‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 180 sur 228 · COI · texte numérisé non relu

COI

COL

Le 1" vol. parut en 1665, et le dernier en 1683. Le Cointe mourut à Paris en 1681, à 70 ans, aussi estim6 pour ses lumières que pour son caractère. Alexandre VU, qui l'avait connu à Munster, l'honorait souvent de ses lettres.

COISLIN (Henri-Charles dc Camboust, duc de), évêque de Metz, né en 1664, mort en 1732, avait des vertus et des lumières. Sa ville épiscopale lui doit des casernes et un séminaire. Il légua à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés la fameuse bibliothèque du chancelier Séguier, dont il avait hérité. Le P. Montfaucon a publié le catalogue des manuscrits grecs de cette collection, en 1715, in-folio. Le Rituel que ce prélat fit imprimer, en 1713, \n-h°, rempli d'instructions utiles, fut fort applaudi, on peut même dire trop ; car cet excès d'éloges, surtout de la part de certaines personnes, parut donner des inquiétudes à ceux qui soupçonnent toujours quelques vues dans l'exagération. Son mandement pour l'acceptation de la bulle Unigenitus fit du bruit. Le pape se plaignit des distinctions de sens qu'il donna aux cent et une propositions condamnées, et censura le mandement comme propre à conduire au schisme et à l'erreur ; le conseil du roi de France le supprima par arrêt du 5 juillet 1714-, comme injurieux à Sa Sainleté et aux prélats de l'assemblée du clergé. — 11 ne faut pas le confondre avec le cardinal de Coislin, né en 1636, et mort le 5 février 1706, évêque d'Orléans, estimé de Louis XIV, et cher à ses diocésains fiar sa régularité et ses grandes charités. Leduc de Saint-Simon en parle dans ses Mémoires avec tant d'admiration, que si ce prélat n'était pas connu d'ailleurs, on aurait quelijue doute sur ses sentiments. Les éloges des gens de parti sont une chose redoutaljle à la réputation des gens de bien. Quoi qu'il en soit, Saint-Simon en rapporte le trait suivant : « Il donnait 400 liv. de pension à un pauvre « gentilhomme ruiné , qui n'avait ni femme « ni cnfan'iS, et ce gentilhomme était pres- « que toujours ix sa table, tant qu'il était à « Orléans. Un matin, les gens do M. d'Or- « léaiis trouvèrent deux fortes pièces d'ara geiilei'ie de sa chambre disparues, et un « d'entre eux s'était aperçu que ce gentil- « homme avait beaucoup fureté là autour. « Ils dirent leur soupçon à leur maître, « qui ne put le croire, mais qui s'en douta, « sur ce que le gentilhomme ne parut plus. « Au bout de quehjues jours il l'envoya « quérir, et tête à tète il lui lit avouer (pi'il « était coupable. Alors il lui dit (ju'il l'al- « lait (ju'il se filt trouvé étrangement jjressé « poLir commettre une action do cette na- « lure, et qu'il avait grand sujet de se plain- « dre de son peu de conliance de ne [)as lui « avoir découvert son besoin. Il tira vingt « louis de sa poche qu'il lui donna, et le pria « de venir manger clie/. lui ii l'ordinaire. » Ce trait est rare sans doute : cepiMulaiil il se trouvera des gens(iui, d après les circonstances de te récit, et les consiMpienccs toutes paluielles qui en découlent, croiront que le

prélat eût dû se persuader que, dans la suite, il pouvait faire un meilleur usage de ses aumônes ; et que si les vrais pauvres de son diocèse avaient eu connaissance de cette anecdote, ils eussent eu quelque droit de s'en plaindre.

COLANGELO (François), évoque de Castellamare, qui s'est fait une réputation de littérateur autant que de théologien, était fils d'un avocat, et naquit à Naples le 25 nov. 1769. Il entra, vers 1780, dans le couvent de Saint-Pierre ad Aram, alors occupé parles chanoines réguliers, et, en 1783, il fut admis dans la congrégation de l'Oratoire d'Italie, où son mérite leofit bientôt parvenir aux premières dignités. Après avoir refusé, en 1815, par humilité, l'évêché de Sora, il voulut refuser encore, en 1820, celui de Castellamare qu'il n'accepta ensuite que sur un ordre du [)ape, qui voulut lui donner un témoignage de l'estime qu'il faisait desascience et de sa vertu, en le dispensant des examens auxquels sont soumis en Italie les évoques élus. L'année suivante, il fit partie, à Naples, de la commission chargée d'exécuter le concordat avec le saint-siége ; en 1825, il fut nommé par François I" président du département de l'instruction publique, et, en 1830, premier administrateur de l'imprimerie royale. Une attaque d'apoplexie foudroyante l'emporta le 15 janvier 1836. Indépendamment d'un grand nombre de manuscrits, il laissait les ouvrages suivants, écrits en italien : Opuscules scientifiques, in-8° ; Recueil d'ouvrages appartenant à l'histoire littéraire, 2 vol. in-8° ; Le Galilée à l'usage de la jeunesse, in-8" ; Vies de Pontano ; d'Antoine Èeccadelii , dit te Palermitain ; de Jean-Baptiste dclla Porta ; de Jacques Sannazar, chacune in-8" ; La liberté irréligieuse de penser, in-8° ; Apologie de la religion chrétienne , in-8" ; Histoire des philosophes et mathérnaticiem napolitains, 3 vol. in-i" ; une Homélie de saint Jean-Chrysostome sur la divinité do Jésus-Christ, trad. du grec avec des notes.

COLUERT (JACQrEs-NicoLAs), un des fils du grand Colbert, ministre de Louis XIV, fut docteur de la maison et société de Sorbonne, abbédu Bec, et arclievêquede Kouen. Il mourut à Paris en 1707, h 53 ans. Sou zèle, sa charité, sa science, le mettent au rang des plus illustres évoques du règae do Louis XIV.

COLBERT (Charles-Jgachim), fils du marquis de Croissi, frère du grand Colbert, embrassa l'état ecclésiastique. Il n'était que bachelier, et il se préparait à sa licence, lorsque le pape Innocent XI mourut. Cet événement lui lit ii.iitre le désir il'aller à Home; le cardinal Furstemlierg le prit pour un de ses conclavistes. Kn part.inl de Home n|)rès l'élection d'Alcxanarc VIII, il fut enlevé par un |);uti espagnol, blessé, conduit à Milan, et enlermé dans le cliAleau (l« celle ville. Il eut beaucoup à soulfrir dans celles captivité, dont il piolila poui- apjirenilre la langue espagnole. Dès (ju'il eut recouvré la rberté, \\ re\inl il Palis, entra en liienee, el prit le bonnet de docteur. ISoiumé à l'évôché de

mi

COL

COL

Montpellier en 1697, il édifia le diocèse cou fié à ses soins, travailla à la conversion des hérétiques et en ramena plusieurs à l'Eglise. Son opposition à la bulle Unigenitus produisit luie infinité de lettres, de mandements, d'instructions pastorales, dont quelques-unes sont très-violentes et lui font peu d'honneur, comme celle qu'il donna contre le concile d'Embrun, où û dit que les évèques de presque toutes les nations catholiques sont les apologistes de. propositions monstrueuses et abominables. Dans celle qui regarde les prétendus miracles opérés en faveur des appelants de la bulle Unigenitus, il se laisse aller à des expressions indécentes contre l'Eglise, son autorité et ses décisions. 11 était très-ardent défenseur du fanatisme des convulsions, que les jansénistes plus modérés regardaient comme la honte de la secte, et voyait dans les farces de Saint-Médard des miracles du premier ordre. En 1729, il adressa à Louis XV une lettre remplie d'invectives contre les évoques de France, qu'il peignit comme de mauvais citoyens, parce qu'ils étaient soumis aux jugements de l'Eglise. C'est celte lettre qui est si vigoureusement réfutée au septième tome desAciM du clergé. «Nous souf- « frons, disent les évèques en s'adressant « au roi, nous soufTrons depuis longtemps, « avec la plus vive douleur, tout ce que la « licence et la mauvaise foi ont jusqu'ici foit <( entreprendre aux ennemis de la constitu- « tion Unigenitus, pour anéantir, s'il était « possible, ce jugement de l'Eglise. Nous at- « tendions que le temps et la réflexion pus- « sent ramener ces esprits inquiets. Aux ar- « titices, aux calomnies, aux invectives qu'ils « n'ont cessé de mettre en œuvre contre « nous, nous n'avons opposé qu'une modé- « ration dont nous n'éprouvons que trop l'in- « utilité et le préjudice. Mais pourrons- '< nous. Sire, ne pas nous élever contre une « lettre téméraire et séditieuse, écrite à Voa tre Majesté par M. de Montpellier, dans la- « quelle il s'efforce de décrier ses adversai- « res et de les rendre suspects au roi ; dans « laquelle il prend des auteurs protestants « les faits et les expressions les plus odieu- « ses, pour détruire, dans l'esprit des peu- « pies, le respect qu'ils doivent au chef de « l'Eglise; et dans laquelle, cntin, il établit « des principes capables de ruiner tous les « fondements de notre foi. » Après avoir écrit contre les évoques, Colbert atta(iua le pape, et publia contre Clément XII une lettre pastorale, datée du 21 avril 1734. Las de s'agiter et d'agiter l'Eglise en faveur il'une secte inquiète et tracassière, il mourut en 17.38, à 71 ans. Les ouvrages donnés sous son nom ont été recueillis en 3 vol. in 4°, 17 VO. Son catéchisme, qui est, à bien des égards, un très-bon ouvrage (Fo2/.PouGET),etla plupartde ses instructions pastorales, ont été condamnés à Rome, et quelques-uns par l'autorité sécuUère. COLBERT (Michel) , de la môme famille que les précédents , entra fort jeune dans l'ordre de Prémontré , et fut docteur de Sorbonne. Il remplit dans son ordre divers emplois dont il s'acquitta avec distinction; l'abbé

général Le Scellier, qui songeait h se retirer, désirait de l'avoir pour successeur dans la première prélature de l'ordre , et , dans un chapitre où il donna sa démission, il réussit, en etfet, à le faire élire. Mais cette élection ne s'étant point faite avec toutes les formes voulues, une partie des capitulants y fit opposition, et ce ne fut qu'en 1670 que Colbert obtint ses bulles de Rome , par le crédit du ministre son parent. Ce prélat encourageait les bonnes études, et il réussit à attirer dans son ordre plusieurs hommes distingués par leurs talents, entre autres l'abbé Vertot, qu'il admit dans sa propre abbaye, et qui reçut de lui le prieuré de Valsery. 11 fit reconstruire le collège des Prémontrés, qui tombait en ruine, et lui procura une dotation suffisante pour y entretenir un certain nombre d'étudiants. L'abbé Colbert gouverna son ordre pendant 32 ans , et mourut à Paris le 29 mars 1702, âgé de 69 ans. Ses restes furent, inhumés dans la chaiielle du collège qu'il avait fait reconstruire. On a de lui : Lettres d'un abbé à ses religieux, Paris, 2 vol. in-8% qui roulent sur les devoirs de l'état monastique; Lettres de consolation , adressées à madame Plot, sa sœur, qui venait de perdre son mari , premier président du parlement de Rouen.

COLE (Guillaume), théologien et botaniste, naquit, en 1626, k Adderbury, dans le comté d'Oxford, devint, en 1660, secrétaire du docteur Duppa, évoque de Winchester, et mourut en 1662, à 36 ans. Il laissait les ouvrages suivants : L'art d'herboriser, suivi de la description d'un microscope , Londres , 1656, in-12; Adam in Eden : c'est une histoire des plantes, des jardins, des herbes et des fleurs; L'homme considéré suivant la théologie , la philosophie, l'anatomie , et comparé avec l'univers. — CoLE (Thomas), ministre dissident, mort en 1707, fut nommé, en 16o6 , principal du collège de Sainte-Mario , dans l'université d'Oxford. Plus tard il s'établit k Londres , et devint un des professeurs de Pinners-Hall. On a de Thomas Cole plusieurs ouvrages mystiques, entre autres : des Discours sur la régénération, la foi et lapénitence, in-8°; un Discours sur la religion chrétienne, in-S".

COLET (Jean), né à Londres en 1466, docteur et doyen de l'église de Saint-Paul, fonda une école dans cette cathédrale , et mourut en 1519. On a de lui des Sermons; un Traité de l'éducation des enfants; divers ouvrages de théologie et des Commentaires sur différentes parties de l'Ecriture sainte.

COLETl (Nicolas), prêtre vénitien, naquit en 1680, dans une famille que l'amour des lettres avait engagée dans la profession de liliraire-imprimeur. Son oncle , J.-D. Coleti, avait résolu de donner une nouvelle édition corrigée et augmentée de Vltalia sacra de Ferd. Ughelli, ouvrage auquel on reprochait beaucoup d'erreurs et d'omissions, et qui n'allait que jusqu'à l'an 1648. Nicolas poursuivit l'exécution de ce projet avec le concours de ses frères : l'édition , commencée en 1717, ne fut terminée qu'en 1733. Ell^est dédiée au pape Clément, XI, et forme 10 vol.

COJ.

in-fol. Malgré les soins qui y furent apportés, elle n'est pas exempte de fautes, mais beaucoup ne sont imputables qu'aux imprimeurs. Lorsqu'on imagina , k Venise , de réimpriiiK^r, avec des additions et des corrections, la Collection drsconcilcs, du P. Labbe, Coleti eu fut chargé ; et les augmentations, rétlexio;i> et notes dont i enrichit cet ouvrage, oiituu-ent Tapplau lisseaient universel. Coleti, en outre, a laissé : SeriVs cpiscoporum cremonensiuji auctn, JMilan, 17^9, iu-V"; une histoire en latin de l'église de Saint-Moïse, sous ce titre : Minumnxta ecclesiœ Yenetce Sancli-Moisis, IToS, in-i°. U mourut en 1765, à 85 ans, ci fut enterré dans cette église , à laquelle il était att.-iché. —Coleti (Jean-Aiitoiue), libriiire comme le précédent, rédigea, de con( ei t avec son frère : Catalogo ddla sloria (Tltalia, Venise, 1779, in-i°. On a encore de lui, comm.' auteur : Oraison funèbre du pape Clément XUI , Ven se , 17G9; une autre , du giand chancelier Jérôme Zuccaro, Venise, 1772; / vcrsi di S. Gregorio Nazianzenosovra lu carità, ridottiini-ersosciolto, etc. — CoLrri f.lean-Dominique) , jésuite, d^ la même famille que les précédents, né en 172 T, avait entrepris de continuer Yltalia sacra, jusqu'à l'an 1798, époque de sa mort. Il acheva son travail , qui formerait 10 volin-fol., et qui n'a pas été imprimé. Il a laissé, également inédites , de nombreuses dissertations sur les monuments trouvés à Aquilée, Venise, ïrévise, etc. Ancien missionnaire du Mexiijue, ce jésuite lab.rieux s'était proposé d'écrire , sur les lieux , l'histoire de ce pays et des missions qu'on y avait établies, et il avait déjà recueilli d'abondants matériaux, lorsque le roi d'Espagne, Charles 111, bannit les jésuites de toutes les terres soumises à son pouvoir. Le P. Coleti se réi'ugia en Italie, et il y publia : Dizionario storico rjeografico deW America méridionale , Venise, 1771, 2 vol. in-4°, ouvrage très-utile à consulter pour ceux qui s'occupent de la géographie de ces contrées; Notœ et siglœ quœ in num- •iiis et Uipidibas apud Ronianos ohlinebant t.iplicaiœ , avec des notes de Villoison , Venise , 17c:3, in-4-°. — Coleti (Jacques), autre jésuite laborieux et savant de la même famille , ï\6 en 173'* , mort en 1812 , à 78 ans, travailla à la continuation do VJllyricum sacrum, mr son confrère le P. Daniel Forrati, et publia, en outre : Dissertazione sugli nnticlii pedayoghi, Venisr, 178'*, in-4°, et insérée dans la collection dt.'S OpuscoU ferrarcsi: J)e situ Stridonis arbis nntulis sancti Ilicronymi, in-i" de 46 pages, Venise, 178'i..

•^OLIGNl (Odet uI:), cardinal de Châlillon à 18 ans, arch'^vèque do Toulouse .-i 19, et évèipie de Beauvais à 20, né en 1315, l'ut l'aîné des trois (ils de Gaspard, qui fat fait maréchal de F.aiice en 151 Ci. Son frère Dandelot, qui avait déjà entraîné l'amiral dans le calviinsmo, y jtrécipila le cardinal. Le pape Pie IV le priva de la pourpre et du la dignité épiscopale , après l'avoir cxc >nnuunié. Coiigni , qui avait ijuitti'- l'habit de raidinal , et ipii .se fai-.a.t appeler .simplement le cnmle de Beauvai--", le reprit et se maria en suulaiie

COL 1044

rouge. Condamné au concile de Trente, Une fut pas plus lidèle à son souverain qu'il ne l'avait été h sa religion; il prit les armes contre lui, se trouva à la bataille de Saint-Denys, en i5'58, et fut décrété de prise de corps. S'étant re.iré en Angleterre, il y fut empoisonné en 1571 , par un de ses ijomcstiques qui , s'étant sauv'- en France, fut piis à La Rochelle et puni de mort.

COLIN f!'abb''), tiésorb^r et vicaire perpétuel de 1 éf^lise Notre-Dame de Paris , remporta trois prix d'éloquence h l'académie française, de 1705 à 1717, et donna une traduction estimée du Traité de l'orateur, de Cicéron , avec une préface qui e.st à la fois un commentaire raisonné sur l'ouvrage et un bon abrégé de rhétorique, Paris, l'737, in-12, plusieurs fois réimpr., avec les trois discours couronnés. On lui attribue une Vie de madame de Lumague, veuve Pollalion, fondatrice de l'hôpital de la Providence, avec les pièces j;istilicatives, Paris, IIV*, in-12; elle est plus étendue que celle qui fut donn^'o, en 1659, par l'abbé Facdcau. L'ahbé Col in mourut en 175'i..

COLLADO (Didace), religieux dominicain et missionnaire, né à Me/adas, eu Esli'amadure, se rendit au Japon en 1619. La persécution ne put refroidir son zèle et sa charité. En 1623, ses .confrères du Japon l'envoyèrent à Rome pour solliciter auprès du pape une pius grande étendue de pouvoirs. Ayant atteint le but de son voyage, il alla s'embarq ler en Espagne, où le roi lui donna des lettres patentes pour les Philippines. Il arriva dans ces îles en 1635, avec 2'i. missionnaires de son ordre, et eut quelques difticaltcs avec le gouverneur. Tout paraissait arrangé, lorsque l'ordre lui [Kirvint de revenir en F.spagne. Le vaisseau qui le portait de la Nouvelle-Ségovie à Manille, en 1038, fit naufrage. Collado , qui sava't nager, eût pu se sauver; mais il ne voulut pas s'él dgner de ses compagnons au moment oii les secours spirituels leur devenaient néces.^aires , et il jtérit avec eux , martyr de la charité. On a de Collado : .1rs grammatica japonicœ linguœ, Rome, 1631, in-V"; ibid., 10.)2; Dictionarium, sire thcsauri linguœ japonicœ compendium, Rome, 1632, in-ï"; Moclus confilmdi et examinandi pœaitcntem japnnensem formula suamct lini/uajaponica , Kome , 1631, in-i"; ibid., 1632 : li's textes japonais y sont écrits en caraclères latins; llistoria ecchsiastico de los succcsos de la christiandad de Japon , etc., por El. P. H Orfnnel , anadida par Collado, ftladrid, 1632, in-V"; ibid., UVXi\ Dictiomriuin liuguT sincnsis ci(m explicatione lalitia et hispuniva, clinraclcrc sincnsi rt lafino,ouvrage qui ne jiaraît pas avoir été imprimé; entin, (bvcrs Opuscules.

COr.LFT (PiMi.iuEur), né en 16^3, à Châtillon-h'S-Dombes , avocat au parlement de Donibes , passa quelque temps chc^ les jésuites. Il mourut en 1718, h 76 ans. il était très-laborieux, mais il avait di-s n[)iniins fort singulières, même sur I» reiigi m. Il pas.sa longtem()s pour n'en point avoir, quoi-

aue son impiété t'iU |ilul<M sur .s.i laii:.;ueque ans son co3nr. On a i\r Ini : un Traité de$

COL

COL

lOlG

excommunications , 1C89 , in-12. C'est une histoire de l'excommunication de siècle en siè?le. L'auteur était dans les censures, lorsqu'il publia cet ouvrage, pour avoir empêché avec violeitce qu'on enterrât une personne dans nnp chapelle dont il était patron. Un Traité de l' usure, in-8°, 1690, dans lequel il entreprend de défendre l'usage de la Bresse, de stipuler les intérêts avec le capital d'une sonnue exigible ; Entretiens sur les dîmes et autres Ubérnlités faites à l'Er/lise, in-12. Il veut y prouver que les dîmes ne sont ni de droit divin ni de droit ecclésiastique, mais de droit domanial : opinion solidement r('fut/'e par la Vraie notion des dîmes, rétablie sur les principes de la jurisprudence canonique et civile, par Ghesquière, Liège, 1783, in-8"; Entretiens sur la clôture des rclifjieuscs , in-12, dans lesquels il comlwt pour la liberté de la clôture, contre le cardinal Le Camus, évèque de Grenoble , qui venait de gagner son procès avec les religieuses de . onllleini; Explication des statuts, coutumes des provinces de Bresse, Bur/ey, etc. , précédée d'un Abrégé de l'histoire de bombes, Lyon , 1698, in-lbi., et plusieurs ouvrages manuscrits. La figure de Collet était originale ainsi que son esprit. Il avait l'air d'un philoso|ihe de l'ancieinie académie. Tout ce qui s'éloignait des opinions communes lui plaisait, et il soutenait ses idées avec feu. Ceux qui vivaient avec lui étaient charmés de l'étendue de sa mémoire, mais ils n'avaient pas également lieu d'être contents de son jugement.

COLL&r (Pierre) , prêtre de la congrégation de la Mission, docteur et ancien p.'-ofesseur de théologie, né à Ternay, dans le Vendômois , le 6 septembre 1693 , et mort le 6 octobre 1770, s'est fait un nom distingué parmi les théologiens , et a m'érité l'estime dps personnes pieuses par ses écrits et par ses mœurs. Ses ouvrages sont en grand nombre. Les principaux sont : Vie de saint Vincent de Paul , 2 vol. in-4-°, 174-8 , réimpriim-e en 1818, k vol. in-8''; Histoire, abrégée du même, 1 vol. in-12, 1764. L'abrégé vaut mieux que la grande histoire , qui est fastidieuse par une multitude de détails minutieux qui n'intéressent presque jersonne; ce défaut est celui de presque tous les ouvrages historiques de cet écrivain; Vie de M. Boudon, 2 vol. in-12 , 1753; La même , abrégée, 1 vol. in-12, 1762; Vie de saint Jean de la Croix, 1769, 1 vol. in-12. Traité des dispenses en général et en particulier, 3 vol. in-12, 1753. Cet ouvrage est unique en son genre, et rempli de recherches. Il en a paru , en 1788 , une édition corrigée et augmentée par Compans, 2 vol. in-8° : cette édition a de grands avantages sur la première (Votj. le .tournai hist. et littér., 1" mai 1789, p. 10); Traité des indulgences et du jubilé , mo , 2 vol. in-12; Traité de l'office divin, 1763, 1 vol. in-12; Traité des saints mystères, 1768, 2 vol. in-12 : plusieurs l'ois réim[>rimé; Traité des exorcismes de l'Eglise, 1770, 1 vol. in-12; Abrège du Dictionnaire des cas de conscience de Pontas , 2 vol. m-k", 1764 et 1770; Lettres critijues, sous le nom du j^newr de Saint-Edmc,

i vol. in-8°, 1744; Bibliothèque d'un jeune ecclésiastique, 1 vol. in-8° : cette brochure est peu de chose; l'auteur n'indique pas toujours les meilleurs livres , soit qu'il ne les connût pas , soit que, malgré leur utilité , il crût y apercevoir des endroits repréhensibles ; Tlieologia moralis universa, 17vol. in-S"; Instituliones thcologicœ ad usum seminariorum, 7 vol. in-l2, n44 et ann. sr.iv. ; Eœdem, hreviori forma, 4 voL in-12, 1768; De Deo ejusque divinis attributis , 1768, 3 vol. in-S°; Les devoirs des pasteurs, 1769, 1 vol. in-' 2; Devoirs de la vie religieuse, 1763, 2 vol in-î2; Traité des devoirs (les gens du monde, 1 vol. in-12, 1763; Devoirs des écoliers, 1 vol. petit in-\-2; Instructions pour les domestiques, 1763, 1 vol. petit in-12; Instructions à l'usage des gens de la campagne, 1770, petit in-12; Sermons et discours ecclésiastiques, 17G4, 2 vol. in-i2, écrits avec plus de netteté que d'élégance; Méditations pour servir aux retraites, 17(.9, 1 vol. in-12; ia dévotion au sacré cœur de Jésus, établie et réduite en pratique, 1770, 1 vol. in-16. Voy. Marg.-Mar. Alacoque.

L'ablié Collet préparait, lorsqu'il mourut, d'autres ouvrages. On voit, par ce cataloijue, que la plume de cet écrivain était très-féconde; mais son style est un peu dur en latin , quoique en général plus pur que celui des scolastiques , ( t incorrect en français. Il avait, daiisla coinersation, de l'esprit et du feu : on remarque ces deux qualités (ians quelques-uns de ses livres. Il mêle quelquefois la plaisanterie aux su'ets les plus sérieux; mais s. s railleries ne sont guère à leur place. Il s'était corrigé, dans sa veillesse, de ce défaut : et , à tout pr. ndre , ses livres sont estimables par l'abondance des recherches et par l'ordre qu'il a su y mettre. Son Traité des dispenses est aujourd'hui le plus consulté de ses ouvrages , et il est devenu particulièrement- intéressant parles disputes élevées en Allemagne , touchant le pouvoir que quelques évoques s'attribuaient de dispenser dans les lois de l'Eglise universelle, nommément dans les empêchements dirimants. Cet article y est discuté avec une attention particulière. Après avoir proposé la questjon et répondu à quelques objections, l'aute'ur poursuit de la sorte : « Et d'où les « évoques auraient-ils ce pouvoir ? De leur « qualité d'évêque, répondent quelques-uns, « et de ce qu'ils sont préposés par l'Esprit- « Saint pour gouverner son Eglise. Mais cette « qualité si auguste fait-elle donc qu'ils ne « soient subordonnés à aucune autorité ? Si « elle ne le fait point, comme, en effet, perce sonne n'a osé l'avancer, il est clair qu'elle « ne leur donne |)oint le droit de toucher à « ce que l'autorité , à laquelle ils sont sou- « mis eux-mêmes, a sagement établi; et « quant au bon gouvernement de l'Eglise, « loin d'exiger qu'ils puissent dispenser dans « tous les cas, il demande plutôt qu'ils ne le « puissent que dans quelques cas rares. Nous « en avons donné nue raison frappante (que « l'inférieur ne peut défaire la loi du supe- « rieur), et il y en a d'autres encore, ne îùt- « ce que pour garder plus d'uniformité à cet

COL

COL

lOiS

« égard dans l'exercice de la juridiction ecclé- « siastique. Les prélats auraient-ils donc ce « pouvoir de l'Eglise f Ile-môme ?Mais point « tout : sa volonté, consignée dans son droit « public, est que la loi du supérieur ne puisse « être ni abolie , ni modifiée , ni suspendue « par aucun infi'^rieur. Lauraient-ils, enfin, « de quelque coutume qui , étant ancienne et « légitime , se trouverait avoir force de loi ? « On sait, au contraire , que la coutuuie im- « mémoriale et générale est de s'adresser à « Rome, et une telle coutume, une coutume « universellement établie, combien n'a-t-elle « pas de force, quand même elle ne serait ap- « puyée sur aucune espèce de loi 1 >> Voy. Prétextât.

COLLETTE(sainte), réformatrice de l'ordre de Sninte-Claire , née à Corbie, en Picardie, le 13 janvier 1380 , était fdle de Robert Boilet , charpentier, et de Marguerite Moyon, qui était presque sexagénaire. Elle jiassa les premières années de sa vie dans la pénitence ; et aiirès la mort de son père et de sa mère, ayant distribué aux pauvres ce qu'ils lui avaient laissé, elle se retira dans un couvent de béguines , qui vivaient sous la direction des religieux de Saint-François. Ayant trouvé cet institut trop rel'iché, elle passa dans celui des urbanistes, puis dans celui des bénédictines; miis ne trouvant pas , dans tous ces ordres, de quoi satisfaire son zèle , elle prit l'habit du tiers-ordre de Saint-François , dit de la Pénitence, fit un vœu particulier de clôture , et pratiqua de grandes austérités. Elle s'occupa ensuite de la réforme des religieuses de Sainte-Claire, et alla, en l'i.06, trouver à Nice Pierre de Lune, que l'on reconnaissait en France pour pape , sous le nom de Benoît XIIL Elle obtint de lui tous les pouvoirs qu'elle pouvait souhaiter pour exécuter son pieux dessein. N'en ayant pu venir à bout en France, elle se retira en Savoie, où elle établit sa réforme, qui, dans la suite, se répandit dans plusieurs provinces. Elle mourut à Gand le 6 mars de l'an ihkl , Agée de 06 ans et 52 jours. Quelques religieux de Saint- François embrassèrent aussi sa réforme; ils eurent beaucou[) de maisons en Bourgogne, où on les appelait les Colétans; mais on les réunit, en 1517, aux observantins. Sixte IV lui donna de vive voix la qualité de beata et de sancta, et Clément VIII permit aux clarisses, de Gand, d'en faire solennellement Toffice au commun des vierges. Lorsqu'on leva son corps de terre , à Gand, en 17V7 , il s'opéra plusieurs miracles. L'ordinaire du lieu en constata juridiquement la vérité , et en dressa le procès-verbal qui fut envoyé à Rome. Sa canonisation a été prononcée par Pie VII , le 3 mars 1807. Sa Vie a été écrite par Pierre de Vaux, son confesseur, et par plusieurs autres : elle a été abrégée par un anonyme , et publii'c par l'abbé de Monlis avec celle de Pliilip[iiiio , duchesse de Gueldros, Paris, 1771, in-12.

COLLIKU ,JÉu(^:>iii: , né h Stowqui , dans la jtrovince de Cambridge, on 1050, devint lecteur de Gray's-Inn h i,ondres; mais nynnl refusé do iirôier k serment du test , il perdit

cette place. Les écrits qu'il publia pour défendre son procédé, luiattu'èrent la ilisgrâce et les reproches des grands. On lui promit inutilement, sous la reine Anne, des récompenses considérables. Il vécut et mourut zélé nonconformiste. Il réunissait parfaitement l'esprit de retraite du chrétien, avec la politesse du gentilhomme. Egalement profond dans la philosophie , la théologie , l'éloquence , les antiquités sacrées et profanes, il a enrichi sa nation de plusieurs ouvrages estimables: un Dictionnaire historique, géographique, généalogique, traduit en partie de Moréri, et augmenté d'un grand nombre d'articles , 1721 , 4 vol. in-fol. ; Essais de morale sur différents sujets, 3 vol. in-8°, oîi l'on trouve autant d'esprit et d'originalité que d'érudition , et qui obtinrent un grand nombre d'éditions ; un Traité où il démontre que Dieu n'est pas l'auteur du mal ; la Critique du théâtre anglais , comparé aux théâtres d'Athènes , de Rome et de France, avec l'opinion des auteurs tant profanes que sacrés touchant le spectacle, traduite en français par le P. de Courbeville, jésuite ; une Histoire ecclésiastique de la Grande-Bretagne, Londres, 1714-, 2 vol. infol., en anglais, écrite avec goût et impartialité. Collier mourut en 1726, à l'âge de 76 ans.

COLLIN, ou ROELLIN (Conrad), religieux dominicain, natif d'Ulm, était supérieur du couvent de son ordre à Cologne, lorsque Luther publiait ses erreurs. Il les réfuta avec beaucoup de force. Entre ses ouvrages , on estime deux traités qu'il fit contre le mariage de cet hérésiarque , l'un intitulé Confutatio epithalamii, 1527; l'autre Contra Lutherii nuptias. Il mourut en 1536.

COLLIN (l'abbé). Yoy. Colin.

COLLINS (Antoine), né k Heston , à dix milles de Londres, en 1670, d'une famille noble et riche, trésorier du comté d'Essex, occupe une place dans la liste des incrédules. Il passa presque toute sa vie à écrire contre la religion, cette seule ressource sûre et solide des jiauvres mortels , et mourut en décembre 1720, à Harley-Square , après avoir protesté « qu'il avait toujours pensé que cha- « cun devait faire tous ses etforts pour ser- « vir de son mieux Dieu , son prnice et sa « patrie , et que la fondement de la religion « consistait dans l'amour de Dieu et du proie chain. » Déclaration contradictoire à tout ce qu'il a écrit. Car s'il y a un Dieu, on doit lui rendre un culte, do l'aveu du spinosiste, auteur du Système de la nature ; et s'il y a une loi d'aimer le iirochain , il n'y a ipie la religion qui puisse en être la sanction et la garantie. Les principaux ouvrages par lesquels il a signalé son incrédulité sont : Essai sur l'usage de ta raison, dans les propositiom dont l'évidence dépend du témoignage humain, plein d'une fausse logique et propre .^ jeter les esprits faibles dans le désolant élal du sce|>licisme ; Iterhrrches phitosophiiiuts sur la Ubirlé de l'homme, oiivr/igr m Imii . dit un aulciu' fort .suspecl, (pie le duclciu' ('.larki^ y ri'pfindit par des injures. Ne prendrait-il pas, cniiinie (an! d'autres, les raisons ji(purdfi.s iojmes'/ Celles de Clarko étaient bien c^ipables

COL

COL

d'embarrasser son adversaire ; Discours sxir les fondements et les preuves de la religion chrétienne, avec une Apologie de la liberté d'écrire ; Examen critique des prophéties : c'est une suite du livre précédent, réfuté par divers écrivains, surtout par le docleur Jean Rogers dans sa Nécessité de la révélation divine ; Discours sur la liberté de penser : ouvrage qui iit beaucoup de bruit dans sa naissance, et qui n'est plus lu qu'en Angleterre par les partisans deCollias. Il fut traduit en français en 1714, in-8°.

CÔLLINS ( Jérémie) , prêtre irlandais, fit ses études à Bordeaux, et fut chargé pendant quelque temps des intérêts du séminaire de cette ville. Son évêque, le docteur Moylan , le.rappela en 1789 et le plaça à Cork dans la paroisse de Saint-Finbarr, où il travailla 22 ans comme vicaire, et 18 comme pasteur et grand vicaire. Collins fut le directeur d'une petite communauté de cinq dames qui se consacraient à l'éducation de 150 filles pauvres de la ville. Cette institution est devenue l'ordre de la Présentation , qui a fondé 30 maisons où sont élevées gratuitement 20,000 filles de la classe pauvre, à un grand nombre desquelles on fournit le vêtement. Collins avait au«si établi une autre congrégation pour l'éducation des garçons. Ce vénérable ecclésiastique est mort à Cork le 7 nov. 1829.

COLLIUS (François), docteur de Milan au xvH' siècle , se rendit très-célèbre par son traité de Animabus payanorum , publié en 2 vol. in-i°, à Milan, en 1G22 et 1623. Il examine quel est le sort dans l'autre vie de plusieurs païens illustres. Il forme des conjectures sur des choses dont la connaissance n'appartient qu'à Dieu. Il ne désespère pas du salut des sept sages de la Grèce , ni de celui de Socrate; mais il damne sans miséricorde Pythagore, Aristote et plusieurs autres, quoiqu'il reconnaisse qu'ils ont connu le vrai Dieu. 11 est à croire que , si ce juge des morts avait bien apprécié la vie et le caractère de ses élus, il ne leur eût pas fait un meilleur sort qu'à ses réprouvés. Un auteur moderne , très-juiiicieux , leur trouve à peu près un mérite égal : il ne voit, dans ces anciens sages, qu'une troupe de misanthropes, tristes jouets de leur orgueil , qui , s'etforçant tour à tour d'en varier la forme , donnèrent dans les écarts les plus insensés. Il méprise ce triste censeur, qui n'excepte que ses vices de ce qui le fait continuellement gémir, et ce moqueur cynique qui , la lanterne à la main , cherche l'homme en plein midi, et se condamne à n'habiter qu'un tonneau pour le [)laisir puéril de l'ostentalion , et ce vagabond superbe, qui jette ses biens à la mer pour aller redire de côte en côte qu'il porte tout avec lui. « Le fameux So- « crate, poursuit-il, n'est point exempt de taie che ; il s'en faut bien : l'amour contre na- « ture a flétri sa vie, et sa mort est déshono- « rée par ce lâche resjiect humain, qui lui fit (. faire son bizarre sacrifice à Esculape. L'em- « pereur philosophe, dont le panégyrique « coôta trente ans de travail à Pline, s'aban- » donna aux dernières infamies. 11 fut , jus-

« qu'aux remontrances que lui fit Pline le « jeune, un des plus cruels persécuteurs des « chrétiens. Le chef tant vanté de l'école pé- « ripatéticienne, n'a pu cacher sa lâche pas- « sion pour une femme publique, qui lui fit « supplanter son meilleur ami. La mort de « plusieurs autres n'est devenue fameuse que '< par les excès et le désespoir qui la leur « procurèrent. Ils n'étaient pas plus irrépro- « chables dans la recherche des honneurs et « des biens do la fortune, ces imposteu-s, qui « faisaient de si belles leçons de désintéres- « sèment et de modestie. Le cynique mépri- « sant, dont nous avons déjà parlé, foula aux « pieds le faste de Platon , mais avec un or- « gueil plus fastueux encore et plus insup- « portable. L'instituteur vanté d'Alexandre « le Grand est corajité parmi ses plus lAches « adulateurs. Pythagore et Zenon tentèrent « d'usurper la souveraine puissance. Enfin, « Hippias périt en voulant subjuguer sa paie trie. Tels étaient les coryphées des sectes « les plus fières«de leurs vertus : car je ne « parle ni d'Epicure ni de son école , ou de « son troupeau, comme l'appellent d'autres « pliilosophes, qui, par ce mot seul, en don- « nent une idée juste quant à l'honnêteté et « aux devoirs. » Du reste, l'ouvrage de Collins n'est , h proprement parler, qu'un jeu d'esprit choisi par l'auteur, pour faire parade de son érudition. Il y en a effectivement beaucou]) dans son livre ; mais il y a encore plus d'inconsidération et de vanité. On a aussi de lui : Conclusiones theologicœ, 1609, in-i°; et un traité De sanguine Christ i, plein de recherches et de citations, digne du précédent, mais plus commun ; il parut à Milan en 1617, in-i°.

COLLOREDO-WALDSÉE ( Jérôme-François-de-Pacle . comte de), archevêque de Salzbourg, et en cettequalité prince du Saint- Empire , légat apostolique et primat d'Allemagne, né le 31 mai 1732, fut envoyé dès l'âge de vingt ans comme auditeur à Rome , où il fut reçu docteur en théologie, obtint avant l'âge de trente ans le siège épiscopal do Gurk, et fut élevé sur le siège de Salzbourg le ik mai 1772. Fils d'un ministre de Joseph II , empereur d'Autriche , il aida ce prnice à exécuter son plan de réformes ecclésiastiques. Heureusement plusieurs prélats, à la tête desquels figuraient le cardinal Migazzi, archevêque de Vienne , le cardinal de Frankenberg , archevêque de Malines, et l'évèque deNeustadt-Kerens, s'élevèrent contre ses innovations. L'archevêque de Salzbourg vécut assez pour être témoin de leurs funestes suites ; il en fut même la victime. Son siège , qui durait depuis seize siècles , fut compris dans le système des sécularisations, et cessa d'exister. Colloredo, forcé de donner sa démission , se retira à 'Vienne, où il mourut le 20 mai 1812. Si , comme archevêque , Colloredo mérita le blâme de tous ceux qui sont attachés au maintien des traditions de l'Eglise et de sa discipline, il acquit, comme prince temporel, l'amour et l'estime de ses sujets , par une sage administration. Il fit le sacrifice d'une partie de ses revenus

COL

COL

pour préserver ses états de la famine , ordonna une nouvelle répartition d'impôts qui pesaient trop sur la classe industrieuse et pauvre, s'appliqua à faire régner la justice dans ses états, et encouragea l'étude des lettres, par la protection qu'il accorda aux savants. COLLOT (Pierre), docteur de Sorbonne et curé de Chevreuse, dans le xvin" siècle , est auteur de plusieurs ouvrages estimés et souvent réimprimés, savoir : Conversations sur plusieurs sujets de morale, dédiées aux demoiselles de Saint-C\r, Paris 1"3'5, in-1'2; Instructions sur les dimanches et f^tes ; l'Esprit de saint François deSales, Paris, 1727, in-8"; Explication des vérités de ta reliqion chrétienne. COLLUTHUS, prêtre et curé d'Alexandrie, devint scliismatique dans le temps qu'Arius mit au jour ses erreurs, vers l'an 315. Il s'avisa d'ordonner des prêtres et eut la ridicule ambition d'usurper le gouvernement de son église, et de former un épiscopat ima.;inaire, sous prétexte que cela lui était nécessaire pour s'opposer avec succès aux progrès de î'arianisme. Cet hérétique enseignait que Dieu n'a point créé les méchants. Le concile d'Alexandrie le condamna en 319, et déposa les prêties qu'il avait ordonnés.

COLMAN ou CoLOMAN (saint;, Colomnnnus, fut martyrisé en Autriche le 13ort. 1012. Son corps fut transféré île Stolekeraw ii Mœlck. ^ COLOMBAN (saint), né en Irlande vers l'an 6\0, a|iprit dès sa jeunesse les arts libéraux , la gr<uiimaire , la rhétorique , la géométrie. La nature l'avait doué d' toutes les qualités de l'esprit et de tous les agréments de la figure. 11 craignit les attraits de la volupté et les vains plaisirs que le monde lui promettait, et se mit sous la conduite d'un saint vieillard nommé Silen, dans le monastère de Bancor. Pour se détacher de plus en plus du monde, il passa dans la Grande-Bretagne, et de là dans les Gaules avec douze religieux. Un vieux clr'leau ruiné , dans les déserts des Vosges, fut sa nr^^mière retraite. Une foule de disciples s'éla'nl présentés h lui, il bitit, vers l'an (iOI), un mnihivlère dans un endroit plus commode, h Lu\cuil, et bientôt un autre à Fontaine. Le roi Tliierri l'exila h Besançon, à la sollicitation de Brunehaul, h l.M|ueile le saint abbé donnait vainement d's avis salutaires, avec une franchise in<onraie de nos jours. 11 passa ensuite en Italie, fonda l'abbaye de Bobio , et y mourut le 21 novembre 615, après avoir vu la vérification de la terrible prophétie i[u'il avait faite , touchant la réunion de toutes les couronnes de France sur la trte de Clotaire. On a de lui uuii Rik/leqni a été lonçterajis prati(]uée dans lesiîaules ; (pu'hiiies pièces de poésies, quelques lettres, et d'auti'CS Ouvragi'S ascétiques qui s.' trouvent dans la IHbliothèque des Pères. Ce saint est fort maltraité par l'abbé Vclly, dans son Histoire de France; mais il est justifié d'unf! manière victorieuse des fausses im|)ut,itions de cet éirivain, dans l'averlissementdu xii' volume de V Histoire littéraire de France (()age !)j , par les bénédictins de S;iiiit-Maur;(|uoi(pi'oii ne juisse s'em- ^jùcher do lui souhaiter dans quelques occa-

sions , surtout dans ses disputes sur la Pàque,oiiil se rapprochait des quartodécimans, plus de docilité et de modération. Ses OKtivres ont été recueillies et ornées de remarques par Patrice Flemingus, et publiées par Thomas Sirinus, Louvain, 1667, in-f ilio.

COLO.MBE (sainte) , vierge et martyre de Cordoue , fut mise k mort par les Sarrasins en 833. — !1 y a une autre sainte Colombe , vierge et martyre de Sens , oh l'on croit qu'elle reçut la couronne du martyre en 273.

COLOMBI ou CoLUMBi (Jean), jés!iite,néen I5!)-2, à Manosque en Piovence, enseigna successivement dilférentes sciences dans les collèges de son ordre. Il mourut en 1679, kLyon, apiès avoir publié plusieurs ouvrages dans lesquels il y a de l'érudition et de la critique : Hicrarchia angeliea et humana , Lyon , 16i7, in-fol. ; Virgo romigeria, seu manuascensis, Lyon, 1638, in-12 : c'est l'histoire d'une image de la Vierge ijui était en vénération h Manosque. Il en a été donné une édition française, môme format et même date ; De relus gestis episcopnrum Valentinorum et Diensium libri IV, Lyon, 16;8, m-k°, (jue l'évèque de Valence et de Die fit réim])rimer en 1652; De rébus gestis episcoporum Vivarcnsium libri IV, 1651, in-?i.°; De rébus gestis episcoporum Vasionensium libj-i IV, 1656, in-'i-''; De Manuesca urbe Provinciœ libri III , 1663 , in-12: il fait un bel éloge d ■ la ville de Manosque , de sa situation pittoresque, delà fertilité de son territoire; Guillelmi Junioris, comilis Forcalquerii historia , 1663, in-12 : ce Guillaume le Jeune mour t en 1207 ; Socles blancalandanœ, 1660, in-i" : c'est un supplément au Gallia christiana; De rébus gestis episcoporum Sistariensium, 1G63, in-8°; Quod Joann. Monlucius non fuerit heercticus. iQ\0, in-k" ; Dissertntio de Blancabtnda cœnobio et Lucerna inpagn Ahrincensi, 1660, in-V°: celte abhaye de Blanchelande éîait située dans le diocèse de Coutances. Les ouvrages précédents ont été réunis en un volume, sous le le titre de Opuscula varia, 16G8, in-fol., avec des Dissertations et des .\ppendices sur divers sujets. On a eneon' de Cohimbi : Commcntaria in sacrum Scripturam , tome I", Lyon, 1656, in-fol. L'ouvrage devait avoir ii vf)lumes.

COLOMBIËHE (Ci-AiDE DE L\), jésuite célèbre, né en 16VI , h Saint-Symphorien d'Ozon, entre Lyon et Vienne, se fil un nom|)nr ses talents pour la chaire. La cour du roi Jacques l'écoula pendant deux ans avec i>laisir et avic fruit ; mais aciusé et non convaincu d'être entré dans une conspiration, il fut banni do l'Angleterre. Il mourut h l'.'lge de M ans, en 16S2, h P.uai , dans le Charolais. C est lui qui , avec Marie .\lacoque, a donné une forme à la célébration de la solennité <lu C(eur de Jésus , et qui en a composé l'ofiice. Ce jésuite avait l'esprit fin et délicat, et on le seul indgré l'extrême simplicité de son style, dit I ahbé Trublet , en parlant de ses Scrwii;;,? pulilii''S à Lyon, 1787, en fi vol. iii-12. Il ava t suilout le cœur vif et sensible ; c'est l'onction du I'. (Cheminais, mais avec plus do feu : l'amour île Dieu l'em-

COL

COL

brasait. Tout dfins ses sermons respire la piété la plus tendre, la plus vive : je n'en connais point inéme qui ait ce mérite dans un degré égal, e! qui soit plus dévot sans petitesse. Le célèbre Palru, son ami, en parlait comme d'un des hommes de son temps, qui pénétrait le mieux les finesses de notre langue. On a encore de lui des Réflexions morales et des Lettres spirituelles. — Les O/Tmvres complètes de La Colombière ont été insérées dans la Collection des Orateurs sacrés, de M. Migne, où, avec la 2' partie des Sermons de Teïier, elles forment un vol. in-i°.

COLO:ùB!NÎ (saint Jean', fondateur de l'oriire des jésuates de Saint-J^-rôme , était natif de Sienne. Son esprit de retraite , ses austérités, sa pié;é, répandirent tant d'édification , que piusicLirs personnes désirèrent de l'imiter, et en peu de temps l'on vit naître un nouvel ordre religieux. Urbain V aprouva cet iustitut en 1367, h Viterbe. Jean Colombini ne survécut que de Irente-cinq jours à cette approbation , étant mort le 31 juillet 1367. Ses religieux suivirent la règle de saint Augustin. Le nom de jésuates leur fut donné , parce que leur fondateur avait toujours le nom de Jésus h la bouche. Ils y ajoutèrent celui de saint Jérôme, parce qu'ils le prirent pour leur protecteur. Pendant plus de deux siècles, les jésuates n'ont été que frères lais. Paul V leur permit, en 1606 , de recevoir les ordres sacrés. Dans la plupart de leurs maisons, ces religieux s'occupaient à la pharmacie. Clément IX les supf rima en 1668. Il y a cependant encore en talie quelques maisons de religieuses du même ordre. Le pieux Morigia, général des jésuates, a écrit la Vie de Jean Colombini , et celle de ses premiers disciples.

COLOMIÈS (Paul), né k La Rochelle en 1638, d'un médecin |)rotestai)t, parcourut la France et la Holl nde, et mourut à Lon 1res en 1692. La république des lettres lui doit plusieurs ouvrages sur les citnyens qui l'ont illustrée : Gallia orientalis , réimjirimée en 1709, in-l°, avec ses autres opuscules , par les soins du savant Fabricius, Paris, 1731 , avec les notes de .M. de La Monnaye. Cet uvrage, plein d'érudition, roule sur la vie et les écrits des Français , savants dans les langues orientales. Italia et Ilispania orientalis, avec des notes vie Wolf, Hambourg, 1730, in-i", dans le goût du précédent ; Bibliothèque choisie, en français, réimprimée en 1731 à Paris, avec les remarques de La Monnaye : on y voit une grande érud tion bibliographique; La Viedu Père Sinnond, 1671,in-12; Tlteologorum presbylcrianorum icon. Il fait éclater dans cet ouvrage son attachement pour le

Earti des épiscojiaux. Le ministre Jurieu , eaucoup moins impartial et moins honnête homme que Colomiès , le traita fort mal dans son livre df l'Esprit d'Arnauld; des Opuscules critiques et historiques , recueillis et mis au jnur en 1709, par Albert Fabricius ; Mélanges historiques, etc., in-12. C'est un recueil de [)lu,sieurs petits traits curieux et agréables, sur quelques gens de lettres. Il a Composé plusieurs autres ouvrages que nous

ne pouvons citer ici. Colomiès n'était pas un savant à découvertes. Son talent était de profiter de ses lectures : il mettait k part les choses singulières, et en ornaitses livres. Il y a du bon dans les siens ; mais l'ordre y manque. Il connaissait bien la bibliograplde , et il a été utile à ceux qui se sont appliqués k celte science.

COLO.MME f Jean-Baptiste-Sébastie\ ), supérieur des barnabites, naquit k Pau, le 12 avril 1712, et mourut à Paris en 1788, laissant : Vie chrétienne ou Principes de la sagesse, 1771, 2 vol. in-12: Dictionnaire portatif de l Ecriture sainte, 1773, in-8' ; Manuel des religieuses, 1779, in-r2; Eternité malheureuse, ou Les supplices éternels des réprouvés, traduit du latin de Drexelius, Paris, 1788, in-12, avec une préface contre les incrédules; une nouvelle traduction d as Oyjuscit/cs de Thomas kKempis.

COLONIA ( Dominique de ), né k Aix en 16ii0, jésuite en 1693, mourut k Lyon en 17il. Cette ville, qui le posséda pendant 39 ans, lui faisait, par estime et par reconnaissance, une pension annuelle. Les fruits de ses travaux littéraires sont : une Rhétorique en latin, 1710, in-12, imprimée jusqu'k vingt fois, ouvrage très-mélho lique, et orné d'exemples bien choisis ; La Religion chrétienne autorisée par les témoignages des auteurs païens, Lyon, 1718, 2 vol. ih-12. Coloniaavait lu cet ouvrage par parties dans l'académie de Lyon, dont il était membre; cette compagnie applaudit à l'enlreprise et à l'exécution. L'auteur n'avait jamais séparé l'étude de la religion, de celle des auteurs profanes : on le voit assez par les recherches qui enrichissent cet ouvrage ; Histoire littéraire de la ville de Lyon, avec une Biblioth. des auteurs lyonnais sacres et profanes, 1729-1730, 2 vol. in-V. L'historien a omis beaucoup d'écrivains lyonnais, et a parlé ou superticiellement ou inexactement de plusieurs autr -s ; Antiquités delà ville de Lyon avecquelques singularités remarquables, Lyon, 1701, in-i"; Bibliothèque des livres jansénistes, ia-12, 2 vol., censurée k Rome eu 17i9, refon lue, corrigée et augmentée, sous le titre de Dictionnaire des livres jansénistes, in-12, 4 vol., 1732 (les trois derniers volumes sont du Père Patouillet). On trouve k la fin une Bibliothèque anti-janséniste. Sou zèle contre cotte secte la lui fait souvent apercevoir oiî elle n'est pas ; ce qui peut être en partie l'effet de sa précipitation ou d'un excessif attachement k des sentiments qui ne sont que des Ojjiniops, et en partie de la difficulté de saisir toujours avec sûreté et avec justesse les traces d'une hérésie insidieuse et dissimulé-, qui, plus que toute autre, a su s'envelopper dans les équivoques et les subtilités du langage. Le P. de Colonia était trèsversé dans l'étude de l'antiquité et la connaissance des médailles ; s'il est vrai qu'il se troiojia un jour sur une pièce de nouvelle iabrique, qu'il crut être fort ancienne, on aurait tort de conclure de Ik contre son savoir réel, puisqu'il n'y a aucun genre de sciences oiî les plus habiles n'aient fait des bévues, et que d'ailleurs l'étude des antiques olire les occasions d'erreur, oii les savants

iO!?

COL

CÔM

sont pris plus aisément que les ignorants.

COLONNE ( Jean ), est un do ceux qui ont le plus contribui'- à la grandeur et à l'élévation de sa famille, l'une des plus illustres d'Italie, et très-féconde en grands hommes. Fait cardinal par Honorius III en 1216, et déclaré légat di' l'armée chrétienne, il contril)ua beaucoup à la prise de Damiette, par l'ardeur avec laquelle il anima les chefs et les soldats. Les Sarrasins l'ayant fait prisonnier, le condamnèrent à être scié par le milieu du corps; mais sur le point de subir ce supplice barbare, sa constance surprit si fort ces infidèles, qu'ils lui donnèrent la vie et la liberté. Il mourut en 12i5. L'hôpital de Latran est un monument de sa piété.

COLONNE ( Jean ), dominicain, archevêque de Messine, fut chargé de plusieurs affaires importantes. 11 mnurut en 1280. On a de lui : Traité de la (jloire du paradis; un autre Du malheur des gens de cour ; La mer des histoires, jusqu'au règne de saint Louis, roi de France. Il ne faut pas confondre ce livre avec une compilation intitulée : La mer des histoires, Paris, U88, 2 vol. in-fol., et depuis avec des augmentations. Celle-ci est d'un théologien jacobin, nommé Brochart, qui la fit paraître en latin l'an 1473, sous le titre de Rudimcntum novitiorum, in-fol.

COLONNE (Gilles), autrement Gilles de Rome, /Egidius Romœ, général des Augustins, puis archevêque de Bourges, fut le premier de sou ordre qui ei]seigna dans l'université de Paris. Il assista au concile de cette ville d(^ l'an 1281, où, quoique simple docteur, il [larla pour les évoques contre les frères mendiants. Son siècle, selon la coutume d'alors de caractériser les docteurs célèbres par quelque épithète propre, le surnomma le Docteur très-fondé ( Doctor fundatissimus). Phili()pe le Hardi, à qui son mérite l'avait rendu cher, lui confia l'éducation de Philippe le Bel. Le maître inspira à son élève le goùt des belles-lettres. Ce fut pour ce prince qu'il composa le traité De regimine principis, li73, in-fol., sans nom de ville. Dans un chapitre de son ordre, on statua qu'on receviait son opinion dans les éci les. Colonne mourut à Avignon en 13l(j. Son corps fut porté à Paris, où l'on voit son tombeau chargé de cette éjiitaphe empbatique : Hic jucet aula morum, vitœ mundilia, archiphilosophiœ Àristolelis pcrspicacissimus commenlator, clavis et doctor thcologiœ, etc. On a encore de lui divers ouvrages de philosophie et de théologie, Rome, 1335, in-fol.

COLONNE ( Jacques ), fut élevé au cardinalat par Nicolas III. il eut beaucouiide part aux démêlés qui agitèrent Uomi; sous Boniface AlII. Lii l.unille de. ce ()ontif(', (jui était celle de (laji tan, du i>arti(les guelfes, n'avait jamais été en honnie intelligence avec celle di'S (Colonne, de la fa('liun des gibelins. Les cardinaux de cette fanulle s'étaient opposés à l'élection de Boniface. Jacques Colonne et Pierre, son neveu, cardinal connue lui, fichés do n'avoir pas réussi h l'exclure, et craignant jieut-ôlre son ressentimeni, se jetèrent dans l'alestrhie, où Sciarra-Colonne, un de

leurs cousins, commandait alors, et levèrent l'étendard de la rébellion. Boniface s'étant rendu maître de la ville, lança les foudres ecclésiastiques contre les séditieux, priva Jacques et Pierre de la pourpre, excommunia Sciarra, et mit leurs têtes à prix. Sciarra, fuyant pour se mettre en sûreté, fut pris sur mer par des pirates, et mis à la chaîne. Philippe le Bel le fit délivrer à Marseille, où les pirates l'avaient conduit, et l'envoya en Italie, l'an 1303, avec Guillaume deNogaret, pour enlever Boniface. Ils sur|)rirent le pontife à Anagni, où l'on dit que Sciarra-Colonne lui doima sur la joue un coup de son gantelet. Voij. Bomface VIII. Jacques Colonne mourut en

COLONNE ( Asr.AGNE ), savant cardinal, vice-roi d'Aragon, évêque de Palestrine, était fils de Marc-Antoine Colonne, duc de Palliano. Il mourut en 1608. On a de lui des lettres et d'autres ouvrages, entre autres un Traité contre le cardinal Baronius, au sujet de la Sicile.

COLVENER ( George.), docteur en théologie, né à Louvain, en 1564, mort en 16i9, fut prévôt de la collégiale de Saint-Pierre de Douai, et publia les ouvrages suivants : Joh. Niederi Formicarium, Douai, 1602,in-8°, avec des notes ; le Chronicon Cameracense et Atrebtitcnse, de Balderic, Douai, 1615, in-8'; VHistoria Remcnsis Ecclesiœ, de Flodoard, Douai, 1617, in-8°, avec une Vie de cet auteur, et des notes; Rhabani Mauri opéra, Cologne, 1627, 6 vol. in-fol; l'ouvrage de Thomas de Catimpré intitulé : Miraculorum et excmplorum memoi-abilium libri duo. Douai, 1605, 1627, in-8% avec une Vie de cet auteur; Kalendarium SS. V.Mariœ novissimum ex rariis Syrorum, yEthiopum, Grœcorum, Latinorum menoingiis, hrcriariis, marlyrologiis et historiis concinnat uni, ï>oaai, l()38,3vol.in-8\

CO.MBAULT (N.), né au commencement du XVIII' siècle, mort en 1785, fut un des meilleurs élèves du célèbre Rollin. Si l'éducation publi(]ue produisait souvent de tels sujets, elle n'aurait pas eu sans doute autant de conlradicleurs. lly puisa l'amour inaltérable de la vertu, du travail et des lettres; choses qui vont si bien ensemble, et qui sont trop souvent isolées. Jamais elles ne le furent pour lui. Père de famille, avocat et houune de lettres, il a payé pleinement sa dette à l'Etat ( t h ses concitoyens, et répandu sur sa course des fleurs ipu servent encore aujourd'hui d'ornement h sa mémoire. On a de lui (piehpies niurceaux de poésie inqiriniés, (}ui fout liounour ,\ son talent. Contemporain, ami et émule de Coflin, il comjiosa, en société avec son ami, des hynuies (juo l'église de Paris a adoptées. Il avouait entre autres la part i|u'il avait eue h l'iiynuie do saint PieiTc : Tandem laborum, dont le pape témoigna, par un bref, h M. Cuftin, sa satisfaction. Nous cileriuis ici les deux str<i|)hes les |ilus remaniuables de celte hymne, qui sont do lui, et (jue l'on peut mettre en parallèle avec ce qui est sorti de jilus brillant de la plume de Santeuil. l.f< cnnnaisseiirs en sentiront aist''meiil toutes les beautés, (|u'il est im|)ussible de faire iiasser en fraii-

COM

COM

çais par une traduction, quelque bien faite qu'elle puisse être.

Superba soHent Csesares cadavera, Queis urbs lilabat impii culius ferax ; Àpostolorum glorialiir ossibus Fixamque adorai collibus suis crucem, Nunc, 0 cpiiore pnrpuraia nobili, Nnvisque febx Roina conditoribus, Horum Irophrejs aucta , quaiito verius Regiiia fulges orbe loto civlias!

C'est en quelque sorte le sommaire du beau discours de saint Léon, in nalali Pétri et Pauli. On reconnaît dans la seconde strophe, celle du bréviaire romain, 0 Roma felix, quœ duorum principum, etc., mais changée d'une manière bion avantageuse.

COMBÉ ( Marie-Madeleine de Cyz de ), fondatrice de l'établissement des Filles du Bon-Pasteur, naquit à Leyde en 1656, d'une famille noble qui l'éleva dans les erreurs du calvinisme. Elle épousa, à Vàge de 19 ans, un riche gentilhomme hollandais , Adrien de Combé , qui la laissa veuve peu de temps après qu'uup f<5noration eut été prononcée entre les deux époux, sur la demande de la jeune femme qui avait beaucoup à soutïrir de l'humeur brutale de son mari. Devenue libre , elle vint en France avec sa sœur et son beau-frère, y abjura le calvinisme et se vit aussitôt abandonnée de ses parents. Une modique pension de deux cents livres sur les économats lui fut donnée par les soins de La Bermondière , curé de Saint-Sulpice. Elle vendit ses riches habits , se couvrit de simple bure , et prit dans la rue du Pot-de- Fer un humble logement oiî elle se livra à la pratique des plus rudes austérités. En 1686, quelques jeunes filles revenues de leurs égarements se mirent sous sa direction ; d'autres pénitentes se joignirent successivement k celles - ci , et ce fut là le premier noyau de l'établissement des Filles du Bon- Pasteur. Sa confiance dans la Providence était sans borne, et les obstacles qui avaient paru insurmontables à toute autre ne l'effrayèrent jamais. Une dame lui donna deux cents livres pour louer une maison dans la rue du Cherche-Midi : quelques libertins se concertèrent pour l'incendier, mais le lieutenant de police La Reynie protégea les saintes filles. Le produit de leur travail joint à des aumônes suffisait à leur existence, et, en 1688, Louis XIV leur donna, avec quelques secours eu argent, une maison plus spacieuse, car leur nombre s'augmentait toujours. Plusieurs grandes villes des provinces, Nantes, Orléans, Tours, Amiens, etc., voulurent avoir de ces établissements. Madame de Corubé mourut saintement le 16 juin 1692, âgée d'environ 36 ans. Ses restes , d'après ses désirs , furent enterrés parmi ceux des pauvres, dans le cimetière de Saint-Sulpice , qui était alors à côté de l'église. L'établissement qu'elle avait fondé fut confirmé par lettres patentes de juin 1698. On a une Relation abrégdc de la vie de madame de Combé, par Jacques Buileau, frère du célèbre satirique, Paris, 1700, in-12; 2' édit., ibid., 1732, in-8°.

COMBEFIS (François ), né à Marmande dans la Guienne en 1605, dominicain en

1625, fut gratifié d'une pension de mille livres par le clergé de France, qui l'avait choisi pour travailler aux nouvelles éditions et versions des Pères grecs. Avant lui, aucun régulier n'avait eu de pareilles récompenses. La république des lettres lui est redevable : de l'édition des Œuvres de saint Amphiloque, de saint Méthode, de saint André de Crète, et de plusieurs opuscules des Pères grecs; d'une Addition à la Bibliothèque des Pères, en grec et en latin, 3 vol. in-fol., Paris , 1672. II a renfermé , dans le second volume de cette collection, Historia monothelitarum , dont il est auteur, et qui a été mise à V index à Rome; d'une Bibliothèque des Pères, \)ù\xr\p.s prédicateurs, en 8 vol. in-fol.; de l'édition de? cinq historiens grecs qui ont écrit depuis Théophane, pour servir de suite à l'Histoire byzantine, 1 vol. in-fol., Paris, 1685. Ce fut par ordre du grand Colbert qu'il travailla à cet ouvrage. On a encore de lui Originum rerumque Constantinopolitanarum manipulus, 1665, in-4°. Ce sont divers traités de plusieurs auteurs anciens sur l'histoire de Constantinople. Ce savant religieux mourut à Paris en 1679 , consumé par les austérités du cloître , l'assiduité à l'étude et les douleurs de la pierre. Il aurait été à souhaiter que le P. Combefis eiit su aussi parfaitement la langue latine que la grecque : ses versions seraient plus claires et plus intelligibles. Mais les ecclésiastiques peuvent y trouver des secours qu'il ne s'agit aue de bien employer.

COMENiUS (Jean-Amos), grammairien et théologien protestant, naquit en Moravie l'an 1592. Chassé de son pays j)ar l'édit de 1624, qui proscrivait les ministres de sa communion, il alla enseigner le latin à Lesna dans la Pologne. Il s'entêta d'une nouvelle manière d'apprendre les langues. Son livre Janua linguarum reserata , traduit non-seulement en douze langues européennes , mais en arabe, en turc, en persan , en mogol, répandit son nom partout, sans pouvoir faire adopter ses idées. Comenius , après avoir couru dans la Silésie, en Angleterre, en Suède , dansleBandebourg, àHambourg, etc., se fixa à Amsterdam. C'est dans cette ville qu'il fit imprimer in-fol., sa Nouvelle méthode d'enseigner, production qui n'ofl're rien de praticable ni dans les idées , ni dans les règles. La réformation des écoles ne fut pas sa seule folie ; il donna encore dans celle des prétendus nouveaux prophètes , qui s'imaginaient avoir la clef des prédictions de Y Apocalypse. Cet écervelé promit aux fous qui l'écoutaient un règne de mille ans, qui commencerait infailliblement en 1672 ou 73, ajoutant ainsi ses visions et ses chimériques calculs aux erreurs des millénaires. Il n eut pas le temps de voir l'accomplissement de ses rêves, étant mort en 1671, à 80 ans , regardé comme un prophète par ses disciples, et comme un radoteur octogénaire par le jiublic. On a de Comenius : Des Commentaires sur l'Apocalypse ; un livre intitulé Pansophiœ prodromris, Oxford, 1637, in-S" ; Historia fratrum Bocmorum, Halle, 1702, in-4°. Enlii^

1059 COM

le livre dont nous avons d(^jà parlé, Janun linguarum resernta, qu'il iniblia à Lesiia en 1G31, in-8% et duut léditiou de 16G1, iu-8% est en cinq langues.

COMIERS (Claude), chanoine d Embrun sa patrie, mort aux Quinze-Vingts en 1G93, profi'ssa les matiiématiques k Paris, et travailla quelque leiups au Journal des sav.mts. On a de lui plusieurs ouvraj^es de mathématiques, de jihysique, de médecine, de controverse; car il se mêlait do toutes ces sciences. Les ]irincipaux. sont : La nouvelle science de la nature des comètes, et Discours sur les comètes, inséré dans le Mercure de janvier 1681 : ouvrages dont l'objet est de prouver que les comètes ne présagent aucun malheur. Trois Discours sur l'art de prolonger la vie. L'r.uteur les composa à" l'occasion d'un ai ticle de la Gazette de Hollande, sur un Louis G.ddo, italien, qu'elle faisait vivre iOO ans. Ils sont curieux par un mélange heureux de l'histoire et de la piiysique ; Traité des lunettes, dans l'extraordinaire du Mercure dejr.illet 1682 ; Traite des prophéties, vaticinations et pronostirations contre le minisire Jurleu, in-1-2 ; Traité de la parole, des langues et écritures,ei l'Art de parler et d'écrire occultement, Liège, 1691,iu-12, race, etc.; Instruction pour réunir les Eglises prétendues réformées à l'Eglise romaine, Paris, 1778.

COMITOLO ( Paul ), jésuite de Pérouse en Italie, mourut dans si patrie en lC2t), à 81 ans. il passa avec raison pour un des meilleurs casuistcs de sa société. Il lui a fait honneur par plusieurs ouvrages. On a de lui: Consilia moralia, in-^"; un Traité des contrats, etc. 11 a'.taque avec beaucoup do force le probabilisme.

COMMANVILLE (l'abbé N. EcnAiiD de), ])rètrc du diocèse de Houen, qui vivait à la lin du xyii" siècle et au comuieiiceu)eiit du xviii% a public : Vies des Saints, 1701 et 171'i., k vol. iu-12, ouvrage fort abrégé et peu recherclié , dit Leuglet-Dufr.-snoy; histoire de tous les archevècliés et évéckés de l'univers, avec un Dictionnaire où l'on trouve l'explication de ce qu'il y a de plus curieux, Rouen, 1700, in-B"; et (juelques autres ouvrages.

COMMKNDON, cardinal. Yoy. Graziani.

COM.MIHE I Jkan ), jésuite, né h Amhoise eu 1025, mourut à Paris eu 1702. La natuie lui donna un géuie heureux pour la |»oi.sie; il le perfectionna f>ar l'étude des auteurs anciens. On a de lui deux volumes in-12 de i)uésies latines rt d'œuvres posthumes, 17o+. L'aménilc, l'abondance, la facilité, sont en général le c.uactère de sa versification; mais, |)lus propre à cuibellir qu'à s'élever, il n'a point, suivant quelques critiques, cette liardicsse, ce feu, cette énergie, celte précision, qui font de la poésie le plus sublime de tous bi arts. Dans sis paraphrases sacrées, , il n'a point connu la simplicité sublime des livres saints; il so contente d'ôlre élégant et il a dos tirades qui o;lront de Irès-be.iax V(!rs. Ses idj/lles sacrées et sis idylles profanes ont un style plus prO; re à leur genre que ses paraphrases, des images riantes, nue élocuiion pure, dos (icii.>ées vives, une bar-

COM

lOCO

monte heureuse. Il réussissait encore mieux dans les fables et dans les odes, et dans celles surtout du genre gracieux ; il semidait avoir emprunté de Phèilre sa sim|>licité élégante, et d'Horace ce goTit d'antiquité qu'on m trouve presi]ue plus dans les poètes latins modernes. L'oraisonZ)ea;-fppa/-n/('/(F famœ, qu'on voit à la fin du premier volume, est pleine, de sel attique, et d'excellentes vues sur les réputations factices et les petits moyens de se la procurer. On y lit entre autres ce passage remarquable qui appréiie bienles éloges des philosophes et des gens de secte. « Exer- « cent quasi quœdam monopolia fam» et « societates laudum. Laudanl mutiio ut lau- « dentur; fenore gloriain daut et accipiunt, « cœteris omnibus obirectant. » C'est sur ce modèle qu'un auteur ingénieux a publié L'art d'acquérir à peu de frais une brillante réputation éphémi're, Berlin , 1770. Le P. Commire était d'une grande vivacité et jioussait rudement les contradicteurs; le Père La Rue, son ami, lui dit un jour eu riant, que s'il lai survivait, il lui ferait cette cptaphe :

Co.mniirusjacel hic, ips» re cl nomine inirus : Turu luil palria, moribus Huro luit.

COMMODIANUS-GAZ.ELS , espèce de versilicateur chrétien du iv' siècle, est auteur d'un ouvrage intitulé : Instructions. Il est composé en forme de veis, sans ni'-sure et sans cadence. Il a seulement observé que chaque ligne formU un sei;s complet. L'auteur prend la qualité de mendiant de Jésus- Christ. Il prèciie la pauvie.é dans un style fort dur. Son ouvra:<e a été longtemps dans l'obscurité : Uigand le publia pour la première fois en lo50, in-i", et Davies l'a donoé en 1711, à la Un de son Minutius Félix.

(]0.\10 (Ignace-.Marie) , mort à N.iples en 17o'J, s'est fait un nom par sa facilite à composer des vers , surtout en latiu , cl par ses connaissances dans l'antiquité. Si science était encore rehaussée par une pii-té exemplaire. Indépeudanimenl de ses poésies et de ses épigrammes latines, éjiarses dans divers recueils, on a di^ lui : Inscripliones stylo lapidario historicas vitas exhibcntes suinmorum punti/icum et S. H. E. Cardinal iutn rrgniXeapolituni, ouvrage utile pour Ihistoire ecclésiastique du royaume de Naplcs ; nun Histoire de la fondation de ta confrérie de la très-sainte Trinité, à Naples , en ilauen.

CO.MPAGNUM (PoMPÉEj, savant prélat italien, né à Macerata, le II mars IG',).t, d'une famille noble, mort le 25 juillet 177!i., lit ses premières études dans sa ville natal;-, et alla les peifecjionner à Rome, où il suivit les louons du célèiire «iraviiia, et où il eut |)OJr amis Métastase et Crescimbeni. A\ant embrassé la cai ricro ecclésiastique , il tut fait, par Uei oit Xlll, arcliidiacro de .\;acerata, avec peiuiission de rester h Rome, et fut auditeur du cardinal liarberitii. Le pape et les uiemhros du sacré collège romployèrent dans diverses occasions , et il y lit preuve d'I abikté. Sacré évèque d Osimo , le 2 octobre 17'i0 , il gouverna avec lèle co diocèse pendant .'U ans. Il a laissé : une J pitre laline à V A< udémic de Corlone, en tel»' Uis Erniiiiifhls

lOGI

COM

CON

de Cyriaque d'Ancône, qu'il publia avec des noies d'Auiiibal Olivier! ; Memorie istoricocritiche délia Cfiicsa e de' vescovi d'Osimo, 5 vol. in-4° , publiés à Rome, en 1782 , par l'abbé Philipiie Yecchiet'i, qui publia aussi une Vie de l'auteur, en 1784.

COMPAN Tabbé), né vers 1730, à Arles, se rendit à Paris lorsqu'il eut terminé ses cours de tliéolOcjie et de jurisprudence, et fut reçu avocat au parlement. Il fut attaché à la [)âroisse de Saint-André des Arcs. Indépendamment d'une Nouvelle méthode de la géographie, 1770, 2 vol. in-12, ou cile de lui : L'Esprit de la religion chrétienne opposé aux mœurs des chrétiens de nos jours, 1763, in-12, estimé; Le temple de la piété, suivi d'oeuvres diverses, 17oo, in-î2. Des exemplaires portent la date de 17G9, avec ce titre : Voyage au temple de la piété; mais ce n'est quun ciiangement de frontispice.

COAJPANS (Jean), uj à Dalou, dans le diocèse de Pamiers en 1751, entra dans la congrégation des Lazaristes, et fut successivement directeur du séminaire de Saint-Firmin, à Paris , aumùnier des Invalides et directeur au séminaire de la mission à Toulouse. La révolution ayant éclaté , il passa en Espagne, puis il visita Rome et l'itabe. Sous la restauration, il occuiia une chaire de théologie à Tciduuse : uu relus de serment après la révolution de 1830 la lui lit perdre. 11 mourut dans cette ville le 7 lévrier 1833, laissant plusieurs ouvrages , dont les principauxsoat: une nouvelle édition du ÎVai7e' (/m dispenses de Collet, 1768; une autre eu 1827, 2 vol. in-8° : celle-ci porte son nom, qui n'avait point paru d;ins la précédente ; ['Histoire de la vie de Jésus-Christ, composée à la demande de madame Louise de France. Cet ouvrage donne la concorde des évangelistes, éclaircit les endroits obscurs et résout les difiicultés qui peuvmt embarrasser le lecteur.

COMTE iLouis Le), jésuite, mort à Bordeaux, sa patrie , en 1729 , fut euvoj é en Chiue en qualité de missionnaire et de mathématicien en 1085. A son retour, il publia 2 volumes de Mémoires, iu-12 , en forme de lettres, sur l'état de cet empire. Ou y lut que ce peuple avait conservé pendant 2000 ans la connaissance du vrai Dieu, qu'il avait sacrilié au Créatiiur danb le plus ancien temple de l'univers ; que les Chu. ois avaient pratiqué les plus pures leçons de la morale, taudis quele reste de l'universavait été dans l'erreur et dans la corruption. L'abbé Boileau , frère du satirique, dénonça cet éloge des Chinois, comme un blasphème, qui mettait ce peuple presque au niveau des Juifs. La Facuiié proscrivit ces propositions et le hvre d'où on les avait ti ées. C'est le même motif qui porta le parlement à condaumer au feu ce livre, par son arrêt du ti m.irs 1762. Les Mémoires uu P. Le Comte se faisaient lire ùvec plaisir avant qiu nous eussions l'Histoire de la Chine, uu P. du îiiide. On pi.ut encore les consulter , eu se deUant de la partialité ^e l'auteur, et se lenant en garde contre SCS préjugés eu faveur des Cinuois, préjugés dont ni le P. du Halde , ni aucun de

ses confrères n'ont été entièrement exempts On sait d'ailleurs que les missionnaires de cette contrée n'osent point dire l'exacte vérité en ce qui concerne ce peuple frivole et vain. Ce serait un crime capital de contredire sa haute antiquité, son énorme population, les vastes connaissances de ses d:icteurs, la sublime sagesse de son Confucius. Voy. Du Halde et le Journal historique et littéraire, février 1777, ]>age 171. On doit donc apprécier , sur cet état de contrainte, les relations qui nous viennent de ce pays. On doit observer encore que les idées générales de la nation ont inllué sur celles des missionnaires, et, enfin, que ceux-ci n'ont parlé si avant igeusement de la Chine que par comparaison aux plages sauvages et aux peuples barbares qu'ils ont visités en Afrique et en Amérique. Quant aux philosophes qui s'extasient sur les vertus et les brillantes qualités des Chinois , les gens sages qui en connaissent les motifs et le but ne se laissent pas dominer par l'autorité de ces messieurs, et méprisent les contes qu'ils débitent tous les jours sur ce peuple ignare, vain, faible et Idche. « On ne conçoit peut- « être pas , dit un auteur, ce qui a pu exci- « ter dans le cœur de nos apprentis philoso- « plies Cotte belle passion pour la Chine. On « pourrait croire que le vrai motif de cet « engouement est la réputation , quoique « fausse, qu'ont les lettrés de professer la- « théisme. Cependant, il est un autre motif « encore plus puissant de leur enthousiasme « pour le peuiile chinois. Pour Ilaiter l'ace niDur-propre crédule du patriarche de la « p!idoso|ih,e , on lui fit croire que l'empe- « reur Kien-Long, ajtrès avoir lu la Z/ewriarfe, « en avait qualifié l'auteur des épiiliètes de « Thienue-Ly (lumière divine) et de Pousal- « Fond (esiirit surnaturel). Dès ce moment « l'empire de la Chine devint à ses yeux le « modèle de to.js les autres ; et comme tous « ses sentiments sont dans la circulation puce bli(iue , les sansonnets qu'il avait instruits « à sliller Psaphon est un dieu, ont tous à « leiivi répété aussi : L'empire de la Chine « est le modèle de tous les autres. » l^oy. CoN-

FCCILS.

CONCHES (Glillaume de) , grammairien et philosophe, était de Normandie , et mourut veis lioO. Il est auteur d'une glose sur les Evangdes et de divers traités philosophiques. Ayant ex[iliqué le mystère de la sainte Trinité , à peu près comme Abadard, il se létracla dans un écrit intitulé : Drag malicon, qui est un dialogue entre Henri II, lue de Normandie, et lui. On le gardait dans a bibliothèque du Mont-Saint-.Michel. Le plus considérable de ses ouvrages, De naturis creaturarum, sive de opère sex dierum libri XXXllI , a été imprimé peu après la naissance de l'imprimerie , sans date ni lieu de rim,/ression, en 2 grands volumes in-fol., très-rare.

.CONCINA (Daniel), théologien dominicain, né dans uu village du Fnoul en 168(j, passa tout le temps oe sa vie à prêcher et à écrire. Benoit XIV, qui connaissait tout son

CON

CON

raénte, forma très-souvent ses décisions sur les avis de ce savant religieux. Il i.iourut îi Venise en 1756, regardé comme le [ilus grand antagoniste dos casuistes relAchôs. On lui doit un très-grand nombre d'ouvrages , les uns en italien, les autres en latin. Les principaux sont : La discipline ancienne et moderne de l'Eglise romaine sur le jeûne du cart'mc, exprimée dans deux brefs du pape Benoit XIV, avec des observations historiques, critiques et théoloyiqucs , \n-h°, 17i2 ; Mémoire historique sur Vusage du chocolat tes jours de jeûne , Venise , 1748; Dissertations Ihcdiogiques , morales et critiques sur l'histoire du probabilisme et du rigorisme , dans lesquelles on développe les subtilités des probabil istes modernes , et on leur oppose les principes fondamentaux de la théologie chrétienne, 2 vol. in-V', Venise , 17i3 ; Explication de quatre paradoxes qui ont été en vogue dans notre siècle, in-V , 17V6. Cet ouvrage a été traduit en français par le P. Dufour , Avignon, 1761, in-1-2; Dogme de l'Eglise romaine sur l'usure, in-i», Naples, 17i6 ; De la religion révélée, etc., in-i" , Venise, 1754. Tous ces ouvrages S'int en italien. Les plus connus en latin sont : Theologia christiana, dogmatico-moralis , 12 vol. in-4% 1746; ouvrage qui a le plus contribué à sa réputation ; De sacramentttli absolutione impertienda aut difl'erenda recidivis, consuetudinariis, 1755, in-V. On a traduit cette dissertation en français, et on l'a enrichie de l'éloge historique de l'auteur et du catalogue de ses ouvrages ; elle est très-propre à corriger les abus que la facilité de l'indulgence des confesseurs a introduits dans l'administration du sacrement tie pénitence. De spectaculis theatralibus, Rome, 1752, in-V. L'auteur est peu favorable au théâtre, etc., etc.

CONDKEN (CuARLES de), second général de la congrégation de l'Oratoire , docteur de la maison de Sorbonno, fils d'un gouverneur (le Monceaux, fort chéri de Henri IV, naquit à Vaubuin, près Soissons, en 1588. Sun père, qui avait dessein de le pousser à la cour ou dans les armées, voulut l'empêcher d'embrasser l'état ecclésiastique ; mais sa vocation était trop forte. Le cardinal de Bérulle, au(juel il succéda , le reçut dans sa congrégation, et rem[)lo)a très-utilement. Le P. do Condrcn fut contesseur du duc d'Orléans, frère unique de Louis XIII. Il refusa constamment le chapeau de cardinal, l'archevêché de Keims et celui de Lyon. Ses vertus ne parurent j)as avec moins d'éclat dans sa place de général. Après avoir travaillé longtemps pour la gloire de Dieu et pour le .salut du prochain , il mourut à Pans en 1641. Son Idée du sacerdoce de Jésus-Christ, iii-12, ne fut mise au jour (ju'après sa nuirl. 11 ne voulut jamais rien donner au public pendant sa vie. On a de lui des Lettres et dos Discours, en 2 vol. in-12. C'est lui qui comparait les vieux docteur^ ignorants aux ueiix jetons, qui, h force do viedlir, n'avaient plus de lettres. Le P. Amclotle, le manjuis deCaroceioli et Tabaraud ont écrit sa \\e.

CONFUCIUSou Kot.>u-FtT-Sti;, ou tuioux

KouNG-t'sÉE , surnommé par les Chinois le saint Maître , le Sage par excellence , le père des philosophes chinois , naquit h Tséou-Y. aujourd'hui Kin-Fou-Hien , d'une famille qui tirait son origine de Ti-Y, 27' empereur (le la seconde race ( si on eu croit les fabuleuses aiuiales de la Chine ). vers l'an 550 avant Jésus-Christ , temp.» où la Chine était encore très-peu de chose. Il devint mandarin et ministre d'Etat du royaume de Lu ou Lou , aujourd'hui Chan-Tong ; mais le désordre .s'étant glissé à la cour par la séduction de plusieurs tilles que le roi de Tci avait envoyées au roi de Lu , il renonça à son emploi, et se retira dans le royaume de Sin pour y enseigner la philosophie. Son école fut si célèbre, dit-on (car tous ces faits sont fortincertains et certainement altérés en bien des points , selon la coutume des auteurs chinois) , que dans peu de temps il eut jusqu'à 3,000 uisciples , parmi lesquels il y en eut 500 qui occupèrent les postes les plus éminents dans différents royaumes. Ses disciples avaient une vénération si extraordinaire pour lui , qu'Us lui rendaient des honneurs qu'on n'avait accoutumé de rendre qu'à ceux qui étaient élevés sur le trtine. Il revint avec eux au royaume de Lu , et y mourut à 73 ans. Quelque temps avant sa mort, il déplorait les desordres de son siècle. Hélas ! disait-il, il n'y a plus de sages, il n'y a plus de saints. Les rois méprisent mes maximes : je suis inutile au monde, il ne me reste plus qu'à en sortir. Son tombeau est dans l'académie môme où il donnait ses leçons , près de la rivière de Rio-Fu. On voit ,' dans toutes les villes, des collèges magnifiques élevés à son honneur , avec ces inscriptions en lettres d'or : Au grand maître... Au premier docteur... Au précepteur des empereurs et des rois... Au saint... Au roi des lettrés... Quand un officier de robe passe devant ces éditices, il descend de son palanquin, et fait quelques pas 5 pied pour honorer sa mémoire. Ses descendants sont mandarins-nés , et ne payent aucun tribut à l'empereur. Les Chinois lui offrent des sacrifices de pourceaux et de chèvres, et exercent à son égard une idohUrio i)ropremont dite. Si on les en croit, c'était riionuue le plus sane et le plus vertueux (pii ail paru dans V> nituide. Mais quand on ne connaîtrait point les exagérations chinoises, on pourrait réduire cet élogo à sa juste valeur, en examinant dans quel état sont les notions de sagesse et de verlu chez ce j)euple vain , frivole , avide et corrompu. On attribue h ce philosophe quatre livres de morale. Le P. Couplet a donné au public les trois premiers livres en latin, avec des notos , Paris, KiS" . iii-fol. ; et on les traduisit liiiinée suivante en français, sous le titre de Morale de Confucius , in-r2. Voy. Coi PI. ET. Kntie beaucuup de senlences verbiageuses et triviales , on en trouve do fort bonnes ; mais il e>l très-douteux iprclles soient réillomenl de Conlucius. On sait que les Chinois donnent pour des ouvrages vieux de deii\ im trois inifle ans des écrit* qui datent depuis la naissance du du islianisino,

CON

CON

entre autres le Choiié-Ouen, où il est parié du mystère de la Trinité dans des termes absolument inconnus avant Jésus -Christ.

(Voy. le Journ. hist. et l'Ut., i" février 1777, page 175.) Il ne serait donc [las étonnant que les œuvres de Confucius eussent ilu moins quelques additions d'un temps très-postérieur; peut-être aussi cette matière bien approfondie répandrait-elle des doutes sur l'époque où vivait Confucius , ei l'avancerait de plusieurs siècles; ce qui, vu l'extrême incertitude de l'histoire, et surtout de la chronologie chinoise , n'aurait rien d'étonnant. Et d ailleurs, comment fixer l'histoire de Confucius à l'an 550 avant Jésus-Christ , si toute l'histoire chinoise ne mérite aucune croyance jusqu'à l'au 206, comme le prouve Goguet ? Du reste, sa morale, quelle qu'elle soit, est sans nerf et sans sanction : c'est un amas de sentences et de vues incohérentes. a Confucius , dit Sonnerai dans son Voyage « aux Indes orientales et à la Chine , ce grand « législateur qu'on élève au-dessus de la sa- « gesse humaine , a fait quelques livres de « morale, adaptés au génie de la nation ; car « ils ne contiennent qu'un amas de choses « obscures, de visions, de sentences et de « vieux contes mêlés d'un peu de philoso- « phie.... Ses ouvrages, quoique pleins d'obs- « curités , sont adorés... Confucius et ses « descendants ont écrit des milliers de sen- « lences qu'on a accommodées aux événe- « ments, comme nous avons interprété celles « de Nostrailamus et du Juif errant. Aujour- « d'hui, en France, il n'y a que les bonnes « femmes et les enfants qui y croient. A la « Chine, c'est d'après elles qu'on dirige tou- « tes les opérations. » Si l'on en juge par les mœurs des Chinois , tels qu'on les connaît depuis que Paw , Uaynal, Bergier, ont réfuté sans appel les contes de leurs panégyristes , la morale de Confucius a eu bien peu d'effet. 11 a paru en 1786 un Abrégé historique des principaux traits de la vie de Confucius , à la tète duquel on n'a point rougi de placer ces vers de Voltaire :

De la seule raison salutaire inlerprèle, Saus éblouir le iiionle, éclairant les esprits, Il ue parla (|u'en sage, et jamais en prophète: Cependant on le crut, et même eu son pays.

Ceux qui connaissent la haine implacable des philosophes contre Jésus-Christ ne seront pas surpris de cet excès d'audace et d'absurdité. « On comprend sans peine , dit « un auteur, que le misérable jongleur du « pays de Lou , qui n'a jamais su lier en- « semble deux maximes de morale , qui a « dogmatisé par boutade et par caprice, sans « sanction et sans garantie, dont les leçons , « si elles ont eu quelque eflicacité , ont for- « mé le plus frivole, le plus lâche et le plus « fripon de Iolis les peuples ; on voit, dis-je, « que ce verbiageur chinois est mis ici eu « parallèle et bien au-dessus du divin Légis- « laleur des chrétiens. 11 est connu que Vol- « taire aimait à s'entendre appeler par ses « suppôts, mon cher antcchrist; ainsi, cette « impiété n'a rien d'obscur ni trétoiinant « dans sa bouche ; mais qu'on ose l'aflicher

DlCT. UE BlO(ntAPUl£ BCLia. I.

« publiquement par manière d'épigraphe, et « en faire le frontispice d'un livre , c'est ce « qui montre à découvert el la hardiesse des « blasphémateurs et la faiblesse de l'auto- « rite. » La Vie de Confucius a été écrite par le P. Amioi. Voy. Amiot.

CONINCK (Gilles) , jésuite , né à Bailleul en )571 , moit à Louvain le 31 mai 1633 , a publié : des Commentaires sur la Somme de saint Thomas , snus ce titre : Conunentariorum ac disputationum in uniiersam doctrinam D. Thomœ , de sacramentis et censuris , auctore JEgidio de Coninck , societatis Jesu, postrema editio, Uotomagi, 1630, in-fol. ; De Deo trino et incarnato, Anvers, 16i5, in-ful.

CONNOR (Bekxard), médecin irlandais, vint eu France à l'âge de 20 ans. Il fut chargé de l'éducation des tils du grand chancelier du roi de Pologne, qui étaient à Paris. Après avoir voyagé avec eux en Italie , en Sicile, en Allemagne et ailleurs , il devint médecin de sa majesté polonaise, qui le donna à l'èlectrice de Bavière, sa soeur. 11 repassa ea Angleterre , devint membre de la société royale, et embrassa extérieurement la communion de l'Eglise anglicane. Un prêtre catholique, déguisé , ayant obtenu de l'entretenir en secret dans sa dernière maladie, on vit, au travers d'une porte , qu'il lui donna l'absolution et l'extrème-onction. Le malada mourut le lendemain ."30 octobre 1698, à 33 ans. On a de lui un livre intitulé : Evangelium medici , seu de suspensis naturœ legibus, sive de miraculis , religuisque quœ medici indagini subjici possunt, in-8°, Londres, 1697. Coiinor , trop jaloux de son art , s'ellorce d'expliquer, selon les principes de la médecine , les guérisons miraculeuses de l'Evangile. Le docteur anglais qui l'assista à la mort , lui en ayant parlé comme d'un livre très-suspect , il répondit qu'il ne l'avait pas composé dans le dessein de nuire à la religion chrétienne , et qu'il regardait les miracles de Jésus-Christ comme un témoignage de la vérité de sa doctrine et de sa mission. On peut croire que les intentions de l'auteur n'étaient pas tout à lait irréligieuses ; mais son ouvrage n'en est pas moins mauvais ; on peut même due qu'il est absurde; car aucun homme sensé ne s'avisera jamais de regarder comme naturelles cette multitude de guérisons opéréespar une seule parole. Guillaume Ader et Thomas Burtholin ont tout autrement raisonné sur les maladies et les guérisons dont il est parlé dans l'Evangile. « Entre les dilférents événements « rapportés dans l'Hisoire sainte, dit un au- « teur, il en est dont le surnaturel saute aux « yeux de tout homme de sens , et sur les- « quels il n'est besoin ni de dissertation ni « d examen. Qu'un malade guérisse par les « remèdes, lentement, en reprenant des for- « ces peu à peu , c'est la marche de la na- « ture ; qu'il guérisse subitement à la parole « d'un homme , sans conserver aucun reste « ni aucun ressentiment de la maladie, c'est (i évidemment un miracle. Qu'un thauma- « turge , par sa parole ou par un simple at- « touchemeut, rende la vie aux morts, la vuo

CON

« aux aveugles-nés , l'ouïe aux sourds , la « voix aux muets , la force et le Liouvement « aux paralytiques , marche sur les eaux , « calme les tempêtes, sans laisser aucune « marque d'agitation sur les flots , rassasie « cinq mille hommes avec cinq pains , etc. , « ce ne sont certainement pas \h des œuvres « naturelles. Pour en décider, il n'est pas « nécessaire d'être médecin, philosophe ou « naturaliste, il suffit d'avoir la plus lé.;ère « dose de bon sens. » On a encore de Connor: Voyage m Po{ngne,Londres, 1698, 2 vol. in-8", en anglais, estimé.

CONON, ori,;'naire de Thrace, né en Sicile , pane aprê^ la mort de Jean V, le 21 octobr;^. 686, mourut le 22 oclol're 688. C'était un vieillard vénérable par sa bonne mine , ses cheveux blancs, sa simplicité et sa candeur. CONKAD (saint), évèque de Constance , issu d'une illustre maison d'Allemagne , annonça dès son enfa; ce qu'il serait un saint Il fut envoyé de bonne heure à la célèbre école qui flbrissait alors à Constance , sous la conduite de l'évèque de cette viUe. Ordonné prêtre, il fut pourvu de la prévôté de la cathédrale , et ensuite élu unanimement évèque, après la mort de Nuting. Conrad, qui ne voulait plus posséder que Dieu dans Je monde, échangea ses biens avec son frère, contre des terres situ-'es dans le voisinage de Const.ince , qu'il donna à sa cathédrale et aux pauvres. « Plein de mé|)ris pour h s cho- « ses tlu monde, dit un historien, il se livra « au service de Dieuavecuneferveur extraor- « dinaire. Sou air sérieux décelait la pro- « fonde impression que la pensée de l'éter- « nité faisait sur sou âme ; il n"était cepen- « dant ni triste ni mélancoli(iue. Sa gaieté « était la suite de cette paix intérieure que « les événements de la vie ne troublent ja- « mais. La simplicité chrétienne relevait « toutes ses actions; son humilité et sa piété « donnaient h toute sa conduite un certain « air de dignité qui n'appartient (lu'à la vertu, « et qui est bien supérieur ;i celui que don- « nenl les grandeurs humaines. Ceux (jui « approchaient de lui se sentaient pénétrés « u'un respect mêlé de contiance et d'atlec- « tien, tant s'inalfabilité et sa charité avaient a de charmes. » Conrad mourut en 976 , après avoir rempli pondant (juarante-deux ans tous les devoirs de l'épiscopat avec un zèle iiifatiable et la plus parfaite exactitude. Il s'opéra plusieurs miracles à son lomt)eau. Le pap" Callixte 11 le canonisa vers l'an l!2(). Leibnit/ a publié sa Vie.

(:()NUAI),cariiinal,archevêquedeMayence, mort en 1202, lut élevé à la pourpn; par Alexandre 111 : on dit que c'est le premier «[ui ait 6t ■• élevé à la dignité de cardinal, n'étant pa'^ d" Home ni d Italie.

CONKAD ni: LICHTENAU, ainsi appelé parce (juil était né dans une petite ville de ce nom m rrancuiiie, connu aussi sous lu notii d'.l'i^Ki.f i'spergriisis , orlonné pnMre l'an 12.12. friira chez, les prémonlrés en 1207, fut nommé ,'i la pn-vôte d'l'>perg, dans le dioi:tse d'Auj^sboug, l'an 1215, ijui fut érigée en abbaye, et dont d devint le premier

CON 10!,8

abbé, et mourut vers 12'i0. Il a laissé une Chronique qui commence ;i Bélus, roi des Assyriens, finit k l'an 1229, et fut continuée ]iar un anonyme, depuis Frédéric II jusqu'à Charles-Quint. La seconde édition de BAle en 1569, in-fol., est enrichie de cette coniinuati )n. L'auteur flatte trop les empereurs, et ne ménage |)as assez les pontifes romains qui ont eu des diU'é.ends avec eux. C'est pour cela que Mélanchthon s'empressa d'en donner une édition h B:lle, l'an 15V0, in-fol.

CONRY (FioRENT), en latin Conrius, prélat irlandais, lit piofession, étant très-jeune encore, dans l'étroite observance do Saint- François. Il étudia en E^pa ;ne et à Louvain, et fut nommé par Clément VIII, en 1608, archevêque de Twain. Lnrsque les catholiques eurent perdu la baiaille de Kinsale, Conry retournai Louvain, où le roi d'Es[iagne fonda en sa faveur un monastère de son ordre. 11 mourut à Madrid le 18 novembre 1629, à 69 ans, et ses restes furent rapportés à Louvain, ofi ses confrères lui érigèrent un mausolée. On a de ce prélat plusieurs ouvrages : De Augustini sensu cina B. Mariœ conceptionem, Anvers, 1659; Tractalus de statu parvuloruin sine baptismo decedcntium jurta scnsuni B. Aiigustini, Louvain, 162'i-; Uouen, 16'j3; réimprimé dans léilition de Jaiisénius , llouen, 1652; un catc'chisino irlandais, sous ce titre : Le miroir de In vie chrétienne, Louvain, 1626, in-S"; Peregrinus jerichunlinus, hoc est de natura huniaiia féliciter instituai, infelicitcr lapsa, miserahililer vulnerata, misericordiler restaurata, Paris, I6'i-1, in-i°; Compendium doctrin r sancti Augustin! circa grntiam, Paris, 163V-16'i6; traduit eu français, Paris, 16V5, in-V'; De jlugellis justorum juxta mentem sancti Auguslini, Paris, 16iV; eiilin le tome IV de Vlfistoire catholique do Philippe Sullivan reiferine la traduction latine d'une Lettre iiuc l'auteur avait écrite en espagnol, et dais laquelle il peint les vexations que la chambre des communes d Irlande exerçait sur ies chefs du parti catholique.

CONSALVI (Herculi:), cardinal et princi- ])al minislre du pajie Pie \\l, né à Rome le 8 juin 1757, était pet:t-lils de Brunacci, qui fut adopté pai' le marquis de Coiisalvi. dernier rejeton de l'illustre famille de ce nom. Après avoir achevé ses éludes, il s'adouiia aux lettres et h la musicpic, et ses succès en poésie fure.it tels que l'aendémio des Arcades lui ouvrit ses portes. Il entra, en 1776. dans l'aïadémie ecclésiastique, et en sortit neuf ans après avec le liuc de ponrntc drl buon govrrno, fonction analogue ii celle de conseiller-rapiorleur dans les tribunaux français. Plus l.iril, Consalvi paoa eu qualité de j'uge ,;u tribunal Je la signature, et, à la lin de 1792. Pie VI le noiiiina auditeur de rote. Les graves événcnn'iils qu'avait fait niilrc la révolution fr.inç cise préiiccu|iaient ainrs tous les esprit-, et 'Cons.dvi se di-clara l'adversaire do SCS principes subversifs. Pie VI lo n'iinma nssc-seui dos armes, au ministère do Il nuerre, et ce fui sous sou admiuistrntiim qu'eut heu l'assassinat du yéuéifll Duphol

COiN

CON

circonstance dont les patriotes romains profilèrent poar le desservir auprès de Bonaparte. Les troupes républicaines étant entrées dans Rome, en 1798, il fut emprisonné comme plusieurs autres personnages marquants, puis remis en liberté. Après la mort dé Pie VI, le conclave s'ouvrit à Venise dans l'église de San-Geor^io-Maggiore, le 1" décembre 1799, et.il fût choisi pour secrétaire de cette assemblée, qui élut le cardinal Chiaramonte (Pie Vil). Le nouveau pape nomma Consalvi pro-secrét.iire d'état, puis le 11 août 1800, cardinal de l'or ire des diacres, car il ne fut prêtre que longtemps après, et enlin lui conféra le titre délinitif de secrétaire d'état. Consalvi u^sa de son intluence pour introduire dans les états romains diverses améliorations, et autorisa le libre commerce des grains. Cette mesure lui lit de nombreux ennemis, mais il tint lête à tout, et la liberté du commerce des grains existe encore telle qu'il l'a établie. En 18i>l, il vint à Paris pour traiter avec Bonai)aite du concordat, qu'il signa, le la juillet de la même année, de concert avec MM. Spina et Caselli, devenus depuis cardinaux. Mais en 1802, il ne voulut point accéder aux prop jsitions d'un concordat avec la république italienne, et ce refus accrut encore l'ancienne anlipatiiie du premier consul contre lui. Consalvi fut néanmoins obligé de faire quelques concessions politiques. Comme Napoléon voyait dans le cardinal le seul auteur des obstacles qu'on apportait à s s iirét.ntions, il demanda sou renvoi, et Pie VU accei^ta entin la uéinission que son ministre lui otfrait depuis quelque temps. Mais (^onsalvi n'en continua pas moins de concourir, quoique d'une manière non ostensible, aux allaires du gouvernement. Peu de temps après l'enlèvement du souverain pontife, en 1809, un arrêt d'exil l'atteignit lui-même, et il fut envoyé en France avec le cardinal di Pietro. Il refusa ks 3,000 francs accordés aux cardinaux pour frais do leur voyage, et la môme .-.omme qui leur était allouée pour leur subsistance annuelle. Manquant d'argent ci sou arrivée à Pans, il vendit la tabatière garnie de diamants, que Bonaiiarte lui avait donnée lors de la signature du concordat. L'empereur qui, à défaut de l'assentiment du pape pour son union avec un.' princesse autricliienne, avait inutilement essayé d'obtenir celui des cardinaux, exila les prélats dans ditiV'rentes villes, et Consalvi alla à Mézières où il passa pics de trois ans. Il suivit ensuite Pie VU à Béziers, et refusa, ainsi que tous ses co, lègues) de signer une dé( laralion par laquelle les cardinaux devaient s obliger à ne jamiis voir le pape seul, à ne lui parler jamais d'alfaires, et à renoncer pour eux-mêmes à toute correspondance ou communieation particulière. Les événements de î81 i rendirent la liberté au saiiil-père, qui, de retour à Kome, le nomma de nouveau son premier min stre, et l'envoya près des .souve.ains réunis à Londres, pour défendre les intérêts de la-cour romaine. Consalvi reçut à Londres un accueil distingué, cl produisit une grande sen-

sation en s'y montrant publiquement revêtu des marques de sa dignité. Des relaiions amicales s'établirent depuis celte époque jusqu'à la mort de Pie VU, entre la cour de Rome et celle d'Angleterre. En 1815, une frégate anglaise transporta sans frais les objets d'art emballés par Canova; en 1816, lord Exraouth, après le bombardement d'Alger, réclama tous les esclaves romains, et, en 1817, le monarque anglais accredta un envoyé auprès du sainl-siége. Consalvi se rendit à Vienne, et obtint la restitiition au saint-père des Légations et des marclies de Bénévent et de Poi.'te-Corvo. 11 retourna ensuite à Rome, où il imprima à l'adminisliation une direction sage et éclairée, quoique divers obstaeles l'aient empêché de réaliser toutes ses vues. Il lutta avec succès contre les brigands qui infestaient la campagne, et parvint même à faire entrer le fameux Masocco, chef de bande, au service du gouvernement, après lui avoir fait subir préalablement une année de prison au iort Saint- Ange. Rome s'embellit de nouveaux monuments, et il fut pourvu aux restaurations nécessaires pour conserver les débris de son ancier.ne magnilicence. L'architecte Raphaël Stein et Canova étaient admis dans l'intimité du cardinal. Il conclut des concordats, ou des conventions avec la France, la Russie, la Pologne, la P, tisse, la Bavière, le Wurtemberg, la Sardaigne, l'Espagne et tienève, et traita avec Saint-Domingue et le Chili lorsqu'aucune puissance n'était encore disposée à reconnaître ces républiques. Après la mort de Pie VU (182.3), qui l'afligea profondément, Consalvi se retira pendant quelque temps à Porlo-d'Anzo. Il élait revenu à Rome et avait été nommé préfet de la Propagande [)ar Léon XII, lorsqu'une mala lie inflammatoire l'enleva, le ûï janvier 182'», à l'dge do 67 ans. Consalvi était d'un désintéressement peu commun, et refusa tous les ordres que les souverains lui tirent otfrir. Sa g aiide tolérance est connue, et l'on sait qu'il jiermit qu'un temple protestant fût o ivert à Rome. CONSEIL (Michisl), évèque de Chambéry, né à Mégève en Faucigny, le 19 mars 1716, avait été curé et grand-vicaire d'Anneey avant d'être élevé sur le siège de Cliambéry, lors de la formation de ce diocèse, en 1780. Il s'appliqua avec une pieuse lerveur à l'exercice de ses fonctions épiscopales, et liiis de l'invasion delà Savoie par les années françaises, il montra la plus constante fer mete. Le trop fameux Grégoire étant venu à Chambéry pour organiser le nouveau département du Mont-BI (Uc, lui proposa, dès la première visite qu'il lit au prélat, de souscrire à la jiréten lue constitution civie du cleigé, espéraut q ;e la .léfection du premier pasteur rendrait [dus facile celle des subordonnés; ma.s, comme ou le pense bien, ses soph sines et ses ustances furent sans résultat. Loin de mollir, ie [irélat defeu lit à Grégoire de céiéurer la messe dans son diocèse. Dès lors il lut constitué prisonnier dans son piopre palais, où il étuit gardé à vue par deux gendarmes. La mort vint déli-

CON

CON

vrer le prélat de cette tyrannie odieuse : il mourut le 2S) septembre 1793. On ne put rendre à ses restes, à cette époque, aucini hiinneur religieux; ce n'est qu'en 1819 qu'ils reçurent la sépulture chrétienne, et qu'ils furent déposés dans le caveau de l'église métroiio'itaine.

CONSTANCE (saint), un des premiers magistrats de la ville de Trêves, soull'rit le martyre au m' siècle de l'Eglise, sous Rictiovarus, préfet des Gaules, avec Palmace, Thyrse, Crescence, Justin, Léandre, Alexandre, Soter, Hormisdas, Papyrius, Constant, Jovinien, et une multitude innombrable d'habitants de la même ville, de tout âge, do tout sexe et de toute condition. Saint Félix, évoque de Trêves, transféra au iv' siècle les corps des saints martyrs qu'on vient de nommer, et de plusieurs autres dont les noms ne sont pas jiarvenus jusqu'à nous, dans l'église de la Sainte-Vierge, liots des murs, où il venait de déposer le cor|)S de saint Paulin, un de ses [irédecesseurs. Cette église qui, à raison de l'ancienneté de sa fondation, ne le cède à aucune des Gaules, est encore jusqu'à ce lour dépositaire de ces précieux trésors.

CONSTANT DE REHECQUE (David), d'une famille Irançaise réfugiée, professeur de théologie dans l'académie de Lausanne, né en 1638, mort en 1733, s'est fait connaître des savants par plusieurs ouvrages pleins d'érudition. H était en commerce littéraire avec Daillé, Amyrault, Turielin, Rayle, Mestrezat. On a de lui : des éditions de Florus, des Offices de Civéron et des Colloques d'Erasme, enrichies de remarques choisies et judicieuses : des Z>(s.ser/«<(ons sur la femme de Lotfi, le buisson de Moise, le serpent d airain et le passa/je de la mer Rouije. Ces dissertations, estimées pour le style et pour le fond, sont en latin, l'n Abrège de politique, dont on a une édition de 1087, fort augmentée; un Système de morale lltéoloyiquc, en vingt-cimi dissertations.

CONSIANT (BiiNJAMi.N). Voij. REBEcyiE.

CONSTANT (l'abbéj , que nous mentionnons ici, parce que son livre intitulé : La Bible de la liberté, qui provoqua les poursuites de la justice, a eu un certain retentissement, <'v,t mort en mars I8't3, clie/ M. le curé deClioisy- e-Uoi, dans d'éditianls sentiments de repentir et de piété. 11 déclara, avant d'ex|j;rer, ipi'M avait écrit sou livre dans un monuMil de folie.

<;ONST.\.Ml.N,Syr, en, lut élevé sur la chaire de Home ajirès la mort de Sisinnius, le V mars 70H. Ce puutd'e eut la sati^l'aclion d'apprendre (pie les l'ictes ou Ecossais veiiauMit d'être ramenés, par les .soins de saint Céollrid, abbé des célèbres mcjuastèics di; \ iremoulh et do Jarrovv , aux usages de l'Eglise univur.selle ; mais il eut en même temps des nouvelles bien capables d'altérer sa joie. I/empercur Ju>tinien, toujours fort ardent pour la réception di- sa nouvelli! disi'i|ihiie, invita lo papu, d'une manière qui avait tout l'air du coiumaii'iemeiit, .'i venir le tmiiver un(irùce. On n'avait point oiiblii'; à Itoujc ce qui C-lail ai rivé au papu saint Murlin dujis uu

voyage de cette nature. Malgré tout ce qu'il y avait à redouter de la violence naturelle de cet emjjereur, Constantin se résolut à partir, en remettant tout le soin de sa personne à la Providence. « Son espoir, dit un « auteur, ne fut pas trompé. Si le prince eut « de mauvais desseins, la présence du i)On- « tife lui imposa tellement qu'il ne lui dit « pas un seul mot de l'objet jiour lequel il « l'avait fait venir. A Nicomédie où se fit l'en- « trevue,le pape célébra les saints mystères; « l'empereur communia de sa main, le pria « d'intercéder pour ses péchés, et renouvela « tous les privilèges accordés par ses pré- « décesseurs à l'Eglise romaine. » Ce u'est pas le seul exemple de changement subit et inattendu qu'ait produit dans des princes altiers et superbes, la présence du pontife des chrétiens. Le pape reçut des honneurs extraordinaires dans toutes les autres villes. Il mourut le 9 avril 715, après avoir illustré la tiare par son zèle et par ses vertus. Grégoire II lui succéda.

CONSTANTIN-TIBÈRE, antipape, s'empara du saint-siége, en 707, avant l'élection d'Etienne 111, sans avoir la tonsure cléricale. 11 fut tonsuré et sacré évêque de Rome par Georges, évêque de Préneste. Tout tremblait devant la faction de l'antipape, qui demeura plus d'un an en possession du saintsiége. C'est le premier exemple d'une usurpation aussi violente. Le Seigneur marqua, d'une manière également fra|)panle, quelle peine méritaient ceux mêmes qui ne s'étaient prêtés q ic par crainte à un attentat si scandaleux. Peu de jours après la consécration sacrilège de Constantin, l'évèque de Préneste fut atiaqué d'une maladie qui lui ota le mouvement de tous ses membres, et lit tellement retirer sa main droite, qu'ilne pouvait plus kl porter à sa bouche; il mourut en cet état, après quelque temps d'une triste langueur. Quant à Constantin, il fut chassé, le G août 708, de l'église tle Rome, condamné à perdre la vue, et enfermé dans un monastère, jus- (]u'à sa mort, dont on ignore répoi|ue.

CONSTAN FIN \Caius flarius Valerius Àurclius Claudius) , dit le Grand, lils de Constance Chlore et d'Hélène , natpiit à Naisse, ville de Dardanie, en 27i. Lorsque Dioclétien associa son père à l'empire, il garda son lils auprès de lui, à cause des agrémeiils de sa figure, de la douceur de son caractère, et surtout de ses tjualités militair.s. Après (pie Dioclétien et Mavimien-llerculo eurent abdiipié l'empire, (ialêre, jaloux de ce jeune |>riiice , l'exposa à toutes sortes do dangers pour se délivrer de lui. Constantin s'élanl apeiTU de son dessein, se sauva aujirès de son père. L'ayant perdu peu après son arrivée, il fut déclaré empereur l\ sa place en 300; mais Galère lui ielu>a t- litre d'Auguste, et ne lui lais.sa que celui do César, il hérita pourtant des pays qui avaient appartenu à son père, des Gaules, de l'Espa- (^iie, de l'Angleterre. Ses premiers exploits hireiil contre les Frano, cpii jilors ravageaient les (jaules. Il fait deux de lour.s rois prisonjiHTs ; il passe Je Khin, les surprend

CON

CON

et les taille en pièces. Ses armes se tournèrent bientôt contre Maxence, ligué contre lui avec Maîimien. Comme il marchait à la tête de son armée pour aller en Italie, on assure qu'il aperçut, un peu après midi , une croix lumineuse au-dessous du soleil, avec cette inscription : In hoc signo rinces {C'est par ce signe que tu vaincras). Jésus-Christ lui apparut, dit-on, la nuit suivante; il crut l'entendre qu'il lui dis'iit de se servir pour étendard de cette colonne de lumière, qui lui avait apparu en forme de croix. A son réveil, il donna des ordres pour faire cette enseigne, qui fut nommée le labarum; elle figurait une espèce de P traversé par une ligne droite, et qui représentait , outre la croix, les deux jiremières lettres grecques du mot Christ. L'abbé Voisin a savamment défendu cette vision de Constantin dans une dissertation publiée en 1774 contre Godefroy, Hornbeck, Oisel et Tollius , qui ont exercé contre cette fameuse apparition une critique déraisonnable. Quelques jours ajirès, le 28 octobre 312, ayant livré bataille proche les murailles de Rome, il délit les troupes de Maxence, qui, obligé de prendre la fuite, se noya dans le Tibre. Le lendemain de sa victoire, Constantin entra en triomphateur dans Rome. Il lit sortir de prison tous ceux qui y étaient détenus par l'injustice de Maxence, et fit grâce à tous ceux qui avaient pris parti contre lui. Le sénat le déclara premier Auguste, et grand-prôtre de Jupiter, quoiqu'il fiit alors catéchumène, singularité qu'on remarque dans tous ses successeurs jusqu'à Gratien. L'année suivante (313) est remarquable par l'édit de Constantin et de Licinius en faveur des chrétiens. Ces princes donnaient la liberté de s'attacher à la religion qu'on croirait la plus convenable, et ordonnaient de faire rentrer les chrétiens dans la possession des biens qu'i.n leur avait enlevés durant les persécutions. Il fut défendu, non-seulement de les inquiéter, mais encore de les exclure des charges et des eml)lois publics. C'est depuis ce lescript qu'on doit marquer la fin des persécutions, le triomphe du christianisme et la ruine de l'idolâtrie. Licinius , jaloux de la gloire de Constantin , conçut une haine implacable contre lui, et recommença à persécuter les chrétiens. Les deux empereurs prennent les armes; ils se rencontrent le 8 octobre 314, auprès de Cibales en Pannonie. Avant de combattre, Constantin, environné des évèques et dès prêtres, implora avec ferveur le secours du Dieu des chrétiens. Licinius, s'adressant à ses devins et à ses magiciens, demanda la protection de ses dieux. On en vint aux mains : le dernier fut vaincu et contraint de prendre la fuite. Il envoya demander la paix au vainqueur, qui la lui accorda; mais la guerre se ralluma bientôt. Licinius, irrité de ce que Constantin avait jiassé sur ses terres pour combattre les Goths, viola le traité de paix. Constantin remporta sur lui une victoire signalée près de Chalcédoine, et [)0uisuivit le vaincu qui s'était sauvé à Nicomédie. 11 l'atteignit et le fit

étrangler en 324. Par cette mort, le vainqueur devint maître de l'Occident et de l'Orient. Il ne s'occupa plus qu'à assurer la tranquillité publique et à faire fleurir la religion. Il abolit entièrement les lieux de débauche. Il voulut que tous les enfants des pauvres fussent nourris à ses dépens. Il permit d'affranchir les esclaves dans les églises, en présence des évoques et des pasteurs : cérémonie qui ne se faisait autrefois qu'en présence des préteurs. Il permit par un édit de se plaindre de ses ofïiciers, promettant d'entendre lui-môme les dépositions, et de récompenser les accusateurs lorsque leurs plaintes seraient fondées. Il permit non-seulement aux chrétiens de bâtir des églises, mais encore d'en prendre la dépense sur ses domaines. Au milieu des embarras du gouvernement et des travaux de la guerre, il pensa aux ditférends qui agitaient l'Kglise. Il convoqua le concile d'Arles, pour faire finir le schisme des donatistes. Un autre concile œcuménique , assemblé à Nicée en Bithynie, l'an 323, à ses frais , fut honoré de sa présence. Il entra dans l'assemblée, revêtu de la pourpre, demeura debout jusqu'à ce que les évoques l'eussent prié de s'asseoir, et baisa les jtlaies de ceux qui avaient confessé la foi de Jésus-Christ ])endant la persécution de Licinius. « Constantin, dit un « auteur, ne fut point un prince peu jaloux « de son autorité, ni incapable d'en connaî- « tre l'étendue et les bornes; on peut en juif ger par ses lois. Lorsqu'il embrassa le « christianisme, il ne put ignorer le nombre ■i des conciles qui avaient été tenus dans « l'emiiire , ni les décrets de discipline qui « avaient été faits , ni le pouvoir que s'atlri- « huaient les évoques. Présent au concile « de Nicée, il ne leur contesta pas plus le « droit de fixer la célébration de Pâques « que le pouvoir de décider le dogme atta- « que par Arius. Il ne réclama contre aucun « des décrets de discipline portés par les « autres conciles tenus sous son règne ; au « contraire, il ne crut pouvoir faire un usage « plus utile de l'autorité souveraine que de « les soutenir et les faire observer. Nous « savons bien que les incrédules ne lui parte donnent pas cette conduite ; mais tout « homme sage peut jugei- si l'on doit s'en « rapporter à eux plutôt qu'à lui. » Les ariens, outrés de ce qu'il s'était déclaré contre eux, jetèrent des pierres à ses statues. Ses courtisans l'exhortèrent à s'en venger, lui disant qu'il avait la face toute meurtrie ; mais ayant passé sa main sur son visage, il dit en riant : « Je ne m'y sens au- « cun mal, » et il ne voulut tiier aucune vengeance de ces insultes. Constantin avait formé depuis quelque temps le projet de fonder une nouvelle ville pour y établir le siège de l'empire; mais il était décidé par les décrets éternels que Rome n'aurait plus d'autre splendeur que celle que lui donnerait le siège de son pontife et sa qualité de capitale du monde chrétien. Les fondements de Consiantinople furent jetés le 20 novembre 329, à Byzance dans la Thracc, sur

CON

CON

le détroit de l'Hollespont, entre l'Europe et l'Asie. Cette ville avait été presque entièrement ruinée par l'empereur- Sévère; Constantin la rétablit, en étendant l'enceinte, la décora de quantité de b.Uiments, de places publiques, de fontaines, d'un cirque, d'un palais, et lui donna sonnora, qu'elle conserve encore aujourd'hui. Byzauce, ajou'.e l'auteur déj.'i cité, devint la rivale de Rome, ou plutôt lui fit perdre tout son éclat, et lltalie tomba dans le dernier abaissement. La misère la plus affreuse y régna, au milieu des maisons de plaisance et des palais à demi ruinés, que les maîtres du monde y avaient autrefois élevés. Toutes les richesses jiassèrent en Orient; les peuples y portèrent leurs tributs et leur commerce, et l'Occident fut en proie aux barbares. Une suite eucor.' plus fâcheuse de la tran migration de Conslantin, ce fut de diviser l'empire. Les empereurs d'Orient, dans la crainte d'irriter les barbares et de les attirer sur leurs domaines , n'osèrent donner aucun secours à l'Occident. Ils lui .suscitèrent même quelq ::efois des ennemis, et donnèrent une partie de leurs richesses aux Vandales et aux Goths pour acquérir le droit de consumer l'autre dans les plaisirs. Constantin ne se borna pas à cette translation; il changea la constitution du gouvernement, divisa l'empire en quatre parties, sur lesquelles présidaient quatre ])rincipaux gouverneurs, nommés préfets du prétoire.

Ces quatie parties, considérées ensemble, comprenaient li diocèses, dont chacun avait xm vicaire, ou lieutenant , subordonné au préfet qui r<''sidait dans la ca|iitale du diocèse. Les diocèses contenaient 120 provinces, régies chacune en particulier pai- un président, dont le séjour ordinaire était la plus considérable ville de la i)rovince. Constantin, après avoir affaibli Rome, frai)|)a un autre coup sur les frunlières. Il ôla les lésions qui étaient sur les bords des grands fleuves, et les dis])ersa dans les provinces; ce qui produisit deux maux, dit un homme d'esprit : l'un que les barrières furent ùtées, et lautre que les soldats vécurent et s'amollirent dans le cirque et sur les théâtres. On ol)jecte contre la catholicité de Conslantin, (juo, dans sa dernière maladie, il fut baptisé par lùisèbc de Nicomédie, l'un des plus ardents fauteurs do l'arianisme; mais on devrait faire altcntiou qu'Lusèbe était un hypocrite qui dissimulait ses vrais sentiments; qu'd vivait au m^iins .^ l'extérieuidans la communion de lligise, et que le lieu où le piin(te reçut le baptême, était de son diocèse; d'ailhiurs, on ne peit nier (jui' (^imstantiii n'ait nuintré un granl zèle pour l'extinction de l'ananisiue. S'il lit des fautes, il les ré[)ara par d'imminentes vertus, pai' une (uélè tendre et sincère, par le soin (pi'il jiril d'étendre et de laiie lleurir le cluislianisme, par h- r(!spctl qu'il porta aux ministres sacri'S, par les lois pleuies di- >a- Kesse qu'il [lublia on faveur de la religion, par les saintes dispositions avec losquell'■^ il reçut le baptême et les autres sacrements de rLgliso. De tout cela, il résulte qu'un

chrétien ne doit prononcer son nom qu'avec reconnaissance et avec respect. Il faut le plaindre du malheur qu'il eut de se laisser prévenir, sur la fin de ses jours, contre saint Athanase, et plusieurs saints évô jues, et d'accréditer sans le vouloir le parti des ariens, qui causa tant de troubles. Telle est la triste destinée des princes; ils ne voient presque jamais par leurs yeux. Il est bien difficile que la vérité perce cette foule de flatteurs qui les environnent, pour parvenir jusqu'à eux. Du reste, Constantin, avant sa mort, reconnut l'innocence de saint Athanase ; il donna môme im ordre pour qu'on le rappelât. Il mourut le 22 mai .337, jour d ■ la Pentecôte, après avoir ordonné par son testament, que ses trois fils Constantin, Constance et Constant, partageraient l'empire : autre faute que la postérité lui a leprochée. On lui reproche encore les meurtres de Li cinius, son beau-frère; de Licinius, son neveu ; de Maximien, son beau-père; de son propre fils Crispe; de l'impératrice Fausta, son épou«e. « S'ils étaient tous vrais, dit un « judicieux critique, il serait étonnant que « Julien , qui ne ménage pas Constantin « dans la Satire des Césars, n'en eût rien « dit, pendant qu'il traitait de monstres les « deux compétiteurs de Constantin; que Zo- « zime, Idstorien pa en, très-indisposé con- « tre lui, ne lui eût pas reproché ces crimes; « que Libanius et Praxagoras, autres païens « zélés, eussent osé faire un éloge complet « des vertus de Constantin, lorsqu'il n'exis- « tait plus, et que l'on pouvait fiétrir impu- « nément sa mémoire. Mais les païens con- « temporains ont été moins injustes que les « philosophes du xviiT siècle; les premiers « l'ont adoré comme un dieu, après sa mort; « les seconds veulent'Ie fair<' déte.ster comme « un scélérat. » 11 est certain que l'on ne I eut guère lui reiroelier que le meurtre de Crispe, son fils du premier lit, que Fausta, sa seconde femme, avait faussement accusé d'avoir voul la séduire; sa lenteur à se faire initier dans les mystères de la religion ; le zèle mal entendu qui le porta ;i se mêler des all'air.s de l'iiglise, au préjudice de la saine doctrine, quiiju'il ne | retendit jamais y intervenir uutieinenl que pour donner son appui à la écisiun des évêques. Mais ces reproches n'autorisent pas les ennemis du christianisme à lléirir la mémoire de son jiroti'clcur détlaié. Conslantin lui un grand prince, un em|)creiir jiuissanl, lieuri ux , sage, éclairé; vertueux jusqu'aux dernières années de sa vie. Sa gloire s'obscurcit alors ji.ir ipichpies fautes., toujours difliciles h éviter dans un long règne; et malgré ^cs grandes qualités il ne parut alors qu'un prince ordinaire; mais ce n'est pas préciséiiieiit jiar la lin de .sa vie ipi'il faut le juj^er. Lue gloire légilimemenl ac(juise ne s'anéantit juis par le> l'aibles>es qui lui succèdent. L'on doit dire .ivec l'abn'vialiur Kutrope, que Constantin, dans ses dernières auuoes, a paru sortir de la classe des grands princes, sans être iiéamuoiius un prince méchant ou méjtrisablc; mais que, dans les premiers

\on

CON

CON

temps de son règne, il est comparable à ce que le trône desC(''sars a eu de p'us illustre, et qu'en général il a possédé les |)]us gronrles qualités du corps et de l'esprit. Vir primo imperii teinpore opU'mis principibus, ultimo mediis coiiipnrnnclus, innumene in eo animi corporisi/iir virtutr<< clarucnint. Les auteurs païens mêmes, entre autres Praxagoras, en ont parlé de la manière la plus avantageuse. Gibbon, un de ses plus forcenés détracteurs parmi les philosophes modernes, convient que la nature l'avait orné de sos dons les plus précieux. « Sa taille, dit-il, était haute, « sa contenance majestueuse, son maintien « gracieux. Il faisait admirer sa force et son « agilité dans tous ses exercices; et dejjuis « sa plus tendre jeunesse jusqu'à l'âge le « plus avancé, il conserva la vigueur de son « tempérament par la régularité de ses mœurs « et par sa frugalité. Il déposait avec plaisir « la fatigante majesti'' du iirince, pour se li- « vrer, comme ann, aux charmes d'une con- « versalion lamilière, et quoiqu'il lui échap- « p;U quelquefois des traits de raillerie peu '( convenables à sa dignité , il gagnait le « cœur de tous ceux qtd l'approchaient, par « sa courtoisie et par son urbanité. On l'ac- « cuse d'avoir trahi l'amitié. Cependant il a « prouvé, en différentes occasions de sa vie, '< qu'il n'était pas inca[)able d'un attaclic- « ment vif et duridjle. Une éducation négli- « gée ne l'empêcha pas d'estimer le savoir, « et d'accorder sa protection aux sciences « et aux atts. 11 était dune activité inl'ati- « gable lians les alfaires. Une partie de son " tem[)s éiait employée à la lecture et à la « méditation; l'autre à écrire, à donner au- « dience aux ambassadeurs, et à ref;evoir les « plaintes de ses sujets. Ceux qui se sont « élevés le [ilus vivement contre sa conduite « ne peuvent nier qu'il ne conçût avec gran- « deur et qu'il n'exécutât avec fermeté les « desseins les plus hardis, sans être arrêté, « ni par les préjugés de l'éducation, ni par « les clameurs du peuple. A la guerre il loi- « sait des héros de tous ses soldats,, en se u montrant lui-même si ildat intrépide et géné- « rai expéruuenté ; d dut moins à la fortune « qu'à ses talents les victoires signalées « qu'il remporta contre ses ennemis et con- « trc ceux de l'Etat. 11 cherclinit la gloire « comme la récom|)ense, peut-être comme « le raolif de ses travaux. L'ambition qui, 0 dejiuis l'iustant où il fut revêtu de la pour- « pre, à Yorli, parut toujours être sa pas- « sion dominante, | eut être justilii e par le « danger de sa situation, par le caractère « de ses rivaux, par le sentiment de sa su- « périorité, et par l'espoir de rendre la paix « à l'empire. Dans les guerres civiles contre « Maxeuce et contie Licinius, il avait pour a lui les vœux du peuple, qui comparait les « vices etfrontés de ces tyrans aux règles de « justice et de modération qui semblaient « toujours diriger radministration de Cons- « tantin. » On voit dans Eusèbe plusieurs preuves de son savoir. U composa et prêcha ]ilusieurs sermons. Ou en a encore un intitulé Discours à rassemblée des saints, prêché

à Constantinople pour la fête de Pâques. « Rien n'excile davantage les hommes verce tueux et éclairés à bien faire, disait-il à « quelq'ii'S-uns de ses courtisans qui voûte laii>nt le détourner d'assister à une haran- ■ guo, que quand ils savent que l'empereur « entendra ou lira leurs ouvrages. » Son atfection pour les évèques et les prêtres, son zèle pour la consitlération et le respect des peuples envers les ministres des autels, étaient tels qu'on l'entendit dire un jour : « Si je « surprenais dans le crime un prêtre du « Seigneur, j'accourrais pour le couvrir de « mon manteau. » Belle leçon pour les esprits pervers et corromjius, qui insultent le sacerdoce pour les fautes de quel(|ues particuliers, et font, d'un scandale isolé, la matière d'une calomnie générale ! Plusieurs martyrologes de ilifléfeutes églises d'Occident, qui l'ont honoré depuis loogt.mps comme un saint, man|uent sa fête le 22 mai. Les (îrecs et les Moscovites la célêbn nt encore le 21 du môme mois. On ne croit point devoir parler de la prétendue donation que ce prince Ut au pa[ie saint Silvestre, de la ville de Rome et de plusieurs provinces d'Italie, rejetée aujourd'hui par tous les critiques. Quel(]ues savants croient que cette erreur historique vient de ce que, ilans les temps d'ignorance, on a confondu les donations de Pépin avec la permission accordée aux églises par Constantin d'acquérir des places et des fonds de terres. La translation du siège de l'empire à Constantinople, et l'abandon de Rome, qui n'était plus considérée que par la demeure du pape, peuvent avoir également inllui' sur cette opinion. Voy. la Vie du </rand Constantin, par 1). de Varenues, Paris, 1728, in-i°; et Vllisloire des empereurs, par Crevier. loi/. Jules (saint). CONTAiNT DE LA MOLETTE (Philippe du), né à la Côte-Saint-André, en Dauphiné, le 29 août 173", fut reçu docteur en Sorbo. ne en 1703, et devint vicaire général du diocèse de Vienne. 11 périt sur l'échafaul où montaient tant d'houuues vertueux et illustres, en 1793. Outre une thèse en six laiigui'S sur l'Ecriture sainte, qu'il soi.t.nt ;;Our le doctorat, et qui a été nnprimée en 1 vol. in-'i-", on a de lui : Essai sur l'Ecriture sainte, ou Tableau historique des avantages que l'on peut retirer des langues orietUales pour la parfaite, intelligence des livres saints, 177a, ni-12, pioduction supi'i'ticii lie ; Nouvelle méthode pour entrer dans le vrai sens de r Ecriture sainte, 1777, 2 vol. in-12; La Genèse expliquée d'npri's les textes primitifs, avec des réponses aux difficultés des incrédules, 1777, 3 vol. in-12, où rauti.^ur réfide plusieurs des objections de Voltairo ; L'Exode expliqué, 1780, 3 vol. in-12; Les Psaumes expliqués, 1781, 3 vol. iu-12; Le Lévitique explicjué, 1785, 3 vol. in-12; Traité sur la poésie et la musique des Hébreux, 1781, in-12; Nouvelle Bible polyglotte, in-4-°, rare. L'abbé du Contant a vivement critiqué le système du P. Houbigant dans l'interprétation des saints livres. Ou a prétendu qu'il ne savait que médiocrement l'hébreu ; qu'il a puisé presque toute son

CON

CON

érudition dans les Prolegomnus do la Polyglotte de Wallon, et ses ])rin(i|);iles réfutations dans ]es Lettres de quelques Juifs portugais à Voltaire, par Guénée. Voi/. Clémence. CONTARINI (Gaspab) naquit en 1483 k Venise. 11 était de l'ancienne famille des Contarini de Venise, féconde en hommes illustres dans les armes et dans les lettres, et fut ambassadeur de la république auprès de Charles-Quint. Il s'acquitta si bien de sa commission, qu'à son retour il eut un gouvernement considérable. Il ne la servit pas moins utilement en plusieurs autres occasions importantes. Paul III l'honora de la pourpre romaine en 1535, et l'envoya légat en Allouiagiie en 15il, et l'année d'après à Boliignr, iiù il mourut âgé de 5Î) ans. Sa dernière maladie lut une fièvre qu'il gagna pour avoir soupe un jour d'été dans un salon où l'air frais se faisait trop sentir. On lui doit plusieurs traités de philosophie, de théologie et de politique, imprimés à Paris en 1571, 2 vol. in-folio. Il écrivait en latin avec beaucoup de politesse et de netteté; mais il était plus profond dans la philosophie que dans la théologie. Ses principaux ouvrages sont : un Traité (le V immortalité de r âme, contre Pom- ])onare, son maitre; un Traité des sacrements, qui est plutôt une belle instruction qu'un ouvrage de controverse; des Scholies sur les Kpîtres de saint Paul, excellentes pour re\[>licntiou du sens littéral ; une Somme des conciles, qui n'est qu'une histoire abrégée et superdcielle; dill'érents traités do controverse contre LuthiT, dans lesquels il désapprouve les sentiments de sa nt Augustin sur la prédestination. Il conseil. c sagement aux prédicateurs obligés de paner sur cette matière de le faire rarement, avec beaucoup de réserve, et de recourir toujours à la hauteur des jug(îments de Dieu, plutôt que de discuter les vaincs idées des hommes; deux livres Vu devoir des évéques , très-utiles jiour la conduite des premiers pasteurs; un Traité, en latin, du f/ouvernement de Venise. Louis Ik'ccatello a donné la Vie de cet illustre cardinal en italien, lîrescia, 174G, in-i".

CONTKNSON (Vincent), né dans le diocèse de 0)ndnm en Hi'tO, dominicain en 1657, mort à (;reil, au diocèse de Beauvais, en lG't7,se distingua dans son ordre par ses talents pour la théologie et jiour la prédicilion. On a de lui une théologie intitulée : Tlwoloqia mentis et cordis, en !) vol. in-12 et ti vol. in-folio. L'auteur a corrigé la séclu;ressc des s(:liolasii([ues, en faisant un choix de tout ce que les Pères ont éciit de plus beau et de [ilus solide, et joignant le dogn)o à la mora'e.

CO.NI I AnMVNi) de RouniioN, prince ni), lils de Henii il <lu nom, prince de Coude, chef de la liranche de (>onti , naquit h Paris l'an 1()29. Son père l'ayant destuié à l'état (H-ch''siaslii|ue, il eut les abbayes de Saint- Denis, de Cluny, do Léiins el de .Molènie. Après la m rt cie son père, il ([uilta l'Ivgb.-c! 'lour les armes. Il se jeta dans les intrigues <ic! 1,1 Fronde, par imiinalion pour la <hichesso do Loiigueville, et en fut fait généra-

lissime. On l'opposa îi son frère, le grand Condé,qui défendait alors la reine et le cardinal Maïdrin. Ils se réunirent ensuite l'un et l'autre contre celte princesse et contre son ministre. Conti fut arrêté et conduit h Vincennes avec son frère , et n'en sortit que pour épouser une des nièces du cardinal, auquel il avait fait la guerre. Ce mariage le mit dans la plus haute faveur. Il fut fait gouverneur de Guienne en 165i; puis général des armées en Catalogne, oiî il prit quelques villes; enfin grand maître de la maison du roi, el gouverneur de Languedoc en 1662. 11 mourut quatre ans après, à Pézénas, dans de grands sentiments de religion, que lui avait inspirés sa vertueuse épouse, Marie Martinozzi. On a du prince de Conti : un Traité de la comédie et des spectacles, selon la tradition de l'Eglise; Devoirs des grands, avec son testament, Paris, 1666, in-8". Ce volume a beaucoup de valeur lorsqu'il est imprimé sur véhn, el surtout lorsqu'il a le Règlement donné par la ducliesse de Liancourt à Mlle de Rocheguyon. Devoirs des gouverneurs de province, Paris, 1667, 3 vol. in-12. Il eut de son mariage deux tils : Louis-.Vrmand de Bourbon, jirince de Conti, mort de la petite vérole en 1685, qui avait donné de grandes espérances; et François-Louis de Bourbon. CONTI (labbé Antoine Schinell.a), noble vénitien, mort en 1749, à 71 ans, voyagea dans une partie de l'Europe, et se lit estimer des gens de lettres par ses lumières et son caractère. Il a laissé : des tragédies, imprimées h Lucques en 1765, qui sont plus agréables pour le lecteur qu'intéressâmes pour le spectateur; un essai d'un [)Oéme intituré : Jl globo de Vcnere, et le f)lan d'un autre, oii il se proposait de traiter à peu près le môrac sujet que Leibnit/. a traité dans sa Tliéodici'e ; mais ses poèmes sont |>!us métaphysiques que poétiques. L'abbé Conli, dans un voyage qu'il lit à Londres, se lia éti'oitement avec Newton, qui, quoi(pie le jilus mystérieux des hoiinnes, lui conununiquait ses idées et lui révélait tous les secrets de sa science. Il rupjjoila en Italie un esprit el un cœur tout anglais. Ses ouvrages en prose el de poésie ont éli'' recueillis a Venise, 1730,2 vol. in-'»', et ses cpurrcs posthumes en 1756, in-4". Quoique les ojiuscules de l'ablié Conti ne soient que des embryons, connue a dit un journaliste italien, ils donnent une idée avantageuse de lour père. Ce sont des pensées, des réilexions, des dialogues sur des sujets intéressants.

CONTUCCI (le P. Arciunce Cinticcio), savant jésuite, né le 21 mai 168S h .Monlep\i!eiano, dans la Toscane, d'une famille patrieienne. se distingua surtout lomnu' piiilosoplie et comme archéologue. .\près avoir enseigné pendant tienle années la rhétori(juo nu colli'ge Romain, il fut nommé préfel ou coiis(>rvateiir du musée fondé par Kircher, (pi'il enrichit de beaucoup de murceaux précieux dans tous les genres. Il fut en relation avec les savaids de son temps, nolamnient avec l'abbé Harthéli'my.WiMckelmaim, Mu.atori. MalVei, etc., cl mourut ;i Rome le 1'.»

CON

Page 1