‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 214 sur 228 · DOL · texte numérisé non relu

DOL

« pressés de réclamer ou de justifier un pa- « reil zélateur de la liberté. Son athéisme « trop déclaré et trop pratique l'a peut-être « exclu de l'association, et a retenu les plu- « mes éloquentes qui auraient été tentées « de le réhabiliter comme tant d'autres. Il y « a cependant apparence qu'il eût trouvé « grâce aux yeux des auteurs du Système de « la nature. Les |irincipes de cet ouvrage « monstrueux sont précisément les mêmes « que ce IX de Dojet. » On dit o'i'avant de rendre r;'imo il protesta (jue ses livres contenaient des choses qu'il n'avait jamais entendues, ce qui est sans doute très-facile à croire : quel est le matéiialiste qui comprenne le galimat'as par lequel il iirétend remplacer la notion d'un Dieu ? On a de lui : Commentarii linguœ latinœ, 2 vol. infol., à Lyon, chez Gryplie , 153()-38, qui devaient être suivis d'un 3'. Cet ouvrage , chef-d'œuvre de typographie, est devenu rare. C'est une espèce de dictionnaire de langue latine par li ux communs. On avoue qu il en connaissait bien les fours et les finesses, siutout celles de Cicéron, son auteur favori; cependant il n'écrivait pas na'urelleiuent en latin : sa prose sent l'écolier qui fait des thèmes; c'est un tissu de phrases mendiées. Carminum libri IV, 1538, in-i°: ces po 'sies sont pitoyables, surto .t les lyriques; Formulœ latinarum locutionum , L>on, 1539, in-f(dio : cet ouvrage est un dictionnaire qu' devait avoir deux autres parties; Second enfer de Dolet, 1541, in-8°; De officio legoti , Lyon, l^'iS, in-i"; Francisci I facta, Anvers, Lyon, 1529, m-k°; les mêmes en français, i5'i-0, en (Tose , sous le titre de Gestes de François l", in-4"; De re navali, Lyon, 1537, in-4°; un recueil de lettres en vers français.

DOLLE (Charles-Antoine) , historien du coudé de Schaumbourg, oh il était né en 1717, mort en 1758, fut recteur des écoles k Peino, dans le d;i(hé tic Hddesheim, et surintendant des églises protestantes kLippe- Buckejjourg. On cite de lui : Recueil de faits et de documents concernant l'histoire ecclésiastique, littéraire et naturelle du comté de Schaumbourg, Huckebourg, 1751, in-8°; Supplément â I histoire dudit comté, l" partie, Rinteln. 1733; II' paitie, Sta itliagen, l'oi , in-8'; Histoire abrégée du même comté, Sladfhagen, 1756, in-S" ; Biographie des professeurs de théologie de l'université de Rinteln, llaiiau, 1752, in-8", renfermant huit Vies : il divait y en avoir quatorze autres qui n'ont pas vu le jour.

DOLLIERFS (N.), jésuite lorrain, s'est disl ngué en (Ihine par son zèle 1 1 ses travaux, depuis 1758 jusi|u'en 1780, qu'il mourut à Pékin, après avoir publié un excellent catéchisme dont plus de 50,000 exemplaires (inulent dans les provinces de ce vaste emjiire.

DOLLONE (l'abbé), docteur en théologie et en droit canon, se distingua, au nnlieu du xyin's ècle, par son zèle infatigable pour les nnssions dans plusieurs provinces de France. On a de lui deux Panégyriques de la mère

DOM

DOM

de ClMnlal, qu'il avait prononcés k Tours, dans l'église îles re!igiouses do la Visitation, le premier, pour la solennité de sa béatification, le 25 juillet 1752; et le second, pour le jour de sa fête, le 25 août suivant, Paris,

DOLMANS (Pierre), jésuite, natif des environs de Maëstricht, mort le 29 septembre 1751, a trava.Ué aux Acta sanctorum, depuis 1736 jusqu'en 1739.

DOMBIDEAU, évêque de Quimpor. Voij.

CROUZEiLi.rs.

DOMENICHI (DoMEMCO de), célèbre prélat du XV' s'ècle, né à Venise en 1416, d'une famille originaire de Uresci.t, étudi i à Padoue, puis lit son cours de théologie à Bologne. De cette vile d se rendit à Rome, où il soutint deux thèses en présence du pape Eugène IV et de toute sa our, avec un t ■! éclat que le saint-père lo nomma doyen du chapitre de Cividal del Friuli 11 ne" quitta cepL'ndant point Rome, où il occupait une cha re de t'iéologie. Nommé évOque de Torcello en 14i8, il fut bientôt rappelé de son diocèse par le | ape Calixte III, (|ui se l'attacha en qualité de référendaire. 11 accompagna Pie II au concile de Maiitoue, y défendit les |)riviiéges des évèques contre les protonotaires, ei termina une querelle qui s'était élevée entre les dominicains et les cordeliers, au sujet (iu culte que l'on devait rendre au sang de Jésus-Chiist. Il fut ensuite envoyé en Alli'magne avec le titre de nonce, alin de travail ier à réunir les [irinces chrétiens conte les Turcs, qui menaçaient l'Europe d'une invasion, et il réussit d<ins cette mission importante. Paul II, à son avènement, le nomma évêque de Brescia, l'emper ur Frédéric lil lui donna le titre de prince de l'empire, et le pape Sixte IV le nomma son vicaire gouverneur de Rome. Il mourut en l.'i-78. Domenichi avait composé un grand nombre d'ouvrages qui sont restés , |)0Uf la pliqjart, inédits. Outre une édition des Morales de saint Grégoire le Grand, Rome, 1475, in-fol., qu'il enrichit d'une préf.ce, nous citerons : Tractatus de rcfurmalionibus Romance curiœ per advisamoita, sive consideratio)ies,cuiiiallef/atio7iibus ad S.S.D. Piutn papam II, Brescia, 1V95, in-V% très-rare; De sanguine Clirisli tractatus, cui accessit alius de filiatione Joannis cvangclistœ ad B. Virginem, Venise, 1557, in-S"; Tractatus de dignitate cpiscopati , Rome, 1757 : ouvrage savant, mais ditfus, imprimé alors pour la première fois; Rudimenta ad sciendum et scrvanduin neccssaria clericis et prcsbyteris; De cardinalium légitima creatione ; des Lettres, des SerwoHs, des traités de Ihéolo.^ie. Ceux qui voudraient de [ilus amples détails peuvent consulter Tiraboschi, Storia délia letteralura italiana, tom. VI, p. 298, et le P. Deli Agostini, dans ses Scrittori veneziani, tome I", p. 386.

DOMINICY (Marc-Antoine), jurisconsulte, natif deCahors, enseigna d'abord le droit avec distinction à l'université de Bourges, puis se livra exclusivemcni à la composition de ses ouvrages, dont les plus re-

marquables sont : De Sudario capitis Christi liber singularis, C hors, IfiVO, in-4% disser-tation sur un suaire que l'on gard dt à Cahors ; Ad canonem serundum et quintum concilii Agathensis et ultimum llerdcnsis, sive de communione peregrina, in qua obiter de censuris pontificiis et desuetudine reteris canonicœ pœnitenliœ, Paris, 16V5, in-4°; Disquisitio de prœrogatiraailodiorum in provinciis Narboncnsi et Aquitanica, quœ jure scripto reguntur, Paris, Kiio, in-V. Schiller a inséré dans le tome III de son recueil de Fendis, Strasbourg, 1695, in-4°, cet écrit, qui est une réiionse au traité du franc-alleu, publié en 1637 par Auguste Galland, deux dissertations, l'une sur la descendance de Hugues Capet, en réponse à Chilllet qui lui répliqua ; l'autre sur la loi salique, en réponse à Chantereau; ces deux éciits sont de 1646. Il en publia une troisième en 1648, oîiil combat à la fois ses deux adversaires.

DOMINIQUE (saint), Loricat ou VEncuirassé, ainsi appelé parce qu'il portait une chemise de mailies de fer, qu'il n'ôiait que pour se donner la discipline. Ce n'était pas seulement pour lui que Dominique se flagellait, c'élnit pour exider les iniquités des autres, et les pécheurs commodes n'hésitaient point à recourir à la courageusp charité du bon ermite. Il mourut le 14 octobre 1060, dans un ermitage de l'Apennin. Or aurait certainement tort de blàmei- ces péni trnces extrao:diiiaires ; elles ont eu leur utilité, puisqu'en sanctifiant ceux (lui les fai saient, elles avaient encore de bons elfets sur l'esprit des peuples. « Les hommes, dit « un sa^cet pieux érrivain, ont peu de con- « ti.ince en ceux qui vivent avec eux et « comme eux : il faut de temps en temps des « hommes singuliei-s ()ui 1 s étonnent, qui « excitent leur attention pour les rendre do- « ciles pour leur faire goûtei une morale « giri leur déplaît ; Dieu en a suscité quand « il lui a plu,e', en tii'p t de la philoso[)hie, « ils ont fait beaucoup) de bien. » Yoy. fti- TRiCE, Si.MÉON Stylite, ctc. L'autcuT du Dictionnaire de philosophie a coni'ondu saint Dominique l'eucuiiassé avec le suivant ; mais ces sortes de bévues n'ont rien d'étonnant pour quiconque connaît l'érud tion d 'S philosophes modernes. Pierre Damien et Tarclii ont éc it sa Vie.

DOMINIQUE (saint), institut-ur de l'ordre des Frères-Prêcheurs, naquit à Calahorra, ou Calagora (Vieille Castillej, en 1170, de parents nobles et vertueux. A 14 ans il fut envoyé à Palencia, où était alors la plus célèlire éCi le de Castille. Le rui Alphonse IX y avait assemblé des savants de France et d Italie, et établi des professeurs de toutes les facultés. Dominique s'y distingua pendant neuf ans, par le double mérite de l'esprit et delà sagesse. Sorti de cette école, il fut fait chanoine régulier et sous-prieur de la cat lédrale d'Osma. Son évêque ayant été envoyé en France par Alphonse, pour accompagner la princesse promise à son lils, Dominique le suivit. La mort de cette princesse leur fit perdre le dessein de retourner eu Espagne :

DOM

DOM

ils se fixèrent en France avec des a'bés de l'ordre de Citeaux, légats du pape, pour tra- Yailler à la conversion des hérétiques Vaudois et Albigeois dont le Languedoc était infecté. La mission prit dès lors une nouvelle face. « Dominique , dit un théologien mo- « derne, persuadé que l'esprit d'hérésie naît « de l'oubli de Dieu, du relâchement dans son « culte et du mépris des œuvres chrétiennes, « entreprit de faire revivre la iiiété, et réus- « sit mieux par ce moyen que par la contro- « verse. Il établit partout l'usagi^ du Rosaire, « qui est un ensemble d'oraisons , composé « de ce ([u'il y a de plus autorisé et de plus « solide en fait de prières, aisé à compren- « dre, à jiraliquer, qui occupe saintement le « peuple en l'instruisant, en le touchant par «la méditation des vérités saintes; où le « simple lidèle, sans connaissance des livres « et même des caractères, suit longtemps « un ordre de prières déterminées, qui tience nent son âme élevée vers Dieu, sans con- « tention et sans gène : pratique qui a pro- « duit des Inens incalculables et en produit « encore lous les jours dans les endroits où « cet édifiant exercice s'est mai' tenu contre « la dissipation et l'inditTérence du siècle ; « pratique d'autnnt plus chère aux âmes « humbles et modestement religieuses , « qu'elle n'est pas du goût d'une dévotion « recherchée et argumentante. » Les premiers fruits du zèle de Dominique parurent à la conférence de Pamiers, en 1206. Le chef des Vauduis y abjura ses erreuis entre les mains de l'évêque d'Osma. « Les incrédules, « copistes des protestants (disent les ency- « clopédiste-), ont déclamé contre saint Do- « minique, de la. manière la plus imlécente. « Ils l'ont peint comme un prédicateur fou- « gueux et fanatique, qui préféra d'employer « contre les hérétiques le bras sécidier plu- « tôt que la persuasion; qui fui l'auteur de la « guerre que l'on fil aux Albigeois, tt des « ttJ'Uti'Jtéô dont ftlle fit arcompagnée; qui, « pour perpétuer dans l'E ^lise le zèle per- « sécuteur, sug.i;éra le tribunal de l'inquisi- « tioii. La vérité est que saint Dominique « n'employa jamais, contre les Albigeois, « que les sermons, les conférences, la cha- « rite et la patience. En arrivant dans cette « mission, il repi ésenta aux abbés de Citeaux « qui y travaillaient, que le seul moyen d'y « ré. ssir était d'imiter la douceur, le zèle et « la pauvre- é des apôtres; il leur i)crsuada « de lenvOjCr leurs équi|)ages et leurs do- « mestiques, et leur donna rexem|)le de la « charité aposioliciue. Il n'eut aucune part « à la ,uerre que l'on fit aux Albigeois. Ces « hérétiqies I avaient eux-mêmes provoquée « en prenant les armes sous la protection « des ceintes de Toulouse, de Foix, de Com- « minges et de Béarn, en chassant les évô- « ques, les prêtres et les moines ; en pii- « laiit et en détruisant les monastères et les « églises et en répandant le sang des calho- « liques. {Voy. Montkoiit, Simon.) Saint « Dominique prêcha contre les excès que « Kommirunt les croisés, aussi bien que a contre les cruautés des Albigeois. » {Èn-

cyrlop. mcthoâ., art. Dominicain.) Les succès de Dominique lui méritèrent la clnrge d'inquisiteur en Languedoc. Il y jeta les premiers fondements de son ordre h Toulouse, approuvé en 1216 par Honorius III. Le saiit fondateur, de concert avec ses compagnons, avait embrassé la règle de saint Augustin, pour se conforuier au conci'e de Latran contre les religions nouvelles; mais il y ajouta quelques [iratiques plus austères. Les frères prêcheurs , dans leur première institution, n'étaient ni men Hanls, ni exempts de la juridiction des ordinaires, ma s chanoines n'^guliers. L'année d'après la bulie d'HonoriusIII, en 1217, ils olitinrent de l'université de Paris l'église de Saint-Jacques, d où leur est venu le nom de Jacobins. Dominique fut le premier général de son ordre. Cette nouvelle famille se multiplia tellement, qu'actuellement elle est divisi'e en 45 provinces, dont il y en a 11 en Asie, en Afii'iue et en Amérique , sans c; mpter 12 congrégaiions ou réformes particulières, gouvernées par des vi( aires-généraux. Le maîire du sacré palais à Rome e^l toujours un religieux de cet ordre. Ce fat saint Dominicpie qui persuada à Honor.us III d'établir un lecteur du sacré jial lis, office pu considérable dans le commencement ; mais ceux qui en ont été pourvus depuis, ayant obtenu le titie de maitres du sacré palais, sont devenus des officiers de distinction. L'ordre de Saint-Dominique avait déjà fait de g ands jtrogrès à sa mort, arrivée le 6 août 1221. Il avait fait élire peu auparavant, au chapitre général tenu cette année, huit provinciaux pour gouvirner ses frères répandus en Espagne, en France, en Lombardie, dans la Romagne, en Provence, en Allemagne, en Hong.ie et en Angleterre. Le pape Crégoire IX. le canonisa treize ar.s après sa inorl , en 123'i-. Ceux qui voudront connaître plus [)arliculièrement ce fondateur distingué, peuvent consulter la Yir de saint Dominique , publiée ^ Paris, en 1730, in-'i-", par le P. Touron , historien des hommes illustres de son ordre. L'ordi'e de Saint-Dominique s'est toujours particulièrement distingué par son orthodoxie et sonallaclienient à l'Eglise catholique ; l'I tians ce >iccl de perversion et dedélireph:loso|ilii(jue, c'est undc ceux qui a eu dans sun sein le moins d'enfants dégénérés et corrompus. - Le P. Lacordaire, qui a entrepris de rétablir l'ordre des Dominicains, a aussi publié' mic Aie du fondateur, précédée d'un Mémoire s-ur le rélahlisscment en France de l'ordre des Frcres-Précheurs,c\ suivie d'iuie Lettre sur le saintsiége, 3° édition, 1 vol. in-8° de 700 pages, avec portrait.

DO.MlNlori' ou DOMINICI (.Ikan) , né à Florence de parents pauvres, entra, aj)rès beaucou]) d instances, dans l'ordre de Saint- Dominique, et s'y di>tingua par sa piété et par sa science. H passa jiar toutes les charges (le son ordre, et fut grand /él.ilcurde la discii)line rég.lièie. Le schisme qui désolait alors l'Eglise le touchait vivenicnl. Il en parla avec beauconn de chaleur d do fermeté à

DOM

DOM

Grégoire XII, qui, bien loJn de sen offenser, le lit arclievéïjue de Uigise, le créa ciirdinal en H08, et l'envoya, en iiualité de lé^at, au concile de Constance. 11 abdiqua q;ielqi;e temps après son arche vêcbé, et fut envoyé malgré lui en qualité de légat en Pologne, en Bohême et en Hongrie, pour travailler à l'extinction des erreurs des hu sites. Il mourut en lil9. Saint Antonin, son disciple , a fait son éloge en peu de mots : Ultra dignitatem eximiam scientiœ et sapicnliœ, monim sanctitute e/J'iilsit in ccclesia Dei. On a de Dominique un traité de la Charité' , en italien, et Lucula noctis, en latin, que l'on conserve en manuscrit à Florence, chez les Pères dominicains.

DO.MINIS (Marc -Antoine de), ex-jésuite, né en 1366, à Arbe, capitale de lile de ce nom, sur la côte de Dalmaiie, était de la famille du pape Grégoire X. li cjuitta la sociét '■ pour être évèque de Segnia en Dalmatic, et obtnt ensuite l'archevêché de Spalat o. Les caresses des proies ants et l'espérance d'un grand repos el de la liberté , l'attirèrent en Angleterre en 1616. Ce voyage était, à ce qu'il disait, pour travailler k la réun.on des religions , mais réellement pour habiter un pays où il pût faire imprimer ses ouvrages sans craindre le ressentiment des catholiques. Durant son séjour en celle île, il publia, en 1619, l'Histoire du concile de Trente, par Fra-Paolo; sous le nom de Pierre Soavo Polano, anagramme de Paul Sarpide Venise. Ce prélat inquiet et entreprenant ne l'ut pas inutile au roi Jacques I", dont la passion dominante était celle de paraître docteur. Au milieu des témoignages d'amitié, de res|iect et d'estime dont le roi elle clergé anglais le comblaient, il sentit des remords. Ils augmentèrent lorsque sa présomption, sa vanité et son avarice, qu'il avait cachées d'abord , et qu'il développa trop eus litc , lui eurent fait perdre tout crédit en Angleterre. Grégoire XV, son ami et son condisci|)le, en ayant été averti, lui fit dire par l'ambassadeur d'Espagne qu'il pouvait revenir sans aucune crainte. Dominis, avant de partir, voulut signaler son retour k la foi de l'Eglise par une action d'éclat propre à réparer le scandale de sa désertion. Il monta en chaire à Londres, et rétracta tout ce qu'il avait dit ou écrit contre l'Eglise. Jacques I", irrité de ce coup d'éclat, Ijai' ordonna de sortir de ses Etats sous trois jours. L'archevêque, arrivé à Pome , abjura publiquement ses erreurs, et demanda pardon, dans un consistoire [lublic, de son apostasie. Son humeur inconstante et bizarre ne lui permit pas de jouir en paix des charmes de son nouveau séjour. Des lettres interceptées lireiit juger qu'il se repentait de sa conversion dès 162i, c'est-k-dire six mois après son retour. Urbain VIII le fit enfermer au château Saint-Ange, où il mourut en 162.'i.. 0(1 a de lui un grand traité De liepublica ecclesiastica, en. i vol. in-fol., Londres, 1617 et 1620, Francfort, 1658. « Cet ouvrage, dit un « critiiiue, fait non-seulement pour détruire « la monarcbie de l'Eglise et la primauté du

« pape, mais encore la nécessité d'un chef « visi lie, ne pouvait manquer de plaire aux « puritains d'Anglef rre ; mais il est étonnant -( que Jacques I" l'ait soutl'ert, et qu'il n'ait « pas vu quun homme qui ne veut pas de « chef dans l'Eglise, n'en veut point dans l'E- « tat. i> L'ouvrage fut censuré le 15 décembre 1617, par la faculté de théologie de Paris; réfuté savamment par Nicolas Coeffeteaii, et brûlé avec k' corps de son auteur au champ de Flore, par sentence de linjuisition. Un compilateur fameux dans ce siècle, qui l'a suivi dans sa doctrine, l'a aussi imité dans son incoii>tance et ses varialions. De 7'adiis visas et iucis in vitris j)erspcctivis et iride tractatiis, A'enise, 1611, in-4'. Il y parle des lunettes à longue vue ou télescopes, dont l'uivention était alois nouvelle , et rai- S'iiine sur la 1 imière el les couleurs, surtout celles qui brillent liansl'arc-en-ciel : matière que le P. Grimaldi avait traitée longtemps avant lui, que le père de Châles, Descartts et Newton ont traitée de[)uis, sans que les nuages qui l'enveloppent soient enlièrement dissipés ; car il ne faut pas confondre la formation même de l'arc-en-ciel, avec la variété de ses couleurs. F.Newton. Celévêque scliismatique élait k peu près tombé dans l'oubli, lorsque les novateurs de ce siècle entreprirent de ressusciter son erreur, ti aichant le mariage qu'il soumet aux caprices et k la mobilité de la législation humaine. Launoy avait déjà essayé d'accréditer cette erreur, mais sans succès, lorsqu'on se flatta de réussir mieux dans un temps où toutes les notions étaient ébranlées et les esprits disposés à tous les genres de séduction. Mais outre les théologiens catho iques qui réclamèrent unanimement contre une doctrine qui ne renversait pas seulement la religion, mais la société civile, on vit même des philosophes à la mode s'élever conire une jurisprudence dont ils comprirent toute l'absurdité. Mirabeau , dans sa Monarchie prussienne, ouvrage dans lequel on ne trouve à coup sûr rien d'excessivement catholique , après avoir rapporté la réponse du prince de Kaunitz à une note du nonce Garamin, continue de la sorte (t. VII , p. 83) : « Voilà, sans doute, « une réponse digne de l'autorité souveraine, « mais est-ce la ré[)onse d'un prince catho- « lique, apostolique , romain, d'un adhérent • aux canons du concile de Trente, qui for- « ment la règle de foi du catholicisme même « le moins ultramontain ? Le concile de « Trente défend à la puissance séculière de « se mêler des causes matrimoniales : Si quis « dixerit causas matrimoniales non spectare « ad judices ecclesiasticos , anathema sit , dit « le douzième canon de la session 24 de « ce concile. S'il est vrai que le mariage « étant un sacrement, toutes les causes ma- « trimouiales ressortent uniquement de la « juridiction ecclésiastique , c'est à l'Eglise, « dont la hiérarchie est également de droit « divin, à régler la manière de juger ses « causes, et en qui réside la puissance d'or- « donner sur chacune; car vouloir régler « les divers droits de la hiérarchie chré -

DOM

DON

« tienne, établie de Dieu même, comme dit

«le concile de Trente, c'est assurément le

« plus grand attentat de la puissance politi-

« que contre la religieuse. » Presque dans le

même temps, un oraeur dévoué d'ailleurs

à l'esprit d'innovation, aux inquiétudes d'une

politique réi'ormatrice, aux systèmes qui ont

bouleversé la France , et accrédité , dans ce

royaume jadis si cliréticn , tous les délires

philosopluques, M. l'abbé Fauchet, dans un

Discours sur la religion nationale , s'expri-

tnait de la sorte : « On continue d'ol)jecter:

« L'autorité des gouvernements sur les con-

« trats, sur la justice distributive et comrau-

« tative, sur les mariages et sur tous les au-

« très (ictes qii ont rapport à la morale ou

« aux snciements , que devien irait-elle ? Ce

« qu'elle doit être : une autorité purement

« exéc;!trice. Les lois civiles ne peuvent ja-

« mais créer la morale ; elles doivent tou-

« jours la suivre et l'enjoindre. Vous avez ,

« par la première de vos lois, qui est la base

« de toutes les autres , une religion. Grâce

« au ciel , cette religion est la seule vraie ,

« la seule parfaite , et , par la sanction de

« cette fraternité générale qu'elle a reçue du

« Père universel , doit être celle du genre

« humain ; il faut que votre législation s'y

« conforme ; sinon vous êtes en coiitradic-

« tion avec vous-mêmes, et votre gouverne-

« ment reste dans le chaos où il a toujours

« été, par la contradiction entre la loi île

« Dieu et les lois des hommes. La doctrine

« sur l'usure, sur les contrats, sur tous les

a rapports de la morale, comme snrlesdog-

K mes et les sacicments , aiiparliont à l'E-

« gli^e seule. 11 faut le redire, l'oijinion con-

« traire, qui veut mêler dans cet enseigne-

« ment l'autorité législative et contraire des

« princes , est mie absurdité et une impié;é.

« Celui qui n'écou'e pas l'Eglise , et à plus

« forte raison, qui s'élève contre elle dans

« tout Cl' qu'elle enseigne, sans exception,

« sans restriction, est comme un païen et un

« publicain. Brillez l'Evangile , et ailoptez

« une autre religion , ou croyez-y. 11 faut

« donc laisser là tous les barbouillages que

« certains tliéologiens cl jurisconsulti's de

« France et d'Alleaiagne, pour flatterie des-

« potisme des princes et des tribunaux, ont

« écrit sur le mariage , ])ar exemjile, consi-

« déré comme sacrement, et dans ses rap-

<( ports moraux. Il n'ajipartient qu'à l'Eglise

« de décider cette dortrine. Ce (|u'elle a lixé

« au concile deTrenle est au-dessus de toutes

« les atteintes d s trônes, et lie souveraine-

« ment les consciences. Il y a sacrement, où

« l'Eglise catholique dit qu'il y a sacrem nt;

« il y a jjonnes mœurs où l'Eglise dit qu'il y

« a bonnes nueurs. Toutes les puissances

« temporelles ensemble ne pourraient pas

« chang r un iota à la vérité de ces pr^nci-

« pcs. Les évê([ues sont les sujets ties jirui-

.( ces, au tempor(;l , oui ; au spirituel , non.

« Ce sont les princes (lui sont , sous ce rap-

« port, sujcis de l'Eglise. On iirouille tout

« lor qu'on ne fait passées tlistinclions. Mais

« il y a biMucoup d'objets dans l'euseigne-

« ment «pii intéressent le temporel 'i Assu-

« rément tout l'intéresse dans la morale, et « la morale appartient à la religion. La re- « ligion ne pourra - 1 - elle ànnc prononcer « rien que sous les bons princes? Mettront- « ils sous le sceptre les consciences avec « tous les biens de l'emiiire, parce que tous « ces objets se touchent , et qu'ils aiment à « dominer suf tout ? Comment a-t-on pu fo- « menter si longtemps , par une inconceva- « ble làclieté , un despotisme si stupide et « une impiété si brutale? Peuples et rois, « vous dépendez également de Dieu, c'est-h- « dire de la vérité, de la justice et de la mo- « raie, en un mot de la religion, sans laquelle « il n'existe ni vertu réelle , ni droits invio- « labiés, ni société positive. » Voy. Gebbais, Gibert,Launoy, Potuieb.

DOM iERlCH (Jean-Christophe), théologien et littérateur, né à Bukeburg, en 1723, mort en 1707, fut recteur d.?s éco'es à Wolfenbutlel, puis professeur de philosophie à Helmstadt. On cite de lui, en allemand : Preuve que les sciences mathématiques sont nécessaires à l'orateur chrétien, Lemgo, 17i5, in-8°; Principes de la véritable éloquence, à Vusage de la jeunesse, Lemgo, 2' édit., 1750, in-8°; Abréqé de la théoloqie, pour les écoles, Halle et Helmstadt, 1739, in-8°. En latin: De auriiun judicio ad styli Romani scientiam admodum necessario , L mgo, 17iG, in-'^° ; Logica in nsuin lectionum suarum édita , Lemgo, av.), in-8°; De scholis velerum earumque cum hodiernis analogia, Wolfenbuttel, 17W, in-V'; Ad historiam Schaumburgensem ex bibliotheca Wolfenbuttelana analecta, ibid., 175.3, in-'i-"; Hermiœ philosophi irrisio qenlilium philosophortim , cum annotation'ihus Wolfii, etc., Halle, 179i, in-'i-°.

DOMNUS 1", Romain, élu pape après la mort de D.eu-Donné , en septembre 677, mourut le 11 avrd 678. Anastase parle d'une comète qui |iarut pendant trois mois sous son pontili( at. Il mit lin au schisme de l'église de Kavenne, qui se prétendait exempte de la juridiction du saint-siége.

DOMNUS II ou DONUS, Romain, succéda à Benoit VI en 974-, durant la tyrannie d • l'antipape Boniface, qui avait fait étrangler Benoit VI. Il parait que son pontificat ne fut que de quelques mois. Benoît Vil lui succéda.

DONAT (saint), évèque d'Arezzo en Toscane, fui, au iai)|tort de saint Grégoire lo Gr.md, illustre par ses vertus et ses miracles. Il fit an été pour cause de religion par Ouadratien , préfet impérial de Toscane, sous le règne de Jidien l'Apostat. Ayant refusé de sacrifier aux idoles, il fut condamné à diverses lortm-es, qu'il soull'rit avec un courage vraiment chrétien. Il couronna son martyre par le glaive en 361. On conserve ses ii>li(pies dans la calliédrale d'Arezzo.

DONAT (saini), lils de Wand.dène OU \Valdeli''ni', duc de la Rourgogne transjurane, fut baptisé par saint Colomban, abbé de Luxeuil. Ayant été élevé dans cette abbaye, il y lit profession. Ses vertus le firent élever sur h' siège île Besançon , vers l'an 624. L'année suivante, il assista au premier coa-

DON

DON

cile de Reims et à celui qui se tint à Châlons en G'*'* ou 650. C'est lui qui fonda dans sa ville épiscopale le monastère d:^ Saint- Paul, sous la règle de saint Colomban, dans lequel il \écnl avec les moines. Saint Donat mourut en 660. Il est auteur d'une Instruction intitulée Coimnonitoriuin, et adressée aux moines de Saint-Paul et Saint-Klienne.

DONAT, évêque de Casenoire en Nuniidie, accusa Mensurius, évoque de Cartilage, d'avoir livré pondant la persécution les saintes Ecritures au\ païens, et fit schisme avec lui. C'est la première époque du schisme des donatistes. Il assista en 311 au concile de 70 évoques do Numidie, qui déposèrent Cécilieu, et il fut son principal accusateur dans le concile de Rome. Il retourna ensuiie en Afrique, oii il recul une sentence de déposition et d'excoruiûunicat'on, prononcée contre lui par le pape Jîekhiade.

DONAT, évè |ue schismatique de Carthage, différent du précédent, mais du même parti, et môme chef de ce p ^rti après la mort de Majorin, auquel il succé.la vers l'an 316. C'était un homme liahile, éloquent, savant, de bonnes mœurs ; mais d'un orgueil si insupportable, qu'il mettait tout le monde audessous do lui. Il confirma le schisme en Afrique, tant par son autorité que par ses écrits. Ccria ns furieux de sa secte, qui se disaient défenseurs de lajusticc, marchaient les armes à la main, mettant en liberté les esclaves, et obligeant les créanciers à décharger leurs déliiteurs. Ou envova contre eux lies soldats ipii en tuèrent plusieurs; mais le mal était trop enraciné pour finir de cette sorte. Ces sectaires, cnndanuK's [)ar dilférents concil s, par celui de Rome en 313, par celui d'Ailes en 31i, furent confondus dans la célèbre conférence tenue à Carthage en ill, entre les évèques catholiques et les donatistes. Saint Augustin, chargé de parler pour les catholiques, discuta à fond toutes les questions. Les 280 évoques qui coiniiosaieut cette assemblée, olfriiont, à sa [)er>uasion, de (|uittor leurs sièges en faveur des évé quos donatistes qui se seraient réunis si le peuple catholique paraissait soulfiir avec peine qu'il y eût deux chefs assis sur le même siège. L'éloquence et la douceur de saint Augustin, jointes à la généroNité do ces[né'als, éteignirent pres(pie entièiemcnt ce malheureux schisme. Donat, l'objet de cet article, et îi l'occasion dmjuel nous avons parlé des donatistes, était mort en exil l'an 355.

DONATH ou DONETH (Marc-Samuel- Théoi'hile ), théologien protestant, né en 1724 îi Gruua dans la Haiile-Lusace, mort en 1777 à Dauchrit/ où il était pasteur, a laissé : De genuina significationc vocum ' In- Oivof et 'xUfjEta, Lei[)zig , 1746, in-i". Cette dissi-rtation est en latin, les productions suivantes sont en alleiuaud : lîloge deJ. A. A. de Warnsdorf, Gueilitz, 1765, m-k° ; Souvenir de M. J. D. Geissier, premier pasteur de Gocrlitz,'\h'\i\ , 17{)8, in-'i." ; Recltrreltes sur le vrai lieu du passage de la mer Range pur les enfants d'Israël , ibid. , 1775 , in-V. La

mort l'empêcha de publier un précis de la Phi/sica sacra do Scheuchzer, auquel il travaillait.

DONCOURT (Henri-François-Simon de), prêtre habitué de la communauté de Saint- Sulpice, né en ITil à Rourinonl en Lorraine, fit longtemps les catéchismes de sa paroisse, et s'occupa beaucoup de recherches pour éclaircir l'histoire do cette paroisse et de son église. On a do Doncourt : Cantiques sur les points principaux de religion et de morale chrétienne, 1769, in-8°, réimpr. s.ms cetiire : Opuscules sacre's et lyriques , ilTi, 4 vol. in- 8°, avec une Notice raisonne'e des cantiques qui ont paru depuis lo8!5 jusqu'en 1772, en tète (lu 3' volume; Instructions et prières, 1783, 3 vol. pet. in-12 : on trouve dans cet ouvrage les Remarques historiques sur l'église et la paroisse de Saint-Sulpiee; Exercices ordinaires des chrétiens, in-ii; Calendrier hisloriqur des usages et offices de la paroisse de Saint-Sulpice, iu-12 et in-24. Il fut l'éditeur du Culte de l'amour de Dieu, ou la Dévotion au sacré cœur de Jésus, par Fumel, 1774, in-12, et dos Mémoires sur la vie de M. Olier, curé de Saint-Sulpice, par Bretonvilliers, sans date , in-12. L'abbé de Doncourt mourut h Paris on 1783.

DONDI DALL'OUOLOGIO (François-Scipio\), savant préhit et littérateur italien, né à Pa loue le 6 janvier 1756, était chanoine de la cathédrale de cotte ville, lorsqu'il fut nonuné on 1805 évôqu^ m partibus de Trinilri. En 1796, après la mort de l'évèque Ciustiniani, il avait été chargé do l'admiuis- Iralion du diocèse, et il avait prouvé combien il ét-iit di,-;ne de l'épiscopat. Le vœu de ses compatriotes qui l'appelait à la tète di' leur diocèse fut enfin rempli en 1807. Le nouvel évèque justifia toutes les espérances qu'il avait lait concevoir : il encouragea les bonnes et fortes études dans son séminaire, enrichit de nouveaux instruments les cabinets de physique et de chimie, augmenta les collections d'histoire naturelle, etc. Napoléon lui donna des marques nombreuses d'estime et d'allection, qui ne lui firent pas cependant oublier ses devoirs d'évèque. Lors de l'invasion des Français en Italie en 1809, il prit énergiquement' la défense des droits de l'Eglise, dans une lettre pastorale adressée h tous les prêtres du diocèse : cette lettre le lit nommer évêque assistant du Saint-Siège par le pape Pie VII. L'archevêché de Milan lui fut proposé, mais il ne voulut [tas quitter ses diocésains. S'étant rendu au concile de Paris on 1811, il pion nya dans l'église de Noire-Dame l'Eloge funèbre de Rorn. -Marie Casanzoïii, évô(iue de Foltro, qui fut imprimé. La disetti- do 1817, qui ne fut pas moins cruelle en Italie qu'en France , lui donna l'occasion de montrer toute l'étendue do sa charité. Il mourut des suites d'une chute, à Padoue, le 6 octobre 1829, et son oraison funèbre fut [irononcée par Séb. Melun, alors préfet du séminaire. Indépendamment de lettres pastorales , d'homélies et de plusieurs dissertations dans des recueils périodiques, on a de lui : Viscorso sopra idoveri

DOR

DOR

iViS

délie. clnustraU, Padoue, 1780, iii-12; Mémoria sopra Jacopo e Giovanni Dondi, inséré dans le tome II des Artes de Tacid. des sciences de Padoue; Due Ictlrre sopra lafnbbrica dclla cattcdrale di Pailova, HTi, in-12; Sinodo inrdito c mcnioiia deUn rita di Pilno Prala, 1793, in-i"; Disscrlazioni sopra l'istoria ecclesiastica di Padova, 1802-1817, in-i " : ces dissertations sont au numbre de neuf; Série storico-cronoloyica dei canonici di Padova', 1803, in-V"; lUnstratio par/cllœ casuum reservatorum, 18 'i7; Sopra '/ cimiteri, 1809; Demore osculandi anmâum pastoral cm, 180'; Dissertazionc sopra i riti, la disciplina c le costumanze délia cliiesa di Padova sino alxiv secolo, 1810, in-V; et plusieurs ouvrages manuscrils.

BONI D'ATTICHI (Louis), originaire de Florence, se fit miniine et parvint aux (premières charges de son ordre. Le cardinal de Richelieu, qui Tavait connu pendant sa retraite à Avignon, avait été touché d.' sa modestie et de son savoir. 11 lui fil donner l'évôché de Riez, diocèse dans lequel il lit beaucoui) de bien. 11 passa du siège de Riez à celui d'Autuii, en 1052, et mourut en 1061-, à 08 ans. Il a donné : une Histoire des minimes, in-i°; la Tie de la reine Jeanne, fondatrice des Annonciades, Paris, 1023, in-12; celle du cardinal de Uérnlle ; l'Histoire des cardinaux, en\a{in, 1000, 2 vol. in-folio, etc. Ses ouvrages latins sont d'un style plus supportable que les français, dont la diction a vieilli, el n'a d'ailleurs jamais été fort brillante.

DONNE (JEAJi), né à Londres en 157.3, fut élevé dans la religion cath lique, qu'il abandonna ensuite. Il voyag a dans une paitie de l'Europe, et se fit connaître dans sa patrie par des poésies galantes et des satires. Il mourut l'an 1031. Ce poëte était aussi controversisle, jiréd cateur et écrivain ascétique. On a de lui des ouvrages dans tous ces genres. Le plus connu est un mauvais livre do controverse , intitulé : Pseudo-Martyr, 1013, in-V". L'auteur le composa par ordre de Jacques I", pour servir de ré[)onse aux arguments de l'Eglise callioliipu! contre le serment de suprématie et ih; fidélité : il en fut récompense par la i)lace de chapelain du roi et de doyen de Saii.t-Paid. On lui attribue encore une Apologie du suicide, où il cite, pour ajif^uyer ses extravagantes idées, rexpni[)le d'un gian i nombre de héros

faïens, ensuite celui de quelques saints de Ancien Testament, d'une foule do martyrs, de confesseurs, de pénitents, etc. Jésus- Christ mémo est amené en preuve de son absurde système. Voy. sa Vie publiée pjr Jean Wallon, en anglais, Londres, 1038.

DOKE (J\cou), diuninicain, docteur ile Sorbonne, professeur de théologie dans son ordre, né ii Orléans vers la lin du vv" siècle, et non h Saint-Pol en Artois, comme l(! dit le Père Lelong, mort en 1309, a été désigné, à ce (pi'on croit, par Rabelais, sous le nom de notre maître Doribus. Il n'est coinni (pu; par dos ouvrages écrits bizarrcmiuit et intitulés de luéme; c'était le goill do son

siècle. Les plus burlesques sont : la Tourterelle de viduité, 1.37'i., in-10; le Passereau solitaire; les neuf Médicaments du chrétien 7na- /af/p; les Allumettes du feu divin ; le Cerf spirituel ; la Conserve de Grâce, ptise du ])saume Conserva me; l'Anatomie desmemhres deN.-S. J.-C, etc. On a encore de lui [ilusiours autres écrits en latin.

DORÉ (Piehre), jésuite, né à Longwi ert 1733, mort à Nancy le 22 mai 1810, traduisit et publia en France des livres de piété trèsrépandus en Itdie, entre autres les ['isites au Siint-Sacrement, de Liguori, et le Mois de Marie, de Lalomia : ces deux ouvrages ont été souvent réimprimés. On doit aussi au Père Doré un recueil de Cantiques.

DORINCK ou DORING (Matthieu), franciscain allemand, profi-sseur de théologie dans son ordre, mourut à Kiritz sa patrie vers liOo. Il est auteur, à ce qu'on prétend, de VAbrégé du Miroir historial de Vincent de Beauvais, continué jusqu'en li93. On croit que c'est ce qu'on ajipelle communément la Chronique de Nuremberg, parce que la première édition en fut faite dans cette vilie, in-i% on li72. Quelques écrivains aitribuent, peut-èt, e avec plus de raison, cette Chronique à Harlman Schedcl. L'auteur, quel qu'il soit, a été, à quelques égards, le précurseur de Luther. Son fanatisme ne le cède en rien à celui de cet hérésiarque.

DORLAND (Pierre) , chartreux , né en l'i'i9 h Diest, près Liège, mort dans le couvent de son ordre, à Zeclem , le 21 aoilt 1307, est auteur des ouvrages suivants : Chronicon chartusianum, Cologne, 1008, in- 8°; traduit en français et publié à Tournay, par Adrien Driscirt, curé de cette ville, IGV'i, iu-8" ; Viola animœ dialogis septem, Cologne, 1300, in-V° ; Anvers, 1333, in-12, et 15'i-3, in-10; Dialogus de vitio propriclalis monachorum, Louvain, 1512, in-'i-"; Explicaiio mystica habitas chartusiensis, Louvain, 1513, in-8"; /?. Annœ vita, imprinu-e h la suite de la Vita Christi, de Ludol|ilie, qui parut h Anvers, 1017, in-folio. Il laissa plusieurs autres ouvrages manuscrits, dont la liste se trouve dans la Bibliolhera charlusiana, de Pélreius, et dans la liibliothcca lielgica, do Foppens.

DORLÉANS (Louis), avocat au parlement do Paris où il était né en 13V2, se signala par son zèle pour la ligue catholique contre la protestante, et contre les catlioiijues (jui s'étaient joints h. celle-ci. Il fut choisi pour avocat de la première, (pii le députa aux états, où il parla avec véhé;nence. Il écrivit ensuite contre Henri W, s'éloigna de sa pallie cl n'y revint (pi'après neuf ans; il fut nus en prison ; mais Henri IV, cpii lui avait donin'' un jiasse oit, le fit sortir. Durlénns lit imprimer en lOOV un Remerciement au roi, ilans lequel il lui parle en sujet fidèle el reconnaissant. 11 mourut h Pans en 1029, à 87 ans. l'rosper Marcliaiul lui attribue la Réponse des vrais ralholif/urs français f) t'avrrlissemenl des catholiques anglais, dr Louis Dorléans, pour l'crciusion du roi de \avarre de la couronne de France, 1388, iii-b* : ou-

DOR

DOR

vrnge qu'il suppose avoir traduit du latin. L'auteur avance entre autres choses un foit extraordinaire conire Louis de Uourhon , prince de Condé , chef des calvinistes en France, cju'il accuse d'avoir fait frapper à son coin une monnaie où il prenait le nom de Louis XIII, roi de France. Mais il faut que cette médaille ait été peu répandue, ou supprimée avec soin, car elle ne se trouve pas dans les cabinets : la chose était du reste conforme à l'esprit et aux entreprises des huguenots de ce temps-là. On a encore de lui : Défense des catholiques unis contre les catholiques associés aux réformés, 158(5, in-8° ; Premier et cleujcièine avertissements des catholiques anglais, 1590, in-8°; Banquet du comte d'Arête, i59V, in-8°, satire contre Henri IV ; Discours sur les ouvertures du parlement, au nombre do -29 ; des Commentaires sur Tacite et sur Séuècjue.

DORLÉANS (Pierre-Joseph), jésuite, né à Bourges en IGil. Après avoir professé les belles-lettres, il fut destiné par ses supérieurs au ministère de la chaire. S'étant depuis consacré à l'histoire, il travailla en ce genre jusqu'à sa mort, arrivée à Paris le 31 mars 1698. Ses principaux ouvrages sont : Histoire des révolutions d'Angleterre, dont la meilleure édition est celle deParis, 1G93, 3 vol. in-V, et 4 vol. in-12. Le père d'Orléans avait une imagination vive, noble et élevée : elle paraît dans cet ouvrage, aussi esliraé pour l'exactitude que pour la manière de l'auteur. Ceux qui lui ont reproché de n'avoir pas supprimé ou déguisé les scènes sanglantes qui ont suivi le schisme de Henii VIIl, et les diverses persécutions que les catholiquesontessuyées depuis cette éporpie, ont sans doute projeté de sacrifier l'histoire aux exigences du [.hilosophisme. Histoire des révolutions d Espagne, Paris, 173'j, en 3 vol. \n-'*% et 5 vol. in-12 , avec la continuation par les pères Rouillé et Brumoi. Cette histoire est digne de la précéilente. Le style en est pur, élégant , les portraits brillants et corrects, les rétlexionsjustes et ingénieuses, les faits bien choisis. JPeu d'historiens ont saisi comme ce jésuite ce qu'il y a de plus piijuant et de plus intéressant dans chaque sujet. Une Histoire curieuse des deux conquérants turtares, Chunchi et Camhi, qui ont subjugiié la Ciiine, in-8° ; La ViedupèreCotton, jésuite, in-V" ; les Vies des bienheureux Louis de Gonzague et Stanislas Kostka, iu-12 ; la Vie de Constance, premier ministre du roi de Siam, in-12 ; elle estinlinimeut préférable à celle que Deslandes publia en 1755 ; deux volumes de Sermons, in-12, qui, quoiqu'ils ne soient pas du premier mérite, oll'rent quelques traits éloquents ; un excellent petit Traité decontroverse intitulé -.Méthode courte et facile pour discerner la véritable religion d'avec les fausses, qui se trouve dans le xiv° volume des Démonstrations évangéliques , publiées j)ar M. Migne en 18 vol. in-4". L'ordre, la clarté, la simplicité et l'évidence des réilexions, entraînent et persuadent tout lecteur que le préjugé n'aveugle pas. Nou-s n'avons rien de mieux en ce genre, à consi-

dérer labrièveté et le laconisme de l'ouvrage, sinon peut-èire le petit traité : De capessenda rera Religione, par Lessius.

DORLODJT, ancien évoque de la Mayenne, né au diocèse de Verdun en 1756 , mort à Besançon au mois de janvier 1816, avait été fait évèque en 1799, quand déjà la Constitution civile du clergé n'existait plus. A l'époque du concordat, il fut fait chanoine dt Mans, d'oi^i il passa à Besançon pour s'y joindre aux autres débris de l'église constitutionnelle que Lecoz y attirait de toi tes parts. Les sectaires voulurent donner que' que pompe u ses olisèques, qui se tirent au milieu de l'inditféri'nce générale.

DORMANTS (les sept), sept frères qui confessèrent la foi à Ephèse en 250, sous le règne de l'empereur Dèce. Ayant été trouvés dans une caverne où ils s'étaient cachés pour se mettre à l'abii de la persécution, on en mura l'entrée, et ils s'y endormirent dans le Seigneur. Quelques modernes prenant mal ces expressions, ont imaginé que les serviteurs de Dieu s'étaient endormis d'un sommeil véritable, et qu'on les retrouva en 479, sous le règne de Théodose le Jeune. La vériié est que leurs reliques furent découvertes en cette année. On les porta à Marseille, où on les montre encore dans l'église de Saint-Victor. La mémoire de ces saints martyrs est en grande vénération chez les Grecs, les Syriens et tous les peuples d'Orient. La caverne où leurs corps furent trouvés devint célèbre par la dévotion des fidèles, suivant Spon (dans son Voyage d'Italie et du Levant) ; on la montre encore aux voyageurs qui vont dans le Levant.

JDORN (Jea>'-Christophe), théologien protestant et liibliographe, né à Schleusingcn, fut recteur du collège de Blankenbourg, puis, en 1752, second bibliothécaire à Wolfenbuttel, où il mourut la même année. Outre une édition augmenté'c du traité de Jonsius, De scriptoribushistoriœphilosophicœ, léna, 1716, in-i°, on a de lui : Oratio de vita et obitu H. Wclleri, 1702, in-4° ; De doctis impostoribus, avec une préface de Slruve, léna, 1703, in- 8° ; De ruta sctxonica, lùna, 1705, in-i°; Hal'e, 1725, in-i° ; Bibliotheca theologico-critica, secundum singulas divinioris scientiœ partes disposita, léna, 1721, 1723,2 vol. in-8°, non termim'e. On y remarque beaucoup de fautes et de nombreuses omissions ; les protestants néaniiioi; s en font cas.

DORNKRELL (Jacques), théologien et ministre luthérien, né à Lunébourgen 1643, mort à Hambourg en 1704, laissa un ouvrage estimé des savants sous le titre de Bibliotheca historiço-harmonica, etc.

DOROTHÉE (sainte), vierge martyre, est célèbre par le refus constant qu'elle lit de se marier et d'adorer les idoles, malgré les plus horribles tourments que Fabricius, gouverneur de Gésarée, lui faisait souQ'rii. Elle convertit deux femmes apostates qu'on avait charriées de la séduire. Rien n'étant capable d'ébranler sa constance, le juge la condamna à avoir la tète tranchée. Comme on la menait au supplice, un jeune homme, nom-.

Page 1