‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 203 sur 228 · DEI · texte numérisé non relu

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choses étonnantes, sur lesquelles tantôt on s'abstient de prononcer, et que tant")! on donne conime des choses inconti^stablcs : comme si la Providence voulait que l'inconséquente et irrélléchissante pi'ilosophie, lors raéme qu'elle réunit tous ses etforts contre les êtres invi>ibles ei les articles de croyance qii en résultent, établit des preuves destructives disses do^uii'S les plus chers : preuves non-seulement aucunement suspectes dans sa boui'îie, nuis preuves qui jadis lui paraissaient beaucoup plus ab-urdes que les persuasions qu'alors elle respectait encore en anpaience, tandis (|u'ell > en faisait déjà l'objet de sa principale altaipie {Voy. Faustus). Des Commentaires sur la Genèse, le Cantique desCantif/aes et les LamcntaCions,3 vol., in-4-°, soliles et es'iina'iles. /-?« Adages sacrés de l'Ancien et du Nouveau Testament, Lyon, 1612, en la in, 2 tomes in-i°; trois volumes d 'S Passages les plus difficiles et les plus utiles de l'Ecriture sainte, on\'ri\'j£.e qi\i p"Ut servir aux pri':d\caleurs;i\csCommentaires et paraphrases sur les tragédies de Sénèque, précédés du recueil des fragments (jui nous restent des anciens tra^uques latins. — Il est dilférent de Jean Delrio, de Bruges, doyen et gr nd vicaire d'Anvers, mort en 102'i-,qui a doiuié des Commentairessur lepsaumei'.\viM,'\n-\.i,i%\'t .

DELUC (Jacques-François), père du savant naturaliste dont l'article suit, naquit en 1C98 à Genèv'3 d'une famille consiiléréo et dont les membres remnlissiieiit b'S premières charges de la république', et mourut dans la même ville en 1780. Quoiq" •! fi"'t li^ avec Jean-Jacques Roussi'au, ilse montra constamment très-attaché aux principes religieux, qu'il défendit par plusieurs ouvrages, notamment |iarses Lf/^Ys contre un ouvrage immoral de ii.indeville, intitulé : La fable des abeilles, in-12. On lui doit encore des Observations sur les savants incrédules, Genève, 17t)0, in-8°.

DKLUC (Jean-André), célèbre physicien, fils du précédent, né à Genève le 18 février i~'21, dut aux encouiagemenls ilu sav nt Bonnet les progrès qu'il lit dans différentes Ijranches des sciences naturelles. Son père l'avait destiné au commerce; mais, pi^u jaloux d'augmenter sa fortune par des spéculations industrielles, il consacra dès l'enfance tous ses loisirs à l'étude de la science qui devait l'illustrer. Lorsqu'il se rendit en Angleterre en 1772, la reine Sophie-Charloite de Mecklembourg, à qui il fut présenté, le nomma son lecteur et lui accorda un logement au cii.Ueau de Windsijr pour y faire ses expériences. 11 parcourut ensuite les montagnes de la Suisse, la France, la Hollande et l'Allemagne, et reçut, en 179"7, 1 ■ titre d.' professeur honoraire de géologie de l'université de Gœttinguo. 11 fit sur cette science, comme sur la minéralogie, d'importantes découvertes, inventa un hygromètre, jjerfectionna le thermo mètre, etc. Comme son père, il professait des principes ém nomment rel'gi ux, et comme Cuvier. il s'est constHmment trouvé d'accord avec la Genèse dans le cours de ses observations physiques et géologiques. Il mourut à Windsor le 7 novembre 1817, dans sa 91'

année, au moment où il se disposait à venir terminer paisiblement ses jours dans sa patrie. Ses principaux ouvrages sont : Recherches sur les modifications' de l'atmosphère, ou Théorie des baromètres et des thermomètres, Genève, 1772, 2 vol. in-i"; Paris, 178'i., 4 vol. in-8". « Cet excellent ouvrage, dit La ande « dans sa Bibliothèque astronomique, est un « traité complet renlermant les recherches les « plus ingénieuses et les jdus neuves, spé- « cialement la découverte du ra[)|iori exact « entre les hauteurs du baromètre et celle « des montagnes. » Relation de différents voyages dans tes Alpes du Faiicit/ny (Savoie), M lestricht, 1776, in-12; Nouvelles idées sur la météorologie, Londres, 1780, 3 vol. in-8°; Lettres physiques et morales sur les montagnes et sur l'histoire delà terre et de l'homme, adressées à la reine d'Angleterre, La Haye, 1778- 80, 6 vol. in-8". Deluc s'est attaché principalement dans cet ouvra.;e à prouver l'accord qid existe euiie l'histoire naturelle tlu globe et l'histoire de Moïse. Les six jours do la création sont, selon lui, aut -nt de périodes comprenant chacune un ceriain nombre de siècles. Il explique l'accomplissement du déluge en supposant que des cavités s'étant alfii-sées dans l'ancien continent, ont formé le lit actuel où e^l renfermée li mer, dont l'ancien fond est devenu terre 'erme. traversée d s montagnes jadis (Misevel es sous les eaux : ce qui rend assez naturelle la présence des animaux fossi'es à tous les degrés du continent qui ont paru après le déluge universel ; Lettres sur I histoire physique de la terre. Pans, 1.98, in-8". adressées au profes-eur Blumenbach; Lettres sur l'éducation religieuse de l'enfance, précédées et suivies de détail", historiques, Berlin, 1709, in-8"; flacon tel qu'il est, ou Dénonciation d'une traduction française des ouvrages de ce philosophe (par Antoine Lissalle), Berlin, 1800, in-8"; Lettres sur le christianisme adressées à M. Teller (pasteur à Berlin), Berlin, 1801, in-8°. Deluc lit imprimer depuis sa correspondance avec ce théologien. Hanovre, 1802, in-8°; Précis d" la philosophie de Bacon et des progrès qu'ont faits les sciences naturelles, Paris. 18 )2, in-8°; Introduction à la physique terrestre par les fluides expansibles, précédée de deux mémoiiessur la nouvelle théorie chimique, considérée sous ditférenis points de vue, Pa ris, 1803, 2 vol . in-8° ; Traité élémentaire sur le fluide électro-galvanique. Pans, 180i.2vi)l. in-8°: Lithologie atmosphérique, 1803, in-8°; Traité élémentaire de géologie (en anglais), Londres, 18i)9, in-8", et en français, Paris, même année; Voyage géologique dans le nord de l'Europe, contenant des observations sur quelques parties d s côtes de la mer Bdtique et de la mer du Nord, Londres, 1810, 3 vol. in-8°; Voyages gologiguis en Angleterre, Londres, 1811, 2 vol. in-S"; Voyages géologiques en France, en Suisse et en Allemagne, Londres, 1813, 2 vol. in-8°; Abrégé de géologie, Londres, l.-^l.^, in-8°. Jean-André Deluc a publié, en outre, un grand nombre de mémoires et de dissertations dans les Transactions philosophiques, dans le Journal des sa-

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vants, et dans divers recueils périodiques de France, d'Angleterre et d'Allemagne. Si était correspondant île l'Académie des siiences do Paris, et membre des sociétés royales de Londres et de Berlin.

DELVINCOURT , vicaire général du diocèse de Laon, mort en 179V. On a de lui la Pratique des devoirs des rnre's, traduite de l'italien du P. Segneri, Paris, 1782, in-12; et le Pénitent instruit, traduit du môme, qu'il avait laissé en manuscrit et qu'iui de ses amis publia en 1802, en 1vol. in-12.

DE,\I ANDRE (Jea-v-Baptiste), évêque constitutionnel, né à Saint-Loup, en Francbo- Comté, le 28 octobre 1739, d'une famille ancienni\ embrassa l'état ecclésiastique et fut nommé, après la destruction des jésuites, préfet au collég'^ de Besançon. En 1769 il devint curé de Saint-Pierre de la même ville, et il fat élu député supjiléant du clergé aux états-généraux, où il remplaça le chanoine Millot. Après avoir protesté contre la vente des biens ecclésiastiques, il se rétracta ; il s'éleva aussi, dans sa corresiiondance, contre les décn^ts nouveaux en madère de religion; cependant il fit le serment, s'engagea dans le schisme, et devint même un des plus ardents à le soutenir; mais il n'en fut pas moins jeté, sous le régime de la terreur, dans les prisons de Dijon, oii il fut détenu pendant treize mois. Lorsque l'exercice public du culte fut permis, il reprit ses fonctions de curé et fut élu, en 179S, évêque métropolitain de Besançon. En cette qualité il tint un concile provincial en 1803, dont on jieut voir les actes dans les Annales de la religion, tome Xn, page l.>3, et il assista l'année suivante au concile national qui se tint à Paris, à la suiteduquel il donna sadémission cimime tous ses collègues. N'a.ant pas été réélu dans le concordat de 1802, Lecoz, qui avait été élevé au siège archiépiscopal de Besançon, le choisit pour son grand vicaire; mais,* ayant été obligé d'en choisir un non-constitulionnf'l, il le nomma curé de la paroisse Sainte- M<;deleine de cette ville. Il mourut subitement le 21 mars 1823. De Pressigny étant devenu archevêque de Besançon, chercha vainement h oinenir de lui une rétractation. Ses amis voulaient soulever le peu[)le penda it ses obsèques, et décorer son cercueil des insignes de l'épiscopat qu'il avait portés autrefois, mais des mesures furciit prises et l'ordre ne fut pas troublé. Demandre était très-savant; il possédait les laiigues anciennes, princip:dement l'hébreu. Il s'était fait aussi chérir pour sa bienfaisance. 11 avait été lami de Berg'Ci', qui lui counnuniquait, dit-on, ses mauusciits, et il a édité deux ouvrages de ce thé dogien , savoir : Discours sur le. mariage des protestants, 1787, iii-S', et des Observations sur le divorce, Besançon, 1790, in-8°. On ne connaît d' lui (juc des Mandements en faveur de son parti.

DL.\LVNEr, ei;cli''Siastii|ue français, mort h Paris vers 1780, fut aumùnier* h l'île de 'jorée en Alri(jue, et puldia à son retour c» France une nouvelle Histoire de l'Afrique française, Paris, n^l, '2 vol. in-12. lia eu

pour composer cet ouvrage oe grandes obligations au P. Lnbat, que pourtant il ne cite pas. 11 (irétend que la couleur des nègres est due il la seule inlluence du climat, et que celte race d'hommes a dans le principe été aussi blanche que la race européenne. Parallèle général des mœurs et des religions de toutes les nations, 17(i8, 5 vol. in-12. Cet ouvrage n'est pas co :nu. Quidques bibliographes présument que l'abbé Demaaet n'en a publié que le prospectus.

DEMAR (madame Claire), composa plusieurs brochures en faveur du saint-simonisme, notamment celle qui a pour titre : Appel d'une femme au peuple sur l'affranchissement de la femme, Paris, 1833, in-S" de 16 pages. Elle mit fin volontairement à ses jours le 3 août 1833. Les saint-simonii-ns la renièrent, et ne voulurent plus voir eu elle qu'une républicaine impatiente et découragée, dont l'exaltation avait égaré la main.

DE.\!ARNE ou de Marne, jésuite , né à Douai le 26 novembre 1699, était fds d'un officier au service de Louis XIV. Il enseigna la philosophie à Douai, remplit diverses charges importantes dans son ordre, et fut nommé examinateur synodal du diocèse de Liège. En cette qualité, il fut l'un de ceux qui conclurent à ne point permettre l'impression de Vnistoirede l'Eglise cl de la principauté de Liège, de son confrère Bertholet, et cet ouvrage est resté manuscrit dans la bibliothèque de l'université de cette ville, il conserva ces fonctions pendant dix ans, et mourut à Liège le 9 octol>re 1756. On a de lui : Le martyr du secret de la confession, ou la Vie de saint Jean Népomucène, chanoine de l'église métropolitaine de Prague, Paris, 17'i.l, petit in-i2; Avignon, 1829, in-18; Histoire du comté de Namur, Liège et Bruxelles, 17oV, m-h-% suivie de plusieia-s dissertations curieuses; 2' édition, augmentée de la Vie de l'auteur, d'une liste chronologique des comtes de Namur, et de quelques remarqu'^s historiques et critiques : (luliliée parPaquot, Bruxelles, 1780, 2 V(d. in-12.

DEMAUGBE (Jean), né à Sedan le 28 février 171.'i., d'un capitaine de milice-frontière, fut successivement vicaire de Balant, curé de Chauvency, do (iivet, de Genidly près de Paris, prieur de Chablis, et mourut en 1801 ?i Yvoi-Carignan, où il s'était retiré pendant la révolution. La nature l'avait doué d'unes|irit vif et pl.Mn d'originalité, dont ses productions prenaient la teinte. Outre plusieurs pièces de ver> l.itins et français, on a de lui : Oraison funèbre de .]L le maréchal de J{ellr-Jislr, P.iris, i'ikl, in-V'; VOraison funèbre de I). Mann-Kr/leur, nlilié d'Orval, 1765, in-V'; Discours sur te rél(d)lissement du culte catholique dans la ville de Sedan, Boudlon, 1785, in-V°; /,(■ Militaire chrétien, petit in-12. Ce sont des fraguieuls desermiuis qu il avait prèchi'S àtîivet. ville de g;unisou. Les >uluats aiiiiuraienl en foule poiu' l'enl. ndre, parce iiu'il avait pris dans l'art delà guerre le fondement des raisonnements dont d appuyait les vérités chrétiennes. Il a laissé nianus- ■rils les Psaumes de David, mis en vers latins.

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DÉMfiTRlUS ou UMÉTRI. archevêque de Rostof, né en 1031, niorf le 28 octobre 1709, canonisé par l'Eglise russe en 175-2, fut très-utile k Pierre le Grand dans le grand œuvre de la civilisation russe. Ses principaux ouvrages sont : La Vie des saints honorés par rEqlise gréco-russe, !f- parties, Moscou, 1G89, IGliS, 1699 et 1703, réimprimée à jilusieurs reprises à Kiew ei à Moscou; RechrrchessurriiérésipdesRasholnilàdcBruinsk, en trois parties, à Moscou, 17i5, réim|)rirn. es souvent; Chronologie d'après la Bible, ouvrage incomplet qui ne va que jusqu'à l'an 3600 de la création, Moscou, 178'i-; Discours, 1786, 1805, 1807; Homélies, cantiques, etc., encore en usage dans les églises russes; des Draniessuv des sujets religieux qu'il faisait rel)résentcr dans son palais épiscopal de Rostof.

DÉMÉTRIUS-CYDONIUS, célèbre écrivain grec, né à Constantino[)ledansle xiV siècle, remplissait des fonctions importantes auprès de l'empereur JranCantacuzène. Après l'abdication <le cet empereur en 1333, Démétiius l'accompagna jusqu'au monastère de Mangane, puis il |)assa en Italie et se fixa à Milan où il se livra à l'étude des lettres latines. Au l)out de qui'l.|ues années il revint dans sa patrie, distribua aux pauvres le iiroduit de la vente de ses biens, et se retira dans un couvent de l'île de Crète, pour y partager son temps entre l'étude et la firière. La date de sa mort esi inconnue; mais elle est postérieure à 138i, puisque cet:e année-là il écrivit à Manuel Paléologue au sujet de son avènement au trône. Selon Cave, dans son Historia scriptorum ecclesiasticorum littcraria, Démétrius serait le même que Nicépbore Hieromonachus. On a de lui un grand nombre d'ouvrages manuscrits, consistant en homélies ou discours, traités de morale, etc., dnnt plusieurs sont conservés dans les bibliothèques de Paris, d'Oxford et de Vienne. Ceux qui ont été imprimés, sont : Deux Lettres, Ynim à Nicépboi-e Ci égoras, l'autre à Philothée, patriarcîie deCoi)Stantino|ilo en 1362, ins'-rées dans le tome 1" de VHistoire de Grégoras, par Boivin; Monodia, sivecomplofatio de civibus qui dissidio, seditione ac tumaltu intestino Thessalonicœ, anno Christi 134-3, perierunt, graec-iat., inséré dans les Scriptores posl Theophanem, par le P. Combelis; De petendo Latinis subsidio : de non reddenda Callipnli orationes duce, gr.-lat., inséré par le même dans V Auctarium novum, 1. 11, p. 1221-1318. Ces deux discours, qui ont une grande importance historique, ont été reproduits dans la Bibliotheca Patrum ; De morte contemnenda ornlio, gr.-lat., Bâle, 1553, in-8°, plusieurs fois réim|»r. depuis, enire autres, sé|iaréinent, avec une nouvelle version latine de Cli.-Th. Knimrl, Leipzig, 1780, in-8° ; De proccssionc Spiritus Sancti, traduit en latin jtar Canisius, et inséré dans le tome IV de ses Lcctiones anliquw ; Liber contra Gregor. Palamam : Liber advcrsus Maximum Planudem de processione Spiritus Smicti, grœc.-lat., insérés dans les Opuscula aurea theologorum qrœcorum, par Pierre Arcudius, Rome, 1030, 1071, in-V\ Entre les

traductions grecques faites par Démétrius, on cite celle de la Réfutation de VAlcoran, écrite en latin par le P. Richard, religieux dominicain, et celle de la Somme de saint Thomas d'Aquin.

DEME TRIUS-PEPANUS ou PEPANO, théologien grec orthodoxe, natif de l'ilede Chic, vint à Rome vers 1037, pour y terminer ses études. 11 s'était destiné au sacerdoce, mais une maladie organique l'obligea d'y renoncer. 11 n'en travailla pas moins avec le plus grand zèle à la défense de la foi catholiipie, et il lit tous ses efforts pour ramener ses compatriotes à l'unité de la vraie Eglise, qui embasse tous les temps et tous les lieux. La littérature, la poésie, la médecine lui étaient aussi familières. Il se maria en 1<)19, et quitta ]ieu de temps après Chio. On croit qu'il périt avec sa fouille dans un voyage qu'il lit en Sicile. On doit au savant Amaduzzi la pul)lication de ses ouvrages, qui avaient été découverts à Chio par le consul anglais Stellio Rafaelli. Ils ont pour titre : Demetrii Pepani Domcslici Chii opéra quœ reperiuntur, Rome, 1781, 2 vol. in-V°, avec la version latine de Bern. Stephano|iolos, jiréfet du colK'gc des Grecs. Voici les titres de quelques-uns des traités qu'on y trouve : In illud symboli : credo in unam sanctam, catholicam et apostolicam Ecclesiam ; Demonstrativa mcthodus de processione Spiritus Sancti etiam ex Filio ; De magno et tremendo sacramento sâcrœ eucharisliœ ; De Purgutorio igné; De indissulubililate magni matrimonii sacramenti : dans ces cinq traités l'auteur combat Calvin ; Triumphus catholicœ (idei, poëme en vers iambiques ; des vers en l'honneur de la sainte >'ierge, etc. L'éditeur a mis en tète du premier volume une préiàce oii sont indiqués les divers auteurs grecs i|ui ont écrit en faveur de l'Eglise romaine, et terminé le second par plusieurs pièces intéressantes, relatives à l'état de l'Eglise d'Orient au XII' siècle.

DE.MIA (Chaules), instituteur des sœurs de Saint-Cliarles-Borromée, né à Bourg-cn- Bresse le 3 octobre 1036, fut élevé chez les jésuites. Il fut fait prêtre au séminaire de Saint-Sulpice en 1663, et, de retour dans sa ville natale, il se livra tout entier à la [iratique des bonnes œuvres, et surtout aux missions. L'archevêque de Lyon le nomma arcliiprêtre de la Bresse et visiteur extraordinaire du diocèse en 1603. Dès l'année précédente, il avait fondé les petites écoles dans le diocèse de Lyon, et il en fut nommé directeur général en 1672, et le bien produit par ces établissements fut tel, que plusieurs évêques voulurent avoir des maitres formés par lui. C'est en 1070 qu'il établit la Communauté des sœurs de Saint-Charles, pour l'éducation des petites filles, la seule institution de ce saint prêtre qui existe encore avijourd'hui. Il mourut le 23 octobre 1689. Demia a laissé : Les Litanies de saint Charles Borromée ; Remontrances à messieurs les prévôts des marchands, échcvins et principaux magistrats de la ville de Lyon, touchant la nécessité des écoles pour l instruction des en-

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pnita pampres; Le trt'sor clérical, ou Conduite pour acquérir et conserver la sainteté ecclésiastique, Lyon, 1694, in-8°. On a publié une Vie de M. Démia, instituteur des sœurs de Snint-Charles, suivie de l'esprit de cet institut et d'une histoire abrégée de son premier patron saint Charles Borr ornée, Lyon, 1829, in-8% avec un po trait.

DEMME ((iEHMAIN-CHRISTOPHE-GoDEFROl),

prédicateur protestant, né à MuUiausen, dans la Pr sse S sonne, le 7 septembre 1760, raoH d'a]ioplpxie le 26 décembre 1822, fut ministre de l'église de Sainte-Cécile, à Krfurt. En 1801, il tut attaché comme premier pasteur à la cathédrale d'AItembourg, et à ce titre il réunit [lus t.irJ celui de surintendant général du culle évani^élique. Dans ses écrits, il s'adressait surtout aux classes inférieures. On a de lui : Mémoires pour enseigner à vénérer Dieu d'une manière plus pure, Riga, 1792, in-8", et Leip ig, 1797; Contes, Riga, 1797, 2 vol. in-8° ; Le fermier Martin et son père, Leiozig, 1801, 3 vol. in-8° ; troisième édition, 1804, 2 vol. in-8° ; Soirées passées dans des cercles de personnes vertueuses et bien élevées, Gnlha, 1804,2 vol. in-S°, sous le nom supposé de Charles Stille, ainsi que les trois précédents ; Six années de la vie de Charles Hurqfeld, Riga, 179:{, in-8°; Prières et méditations pour les chrétiens. Gotha, 1793, in-S" ; Nouvelhs hymnes chrétiennes, ibid., 1796, in-S"; Sermons sur les évangiles des fêtes et dimanches, ibid., 1797, in-8° ; Neuf oraisnns fun'bres, prononcées à Altembonrj,-, deuxième édition, 1809, in-8°; Sermons "et discours composés pour des circonstances particulières, Neustad-sur-l'Odor, 1S13, in-8». Tous ces écrits sont en allemand.

DÉ.MOPHILE, évôijue de Beré:>, joua un grand rùle parmi les ariens. Le pajie Libère ayant été exilé auprès do lui, Démopbile lui persuida de souscrire à la formule du second conciliabule de Sirmium ; formule dressée avec beaucoup d'art et qui k la rigueur pouvait être défondue, comme elle le fut par saint Hilaire. il se trouva au concile de Ri'nini, fut placé par ceux de son parti sur le siège do Constantinople, ot cba^sé jiar l'cmpeheur Théodose. Il mourut l'an .'JSti, après avoir assisté h plusieurs conciles où il avait toujo'irs soutenu l'erreur avec bea coup de su.)tiliié.

DHMPSTER (Tiio\ns), gentilhomme écos- .sais, né au cliAtrau de Cliftbog en 1579, s'expatria durant les guerres civiles d'Ecosse. Il vint h Pari<; mais comme il était extrêmement violent, il s'y fit des alTain'S, ot fut obligé de passer en Angleterre. Il revint bientôt l'i Paris, enmienant avec lui une trè.sbelle fi'mme, que ses écoliers lui enlevèrent à Pise, où il enseigna pendant quelque temps. Delà il passa h Hologne, où il professa avei-. ap|)laudssement jusqu'au 6 septembre lG2o, année de .sa mort. Di'uipster était jurisconsulte, liistryrien, poêle, ornleur. On a de lui des ouvrages dans ces différents genres. Le Iijus célèbre est son flisloirc ecclésiastique d'Ecosse en 19 livr^'s, iniprimé(! in-4", à Rologne, en 1627. Elle est littéraire autant

qu'ecclésiastique. 11 crut honorer sa patrie de faire naître en Ecosse une foule d'écrivains étrangers, et il s'honora très-peu luimôme par ce genre de mensonge hisiorique. On a encore de lui : De Etruria regali, Morence, 1723 et 172'», 2 vol. in-fol. ; avec un supplément, par Passeri , Luciues, 1767, in-fid., ouvrage estimé; une édition des Antiquités Romaines de Rosin, Paris, 1613, in-fol., avec des additions qui se trouvent à la suite de chaque chapitre, sous le titre de Parai ipomena.

DENATTES (Fra>ic;ois). né h Ligny en Barrois, le 25 janvier 1696, mort le 28 .septembre 1765, fit ses études de p'ul 'So|)hie et de théologie chez les jésuites de Dij n, puis en- ' seigna celte dernière science dans la communauté de Sainte-Barbe, à Paris. Il n'était alors que tonsuré ; Caylus, évéque d'Auxerre, lui conféra la prêtrise en 1734, et dix ans plus tard il devint curé de Saint-Pierre en Chilteau, à Auxerre. Apiès la mort de cet évoque, Denattes prit part au soulèvement du clergé appelant contre son successeur. Il a laissé : L'idée de la conversion du pécheur, trad. d'Opstraet, 1732, 2 vol. in-12; et un ouvrage sur la confiance chrétienne, dont il ne lit (pie les deux premières parties ; il devait y en avoir quatre.

DENINA (Cuari-es-Jean-Maiue), historien et littérateur piiuiiontais, né h Revel, en Piémont, en 1731, fit ses étud.s h Saluées, |>rit les ordres en 1731, et fut nommé professeur d'humanités à Pignerol en 1753. Il reçut, en 1756, le bon et d > doct ur en théologie aux écoles palatines de Milan, et occupa successivement plusieurs cha rcs en Piémont, notamment celles de rhélo iqu ■, d'éloquence italenne et de littérature grecijue. Après avoir ensuite visité diverses parties de l.Mlomagne, il se fixa à Paris en 1804, ei fut bibl othéi-aire de Napoléon. H mourui dans cette ville le 5 décembre 1813. La liberté avec !a(juelle il s'était exprimé dans .sa l'at ie contre le nombre des ordres r' ligieux lui avait causé des di^sngrémei Is. Ses principaux ouvrages sont : De studio theoloi/i'e et norma fidri, 1738, in-8''; Discorso sopra le vicende delta lelteratura, 17;;0, in-12; rc'imprimé à Glascow eu 1703, avec d s add lions de l'auteur ; à Beilin, 1785, 2 vol. in-S"; à Venise, 1787; à Turin, 1792, 3 vol. ui-12. Un (piatrième volume fut imprimé h l'uiiii en 1811, s ;us le tiîie de Saggio isloriro crilico sopra le ultime vicende delta lelteratura. Le P. de Livoy en donna une traduction, 1767, in-12, sur l'édition de Glasc i\\, et ("aslilhou en a donné une autre sur celle de Berlin; Lrltira di iV. Daniel Caro (ana-;ramme de Carlo l)enina) sopra il dorrrc de' minislri ivungetici di predicare collr istruzinvi, e caW csrmpio l'osscrvanza dette leggi virili f speriatmrnte in rigunrdo agi' imposli , Lneiues, 1761, in-8''; Dette liiroluzioni d'ilatia litit^i renli- (luallro, 1769 1771, 3 vol. iii-4'. traduit en rrançais p.ir Jar lin, 1770 et nuo. suiv.,8 vol. in-12 : c'est b- pins iuiporlaiit des ouvrag s de l'auleur. Il lavait so;uuis ii r.iiii)é l'osln d'Arignnn, son ami, depuis cardin.d, qui y

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fit beaucoup de corrections. On répandit le Jtiuit que ce livre n'était pas de lui, mais d'un savant prélat italien; DelV impiego délie persone, Florence, 1777 ; réimprimé à Turin, 1803, 2 vol. petit in-8°. Ce livre, dans letjuel r.niieur revient sur la question des ordres religieux qu'il avait tombée dans quel]ues chapitres de i'oiivrage précédent, fnt une des principales causes des vexations qu'il pssuva. Istoria polifica e letternria drlla Grerin, Turin, 1781-1782, k vol. in-8°, réimr-rimé h ^'eniseen 1783; Elogio dcl cardinal Guain Birhieri, 178^, in-8° ; Essai sur h. rie et le règne de Frédéric 7/, 178S, in-8° ; La Prusse littéraire sous Frédéric II, ou Histoire nbrégée de (a plupart des auteurs, des ncddéifiieiens et des artistes qui sont nés on gui ont vécu dans les Etats prussiens depuis 17'i.0 jusqu'à 1786, par ordre alphabétique, Berlin, 1790-1791. 3 vol. in-S" ; Histoire du Piémont et des autres l-tats du roi de Snrdaigne, traduit en allemand par Frédéric Strass, sur le in.inusciit italien de l'auieur, Berlin, 18 )0-IS05, 3 vol. in-S° : cette histoire s'arrête à la repr se de Tur n, sous le règne de Yicto:-Amédée 11, (U 1706; Uivoluzioni délia Germania. Florence, 18 )i, 8 vol. in-S"; La clef des langues, oit Observations sur l'origine et la formation des principales langues qu'on parle et qu'on écrit en Europe, Beiliii, i8!)5, 3 vol. in-8''; Tableau historique, statistique et moral de la Haute-Italie et des Alpes qui l'entourent, Paris, 1803, iii-8° ; Essais sur les traces anciennes du caract're des Italiens modernes, des Sardes et des Corses, Paris, 1807, in-8"; Discorso istorico sopra l'origine délia gerarchia e de' conrnrdati fra la podesta ecclesiastica e la secvtare, 1808, in-8° : le cardinal Fesch avait accefité la dédicace de cet ouvrage, mais il se rétracta ijuelqne temps après que ce livre eut vu le jnur, et il fut supprimé ; Istoria délia Italia occidentale , 1809, 6 vol. in-8". On trouve une JSolice sur la vie et les principaujr ouvrages de Denina, par Barbier, dans le Magasin encyclopédique du mois de janvier 181V.

DENIS (MiCHEij, savant bild'Ographe et poète allemand, né en 1720 à Scluirding, en Bavière, entra clie- les jésuites, oii il re'^ta jusqu'à la suppression de cet ordre. En 1773 il fut nommé chef de la bibliothèque de Garelli, et en 1791 premier conservateur de la bibliothèque impériale de Vienne. Il est mort le 29 septemb^e 1800. Ses principaux ouviages sont : Les curiosités de la bibliothèque publique de Garelli, ■ n allemand, N'ienne, 1780, \n-k°; Bibliotheca typographica Vindobonensis usque 1560, A'ienne, 1/82, in-4°, en latin et en allemand; Snncti Augustini serniones inediti ex )nend)ranis sec. xii bibliot. palal. Yindob., ib.,in-lbl.; Codices manuscripli theologici bibliot. pal. Yindob. latini atiarumgue occidentis iingnarum, ih., 1793- 179'i-, 2 vol. in-fiil.; Introduction à la connaissance des livres, in-'t°, et 2 vol. in-8°, en allemand, 2' édition, 17U5, tiès-bon ouvrage. On en trouve ues extraits fort et' ndus dans VEsprit ries Journaux, mars, avril et mai 1779, mars, septembre, octobre, novembre

et décembre 1780 ; Monuments de tu foi chrétienne et de la morale dans tous les siècles, Vienne, 1795, 1796, 3 vol. in-8% aussi en allemand ; Carmina quœdam , Vienne, 1794., mS"; Poésies d'Ossian, traduites de l'anglais, Vienne, 1768, 3 vol. m-k" , réimprimées avec les chants du barde Sined, 178'i., 5 vol. in-4°, et 1791-1792, 6 vol. \n-k° ; OEuvres posthumes. Vienne, 1801, in-i°.

DENIS DE GÊNES de Père), capucin, né en 1636, mort en 1693, bibliographe de son ordre, traduisit en italien idusieurs l'vres ascétiques du P. Ives de Paris, et composa plusieurs ouvrag s , dont le plus important est intitulé : Bibliotheca scriptorum ordinis minorum Sancti Francisci capuccinorum , Gènes, 1680, in-i°; ibid., 1695, in-folio; i" édition, !rès-augraentée par les soins du P. Bernard Toselli, Venise, 1747, in-fol. Quoique cette dernière édition soit supérieure aux p;écédentes, elle n'est pas encore sans défauts. Les auteurs y sont rangés par ordre alphabétique de leur nom de religion, mais leur nom de famille est presque toujours omis, et il y a peu de renseignements biographi;ue.s. Les titres des ouvrages y sont ordinairement traduits en latin, et s'iuvent tronqués; enfin, l'on n'y voit pas figurer des écrivains de mérite, tels que les PP. Thomas de Paris, Louis Filicaia de Florence, etc. Mais tel ([u'il est, l'ouvrage du P. Denis est très-utile pour compléter la biblio^^raphie d s ordres monastiques. On y voit que. mal>ir ■ la pauvreté rigoureuse dont il faisait jjiofesson. et l'espèce d'abjection cl laquelle il s'était dévoué, l'ordre des ca[iucins a fourni, jusqu'en 1745, mille quatrevingt-deux écrivains, dans les diverses branches des connaissances humaines, historiens, bio-raphes, voyageurs, géographes, philologues, grammairiens, physiciens, mathématiciens, poètes, et surtout des théologiens et auteuis ascétiques.

DENISE (Nicolas), aumônier du roi, puis abbé de Saint-Paul, de Sens, chantre et chanoine de l'église cathédrale de Troyes, fut chargé de prêcher un Avent à la cuur. Il prononça aus^i, cl Saint-Eust;iche, l'Oraison funèbre de Marie-Thérèse d'Autriche, reine de France, Paiis, 1683, in-4°, et celle de madame de Harlaij, abbesse de Notre-Dame de Sens, Paris, 1706, in-4.°.

DENISE (Claide), directeur du séminaire d'Orléans, mort en 1760, n'est connu que jiarun livre estimé des ecclésiastiques, sous le titre de Thésaurus sacerdotum et clericorum, in-12.

DENS (le Père), né à Anvers, en 1682, moit à Malinos en 1775 , fut longtemps directeur du séminaire de Malines , et montra dans ces fonctions beaucoup de prudence et de savoir. Il ne se signala pas moins par son zèle contre le jansénisme. Après avoir pubVié an Supplément à la Théologie de Nicsen, son prédécesseur dans la charge de directeur du séminaire de Malinvs, il fit paraître une Théologie, qui obûnt nn grand siiccès, et dont Felh r a publié une édition en 1786. Une nouvelle édition en

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7 volumes in-8''a cMé donnée dans ces derniors leraps.

DENYS (saint), dit l'Aréopagite, un des jugps de l'Aréopage, lïit établi évêque d'Athènes, après avoir été converti par saint Paul, il finit sa vie dans cette ville par le martyre, vers l'an 95 de J.-C. La cathédrale de Soissons prétend posséder son chef, qui, en 1205, fut apporté de Constantinople en France. Le pape Innocent III envoya à l'abhaye de Sainl-Denys son corps, (|ui de la Grèce avait été transféré à Rome. On lui a attribué plusieurs ouvrages, que la critique ne reconnaît pas être de lui. Le style de ces ouvrages, et leur méthode, sont fort éloignés de la manié e dont on écrivait dans le i" et le ii* siècle, et paraissent être du v'. On les a tous réimprimés en 2 vol. in-fol., grec et latin, à Anvers, en 163V, recueillis par le P. Balthasar Cordiei, jésuite. Le jiremier volume conlient les Préfaces de saint Maxime et de Georges Pachimère ; le livre de la Hiérarchie céleste, en 15 chapities ; celui de la Hiérarchie ecclésiastique, en 7, et celui des Noms divins, en 13. Le 2' volume renferme la Théologie mystique, en 5 chapitres; et quelques Epi- Ires. On trouve sa Liturgie dans un petit volume in-8", Cologne, 1530, rare, intitulé : Ritus et obscrvationes anliquissimœ. Ses ouvrages î-ont aussi dans la Bibliolhè(|ue des Pères. On possède |>lusieurs Vies de saint Denys t rées des Menées des Grecs, de Siraéon Métaphraste, de Suidas, de Nicéphore, de Michel Singelle, de iMethodius, de Guérin, du P. Halloix, jésuite, etc.

DENYS (saint), célèbre évêque de Corinthe au w siècle, avait écrit plusieurs Lettres. Eusèlie en a conservé des fragments importants.

IJENVS (saint), premier évêque de Paris, fut envoyé dans les Gaules sous l'empire de Dèce, vers Tan 240. Il fut honoré de la palme du martyre, et eut la tôle tranchée avec ses compagnons Rustique et Eleuthère, l'un prêtre et 1 autre diacre, sur la montagne de Mercure, api)clée de cet événement le mont des Martyrs, et dans lu su te des temps Montmartre (et Jamais Mons-Martis comme le dit Sainte-Foix dans ses romanesques Essais »i(r Paris). « A la montagne de Mercure, dit « Raoul de Presles, fut mené monseigneur « saint Denys et ses compagnons pour sacri- « lier à Mercure, à son temple (jui là était, « et dont appert encore la vieilli- muraille, « et pour ce iju'il ne le voulut faire, l'ut ra- « mené lui et ses com|iagnons, jusqu'au lieu « où est sa ch.ipelle, et là furent tous décol- « lés : et pour celle, cernent qui auparavant « avait nom le mont de Mercure, perdit son « nom, et fut nouimé le mont des Martyrs, « et encore est. » On a confondu très-tiial à jiropos ce s.iint évêcjue avec saint Denys rAréo|jagite. Hilduin, abbé <le Saint-Den\s, l'ut le premier qui eutieprit de prouver, dans le ix' siècle, ijue révè(|ue de Paris était le même que l'évêque d'Adiènes. Cette opinion i)assa do Pans à Rome i)ar Hilduin ; de.> Romains chez les Grecs, par .Methodius son couteinporain ; et de la Grèce elle repassa en France, par la traduction que lit

Anastase de la Vie de saint Denys, composée par Methodius. Ce sentiment est aujourd'hui entièrement réprouvé, même par les légendaires, comme on peut le voir dans les Bréviaires de Paris et de Rouen. L'idée que saint Denys, après sa décapitation, avait porté sa tête entre ses mains, est peut-être l'effet des anciennes peintures et statues qui exfirimaient de la sorte le genre de son martyre. DENYS (saint) , patriarche d'Alexandrie , successeur d'Héraclas dans ce siège, l'an 247 de J.-C, se convertit en lisant les Epîlres de saint Paul, lecture qui effectivement ne peut que convaincre et toucher profondément les espiits droits, les âmes faites pour aimer et goûter la vérité. {Voy. saint Paul.) Son courage, son zèle, sa charité parurent avec éclat pendant les persécutions qui s'élevèrent contre son Eglise, sous l'empire de Philipoe, et sous celui de Dèce l'an 250. Ses vertus ne brillèrent pas moins durant le schisme des novatiens contre le pape Corneille, et dans les ravages que faisait l'erreur de Sabellius, qui COI. fondait les t;ois personnes de la IrinUé. Cette hérésie désolait la Pentapole : Denys la foudroya par plusieurs lettres élocjuentes. Il fut exilé durant la persécution cie Valérien. « Dans son exil, dit un « historien, le fervent pasteur ne se croyait « pas déchargé des fardeaux du siège dont il « avait été chassé. Il s'informait très-soi- « gneusement de tout ce qui s'y passait. Il « en munissait les ouailles des instructions « et des exhortations convenables h leurs « besoins. Il attirait auprès de lui tantôt une « partie du troupeau , tantôt l'autre , pour « faire par lu;-mème tout ce qui lui était « possible, persuadé que le ministre épisco- « pal ne se supplée jamais parfaitement, et « que rien ne disjiense du travail personnel « en ce genre, que l'impossiliililé la plus ab- « solue. » Ayant réfuté Sabellius en employant quelques comparaisons qui semblaient ne s'accorder pas avec l'unité de nature, il fut aussitôt accusé lui-même et obligé de se justilier ; ce qu'il (it de la manière la jjIus satisfaisante, se plaignant de ce qu'on avait donné à queli}ues-Lines de ses expressions un sens trou littéral et trop étendu. Sur (juoi, M. l'ahbé Pluquct , dans son Dictionnaire des hérésies, l'ait trois réflexions extrêmement imporlantes à l'égard de la doctrine des anciens Pères sur la Trinité, et que pour cette raison nous rapporterons ici : « 1" Sabellius niait que le Père et « le Fils fussent distingués, et les lathtdi- « ques soutenaient contre lui, ([ue le Père « et le F^ils étaient des êtres distingués; les « catlioli<iues, par la nature de la ipiestion, « étaient donc portés à admettre parmi les « personnes divines la plus grande distinc- « tioii possible : puis donc que les compa- « laisons de Denys d'Alexandrie qui, prises « à la kstire, supposi-nt i[ue Jésus-Clirist est « d'une nature liillérente d.' ce. le du Père, « ont été regardées comme d<'S erreurs, parce « ((u'elles étaient contiuiresà la consubstan- « lialité du Verbe, il fallait que ce dogme « fût non-seulement enseigné distinctement

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« dans l'Eglise, mais encore qu'il fût regardé « comme un dogme fondauiental de la reii- « gion chrétienne. 2° Il est clair que les ca- « tlioliques soutenaient que le Père, le Fils '< et le Saint-Esprit, n'étaient ni des noms « diU'érents donnés à la nature divine, à « cause des différents effets qu'elle produi- « sait, ni trois substances, ni trois êtres « d'une nature diirérente. La croyance de « l'Eglise surlaTiinité était donc alors telle « qu'elle est aujourd'hui, et c'est dans Juif rieu, Faydit et le docteur (F.hmbs, une « ignorance grossière d'accuser l'Eglise ca- « tholique d'avoir varié sur ce dogme. 3" « L'exemple de Denys d'Alexandrie lait voir « qu'il ne faut pas juger qu'un Père n'a pas « cru la consubstantialité du Verbe, parce « qu'on trouve dans ce Père des comparai- « sons qui, étant pressées et prises à la ri- « gueur, conduisent à des conséquences op- « posées à ce dogme. » Yoy. Cordemoy , Bull, Petau. Saint Denys mourut en 264, après avoir gouverné l'Eglise d'Alexandrie durant onze ans. De tous ses ouvrages nous n'avons plus que des fragments et une Lettre canonique insérée dans la Collection des conciles. Son style est élevé ; il est pompeux dans ses descriptions , et pathétique dans ses exhortations. Il possédait parfaitement le dogme, la discipline et la morale. Aux arguments les plus forts contre ses adversaires, il joignait la modération et la douceur. Les Pères du second concile d'Antioche, contre Paul de Samosale, honorèrent sa mémoire, et saint Athanase prit sa défense contre les ariens. L'Eglise célèbre sa fête le 17 nov.

DENYS (saint), Romain, successeur de Sixte II dans le souverain pontiticat, gouverna l'Eglise de Rome, l'éditia et l'instruisit pendant dix ans et quelques mois. 11 fut placé sur la chaire de saint Pierre, le 22 juillet 259, et mourut le 20 décembre 26). 11 tint un synode l'an 261, dans lequel il nnathématisa l'hérésie de Sabellius, et l'erreur opposée soutenue depuis par Arius. On trouve dans les Epistolœ romanorum pontificum de dom Cou?tant, in-fol., dos Lettres de ce pontife contre Sabellius. — Relativement à rédition, donnée par M. Mignc, des écrits de saint Denys, pape, et de saint Denys d'Alexandrie, Voy. Magnés.

DENYS (saint), évêque de Mi'an, défendit au concile de cette ville, en 353, la foi du concile de Nicée. 11 eut ensuite la faiblesse de souscrire à la condamnation de saint Athanase : mais ayant réparé sa faute, reuii)ereur Constance l'envoya en exil en Cap[)adoce. Il y mourut quelque temps après.

DENYS surnommé \e Petit, à cause de sa taille, naquit en Scythie. Il passa à Rome, et fut abbé d'un monastère. C'est lui qui a introduit le premier la manière de compter les années depuis la naissance de Jésus-Christ, et qui l'a tixée suivant l'époquede l'ère vulgaire, qui n'est pourt;int pas la véritable. On ade lui un Code de canons approuvé et reçu par l'Eglise de Rome, suivant le témoignage do Cassiodore, et |iar l'Eglise de France et les autres latines, suivant celui d'Hinciuar. (Jus-

tel donna une édition de ce recueil en 1628). Denys^ l'augmenta ensuite d'une Collection des décrétâtes des papes, qui commence à celles de Sirice, et huit à celles d'Anastase. On a encore de lui la version du traité, de saint Grégoire de Nvsse, de la création de l'homme. Le sens est rendu fidèlement et intelligiblement, mais non pas en termes élégants et choisis. Cassiodore, qui l'a comblé d'éloges, assure qu'il savait le grec si parfaitement, qu'en jetant les yeux sur un livre de cette langue, il le lisait en latin, et un latin en grec. Denys mourut vers l'an 540.

DENYS DE LEEU-SVIS, surnommé le Chartreux, natif de Ryckel, près de Looz, dans la principauté de Liège, vécut 48 ans chez les chartreux de Ruremonde, et mourut en 1471, à 77 ans, selon Fabricius, après avoir servi l'Eglise par son savoir et ses vertus. Son attachement coniinuel à la contemplation lui fit donner le nom de docteur extatique. Il écrivit au pape et à plusieurs princes chrétiens, pour leur apprendre que la perte de l'empire d'Orient élait un effet de la colère de Dieu, justement irrité contre les fidèles. On ade lui un grand nombre d'ouvrages pleins d'instructions salutaires, et d'une onction touchante, mais écrits sans politesse et sans élévation. Eugène l'Y disait que « l'Eglise était heureuse d'avoir un tel tils. m Denys avait beaucoup lu, et ne manquait pas d'érudition dans les clioses communes. Il appliquait heureusement les passages de l'Ecriture. 11 était sobre et sage dans sa spiritualité, et il n'y a guère d'auteur mystique dont les ouvrages se lisent avec plus de plaisir et de fruit. Les siens ont été recueillis en 21 vol. in-fol., Cologne, 1549, en y comprenant ses Commentaires. Son Traité contre /'.1/coran, Cologne, 1533, in-S", n'est pas commun ; û est en 5 livres. Le traité De bello inslituendo adversus Turcas fut supprimé, pour certaines ap- [.lications forcées, et pour plusieurs visions singulières qu'il renfeimait. Il y a aussi dans son Traité au Purgatoire des choses si extraordinaires, que Possevin, dans son Apparatus sacer, soupçonne qu'elles y ont été insérées par une main étrangère. La vie de Denys a été écrite par dom Thierry Loer, Astratis, Cologne, 1532, in-8°.

DENTRECOLLES (François-Xavieu), jésuite, né à Lyon en 1664, fut envoyé comme missionnaire, avec le P. Parennin, en Chine, oii il se fit beaucouj) aimer et estimer lies habitants. 11 y devint supérieur général de la mission française, puis supérieur particulier de la maison des jésuites à Pékin, où il mourut le 2 juillet 1741. Il avait publié en langue chinoise un grand nombre d'ouvrages en faveur du christianisme, et les Lettres édifiantes renferment plusieurs lettres intéressantes de lui. Il y parle de la fabrication de la porcelaine, de divers procédés des arts usités en Chine, de l'utilité ou des propriétés déplantes ou d'arbres fruitiers, dont il annonce qu'il envoie des pépins en Euro|)e, etc. La Description de la Chine du P. Duhalde otlre plusieurs morceaux du P. DentrecoUes, entre autres un fx^-at^ d'un ancien

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