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Les caractères delà charité, in-12; Traité des principes de la foi chrétienne , 3 vol. in-12, où l'auteur les m't dans tout leur jour, avec autant d'élégance que de force. De l'éducation (Vun prince, in-i°, et en h vol. in-12; réimprimé avec un abrégé do la Yie de l'auteur, par Goujet. Lliistorien de Duguet prétend que ce livre, qu'on peut regarder comme le bré\ iaire des souverains, fut composé pour le fils aîné du duc de Savoie. Voltaire dit le contraire, on ne sait sur quel fondement; il ajoute même qu'il a été achevé par une autre main. Nous croyons qu'il faut préférer le témoignage de l'abbé Goujet , profondément instruit des anecdotes bibliograpliique*!, sur outde celles qui regardent les ouvrages de l'abbé Duguet, avec lequil il avait été lié. Conférences ecclésiastiques ,^ly{A. in-4°, qui contiennent 67 dissertations sur les écrivains, bs conciles et la discipline des pre miers siècles de l'Eglise; deux écrits où il s'élève contre les Convulsions qui ont fait tant de tort au jansénisme et qui ont tant déshonoré la raison, et contre la feuille hebdomada're intitulée : Nouvelles ecclésiastiques. L'abbé Duguet n'avait point le fanatisme et iemportement ordinaires aux gens do son parti; il condamnait hautement ces Nouvelles et les injures atroces dont elles fourmillent contre tout ce qu'il y a de plus respectable dans l'Eglise. Ce ne sont point là les armes des chrétiens, ni môme celles des véritables philosophes. Il eût élé heureux pour lui, de pousser l'indignation jusqu'à une pleine séparation de la secte qui produisait ces scandales. iVoy. Rocue Jacques.) Un Recueil de lettres de ])iété et de morale, en 9 vol. in-12, etc., etc. On trouve dans le 3' volume de ce recueil une letire de controvci se, imprimée d'abord séparément sous le nom d'une carmélite, qui l'adressait à une dame protestante de ses amies. Le grand Bossuet dit en la lisant : « Il y a bien de la théoloqie sous la robe de cette relicjicuse. » Voyez VEsprit de M. Duguet ou Précis de la morale chrétienne tiré de ses ouvrages.
DUHALDE. Voyez H ai de (du).
DUHA.MEL (HoiiEiiT-JosEPH), prêtre, né à Lille en 1700, mort en 17(i!) , est aideur des ouvrages suivants : L'auteur malgré lui à l'Auteur volontaire, 1747, in-12 : ce livre est relatif à une édition du discours do l'abbé Eleiiry sur les libertés de l'Eglise gallicane avec un (Commentaire |)ar Chiniar de La Bastide; Lettre d'un docicur à un phllosuplic, sur les explications de M. de lluffim. Stras bourg, 1751, 1 vol. in-12 ; Lettres flamand/s, ou Histoire des variations et contradictions de la prétendue religion naturelle, 1752,2 vol. |tel. iii-12, imprimés h Auxcrn-, bien qu'ils |iortcnt la date de Lille; Profit d instruction pastorale, 175V, iii-12; Les droits de la charité vengée, 175!t, in-12; Lu vérité catholique $ur le vii/sti're du Lien incarné, 175(>, in-12; Dissertiitlon sur l'autorité du saint-siéqe , 1770, ,n-l:2.
Dl HA.MEL (Jean-Baptiste). Voijcz Hv-
JHKI. (du).
DL'IIAN (Latuem;, licencié di: Sorbonnc,
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professa près de 30 ans avec succès la jihiiosojihie au collège Duplessis. Il était originaire de Chartres, et il mourut chanoine de Verdun vers 1726, Agé de près de 70 ans. On a de lui un livre utile à ceux qui veulent briller par les subtilités scolastiques. Il est inlitulé philosoplms in utramque partem , parce qu'on y soutient le pour et le contre dans les questions les plus célèbres de l'ancienne philosophie, 1 vol. in-8°, ouvrage propre à exercer l'esprit et à lui acquérir l'usage d'une logique exacte. Voyez Du>s, Occam.
DL'JAKDIN {Charles-Antoine), président de chambre à la cour royale de Dijon, né à Ch^Mons-sur-Saône, vers"l760, mort à Dijon le ;:5 décembre 1825, publia sous le voile do l'anonyme : Poésie sacrée pour la célébration de l'office divin et des saints 7nystères, Dijon,
1823, in-12; Poésie sacrée pour la célébration des saints mystères et des fêtes de la Vierge, Heures nouvelles selon le rit parisien, Dijon,
1824, in-12. On dit qu'il consacra vingt années de sa vie à la composition de ces deux ouvrages. jAI. Amanton a donné une Notice sur sa vie dans le Journal de la Côte-d'Or, du 28 décembre 1825.
DUJARIÉ ( Jacql es-François ), prêtre, né à Angers en 1765, fut nommé à l'époque du concordat curé de Ruillé-sur-Loir, et fonda deux éiablisseraents,run des Frères de Saint- Joseph, destinés à enseigner aux garçons les éléments de la foi et des connaissances humaines; l'autre des Sœurs de la Providence, ]iour soigner les pauvres malades et instruire les jeunes filles. Il y consacra toute sa fortune, et la charité des fidèles dont il savait stimuler le zèle, fit le reste. Quelques années plus tard, une cinquantaine de maisons disséminées dans le département de laSaitheet ailleurs montraient que Dieu avait béni son entreprise. Des infirmités et des souffrances continuelles , suite doses fatigues et de ses privations, l'ayant obligé de se démettre de la chaige pastorale, il se retira dans le noviciat ([u'il avait créé au Mans. Dujariéy mourut le 17 février 1838.
DULARD (PAUi.-Ai.EXANDnE) secrétaire de l'académie de Marseille, où il était né en 1690, succéda à La VIsclède dans celte place; mais il n'en jouit pas longtemps, étant mort le 7 décembre 1760, à 6V ans. C'était un houmio sérieux et froid, (jui ne comiaissait [)oinlIes grâces qui doniu'nt du brillant dans la société ;niais il avait les qualités (pii concilient ri\stiii)e et ramiti(''. Nous avons do lui : un noéinc des Grandeurs de Dieu dans les inernilles de la nature, in-12, plusieurs fois réimprimé. Ce n'est, dit un critiipie, (|ue le spectacle de la nature, mis en vers parle poète Ronsard. Jugement peu é(|uilable et d'une sévérité outrée, quoi(pi'il faille convenir (|ue l'auteur manque d'imagination, de vivacité et de chab-ur. Les imtes qui nccompagnenl ce poème étaient iiislrticlives et curieuses, mais h's progrès (jiic les sciences ont laits (le|)ins (uit dimiiun'' l'iulérèt d'un giand nombic; OLuvn s ilirerses, l~o8, 2 \ol. in-12. On y trouve, connue dans l'ouvrage nrécédent,(iuel(iucs tirades heureuses;
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mais on y cherclie en vain ce feu du génie qui fait les poëtes.
DULAU (Jean-Mahie), archevêque d'Arles, né le 30 octobre 1738 au chAteau de la Côte, diocèse de Périgueux, d'une familleancienne, qui avait donné autant de bons évèques à l'Eglise que de valeureux défenseurs à l'Etat, fut d'abord chanoine trésorier de la cathédrale de Pamiers, puis grand vicaire de M. de Lussan, archevêque de Bordeaux. Il n'avait pas encore 32 ans lorsqu'on le désigna pour être agent général du clergé. Ses services le firent placer, au commencement de 1775, sur le siège métropolitain d'Arles, malgi'é l'usage de n'élire que des évêques pour un archevêché. Son attention se porta sur tous les détails de l'administratiou de son diocèse, où il introduisit de salutaires réformes; il eut une grande part aux afl'aires générales du clergé de France , et fut de toutes les assemblées depuis 1770 jusqu'en 1785. On lui doit d'ex.cellents rapports sur la tenue des conciles provinciaux, sur les ordres religieux, sur l'éducation publique, sur les ouvrages concernant la religion, et il proposa des mesures très-sages, dont l'inilueiice toujours croissante de la philosophie moderne sut arrêter malheureuseinent les eO'efs. Député aux états généraux, il ne parut point à la tribune; mais il ne s'en appliquait l)as avec moins d'activité aux intérêts de l'Eglise, et c'est par ses soins que l'ut rédigée cette Exposition des principes qui fit tant d'iionneur au clergé français. Ce fut encore lui qui prépara ceite adresse au roi, pleine de force, de sensibilité et de raison , sur le décret du 26 mai 1792 ordonnant la déportation des prêtres non assermentés.
Louis XVI promit dès lors de refuser sa sanction à un décret aussi injuste que barbare Cette conduiie ferme et digne attira sur M Dulau la haine des factieux; il fut arrêté ajjrès le 10 aoiU, et renfermé dans le couvent des Carmes de la rue \augirard , dont on avait fait une prison. Ainsi que tous ses compagnons de captivité, il fut deux jours et deux nuils sans autre lit qu'une simple chaise, et il ne voulut acce|)ter un matelas que lorsqu'il se fut assuré que les autres prisonniers en avaient reçu. Plusieurs moyens de délivrance lui furent otliTts, mais il les rejeta en disant qu'il devait l'exemple à ceux qui souffraient avec lui. Le 2 septembre, il se trouv.iit avec les évêques de Beauvais,de Saintes, it les autres prêtres, à genoux et en [dière dans un oratoire à l'une des extrémiti s du.jardin, lorsque dix assassins, le sabre à la niaui,foiidireni sur eux et demandèrent à grands cris l'archevêque d'Arlrs. L'abbé de La Pannonie, espérant sauver ce prélat, baissa les yeux comme s'il eût élé la victime que l'on demandait. Cependant Dulau est reconnu; il tombe alors aux genoux du plus âgé des prêtres, en demandant de l'absoudre. Il se lève ensuite, 1 1, les mains croisées, les ycuxlevésauciel,s'avance versses bourleaux : « Je suis, leur dit-il, celui que vous •< chirclic/; je m'olfre volontairement en sa- « cnlice; mais épargnez ces dignes ecclésias-
« tiques qui prient pour vous sur la terre , « comme je vais le faire devant l'éternelle « majesté. » Les assassins , étonnés et contenus par la majesté du vieillard, restent plusieurs minutes interdits. Enfin l'un d'entre eux, comme honteux de son irrésolution , lui reproche grossièrement d'avoir fait assassiner les patriotes d'Arles; le prélat répond avec calme : « Je n'ai jamais fait de mal à qui que ce soit. » A peine a-t-il achevé ce peu de mots qu'on le frappe d'un coup de sabre sur la tête, tandis que par derrière un second coup lui fend le crâne ; il couvrait ses yeux de sa main droite, d'un autre coup elle est abattue. Un quatrième le renverse , et enfin un cinquième le laisse sans aucune forme humaine , tout couvert de son sang qui rejaillit sur ses assassins. Ces barbares lui enfoncent encore une pique dans la poitrine, et foulent aux pieds son corps mutilé. Les autres évêques et les prêtres renfermés avec lui, au nombre de 180, l'imitèrent dans sa constance et sa résignation. Presque tous furent massacrés. On doit à M. Dulau un Recueil de mandements et lettres pastorales, qui furent très-bien accueillis et goûtés dans son diocèse, Arles, 1795, in-4°; divers Opuscules; une Adresse au roi, sur le décret du 26 mai 1792, Paris, 1792, in-S" : cet écrit produisit une vi ve im pression et empêcha beaucoup d'ecclésiastiques de se soumettre. Ses OEuvres ont été recueillies et publiées par M. l'abbé Constant, curé de l'église de Saint-Trophime à Arles, 1817, 2 vol. in-8°. Elles sont i)récédées de son Eloge, et se terminent par un mémoire sur les moyens d'arrêter en France les progrès de l'incrédulité.
DULAURF (Jacques-Antoine), historien et littérateur, né à Clermont-Ferraiid le 3 septembre 1755, mort à Paris le 19 août 1835, à 80 ans, embrassa d'abord la carrière d'architecte, puis celle d'ingénieur-géographe, qu'il abandonna pour se livrer à la compositions d'ouvrages, tous écrits dans un trèsmauvais esprit. Sa Description de Paris, 1785, in-12, annonça que la religion et la morale comptaient un ennemi de plus dans l'armée des gens incrédules et sans principes. Le scandaleux succès de ce livre fut encore accru par la saisie qui en fut faite par l'ordre du garde-des-sceaux. Cette production fut bientôt suivie de deux autres du môme genre: Description des environs de Paris, 1786, 2 vol. in-l-2, et Sinijularités historiques, 1788, 1 vol. in-12. Ce dernier livre, encore plus cynique que le premier, ne portait point le nom de l'auteur. En 1791, il publia son Histoire critique de la noblesse depuis le commencement de la monarchie jusqu'à nos jours, où l'on expose ses préjugés, ses brigandages, ses crimes ; où l'on prouve qu'elle a été le fléau de la liberté, de la raison, des connaissances hur maines, et constamment l'ennemie des peuples et des rois, 1 vol. in-8°, libelle incendiaire, .^^ où l'auteur appelle la haine et la vengeance ^^^ sur' une classe alors désarmée ; La liste de$ ci-devant nobles, nobles de race, robins, etj avec des notes sur leurs familles; La vie vée des ecclésiastiques, prélats et autres ^'
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tionnaires pnbHes qui n'ont point prêté serment à la constitution civile du clcrqé. Membre de la convention nationale, où l'avait envoyé le Puy-de-Dôme, il vota la mort de Louis XVI, sans aiiiiel et sans sursis. Enveloppé plus tard dans la proscription lancée contre les Girondins, il réussit à gagner la ville de Berne, en Suisse, où il vécut, pendant près d'un an, du travail de ses mains, dans une manufacture d'indiennes. 11 fut rappelé en France par le décret du 18 frimaire an 11! (8 décembre 1794.), et rentra au sein do la convention. A cette époque il publia une brochure curieuse intilulée : Supplément aux crimes des anciens comités de gouvernement, avec l'histoire des conspirations du 10 mars, des 31 mai et 2 juin, etc. Sous le consulat, sous l'empire et sous la restauration, il ne révéla son existence que par la publication d'ouvrages analogues, par la tendance des idées, à ceux que nous avons cités : les principaux sont : Histoire abrégée des différents cultes, Paris, 1825, 2 vol. in-8°; Histoire physique, civile et morale de Paris, depuis les premiers temps historiques jusqu'à nos jours, qui a eu plusieurs éditions, tant à Bruxelles qu'à Paris, et dans laquelle l'auteur s'est surpassé en déclamations furieuses et empoisonnées contre le catholicisme et contre la monarchie; Histoire physique, civile et morale des environs de Paris, Pariai, 1823-1827, 4 vol. in-8% digne suite du précédent ouvrage. Ces deux livres ne sont guères que des amplifications des Descriptions, publiées en 1783 et 178(3 ; enlin : Esquisses historiques des principaux événements de la révolution française, depuis la convocation des états généraux jusqu'au rétablissement de la maison de Bourbon, Paris, 1823- 1823, 4- vol. in-8'. 11 avait aussi coopéré h plusieurs recueils périodiques, et écrit un grand nombre de mémoires ou dissertations sur les antiquités du sol français , et sur l'histoire de notre pays ; il laissait en manuscrit des Mémoires sur sa vie , pouvant former 2 volumes in-8".
DULAUBENS (Louis), prêtre de l'Oratoire, né à M()nti)eUier en lotd, fut d'abord pasteur calviniste dans cette ville. Il abjura ses erreurs, et se rendit à Paris, oij il se lit une réputation eu prêchant. Le cardinal de Bichelieu le chargea de divers travaux rela- .tifs h la convi'rsion des protestants, et il s'en acquitta avec bei<ucoup de zèle, ('/est en J6W, a[)rès la moit do Iticlieliou, (ju'il entra dans la con.i^régation de l'Oratoire. La réunion des protestants occupait constannnent toutes ses pensées, et il forma, pour atteindre ce but important , un plan (ju'il aurait voulu voir adopter i)ar le cardinal Ma-arin, dont les atfaires politiques absorbaimit malheuleu-euient toute l'attention. Le secrétariat de l'Oratoire [lossédait, au moment de la réyOlution, un Mémoire manuscrit de 30 pages in-V", curieux ot plein de vues sages et .ptdicieusos sur cet objet. Louis Dulaurens nioui'ut le 1" juillet 1(>71. Quoii[ue ses ouvrjKps aient été surfiassés par ceux des Bos- 6n(Sfc|aJes Nicoh', des Aruauld, ils u'cii sont
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pas moins solides et savants. On cite de lui : Réponse au livre de Pierre Dumoulin, intitulé : Opposition de la parole de Dieu à la doctrine de l'Eglise romaine, Paris, 1623, in-8° ; Dispute touchant le schisme et la sépa ration que Luther et Calvin ont faite de l'Eglise romaine, Paris, 1655, in-folio. Cet ouvrage était le fruit des conférences qui se tenaient aux Grauds-Augustins de Paris, entre les plus habiles théologiens de la capital >, sous la iirésidence de Harlay, archevêque de Bouen. Dulaurens ne mit rien par écrit, sur cette dispute, avant de l'avoir communiqué à ^'estrezat, son antagoniste, afin de ne rien publier dont ce ministre ne fiU convenu ; Le triomphe de l'Eglise romaine contre ceux de la religion prétendue réformée, par six démonstrations qui font voir clairement combien il est impossible de se sauver dans leur communion, dédié aux ministres de Charenton, Paris, 1667, in-12; Trente journées de retraite en mémoire et à l'honneur des trente années de la vie cachée de Notre-Seigneur Jésus-Christ, touchant les diverses misères de l'homme, Paris, iGVi), in-'i-°; quatre Sermons pour le vendredi saint, etc., Paris, 1651, in-8° ; huit Sermons sur l'Eucharistie, etc., ibid , 1662, in-8°; Oraison funèbre du maréchal de Toyras, imprimée à la stiite de l'histoire de ce personnage, [lar Baudier.
DUL.\UHENS ( HExni - Joskph ) , écrivain français, né à Douai en 1719, embrassa, à l'flge de 18 ans , l'état monastique chez les chanoines de la Trinité, où il avait fait ses études, puis anostasia, et se relira en Hollande, où il vécut quelque temps du produit de ses ouvrages licencieux. Il se rendit ensuite h Liège et à Francfort, où il espérait trouver un gain plus considérable; mais ayant été dénoncé à la chambre ecclésiastique de Mayence, comme auteur d'ouvrages anti-re'igieux, il fut jugé et condamné, en 1767, h une prison perpétuelle. Il paraît qu'après ce jugement il fut déteim dans une maison de pauvres prêtres qui était appelée Mariabom, et située près de .Mayence. C'est là qu'il mourut en 1797. Dulaurens écrivait avec facilité, mais son abordance extrême rend son travail inégal et ses idées peu suivies. Le plus connu de ses écrits est Le compère Matthieu, où il a répandu les poisons de sa haine pour la religion et les mœurs. Cet ouvrage fut attribué h Voltaire, et eut, dans sa nouveauté, cette vogue que les ouvrages licencieux obtiuiaient facilement à cette époque. Dul.uuM'ns composa aussi plusieurs p.oémes, où l'on trouve plus de dissolution (lue de goilt.
DUIJJN, laïque, né k Novare, dans le xui'- siècle, fut disciple de l'hérétique Segarel, et fonda lui-même la secte (les dulcinistes. Comme son maître, il annonçait que le règne du Saint-Esprit avait couimencé en l.'JOO, pour s'f'tendre iusqu'au jugeiiienl dei'nier. et (pi'oii ne devait plus lec uinailre l'autiU'ité du pape. Il avait établi parmi ses disciples In communauté des biens, et il se livrait avec eux îi des excès de di'bnuches. Le diocèse de Vcrceil fut témoin des scandales
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de cette nouvelle secte. Dulcin fut arrêté et bnllé avec sa femme, nommée Marguerite, le 1" juin 1307, et ses disciples se dispersèrent. On dit cjue la secte dura encore plusieurs siècles à Cabrières et à Mérindol.
DUMARSAIS ( CÉSAR Chesneau ) , né à Marseille en 1676, entra dans la congrégation de l'Oratoire ; mais le désir d'une plus grande liberté la lui lit quitter bientôt après. Jl vint à Paris, s'y maria, fut reçu avocat et commença à travailler avec succès. Des espérances flatteuses l'avaient engagé dans cette profession; mais trompé dans ses vues, il ue tarda pas à l'abandonner. Sa femme lui ayant paru un peu trop sage et trop chrétienne, il prit le parti de se séparer d'elle. Il se chargea de l'éducation du fils du président de Maisons. La mort du père l'ayant privé de la récompense qu'il espérait, il entra chez le fameux I.aw, jiour être auprès de son fils. Après la chute de ce charlatan, il entra chez le marq.iis de Beaufremont. L'éducation de M.M. de Beaufremont finie, il prit une pension, dans laquelle il éleva, suivant sa méthode, un certain nombre de jeimes gens; mais le bruit s'étaut réi^andu qu'il leur enseignait l'irréligion, celte pension fut supprimée. Obligé à donner quelques leçons pour subsister, sans fortune, sans espérance et presque sans ressource, il se réduisit à un genre de vie foit étroit. Ce fut alors que les auteurs de l'Encyclopédie l'associèrent à leur informe compilation. Il y fit plusieurs articles de grammaire, qui sont répandus dans les six premiers volumes. Il mourut, en 1756, à 80 ans, aj)rès avoir reçu les sjcrements. Dumarsais avait donné plus d'une fois des scènes d'irréligion. Appelé pour présider à l'éducation de trois frères, dans une des premières maisons du royaume , il demanda dans quelle religion on voulait qu'il les élevât ? question qui nuisit infiniment à sa fortune, dans un temps oi\ la religion était respectée et regardée comme l'unique sanction des mœurs. Il s'était d'ailleurs lait connaître par divers ouvrages, oii l'impiété paraissait h découvert. Ceux qui avaient été liés avec lui parles mêmes sentiments lui firent un crime de son retour au christianisme dans ses derniers moments ; quelques-uns prétendirent que ce retour n'avait pas été sincère, que c'était l'effet de la faiblesse du malade, etc.; mais quand cela serait, quand la révolution qui su fait si fréquemment dans les esprits forts, lorsqu'ils se voient au bord du toraîjeau, ne serait pas le fruit d'une pleine conviction, elle prouverait au moins qu'ils n'ont jamais été bien persuadés des erreurs qu'ils ont enseignées ou adoptées, et qu'ils n'ont jamais été incrédules de bonne foi. « Ce n'est « pas une fui éteinte (dit Bayle), qu'on peut « bien citer en cette matière, ce n'est qu'un « feu caché sous la cendre. Ils en ressentent « l'activité dès qu'ils se consultent, et prin- « cipalement à la vue de quelque péiil. On « les voit alors plus tremblants que les au- « très hommes. Le souvenir d'avoir témoigné « plus de m 'pris qu'ils n'en sentaicrrt pour a les choses saintes, -et d'avoir tâché de se
« soustraire intérieurement k ce joug, redou- « ble leur inquiétude. » Les principaux ouvrages de Dumarsais sont : Exposition de la doctrine de l'église gallicane , par rapport aux prétentions de la cour de Rome, in-12. Cet ouvrage n'a paru qu'aju-ès la mort de l'anteur : on s'imagine aisément comment celte matière a été traitée par un homme aussi ennemi du christianisme en général, que de la religion catholique et du siège de Rome en particulier. Exposition d'une méthode raisonnée pour apprendre la langue latine, in-12, 1722; Traité des tropes , 1730, ia-8% réimprimé (3' édition) en 1775, in-12. Cet ouvrage explique les différents sens qu'on peut donner au même mot. Quelqu'un voulant lui faire compliment sur ce livre, lui dit qu'il avait entendu dire beaucoup de bien de son Histoire des Tropes : il jirenait cette figure de rhétorique pour un nom de peuple. Dans les réputations à la mode, il faut compter bien des suffrages de cette nature. Les véritables principes de la grammaire, ou Nouvelle grammaire raisonnée pour apprendre la langue latine, 1729, in-4°. Il n'a jiaru que la préface de cet ouvrage. Un Abrégé de la fable, du P. Jouvenci, disposé suivant sa méthode, 1731, in-12; une Réponse manuscrite à la Critique de l'Histoire des Oracles, parle P. Baltus. On n'en a trouvé que des fragments imparfaits dans ses papiers. Cet etl'ort inutile et le silence de Fontenelle prouvent combien l'ouvrage de Baltus est solide : les raisonnements sont vains centre des faits avérés, conformes d ailleurs h des iirincipes incontestables. (Voy. Baltvs.) Logique, ou Réflexions sur les opérations de l'esprit, ouvrage fort court et superficiel. On la réimprimé avec les articli s qu'il avait fournis à l'Encyclopédie, Pains, 1762, 2 parties in-12. Nous ne dirons rien de quelques autres ouvrages impies, tombés dans un oubli dont il ne faut pas les tirer. Un amour excessif des louanges, une grande idée de lui-même, et la faiblesse de la témoigner en toute occasion, sont le caractère de cet écrivain. Les philosophes du jour en parlent avec beaucoup d'éloge, et le considèrent comme le coryphée et le modèle de cette nuée d'instituteurs initiés aux dogmes de la secte, qui se sont répandus depuis dans toutes les provinces de l'Eui'ope pour détruire ce qu'ils appellent les préjugés, c'est-à-dire toutes les notions chères à l'homme chrétien et à l'homme solidement vertueux.
DUMAS (HiLiiRE), docteur de la maison et société de Sorbonne, s'est fait connaîti-o par une Histoire des cinq propositions de Jansénius, Trévoux, 1702, en 3 vol. in-12, bien écrite et avec vérité. On l'atti-ibua au P. Lé Tellier ; mais le style du jésuite est plus véhément. On a encore, de l'abbé Dumas, une traduction de l'Imitation de Jésus-Christj^^ d'autres écrits, moins connus que son-^i^ toire. Il mourut en 1712.
DUMAS (Chaules - Guillausie -FtgtPÉMc).
né en 1725, mort vei's la fin du xviii' :" a publié : Voyages et Découvertes faites^ Russes, traduit de l'allemand de Mullen
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tordam, 1766, 2 vol. petit in-8" ; Jielation hii^torique de Vexpédition contre les Indiens de rOhio, en 176i, traduit de l'anglais, 1769, in-8°; Examen de la doctrine touchant le salut des païens, etc., traduit do l'allemand de J.-Aug. Eberhard, Amsterdam, 1773, in-8% et plusieurs articles dans la Bihliotliètjue des sciences et des beaux-arts, journal imiirimé k La Haye, et qui a fini, en 1778, au 48' volume.
DUMAS (le Père Henki-Bonaventure), cordelier de Lyon, où il était né le 31 décembre 1698, et oïl il raniu-ut en 1773 ou 1774, fit profession en 1714, et fut bibliothécaire de l'ordre. La bibliothèque s'enrichit, gr;1ce à lui, d'un assez grand nomltre de livres, dont les plus précieux lui furent légués par l'abbé Tiicaud, chanoine d'Ainay, mort k Paris en 1739. Le P. Dumas composa, avec son confrère le P. Bau!e, une Histoire abréqée de la vie, des vertus et du culte de saint Bonaventure, Lyon, sans nom d'auteur, 1747, in-8", avec fi,;iures, très-rare.
DU.ViAS (Jean), pasteur protestant k Leipzig, était d'origine française, et mourut dans cette ville le 4 avril 1799, laissant : Traité du suicide, Leipzig, 1773, in-8° ; traduit en allemand, ibid., 1775, in-8° : l'auteur y réfute quelcpies philosophes du xviii' siècle, entre autres Jean-Jacques Rousseau ; Cantiques, tirés en partie des Psaumes, et en partie des poésies sacrées des meilleurs poètes français, ibid., 1775, in-S"; A la mémoire de Zoliikofer, ibid., 1788, in-8°, en allemand. — Dumas (Pierre), doctrinaire, mort k Paris, est auteur d'une Vie estimée du vénérable César de Bus, fondateur de In congré(]ation de la doctrine chrétienne, in-4°. Il avait aussi annoncé une biographie du Père Vigier, l'un des premiers disciples de César de Bus, mais elle ne paraît pas avoir été imprimée.
DUMOITIKZ (Charles - Isidore), ancien bénédii tin de la congrégation de Saint-Maur, né en 1705 k Beaun'voir, près Saint-Quentin, habitait l'abbaye de Saint-(Jermain-des- Piés k l'époque où la révolution éclata. 11 fut transféré, en 1792, k Siiiit-Denis, avec ceux de ses confrères, qui, restés fidèles k leur devoir, persistaient k vouloir men(îr la vie conunune. Mais le monastère de, Saint- Denis avant été supprimé au bout de trois niiiis, doin Dumoiticz S(^ cliargea d'une éducation particulière. Un écrit (ju'il publia en 179H le lit déporter k l'île de Khé, et il ne ri'iduvra la lii)erlé que sous li' con^-ulal. Il fut nommé en 1802 k la cure de Belleville, qu il conserva jusriu'k sa mort, arrivée le 27 mai 1832. On a de dom Dumoitiez : Instruction sur les fondements. In vérité et l'imporliincf de la reli(jiiin. Palis, IS-iH, iii-12.
DU.MOI.INLT ou DU.MOULINLT Ci. m i-i).
Yo;/. Moi i.inet.
DUMONT (Pâli,), écrivain ascéti(pi(', né riû32. il Douai, d'une famille honorable, étudia a Ciiiilirai, k Loiivaui, k Paris, fut peiidaiu 'lU aii> sccn'-laire de sa ville natale, et iiiounii le 2;l octobre? 1602. 11 traduisit du laliu, (il 1 I spagnol et de l'italien, divers ouliiété, eiitve autres : Le décrottoir