‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 68 sur 228 · AM · texte numérisé non relu

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en {jrec et en lalin ; mais les huit sermons que Coiiibefis lui attribue sont évidemment d'un auteur (pii vécut plus tard. Peut-être sont-ils d'Amphiloque de Cyzi(|ue, ami de Pliotius, lequel florissait en 8150. La Fie de saint Basile, nltribuée à saint Amphiloque d'Icone , paraît élre l'ouvrage d'un grec moderne et ne mérite aucune confiance.

AMHI, roi d'Israël , fut proclamé souverain par l'armée après la mort d'Ela. Il bâtit Samarie , et mourut ;iprè- un règne rempli d'impiétés, l'an 918 avant Jésus-Christ. Son fils Achab, digne de lui, fut son successeur.

AMSDORF (Nicolas d'), né l'an 1483, près de Wurizen, en Aiisnie, d'une f.imille noble, prit Lulher pour maître, et écrivit, cmiime lui, avec beaucoup de Gel conlre les catholiques et le pape. Luther sacra snn disciple évéqtie de Naùmbouru, quoique cet hérésiarque ne fût que simple prêtre. Ce prélat Inlhérien soutenait que les bunnes œuvres étaient pernicieuses au salut . lorsqu'on les legardait comme des moyens d'y parvenir. Ses seclateurs furent appelés niitsdorfieni:. Il mourut à Magdebourg en 1541, date de Moiéri, La Biographie universelle prolonge sa vie jusqu'au 14 mai 15tjo, le fait évéque en 1542, et dit qu'il concourut à la fondation de l'universiié d'Iéna.

AMYOT (Jacques), naquit à Melun , le 30 octobre 1513, de parents plus vertueux qu'opulents. Son père était, selon quelquesuns , marchand mercier, et non boucher, coiiune dit de Thou. La prodigieuse fortune (ju'il fit a rendu les littérateurs fort curieux de savoir l'élat de sa famille. Ce qu'on sait de certain , c'est qu'elle était très-obscure. Ainyot commença comme Sixte V. Un cavalier qui le trouva au milieu des champ<, dans la Deauce, le porta en croupe à l'hôpital d'Orléans. Amyot, qui avait quitté sa mai.sOn pour éviter un châliment, se rendit à Paris et y mendia. Une dame qui le (rouva d'une figuie fort aimable, le prit pour accompagner ses enfants au collège. Amyot profila de cette occasion pour se former; il recueillit les lleurs et les fruits de la littérature, et brilla dès lors à Paris. 11 quilla cette ville peu de temps après, jjarce qu'on l'accu-sait d'être favorable aux nouvelles erreurs. Il se relira chez un gentilhomme de Berri, Jacques Colin, lecteur du roi et abbé de Saint-Ambroise, qui lui confia l'éducation de ses neveux. Henri 11 ayant passé en Berri, Amyot fit une épigramme grecque, que SCS élèves présenlèrenl au roi. Le chancelier de Lhôpilal lut si enchanté de ce petit ouvrage, qu'il dil à Henri que l'auteur était digne de veiller à l'éducation des enfants de France. Ces vers grecs furent, selon quelques auteurs, le premier degré qui fil mouler Amyot aux plus ;;randes dignités ; mais celle origine de sa fortune paraît un peu romanesque , et est contredite par les dates. Les historiens les plus judicieux s'accordent tous à dire qu'Amyot éludia d'abord à Paris, au collège du cardinal Lemoine ; qu'il fut ensuite précepteur de Guillaume de Saci- Boucherel, alors secrétaire d'Etat. Ce minis-

tre le recommanda à Marguerite , sœur de François !"• ; et ce fut par le crédit de celle princesse qu'il eut la chaire de lecteur public, en grec et en latin, dans l'université de Bourges. Amyot traduisit les Amours de Tliéagène et de Chariclée, rom;\n grec, d'Héliodore d'Emèse, qui, dit sagement labbé Lebeuf, aurait été bien remplacé par la traduction «l'un Père grec; mais sous François 1'^', qui, en fait de mœurs, n'y regardait pas de si près, cette plate et dégoûtante lubricité lui valut labbaye de Bellozane. Le même esprit lui fit traduire les Amours de Da/thnis el Chloé , de Longus , conte plus obsièiie encore, qui a paru en 1718, avec des figures gravées par Audran. Après la mort (le François !•■•, Amyol suivit en Italie Morvilliers. 11 eut occasion d'y voir le cardinal de 'l'ournoii el Oder de Selves, ambassadeur à \'enise. Ce fut dans celte ville qu'il reçut ordre de Henri H de porter au concile de Trente une lettre de ce prince, où il so plaignait de ce qu'il ne pouvait envoyer les évéques à Tienle, à cause de la guerre qu'on lui f lisait eu Italie. Amyol, à son retour, eut l'honneur d'être fait précepteur des enfants de France. Charles IX , sou élève, le nomma son grand-aumônier, et lui donna, quelque temps a()rès, l'abbaye de Saint- Corneille de Compiègne, el l'évêché d'Auxerre. Il succéda, sur ce siège, à Filbert Babou, cardinal de la Bourdaisière , mort à Home le 20 février 1570 , mais ne put en prendre possession, à cause des difficultés survenues entre le souverain pontife cl le roi de France, que le 3 mars 1571. Amyol avait alors 58 ans; il se fil rendre tous les honneurs ecclésiastiques el seigneuriaux attachés à ce siège , el contribua d'assez bonne grâce, malgré sa parcimonie, à restaurer la cathédrale, qui avait élé pillée par les huguenots. N'ayant encore étudié que les auteurs profanes, il avoua qu'il n'était ni théologien ni prédicateur. 11 se nul avec ardeur à étudier Tlicriturc et à lire les l'ères ; il eut de fréquentes conférences avec les docteurs, el parvint à posséder parfaitement la Somme de saint Thomas ; enfin il se hasarda à prêcher devant son troupeau. Ses déhuls l'encouragèrent , et il ne se passait aucune solennité qu'il ne montât en chaire. Il débitait ses sermons en français, quoiqu'il les composât en lalin. Depuis son avènement à l'épiscopat , il se levait à cinq heures du malin , en toutes saisons ; récitait d'abord son office de la nuil, et puis, enfernié dans son cabinet jusqu'à l'heure de la grand'messe, il se livrail à l'élude. Pendant le <iîner, qui suivait la grand'messe, il s'entretenait, avec les docteurs invilés à sa table , de matières litléraires ou édifiantes. Sa table était vraiment une école de pielé et de science. Celle conversation durait une heure après le repas , puis le prélat rentrait dans sou cabinet jusqu'au soir. Il allirait près de lui de savants prédicateurs, qu'il envoyait dans les villes cl autres endroits où la prétendue réforme avait répandu le yenia de ses erreurs. Charles IX étant mort,

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Henri IH, qui avait aussi élé discipliî il'Aniyot et qui l'nppelait aus<i son m;iitrc, lui conserva la grande aumônerie , et y ajoirla l'ordre du Saint-Esprit, en cunsiilrraiioii de ses talents et de ses services. Des courtisans murmurèrent en voyaiil élever à un Ici honneur, un hoinirie qui n'avait point de parchemins pour lilros de noblesse : le roi leur ferma la bouche par deux paroles. Amyot, voulant établir un colléije à Auxerre, achela un grand terrain et y fit construire un corps de lojiis considérible. Le dessein oui il ('tait de confier l'enseignenienl aux pères jésuites, mais que diverses cirrotislances î'empérhèrent de mettre à exécution, excita la haine de Traliy. gardie!) des cordeliers d'Auxerre, qui la fit éclater dans l'occasion que nous allons dire. Amyot était à Blois lorsque le duc. de Guise y fut assassiné par l'ordre de Henri I!!, ([ui fivorlsait la ligue protestante; Trahy , considérant qu'Amyot était du conseil du roi , s'imagina qu'il avait eu connaissance de re lâche assassinat et l'avait même conseillé; il puiilia partout, même dans la chaire, S's téméraires accusations. Toute la ville, (iiii soutenait la ligue catholique, se souleva contre l'évèque, qui n'osa revenir à Auxerre que lorsqu'il crut les esprits un peu plus c:lmes. 'Toute sa prudence ne put le préserver du danger de perdre la vie en approchant d'Auxerre, le 29 mars 1389. Il n'y entra p;is, et l'orage soulevé par la haine fanatique de Trahy ne fut apaisé qu'environ un an plus tard. De Thou , historien souvent prévenu, accuse Amyot d'ingratitude et d'infidélité envers Henri III ; mais cette accusation , qu'aucune preuve n'appuie , est démentie, au contraire, par les faits. Les seniimenls du prélat ne piotestent pas moins contre elle. On peut voir à ce sujet l'Iiistoire de sa vie, et les Mémoires de Lebeuf. Mais il est vrai que , après la mort de Henri III, il se montra, dans queli|ues occasions, favorable à la ligue. (( Il l'ut obligé, dit Lebeuf, de condescendre on quelque chose aux idées de son peuple; il aurait souhaité que le cardinal de Bourbon eût été roi, et il appréhendait la ruine de la catholicité en France. » Jacques Amyot mourut le G février lo9'{, à l'âge de 'J9 ans. Le plus célèbre de ses ouvrages est sa Traduclton des Oiiluvrcs d.' l'iutarque, qui est très-esiiinée encore aujourd'hui, malgré tant d'autres, éciiles en langagi" moderne. «Tant qu'un style ^ilnple et naïlaura « do quoi plaire , dit l'auti'ur des Trois « 5it'e/c's, elle sera lue avec plaisir par Ci'UX « qui ai. lient à retrouver les traces de l'an- « cicnne anjénité française. » On en a beaucoup uioins loue l'exaclitude : elle luurniille de contre-sens et do fauies. (Juelquos savants mémo ont voulu porsuad r qu'Amyot avait traduit Plutarque sur une version iialiennodcl., bililiothétiue du roi; mais quelle apparenci' qu'un (irofessonr do langue grecque, qu'un hoinmc c)ui faisait assez bien des vers dans la même langue, ne sût pas assez de gnc pour traduire sur l'original"/ On a encore d'Auiyot sept livres de Diodore de

Sicile, et quelques tragédies grecques, etc. La bonne édition de Plutarque est de Vasrosan, 15;)7 et 157'i-, 13 vol. in-8*, (i pour les vios, 7 pour les OKuvres mor.il s, avec la table. Il faut prendre garde, si. dans le tome 6 des i tes, celles d'Anniiial elScipion, par l'KcIuse, s'y trouvent. Le même \'ascosan a donné une édition de Plutarque , on k vol. in-lol.; et Cussac, à Paris, en a publié une belle édition en 22 vol. in-8°, 1783. Les Oliuvres morales et mêlées de Plutarque, traduites par Amyot, furent imprimées <à Lyon, 1611,2 volumes in-8'. En 1810, Paul-Louis Courier donna une éilition nouvelle de la traduction de Daphnis et Chloé, qu'il retoucha en quelques endroits, en la complétant par la traduction d'un fragment qu'il venait de découvrir, et qui remplissait une lacune du premier livre, Florence, in-8".

AMYRAULT. Votj. Amidaut.

ANACLET ou CLET (saint), natif d'Athènes, ayant entendu prêcher saint Pierre, se convertit et s'attacha à cet apôtre, qui l'ordonna diacre cl prêtre peu après. Il succéda dans le pontificat à saint Lin , en 78 ou 79. Des martyrologes très-anciens lui donnent le titre de martyr. Quelques auteurs disent que saint Anaclet succéda à saint Clément ; mais l'opinion commune, conforme au canon de la messe, le place après saint Lin. On a prétendu aussi distinguer saint Anaclet de saint Ciel , et cette assertion n'osl pas sans autorité, mais il paraît que le sentiment commua est le jilus vrai.

ANACLET (Fii;nREDELÉo\),anlipape,étail parvenu à se faire élire en 1130 par ses richesses et la puissance de sa famille, originairement juive. Il tirait son nom du pape Léon IX, qui avait conveiti et baptisé soQ père. .\i)rès avoir passé une jeunesse libertine eu France, il s'était fait moine à Cluiiy. Etant venu à Rome, il fut fait cardinal par le crédit de sa famille, puis eii'iployé en plusieurs légations, où Ton reconnut, avec le dernier scandale, que la profession religieuse n'avait pu que suspendre en lui le débordement de SOS mœurs. Dès qu'on lui eut déféré le titre de pape, il marcha bien accompagné à Saiiit-l'iorre et autres églises, et les dépouilla de ce qu'il y av.iil de précieux et même de sacré. On dit qu'il ne put trouver aucun chrétien qui osâl briser les calices, afin d'rii appliquer l'or à l'usage (|u'il on voulait faire , et qu'il fut obligé , pour cela , de recourir aux gens de la religion de ses pères. Au moyen dos largesses qu'il se mit en élat do faire par ce brigandage saeriléi;e, il acheva de gagner le iieuple oi la plupart des grands. Il fut excommunié dans plusieurs conciles tenus en l-'ranee, et onlin dans relui de i'isc, tenu l'an lli'i. Il mourut l'an 1138, après la défaire do Roger, duc de Sicile, aiiqui'l il avait dcmnô sa sœur et accordé le titre do roi de Naples cl de Sicile, l'oy. Inmo-

CIvNT II.

ANANIAS, .MISAEL, AZAIUAS. trois jeunes H broiix, compagnons do Daniel, qui furent condamnés aux llammes pour n'avoir

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pas voulu adorer la slalue de N.ibuchodonosor; mais ils n'y périront poinl. Dieu les lir.i miraculcnsemeiil do la fournaise où ils avaient été jetés, ver! l'an 538 avant Jésus- Clirisl. Leurs noms chaklaïques étaient Sidrach,jVisach, AOdenngo.

ANANIAS, fils de Nébs'nlée, fut souverain pontife des Juifs, l'an •'*9 de Jésus-Christ; ayant été accusé d'avoir voulu soulever le peuple contre les Uomains,el envoyé prisonnier à Rome, |)Our se jusiifier devant l'empereur, il y réussit, et revint absous. Après son retour, il fit mettre saint Paul en prison, et le fit soullloler. L'apôtre lui dit, dans un inoufemenl d'espril propliélique : Dieu vous frnpp'ra, muraille blanchie (Act. wiii, 3). Ananias en efl'et fut massacré dans Jérusalem, au commencement de la guerre des Juifs contre les Romains , ainsi que l'avait prédit saint Paul.

ANANIAS, juif des premiers convertis, eut la hardiesse de menirr au Saint-Esprit, et de vouloir tromper saint Pierre sur le prix delà vente d'un champ. Il fut puni de mort avec sa femme Saphiro, qui eut part à son crime. Quant aux suites qu'eut leur faute par rappoit à l'éternité, c'est un point sur lequel les Pères ne sont point d'accord. Les uns espèrent qu'ils se seront repentis à la voix de saint lierre, et qu'en conséquence leur fau'e leur afira été panlonnée : vu surtout qu'ils l'expièrent par un châtiment temporel; telle est l'opinion d'Oriirène, do saint Jérôme et de saint Augnsliii ; d'autres, avec saint Chi-ysostome, saint Hasile, etc., craignent qu'ils ne soient morts dans linipcnitence.

ANANIAS, disciple des apôtres, qui demeurait à Damas, eut ordre de Jésus-Christ (|ui lui apparut , d'aller trouver saint Paul nouvellement converti , ce qu'il exéculi. On iie sait aucune autre circonstance de sa vie ; il fut enterré à Damas dans une église dont les Turcs ont fait une mosquée , et ils lîc laissent pas de conserver beaucoup de respect pour son tombeau.

ANANUS, ou ANNI<:, grand sacrificateur des Juifs, hean-père de Caï|]he, eut cinq fils qui possédèrent après lui la jurande sacrilicalure. C'est chez cet Ananus que Jésus- Christ fut mené dans sa |)assion.

ANASTASE l^' ^sainl), Romain de naissance, succéda au pape Siricc eu 398. Il dut son élévation à la gloire que ses travaux cl SCS combats lui avaient acquise. S.iint Jérôme l'appelle un homme cl une vie sainte, d'une riche piinvrclé , et d'une soUicilade apostolique. Il s'opposa fortement aux progrès de l'()rigénisuu',el coi'danuia la traduction du Péiiiirvhon d'Origène , par Rufin , comnie tendant à affaildir notre foi, fondée sur la tradition des apôtres tt de nos Pères. Ce sont les termes dont il se servit dans la letlie (ju'il écrivit à ce sujet à Jean , évéque de Jérusalem. Quant à Rufin, il i.° condamna poinl sa personne, et lais-a à Dieu le soin de juger de l'inientiou qu'il avait eue en traduisant le Périarchon. Voij Rufin. Dans la môme lettre, le saint |)oiilife promet de

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veiller au mninlien de la foi, et de prémunir contre l'erreur toutes les nations de la (erre, qu'il appelle Us parties de son corps. On trouve dans le recueil d'Isidore Mercalor, deux décrétâtes attribuées faussement à ce pape. Saint Anastase mourut le 14 décembre 401, après avoir siégé trois ans et dix jours. Selon saint Jérôme, il fut enlevé de ce monde parce que Dieu voulut lui é[>argner la douleur de voir le s;ic de Rome, par Alaric, roi des Goths, lequel arriva en ÏIO. 11 s'est f.iit plusieurs tianslalions de ses reliquL-s, dont la plus grande partie esl présentement dans l'église de Siinle-Praxède. Le Mart]irolo(ie romain le nomme, sous le 27 d'avril, tiui fut apparemment le jour d'une des translations dont nous avons parlé.

ANASTASKII, romain, élu pape le 2S novembre (^90, après la mort de Celasel'"', écrivit à l'empereur Anastase en favvur de la religion catholique contre l'arianisme , et à Ciovis pour le féliciter sur sa conversion. Il mourut 1.' 17 novembre 498.

ANASTASH 111, pape en 911, après Sergius 111, gouverr.a l'Kglise avec sagesse, et ne fut que deux ans sur le saint- sié^e.

ANASTASE IV, pipe, le 9 juillet 1153, après Eugène III, se distingua par sa charité dans une grande famine. Il mourut le 2 décembre 113'i.

AN'ASTASK (saini), persan, fils d'un mage, frappé du bruii que faisait î'enlèveinent de la vr.iic croix par Chosroiis, voulut examiner d'où pouvait venir la vénération des chrétiens pour l'instrument d'un supplice que l'on regardait comme infâme; il se mit à étudier leur religion , l'embras-a et la confessa en versant son sang pour elle, le 22 janvier rie l'an 628. Saint Anastase a va il prédit la ( hule prochaine du ijran Chosrois, et la prédiclion se vérifia dix jours .iprès son martyre, lorsque l'empereur lierai lius entra en l'erse. Les actes de ce s.iint sont r.uihenliqnes, et ont été loués par le septiènie concile général, environ ICO ans après sa mort. Le même concile approuva l'usage de peindre la léle de saint Anastase, ainsi que l'ancienne image de cette même Icle, céèbre par plusieurs miracles, et que l'on gardait à Rome avec une vénéiation singulière. On la \oil encore aujourd'hui daus l'église du monastère de Notre-Dame Ad aquas salvias, qui porte le nom de Saint-Vincent et de Sainl-.\naslase.

ANASTASE , antipape, s'éleva contre Benoît m, élu |)ape en 833, et fut ensuite chassé par ses partisans. Voij. Bexoît III.

ANASTASE-SlNAiriî, ainsi appelé parce qu'il était moine du mont Sinaï, fierissait à la fin du vil* s:ècie. Il sortit souvent de sa retraite pour la défense de l'Eglise. Etant dans la ville d'Alexandrie , il confondit publiquement les hérétiques acéphales, et leur montra avec la dernière évidence, qu'ils ne pour. lient con iaumer saint Flavicn , sans condamner en iiicme temps tous les Pères de l'Eglise. Ses raisons furent si convaincantes, que le peuple témoigna une grande indignation contre ces hérétiques , et pensa

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même les lapiaer. Le sainl prit ensuite la plume , et composa le. livre intitulé : Odegos ou le Guide (/m vrai chemin. Il y réfute les eu(ycliiens, connus sous le nom à' Acrplialis, et y établit des règles fart judicieuses contre toutes les hérésies. On iunore l'année de sa mort; il est certain qu'il vivait encore en 678. Outre le livre dont nous venons de parler, il composa plusieurs ouvrases ascétiques qui sont parvenus jusi|u'à nous. Les Considérations muKjogiiiues sur l'IJexnméron, ou l'ouvrage des six jours de la création, expliqué dans un sens mystique et allégorique. Les loi Questions; ce n'est, pour ainsi dire, qu'une coinpilalion des passagi-s des Pères et des conciles sur la vie spirituelle. Le discours de la Synaxe, ou de rassemblée des fidèles. Il y est parlé do l'oblis^ation de confesser ses péchés aux prêtres, du respect avec lequel on doit assister à la messe, du pardon des injures, etc. Casinius et Combefis en conseillent fortement la lecture aux prédicateurs, et à ceux qui sont chargésdc la conduite des âmes. Deux Discours sur le psaume VI. Onaltribue encore à saint Anas'.ase quelques autres écrits, dont plusieurs n'ont jamais été imprimés. Les ouvra^;es de ce saint respirent partout la plus tendre piété.

ANASTASE (saint), patriarche d'.Xnlioche en 561, s'opposa à l'empereur Justinien, qui soutenait cette branche d'eutychiens qu'on appelait les incorruptibles, lïxilé par Justin le Jeune, successeur de Justinien , il (ut rappelé par Maurice, à la sollicitation duquel il traduisit en grec le Pastoral de saint Grégoire, pour l'usage des églises d'Orient. Il ne nous reste de lui que trois Discours, dans YAucluarium de Combefis, et cinq, dans les Lectiones antiquœ de Canisius. Anastase mourut à Anlioclic en 598. Nicéphore et quelques écrivains modernes onlconfondu ce sailli avec Anastase le Sinaïte.

ANASTASE, bibliothécaire de l'Eglise romaine , assista en 869 au huitième concile général de Coiistanliiiople, où il aida beaucoup les légats du pape. 11 traduisit en latin les actes de ce concile. .\ la télé de sa version, il y a V Histoire du scliisine de Pholius et du concile , en forme de préface. Anastase possédait également bien les deux langues. 11 a traduit encore du grec en latin: \es actes du septième concile; un recueil dr dilTérenles pièces sur Vllistoiie des monalfidlitts ; plusieurs autres monuments de l'hylise orientale. On a encore de lui les Vies des papes, depuis saint l'ierre jusqu'à Nicolas I", publiées à Home par Fran(;ois et Joseph Bianchiiii, 1718-1735, V iol. in-lol. On ne sait pas précisément en quel temps mouriil cet auteur. Ce (lu'il y a de sûr , c'est qu'il vivait encore sous le pontifical de J^an VllI, qui fut élu en 872 et mourut en 882

ANASTASE, apôtre de la Hongrie, d'abord appelé Astric, embrassa la règle de saint Uenoît à Home , et suivit en [{ohèmo saint .\dalbcrt, qui le noinmi abbé du monastère de liraunau. Mais ce prélat a\ant ité obligé de s'enfuir, Astric se retir.t en llongiie avec ses religieux, et fut Irès-bion accueilli

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par le duc Etienne qui songeait à convertir ses sujets idolâtres, et qui fit construire ■pour ses nouveaux hôtes un monastère de l'ordre de Saint-Benoît. Les saints efforts des missionnaires en Hongrie eurent des fruits abondants. En 996, Etienne divisa son duché en dix évéchés , et nomma à celui de Colocza, Astric qui prit, à sa consécration, le nom d'Anastase. En l'an 1000, Anastase alla à Rome pour demander au pape Silvestre H , de la part du duc Etienne, la confirmation de ses premières mesures, et le changement de sou titre de duc en celui de roi, afin d'augmenter encore le respect et la puissance qui lui étaient nécessaires pour mener ses pieux desseins à bonne fin. Le pape accorda tout, et ajouta à la couronne une croix que l'on devait porter devant le nouveau roi, en signe de son apostolat. Anasiase, do retour in Hongrie, sacra et couronna Etienne. H remplaça pendant trois ans comme métropolitain de la Hongrie, l'archevêque de Strigonie qui était devenu aveugle. L'archevêque ayant recouvré la vue au bout de ce temps, Anastase retourna à Colocza, et y mourut peu de temps après.

ANASTASE, ou ANASTASIE (sainte), dame romaine , mnriyrisée sous Dioclélien. Quoique les actes de son martyre, rapportés par Mélaphraste, ne soient pas authentiques, sa mémoire est très-ancienne et très-rcspeclée dans l'Eglise. Sun nom est dans le cauon de la messe, et dans le Sacramentaire de saint Grégoire ; il est dit , dans les actes de saint Chrysogoiie, qu'elle sortait d'une illustre ramillc de Rome, que saint Chrysogone lui-même fut son tuteur, et l'instruisit dans la loi, et que quand ce sainl martyr eut été arrêté à Aquilée durant la persécutiou de Dioclétieii, elle alla le joindre pour l'assister et le consoler dans ses chaînes. L'auteur des mêmes actes ajoute qu'après avoir souflerl diverses tortures, elle fui condamnée à être brûlée vive, en 30'i^, par le préfet d'iilyrie. Ou porta son corps à Koine, et oa l'y déposa dans l'église qui porte encore le nom de la sainte. Les papes disaient anciennement dans celle église la seconde messe de la nuit de Noël ; et c'est pour cela qu'on fait encore mémoire de celte sainte à la même messe, l'armi les sermons de sainl Léon, il y en a un que ce sainl pape prêcha dans la l)asili(|ue de sainte Anastase. C'est celui où il réfute l'hérésie d'Eutychès.

ANASIASE. ou ANASI'ASIE, surnommée l'Ancienne , fut martyrisée à Sirmich, durant la lerseeulioii de Néron ou de Valeiien. Ses reliques furent Iraiislérées à Coiistantiuople du temps de l'empereur Léon el du pa- (riarclie Gi'iinaJe; on les mit dans l'ègliso dite .•l)i(j,«((i.s/.>.-, ou de la Résurrection. On les porta depuis dans l'iglise palri irc.ile do Sainte-Sophie. Elles n'y elaienl plus lorsque celle ville fut prise par les Turcs en IMto.

ANA 101, US, palriarihc de Constantinople après Klavien, en 'i^9, assista au (oncilo d(,' Chalcédoine, où il fil insirer trois canons sur la prééminence de son siège ; mais les légats de saint Léon s'y opposèrcul. .\ualo-

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lius avait été ordonné par Thérésiarque Dioscore à la place de Flavicn que celui-ci avait déposé, parce qu'il s'opposait à ses erreurs. De plus, il avait ordonné ensuite lui-mèine Maxime, évéque d'Antioche, à la place di' Domnus, aussi injustemcnl déposé que Flavit n. Celle double irrégularité rendait An^itolius indigne de son siège, et par celle raison saint Léon pouvait le faire déposer; mais, pour le bien de la pais, il usa d'indulgence à son égard, en considér.ilion de ce que Analolius avait aband)nné le parti de Dioscore : indulgence qui marque bien clairement la juridiclioii du saiul-sio^e. « Quoiqu'il ait abandonné l'erreur de ceux. « qui l'ont ordonné, écrit le pape à l'euip - « reur Marcien, il devait avoir soin de ne « pas troubler par son ambition ce qu'on « sait qu'il a acquis par noire indulgence; « car nous avons élé plus indulgent que « juste à cet égard. La dispensalion m'est « confiée; el je me rendrais coupable si je « permellais (ju'on violât la foi de Nicée. » Saint Léon déclare ensuilo que « si le pa- « Iriarche persiste dans son entreprise, il le « séparera de la paix de l'Kglise uiiiver- « selle. » \natolius se rendit encore suspect, en déplaçant l'archidiacre Aélius, dunt Ea foi était irréprochable, pour lui substituer un nommé André, ami d'Enlycliès , et qui s'était porté pour délaleui' contre Flavien. Saint Léon le reprit de celle prévarication, et Analolius répara sa faute en rétablissant Aélius. Analolius mourut en 4o8.

ANAfOLIUS (saint), né à Alexandrie, évéque de Laodicée, ville de Syrie, l'an 269, cultiva avec succès l'arithmélique, la géométrie, la physique, l'astronomie, la grammaire et la rhétorique. Il nous reste de lui quelijues ouvrages, entre autres un Traité sur le temps de célébrer la Pûque, imprimé dans la Doctrina temporum de Buchcrius, Anvers, lG3i, in-fol.

ANAYA-MALDONADO (don Diego), archevêque de Séville el de Tarsis, naquit au milieu du xi\' siècle, d'une illustre fainiite espagnole. Jean I" le choisit pour être le précepteur des enfants de Casiille ; il fut nommé par le roi d'Espagne pour aller avec deux autres ambassadeurs assurer le fameus Pierre de Lune de l'obéissance de la couronne d'Espagne. C'était le temps où l'Eglise divisée par le schisme le plus déplorable, ne savait lequel reconnaître des deux chefs que les partis lui avaient donnés. Diego, à son retour, fut nommé président de Casiille, et envoyé en qualité d'ambassadeur au cuncile de Constance, où il défendit noblement la préséance de la couronne de Casiille sur la maison des ducs de Bourgogne. Nommé à l'évêchéde Salamanca, l'an linl, il employa toute sa fortune à créer dans sa ville épiscopale une école gratuite pour l'instruction de la jeunesse. Ce collège a subsisté jusqu'à nos jours sous le non de Saint Barlhélemile-Vieux. Persécuté par le connétable Alvaro de Lune à cause de ses relations avec Pierre de Lune, il fut suspendu pour un temps de ses fonctions, et rendu honorablement à son

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siège peu de temps après. Ruiz de Vergara nous a transmis les principales actions de la vie de cet illusire prélat, qui mourut vers le milieu du xv" siècle dans un âge avancé.

ANC.MIANO (Gaspard), prêtre et poëie de Bas^ano fil imprimer, en 1387, à Venise, un recueil intitulé : Cupituli eCanzoni spiriturtli sopra il Paler nosler, Ave Maria, Credo, Salve Regina, e Magnificat, etc., in-i". Il a aussi publié les Selte Salmi penitenziali, Inlini c volgriri, in ollnva rinut, accompagnés de quelques autres poésies spirituelles, Venise chez les Juntes, 1588, in-i'. On a encore de lui d'autres ouvrages du même genre, où il y a beaucoup de piété, et qui ne sont iias dépourvus de poésie.

ANGHAllANO (Pierre d'), de la famille des Farnèse, né à Bologne vers 1330. Balde fut son maître dans le droit civil el canoaiijue. Son disciple se rendit digne de lui. 11 fut choisi, en 1W9, par le coacile de Pise, pour le défendre contre ceux qui désapprouvaient celle assemblée. Il démontra, contre les ambassadeurs du duc de Bavière, que ce concile élait légitimement convoqué ; (ju'il avait droit de procéder contre Grégoire Xll et Benoît Xlll. 11 mourut à Bologne en 1417. Oa a de lui : des Commentaires sur les Décrélales, Bologne, loSl , iii-folio; sur les l'le~ mcnlines, Lyon, loi-9 el Ijo3; sur le Digeste, Francfort, 1.531 ; des Consilia juris, avec les additions ue Zanchius, Venise, laG8, et d'autres ouvrages semblables. On le nomma , dans son épiiaphe, Juris cunonici spéculum, et civilis ancltoin. Il ne faut pas le confondre avec Jacques d'ANCHARANo, plus connu sous le nom de Palladino (Jacques), V oy.ccnOM.

ANCHiÈT.V (Joseph), missionnaire portugais, travailla avec succès à la con\ersion des sauvages du Brésil en Ameriqu;', dont ses compatriotes s'étaient emparés en loOO. Il était natif des Canaries, entra cliez les jésuites de Coïmbre, et mourut au Brésil le 9 juin 1397, à l'âge de Ci ans, dont il avait passé une grande partie dans les travaux des missions. Il lut toute sa vie un modèle accompli d'Iiumililé, de patience, de douceur et de chanté. Voy. sa Vie par le P. Pierre Kotèrigius, cl par le P. Sébaslien Bazeroni de Florence, L}on, 1617, iu-8°. il y a des choses étonnantes, mais qui, précisément pour la raison qu'elles ne soûl pas ordinaires, ne seront pas rejelées légèrement par les personnes insiruiles dans l'hisloire de l'Eglise, el qui savonl par quels rauyens Dieu a secondé le ministère de ses apôtres et des hommes destinés à la con\ersion des peuples.

ANCILLO.N (David), ne à Metz en 1617, étudia à Genève, où il fit sa philosophie et sa lliéol'gie. On le pourvut, après son retour, ilu ministère de l'église protestante de Charenlon en IGil, puis de celle de Meaus , qu'il garda jusqu'en 1633. Il revint à Metz où il resta jusqu'à la révocation de l'cdit de Nantes, en 1683. il alla demeurer à Franclurt, puis à Berlin, où il mourut en 1692. Parmi ses ouvrages, qui sont peu noiiibreus, ses pariisans citaient une Apologie de Luther, de Zœingle, de dUvin et de

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Bèze, Hanau, 1666; livre au-dessous du médiocre ol digne du sujet.

ANCILLON ( Jkan- Pierre -FRÉDÉBin ) , liltcraleur , publieiste et homme d'Etat distingué , né à Berlin le 30 avril 17G6, descendiiit d'une famille françMise originaire de Metz que la révocation de ledit de Nantes avait forcée à s'expatrier {Voyez l'article préc'Hienl), et son éducation fut dirigée en vue du ministère évangélique auquel on l' destii'.aii. Il étudia d'abord au collège l'raiiçais cl à la faculté de théolo;4ie de Berlin, puis il alla perTclionncr ses études à Genève. 11 fit un voyage à Paris au commencement de la révolution française et eut dos rrlations avec Mirab. au. De retour à Berlin, il y exerça les fondions de professeur d'hisloire à'i'académie royale militaire, et de prédicateur d;ins l'église réformée du Werder à Berlin. La lacililc de sa parole et une cert^iine onclion qui y était répandue firent goùler son eloiiuence. Un discours qu'il piDiionçi en 1701 en présence du prince Henri de Piusse pour la bénédiciion d'un mariage, attira sur lui les regards de la cour et commença sa fortune. Plusieurs sermons qu'il précli';! deux ans après sur l'amour de la patrie à l'occasion des événements politiques qui armaient alors la Pru se contre la France, justifièrent les espér;:nces que ce début avait fait concevoir. En 1801 il publia des Hirlaufjcs de littérature et (k pliilosophic, qui lurent réimprimés en 1809. Cet écrit annonçait uncs;iril qiiiavait mûrement rélléciii sur l'es principul('s questions débillues entre les philosophes modernes. L'auteur s'y rattachait à l'école éclecliqu''. .Mais ce qui fonda sa répuialion en lùirope, ce l'ut un ouvrai;c qu'il publia en 180ij, sous ce titre : Tablenu, des révolutions du système politique de l'Europe depuis la fin du \\' siècle. Si cet ouvrage renferme plusieurs traits auxquels il est facile de reconnaître l'écrivain nourri dans le sein du protestantisme, la profondeur des aperçus qu'on y ri-marque, jointe à la modération des doctrines politiques et à la gravilé du style, assi;;nenl à l'auleur un rang distingué parmi les écrivains ei les publicistes. La coininission de l'iusiitut de France en fil en 1810 un éloge particulier dans un r.ipporlsur les progrès de l'iiistoire. Elle le proclaui'i un dii;n(! héritier de Leibnitz, et elle le loua il'y avoir montré, sur son exemple, que le but de la vraie philosophie est de multiplier et non de détruire les mérités, et (ju'elle lire sa principale force de l'alliance du sentiment avec les principes, et que c'est parmi les àm<s élevées qu'elle aime à chercher ses premiers aileples. Ancillon traduisit lui-même en allcinand sous le titre de Considérations générales sur l'Itis- 'oire, ce livre qui lui valut les faveurs da gouvt rnemenl prussien, et le lit él(;vcr aux emplois les plus brillanis. Bevètu de la char^jc l'historiographe ((ue son aïeul avait déjà exercée, il fut admis liienlôl a|)rès, à l'académie royale de Berlin. Le roi le nomma gauverneur du prince royal <1'' Prusse, Frédéric liuill.iuûic son fils, cl de £oa neveu, Frédéric-Guil-

laume-Louis. Plus lard il fut fait conseiller d'Etat, et décoré des ordres du Mérite civil et de l'Aigle rom.iine. Les soins qu'il donnait à ses élèves et les assujetlissements do la cour ne lui firent pas abandonner la litléralure à laquelle il devait sa gloire et sa forlune. Il se chargea en 1810 de faire l'éloge de J.-B. Mérian, membre de l'académie de Berlin, et quelques mois après il prononça l'oraison funèbre de la reine de Prusse qui venait de mourir à la fleur de l'âge, victime de l'auil)itr(jn de Bonaparte. Ce discours écrit avec cliaieur cl semé d'allusions vives cuntre Napoléon , ayant élé imprimé , la police française prit des mesures très-sévères pour en einiiècher i'iniroducti ui d.ins loule l'étendue de l'eiispire. Ancillon ne deuipura pas étranger à la coalition (jui se forma en 1813 contre Bonaparte, et en 1814 il accompagna son royal élève à Paris, où il se lia avec plusieurs de nos liltérafeurs, et parliculièrement avec MM. (]u\z>A cl Broglie. L'éducation des princes étant terminée, peu de temps après son retour en Prusse, il fut attaché en qualité de conseiller de lég;ition au département des affaires étrangères et prit une part aciive à un grand nombre de transactions di|)loniatiques. En 1825, il devint directeur de la section politique du ministère des affaires étrangères, et le public lui attribua la réd.iction de la Stiatszeiiung, gazette d'Ktatde Berlin, journal semi-officiel. Il était spécialement cliargé de la rédaction des noies di]ilomali(iues, et il fut nommé membre de la fameuse commission de la constilulion. Sou inlluenco grandit sous le prince de H.irdciiberg et sous le comte de Berslorf, placés successivement à la tête da cabinet de Berlin. Entré au ministère, comme collègue de ce dernier, Ancillm, lui succéda en 1831 en qualité de secrétaire d'Etat dcâ affaires étrangères. A celte époque difficile, l'Europe était menacée d'un bouleverse nent général, et un parti puissant se prononçait en Prusse pour la guerre. Ancillon s'attacha à faire prévaloir une politique conciliante et modérée, et il fut regardé comme un îles soutiens de la [laix cu:opéennc. Il favorisa la ligne suivie par le gouverneincnt de 1830, cl il seconda particulièrement de ses efforts le système dont M. (îuizol était en France le représentant et le soutien. On lui a attribué une part dans les négociations qui amenèrent le mariage du duc d'Orléans. Ancillon est mort à Berlin, âp;é de 71 ans, le 11) avril 1837. On a de lui : ConsiJératiDns générales sur l'histoire, ou Introduction à l'histoire du sijstèine d<: rr'uropc, Berlin, 1781, iu-8°;6'onsidJraii'jn^ sur la philosophie de l'histoire , Berlin, 1791j, in-8', 75 pages; /JocoKr.i sur la question : Quelle est la meilleure manière de rappeler d la raison les nations qui sont livrées à l'erreur? lîerlin, 1785, in-8'; Discours sur la question: Quels sont, nuire linspirution , les caractères qui assurent aux livres saints la supériorité sur les livres profanes Y 1782, in-8°; L'ssai sur 1rs grands carac ères, Berlin, 18'ÎO, in-8'; Mélung s de littérature et de philos phic, lîcriiii, 18'J1,

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in-S"; Paris, 1809, 2 vol. in-S» ; Essais philosophiques, ou Nouveaux mélanges de litlérature et de philosophie, Genève el Paris ,

1817, 2 vol. in-8* ; Essais {nouv.) de politique et de philosophie , Paris, (îiile fils, et Berlin, Duiiker el Humhlot, 182i, 2 vol. in-8° ; Mélanges de politique et de piiilosophie morale, Berlin, 1801, in-8°; Sermons prononcés dans l'église des réfugiés de Berlin,

1818, 2 vol. iii-8' ; De la souveraineté et des formes du gouvernement, avec des noies du tr.iducleur (F. Guizol), Paris, Lenornianl, 1816, iii-8° ; Tableau des révolutions du système politique de t'E n'ope depuis la (in du xv' siècle, Berlin, 1806, 4 vol. in-8° ; Paris, 180", 7 vol. in-12; nouv. éilit. revue par l'auteur, Paris, 1823 , i vol. in-S. Ces ouvrages auxquels il faul joindre quelques opuscules pliiiosophiqucs en langue allemande, onl f.iil à l'aiilcur, au di'là du Rhin, une répulalion que la France n'a pas san- Clionnre complélement. — A la même fatnille appartenait Louis-Fi'édéric Axcillox, mort en ISli, à 70 ans, el dont on a quelques ouvrages de philosophie religieuse et de littérature saciée. Nous citerons : Judicium de juiliciis circa argumentuin carlesianum pro existentia Dei ad nostra usgue t-mpora lalis, Berlin, 1792, in-S°; Tentamcn in psa'mo sexagesimo oclavo denuo vertetuh , cuin Dissert, hislorica, quam claudil Carmen sœculare Iloratii ciim eodem psalmo eollalum, Berlin, 1797, in-8°; un Discours (|ui a reiiiporlé le prix à l'académie de Uouen sur les beautés oratoires et poétiques de l'Ecriture sainte ; un Eloge de Saumai^e, couronne par l'académie de Dijon. Le recueil de l'ycadéuiie de Herliti renfcriue aussi plusieurs mémoires de lui.

ANDÉOL (saint), disciple, àeequeron croit de saint Polycarpe, fui envoyé dans les Gaules, prêcha l'Evangile à Carpentras, el dans les lieux voisins de celle ville. L"enipereur Sévère, qui le rencontra en 208, lorsqu'il se proparait à passer en Angleterre, lui lit fendre la tête avec une épée de bois, au bourg de Bergoïate, près du Rhône, dans le N'ivarais. Ses reliques sont d.ins la ville deSainl- Andéol , au diocèse de \'iviers. Saint Germain, évéïiuede Paris, engagea le roi Childebcrt à fonder sous l'invocation du saint marlyr, une chapelle qui fut soumise à l'abbaye de Saint-\'inccnl, aujourd'liui de S.iint-Geruiain-des-Prés. Dans la suite dos temps, celle chapello devint une é^jUse paroissiale ; c'était celle de Saint-.\ndré-dcs- Arts. Elle reconnaissait saint Andéol pour son premier patron.

ANDERTON (Jacques) , habile conlroversiste anglais, bien qu'il soit toujours resté simple laïque, naquit vers la (in ilu \vv siècle à Loslock dans la province de Lancaslre. Afin d'échapper à la sévérité des lois pénales anglaises contre les catholiques, il substitua le nom de Jeun Brtrekij au sien, à la téie de tous ses ouvrages. Celui de ses écrits qui fil le plus de sensation est intitulé : Apologie desprotfstunlspour lu religion romaine. 160i, in-V', où l'auteur se propose de prouver la

vérité de la religion catholique parle témoignage même des auteurs protestants, dont il reproduit les passages. Ses adversaires euxmêmes admirèrent dans ce livre l'érudition et la force de dialectique, unies à une politt'sse et un ton de modération bien rares dans les controverses de ce genre. Le docteur .Morton, chapelain du roi, depuis évoque de Durliam, fut chargé d'y répondre, et il publia un Appel aux Cathoiiqufs pour les protest. nits, 1606. Au lien de réfuter directement l'ouvrage auquel il voulait répondre, il préféra chercher à s'autoriser à son tour du témoignage des écrivains catholiques en faveur du protestantisme : mais les auteurs qu'il citait étaient des gens décriés pour la singularité de leurs opinions, ou démenlis par les théologiens orthodoxes, ou bien enfin les plissages allégués ne roulaient que snr-des points de («eu d'importance. Au docteur Morton succédèrent d'autres contendants qui ne réussirent pas mieux. Anderton leur répondit d'une manièrepéremptoire, dans les noies qu'il ajiuta, en 1608, à la seconde édition de son livre, édition, sur laquelle Guill. Ueyner,dicleur de Paris, fit en 1613 sa traduction latine. On a encore d'Anderton plusieurs autres ouvrages estimés du même genre: les principaux sont : une Expticationdelaliturgie de la Messe, sur le sacrilice et la présence réelle, en laliii , Co!oo;rie, 1620, in-V'; La Religion de saint Augustin, 1620, in-8", où il applique la méthode du saint docteur dans les controverses à celles qui existent entre les caUioliques et les proteslanis. — Anderton (Laurence), de la même province, et peut-être de la même famille, embrassa la religion catholique, et, après être entré chez les jésuites, se distingua dans la prédicilion el la ciMitroverse. Il a publié : la Progéniture descatholiques et des protestants, Rouen, 16.32, in-4*; la Triple corde, Saint-Omer, IGJi, in-4-\

ANDRADA (Diego Payva d'), d'une des plus illustres familles de Portugal, ncàCoïml)ro, en 1328, se distingua parmi les Ihéologiens de l'université de cette ville. Sébastien, roi de Portugal, l'envoya au concile de Trente, où ce docteur parut ;ivec éclat. 11 mourut en Portugal (1373). Nous avons de lui la Défense du concile de Trente contre Chemnitius ; Dr.fensio tridentinee fidei , etc. , Lisbonne, 1378, in-V", rare. L'édition d'Ingulsl.idt, 1380, in-8% l'est beaucoup moins. Cet ouvrage esl bien écrit. Le 6' livre, qui traite de la concupiscence et de la conception immaculée de la sainte Vierge, esl curieux et intéressant : on y trouve les systèmes, opinions, explications d'une muliilude de savants sur ces matières. 11 est auteur d'un autre bon^ïVa/fecontre lemémeChemnilius, dont l'édition deA'enise, 1 '6'i-, iii-i% est pea commune, il a pour titre Orthodoxes quœstiones adversus liœrelicos. On a encore de lui 7 vol. de sermons portugais, où il y a de très- bonnes choses, et d'autres qui prêtent à la critique. Il prétendait que les anciens philosophes ont pu se sauver par une connaissaucc vague du Rédempteur. Il faut pour

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cela leur supposer les lumièros et la grâce de la foi, sans quoi celte opinion semblerait se rapprocher de celle de Zwinglo. D'ailleurs tout ce que nous savons de ces anciens philosophes, les notions qui nous restent de leur conduite, do leurs fislueuses et impuissantes maximes, ne sont pas de nature à nous faire aut;iirer favorablement de leur saiul. Voy. Coi-LiL's. On a publié aussi une h.irangue latine prononcée par Andrnd.i devani le concile de Trente, le second dimanche après Pâques, 15(J2. — Son frère François d'.\N- DRADA, fut historiograjjhe de Philippe III, roi d'Espagne, et écri\ \\.V Histoire de Jean lU, roi lie l'orlugal. (]et ouviage, écrit en langue portugaise , fut publié à Lisbonne en 1G13 , in-folio. On a encore de lui \' Expi'diliondcs Portugais: cnnire les Turcs, en langue portugaise, Coïtnbre, 1356, in-i°.

ANDRADA (Thomas d'), frère de Diego et de François dont nous venons de parler, nommé dans son ordre, Thomas de Jéstts, commença la réforme des augU'itins déchaussés en 1378. Il suivit le roi don Sébastien en Afrique, el fut pris à la malheureuse bataille d'Alcaçar, donnée le + aoiit df la même année; les infulèles !e jetèrent dans une basse-fosse, où il m- recevait le jour que par les fentes de la jiorle. Ce fut par le secours de cette faible clarté, qu'il conifiosa un ouvrage de piélé que nous avons de lui, sous le titre de Travail r de Jésus ou Trab'dlio:: de Jésus, en portugnis, 2 vol. in-î2, Lisl>o!ii.e, 1. 1", KiOi, et l. Il, 10t)7, ouvrage plein d'onction el resp'raiil une tcnilre piété. L'aulcur le divisa en quatre parties; mais il ne put achever la dernière, que le P. Jérôuie Uomain, de sou ordre, y ajouta depui-*. Christophe Ferreira le trailuisit en espagnol , 162i. el'lC3l. (Test de cette langue qu'on l'a depuis mis en italien et en français. C'est au P. Alléaume, de la compagnie de .lésus , que nous devons celte traduction, qui a pour titre : Les souffrances de Nolre-Seignrur Jésus-('hrisl. 11 y a des éditions en 2, 3 ou 4 vol. ; mais on n'y remarque aucune dilïércnce. Plusieurs sont ornées d'une Notice sur le P. Thomas de Jésus. Sa sœur, Volancle d'Andrada, comtesse de Lignarez, lui envoya de l'argenl pour acheter sa liberté ; mais il aima mieux s'occuper dans les fers à consoler les chrétiens tjui soulïraient avec lui. Il mourut l'an 1 "'82, en oleur de sainteté. On a encore de lui une Instruction aux confesseurs.

ANDHADA (Alphonse d'), jésuite espagnol, naquit à Tolède en 1o9l), et lut nommé, trèsjeune cncoi e , professeur d' pliilosophic. A l'âge de 22 ans, il al)andonna la chaire qu'il occupait avec éclat pour entrer chez les jésuites. Il fut profe>seur de théologie morale; (|uel(|ue temps après, (jualihcaleur de l'Inquisition, cl travailla aux missions d'I-^spagiic pendant près de oO ans. Il mourut à Madrid le 20 juin 1()72. On a de lui en espagnol : Itinéraire historique, .Madrid, 1057, 2 vol. in-V° ; Méditations pour tous les jours de l'année, KiliO, k vol. in-lG; Vies des Jétuiles illustra, l\')i'){) H 10G7, 2 vol. iu-fol.;

Traduction des cinq livres ascétiques du car dinalKellarmin, 1(^)50, in-8°, et d'antres livres de piélé dont il est fait mcn ion dans la lîi- .blioliièque des écrivains jésuites, de Solwel. ANDRAD.V (Antoiniî) , jésuile , né vers l'an 1580, montra un zèle infatigable dans les missions des Indes et de la l'alarie, et servit également la religion et la science géographique. 11 pènélra, en lG2i, dans le'l'hibel , que Marc-Paul avait probablement visité dans le xiir siècle, mais qui, depuis, était totalement oublié, el mourut empoisonné le 16 mars 1634, à Goa. La relation de son voyage parut à Lisbonne en 1626, el fut trailuite en français, sous ce litre : Relation de la découverte du Granl-Calhay, ou roi/nume du Thibet, Paris, 1628, in-8". Une i nouvelle traduction en a été donnée par | MM. Pérou el lîillccocq, dans un Ri-cueil de '■ voyages au Thibet, Paris," 179C, in-18. — H y j a eu encore d'autres Andrada, parmi lesquels nous citerons Fray-François de K.ides y Andrada, qui a donné une Chronique des trois ordres de ciievaliers de Siiint-Jacques de Calatrava et d'Alcanlara, Tolède, 1372, in-folio, en espagnol.

ANDKAU (L'abbé), prévôt du chapitre de la cathédrale de Valence, vicaire-général, memltre de la Légion-d'Honneur, élait chanoine de la collégiale de Monlélimarl, son p.iys natal, lorsque la révolution éclata. Il refusa le serment et éniigra en Italie, et, plus t.ird, étant rentré en France, il fut nommé chanoine titulaire de Valence, à l'époque du rétablissement di; ce siège, en 18 >2. Ses talents le lirenl choisir pour prédicateur dans les céréuumies religieuses que le gouvernement de l'empire réclam;iit des évèques. A la mort de Mgr Bécherel, l'abbé Anilrau fut élu l'un des vicaires capitulaires, et prit une graiule part à l'adminislralion. Le conseil général de la Drôaie obtint pour lui la croix d'honneur, en reconnaissance des services qu'il avait rendus pendant longtemps à la prison. L'abbé Andrau est mort à N'alence au mois de mai 1837, à l'âge de 82 ans.

ANUIlfi (saint) , apôtre, frère de saint Pierre naquit à lielhsaïde. Il suivit d'abord saint Jean-Baptiste, qu'il ijuitta ensuite pour s'allacher à Jésus-Christ. André lui amena son frère Simon ou Pierre, pécheur comme lui. Ils se trouvèrent aux noces de Cana, el furent témoins du premier miracle de Jesus- Chiist. OueUjue temps après, le Sauveur les ayant rencontrés qui péchaient, il leur promit de les faire péiheurs d'hommes. Lorsque Jésus-Christ nourrit miraculeusement cinq mille personnes, Amlre l'av.crtit qu'il n'avait que cinq pains d'orge el deux poissons. On ne sait rien de bien certain sur la prédication de cet apôlre. U'ancicns auteurs, tels que Soptirone, Théodoret, l^usèbe, sanl Jérôme, saint (îrcgoirc, diM-nt qu'il prêcha l'Kvangilc dans l.i Sogtliane, la Colchide. la Grèce, elc. Saint Paulin assure ipi'il fut envoyé d ins la ville d'Argos, où il confondit l'éloquence et les raisoniKin nls des S0|ihisti's. Mii> il no nous est reste aucun détail bien avère de ses travaux apusloliques, non plus que do ceux.

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des autres apôtres, comme l'observe saint Jean Clirysoslôme. Voyez la réflexion qui est à la fin île l'article sjiiiit Jacodes le Majeur. .A la lin, saint André vint à Fatras, ville d'Achaïe, lieu de son martyre. Il fut condamné à être allaclié en croix, comme l'assurent les prêtres et les diacres de l'Achaïe, .auteurs des actes de son martyre. Quoique Tilleniont et Baillet aient peine à donner à ces actes une pleine autorité, il est sûr qu'ils sont fort anciens : ils sont écrits avec une noble simplicité, et n'ont pas le ton ordinaire des légendes factices. Ils ont été reconnus par saint Pierre Daniien, Yves de Chartres , saint Bernard , Uaronius, le P. Alexandre, etc. Du Saussay, évéque de Toul , a répondu à toutes les objections. L'opinion la pins commune est que la croix de saint Andi éélait formée de deux pièces de bois (|ui se croisaient obliquement par le milieu, et qu'elle représentait la lijrure delà lettre X. Il est certain qu'on a quelquefois fait usage de ces sortes de croix, comme l'ont prouvé tîaspar Sagitiarius , c. 8, p. 43; Gretser, de C'ruce, liv. i, c. 2. Opcr., t. 1, etUghelli, liai, sacra, t. Vil. Suivant les archives du duché de Bourgogne, la croix de saint André qu'on apporta de l'Achaïe, l'ut placée dans le monastère Je Weaume, près de Marseille. On l'en relir.i pour la transporter à l'abbaye île Saint-Victor de la même ville, avant l'année lioO; et on l'y voitencore. l'hilippele-Bon, duc de Bourgogne et de Brabaut, en nblint une partie qu'il renferma dans un reliquaire de vermeil, lequel fut porté à Bruxelles. Ce prince institua en l'honneur du saint apôtre, l'ordre des chevaliers de la Toison-d'Or, qui ont pour marque dislinctive la croix dite de Saint-André ou de Bourgogne. L'Ecosse tiouore saint André conmie son patron.

ANDRÉ, prétendu messie, qui se donna pour libérateur des Juifs du temps de Trajan. 11 ranima leur enlbousiasme qui paraissait assoupi. Il leur persuada qu'ils seraient agréables au Seigneur, et qu'ils rentreraient enfin victorieux dans Jérusalem, s'ils exterminaient tous les infidèles dans les lieux où ils avaient des synagogues. Les Juifs séduiis par cet homme, massacrèrent, dit-on, plus de 220 mille personnes dans la Cyrénaïque et dans l'île de Chypre. Dion et Eusébe disent que, non contents de les tuer, ils mangeaient leur chair, se faisaient une. ceinture de leurs intestins, et se frottaient le visage de leur sang. Elïet terrible de l'aveuglenrent dont Dieu avait frapjjè ce iieuple ini;ral, de l'espiil de fureur et de rage qui s'en empara et le ravala au rang des bêtes féroces ; cl eu même temps, accomplissement visible de la prédiction de Jésus-Christ, touchant les faux messies, qui viendraient tromper le peuple infidèle et ingrat «lui avait retusé de recoanaîiro le véritable. Voijez Baucocukuas.

ANDBÉ, dit deCri'ie, parce ()ii'il était archevécine de celle île, ou le Jérosolymitain, parce qu'il s'était reire dans un nionaslère de Jeri saleni, était de Daiuas, et mourut eu 720, ou suivant d'aulns en 723. il a laissé

DiCT. Ui£ BlOliUAfilIË RCLIG. I.

des Commentaires sur quelques livres de l'Ecriture, et des sermons. Le P. Combefis en a donné une édition, ornée d'une traduction en latin, de notes, et accompagnée des OEuvres de saint Amphîloque et de Methodius ; le tout imprimé à Paris, 164i, in-folio.

ANDRÉ de C'èle, qu'il ne faut pas confondre avec le précédent, se distingua par son zèle pour la défense des saintes images. Ayant quitté son monastère pour aller à Constanlinople, il soutint généreusement la doctiine de l'Eglise, et eut assez de courage pour reprocher à l'empereur Constantin Copronyme son attachement à l'hérésie des iconoclastes, et sa fureur contre les catholiques. Ce prince affecta d'abord de la modération à son égard ; mais voyant qu'il ne pouvait vaincre sa constance, il le fit déchirer de coups. Enfin, après diverses tortures, il ordonna qu'il fiit mis à mort. André consoioiiia son sacrifice le 17 octobre 701. Il est nomméencejour dansleJ/flrrj/ro/ojeromain.

ANDRÉ (Jean), né à Xaliva , dans le royaume de Valence, était fils d'un alfaqui, etalfaqui lui-même. Il quitta la socle de Alaliouiet pour la religion de Jésus-Christ en li87, et reçut l'ordre de la prêtrise. Il publia après sa conversion, la Cnrifitsion de la secte de Mahomet, Séville, 1537, in-8°, traduite de l'espagnol en diverses langues. N(»us en avons une version française sur l'italien, par Guy le Febvre de la Boderie, 157!. Ceux qui écrivent contre le mahomètisme, peuvent y puiser des choses utiles.

ANDRÉ (Jacqdes), .chancelier et recteur de l'université de Tubingen, naquit dans le duché de Wurtemberg, en Io28. 11 apprit d'abord le métier de charpentier ; mais on le tira de sa boutique pour lui faire étudier la philosophie, la théologie et les langues. Il s'illustra dans le parti luthérien, unit les princes de la confession d'Augsbourg et fut employé par plusieurs d'entre eux. 11 mourut en 1390. Son ouvrage le plus connu est intitulé De la concorde, 1582, in-4". On a dit (|ue sur la fin de ses jours il fut éclairé sur la fausseté de sa religion, et qu'il embrassa la véritable.

ANDRÉ (Valère) , surnommé Deaselius, du bourg de Desschel, dans le Brabant, où il naquit en 15^8. Il professa le droit à Louvain, et eut la direction de la bibliothèque de l'université. Sa Bibliotheca belgicu, de Belgis fila scriptisque claris, passe avec raison pour un des meilleurs ouvrages qu'on ait donnés en ce genre, li aurait pu néanmoins retrancher queliiues minuties, et corriger quelques inexactitudes, li la publi;i en 1623. On l'a réimpr. à Bruxelles, en 1730, 2 vol. in-4°, avec des additions de Foppens. On a encore de ^'alère .\ndré, Synopsis juris canonici; De loga el sagis ; et tes Fastes de l'université de Louvain. Il mourut, selon quelques auteurs, le 29 mars 1035. Mais son portrait et Foppens placent sa mort en 1656.

ANDRÉ YvEs-MAtuK), né le 22 mai 1675 à

Châleauliu, dans la bavse Bretagne, patrie du

P. Hardouin el du P. Bougeant, enti .i comme

eux chez les jésuites. La chaire de professeur

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royal de nialhémaliques le fixa à Caen. Il remplit ce posle avec autant de fruit que d'applaudissement, depuis 17'26 jusqu'en 1759. 11 était alors âgé de 8'i- ans, et c'était bien le temps de prendre du repos. Sa vie laborieuse se termina le 26 février 1764- La nature l'avait doué d'un tempérament heureux, ei il le conserva par l'uniformité de sa vie et par la gaieté de son .aractùre. Aucun genre de littérature ne lui était étranger; il avait fait des vers pleins de grâce : mais il est principalement connu par son Hssai sur le Beau, plusieurs fois réimprimé. Le recueil de ses ouvrages est en 5 vol. in-12, 1706. Son Essai, plein d'ordre et de goût, offre de la nouveauté dans le sujet, de la noblesse dans la diction et de la force dans le raisonnement. « C'est dans cette source, dit un littérateur éclairé, que la plupart de nos auteurs ilidactiques d'aujourd'hui onl puisé les préceptes qu'ils ont donnés, et c'est d'après ces prrceptes que les jt'unes littérateurs doivent travailler pour obtenir de véritables succès. L'imitation de la nature, voilà le. but essentiel auquel il faut tendre. Le P. André nous développe ce principe avec un ordre, un disccrneiiient, une clarté, qui no laissent rien à désirer. Il définit toutes les espèces de beau avec précision, avec justesse. Le chapitre qui regarde le beau dans les ouvrages d'esprit est plein de réflexions profondes, instructives, lumineuses ; il semble y être l'interprète des muscs et de la nature. Dans le chapitre qui concerne le beau dans les mœurs, la raison, le sentiment, la vérité ne sont jamais mieux exprimés que par sa plume ; on y voit briller une philosophie supérieure qui connaît aussi bien les |)assions du cœur, que les resoris de la politique humaine. Si la philosophie substituait des maximes aussi utiles à ses folli-s déclimalions, elle aurait véritablement droit à la reconnaissance et au respect. » On estime aussi le Traité sur l'homme, où il parle en philosophe judicieux de l'union de l'àme et du corps, des sons, etc.; de même que ses Discours sur plusieurs matières intéressantes.

ANDUÉ ou ANDlVKiB (.li;AN-VALKNTiN),né à Herrenberg , dans le duché de Wurtemberg, en 11)06, fut ministre luthérien et aumônier du duc de Wurtemberg. On a de lui un très-grand nombre d'ouvrages, dont (|ui-lques-uns, à cause de leurs allusions mystérieuses, l'ont fait soupçonner d'être le fondiieur du fameux ordre îles Rose-Croix. On ne peut du reste rien affirmer de ceilain là-dessus. Ce que l'on sait à a'efl pouvoir douter, c'est qu'a la lin de sa vie, il avait entièrement renoncé à ce genre d'association, qui ne lui parut point apparemment propre à seconder ses vues sysiémati<iues sur la régi'néraliun des sciences et de la luDraic. 11 mourut en IGo''!-, âgé de U8 ans. P.'irmi ses productions nous Citerons : be'Chrisliani Cosmujceni (jtnilura judicium, satire contre les asirologucs, iMonlbélianl, 1612, in-li ; Cn lectaneorummalliniiaticûrum décades XI, Tubingue, lOl '», inV ; /»u(7((.'io ad [ratemitalem Cliristi ; prior, Strasbourg,

1617; posterior, ibid., 1618, in-i2 ; Menippus seu Diulofiorum sntiricorum cenluria inani~ tum noilralium spéculum. Ilelicone juxta Parnassum , 1617, in-12; Civis chrislianus, sive Peregrini quonduin errantis restitutiunes, Strasbourg, 161'J, in-8'" ; trad. eu français, sous ce titre : Le sage citoi/en, Genève, 16i'2, in-S" ; Mjjthologiœ cliristianœ, sive virtulum et vidorum vitœ Itumanie ima~ ginum libri très, Strasbourg, 1619, in-12.

ANDRÉ DE St. -NICOLAS, religieux carme, né à Remiremont, en Lorraine, vers 1650, mort à Besançon, en 1713, a publié : De lapide sepulchrali, antiquis B urgundo-Sequanorum comilibus, Vesuntioiie. in S. Joannis EvangeiislœBasilica, recens posila, liosançon, 1693, in-12. C'est la critique d'une insciipiion récemment placée sur le tombeau des anciens comtes de Bourgogne, qu'on voyait dans l'église cathédrale de Besançon ; Lettre en forme de dissertation sur la prétendue découverte de la ville d'Antre en Fra'iche-Comté ; Dijon, Micard, 1698, in-12. Le P. Dunod, jésuite, venait d'annoncer qu'il avait découvert la véritable position de l'ancienne ville d'Avenches(yl»en<icMm),etil la plaçaitprès du lac d'Antre, aux environs de Moirans. Celle opinion insoutenable avait cependant trouvé des partisans. Le P. André la combattit avec autant de chaleur que de raison ; mais, comme on le pense bien, il ne ,jut parvenir à convaincre son adversaire. Le P. André a laissé plusieurs ouvrages manuscrits, concernant l'histoire ecclésiastique de Besançon ; les plus importants sont : Scguani Christiani, seu Cliristiana Sequanur um Decas hislorica , un Pouillé des bénéfices du diocèse, qu'il a intitulé: PoUjplicon Vesunlino-Seguanicum ; et enfin Veteres Scqttanorum reguli. Ces manuscrits sont conserves dans la liibliolhèi|ue publique de Besançon. Le P. Le Long attribue au même auteur une Histoire généalogique de la maison royale de Bourbon, ancienne et moderne. Le P. André a coopéré à ÏUisloire de l'église St.-Etiennc de Dijon, par l'abbé Fyot. Il a travaillé aussi à l'histoire de l'abbaye de Cluny.

ANDUÉ (l'abbé), né à Marseille, ancien bibliothécaire du chancelier d'Aguesse.iu, passa plusieurs années chez les Oraloriens, mais sortit de leur mai'-on sans avoir reçu aucun des ordres sacrés. On a de lui plusieurs ouvrages auxquels il ne mil puini son nom par modestie : Lettre à l'abbé Prévost, concernant les missions du Paraguay, 1758, in- 12; La divinité de la religion chrétienne vengée des sophismes de J.-J. Rousseau, Paris, 1763, 2 parties, in-12, dont la seconde est de dom Defuris ; L'Esprit de M. Duquel, ou Précis de la marale chrétienne tiré de ses ouvrages, \'itri-, 176'*, in-12; La morale de l'Evangile en f une d'élévation à Dieu, ou la Religion du cwur, avec le tableau îles vertus chrétiennes d'un grand magistrat (le chancelier il'Aguessc.iu), Paris, 1786, 3 vol. in-12; Lettre à l'auteur des lettres paii figues, in-12, sans date, l'jifin l'abbé Aiidrt^ publia les • llùivres de d'Aguesscau, Paris, 1759-1790, 13 vol. iii-/» , et douud une nouvelle éditiot)

des Pensées de Pascal, augaienlée d'un grand nombre de pensées lirées du recueil de ses œu V rei, a vécu ne table, e le. Paris, 1783, in- 12. ANDKÉ (Claude) , flis d'iui marchand de blé de Montluel en Bresse, naquit dans cette ville en 17^3 , et entra dans la carrière de l'Eglise. Il était chanoine à la cathédrale de Troyes en 1801, lorsqu'il fut- nommé évêque de Quimper en Bretagne. Mais en 1802 il donna sa démission, à la suite de i|uelt|ues démêlés qu'il eut avec le préfet. Nonuiic alors chanoine de Saint- Denis, il s'adonna aux pratiques d'une austère piété jusqu'à sa mort arrivée en 1818. Un de ses Irères, notaire à L\on, périt sur l'échafiud révolutionnaire, dans celle ville, en 179i. — Un autre du ses frères, André d'Arbelles, après avoir servi au commencement de la révolution dans les rangs des émigrés, revint tu 1798 à Paris, fut employé à diff renls travaux littéraires et politiques par Talleyrand, ministre des relations extérieures, et lut nommé vers 1808 historiographe de ce ministère. 11 prit une grande part à la restauration de 181i et fut décoré de la croix d'honneur. Après la seconde reslaurali<in, il devint préfet de la Mayenne et maîire des requêtes, et prit le titre de marquis d'Arbelles. Uesté sans emploi sous le ministre Uecaze, il fut ensuite appelé à la préfecture de la Sarth'.!. 11 mourut au Mans le 28 septembre 1823 , des siiiles d'un accident. André d'Arbelles avait publié, sous l'empire, plusieurs brochures politiques sans nom d'auteur; nous ne citerons ici que son Tableau hislori<iue de la politique de la cour de Home, depuis l'oriijine de sa puissance temporelle jusqu'à nos jours , Paris, 1810, in-8°, écrit à l'occasion de la conOscation des Etats du pape par Napoléon, que l'auteur, contrairement à ses propres principes, mais obéissant aux ordres du gouvernement impérial, essaye de ju><tifier. Au même moment paraissait VEssai historique sur la puissance temporelle des papes , de Daunou.

ANDREA (Jean), évcque d'Aléria en Corse, naquit à Vigevano en lilT. Son nom de famille était Bussi ou Bossi. Il vivait peu de temps après la découverte de l'imprimerie, pendant que les deux célèbres imprimeurs, Conrad Sweiu'tiheym et Arnould Pannartz, donnaient à Rome leurs premières éditions de plusieurs auteurs latins. Andréa fut chargé par le pape Paul II de les diriger dans leurs travaux, et c'est à ses soins qu'elles doivent en grande partie la réputation dont elles jouissent. Les principaux ouvrages à l'impression desquels il a contribué, ajoutant à chacun des préfaces et des épîtres dédicaloires , sont les Epîtres de saint Jérôme, 2 vol.; les Epilres et les Oraisons de Cicéron; les Cominenlaires de César, Lucain , Aulu-Gelle, Apulée, Pline, Quinlilien, Suétone, Slrabon, Virgile, Ovide, Silius-ltali''us, Tite-Live, etc. Les dates de ces éditions s'étendent depuis li68 jusqu'en IMi. Andréa, qu'il ne faut point confondre avec Jean d'Andréa, canonisl'j célèbre du même temps, après avoir langui ()uelques années à Iloaaè daos un état de dénûment et de pauvreté,

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s'attacha au cardinal de Gusa, obtint p ir son crédit le titre de secrétaire de la bibliothèque apostolique, puis l'évêché d'Accia , et enlin d'Aléria. Il mourut dans un âge avancé.

ANDRÈS (le Père Juan), savant et célèbre jésuite espagnol , né on 1740 à Planés, dans le royaume de Valence, ût ses études dans le collège des Nobles de cette ville, que dirigeaient les jésuites , et , dès l'âge de 15 ans, il lut admis dans leur noviciat. 11 occupait une chaire de rhétorique et d'humanités à l'académie de Candia , lorsque le comte d'Aranda provoqua, en 1707, le décret de Charles 111 qui prononçait l'expulsion des jésuites. Le général corse Paoli accueillit généreusement Andrès et ses compagnons d'exil; Andrès écrivit alors en latin une sorte de mémoire sur les maux soufferts par les jésuites dans leur déportation, et cet écrit, mis sous les yeux du souverain pontife, contribua beaucoup à lever les obstacles qui s'opposaient à l'admission des jésuites en Italie. Il fut charge d'enseigner la philosophie dans la maison de son ordre à Ferrare, et il y ût sa profession le 15 mai 1773. Au mois de juillet de la même année , Clément XIV, à la sollicitation de plusieurs souverains, donna le fameux bref qui supprimait la compagnie de Jésus. Andrès se retira à Mantoue. L'académie de cette ville ayant mis au concours, en 177i,un problème d'bydrauliquL', Andrès, en obtenant l'accessii, brilla auprès du savant Foiiiana, qui remporta le prix. Il publia, en 1776, en italien , son Saggio délia fitosofia del Galileo (Essai sur la philosophie de Galilée), qui fit une grande sensation; il entreprit plusieurs yo\ages dans l'Italie, se rendit à Vienne et à Genève, en faisant dans tous les lieux qu'il visitait des recherches pour un grand ouvrage sur toutes les littératures , auquel il travaillait alors, et en 1782 il le fit paraître à Parme sous cetitn- : IJell' origine, deprogressi, et dello statoattuale d'ogni lelteraluru (De l'origine , du jirogrès , et de l'état actuel de toutes les liliératures) , 1782-1790, 7 vol. grand in-4"; Venise, 1808-1817, 8 vol. in-i"; Pistoie, 1818, 8 vol. in-i»; Pise, 1821, 23 vol. in-8". Cet ouvrage écrit avec élégance et pureté, fait un très-grand honneur à l'érudition et au jugement de l'écrivain , quoiqu'on ait pu y relever quelques idées singulières et quelques opinions hasardées. Orlolani a publié, en 1823,1a traduction française du premier volume, Paris, iu-8 ; mais la mort l'arrêta dans son entreprise? Peignot a donné l'analyse de cet ouvrage dans son Répertoire bibliographique, p. 31S et suiv. Aïtdrès publia, en 1793, à Vienne, un ouvrage intitulé : De l'origine et des vicisiitudi-s de l'art d'enseigmr à parler aux sourds-muets, in-S", où. tout en rendant à l'abbe de L'Epée et à l'abbé Sicard l'h'nneur qui leur est dû, il s'attache à prouver que cet art fut invente par deux moines de son pays, Pierre Ponce de Léon, bénédictin, qui vivait à (Jrihuéla vers latin du xvr siècle, et .lean-Paul Boiiet, qui laissa sur cette sorte d'enseignement un écrit imprimé eu 1620 à Madrid. Andrès fft paraître

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