‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 187 sur 228 · CRU · texte numérisé non relu

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de Croï est mort dans les sentiments les plus édifiants le 1" janvier 18i4.

CROISE! (Jean). jésuite,né à Marseille.vers le milieu du xvit'' siècle, fut longtemps recteur (le lamaisondu noviciatd'Avignon, et la gouvei'na avec beaucoup de régularité et de douceur. On a de lui plusieurs ouvrages de piété très-répandus : une Année chrétienne, en 18 vol. in-12 ; une Retraite, en 2 vol. in-!'i; Parallèle des mœurs de ce si'cle et de la morale de Jésus-Christ, 2 vol. in-12; une Vie des saints, en 2 vol. in-fol., qui manque quelquefois de critique : des Réflexions chrétiennes, 2 vol. in-12, bien écrites et souvent réimprimées ; des Heures ou Prières chrétiennes, in-18 ; des Méditations, 4vol. in-12, et autres livres de piété ; une bonna édition de la Dévotion au sacré cœur de Jésus , par Marie Alacoque, 169S. Le P. Croiset était un des plus grands maîtres de la vie spirituelle. Ses livres le prouvent, et ses directions le prouvaient encore mieux.

CROMBACH ou Crumbacu (Hermaxx), jésuite, né à Cologne en 1598, mort en 1680, a laissé sur Thistoire ecclésiastique et les antiquités de sa patrie plusieurs ouvrages, publiés do 16W à 1674. Celui qui a pour titre : Chorograpliica descriptio omnium parochlarumad arrhidiœceseos coloniensis hierarchiampertinentium,a été publié [JarleP. Jos. Hartzeim eu lète de sa liitilintli. Coloniensis, Cologne, nW, m-)'ol. Le collé-e des jésuites de la même ville possédait les manuscrits inédits de son ouvrage le plus important, intilulé : Annales ecclesiastici et civiks metropolis Uhiorum, etc.

CROMER (Martin) , évéqufe de Warmie, né en 1312, à IJiecz, ville de la Petite-Pologne, mort le 23 mars 1589, à l'Age de 77 ans. Après avoir fini ses études à Bologne, en Italie, il fut ni mimé secrétaire tlans la chancellerie de la couronne, sous Sigismond 1". Le successeur de ce prince, Sigismond-Auguste, lui conlia plusieurs missions importantes à Dant/ig, à Rostock, à Stcttin, auprès du pape Paul III etdcl'empereurFerdinand , en qualité de ministre diplomatique. Outre une Hist. de Pologne, en latin et formant deux ouvrages, il publia Phocili/des , pocma grœce et latine; Chrysostonii oraliones octo in lalinumversœ : Epistolic Croineri fitiniliares ;Ucm, Ad regein, proerres, equilesgue polonos, 1589.

CROPANO (Jean de), savant capucin de la province de Reggio, a écrit des Sermons, des Commentaires sur l'Ecriture sainle, et plusieurs ouvrages historiques, relatifs aux différents étals de la Calabre, lelscpie 6'o/a6na illnstrala, Calabria fortunata; Culabria dichiaratn, con inscrizioni e meduylic, Naplos, 1691, iu-fol., avec figures.

CROUVÉ (Ulillaume), prêtre anglican, qui se ])endit vers 1677 , était régent de Croydone. 11 est auteur d'un Catalogue des écrivains qui ont travaillé sur laRible, Londres, 1672, ni-8% fort inférieur à celui du P. Le Loii;^, auiiuel il a été cependant utile.

CROLZlilLLIiS (Pierre-Vincent Dombi- DEAU, baron de , évèque de Quimper, né à Pau le 19 juillet 1751, s'attacha d'abord à

DlCTlONN. I)E BlOGRAPUIE HELIG. I,

M. de Boisgelin, archevêque d'Aix, qui le fit grand-vicaire et chanoine de sa métropole. Mais c'est k tort qu'on lui a attribué la notice historique sur ce prélat qui fut imprimée en 1804 : elle est du cardinal de Bausspl. Nommé h l'évèché de Quimper, Crouzeilles fut sacré h Paris dans l'église de Notre Dame, le 21 avril 1805, par le cardinal de Belloy. Ses sympathies furent acquises à l'homme do génie qui comprima la révolution, et on lui a reproché d'avoir été trop prodigue de louanges à son égard. L'archevêché de Rouen lui fut, dit-on , proposé dans les dernières années de sa vie. I! mourut subitement dans la nuit du 28 au 29juin 1823.

CROY (Jean de), calviniste et ministre d'Uzès, mourut en 1659. Il a laissé plusieurs ouvrages, entre autres : Observationes sacrœ et historicœ in Novum Testamentuni, Genève, 1644, in-4°.

CROZE (Mathurin Vetssière de La) , naquit à Nantes, en 1661, d'un négociant, et se fit bénédictin de la congrégation de Saint- Maur, en 1678, après avoir voyagé en Amérique. Son érudition \)]\is étendue que solide, l'amour de l'indépendance, la liberté de penser, et d'autres penchants incompatibles avec la vie religieuse et les maximes évangéliques, lui tirent quitter son ordre et sa religion en 1696. il consomma son apostasie à B.ile, passa de là à Berlin, obtint la place de bibliothécaire du roi de Prusse, et y mourut en 17.39, à 78 ans. Ses principaux ouvrages sont : Dissertations historiques sur différents sujets, in-8°, Roterdàm, 1707, recueil savant et curieux ; Entretiens sur divers sujets d'histoire, etc. ,1702, in-12 : Dictionn. arménien, \n- 4°, 2 vol. Cet ouvrage lui coûta dou/.e ans de travail. Cependant les savants y découvrirent des fautes sans nombre et même des bévues plaisantes ; ce qui n'empêche pas qu'il n'y ait des lumières à recueillir. Histoire du christianisme des Indes, 1724, La Haye, in-12, -2 vol. , pleins de faussetés et de jugements dictés parla haine do la religion ratliolique; Histoire du christianisme d'Ethiopie et d'Arménie, in-8°, 1739, compilation négligée et informe, si l'on eu croit l'nbbé Desfontaines; ouvrage de mémoire et non de jugem;nt, et encore moins d'esprit, mais qui otlre une foule d'oliservalions dont on peut profiter. Dictionnaire égyptien, avec les additions de M. Scholtz, mis au jour par Ch.God, Woide, Oxford, 1773, in-4°. Jordan, ami et disciple deLaCroze, a écrit la Vie de son maître, en un volume aussi gros que la Vie d'Alexandre, dictée, selon Voltaire, par la fureur d'écrire. Son humeur tenait un peu de limiiolitesseet de la misanthropie : eftet naturel des chagrins que lui donnait le souvenir de son apostasie. Le jugement n'égala jamais en lui la mémoire, surtout à la lin de ses jours. C'était alors un véritable enfant, quoique sa tête renfoimAt toujours un vaste répertoire de noms, de liâtes et de passages.

CRÙSIUS (Christian-Auguste), né en 1715, fut professeur à Leipzig et à Meissen, et mourut en 1773. Indépendamment de nombreux opuscules latins ou allemands sur des

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matières de philosophie et de thf'^ologie, on n \\c\m : Gtiide pour parvenir à la certitude dm connaissances humaines, en alli'mniid , Leipzig, 176(5, 3' édition, in-8°; Philosophie morale, Leipzig, 1767, 3' édition, in-8°. Ses ouvrages philosopliiquôs sont plus estimés que ses productions tliéologiques. Lorsqu'il a écrit sur V Apocalypse, il a bien plus suivi sou imagination que la vérité.

CSÈLES (Martin), né près de Tyrnaw en 16'il, jésuite dnis cette ville en 1655, ensid- ^na successivement la philnsophie, la théologie morale et le droit romain. Ap 'elé à Ilorae pour remplir la charge de pénitencier, il prolita du séjiur qu'il y lit pour se livrer à de nombreuses recherches dans la bibliothèque du Vatican. 11 mourut k Padoue le ■\i janvier 1709. On a de ce savant : Elacidatio historico -chr onolocjica de episcopatii Transjilvaniœ, Roram , in-folio ; Dcscriplio amnliitidinis episcopatns Sirmicnsis, in-16.

CUDSE^IUS (Pirrue), né à Duisbourg dans le duché de Clèves, se disait de Wésel, ])arce qu'il y avait été élevé. Son [)ère, imbu (les erreurs de Calvin, les avait communiquées h son tils, qui les abjura k Avignon, où il reçut le sacrement de confirmatiun et le nom de Pierre, abandonnant celui de Samuel qu'il avait reçu au baptême. Il se n^ndit à Rome, se fil estimer et chérir du cardinal Bellarmin. Il se lixa ensuite à Cologne, et y gagna les amitiés du nonce. Il m uirut nu commencement du xvii' siècle. Nous avons du lui : De dcsperata Calvini causa, Cologne, 1612, in-8° ; le Sijnode d'Uirecht, avec des notes tiès-curieusr'S, Cologne, 1614, en latin , et d'autres ouvrages de conti overse.

CUDWORTH (Raoul), né dans 1' couUé de Somerset en 1617 , mort à Cambridge eu 1688, occupa divers emplois imi>ortants et lucratifs dans sa patrie : son savoir les lui mérita; il s'éiendait à tout. Philosophe, mathématicien, il joignit à ces sciences 1 étude dos helles-lettrcs, des langues savanieset de l'antiquité. On a de lui : Système intellectuel de l'univers contre les athées : ouvrage tr duit (Ml latin par Jean-I.aurent Mo-^heim, avec des noies très-savanlcs, léna, 1733, 1 vol.in-foi.; Leyde, 1773, 2 vol. in-4% avec des augmentations ; et abrégé en anglais, 17>.6 , en i> vol., par 'i'homas Wise. L'ouvrage, la Iraduction et l'ahréié sont également estimés ; Traiti? de l'éternité et de l'immutabilité du juste et de rinjitstr, publié en anglais à Londres, 1731, in-8% avec une préface du docteur Chandier, évèque de Durhani,et traduit en latin par ■.ios eim; ('oiniiiiniitire sui' la jirophétie de Daniel, touchant les septante xemaincs, i vol. iii-fol. ; Traité de l'immortalité de l'dmc, 1 vol. in-8', etc. ; Discours sur l'amour de Dieu , traduit en français p r M. Coste, AmsterOdin, 1722, in-i2. Il laissa plusieurs manuscrits imixirtants, et une lido pleine d'es[)rit, qui fut etroilemenl liée avec Locke : e le s'appelait Danuiris. Cuiiwortli était, dit-on, assez inccrlain dans .ses opinions sur la religion, cl en parlant de l'Iusieurs dogmes du christianisme, il s'est expliiiué (l'une manière si ambiguë, qu on uc

peut guère savoir C3 qu'il en pensait, il a renouvelé 1" système des natures plastiques, qui a été réfuté par Guillaume Muys {Voy. ce nom.) Son Système intrllertuel a été mis à l'index ]mv décret du 13 avril 1739.

CUGNAC (l'abbé de), doyen du chapitre de Saint-Denis, né le 8 mai 1757 d'une famille ancienne du Périgord, fit ses études à La Flèche et au collège Mazarin, et en 1783 il devint grand-vicaire de M. Roger de Caiix, évoque d'Aire. Député du clergé à l'assemblée es notables de 17â8, avec son parent Louis-Kmm do Cugnac, évêque de Lectoure, il se prononça énergiquement contre les plans destructeurs du ministe Briennc. Ce ministre voulut un instant punir son opposiLion ainn que celle do M. Poulpiquet, évoque de Quimper, et de trois autres de leurs collègu -s, en les meltant à la Bastille ; mais il n'osa pousser sa vengeance jusque là, et il seb irna à des menaces. Sans la ri>voluti m, l'abbé deCugnac émigra avec son évoque ipi'ii su vil en Ademagne, en Espagne, en Portu ;al et en Anglolerre. Rentré en France in 18iV, il refusa par luirailité une ha'ite dignité qui lui était olferte. Lorsque le c!ia|)itre rOial de Saint-Denis fut formé en 1816, il en lit partie, et le 1" juin 1819 il fut nonnné ga'dienues tombeaux. Eniin il d 'vint doyen du c!ia, itre en 1828. C'est dans ce poste qu'il est mort saintement le 15 janvier 18V I, à 84 ans.

CUuBiiRLAND (Ricuard), né à Londres en 1632, d 'cl una beaucouj) sous Charles II contre la religion calholique, à l.Tquelle il imputait ce (ju'elle n'enseigne point, et ce qu'elle réprouve même. Ce senre de fanatisme, auquel il joignait d'ailleurs du mérite et des mœurs i)urcs, lui valut l'évôché do Pélersbirough, ([u'il conserva jusqu'à sa mort en 1718, a «7 ans. Ni sa digniié d'évêque, ni son grand âge ne purent l'engager à l)iendre quelque repos. Quand on lui représentait (pie ses travaux nuiraient à sa santé, il répondait :« 11 vaut mieux (lu'un homme « s'use que de se rouiller. » La nature l'avait l'ait naître avec beaucoup de douceur dans le caractère, et un grand amour pour la paix; mais l'esj rit de secte l'aigrit, et le poussa qindquefois jusqu'à l'emportement.

On lui dnii -.JJe leyibus naturœ disquisilio philosophira, Londres, lt)72, in-V : rél'utatiiiu solide des aboiniiiahles principes de Hobbes, tia luile enanglais, 1(186, iu-8", cl en français par Barncyrac, ([ui l'a enrichie de noies. Un Traité des poids et dis mesurée des Juifs, in-8'. 11 y déni uilie, ou il croit y démontrer géometri(piemenl, ipie le dirach du Caire était l'aucieniie coudée des Egyptiens et des Hébicux. l.'llisloire phénicienne de Sa7uhoniatun, iii-8", Londres, 1720, traduite en au Jai~ avec de^'nule> : oin rage pnslliuine qui esl peu de c ose, (|Uoi(pr<m y trouve d(i 1 éru.lition. 11 a aussi traduit l'Uisloire de la réfnrmation des Pays-lias, par (iérurd Urundl, L(Uidies, 1720-I72.'{, 3 vol. in-iolio.

Ct .»IHE LAND^Uiciivui» , ariière-petit-lils du pri'cédent , né à Cambridge en 1732, ucrcupa divers emplois, cl mourut le 7 mai

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