793, à Baris.
CLÉMENT (HiiGUES-JosEPn), prêtre, né à risle-sur-le-Doubs en 175", était curé de Flangehouche à l'époque de la révolution, dont il adopta les principes. Il fut nommé membre de l'ailministration centrale du département du Doubs; mais, dès le mois de juin 1791, il rétracta le serment qu'il avait dû prêter à la constitution civile du clergé, et il exposa ses motifs dans une brochure. Les décrets l'obligeaient de quitter sa cure; mais la municipalité de Flangebouche protesta en faveur de son curé légitime, et déclara qu'elle ne reconnaîtrait pas d'autre pasteur. Des gendarmes furent envoyés pour l'arrêter, mais ils durent se retirer devant la contenance fm-me et déterminée des habitants. Le district d'Orn.ms fit alors défense à l'abbé Clément et à son vicaire d'exercer leur ministère dans la paroisse; mais le curé, ne reconnaissant pas au district le droit de prononcer son interdiction, continua de remplir ses devoirs de pasteur. Après le 10 aoilt 1792, il se retira en Suisse, d'oiî il put correspondre avec les habitants de Flangebouche.
Lorsqu'il rentra en France, en 1802, ses anciens paroissiens , qui avaient eu à subir de rudes épreuves pendant la révolution, demandèrent que leur ancien curé leur fût rendu ; il fut néanmoins nommé curé de Pierrefontaine. Le délabrement de sa santé l'obligea bientôt de donner sa démission, et il se fixa à Besançon, où il se rendit trèsutile à ses jeunes confrères par ses profondes connaissances en théologie et en droit. Pendant son exil, il avait recueilli des matériaux pour qu Iques ouviages, mais son état de souffrance t'emfjôcha de les mettre en œuvre. Le seul écrit un peu étendu qu'il ait laissé est intitulé : Correspondance avec M. Séguin, évéque constitutionnel du département du Doubs, Paris, 1791, 2 i);u'lies in-8°. L'abbé Clément mourut à Besancon, le 24 avril 1828.
CLÉOPHAS, l'un des deux disciples qui, allant de Jérusalem au bourg d'Emmaûs, rencontrèrent Jésus-Christ le jour de sa résurrection, et l'entretinrent, sans le coiuiaitre, de l'histoire de sa vie et de sa passion. Rien de plus touchant, de plus convaincant, que la
naïve et inimitable simplicité avec laquelle cette conversation est rapportée au chapitre XXIV de saint Luc.
CLERC (Antoine Le), sieur de La Forest, maître des requêtes de la reine Marguerite de Valois, né à Auxerre en 1563, d'une famille de robe , combattit d'abord pour les calvinistes, et embrassa ensuite la religion catholique, k laquelle il consacra ses talents. Saint François de Sales, saint Vincent de Paul, le cardinal du Perron, les personnes les plus vertueuses et les plus éclairées de son siècle, furent liées avec lui. Il mourut à Paris en odeur de sainteté, en 1628 , à 65 ans. On a sa Vie sous ce titre : Le Séculier parfait, ]mr Louis Provensal de La Forest, Paris, 1644, in-8°. Le cardinal d'Estampes voulait le faire béatifier ; mais la mort de cette éminence dérangea son projet. On a de Le Clerc quelques ouvrages de piété, de droit et d'érudition.
CLERC (David Le), ministre et professeur en hébreu à Genève, mourut dans celte ville en 1635, à 64 ans. Ses Quœstiones sacrœ ont été publiées avec les ouvrages d'Etienne Le Clerc son frère, en 1685 et 1687,2 vol. in-8% par Jean Le Clerc, son neveu, professeur à Amsterdam, qui fait le sujet del'article suivant.
CLERC (Jean Le), neveu de David, naquit à Genève en 1657, avec la mémoire la plus heureuse et des dispositions pour tous les genres de littérature. Après avoir parcouru la France, l'Angleterre et la Hollande, il se fixa à Amsterdam, oii il professa les belleslettres, les langues et laphilosophie. En 1728, il perdit tout d'un coup la parole en donnant ses leçons. Depuis cet accident, sa mémoire et son esprit s'alîaiblirent , et il ne resta du savant Le Clerc qu'un automate languissant. Il parlait, il semblait môme, à son air composé, qu'il pensait encore ; mais toutes ses idées étaient sans ordre et sans suite. Il s'amusait dans son cabinet à lire, à écrire, à corriger. Il donnait ensuite ses brouillons à son copiste, pour les porter à l'imprimeur, qui les mettait au feu tout de suite. Il perdit sa femme, fille de Grégoire Léti , au milieu de ces accidents en 1734. 11 la suivit en 1736, sur la fin desa 79'année. On ne peut lui refuser beaucoup d'ardeur pour le travail, une érudition vaste , un jugement solide, une fécondité surprenante, une grande facilité pour écrire sur toutes sortes de matières; mais quelques-uns de ses livres se ressentent delà rapidité avec laquelle il les composait, et de la trop grande variété de ses travaux littéraires. Il avait presque toujours cinq ou six ouvrages sur le métier, et il y travaillait ordinairement à mesure que l'imprimeur manqu it de copie. Soixante ans d'étude n'avaient pu le ramener à la vérité. Sectateur secret de Socin , il n'oublia rien pour expliquer plusieurs des miracles rap[>ortés dans l'Ancien et le Nouveau Testament, par d(!s voies naturelles, pour détourner les prophéties qui regardent le Messie et corrompre les passages qui prouvent la Trinitéet ladivinilé de Jésus-Clirist. On l'accusa d'avoir com|)Osé le livre inlitulé : Sentiments de quelques théologiens de Hollande, louchant l'histoire cri'
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tique du Vieux Testament, par M. Simon, et la béfense de ce même livre, dans l'intention de détruire l'inspiration des livres sacrés, 2 vol. in-8°. Il tAcho lurt inutilement d'y montrer que Moïse n'est pas l'auteur du Pentateuque, que l'histoire deJob estime méchante tragi-comédie, et le Cantique des cantiques, une idylle profane et amoureuse. Voici ceux de ses ouvrages cfin ont le plusderéputation : Bibliothèque universelle et historique, )ourna] commencé en 1686 et fini en 169.3, faisant 26 vol.in-12. On y trouve des extiaits fort étendus et assez exacts des livres de quelque importance, accompagnés souvent des savantes remarques du journaliste. Il n'y garde cependant pas la charité qu'il recommande tant .Hux autres. Les saints Pères et les théologiens catholiques y sont l'objet ordinaire de ses satires |)leines de fiel. Jean Cornand de Lacroze était associé à Jean Le Clore pour cet ouvrage. La plus grande partie du tome XX et des cinq suivants sont de Jacques Bernard. Bibliothèque choisie, ]iour servir de suite à la Bibliothèque universelle, en 28 vol. Le premier est de 1703 et le dernier de 171.3. Bibliothèque ancienne et moderne, pour servir de suite aux Bibliothèques universelles et choisies, en 29 vol. in-i2, depuis 1714. jusqu'en 1727 ; .4/-scr/<ifrt, 3 vol. in-8', 1712 et 1730 : on a re[iris la liberté avec laquelle il s'exjilique sur plusieurs écrivains, et principalement sur les saints Pères. Traité del'incrédulité,oùVnn examine les motifs et les raisons qui portent les incrédulesà rejeter la religionchrétienne, 1714 et 173 5, in-8". Parrhasiana, ou l'ensr'es diverses sur des matières de critique, d'histoire, de morale et de politique, les unes justes, et les autres hasardées ou fausses , Amsterdam, 1099, in-12. 11 n'a guère eu d'autre peine que de compiler et d'ajouter à ses recherches (juelques réflexions qui donnent h son livre un air de critique et de philosophie. Des commentaires latins sur la pliip.nrt des livi'es de l'iicriture sainte, Am t('r.lam,1710 et 1731, 5 vol. in-f(jlio. fJarmonia evinqelica. en grec et en latin, Amsterdam, t"!)'), in-folio : ce n'est guère qu'un pillage fait à Thoynard. Une traduction du Nouveau Testament en français, avec des notes, 1703,2 vol. in-^".Ces ouvragessurl Kiritnredé, lure. t aux catlioliqucs et aux protestants parune foule d'interl)rélations sociiiicnries que Le Clercy glissa, tantôt avérant, tantôt à découvert. De n !uvelles éditions de ])lusieurs auteurs anciens et modernes, sacrés et firofnni-s: de Pedo Albinovaims, de Cornélius Sévi^rus, de Sulpice-Sévère, d'Eschine, de Tite-Live, de Monandrc, de Philémon, d'.\usone, d'Erasme, du Traité de la religion deCrotius; une édition des Dogmes theoinqiqurs du P. Petau , 3 vol. infolio, av(!cdes remarques , sous le nom de 'l'Iicophilus Alettiinus, qui doivent êtres lues comme étant de Jean Le Clerc, c'est-à-dire d'u:i sf)cinien, quoiqu'il y en ait aussi beaucoup de judicieuses eldutilrs. Il donna aussi quatre éditions àAmsti'rdamdu />((7(0>iH«nr dr M„réri : celle de 1702 fut augmentée do (i II 700 articles nouveaux ; une édition des
Pères apostoliques par J.-B. Colelier, avec des remarques, etc., Amsterdam, 1698etl72i, en 2 vol. \n-îo\. Histoire des Provinces-Unies des Pays-Bas, de\m\s 1560 jusqu'en 1728: compilation inexacte et mal écrite, réimprimée à Amsterdam, 1738, 3 tomes en 2 vol. in-folio. Vie du cardinal de Richelieu, 2 vol. in-12, réimprimée avec des pièces en 5 vol. Les préjugés et les opinions de l'auteur y prennent souvent la place de l'histoire. On voit à la tète de l'édition de 1696 un plan du siège de La Rochelle, très-bien exécuté dans le goût de Callot. Beaucoup à'écrits polémiques, dans lesquels régnent très-souvent la présomption et l'aigreur. Opéra philosnphica, Amsterdam, 1710, k vol. in-12. Campendium historiœ xmiversalis, Amsterdam, 1098, in-8°. Voij. Nicéron, t. XL, pag. 29i et 362 ; et sa Vie CMi latin, parlui-méme, Amsterdam, 1711, in-8°. Voyez aussi le Dictionnaire de Moréri, où se trouve une liste détaillée de ses nombreux ouvrages.
CLERK (Jean), évôcpie de Bath etde Wells, étudiala théologie à Cambridge, où il fut reçu docteur, et le droit canon à Bologne, oii il prit des degrés dans cette faculté. Attaché comme chapelain au cardinal de Wolsey, il devint ensuite doyen de Vindsor, et obtint la charge lucrative de maître dos rôles. Plusieurs missions importantes lui furent confiées par Henri VIII. Ce prince le chargea d'aller présenter à Léon X le fameux ouvrage qu'il écrivit contre Luther, et (\m lui fit donner le titre de Défenseur de la foi. Clerk prononça à cette occasion en plrin consistoireun'éloquent discours, imprimé depuis avec l'ouvrage. L'évôché de Bath lui fut donné en 1523. Lorsque Henri Vlli eut pris la résolution de se séparer d'.\nne de Clèves, Clerk fut choisi pour en poiler l'avis au duc de Clèves, frère de la princesse, et lui en exposer les raisons. 11 mourut, en 15iO, au retour de cette ambassade. On a de ce [irélal : une Défense du divorce de Henri VIII avec Catherine d'Aragon: un recueil do Lettres, écrites de Home jiemlant son ambassade ; des harangues et dos discours prononcés en différentes "ccasions.
CLERK (Jean), d'une autre famille que le jirécédent, fit ses études h Oxford, juiis se mit à voyag'-r sur le cnntinent, iieri'octionnant ses études et apprenant diverses langues, notamment le français. Dcietour dans son pays, il devint secrétaire du duc de Norfolk. Son zèle pour ta religion catholique lui attira de fréquentos jierséculions sous les règnes de Henri >'lll et d'Edouard VI. Mis en prison, il fut trouvé étranglé avec '^n tille le 10 mai 1552. On a de Jean Clerk : Opusculum plane diviuum dr morluorum resurrertione, et extremo judicio in quatuor libris succincte cont'criiituni, latine, anglice, italice, gallice, Londres, 15V5, iii-V; Déclaration de certains articles, avec l'crpositiou des crrcurscapilales sur ta même question, ibid. , 15'»6, in-S' ; Méditations sur la mort; Dr italica dcclina- I .(tnr rrrhorum ; Traité de la noblesse, Irad. du trani ais.
C I .ER'MONT-TONN EURE (/V.v .\ t-ANTOW b-
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Jules de) , cardinal, doyen de l'éiiiscopat français, duc et paii', commandeur de l'ordre du Saint-Esprit nt ministre d'état, né à Paris lo 1" janvier 174.9, étudia en Sorbonne et fut iiommi's au sortir de sa licence, grand vicaire de Besançon. Peu de temps après, il obtint i'alibaye de Monstier-en-Der dans le diocèse de ChAlons. Il fut reçu docteur en théologie le 2i juin 1782 ; il était déjà nommé évéque de Châlons en remplacement de M. de J ligné, qui venait d'être élevé sur le siège de Paris. Député aux états-généraux, il signa les protostat'onsdu côté droit contre les décrets de l'Assemblée constituanle, et prit i)art à VExponilion des principes des évoques sur la cofistitution civile du clergé. Au commencement de 1791, l'évéque de Châlons publia sur les questions alors controversées une Lettre et uue Instruction pastorale qui furent remarquées. La session , terminée, Clermonl-ïonnerre se retira en Allemagne, où il signa, en 1798, ['Instruction des évéques émigrés sur les atteintes portées à la religion. 11 donna sa démission en 1801, et après son retour en France, il vécut dans la retraite jusqu'en iSlk, époque où il fut appelé à la chamlne des pairs. En 1817, il fut dereclief nonum'^ à révù(;lié de Châlons; mais ce siège ne lut |)oint rétabli. En 1820, il succéda sur le sW'ge archiépiscopal de Toulouse à Charles-Primat, évêque constitutionnel, et au mois de décembre 18-22, il fut nommé cardinal. Après lanioit de Pie Vil, l'archevêque de Toulouse publia de I{orae, où il prenait part au conclave avec le titre presbytér.d de la Trinité au mont Pincius, une Lettre pastorale, dans laquelle il demandait le rèt iblissement des conciles, de plusieurs fêtes, de divers ordres religieux, etc. : ce qui donna lieu, de la part tie quelques journaux, à des plaintes virulentes. Le gouvernement se laissa ébranler ]iar la violence de ces clameurs : la lettie, déférée au conseil d'état, fut suppiimée par une ordonnance royale sous prétexte daims. Bientôt d'autres difficultés se présentèrent: le ministère ayant demandé en 1824 que les directeurs et professeurs des féniinaires adhérassent à la déclaration de 1682, rarchevêque de Toulouse écrivit à plusieurs évoques qui lui avaientdemandé son avis, qu'ils devaient regarder comme non-avenue 1 obligationqu'on voulait leur imposer. L'éditeur de la Quotidienne, ayant inséré la li'ttre dans ce journal, fut condamné à payer une amende. Lors de l'apparition des fameuses ordonnances du 16 juin 1828 sur les petits séminaires et sur les jésuites, le prélat forma une vive opposition à ces mesures. Quelques réunions d'évêques eurent lieu à Paris ; on y arrêta un mémoire, aucjnel souscrivirent [jresipie tous les évêques de France, et le cardinal de Clermont-T(jnnerre le remit, au nom de tous ses collègues, au roi Charles X. On sait que les débats auxquels cesmesures donnèrent lieu finirent par une transaction. Léon Xll adressa un bref aux évoques et ceux-ci se smimircnt aux ordonnances. Toutefois, le cardinal de Clercaout-Tonuerre adressa encore, sur ce même
sujet, unelettreàl'évêquedeBeauvais, datée du 14. janvier 1829 ; cette lettre fut désâp-prouvée à la cour, et l'cm dit que le prélat reçut défense d'y ])araître jusqu'à nouvel or.ire. Léon XII étant mort, le cardinal voulut, malgré son grand c1ge,.assister au conclave; il y entra le 28 mars de la même année, et concourut h l'élection du pape Pie VIII. 11 avait fait dans son voyage une chuti> dont on craignait les suites ; il revint à petites journées dans son iliocèse, et mourut après une courte maladie le 21 février 1830, à 81 ans. Il venait (le former à Toulouse une maison de missionnaires pour sou diocèse. M. de Maccarthy prononça son oraison funèbre.
CLERVANT (Claide-Antoixe de Vienne, baron de), nous a paru devoir prendre place dans ce Dictionnaire, à cause de la part extrèinementactive qu'il prit aux troubles religieux du xvi' siècle. Issu du sang royal de Bourgogne, et né vraisemblablement à Metz vers 1505, il fut le premier noble de cette ville qui embrassa les er-eiirs de la réforme, et il s'appliqua ensu.l à les propager par tous les moyens possibles. En 1558 il reçut l'ordre de quitter Metz ; il alla à Cenève d'oii il ramena le célèbre Pierre de Cologne , qui établit un prêche dans un village jieu éloigné de 'Mal/., où Clervant avait des biens. Dès l'année suivante Clervant se crut assez fort pour rentrer dans Metz, et organisa des conlérences pour les hérétiques dans sa |irof)re maison. Chassé de nouveau avec sa famille, il revint ?> Metz en 1561 et continua de fomenter les troubles qui désolaient .son pays. 11 fut arrêté en 1571, malgré son âge et son crédit; mais soit faiblesse, soit connivence de la part de lautoiité, il fut relâché au bout de quelques jours. Il assista au traité conclu en 1575 entre les princes d'Allemagne, le uuc dAlençon et le prince de Condé, et appuya fortement la résolution qu'on y prit de donner le gouvernement des Trois-Evêchés h Jean-Casimir, ftlsde l'électeur Palatin. 11 fut député peu de temps après, avec Tore, frère du maréchal de Montmorenci, pour conduire au duc d'Alençon les deux mille reîtrcs qui furent bati us près de Cliâteau-Thierry parle duc de Guise , et il y fut fait prisonnier. On ne connaît ni le lieu m la date de sa mort.
CLKT (saint). Voy. Anaclet.
CL'CTHOUE (Josse), JodocusClicthoveus, natif de Nieuport en Flandre, docteur deSorl)onne, mort théologal de Chartres l'an 15'i3, fut un des premiers qui combattirent Luther. Son Anti-Lutlierus, Paris, 1524, in-folio, est estimé. Si la critique et la science des langues ne lui avaient manqué, il aurait été mis au rang des meilleurs controvcrsistes. 11 possédait l'Ecriture et avait beaucoup lu les Pères. Il réfute Terreur avec sohdité, sans s'emporter contre les errants. Son latin est plus pur que celui des scolastiques, et moins élégant que celui de plusieurs orateurs de son temps. On peut lire encore ses ouvrages avec fruit : Erasme les appelle ime source aboi:dante de boimes choses : Uberrimum reruin optimarum fontem. Parmi ses nombreux ouvraj^es on remarque : Defensio Èc'
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clesiœ romance contra Lutheranos, Paris, 1526, \ï\-ï(À. •,De venerutionr sanitorum, Cologne, 1523, in-4.° : il y proiui la défense du concile de Paris, auquel il avait eu beaucoup de part; Elucidatorium ecclesiasticum, Paris, 1516, infolio : cet ouvrage a tu grand nombre d'éditions : on cite celle de Cologne, 1732 ; Denecessitate peccati Adœ et felicitnle cuipœ fjus, Paris, 1519, in-4' ; De officia régis, Wnà., in-l° ; De vita et moribus sacerdotum, ibid. , 1520, in-4° ; De vcranobilitate, ibid. , 1020, ouvrage d'un grand mérite, qui a été traduit en français par l'abbé Méry, Paris, 1761, in- 12, et par un anonyme, Lyon, 1533, iu-8".
CLIMIÎNT (Joseph), prélat espagnol, né le 21 mars 1706 à Casteilou de la Plora au royaume de Valence, lit ses études à Valence, où il devint professeur île philosopbie à l'université, curé et théologal de la cathédrale. En 1766, il fut nommé à I évôcbé de Barcelone, que son humilité lui fit d'abord refuser. Il montra danscette nouvelle dignité l'exemlile de toutes les vertus chrétiennes, particulièreme; t d'une charité vigilante ; il fonda des hôpitaux, des écoles gratuites, et employa une i)artie île ses revenus à faire distribuer de bons livres à bas prix. Ce prélat traduisit en I spagnol les Mœurs des Israélites et des premiers chrétiens, de l'abbé Fleiiry, et publia la traduction des yn^'^rwc^/onsiur/emaj-ja^e, de Letourneur, j)ar la comtesse Montiso, accompagnée d'une A";; (fre intéressante à celte dame. Nonnné en 1775 à l'évêché de Malaga, six fois plus riche que celui de Barcelone, il refusa cette translation, dirigé en cela par ses principes sur les translations, qui donnaient alors lieu à des abus en Espagne, par la conscience du bien qu'il faisait dans son diocèse, et enfin par son grand Age. Une Instruction pastorale ()u"il avait |)ubliéelo 26 mars 1769 sur le renouvellement des études ecclésiastiques, avait éié dénoncée au roi parce qu'il y parlait favorablement de l'église d'Utrechl; mais une couunission de cinq archevêques ou évèijues et de deux généraux d'ordre, formée pour examiner l'écrri., n'y trouva rien qui fût digne de blAnie. Toutefois son refus de tianslation lenouvela les inijuiétudes, et il jugea convenable d(i donner sa démission. Il Se retira dans son pays natal, où il continua de s'ajipliquer h des ceuvres de piété et de charité, et mourut le 28 novendjrc 1781.
CLINii (CoMiADj, Clinyius, Alhsmanil, religieux de l'ordre de Saiiit-l''ranç,ois, vivait en 1550. 11 a comjiosé divers traités de controverse : un Catéchisme, Cologne, 1.570, in- 8"; Ue Securitate conscicnti(r contre \' Intérim de Charles-Quint, ibid., 1563, in-folio. On doit lire avec précaution ce qu'il a écrit sur la justification.
CLOPPKNBUIIG (Jean), né à Amsterdam le 13 mai 1597, visita |)resque toutes les universités protestantes de l'Kurope. De retour dans sa patrie, il ('xerra l'emploi de ministre en plusieurs eiidi'oils, lut professeur en lln'-ol.);^ii', cl prédirateur de l'université de Franekei', où \\ mourut en Kiiii. Il publia plusieurs ouvrages (jui ont été presipielous recueillis [lar'Jean do Marck, son petit-lils,
sous le titre J. Cloppenburgii theologica opéra omnia, Amsterdam, 168i, 2 vol. in-l°. Ils renferment des dissertations, entre autres sur les sacrifices des patriarches, sur le jour que Jésus-Christ et les Juifs ont mangé l'agneau pascal, surquelquespassages difticiles del'Ancien et duNouveau 'Testament, contre les anabaptistes et les sociniens, sur l'usure, etc. Ces écrits montrent qu'il était versé dans les langues savantes et dans la critique sacrée. On fait moins de cas, môme chez les protestants, de ses écrits polémiques. Quelquesunes de ses dissertations ont trouvé place dans les Critici sacri.
CLOKIVIÈRE (Pierre-Joseph Picot de), jésuite, lié en Bretagne vers 1735, n'avait point encore prononcé ses derniers vœux lorsque la société fut supprimée. 11 continua d'exercer les fonctions du sacerdoce, et il était, à l'époque de la révolution, curé de Paramé près de Saint-Malo. Son refus de reconnaître la constitution ci die du clergé l'obligea de quitter sa paroisse : il vint à Paris où il prodigua secrètement aux fidèles tous les secours de la religion. Du temps de l'empire, la police ombrageuse le retint plusieurs années en prison, au Temple, sur le soupçon qu'il entretenait des rapports avec des royalistes bretons. Sous la restauration, il put se réunir h quelques membres de la société, et ce fut comme le premier noyau de son rétablissement. Le P. Clorivière mourut à Paris, au milieu de ses confrères, le 5 janvier 1820, laissant, entre autres ouvrages : Vie de Louis-Marie Grignon de Montfort, dédiée à madame Victoire, Saint-Malo, 1785, iii-12; Exercices de dévotion de Louis de Gonzague, trad. de l'italien du P. Gaipin , 1785, in-12; Considérations sur l'exercice de la prière et de Foraison, 1802, in-12; Explication des Epîtrcs de saint Pierre, 1809, 3 vol. in-12.
CLOT (Joseph-François du), savant ecclésiastique du diocèse de Genève , né en 1745, à Vins-en-Salas, fut d'abord destiné à diriger une mission dans le Canada; mais ce projet n'ayant pas eu lieu, il fut successivement chanoine de Lautrec en Languedoc, curé de Colongcs près de Genève, et de AViuz en Savoie. 11 est mort en 1821. On lui doit : Explication historic/ue, dogmatique rt morale de toute la doctrine chrétienne contenue dam le catéchisme du diocèse de Genève, 7 vol. in- 8", 17'.I6; 2' édition, 1822; La sainte Bible vengée des atlagurs de riucréitiitilé.it justifiée de tout reproche de contradiction avec la raison, avec les monuments de l'histoire, det sciences et des arts : la physi(iue, la géologie, la chronoloj/ie, la géographie, l'astronomie, etc., Lyon, 1816, 6 vol. in-8 , réimprimée plusieurs fois, untamment par les frères Gauthier, ii Besançon, en 3 vol. in-8". L'abhé du Clôt, en publiant cet ouvrage, a rendu un service imporlairt à la rcligiou. .\vant lui, de savants ecih-siaslii|U('s av.iicnl réfuté les détracteurs de la Bible; rrrais ainuii n'avait entre|iris d'en venger l'i'nscirdtle, et do réunir dans un mémo livre hs preuves et les laits qui peuvent détruire les objections
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tant anciennes que modernes aes incrédules; il s'est surtout attaché à combattre Voltaire, parce qu'il est, de tous nos écrivains, celui qui a montré le plus d'ardeur et de malignité contre la Bible et contre les faits qu'elle rapporte. Il relève ses erreurs, ses contradictions, sa mauvaise foi, ses chicanes, ses puérilités. 11 s'élève aussi de temps en temps a des considérations générales, et il traite quelques questions im[)ortantes, telles que la création, le péché originel, la croyance de l'imniortalité de l'âme, le déluge. L'abbé du Clôt commence par réfu'er, sous le simple titre d'Observations préliminaires, les objections et les difticultés, soit physiques, soit historiques, des incrédules, contre l'authenticité des écrits de Moïse. Ces observations renferment aussi plusieurs discussions intéressantes sur le récit de Moise, sur l'antiquité du monde, sur les systèmes géologiques, sur VOrigine des cultes, de Dupuis, sur les explications deGuérin du Rocher, sur les chronologies chinoises et indiennes, et sur d'autres points importants.
CLOTILDE (saintej, fille de Chilpéric, roi des Bourguignons, eut le bonheur d'être élevée dans la religion catholique. Quoiqu'elle fût obligée de vivre parmi les ariens, les principes de la vraie foi, qu'on lui inspira dès le berceau, firent sur son âme des impressions profondes. Elle s'accoutuma de bonne heure à mépriser le monde; et ces sentiments ne firent que se fortifier par la pratique des œuvres de piété. Son innocence ne reçut aucune atteinte des charmes de la vanité mondaine qui l'environnait de toutes parts. Ce fut en 493 qu'elle épousa Clovis,
Eremier roi chrétien de France. Elle contriua beaucoup à sa conversion par son esprit et ses vertus. Après la mort de son époux en 511, la guerre s'étant allumée entre ses enfants, elle se retira à Tours auprès du tombeau de saint Martin, où elle passa le reste de ses jours dans la prière, le jeûne, les veilles et les autres exercices de la pénitence. Dans sa dernière maladie, ajant envoyé chercher ses fils, et les ayant exhortés de la manière la [ilus touchante à servir Dieu et à garder ses commandements , à protéger les pauvres, à traiter leurs peuples avec une bonté paternelle, à vivre ensemble dans une parfaite intelligence, et à maintenir par tous les moyens possibles la paix et la tranquillité publique, elle mourut le trentième jour, après avoir reçu les sacrements, et fait une profession publique de la foi, le 3 juin 543. Son corps fut rap orté à Paris en l'église de Saint-Pierre et Saint-Paul, où Clovis était enterré. Outre la collégiale de Saint-Pierre-le-Puellier, possédée autrefois par des vierges chrétiennes , on compte parmi les magnifiques fondations de cette sainte reine, les monastères d'Andely, de jSaint-Germain-d'Auxerre, et de Chelles. Madame de Renneville a publié une Vie de sainte Clotilde, Paris, 1809, in-I2. — Il ne faut pas la confondre avec Clotilde, sa fille, mariée à Amalaric, roi des ^■isigoths, qui était arien, et qui employa pour corrompre
sa foi la violence et les outrages. Délivrée de cette tyrannie par Childebert, son frère, elle mourut en revenant en France l'an
CLOU (saint), Clodulphus et Hlodulphus, fils de saint Arnoul, fut premier ministre de Clotaire II. Ayant été élevé sous les yeux de son pèro, il fit j^araître dès son bas âge beaucoup d'inclination pour la vertu, et se distingua par ses progrès dans les sciences sacrées et profanes. Il parut avec éclat à la courdesroisd'Austrasie, posséda les premières places sous Dagobert 1" et Sigebert II, et n'employa la considération dont il jouissait que pour la gloire et le bonheur de l'état. Mais l'expérience lui ayant appris combien il est diffirile aux âmes même les plus vertueuses, de vivre pour Dieu au sein des grandeurs humaines, il choisit un état où il fût moins exposé à la séduction. L'éghse de Metz ayant perdu son chef, saint Clou fut nommé unanimement, et malgré lui, pour le remplacer. Dès qu'il eut été sacré, il ne s'occupa plus que de remplir en bon pasteur les devoirs de sa charge. « Son « amour pour les pauvres , dit un auteur, « était si tendre, qu'il se privait, pour les « assister, des choses les plus nécessaires à « la vie. En méditant au pied de la croix, il « nourrissait son âme du pain de vie, et « acquérait cet esprit de ferveur et d'onction, « qui donne tant de force à la prédication de « la parole de Dieu. Plein de zèle pour la « gloire de Jésus-Christ et de tendresse pour « son troupeau, il travaillait avec une ar- « deur infatigable à la sanctification des « âmes confiées à ses soins. » Ce saint évoque mourut en 696, à 91 ans, après en avoir employé quarante au gouvernement de son église.
CLOUD (saint), Clodoaldus, le plus jeune des enfants de Clodomir, naquit en 522. Echap[ié par une protection spéciale de la Providence au massacre et à la fureur de Clotaire, il se retira auprès de saint Sévérien, pieux solitaire, enfermé dans une cellule près de Paris. L'occasion s'étant plus d'une fois présentée de recouvrer le royaume de son père, il ne voulut jamais en profiter. « La grâce, dit un historien, lui avait dé- « couvert le néant des grandeurs humaines; « elle lui avait appris qu'un chrétien gagne « plus à en être privé qu'à les posséder; que « le véritable roi est celui qui sait se com- « mander à lui-môme, et maîtriser les pasn sions dont les princes de la terre ne sont « (jue trop souvent les esclaves. Il remporta « cette victoire sur ses penchants, et s'ap- « pliqua constamment à la conserver par la « pratique de toutes les vertus du christia- « nisme. La paix dont il jouissait dans sa « petite cellule était inaltérable ; il goûtait « une joie solide , qu'il n'eût pas voulu « échanger contre les délices des cours , « dont les charmes sont empoisonnés par le « trouble, la confusion et l'inquiétude. » En 531, il fut ordonné prêtre par tusèbe, évèmie de Paris, bâtit un monastère au village de Nogent, appelé Saint-Gloud, et changé
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depuis en collégiale. Il mourut saintement en 560. C'est le "premier prince du sang des rois de France que rE;.^lise ait honoré d'un culte public.
CLOWES (Jea\), propag.iteur anglais des doctrines de Sweilenliori^, né à Manchester 1,0 25 octobre l"i^, lit ses études à Cambridge, et, après avoir été membre du collège de la Trinité dans cette ville, d^^vint recteur de l'église de Saint-Jean, à Manchester. C'est alors que les écrits de Swedenborg, qui lui tombèrent sous la main, tirent surlui une grande impression, et il se lit le fervent apùtre du rêveur suédois. Par ses soins une société swedenborgienne fut établie k Manchester, et il se mit à traduire et publier les œuvres du nouveau maître Son poste ecclésiastique lui fut pourtant conservé, grâce à la protection de Poiter, évoque de Londies. Ses ellorts étendirent le swedenborgianismo dans les diverses parties de l'église anglicane, et il mourut le "29 mai 1831, laissant un assez grand nombre d'ouvrages dont les })rincipaux sont : Les secrets du ciel [Cœlestia arcnna), trad. du latin de Swe lenborg en anglais, 12 vol. in-S" ; Adresse alf'cclai'use au clergé du royaume-uni de la Grande-Bretagne et de l'Irlande sur les î^crits théologiqms d'Emmanuel Swedenborg, in-8' ; Dialogues sur la nature, le dessein et l'évidence des écrits de Swedenborg, avec une notice abrégée sur quelgues-uns de ses owrraqcs philosoidii(ines, 1788, iw-ii; Lettres à un membre du parlement sur le caractère des écrits dubaronde Swedenborg, contenant une réfutation complrte de toutes les calomnies dirigées par l'abbé Barrael contre l'honorable auteur, 2' édition, 1799, in-8'; lieslauralion de la religion évangéligue pure, in-8" ; Explication des paraboles de Jésus-Christ, 1816, iu-12; Des miracles de Jésus-Christ, 1816, in-12; L'évangile de saint Matthieu, traduit sur le grec et illustre par des extraits de Swedenborg, 1817; même tiavail pour.sf/(«< Jea/i, 1819; |iOur suint Luc, 182'i-; puur.s(u'/i^ Marc, 1827; Sur trs deux mondes, le visible et l'invisible, leur connexion et leur influence mutuelle, 1817, in-8' ; enlin de noudjreux sermons dont une partie a été réunie sous ce titre : Serm,ons prononcés à l'église de Saint- Jean de Manchester, 2 vol. in-4°.
CLOYS.\ULT (Edme-Charles), firétre de rOratiiire, né à Clamecy dans le Nivernais, fui supérieur du séminaire de Ch.dons-sui- S.iùne, grand-vicaire du diocèse, et mourut dans celte ville le 3 novembre 1728, laissant : Vie de saint Charles liorr ornée, traduite de l'italien diî (iins'^ano, Lvnn, 168a, in-i"; Vie du Père Céloron, de lOraloire ; Vie du Pire de Saint-f'é, l.yon, 169(1, in-12; Méditations des prières d'avant et d'après la messe, etc., latin et Irançais, ibid., 172.1, in- 12; Méditations d'une retraite erclésiasligue de dix jours, l'Ic; Idrueit des Vies de gudques prêtres de t'Oratuire, niainisc rit fonnnnl ■'1 vol. iii-l't)liii; Ménoioge du prem'ur siècle de la congrégation de l'Oratoire ; Vies de quelques prêtres de l'Oratoire de Saint-Phi-
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lippe de Néri : ces deux derniers ouvrages ne paraissent pas avoir été imprimés.
CLUGNY (FuANÇois de), ni- l'an 1637 à Aigues-"Mortes en Languedoc , entra fort ù'une dans la congrégation de l'Oratoire à Paris. Après avoir enseigné avec réputation les humanités dans divers collèges, il professait la théologie à Montbrison, lorsqu'i; devint subitement aveugle. On parvint à lui rcnihe la vue; mais elle demeLU-a si faible qu'il dut renoncer îi sa chaire pour se retirer à Dijon en 1665. Il y passa le reste de ses jours, occupé à la direction des âmes, prêchant, confessant, catéchisant. Il mourut a Dijon, en 169i, à 57 ans. Ses OEuvres spirituelles sont en 10 volumes iu-J2 : on les lit peu, parce qu'elles sont pleines d'idées singulières et bizarres et d'expressions peu assorties à la dignité des cho^es. — v oici les titres de ses productions : Le catéchisme de la dévotion, Lyon, 1681, in-12; La dévotion des pécheurs par un pécheur, ibid., 1685- 1689, 1701, in-12; Le Manuel des pécheurs par un pécheur, Dijon, 1C8G; Lyon, 1713, in-12 : le P. Bourrée, son ami et son confrère, y iijouta une troisième partie ; Sujets de l'oraison d'un pécheur par im pécheur, Dijon, 1689; Lyon, 1701, in-12; Sujets d'oraison tirés des Epitres el des Eanigiles de V année, \)\\(ii\, 1695, in-12, terminé et publié par les soins du P. Bourrée, (lui donna encore l'ouvrage suivant sous le nom. (Ju P. de Clugny, dont on y trouve la Vie; Sujets d'oraison pour les pécheurs, sur les saints ^t les saintes de l'année, L}On, 1696, 2 vol. ia- 12. Quelques-uns des écrits du P. de Clugny ont été suspectés de quiélisme, mais ce reproche n'était pas fondé.
CLUSE (Jicyi'LS de), nommé aussi de Porrades, ou plutôt de Paradiso, du nom du monastère qu'il hab tait en Pologne, ordre de Cîteaux, diocèse de Posen. On dit qu'eusuite il se lit chartreux cl vécut 20 uns daos la chartreuse d'Erfurt, où il mourut h 80 ans, en l'k6o. On a de lui entre autres ouvrages : Sermoncs dominicales nolibiles et formules, Ulm, li7i, in-t'olio, golh., première édition rare et recherchée; De valore et utililale missurum pro defunctis, ^Essliiig), H7i., iu-folio; un (railé De appurilionibus animarum pusl exitum earum a corporibus, et de larumdem rcceptaculis, iuipiimé à BtirgdoVIf en l'û'6, in-1'ulio. Ouilt(ues auteurs dlsliaguenl Jacques de Cluse de Jacques de Paror diso, et un Jacques de Paradiso d'un autr« de même nom, auleiu' d'un Spéculum religiosonun : mm vi'ai nom l'Iail Jaripies Jln- TEiuiicii.. Noui avuns suivi l'oninion qui nous a (laru la plus vraisemblable; c'est à lui l (ju'nii attribue ii un auteur de ce nom le traité iiil.lulé : Onus ecclesiu-, etc.
COBlNE'r (('uAiu.ii>;, nriiicipal du collège Duj'Icssis, docteur do la mai.sou cl soci<'.é de Surbiinnc, né on 1613 à Sainl-Queului, instruisit pendant i3 ans In jeunc.ssi» conl're il ses soins, par ses oxeiiijilo cl par sc-i ouvrages. Les principaux sont : Instruction de la jeunesse, ni-12. 1055, tri'.s-5<>iivt'nl rùiuiprniiée ; — sur la pénitence et sur la sainte