PÈRE
ACACE, évéque de Bérée en Palestine, né vers l'an 322, embrassa l'état monastique : il fut ami de saint Epipbane et de saint Flavien, mais il n'eut pas toujours une conduite irréprochable. On le blâme surtout d'avoir été le persécuteur de saint Chrysostôme, dont il avait été l'ami; mais il reconnut sa faute. Nous avons de lui trois Lettres qu'on trouve dans le Recueil des conciles 4'Ephèse et de Chalcédoine, pa.r le Père Lu-
ptis, ermite de saint Augustin. Acace remplit plusieurs missions à Home, où jl défendit la doctrine des rfeux natures de Jésus-Christ devant le pape Damase. En 381 il assista aiî concile de Gonstantinople, et ses négociations avec le pape Sirice mirent ub terme au schisme de l'église d'Antioche.
AGARIE (Barbe), ou sœur Marie de l'Incarnation, fille de M. Avrillot, seigneur de Ghamplàtreux, maître des comptes, naquit à Paris le 1" février 1565. Douée, dès son enfance, d'une vertu extraordinaire , elle voulut se faire religieuse; mais ses parents s'y opposèrent et lui firent épouser, en 1382, Pierre Acarie, maître des comptes. Son mari, qui était un zélé ligueur, ayant quitté Paris lorsque Henri IV y fit son entrée, la laissa dans la misère avec six enfants en bas âge. Mais sa constance et sa piété lui acquirent un tel respect et une telle confiance qu'on la consultait dans toutes les entreprises religieuses qui avaient pour objet de réparer les désordres causés par les troubles civils. Ce fut alors qu'elle songea à introduire l'ordre des Carmélites en France; elle s'en ouvrit à D. Beaucousin, vicaire des Chartreux de Paris qui avait été son directeur, et au P. de Bérulle qui l'était alors. Saint François de Sales, les docteurs André DuvaletGallemant, approuvèrent aussi ce projet, et l'on arrêta quel'on ferait venir d'Espagne des relighuses formées par sainte Thérèse, morte depuis vingt ans. Devenue veuve en 1613, madame Acarie entra en qualité de sœur converse à Amiens : on voulut, par la suite, l'y faire supérieure; mais elle refusa cette dignité, et se retira au couvent de Pontoise, qui lui devait son établissement. C'est là qu elle mourut en odeur de sainteté le 18 avril 1618. On rapporte que son tombeau fut honoré de plusieurs miracles. Elle fut béatifiée en 1791 par l'ii! Vil, et on célèbre sa fête à Paris le 18 avril. Sa Xic a été écrite p;ir le docteur André Duval, professeur en Sorbonne ; par le P. Morin, barnabile, et, en dernier lieu, par l'abbé de Monlis. Paris, 1778. — Marguerite AcAuiE, sa fille, reçut dans l'ordre des Carmélites déchausséesle nom de sœur Mariîuorite du Saint-Sacrement, prit l'habit en 1603, et lit profession en 1007. Dans les maisons de Tours, de Bordeaux, de Xaintes et de Paris, où elle était prieure du couvent de la rue tîhapon, elle fil paraître une patience et une vertu angéliques. Elle mourut en 1660, à 70 ans. Sa Vie a été écrite par Tronsoi) de Cheneviére, curé de Saint-Sulpice, Paris, 1690, in-8°.
aGGA ou ACCAS (saint), religieux de l'ordre de Saint-Benoit, évéque de Hagulstald ou Hexam, dans le comté de Northumberland, succéda en 709 dans ce siège à Willrid. Il accompagna ce dernier dans un voyage à Rome, et ramena de celte ville des artistes qu'il employa à embellir son église. Saint Accas se vit ôter son siège, on ne sait sous quel prétexte; mais il lui fut ensuite rendu, et il le conserva jusqu'à sa mort arrivée en 740. Il lut mis au nombre des saints, et ses reliques opérèrent des miracles. II compcsa
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tin Traité sur les soî/,7V«)?ces des saints, des Offices pour son Eglise, et des Leilrcsci ses amis, dont une, adressée à IJède, lui donne des avis sur l'étude de l'I^criture. — Le siège d'Hae"lst;ild a é'é depuis transféré à Diirham.
ACCKTTl (Jérôme), dominicain de Brescia, en Italie, puis inquisiteur général de i:rénione, a composé quelques ouvrages de théologie, dont un seul a été imprimé sous ce titre : Tractatus de iheologia stjmbolica, schola^tica et nuislica. 11 allait être sacré comme évêque de Fondi, lorsqu'il mourut en 1()70.
ACCiiTTO (llEGiNALD), dominicain, né en Sicile, tut un prédicateur et un théologien distingué, et mourut à Naples en 1590. Les ouvrasjcs qu'il composa sont intitulés : Tralttttodelanno santo ; Tratlalo del celibato, ed nn allro délie richezze spiriluali délia cliiesa; Salutationes ad sanctissiinum nomen Dei, etc., Naples, 1581, in-16.
ACCIAlUOLl (Angelo), archevêque de Florence et cardinal-légat, soutint. Urbain VI, et écrivit un ouvrage dans le but de faire cesser le schisme qui divisait alors l'Eglise, et pour combattre les démarches du cardinal de Prata en faveur de Clément VII. 11 fut régent du royaume de Ladislas, qu'il couronna en 1390, réconcilia la famille des Drsins et celle deBonil'ace, et assista à l'élection d'Innocent Vil. 11 réforma le monastère de Saint- Paul de Itome, el mourut en 1V07.
ACCIAlUOLl (Zaxobio), dominicain, né à Florence en liGl, mort à Home le 27 juillet 1319, était savant dans les lettres grecijues et latines, et l'ut lié avec Ange Polilicn et Marsile Ficin. Léon X le nomma, en lol8, bibliothécaire du Vatican. On a de lui des traductions latines dEusèbe de Ccsarée, de Théodoret, d'Oljmpiodore, et l'on dit qu'il avait aussi traduit la plus grande partie des œuvres de saint Justin, martyr. On a imprimé un Discours latin, qu'il lit à la louange de la ville de Naples, et un autre à la louange de Uome. (iiraldi, dans son premier dialogue, de Poetis nostroritm temporum, le met au nombre des bons poêles. Eu IW6, il mit aa jour les Epigrammes grecques de Politien, qui lui avait confié ce soin en mourant.
ACCOLTI (Benoît), jurisconsulte céli bre, né à Arezzo, en l'ilo, d'une famille noble, remplaça le Pogge dans l'emploi de chancelier de la république de Florence en rV39. 11 a laissé une histoire bien écrite, intitulée: De bello a. clirislinnis conlra harliaros, pro Cfiristi sepnlchro et Judoeu recuperandis , libri très, à Venise , VV^'Î , in-'i" ; ouvrage qui servit comme de texte au Tasse pour sa Jérusalem délivrée, mais qui était peu propre à riii.<;pi- Tcr ; De prie si cm tic vironiin sut ori, à Parme, 1089, in-12. Sa mémoiie était si heureuse, dit-on, qu'ayant un jour entendu la harangue latine prononcée par un ambassadeur du roi de Hongrie, devant le sénat de Florence, il la répéta mot pour mol. Il mourut en l'»'i6.
> ACCOLTI (François), frôrc du précédent , appelé le Prince des juriscovsiillo de son temps, naquit ;i Are/zn, en l'ilH, et fut professeur de jurisprudence dans plusieufi ;ica-
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démies. Il était d'une éloquence viclorieusa dans les disputes publiques, et d'un conseil excellent dani le cabinet. La con>i'!ération dont il JDuissiiiî était si grande qu'à l'avénement de Sixte IV au trône pontifical, il se flatta d'obtenir la pourpre : elle lui fut refusée, mais le pontife crut devoir au moins couvrir son refus d'un prétexte bien honorable, en déclarant qu'il la lui aurait volontiers accordée, s'il n'eijt craint que sa promotion, en l'enlevant à ses disciples, ne nuisit au progrès de la jurisprudence. Ce fait , rapporté par un historien italien, n'est pas bien avéré. Il a été accusé, sans prouve, d'avarice. On raconte de lui un Irait qui prouve la singularité de son esprit. Ayant voulu prouver à ses disciples les avantages d'une bonne réputation et les inconvénients d'un mauvais cœur, il alla voler de la viande aux bouchers, qui accusèrent deux de ses élèves mal famés ; il alla ensuite déclarer quel était le voleur, et quel était le but qu'il avait eu en agi<sant ainsi. Il mourut en 1W3. On a de lui quelques livres sur la jurisprudence, et des traductions peu estimées de plusieurs ouvrages de saint Clirysostônie. Cet auteur est plus connu sous le nom A'Arélin ou François d'Arr zzo qu'il avait du lieu de sa naissance, que sous celui ù'Accolli, qu'il tenait de sa famille.
ACCOLiT (Piekre), connu sous le nom de cardinal d'Ancône. fils de Benoît , jurisconsulte, naquit en liS'ô à Florence. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il fut auditeur de rote, sous Alexandre VI. Jules II le nomma évéque d'Ancône, et le créa cardinal du litre de Saint-Eusèbe, dans sa promotion de 1511. Il eut jus(|u';i sept évèchés, entre lesquels il faut compter l'archevéclié de Uavenne, qu'il garda peu, et échangea pour l'évérhé de Crémone, avec son neveu Benoît Aecolti. Il exerça à Uome les fonctions de c.irdinalvicaire, el mourut dans celte ville le 12 décembre Jo32, âgé de 77 ans. Ce fut lui qui , en 1519, rédigea la bulle contre Luther. 11 est nuliHir de quelques Traités historiques.
ACCOLTI (Btî^ioiT) , pelit-lils du précédent Benoit , fut chef d'une conspiration contre le pape Pie IV ; il avait pour couïplieos Pierre Accolli, son parent, le comte .\ntoJne de Ganossa, le chevalier Peliccione, Prosper d'Ellore et Thaddée Manfredi, tous accablés de dettes, et d'un esprit ardent et inquiet. Le motif ou plutôt le prétexte de cette conspiration, était que Pie IV n'était pas véritablement pape, et ils voulaient en mettre un autre à sa place. Aecolti faisait espérer à ses compagnons degrandesrécoinpenses. Il avait promis (le donner Pavic à ■Vntoine, Crémone à Thaddée. Aquilée à Peliccione, el un revenu de cinq mille cens à Prosper. Leur projet transpira. Accolli, accusé d'avoir demeuré à (îenève, commença de devenir sii'-pect au pape, en demand.int trop soinent audience. Il fut pris avec 81'S compagnnni, et ils furent pnni'j de leur crime p.ir le dernier .'Upp'ice en liitt'».
At^l'OLTI lii.NoÎT). connu sou^ le nom do cardinal de l'.difttne. neveu tl- l'ierr.' Accolli, ii,<iuit en ri97. Il avait étudie la langue la-
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tine avec tant de succès, qu'il fut surnommé le Cicéron de son temps. II fut abrcviateur aposloliiiue ri évêque de Cadix sons Léon X. Clément Vil le nomma sou secrétaire, et le créa cardinal à l'âge de trente ans. En 1532, il fut envoyé en qualité do légat dans la Marche d'Ancône. Tombé dans la disgrâce de l'aiil III, il subit un procès rigoureux, selon quelques-uns, pour crime de péculat. 11 fut enfermé au château Saint-Ange, d'où il sortit en donnant 59 mille écus d'or. Alors il se relira à Ravenne, puis à Ferrare, à Venise, el enfin à Florence où. il mourut en loW, après avoir composé des ouvrages latins, et des poésies insérées dans le recueil Quinque illnslrium poetaïuin. On a de lui un Traite du droit du pnpe sur le royaume de Naples,
ACEHNO (Thomas d'), évêque de Nocera de Pagani, dans le roy uime de Naples , au XIV' siècle , écrivit une Histoire de l'élection d'Urbain VI, insérée dans le tome m des Scrittori délie cose italiane, de Muralori.
ACESIUS, évêque de Gonslantiiiop'.e, sous le règne de Conslanlin , fut disciple de Novalus, fondateur d'une soete qui soutenait que l'on ni^ pouvait admettre à la communion de l'église les péelieurs qui avaient lailli après 11! baptême. Cette opinion outrée, développée par Acésius au conseil de Nicée en 323, lui attira celte réponse de Constantin : « En ce cas, faites-vous une écliellc, et montez au ciel tout seul. »
ACHTAB, fils el successeur d'Amri, se distingua, parmi tons les rois d'Israël , par ses impiétés. Il épousa Jézabcl, fille du roi des Sidoniens, femme impérieuse, cruelle et digne d'un tel époux. C'est à la prière de cette princesse qu'il éleva un autel à Baal , idole des Sidoniens. Elle lui préJil qu'une sécheresse de trois ans et demi désolcraitson pays. Le prophète ajouta de nouveaux prodiges qui ne le louchèrent pas davantage ; le feu du ciel consuma sa victime en présence de 830 prophètes de Baal, qui, ayant demandé inutilement à leur fausse divinité le miracle que le vrai Dieu avait opéré à la prière d'EIie, furent massacrés par le peuple. Achab remporta ensuite, avec une petite armée, deux victoires signalées sur Benadad,roi de Syrie, qui était venu mettre le siège devant Samarie avec des troupes innombrables. Ce prince, ingrat à ce bienfait du Très-Haut , continua ses dérèglements et ses injustices : il s'empara, pour agrandir ses jardins, de la vigne de Nabolh, contre lequel Jézabel suscita de faux témoins pour le faire mourir. Achab perdit bientôt lui-même la vie dans une bataille contre le roi de Syrie. Les chiens léchèrent le sang qui avait coulé de ses blessures, comme ils avaient léché celui de Naboth, vers l'an 898 avant Jésus-Christ. Il avait régné 22 ans
ACHÀB, fils de Cholias, un des deux faux prophètes qui séduisaient les Israélites à Babjlone, cl que le Seigneur menaça , par Jèrémie, de livrera iNabuchodonosor , pour les faire mourir aux yeux de ceux qu'ils avaient séduits ; de sorte, dit Jérémie, xxix , 22, que tous ceux de Juda qui seront à lia-
bylone se serviront de leurs noms lorsqu'ils voudront maudire quelqu'un, en disant : Que le Seigneur vqus traite comme il Iraita Acîiab el Sédécias, que le roi de Babijlone fit frire dans une poêle ardente. Quelques-uns croient qu'Achab fut un des vieillards qui essayèrent de corrompre la chaste Susanne.
ACHAN, fils de Garmi, de 1 1 tribu de Juda, cacha, à la prise de Jéricho, 200 sicles d'argent, un manteau d'écarlate et une règle d'or, contre la défense expresse que Dieu en avait faite. Ce péché fut fatal aux Israélites, qui furent repoussés au siège d'Haï. Achan, ayant été convaincu par le sort, Josué le fit lapider avec sa femme et ses enfants, et Haï fut prise.
ACHARD, abbé de saint-Victor, à Paris , puis évêque d'Avranches en 116i , est auteur de plusieurs traités, restés manuscrits : De tentalione Christi in deserto, et De divisione aniiitœ et spirilus. Ces manuscrits se conservaient dans la bibliothèque de Saint-Victor, el les bibliothèques de Cambridge et du collège de Bennet en possédaient des copies ; De sancta Trinitale. Henri 11, roi d'Angleterre, avait [)our lui une estime particulière, quoiqu'il fût l'ami inlime de saint Thomas de Caiitorbéry. Il tint sur les fonts baptisu>aux Aliénor sa fille, depuis épouse d'Alphonse IX, roi de Castille, et mourut eu oJeur de sainteté le 2'J mars 1171.
ACHARD (Antoine), ministre protesîant , né à Genève en 1696, fui nommé par le roi de Prusse conseiller du consistoire supérieur, el, en 17*0, membre du grand directoire français avec le litre de conseiller privé. En 17+3, il fut reçu à l'académie de Berlin, puis nommé inspecteur du collège français et directeur de la maison de cliarilé, et mourut en 1772. 11 avait été en correspondance avec les jésuites Colooia, Tournemine, Hardouin, Porée, avec le P. Lelong, el les genevois Turrelin, Tronchin el Vernet. Ce ministre avait une constitution trèsfaible, et ne vécut que de laitage pendant vingt ans. On a de lui des Sermons sur divers textes de l'Ecriture suinte, Berlin, 1771, 2 vol. in-8°, et les Mémoires de l'Académie de Berlin pour 1743 contiennent le canevas d'un ouvrage considérable dans lequel il se proposait de prouver que l'homme est libre, et aurait répondu aux difficultés de Spinosa, Bayle et Goliins. — Son fils François fut membre de plusieurs sociétés savantes, et publia un grand nombre de dissertaiions dans les recueils et journaux;
ACH VRDS ( Eléazar - François de la Balmb des) , né à Avignon en 1679, fut nommé évêque d'Halicarnasse, el envoyé par Clément XII, en qualité de vicaire apostolique, pour terminer les différends élevés entre les missionnaires des divers ordres religieux qui étaient en Chine : il mourut à Cochin eu 17'tl. L'abhé Fabre, d'abord son secrélaire, et ensuite provisileur de la même mission, a fait imprimer, en 3 vol. in-12, une Relation de sa mission et des Lettres sar la visite apostolique de des Achards ; ouvrage dicte par l'esprit de parti, et condamné par
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un décret du Saint-Office, le 16 juin 174.6.
ACHAZ, roi de Juda, fils et successeur de Joatham, surpassa eu impiélé tous ses prédécesseurs. Son armée fui défaite par Razin, roi de Syrie, qu'il avait vaincu d'abord, et par Phacée, roi d'Israël. 11 implora le secours du roi d'Assyrie, Théglat-Phalassar, et fit faire un autel sacrilège pour lui plaire. Ïhégial-Phalassar rentra dans Jérusalem, obtint d'Acliazce qu'il avaitde plus précieux dans le temple, et le contraignit à lui payer un tribut. Ce prince mit le comble à ses impiétés, en faisant fermer les portes du temple, et en défendant au peuple d'y aller offrir ses victimes et ses prières. Il mourut vers l'an 726 avant Jésus-Giirist, après un règne delG ans, et futprivédela sépulture des rois. Sous le règni! de ce prince, il est fait mention dans l'Iîcriture sainte d'un gnomon ou cadran solaire, qui est le plus ancien dont parle l'histoire.
ACHEKY (dom Jea\-Luc d'). né à Saint- Quentin, en Picardie, en 1609, fit profession dans l'abbaye des bénédictins de sa ville, puis il alla à Vendôme où il entra dans la congrégation de Saint-Maur et s'y rendit recommandable par un savoir profond, joint à une piélé tendre. Son soin principal, après ses premières études, fut de chercher toutes les pièces d'antiquité qui pouvaient être de quelque utilité aux écrivains modernes. Les morceaux qu'il a trouvés sont dans son Spiciléf/e, 13 vol. in-i', réimprimé en 1723 par les soins de M. de La Barre, 3 vol. in-fol. C'est une collection où l'on rencontre beaucoup d'histoires, de ciironiques, de vies de saints, d'actes, de chartes, de lettres, qui n'avaient pas encore vu le jour. Il orna ce recueil, fait avec choix, de préfaces pleines d'érudition. On lui doit encore l'Epîlre attribuée à saint Barnabe, imprimée en lC!i.j; les OEuvres de Lanfranc, en 16i8, in-fol. ; celles do fiuiberl, abbé de Nogent, in-fol., en 1651; Régula solitariorum, du P. Grimlaïc, avec des notes et observations, 1653, in-12; un Catalogue in-i des ouvrages ascétiques des Pères, en 16V8el1671. Voyez un Becueil de ses lettres au cardinal Bona, et de celles que ce prélat lui écrivit, imprimé en 1755. Il mourut à Saint-(îermaiu-des-l'rés, en 1685, à l'âge de 76 ans, avec la consolation d'avoir consacré tonte sa vie à la retraite et à l'élude. Alexandre \'ll et (élément \ l'honorèrent de leur estime, et lui en donnèrent des marques. Ce savant religieux ne counut l'antiquité que pour en mieux imiter les vertus. Plusieurs personnes pieuses se mirciil sous sa conduite, et beaucoup oe savants eurent recours à ses lumières. Il sanctilia les premiers et éclaira les autres. On trouve l'éloge d'.Vrhéry dans le Journal de Trévoux, 26 novembre 1()85. Celui (le M. Maugindre, qui remporta le prix d'éloqiiiMice au jugement de l'acailéinie d'Amiens, est plus détaillé et plus complet. Il a été imprimé en 1775.
A<;ilIAB, ou AQIIIAB, neveu d'Hérode le ('■rand. l'emlaiit la maladie de son oncle, il cnipéeha la reine Alexandra, mère de Mariaujue, du b'eiuparor d'une des lorlcrcsses
de Jérusalem, dont il était gouverneur, en faisant avertir à propos le roi de ce qui se tramait. Il sauva plusieurs fois la vie à son oncle. Un jour, entre autres, ce prince demanda une pomme et un couteau pour la peler; mais Achiab s'étanl aperçu que c'était pour se percer, lui arracha le couteau, et prévint l'exécution de ce suicide.
ACHIMAAS, fils et successeur du grand prêtre Sadoc. Pendant la révolte d'Absalon, il résolut, avec son frère Jonathas, d'aller informer David qui fuyait, des résolutions que l'on prenait contre lui dans le conseil de ses ennemis. Absalon ayant découvert leur dessein les fit poursuivre; mais étant arrivés à Bathurim ils se cachèrent dans un puits, d'où ils sortirent lorsque ceux qui les cherchaient se furent éloignés. Ils arrivèrent heureusement au camp de David, qui dut son salut à leurs avis. Achimaas épousa dans la suite Sémach, une des filles de Salomon. Son fils Azarias lui succéda dans la souveraine sacriûcature.
ACHIMÉLECH. grand pontife des juifs, successeur d'Achitob son père, donna à David les pains de proposition et l'épée de Goliath. Saiil, poussé par sa jalousie contre ce prince, eut la cruauté de faire mourir le grand prêtre, avec 85 hommes de sa tribu. Doëg l'Iduméen, (|ui avait été le délateur de l'action du charitable pontife, se chargea de cet alîreux assassinat, dont l'infamie esl vivement exprimée dans un des plus beaux psaumes de David. Abiathar, l'un des fils d'Achimélech, échappa seul à ce massacre.
ACHIOK, chef des Ammonites, déplut à Holopherne, en vantant les mœurs, les lois, le caractère des Israélites et la protection de Dieu sur ce peuple. Ce général irrité, le fit conduire à Béthulie, dans le dessein de le punir plus sévèrement après la prise de la ville ; mais ses gardes, craignant les assiégés, le lièrent à un arbre. Les Israélites le détachèienl, et le menèrent à Béthulie, où, après la victoire de Judith sur Holopherne, il embrassa la religion des juifs, vers l'an 703 avant Jésus-Christ.
ACIIIS, roi de Geth, chez lequel David, fuyant Saiil, se réfugia deux fois. Il remporta la victoire où périrent Saùl et ses enfants, vers l'an 1055 avant Jesus-Chrisl.
ACHITOB, grand prèire, fils de Phinées, pelil-fils du grand prêtre lléli, fut père d'Acliias, qui fut aussi souverain pontife. Phinées ayant été lue à la malheureuse journée où l'arche du Seigneur fui prise par les Philistins, .Vchitol) succéda à lléli son aïeul.
ACIIITOPIIEL, natif de Cilo, après avoir été le conseiller de David, qui lui témoigna la plus grande confiance, entra dans la révolte d'Absalon, à (|ui il persuada d'abuser publiquement des l'einmes de son père. I.e Seigneur confondit lous les conseils qu'il donna à ce fils dénaturé. Lorsque Achitiiphel voulut engager .Misaloii à poursuivie s. mis délai le roi fugitif, ce (jui eut été un parti décisif, il ne fui pas écoulé, parce (jue l'avis contraire de Cbusaï prévalut, et David cul le tem|is de se rccunnailre et de se fortiOcr, le