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volte cl (le mauvaise foi : les évoques étaient ses jogos légitimes ; en refusant de se justifier, il méritait condamnalion. En effet, il fut condamné à Home aussi bien qu'à Sens. In- Docenl II confirma les décrets de ce concile, et ordonna que les livres d'Abailard fussent brûlés, et que leur auteur fût enfermé avec défense d'enseigner. Abailard, aussi malheureux ( n écrits qu'en amours , publia son apologie; et, croyant devoir poursuivre son rappel au saint-siége, il partit pour Kome. En passant à Cluny, Pierre le Vénérable, abbé de ce monastère, homme éclairé et compatissant, le retint dans sa solitude, et entreprit sa conversion. 11 en vint à bout par sa douceur et sa piété, il peignit son repentir au pape, el obtint son pardon. 11 travailla en même temps à le réconcilier avec saint Bernard, et y réussit. (Quoique Abailard fiit entré dans le cloître plutôt par dépit que par piété, SCS lettres à Heloïse semblent attester qu'il ne tarda pas à prendre l'esprit de cet état. Cette tendre amante était alors au Paraclel ; c'était un oratoire que son amant avait bâti près de Nogent sur-Si'ine, en 1122, à l'honneur de la Trinité. Héloïse y vivait saintement, avec plusieurs autres religieuses. Abailard trouva dans le monastère de Cluny la paix de l'âme, que les plaisirs et la gloire n'avaient pu lui procurer. Devenu très-infirme, il fut envoyé au monastère de Saint-Marcel, près de Châlons-sur-Saône, et y mourut en 1142, à 03 ans. Héloïse demanda les cendres d'Abailard, et les fit enterrer au Paraclet. Pierre le Vénérable honora son tombeau d'une épitaphe. Quelques éloges qu'on donne à .Vhailard, on ne peut nier qu'il n'ait eu une présomption extrême. Avec moins d'amour-propre, il aurait été moins célèbre et plus heureux. Des écrivains protestants ont dit qu'il fut condamné et persécuté, non pour ses erreurs, mais pour avoir soutenu aux moines de Saint Denis que leur saint n'était pas le même que saint Denis l'Aréopagite : c'est une imposture. Ce point ne fut mis en question ni à Suissons, ni ù Sens, ni à Rome : Abailard fut condanmé pour des erreurs qu'il avait enseignées sur la Trinité , sur i'incarnatiun , sur la tiràcc et sur [dusieurs autres chefs. On peut en voir la censure dans le recueil de ses ouvrages, publiés à Piiris en IGI6 ( le frontispice porte qui'l({uefois la date de liilli, et (luelquefols celle de 1020) en un gros vol. \n-k°, sur les manuscrits de François d'Ainboise. Celte cullecliim offre, 1° plusieurs Lettres: la première est un récit des dilïércnies infortunes de l'auteur, jusqu'' vers le temps du concile de Sens ; la troisième, la cinquième et la huitième sont adressées à Héloïse; 2° îles Sermons ; .'}' des Traites doginalifjucs. L' l/exainiraii in (îencsiin d'Abailard, est imprimé dans le tome III du Trésor des i.nec'Iotes de Martenne. <>ii trouve dans ces différents ouvrages, de l'imagination, du savoir et de lesprit ; mais on y voit encore plus d'idées singulières, devantes subtilités, d'expressions barbares.Domtjcrv aise donna, eu lT2tJ, en 2 vol. ju-12, la Vie d'Ahatlard
et d'Eélo'ise. Trois ans après, il fit imprimer en 2 vol. in-12 les véritables lettres de ces deuxamants, avec des notes historiques et critiques, et une traduclion qui n'est qu'une longue paraphrase où l'on rencontre assez souvent des expressions libres el légères. On a publié, sous le nom d'Abailard el d'Héloïse, différentes lettres, qui sont purement romanesques. La meilleure édition des véritables Lettres d'Abailard et d'Héloïse est celle de Londres, 1718, in-S", en latin. Elle a été revue sur les nneilleurs manuscrits, et n'est pas commune. On en a donné de belles éditions en 1782, 2 vol. in-12, avec une traduction nouvelle par Bastien, et en 1796, 3 vol. \n-k° avec la vie des auteurs, pardeLaulnaye, et la traduction ou paraphrase de dora Gervaise ; mais toutes ces éditions, faites pour réhabiliter la mémoire de ces deux amants, faire l'apologie de leurs amours, et donner de la célébrité au dérèglement de leur jeunesse, ne sont connues que des frivoles lecteurs de romans.
ABARIÎANEL. Voyez Abrabasel.
ABAUZIT (FiRMiNJ, naquit le 11 novembre 1G71>, à Uzès, de parents calvinistes, qui l'emmenèrent de bonne heure à Genève. Il voyagea en Angleterre et en Hollande, oii il connut Bayle et se lia avec lui. De retour à Genève, il devint bibliothécaire de celle ville, où il \écut dans une assez grande obscurité. Il se retira sur la fin de ses jours dans une petite solitude, à peu de distance de Genève; c'est là qu'il termina sa carrière au commencement de 1707, âgé de quairevingt-sepl ans. On a de lui quidques ouvrages en faveur de l'arianisme ; entre autres, un Commeiitiiire sur l'Apocalypse, où les erreurs de celle secte sont défendues avec une ardeur bien peu assortie à la philosophie que l'auteur affectait. Si l'abbé Bergicr s'est occupé à le réfuter, ce n'est [las qu'il le rcgarilâl comme un adversaire fort redoutable, mais parce que l'enthousiasme avec lequel J.-J. Kuusseau avait parlé, dans la Nouvelle Heloïse, de ce l'aDatique auquel il avait lait plusieurs plagiats, eiil pu le faire prendre pour un homme important. Le compilaleur .Manuel en parle sur le même ton dans son Année française. Abauzit a donne aussi une nouvelle édition de Vllisloire de Ge~ ni've, de Jacques Spon, 1730, 2 vol. in-V' cl 'i vol. in-i2.
AIÎIiA (l'abbé Jacques-André), né en 1780 à Farigliano, fil ses éludes Iheolnglques et reçut les ordres sacrés au séminaire de Fossano, el s'appliqua avec ardeur à l'élude de la philosophie. En 1820, par la protection de son parent , l'abbe Hruno, professeur de théologie, il obtint l.i chaire de logique et de métaphysique dans l'université royale de Turin. Ce savant préparait avec beaucoup de zèle les matériaux d'un grand uuvra!;o sur les Tht'nnes (inriennes el tnodernes de t'isprit humain, lors()u'il mourut, le 31 janvier 1837, à Turin. On a de lui : Lellere a Filameto. I vol. in-8' ; Dette co(/nizioni umane , 1 vol. in-8°.
AUUADIE (JAcyuKsj, célèbre miuislrc cal-
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