‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 52 sur 228 · AGR · texte numérisé non relu

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de son maitre avec beaucoup de zèle : mais il les abandonna ensuite, et devint son ennemi déclaré. Après mille v;irialions dans sa foi, il renouvela une erreur qui- Luther avait été obligé d'abandonner, el devint chef d'une secti' qii'on appela secte des Antinomiens. Luther avait eiiiei-'né que nous étions justifiés par la foi, et que les bonnes œuvies n'étaient pas nécessaires pour le salut. Agricola conclut de ce principe que, lorsqu'un horume avait la foi, il n'y avait plus de loi pour lui; qu'elle était inutile, soit pour le corriger, soit pour le diriger, parce qu'étant justifié par la foi, les bonnes ceuvres étaient inutiles, et parce que, s'il n'était pas juste, il le devenait eu laisant un acl(> de foi. Luther s'éleva contre celte doctrine : Agricola la rétracta plusii urs fois et la reprit autant. Mais Luther n'abandonnant jamais ses principes sur la jnstilic;ilioii , et les admettant avec .Agricola, il ne pouvait le réfuter solidcmonl, ni le détromper, puisque les conséquences de l'un étaient évidemment liées aux principes de l'autre. Comme Agricola rejetait toute espèce de loi, ou appela ses disciples Anlin'iiniens , c'est-à-dire, sans lois. Craignant le ressentiment de Luther, il .«e relira à I5erlin, où il oblint, en L^ItO, la place de premier prédicateur à la cour. Il fut un des théologiens choisis pour rédiger Vlnlerim d'Augsbourg, qui ne satisfit ni les calhuliqurs ni les prolestants. Agricola mourut en I06G. On a de lui des Commeutiiires sur saint Luc, in-8'; Historia passionis J.-C-, lo'i3, in-ibl. ; une traduction allemande di; V Anihienne de Terciice, et un recueil de 7o0 proverbes allemands. Voyez sur cet hérétique {'Histoire ecclc'siaslique di- Mosheim.

AC.RICOLA (Michel), né en Finlande, mort en 1557, étudia la théologie et la médecine à l'université de Wlitenberg, fut recommandé par Luther au roi Gustave 1", et, après son retour dans son pays, fut nommé recteur à Abo, en 1539. Le même monarque l'envoya ensuite prêcher le chrislianisnie aux Lapons. En Io5i, Agricol,! fut fait évêqued'Abo. Peu de temps après il fit, avec Laurent Pétri, archevêque d Upsal, un voyage en Kussie pour avoir des conférences avec le clergé de ce pays. 11 publia une Traduction du i\ouve(iu Teslrimenl en finnois, Stockholm, 15i8, trèsrare, et on lui attribue une traduction dans la iiiême langue du Rituale Ecclesiœ ab erroribiis pontifiiioruin rcpuryntus.

AiiUll^OLA (François), né à Léonen, dans 11- duché de Juliers, chanoine el curé de Hiidinge, puis de Sitgrden, où il mourut le 6 decemlire 1G21, a laissé : Commenlarium de verbo iJei scripto et non scripto ; De leclione Sncrœ Siripturœ ejusque interprelibus ; De sanctontm reliqitiis ; DeChristo Salialore ; De primatu divi Pétri ; et plusieurs autri's écrils.

AGIÎICOLA (.Ioseph), jésuite allemand, ne à Hulislatt, eu 1729, mort le 7 janvier 1777, fut professeur à l'université de Heidelberg, et publia plusieurs opuscules depuis 1768 jusqu'en 1775, année où parut son Syslema terne motce, Heidelb., iu-8". Il rédigea deux

écrils contre les incrédules ; le premier parut en 1769 sous ce titre : Reflexiones pbilusophicœ in varias recentiorum quoruindam philosophorum nomen sibi arroriuntium opiniones sacrœ et profanœ reipublicœ ohnoxius, Hi'idelb., in-8° ; le second sous ce litre: /Elalis noslrœ incredalus in Deum, rtntpuhlicam, seipsuin, injurins, 1774-.

AGKICOLK (Magne) , est auteur d'une Vie de sa ni Benezet, ou Benedet, entrepreneur du poni d'Avignon, conienanl l'histoire de l'ordre des religieux pontifes, Ais, David. 1708, in-16.

AGUADO (François), jésuite espagnol, né en 1566. 11 fut le confesseur du ducOlivarez, ensuite ministre de Philippe IV, et mourut à Madrid en 165V. On a de lui : Del perfiito Relijioso. Madrid, iG29, in-fol. Ses ouvrages ont été imprimés dans la même ville el la même année, en 6 vol.

AIjUFSSEAU (Henri-François d'), naquit à Limoges en 16G8, d'une ancienne famille de S lintonge. Son père, inten lant de Languedoc, fut son premier maître. Le jeune d'Agtiesseau naquit avec les plus heureuses dispiisitions. La sotiélé des gens d'esprit, el surtout celle de Racine el de Boileau, avait des charmes infinis pour lui. Il cultivait comme eux la poésie, en avait le talent, et il le conserva jusqu'à ses derniers jours. Reçu avocal-géneral de Paris en 1691, il y parut avec lant d'éclal, que le célèbre Denis Talon, alors président à mortier, dit qu'il voudrait finir comme ce jeune homme commençait. Après avoir exercé dis ans cette charge, avec autant de zèle que de lumières, il fui nommé procureur-général en 1700, à 32 ans. C'est alors qu'il déploya tout ce qu'il était. H régla les juridictions qui étaient du ressort du parlement, entretint la discipline dans les tribunaux, traita l'instrucliou criminelle d'une manière supérieure, et fit plusieurs règlements autorisés par des arrêts. Il fut chargé de la rédaction de plusieurs lois [lar le chancelier de Pontchartrain, qui lui prédit qu'il le remplacerail un jour. L'administration des hôpitaux fut l'objet le plus cher de ses soins. On lui conseillail un jour de prendre du repos : Puis-je me reposer, répondit-il généreusement, tandis que je sais qu'il y a des hommes qui sou firent? La. France n'oubliera jamais le fameux hiver de 1709; d'Aguesseau fut un de ceux qui contribuèrent le plus à la sauver des extrémités de la famine. Il fit renouveler des lois utiles ; réveilla le zèle de tous les magistrats, et élepdil sa sollicitude à toutes les provinces. Sa vigilance et ses recherches découvrirent tous les amas de blé qu'avait faits l'avarice pour s'enrichir du malheur public. Après la mort de Louis XIV, le chancelier Voisin n'ayant survécu à ce prince que deux ans, le régent jeta les yeux sur d'Aguesseau, et le nomma pour lui succéder. Au commencement de la régence, lorsqu'il n'était encore que procureur général, il fut appelé à un conseil où le système de Law fut proposé. Il fut d'avis qu'on le rejelât ; cl ce piojel, dont il montra

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les dangers el les avantages, fut en effet re- lui conservèrent jusqu'à l'âge de 82 ans une jeté pour lors. Depuis, les choses changé- santé vigoureuse ; mais daiis le cours de rcnl. L'inlérêt, soutenu par l'intrigue, l'cm- l'année 1750, des infirmités douloureuses porta sur la prudence. Oa vint à bout de se- l'avertirent de quitter sa place. 1! s'en démit, duire le prince ; mais on désespéra de fié- se retira avec les honneurs de la dignité de chir la résistance de d'Aguesseau, qui était chancelier, et une pension de 100,000 livres, alors chancelier. Le régent lui reprit les H en jouit peu de temps, cl ne fut plus ocsieaux en 1718, et lui ordonna de se retirer mpé qu'à faire usage, dans ses douleurs, à sa terre de Fresnes. En 1720, il reçut un des expressions de l'Ecriture sainte qui lui ordre d'en revenir, sans l'avoir demandé, et étaient toujours présentes, n'ayant passé les sceaux lui furent rendus. On les lui ôta aucun jour depuis son enfance sans la lire, pour la seconde fois eu 17-22, et il reloiirna H mourut le 9 février 1751. La plus grande à Fresnes. Il en fui rappelé au mois d'août parlie de ses ouvrages fui publiée en i:} vol. 17-27, par les soins du cardinal de Fleury, in-4", 1739 à 1789 ; les premiers voluoics mais les sceaux ne lui furent remis qu'en ayant été réimprimés, quelques-uns portent 1737; on les avait donnés à Chauveliu. Le la date de 1787-89. Ses principes d'éloparlenienl lui fit une députation , avant quence étaient de réunir la force de la diad'cnregislrer les lettres du nouveau garde- leclique à l'ordre de la géométrie, en y ajoudcs-sceaux. D'Aguesseau répondil qu'il vou- tant les richesses de l'érndilion, et les charlait donner l'exemple de la soumission. Ces mes de l'art el de la persuasion. Son style sentiments étaient dignes d'un homme qui est Iri's-châlié, mais on y désirerait queln'avait jamais demandé ni désiré aucune quefois plus de ch.ileur. Un jour, il consulta charge. Les honneurs étaient venus le cher- son père sur un discours qu'il avait extréther. Au commencement de la régence, il mement travaillé, et qu'il voulait retoucher refusa de faire des démarches pour son é!é- encore ; son père lui répondit avec autant vallon, quoiqu'il fût presque assuré du suc- de finesse que de goût : Le défaut de votre ces. A Dieu ne plaise, dit-il, que j'occupe discours est d'vlre trop beau; il le serait jamais la place d'un homme vivant 1 Paroles moins si vous le retouchiez encore. D'Aguessimples, mais qui ont tout le sublime d'un seau avait épousé, en 1(19V, Anne Lefebvre sentiment vertueux. Lorsqu'il eut éié élevé d'Ormessou. C'est à son sujet que Coulanges aux pnmières cliarges. il «"aspira qu'à cire avait dit qu'on avait vu, pour la première utile, sans jamais pensera s'enrichir; il ne f"'S 'es grâces et la vcriu s'allier ensemlaissa d'.iulres fruits de ses épargnes que sij ble. Elle mourut à Auteuil le premier débildiolhèque, encore n'y meltait-il qu'une cembre 17'J5, laissant six enfants. La douceriaine somme par an. Pendant les deux <eur de d'Aguesseau égala sa tendresse pour séjours qu'il fit à Fresnes, temps qu"il apjie- «'le. Cependant, à peine avait-il essuyé ses \aa les beaux jours de sa vie, \\ se partagea larmes, qu'il se livra aux fonctions de sa entre les livres sacrés, le plan de législation place. Je me dois au public, disait-il ; rt il qu'il avait conçu, el l'instruction de ses eu- "'"' /'"» juste qnil souffre de mes malheurs fanls. Les mathémaliiiues, les belles-lellrcs domestiques. Il voulut être enterré auprès el l'agriculture formaient ses délassements, d'elle dans le cimetière d'Auleuil, pour partager, même ajirès sa mort, l'hurailiié chré- )ps tienne d'une femme digue de lui. On \a\i au (ju'il fil, sur la législation, des réflexions qui P'*"'' d'une croix que leurs enfants ont fait produisirent un grand nombre de lois, île- placer auprès de leur sépulture l'inscriiilion puis 1729 jusqu'en 17i9. Son des>ein 'était suivante : d'établir une entière conformité dans Tcxé- cnniSTO servatori cution des anciennes lois, sans en chani'er i^'"'-' cri:iemii'm , le fond, et d'y ajouter ce (jui pouvait inan- '•'*' Qi'o cri hiuriicnt et spkiuvicrunt qiicr à leur perfection. Il n'était étranger iiKNiarxs-nuNciscus n'AcurssEAU, dans aucun pays ni dans aucun sièclef 11 gai.uarum canci llarius, savait la langue française par principes, le " "''' 'i';,''.T'n r"'"''"'' latin le grcr, l'hébreu, l'italien, l'espagnol, ."r^m ib^rI 1 anglais elle portugais, il u était pas moins jlxta itriusque parentis exuvus hoimré des savants étrangers que de ceux iianc crccem de son pays. L'Angleterre le consulta sur la hedicwere. réformatiou ()• sou calendrier. La réponse '^"'^ !<£<*■»'>•"/« salutis du chancelier de France, pleine de ré- "• '"^^- ••'"•

sembl.r che/ I,„, lo ,ies les semaines, les I82l), lii v,.l. in H , .1 M. lUves a oublié en

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ia décision, La sobiiéle cl I egalilé d amc „airc, e.l inlilulc : Utir.J sur Dieu cl /a

Le chancelier de France se plaisait quelquefois à bêcher la lerre. Ce fut dans ce temps

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religion, in-S". Elles ont été reproduites par ]\I. l'abbé Migne, dans sa grande collection des Déinonslratiu'n.i évanr/éliques, 18vol. in-4°.

AGUIKRE (JosEPn Saenz d'), né à Lugrono dans la Yieille-Caslille le 2i niars 1630, fut un (les ornements de l'ordre de Saiiit-lJenoît, dans le dernier siècle. D'abord, premiei- interprèle des livres saints dans l'université de Salamanque, ensuite censeur et secrétaire dn tribunal du saint Olfice, il fut honoré de la pourpre par Innocent XI, l'an 11:86. en récompense de son zèlo piuir raffermissement de l'autorité du s.iinl-siéfçe. il mourut à Rome en I(i99. Ses principaux ouvrages sont : une Collection des Conciles (l'Espagne, -i- vol. in-fol., fort recherchée qiioii|uon puisse y désirer plus de critique. On en a donné une nouvelle rdilion, Koine, 1733; 6 vol. in-fol. La meilleure est do 1693 et lG9'i- ; [ji Théologie de saint Anselme, 3 vol. in-fol.; Défense de la chaire de saint Pierre, contre la dccl;iraiion du clergé de France, Silamanque, 16S3, in-fol. Tous ces ouvr.iges sont en lalin. Ce cardinal a encore corapnsé quelques livres moins coni\us. Nous ne citerons plus que son Uisloire des conciles d'Espagne, iiui avait |irècédé sa Collection, et ses Ludi Salmanlicenses, qui sont dis dissertations Ihéologiques, qu'il av.iii faites, selon l'usage de l'université de Salamanque, avant de recevoir le bonnet de docteur. La modestie, vertu devenue si raie parmi les saiants de nos jours, était celle de ce cardinal. 11 avait mérité de la pari (le Hossuet, son adversaire, cet éloge qui le peint en entier en ppu de mots : « Le cardiii.'il d'Agiiirre, di'iait l'évcque de .Meaux, est la lumière de l'Eglise, le modèle des mœurs, l'exemple de la piété. »

AHLSS, prophète de Silo, prédit à Jéroboam qu'il serait roi de dix tribus, que son (ils Abla mourrait, et que sa famille serait détruite, pour le punir de son ingratitude et de son idolâtrie, vers l'an 92i avant J.-C. 11 avait écrit l'histoire de Salomon.

AHICAiM, fils de Saphan et père de Godolias, fut un de ceux que Josias, roi de Juda, envoya aupiès de la prophélesse Holda , pour la consulter sur le livre de la loi qui av;iit été trouvé dans le temple par le grand prêtre Helcia [IV Reg. xxii, 12) vers l'an iiiO avant Jésus-Christ.

AHIÉZEH, fils d'Ammisadiiï, était un chef de la iribu de Dan, qui sortit de l'Egypte à la tète de 02,700 hommes de sa tribu [Num. 1, 12, 38), et qui, à la dédicace du tabernacle du Seigneur, ofi'ril un bassin d'ar;;enl pesant 130 sicles, un va^e d'argent pesant 70sicles, pleins l'un et l'autre de pure farine pétrie à l'huile pour les sacrifices. Il offrit encore un plat d'or plein d'encens, pes.Mit dix sicles, un bœuf, un mouton, un agneau, un bouc, deux bœufs, cinq moulons, cinq autres boucs et cinq agneaux pour les divers sacrifices [Ibid., vu, 66, 67- 71). — L'Ecriture parle d'un autre AuiÉzEn, parent de Saiil et de la tribu de Benjamin.' ce fut l'un des hommes trcs-l'orls et trèsbraves qui vinrent trouver David à Siceleg,

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