‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 194 sur 228 · IIS · texte numérisé non relu

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« li('^es qui brillaient aux yeux des hommes « comme autant d'étoiles , seront dissipées, « et les pécheurs ne paraîtri nt plus à la lace « de l'univers qu'un objet d'horreur ; 2° la « lune ne donnera plus sa lumière : la grâce n qui avait éclairé les impies durant tout le '< cours de leur vie, s'éclipsera pour eux, et « ils n'auront plus rien à attendre do la mi- « séricorde ; 3° le soleil s'obscurcira : J 'sus- « Christ, le soleil de justice, qui no s'était « incarné que pour jeter sur les réprouvés « des re,j;ards favorables et les sanclilier, ne « leur paraîtra, dans ce triste moment, qu'en- « vironné des noires ombres de sa colère, et « tout armé des fureurs de sa justice. » Les divisions de la plupart des aulres sermons sont k peu près dans le même goût. On a encore du P. Damascène des Discours ecclt'sinslic/ucs et monastiques , Paris, 1708, 3 vol. in-12. L'auteur a eu moins en vue de donner des discours en forme et complets, que de fournir quelques matières, et, pour ainsi dire, quelques essais de discours à ceuxqui sont chargés de prêcher dans les communautés religieuses.

DAMASEI" (saint), espagnol, diacre de l'église romaine, suivit le pape Libère dans son exil, et monta sur le trône pontilical après lui en 36G. Le diacre Ursin ou Ursicin, homme ambitieux et intrigant, s'étant fait ordonner pape par des factieux comme lui, s'opposa à l'élection de Damase. Amraien -Marccllin, lùsti>rien païen, dit que la magnificence des évêques de Rome était un objet de tentation pour ceux que l'ambition dominait. Il est certain cjue c'est une calomnie, ou du moins qu'il y a beaucoup d'exagération dans ce qu'il dit de leur table. Au reste, il pouvait se rencontrer quelquefois des occasions où il était permis au chef de l'Eglise de s'éoartcr de sa simplicité ordinaire. Le vrai ])ape fut contirmé par les évêques d'Italie et par le concile d'Aquilée, et l'antipape condamné à l'exil à leur sollicitation. L'empereur Valentinien permit à Ursin, au mois de septembre de l'année suivante, de revenir à Home ; mais, comme il continuait d'exciter des troubles, il fut banni de nouveau en novembre, et relégué dans les Gaules avec sept de ses partisans. Les schismaliques étaient toujours maîtres d'une église qu'on croit être celle de Sainte-Agnès, hors des murs de la viile, et ils tenaient leurs assemblées dans les cimetières. Valentinien ordonna que cette église fût remise entre les mains de Damase. Maxiniilien, un des magistrats de Rome, naturellement porté à la cruauté, lit mettre plusieurs schismaliques à la torture; mais nous a|iprenons de Ruhn, que le pape Damase ne concourut en aucune manière à ce qui se passa en cette occasion ; qu'il n'approuva point le procédé de Maximilien; que les schisma tiques tombèrent dans le piège qu'ils avaient tendu au pape ; qu'ils avaient demandé euxmêmes une information où l'on emploierait les tortures; ce qui tourna à leur confusion, et attira sur eux les peines qu'ils souffrirent. L'on voit d'ailleurs, par queques vers de ce \);{\)0 , qu'il avait fait vœu de demander à

Dieu, par l'intercession des martyrs, la conversion des ecclésiastiques de son clergé qui persistaient dans le schisme , et que ceux-ci étant revenus à l'unité , ils en témoignèrent leur reconnaissance en ornant à leurs frais les tombeaux des martyrs. Il est prouvé, par les mêmes vers, que les plus animés des partisans d'Ursin se convertirent quelque temps après, et se soumirent sincèrement à Damase. Ce pape , paisible possesseur du siège de Rome, tint un concile en 368, dans lequel L'rsace et Valens , ariens, furent anathématisés. Auxence , évê(pio intrus de Milan, fut condamné dans un autre concile tenu deux ans après, en 370, contre les ariens. Le sage )iontife ne se déclara pas avec moins de zèle contre Mélèce, Apollinaire, Vit il, Timothée et les lucifériens. 11 mourut à 80 ans, le 10 décembre 38'i- , après avoir siégé dixhuit ans et deux mois. On lit dans un Pontifical que cite Mérenda, et qui se garde dans la bibliothèque du Vatican, que, brûlant d'un désir ardent d'être réuni à Jésus-Christ, il fut saisi de la lièvre , et qu'après avoir reçu le corps et le sang du Seigneur, il leva les mains et les yeux au ciel , et qu'il expira en priant avec beaucoup de ferveur. Le concile de Chalcédoine l'appelle Voriienimt cl la gloire de Rome. Théodoret dit qu'il s'est rendu ilfustre par sa sainte vie , qu'il était plein de zèle pour instruire, et qu'il ne négligea rien pour la défense de la doctrine apostolique. Ce fut ce |iape qui lit rebâtir, ou du moins réparer l'église de Saint-Laurent, située près du théâtre de Pompée; elle porte encore aujourd'hui le titre de Saint-Laurent in Dctmaso; il l'embellit de peintures qui représentaient plusieurs traits de l'histoire sainte, et qui subsistaient encore quutre cents ans ajjrès; il l'enrichit de riches dons , lui donna des fonds en terres et en maisons. Il lit dessécher les sources du Vatican, décora les tombeaux d'un grand nombre de martyrs dans les cimetières, et les orna d'e'piCuphcs en vers, dont il nous reste un recueil. Elles ne sont cependant pas toutes de lui; maison remarque dans celles qui lui appartiennent beaucoup d'élévation et d'élégance. Saint Jérôme, digne secrétaire de cet illustre pontif', le met au nombre des écrivains ecclésiastiques. H reste encore de lui plusieurs lettres , Paris , 1672 , in-8", et Rome, 175 'i-, in-fol., avec sa Vie dans la Bibliothèque des Pères, et dans Epist. rom. pontif. de dom Coustant , in-fol.; on trouve encore de lui quelques vers latins dans le Corpus poetarum de Maittairc. Il introduisit la coutume de chanter le Gloria Palri à la tin de chaque psaume, et engagea saint Jérôme à corriger le Nouveau Testament sur le texte grec. Voy. Paciex (saint), pour l'é lit. de ses œuvres donnc'e par M. Migne.

DA.MASE II, appelé auparavant Poppon ou Papox, évèque de Rrixcn, élu pape Icmême jour ({ue Benoît IX abdiqua, moni-ut à Palestrino -i-i jours après son élection, en 10'i8.

DAMIEN (Pierre). Yotj. Pieiuve Damiex.

DAMiLAVILLE, né en 1721, fut d'abord garde-du-corps du roi de France, et ensuite premier commis au bureau des vingtièmes,

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Cotte place lui donnait le droit d'avoir le cachet Ju contrôleur généial des finances, et il s'en servait f)Ourfairepasserfrancsde port tous les patjuets i!e ses arnis. Ce privilège le mit en relation avec Vnltaire, à qui d faisait parvenir d.' cette manière le.H nombreux pa([uets, lettres, brociiures qui lui étaient adressés de toutes paris, et il faisait circuler de la même manière les rép mses et les brochures du philosoj'hc de Ferney. Sa liaison avec Voltaire le mit en relation avec d'Holbach , Diderot, d'Alembert et tous les plus fameux sophistes de ce temps. Il répétait toutes leurs impiétés et leurs sarcasmes, et (juelquefois même il semblait se les attriburr. Le baron d'5îolbich l'appelait plaisamment le gobe-mouchr ùe la philosophie, et Laharpe assure qu'il n'avait d'autre mérite qu ■ de professer b'nucoup de respect et d'admiration pour Voltaire et Diderot. On a de Damilaville : dans l'Encyclopédie, les articles Vingtième et Population, où, à propos d'imjiôts et de population , il attaque violemment toutes les religions, mais surtout le christianisme; il les mit sous le nom de BouIan-;er ; L'honnêteté philosophique, qui fut donnée pour ôire de Voltaire et qui était une grossière satire contre Coger et l'abbé Riballier, en faveur de Marmoutel. On lui a attribué faussi'ment le Christianisme dévoilé , qu'il était hors d'état de faire ; cet ouvrage supposant des connaissances qu'il n'avait pas. Il jarut d'abord comme ouvrage posthume de Boulanger; mais, d'après la révélation de Naigeon, c'est le premier ouvrage philosophique du baron d'Holbach. C'est aussi ro[)inion que Barbier soutient <lans son Nouveau supplément au Cours de Littérature de Laharjie. Quoi qu'il en soit, Voltaire lui-même éprouva tant de dégoût à la lecture de cet ouvrage qu'il écrivit de sa main .^ côté du titre do son exemjilairc : Impiété dévoilée. Il écrivit en outre sur la marge des pages un grand nombre de notes dans lesipielles il s'élève avec force contre l'auteur. On n'est pas trop d'accord sur lani;miùre dont Damilaville termina sa carrière. Suivant les uns, Damilaville, à la suite d'une maladie longue et cruelle, voulut être averti du temps qu'il pouvait avilir encore à vivre. Instruit par son médecin que sa (in approchait, il lit, dit-on, venir un tapissier avec lequel il truila de ses meubles, les vendit et s'en lit l'eniettre le prix; puis il invita ses amis à uii grand dîner, à la lin duquel il vduIuI boire avec eux un verre de vin de Chauipagiii-; il le but et expira aussitôt. Selon d'autres, et l'autoi'ité dontils ap|)uient cette version est li correspondani'o de Voltaire et de d'Alendjert, sa philosophie l'abandonna et il fut confessé h la mort. Damilaville succomba le 13 décembre 1768, à l'ilge di' kl ans.

DAMIS, Assyrien, qui vivait dans le pronii('r siéi 1(! fut and d'Apollonius de Tyanc ; il écrivit ni''me un livre de ses Discours et de ses pré;enduc> prophéties. l'Iiilostrate en fait mention dans la Vie d'Apnllonius , et Suidas en parle après lui. Lusèl»' licite aussi en écrivant contre Hiéroc'è-;. Il ne faut pas

le confondre avec un philosophe qui portail le mémo nom.

DAMPIEllRE ( Antoine-Esaiomn de ), né à Beaune au mois de janvier 1743 , d'une famille distinguée dans les armes, fut destiné par ses parents à la carrière de la magistrature et devint conseiller , puis président à mortier au parlement de Bourgogne. Lors de la réorganisation des tribunaux en 1811 , il fut président do chambre à la cour im[iériale de Dijon ; il fut aussi membre du conseil général de la Cùte-d'Or. Danqiierre mourut à Dijon le 12 septembre 1824. Sincèrement religieux , il s'était livré à une étude sérieuse de l'Ecriture sainte. On a de lui : Vérités dirines pour le cœur et l'esprit, Neufch.'tel , 1823, 2 vol. in-8° ; Historique de la révolution , tiré des saintes Ecritures, Dijon, 182'i., in-S" de 20 pages.

DAMPIEI'iRE ( CuARLES- Antoine -Henri DU Val de ) , évéq e de Clermont , naquit le 22 août 17V6 au chAteau de Hans en Champagne. Il fit ses é'udes au collège de Juilly, puis entra au séminaii e de Saint-Sulpice , et fut reçu docteur en Sorbonne. M. de Joigne, évéïpie de Ch-llons, le jirit pour son grand vicane en 1772, et lorsque cep élat fut transféré sur le siège de Paris en 1781 , il amena avec lui l'abbé Dampierre, à qui il conserva le môme titre, et le nomma chanoine de Notre- Dame. Sous la révolnti:in son lefus de serment l'ayant fait destitiier, il se relii'a dans sa famille, "et il ne tarda pas h être emprisonné; mais il recouvra bientôt la 1 berté. La révolution ayant dispersé le pasteur et son conseil , l'ablié de Dampierre , qui était le seul grand vicaire présent h Paris, se mit en relation avec l'archcvèquo, et adminislra secrètement le diocèse, en ayant soin de se tenir caché, pour échapper aux poursuites dugouvernemonl républicain. Lors du concordat le premier consul le nomma évèque de Clermont. CirAces à son zèle et k son esprit de conciliation, les principales plaies de l'église dans ce diocèse furent bientôt fermées, et divers établissements l'cligieux furent relevés ou fondés, notamment le grand séminaire de Montferrand, l'un des pi is jjeaux de France. Au concile de 1811 , il lit paitie de la majorit ■' qui, jiour prévenir un schisme , résista aux volontés de reiupercur. Ce prélat mourut à (Clermont le 8 juin 1833. ^ou Oraison funèhre , prononcée (lar l'abbé (lann.U, vicairegénéral, le 18 du même mois, a été publiée à Cleimont-Ferrand , 1833, in-S".

DAN , le ciniiuième Ifis tie Jacob , et lo prenner de Bafa , servante de Kachel , l'ut chef de la tribu (jui porte son nom, et mourut ;lgé de 127 ans.

DANCKL (Ji:v\-( jiAnLES-RiCHARD), évoque de Baveux, naipnt à Cherbourg le 20 août 17()l. Il entra d ms la petite conununautô des Holierlins où ses succès le tirent nomnuT niiu'tre des contérences ; et, après avoir fait sa licence en Sorbonne de 17«(> k 1788, il obtint <i la sude d'un coicours une chaire de plido-ojilne au collé.;c d'Il.irrourl. A l'époqur où iiarut la conslitntion civile du clergé , l'abbe Daiicel luiblia une Apologie du-

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sennenf ciriqui, 1790, in-8° : mais, d'un côté, les discussiiîiis qui s'élevèrent sur ces sujets et les roandenieiiis des évoques, de l'aLitre, les éloges que lui donnaient les ennemis de la religion , le lireut vite revenir de soii erreur, et il se déclara liauterae!it,môiue avant les brefs du pape, c ntre le serment, que du reste il n'avait pas piété. Contraint d'émi.i;rer en 1792 , il se retira en Angleterre jusqu'au concoidat de 1801. Lorsqu'il put rentrer dans son }ta.ys , le nouvel évèque de Coutances l'admit dans son chapitre. Peu de temps après il devint grand vicaire , et en 1805 il fut nommé à l'importante cure de Talognes. L'abUé Dancel,en gouvernant cette paroisse, dont il fut le pasteur pendant 22 ans , administrait en même temps les arrondissements de Valojji.es et de Cherijonrg comme grand -vicaire et arcdidiacre. Son zèle, sa chanté, ses talents le tirent élever sur le siège de Ba;. eux , et il fut sacré par M. d'Hermopolis dans l'éi^lise de la Sorbonne le 28 octobre 1827. ï'a conduite pendant son épiscopat justifia pleinement les espérances qu'il avaii fait concevoir : il soutint les séminaires , rétablit les conférences ecclésiastiques , présida aux retraites pastorales, et souvent il évangélisait les fidèles. Indépendamment de sa science ecclé.-i;istique , ce prélat possédait des connaissances étendues en histoire , en mathémaliqui s , en astronomie , en linguistique. Sa mort , édiliante comme l'avait été sa vie, arriva le20 avril 183G. DANDlNi (Jérôme) , .jésnile, né à Césène dans la Romaine, en lo5'+, enseigna avec distinction la plidosO[ihieà Paris, et fut envoyé par le pa[)e Clément Vlll, en 1596, au Mont- J.iban, en qualité de nonce, chez les maronites, pour découvrir leur véritable croyance. Richard Simon a Iraduit de l'italien en français la relation de son voyage , Paris , 1683 , in-12 , avec des remarques qui en augmentent le prix. 11 relève tres-souvent les erreurs du texte. Ce jésuite mourut à i'orli en Wik, à 80 ans. On a encore de lui : un Commentaire sui' les ti'ois livres d'Afistoterfe.4nÙHa; et Ethica sacra , sivc de virlutibus et vitiis libri L jjo*</ium( , Césène, 1651 , in-folio; Anvers, 1676 , in - folio , assez peu connu quoique le même Richard Simon l'ait loué.

DANEAU (Lambert], Daiueus , ministre calviniste, né à Beaugency, en 1530, disciple du fameux Anne du Bourg, enseigna la théologie à Leyde. Il mourut à Castres en 1596. ôi\ a de lui : des Commentaires sur saint Mathieu et sur saint Marc ; une Géographie poétique : Aphorismi politici et miïitarcs ; De Veneficiis aul sortilegis qiios sorciarios vacant, diahgus, Genève, 1573, in-8°, Cologne , 1575, tiè— rare. Daneau traduisit iuiniôme cet ouvrage en français , Genève , 1577, in-S". C'est la plus curieuse de ses productions. Il a laissé encore d'autres ouv: âges.

DANEi (Paul- François) , fondateur de l'ordre des Passionistes , plus connu sous le nom du l'ère t'aul - de - la - Croix, naquit à Ovado, diocèse d'Acqui, d'uiu^ famille noble de Piémont, le 3 janvier 16;i'i . Dès les pro mièros années de son enfance, toutes ses

inclinations , toutes ses pensées étaient tournées à la praiique des vertus chrétiennes. En 1720, voulant fonder une congrégation , il prit l'habit noir en mémoire de la passion , et il se retira dans un ermitage avec un de ses frètes, se préparant par la retraite et |iar iamédiialion des choses saintes à Téiaiilissement de l'œuvre qu'il projetait. Benoit Xlll les ordonna prêtres tous les deux en 1727, et les autoiisa à se donner des associés. Le firemier étab'issement du père Paul-de-ia-Croixfut celui deMontargentario, presqi'ile en Toscane. Benoit XIV approuva rinstiut, d'aljoid par un rescrit du 15 mars 1741 , puis par un bref du 28 mars 1746. Clément Xlll favorisa aussi la congrégation, et Clément XIV lui donna l'église Saint-Jeande-Paul , bâtie sur l'emplacement du [lalais qu'occupaient au moi.t ( œlius les frères Jean et Paul martyrisés dans leur propre demeure par ordre de Julien l'Aposlat. Enfin Pie VI approuva l'institut de la manière la plus solennelle, par la bulle Prœclara virtiitum, du 15 scj tembre 1715. Paul-de-la-Cioix mouriu en odeur de sainteté le 18 octobre 17T5 à Saint-Jcan-de-Paul , avec la sal.sfaction de voir son œuvre ralfennie sur ces bases durables. 11 avait établi un noviciat et formé douze maisons en divers lieux. Sa Vie a été publiée par le P. de Saint-Paul, Rome, 1786, iii-4% et il est l'objet û\me Notice intéressante dans le Supplément .lux Mes des Pères, d'Alban-Bufler, Paris, 182't, in-8\

DANES (Pierre;, né en l'i!>7, Parisien, disci|)le de i;udé et de Jean Lascaris , fut précepteur et confesseur de Fiançois II, après avoir occupé 5 ans une place de professeur en langue grecque au collège royal. Euvoyé au concile de Tr.ule , il y prononça un fort beau discours en 1546. Ce lut dans le cours du concile qu'il fut fait évoque de Lavaur en 1557. Cet illustre prélat s'étant démis de son évèché en 1576, mourut à Paris en 1577, à 80 ans. Ses Opuscules ont été recueillis et imprimés en 1731, in-4°, par les soins de Pieire-Hilaire Danes , de la même famille que l'évoque de Lavaur. L'édit; ur a orné ce recueil de la Vie de son parent. L'abbé Lenglet du Fresnoi attribue à Pierre Danes deux apologies pour Henri II, imprimées en latin en 1542 , in-4°. — « On a « prétendu, dit un biographe , que le livre « intitulé : De ritibus Ecclesiw catholicœ li- « bri 1res , i)ubiié sous le nom de Jeance Etienne Dnranti , Rome, 1591, in-8°, était « tout entier de la composition de Danes, « et qu'il sa mort le président Duranti, ayant « acheté sa bibliothèque et ses pajiiers , s'é- « tait approprié le manuscrit de l'ouvrage, « et l'avait fait imprimer sons son nom. Du- « pin (Journal des savants, 29 mai 1702), « et l'aijbé Tricaud, dans ses Essais de litté- « rature du mois de juillet de la même année, M se sont prononcés pour la négative. Pierre- « Hil. Danes leur a répondu par une disscr- « talion insérée dans le recueil précité. Ses « raisons ne sont que des présomptions , et « i)roijablement la question ne sera jamais « parfa;t>.meiit décidée. Personne , au sur-

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« plus, ne s'est aperçu que Durant! lui même « citi^ Danes , au liv. n, ch. 5 de ce livre: « Ciijtis loci nlias me admonuH Danes , Vau- « ren.'^isepisroijus, homo cJoctrina alque opti ■ « maruni arliitm studiis eruditus. »

DANES ( Jacques ) , i'un dos plus pieux prélats du xvir siècle , né à Pari-^ en IGOl , fut d'abord président de la cour des conijttes de Paris , et intendant de Languedoc. Après In mort de Madeleine de Tliou sa femme , et du fils qu'il en avait eu, Danes embrassa l'état ecclésiastique, et fut fait maître de l'oratoire du roi, conseiller d'Etat ordinaire, et enfui évèque d ■ Toulon , l'an 1G40. Sa science et sa vertu brillèrent alors avec éclat. Ferme et jaloux des intérêts de l'Eglise , il donna tles preuves de son zèle à la célèlire assemblée de Mantes en IG'il. Se sentant infirme, "il se démit, l'an 1656, de son évèché et de ses autres places, pour ne plus s'occuper que de bonnes œuvres. Il fit plusieurs fondations pieuses, répandit dans le sein des pauvres les grands biens qu'il avait liérités de ses pères, et acheva le reste de ses jours dans les exercices de l'austérité, de la prière et de la retraite. Il mourut le 5 juin 1662, à Paris, en odeur de sainteté , dans sa 62° année , et fut inhumé dans l'église de Sainte- Geneviève-des-Ardents, d'où on le transféra en 1747 dans celle de la Madeleine.

DANES (PiERUE-Louis) , né à Cassel en Flandre l'an 168i, enseigna la philosopnie avec distinction à Louvain, fut curé de Saint- Jacques à Anvers l'an 17ii , puis passa à Ypres en 1717, où il fut chanoine gradué, président du séminaire épiscojial et pénitencier , emplois qu'd remplit avec tout le zèle au'inspire la religion de Jésus-Christ. En 1732 retourna à Louvain pour succéder à Daelman dans la chaire de théologie. Il mourut le 28 mai 1736. No'is avons du lui : Instituliones doctrinœ ehrislinnœ, Louvain, 1713 et 17G8. C'est un abrégé do théologie estimé; Oro</o«es et homUiœ, Louvain, 1735; plusieurs traites de théologie, entre autres, Dcfide, spe et cliaritate, Louvain , 1735, in-I2, plein d'érudition, et l'un des lueilh'urs (juo l'on ait sur celle matière ; (îcneralis Icinporumnolio, Vpi-es, 1726, in-12. Cet ouvrage a été augmenté par Martin Page , Louvain, 1741. Paquot en a donné uno nouvelle édition avec des noies et des suppléments jusqu'à l'an 1772, qui rendent cet ouvrage tres-intéressant, Louvain, 1773.

DANGEAU (Louis Couucii.Lo.N de), membre de l'acadénne fiancaisc, abbé de l-'onlaine- Daniel et de (^leruiont, et frère île Philipi)e, naquit dans le'calvinisme, à Paris, en 16V3 , fui converti par Bossuet, et y mourut en 1723. Peu de gens de condition ont aimé les bclles-lellres autant que lui, et se .sont donné autaïUde mouvcnii'iil ponrcu rcndie l'élude facile et agréable. 11 imagina plusieurs nouvelles méllioles pour appri.'iidre l'hisloire, le blason, la géographie, les généalogies, les inlèrôls des pi'inccs cl la graunnaire française. On lui doit ipu^-hpies traités sur ces dillérenles parties : Nouvelle mélliode de gi'o- (/rapltie historiijtte, UO^, 1 vol. infol. ; Les

Principes 'du Jilason, en 14 planches, 1715, in-i" ; Jeu historique des rois de Franee , qui se joue comme le jeu de l'oie , avec un petit livre qui en explique la manière ; Réflexions sur la grammaire française , Paris , 1717, in-S" , et plusieurs autres brochures sur ditlérentes parties de la grammaire , recuf'illies sous ce titre : Idées nouvelles sur différentes matières de grammaire , Paris , 1722 , in - 8" ; De V élection de l'empereur , 1738, in-8". On lui doit encore le dernier des (juatre Dialogues sur Vimmortalité de Vâme , la providence , l'existence de Dieu et la religion ( nouv. édit. ) , Paris , 1768 , in-12 , dont les trois premiers sont de l'abbé de Choisy. La première édition de cet ouvrage parut anonyme en 1684. Ce livre est assez conunun, mais ses autres productions sont plus rares , j)arce qu'il n'en faisait tirer qu'un petit nombre d'exemplaires qu'il dislrii)uait à ses amis. L'abbé de Dangeau possédait presque toutes les langues, le grec, le latin, l'italifu , lespagnol , le portugais, l'allemand , et les langues qui en dépemlent.

DANHAVEK ouDANNHAWER (Jean-Conrad), théol. luthérien, né dans le Brisgaw en 1603, obtint une chaire d'éloquence à Strasbourg en 1G2!>. Il eut plusieurs autres emplois dans la même ville , oti il mourut en 1666 , prédicateur de l'église cathédrale , et doyen du chapitre. Danhaver était dévoré par le zèle ] '. plus amer. Il passa presque toute sa vie h écrire avec une espèce de fureur contie tous ceux qui n'étaient pas de la confession d'Augsbourg. Il s'opposa fortement h la réunion des lutliériens et des calvinistes. On a de lui un grand nombre d'ouvrages ; ceux qui ont fait le plus de bruit sont : De Spiritus Sancti processione , in-V ; De Cliristi persona, officia et heneficiis, in-8°; De voto Jephtœo , in-8' ; Prœadamilœ, in-8" ; Collegium psgrologicum cirea Aristolelem de Anima, Strasbourg, 1G30, in-8' ; Idea boni interpretis et malitiosi calumniatoris , 1670, in-8"; Idea boni disjjutatoris et malitiosi sopliislœ, in-8".

DAMl'lL, le quatrième des quatre grands prophètes , jeune i)rince du sang royal de Juda , fut conduit en captivilé à Babylone , après la prise de Jérusalem , l'an G02 avant J.-C. Naliuchodonosor l'ayant choisi pour être du iiiinilue des jeunes gens qu'il deslinad à Sdu service, le lit élever ii sa cour, et changea son nom en celui de Ballhasar. Ses progrès dans les sciences el dans la langue des Chaldéens, furent rapides. Son esjirit joint à la sagesse di- ses nio'urs, lui acauit beaucoup de ci édit auprès de Nabuchodonosor. Ce [irince lui conlia le gouvernement de toutes les provinces de Babyloiie , el le déclara chef de Ions les mages. Ce fut en recomiaissance de l'explication du songe de la statue niysliipie, (pii sigihtiait la durée des (juatre grandes nionarclnes des Babyloniens , des Perses , d Alexandre le Giand, et de ses successeurs. Quelque lenips a|irès , Nabucliodonosor, vainipieiir ilun grand nombre de nations , voulul s'attrdmer les Ihiuneurs divins. Il se lil faire une slalue d'or,

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et commanda k tous ses sujets de l'adorer. D;iniel refusa h la créature des hommages qu'il ne devait qu'au Créateur. Ses compagnons ayant refusé comme lui , furent .jetés dans une fournaise ardente , d"où ils furent retirés sans avoir rien souffert. Daniel ne signala pas moins sentaient pour la connaissance de l'avenir, sous le règne de Balthasar. 11 expliqua à ce prince des paroles tracées sur la muraille de la salle de son festin par une main inconnue : paroles qui renfermaient l'arrêt de condamnation du roi sacrilège. Après la morl de Balthasar, Darius, le Mède, le fit son principal ministre. Sa faveur et son mérite excitèrent la jalousie des grands de la cour. On lui tondit des pièges; il refusa les honneurs divinsà Darius, et fut condamné à la fosse aux lions. Dieu le préserva miraculeusement, et ses accusateurs furent punis comme ils le méritaient. 11 fut jeté une seconde fois dans cette fosse , pour avoir découvert la supercherie des prêtres de l'idole de Bel et confondu les adorateurs du dragon qu'on adorait à Babylone, et en fut délivré [)ar un second miracle. Le saint prophète mourut à l'âge d'environ 88 ans, vers la-fin du règne de Cyrus ; après avoir obtenu de lui l'édit pour le retour des Juifs , et pour le rétablissement du temple et de la ville de Jérusalem. Des 14 chapitres dont sa Prophétie est composée, les douze premiers sont écrits partie en hébreu et partie en chaldéen; les deux derniers, qui renferment l'histoire de Susanne, de Bel et du dragon, ne se trouvent plus qu'en grec. Daniel parle hébreu lorsqu'il récite simplement ; mais il rapporte en chaldéen les entretiens qu'il a eus en cette langue avec les mages, avec les rois Nabuchodonosor , Balthasar et Darius le Mède. Il cite, dans la môme langue, l'édit que Nabuchodososor fit publier après que Daniel lui eut expliqué le songe que ce prince avait eu, et dans lequel il avait vu une grande statue de ditférents métaux : ce qui montre l'exactitude extrême de ce prophète h rendre jusqu'aux propres paroles des personnages qu'il introduit. Dans le chapitre III, le V. '■Ik et les suivants, jusqu'au 91% qui contiennent le cantique des trois enfants dans la fournaise , ne subsistent plus qu'en grec, non plus que les chapitres xiii et xiv, qui renferment l'iiistoire de Susanne, de Bel et du dragon. Tuut ce qui est écrit en hébreu ou en chaldéen, dans ce prophète, a été généralement reconnu pour canonique, soit par les Juifs, soit par les chrétiens; mais ce qui ne subsiste plus qu'en grec a soutfert de grandes contradictions, et n'a été unanimement reçu comme canonique, même par les orthodoxes, que depuis la décision du concile de Trente. Les protestants ont persisté h le rejeter. Du temps de saint Jérôme, les Juifs eux-mêmes étaient partagés à cet égard ; ce Père nous l'apprend dans sa préface sur Darius , et dans ses remarques sur le chapitre XIII. Les uns recevaient toute l'histoire d(; Susanne , d'autres la rejetaient , plusieurs n'en admettaient (pi'une partie. Josépho l'historien n'a rien dit de l'histoire de Su-

DlCT. DE BlOGHAl'UlK Ul^LIG. I.

sanne , ni de celle de Bel ; Joseph Ben-Gorion rapporte ce qui regarde Bel et le dragon, et ne dit rien de l'histoire de Susanne. Plus d'un siècle avant saint Jérôme , vers l'an 2i0, Jules l'Africain avait écrit à Origène, et lui avait exposé toutes les objections que l'on faisait contre cette partie du livre de Daniel ; Origène en soutint l'authenticité , et répondit à toutes les objections : ce sont encore les mêmes que les protestants renouvellent aujourd'hui. Les juifs ne mettent pas Daniel au nombre des prophètes , quoiqu'ils reconnaissent son livre pour canonique ; mais Jésus-Christ lui ayant donné cette qualité, si bien réalisée d'ailleurs par ses écrits , on ne peut la lui ôter sans témérité. Son ouvrage contient une multitude de prophéties évidemment accomplies. Elles sont si claires , que les ennemis de la foi n'ont eu d'autre ressource , pour les décréditer, que de dire qu'il n'avait fait qu'écrire ce qui était arrivé avant lui. La plus célèbre de toutes est celle des septante semaines , à la lin desquelles le Messie devait mourir. Ses prédictions sur Jésus - Christ sont peutêtre une des raisons qui l'ont fait exclure , par les juifs, du rang des prophètes, et qui l'ont fait mettre par Porphyre et Spinosa , au nombre des historiens qui ont écrit ce qu'ils voyaient , en le faisant naître après la persésulion d'Antiochus . Mais il est prouvé que Daniel a véritablement vécu i^ Babylone, sous les rois Assyriens , Mèdes et Perses , et qu'il a écrit son livre près de quatre cents ans avant le règne d'Antiochus. Ezécliiel , son contemporain , pai le de lui comme d'un prophète, c. xiv, v. 14- et 20 ; c. xxviii, v. 3. L'auteur du premier livre des Machabées, c. I , v. 57, et c. H, v. 59 , le nomme encore, et cite deux traits de ses prophéties. L'historien Joséphe fait de même , Antiq., liv. x, c. 12, et liv. XI, c. 8. 11 est certain d'ailleurs que le canon des livres saints était formé plus de trois siècles avant le règne d'Antiochus , et que depuis celte époque , les juifs n'y ont ajouté aucun liwe {Joseph, contra Ap. liv. i) ; cette tradition est constante chez eux. On croit communément que c'est ce Daniel qui confondit les vieillards , calomniateurs de Susanne.

DANIEL (saint) , aé dans la ville de Marathe, près de Samosate, embrassa le genre de vie de saint Siméon Stylite, et le continua jusqu'à l'âge de 80 ans. Il fut ordonné prêtre par Genade, évêque de Constantinople, qui lut au bas de la colonne les prières préparatoires, et monta au haut |iour achever la cérémonie de l'ordination. Daniel y dit la messe, et y administra depuis la communion à plusieurs personnes. Ce saint avait prédit l'incendie arrivé à Conslantinople en iCo, et qui réduisit en cendres huit des quartiers de cette ville. Pour le [irévenir, il avait • conseillé au patriarche et à l'empereur Léon d'ordonner des prières publiques ; mais on n'eut égard ni à sa prédiction, ni à ses conseils. Cubas, roi de Lazes dans la Colchide, étant venu renouveler lalliance qu'il avait faite avec les Uomains, l'empereur le mena

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voir Daniel, ooiuiue la merveille de son empire. Le roi ljnrl)are fondant en larmes se proslerna au pied de la colonne, et le saint fut l'arbitre du traité conclu entre les deux princes. Basilisque s'étant emparé du trùne impérial, prit les Eutyciiiens sous sa protection, et rétablit Timotlîée, surnommé Elure, Pierre-le-Foulon et les principaux chefs de cette secte. Le pajie condamna hautemeut la conduite de Basilisque, et instruisit saint Daniel St.ylite de ce qui se passait. Basilisque, de son côté, porta des plaintes au saint contre le patriarche qu'il venait de déposer. Daniel lépondit à son envoyé, que Dieu dépouillerait de la puissance souveraine le persécuteur de son Église. Le patriarche, tant en son nom qu'en celui de plusieurs évoques, envoya deux fois conjurer Daniel de venir au secours de l'Église. Le saint consentit, a|irès beaucoup de i ésistance, à descemlre de sa colonne, et vint à Constantinople. Le patriarche et les évoques l'y reçun^nt avec de grandes démonsirations de juie. Basilisque effrayé de la disposition des esprits, se retira k Hebdomon, près de la ville. Le saint l'y suivit ; mais comme les plaies (ju'il avait aux jambes et aux pieds, l'empêchaient de marcher, on fut obligé de l'y porter. Les gardes lui refusèrent l'entrée du palais. Alors Daniel, secouant la poussière de ses pieds, retourna dans la ville. Basilisque, saisi de frayeur, alla l'y trouver, se jita à ses pieds, et promit d'annuler ses édits. Le saint lui annonça que les coups de la colère divine allaient tomber sur lui. « Cette humiité ap- « parente, dit-il, n'est qu'un artifice j)our « cactif^r des projets de cruauté. Vous verrez « bientôt éclati-r la puissance du Dieu qui « renverse les grandeurs humaines. » La prédiction ne tarda pas à s'effectuer. Basilisque fut pris avec sa femme et son fils par Zenon, qui les relégua dans un château de la Cappaiioce, où il les fit périr. Daniel, avant de mourir, recommanda à ses disciples de pratiquer l'humilité, l'obéissance, l'iiospitatité, la mortifiCittion ; d'aimer la pauvreé; de vivre dans la paix et l'union; de fain^ chaque jo^ir do nouveaux progrès dans la chanté; d'éviter les pièges de l'hérésie; d'obéir à l'Église, la mère commune des fidèles. Le iiatriarcheEu])hémius qui l'assista dans SOS derniers moments, le vit mourir sur sa colonne, vers l'an WO. « La singular.té « est comlamnable, dit un auteur, jiarce « qu'elle vient d'un fonds d'orgueil. Il y a ce- « pendant des voies extraordinaires, que « quelques âmes privilégiées peuvent clioi- « sir; et on reconnaît h leur feivcur et àleur «..simplicité, de quel esprit elles sont ani- « raées. La vraie vertu toutefois est singu- « lière, eu ce sens qu'elle n'iirnte poiui li « multitude, qui marche dans la voie large, « et dont la conduite est en o[)po'<ition avec « les maxunes de l'Évangile. On peut d'ajirès « cela former sou jugement sur le genre de, « vie qu'emhrassèient saint Siméon et saint « Daniel, stylites. Il est évident i|u'ds agirent « par une inspiration |).irticulièrc, et (pie, « sous ce rapport, ils doivent être l'objet de

« notre admiration. Mais cette humilité, ce « zèle, cette piété qui les sanctifièrent, peu- « vent être proposés à l'imitation de tous « les chrétiens. »

DANIEL (Arnaud), gentdhomme de Tarascon, composa sous le règne d'Al[ihonse I", coiûte de Provence, plusieurs écrits eu vers, (|ui ne servirent pas peu à Pétrarque. Ce poëte italien se faisait gloire de l'imiter, et le regardait comme le versificateur de Provence qui avait le jilusde mériie. Entre ses ouvrages, on distingue les sextinas, les sirvantes, les aubades, les marteqalcs, et surtout son poëmo contre les erreurs du paganisme, intitulé Fantaumaries dau paganisme. Dauiel mourut vers l'an 1189.

DANIEL DE Pauis (le Père), capucin, ancien lecteur de théologie, et missionnaire au commencemei.t du xviir siècie, a laissé des Conférences théologiques et morales, par demandes et par ré;iOuses, sur le décalogue et les sacrements, avec des résolutions des cas de conscience sur cliaque matière, à l'usage des missionnaires et de ceux qui s'emploient à la conduite des âmes, Paris, 174.3 et ann. suiv., G vol. in-12, auxquels on on ajouta un septième, qui comprend dix-huit conférences sur la piière et l'oraison dominic.ile ; â' édition, 1740, en 4 vol. in-1-2. Le père Daniel les avait prononcées dans les diverses missions dont il avait été chargé, et à Paris dans l'éghse des Capucins, du Marais, oii l'on faisait des conférences pendant le carême, comme de nos jours Frayssinous en faisait à Saint-Sulpice. Colles du père Daniel peuvent encore se lire avi c fruit.

DANliiL ( uABRiEL ), né en IGW à Rouen, prit l'habit d.\iésuiie en 1{J67. Après avoir professé plusieurs années dans sa patrie, il fut onvoyéà la maison professe de Pai i<, pour y être bihliotlu cairc. Il finit, en 1728, une vie très-laborieuse, ot reinpLe par la composition de diflérents ouvrages, presque tous bien écrits. Les principaux sont : Le voyage du monde de Descartes, in-12, Paris, Iti'JU; c'est une réfutaliou du système de ce célèbre philosop'he, enveloppée sous une fiction ingénieuse. Elle a été traiiuile en latin, eu italien et en anglais. Histoire de la milice française, Paris, 1721, 2 vol. in-4°. C'est le tableau deschai geuients qui sys(Uit faits, >iepuis rétablissement de la mouarclii ■ dans les Gaules, ju-qu il la lin du règne de Louis XIV. 11 est intéressant, et jiKin de rccher lies. Alletz a i onnc'^ un ahré'gé de cet ouvrage, Paris, 177.J et 1780, 2 vol. in-12. Une Histoire de France, duiil il y a plusieurs èuiiions. La medieure est celle de 175ij, en 17 vol. iii-i", ou 24 vol. iri-12, Arnsicrdam, 1758. Le P. (îrill'et, chargé i.e cette édition, l'a cnriciiie d'un g, and numbre de disscrialions, (le rHi>loire du règne do Louis XIII, et du Journal lusioritpie de Louis XIV. Ou a fait la ccimpnraisoii des deux Histoires de .Mé/er.d et lie Danii^l; et de ce i nrallèlc, il résulte que l'histoire du jésuite, (pnuquc défiguréo par bien des fautes, est encore la meilleure (ju'on ait, du moins ju^(pi'au lègue do Louis XI. Il a rectifié les fautes de Mé/erai

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sur la première et la seconde race, et s'est éloigné de la plu|)art des défauts de cet historen. Prrsoniic ne disjioso mieux que lui les faits, ni ne les fond avec plus d'art pour en former un tout qui n'a ni gi'ne ni contrainte; s'il n'est pas toujours entraînant, il a de l'instruction, une marche sçrave et soutenue, un style pur et net. Quand on sera fatigué du verbiage des historiens modernes, des maximes, des sentences, et de ce qu'on aj;pelle raisonner l'histoire, c'est-à-dire l'assortir aux systèmes et aux erreurs de mode, on conviendra du tort des petits auteurs qui affectent de mépriser l'ouvrage d ' ce jésuite. Le président Hénault en i arle avec éloge; ■Voltair.' même, dans son Siècle de Louis XIV, lui rend justice, le nomme un historien exact, sa^e et vrai, ei convient que no is n'avons pas d'histore de France préférable à J.i sienne. Le duc de Saint-Simon a, sans doute, voulu faire le plaisant, en avançant que cette histoire n'avait été écrite c[u • pour prouver que es bîtards ne devaient j as être exclus du troue. Tout ce qu'il on dit dans ses Mémoires, sent l'honmie passionné. Le comte de Boulaiuvilliers, le même qui disait « qu' 1 était presiiue impossible qu'un jésuite « écrivît bien l'histoire de France, » trouvait dans celle de D.uiiel près de dix mille erreurs; mais ii est à croire qie la grande erreur de cette histoire, au jugement de l]oulainvilliers, est d'être trop chréiienne. I>aniel avait !ait [irécédiT la publication de sou Histoire par un écrit de 370 i>ages ii;-12, intitulé : Observalions critiques sur l'Histoire de France, écrite par Mézcrai ; ouvrage oîi il montre conibi n l'instoire de Mézerai est défectu(!use, et de combien de pré vent ons cet auteur avait infecté ses récits. Abrégé de l'Histoire de France, en 9 vol. in-l:i, réimprimé en 1731, en 12 vol., avec la con inuation [lar le P. d'Orivai, et traduit en anglais en 5 vol. in-S". Entretiens de Cîéanllie et d' iùidoxe, sur les Lettres au Provincial, de Pascal, 169i, iu-12; traduits en latin, en italien, en esp:gnol, en anglais, etcriùipiés par D.Mathieu Petit-D.dier, mort évèque de Macra. Cette réponse de Daniel, quoique pleine de bonnes raisons, prouva combien il était difticile d'atteindre ii l'éloquence et à la (ilaisanterie de Pascal, ou plutôt cumbien une satire, par son accord avec la malignité humaine, parait supérieure aux meilleures apologies. Plusieurs écrits sur les disputes du temps dont la plupart se trouvent dans le recueil de ses ouvrages philosophiques, théologiques, apologétiques et critiques, I72i,en 8vol. in-i°. DANNhNMAYER^MvrniiEL),théologienallemand, né en 17il à OEpllngen en Souab', fut d'abord professeur d'histoire ecclésiastique, doyen et recteur de l'université de Fribourg en Brisgaw , puis nommé par Josejih II, en i78ti, professeur de théologie et d'histoire eccl.'S astique à V.enne,oi1 il mourut le 8juillell805.On adeDannenmayer:/ntrodwc<(o in historiam Ecclesiœ christianœ universam, usibus academicis accomntodata, Frinourg, 1778, hi-b"; Inslilutiones historiœ eccUs.Nuvi Testatnenti periodus prima, a Christo nato tisque ad

Constantinwii Magnum, Fribourg, 178.3, in-8°; Institutiones hist riœ ecclesiasticœ Aovi Testamenti, P. 1 et 2, Vienne, 1788. Cet ouvrage oiitint le prix que Joseph II avait proposé nour celui qui compcjserait, à l'usage des éciales, le meilleur ouvrage élémentaire sur l'histoire e^i-lésiasti |ue : les nrincipes connus de cet empereur doivent rendre le livre suspect.

DANl'E. Yoy. Tasse (Le).

DA.NTiXOUKT (Jea\-Baptiste) , habile C'ianoine régulier de Sainle-r,eneviève,né en 18i3, fut curé de Sainl-Eticnne-du-.Mont à Paris, sa |iatrie, en ICO'i-. L quiita ce le cure en 1710, et se retira dans l'aiibay ■ de Sainte- Geneviève, où il mourut l'an 1718. On a de lui : Deux Factums peur la [iréséance de snn ordre sur 'es bénédii tins aux états de Bourgogn ; un livre de controverse, intitulé Défense de l'Eqlisc contre le livre du ministre Claude qui a j)0ur litie : Défense de la réformation.

DANFINE Voq. Antixe (d').

DANTOINE (J.-B.j, avocat aux parlements et aux cours de Lyon, aucommencciiient du xvni' siècle, est auteur des ouvrages suivants : Les règles du droit civil, traduites en français avec des explications et des commentaires sur chaque règle, Lyon, 17 lO, in-i"; réiuipr. en 1723; Alphabctica séries rubricarum omnium juris utriusque civilis et canonici, Lyon, 1693, in-12; Les règles du droit canon, traduites en français avec des explications et des commentaires sur chaque règle, Lyoïr, 1720, in-4°. M. Dupin aîné jiarle de lui dans le tome II, page 116, des Lettres sur la profession d'avocat, publ. en 1832, et cite deux edit. de ses ouv;., l'une d- Bruxelles, lTi2, l'autre de Liège, 1772, 2 vol. 'm-ï\

DAiNZ ou DANTZ (Jean-A\dué), théologien luthérien, né à Sandliansen, fires de Gotha, l'an 165'i., voyagea en Hollande et en Angleterre. Il se fixa a léna, ori il fut d'abord professeur en langues orientales, puis en théologie. 11 s'acquit de la ré, ulalion par ses leçons, et mourut d'une attaque d'apoplexie en 1727. On a de lui : des Grammaires hébraïque et chaUkuque; Sincerilas sacrœ scripturœ vetcris Testamenti Iriumphans , léna, 1713, in-i°; des trad. de plusieurs ouvrages des rabbins; plusieurs dissertati ns imprimées dans le Thésaurus philologicus.

iDANZER (Jacques), religieux bénédictin, né (n 17i3 à Leng- nfeld en Sou be, fnt nommé, en 178'i', professeur de tiiéologie à Sal/.bourg. S'éiant vu dénoncer aux autorités ecclésiastiques comme étant imbu des erreurs de Pelage, il qiilta Salzbonrg en 1792, se fit séculariser, et mourut le i septembre 1790 à Bureau, où il possédait un caiii.nicat. Meusel a (.lonné la liste de ses ouvrages, tous écrits eu allemand. En voici les priucipaux : Introduction à la morale chrétienne, S Iziiour'g, 179!, 2' édition; Dix-huitième siècle de r Allemagne, 1782; Esprit tolérant de Joseph II, 17o3 ; Influence de la morale sur le bonheur de l'homme, Salzbourg, 1789; Esprit de Jésus et de sa doctrine, Friboirrg, 1793; Idées sur la réforme de la thélogie, en particulier de la dogmatique, rhcz les catholiques, Ulm, 1793; Histoire criliqu:

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