‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 204 sur 228 · DER · texte numérisé non relu

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livre thinois qui enseifjtie la manière d'élever et de nourrir les vers à soie pour avoir une récolteyneilleure et plus abondante; V Art de rendre les peuples heureux en établissant des écoles publiques ; Dialogue o?) un philosophe chinois expose son sentiment sur l'origine et l'état du monde. 11 laissa, suivant le P. Coloriia {Ilistoire littéraire de Lt/on^ deux ouvr;i.;es manuscrits, savoir : Traité en forme de dialogue contre les Mahomi'tans ; Traité sur li s différentes monnaies qui ont eu ou qui ont encore cours dans la Chine.

DENYSE (.!f.4\), professmir de philosophie au collé,4;e de Montaigu snrle coinmeuceiBPnt du wiiT siècle, composa un cours de philosophie, liont il détacha les deu\ ouvrages suivants : La vérité de la religion chrétienne démontrée par ordre géométrique, Paris, 1717, in-12 ; La nature expliquée par le 7-aisonnement et par l'expérience, Paris, 1719, in-12

DEO-r,KATlAS (saint\ éhi évê(7ue de Carthage, à la prière de l'empereur Valentinien III, vers iSi, du temps du roi Genséric, se distingua par sa chai ité envers les pauvres et les caiitil's, et mourut en ?^57. On voit à Hradisch en Moravie, un tiès-bcnu et grand tableau où sont repré-entés saint Deo-gralias, saint Deus-dedit (Voy. Diel-Donné I"], et saint Quod-vult-Deus, honori'-s comme les trois patrons de In conformiié avec la volonté de Dieu ; au haut du tableau, des anges promènent piltoresq ement cette épigraphe :

Fiat voluntas tua sicut in cœlo et in terra.

DEHEOUELEYNE (BAi.TnASAn-.VNTOixE) , né à Dijon le 27 juin 1G63, moit 1- 27 février 173i, indépendamment d'une Lettre au P.

Lempereur, jésuite, sur le Di/plique de M. de Lamare, imprimée dans les .Mémoiies de Trévoux de 1721, pagi' 1G73, lai-sa eu manuscrit: Eclaircissements sur les endroits les plus obscurs de l'Ecriture sainte, in-folio ; Apollodore, traduit en français avec des remarques, in-k"; Traduction française du cardinal liona, intitulé : Macudiictin in colum ; Irudurlion des méditations latines attribuées par quelques-uns ù saint Augustin , et par d'autres à saint Rernnrd. — On a d'un autre DEneofELKYNE (Claudej, curé d'Ksbarre près Sainl^Jean-di -Lnsiie, né à Dijon le 28 déc. I(j55, mort au nuds de mars 172i. : Exercices de piété, tirés des ouvrages de saint François de Sales, pour les pensionnaires de son ordre de la Visitation de Sainte-Marie, Dijon, l(j9'i-, in-12 ; et 1717, in-12, et plusieurs pièces tj:' po sie française.

DKUHA.M (("il'ili.4ime), recteur (rUpminster dans le comté d'Essex, raendue de la soci^'lé royale de Londres, et chanoine de AVindsOi, né h Stowton, près de Worcester, en l()o7, s'est fait un nom célèbre par

ses talents pour la plivsi(|ue, el surtout jiar l'usage miil eu a fait. En 1711 et 171-2, il rcm[)lil la fond ition de Boyle, avec le plus

g. and éclat. Il mourui à Londres, en 1735, A iH ans. On a de lui la néologie physique et la Théologie astronomù/ite, où Démonslratinn de iexistvnce il des nllriliuls de Dieu par i'tœamen et ta description des deux ; tradui-

tes en français (l'une en 1730, et l'autre en 1729, toutes deux in-S") et dignes de l'être dans tonti'S les langues, quoiqu'il y ait quelques idées systématiques , des vues hasardées et singulières. Le premier ouvrage lui mérita des le' très de docteur en théologie, que l'université d'Oxford lui envoya sans exiger de lui aucune d -s formalités accoutumées. Ces deux écrits sont le précis des sermons qu'il avait réelles rn 1711 et en 1712. La relig' n y st prouvée par les merveilles de la nature. On a encore de lui rlusieurs ouv ag'S dans les Transactions philosophiques. — La Théologie astronomique ''e Derham a été reproduite dans le oine VIII de là gian ie collection des D^monsirn^/ons évanqéliqucs, en 18 volumes in-i°, puldiée par M. l'abbé Aligne. -^ Nous devons mentionner encirede Derham : Christo-theologg, ou Démonstration de la divinité de la religion chrétienne, 1730, in-8\ C'est le dévelo|)pement d'un sermon qu'il avait prêché à Batii le

9 nov. 1729.

DERIC (Gilles), prêtre et historien breton, né au commenci/ment du xviii' siècle à Saint-Coulomb, près de S,iint-\ia!o, fut reçu en 17W, mailre-ès-arts, jmr la faculté de t!aen, n'étant encore que diacre, et prit ensuite le degré de docteur en théologie. Louis XV"

10 nomma prieur de Notre-D.mie du ch;1teau royal de Fougères, et Louis XVI lui assigna une pension de trois mille livri'S sur l'abbaye de Carnoft, or.ire de Citeaux, dans le oiocèse de Quinrier. M. de Hercé le fit chanoine el g and vie ire de Dol. Le refus qu'il lit du serment lors de la révolution l'obligea de passer en Angleterr- ; il mourut à Jersey en 1796. Un service fut plus tard céiéiiré pour lui dans l'église de Dol, et on y prononça son oraison funèbre. L'/d)bé Déric s'est fait une solide ré,>utation d'écrivain par son Histoire ecclésiastique de Bretagne, dédiée aux seigneurs éréques de cette province, 1777-88, (i vdl. in-12, qui le com(irciinent malheuousement que les dix premieis siècles. On a dit nue ses hérjtiiTS possé laient les manuscrits (les derniers volumes de cette histoire, et de plus un anire ouvraije considérable, qui serait intitulé : Antiquités de la Bretagne. 11 serait à désirer que tout cela fût imprimé.

DEKODON.Vov. Rodo\.

DEUON (FuANçois-JosEPii) , prêtre, né à Aire le 2.) aoilt 1765, refusa le serment sous la révolution, et se relira en Hrlgi- (jne, puis en Allemagne , nù il fut chargé de i'éilucalion des enfants de la i)rincesse d'OEttingen. Rentré en France en 1802. il fut d'abord vicaire, pois, en 182'», curé de In paroisse Noire-Dame de Sai; t- Omer, di(icè>e d'Arras. Il d vint grand vica.re, clianoine honoraire d'.Vrr.is et grand doyen de l'arron iissement de Saint-dmer. On lui doit une yotice sur l'antique chapelle de Nntre-l)(i:iie des mirnct's.

DI^KT GnnKnT), religieux it Iraducleur de I vres de piété,' était né h Bourges vers le commencenn'iit du xm* sièi le On cite do lui : Le Soûlas du cours naturel de l'homme.

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covtfnant sppt dialogues : qui est un traité tonclwnt hft)i chrétienne à V encontre des Juifs, tiad. de l'ilalicri, Lvon, 1558, in-16 ; Traité de rhumilité,\bh\., 155^, in-16 ; La somme et fin de toute la sainte - écriture du Nouveau- Testament, avec une EpHre de saint Jean Chri/sostome : de la manière de prier Dieu, il>i(ù loS"^, in-10.

DRSBiL! ONS ( François -Joseph Ter basse), né à ChAtcauneuf sur le Cher, dans le diocèsf de Bourges, le 25 janvier 1711, entra chez les jt'suiies en 1727. 11 enseigna pendant cim] ans jf^s basses cl-isses, et pendant six la rhétorique, ^ Caen, à Nevers, à La Flèche, à Bourges. Knvoyé par ses supérieurs au collège de Louis- le-Grand à Pa is, pour faire iiii riincr ses fables, il y passa environ quinze années, jusqu'en 1762, où il survint un si grand changement dans son état. Lorsque les jésuites firent (ibligés de quitter la France, le P. Dessillons tiouva un asile aussi honorable qu'avantageux auprès de l'électeur Palatin, i rotect^ ur éclairé d?s talents, qui lui lionna une place dans le collège de Manlieim, et qui ajouta une pension d'environ mille écus, ai'gent de France, il y mouru le 19 ma: s 1789. Sa bijJiothèque était très-aiM[)le d très-bien choisie, nonseulement pour lara:eté e l'iinpoi tance des livres, ma s encor' i)Our la beauté des éditions. Par son tesiament qu'il a fat en vers latins , il a laissé sa bib iothè.jue aux prêtre^ de la congr'''gation de Saint-La are, tjui ont rempliicé les jésuites dans le Palatinat , et avei; lesquels il a toujours vécu dans le collège de Manheiin ; à condiiion qu ■ le préfet de la bibliothèqiie électorale put choisir les ouvrages qui lui conviendraient ; c'est un hommage de gratitude qu'il rendait à S. A. électoral ■ qui avait eu pour luji des attentions toutes particulières. Un critique judicieux l'a appelé le dernier des Romains, comme celui qui dans ces temps d'une décadence totale de la langue romaine, l'avait cultivée avec le plus d'ardeur. Sa modestie égalait son érudition. Parlant jieu et toujours avec justesse et circonspection, évitiuit b- mon le et ne voyant que ceux qui venaient le voir, il nourrissait dans sa retraite celte tranquillité d espiit qui, suivant la remarque d'ini vrai sagi', suppose toute la [Hirete et toutes les richesses de la \erlu {in incorruptiliililale quiiti cl modesli spiritus qui est in conspectu Dei locuples. I Pi tr. ui). On a de lui : tabulœ Esopiœ, libri XV. tlles ont été imprimées à Glascow, à Oxford, à Augsb:iuig, à Manheira , à Paris, etc. Il existe une traduction française de ces faulcs, faite par l'auteur luéme, et im|irim'''e ;i Manheim avec le texte à côté, en 1769, 2 vol. in-8°. C'est l'ouvrage qui a fait le pKis d'honneur au P. Di'sbillons. Les cmniaisseurs les jugent (lignes de faire pendant à celles de Piiedre. La claité, l'ingénuité, la justesse de l'allabulation , la pureté et l'élégance du style, tout leur assure cette espèce de cnnciliieiiie. Un critii|ue qui ignore le latin a dit qu il était iliflicile de vérifier le luér.te d'un ouvrage écrit dans une langue morte.

il n'a pas réfléchi que c'était exactement le contraire. Les langues mortes , étant seules immuables, ayant des règles et des modèles sur lesquels les caprices et la mobilité de l'usage ne peuvent plus lien, sont les seules qui donnent lieu à des jugements sûrs et permanents ; au lieu que dans les langues vivantes , celles surtout sur lesquelles les spéculations réformalrices s'exeicent sans rehîi he, ce qui est admiré dans un temps devient insupportable ou même inintelligible dans un autre. Nouveaux éclaircissements sur la vie et les ouvrages de Guillaume Postel, Liège, 1773, in-8° ; curieux et pleins de recherches ; Histoire de la vie chrétienne et des exploits militaires de Mme de St.-Balmont, Liège, 1773, in-8°; De imitulione Christi libri quatuor, ml reram leclionem revocati, et auctori Thomw à Kcmpis, canonico regulari S.-Augustini denuo vindicati, 1780, in-8°. Ojtre le méiite de l'exactitude et de la restitution du texte primitif, cette édition est recherchée pour la savante dissei'tation qui est à la tète, et qi;i rend cet ouvrage h Thomas à Kempis son véritable auteur [Voy. le Journ. hist. et littér., 1" mai 1781, pag. 'S16, et les articles Amort, Naudé, Keaipis . Phœdri fabularum /Esopinrum libri quinque.cum notis cl emendationibus, Fr.Jos. Desbillons, ex ejus commentario pleniore desumplis, M'nheim, 1786, in-8" ; édition digi.e de figurer î» côté de celle que le P. Brotier nous a d nnée du même Phèdre. Le Commentaire dont ces notes sont tirées, est encore eu manuscrit. Ars bene valendi, etc., à He;delberg , de l'imprinii rie de VVi'sen, 1". 8iS, 68 pagi's in-8°. I>es grAces simples et faciles de la bonne latinité se montrent lians ce |ioënie, qui est écr t m vers ïambiques. Le poète y donne toule sorte de précepti s d'un régime salutaire. On y trouve une longue tirade couire l'usage du café, du thé et du c'iocolat, qu'il prcsciit jiresiiirentèreiiient ; ainsi qu'une iligrcssion pathétique sur la déca lence de la lan,u latine, que l'auteur attribue à la philosophie du jour. Il croit ce^iendant que l'Église catiiOii([ue ayant adopté cet idiome, et en ayant fait son langage propre, il ne peut entièrement s'éteindre, et qu'il duiera autant que 1 Église elle-même :

Evolvcre oninia, singulaqmi perslringere Npc ralio iiec las tempori- hoc misero sinunt, Qno iinva scelesUs liomniilms philosnpliia, Velcx'ra iiuliiis nientiiiin perversilas liiciihiiil; et iluni violai iiiipcrii siacram Auc:orilaleiii, ar religioneiu pairiani lîxiiTmin.iré pafriiniali (:ii|iil Furore, musas piope simili odioslndet P. rdere laliiias, el aliolerc riiiiiliiiis ; Krusir.i : vigei>il iisque, qiiam fecil Dei licclesia sibi piopriam, lalinitas.

Miscellanea posthuma, x'anheim, 1792, in-8°. Ce volume fait suite à la belle édition de ses fables. Le P. Desbillons a laissé plusieurs ouvrages dans son portefeuilie. 11 avait cora- ]josé ui.e Histoire de la langue latine ; et certainement elle doit être excellente, puisque persnnne ne savait le lalin mieux que lui. Ou parle aussi de quelques pièces dramatiques) écrites Uaiis celte langue

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DESBOIS DE ROCHEFORT (Eléonore- Marie), évêque constitutionnel, naquit à Paris en 1749, et, après avoir (Hé vicaire général du diocèse de La Rochelle, était, à l'époque de la révolution, curé de Saint-Andrédes-Arcs à Paris. L'on dut s'étonner qu'un prêtre qui s'était fait aimer par sa chanté vigilante et active commît la faute de prêter le serment à la constitution civile du clergé. Le prix decettecriminellecomplaisance fut l'évéché du département de la Somme, iiui le députa en 1791 à l'Assemldée législative. 11 fut incarcéré sous la terreur, et sa détention dura 22 mois, pendant lesquels il avait presque perdu la vue. Des débris de sa fortune il forma une imprimerie qu'il appela imprimerie chrétienne, et de concert avec Gri'goire, Mauvielle et quelques autres, il publia les Annales de larelirjion, en faveur des constitutionnels. Ces Annales, dignes di^ faire suite aux Nouvelles ecclésiastiques, commencèrent en 1795 et furent supi)rimées en 1803 par la police, comme tendant <i perpétuer les troubles. Desbois mourut le 5 sept^nibre 1807; il s'était démis de son évôchédeiiuis 1801. On a de lui : Mémoire sur les calamités de l'hiver de 1788-89, lu dans une assemblée tenue à l'Hôtel-de-Yille de Paris, 1789, in-12; Lettre pastorale, 1791, in-8° : elle fut suivie de quelques autres; Lettre d'indiclion du second concile national, 1800, in-8°, rédiî^ée en société avec Grégoire, Saurine et Wandelaincourt ; Actes du synode d'Amiens, 1800, in-8°; plusieurs articles à VEncyclopédie méthodique par ordre de matières, enUe autres celui de Cimetière, oii il s'élève contre les inhumations dans les églises. 11 laissait en manuscrit des Recherches sur les monuments de bienfaisance, anciens et modernes, étrangers et nationaux , k vol. in-i°. Le gouvernement l'avait chargé de visiter l'Angleterre à ce sujet.

DESBORDS (labbé), natif de Rouen, qui vivait sur la fui du xvii' siècle, et au commencement du xvni% prêcha pendant quelque temps avec un certain succès à Paris, parliculièrenient dans la paroisse de Saint- Louis-en-rile, à laquelle il était attaché. Il ne [)araît ])as toutefois qu'il ait fait imprimer des sermons. On ne connaît de lui qu'un Traité de la meilleure manière de prêcher, l'aiis, 1700, 1 vol. in-12, où il traite d'S défauts dans lesquols'étaient tombés plusieurs piédicateurs, et com])are les etfets que l'on peut attendre soit du sermon, soit de l'homélie.

DESCARTES (René), Cartcsius, né le 31 mars 1596 à La Haye en Touraine, d'une famille no'ile et ancienne, fit ses études chez les jésuites de La Flèche, et fut engagé par son inclination , autant qun par sa nais- -sance, ii porter les armes. Il servit en ipialité de vdlontaiie au siège de La Rochelle, et en H(j|larule sous le prince .Maurice. Il était eu garnison à Bré la, lorsque [)arul le fameux problènu! de mathématiques d'Isaac Reckluan , principal du collège de Dordreclit ; il en donna la solution. Après s'être trouvé <\ ditVérenis sièges, il vint à Paris pour s'adonner a la philosophie et aux mathématiques.

Il ne voulut plus lire que dans ce qu'il appelait le grand livre du monde, al s'occupa entièrement à ramasser des expériences et des rèflpxions. Descartes avait fait auparavant ua voyage à la capitale; mais il ne s'y était guère fait connaître dans le monde que par une passion excessive pour le jeu. Cette passion s'étant éteinte, la iihilosophie en profita. Il fivait tout ce qu'il fallait pour en changer la face : une imagination b illanle et forte, qui en fit un homme singulier dans sa vie privée , ainsi que dans sa manière de raisonner, et des connaissances puisées dans lui-môme plutôt que dans les livres. Il voyagi a en Allemagne et en d'autres pays; peu s'en fallut qu'il ne fut assassiné sur un bateau qui le conduisait d'Emben dans la West-Frise ; mais son courage lui sauva la vie. Etant soldai, il avait coutume, pendant les loisirs di'S quartiers d'hiver, de s'enfermer dans une chambre pour s'y livrer à ses méditations. Un jour, le 10 novembre 1619, sa tête s'échauffa au point qu'il crut entendre une voix céleste qui lui promettait de lui enseigner le vrai cliemin de la science : dans une de ces extases, il entendit une explosion, et des étincelles de feu brillèrent ])ar toute la chambre. Dans son enthousiasme , il invoqua le secours du Sauveur et de la sainte Vierge, et fit le vœu d'aller en pèlerinage à Notre-Dame-de-Lorette, et de faire le voyage à pied depuis Venise jusqu'au lifu saint. Des circonstances favorables s'étant présentées, le vœu fut accompli; le pèlerin, h son retour, passa par Rome, où il se trouva à l'époque du jubilé; puis il s^ rendit k Florence; et l'on s'est étonné qu'il n'ait point cherché à yfcdre conna'ssance avec Galilée. De retour en France, il vend t son bien, dont il retira sept à huit m. Ile livres. De^cartes avait beaucoup d'ardeur pour combatlr ■ les préjugés. La philosophie péripatéticienne triomphait alors en France; il était dangereux de l'attaquer. Descartes se retira prèsd'Egmond en Hollande, pour n'avoir aucune espèce de dépendance qui le forçât à la ménager. Pendant un séjour de 25 ans qu'il fit dans différents endroits des Provinces-Unies, il se fit quel(]ues enlliousiastes et plusieurs ennemis. L'université d'Utrecht fut cartésienne dès sa fondation, par le zèle de Renneri et de Régis, tous deux disciples de Descaries. Mais Voétius ayant été fait recteur de cette université, y didendit d'enseigner h's ])rincipes du philosophe franrais. A'oi'tius attaqua surtout une nouvelle preuve de l'existence de Dieu, imaginée par Descaptes, d'uni' manière |)lus subtile que solide, mais qui ne prouvait point du tout, conuneVoétius le prétendait, (pie le philosoplie franrais rejetât celles qui élaicnt meilleures. « il est vrai ce- « |)enduit, dit un auteur impartial , qu'il y n av.dt une espèce d'imiirudence à raffiner « dans une matière si grave et si solidement « prouvée, que si l'on jug'ait de l'esprit de « Descartes précisément par cette subtilité, « on serait poi té h croire (ju'il cherchait « moins la vérité que la nouveauli' ; (ju'il « avait plus détalent pour démolir que pour

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« établir. » Descartes ne trouva pas moins d'obstacles en Angleterre, et ce fut ce qui l'empôcha de s'y fixer dans un voyage qu'il y lit. Il vint quelque temps après à Paris. On lui assigna une pension de 3,000 livres, dont il eut le brevet sans en rien toucher ; ce qui lui lit dire en riant, « (jue jamais fuirche- « mm ne lui avait tant coûté. « La reine Christine souhaitait depuis longtemps de le voir. Chaiiut, ambassadeur de France en Suède, fut chargé de cette négociation, dans laquelle il eut d'abord de la peine à réussir. Descartes, tout philosophe qu'il était, redoutait lesfrimals du nord. « Un homme né dans les jardins de «la Touraine (écrivait-il au négociateur), et « retiré dans une terre où il y a moins de « miel à hi vérité , mais peut-6ti e plus de « lait que dans la terre promise aux Israélite tes, ne peut pas aisément se résoudre à la « quitt.r , pour aller vivre aux pays des « ours, entre des mchers et des glaces. — « Je mots , dit-il ailleurs, ma liberté à si « haut prix, que tous les rois du monde ne « pourraient me l'acheter. » Il céda cependant aux sollicitations, peut-être à des espérances, et se rendit à Stockholm. Christine lui lit un accueil privilégié, et le dispensa de tous les assujétissements des courtisans. Elle le pria de l'outretenir tous les jours à 5 heures du matin dans sa bibliothèque. Elle voulut le faire directeur d'une académie qu'elle songeait à établir, avec une pension de 3,000 écus. Enfin, elle lui marqua tant de considération, que lorsqu'il mourut, en 1630, on prétendit ridiculement que les grammairiens de Stockholm, laloux de la préférence quelle donnait à la phi osophie sur les langues, avaient avancé par le poison la mort du philosophe. Le véritable poison était un mauvais régime, une manière de vivre nouvelle, et un climat ditférent de celui de sa patrie. Son corps fut apporté en France , 17 ans après sa moit, par les soins de Dalibert, secrétaire du roi, qui le fit enterrer <lans l'église de Saint '-Geneviève du Mont, après un service solennel. Si Descartes eut quelques faiblesses de l'humanité, il eut aussi les principales vertus d'un sage. Il fut sobre, tempérant, ami de la retraite, reconnaissant, libéral, sensible a l'amitié, tendre, compatissant. « Quand on me fait une ollense, disait- « il, je tâche d'élever mon àme si haut, ([ue « l'oll'ense ne parvienne pas jusqu'à elle. » L'aujbition ne lagita pas plus que la vengeance. Il disait, comme Ovide : Vivre caché, c'est vivre heureux. On a disputé s'il avait été marié ou non; mais il paraît qu'on n'en peut pus douter après la publication d'un écrit inséré dans V Année Htléraire , 1785, n. i6, p. 66. Ce philosophe laissa un grand nombre d'ouvrages. Les principaux sont : ses Principes, in-12 ; ses Méditations, 2 vol. in- 12; sa Méthode, 2 vol. in-12 ; Les passions de V âme, le monde, ou Traité de la lumière, et de la géométrie, in-12; le Traité de l'homme, in-12, et un grand Recueil de Lettres, eu 6 vol. in-12 . en tout 13 vol. in-12. Descartes en avait composé quelques-uns en latin, et quelques autres en français; mais ses amis

les ont traduits réciproquement en chacune de ces deux langues. L'édition latine, imprimée en Hollande, forme 9 vol. in-'i.°. On trouve parmi ses lettres un petit ouvrage latin , intitulé : Censura quarumdam epistolarmnBalzacii: Jugement sur quelques lettres de Balzac, oiî l'on voit qu'il n'était pas sans attrait pour les belles-lettres ; mais la philosophie réprima cette inclination et le posséda tout entier. « Il n'a pas été aussi loin « que ses sectateurs l'ont cru, dit un homme « d'esprit ; mais il s'en faut beaucoup que « les sciences lui doivent aussi peu que le « prétendent ses adversaires. » Fontenelle, dans ses Eloges, compare ainsi Descartes et Newton : « Les deux grands hommes qui se «trouvent dans une si grande opposition, '< ont eu de grands rapports. Tous deux ont « été des génies du premier ordre, nés pour « dominer sur les autres esprits et pour « fonder des empires. Tous deux, géomètres « excellents, ont vu la nécessité de transporte ter la géométiie dans la |)hysique. Tous « deux ont fondé leur physique sur une géo- « métrie qu'ils ne tenaient presque que de « leurs propres lumières. Mais l'un, iirenant « un vol hardi, a voulu se placera la source « de tout, se rendant maître des premiers « principes pai' quelques idées claires etfon- « damentales, pour n'avoir plus qu'à descen- « dre aux phénomènes de la nature, comme « à (les conséquences nécessaires. L'autre, « plus timide ou plus modeste, a commencé « sa marche par s'appuyer sur les pl;énomè- « nés pour remonter aux principes incon- « nus, résolu do les admettre, quels que les « pût donner l'cnchainement des consé- « quences. L'un part de ce qu'il entend nel- « tement, pour trouver la cause de ce qu'il « voit. L'autre part de ce qu'il voit pour en « trouver la cause, soit claire, soit obscure. « Les principes évidents de l'un ne le con- « duisent pas toujours aux phénomènes tels « qu'ils sont. Les phénomènes ne conduisent « pas toujours l'autre à des principes assez « évidents. Les bornes qui, dans ces deux « routes contraires , ont pu arrêter deux « hommes de cette espèce, ce ne sont pas les « bornes de leur esprit, mais celles de l'es- « jirit humain. » Il est certain qu'il a beaucoui) contribué à secouer le joug ciu'un respect mal entendu pour l'antiquité avait fait subir aux esprits même les plus propres à penser par eux-mêmes. Il est certain encore qu'il a réussi à bien des égards à démolir l'édifice de l'ancienne philosophie , quoiqu'il n'ait peut-être pas réussi également dans la construction de celui qu'il a entrepris de lui substituer; ce qui a fait dire à Voltaire :

Ma raisin n'a plus de foi Pour René le visionnairp :

Songeur lie. la iiniuelle Ici, Il éiiloull plu>(|irri n'éclaire.

Dans une é|iaissf oliscurilé Il fait lirùler des étincelles; Il a gniNeineul oétiilé Lu las brill.ml d'erreurs nouvelles Pour mettre a la place de celles De la bavarde anUquilé.

Sa philosophie essuya après sa mort, les plus

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grandes contradictions. L'illustre Huet lui port.i de rudes coui'S par un ouvrage d'une latinité exquise , intitulé : Censura philosopfiiœ cartesianœ, Paris, lt?2V, in-12. On mit tout en usage pour la iiann^rdes universités et d. s écoles. Il y eut une vive querelle dans celle d'Angers , pendant plusieurs années. Le célèbre P. Lami, de l'Oraloire , qui enseignait alors dans celte ville, fut la victime de Sun attachement au cartésianisme : on l'exila à Saint-Martin de Miseré, au diocèse de Grenoble. Le général de l'Oratoire défendit à tous d'enseii^ner la nouvelle philosopliie. Cette querelle fit naître plusieurs écrits oubliés à présent. VEloge de Descartes, par Thomas, remiiorta le prix de l'Acadéaiie française en ITGo. On peut voir aussi sa Vie par Baillet ; m.iis Thislnrien est souvent admirateur et qu. Kiuefois enthousiaste, quelque froid qu'il soit d'ailleurs. M. Emery, supérieur du séminaire de Saint-Sulpice, auteur des Pensées de Leibnitz, et du Christianisme de François Bacon, a publié, en un vol. in-b*, 1 s Pensées deHescarles sur la religion et la morale. Elles ioiit partie du tome 11 de la grande coll'Ction des Démonstrations évangéliques , en 18 vol. u>4° , publiée par M. ralib;- .Mi.ne.

DESCHAMPS (Jacques) , docteur de Sorbonne, curé de Dangu, né à Virummervilie, diocèse de Rouen, le 6 mars 1U77, moit le 3 octoure 1759, eut les vertus . t les conn dssances de sou état. Ou a de lui une traduction nouvelle du propliète lsaui,qui eut un certain succès, et q i es-uya quel:[ues critiques. Elle parut en 1760, iii-1-2. il avait uu zèle extraordinaire lOur l'éducation de la jeunesse; les jeunes plantes, cultivées sous ses ,\eux, portèrent des fruits précieux à larclit,ion et à l'État.

DESCHAUIUÈKES jJt; an-Joseph), doit le nom de famille et dt Claude, naquit en 17't4 à Fougerole-, dans le hameau de Descharrières, dont il i)rit plus tard le nom. 11 embrassa l'éiat ecclésiastique et devint aumônier d'un régiment n'artillerie. Pendant qu'il exerça cet euiploi, il s'appliqua à l'étude des mathématiques, et apprit la théorie des manœuvres du canon. Pourvu en llb'S de la cure de Samt-Loui), il entra en correspondance avec les savants de la [irovinci-, notamment avec les biMiédiclins do Luxeuil et de Faverney. En 1791 , il refusa le seruient et il passa en Suisse ; lorsque le calme fut revenu, il rentra en France et alla demeurer à Bell'ort, où il était professeur à l'école secondaire en 18J8. Sous la reslaur.tion, il fut nounué aumôiuer du collège de Strasbourg; l'état de sa sauté l'ayant obligé de résigner ses fuucliuus.il devnit vicaire de la paroisse ie Saiut-Jeui dans la nuuue ville. Il mourut le 8 mai 1831 , laissant (|uel(|ues écrits: l'Jssai sur l'histoire militaire du bourg de Saint-Loup, chef-lieu de canton du département de la Uitute-Saône, dédié aux gardes nitionales par uu citoyen, au t>hamp-de- Mars (Vesoulj, 1790, iu-S" de k.i pages, qui n'est, (ht l'imteur dans sa (iréfaee , (ju'uiie petite seetioii d'un ouvrage qui serait intitulé: Hitloirenncienni' et moderne, générale et

particulière, ecclésiastique, cii'ile, judiciaire, militaire, morale, politique, naturelle, littéraire et critique du bourg, paroisse et baronnie de Saint-Loup en Vosges , terres et pays de surséance entre la Lorraine et la Franche- Comté ; Essai sur Vhisloire littéraire de Belfort et de son voisinage, Belfort, 1808, in-l-2 ; Histoire delà vie de M. Franc. -Julien Pierron, chanoine curé de Belfort, mort en odeur de sainteté, Strasbourg, 1826, in-12 de72|iages ; Observations sur les anciennes fortifications et sur les écoles d'artillerie en France, ibid., 1818, in-8° de 16 pages. L'^iibé Descharrières a de plus laissé eu manuscrit une Histoire générale et particulière de l'artillerie française, i\yx\\ annonçait, en 1789, cominedevant être bientôt im|irimée.

DESCOUUVIÈRES (Jean-Joseph), missioi:naire, né vers 17W k Goux-ls-Usies, bailliage de Pontarlier , fut d'abord vicaire à Belfort. Mais cédant enlin au désir qu'il avait toujours nonrri de partager l<s travaux et les périls des missions apostoliques, il vint à Paris pour se [(réparer à entrer dans cette nouve'le carrière, par la prière, l:i retraite et l'élud ■. On l'envoya dans la mission de Loai go, 011 se trouvaient deux ou trois prêtres, et on lui adjoignit l'abbA Joli, chanoine de Saiut-Malo, qui avait résigné son bénéfice pour porter la parole de Dieu dans les co,:tiées lointaines. Les deux saints j.rètres s'étant embarqués à Nantes, en mars 17u8, trouvèrent, en arrivant à leur destination, que les missionnaires, persuadés que tous les efforts qui seraient faits jiour convertir les habitants du pays seraient inutiles, étaient retournes en France. Lecr iireraier mouvement fut de suivre cet exemple : mais UB nègre chrétien, (|ui les pria .l'instruire et de haptiser .sa femme et se» enfants, Jes décida \\ s'établir dans le pays de Kakongo , dont le roi les accueillit avec intérêt et les engagea à demeurer dans sa capitale. L'abbé Descourvières etson comjagnoii virent leurs travaux produire des fruits abondants ; mais la santé du premier exigea qu'il quiltiitpour un temps 1' \fri(iue, ei il s'emhaïqua [lOur la France eu 1770. L'.ibbé Joli le rejoignit peu de temps anrès, |)our e même motif. Mais leur zèle les rajipela iroiiiptement au Kakon^f), et l'ahbé D'-courvières. nommé préfet 6' la mission, y amena eu 177;!, outre son tidèle compagnon, (piaire |irètres et six jeunes et forts c ,lt valeurs pour cultiver les terrains que le roi du pays avait promis decoiuéderaux niissin nair s.t'e nionarijue, en eifet, jiarut heureux de r 'Voir les missionnaires , mais rinllui'iiie meurlrièn' du rliniat pii'.a de prc^ipie tous .ses cumpagncins l'abbé Dcscouiv èies, (jui dut faire un uouve.iu voya;;e en France, en 1775% Quatre ans plus tard, il partit pour la Cliiiie avec le titre deprocuieui' général des missions fiai.raises, et il s'établit à .Niaeao, u'oii il pnuvail coiresjiundre .ivcc les ditleientes maisons étai)li'a eu Chine. La persi'culioii qui recomiueiiça contre les chrétiens danscepaNS Tobli-tea de revenir en France où l'allendaieni d'autres persécutions. Le Hiissiommire expulsé

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do sa patrie en 1793, alla se réfugier à Rome, où il uiOLirut le 6 aoQt 180i. On a de lui une Grammaire et un Dictionnaire kakongais et plusieurs auties ouvrages m :nuscrils. L'abbé Proyart s"est beaucou;) servi de ses aié- OJoires pour ié(lij;er YUisloire des royaumes de Loango, Kakongo, etc. On trouve il iiis le Recueil des nouvelles lettres édidantes , Par:s, 1818, 8 vol. in-12, un extrait du journal qu'il tenait à Macao, tom. V, pag. 5oij; une Lettre, ditée de la même villr, 23 décembre 1753, tom. M, p. 351. l.'Histoire de la persécution de la Chine, 17H3-178G , qu'ony lit, tom. II, pag.3.J et 98, a été rédij^ée sur sa corres[)(indance.

DESCROCHEÏS ( dom Pierre), bénédictin réformé de la congré^^ation de Vannes, né à Verdun au commencement du xvii' siècle, mort dans ral)ba.ye de Saint-Arnould à Metz le 14 juin 1G72, était parvenu par son mérite aux premières charges de son ordre. Indépendamment de divers mémoir-'S, insérés dans le tome IV de la Gallia christiana, Descrocliets avait composé les histoires des abbayes et monastères de Metz, qui sont restées manuscrites. — Dom Charles DesckociiErs,aulre bénédictin, mort enlGbi;\ Chiny, a laissé : Elhica, seu philosophia moralts, christiana, religiosa, Paris, 164(j, in-12, déiié au [irince de Conti, abbé de Ciuny. De pkis on lui attribue le livre q li a pour litre : Instance contre la manire d'explii/aer la présence réelle du R. P. Uesgabets. Iiiilin, il est auteur d'une Quadruplex demonstralio christianismi credeitUi, en manuscrit.

DESESSAHTS ( Jea^-Bapuste ), diacre appelant, |)lus connu sous le nom de Poucet, né à Paris le 9 lévrier 1G81, mort dans la même ville le 23 décembre 1762, prit une part :rès-active aux disputas sur les convulsions, et passa en Hollande, où il employa toute sa fortune à acheter des m.iisons'et procurer des asiles aux Fraiîc^ais réfugiés. On a de lui : des Livres sur les convulsions, au nombre de quatoi'ze; et plusieurs autres opuscules ( n faveur de son paiti.

DESESSAH'l S (Alexis), frère du précédent, né à Par s en l(i87, embrassa l'ct.il ecclésiastique. Il fut au nombre des apjielants, et concourut aux écrits publ.és contre la huile en 1713 et 1714. Il avait quatre frères, tous ecclésiasliiiues et tous lie la même opnion. Leur maison était le lieu de conférence, et comme le bureau dailrosse. Alexis Desessaits |)rit i>art à toutes les questions de ce l temps; il fut un des plus chauds partisans du figurisme, cl écrivit contie l'abbé Débonnaire qui attaipi.iit ce Système. I'o//.Etémaiie- On a de lui : Traité de' la veiiue d'tlie, 1737, in-12; Défetise du sentiment des SS. PP. et des auteurs catholiques sur le retour futur d lille et sur la véritable intelligence des écritures, J7.'{7, ii;-12; Suite de la Défense, etc., 1740, 2 Vul. in-12; l'xamen du seiitiiaent des SS. PP. et des uiiriens Juifs sur la durée des siècles, 173'J, in-l2; Dissertation où l'un prouve que saint Paul il enseigne pas que le mariage puisse être rompu lofug'i'une des par- *if mnbratte la religi<m ehrélUnne, Paris,

1765, in-12; Difficultés proposées au sujet d'un éclaircissement sur les vertus théologales, c<mire Peit-Pi^d, 1741; Doctrine de saint Thomas sur l'objet et la distinction des vertus théologales, 1742; Défense de cet écrit, 1743. Il mourut le 12 mai 1774.

DESFOURS DE LA GENETÎÈRE ( Claude- François ), convulsionnaire, né à Lyon en 1757, puisa dans sa famille et chez les oratorieris de Juilly chez qui il fut élevé, les prnicipes reli,4eux de l'école de Port-Roy .1, qui étaient ceux du jansénisme. La cour des m innaies de Lyon, dont son père était président, fut supprimée quel jues an; ées avant la révolution; mais s n père lui laissa une foi tune assez considérable que Desfours consacra à la propagation des erreurs qu'il avait adoptées. On connaît les prétendus miracles opérés sur le tombeau du diacre Pans en 1731, et qui donnèient heu aux fameuses convulsions, d'où naquit parmi les jan-énistes une secte nouvehe. Desfours la soutint en faisant imprima' des livres au mo en de presses clandestines. La révolution française parut à .sesyi-ux comme un ch timent iilligé par le liel a la na ion et aux Bourbons pour avoir persécuté les discijdesde Port-Royal. Le concordat de 1802 mit la division parmi les convulsionnaires, et Desfours fut du nombre de ceux qui refusèrent de reconnaître la nouvelle orgini^ation ue l'Eglise gallicane. Un voyage qu'il lit en Suis>e pour conférer avec qu Ique.s sectaiies éveilla les soupçons du gouvernement consulair.', qui lui til s bii SIX mois de cajilivité au Tem[jle. IMais Deslours ne donna jflmais dans les excès de certains cimvulsionnaires, et ses mœurs restèrent irrépiocliab:es. Rendu à la liberté, il fut de nouveau for.ement préoccupé de l'idée de la conversion du pei.ple juif au christianisme, qui é^ait le grand but de l'oeuvre les Convulsions. Il aurait même épousé u e jeuni' Israélite, sans la vive improbation de sa famille et de ses amis qui l'en détourna. Dans l-s dernières années de sa vie, divisé d'opinion avec ses frères et amis, et tombé dans une profonde indigence, il se retna chez une vieille demoisille de Lyon, et y mourut le 31 août 1819, à 02 ans. Il ne voulut accepter les derniers secours de la religion que d'un [)rêtip diss dent, et le clergé de sa paroisse s'abstint d'assister à ses obsèques. Ses partisans, le regardant comme un saint, se partagèrent ses vêlements et ses cheveux. S^-s priucijiaux ouvrages sont : Les trois états de l'homme, 1788, in-8", sans lieu d'imixessiou. Ces trois états sont : avant la loi, sous la loi , sous la grâce. Il est inutile de dire que l'auteur présente ces trois états d'une niaoière conforme à ses 0()ini(jns religieuses ; Protestation contre les calomnies, Lyon , 1788. Cette brochure est un pamphlet contre un écrit d'un d imnicain, le P. Crêpe , (pu avait pour titre : Notion de l'œuvre des convulsions et des secours, surtout par rapport à ce qu'elle est dans le Lyonnais, le Forez, le jy<konniiis , et du crucifiement public de Fareim, L>ou, 1788, iii-12, de 304 itages; Recueil de prédictions intéressmUss

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faites aepuis 1733 par diverses personnes sur plusieurs événements importants , 1792, sans lieu d'impression , Lyon , 2 vol. in-12. Ce n'est qu'un recueil d'extraits de discours de ditïérpnts convulsionnaires. Ces fragments indigestes , placés jiar ordre chronologique, portent chacun la date du jour et de l'année, depuis le 26 mars 1733 jusqu" au 31 mai 1792. Ils appartiennent en grande iiarlie au frère Pierre (l'avocat Pinaulf), au frère Tliomas, à la sieur Marie et à la sœur Holda (mademoiselle Fontau) , qui est considérée par les convulsionnaires comme la prophétesse de la révolution. On remarque dans le style de ces prétendus voyants une alfect ation visible de vouloir iuiiter les vérilables prophètes de l'Ecriture. Toutes ces prédictions, relatives au rétablissement des jésuites, à la constitution civile du clergé, à l'invasion étrangère, etc. , sont noyées dans un interminable fatras d'éloges pour les jansénistes, de choses et d'expressions incohérentes. Celles de la sœur Holda, par exemple, sont délayées , dans l'original , en 33 volumes in-12. L'abbé Grégoire a plus d'une fois cité le livre de Desfours dans son Histoire des sectes religieuses; Avis aux catholiques sur le caractère et tes signes des temps où nous tnvons, oti De la conversion des Juifs, de l'avènement intermédiaire de Jésus-Christ, et de son règne visible sur la terre , ouvrage dédié à M. de Noé , évêque de Lescar, sans lieu d'impression , Lyon , 1795 , in-12. Desfours donna ensuite trois Abrégés (en 1799), du livre de Montgeron , intitulé : La vérité des miracles opérés par l'intercession de M. de Paris et autres appelants , 3 volumes m-k' , avec figures; Recueil de prières, 1 vol. iu-18, sans date et sans titre ; mais il n'est pas antérieur h l'année 179V, car on y trouve des allusions à la mort de Louis XVI, de Marie- Antoinette et de madame Elisabetii. Le reste renferme des oraisons , soit pour demander le rappel du peuple juif , la venue du prol)hète Elle , soit en l'honneur du bienheureux François de P. (Paris) , qui est le thaumaturge de la secte ; La véritable grandeur , ou La constance et la magnanimité de Louis XVI dans ses maux, dans ses liens et dans sa mort, poëine il" chant), Lyon, 1814, in-8'. Ce poëme n'a pas été achevé , l'auteur ét.nit mort ])endant qu'il s'occupait de ce travail. Desfours de la Genetière a , de plus, publié comme éditeur les deux ouvrages suivants : Instruction sur les vérités et les avantages de la religion chrétienne , suivie d'une instruction historique sur les maux qui affligent l'Eglise, et sur les remèdes que Dieu promet à ces mau.r par la tradition et par l'Ecriture, 1795, in-12. Jnepieneput, (|ui en était l'auteur anfinyme, s'est plaint (iiii! Desfours y ail fait des interealations ; Avis aux fidèles sur la conduite qu'ils doivent tenir dans les disputes qui afiligent l'Eîglise, 1796, in-12. L'un et l'autre de ces ouviagcs jiortent l'appiobalion de l'abbé Forbui, grandvicair(! du diocèse d'.Vin.

DESGABETS (Robert), né dans le diocèse de Verdun, bénédictin de Saint- Vannes, pro-

cureur-général de sa congrégation , fut un de ceux qui contribuèrent le plus à mettre les sciences en honneur dans son corps. Il essaya la transfusion du sang sur un de ses amis à Paris; mais cette découverte ayant été négligée pour lors , les Anglais se l'approprièrent, selon leur habitude , quoique Desgabels en eût eu la première idée et l'eût exécutée. Ce savant bénédictin mourut à lireuil, proche Commerci, en 1678. On a de lui plusieurs ouvrages, la plupart manuscrits. Il écrivit beaucoup sur l'Eucharistie. Il voulait trouver quelque manière d'expl quer ce mystère ineffable, suivant les principes de la | hilosophie. Il valait mieux l'adorer humblement selon les principes de la loi. C'est ce qu'il fit, lorsque ses supérieurs lui eurent fait sentir qu'ils craignaient qu'il ne donnât quelque atteinte à la croyance de l'Eglise.

DESGALLARDS (Nicolas), en latin Gallasius, ministre protestant de Genève, fut envoyé h Londres, en 1360, pour y établir une église franc lise, assista, en 1361, au colloque de Poissy, et était, en 13G1, ministre de l'église d Orléans. On a de lui : Commentnrii in Exodum cum textu biblico , Ginève , 15G0, in-lol. ; Assertio de divina Christi Filii Dei essentia adversus ncarianos , Orh'ans , 1566 , in-8° , traduit par lui-même en français, selon Duver iier , sous ce titre : Défense de la divine essence de Jésus-Christ , Fils de Dieu, contre les nouveaux ar'ens, Lyon, IbCli, in-8°; une traduction latine delà Briève instruction pour armer tout bon fidèle contre les erreurs des anabaptistes, ouvrage de Cahin, avec qui Desgallards avait eu des relations ; une traduction latine du petit traité du môme auteur sur la recherche des reliques, et quelques autres traductions. C'est de lui (ju'cit la Préface qui se lit en tète du Nouveau Testament, dans la Bilile de Calvin, publiée chez Conrad Badius , 1561 , in-folio. t-Iais ce que Desgallards a fait de mieux , c'est son édition de saint Irénée : D. Ircnwi episcopi Lugduncnsis opéra, seu libri quinque adversus porlenlosas hœreses Valent ini et aliorum, accuratius quam antehac emendata; additis grœcis quœ reperiri potuerunt , opéra et diligcn^ tia Mivolai Gallasii , una cum ejusdem annotalionibus, Paris, 1370, in-folio.

DESGKANGES (.Miciiei.'. Voy. Df.gbanges.

DESGLEUKOIS (Marie-Nicolas), prêtre du diocèse de Troyes, né vers 1580 h Arcis- ^ sur-Aube, prêcha avec distinction la parolede Dieu dans les églises de la ville de Troyes et dans les diverses parties du diocèse. Le temps que lui laissaient ses fonctions sacerdot.des. il le consacrait à l'étude de l'histoire, pnrliculièrenient îi l'étiule de l'hisioire ecclésiastique. Ayant eu souvent occasion de jirèchrr des j)anégvr (pies de saints, il fut amené i» faire des re<'lierches sur leur vie, cl examina avec autant d'intelligence que de soin une foule d'anciens aetes , de chartes, de légendes cl autres monuments; aussi les écrits qu'il a laissés sont-ils estimés. En 1660, il fut nommé à un canonu-al de 1 église de Troyes : il s'en démit en 1675, cl mourut le 22 décembre 167G. On a do lui : La sainteté chré-

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tienne , contenant les vies , morts et miracles de plusieurs saints de France, eîc, avec l'histoire ecclésiastique du diocèse de Troi/es, 1G37, in-i" ; Les ve'rités de saint Avcntin , 16ii , in-12 ; Sancti Lupus et Memorius cum Attila rege, 16V3, in-8°, dissertation sur le passage d'Attila par Tvoyes; Ephemeris snnctoram insignis ecclesiœ Trecensis, etc., Troyes, lGi8, in-12 ; Les Vies des évéques de Troyes, etc. En 1720, on retrouva les copies que i"abl)é Desguerrois avait faites des Vies originales de saint Alilérad, mort en 1004, et desaiutGaond ou Gand; dom Martenne fit entrer cette dernière dans son Thésaurus anecdotorum , et l'abbé Brevet, chanoine de Troyes, publia la première , qui renferme des faits intéressants pour l'église de cette ville.

DESHAYES, ancien curé d'Auray, vicairegénéral du diocèse de Vannes , commença à Auray l'exercice du saint ministère. 11 dota cette ville des institutions les plus utiles, parmi lesquelles on peut citer Thùpita:! , la thartreuse , où de jeunes sourds-muets reçoivent le bienfait de l'éducation , enfin le collège érigé par lui et devenu si florissant sons la direction des PP. jésuites auxquels il l'avait confié. Nommé le 17 janvier 1821 supérieur général des missionnaires du Saint-Esprit et des Filles de la Sagesse, l'abbé Deshayes montra dans ce poste important les talents d'un administrateur consommé et la sagesse d'un directeur pieux et éclairé. Animé d'un zèle ardent, il sut communiquer son infatigable activité à tout ce qui l'entourait. Il créa une foule d'oeuvres utiles. On lui doit l'établissement , à S;iint- Laurent-sur-Sèvres , de la congrégation des Frères de l'instruction chrétienne , pour l'éducation des enfants des campagnes; la fondation des Sœurs de l'instruction chrétienne de Saint-Gildas ; l'institution de la Petite- Providence à Saint-Laurent , où soixantedouze enfants pauvres et abandonnés sont logés et nourris, reçoivent une éducation chrétienne, et apprennent un état qui les met ensuite à l'abri du besoin. La congrégation des Filles de la Sagesse prit sous son administration le plus heureux accroissement, et compte presque quinze cents religieuses, répandues dans près de cent cinquante établissements. Sa mort, qui arriva le 2S décembre 1841, fut sainte comme l'avait été sa vie entière.

DESIDERl' (Hippoi-YTE ) , jésuite missionnaire, né à Pistoie en 1684, mort à Rome en 1733 , fut destiné h la mission du Tibet , et partit en 1712 pour les Indes, il prolita d'un séjour qu'il lit à Surate en 1714 pour apprendre le persan. De cette ville il se rendit à Delhy, où il rencontra le P. Freyre , avec qui il continua sa route pour le Tibet. Us arrivèrent enfin au terme de leur voyage, non sans avoir couru les plus grands dangers au milieu des montagnes qu'il leur faillit traverser. Ils s'arrêtèrent d'abord à Latac, puis, en 1716, ils se fixèrent à Lassa , où le P. Desideri resta jusqu'en 1727. Des obstacles de tout genre qui leur furent suscités tant par la défiance des habitants du pays DiCTioNN. DE Biographie relig. l.

que par la perfidie de trafiquants intéressés ne purent ralentir leur zèle ; mais les plaintes que les capucins adressèrent au pape firent rappeler le P. Desideri en Europe. A son arrivée à Rome , il remit à son tour à la congrégation de la Propagande trois requêtes contre les capucins missionnaires , et demanda à retourner dans les missions, mais sans l'obtenir. On a de lui une Lettre dans le XII' tome des Lettres édifiantes, et Zaccaria en a reproduit une autre dans sa Bibliotheca Pistoriensis, page 185. Le P. DC'^ideri a traduit en latin le Kangiar ou Sahorin, livre sacré des Tibétains , qui a été publié en 108 volumes, par Zoukaba , homme réputé saint chez eux. Desideri préparait d'autres ouvrages lorsqu'il partit pour l'Europe. Le collège de la Propagande possédait plusieurs de ses manuscrits.

DÉSIRÉ (Artus), prêtre animé du zèle le plus ardent contre le calvinisme, mais qui n'avait pas le talent de le combattre avec esprit, entra dans la ligue, et fut arrêté en 1561, comme il était sur la Loire pour se rendre auiirès de Philippe II, roi d'Esp;tgne. Quelques ligueurs l'avaient chargé d'une requête à ce prince, pour le prier de venir au secours de la religion catholique, que l'on croyait près de périr en France. Désiré fut condamné par le parlement à une amende honorable et à 5 ans de prison chez les Chartreux. Ses ouvrages, qui sont en grand nombre, ont des titres singuliers, assortis è l'esprit de son siècle; et les bonnes raisons qu'ils renferment ne sont pas exposées avec la gravité et la dignité convenables. Désiré mourut vers 1579, âgé d'environ 70 ans.

DESISTRIÈRES (François) , né vers le milieu du xvi' siècle à Aurillac, d'une ancienne famille, fut avocat en la cour de parlement de Paris , prieur de Saint-Etienne, chanoine célérier de Saint -Gérand d'Aurillac. Contraint de quitter Paris par suite des guerres de religion, il revint dans sa ville natale, où il travailla à divers ouvrages qu'il se proposait de publier; mais le suivant est le seul qui ait été imprimé : Discours de la tenue des conciles, sur une dispute avec un religieux de l'ordre de Saint- François , Clermont , 1594, in- 12 de 57 pages. L'auteur y paraît l'adversaire déclaré de !a ligue.

DESJARDINS (Philippe-Jean-Louis), vicaire général du diocèse de Paris, ne le 6 juin 1753, à xMessas près Meung, étudia la théologie au séminaire de Saint-Sulpice, où. il devint maître des conférences , et il fut reçu docteur en Sorbonne en 1783. Nommé bientôt chanoine, officiai et grand vicaire à Bayeux , il quitta ensuite ce diocèse par suite de quelques démêlés qui répugnaient à la noblesse de son caractère, et à l'époque de la révolution il était grand-vicaire et doyen de la collégiale de :deung, dans le diocèse d'Orléans. En 1792, il dut émigrer comme tant d'autres ecclésiastiqsies vertueux, et il se retira en Angleterre, où le célèbre Burke lui fit donner une mission pour le Canada par le gouvernement anglais

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L'abbé J)esjardins demeura alors dans ce pnys, et il s'y fit aimer par ses heureuses qualités comme par le zèle avec lequel il remplissait les fonctions de s-.m ministère. Le retour du calme en 1802 le (iétenniua à rentrer en France, et il fut nonimù à la cure de Meung. Le cardinal Caprara, légat du pape, le fit ensuite venir à Paris [lour l'attacher à sa légation, et peu de temps après, le cardinal de Bi^lloy le nomma curé de la paroisse des Missions-Etrangères. Sur ces entrefaites une lettre à lui adressée par le prince Edouard, duc de Kent , qu'il avait connu à Québec, appela sur lui les vexations de la police. Il se vit conduit, de prison en prison, jusqu'à Verceil, ville piémontaise, dont heureusement les notables prirent à cœur d'adoucir p<!ur lui les amertumes de la caiitivité. Les événements de 1814 le rendirent à sa paroisse, et en 1819, le cardinal de Périgord le nomma grand-vicaiie. Il fut aussi membre du conseil des ))risons et supérieur de quelques communautés religieuses. En 1817 l'évèché de Mois et en 18-23 l'évéché de Chàlons lui furent offerts; il les refusa, comme précédemment il avait refusé celui de Québec dans le Canada. Le pillage de l'archevêché en 1831 lui ayant fait perdre tout ce qu'il possédait, il accepta l'hospitalité que lui offrirent les religieuses de Saintl^iichel, et c'est dans leur maison qu'il mourut le 21 octobre 1833, regretté de tous, mais particulièrement de larchevèque qui se plvil souvent à le consulter. A Texcei'tion d'un journal de son voyage enAmérique,ilont il détruisit lui-même la plus grande jiartie, il ne [laraît pas qu'il eût rien écrit. Il avait commencé la j)ublication d'une Vie des saints, dont l'impression devait se faire «vec luxe; mais il ne l'a [las continuée. On a publié, in- 8°, une Oraison funèbre de M. l'abbé Desjardins, docteur de Sorbonne, t^icairc général de Paris, prononcée le 25 octobre 183V dans l'église du monastère de Saint-Michel, en présence de Mgr l'archevêque de Paris, [lar M. l'abbé Olivier, curé de Saint-Roch, devenu depuis 6vùqued"Evreux.

DESLOIX (Jean), religieux dominicain, docteur en théologie, né vers IStiS à Tournehem, dans le diocèse de Saint-Omer, fut élu provincial de son ordre dans les Pays- Bas en 1611), devint en 1(523 inquisiteur de la fui pour Besançon et le comté de Bourgogne, et m^urutdans le couvent des Dominicains de Saint-Omer le 22 janvier 1658. On a du Père i)e-iloix : Spéculum inquisitionisJiisuntinœ cius oniciuriis exhibifum, [)ùle, 1628, in-S" : cest 1 énumération des droits et privilèges accordés par les papes aux inquisiteurs, avec des instructiuns pour leur con-^hiitu dans cette fonction; Jus canonicum

f)ro oflicio sanctœ inquisilionis, imprimé à a suilo du précédent ouvrage; Exercices sniritae.ls pendant la célébration de la sainte ihsse, Douai, 1017, 'u\-i2; L'inquisiteur de la foi, trad. en partie du Spéculum, Lyon, i^i'i'^, in-l-J.

DESLYONS (Jea-h), docteur do Sorbonne, doyen et théologal de Seulis , naquit à

Ponfoise en 1615, et mourut k Senhs en 1700, Agé de 85 ans. C'était un homme singuher, qui ordonna par son testament de l'enterrer dans un cercueil de plomb. -< Ce « n était pas par pompe, disait-il, mais pour « s'élever contre l'abus presque uni\ ersel « d'ensevelir les morts les uns sur les autres, a soit dans les églises, soit dans les cime- « tières; » ce qu'il croyait être contre le 15* canon du concile d'Auxerre, qui dit : Non licet morluum super mortuum milti. Il faut convenir (pi'aujourd'hui surtout, dit Feller, on a trop peu ilo respect pour ces pauvres restes de l'humanité chrétienne {Voij. le Journ. hist. et litt., 1" mai 1688, p. 3 et suiv.j. On a de lui un grand nombre d'ouvrages écrits d'un style dui'; mais l'érudition y est versée à pleines mains. Les princii)aux sont : Discours ecclésiastiques contre le paganisme du Roi-Boit, 166V, réimprimés en 1670, in-12, sous le titre de Traité singulier cl nouveau contre le paganisme du Jioi-lioit. Il s'élève fortement, mais non sans quelque ridicule, contre le gAleau des rois et la fève. Bartliélemi, avocat de Senlis, lit une longue Apolo' gie du banquet des rois, 1C6V, in-12. La vérité est que ces usages populaires, quand même leur antique origine serait un peu suspecte, sont très-innocents en eux-mêmes et dans, l'esprit de ceux qui les pratiquent. Et c'est depuis cpie ces divertissements de famille ont fait place à des réjouissances de parade et de cornqUion, que les mœurs sont si étrangement changées. Lettre ccclésiastirque, touchant la sépulture des prêtres, où l'auteur combat cuntre ceux qui (trétendent que les prêtres, comme les laïques, doivent être enterrés la face et les pieds tournés vers l'autel; un Traité de Vancien droit de l'évéché de Paris sur Pon toise, 16'.IV, in-S"; Défense de lavéritable dévotion envers la sainte Vierge, Paris, l(iol,in-V°. Au reste Deslyons, à ses singularités près, était un homme très-estimable, savant, passionné pour les anciens usages do lEglise, ne désirant que de les voir réiablir, prècliant autant jiar son exemi)le que par ses discours, et jiratiquant la vertu avant de l'enseigner.

DI'^SMAHIS. Voq. Gkostustr.

DKSMARES (Tocss\int), prêtre de l'Oratoire, célèbre par son fanatisme, né en 1599 à Vire en Normandie. On lo députa ii Uome pour défcndie les opinions de J;iiiséiiius. Il prononça à ce sujet devant Innocent \ un discours qu'on t.ouve dans le Journal de Saint-Amour. Son att.ichement aux idées de révè(iuo d'Vpres lui attiia des disgrlces méritées. On le chercha pour le conduire à la Bastille; mais il échapjia, et se retira pour le re^lo d(! ses jours dans la maisim Ou duc de Liancoiirt, un des plus ardents dévots du parti, au diocèse de Beauvais. Lu jour que Louis XI\' y était , ce seigneur lu-.senta le Père Desmares au roi. Le vieill rd dit au monariiue : « Sire, je vous demande une « gr.ice. — Demanue/., répimdil Louis XIV, '( el je vous l'aiforderui. — Sirc, ip])ril l'o- « ratorien, permet tez-inoi do preinhe mes « luuettes, aihi que je considère lo visage

DES

« de mon roi. » Ce compliment fit du plaisir à Louis XIV, qui voyait, dans un vieillard égaré en fait de religion, la naïveté d'un sujet lidèle. Le Père Desinares luoumt en 16S7, à 8T ans, après avoir composé le Nécrologe de Port-Royal , imprimé en 1723, Jn-V". Il est fâcheux qu'il ne se soit point occupé de quelque chose plus utile.

CKS^'îAUETS. Voy. MABETs(des).

DESMOLETS (Piebhe-Nicûlas), bibliothécaire de la maison de l'Oratoir.', rue Saint- Honoré, vers la fin de 1678, moit le 2j avril 1760 à Paris, s'attacha particulièrement à l'histoire et se fit un nom eu ce genre. Mais c'est surtout comme éditeur qu'il se rendit très-utile. On lui doit : l'édition du second volume de Vllîstoria Ecclcsi e Parislensis, du P. Gérard Dubois, qu'il donna, de concert avec le Père Barth. Deiavjgne, Paris, 1710, in-folio; l'édition des 3' et k' volumes de l'Explication des cérémonies de l'Eglise, de dom Claude de Vert, son oncle, avec son Elnge iiislor'que, Paris, 1713, 2 vol. in-8° ; il termina et i evit lo traité Ds tabernaculo fœderis, du Père Bern. Lami, et y joifjnit, indépendamment d'une préface et d'une notice latine, une di>sertaiion De Templo Salomonis, pleine d'érudition, Paris, 17:20, in-folio ; une édition de l'Apparatus biblicus , du même, corrigée et augm., Lyon, 1723, ini", avec figures; une édition de la Bibliotheca sacra, du P. Lelong, avec une 'Me de l'auteur, Paris, 1723, 2 vol. in-folio; il termina les Institutiones catholicœ, du Père Pouget, et les enrichit d'une préface, d'une Vie (le l'auteur, d'une table alphabétique des auteurs cités, Paris, 1725, in-S" ; l'édition di'"s Sermons du P. Jean de Laroche, Paris, 1720-1726, 8 vol. iu-12 ; il dirigea avec Goujet la C(dlection intitulée : Continuation des mémoires de littérature et d'iiistoire, de Salleug e, Paris, 1726-1731, 11 vol. iu-12. La Lettre d'un professeur de l'Université d'Angers, qu'on lit dans la deuxième partie du tome 1", est de lui; l'édition de la iiV»o?ation des cas de conscience, du P. Jueniu, Paris, 17ii, 3 vol. in-12; etc.

DES.MONTiEKSDE MÉRINVILLE (René, évèque de Chdm.jéry, né en 17i2 dans le Limousin, fut évèque de Dijon, eu 1786, après avoir ctA grand archi liacre et vicaii"e igénéral de Chartres. Député aux états-g iiéraux, il vola avec le côté droit et souscrivit à l'Exposition des principes, que j^ulilièrent les évèques. La révolution l'oijligea de quitter la France; il y rentra l'un des premiers, et donua sa démission, sur liuvitation du souverain |ioniife, afirès h- Concordat. Il fut élevé sur le siège de Chambéry eu 1802, et fut chargé en même temps d'administrer le diocèse de Lyon, juscjuà l'arrivée du cardinal Fesch. Les janscuistes et les constitutionnels de cette dernière ville se plaignirent <le ce qu'il exigeait des rétractations, et lui causèrent quoJ(iue.s désagréments. 11 s'adonna ensuite tout entier au gouvernement de son diocèse di; Qiambéry, et il obtint que Genève, oii le culte catholique ( tailjusqu'alors interdit, lui accorderait le libre exercice.

Démissionnaire en 1805 pour raison de grand âge et d'infirmités , il fut nommé l'année suivante chanoine de l'église de Saint-Denis. Il mourut en 1S2'J au cliateau de Versailles, où le roi lui avait donné un loge.uent, de? suites d'une opération qu'il s'était fait faire pour recouvrer la vue qu'il 3vait perdue.

DESNOS ( Nicolas ), né à Nevers, selon M. de Sainte-Marie, un des historiens de cette ville, fut chanoine régulier de l'ordre de saint Augustin. Il dirigea ses recherches sur l'auteur du livre de L'imitation de Jésus- Christ , et il écrivit un ouvra.^e intitulé: Tliomœa Kempis can.reg. ord.^. Augustini,

f>ro recupcrato de Tmitatione Cliristi aureo ibro triumphus d( adversariis Ipro quibus rcfcllendis, mulla de abbatibus, canonicis , monachis eorumque gradu, dignitatc, nomine, antiquitate, vestibus et instiiutis pussim disserere necessum fuit) ; auctore P. Nicolao Desnos, Nevers, 1652, in-i°. Il est encore auteur d'un Traité latin. Des devoirs des chanoines séculiers et réguliers, Paris, 1675, in-8°.

DESPONT (Philippe), prêtre et docteur en théologie, est souvent regardé comme ayant été l'éditeur de la graude collection intitulée : Maxima Bibliotheca veterum Patrum et antiquorum scriptorum eeclrsiasticorum, Lyon, 1677, 27 vol. in-folio. Il en a composé la Préface et signé l'approbation, mais les vrais éditeurs paraissent avoir été Jean et Jacques Anisson , iiiijirimeurs à Lyon. A cette édition se rattachent un Epitome, en deux volumes in-folio, de Philippe de Saint-Jacques, un Index général de Simoii de Sainte-Croix , VApparatus de dom Le Nourry, qui, malheureusement ne va pas audelà du second volume, etc.; mnis la critique largement développée, la codation des manuscrits, les nombreuses éditions de chaque Père, ont rendu cette édition de Lyon bien incomilète et bien insuffisante. La seule collection qu'on |!uisse appeler aujourd'hui vraiment complète à tous les l'garus, est la vaste collection que M. l'abbé Migno a entrepris de publier, sous le titre de Cours complet de Patrologie o\x Bibliothèque universelle, complète, uniforme, commode et économique de tous les saints Pères, docteurs et écrivains ecclésiastiques, tant grecs que latins, tant d'Orient que d'Occident, qui ont fleuri depuis les apôtres jusqu'à Innocent III, et dont I impr ssion, déjà très-avancée, se continue aux applaudissements de tout l'univers religieux.

DilSPREZ-BOISSY (Charles), naquit à Paris vers 1730, embrassa la pro ession d'avocat, mais s'occupa plus pur'i .ulièrement du thé. Ire, à en Juger par le bvie qu il publia, intitulé -.Lettres stir les spectacles, 1759; 3- édition, 1780, 2 vol. in-12. Le S'coud volume est Mil Catalogue raisonné de» ouYraLges qui ont paru pour et contre les spectacles, qui avait déjà éle jinblié en 1771, 1",72, 1773, sous le titre d'Uistoire des Dm rayes foi^r et contre les tkédtres. Ce livre .do De.^iu'ez eut assez de vogue, cl le fit recevoir dons plusieurs académies tant fraui^ai-es cju'élr^ngères. On lui doit des éloges plus justes et plus

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mérités pour ua autre genre de gloire bien plus utile h la société. Il dirigea, de concert avec son frère, un établissement charit.iblc, créé pour le soulagement des pauvres honteux, et montra dans l'exercice de ces fonctions un zèle, un désintéressement, ei même une bienfaisance qui le firent beaucoup regretter de tous les gens de bien, lorsqu'il mourut presque subitement le 29 mars

DESPRUETS (Jean), docteur de Sorbonne, né vers l'an 1525, fut nommé le 10 décembre 1572, abbé général des Prémonirés, par le pape Grégoire Xlll. Depuis plus de trente ans l'ordre se trouvait sans supérieur-général exerçant les fonctions de celte charge, les cardinaux de Pise et deFerrare qui en avaient été les (lerni-rs abbés nommés, ayant joui du titre et du revenu sans i-e mêler du spirituel. Il s'en était ensuivi du relâchement dans plusieurs maisons; Despiuets, animé du zèle de son état , lit la visite des abbayes de France et des Pays-Bas , et corrigea avec bonheur les abus qui s'y étaient introduits. Ayant été chargé d'une mission par le roi auprès du pape Grégoire, il fut autorisé par le saint-père k faire célébrer la fête de saint Norbert, fondateur de l'ordre, dont la canonisation avait été retardée jusqu'alors, et chargé d'en composer l'office. Despruets assista au concile de Reims convoqué par l'archevêque Louis de Guise. Il alla ensuite visiter les abbayes de Lorraine et d'Allemagne, et mourut à Prémontré lo 15 mai 1596, après avoir eu la satisfaction de voir la discipline rétablie dans la plupart de ses maisons. On a de l'abbé Desi)ruets : des Livres de controverse, où il réfute les deux calvinistes, François Pérocel et Jean 'de Spina, qui avaient écrit contre le sacrifice de la messe et la présence réelle; un Recueil de sermons et de discours; un Traité des sacrements; de brefs Commentaires sur la Bible; Anticalvinus seii Calvinianœ pravitatis refututio. La mort empêcha l'auteur de terminer ce dernier ouvrage.

DLSRENAUDLS ou Des Renaldes (Mautial-Bokye), né à Tulle le 7 janvier 1735, embrassa l'état ecclésiastique. 11 n'était encore que sous-diacre lorscpril prononça, le 20 septemijie 177'i., dans la cathédrale de Tulle, en présence de révê(iue et des autorités, l'oraison funèbre de Louis XV, dans la.|uelle plusieurs passages annonçaient déjà qu'il no serait point l'adversaire dos doctrnies de la n'viihilioii en miitière ecclésicistique. M. de Talleyrand, qu'il assista en qualité de ïousdiacro à la messe de la fédération, le IV juillet 1790 , s'est souvent servi de sa plume , iiotammeni pour écrire le fameux rapport sur l'inslruilion pu!di([uc, qu'il présenta en 1791, et (pii fut dans le trni|)s attribué à Chau'ifort. M. de Talleyrand ayant émigré, Desrenaudes se présenta comme son fondé (le pouvoir à 1 1 barre de la convention, le 3 août 17".)o, i)Oiir demander sa rentrée en Fraiici- , cl elle fut decri'ti o sur la proposition de (;iienier. Desrni.mdes lit ^lartie du tribunal a[)iès le 18 brumaire, et 1 indépen-

dance qu'il y montra, quoique avec beaucoup de mesure, le fit comprendre dans l'élimination du premier cinquième en 1802. Nommé presque aussitôt garde des archives de la bibliothèque historique du conseil d'Etat , il devint ensuite conseiller de l'université et censeur impérial. Il fut encore censeur sous la restauration , et il eut la surveillance du Journal des arts , de l'Ami de la religion et du roi , et de la Gazette de France. Il mourut le 8 juin 1825, muni des sacrements de l'Eglise. 11 avait cessé depuis 1792 d'exercer les fonctions du sacerdoce, mais il avait conservé des habitudes graves et un costume demi-ecclésiastique. Outre VOraison funèbre de Louis XV, qui fut imprimée à Tulle, 1774-, in-i", on a de lui : Vie de Julius Açjricola , par Tacite, traduction nouvelle par Des..., an V ( 1797), in-12. Il écrivit l'article Girondins dans les Mémoires de l'abbé Georges , publiés en 1820, et l'article du comte de Narbonne pour la Biographie universelle de Michaud. Il revit aussi l'ouvrage suivant : Campagne du duc de Brunswick contre les Français en 1792, trad. de l'allemand d'un officier prussien, Paris, an m (1795), in-8°.

DESROCHES DE PARTHENA'^ (Jean- Baptiste), né sur la fin du xvii' siècle à La Rochelle, d'une ancienne famille du Poitou, devint, après avoir achevé son cours de jurisprudence, conseiller et avocat général du roi au bureau des finances à La Rochelle. Peu de temps après il se démit de cette charge et se rendit en Hollande, où il se joignit à La Martinière et à La Barre de Beaumarchais , qui avaient entrepris de grandes spéculations de librairie, et il eut plus ou moins de part aux divers ouvrages publiés par eux. Desroches fournit la traduction du Nouveau Traité du Père Hardouin sur la situation du, Paradis terrestre , et celle des Commentaires de Huet sur les Navigations de Salomon , dans le Recueil publié par La Martinière, des Traités historiques et géographiques pour servir à r intelligence de l'Ecriture sainte, 1730, 2 vol. in-t2. il donna une Histoire du Danemark , i.a Haye , 1732 , 2' édit., 9 vol. in-12 , (pie celle deiMallet a fait oublier , et une Histoire de Pologne sous te roi Auguste II , ibiil., 1733-173'i-, k vol. in-12 , qui a été attribuée aussi k IJeaumarcliais ou j'i La .Martinière, et (pii est peut-être l'œuvre cDinmuim do tous les trois. Desroches se rendit de Hollande à Copenhague, où, continuant d'écrire pour vivre , il publia la trailuclion des Pensées ou Héflcsions morales de Hulberg, et des traductions de voyages g('o^iapliiques. 11 mourut ilans cette ville |iostérieurement à l'annc'e I7().'(.

DKSSAUUL'l' (le Père Isaac-Ai.ems), jésuite , célèbre [irédicateur du xvnr siècle , na(piit «^ Saint -Flour le 21 avril 1720. 11 prêcha dans diverses grandes villes, et pronimça dt^vant li cour, en 177V. l'oraison funèbre de Louis W. l.cP. Dcssaurel mourut le 10 mars 180V. Il laissait en m muscrit un grand nombril <le sermons , panégtjriqacs , oraisons funèbres, que l'on a cru longiem|is égarés et (pji ont été retrouvés par un des

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