‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 64 sur 228 · ALT · texte numérisé non relu

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« le père des miséricordes ; tandis qne A'^olro « Majesté lui rend des actions de grâces pour « ses victoires, nous lui demandons de les « faire heureusement cesser par une paiK « prompte et liur.ible. Le sang de Jésus- « Christ est le seul qui coule sur nos anlels; « tout aulru nous alarme : un prince de l'E- « glise peut sans doute avouer cette crainte « devant un roi très-clirélien. C'est dans ces « sentiments que nous allons entonner le « Te Deum que Votre Majesté nous ordonne « de chanter. » Le cardinal d'Alsace, devenu doyen du sacré collège, mourut plein de jours et de bonnes œuvres le 6 janvier 1759, laissant trois neveux qui moururent sans postérité : 1° Thomas-Alexandre-Marc d'Alsace, prince de Cliimai, grand d'Espagne, colonel aux grenadiers de France, capitaine des gardes du roi de Pologne Stanislas, et tué a la bataille do Minden, le 1" août 1759, à la tête de son régiment; 2° Philippe-Gabriel- Maurice, héritier des domaines et dignités de Thomas-Alexandre , chevalier de laToison-d'Or, mort à Paris en 1802; 3° Charles- Alexandre- Marc- Marcellin , prince d'Hénin , maréchal de camp au service de France, capitaine des gardes du prince, second frère de Louis XVT, et qui périt frappé par la hache révoIutionnaireàParis, en 1794.

ALSTEDIUS (Jean-Henri), professeur de philosophie et de théologie à Herborn, ensuite à AlbePile, mourut à 50 ans dans cette dernière ville en 1G;]8. 11 laissa un grand nombre d'ouvrages, qui prouvent beaucoup d'application, mais peu de génie. Ils sont faits, pour la plupart, dans le goût des compilaiions allemaniles. Les principaux sont JiFetliodus formandorum shidiorum ; Enci/clopœdia, Lyon, lûiO, 2 vol. in-fol., recueil informe et qui ne fera jamais un vrai savant, avant-coureur de cette massive Encyclopédie du xviii' siècle, encoie plus mal digérée, de l'aveu même de son principal auteur; Pltilosophin resliluta; Elementa matheinatica; un Traité de mille annis, 1627, in-8% ouvrage qui déO'ud le système des millénaires. 11 avait une fille qui adopta les mêmes sentiments.

ALTHAMER (André), connu encore sous le nom ii'Andi'ea^ Drenlius, parce qu'il était né à Brentz, près deGundelfingen enSouabe, et sous celui de Palœo Sphyra, que lui-mémo se donnait quelquefois, fut pasteur lulhéà Nuremberg et à Anspach, et mourut vers lo'iO dans cette dernière ville. 11 assista en 1.)27 et 1528 au colloque tenu à Hernc sur le mode de la présence de Jésus-Christ dans lu sainte cène. Allhamcr a laissé : Diallage, scu Conciliatio locorum Scripturœ (/ni prima farie puqiiare vidcntur, ccnluriis II, Nuremliirg, 1528, en lalin et en allemand, souvent réimprimée; de très-bonnes notes /n Turiliim, de situ, moribns et populis Germinii(r , 'Surcmbcrg, 1529, in-'»"; Annulaliones inIf.Jacobi lipislolam. Allhamcr partageait les préventions de Lulhcr contre celte épître, et il lui est arrivé de se seivir, pour les exprimi-r, d'expressions ouirces, et que liante appelle brutales; Sylva biblicorum nominum, etc.: c'est uu dictionnaire des noms propres qui

se présentent dans la lîible. J. Arnold Ballenstad a écrit sa Vie, qui partit en 1740, avec ime llisloria monasterii Etal; elle est aussi dans B tyle, et dans Seckendorf, Histoire du lulliéranisme.

ALTINC. (Henr!), né à Embden en 1583, précepteur du prince électoral palatin, directeur d'un collège à Heidelberg, souliiit le parti des gomarisies au synode de Dordrecht, oi( il était député de la part du palatiuat. Lorsque Heidelberg fut pris, en 1622, par les catholiques, sous la conduite de M.ixiniilien de Bavière, on chercha Alling comme un boute-feu de secte et un des tyrans du fanatisme qui alors incendiait rAllemagnc; mais il échappa à ceux qui le cherchaient, par le moyen d'une équivoque. 11 occupa ensuite la chaire de théologie à Groniiigue, jusqu'à sa mort, arrivée en 1664. Ce protestant a laissé beaucoup d'ouvrages imprimés cl manuscrits, où ceux qui s'en tiennent à la simplicité de la foi et à l'unité de l'Eglise n'ont rien à gagner.

ALTING (Jacques), fils du précédent, professeur d'hébreu, et ensuite de théologie dans l'université de Groningue, naijuil à Heidelberg, en 1618. 11 eul de vives disputes avec le ministre Samuel Desmarets , théologien zélé pour la méthode scolaslique,en général très-nécessaire contre les ergoteurs, mais qu'on a vue quelquefois trop dépouillée de l'autorité de l'Ecriture et des Pères. Alting mourut en 1679. Ses ouvrages ont été publiés à Amsterdam, en 5 vol. in-fol., en 1687. On y voit que ce docteur avait lu toutes sortes d'écrivains, et surtout les rabbins, et que sa tête en avait reçu quelque fâcheuse commotion. Ses adversaires le regardaient conmie un prosélyte du juda'isme. — 11 y a encore un Henri Alting, dont on a Succincta narratio de Claris in repuhlica, ecclrsia, academia, cl urlc militari AlliiKjis , Groningue, 1772, in-8". C'est l'éloge des hommes distingués de sa famille et de son nom.

ALVA Y ASTOKGA (Pierre de). Espagnol, prit l'habit de Saint - François au Pérou. Ue retour en Espagne, il voyagea en différents endroits de l'Europe, et mourut dans les Pays-Bas, en 1667, après avoir été qualificateur de l'inquisition et procureur à la cour de Rome. On a de lui une Vie de saint François, qu'il a intitulée ^'aturœ prodigiuin, (jratir porlentttm, vie, h Madrid, Itjol, liifol. Elle n'est recherchée que pour sa rareté cl sa singularité. L'auleur trouve quatre mille conforiiiilés entre notre Sauveur et le fondaleurde son ordre. 11 a laissé en outre un grand nombre d'ouvrages, dont plusieurs porieiitdes litres bizarres, sur l'immaculée conception. Ce sont : VAr.<enat séraphique , in-folio; le Soleil de 1(1 rcrilé, in-folio ; /ps Kmjons du solfH de lu vérité , in-folio, etc.

ÂL\ AHE-PÉLAt'.E don Ai.var-Fra>çoi»- Paez), iliéologien célèbre du xiv siècle, originaire d'Espagne, étudia le droit canon à Bologne, et entra dans l'ordre des frères mineurs, où il fut le disciple de Scol, et le conirère de tluiilaunie Oikam, do François Mairon, d'Augustin Trionfc et de Haymond

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I.iillc. 11 devint grand pcnilencier du pape Jo;in XXn à Avignon; ce pape se servit de lui pour réfuter les erreurs et les écarts de r.intipape Pierre de Corbière, et le fit plus lard évéque de Silvcs dans les Algarves et son nonce apostolique en Portugal. Aivare Pelage mourut à Sévilie en 1332, laissant: De pianclu Ecclcsiœ libri duo, Lyon, lol7; Uim, \kl'*, in-fol., édit. Irès-faulive et rare; Venise, 13G0, in-fol. On lui attribue encore plusieurs ouvrages restés inédits, savoir: Spéculum rerjum liber îtniis ; Super senteiUias libri quatuor ; Apologia, etc.

ALVAREZ (Diego), dominicain espagnol, né à Rio-Seco, dans la Vieille-Castille, professeur de théologie en Espagne et à Rome, eiisuitearclievèque deTrani,dans le royaume de Naples. Ilsouliiit, avec Lemos son confrère, la cause des thomistes contre les moliiiistes, dans la congrégation de Auxiliis.U iiiiiurut en 1G35, après avoir jiublié plusieurs Irailés sur la doctrine qu'il avait défendue. On a de lui : Deauxiliis divinœ (jruliœ, Lyon, lGll,in-foi.; Concordia iiberi arbitrii ciim prœdestinalione, Lyon, 1G22, in-S"; un Commentaire sur lsaïe,l(jl5, in-fol., sur la Somme de saint Thomas, in-fol., elc.

ALVAREZ (Emmanuel), né dans l'île de Matière en 1526, entra dans la société des jésuites, et devint recteur des collèges de Coïmbre, d'Evora et de la maison professe de, Lisbonne. Il mourut au collège d'Evora, en 1582, avec la réputation d'un savant humaniste très-versé dans les langues grecque et hébraïque, et surtout dans la littérature latine. On a de lui une excellente grammaire latine, intitulée I)e inslilutione gramuialica, IS'JiJ, in-4% et divisée en trois livres. 11 y en a eu plusieurs éditions in-12, et c'est certainement la meilleure qu'on puisse employer à l'usage des collèges; toutes celles qu'on a récemment essayé de lui substituer ne sont que des recueils informes, faits par des gens qui eux-mêmes ont grand besoin d'apprendre la grammaire d'Alvarez. Les vers techniques qui facilitent la mémoire des préceptes sont aussi naturels que la matière le compurte, et Ion doit eu savoir d'autant plus gré à l'auteur, que la grammaire est presque la seule science où cette sorte de vers puisse être de quelque secours. Foy. Blffier. — Un autre Alvabez (Bai thélemy), fut mis à mort pour la foi de Jésus - Christ, en 1736, dans le royaume de Tonkin.

ALVARliZ ^François), né à Goïmbre eu Portugal, chapelain d'Emmanuel, roi de Portugal, et aumônier de l'ambassade que ce prince envoya eu 1515 à David, empereur d'EihiOjiio ou d'Abyssinie. Après six ans de séjour dans ces contrées, Alvarez revint avec la qualité d'ambassadeur du roi d'E- Ihiopie, et avec des lettres de ce monarque pour le roi don Juan, qui avait succédé à Emmanuel son père, et pour Clément Vil. 11 rendit compte de son voyage à ce ponlife, en présence de l'empereur Charles-Quint, à Bologne, en 1533. On a île lui une Relation de son voyage, en portugais, imprimée à Lisbonne en loiO, in-iol. D<(iuien Goez, cheva-

lier portugais, la traduisit en latin dans un ouvrage qu'il dédia au pape Paul 111 : Fides moresque jEthiopum, dont nous avons une traduction française, intitulée description de l'Ethiopie, etc., et imprimée à Anvers, chez Plantin, en 1558, in-8°. Alvarez est le premier qui ait donné quelque connaissance sûre de l'Ethiopie ; mais n'ayant pas tout vu de ses yeux, il n'est pas toujours exact. On préfère avec raison celle de Jérôme Lobo. Alvarez mourut en 15iO, regardé comme un prêtre sage et vertueux, qui réunissait les talents d'un négociateur au zèle de l'apostolat.

ALVlSET(dom Benoît), savant bénédictin, né au commencement du xvir siècle à Besançon,d'une famille honorable qui subsiste encore, embrassa la vie religieuse dans l'abbaye de Faverney, et se livra à l'étude de la théologie et du droit canonique qu'il enseigna ensuite avec succès dans diverses maisons de son ordre. Pendant les guerres qui désolaient la Franche-Comté, il obtint de ses supérieurs l'autorisation de se rendre en Italie, et entra dans la congrégation du Mont- Cassin sous le nom de Yirginius. 11 demeura quoique temps à Padoue, puis il vint au monastère de Snblac, lieu célèbre, qui a été le berceau de l'imprimerie en Italie. Dans celte retraite il composa son traité des privilèges religieux, sous ce titre : Murœnulœ sacrœ veslis sponsœ reqis œtcrni vermicululœ ; opus de privilegiis ordinum reyularium, Venise, 1661, in-4'. Quelques expressions échappées au zèle de l'auteur firent mettre cet ouvrage à l'index ; cependant il fut réimprimé douze ans plus tard sans correction à Kempten (Campidona), abbaye dans la Saxe. Dom Alviset, qui avait passé sur la iin de sa vie dans les îles de Lérins, mourut au monastère de Saint-Honorat en 1673.

AMABLE (saint), naquit au village de Riom, qui est aujourd'hui une des principales villes de l'.Vuvergne. Ayant été élevé au sacerdoce, il paraît qu'il fut chargé du soin de l'église de Riom. Son évéque le fit venir ensuite dans la ville d'Auvergne (aujourd'hui Clermoni), et l'attacha à son église. On pense que l'évêque dont il s'agit ici, était Sidoine Apollinaire. Amable mourut sur la fin du \' siècle. Son tombeau devint célèbre par plusieurs miracles, et saint Grégoire de Tours en rapporte quelques-uns, dont il avait été témoin oculaire. Vers la fin du x' siècle, son corps fut transporté de Clermontà Riom, et déposé dans l'église de Saint-Bénigne. 11 nmurul le 1"^ novembre , mais c'est le 1 1 juin que l'Eglise célèbre sa fête

AMALARIUS FORTUNATUS, bénédictin de l'abbaye de Madéloc, diocèse de Trêves, devint archevêque de cette ville. Charlemagne l'envoya eu ambassaile près de Michel Cuiopalate, empereur d Orient, et se servit de lui dans plusieurs occasions importantes. Il écrivit la Relation de sou ambassade, mais il parait i|uc cet ouvrage est perdu. On a de lui un Traité du sacrement de baplrme, qu'il dédia à Charlemagne, et qui se trouve imprimé sous le nom c(dans les OEuvresd'Al-

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cuin. Il mourut en 814, à son retour de Con-

sU'Hilinoplo.

AMALARIUS SYMPHOSIUS, dincre, pois prélre de l'én;lise de Metz, ensuite ;ibbé de H 'PII bac, au mèmi- <liocèse, avait étudié sous Âlruiii, et eut ensuite, sou< Louis le Débonnaire, la direction des écoles du palais. Il fut arclii'vêque de Lyon. 11 était savant dans les liturgies. Oueli)ues - uns If coiit'uiidenl mal à propos avec le précédeni, dont il était cont('iupi)rain. Il est l'auieur d'un traité des Offices ecclésiastiques, ouvrage précieux pour ceux qui aiment a s'instruire des anli()iiilés de riîiilise, quoiiiu'il s'applii|U(' plus à les expliquer mystiquement que littéralement.

On a eofore de lui quelques écrits de ce genre dans la Kibliolbèque des Pères. Il mourut (Ml 837, à Saint-Arnoult de iMelz, où l'on voyait son tombeau, et où il était honoré comme s;iint.

AMALKCH. fils d'Eliphaz, petit (ils d'Ksau, fut le père el le chef drs Anialéciles, peuple établi dans l'Idumée. Samuel commanda à Saiil, de 1.1 part de Dieu, de détruire les Amaleciles {Voyez JosuÉ). Ce prince leur lit la guerre, prit leurs villes et les ''éfît cntière- Diint, I'an2!(i0 du monde, el 106V avant l'ère vulgaire; mais il sauva la vieà leur roi Agaji^, et cette désoliéi^saiice lui fut fitale. David les poursuivit après qu'ils eurent saccagé Siceleg, el les délit : ils cessèrent ensuite de faire un corps de nation.

AMALRIC (Arnaud), général de l'ordre de Cîleaux,iiiqui ileur en Languedoc contre les albigeois, et ensuite archevêque de Narbonne, réunit les princes d'Espagne contre les Maures. Ces barbares furent vaincus dans une bataille d(><inée en 1212, dont Ainalric, témoin oculair", uous a laissé une relation. (]e prélat niuiirut en 122,t. Le pape Innocetil III lui dédia un volume de ses sermons. Ouelques historiens l'ont accusé d'avoir étale trop de luxe l't d'avoir manqué de douceur; mais ses dignités ne lui pei mirent pas de conserver la pauvreté de son premier étal, el les albigeois ne furent traités avec sévérité qu'après q l'on eut épuisé à leur égard toutes les voies de la douceur. Y uy. saint DoMiMyuii, Montkoht (Simon de), Kii- MONn V'I el \||, couiles de Toulouse.

AMALKiC (AiGEiîij, liisioriiii ecclésiastique du \iv' sièi le, dedia au pape Urbain V une histoire des papes, sous le litre de CItionicoH poni/irnle, pour laquelle il se vantail ii'avoir coiisulti! plus de deux ceuls CCI ixains. (^elte histoire va Jusqu'au pane Jean X\ll.

AMALKIC (François de Sales d'), né à Signes iVarJ, en 17VJ, dune famille noble, embrassa T'-lat ec(:le^i.i.slii|ue el devint grand vicaire de l'evéïiue de Tulle. Il commençail à se faire un nom cuniiiie prédirateur, cl avait été désigne pour prèclicr à la cour le caréioe di: 1793 ; mais 1rs lri^t>s cvénemenls de celle époque, en bouleversant loui, le laissèrent sans ressources. Pour se soustraire aux persécutions, il fil le sermenl , ensuite il se maria, puis il «ullieita son pardon a la cour du Uouic qui le rendit à l'elat

séculier. On a de lui: Orai'>on funèbre fie mnilame Louise, religieuse ca>intile, Paris, 1789, in-i"; Apprl à la suijesxe sur IfS événemenls el les hommes de la révolution, 1804-, in-S° ; Cours de morale pour les jeunes demoiselles, à l'nsai/e d«s maisons d'éducation d'Ecouti et de Saint-Denis, 1805, 2 vol. in-12; 2' éiijiion, 1S08; \e Missionnaire yelonl'Evani/il'', Paris, 1820, in-12, fig. ; plusieurs morceaux de poésie, de politique et de liltératuie dans divers journaux. Il fnl longtemps un lies réd icteurs de la Clef des cabinets lies souverains. Il est mort le 12 novembre 18%.

\.MA\IA (SrxTSNDS), profes-^eur d'hébreu dans l'académie de Francker, naquit dans la Frise, cl mourut en décembre, l'an 1629. Ce théologien proleslaiit portail une haine singulière à la Vulgate, qui, malgré quelques déf.iuls, est iiifiniment supérieure à toutes les versions des sectaires, non-seulement par l'autorité que lui donnent le long usage qu'on en fait dans l'Eglise de Dieu, le siifl'rage des saints Pères '«^s décrets des conciles, etc., mais encore par son énergie, par sa noble el touchante simplicité, que tons les raffinements des hébraïsanls et hellénistes modernes n'ont pu remplacer.

Ainama commença par critiquer la version du Penlaleuque, et il finit par un recueil de dissertations critiques contre les traductions adoptées par les calboli'iues. Ce recueil parut sous le litre li'Anlibarbarus biblicus, 164.6, in-i'; crili<|ue aussi gr^issière quem.il fondée, dans laquelle l'auteur s'abandonne à une colère brutale contre le concile de Trente.

AMAN, Amalécile, fils d'Amadalh, favori d'As>uérus, roi de Perse, voulut se faire adorer à la cour de son maître. Le juif Mardochee refus i de lui r("nilre ces honneurs. Aman, cli;>qné de ce refus, résolut de perdre tous les Juifs, el obtint un arrêt de mort contre eux. Il avait déjà f.iil dre-ser une potence pour Mardoeliée, loisque Assuerus afiprit que ce juif avait découvert autrefois une conspiration contre lui. Le roi, rccounaissant d'un service qui n'avait pas été r,-compensé, ordonna à Aman de conduire Mardochée en triomphe par toile la ville. Cet insolent favori ayant irrité contre lui son maître, par sa jalousie et sa cruauté, fut ensuite attaché au gibet qu'il avait fait éleviT pour son ennemi. L'Iiisioire d'Amad esi regardée par les saints Pères comme un des monuments les plii'* frappants des excès el des délires de l'orgueil, des m.illieurs et des humili. liions dont la Provi lence .i coutume d.' punir ce vice odieux [Voy. l'IsTiiicn).

AMA.ND (sailli), évéque de liordeaux, se conduisit, au rapport de s. linl Paulin, comme un Udéle gardien de la religion et de la foi de Ji'sus-Chrisl. Ce fui lui i)ui inslmisil saint Piiulin des mystères de la foi, pour le préparer à la réception du b.Éptèm •. Depuis ce temps-là Paulin cntretinl toujours avec sailli A iiaiid une aniilie Irè -étroite. Il lui écrn il plusieurs lettres ; el nous voyons par celles qui uous soulreslccs, qu'il avait beau-

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coup (le vénér.ition pour sa verlu. 11 fut (■\y\i- sur le siège de IJorde.iux on i04 ; m;iis il cet!.! le g'iui eriieaieul de son Ej^lisc à ,-aliil SOverin, é?é'|ui' de Colo2;ne, qui était venu se retirer à Bordeaux, et le reprit après l.i mort lie te s.iiul. Le P. Tabiiraud pense que c'est sans foiuleinent qu'on atiribue à saint Arnaud la conservaiioii des ouvrages de saint Paulin, qu'il préeéda vraiseuiblaldenieiit dans le touihcau. Telle est aussi l'opinion émise dans IHistoiie littéraire de la France, t. II, p. 177.

AMAND i^sainl), évêque de Tongres, naquii, aux environs de Nantes, de parents disi ingués par leur profession et leur piété, enilirassa la vie reli^iieuse dans un monastère de la petite île d'0\e, voisine de celle de Hé, et fut sacré évéque en (J'28, sans être attaché à aucun sié^je particulier, il se consacra à la conversion des infidèles, et eut les plus grands succès, particulière iienl en Flan<lre. Il bâtit plusieurs églises en 633, et fonda deox grands monastères à Gaad, l'un el l'autre sous l'invocaliou de saint Pierre: l'un fut appelé IJIandinberg, du nmnt Blmdiii, sur lequel il était situé (c'est aujourd'hui rab'iia)e de S uni-Pierre) ; l'autre prit le nom de Saint-Bavon, de celui qui avait do.iné des fonds pour le bâtir. La ville de Gaud ayant éié ér.gée en évéché, i'église de ce demi r monasl.re eu di'vmt la cailiédi le en 155(5. Quel |ues années apiès, il en bâtit encore un autre .à trois lieues de Tournai, sur la petite rivière d'Elnon, d<int il |)ril le nom, el que l'on appelle aujourd'hui Saint-Am;ind, avec la ville qui s'y est formée. Elu évêque de Ton^res, il ne resia pas 1 ingtemps sur un siège où il avait éié élevé malgré lui. La vue de sa première vocation, joinie à l'espérance de faire [)lus de bien hois de sou diocèse, le d, termina à donner la démission de sou éveché, après l'avoir gouverné trois ans. Il désigna lui-même sou successeur, qui fut saint Uemaelc, abbé de Cuugnon. Libre désormais, il reprit ses travaux apostoli(]ue-i, et consacra le reste de ses jours à la conversion des païens, lîufia, cassé de vieille>se et de fatigues, il se retira à l'abbaye d'iilnon, qu'il gouverna en qualité d'.ibbé un peu plus de quatre ans. Il miiurut en 675, âgé de 90 ans; sos reliques étaient dans leg ise de l'abbaye de son nom où il avait été enterré. Le iMurlyruluge romain l'ail meiiiion de lui le 6 février.

AMASA, fils de Jelra et d'Abig.iïl, sœur de David, fut géuér.il d'Absaloii, lorsqu'il se révolia contri' son père, lîlant rentre dans son devoir après la luori de ce rebelle, David lui conserva sa charge; ce qui donna tant de jalousie à Joab, iju'il prit Amasa à la barbe, sous prétexte .le vouloir l'embrasser, el le tua d'un coup d'épée.

AMAl" (saint), AmaCus, vulgairement appelé sainl Aîné, embrassa forl jeiiue l'eiat eiclésiastique ; mais, ammé du désir d'une plus h;iule perfection, il se retira dans le monastère d'Agaune, que l'amour des saintes lettres et de la régularité avait rendu célèbre. Il obtint de sou abbé la permissioa

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de demeurer dans une petite cellule, taillée dans le roc, auprès de laquelle il y avait un oritoire, ei que l'on iippelle aujourd'hui Nolre-l)arae-du-Hoc. On le tira de sa solitude ))Our le plicer, vers l'an 669, sur le sic'îe épiscopal de Siou en Valais. Thierri fils de Clovis II, conseillé par des courtisans que le zèle du s linl uiïensail, l'envoya eu exil à Péronne. Il mourut en 690. Sainl Anié est qualifie évéque de Sens {Senunenxis) dans la chronique d'Auxerre; mais c'est une faute qui a été copiée par Baillel, par les Bollandisles et par plusieurs autres écrivains. Hucbald, moi:ie de S.iint-Amand, qui florissait au X' siècle, assure, dans la Vie de sainte Rictrude, que saint Amé fui évêque, non de Sens, mais de Sion en Valais {Sedunensis). 11 fui abbé de Saint-Maurice d'Agaune avant d'éire élevé à l'épiscopat, ce qui se prouve, suivant Mabillon, Annal., t. I", I. xvi, c. 521, par le catalogue des abbés du monastère, el par celui des évéques de 3ion.

AMATO (Michel d'), savant théologien, né à Naples en 1682, mort dans la même ville en 1729, à W ans, se fit recevoir docteur dans les facultés de droit et de théologie, et, peu de temps après, fut créé protonotaire et admis dans la cougrégaliou des missions apostoliques. Eu 1707, il fut nommé pieuiier chapelain du Château-Neuf. Oitre q iclqui's ouvrages manuscrits, il a laissé des dissertations curieuses : De opobulsaini specie ad sacrum clirisina conficiendiiin recfuisitti, Naples, 1722, in-8% réiMi If. la même année avec des addilions ; De p!siium oC'/ue aviiiinesusconsuetadine (ipud qu)sdit»iCliriati fidilei in anlepascliati jejiinio, Naples, 17i3, 111-12 ; Dissertationes (juiituor : de ciiu^is ex antiquis fidn syinbolis JSicœno et Consiantinopuli, aiticutus ille: Descendit ad infero-;, faeril piœtennisfu.^; De inferni situ: Amalo y réf.ite Jér. Swinden, q ii plaçait l'enfer dans le soleil; Qiiomodo Ch.ristus in ultitna cwna Eiicliaristiaia benedixevit ; el utruin iino aul pluribus calicibus mus fueril; De rilu quo in primitiva Ecdesia fiilelcs suncliim Eucharistiam percepturi inanibus exciineban: , 172S, in-4',

A-ilAURI, clerc, natif de Bène, village du diocèse de Chartres, professa la philosophie avec di-linclioii au commen emenl du xiii" siècle; mais l'isprit de dispute, de système el de uouveauté, le jeta dans d'étranges erreurs, qui d'abord furent généralement repoussées, elqui ensuite Iroavèreiit des partisans. Il soutenait que le chrislianismo consistait à se croire membre de Jésus- Christ ; que le paradis, l'enfer el la résurr. clion des corps, étaient îles rêves. Amauri, condamné par l'université de Paris, en appela au papi Innocent m, i|ui l'analhémaiisa. Craignant d être puni rigoureusement, il se rétracta et se retira à Sainl-Martin-des- Champs, où il mourut de chagrin et de dépit. Ses disciples ajoutèrent à ses erreurs, que les sacrements étaient inutiles, el que toutes les actions dicées par la charité, même l'adulière, ne pouvaient élre mauvaises, et d autres extravagances; ils fureul coadam«

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nés dans un concile de Paris, en 1209. On en brûla plusieurs, et l'on déterra le corps de leur chef pour le jeter à la voirie. Voy. David de Dinant.

AMAZIAS, huitième roi de Juda, fils et successeur do Joas, eut d'abord un règne heureux. Il ven;joa le meurtre de son père, vainquit les Iduméens, leur enleva leurs idoles et les adora. Un prophète vint le menacer de l;i pari de Dieu ; mais ce roi ne lui répondit qu'en le menaçant lui-même de le priver de la vie. Son orgueil étaità. son comble : il écrivit à Joas, roi d'Israël, que s'il ne se rendait pas son sujet avec tout son poupie, ses armes l'en feraient repentir. Joas lui envoya en réponse l'apologue du cèdie du monl Liban, dont un vil chardon veut épouser la fille. Amasias, piqué de celle réponse, déclara l.i guerre au roi d'Israël, qui le défil et le lit prisonnier. Ses propres sujets le poignardèrent ensuite dans une conspiration, l'an 810 avant Jésus-Christ.

AMAZIAS, prétie des veaux d'or qui étaient à Bélhel, averlit Jéroboam, roi d'Israël, des prédictions qu'avait faites contre lui et contre le temple des idoles le prophète Amos, et voulut empêcher ce dernier de nianifesler à Bélhel les vérités funestes qu'il lisait dans l'avenir. Amos lui prédit qu'il serait mené captif en Syrie, où il terminerait ses jours ; qu'on abuserait de sa femme au milieu de la place de Samarie, et que ses fils et ses filles seraient lues par les soldats de Salmanasar.

AMBOISE (Georges d'), de l'illustre maison d'Araboise, ainsi appelée parce qu'elle possédait la seigneurie d'Araboise, fui ministre d'état sous Louis XII. Il se fil aimer de ce prince lorsqu'il n'était encore que duc d'Orléans, et ne perdit point son amitié lorsqu'il fut monté sur le trône. Ce roi le fit son premier ministre, et n'eut |ias à s'en repentir. Ce n'était point un granil homme, mais ses vertus suppléaient à ses lumières. Il rendit les Français heureux par la sagesse de son administration ; et ce qui est remarquable, malgré plusieurs campagnes en Italie, dont le cumincneemenl fut brillant et la fin désastreuse, les impôts qu'il avait engagé Louis \ll à ditninuer à son avènement au trône, ne furent jamais augmentés pendant son règne : c'est en cela (jue consiste particulièrement la gloire du ministre. Il lit encore de grandes réformes dans la législation pour abréger les procès et prévenir la corruption des juges. Ou lui reproche les canip.ignes d'Italie ; mais il est probable que Louis XII, qui lui av;iil abainlounc le gouvernement du royaume, le cousullail peu bur les alTaires militaires, et qu'il n'était pas au pouvoir du cardinal, (juand même il en aurait eu la voloiilé, d'engager Louis XII à renoncer à ses prétentions sur le .Milanais, et d'arrêter la fougue <I0 la jeunesse française, (lui ne voy;iil qu'en Italie un théâtre digne de ses exploits. Louis le Maure, oncle cl feudataire de Maximilien, était alors en possession du Milanais; les Français l'eu dépouillèrent, ils eu furent chassés bientôt

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après, et le reprirent encore, mais ils ne le conservèrent point. D'Ainboise, nommé légat du pape, fut reçu à Paris en celle qualité avec beaucoup de magnificence. Il travailla pendant sa légation à la réforme de plusieurs ordres religieux, des jacobins, des cordeliers,des moines deSaint-Gertnain-des-Prés. Son désintéressement le rendit aussi recommandable que son zèle. Il ne posséda jamais qu'un seul bénéfice, dont il consacra les deux tiers à la nourriture des pauvres et à l'entretien des églises. .\près avoir gouverné les diocèses de Mont luban et de Narhonne, il se contenta de l'archevêché de Rouen, sans vouloir y ajouter d'abbayes. Ayant remarqué que ses chanoines étaient charmés de le voir au chœur sous le même habit qu'eux, ii n'y parut plus autrement, tout légal qu'il était, hors les jouis où il célébrait ponlificalement. Il combla de présents sa cathédrale, et remplit son diocèse de monuments, tous marqués au coin de la grandeur de son âme et de son génie. Un gentilhomrue de Normandie offrant de lui vendre une terre à vil prix, pour marier sa fille, il lui donna la dot de la demoiselle et lui laissa la terre. Ses vertus et la grande répul ilion qu'il s'élait acquise dans toute l'Europe, lui firent donner le chapeau de cardinal ; et l'on prétend qu'après la mort do Pie lii il eût été élevé sur la chaire de saint Pierre, sans l'opposition des \'éniliens. Ce qu'un historien ajoute, que le cardinal irrité eng.igea Louis XII à leur faire la guerre, est un conte riilicule, une calomnie absurde contre le roi et le prêtai. La France perdit le cardinal d'Amboise en 1510: il mourut à Lyon, dans le couvent des Célestins, à l'âge de 50 ans. On dit qu'il répétait souvent au frère infirmier (]ui le servait dans sa maladie: Frère Jeun, que n'ai-je él6 loule ma rie frère Jean ' « Le cardinal li'Amboise, dit l'abbé liérault, sans avoir au su|irème degré toutes les vertus qui ont signalé les évéques du premier âge de l'Kglise, en eut toutefois qui. dans tous les temps, teronl désirer des prélats qui lui soient (omparables ; il réunit d'ailleurs toutes les qualilés sociales el politiques qui font les ministres et les citoyens précieux. Magnifique et modeste, libéral et économe, habile et vrai, aussi graïul homme de bien que grand homme d'étal, le conseil et l'ami de son roi, tout dévoué au monarque et trèszélé pour la patrie, a\ant encore à concilier les devoirs du légal du saiul-siége avec les privilèges el les libertés de sa nation, les lonctions paternelles de l'épisiopat avec le nerl du gouverneiuent, el le c.iractère même de réloriiialeur dis ordres religieux avec le luinnlle des allaires et la dissipation de la cour, partout il (il le bien, réforma les abus cl captiva les cœurs avec l'estime piiblii] ne. » Voi/'z sa Vie par l'abhe Le Geinire, 17:21, in-'i , et eu "2 vol. iu-1-2; el ses Lcllics à Loiti" XII, Bruxelles, 171-2, 'v vol. in-l-2.

AMBltuGI (Amoinic-Mviui:), savant jésuite, ne à Flnreu(e le l.'i jum 17l.'{, remplit, pendant trente ans, avec distiiution, la chaire d'éloquence et de poésie d.ins l'uni-

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vcrsité de Rome, et c'est lui qui forma la plupart des jeunes Italiens qui se flrent depuis un nom dans les leltrcs. Il mourut à Riime en 1788, également aimé et estimé. On a de lui une traduction de A'irgile en vers blancs (scio(li), maj^niilqucmenl imprimée , Rome, 1763, 3 vol. in-folio : cet(e édilion, accompagnée de dissertations savantes, de Tarianles et de notes, et ornée de très-belles gravures, est devenue assez rare; des traductions des deux poiùnes latins du jésuite Noceli, De Iride, cl De anrora boreali, imprimées avec le nu'me luxe ; de VHistiire du pclafjianisme, du jésuite Patouillcl ; de qudques tragédies de Voltaire, Florence, 1732; des Lettres choisies de Cicéro;i; un discours latin : In electionc Josephi II, [iomannrum régis; Mitsœum liirclieiiantim, Homo, 1703, 2 vol. in-foi., reiitérmanl la description et l'esplicalion de ce musée, qu'il dirigea plusieurs années, et que le rardinal Zelada enrichit encore depuis ; enfin un poème latin inédit sur la culture des citronniers.

AMBKOISE, diacre d'Alexandrie, homme de qualité, riche, et mari de sainte Marcelle, fut converti à la foi catholique par Origène, qu'il était allé entendre par curiosité. Le disciple plut au maîlrc par son esprit et son éloquence. Nous lisons dans saint Jérôme, que l'occupation d'Ambroise, tant le jour que la nuit, était de faire succéder la lecture à la prière, et la prière à la lecture. (]'ist à ses soins et à ses libéraliiés, ajoute le même Père, que nous sommes redevables des commentaires d'Origène sur l'Ecriture, lesquels lui sont presque tous dédiés. La fureur des païens lui fournit plusieurs fois l'occasion de souffrir pour le nom de Jésus-Christ. Ayant été arrêté durant la persécution de Maximin, il fut traité avec ignominie et dépouillé de ses biens. On le conduisit enCermanie, où l'empereur faisait la guerre. Mais la Providence lui sauva la vie, ainsi qu'à Proiolecte, qui avait été arrêté avec lui. De retour à Alexandrie, il engngea Origène à réfuter Celse , philosophe épicurien , qui avait attaqué la religion chrétienne. Ambroise mourut vers l'an -loi.

AMBROISE (saint), docteur de l'Eglise et archevêque de Milan, naquit vers l'an 3i0; il comptait parmi ses aïeux des consuls cl des préfets. Son père, gouverneur des (jaules, de l'Angleterre, de l'Espagne et d'une partie de l'Afrique, le laissa en mourant à une mère qui cultiva avec soin son cœur et son esprit. Alexis Probus, préfet du prétoire, le mit au nombre de ses conseillers, et lui donna ensuite le gouvernement de l'Emilie et de la Ligurie, eu lui recommandant de se conduire dans cet emploi plulôl en évê(iue qu'en juge. Ce conseil lut comme une prédiction de ce qui arriva d;ins la suite. Après la mort d'Auxence, évêquc de Milan, Ambroise fut élu pour lui succéder par le peuple ((ui le proclama d'une voix unanime; et ce choix fut confirmé par Tempefeur Valentinien. Ambroise n'était que c.ilcchumène ; on le baptisa, on l'ordonna prêtre et on le sacra le 7 décembre 374. L'église d'Italie DiCT. DE Biographie kelig. I.

était alors affligée de denx flénux bien différents. Les ariens avaii-nt tout inficté de leur doctrine ; et les Goihs. qui avalent pénétré jusqu'aux Alpes, avaient rommcuce leurs ravages. Ambroise eut la fermelé et le courage qu'il fallait dans ces leoips malheureux. L'impératrice Justine, maîtresse de l'empire SI. us son fils Valenlinien II, vonl;iit que les ariens eussent au moins une église; mais Ausbroise, (jui savait que l'audace des sectaires croissait à mesure du peu de résistance qu'on leur oppose, fut ferme à ne leur rien accorder. Calloguue, prélet de la chambre de l'empereur, menaça le saint évèque de lui ôter la vie, s'il n'obéissait à son n)aitre : « Dieu veuille, répondit Ambroise, que vous exécutiez vos menaces I Si vous vous comportez en spadassin, je me comporterai en évêque. Je ne crains point vos menaces, vous ne pouvez faire mourir que le corps : mon âme est au-dessus de votre pouvoir. En m'arrachant la vie temporelle, vous ne porterez aucune atteinte au mérite de mon ministère. L'âme est tout entière dans le pouvoir de Dieu seul. Groiriez-vous me faire quelque mal? Vous me rendriez ;iu contraire un grand service ; en me faisant perdre la vie de ce monde, vous m'en procurez une éternelle. Que ne peut-il se faire que le Seigneur délivre l'Eglise de ses ennemis en dirigeant tous leurs traits contre moi seul, afin que leur fureur soit rassasiée de mon sang! » — '( Certainement, » dit-il eu écrivant à l'euipereur Valentinien, « soi! que nous consultions les oracles des saintes Ecritures, soit que nous jetions nos regards vers l'histoire de ranti(|uilé , nous reconnaîtrons (ju'en matière île foi c'est aux évêiuis qu'il appartient île juger les empereurs chréîiens, et non pas ,à ceux-ci de faire la loi à ceux là. Il viendra, s'il plait à Dieu, un jour où, jouissanld'une paisible vieillesse, vous désappiouverez vous-même la conduite u'un evéque qui abandonnerait aux laï(iues le pouvoir sacerdotal. Votre père, que Dieu avait fait parvenir à une vieillesse avancée, avait coutume dédire: // n'appartient pas à moi de juger les iliffe'rends des éiêques. » La ville de Thessaloniquo s'était révoltée contre son gouverneur, qui fut lue dans la sédition. L'empereur Théodose, pour venger sa mort, fit massacrer sept mille habitants de cette malheureuse ville ; l'évéïiue de Milan, instruit de cette barbarie, le mil en pénitence publique, et lui refusa l'entrée de l'église. L'empereur, qui savait apprécier la force toute chrétienne du saint prélat, se soumit à cet arrêt sans se plaindre. Exemple également admirable de hrpart du saint et de la part de l'empereur, qui apprend aux évêques que la foi et le zèle purs ont plus de force que le trône et le sceptre, et qui avertit les princes de la terre ijuc leur véritable grandeur consiste à s'humilier devant le roi des rois(Fyi/. saint Basile). Sa magnanimité n'ôta rienà sa charité. Il rarheta tous lescaplifsqueles Golhs avaient faits, et vendit même à cet eflel les vases de l'église. Les ariens le lui ^ ayant reproché, il leur dit qu'il valait mieux

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conserver à Dieu des âmes qae de l'or. Ce saint prélat mourut la veille de Pâques, en 397, à l'âge de 57 ans. Les bénodiclins d(> la congrégation di- Saiiil-Maur ont donné, en 1G86 et 1(590, ou 1G91, une édition de ses ouvrages, en 2 vol. in-fol., divisée en deux parties. La première nn ferme ses Traités sur l'Ecriture sainte , la seconde, ses écrits sur diffi^rents sujets. Kn .^787 , on a donné, à Dussoldorf, une édition de ses lettres ad principes, in -12, monument précieux de la dignité et de la fermeté épiscopale. Tous les écrits de saint Atnbroise ont cet avantage, qu'ils plaisent et instruisent en même temps; autant remplis de majesté, de force et de vivacité, que d'agréments , de douceur et d'onction. Il y a peu de vérités importantes de la religion qui ni^ s'y trouvent solidement établies et développées avec netteté; ce qui les a fait mettre, presque aussitôt qu'ils ont été rendus publics, au nombie des livres que l'Eglise consulte d;ins les matières de loi. On a une traduction française di^ ses Lettres, 17il , en 3 vol. in-12; de son Traité de la viriiinilé ,i'î-l'd , 1 vol. in-12; de son Tmité des offices, par Morvan de Bellegarde, 1691, in-12. On lui attribue la composition du Te Detim , ciinjointeraenl avec saint Augustin , son disciple et sa plus illustre conquête. Ou dit que dans l'enlhousiasiiie d'une piélé tendre et sublime , ces deux docteurs prononcèrent alternaliv»!iiiciil les versets de ce majestueux cantique; d'autres prélenlent qu'il est exclusivement de Stiint, Ainbroise , el le nom d'Htjmnus ambrosianus , que l'usage lui donne , est une preuve de cette opinion. D'un autre côté, le ton et la marche du cantique semblent favoriser le premier sentiment. « Car , dit un critique éclairé, ce (jui « distingue ce cantique de tant d'autres, « très-respeciables d'ailleurs , et tenant à « juste litre une place dans la liturgie, ce « n'est pas seulement ce grou[)e d'idées vaste les, grandes, profondes, sublimes, (jui en « composent le fond, mais encore la ma- « nièrc dont cela est rassemblé, ou, si l'on « vent, jeté avec une négligence de génie i< iiifiiiiaieiil supérieure aux elTorls de l'art. « Ce passage rapide du ciel à la terre, el de « la t' rre au ciel, et de la redoutable ma- « jesté de l'Iilernel aux misères et aux be- « soins de riiomnic; adoration, terreur, « amour, espérance, affeclious vives el len- « dres, apostropiies d'admiration el de res- « pccl, de confiance et de gratitude; lan- « gage animé et eu désordre, chutes brus- (I ([ues el inégales, vers sans mètre, sans « nombre et sans cadence; toul exprime un « enthousiasme nourri au feu de la divinité, « el vérifie la manière subite, et pour ainsi « dire inspirée, dont une ancienne tradition (( nous apprend que cet hymne iniiiiilable « fut composé par deux grands do:teiirs de « l'Kglise... |,cs pioleslanls, qnionlfail main « basse sur tant de choses catholiques, n'ont « eu garde de se cli'parlir de celle-ci; ils ont « senti quelle ne soiilfrail point de renipla- « ceincnl. » il est é:;ali'inenl rcmarqualilc ju'on ne l'a jamais traduite en aucune lan-

gue avec quelque apparence de succès , preuve d'une beauté originale et inimitable. Voy. saint Algustin. Paulin prêtre de Milan, écrivit sa Vie. Daillé, Barbeyrac el Le Clerc se sont attachés à critiquer la doctrine de ce Père; le dernier surtout, sociiiien de croyance, n'a pu lui pardonner son zèle contre les ariens ; il va jusqu'à taxer de fourberie ce que saint Aaibroise raconte, comme lémoiu oculaire, des corps des saints martyrs (iervais et Prolais. Voij. ("ieuvais. Son nom seul, el l'idée générale qu'il (iroduil dans l'esprit des chrétiens depuis quinze siècles, suKisenl pour réfuter les mauvaises critiques el les impudentes calomnies. Kn général loutes les injures que les novateurs disent aux Pères de rïïglise, ne sont autre chose qu'uni; preuve décisive de l'opposilion de l'ancienne doctrine à celle des sectes ; ne pouvant s'appuyer de l'autorité de ces respcclables dépositaires de la tradition, il ne leur reste que la triste el humiliante ressource de les dénigrer.

AMBKOISI': le Camaidule, général de son ordre en 1431, naquit en 1378 de l'illustre famille des ïraversari, de Ravenne, à Porlico, dans la llomagne. Eugène IV l'envoya au concile de iîâle. Il brilla ensuite à ceux de Ferrare el de Florence, el il dressa le décret d'union entre l'Eglise; grecque et l'Eglise latine. On admira sa facilité à s'énoncer en grec. Ambroise fut recherché par les savants de son temps, qui aimaieiii en lui un homme de lellres enjoué el un religieux aimable, quoique sévère pour luimèiiie. 11 dit, à l'occasion de Laurent Valla et du Pogge Florentin, qu'il n'avait pu réconcilier, qu'on (levdil fairr iicu de eus des savants qui n'ont ni la charité d'un chréfien, ni il politesse d'un homme de lettres; maxime qui humilierait élran;^emeiit bien des gens du premier nom, si elle pouvait être reçue dans ce siècle. 11 mourut en l'(-39. Nous avons de lui plusieurs Traductions des Pères grecs ; une Cliruniijue du Mont Cnssin; des Jlaran- (juci ; des Lettres el autres ouvrages. Ses /('<//•£« coiUieiinent beaucoup do faits concernanl l histoire civile el liaéraire. On les trouve dans la colleclion de don .Marlenne. On a aussi de lui Uodwporicon, ou V isile des monasli'resde son oc(//"e, Florence, 1080, m^!^',

AMBKOISE DE LO.MHEZ , pieux el savanl capucin, dont le noiii de famille était La Peyrie, né à Lombi z le 20 mars 1708, entra en religion le 25 octobre 172i, fui successivement professeur di- théologie , gardien, déliniteur, etc., et travailla avec beaucoup de zèle à la direction des âmes, fouclion pour laquelle il avait des talents rares. Il fut riii>lruiueiit ilonl Dieu se servit pour coiivcrlir un grand nombre de pécheurs, pour {in'ermir les justes il.iiisia pratique des vertu» , pour consoler les pusillaniiucs, et rassurer ceux qui étaient d'une conscience trop timorée. On ,i de lui Traité de la paix intérieure, 1 vol. in-12, plusieurs fois imprimé. (Jel ouvr.igc , chef dœuvre en son genre, écrit avec netteli', élegiiice el précision, plein de maxi ics solides de printiuca

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