‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 60 sur 228 · ALF · texte numérisé non relu

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laient à la sociélé des Gdèles, la troublaient et la corrompaient, sans qu'on pût cffeclutT une séparalion essenlirlle à la pureté de la foi, e( nu'nieàia tranquillité de l'Ktai. Dans ces circonstances, l'Iiijlise exigcMit des déclarations si précises et si directemenl opposées à l'erreur, qu'il n'y .ivait pas moyen de tergiver>er. Le mot Omousios , et, quelque temps après, le mot Tneoiocos, ont éloulTé les deux plus grandes hérésies qui aient désolé l'Kfîlise de Dieu. Les symboles les plus ortliodoses, les professions de f'>i les plus claires, n'avaient pu ôter le masque à l'erreur, jusqu'à ce qu'on eût louché ie point formel et précis d'une manirre qui ne se prêtait à aucune éi|uivu'|ue. Il fallait jurer la consubslantialité, lu maternité divine, comme l'expression cxclusivemi'ut sûre de l'drihodoxie. On disait anathènie à (|uiconque hésitait un moment, et c'est par celte prudente sévérité que la pureté de la doctrine de J.-G. est parvenue jusqu'à nous. L'uage des formulaires, les serments particulièrement dirigés contre quel(|ue erreur tortueuse et habile à tromper la vigilance des pasteurs, sont donc autorisés dans l'iigiise de Dieu. Le di'oit d'employer ces moyens ne peut être enlevé aux évéques; il leur appartient de droit divin. Ils sont, selon l'expression de saint Paul, !es gardiens du dépôt de la foi. Les empêcher d'y veillerd'uae manière efficace, c'est anéantir leur ministère. ( >'o(/. Cléuknt XI, MoNTGKRON, JàKsÉNius, Paiîis, elc.j Quelques années après, Alexandre eut une nllaire trës-sérieuse avec la France. Le duc de Ciéqui, ambassadeur de celte couronne, ayant refusé de se conformer à la loi (jui abrogeait des franchises nuisibles à l'ordre public, et faisant le m.iitre dans Kome, tut insulté par la garde corse. Q loique le pape fût lui-même dans le eus de demander satisfaction, Louis Xl\', devenu siuguhèrement absolu à l'égard de tous les souverains do l'Europe, le contraignit de casser celte g irde, d'élever d.ins Kume une pyramide avec une inscription qui contenait l'outrage et la sitisfaction (1), et d'envoyer le cardinal î^liigi, son neveu, en qualité de légat a hUere, à la cour de \ersuilles, pour y faire des excuses de la conduite des Corses. Louis XIV le força encore à rendre Castro et Uonciglioae au duc de Parme, et à donner des déJommagemenls au duc de .Modène, pour ses droits sur Comacchio. AL'xandre Vil, sorti de celte dispute m; songea qu'à embellir Rome. Il proiéj;ea les gens de leUns, et conversa avec eux. Ce pape avait des talents qui le rendaient digne de leur entrelien. ï'n 1650, on publia au Louvre un ?ol. ia-fol. des Poésies qu'il avait faites dan> sa jeunesse, lorsqu'il était de l'académie des Fi/ymali de Sienne. Son amour pour les lettres se signala par les sommes qu'il donna pour achever le collège de la Sapience, qu'il orna d'une belle bibliothèque, il mourut l'an lo67. Clément IX lui succéda.

(1) (Je moiiuineiit lïii aballn, du consenteiiienl de Luuis XIV, sous le ponlilicat de Cléon'iit IX.

ALEXANDRK Vlil, né à Venise, en IGIO, du grand chancelier île la république, Mure 0;toboni, étudia l'abord à Padone, et ensuite à Rome, où il lit éclater son génie pour les affaires ecclésiastiques. 11 fut successivement évêque de Bresse et de Frascati, puis c irdinal. Il fut élevé sur la chaire de saint P erre, en tC8), après la mort d'Innocent XI. Louis XIV, q li avait eu des démêlés avec son prédécesseur, lui rendit .\vignon. Mais ce pape n'en publia pas moins une bulle contre les quatre articles de l'assemblée du clergé de France, de l'année 1682, et continua de refuser des bulles aux prélats qui avaient élé de cette assemblée. Dans Cette bulle, datée du 4 août 169;), il parle en h iinme Irès-eonvaincu de l'obligation de con lamner lesdi's articles. Nos qui juri.tn ecclesiasiicoruin assertores in terris a Domino constituti sumus, dies nociesquc in amurititdine iinidiœ n slrœ cogitant"S, munus n.«tras cum laci ymis et suspiiUs Itvai'imus ad Domiitum, eimque toto cirdis afjfeciu rogneimus, ut nobis poienti (jraliœ sa'vauxVio ad-'sse(, quo ardua liric nre commisi nu^xsap stolici inanerisiiarles^alubrilerexe jUi vtileremus, eaque consideratione wldwti, ac ne supremo jitdici raiioneiii vitlicalionis n isliœ reddituri , neqliqentiœ in crediln nobis iiàmnislraliGne argucreinnr, cli: (Foy. Innocent XII). Ce pnolilé secourut l'eiipereur l.éopold l" et les Veuitieus, par de grandes sommes, pour coiubaltre plus av.miag 'usement le. Turcs. Il mourut le 1" février 169t. Il rétablit, en faveur de ses pareuts, la plupart des d.gnités que lunocenl XI avait abolies. 11 fut luoins desintéressé que ce pontife ; mais il eut des qualité' que l'autre n'avait pas: l'activité, la prudence, la politique et la modération. Il ne r.'paiidil pas moins de bienlaits sur les pauvres que sur ses pareuts. tunucent X'I lui succéda.

ALliXANURli, lils d'Aristobule II, roi de Judée, ac(iuit une sorte de célébrité par ies elTorls qu'il lit pour arracher la Ju iée aux Ro^nain^, après la conquête de Pompée. Sa résistance fut fuiusie aux Juifs ; battu par Gabinius au pied du mont Thabur, Alexandre tomba pi'ii de temps après entre les mains de .Metellus Scipion, qui lui lit trancher la léie à Antioche, l'an 49 avant Jésus- Christ.

ALEXANDIIE (JàNNiîE), roi des Juifs, fils de Jean Hyrcan et frère J'Aristobuls, régna en tyran, et périt d'un ex'ès de vin. l'an 79 avant Jé>us-t!lirist. Un jour qu'il f lisait un festin à ses concubines, il lit crucifier 800 de ses sujets, qu'il avait faits prisonni rs dans une révolte, et fit massacrer devant eux, leurs fenimes»et leurs enfants.

AI.EXANDiiE (saint), surnommé le Char' bonnier, homme d'u:ie rare sagesse, d'une sainteté éminente et d'une profon Je humilllé, vivait à Comane, déguisé en charbonnier, et subsisi.iil du travail de ses main.-.. Saint Grégoire de Nysse, ayant appris par révélation quel était cet homme, obscur en apparence, le fit amener ; et ses réponses aux qucstious qu'on lui proposa couvainqairenl

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le peuple qu'il était autre qu'il ne paraissait être. On l'obligea ensuite à se faire consacrer, et à quilter ses vêlements pauvres, pour prendre ceux qui convenaient à la dignité épiscopale. Il gouverna l'Eglise de Comane avec autant de zèle que de sainteté , et donna sa vie pour la foi, sous l'empire de Décius vers 218.

ALEXANDRE (saint): évèque de Jériisalen), fut persécuté sous l'empereur Sévère , vers le commencement du iir sièele. Narcisse l'ayant choisi pour son coadjutcur dans le siège de Jérusalem, il quitta celui de Cappadoce, qu'il avait eu d'aliord. Ce saint prélat défendit Origène, qu'il avait ordonné prêtre, contre Démélrius d'Alexandrie. 11 mourut eu prison sous l'empereur Dèce, en 2W. 11 laissa une très-belle bililiollièque à Jérusalem.

ALliXANDHE (saint), évéque d'Alexandrie, lieu de sa naissance, succéda eu 313, à saint Acliillas. 11 prononça anathème contre Arius, qu'il n'avait pu ramener à la foi orthodoxe, et qui avait eu des prétentions sur ce siège. Saint Alexandre assista au concile de Mcée dans un âge fort avancé, et mourut en 320. 11 assura, avant que d'expirer, comme par un esprit prophétique , ([ue saint Athanase lui succéderait. On lit, dans llufin, que saint Atlianase, encore enfant, ayant baptisé (juelques enfants de son âge, avec lesquels il jouait sur le bord de la mer, saint Alexandre apprêuva ce baptême comme valide, supposant que le jeune Alhanase avait eu l'inieiition sérieuse de baptiser; mais Hermaiit, Tillemont et plusieurs autres savants regardent ce fait comme une fable. ]1 n'est fondé que sur l'autorité de Rufin, auteur peu exact, et d'ailleurs il ne s'accorde point avec la chronologie de l'histoire de saint Athanase.

ALEXANDRE (saint), évêque de Byzance, lort zélé pour la religion chrétienne, et défenseur de la foi catholique, confondit un philosophe et obtint de Dieu la punition d'Arius. Il mourut en 337. i

ALEXANDUK (saint), fondateur des /Icemèles, né d.'ins l'Asie mineure, d'une famille noble, se retira du monde, après avoir occupé une charge dans le palais de l'empereur. Acemctcs, mot grec, signiGe des gens qui ne dorment point, parce que des six chœurs de solil.iires dont sa communauté était composée, il y en avait toujours un (jui veillait pour chanter les louanges du Seigneur. Il mourut vers l'an 't3i), sur les bords du Piint-Euxin. (Jiuelques auteurs ont mal à propos confondu les acemètcs avec les moines scythes, qui prétendaient faire approuver 1.1 proposili m llnus de Trinilale passas est. Les acemètes.au conlraire, voulaient la faire condamner, ce qui les lit regarder comme favorables à Nestorius, tandis que les moines scythes étaient suspects d'eulychi.inisme. Il est à croire que les uns et les autres étalent orthodoxes dans le fond, mais qu'ils disput lient trop et s'entendaient trop peu. Voy. Uormisuas cl Jean H, papes.

ALEXANDRE de Paphlagonie, né à Abcnotique, était nn charlatan dans le genre d'Apollonius de Thyane. Il courut le monde avec une vieille femme, à qui il ne s'attachait que pour ses richesses, et qu'il abandonna dès qu'elle fut ruinée. Il revint alors dans sa province, et de magicien s'érigea en prophète, au moyen de quelques oracles des sibylles, vrais ou supposés, qu'il arrangeait à sa fantaisie. Il avait de l'esprit, du savoir-faire et de l'intrigue, et surtout l'avantage d'une taille et d'une figure imposantes , qui n'était pas son moindre mérite aux yeux du vulgaire abusé. Il annonça l'avènement prochain du dieu Esculape.

Quelques jours après, il montra un petit serpent (;u'il tenait caché dans un œuf, et en fit le lendemain voir un autre beaucoup plus grand, qu'il donna pour le même. Cet animal était d'une privauté admirable, et faisait mille tours amusants. 11 n'en fallait pas d'avantage pour en faire un dieu. On lui offrit des s.'icrifices et des dons précieux, on lui éleva des statues d'argent, on accourut de toutes parts pour entendre ses oracles , car il fallait bien qu'on rapportât quelque chose, pour tout ce qu'on lui présentait. Marc-Aurèle, qui se laissait aisément amuser par des cajoleries philosophiques, ne fut pas le dernier à être lailupedu charlatan, qui fut honorablement introduit à sa cour. Le préfet du prétoire eut la faildesse de le faire consulter sur le sort d'une bataille. Le nouvel oracle promit la victoire, à condiiion qu'on jetterait un lion dans le Danube. La condition fut remplie et la bataille perdue. Le prophète ne se démonta point pour une prédiction qu'il prétendait avoir été mal entendue. Il ne fallut rien moins que sa mort, arrivée vers l'an 178, pour arrêter la superstition, d'autant plus (|u'il avait assuré qu'il vivrait 110 ans, et qu'il mourut à 70, d'un ulcère à la jambe. Lucien nous a laissé son histoire et son portrait.

ALEXANDRE NEWISKY ou NEWSKOi (saint), grand duc des Kussies, né en 1218, était (ils de Jaroslas, et arrière-neveu de Georges I'. Il obtint, encore du vivant desou père, sur le bord de la Newa, une jileine victoire sur les chevaliers do l'ordre icutonique, renforcés du secours des Suédois. Il succéda à son père l'an l'ikk, gouverna toujours ses états avec beaucoup de prudence et de valeur, jus()u'à ce qu'il fut atliqué d'une très-rude maladie à son retour de la Crimée. Il choisit dès lors la vie monastique, changea son nom d'Alexandre en celui d'.\lexis, et mourut en 1281, ou, comme d'autres le veulent, en I2t)3. Les Russes disent (ju'il opéra des miracles après sa mort, et le révèrent comme un saint. L'empereur J'ierre 1" a fait bâtir eu son honneur une église et un couvent, et l'impèratrii e (Catherine I" a fondé, en 1723, pour conserver sa mémoire, un ordre d(î chevalerie, (|ui se nomme l'ordre de Saint-Alexandre. Sans rien prononcer .sur les vertus et les miracles atl-ribucs à Alexandre, nous nous con- Icaterons d'observer avec les Itollandisles

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{Act. SS.maj.art. 1. Ephem. grœc. etmosc, n. 20), qu'il ne faut pas aisément rejeter les anciins saints des liasses ; que le schisme de ces peuples ne fat consommé que lony;temps après celui des Grecs ; qu'ils ont été autrefois zélés catholiques, et unis à l'Eglise de Rome ; qu'ils reçurent la foi sous saint Ignace, patriarche de Constaiilinople, ensuite plus généralement par la prédication de Ueinsbeil, évcque de Colberg, sous le duc Wlodoaiir, elc.

ALEXANDRE FARNÈSE, cardinal distingué par ses lumières et ses vertus, mort en lo89, avait coutume de dire qu'il ne Irou' rait rien de plus insupportable quiin soldat lâche, et qu'un ecclésiastique ignorant.

ALEXANDRE de Saint-Elpide, général des ermites de Saint-Auj;uslin. archevéciue d'Anialfi, est auteur d'un Traité d- la juridiclion de l'empire, et de l'autorité du pape , imprimé à Kimiiii en 162i. Il vivait au commencement du xiv siècle.

ALEXANDRE (Noël), né à Rouen en 1C39, dominicain en 1655, successivement professeur de philosophie et de théologie dans son ordre, docteur de Sorljonne en 1673, et provincial en 1706, mourut à Paris en 172i, à l'âge de 86 ans. Ses grands travaux usèrent sa vue, et il l'avait entièrement perdue quelques années avant sa mort. La faculté de théologie de Paris assista à ses funérailles. Le pape Benoît Xllliie l'appelait que son maître, quoique quelques-uns de ses ouvrages eussent été proscrits, en 108't, par un décret de l'inquisition de Rome, contre lequel il se justifia avec autant de modestie et de calme, que de dignité et de force. En 170i, il souscrivit au fameux cas de conscience, et fut exilé à Châlellerault , mais sa rétractalion le fit rappeler. Ses principales productions sont : Uisloria ecclesiastica Veteris Nofique Testamenti, Paris, 1699, 8 vol. in-f°. et 23 vol. in-8\ Celte histoire a été réimprimée à Lucques, en 175V, avec des notes de Constantin Roncaglia, qui rectifient ou éclaircissent plusieurs passages. On estime surtout les disseriatioiis nombreuses dont elle est enrichie. Theologia dogmalica et moralis, en 11 vol. in-8", et en 2 vol. in-f% Paris, 1703 , estimée, quoiqu'un peu diffuse. Rien qu'attaché aux sentiments des théologiens de son ordre, il était juste et modéré à l'égard de ceux qui ne les adoptaient pas. « Je ne puis souffrir, dit-il, dans son Histoire ecclésiastique, ceux qui, à l'exemple de Jansénius , censurent témérairement des opinions qui ne sont point condamnées dans l'Eglise, et qui faisant de mauvais parallèles de la doctrine molinienne avec les erreurs des pélagiens, blessent la vérité, violent la charité, troublent la paix de l'Eglise. » Sa latinité est aisée, coulante, et d'une lecture agréable ; quoiqu'elle ne soit pas toujours pure, elle n'a rien de la barbarie de certains scolastiques. Des Commentaires sur les Evangiles et sur les Epîtres de saint Paul, 1703 et 1710, 2 vol. in-fol. en latin. Une Apologie des dominicains missionnaires à la Chine, in-12, etc. On

a donné un catalogue raisonné de tous ses ouvr.iges, à Paris, 1716, 1 vol. in-i*.

ALEXANDRE DE SAINTE - THÉRÈSE , savant religieux de l'ordre des carmes, né à Bruxelles en 1639, enseigna longtemps avec honneur la philosophie , la théologie et l'Ecriture sainte à Louvain , et composa divers ouvrages en latin. Le plus important a pour litre Cli/peu^ religionis, Cologne, 2 vol. in-i-", 1679. Il y dévoile les artifices dont se servent les novateurs pour séduire en matière de religion, et il détend la primauté du souverain pontife et l'obéissance qui lui est due.

ALEXANDRE (dom Jacques), bénédiclin de la congrégation de Sainl-Maur, a laissé un Traité sur les horloges élémentaires, in-8% 173i, année de la mort de l'autour, qui était d'C>rléans. Il avait alors 82 ans. C'était un hoiiime d'un caractère solide, doux et uni.

ALEXANDRE (Nicons), bénédiclin de la congrégation de Saint-Maur, né à Paris et mort dans un âge avancé à Saint-Denis, en 1728, est connu par deux ouvrages utiles : La médecine et Ui chirurgie des pauvres. Paris, in-12, 1738. Ce livre renferme des remèdes choisis, peu coûteux, et faciles à préparer pour les maladies internes et externes. Dictionnaire botanique et pharmaceutique , in-8°; ouvrage plusieurs fois réimprimé, dans lequel on trouve les principales propriétés des minéraux, des végétaux et des animaux qui sont en usage dans la médecine. Dom Alexandre avait acquis une assez grande connaissance des simples. Egalement pieux et charitable, il en fit usage pour le soulagement de ses frères, et surtout des pauvres, qu'il aimait lendremenl. Voy. VHistoire littéraire de la congrégation de Saint-Maur, p. 489 et 490,

ALEXANDRE , évéquc de Lincoln , au xii* siècle, était de Normandie. Il était neveu de Roger, évêque de Sjlisbury, et fut fait évêque en 1123. Comme il avait quelque goût pour le faste, saint Bernard lui adressa quelques avis à ce sujet , un an avant de mourir. Il avait jusqu'à trois châteaux qui él .ient de véritables forteresses : aussi le roi Etienne jugea qu'il avait lieu de craindre qu'ils ne fussent destinés à soutenir les prétentions de l'impératrice Mathilde, qui lui disputait la couronne , et il résolut de s'en rendre maître. Le château de Newark se rendit après quelque résistance, et l'évèque fut enfermé pendant plusieurs mois. Il fit deux voyages à Rome, à la suite de l'un desquels il revint en Angleterre avec la qualité de légat, et le pouvoir d'assembler un synode pour régler les affaires de l'Eglise. Alexandre bâtit aussi deux monastères et fit construire une cathédrale à Lincoln à la place de celle qui venait d'être brûlée. C'est un des plus remarquables édifices de l'Angleterre. Alexandre mourut vers l'an 1130.

ALEXIS, nom d'un saint honoré dans l'Eglise grecque et latine, dont l'histoire est rapportée par Mt taphraste. Sa vie renferme des singularités étonnantes ; et, quoiqu'on ne doute pas de l'existence de ce saint, et de la

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lé{;itiiiiilé du cuKo qu'on lui rond, on est très-porlé à ne pas .ulopler la totalité des choses qu'on en r.iconte. Sa légende est tirée parliculièreinenl d'un loëme cofiiposé par Joseph le Jeune, qui floriss.iit dans le \\° siècle; d'une Vie anonyme du s.iint , écriie dans le X' siècle, et lilée par les bollandisles; d'une homélie de saint Adalherl, évèine de Prague et martyr, ainsi (lue de plusieurs autres mon inenis. \ oij. Ji^an Cu.ybite.

ALI'"\IS ((îciLLAiMEj, religieux liénéc'ii(t;n dans l'abbaye de Lyre, puis prieur de Bnssi au Perche, vivait encore en 1500, et a laissé dilîereiiies poésies , bonnes pour le temps. Les (irincip^iux ouvrages qu'on connaît de lui sonl;qua:ie6V/on(sr(/y /«arprés' nlésau\ jeuv du Pny à Hooen,in-4",saiisdate; Lepasse-lempa de tout homme et île toute femme, Paris, in-S' et in-i", sans date ; l'aiiieur dit l'avoir traduit d'un ouvrage d'Iiinoci'ni III : c'est un livre de morale sur la misère de l'homme depuis sa niiissaiice jns(iu"i'i sa luml; Le iirand I lason des fausses amours, in-16 et in-i", plusieurs fois réimpritné; ou le trouve encore ilans beaucoup d'éditions de la Farce de l'atheliii et des Quinze joies du mariage : c'est un di ilogue sur les maux qu'enlraiue l'amour.

ALFONSK DI-: ZA.VIOUA, travailla à l'édition de la Polyglotte du cardinal Ximenès. (!e juif converti est encore aulcor l'un ouvrage intitulé : Introducliones h hraicce, Couipluti, 1526, in-i°. il mourut l'an 1330.

AI.FOKl) ou ('.UIKFU'U. Voy. Griffith.

ALKHÈDE (sainlp), nommée aussi Etuël- DRiTE, était liiliî d'Oa, roi des iMereien", et de la t^uindrède. Ou voulut inulilcmenl lui faire épouser Klhi Iberl, (jui régnait sur les Kst-Anglais ; elle refusa cette alliance, pour suivre i'attrail intérieur qu'elle se sentait de servir Dieu sans distraction. Peu de temps après , elle quitta la cour, et se retira au mi.ieu des m.iriis île Croyiand, au comté de Liii: oin , où elle vécut en recluse dans une petite cellule pendant l'espace de quarante ans. Divers miracles attestèrent sa sain été, quoique sa vie même fût le plus éclatant de tous les miracles, fille mourut vers l'an 834-.

ALGA-^IE, dame gauloise, illustre par sa piété, était 1 ée d'amiiié avec Hédibie, autre dame gauloise. Saint Jérôme avait alors une grande réputation parmi les interprètes de la Bible;elleslui('nvojèreiitàl{ethlécmun jenue homme, nommé Apodém •, pour le consulter. Algisielui lit onze questions sor divers endroits de rKvaii-.;ile et de saint Paul, et Hédibie lui en proposa d »/.'•, >\»i roulent toutes sur des endroits importants du Nouveauïeslaiicnt. Ou voit , par ci's (|uestions, que ces deux dame^. étudiaient l'Ij-rilure sainte avec beaucoup d-'a^siJuiie et lic rcllexiou; naaison n'en doil pas conclure, observe Keller, que ce serait une bonne élude pour les dames de nos jours ; il faudrait pour cela qu'elles fussent des Algasies. Toy. Iùistochium.

Al.CililtUS, natif de Liège, lut d'abord chanoine et iloycn de la co.légiale <le Saint- Hariheleuii, puis cliaiioinede la railiédrale de la même ville. Il renonça à ces dignités pour aller Hnir ses jours tran(|uilleiiient ù Cluny,

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on il se fit moine. Il mourut vers l'an 1130. Il fut en grande relation avec les personnes les plus distiii'iuées de son teiiips. On a de lui un traiié De misericordin ei jusiitia. inséré dans le Trésor des anecdotes île ilom M irlène, tom. V, pag. 1020. I>e verilute corporis et sanyuinif Ùnmini in Eucharistia, contre Béreiiger de Tours, lîrasme faisait tant de cas de cet ouvrage, qu'il en fit faire une édition à Anvers qu'il soigna lui-même ; on l'a ilepuis reimprimé à Louvain eu 1561, et inséré ilans la lii)liotki'i^ue dea Pires, tome V!. Bellaiinin y a trouvécependant quelques inexactitudes.

ALIilN AN (Beivoît), évéque de M irseille, né à la lin du xii* siècle, à Alignan-du-V^-nt, village à six lieues de Pé/énas, dans le bas Languedoc, ù'une laaiille noble, fit ses élu les chez les bénédictins, dont il prit l'haSii, Etant devenu abbé de la (irisse dans le diocèse de Carcassouiie, il rendit de granls services à Louis \ III dans la guerre des Albigeois, et ce lut entre ses mains que les villes de Beziers et de Carcassonne prêtèrent serment de lidéliié au roi. Sur le siège de Marseille, qu'il fil appelée occuper en 1229, il n'ouidia jamais ses vœux mouas'iques , et il se nomniail fn>re Benoît, i'vé(jtie de Marseille. Il réussit d'abord a terminer les différends qui existaient entre les babil, mis de .Marseille à l'occasion de droits seigneuriaux qu'ils avaient rachetés, et auxquels des moines prétendaient. Plus tard il songea ci rétablir ces droits; voyant que les habitants eu avaient pris occasion de s'irriter conire lui, il se croisa , et partit avec Thibault, comie de Champagne et roi de Nav.irre, pour la Terre- Sainte, en 1239. il était de retour à iM.irs<'ille en 124-2, et il se remit promptemenl eu bnune b.'irmonie a\ec, ses diocésains. En 12't5, il assista au concile de Lyon, puis il s'occupa d'ach(Mer un traité de théologie, commencé en Syrie, et qu'il dédia au pape Alexandre IV. Ce traité, qui n'a jamais été publié et dont la bibliollièqiie royale possède un manuscrit, est intiluli? : Iractalus fidei contra dirersos erriire^i super liiulnm de sumnui Triniiale et fide cathiilira in decrelalilius. La préface de ce recueil se trouve, ainsi qu'un opuscule sur les dîmes, dans le lome VI des Hliscfllanea de Baluzc. Le lome Vil du Spicilei/iuin de d'.Vchei y renferme aussi une lettre d'Alignan au pape Innocent IV : De rcbns in terra sancta f/eslis. Le prélat cul de nouveaux deniè es avec SCS diocésains, eu 1260, ci il se décida à reiouruer en Palestine, d'où il revint au bout de deux ans. Il fut ch.irgé. en 12t)4, par Je pape Alexandre IV, de prêcher une nouvelle croi>ade, se démit de son évêche, en 12G6 , pour entrer chez les frères mineurs, où il voulait se livierà la pratique de ta pénil nce. et mouiiit en 12118.

AI.INAKD ou HALVNAUD, archevêque de Lyon dans le xr siècle, fut d'abord religieux au monasièie des bénélictins de Saini- Bénigne à Dijon. Ses parents le firent enlever de force ei promener par dérision avec les ii.ibils de son ordre, afin que l'humiliutiun qu'il en recevrait le fit changer de

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