‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 190 sur 228 · CUT · texte numérisé non relu

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CURTIUS (Cornélius), religieux augustin, natif (le Bruxelles, fut successivement professeur en théologie à Bruxelles, h Louvaiu ; prieur à Ingolstadt, à Vienne, à Prague ; vicaire-général des provinces d'Autriche et de Bavière; provincial, définiteur- général. Il mourut le 9 octobre 1638, à Westmunster, près (le Deudermonde, âgé de kl ans. Le P. Curtius était habile dans les bellrs-lettres et dans l'histoire. L'empereur Fenlinand II l'honora du titre de sonhistoriograplie. Il est auteur des Eloges des liommes illustres do son ordre, Anvers, 1036, in-V". Ces éloges, au nombre de trente, sont Irèsbien écrits, d'un style peut-être trop poli et trop recherché. Nous avons encore de lui des Sermons en latin, Vllistoire de plusieurs saints de son ordre, et une dissertation , De riavis dominicis, Anveis, 163i, Leyde, 1605, dans laquelle il discute si Jésus-Christ a été altaclié à la croix avec trois ou quatre clous : i) se di'tprmine pour la dernière opinion.

CUSSY fFBANÇois-ALEXANnuE de), né vers 1760, d'une famille honorable delà Normandie, était chanoine de la cathédrale de Bayoux lorsque la révolution éclata. 11 se retira alors en Angleterre et ne revint en France qu'ajjrès le concordat. Nommé alors chanoine et archiprètre du diocèse de Bayoux, il fut appelé en 1813, à l'évèché do Troyes, en remplacement de Mgr de Boulogne, exilé à Falaise, et il eut la f.iiblesse d'accepter cette faveur qu'il devait à un de ses parents, chambellan de l'empereur. Le cha|)itre de Tro.es ayant décidé à une majorité de huit voix contre cinq qu'il fallait lui donner les jiouvoirs d'administrateur, l'abbé de Cussy se rendit dans cette ville et vint résider à l'évèclié. Cependant il rencontra une forte opposition dans le cb-rgé du diocèse, qui ne voulait reconnaître d'autre autorité que celle de Mgr de Boulogne. Pour mettre lin à cet état de choses, on consulta le pape et les cardinaux, qui décidèicut que Mgr de Boulogne avait conservé l'intégrité de ses droits et que le chapitre avait outrepassé ses pouvoirs. Mais cette déclaration ne fut pas écoutée, et l'abbé de Cussy continua à adujinistrer. Il se lit même donner en iW* de nouveaux pouvoirs par l'empereur, hjrsquo celui-ci passait par Troyes |)0ur soutenir sa dernière campagne. Après la restauration, l'abbé de Cussy revint à Bayeux ; il s'y lit estimer |)ar ses vertus et ses mœurs douces et aimables. Il y vivait dans la retraite avec le titre de grand-vicaire que l'évôquc lui avait donné, et il y est mort dans les derniers jours de 1833.

CUTTAT (Jean-Baptiste-Bernard), curé de Porreutruy, naquit le 20 janvier 1770 à Délémont, dans l'évèché do Bile. Il achevait ses études au collège Germanique de Rome, lorsque l'entrée des Français dans cette ville en 1798 l'obligea de s'éloigner. Il passa deux ou trois aus dans le Tyrol, exerça le ministère à Calteru dans le diocèse de Trente, et revint à Délémont, où, après s'être fait instituteur pendant trois ans, il exerça durant quatre années les fonctions de vicaire. C'est

alors qu'il commença à se distinguer comme prédicateur. Son mériie le lit appeler à la cure de B:ile, puis k celle de Porreutruy en 1820, et il fut nommé grand-vicaire et orficial après la mort de M. de Billieux.Ces dignités ne furent pour lui qu'une raison de redoubler de zèle et d'activité, et la plus grande jjarlie de ses revenus passait dans les mains des pauvres. On sait à quels désagréments fut en butte le clergé de la Suisse, lorsque le contre-coup de la révolution française de 1830 se fut fait sentir dans ce pays. Ces vexations avaient pour prétexte trois principales causes : leserment. les écoles, lesarticlesde la conférence de Baden, articles qui avaient été condamnés par le souverain pontife.

L'abbé Cultat demandait que l'on changeât la formule du serment, dont les termes blessaient la conscience des prêtres, et qu'on adoptât soit celle qui était employée sous Napoléon, soit celle que le saint-siégc avait a|i|)rouvée pour les pa-ys protestants. Le gouveinement de Berne ne voulut rien entondre. Alors le curé écrivit au saint-siége, en demandant qu'au moins l'on attendit que la réiîonsc de Rome filt venue. Il ne réussit qu'à voir calomnier sa comluite, que l'on présentait comme celle d'un conspirateur. Il fut en butte à une foule d'attaques, et les traitemeits des curés furent suspendus. Enlin arriva la décision du saint-siége : la formule était autorisée avec la réserve expresse des droits de l Eglise, et le gouvernement admit celte clause, non sans quelques difficultés. Quant à l'enseignement, le pouvoir voulait ôter aux ecclésiastiques tout droit de suivoillance sur les écoles, et les exclure des collèges. La fermeté avec laquelle l'abbé Cuttat s'opposait à des mesures dont il prévoyait les fimestes conséquences lui attira sa destitution de la digidté de provicairegénéral. Bientôt parurent les fameux articles delà conférence de Baden qui devaient consommer la séparation avec le saint-siége. Leur acceptation par le gvand-conseil de Berne mit l'alarme i)armi les catholiques du l)ays ; les feuilles anti-religieuses en prirent occasion de redoubler de violence, et l'abbé Cultat, dont le zèle bien connu iuiportunait les ennemis do la religion, se vit particulièrement l'objet de nouvelles dénonciations et de calomnies insidieuses. On supposa (pi'il avait fait appel à la révolte, et celte accusation qu'on n'a jamais pu môme colorer de ([uelquo vraisemblance donna lieu à l'oecu- ]iation du Jura par les troupes bernoises. Le pasteur ne vit d'autre parti à prendre que la l'Liite ; des commissaires du gouvernement bernois se rendirent auprès de l'évèque de Soleure, dont ils surprirent la bonne foi, et qui crut devoir prononcer la vacance do la cure, comme si le pasteur avait quitté spontanémeiit son troupeau. Ce qui fait paraître encore la mesure plus sévère, c'est que cinq jours s'étaient à peine écoulés depuis le départ du curé. Celui-ci envoya au saint-père une relation de ce qui venait de se pas>er; 11! pape lui adressa le 23 mai 1830 un bref de consolation, et il lit témoigner à Soleure,

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ficif son nonce en Suisse, Fétonnemont que ui causnit la mesure (irise rontre 1" furé. L'innocence do l'iihliéCultat fut enfin reconnue devant les tribunaux, mais il ne lui fut pas permis de rentrer dans son pays. Il se retira à Colmar, où sa vie se | artageait entre l'étude et la prière Un prélat français l'avait invité à se rendre auprès de lui, et il avait fait ses apprêts de départ, lorsqu'il nio'irut subitement dans la nuit du 5 au 6 nov. 183 \

CUYCK (Henri), né à Culenliourg dans la Gueldre, docteur en théologie de l'université de Louvain, oITicial et grand-vicaire de l'archovèque de Malines, fut évoque de Rurtmonde en 1569. il gouverna C' diocèse avec tout le zèle qu'inspire la religion de Jésus- Christ, préserva ses ouailles de l'inlèction de rhéri'sie par ses exhortations et [lar ses écrits, et mourut en 1609. On ne peut rien ajouter à Félo ;e qu'en fait Arnold Havensius dans son Histoire de l'éreclion des nouveaux évêchés dans les Pays-Bas. On a de lui un grand nombre d'ouvrages de controverse, des harangues et des lettres. Les principaux sont : Orationes, Louvain, 1G95, in-8° ; les [ilus curieuses sont celles qui regardent la tonsure «lériiale, les devoirs des chanoines, etc. ; Sp'culuin cnncubinariorum sacerdotum, etc., Cologne, 1599, et Louvain, 1601. C'est une déclamation vive coiilre les désordres de quelques ministres du Seigneur. Une édition des Oeuvres de Cassianas, Anvers, 1578, in-8°. Les lettres qu'il a écrites au prince .Maurice de Nassau, et à quelques autres protecteurs des nouvelles hérésies, sont d'une fermeté vraiment apostolique : elles ont été imprimées séparément.

CYPHIEN (saint), Thaschis Cœcilius Ci/- 7)rinnM«, naquit à C.arthage d'une famille riche etillustre. Son génie facile, abondant, agréable, le fit clidisir pour donner des leçons d'éloquence à Cartilage. 11 était alors païen : il se lit c rétieii, l'an 246, parles soins du pré- Ire Cécil-, qui lui découvrit l'excellence de la religion de Jésus-Christ et les absurdités du [laganisme. Les païens, fAchés d'avoir jjerdu un tel homme, lui reprochèrent qu'il avait avdi .sa raison et sou génie, en les soumettant à des contes et des fables puériles : car c'est ainsi que ces aveugles parlaient des grandes vérités du christianisme. Mais Cyprien, insensible Ji ces railleries, lit tous les jours de nouveaux progrès dans la voie du s dut. 11 vendit ses biens, en distribua le prix aux jiauvres, endjrassa la contim née, prit un liabil de pliihisophc, et substitua h la lecture des aiiteius iirofain's ce'h' des livres divins. Son uiér.le le lit élever à la prêtrise, cl le plaça bienlôl ajris. l'an 2'i8, sur la cha rc ne Caithage, nialj^ré ses oppositions. Ses travaux pour son église furent immenses. 11 fut le pèie des pauvres, la lumière du clergé, le consolateur du pi'Upli'. L'eiupcreur Dèce ayant suscité une sanijlanto pir.>ic ition contre l'LgIise, Gyprien lut obligé de 'juiller .-on troupeau ; mais il fut toujours auprès de lui, suit parses lettres, soil par ses ministres. Lorsque l'orage fut dissi]ié, il se signala par la fermeté avec la-

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quelle il résista à ceux d'entre les chrétiens apostats qui sur[)renaient des recommandations des martyrs et des confesseurs, pour être réconciliés à l'Eglise, qu'ils avaient quittée pendant la persécution. Ce fut |)Our régler les p''nitences qu'on devait leur prescrire, qu'il assembla un concile à Carthage, en 231. Il condamna dans la môme assemblée le prêtre Félicissime et l'hérétique Privât. Ce dernier déi)uta vers le pape Corneille, pour lui demander sa communion et accuser saint Cyiirien, qui ne crut pas devoir envoyer de son côté pour se défendre. Le pape lui en ayant témoigné sa surprise, il lui répondit avec autant de modestie que de fermeté. ;< C'est une chose établie entre les évêques. « que le crime soit exam'n('' là où il a éle « commis. » Il ne montra pas moins l'.e fermeté dans la disputequi s'éleva entrele pape Etienne et lui, surleba|itôme administré [lar les hérétiques. Plusieurs conciles convoqués à Carthage conclurent, conformément à soh opinion, qu'il fallait rebaptiser ceux qui l'a- Yaient été jiar les hérétiques. Dans le dernier, saint Cyprien déclara qu'il ne prétendait point séparer de sa communion ceux qui étaient d'un avis contraire au sien. Ce saint évoque croyait di'fendre une bonne cause, tandis qu'il en soutenait une mauvaise. Il ré-' sista avec trop de vivaciti' au jtape saint Etienne, comme l'avoue saint Augostin : Cyprianuni irntuui et pattlo commotiorem fuisse in Stephaiium, et dit que cette faute fut expiée par le martyre : Martijrii falcepurgatum. Mais quoiqu'il ne déférât ])oint aux décrets du pape (ces décrets n'étant point alors une décision universQllemont reçue), il conserva toujours l'unité avec l'Eglise rooiainc. C'est au saint-siége que saint Cyprien adresse son apologie contre ceux qui blâmaient sa fuite; c est son autorité qu'il invoque contre ceux .; qui, étant tombés dans la persécution de 1 Bèce, voulaient forcer le saint évoque à les " réconcilier à l'Uglise, sans accomphr la pénitence prescrite parles canons. Le môme sai t évêque,i\ la tête d'un comile d'Afri(|ue, i instruit le pape saint Corneille des raisons 1 qu'il avait eues di' modérer la rigueur des ca- " nous sur la pi'nitence. et tleuiande son ap-. probation : Quod crcdimus voliis qiioque natei'utr misericordiœ contemplatione placilnrum (Labbe, Coiiril. tome I, rot. 718) ; dans le temps nu'uue ([u'il résiste à saint Etienne, il lui adresse des députés jioui' lui exposer les r.dsonsdesa rési.-tancc iEpist-Firmiani inter Kpist. Cijp. 75,édit. Pimuiel; : pieuvequ'il ne voulait point coniestei' la suiiériorilé de juridiction au pape, et <pii' c'est Irèsruhculement que le démêlé de ce saint avec le pape saint Etienne e>t «.evenu un lieu commun pour tous ceux ipii mé|)riscnt les d.'crcls du saintsiége. .M. Linguet, évêque de Sois-ons, et plusieurs autres ont montré la faib'esse de celte res.^ource ; mais personne n'a mieux traité cette matière (lue M. Cliicoi.-nau dans sa Disserlatidii Ihcolugirinr sur cet article, Paris, 172."). ICii 257, le" feu d • la perséculion s'étanl ra lumé, il lui reU'<gué ii Curuhe, à 12 lieues de Carlbage. Après un exil de onzo

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mois, on lui permit de demeurer dans les jardins voisins de Carthage ; mais on Yarléla peu de temps après pour le conduire au supplice. Il eut la tôle tranchée le 14 senfetnbre25S, le même jour précisément qu'en 257 il avait annoncé qu'il consommerait son martyre dans un an. « Il fut regretté, dit « un historien, par les ]iaipns mêmes, qui « s'étaient bi n emportés conire lui dans les « accès de leur fanatisme, mais qui se sou- « vinrent bientôt, les larmes aux yeux, que « toujours il les avait confondus, dans ses « libéralités charitables, avec ses ouailles les « ]ilus chères. Les fidèles rendirent les der- « niers devoirs à son corps d'une manière « vraiment religieuse , allumèrent au- « tour de lui une multitude de cierges, lui « adressèrent des vœux, le canonisèrent, « pour ainsi dire, à l'envi, en exaltant ses « vertuset en souhaitant de mourir avec lui.» Il fut enlerr '■ dans un champ voisin, sur le chemin de Mappale. On bâtit depuis deux églises sous son invocaiion, l'inie sur son tombeau, et qui fut appelée Mappalia, l'autre à l'endroit où il avait soulle.t, et qui fut ap|)elée Mensa Cypriana, parce que le saint s"}"^ étnitolfeit à Dieu en sacrifice. Victor de Vite fait mention de ces deux églisrs.Les amltassa'leurs de Charleraagne, revenant de Perse, obtinrent du roi maiiométan d'Afrique la permission d'ouvrir le tombeau, qui était fort né.^iligé. Ils en tirèrent les reliques du saint, qu'ils apportèrent en France. Elles furent déposées dans la ville d'Arles en 802. Le roi consentit depuis qu'on les transportâtà Lvon, où on les mit derrière l'aulel de Saint-Jean- Baptiste. L'on a un poëme sur cette translation, composé par Leidrade, archevêque de Lyon. Ch.irles le Chauve ilt transporter les mêmes reliques à Compiègne, et on les renferma avec celles de saint Corneille, qui se gardent dans la célèbre abbaye coiiuue sous le nom de ce saint pape. On voit une partie des unes et des autres dans la collégial' de Rosnay, près d'Oudenarde on Flimlie. Saint Cyprien avait beaucoup écrit pour la vérilé, qu'il scella de son sang. Lactance le regarde comme le premier des auteurs ciirétiens véritablement ('loijuents. Saint Jérôuie compare son style à une source d'eau pure, dont le cours estdo.ix et pa.sible. D'autres l'oni comparé, peut-être avec plus de raison, à un torrent qui entraine tout ce qu'il rencontre. Son éloquence, à la fois mâle, naturelle, et foit éloignée du stylo déclamateur, était capable d'exciter de g-ands mouvomints. li raisonne presque toujours avec autant de justesse que de force. Il faut avoue.- pourtant rpie son style, quoique généralement assez pi;r, a quelque chose du génie africain, et de la dui été de ïertul.ien, qu'il appelait lui-même son mailre. Il a cependant poli et embelli souvent ses pensées, et évité ses délauls. Outre quatre-vingt-uue Ictlres, il nous reste de lui plusieurs <rfr(7e«, do. .t les principaux sont : celui des Témoignages, recueil de passages contre les juifs; le i.vre De l'unité de f Église, qu'il prouve par des raisons fortes et solides. 11 dit que « pour reudx-e cette

« unité visible, le Sauveur a bilti son Eglise « sui- saint Pierre, et lui a donné le pouvoir « des clefs: et que, quoiqu'il ait donné le « même pouvoir à ses ap'.tres. lia voulu que « la sourcede l'unité dérivât d'un seul, et que « tout l'édifice po.tAt sur ce fondement.» Car c'est toujours à l'autorité du pontife romain que ce grand évêque rapportait l'unité de la conservati in de l'Eglise catholique. Vnus Drus est, dit-il ailleurs, et Cliristus unus, et fi?ia Ecclesia, et cathedra una super Petrum roce Domini fundata. Aliud altare constitui aut saccrdotium novum (ieri non potest. Quisquis alibi colligit, spargit (L. 1, Epist. 40 ). Navigareaudent, et ad Pétri cathedram atque ad ecclesiam principalem, unde unitas sacerdotalis exorta est, a schismaticis et profanis litterns ferre, ncc cogitare eos esse îtomanos quorum fides, apostolo prœdicante, laudata est, ad quos peijidia habere non possit accessum. (Epist. 55, adCornelium.) Le traité De lapsis, conire ceux qui demandaient d'être réconciliés h l'Eglise et admis à la communion, sans avoir fait une pénitence proportionnée à leurs fautes, qui employaient l'intercession des martyrs et des confesseurs pour s'en exempter ; le saint évoque uéclare que, quelque respect que l'Eglise doive avoir pour cette interce.-sion , l'abs' lution extorquée par ce moyen ne peut réconcilier les cou[»ables avec Dieu ; l'Explication de l'Oraison dominicale, de tous les écrits de saint Cyprien, celu que saint Augustin, digne disciple de ce grand mailre, estimait davantage et citait le plus souvent; l'Exhortation au martyre, écrite en 250, lors du renouvellement de la persécution sous Gallus et Yolusien. Cet ouvrage, faii pour fortifier les fidèles, est un tissu de passages de l'Ecriture. Ce sont elfectivement les meilleures armes qu'un évêquc puisse mettre entre les mains des soldas de Jésus-Christ, qu'il doit exercer au combat dans les temps d'épreuves. Les Traités de la moralité, des œuvres de miséricorde, de la patience, et de l'envie, etc. Parmi les différentes éditions de ce Père, on lait cas de celle de Hollande en 1700, qui est enrichie de quelques disserlalio: s de Péarson et deDodwell; mais on préfère celle de 172i;,in-fol.,derimprim. roya'e, commencée parBaluze,etachevéepardomPrudentMaran, bénédictin i)e Saint-.\iaur,qui l'a ornée d'une préface et dune Vie du saint. Toutes ses OEuvres ont été traduites également en français par LomLert, 1672, in-i", avec de savantes noti s, et dans un ordre nouveau sur les mémoires du célèbre Le Maître. L'abbé de La Hogue a pu-lié à Londres en 179i : Sanctus Cyprianus ad martyres et confessores, ad usum confcssorum Ecclesiœ gallicanœ, in-12 de 120 pages. Il donna ensuite la traduction française di' ce volume sous ce titre : Saint Cyprien consolant les fidiles persécutés de l'Eglise de France, conraincant de schisme l'Eglise constiliitionnelle et traçant à ceux qui sonttombés des règles de pénitence, 1 vol. petit in-8", réimpr. en 1797. Ponce, diacre, et doni (lei vaise, abbé.de la Tiappe, ont écrit sa Vie. — M. Aligne a publié dans son Cours com-

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nict de Patrologic les OEuvrcs très-complètes de saint Ct/prien, reprod. d'après l'édition de Baluze; enrichies des notes et des variantes de Fell, de Paraélius, de Rigault, augm. de divers opuscules apocryphes édités par Trombelli et Mingarelli, Durand et Martene, des dissertations de llouth et de dom Le Nourry, 18ii, 1 vol. in-V.

CYPRIEN ( saint) lut ordonné diacre par saintCésaire d'Arles, qui, instruitdesa science et de sa vertu, le mena avec lui au concile d'Agde en 50G, et le sacra évèque de Toulon vers l'an 510. Saint Cyprien assista aux différents conciles auxquels présida saint Césaire, et eut beaucoup de part à tout ce qui s'y fit pour la conservation de la foi et de la discipline. La Provence ayant passé sous la domination des Français, il eut plus de facilité pour extirper l'arianisme dont les Ostrogoths avaient infecté son diocèse, et montra le plus grand zèle dans les conciles qui se tinrent tant qu'il vécut. C'est à lui aua saint Césaire (Voy. ce nom) fut particulièrement redevable de son rétablissement sur son siège. Il mourut au milieu du vr siècle, quelques années après saint Césaire, dont il a écrit la 17c 11 est le second patron de la ville de Toulon.

CYR ou CIRIQ (saint), fils de sainte Julitte, native d'Icone, fut arraché d'entre les bras de sa mère par ordre du juge Alexandre. Il n'avait alors que trois ans. Comme ce tendre enfant appelait sa mère, et criait : Je suis chrétien! le juge le jeta du haut de son siège contre terre, et lui brisa la tôle. Tous les spectateui's eurent horreur de cette inhumanité, et le juge lui-môme en rougit. Cette action barbare se passa sous le règne de Dioclétien et de Maximien. — Il y eut un autre saint Cyr, médecin, qui fut martyrisé en Egypte le 31 janvier 311.

'CYRIAQL'e, iialriarclie de Constanlinoiile l'an o'JG, successeur de Jean le Jeûneur, pi'it le nom d'cvèt/ue œcuménique ou univrsel, et se le lit conlirmer dans un conciliabule. Ses prélentions furent réprimées par saint Gr. goire et parl'eaipereiu- Phocas, qui, indigné de cette ridicule prélenlion.di'lcndit, jiar un édit, de donner le titre que le patriarche avait usurpé, h d'autres évoques qu'à celui de Rome. Cyriaque en mourut, dit-on, de chagrin, en GOt).

(;YR1LLE (saint), de Jérusalem, né vers l'an 31», fut ordonné diacre par saint iMacaiie de Jérusalem vers33i, et l'année suivante probe par saint Maxime, évoque de Jérusalem. Elevé après lui sur le siège de celte église, l'an 350, il travailla comme lui à défendre la vérité coiilre les elforts de l'erreur. Son différend avec Acace, évoque de Césaréc sur jes prérogatives de leurs sièges, inlerromjiit i.' bien qu'il fai-'ait h son troupeau et à l'Eglise. Cette (|uerellc personnelle s'aigrit |iar la diversité des sentiments. Cyrille était zélé catholique, et Acace aiien ojiiniAti'C. Cet homme inquiet et intrigant, ne |iouvant attaquer la foi de son adversaire, allaciua .ses mœurs. I: l'accuja d'avoir vendu (pielques éloiïes pi écieuses do l'église, cl lui Ut uu

crime d'une action héroïque, car Cyrille n'avait dépouillé les temples que ])Our secourir les jiauvres dans un temps île famine. Un concile, assemblé à Césarée par Acace, le déposa en 357. Le saint évèque appela de ce jugement inique à un tribunal supérieur. 11 fut rétabli sur son siège par le concile de Séleucie en 359, et son persécuteur chassé du sien. Les intrigues d'Acace le firent déposer de nouveau en 360. Julien, successeur de l'empereur Constance, ayant commencé son règne par le rappel des exilés, Cyrille rentra dans son siège ; mais son attachement inviolable à la foi de Jésus-Christ le rendit extrêmement odieux à cet apostat, « qui avait ré- « solu, dit Orose, de le sacrifier à sa haine « a|)rès son retour de la guerre de Perse ; « niaislamort le prévint, et l'enifiècha d'exé- « cuter son détestable projet. » Yalens l'envoya de nouveau en exil, et ce ne fut que plus de onze ans après, à la mort de ce prince, qu'il retourna à Jérusalem. Le concile de Constantinople de 381 approuva son ordination et son élection. 11 mourut en 386, après avoir gouverné son église pendant 35 ans. Le commencement de son épiscopat est célèbre dans l'histoire par un miracle que Dieu opéra pour honorer l'instrument de notre salut. Comme le fait est intéressant et appuyé sur des autorités incontestables, nous le rapporterons ici. Saint Cyrille, qui en avait été témoin oculaire, écrivit aussitôt à l'empereur Constance, pour lui en f.dre part. Yoici ses propres paroles : ;< Le jour des no- « lies ( le 7 ) de mai, vers la troisième heure « ( vers les neuf heures du matin), il parut « dans le ciel une grande lumière en forme « de croix, qui s'étendait depuis la nionta- « gne du Calvaire, jusqu'à celle des Olives. « Elle fut aperçue, non pas par une ou deux « personnes, mais par toute la ville. Ce n'cn tait pas un de ces phénomènes passagers « (jui se dissipent sur-le-chauq). Cette lu- « mière brilla à nos yeux pt ndant plusieurs « heures et avec tant d'éclat, que le soleil « môme ne pouvait l'effacer. Les spectateurs, « pénétrés en môme temps de c-rainle et de « joie, coururent enfouie à l'église; lesvicil- « lards et les jeunes gens, les fidèles et les « iduhUrt'S, les citoyens et les étrangers, tous « n'eurent qu'une voix pour louer Notre- « Seigneur Jésus-Christ, le Fils unique de « Dica, dont la puissance opérait ce prodige, « et ils reconnurent tous ensemble la divinité « d'une religion à laquelle les cieux rendaient « témoignage. » Ce fait est rapporté parSocrate, Philoslorge, iiar l'auteur de la Chroin(iue d'Alexandrie, etc. Qnani <-i la lettre de sauil Cyrille, o,i ne [)cut douter (pi'elle no soit authenli(]ue. Elle esl citée connue étant de ce Père, par Sozomène, Tht'opliane, Ivutycliius, Jean de Nicée, (llyras, etc. Mais jilus (cite lettre esl authenliipM-, plus elle déplaît aux eniieaus de la ci'i ix de Jésus- Christ. Ils la tii'muMit poursus|iii le, non pas en ellel (|u'il y ait des marques de 'ausselé, mais par((^ ipi'ils ont inlérètd'y en trouver. L'i'glise grecipie houdre le 7 de mai la uu'inoirc de celle ajuiarillun ju.-iaculeuse. 11

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nous reste de saint Cyrille 23 catéchèsrs. Les 18 premières sont adressées aux catéchumènes, et les cinq autres aux nouveaux baptisés. Le style de ces instructions est simple, net, tel qu'il convient à ces sortes d'ouvrages. Il expose avec exactitude ce que l'Eglise croit, et réfute avec solidité cequ'elle rejette. 11 y a pourtant quelques idées vraiment singulières, mais cjui tenaient peut-être aux opinions reçues de son temps. Grandcolas, docteur de Sorbonne, en a publié une traduction française, avec des notes, Paris, 1715, in-i°. Dom ïouttée, bénédictin de Saint-Maur, a donné une édition de toutes les ÙEuvres de saint Cyrille, grecque et latine, in-fol., Paris, 1720. Le texte, corrigé sur plusieurs manuscrits, est accompagné de notes savantes qui l'éclaircissent, et d'une version regardi'C comme très-exacte.

CYRILLE (saint), patriarche d'Alexandrie, successeur de Théophile, son oncle, en il2, était né avec un esprit subtil et pénétrant, qu'il cidtiva par la lecture des écrivains sacrés et profanes. Il avait assisté en k03 au conciliabule du Chesne, où saint Chrysostomo fut condamné ; mais, après la mort de son oncle, il rétablit la mémoire de cet illustre prélat. Le nestorianisme faisait alors de funestes ravages dans l'Egl se. Il écrivit aux solitaires d'Egypte pour les prémunir contre cette doctrine, la fit condauaier au concile de Home en 'i-^JO, et au concile œcuménique d'Ephèsc, auquel il présida au nom du |)a|)e, en 131. Jean d'Anlioche et les autres évùques d'Orient se séparèrent de ce concile, soutinrent vivement Nestorius, et tinrent de leur côté un synode où Cyrille fut néposé. La cour d(! l'empereur fut d'abord favorable à l'hérésiarque ; Cyrille fut arrêté ; mais ce ])riiice ayant entendu les deux jiartis, relégua Nestorius dans un monastère, et rendit Cyrille à son église. Il mourut eu k't't, regardé comme lui ardent défenseur de la vérité, qu'il ne faut pas juger sur ce qu'en disent quelques écrivains protestants, mécontents du zèle qu'il a fait paraître ]iour l'iionneurdela Mi^rge, quoique opposés d'ailleurs à l'erreur de Nestorius. La mcillcLU'C édition de ses OEuvres est celle de Jean Auliert, chanoine de Laon,en grec et en latin, 1G3S, 6 volumes in-fol., qui se relient en 7. Le P. Canisius en avait donné auparavant une étlition très-correcte,Cologn&,13't6,2 vol. in-fol. On y trouve un grand nombre d'écrits, entre autres des homélies et des commentaires sur plusieurs livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, une excellente réfutation du nestorianisme, des soi)hismes et sarcasmes de Julien rA|)Oslat, etc. Un ^L La Croze {Histoire du christianisme des Indes, tome premier, pag. 2'i.) prétend que son ouvrage contre Julien est faible, et ne contient presque rien qui ne soit copié des écrits d'Eusèbe de Gésarée, et de quelques autres anciens ; mais quiconque s'est donné la peine do lire cet ouvrage, et de comparer les objections de Julien avec la réponse de saint Cyrille, -demeure convaincu de 4a fausseté de cette critique. Non-seulement les preuves et les

raisonnements de ce Père sont solides, mais il y a plusieurs morceaux très-éloquents, et partout on y voit combien un auteur judicieux a d'avantage sur un bel esprit. Il n'est l)as vrai qu'il se soit borné à copier Eusèbe ni les autres anciens; et quand il l'aurait fait, il ne serait pas blâmable ; il suit son adversaire pied à pied, ne laisse aucune objection sans réponse, et montre beaucoup d'érudition sacrée et profane. Il écrivait avec beaucoup de facilité ; et quoiqu'il prodigue l'érudition, il abonde en réflexions judicieuses et solides. Photius remarque qu'il s'était fait un style singulier. L'élégance, la clarté, le choix et la précision ne font pas le caractère de ses écrits ; mais malgré la privation de ses avantages, samt Cyrille a expliqué la doctrine de l'Eglise avec tant d'étendue, avec une orthodoxie si nettement et si fortement exprimée, que les conciles ont regardé plusieurs de ses lettres comme faisant règle de foi. Barbeyrac, dont l'imagination satirique et calomnieuse a cherché des erreurs de morale dans les écrits des Pères de l'Eglise, n'a pu en trouver dans ceux de saint Cyrille. Le p^pe saint Célestin lui donnait les titres de généreux défenseur de l'Eglise et de la foi, de docteur catliolique et dliomme vraiment apostolique.

CYRILLE de Thessalonique ( saint), surnommé, à cause de sa science, le Philosophe, porta la lumière de l'Evangile chez les Sarmates, les Bulgares et les Moraves. Il fut créé évoque avec son frère saint Méthodius, qui était son coopérateur dans ce saint ministère, par Adrien 11, vers 867. Cyrille embrassa quelque temps après la vie monastique, et mourut à Rome. Il a traduit en langue esclavone toute la Bible ; et le pape Jean VIII, par une lettre datée du 8 juin 880, permit de se servir de cette traduction dans roftice divin et dans la célébration des saints mystères, h condition cependant qu'on aurait soin de liro auparavant l'Evangile en latin au peuple. C'est encore de cette traduction que l'on se sert dans quelques lieux de la Dahnatie. On attribue encore à Cyrille des fables morales (apologi morales). La dernière édit. a été donnée par Balthasar Corder, Vienne, 1G30, in-S*. Ce n'est qu'une trad. de l'original grec, qui n'est pas venu jusqu'à nous

CYRILLE-LUCAR, né dans l'île de Candie en 157-2, passa en Allemagne, adirés avoir étudié à Venise et à Padoue. Il suça la doctrine des protestants, et la |iorla en Grèce. Comme on le soupçonna de favoriser les luthériens, il donna une confession de foi, dans laquelle il rejetait leurs erreurs. Placé sur le siège d'Alexandrie, ensuite sur celui de Constantinople en 1G21, il continua ses liaisons avec les protestants, et enseigna leurs dogmes dans l'église grecque. Les évêques et le clergé s'y opposèrent. Il fut dépouillé du patriarcat, et envoyé en exil à Rhodes. On le rétablit quelque temps après, et dès qu'il fut paisible j)ossesseur du siège de Constantinople, il publia des catéchismes et des confessions de foi, où l'erreur perçait ii chaque page. On le relégua h Ti'uédos en 16i8 ; eutiii, après avoir été chassa sept à

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