‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 42 sur 228 · ACO · texte numérisé non relu

ACO

auteur deux Iraités, l'un , De la méthode d'é~ tudier, l'autre, De la manière de fnivi' des H' vres, ouvrage inutile à ceux à qui la nature n'a pas donné ce talent et peu jilile à (eux qui l'ont. Voy. les Mémoires de Nicéron tome XXXVI. '

ACOSÏA (Joseph), provincial des jésuites au Pérou, né à Médina del C^impo vers l'an 1529, mourut à Salamanque, eu ICOO, âgé d'environ^O ans. llavait quatre frères, aussi jésuites , Jérôme, Jacques, Christophe et Hernard ; mais Joseph fut le plus célèbre. H donna en espagnol ['Histoire naturelle et morale des Indes , 1591, in 8% qui a été traduite en français, par Robert Regnault ; et un traité />« procuranda Indoruin sainte, Salamanque, 1388, in-8% qui peut être utile aux missionnaires. H travailla longtemps, el avec succès, à la conversion des Indiens. Voyez le tome XXX des Mémoires de Nicérou. — Jean d'AcosTA , de la même société, mourut pour la foi, à Nangasalii, en 1633

ACOSI'A (Uriel), d'abord chrétien, puis matérialiste , ensuite juif, était fils d'un gentilhomme portugais. 11 naquit à Oporto, vers la fin du xvi' siècle. Cet homme, dominé par une de ces imaginations ardentes qui mènent à la démence ou au génie, au lieu de se borner à pratiquer l'Evangile, eut la témérité de le vouloir soumettre à son examen. II fut puni de sa hardies>e, en tombant dans le matérialisme. Accablé de doutes dans le christianisme et de remords dans sa nouvelle opinion, il crut mettre lin à ses peines en se faisant circoncire. Les juifs d'Amsterdam l'unirent à eus par ce lien ; mais à peine l'opération était laile qu'il lui fut aussi difficile de se soumettre aux observances de l'ancienne loi qu'il le lui avait été de plier sa raison aux dogmesde la nouvelle. Il ne put garder le silence, et se fit excommunier par la synagogue. Il publia un livre afin de démontrer qu'il fallait rejeter les rites et les traditions des pharisiens, pour s'attacher aux Siiducéens, dont il avait embrassé les dogmes. Les juils le firent passer pour un athée, et un médecin de celte nation réfuta sou système. Acosta publia alors son Examen traditionum pliarisaicarum ad leyein scriplam, où il attaque l'immortalité de l'âiiie, sous le prétexte que Moïse n'a parlé ni du paradis ni de l'enfer. Les Juifs lui répondirent d'abord à coyps de pierres, ensuite en le f.ilsant emprisonner. La liberté lui fut rendue, en payant une amende. Acosta crut alors devoir cacher ses erreurs, qui lui alliraienl des disgrâces ; et pensant que toutes les religions étaient indifférentes, il rentra dans celle des Juifs. La loi de Moïse n'était selon lui qu'une pure fiction des hommes, ri non pas l'ouvrage de Dieu : il ne la suivait qu'en public. Ou l'accusa de ne point observer les autres préceptes judaïques, ni dans les repas, ni sur d'autres points aussi importants : ce fut la sourced'un nouveau chagrin : la Synagogue l'excommunia de nouveau et lui imposa une rude pénitence- Il fut fouetté par le maitre-chantre d'Amsterdam, ensuite ab- sous par le prédicateur de l'assemblée, et

AGI

foulé aux pieds par son auditoire, suivant l^s rilcs hôbraïqufB. Ce qu il cioyailel ce n"'"! lie croyait pas ne servant qu'à l'inquiéter, il mit fin à toutes ces variations, en se faisant sauter la cervelle d'un coup de pistolet, vers l'an lOiO ou 16i7.

ACOSTA (Gauriel), chanoine et professeur de théologie à Coïmbre, mort en IGIG, a laissé des Commentaims sur une partie de l'Ancien Testament, savoir : sur i(îxu\''chapitre de la Genèse, sur le livre de llulli, sur les Lamentations de Jérémie, sur Jonas cl sur Malacliie, Lyon, IGVO, in-folio.

ACOSTA (Iîmmanlel), jésuilc portugais, dont le vrai nom est (la Costa, né à Lisbonne en 15'vl, professa les humanités et la théologie dans divers collésjes, et devint recleur du celui de lira^a. 11 lut envoyé dans la mission dos îles A(;oros ou Tercères, et y déploya le plus grand zèle. Il mourut à Lisbonne, le 25 février 1G04, laissint une //(,<to ire (les missions des jésuites en Orient jusq\i'à l'année la68, <is portugais, traduite en lalin par le P. Maflei, en espagnol par le P. de Lcquerica.

ACKONIUS ou ACRON (Jean), auteur, à ce que l'on cruii, de ÏElenchus orCliodorus Pseudo-Iieligionis rotnano-cathoUcœ, Devcnler, tGlG, iu-V, ouvrage d'uQ fanatique turbulent. Acronius vivait au commencement du SYii" siècle.

ACTON, évêque de Verceil. Voyez Atton.

ACTON (Radllpiie), prêtre anglais qui ■vivait vers i3-20, a laissé des Commentaires sur les Epitres de saint Paul, sur le Maître des Sentcnres, linéiques homélies et plusieurs ouvrages de llicolouie.

ACTON ou ACULDUNUS, théologien anglais de 1,1 lin du xiv siècle, prit parti, ainsi que tous ses compatriotes, pour Urbain VI d ins le grand schisme d'Occidi'ut. Il se rendit célèbre par son éloquence et son savoir, ut écrivit un traité De pnce Ecclesiie restitiirndn. Le biographe Pitseus affirme qu'il avait écrit un grand nunibre de sermons, de discours et d'autres opuscules, mais il ne s'en est rien conservé, licbard et Quelif ont exprimé le vœu dans le tome I" de leurs Scripturcs ordinis pr(rdicaluriim, p. TU, que l'on fit des rcclicrcbes sur cet Acton par. ni les pièces nombreuses rclaiives au schi>ni'î d'Avignon qui se trouvent à la bibliothèque du Vatican.

ACUNA (don Roonrcui.) , arcbevêiiuc de Lisbonne, d'une des plus ilius'res niaisons <le Portugal, lut un des elief.-, les plus actifs d:' la conjuration qui plaça, en IG'*'.), l;i mai- .so;i de Hragance fur le trAne de Portugal. Après l'expulsion des i:spa|;nols, c'esl lui qui fut chargé provisoircuuiii de la direction des affaires. Il préla, le premier, serment au nouveau rui, dont il cons^rv.» jusqu'à sa uiort r.'ilTeition, ainsi i|nc celle des Portugais.

ACUN.V ("uiiisTOPUK n'), missionnaire espagnol, né à liurgis en L)'J7, fut envoyé de bonne heure parla compagnie <le Jésus dans les missions du Cliili et du Pérou. Après avoir professé la lln-oiogie au collège des iébuilcs du Cuenca, il fut adjoint, en 1038,

AD 4 li

par le conseil de Lima, avec le P, Anlré d'Artieda, professeur de théologie, au général portugais Te\iera, chargé de reconnaître le cours du (leuve des Amazones jusqu'à sa source, il employa neuf mois à ce voyage d'observations géographiques et politiques. Entre autres fruits de ses recherches, il reconnut l'existence de vraies Amazones, d^nl le fieuve a tiré son nom. Les preuves que ce jésuite apporta en faveur d'un fait si longtemps douteux furent ensuite adoptées par La Condamine, qui les fortifia par ses propres recherches. D'Acuna désigna l'île du Soleil, à l'embouchure de l'Amazone, comme la clef du fienve cl de tout le pays, et proposa à son gouvernement d'y établir deux forteresses. De retour en Kspagnc, où il était envoyé par la chanpellerie de Quito, il obtint du roi Philippe IV la permission d'imprimer le résultat de ses découvertes, sous ce titre : Nuevo Vcscubrimienlo del gran Rio de las j4ma:onis, .Madrid, lGU,in'i''. Mais la crainte que les Portugais, qui venaient do placer sur le trône la maison de Bragance, ne tirassent parti de ces observations à leur profit exclusif, détermina ce prince à faire détruire tons les exemplaires de l'ouvrage de Chrislophe d'Acuna. Daux seulement survécurent : l'un, conservé dans la bibliothèque du "S'atiLii!!, et l'autre, qui servit à la traduction française de Marin Leroi de Ijomberville, intitulé : liehiliun de la rivière des Amazones, Paris, lt)82, 2 vol in-12; réimpr. dans le tome II du Yoijiuje de Woodes Rotjcrs autour du monde. Le P. d'Aci;na Gt un voyage à Rome en qualité de procureur du collège (le sa province, revint en Lspagne avccl'emploi dequ ilificateurde rin()uisitiun, cl retourna aux Indes occidentales au bout de quehiues anuécs. On ne sait quand il mourut ; on sait seulement qu'il était à Lima en lG7a.

ADAD, fils de Badad, descendant d'Ksaû, et successeur d'ilusam dans le royaume d'Idumce, régnait à Aviih. et se rendit célèbre par la victoire qu'il reni[)orla sur les Mudiaiiiles dans les champs de Moab. « (hiclqucs biographes, dit un philologue , ont avancé qu'eu mémoire de cette victoire, Adad bàtil la ville d'Avilh innnceau), à cause du grand nombre de moris entassés les nus sur l'S aulres. .Mais celto supposition n'est nullement fondée. Le texte porte à la lettre : El le nom de sa ville étuit Avith {Gen. xxwi, 33). Or le terme hébreu Jlirô signifie seulement ou su pairie, ou sa ca~ piudc. Ce dernier sens nous parait préférable, couime étant le pins naturel dans ce chapitre, où il s'agit de règnes. Ainsi, dire ((u'.Adad bàtil .\\ itli est une suppu-iitiun oonseulement gratuite, mais encore en opposition av ce l'usage de l'expression hebraïi|ue su ville. Quant à la signification de ;;i inceait, donnée par les méme.t biographes à Avilit, elle est e.;uleinent conirouvee, le vcrbo liebn u d'où dé' ive ce nom ne signifiant que pvrrertir, dipiaur, et, si l'on vent, avec (luil. (iesèiiius, renvtrEcr, détruire; mais, dans celte dvruièrc h)puliiè»c, ou devrait

ÂDA

ADÂ

expliquer Avith paf ruines, comme l'a fait le savant professeur de Halle. »

ADAD, roi de Syrie, répuail à Damas, lorsque David aitn(|ua Adadézor ou Adarézcr, aulre roi de Syrie (// lirg., vu, 3, h; J Paralip.. xviii, 3j. Nicolas de D;imas raconte qu'Adad ayant amené du secours à Adarézer fur l'Euplirate, où était alors David, fut défait, ainsi que son allié. L'Ecriture dit cncOie que le roi de Damas ay;inl pirlé du secours à Adarézer, roi dn Soba, David lui tua 22,000 hommes (// Rrg.. viii, 5); mais elle ne dit pas le nom du roi do Damas. C'est Nicolas de Damas qui nous l'apprend; Il ajoute que ses successeurs, rois de celte ville, prirent comme lui le nom d'Adad, et qu'un de ses descendants, voulant effacer la houle que celui-ci avait soufferte par sa défaite sous David, attaqua le roi de Samarie, et désola toul son pays. Ce fut Benadad qui ûl la guerre à Achab.

ADAD, prince du sang royal d'Idumce, échappa dans son enfance au massacre que Joab, général des troupes de David, fil faire de tous les mâles de cette contrée, et fut amené par les serviteurs de sou père, d'abord dans le pays de Madiau, puis dans celui de Pliaran, et enfin en Egyple, où le Pharaon l'accueillit et lui fit éi)OU''cr la sœur de la reine Taphnès sa femme. Assez lon;?lemps après la mort de David et de Joab, Adad retourna eu Idumée, monia sur le Ifône de ses pères, fit la guerre à Salomon, 'et servit d'instrument à la vengeanc<' de Dieu pour punir ce prince de sou idolâtrie (Voyez IJl Reg. \i, l'i, 17 et seq.; Joseph. Anti'j. !ib. viii, cap. 2, circa finem).

ADAD ou DAVID, roi des Ethiopiens Axumites, fut converti à la foi sous Juslinien !'■■, en 5V2, époque de laquelle date l'introduclion de l'Evangile dans l'Elhiopie.

ADALARD , ou ADÉLAUD , ou ADAL- HART, né vers l'an 753, eut pour père le comte Bernard, fils de Charles Martel, el fut Jiar conséquent cousin germain de Charlemagne. Ce prince ayant répudié Ennengarde, fille de Didier, roi dos Lombards, Adalard l'ut si sensible à ce divorce, qu'il quitta la cour pour prendre l'Iiabii religieux à Corbie, en 772 L'empereur le nomma à cette abbaye, et lorsqu'il établit Pépin roi d'Italie, en 796, il lui donna Adalard i)our son premier ministre. Bernard, roi d'Italie et neveu de l'empereur Louis le Débonnaire, s'étant révolté eu 817, Wala, prince du sang, qui avait eu beaucoup de part au gouveinctnent, devint su-pecl à cet empereur, et tut exilé. Ad;ilard, frère de Wala, fut enveloppé dans sa disgrâce, et relégué dans l'ile de Uéro, aujourd'hui Noirmouliers. H fut rétabli au bout de cinq ans dans son alibaye, en 822 : l'empereur le fil même revenir à la cour. Adalar.l fonda en 823 la célèbre abbaye de Corwey, ou la Nouvelle-Corbie, en Saxe. Sa mort, arrivée le 2 janvier 82G, à 72 ans, causa de vif,-, regrets aux gens de bien et aux savant-. Il possédait la langue latine, la langue ludesque el la langue française. On l'appelait l'-laytisfi'/i de sou temps.

Il ne nous reste que des fragments de ses écrits. Son principal ouvraçie était un Traité touchant V<r<ire ou l'état du palais cl de toute la monarchie française. Mabillon, qui devait donner une é iition de ses œuvres, a fait la liste des sommaires qui sont au nombre de 52. Il est honoré comme saint, et ses reliques se conservent à Corbie en Picardie ; mais son nom n'est point dans le Martyrologe romain. Paschase Radbert a écrit sa Vf, ainsi que saint Gérard; celle-ci n'est que l'abrégé de l'autre.

ADALBEllON , célèbre archevêque de Reims, chancelier de France, se distingua comme prélat et comme ministre, .snus les rois Lotbaire et Louis V ; il sacra Hugurs Capet en 987.11 mourut le 5 janvier 988, après avoir comblé de bienfaits l'église et lo chapitre de Reims.

ADALBERON (Ascelin), fut ordonné évêquo de Laon, l'an 977, par le précédent. Prélat ambitieux et bas courtisan, il eut !a lâcheté de livrer à Hugues Capei Arnould, archevêque de Reims , et Charles, duc de Lorraine, compétiteur de Hugurs, auxquels il avait donné un asile dans sa ville épi^eopale. Il mourut l'an 1030. Il est auteur d'un poëme satirique en 430 Vers hexamètres, dédié au roi P.obcrt. Adrien Valois en a donné une éiiition en 16G3, in-8% à la suite du panégyrique de l'empereur Bérengcr. On y trouve quelques traits d'histoire curieux.

ADALBERT (saint), évoque d'Angsliourg, mourut en 921. — Il y a un autre f.iini ADàLBERT, évcque de Prague, qui, après des travaux essuyés pour convertir les Boliéniieiis au christianisme, fut massacré par des idolâtres prussiens , auxquels il était allé porter l'Evangile, le 29 avril 997. On l'appela VApùtre de la Prusse, où il fi! plusieurs conversions. Boleslas, prince de Pologne, racheta le corps de ce saint martyr pour une somme d'un poids égal. — H no faut pas confondre ces deux saints av c Adalberl ou Adelbert, archevèqu(î de ALngdebourg, qui, sous l'empiredOllioiilc Grand, travailla longtemps et avec de grands succès à la conversion des Slaves. Il fut moins heureux dans sa mission chez les Régis, habitants de l.i Poméranie el de l'île de Ru gpii, qui résistèrent à ses instructions. II mourut à Merselbourg, le 20 juin 981. Baroniiis, Pagi, Mabillon et d'autres savants ont cru qu'Adaliiert avait prêché l'Evangile aux Russes ou Moscovites ; m.iis il paraît qu'ils se sont trompés en prenant les Rugis pour les Russes.

ADALBERT, imposteur. Voyez Aldebert.

ADAM, le premier des hommes el le père de tous les autres. 11 fui formé le sixième jour de la création du monde. Dieu le plaça dans le paradis terrestre, dont il lui accorda une pleinejouissance, en exceptant seulement le fruit d'un arbre, dont il lui défendit de mangrr. Adam, tenté (larÈve, désobéit à son Créateur, qui le chassa du paradis, et l'assujettil à la mort, à laquelle il n'était pas destiné s'il eût été obéissant. Père el rcprésenlanldeloulçsapostcrllé,iirenlialua

47 ADA

dans le même malheur. Comme l'inforlunc d'un roi dépossédé, comme la disgràcn d'uu miiiislre se communique à leur famille , la cliule (lu premier homme les [>erdil (ous. Des misères de lonl i;*'nie, \e- maladies du corps el de l'esiiril, lureiil une suile de celle fatale dégradation de la nature humaine. Toutes les contradictions physiques et morales observées dans les choses créées prennent leur dénouement et leur explication dans la chute d'Ailam el dans ce que nous appelons péché oriqind. C'est de l'ignorance de cette source féconde d'explications satisfaisantes que sont nés le manichéisme, le fatalisme et d'antres systèmes erronés. (V"oy. le Catech. philos, n" VoS.) Dieu , après avoir annoncé son arrêt à Adam , lui promit un Messie rédempteur. Adam eut trois (ils après son péché : Cain , Abel et Seth , el plusieurs autres enfants dont l'Iienture ne dit pas les noms. Il mourut à l'âge de 930 ans. Ou ne doit pas ajouter foi aux fables dont les rabbins ont chargé l'histoire d'Adam, et ou doit s'en tenir à ce qu'en rapportent les Livres saints. C'est une chose révoltante que le soin avec lequel les rédacteurs anglais de la nouvelle Histoire universelle ont recueilli toutes ces extravagances.

L'histoire d'Adam a passé, non sans être défigurée , dans les annales de toutes les nations; partout la tradition et les vieux livres en ont conservé queliiues traits. « N'oublions pas, dit Voltaire, au sujet des Indiens , qu'ils ont un ])arailis terrestre , et que les hommes qui abusèrent îles bienfaits de Dieu furent chassés de ce paradis : la chute de l'homme déiçénéré est le fondement delà théologie de presque toutes les anciennes

nations Ce qu'il y a de plus singulier

encore , c'est que le Vedain des anciens brachmanes enseigne ((ue le premier homme fut Adimo , et la première femme Prociiti. Adimo signiliait seiqneur, el Procriti voulait dire la vie, comme lleva, chez les Phéniciens et les Hébreux , signifiait aussi la vie ou le serpent. Celle conformité mérite une grande «■itteniion. » {lissai sur lesMivurs, dise, prél.) L'Kcrilure ne dit rien de la vie el de la mort d'Adam. Mais c'est avec grande raison que nous croyons , dit saint Augustin, que les deux premiers hommes ayant mené après leur péché une vie sainte, parmi les travaux el les misères dont ils étaient accablés, ont clé délivrés des supplices éternels. L'histoire d'Adam, qui est simple ( t laconique dans la Genèse , a fourni une ample matière aux conjectures des commentateurs, aux erreurs des hérétiques, et aux objections des incrédules; mais à la consiilérer en elle-même, et sans faire aucun effort pour dissiper les dillicullés qu'elle présenle, elle est inlinlinent satislaisante en comparaison de tout ce (juc la philosophie a imaginé sur l'origine des liommcs. Les anciens athées, (|ui disaient que les homnn'S étaient fortuitement sortis du sein de la terre, comme les champignons; les matérialistes modernes, qui pensent que la naissanee de riiomme a été un effet DCCvssuire du débroulllemcul du chaos ; les

ADA

savants physiciens qui ont calculé et fixé les époques de la nature, sans nous apprendre comment les hommes , les animaux et les plantes ont pu éclore d'un globe de verre enllammé dans son origine, sont aussi peu sa;;es les uns que les autres. Leurs rêves sublimes disparaissent devant le récit simple et naturel de l'auteur sacré : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre... 11 dit : Que la lumière soit, et la lumière fut. 11 dit : Faisons l'humme à notre image el à noire ressemblance, et l'homme fut fait à l'image de Dieu. » (Cen. 1.) Par ce peu de paroles , l'homme apprend ce qu'il est, ce qu'ildoità Dieu et à soi-même, ce ((u'il a lieu d'attendre de la bonté de son Créateur. (Toy. Moïse.) Le nom (i'Adamitcs a été donné à quelques sectaires cyniques et abominablesqui dans leurs assemblées se mettaient nus, comme Adam et Eve l'étaient dans l'état d'innocence. Quant aux Préadamites, voyez au mot Petrère.

ADA>I de Brème, chanoine dans sa patrie, vivait sur la fii> du w siècle. On a de lui une Ilisloire ecclésiastique, qu'il composa dans sa jeunesse , divisée en quatre livres. 11 y traite de l'origine, de la propagation de la foi dans les pays septentrionaux, et en particulier dans les diocèses de Brème et de Hambourg, depuis le règne de Charlemagne jusqu'à celui d'Henri IV, empereur. Il est encore auleurd'un petit Traité de la situation du Danemark , imprimé à la suite de son histoire, dont la meilleure édition est celle de Helmsladl, 1670, in-'t°. Lindenbruch avait publié l'un et l'autre de ces ouvrages avec d'autres traités, dès l'an 1305, Leyde , in-i".

ADAM de Saint-Victor, chanoine régulier de l'abbaye de Saint-^'ictor-les-l'aris, mourut en 1177, et fut inhumé dans le cloître de celte abbaye, où l'on voit son épitaphc en quatorze vers, qu'il composa lui-même. Parmi ces vers on remarquait ceux-ci :

Unité supcrtiil honio, cujits conccplio culpa, iViisci pœnu , lubor vilu , iiecase mori ? H a fait aussi quelques traités de dévotion, entre autres une prose en l'honneur de la sainio Vierge, dont on trouve une traduction française dans le Grand Martial de la Mère de Vie, Paris, 2 vol. in-4', le |)remier gothique cl sans date , le deuxième en lettres rondes, et de lo.'iO.

ADA.M, dit \'Erossais. parce qu'il était de ce pays, on le Prémontrc, parce qu'il avait embrassé l'institut de cet ordre vers llb8 , était docteur en théologie cl célèbre par les progrès qu'il avait faits dans cette science, il enseigna l'Kcriturc sainte et la tradition dans l'abbaye île l'Etang-X'ert, de son ordre, tu Ecosse. L'église de Wilhern, dans le même pays, siège épiscopal , étant devenue régulière et ayant élé unie à l'ordre do Premoulré, Adam en fut é!u abbé et évêque. 11 est auteur de quel.|ues Trailés uscéliiiues et de cent Sermons. On lui attribue aussi un tr.iité intitulé Soliloquium , que d'autres néanmoins ci'oient être l'ouvrage ou d'.Vdaiu le Chartreux , ou d'Adam de Sainl- \ ielor. 1, 'époque de la mort d'Adam esl re>lée iguoréu.

49 ADA

ADAM , savant et pieux chartreux de Londres, florissail en 13i0. On a de lui : Vie de siiin( fJut/ues de Lincoln, publiée avec des noies par D. Beriianl Pez, Biblioth.ascetica, tom. X, p- 3; deux Traités sur les avanlnijes de la tnbnlatiiin, Londres, 1530; Scala cœli; De siimptiune E ucharistiœ ; Spéculum spiritualium, qni sont restés manuscrits.

ADAM (Mei.cbior), né en Siiésie dans le xvr siècle, recteur du collège d'Heidelberp;, [lublia plusieurs ouvrages, parmi lesquels on remarque la Vie des philosophes, IhLOlogiens, jurisconsulles et médecins du xvi* siècle e( du commencement du suivant. Cet ouvrage a élé réuni à un autre livre du ménif auteur sous le titre de Difjnorum laude virorum, quos musa velnt mori, immorlnlilas, Francfort, 1633, 5 vol. iii-8°,oii 1700, 1 vol. in-fol. C'est une compilation mal digérée et mal écrite , où l'nuleur n'a admis, à l'exception de quelques Allemands , que des prélendus réformés, et dont Bayle s'est beaucoup servi.

ADAM (Jean), jésuite limousin, professeur d? philosophie et prédicateur, mourut supérieur de la mission professe de Bordeaux en 168V. ]l est coimu par son zèle ronlre les prétendus disciples de saint Augustin , et contre les calvinistes. Il l'ut envoyé par Louis XIV à Sedan pour y travailler au réiablissement de la foi cilholique. On a de lui : le Triomphe de l'Eurliorislie contre le minisire Claude; In Vie de sainl François de Borgia; Calvin défait par soi-m'me et par les armes de saint Augustin, qu'il avait usurpées ; une traduction de l'Office de V Eglise , qu'il opposa aux Heures de Port-Royal; des Sermons pour l' Aient, Bordeaux, 1G8j, in-8', et plusieurs autres livres. On lit dans In Menagiaiia qu'un seisneur de la cour dit à la reine Anne d'Autriche , après avoir entendu un de ses sermons, où Adam comparait les Parisiens aux Juifs , la reine à la sainte Vierge, le cardinal Mazarin à saint Jean l'Evanijeliste, qu'il élait préadamite. La reine lui demanda ce que cela voulait dire : « C'est que je ne crois pas, répondit-il, que le père Adam soit le premier homme du monde. »

ADAM ou ADAMI (JâCOB), ecclésiastique prolestant de Poméranie dans le xvii siècle, fil ses èludis à Danizig, et fut prédicateur à Brnsheim en Alsace. Ayant obtenu la cure de Sainte-Elis.ibelh à D.inlzig, il fit plusieurs innovations dans les dogmes, abolit la confession , et s'aitira de videnles querelles avec Michel Colet et Jean Wallher. Il écrivit plusieurs dissertations théologi(jues.

ADAM (Jean), jésuite sicilien, après avoir travaillé vingt ans à la propagation du christianisme au Jajion , mourut en 1633, par le cruel supplice de la fosse, qui consiste à être suspendu par les pieds à une potence, et à resler ainsi renversé la moitié du corps cachée dans une fosse.

ADAiM, curé de Paris dans le xviu' siècle, n'est connu que par la publication d'un ouvrage intitulé : L'Avocat du diable sur la légende de Grégoire VII el la canonisation de saint Vincent de Paul, ouvrage qui lui a

ADA

été constamment attribué, sans qu'il existe cependant aucun titre par lequel il soit possible de reconnaître s'il en est véritablement l'auleur.

ADAM DE FULDE, moine do Franconie , né vers le milieu du xv siècle, est auteur d'un traité sur la musique qui se trouve dans la bibliothèque de Strasbourg, et que l'abbé Gerbert a inséré dans ses Scriptorcs ecclesiastici de mus. sacr., tom. III, p. 329. Ce traité, écrit en li90, se divise en quatre livres : le premier, composé de sept chapitres , traite de l'invention des diverses parties de l'art; le second, en 1" chapitres, traite de la main musicale, du chant, de la voix , des clefs, des nuances , du mode et du ton. Le troisième, qui est le plus important, traite de la musique mesurée ; et le (juatrième, des proportions et d"S consonances. Clarean nous a conservé daris son Dodécacorde , p. 262, un cantique à quatre voix, d'Adam de Fulde. C'est un des plus anciens monuments de compositions régulières à plusieurs parties. h' Enchiridion des chants religieux et des psaumi's, Magdebourg, 1673, rcnfermcanssi, p. oO, une composition sous son nom. .< Ses ouvrages, dit un biographe, sont extrêmement importants pour l'hisloire de la musique, car ils donnent des renseignements sur la notation de celte époque obscure, et sur ce qui regarde les proportions relalivemenl à la mesure, partie qni rend si difficile la traduction de la musique des maîtres ses contemporains, y

ADAM (JacqiiesI, membre de l'Académie française, né en 1663 à Vendôene, fut destine par ses parents à l'élat ecclésiasti(]ue et placé dans le collège que l.'S oraloriens dirigeaient dans sa ville natale. Après qu'il eut achevé de brillantes éludes , sis maîtres l'adressèrent à Boilm à Paris. Rollin le présenta à l'abbé Fleiiry, qui i liert hait un jeune homme instruit pour l'aider dans ses recherches sur 1 histoire ecclésiastique, el celui-ci se l'associa aussi dans l'éducation du prince de Coiili. L'abbé Fleuiy étant mort en 1723, Adam lui succéda à l'académie française. Le prince de Conti, son élève, voulant lui donner le lilredegouverneur de son (ils, lui proposa, parce qu'il n'élait pas gentilhomme, de prendie l'habil ecclésiasiique, au moins momcnlanéinent; mais Adam s'y refusa, il fui nommé sans condition, et devint secrétaire des commandemenls du prince de Conti, cl chel de son conseil, et il l'accompagna, en t73i, au siège de Philisbourg. Les fatigues de la campigne épuisèrent ses forces; il ne fit depuis que languir et mourut à Paris le 12 novembre 173.5. Adam possédait un grand n<>mbre de langues anciennes et modernes, el ses confrères le nommaient un dictionnaire vivant. Il traduisit de l'ilalien les Mémoires de Mouiccuculli, et la Relation du cardinal de Tournon, imprimée dans les .Inecdotes sur l'état de la religion à la Chine, et eut part à la traduction de l'Histoire de De Thou. Mais son principal ouvrage est une traduclioa complète d'Aihénée qu'il se proposait de publier avec une nouvelle traduction du texte

SI

ADA

ADA

grec, dans lequel il avait corrige deux mille pnssnges. Lefebvre de V'illebrunc, qui a fait une traduction du même auteur, et à qui le inMnuscrit d'Adam fut remis, n'a profilé que des deux premiers livres et a rejeté le reste. Un exemplaire de Pindare, couvert de noies manuscrites d'Adam , a été vendu à Paris en 1830. D'Alembcrt a put>lié l'éloge de ce savant dans VnUloire des membres de l'Académie française, lom. IV, p. 571-.'i85.

A DAMAN, abbé de Hy, vivait vers l'an C90, et a publié une description de la Palestine sous ce tilre : De locis Terrœ sanctœ et de situ Jérusalem. Cet ouvrage composé de trois livres et publié par Grolzler, In;;oIstiidl, 1619 , in-V°, a longtemps joui d'une grande lépulaliou, et a lontriliué puissam- Dienl à f.iire naître le désir de voir ces contrées; une Vie de saint Colomban, prcnùcr abbé de Hy, différent de saint Colombaii, fondateur du monastère de Fontaines. Celte Vie se trouve dans le recueil de Canisius, dans Servius et dans les IJollandistes, qui y ont joint un Commenlairedc François Baërl. Ussérius en a fait réimprimer, d'après un manuscrit plus correct, le prologue, l'épilogue et l'Admonilio ad lectores.

ADAMI (Adam) , bénédictin, né en ICIO à Muhllieim, près de Cologne, entra fort jeune dans l'abbaye de Hrauveiler, au diocèse de Cologne, et fut président du séminaire bénédictin de celle ville en 1C33. En 1C37, il devint prieur du Monl-Sainl-Jacques (Jakobsberg) de Mayence, puis abhé de Murrhard en Souabe. Depuis lCi3, il assista aux conférences dipliimatiques de Munster et d'Osiiabruck pour la pacification de l'Eump", en qualité de député des monastères de Wurtemberg, puis comme chargé d'affaires de l'abbave priiicière de Curbie ou Corwey en Wesl|)halJe. Ses connaissances et ses vertus lui valurent la dignité de suffragant d'HiMeslicim sous le litre d'évêque d'Hiérapolis in partibus. Eu 1698, il publia à Francfort l'histoire des conférences de Wesiphalie sous ce titre : i4rfana pacis Weslphalicœ , ouvrage écrit avec esprit et impartialité. J.-G"d. do Meiern en donna une nouvelle édition eu 1737, sous ce litre : Uistorica retatio de pacificalioneOsnahruf/u-monasteriensi, eic, Francofurli , iii-^". Le bénédictin Ziegelbauer publia contre cette édition, eu 1739, à Kalisbonne, les Meierni emblemata, qui provoquèrent une réponse de .Meiern. On peut voir le portrait que Ziegelbauer fait d'Adam dans son IJistor. lifter., tom. III, pag. 392. Adam nioarul à llildesliein», le 1"^ mars 1(383

ADAMI ou MISANDE II (Ji:a\-S.uii f.i,) , né à Dresde en lG3tj, mort en 1713 à l'ri zsthendorff, où il élait minisire protestant, a laissé : Deliciœ eianyclico-emblemfilirœ ; Veliciœ biblicie ; Deliciœ evaiujelicœ; Deiiciw pasfionales et epistolicœ ; Cornu copiœ,im recueil <ic remercîmenis pour les inhumations; enfin queli)ues autres petits traités tliéologiqu' s, et une Irad. en allemand des Saiiies de Perse.

ADAMI (Iîiinut-Daîïiki), ministre protestant, n6 eu 1710 a Idung, dans la Prusse

méridionale, fut d'abord correcteur et directeur de musique à Landshut, en Silésie ; puis, en 1737, pasteur à Sorge et à Kanimchen en Prusse ; en 1760, à Filchne; enfin à Pommerswiriz, près Neustadt en Silésie, et mourut en 1795. On a de lui un grand nombre d'ouvrages en allemand et en laiin. Nous citerons : Essais poétiques, Breslaii et Leipzig, 1747 et 1731, 2 vol. in-8' ; Histoire rclif/ieuse de /.nnf/s/ni/ , lireslau , 1753, in-8°; De eruditis Landesbuta oriundis, ibid. 1753, iu-8°; un opuscule sur le triple écho de la forêt d'Aderbach, dans le royaume de Bohême, Liegiiilz, 1730, in-V" ; Dissertations sur les beautés sublimes du chant dans les cantiques du service divin, Leipzig, 17.55, in-8°.

ADAMI (Anmhal) , naquit en 1G26 à Fermo et fut reçu en 1641 dans la compagnie de Jésus. H exerça longtemps à Kome le ministère de la prédication et mourut dans cette ville en 1700. On a de lui : Sot in Stella, cartnen de adoratione Marjorum, Rome, 1650, in-fol.; Cttli desideria, c'irmen in exoriuprincipis Hispaniannn Philippi Prosperi, Rome, 1C38, in-fol. ; Corona aurea crucifixo lucensi imposita, Lucques, 1638, in-fol. ; Seminarii romani Pallas purpurata, sive sanctn' romance Ecclesiœ cardinales qui c snninario romano prodiere imagiyiibus œri incisis expressi et epiqramtnate ii:itslrati, Wnmo, 1639, in-fol.; Oratio in fanere prœsulis Julii de Odis, Pérouse, 1603, in-fol.; Ilonorali Ivm'li ac funebris pompœ descriptio in exequiis Francisco Vindocinensi , duci Betforlio , liomœ jusni CIcmenlis IX per^olulis, et oratio in ejus funere habita. Hume, 1669, in-fol.; Episropus, opus Iripartitum et hislorico-polilicosacrum, non prœsiilibns modo, sed omnibus in Cliristianarepublicapopulorumni ideratoribus, principum ronsiliarii-:,dinni Verbi concionatoribus maxime accommodatum : Alexander Sperellu<; Euqubinus aniisles, italien snmone scrip^il ; Annibal Adami, e soc. Jesu, plurimis et ma.rimis a Gallia, Ilispania, Germania episcopis postulunlibus, idiomate latino donabat, 1671, in-fol.; Quattro francesclii in uno, discours à la louange de François de Borgia , Home, 1652; lila e morte gloriosa del serenissimo re e marlijre invilissimo san Cunuto 1 V, re e proto-mari ijre di Danemarcu, Rome, 1682, in-V"; et la Vie du P. Aone- Francois de lieauvcau, écrite en français par le P. i.. Niel, l'.ome, 1684, in-8«.

ADAMI (Iean), pasteur de la paroisse luthérienne allemande à Neusohe en Hongrie, était né à Leuischau, dans la même coulrée. H se (iéinit de son niiiiistère en 178;>, et mourut le 7 juillet 1792. Il écrivit plusieurs petits ouvrages allemands dont la liste se trouve dans Mensel; nous citerons sou Traité contre les incrédules, Ratisbonue, 1768, in-8°.

ADA.Ml (Li:oNAiu)) , savant criii(jue et habile historien , naquit en 1690 à Bolsena, dans les éials de Florence. On lui doit une savanie Histoire des Arcadiens, en latin, Rome, 1716, in 4°, dont il n'a donne (]ue le 1" volume : il allait publier le second, lorsque la mort l'enleva en 1719.

ADA.'\!S (WilliamJ, théologien anglican ,

ADB

Page 1