‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 75 sur 228 · A PO · texte numérisé non relu

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suite conlempoiain de LtilhcT, et un des professeurs de l'université de Wiltenherp; qui coopérèrent à la réformation. Il naquit à Nuremlierg , en 1 V86; son père était citoyen de cette ville. Ayant, quoique chanoine du chapitre de Wurzbourg;, épouse une religieuse, il fut arrêté par les ordres de Tévêque, et n'obtint sa liberté que par la protection d'un rép;iment impérial qui était en garnison à Nuremberg, et en donnant sa démission de tous ses emplois. Il mourut à Nuremberg, avec les titres de jurisconsulte de cette république , et de conseiller de l'électeur de Brandebourg. On a de lui : L'apologie de son mariage, adressée au prince évêque de Wurzbourg, dont il était un des conseillers : Defensin jo. Apelli pru suo conjuf)io, cuni prœf. Luther i ad Jo.Crojum, Wiltenberg, 152:^ , in-4° ; Mcthodira clialectices ratio, ad juri^prudentiamaccommudala, Noriiiib., 1533 , in-i°. C'est un Trahi' de droit romain, ou plutôt une Loi/ir/ue appliquée à l'étude du droit, dégagée de celte manie allégorique qui infestait alors les écoles. Nie. Hcusner l'a fait réimprimer dans sa Cynosxi,ra: Brarhyhxjxis juris civilis, sive corpus legum, abrégé de droit qu'où a longtemps cru être une production du \i' siècle, et qu'on a même attribué à l'enipenur Juslinien. {Voy. le Dictionnaire îles savants de Nuremberg, par Wiil, et les Suppl. lie M. Frehrmann au Dicl. Bist. de Grohman , tom. VIII. pag. 155.)

APELLES, hérétique du ii' siècle, qui fut d'abord disciple de larcion, mais ensuite adopta et propagea les opinions d'une prétendue prophétesse, nonimée Philumena , répandit ses erreurs vers l'au Ho de J.-C. il n'admettait qu'un seul principe éternel et nécessaire, qui avait donné à un ange de feu le soin de créer nuire monde; mais comme ce créateur était m.tuvais, son ouvrage l'était aussi, lluffon, dans ses Epoques de la nature, a essayé de renouveler cette doctrine d'Apilles,à cela près que dans son système le soleil aidé dune comète lient la place de l'ange de feu, et produit tout ce i|ui existe dans la nature. Apclles rejetait tous les livres de Mo'ise et des i rophèles ; il niait la lésurreclion corporelle. H disait que Jésus-Christ s'était formé un corps de toutes les p;irties des cieux par lesiiuclles il avait passé en descendant; et il ajout lit qu'en remontant, il avait rendu à ch ique ciel ce qu'il en avait pris. loi/, saint Kpipiiane, Hœr. h'i; Terlull., De prœscript., cap. .'iO et31.

Al'lAUIl'S, I rèlre de Sicca , ville de Nuniidic, evcouimuuié jiar Urli.iin , son évoque, .se piiurvnt devant le pape Z<>/iine, (|ui le reçi:tàsa communion. Lesévéijuesd'Alriiiuo regardèrent cet ap|el cnniine coulraire à lusage et aux caimns de leur Kglisr, cl particulièrement aux décrets du concile de iMiIel , qui <'rilo;inaient (|ue les causes des piètres et des 1 lercs inférieurs fussent absolument tcrmiiices dans la province, eldéfeni^;ii<Mil l'appel au delà dis mers. Z'izinie envoya d( s légats en Afrique, où ''ou assembla un concile en '*\i>. Les légats , selon les

insiruct ons qu'ils avaient reçues, alléguèrent les c.inons du cmeile de Nicée; mais on reconnu! qu'ils n'étaient pas de ce concile, mais de celui de Sardique. On ne pe"l cependant pas accuser Zozime de mauvaise foi, comme les eentnriateurs de Jlagdebourg et plusieurs héiéliques l'accusent; parce que le concile de Sardique était considéré comme une appendice du concile de Nicée : il avait été (enu pour le même sujet, sous un tnénie président (Osius ; on les juign.iit ensemble, et la coutume romaine était de n'en faire qu'un. I.e pape Zozime étant venu à mourir avant que celle affaire fût terminée , les Pères d'Afrique écrivirent au pape Boniface, que l'évéque Urbain avait corrigé ce qu'il devait corriger, et qu'Apiarius ayant demandé pardon de ses fautes, avait" été rétabli dans l'cserrice de son ordre, mais hors de l'église de Siccn. Apiarius retiré à Taharque, Icnba dans des crimes qui te firent derechef déposer par le concile de la province. Il en appela de nouveau au pape Célestin, qui invoya Fauslin en Afrique pour assembler un nouveau concile, où Apiarius, pressé par les remords de sa conscience , confessa , au moment qu'on s'y attendait le moins, les fr.utes dont il était coupable. Les évéques confirmèrenl sa condamnation , et la conlestiou avec le saint-siège fut terminée. C'est faussement que quebiues écrivains ont prétendu que les évêqnes d'Afrique contestaient alors le droit d'appel au saint-siégc; ils (liiieut mécontents vu légat , qui avait p.iru trop favorable à Apiarius, et prièrent Cèleslin de ne pas facilement recevoir ces sortes d'appels : Demande, dit l'abbé Berault, qui fait une nourelle preuve de leur soumission quant au fond du droit. Voy. saint At.ia- NASE, Innocent I".

AI'OLLINAIBE (saint), premier évêque de Bavenne, qu'on croit avoir été disciple de saint Pierre, est très-célèbre dans l'histoire de l'Eglise, quoique les Actes de sa vie, tels qu^ nous les avons , ne soient i>as authentiques. Saint Pierre Chrysologue , un de ses plus illustres successeurs dans le siège de l'.avenne, nous a laissé un discours en l'honneur de saint Apollinaire, dans lequel il lui donne souvent le titre de martyr. "Mais il ajoute (|Me quoiqu'il eût soufl'erl à difl'erentes reprises des tourments cruels et l'exil pour la loi, el (|u'il désirât ardemment faire à J.-C. le s crili( e de sa vie , Dieu cepenilanl I(ï conserva longiemps à son Ivglise el ne permit point que les persécutt ur~ le condamnassent à mort. Les Hongriis prélemlenl que, durant sou exil, il prêcha la l<ii dans leur pays. Son corps se gardait autrefois à Classe, ancien port <lc mer, situé à quatre milles de Kavenne, et qui est encore une espèce de faubourg de crlie ville. En o'»0, on Iranspuita ses re iqnes dans une vuùle de la niciiie égl se. lorlunat exiiorlail set amis à faire di's ; clerinages au tonibi-au du saint évè(|ue de Bavenne. Saint tircgoire le tjrand >oulait (|ue l'un Ifl jurer devant le même ton, beau pour décMivrir la veiiteiine c.ichaivnt des disputes conlenlieuses, Le pape

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Hoiiorius fonda une église à Rome , en l'honde sainl Apollinaire, vers l'an G30. Son nom se lit dans tous les Martyroiogos; celui de Rome en fait mention le 23 juillet.

APOLLINAIRE (Clalde), évéque d'Hiéraple en Plirygie, lut une des plus brillantes lumières du n' siècle de l'Eglise. Nous ne savons presque rien du détail de ses actions. Mais l'éloge que les anciens auteurs font de lui ne permet pas de douter qu'il n'ait eu toutes les vertus (lui caractérisent les saints éréques. Les héréliques trouvèrent toujours en lui un ennemi redoutable. Il composa de savants traités, où il réfutait sans réplique leurs systèmes impics ; et afin de leur ôler tout subterfuge , il montrait dans quelle secte de philosophes chacun avait puisé ses erreurs. Vers 177, il présenta à Marc-Aurèle une Apologie, pleine de raison et d'éloquence, pour les chrétiens, que cet empereur philosophe persécutait cruellement. C'est dans cette apologie qu'il rappelle à ce prince la pluie miraculeuse qui sauva son armée, et obtenue par les prières de la 12' légion , nommée Mélilhie, miracle dont l'empereur lui-même avait été le témoin, et où il était le premier intéressé. Le Martyrologe romain a fixé la fête de saint Apollinaire au 8 janvier. Voy. Marc-Aurèle.

APOLLINAIRE, dit VAncien, pour le distinguer de son fils de même nom, était prêtre et professeur de grammaire à Laodicée de Syrie. Socrate écrit qu'il était originaire d'Alexandrie, et qu'après la mort de sa femme il se lit prêtre et vint enseigner à Béryte, puis à Laodicée. Lorsque Julien eut interdit aux chrétiens l'étude des belles-lettres, il composa , de concert avec son fils, des ouvrages en prose et en vers pour remplacer les auteurs profanes.

APOLLINAIRE LE JEUNE, Apoltinaris ou Apollinariiis, fils du précédeflt, évêque de Laodicée en Syrie , eut d'abord l'amitié de saint Athanase et de sainl Basile, il la perdit par ses erreurs sur la personne de Jésus- Clirisl. Saint Athanase l'anathématisa.dans le concile d'Alexandrie en 362, et écrivit contre lui : le pape Damase le condamna également. Voici quelles étaient ses principales erreurs : « Il enseiguiiit que Jésus- « Christ n'avait point pris une âme humaine, « mais seulement la chair, c'est-à-dire , un M corps avec l'âme sensitive; quela personne « divine lui avait tenu lieu de i'àme humaine, « ce qu'il prétendaii prouver par ces paro- « les, le Verbe a été fait cliair; que l'âme hu- « maine étant un principe de péché, on ne « pouvait dire que .lésns-Christ l'eût prise, « Il suivait de là que Jésus-Christ ne s'élait " point fait homme, )iuisqu'il n'avait pris (1 qu'un corps qui est la partie la tnoins no- « ble de la nature humaine, .\pollinaire en- « seignait encore que le corps t*e Jésus- « Christ venu du < iel, était impassible; qu'il « éliiit descendu dans le sein de la vierge « M-irie; qu'il n'était point iiéd'iUe; qu'il « n lit soufl'ert et n'était mort qn'en appa- « ri . .;.•. Il faisait revivre aussi l'IuTésie des <i millénaires , et avançait encore d'autres

« erreurs sur la Ti iniié. » Deux de ses disciples, Vital et Timolhée, furent évêqiies de la secte, l'un à An!iorhe, l'autre à Alexandrie. Les conciles tenus dans ces deux villes reçurent les décrets de Damase contre Apollinaire ; ils furent aussi reçus par le concile général de Constantinople. Cet hérésiarque parvint à un âge fortavancé^ et mourut vers 381. Il est auteur, conjointement avec son père, de plusieurs ouvrages en vers et en prose, sacrés et profanes. Nous avons, dans la Bibliothèque des Pères, son Interprétation des psaumes, en vers, qui contient des sentiments erronés sur Jésus-Christ. Elle a aussi été imprimée séparément à Paris, 1612, in-8". On trouve dans les OEuvres de saint Grégoire de Nazianze, une tragédie de Jésus- Christ souffrant, qu'on croit être de lui. Apollinaire avait composé ces pièces afin que. les chrétiens pussent se passt-r des auteurs profanes pour apprendre les belles-lettres, il écrivit en vers héroïques, et à l'imitation d'Homère , V Histoire sainte jusqu'à Saùl , divisée en vingt-quatre livres, suivant l'ordre do l'alphabet grec : intention louible quoique le succès n'y ait pas répondu, et qu il eût été plus heureux pour lui de se tenir en garde contre l'erreur que de chercher à en préserver les autres.

APOLLINE, ou APOLLONIE, vierge d'Alexandrie, souffrit le martyre vers 2'*9. Un monument authentique, la lettre de saint Denys d'Alexandrie à Fabius, évêque d'Antioche, qu'Kusèbe nous a conservée, nous apprend que « parmi les fidèles qui furent « arrêtés était une vierge nommée Apollo- « nie, que son grand ât;e et sa vertu ren- « daient également rerpeclable. On lui cassa " les dénis par la violence des coups qu'on « lui déchargea sur le visage. On alluma « ensuite un grand feu hors de la ville, et on « la menaça de la jeter dedans si elle refu- « sait de proférer ceriaines paroles impies. « La sainte demanda quelque temps comme « pour délibérer sur le parti qu'elle devait « prendre , ce qui lui fut accordé. Mais on « ne l'eut pas plutôt laissée en liherlé, que, !< pour convaincre ses persécuteurs que son « sacrifice était nieinemenl volontaire . elle « se jeta elle-même au milieu des flammes , « où elle rendit son âme au Seigneur. » Celle action, qui paraît contraire aux règles ordinaires de la morale chrétienne, fait supposer un mouvement particulier de l'Esprit de Dieu. « Nous n'avons garde, dit un au- « leur ascétique, de proposer à l'imitation « des fidèles la manière dont noire sainte « termina sa vie. Si les Pères ont loué son «courage, c'est qu'ils présumaient, avec « saint Augustin, qu'elle avait agi par une « inspiration particulière du ciel, ou que du « n)oins son action était l'elTot d'une pieuse « simplicité qui avait pour principe la fer- « veur du zèle et de la charité. « Si l'on considère toutes les circon.stances, si l'on fait attention que la sainte fille allait être incessamment jetée dans le feu, et que son supplice n'était différé d'un moment que pour la tenter el lu pervertir, on concevra

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aisément que, transportée par la vivacité de la foi, elle ne vit dans cotte démarche qu'une réponse de fait <-)ux 'vaines sollicitations des séducteurs. {Voy. Uazias.) On voit à Rome une église fort ancienne qui porte le nom de sainte Apollonie, et où la dévotion attire un grand nombre de Gdèles. L'Eglise honore celle sainte le 7 lévrier.

APOLLON, ou APOLLOS, juif originaire d'Alexandrie, possédait le talent de l'éloquence. Etant arrivé à Eplièsi- pendant l'absence de sainl Paul, il parla hardiment dans la synagogue, et montra (|ue Jésus était le Christ. Aquila et Priscille , l'ayant ouï, le retirèrent chez eus, et l'on croit que ce fut alors qu'il reçut le baptême. Quelque temps après, élaiit allé à Cnriulhe, il y fil be.iucoup de conversions, et convainquit les juifs par les Ecritures. Mais l'attachement que ses disciples avaient pour lui causa piesque un schisme, les uns disant : Je suis à Paul ; d'autres : Je suis à Apollon ; et d'autres : Je suis à Céphas. CependanI, celte division n'empétha pas que Paul et Apollon ne fussent unis ians un même esprit par les liens de la cbarilé; et lApôlre donne à celle occasion aut ch:éiiens d'admirables leçons sur la pureté ( l l'indivisibilité des motifs de leur foi , qui , les allaclianl à Jésus-Christ, doit exclure toute considération humaine, même des allaciiemcnts personnels et trop naturels à ses minisires. Les Crées, dans leurs Ménologes, font Apollon évêciue de Duras ; et dans leurs .Menées, ils le font second évéque de Coloplias, en Asie. Ferrarius le fait évéque de Cône ou d'Icone , en Phrygie ; d'autres , évéque de Césarée.

APOLLONIUS de Tyane, bourg de Cappadoce , naquit ijuelques années avant Jésus- Cbiist. La philosophie de Pyih.igore le charma dès son enf.ince, el il en fll profession toute sa vie. Il ne se nourrissait que de légumes, s'abstenait du vin el des femmes, donnait son bien aux pauvres, vivaii dans les le l'ples. apaisait les séditions, elc. Apollonius vivant de celle manière , et ne parlant que par sentences pleines d'emphase et d'obscurité, dut faire impression sur le vulgaire, que les dehors séduisent toujours. Tout le monde le suivail, les artisans mêmes quiilaient leurs mi tiers; les villes lui envoyaient des députés; les oracles chaulaient ses louanges, apparemment afin que le sophiste chantât les leurs à sou tour. Cet imposteur se fit partout des disciples. 11 conversa avec les Uracbuianes des Indes, les Mages des Perses, les Gymnosophisles d'Egyple.el s'en fil admirer. A Mnive, à Ephésc, a Smyrne, à Athènes, à Corinlhe, el dans d'aulres villes de la tirèce, Apollonius parut en prédicateur du genre humain , condamnant les spectacles, visitant les icmples, corrigeanl les iiKcurs.el prêchant la réforme de tous les abus. A Rome , où il était venu pour voir de prèn, disait-il, quel animul c'élail qu'un lyrun , il parla avec beaucoup do force contre les bains. Il piéleiidit liienlûl faire des miracles. Ayant rencontré le convoi iunèbre d'une jeune Gllc de famille con-

sulaire, il s'approcha du lit sur lequel on la portait, la toucha, el dit quelques paroles tout bas; voilà que la fille qu'on croyait morte, s'éveille, parle à tout le n^onde, et retourne è la maison de son père. Celle tarte concertée sans doute avec des gens qui favorisaient ses impostures, n'en fit pas moins d'impression sur la mullilufle. (Huet et d'aulres savants ont réfuté ce prétendu miracle dans toutes les règles d'une bonne critique.) Il y eut une éclipse de soleil, accompagnée de tonnerre; Apollonius regarda le ciel, et dit d'un Ion prophétique : Quelijue chose de grand arrivera el n'arrivera pas. Trois jours après, la foudre tomba sur la table de Néron, el fit loml er la coupe qu'il portait à sa bouche : le peuple ne manqua pas de croire qu'Apollonius avait voulu dire, qu'il s'en faudrait peu que l'empereur ne fût frappé. C'était faire un commenlaire absurde sur des paroles ridicules. L'empereur Vespasien, qui n'aurait pas dû penser comme le peuple, regardait pourtant cet imposteur comme un homme divin, et lui demandait des conseils. Domilien lésolul de le faire mourir, lors- ([u'il lut élevé à l'empiie, parce qu'il avait voulu soulever contre lui Nerva, auquel il avait prédit l'empire; mais il disparut de sa présence par le secours d'un démon, qui le transporta, dit-on, à Pouzzoi, et lui fil f.iire trois journées de chemin en une demi-journee. Etant à Ephèse, el haranguanl le peuple, il s'arrêta tout court, en s'écriani, avec un visage égaré : Frappe le li/ran, frappe le tyran; ajoutant qu'on avait tué Domiiien : ce qui se trouva verit.'b'e. Il mouiul vers la fin du premier siècle; les uns disent en 97, les autres en 91). On dressa des statues, et on reiuiil les honneurs divins à cet homme, dont le nom serait peul-éire inconnu aujourd'hui, sans un nomme Damis, fidèle compagnon de ses impostures, ijui écrivit sa Vie, et sans Philostraie, que l'impéralrice Julia Domna , femme de Sepiime- Sévère , princesse Irès-déreglée et curieuse du merveilleux, chargea, liOO ans après, de recueillir tout ce que la crédiiliié a débité sur le compte de cet imposteur. Diipin, dans en livre inlilulé : VUisloire d'Apollonius de Tyane, convaincue de faussetés el d'impostures, prouve, 1 que l'histoire de ci- fourbe célèbre est deslituée de lémoins dignes de loi; 2' que Philosiraie n'a lail qu'un roman; 3" que les miracles attribues à Apollonius ont des caractères visibles de fausselé, et qu'il n'y en a pas un seul qu'on ne puisse attribuer à l'adre-se, au hasard ou à la supercherie; V enfin, que la doitrini' de ce philosophe est contraire à la droite raison; qu'ainsi Uieu n'a pu l'appuyer d'.iucun miracle. A cela on doit ajoulir qu'Apollonius n'a point piélemlu instituer de religion : qu'il ne s'est point donne pour euvove de Dieu; (|u'il n'a rien fait par l'invocation du nom de Dieu ; que sa mémoire el celle de ses prétendus jirodiges s'est iierdiie cliiz tous les |ieiiples ; qu'il n'en reste aucun vestige, auetin inoiiunn'iil, aucune Iradilion, même populaire, aucuu ciïel eniiu et aucun èvénc

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ment qu'on puisse leuratlribuer : c'est donc insulter au bon sens que d'opposer, à l'exemple (l'Hiéroclès, ces iniposlures aux miracles de Jésus-Clirisl, à des faits dont l'authenticité a passé tant de fois par le plus rigoureux examen, qui ont converti le momie, et qui ont paru à tous les hommes .itlentifs l'opération de la Divinité. « Tandis que l'aul, (( dit l'abbé Béraull, prêchait avec éclat le « nom de Jésus-Christ, l'enfer voulut op- « poser un rival, non-seulement à l'apôlie, « mais à son adorable maître. 11 sortit tout « à coup iie Tyane en Cappadoce un liomcue « extraordinaire, le plus illustre suppôt de « la philosophie profane et du paganisme, « comme aussi le plus propre à leur donner « du crédit. » Et, après avoir rapporté les diverses farces du magicien ou du ( harlatan, il ajoute : « Quoi qu'il en soit du fond des « choses, le prophète du paganisme no put « tenir devant l'apôtre de Jésus-Christ d.uis « le même temps et les mêmes provinces. « L'œuvre de Dieu, dont Paul était chargé, « subsisie après plus de dix-sept siècles ; au « lieu qu'après deux siècles seulement, on « se souvenait à peine d'Apollonius. » Voy.

PiilLilSTRATE.

APOLLONIUS, que saint Jérôme nomme un personnage très-savant, vivait sur la fin du II' siècle ou au commencemint du in°. Il écrivit contre Monlan et ses disciples , et tourna en ridicule leur doctrine et leurs prophéties. Saint Jérôme nomme cet ouvrage insigne et longum volinnen. Terlullien, qui avait donné dans les rêveries de Montan , vit avec chagrin l'ouvrage d'Apollonius , qui les montrait à découvert ; et, pour parer le coup, il écrivit sept Traités contre l'Eglise : dans le dernier, il lâcha d'éluder la force des arguments d'Apollonius, ([u'il traitait d'emporté et de calomniateur. 11 ne nous reste de l'ouvrage d Apollonius qu'un fragment ra[)porté par Kusèbe. — il ne faut pas le confondre avec Apollonius, sénateur romain, comme l'a fait Nieépliore, qui prit la défense de la religion chrélieiine en plein sénat, et mérita par là la couronne du martyre, vers l'an 186. Voy. Dissertatiolnjpatica, seu (leçon,siilibus Cœsareis, in k", page 117, du cardinal Noris.

APOLLONIUS COLLATIDS (Pierre), prêtre de Novare, au xV sièi le, est auteur dun poé'ine sur le siège de Jérusalem par Vespasien, en k livres, Milan, 1481, in-4°; du Combat de David avec Goliath, et de quelques autres ouvrages de poésie, ibid., Hi02, in-8°. Il mêle dans ces poèmes le nom du vi ai Dieu avec celui des divinités profanes , genre de contraste également proscrit par la religion et par le bon goût.

APOLLONIUS (Guillaume), théologien de la conmiunion des réformés, né à Middelbourg, au commencement du xyii' siècle , est connu par une controverse avec Nicolas Vedel, sur les limites du pouvoir du souverain dans les affaires ecclésiastiques. Les litres les plus bizai res, Grallœ, lichastes, Orallalor et Grallopœus, flguient dans cette dispute, et caractérisent le temps oii ces écrits

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