‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 81 sur 228 · ARG ARI · texte numérisé non relu

ARG ARI

une mission dans laquel!3 il réussit. Pie VII en 170i, âgé de dk ans. Son espril et son sa-

]e noiDma, le 8 mars 1816, cardinal el légat voir lui avaient procuré des amis illustres,

dcFerrare; Arezzo gouverna celte légation avec lesquels ii entretenait un commerce

pendant quatorze ans, jusqu'en 1830, époque réglé de liilérature, (]ni charmait sa retraite,

où il fut nommé vice-chanccIier de la Sainte- et remplissait les moments que la piété et

Eglise. Il rétablit les jésuites à Ferrare, et lesdcveirsde la lènle lui laissaicntlibre». On

montra le plus grand zèle pour le bien de la a de lui, un Traité de la lecture d^s Pères de

reli"ion. En 1820, i] quitta son titre de l'Eglise , écrit avec discernenienl el avec

Pierre-ès-liens, et fut évèque de Sabine. Il goût. La meilleure édition est de 1697, iii-12,

mourut à Rome le 3 lévrier 1833, après donnée par Pierre Pelheslre, de Uonen, qui l'a

avoir partagé par son testament ce qu'il beaucoup augmentée. On en a une trait . la-

laissait entre la Propagande, les gens de sa tine, Turin, 174-2. Des M élmvjes tC histoire el

maison et les pauvres de son évéclié. de liUéralure, publiés sous le nomde Vigneul

AKGMZ (GuÉGoniK deJ , bénédictin du de Marville, Rouen, 1699-1701, 3 vol. iii-12;

XVII' siècle, né à Logrono dans la Vieille- imprimés pour la quatrième fois à Paris, eu

Castille, fil profession à l'abb.iye de Saint- 1723, en 3 vol. in-i2, dont l'abbé B;in er a

Sauveur d'Ogna, et se distingua parmi les fait presciue tout le dernier : cette éJi ion

savants de son ordre. On a d'Argaiz : une est iiréfL'r.rble aux antres. C'est un recneil

Histoire ecclcsinstiiiuede l'Espagne, tirée des curieux et intéressant d'aneciloics litiéiaiics

écrits de sainlGrégoire, évèque de Gren;ide, cl de réflexions critiques, souvent justes,

et de la Chionique de Haubert, bénédictin, mais qui, queUiuefois, prêtent eUes-mé.nes

2 vol. in-folio. On ne sait sur quel fonde- à la critique. L'EducUion. Maximes et Ré-

meiit s'iippuie Garciiis de Molina lorsqu'il flejions arec iin Discours, du se- dans le.^ ou-

l'accuse d'avoir forgé les prétendus nianus- vrnges d'esinit, donné sous le nom de Mon-

crits de saint Crégoire el celui d'U.iubert, et cade, Rouen, 1691, iM-i2. Il alaissé quelques

d'avoir puisé dans son imagiu;iiioii seule ouvia;;es manuscrits.

les détails do son histoire ; une Histoire de AUtJOTIÎ (J.ro.ml: Contador d'), savant

Notre-Dame de Mont-Serrat. Argaiz prétend Ihéaiin portiig;ii-, né à t^ull.ires, dans l'Ks-

dans cet écrit que c'est un religieux du tramadure, en 1676, mort <à Lisbonne en

Mont-Serrat, et non saint Ignace, qui est 17/i-9, fut un des premiers membres de l'a-

l'iiuleur des Exercices spirituels. Il lut cadémie royale d'histoire porlugaisi', dans

chargé, après la mort de dom Antoine d'Yiè- les Mémoires de laquelle oa trouve plusieurs

pcs, de continuer les chroniques de l'ordre, disscriutions liisl()rii|-ies de s.i composition,

commencées par ce savant : tous ces ou- Ses principaux ouvrages sont : De Anliqui-

vrages forment une collection de 14 volumes tutibns conventus Bracaragustani libri IV,

in-lolio. 1728, 1 vol. in-i°. Il en publia une seconde

ARGliNTINA (Thomas d'), nommé aussi édition, aussi in-4°, en 1738, augmentée d'un

Thomas de Sti asbuurg, parce qu'il é;ait né livre. Cet ouvrage traite de tout ce qui a

dans celte ville, savant et pieux général des rapport aux anli.guités de ce pajs avani que

augustins en 134a. On a de lui des Comme/i- les Romains en tissent la coni|iièt<', el sous

/airfs sur le JJaiOe (/«s5t'n(e)i<;es, Strasbourg, leur domination ; et il est surtout remarqua-

IWO, in-ful., et d'autres ouvr.iges qui fu- Lie par le grand nombre de monuments ([ue

rent recherchés. 11 mourut à Vienne en .\u- ses recherches surent déterrer, el qui s y

'riche, après avoir gouverné son ordre avec Irouvent expli(|ués. Mémoires pour servir à

eagesse pendant 12 ans. l'histoire de l'église primalude de Brague ,

ARGENI RÉ (Chaules du Plessis d') na- 3 vol. in-4', Lisbonne, 1732 17ii ; /{e/ma de

quil en 1673, du doyen de la noljlesse de lingoa porlugueza, 1 vol. in-8'', Lisbonne,

Bretagne. Il piit le bonnet de docteur de 1725. Argole a aussi laissé des Sermons et

Sorbonneen 1700, et eut la place d'aumônier des Vies de saints.

du roi en 1709. Il fut nommé évèque de ARtiVRE (Isaac), moine grec, habile ma-

Tulle en 1723. Il èdilia son diocèse par ses thémaiicien, llorissail au xiv^ siècle. Il est

vertus, et l'eclaira jjar son savoir. Malgré auteur de plusieurs écrits de (/^o(/(Q/;/iie et de

ges occupations pastorales, il étudiait sept cUronalogie, cl de quelques autres traités

heures par jour. On a de lui plusieurs ou- sur diverses maiières.

vrages : ie plus connu est en 3 vol. iu-fol., ARIAS- MONTAINCS ( Rendît ) naquit à

publié à Taris en 1728, sous ce titre : Col- Frexenal, en Kslramadure, en 1527. Il était

lectio jttdiciorum de novis crroribus i/ui ab lils d un noiaire, el eludia à Alcala, où il fit

initia sœculi 12 ad annam 1725, in Ecclesia des progrès dans les langues anciennes et

proscripli sunt et noluli; compilation pleine modernes. 11 prit l'habit de l'ordre de Saint-

de recherches savantes. On a encore de lui Jacques, el en 1562, ré\éque de Ségovie le

des Eléments de théologie, en latin, Paris, mena au concile de Ti ente, où il paint avec

1702, in-'r, et une Explication des sacre- beaucoup de distinction. A son retour, il se

mciits, 3 vol. in-12; enfin des Sermons et retira à rermit.ige de Notrc-Uaine-des-.\n-

d'autres 'ivres de théologie el de pieté, l^e ges, près d'Aracena, pour .être tout à ses

prélat mourut en 17'*0, regretlèdes pauvres, livres. Philippe 11 le tira de sa retraite et le

dont il était le pèie, et des gens de bien dont chargea d'une nouvelle éiiiiion de la Ribic

il était la lumière et l'exemple. polj glotte. Elle fut impiimee à Anvers, par

ARtiONM. ( dom RoNAVENTUiiE d' ) , né à les l'Ianlin, depuis 156S'jusqi;'cn 1572, en

Paris en 1640, mourut chartreux à Gaillou, îi vol. iu-fol. Elle est plus chère que celle

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d'Angleterre, quoique moins parfaite. Arias- Monlanus auRmenla cet ouvrage de paraphr.ises clialdaïqties, et de plusieurs fautes qu'il ajouta à la version de ragniufaulive elle-même. Philippe lui offrit un évêclié pour récompense de son travail; mais cet écrivain, aussi pieux que savant, refusa ce fardeau et n'accepta qu'une commanderie de Sainl-Jacqucs et une place de chapelain du roi. Il mourdt dans sa pairie, en 1598. Ses ouvrages roulent presque tous sur l'Ecriture sainte. Ses neuf livres des AnCiquil^s judaigués sont les plus estimés, Leyde, 1503, iii-V. Ils se trouvent aussi dans la Polyglotte d'Anvers, et dans les grands Critiques d'Angleterre. Arias a mis encore eu vers lalins le Psautier-, 157i, in-4-°. Richard Simon a parlé de cet auteur avec beaucoup d'humeur. Il ne faut pas s'en tenir à l'idée qu'il donne de ses ouvrages, quoique plusieurs de ses observations critiques soient fondées. On a encore d'Arias-Montanus : fhtmnnœ salulis monumenla, Anvers, 1571, in-i"; une traduction latine de l'Itinéraire de Benjamin de Tudèle; Hisloria naturœ, 1601, in-i°; une escellenle Rhétorique eu k- lures, avec des noies d'Antoine Morales, Anvers, 1569, in-8°.

ARI.\S (François), jésuite de Séville, mourut en 1605, âgé de 7i ans, en odeur de sainteté. Ses ouvrages de piclé avaient le suffrage de saint François de Sales, qui en recommande la lecture dans son Introduction à la lie décote. Us ont été traduits d'espagnol en latin, en français et en italien. Nous citerons la traduction française des Œuvres spirituelles d'Arias, p;ir Antoine Girard dans le xvn' siècle, et par le P. Selon, Lyon, 17i0, in-12. Le P. deCourbevilIe a traduit son Imitation de la sainte Vierge, Paris, 1734, in-12. — Il y a un autre Anus (Alvarez), natif aussi de Séville, et jésuite, mort à Rome en 1643. 11 avait occupé les premières dignités de la compagnie. 11 publia divers ouvrages, un entre autres, intitulé : Encomia SS. Èuchnristiœ et B. Vinjinis Mariœ, ex sacra Scriptura deprompta.

ARIBON, premier abbe du monastère de Schlecdorf en Bavière, dont on rapporte la fondation à l'an 753, fut élevé sur le siège de Freisingen l'an 760, et mourut en 783. Nous avons de lui la Vie de saint Emmeran, que Surlus a publiée. Canisius l'a donnée dans son Thésaurus, tom. III ; la Vie de saint Corbinien, premier évéque de Freisingen, publiée par Surius et insérée dans le 3' vol. des Actes de dom Mabillon.

AKIBON, archevêque de Mayence, llorissail au XI' siècle, et fut archi-chapelain de l'empereur Henri III. Il couronna l'empereur Conrad II en lOii. Il était grand zélateur de la discipline ecclésiastique. Oii a de lui divers ouvrages, entre autres des Commentaires sur les quinze psaumes graduels, dédiés à Bernon, abhé de Richemoii. Cet arche» êciue mijurul le 13 avril de l'an 1031.

ARIEH (Jacob-Jida). Voy. Léon de Mo-

DÈNE.

ARICiE (saint), fils d'Apocrasiusct de Semprouia, l'un et l'autre distingués par leur DicT. DE Biographie iœiiû 1.

naissance, fut élu évoque de Gap, après la déposition de Sagittaire, en 579. Vers l'an 59iS, il fit un voyage à Rome pour visiter les tombeaux des saints apôtres, et fut honorablement reçu par saint Grégoire, qui occupait alors la chaire de saint Pierre. Ces deux grands hommes s'unirent ensemble par les liens de la plus étroite amitié ; ils ne purent se séparer l'un de l'autre sans verser beaucoup de larmes, et ils ne se consolèrent que par l'espérance de se voir bienlôt réunis d ins le ciel. Saint Grégoire écrivit plusieurs lettres à saint Arige, et lui accorda la permission qu'il lui avait demandée pour lui et son premier diacre, de porter la dalmatique, dont l'osage n'était point encore commun dins ce siècle. Saint Arige vécut peu de temps après son retour de Rome; on ne sait pas précisément la date de sa mort. La plus commune opinion est qu'il mourut le 1" mai 601, à l'âge d'environ 69 ans. Lorsqu'il se sentit près de sa fin, il se fil porter devant l'autel de saint Eusèbe ; puis, s'étant mis sur la cenilre, il reçut le viatique du corps et du sang de Jésus-Christ, qui lui fut administré par Isicius, évéque de Grenoble. Son nom est marqué au 1" de mai dans divers martyrologes ; et c'est aussi en ce jour qu'il est honoré ilans la Provence et le Dauphiné.

ARINGHI (Paul), prêtre de lOratoire à Rome, sa ville natale, où il mourut en 1676, est principalement connu par sa traduction latine et ses commentaires sur l'ouvrage de Bosio : Rome souterraine, etc., Rome, 1651, 2 vol. in-fol. 11 en a p iru une édition plus complète et plus correcte à Cologne et à Paris en 1659. Christophe Bauman en donna, en 1668, un extrait en langue allemande, qui a été imprimé à .Vrnheim, et réimprimé en 1671, in-12. Uii autre extrait en langue latine parut aussi dans la même ville, même année et même format. Artaud en a donné un extrait raisonné dans son Voyage aux Catacombes de Rome, 1810, in-8^ Antoine Bosio avait écrit en italien une Roma sotterranea, publiée après sa mort avec des additions considérables de Je.in Severani, par les soins de Charles Aldobrandino, Rome, lli32, format d'atlas. Ariughi perfectionna cet ouvrage, resté très - incomplet ; on y trouve d'importantes recherches sur les antiquités ecclésiastiques, .\ringhi a écrit en outre: Monumcnta infelicilatis. sive Mortes peccalorum pessimœ, Rome, 166i, 2 vol.

in-fol.; Triuniplius pœniienlio', seu seleciœ pœniientium martes, Rome, 1670, in-fol.

AlllOSl'E (Alkxandhe), religieux de l'ordre de Saint-François, vivait au commencement du xvr siècle, et fil imprimer à Paris, lol'i., à l'usage des confesseurs et directeurs des âmes, un ouvrage sur les cas de conscience, intitulé : Interragatorium pro nniinabus regendis. réimprimé à Lyon en 1540, et ;\ Brosce en Italie, en 1579, sous le titre à'EurliiriUon, seu Summa confessariorum.

Al'.IS l'AUt^UE, disciple et compagnon de saint P.iul, était de Tliessalonique, mais juif de naissance. II accompagna cet apôtre à Ephése, et demeura avec lui pendant les

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deux ans qu'il y fut, piirlageanl ens 'mble les dangers el les.lravaux de l'ap .slol'at. Dans le lumulle qu'un orfèvre de cette ville excita au sujet de la statue de Diane, il manqua de périr avec Gaïus. Il sortit d'E~ phèse avec saint Paul, el l'accompagna à Corinlhe. 11 le suivit encore dans le voyage qu'il fit à Jérusalem et s'enibaniua avec lui lorsqu'il fut conduit à Rome, l'an 60. Saint Paul écrivant aux Golossions , témoigne qu'il était avec lui, et l'appelle le compagnon de sa captivité, concaplivus meus. On ne sait point ce qu'il devint après la mort de saint Paul. Les Grecs l'honorent sous le titre d'apôtre et île martyr le 14 avril, el les Latins font mention de lui le 4 août. — Voy. les Actes des apôtres, chap. 19, 20, 27 ; l'Epître de saint Paul à Piiilémon, v. 24 ; et l'Epître aux Golossieus, chap. 4.

ARlSTÉE,olficierdePtoléméePhiladelphe, roi d'Egypte, était juif d'origine. Ce prince l'envoya demander au grand prêtre Eléazar des savants pour traduire la loi des juifs d'hébreu en grec. Eléazar en chol^il 72, six de cha» que tribu, qui tirent celle traduction appelée des Septante. On prétend que Aristée composa ['histoire de cette version. Nous en avons nue, à la vérité, qui porte son nom ; mais il est difllcile de décider quel degré de croyance elle mérite. Bellarmin, La Bigne et quelques autres ont cru qu'elle était la même que citaient saint Jérôme, Eusèbe et l'eitullien; mais Louis Vives, Alphonse Salmeron, Scaliger, etc., ne doutent pas que ce ne soit une pièce supposée par quelque juif; et il semble qu'on n'en doive plus douter, après ce que Henri de Valois a écrit dans sus notes sur Eusèbe. Elle a été publiée sous ce titre: llistoria de sanclœ Scripturœ Interpreti'ius, Oxford, 1692, in-8°, et dans ia/î(7//edeRome, 1471, 2 vol. in-folio. Van Dale a donné une dissertation sur cet ouvrage, Amsterdam, 1705, in-4°. 11 prétend que Ptoléune ne tit traduire que le Pentateuque, el que les autres livres qu'on trouve dans la version appelée des Septante ont été traduits [lar d'auires inter|)rètes ; mais ce sentiment est contredit par Ronfrérius et d'autres savants. Quoi qu'il en soil, celle tr iduclion, très-ancienne, suivie par Jésus-Christ et les apôtres, a toujours été d une autorité égale à celle du Penlatcuque, Les saints Pères ont regardé la version des Septante comme un moyeu choisi par la Providence pour préparer les nations à la prédication de l'Evangile, cl l'on attribue communément aux traducteurs une assistance particulière du Saint-Esprit. La traduction des Septante a été imprimée pour la première fois à Rome, 1772, in-folio, et réiinprimée avec les notes de M. Gh. Ségaar, Trajecti ad Rhenum, 1775, in-8".

ARISTIDE (saint), d'Athènes, philosophe, vivait dans le u' siècle. Sciant fait clircticn, il ne changea point de profession, el soutint par sa philosophie l'Evangile de Jésus-Ghrist ; car il composj pour les chrétiens une excellente/l/Jo/oy«c, qu'il présenta à l'empereur A«irien,lorsqu'ilélailàAthèRes, vers l'au 125.

Ellene produisit point tout son effet, mais elle adoucit au moins les lois portées contre les chrétiens. Saint Jérôme dit que l'on voyait encore de son temps cet ouvrage, dont Eusèbe fait mention dans son Histoire, liv. iv, chap. 3 et 5. Les anciens martyrologes, de même que les moderins, font mémoiie de ce sailli au 31 août. ( Voy. dom Cellier, Histoire des ant. sac el eccl., tom. !".)

ARISTOBULE, de la race des sacrificateurs juifs , était précepteur de Ptolémée Evergèle, lils aîné de Pbilomclor, roi d'Egypte, l'an 120 avant Jésus-Christ. La synagogue de Jérusalem lui écrivit une belle lettre, pour lui donner avis des grâces que Dieu avait faites à la nation, en la délivrant du cruel Anliochus, de l'oppression des Macédoniens, el en découvrant aux Bolymitains le feu sacré caché depuis si longtemps. Elle le suppliait, lui et tous les Juifs qui étaient en Egypte, de célébrer en action de grâces, avec pompe et solennité, la fête de la Scénopégie. — Arislobulc, juif et philosophe péripaleliiien, dédia des livres qui contenaient des commentaires sur les liircs de 3Io'ise, à Ptolémée Philadelphe, selon Eusèbe, Hist. ecclés.,liv. vil, et mourut 160 ans auparavant.

ARISTOBULE I", prince juif, succéda, vers l'i.n 103 avant Jésus-Christ, comme grand prêtre, à son pèic Jean Hyrcan, qui avait disposé de l'autorité souveiaine en faveur de son épouse, quoique cette autorité • fût ordinairement réunie à la dignité de grand prêtre. Arislobulc la lit enfermer et prit le titre de roi. Ayant entrepris une expédition contre les Ilurécns qu'il soumit en grande partie, il tomba malade et laissa à Autigoiie, son frère, le soin de terminer cette conquête. Son épouse, profitant de l'absence d'Antigone pour le calomnirr, lil entendre à son mari, qu'il cherchait à s'emparer de son autorité; a son reiour Aristobule le fit tuer par ses gardes. Ce meurtre lui occasionna des remords qui aggravèrent encore sa maladie. Il mourut après avoir régné une année.

ARISTOBULE il, second fils d'Alexandre Jannée, n'avait aucun droit au trône ni au souverain iiontifical; mais comme Hyrcan, son frère aîné, que sa mère avait fait reconnaître grand prêtre, était entièrement livré aux Pharisiens, el ne s'occupait que de religion, il crut pouvoir prétendre à l'un et à l'autre. S'etant fait des partisans dans l'armée do:it sa mère lui avait donné le commandement, il se lit nommer roi dès qu'il eut appris la mortde celle ci, el alla atta iuer Hyrcan qu'il délit, et l'obligea à se démettre de la royauté et du sdcerdnce. Les Romains ne votilurcnl p.is le rcconnaitre pour roi ; Pompée vint l'assiéger dans Jérusalem, le lit prisonnier, et le conduisit à Rome où il le lil servira son triomphe. Au bout de quelques années il |rarvint à s'échapper, et retourna en Judée où il excita de nouveaux troubles. Gabinius fit alors marcher contre lui de> troupes ; s'étaut rendu mailrc de lui, il l'eu-

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voya à Rome vers l'an 50 avant Jésus-Christ. La guerre civile s'étant déclarée entre Pompée et César, celui-ci le relâcha, mais les partisans de Pompé' trouvèrent le moyen de le f;iirc empoisonner en chemin.

.ARlUS.chef etiondateurile la sectearie/me, nuipiit en 270 en Libye, ou, selon d'autres, n .Alexandrie. Achillas, évéque de cette ville, le lit préire dans un âge assez avancé, et le charge.! de la prédication et du gouvernement d'une de ses églises. Son éloquence, SCS mœurs austères, son air mortifié, senililaienl le renilie digne du sacré mmislère ; mais son ambition le perdit. Après la mort du saintévèque Achiilas, le prêtre .\rius, irrité de n'avoir pa'< été son successeur, comballit la doctrine catholique sur la divinité du Verbe. Il soutenait que le nom de Dieu ne convenait pas au Fils; que ce Fils était une créature tirée du néant, capable de Terlu et de vice; qu'il n'était pas véritablement Dieu, mais seolcment par participation comme toutes les autres à qui on donne le nom de Dieu. En avouant qu'il >'xisiait avant tous les .••iècles, il afiirniait qu'il n'était point coélcrnel à D; eu. S. i in t A lésa ndre,évoqu i' d'Alexandrie, l'anathématisa dans deux conciles en 319 el en 321. L'hérésiarque, retiré eu Palestine,gagiiadesévéques, parmi lesquels Kusèbe deiNicomédie cl LusèbiMleCésarée lurent les plus ardents (quoique ce dernier trouve quelques défenseurs p iruii les critiques). Arius travaillait eu même temps à répandre ses erreurs pirmi le peuple; il les mit en chansons : son poëme intitulé Tlialie (ni>m emprunté d'une pièce eiïéminée de Sotade, poêle égyptien), composé sur des airs infâmes, n'est qu'un tissu d'impiétés et de louanges fades qu'il se donnait à lui-même. Kusèbe de N.iotnédie assembla un concile formé de la plus grande partie des évèques de la Bithyiiie et de la Palestine, qui leva l'excommunication prononcée contre .Vrius. Il voulut aussi faire enlendre à l'empereur Constantin que celle question n'élail qu'une vaine subtilité ; imposture que les philosophes modernes ne cessent de répeler, et qui n'en est pas moins le comble de l'absurdllé connue de l'imjjiété, puis(]ue la di\ inité de Jésus-Christ, fondée sur la consubstantialité du Verbe , est le dogme fou. lamentai du christianisme, el que si ce ilogme n'e>t pas vrai, Jésus-Christa établi nue religion fausse. 11 est clair d'ailleui's que si les trois personnes divines, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, ne sont pas un seul Dieu, dans le sens le plus exact el le plus rigoureux, le christianisme, tel qu'il subsiste dans toutes les communions qui no sont pas ariennes ou sociniennes, est un véritable polythéisme, puis(|ue nous rendons à ces trois personnes divines le même culie suprême. Entre les païens el nous, il n'y aura point de différence, sinon (|u'ils admell. lient uu plus grand nombre de dieux, et tjue nous savons déguiser notre polythéisme par lies subtilités qui leur étaient inconnues. Enfin, Jésus- Ghrisl a déclaré qu'il était venu daus le monde pour apprendre aux hommes à reo-

(Ire à Dieu le culte d'adoration en esprit et en vérité; or, il veut que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père, "'il n'est pjis un seul Dieu avec le Père, ce culte esl-ii jusie el légitima? C'est une profanation et une impiélé. (Voy. Rutychès, Nestorics.) Constaniin comprit sans peine l'imporijince de la vérité que Arius attaquait ; il assembla à Nicée en Bilhynie, l'an 323, un concile œcuménique, où l'hérésiarque fui convaincu de ses erreurs, excommunié par les Pères, et condamné au bannissement par le prince ; décision qui prouve, contre les sociniens, combien la foi de la divinité de Jésus-Chrisl était constante et générale avant le concile de Nicée, puisqu'elle y fut unanimement reconnue comme une vérité ancienne et incontestable, et l'opinion contraire rejetée comme un bl.iplième. {Voy. Padl de Samo- S4TE.J On remarque de plus que le coiicile, en condamnant Arius, anathématise nommément sa Thfilie ; ce qui prouve qii'on n'avait alors aucun doute sur l'infaillibilité de l'Eglise en matière de faits dogmatiques. Après trois ans d'exil. Constantin, à I insligalion d'un prêtre arien, rappela Arius et ceux de son parti, qui avaient été analhématisés par le concile de Nicée. Cet hypocrite présenta à l'empereur une profession de foi composée avec tant d'art qu'il était liiffîiile d'y .ipercevoir les erreurs qu'on y avait cach ocs sous le masque de la vériié. Arius revint trio.aphant à .Mexandrie ; mais Athanase, successeur d'Alexandre, ne voulut pas le recevoir à sa cumumiiion. Il assista iiisuite, en 335, au concile de Tyr , auquel il présenta sa profession de foi caplieuse, qui fut approuvée. Les Pères écrivirent même en sa faveur à I Eglise d'Alexamlrie. 11 retourna da:s celle ville oii le peuple, préservé du lenio de l'erreur par saint Athanase, refusa de le recevoir. (Constantin, instruit du trouble que sa présence avait causé à Alexandrie, l'appela à Conslantinople ; il lui dem.inda s'il suivait la foi de Nicée. .\riiis le jura, en lui présentant une nouvelle profession de foi où l'hérésie élait couverte par des paroles tirées de l'Ecriture. Constantin ne soupçonnant point que l'hérésianiue le trompât, Gt onJonner à Alexandre, évéque de Constautinople, de l'admeltrc à la communion des fidèles. Mais cet ordre resta sans effet, par un événement i|ui, en faisant triompher les catholiques, donna au monde entiiT une preuve éclatante des arrêts secrets et redoutables de la justice divine. « On avait choisi un dimanche, » dit un hislorien qui rapporte la chose avec le plus inléressanl dét.iil, '< pour le rétablisspn)ent de cet impie, afin de le rendre plus éclatant. Le samedi, sur le soir, comme saint Alexandre continuait de prier, l'orgueil impaiienl des hérétiques leur lit conduire .\rius par la ville comme en triomphe; et lui-même, enchérissant sur leur ostentation, se répandit en discours insolents. La foule était innombrable el grossissait de rue en rue. Comme on approchait de la place dite ConstanCinienne, et qu'où apercevait au fond de celte place le

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temple où l'hérésiarque devait être rétabli, il pâlit à la vue de tout le monde, éprouva une soudaine frayeur et de violents remords. Il seiilil en même temps quelque besoin naturel. Il entra dans un des lieux publics, multipliés dans la nouvelle Rome avec autant de magnilicence que tous les autres édifices. 11 y expira dans les plus cruelles douleurs, en rendant une grande abondance de sang, avec une partie de ses entrailles, l'an 336 de Jésus-Christ. Digne fin d'un impie, trop semblable, pendant sa vie, ackperfide Judas, pour ne pas lui ressembler dans les circonstances de sa mort (1). Ce dénouement effrayant, el qui passa pour miraculeux, causa autant d'abattement aux ariens que d'espoir aux fulèh'S orlhodoKcs. Le lieu de celle tragique scène devint 1 horreur publique ; et par la suite un arien l'acheta, afin d'effacer ou d'affaiblir, en le convertissant en un autre usage, la mémoire de cet opprobre. » Il s'en faut bien que son hén sie mourût avec lui. On est surpris et efl'rayé de toutes les scènes horribles que présente l'histoire de l'arianisme. L'impiélé, l'hypocrisie, la dissimulation, la malice, la perfidie des ariens, paraîtraient incroyables, si elles n'étaientappuyées sur le témoignage de tous les historiens du temps, et de saint Alhanase luimême. L'arianisme, timide dans ses commencements, mit en œuvre la souplesse et l'artifice. Soutenu par la puissance impériale, il s'enhardit et ne connut plus de bornes dans ses orgueilleuses prétentions. Il semblait menacer l'Eglise d'une destruction entière; mais il ne réussit point, parce que celui qui a fondé celte Eglise lui a promis que les portes de l'enfer ne prévaudraient point contre elle. Voy. Atuanase.

ARLES (le cardinal d'). Voyez Aleman (Louis).

AULOTTO, curé de la paroisse de Saint- Just à Florence, dans le xv" siècle. Son nom de famille était Mainnrdo ; mais il n'est guère connu que sous celui ti'Arlotto. Cet homme se rendit célèbre de son temps par ses bons mots, ses tours joyeux et ses saillies originales. On en fil un recueil après sa mort sous le titre de Facétie piacevoli, fabuleemoiti del Piovano Arlotto, prête fiorentino, Venise, 1520, in-8". Ce recueil a été réimprimé plusieurs fois. Il mourul en H83, à SI ans. Arlotto voyagea beaucoup, et obtint de riches présents de plusieurs prmces, comme d'iidouard, roi d'Angleterie, de Uene d'Anjou, roi de Naph'S, etc. Les deux plus ;iuciennes éditions de ses Facéties, après celle que nous avons citée, sont de .Milan, 15-23, in-S", el de N'enise, 1525, in~8'. Dans l'édition de \'enise de 1538, cl dans celles (jui l'ont suivi,-», on a joint aux bons mois du piovano ou curé Arlotto, ceux de (jonella et de quelques autres.

(1) Ariiis est mon simple prôlre. On ne sait pourquoi qiiciiiiiCB inoniimciils le rcpiésciMeiil la niilre épiscopalc sur la lèie ; il ne lui eût pis élé permis de la porter, même dans ce trioiiiplie si cuuil, cl qui eut pour lui une lin bi déplorable.

ARMELLE, fille célèbre par sa piété, née en 160(5 à Campénac , dans le diocèse de Saint-Mnlo , et morte à V^jinnes en 1671, fut obligée d'entrer en condition. Elle passa les cl5 dernières années de sa vie chez un gentilhomme, qui rendit compte de tous les exemples de vertu que cette fille lui avait donnés, des lumières extraordinaires qu'elle avait en matière de religion, des sentiments rares et sublimes qu'on ne supposerait pomt dans son état. Les savants profanes ne conçoivent pas cette espèce de phénomène, mais l'es hommes inslrnils dans les voies de Dieu n'y voient rien d'étonnant. « J'entends une « bonne âme qui me parle de Dieu (dit le « P. Bourdaloue) ; je suis surpris, en l'écou- « tant,delamanière dont elles'explique. Quel « feu anime ses paroles 1 quelle onction les « accompagnel elle s'énonce avec une faci- « lité que rien n'arrête; elle s'exprime en « des termes qui, sans être étudiés ni affec- « tés, me font concevoir les plus hautes idées « de l'Etre divin, des grandeurs de Dieu, des « mystères de Dieu, de ses miséricordes, de « ses jugements, des voies de sa providence, « de sa conduite à l'égard des élus , de ses « communications intérieures. J'admire tout « cela, et je l'admire d'autant plus, que la « personne qui me lient ce langage si relevé « et si sublime, n'est quelijuelois qu'une « simple fille, et qu'une domestique, qu'une « villageoise. A quelle école s'esl-clle fait « instruire ? Quels maîtres a-l-elle consultés? « quels livres a-t-elle lus? Ah, mon Dieiil « il n'y a pas eu ])Our cette âme d'autre « maître que vous- même el que votre esprit. K 11 n'y a pas eu pour elle d'autre école que « la prière, où elle vous a ouvert son cœur « avec simplicité et avec humilité. Il ne lui « a point fallu d'autres livres ni d'autres le- « cens q'une vue amoureuse du crucifix, « qu'une continuelle attention à votre pré- « sence, qu'une dévote fréquentation de vos « sacrés mystères, qu'une pleine conformité « à toutes vos volontés, et qu'un désir sin- « cère de les accomplir, ^'oilà par où elle « s'est formée ; ou plutôt, voilà, mon Dieu, « par où elle a mérité, autant iju'il est poste sible à la faiblesse liumaine , que votre « grâce la formât, l'éclairât, l'élevàt. » Sa Vie a été écrite par une Ursuline de \ annes, nommée sœur Jeanne de la Nativité. Puiret la fil réimprimer en ITtli, in-12, sous ce litre: l'Ecole du pur autour de Dieu. On y raconte, que Ariuellecroyail voiries diables sous des figures horribbs (Voi/. S. Antoine, ermite) : qu'ayant sans cesse l'esprit préoccupé de l'objet sacré de sa fiamme, elle serrait ce qu'elle rcnconlrail sous ses mains, el qu'elle dcniandiil : A"(»7-ce prt.s- rous ijui cachez te bieii-ainié de mon caur? On dit qu'elle mourul d'un excès d'amour divin. On ne peut douter que sa piété ne fut fort vive, sa vertu pure et eonstanle; el c'est mal à propos que des personnes, qui ont de la peine à gnùler ce qui >.ort de l'ordre ordinaire des choses, se sont formalisées de quelques singularilê.s dont les àincs fortement émues ne peuvent toujours se delendre , ou par lesquelles il

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plail à Dieu de les dislinguer. On ne saurait f jpi'iiilanl trop inculquer à ceux qui «crivonl les \'ics des saints ou des personnes illustrées par une piélé particulière, le sage avis que leur donne un homme judicieux. « La con- '( duite de Dieu à l'égard des âmes à qui il « fait part de ses communications les plus « intimes, a des mystères cachés qu'il est « inutile et quelquefois d ingereux de dévoi- >i 1er aux yeux du public. Outre que peu de « personnes sont en état de les comprendre, « et que ce n'est pas dans les livres, mais à « l'école du S;iint-Ks]it il qu'on peut s'en « instruire, ils deviennent souvent des pifr- « res de scandale pour ceux auxquels Dieu « n'en a pas donné l'intelligence. On ne « saurait trop, selon ravcrlissement du saint « conducteur de 'JObie , publier les œuvres « par lesquelles le Seigneur veut bien mani» « lester au monde sa puissance et sa bonté ; a mais il est certains secrets qu'il révèle rat rement et uniquement aux âmes en qui il « juge à propos d'établir son règne d'une « façon toute mystique, qu'il n'est pas, ordi- « nairement pariant, à propos de divulguer. « Sacrnitienlum régis abscondere bonum est; « opéra autem Dei revelare el confiteri hono- « riliaim est. Tob. xii. » C'est encore à cette observation qu'on peut rapporter ces paroles de Jésus-Christ : Nemini dixeritis visionem. Mallh. xvii; et celles île saint Paul : Audirit arcand verba quœ non, licet hoinini loqui. 11 Cor. 12. Voyez sainte Catherine de Sienne, Klsbroch, Taulère. M. Duché de Vancy a inséré un abrégé de la Vie d'Armelle dans ses Histoires édifiantes. Le nom d'Armelle lui avait été donné au baptême. Ses parents étaient Georges Nicolas et Françoise Néant, pauvres villageois, dont elle ne recul qu'une éducation chrétienne.

ARàlELLlNl (Jérôme), appelé par quelques auteurs Armenini, et plus communement Jérôme de l'aenza, du lieu de sa naissance, entra dans l'ordre de Saint-Dominique, et fut, en 15lt), inquisiteur général à Mantoue ; un asirulogue calabrois, nommé Tiberio Kosgiliano, ayant prétendu que l'on aurait pu, an mo>en de l'astrologie, prévoir facilement par la conjonction des planètes le déluge de Noé, Armellini lit pour y répondre un ouvrage (jui fut très-vanté par ses cuntempoi'ains. Ce livre n'est connu iiue par ce qu'en dit Ecliard, Script, ord. prœdic, lom. Il, pag. 3.'3, qui assure qu'il existe en manuscrit à la bibliothèque du Aatican.

Mazzuclielli, après bien des recherches, ne le trouva ni imprimé ni manuscrit; mais il découvrit un autre manuscrit renfermant une explication morale du psaume Dixit JJominus Domino meo, adressée par l'auteur au cardinal Adrien avec une lettre datée du 13 novembre 150G. Plusieurs auteurs alfirmenl que Armellini a aussi Iraviiillé sur les œuvres d'Arislote.

ARMELLINI (Mariano), bénédictin, né à Ancône, entra dans cet ordre à Rome, en 1G77, et s'adonna d'abord à la prédication. Il prêcha le carême à Sainte-Marie de Transtevere, à Rieti, à Viterbe, à Ravenne et à Rcg-

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gio. 11 devint prieur en 1722, et fut nommé successivement abbé à Sienne, Assise et Foligno. Armellini mourut dans ce dernier monastère le k mai 17.37. à l'âge de 77 ans. Il est du grand nombre des bénédictins qui ont honoré leur ordre par leurs talents, et il a laissé beaucoup d'onvr.iges. Il avait débuté, en 172(î, par une Vie de la bienheureuse Marguerite Corradi, en italien, Venise, 1726, in-12; quoique cet ouvrage ne prouvât pas encore les vastes connaissances et l'esprit de recherche qui plus tard distinguèrent l'auteur, il donnait cependant la mesure de ce qu'on pouvait attendre de lui ; Bibliutheca Benediclino-Cassinensis, site scriptorum Cassinensis congregationis, alias sanctœ Justinœ Palavinœ, qui in ea ad hivc usquc tempera floruerwit, opentmac grslurum notiliœ, 1' partie, Assise, 1731, in-fol. ; 2' part. ib. 1732, in-fol.; Catidogi très tnonachorum, episcoporum reformatoniin,ci virorum sanctitate illiistrium e congregatione Cassinensi, commencé à Assise, 1733, in-fol., el achevé à Rome sous ce litre : ConlinnUio catalogi virorum, etc., 173'i-, in-fol. ; Addiliones et correctiones biblioihecœ Benedicio-Cassinensis, etc., Foligno. 1735, in-fol. ; Armellini a laissé de plus en manuscrit ; /î(6/(o//(eca sijnoplica ordinis sancti Bfnedicti.

ARMELLINO ( François ) , né à Pérouse , d'une famille assez obscure, gagna la confiance de Léon X, qui le créa cardinal en 1317, lui donna le commandement de la marche d'Ancône, le fit intendant des finances, etc. Il perdit son crédit sous Adrien VI, mécontent des subsides dont il avait chargé le peuple pour fournir de l'argent à son prédécesseur. Mais Clément ^'ll le prit en amitié, lui donna l'archevêché de ïarenle et d'autres bénéfices considérables. Il fut assiégé avec ce pape dans le château Saint- Ange, en 1327, el mourut de chagrin d'avoir perdu à la piis(ï de Rome tout ce qu'il possédait dans cette ville. Mais , comme il était fort riche en terres , et qu'il mourut- sans testament, sa succession vint très-à-propos au pape pour payer sa rançon.

ARMINIUS ; Jacques), proprement Harmensen , chef de la secte des arminiens ou remontrants , naquit à Oude-Water, ville de Hollande, en 1360. Il fit une partie de ses études à Genève , aux frais des magistrats d'Amsterdam. Il fut obligé de sortir de Genève , parce qu'il marqua trop d'ardeur à soutenir la philosophie de Ramus. Après diverses courses en Italie et en Suisse, il fut ministre durant quinze ans. On le choisit ensuite pour remplir la chaire de théologie à Leyde , en 1G03. Les leçons qu'il donna sur la prédestination , l'universalilé de la rédemption , etc., mirent la division parmi les protestants. Ne pouvant pas concevoir Dieu tel que Calvin le peignait, c'est-à-dire prédestinant les hommes au péché comuie à la vertu, il donna dans uu autre extrême : il affaiblit les droits de la grâce, et releva trop ceux de la liberté. On le cita à La Haye pour rendre compte de sa doctrine. Les chagrins qu'il essuya, les fatigues de ses

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voyag;c8, l'arcalilèrpnl au point qu'il en mourut en 1609. II laissa plusieurs disriples, aftpelés arminienSy et condamm-s par les calvinistes rigoristes à Dordrechl, en 1618. Miiis cette condamnation se tourna contre leurs adversaires, et leur fit beaui'oup plus de mal qu'aux arminiens. « Coux-ci , dit « Moshpim, allnquôrent leurs .uitagonistes « avec tant d'esprit, de courage et d'élo- « qnenre, qu'une mnlliludn de gens fut pcr- « suadée de la justice Ho leur cause. Quatre « provinces de Hollande refusèrent de s 'us- « crire au synode de Dordrechl; ce synode « fut reçu en Angleterre avec, mépris, parce « que li'S anglicans témoignaient du respect « pour les ancien». Pères, dont aucun n'a osé « mettre des bornes à la miséricorde divine. « Dans les éslises de Rrandehourgel de Rrê- « me, à Genève même, l'arminianisme a « prévalu. » -oslieim ajoute que les calvinistes de France s'en rapprochèrent aussi, afin de ne pas donnor trop d'avantage aux théologi ns cath()liquf>s contre eux; mais il oublie l'accepialion formelle des déircis de Dordrechl, faite dans le synode de Charenton, en 162.3. Ou celte accepiation ne fut pas sincère, nu les calvinistes ont rougi dans la suite de l'aveuglemenl de leurs docteurs : ce qu'il y a de sûr, c'est que l'inconséquence des calvini-.ies assemblés à Dordrechl a couvert la prétendiie reforme d'un opprobre éternel. Après avoir posé pour maxime l'ond;unenlale de ccl'e réforme, que l'Kcriture sainte est la seule règle de foi, le seul juge des contestations en fait de doctrine , il était bien absurde de juger et de condamner les arminiens, non par le texte seul de l'Ecriture sainte, mais par les gloses, les commentaires, les explications qu'il plaisait aux gomarisles d'y donner. Quand on jette les yeux sur les passages allégués par ces derniers dans le synode de Dordrechl, on voit qu'il n'y en a presque pas un seul à la leltre duquel ils n'ajoulent quelque chose , et (|ue la plupart peuvent avoir un sens tout ditïérenl de celui qu'y donnent les goiiiarisles. Les arminiens en alléguaient de leur côté, auxqu' Is les adversaires ne répondirent point ; de quel froni peut-on dire qu'ici c'est l'Ecriture sainte qui décide la coniestalion, pendant que c'est le lond ménii! sur lequel on dispute? (Vo//. (lO.MAR, VoiisTius.) On a d'Anninius plusieurs ouvrages publiés sous le titre ilc Opi-rn tlieolagica, à Franrforl, 10.31 ou 1(533, iii-'i-°. Les principaux sont : Dispiitationrs de diversi.i chrisCinnœ religwnis cnpilihns; Examen lilietli Gulllelini Perl,insi de prœclpstinatinnis modo et ordine ; Disserttilio de rero sensu capitis S'pdmi ad Hoiwinos ; Annlytis cap. noni ad liomanos. 11 a été publié une Vie d'Anninius, sous ce titre: flislurin vi!œ Arminii, Leyde, 172V, in-8\ par (1. Braiidt AUNALDO (PiRRRE-AisToiNK), né en 10)8.

à Villefranche . comte de Nice , étudia la théologii; au collège de Hrer.i, à Milan, y fut reçu doeleur, el devint protonotaire aposloiKjue. On a de lui, outre quehiiies ouvrajes de piété, un Viscuui s sur rinnugurnlinn du p<H)e Alexandre VU, et un hloye de tévéque

de Nice; Honoratn II principi Monacœn,elc., poeiicœ gratulationes. Milan, iu-i*; la Gloria vestita a billo per la morle di Carlo Emmanuelle //, duca di Savoin, Turin, 1670, in-4°: c'est un poi'me en octaves; il Giardin del Pinnonle oijqi vivenle neW anno 1673, divisa in principi, dame, prelali , abati , cavalieri , ministri, etc., Turin, I6H3, in-8'. C'est un recueil de sonnets, d'oies ou cnnzoni, à la louange des personnages les pins illustres de la cour de Turin de ce temps-là.

ARNAUD , de Biesre en Italie , disciple d'Abailard, prit l'habit de moine pour débiter plus facileinent ses erreurs. Il rejetait le sacrifice de la messe, la prière pour les morts, le baptême des enfants, le culte de la croix, eti:. Il soutenait que les évêi]ues et les moines qui possédaient des terres, ne pouvaient manquer d'être damnés, et que les biens de l'Eglise appartenaient aux princes, Cellu doctrine, prèchée dai'.s un siècle où les brigands n'étaient pis rares, lui fit beaucoup de disciples , contre lesquels on fut obligé de prendre les armes. Le pape Innocent 11 le condamna dans le concile général de La- Iran, en 1139. Arnaudanaihématisése réfugia dans les monlagnes de la Suisse avec ses disciples, lient retenait toujours un parti puissant en Ilalie.et dans lui-même l'esprit inquiet et factieux de tous les sectaires. Il revint à Rome en llil, excita une sédiiion contre le pape, le fil chasser, abolit la dignité de préfet de Rome, obligea les principaux citoyens à se soumettre au palrice, et fil piller le palais des cardinaux. Le pape Eugène III, après plusieurs combats contre ce fanatique, fut enfin reçu à Rome. Arnaud fut arrêté quelque temps après par le cardinal t^iérard, et malgré les efforts des vicomles de Campante, qui l'avaient remis eu liberté, il fut Ci>ndiiil à Rome cl cond.imné à mort en 1135. Mosheim, apologiste déclaié de tous les hérétiques, dit « que Arnaud de Bresce « était un homme d'une érudition immense « et d'une austérité étonnante, mais d'un « carjictère turbulent et iai|)étueux; qu'il « ne paraît avoir adopté aucune doctrine « incompatible avec l'esprit de la véritable « religion; que les principes qui le firent « agir ne furent repréhensibles que parce « qu'il les poussa trop loin, el qu'il les exé- « cula avec un degré de véhémence qui fut « aussi criminel qu'imprudent ; qu'à la lin « il fut victime de la vengeance de ses "u- « nemis, et que l'an 1135 il lut crucifié et « jeté au feu. » Mosheim a sans doute oublié que Arnaud de Rresce était moine et qu'il n'a laissé aucun ouvrage qui prouve sou éruililion ; il ne fallait doue pas lui en -.npposer, après avoir peint tous les moines de ce temps-là comme des ignorants. Celui-ci cond imuait le bapième des enl.inls. le sacrifice (le la messe, etc. Il voulait que l'on dépouillât les ecclésiasliques des biens qu'ils possé laient légili iieiiient ; il exciia des sédit (MIS : nous reconnaissons là les princiiies et l'espiil des prête- .idiis rèforinaleurs. M lis rsi-il coiiip.iiilile .ivec l'esinil de la véritable religion, qui déicnd de troubler l'ordre pu-

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blic, surltiut à un moine sans nutorilé? Mosheim eût-il trouvé bon qu'un zélateur de hi pauvreté évangélique lui ( ûl ôté les deux abbayes qu'il possédait? Arnaud de Brescia ne fut donc pas victime de la vengeance de ses ennemis, mais justement puni comme séditieux et perturbateur du repos public; il ne fut point crucifié, mais attaché à un poteau, étranglé et brûlé.

ARNAUD l)K VILLIiNEUVR, mélecin du xiii" siècle, était né vers l'an 1:235; il s'adonna aux langue* et aux sciences. Après avoir voy;igé dans différents pavs pour se perfectionner, il se. fixa à Paris, où il exerça la méilecineet l'aslronoinie. Il se mit à publier que la fin du monde :irriverait irfailiibiement vers le milieu du xiv' siècle; il en fixa même l'année à 1335 ou llib. Il soutenait en même tempsq'ie le démon avait perverti tout le genre liuinain et fait périr la foi ; que les moines seraient tous damnés , ei que Dieu n'a menacé du feu éternel que ceux qui donnent mauvais exemple. Il ajoutait à ces rêveries d'autres erreurs. L'universilé de Paris l'ayant condamné, il se retira on Sicile auprès de Frédéric d'Aragon. (Juelqu'^ temps après, ee prince l'ayant renvoyé en France pour traiter Clément V, alors malade, il périt avec le vaisseau qui le portait, et fut enterré à Gènes en tSli. (juinze propositions tirées de ses ouvrages furent condamnées après sa mort par l'inquisition de Tarragone, parce qu'elles avaient des sectateurs en Espagne. Ses ouvrages ont été imprimés i\ Lyon en loO'^ cl 1.05, et à Bàle en 15^5, in-fol., avec sa Vie et des notes de Nicolas Taurellus. On a craquelé Yiilanovanus, anquci Poslel attribue le livre De tribus imposloril/us, était Arnaud de \'illeneuve; mais la Monnaye prouve que c'est Michel Serve! qui a publia' quelques ouvrages sous le nom de\'illan'>vanus. Ce livre, du reste, n'est pas plus de l'un i]ue de l'autre. Ce médecin est le premier qui ait eu la folie d'essayer la génération humai* ne par la chimie. Paracelse , ((ii'on regarde ordinairement comme l'auteur de cet aiisurde projet , lui est postérieur de plus de deux siècles. On croit communément que .\rnaud trouva l'espril de vin, l'huile de léréhenlbine et les eaux de senteur; il découvrit les trois acides sulfurique, muriatique et niliique. Voyez sa Vie publiée à Aix, 1719, in-12, sous 11' nom de Pierre-Joseph : elle est d'un littérateur provençal , nommé de Haiize.

ARNAULD , abbé de Bonneval, ordre de Saint-Benoit , diocèse de Chartres , nommé a\issi Arnauld de Chartres, était ami de saint Bernard, qui lui écrivit sa dernière lettre, [)eu de jours avant sa mort. Arnauld est auteur du second livre de la vie de saint Bernard, attribué mal à propos, comme l'a prouvé dom AlabiUoii, à un autre Arnauld, abbe de Bonneval, en Da ipbiné. Il passe pour être le véritable auleur desd()uz(> iTiùlcs De operil)us(Uiristi car/l i II iilibus , aUrihuès par quel<|ues-uns,sans fondement, <à saint Cyprien. Ils sont adressés au pape Adrien IV. On a encore de lui Tractnlusdesepleinverbis Domini in cruce; Seimo de

Luudihus B. Mrjr/œ, dans la Bibiiolhèiiue des Pères : le Père Tilelman, cordelier, et le Père Schoii, jésuite , les ont publiés l'un et l'au're; Trnclalus de operibus nex dierum, publié par Den\s Perlonnet, de Melun, théologal d'Auxerre.

ARNAULD (Antoine) . fils aîné d'Antoine Arnauld , avocat général de la reine Catherine de Xlédicis , naquit à Paris en 15(30. 11 fut reçu avocat au parlement et s'y distingua par plusieurs plaidoyers. De toutes les causes qu'il plaida , il n'y i-n eut point de plus célèbre que celle où Henri IV el le duc de Savoieassislereiil.il s'agissait d'une femme qui accusait un jeune hmnniedn meurtre de sou fils; Arnauld. avocat de la mère, gagna celle cause. J^on pl^ido^er conlre les jésuites en faM'ur de l'université de Paris, en ISOl, lui acquit encor- plus de célébrité. « Les « circonstances dans lesquelles il fut fait,

dit l'auteur des Trois siècles, contribuèrent « beaucoup à le meilre en vogue chez les « ennemis de la société. Si on le lit aujour- « d'hui de sang-froid, on y remarquera « plutôt ce Ion de chaleur et d'emportement « qui naît de la prévenlion, que le caractère « de cette véritable éloquence qui réunit « la vérité des faits à la force de l'expres- « sion. » Il a été réimprimé, en 1717, in-12, avec un plaidoyer do M. Chevalier, avocat au parlement, de l'an 1610. Il publia un autre ouvrage conlre la société de Jésus; il a pour titre : Le franc et véritable discours du roi, sur l> rétablissement qu' lui est demandé pour les Jésuites, in-8°. Henri IV, auqui I il etail adressé, n'en fit aucun cas, et ne laissa pas que de rétablir les Jésuites. Parmi ses autres ouvrages, on citait dans le temps L Anti-Espagnol , et les deux Philippiques, contre Philippe II , roi d'Espagne; Lu Fleur d' lis. l.>9o, in-S"; La délivrunre de la Bretagne; La prvmiire Savoisiennc, ItiOl, in-8°, réimprimée à (îrenoble, en 1G3(), avec la seconde; un Avis nu roi Louis XIII pour bien régner, 1615, in H'. Arnauld mourut en 1619, âge de 59 ans. Il eut de Catherine Marion 22 enfants , dont douze moururent en bas âge, et parmi les dix autres étaient 6 filles qui furent toutes religieuses à Porl-Boyal. On l'accusait d'être huguenot. Il est yrai qu'il était fort opposé il la ligue; mais on prétend qu'il ne l'éait pas moins à la religion prétendue réformée.

ARNAULD D'ANDILLY (Robert), fils aîné du précèdent , naquit à Paris en 1589. Il parut îk la cour de bonne heure et y eut des emplois qu'il remplit avec distinction. Il y eut beaucoup de crédit, et n'en fit usage que pour rendre service à ses amis. Balzac disait de lui, « qu'il ne rougissait point des vertus « chrétiennes, el ne tirait point vanité des «'vertus morales. » A r<1ge de 55 ans, il quitta le monde pour se retirer dans la solitude de Port-Royal des Champs. Il dit, en prenant congé de la reine-mère, « que si « S. M. entendait dire qu'on faisait des sa- « bols à Porl-Roy.il , elle n'en crût rien ; « mais que si on lui rapportait (|u'on y cul- « tivait des espaliers , elle le crût, et qu'il

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« espérait en fnire mnii(;er des fruits à sa ma- « jesié. » Il lui en envoyait tous les ans, que Mazarin appelait, en riant, des fruits bénits. « L'anecdote des sabots, dit un auteur, paraît « néanmoins bien ronslalée ; ce n'était pas là « d'ailleurs une i m pu ta lion dont des solitaires « liuniblcs et mortiliés dussent se défendre. Si (( le fameux Paris a passé une partie de sa vie « à faire des bas au métier, pourquoi d'autres « saints du parti auraient- ils rougi de faire « des sabots? » Il mourut en lG7i, à 83 ans. Son esprit el son corps conservèrent toute leur vigueur ju.-qu'à ses derniers instants. On a de lui plusii urs ouvrases : la Traduction des Confessions de saint Augustin, in-8° et in-12-, de l'Histoire des Juifs, de Josèpho, 3 vol. in-8°et in-12, plus cl 'gante que fidèle, au juijement de plusieurs savants, et en particulier (lu Père Gillet, génovéfain , dernier traducteur de cet historien. La meilleure édition est celle d'Amsterdam, 1081, 2 vol.in-fol. avec figures; Des Vies des saints Pères du désert, et de quelques saintes, écrites par des Pères de l'Eiilise. 3 vol. in-8"; de l'Echelle suinle, de sainl^lean Glimaque; des OEuvres de sainte Thérèse , in-4.% ItilO; de celle du R. Jean d'Avila . in-f'd. Ces traductions ont été bien accueillies , et l'on ne peut nier qu'elles n'aient contribué à entretenir parmi les chrétiens l'esprit de jjiété et de foi. Celles qui sont faites sur le latin sont plus exactes que celles qui sont faites sur le grec. Elles sont en général écrites d'un style clair et aisé. Mémoires de sa vie, écrits par lui-même. 2 vol. in-12, imprimés en 173i.Ces sortes d'écrits sont toujours le fruit de l'égoîsme, et quelque raffiné que soit l'amour-propre, on l'y reconnaît toujours. Poéine sur la vie de .lésus-Christ , petit in-12; OEuvres chrétiennes, en vers, et plusieurs autres ouvrages. L'auteur du Projet de Bourg-Fontaine a (TU que les initiales A. A. de la Relation de Filleau désignaient Arnauld d'Andilly. Voy. FiLi.EAU.

ARNAULD (HenriI, frère du précédent, naquit à Paris , en 1597. Après la mort de tjournay, évéque de Toul, le chapitre de cette ville élut unanimement pour son successeur l'abbé Arnauld, alors doyen de celte église. Le roi lui confirma cette nomination, à la prière du fameux Père Joseph, capucin; mais les querelles que le droit d'élire occasionna rempéchèrent de l'accepter. En 1643, il lut envoyé extraordinaire de France à Rome, pour calmer les contestations survenues entre les liarbyrins el Innocent X. L'abbé Arnauld montra beaucoup de zèle pour les intérêts de sa pairie et pour ceux des Barberins. CfUe maison lit frapper une médaille en son honneur , et lui éleva une statue. Arnauld , de retour en France , fut fait évéque d'Angers, l'an ItiV.). 11 ne quitta qu'une seule fois son diocèse, et ce lut pour convertir le prince de farenle. et pour lo réconcilier avec le duc de la Tréuiouille, son père. La ville d'Angers s'etant révoltée, en 11)32 . ce prêtai calma la reine mère , qui s'avançait pour la punir, et lui dit un jour, en lacommuuianl : « Recevez, Madame, votre

« Dieu qui a pardonné à ses ennemis en « mourant sur la croix. » Celte morale était autant dans son cœur que sur ses lèvres. On disait de lui « que le meilleur titre pour en • « obtenir des grâces était de l'avoir offensé. » 11 éiail le père des pauvres et la consolation des altligéi. La prière, la lecture, les affaires de son diocèse, occupaient tout son temps. Quelqu'un lui représentant qu'il devait prendre un jour de la semaine pour se délasser, il lui dil:<(Oui,ie le veux bien, pourvu que vous « me donniez un jour où je ne sois pas évê- « que. » Il fut fidèle au roi dans la guerre des princes. Il signa le formulaire après l'avoir refusé, et lit sa paix, non sans quelque subterfuge, avec Clément l\ {voy. ce nom). « Il ne faut pas juger trop sévèrement, dit « un théologien jiiilicieux et modéré, quel- « ques hommes célèbres qui, dans les pro- « miers temps du jansénisme, ont témoigné « du goût pour cette hérésie naissante. Elle '( avait alors tellement réussi à prendre les « dehors de la piélé, de l'auslérilé, du zèle, (c et même de l'attachement à l'Eglise catho- « lique, que bien des personnes ont pu être « les dupes de l'hypocrisie. Les scènes scan- « daleuses de Saint- .Médard, les farces sa- « crilegesdes secouristes , le schisme formel « de la prétendue église d'Utrecht, n'avaient « pas encore eu lieu. Le jugement de l'Eglise « s'est manifesté par des décisions plus for- « melles et plus soutenues, par des décrets « pontificaux, solennellement et universel- « lement reçus, par la conviction complète « et générale de tous les catholiques; tous « les sublerfugrs du parti , toutes les subti- V. lilés des dogmalisanis opiniâtres dans « l'erreur ont été confondus ; les a|iparences « de la piété ont fait place au libertinage et « au philosophisme. L'illusion qui a pu « exister d'abord s'est dissipée ; et il ne faut « pas douter que bien des gens qui ont paru (( favor'ibles au parti, se garderaient bien « de l'être aujourd'hui. » On sent bien que celte réilexion ne regarde pas les fondateurs, ies chefs, el les principaux agents (1). Arnauld mourut en 1G92, à l'âge de 93 ans. Il avait perdu la vue cinq ans auparavant. Ses négociations à la cour de Rome et en dilïéreiites cours d'Italie ont été publiées à Paris en 17i8, 3 vol. in-12, longtemps après sa inorl. On y trouve beaucoup d'anecdotes curieuses et des particularités intéressantes, défigurées quelquefois par l'esprit de prévention.

ARNAULD (ANïOiNii;), frère des deux pré-

(1) Les roniinciicenienis il'iuie seoic seinoiiiren» pres(iiio liiiijours sons les formes les plus dini('e> ; mais, parmi jnsle jugeiiicnl de bien, le iiiiis(|iie oc larde pas ii Ininber. L'espril de réliellion cl de haine coiiue le sailli --iiijîe , qui a singulièreinenl aminé les moilernes tlisciples de Jaiiséiiiiis ; rélnigiieiiieiil des sarri-Mieius , réduit en sysièine siius le spécieui préii'xie de noire iiidignilé ; eiilin la piéleniliie con siiuilion civde du clergé, forment un corps de preu» ve> Miltisaiil lie ce ipic iioas avançitns tri ; el l'on peut, il c|uol iiie cliose près, appliinior à la secliS jani-éiiifiine crllo tiiade de la lleiiriutic:

J'ai vu naître autrefois le calvinisme en France.

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C'denls, et le vingtième des enfants d'Antoine Ainauld cl de Callierine Marion, né en 1C12, fit ses liiimanités et sa philosophie aux coiléiies de Caivi et do t^isieux ; il prit ensuite des leçons de théoio<îie sous Lescot, qui dictait le iraité de la grâce, et s'éleva contre son professeur. Dans so» Acte de tentative, soutenu en 163G, il mil en thèse des senlinienls sur la grâce enlièromenl opposés à ceux qu'on lui a»ait dictés, et les di'fendit avec une vivacité qui annonçait ce qu'il ferait plus lard. Il prit le bonnet de docteur de Sort)onne, en 115'tl; et en prêtant le serment ordinaire dans l'église de Notre-Dame, sur l'autel des martyrs, il jura de défendre la vérité jusqu'à relïusion de son sang, promesse que font depuis tous les docteurs. Deux ans après, il publia, avec l'approbation de quelques évèques et de 2i docteurs de Sorbonne, son \\vre De la fréquente communion, auquel il aurait pu donner un litre tout opposé. Ce traité fut vivement attaqué par ceux contre lesquels il paraissait être écrit; mais il fut défendu encore plus vivement. Les disputes sur la grâce lui donnèrent biemôt occasion de déployer son éloquence sur une autre matière. Un préire de Saint-Sulpice ayant refusé l'absolution à M. le duc de Liancourt, qui était estraordinairemcnt signalé dans la d^'fense du livre de Jansénius, Arn luld écrivit deux lettres à celle occasion. On en tira deux propositions qui furent censurées par la Sorbonne en 1G56. La première, qu'on appelait de droit, était ainsi conçue : « Les Pèies nous montrent un « juste en la personne de saint Pierre, à (jui «la grâce, sans laquelle on ne peut rien, a « manqué dans une occasion où l'on no «saurait dire qu'il n'ait point péché. » La seconde, qu'on appelait de fait : « L'on peut «douter que les cinq propositions condam- « nées par Innocent X et par Alexandre VII, « comme étanlde Jansénius, évéque d'Ypres, « Soient dans le livre de cet auteur. >> Arnauhl n'ayant pas voulu souscrire à la censure, fut exclu de la faculté. Quelque temps auparavant, il avait pris le parti de la retraite; il s'y cnsevelil plus profondément depuis cette disgrâie, et n'en sortit qu'à la prétendue paix de Clément IX, en 1(578. Il lut présenté au nonce, à Louis XIV, et à toute la cour. On l'accueillit comme le méritaient SCS talents et le désir qu'il faisait paraître de jouir du repos que donne la soumission à l'Kglise. Il travailla dès lors à tourner contre les calvinistes les artnes dont il s'était servi contre la Sorbonne cl les évêques. Ces temps heureux produisirent la Perpéluité de la foi, le Renversement de In morale de Jésusi'Urisl pur les cah inistes, et plusieurs autres ouvragesde controverse qui le tirent redouter des protestants. Il semblait que la tranquillité fiil revenue pour toujours ; mais la démangeaison lie dogmatiser troubla bientôt ce calme passager.. \rnauld, devenu suspecl par les visites nombreuses qu'il recevait, et cru dangereux par Louis XIV, se retira dans les l'ajs-lias en Ki'i), loin de l'oraue qui le nieDaçait. Son Apologie du clergé de France

■^i de>s cntholiquet d'Angleterre , contre le minisire Jurieu, fruit de sa retraite, souleva la bile du prophète protestant. Cet écrivain lança un libelle intitulé VEsprii de M. Arnau d, dans lequel il maltraitait étr.iusemeut ce docteur, qui refusa dy répondre, mais qui n'y fut pas moins sensilile. Une nouvelle querelle l'occupa bientôt. Le P. Malebranche, qui avait embrassé des sentiments diflerents sur la grâce, les développa dans un Iraité, et le fit parvenir à Arnauld. Ce docteur, sans répondre à .Malebranche, voulut arrêter l'impression île son livre ; ce qui n'était point un procédé bien généreux.

N'ayant pu en venir à bout, il ne pensa plus qu'à lui déclarer la guerre. Il fit le premier acle d'hostilité en 1G83. Il y eut plusieurs écrits de part et d'autre, assaisonnés d'expressions piquantes et de reproches trèsvifs. ArnauM n'attaquait pas le Traité de la nature et delà grâce, mais l'opinion que l'oa voit tout en Dieu, exposée dans la iîec/iercAe de la vérité, qu'il avait lui-même vantée autrefois. 11 intitula son ouvrage : Des vraies et des fausses idées. Il prenait ce chemin, qui n'était pas le plus court, pour apprendre, disait-il, à Malebranche à se défier de ses plus chères spéculations métaphysiques, et le préparer par là à se laiser plus aisément désabuser sur la grâce. Malebranche se plaignit de ce qu'une matière dont il n'était nullement question avait été choisie, parce qu'elle éiail la plus métaphysique, et Tsar conséquent la plus susceptible de ridicule aux yeux de la plupart du monde. Arnauld en vint à dos accusations cerlainement insoutenables : que son adversaire met une étendue matérielle en Dieu, et veut arlificieuseinent insinuer des dogmes qui corrompent la pureté de la religion. On sent que le génie d'Arnauld était tout à fait guerrier, et celui de Malebranche Ion pacifique. Arnauld avait un parti nombreux, qui chantait victoire pour son chef dès qu'il paraissait dans la lice. Ses Réflexions philosophiques et théologiques sur le Traité de la nature et de la grùce, publiées en 1083, le rendireni vainqueur dans l'esprit de ses partisans ; mais Malebranche le fut aussi aux yeux de ses disciples, et même au jugement des gens qui n'avaient aucun intérêt dans la querelle. Cette dispute dura jusqu'à la mort d'Arnauld arrivée a Bruxelles en ICOi. Malebranche lui avait déclaré «qu'il était las de donner au monde un spectacle, et de remplir le yourna/ des Savants de leurs pauvretés réciproques.» Les partisans de Jansénius perdirent le plus habile defL-nseur qu'ils aient eu. Son cœur < fut apporté à Port-Uoyal, puis transféré à Palaiseau. Sanleuil et Boileau lui firent chacun une épit.iplie, l'un en latin et l'autre eri français. Personne n'était né avec un esprit plus philosophique, mais sa philosophie fut corrompue par la faction qui l'entraîna. Cette faction dangereuse plongea, pendant 60 ans, d ins des controverses toujours longues et souvent inutiles, et dans les malheurs attachés à l'opiniâtreté, un esprit fait pour éclairer les hommes. .Vrnauld vécut jusllu'^

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82 ans dans une retraile ignorée, inconnu, sans fortune, même sans (lomestiqnc, lui donl le neveu avait été ministre d'Etat, lui qui, si l'on en croit ses disciples, :,urail pu être cardinal ; et cela pour des opinions qu'il ne croyait pas liii-:nême. Voi/ez Jansénios. Le plaisir d'êiro chef diï parti lui tint lieu de tout. Il avait si grande peur d'être reconnu en Flandre, et qu'on exigeât de loi une soumission parfaite aux décrets de l'Eilise, que, sentant approcher sa di'rnière heure, il aima mieux expirer entr,' Ivs bras du P. (Jniesni'l, son disciple, qui lui ad ninistra If viaiiquc et l'exlrèiiie-oiiciioii, quoiqu'il n'oiji passes pouvoirs, (jue d'appeler un prêii e approuvé do l'ordinaici'. On a sous son nom environ 14-0 vol. en liilîcrents foroi its, donl un grand nombre est l'ou^rage di^ ses disciples, qiii ont voulu en fair- honneur à h'ur chef, ou leur assurer la vogue par l'aulorilé d'un gr.ind nom. 0;i peut les diviser en cinq classes : la première, co/nposée des livres de belles-lettres et de philosophie : (inunm'iire gi'nérnle et raisonnée, avec Lancelot, publiée de niuveau en l75(î, sous ce titre ; Grammaire (/énérule et raisonnée, contenant les fondements de l'art di' parler , clc. , par M.M. de Porl-Koyal, nouvelle édition, augmentée des notes de Duclos, de l'Académie française, et d';in supplénieni par l'abbé Fromant, in-12; Elenienls de géométrie ;\,i Loniqne ou l'art de penser, avec Ni!:ole : livre lort melhodi(|ue, propre à fiiresiisir les règles d'une bonne logique; Réflexions «ur l'élixinence des prédicuieiirs, à Paris, en 1695, adressées à Dubois, membre di; l'Académie, qui, dans la préface; d'un Traité tradiiil de saint Augustin, avait avancé que les prédicateurs didvent renoncer à rélo()iience; O'ijpctions sur les méditations de Descarlis ; le Traité îles vroies et des fausses idées, à Cologne, en l(j83. La 'ienxième classe, des ouvrages sur les inalières de la grâce, dont on trouve une li-te fort longue dans le Dictionnaire de Moreri. Le principal est celui dont nous avons parlé phjs haui, sous le liti-e de /iéflexions jihilosophiiiues et tliénlogi(/nes. La plupart des autres ne roulent que sur des disputes parlicnlières, si l'on en excepte la Traduction des livre; de saint Augustin, delà Correction, de luGrâc, etc. La troisième, des livres de controverse contre les calvinistes: La perpétuité delà foi, onvragi- au(|uel il avait eu, dit-on, beaucoup de pari, el qi'il publia sons son nom, comme Nicole son coopérai, ur l'avait désiré. Clément IX, à qui il fut dédié, Glernenl X el Innoceni XI lui firent écrir>' des lellres de remerciement. Plusieurs écrivains ont assuré que cet ouvrage est entièrement de Nii-olc, et qu'il ne lut attribué à Arnauld, ainsi que plusieurs autres, que jjour rehausser la célél)rilé et l'anioriié du chef du parti, place qu'il paraissait élre particulièrement propre à remjilir, élanl frère de l'évéque d'Angers, d'Arnauld d \ndilly, de la mère Angelit)uc el cousin du doc de Liancour; el l'on ne peut douter ()uc sa gr.ude réputation ne fût l'ouvrage de sa secte, bien plus que

celui de sa science. Les jansénistes ne l'appelaient que le grand Arnauld : caractère particulier de l'hérésie, dont le propre a toujours été d'élever jusqu'au ciel ses fauteurs et ses s"claleurs, et d'abaisser jusqu'au néant ceux qui osaient l'ailaquer et la combattre; le Rrnversfinenl de la tnnrnle de Jésus Christ parles calvinistes, Qn 1G72, in-i"; V Impiété de la morale des cnlrini^les, en lC7a ; ['Apologie p lur les catholiques; Les calvinistes convaincus dedogines impie» sur la morale; le Prince d'Orange, nouvel Absidon, nouvel Ilérode, nouveau Cromwell. l/auteiir du Sircle de Louis XIV prétend que ce livre n'esl pas d'Arn aulJ , parce ([ue le style du litre ressemble à celui ([u P. Garasse; il ne conn lissait pas sans doute l'abondance des termes qu'Arnauld trouvait sous sa main quand son zèle s'eullaminait. Cet ouvrage a toujours passé pour être de lui ; on dit même que Louis XIV ordonna qu'on le fît imprimer et qu'on en envoyât des exempl.iires dans toutes les cours de lEurope. La quatrième, des écrits conirc les Jésuites, parmi lesquels on distingue la Morale pratique dfs Jésuites, en 8 vol. qui sont presiiue tous d'Arnauld, à l'exception du premier, el d'une partie du second, il y a dans cet ouvrage peu de choses vraies, beaucoup d'altérées, el un plus grand nombre d'exagérées. On peut mettre dans cette quatrième classe tous les écrits contre la morale relâchée, dont il était un des plus ardents ennetnis. Voyez Pontchasteau. La cinquième , des écrits sur riicriture sainte : II istoireel Concorde é rang f'lique,L't\liii\\\,iGô3; la Traduction du Missel, en lan jue vulgaire, autorisée par l'Ecriture sainte et par les Pcres, faite avec De Voisin. Voyez une réilexion de Fénelon à l'arli. le Eustochium. Défense du Nourenu Teslamml de Mons , contre les sermons de Mainbourg, avec Nicole, et quelq les autres écrits sur la même matière, etc., etc. On a imprimé après sa mort neuf volumes de Lellres, ()ui peuvent servir à ceux qui voudionl écrire sa Vie. On troave dans le troisième volume de ses Lettres une réponse aux reprocaes qu'on lui avait laits de se servir de termes injurieux contre ses adversaires ; elle a pour lilre : Disserlulion, selon laméthoie des géom'lres, pour la justification de ceux qii,en de cerlainesrencontres, emploient en écriv ni des termes que le monde estime <Uirs. Il veut y prouver, par l'Ecriture cl par les Pères, qu'il est permis de combat- Ire ses adversaires avec des traits vifs, forts et piquants, il ne songeait [lasque ses adversaires n'étaient p is , pour l'ordinaire , ceux de l'E. rilure el des Pores, et (|uuu zèie cuilammé contre les ennemis de Dieu «si très différent de celui q li briile pour des opinions et riionueur d'un parti. (Jette apologie ne pouvait donc ju^tilier son slyle àpri- et insultant. iNous iiniroos ce long article par une réilexion du i)ieux réfortu iteur de la Trappe, .M. uc Kance. « Euiin voilà <i M. Arnauld mort (ecrivail-ii à l'abbe Ni- (1 caise , cbanniut' de Dijon) ; après avoir « pousse SI carrière aussi Imii qu il a pu, il « a fallu qu elle se soil terminée. Sou crudi-

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« tion et «on aniorilé étaient d'un grand poids « pour le pari i. Heureux qui n'en a point dau- « Ire que celui de Jésus-Christ 1 » Le P. Qucsnel a publié la vie d'ArnauId, avec des pièces relatives et des écrit* postliunns. 1 07. 3A\si:- MDS, i'inis, MoNTGKiioN, HocFiE (Jacques).

AliNAULl) (Maiue-A-NGÉlique), de Sainte- Madeleine, née en 1591, ;iœur d'Anioine Arnauld, ahbesse de Porl-Rojal des Ch^iniiis à 14 ans, mit li réiorme dans son abbij'!' à 17. Elle fil revivie dans celte maison l'aiicicnne disi'ipline de l'ordre de Sainl-Bernaril La réforme de l'abtjayt- de Mai)buisson,gouver-^ née par la so'ur (ia!)rieUe d'E^-lrées, lui causa bien des sollicitudes, parce qu'elle voulait y accréditer en méine temps le» nouvilh's erreurs qu'elle avait introdu tes à Porl-RoyaL E'ie mourut en 1601. — Sa so'ur, la mère Agnès, publia 2 livres, l'un \i)li[u\ô: L'image de la rdiijieu<e ])nrfailc cl imparfaite, Paris, I660, in-12 ; et l'autre : Chapelet secret du saint Sacrement, IG'o-î, in-12, accusé d'erreurs par quelques docteurs, il supprimé à lloLiie. La mère Agnès UDurulen 1671. Elles étaient cin(| sœurs relijjieuses dans le même monastère, toutes très-opposies à la si;;nalure du formulaire, et lorlemenloccupées des disputes sur la grâce. Coiunie si la simple foi, dit Bussuel, ne valat pas in;eus que tout cela, surtout pour des Glles, et plus encore pour des filles consacrées à Dieu, dont l'humilité et la docilité doivent être les premières <]ualilés. On attribue aussi à la mère As^nès les Cunstitulions de Port-lîoijal, La mère d.' ces deux abbesses, la mère Angélique de S'iinl- Jean, a écrit des Helutious, des HéjJexions et des Conférences. E le eut une grande part au Nécrolui/e de Port-Royal, cl mourut en 168V.

ARN.AVON {Français), né versl7l0àLisle, petite lille sur la Sorgue, près de la fontaine de \'aucluse, fil ses études eu Surlionne et fut nommé chanoine de la collégiale de Lisie et prieur-curé de Vaucluse. Lo.sqiie le comte di' l'roveiice, depuis Louis XViil, vint, en 1777, visiter la foniaine de V.iucluse, l'abbé Arnavon eut l'Iionneur de raccompagner. Ce lut à celle occasion qu'il forma le projet de décrire la célèbre fontaine et ses environs, et d'éclaircir l'histoire de Pétrarqueetde Laure. Il fut député, en 1790, auprès du pape Pie VI par l'assemblée représentative du comlat Venaissin, et pendant la révolution il consatra ses loisirs à des travaux littéraires. Après le concordai de i802, il fui nommé chanoine titulaire de Pliglisc île Paris. Arnavon mourut le i'6 novemlire 182V, étant doyen du cliapiire'de cette métropole; il avait aussi le titre de vicaire général de l'inhevêque de Corfou. On a de lui : Discours- apo'ogétic/w de ta religion chrclieniie, au sujet de plusiems assertions du Contrat SOi'ial, et contre tes paradoxes des faux politiques du siècle, 1"73, in-8"; Voyage à Vaucluse, Paris el Avij;iiiin, 180V, iu-i>- ; Pétrarque à Vaucluse, et histoire de la f ntaine de Vauilusr, Paris, 1 0.1, in-S"; nouv. édit., Paris, 1803, in-8° ; Rct <ur de la fontaine de Va\ cluse, conle-iani l'îii'toire de cette source, et (nul ce qui est digne d'observation dans

cette contrée, Paris, 1805, in-8°. L'auteur a beaucGUp profité des Mémoires ; ::r la vie de Pétrarque, publiés par l'abbé de Sades, 1764., 3 vol. in-i".

ARNDT (JiîâN), Arndtius, un d^s mystiques de la religion réformée, naquit à C;]!leiisladi, dans le dueié d'Anhail, en 15o3. II étudia d'abord en médecine ; mais cote science ne l'ayant pas empêché d'être dangereusement malade, il fil vœu de s'appliquer à la théologie, s'il guéiissait : il fut successivement ministre dans son pays, à Quedlimbonrg el à Brunswick. Les eneurs qu'on lui attribua l'obligèrent de se retirer à Isleb. Ceorges, duc de iLunebourg. l'en tira Iroi, ans après, en IGll, pour lui donner la stirintend.Micede tontes les églises du duché de Lunebourg. Il mourut à Zell en 1621. On a de lui un ouvrage célèbre, intitulé Du vrai christianisme, Iriniuil en latin, Londres, 1708, 2vol.in-8°,elenrrançais,parSainueld(Beauv;;l ; il veut y prouver que le dérég'emenl des mœurs, qui régnait alors parmi les protestants, ne \enail une de ce qu'ils rejet, ient les bonnes œuvres ol qu'ils se conteiitiient d'une foi stérile. Il ;ivail beaucoup In, heancowp médité Tanière, Thoni.is à Kempis, saint Bernard el les autres auteurs ascéli- (lues. Il eûl fallu commencer par embrasser la vraie foi, que es écrivains professaient, et ne chercher qu'ensuit,^ à recueillir c))ez eux les lumières mystiques. Luc Osiandn-, théologien de Tobingen, l'attaqua avec viv;icile dans son Jurfi", ium tlieologicum.

ARNDT (JosiiK), professeur de logique à Hoslock, prédicateur de la cour el conseiller ecclésiasli(jue du duc de M(cklemb.>urg, mourut à Gustrou, lieu de sa naiss.mce, le 3 avril 1G87, à 61 ans. On a de lui Miscellanea sacra, 16'r8, in-S"; Anti-Vallnnbourg, (luslrou, 16l5V, in-V"; Clnds antiquitatùm juduicarum , Leipzig, 1707, in-4-°. Il a\ail des connaissances très-étendues dans Ihisloire et les sciences. — Son fils Charles, professeur de poésie el d'hébreu dans 1 ccoie de Melchin, morl en 1721, a laissé plusieurs Dissertations poétiques dans les iMélanges de Leipzig, el d'autres ouvrages dont Moréri donne la liste.

ARNKIKL (Trogillus), historien et surintendant des églises luthériennes de Holslein, mort en 1713, a laissé plusieurs ouvrages, savoir : Religion des Cimbres païens, en allemand, dont il s'est fail plusieurs éditions, not.imment à Hambourg, 1763, in-V"; /7istoire de la conversiùn des pruples du Noid, accompagnée d un tableau de leurs mœurs, etc., en aile ,:and, el un grand notnbre d'ouvrages de controverse et (ie piété. On cite encore son traité De philosophia el schola Epicuri, Kiel, 1671, in 4'. — Son fils Arnriei, (Fré'léric), bourgmestre d'Appenradi' dans le Holslein, esl autur d'une Histoire, en allemand, de l'clablissemeiH du christianisme dans ['• \iird, ulukslailt, 1712, in-V°. L'auteur, <)ui CD'iipos.iit son livre postérieuremenl aux publicitions do Codefroi Arnold, écrit dans un esjirit n'n[)pusition entre cul historien luthérien.

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ARNOBE L'ANCIEN (Arnobius), fameux rhéteur, enseisina la rhétorique à Sicca, en Afrique, sa pairie. Laclauce fut son (iisciple, 11 se fit chrétien sous l'empire de Dioclétien, et signala son entrée dans la reliaiion par ses Livres contre les Gentils. Uonie,154-2, infol.; Amsterdam, 1631, in-V. La meilleure édition est celle de P.iris, 16CG, à la suite des OEuvres de saint Cjprien. Il n'était pas encore baptisé lorsqu'il composa cet ouvrage ; et ne pouvant pas être parfaitement instruit de nos mystères, il lui échapjia quelques méprises. Dom Le Nourry et doni Cellier l'ont justifié sur plusieurs arlirles. Le P. Petau a jugé trop sévèrement quelques-unes de ses expressions touchant le mystère de la Trinité. Ce qu'il dil contre le paganisme est assez solide; ses preuves pour le christianisme sont moins heureuses. Il a dans son style la véhémence et l'énergie des Africains, mais il écrit souvent en professeur de rhétorique ; il emploie des termes durs, emphatiques, et des phrases obscures et embarrassées. Saint Jérôme raconte qu'avant sa conversion il était un des plus ardents sectateurs du paganisme; qu'il était très-habil<? dans la théologie païenne et très-ennemi du christianisme, auquel il fut appelé, ajoute ce Père, par des avertissements que le ciel lui donna en songe {somniis compnlsusu Les historiens les plus estimés rapportent divers exemples de conversions qui s'opérèrent dans ces temps orageux pour rE;,'!ise, en conséquence des songes ou des visions envo\ es d'une manière surnaturelle. On peut voir nommément ce que dit Eusèbe, I. vi, c. 5, de saint Basilide, soldat. Mais rien de plus remarquable que ce qu'en écrit le savant et. solide Origène [Lib. contra Celsum . « Plusieurs, dit-il, « ont embrassé le christianisme par l'esprit « de Dieu, qui frappait leurs âmes d'une im- « pression subite et qui Lur envoyait des « visions tant le jour que la nuit, en sorte « qu'au lieu de rejeter la parole divine, ils « devenaient disposés à y conformer leur

« vie. J'en ai vu plus d'un exemple Je

i< prends Dieu à témoin que mou but est de « faire aimer la religion de Jésus-Christ, non « par des contes inventés à plaisir, mais par « la vérité et par le récit de ce qui est arrivé « eu ma présence. » Arnobe mourut vers 320. 'l'rithème a eu tort de lui attribuer un Commentaire sur les Psaumes; il esld'Arnobe le Jeune , qui suii.

AUNOBf: LE JEUNE, que l'on croit Gaulois d'origine, élait, dit-on, moine de Lérins vers 'iliO,<iu, selon d'autres, un de ces prêtres de Marseille (|ui atlaquèrent quelques points de la doctrine de saiiil Augustin et de ses disciples dans le v' siècle, il est auleur d'un Commentaire sur tout le lexie du l'saulier, qui paint à Bâlc, laiH et loGlt, in-8 ; à Paris, lo.'lO. in-8", et enfin dans la Bililiulhèque des Pères. Les aulies ouvrages (|u'om lui attrihue ne sont pas de lui. Le semi-pélagianisnie reproche à cet auleur est particulièrement fondé sur le passage suivant : i>e nume que la yrilce précède lit vulunté, ta io~ lunld précède uusst ta (jrâcc; car vous n'c'les

pas baptisé avant de vouloir croire. Les auteurs de l'Eglise gallicane remarquent qu'on peut donner à ces paroles'un sens catholique ; d'autres en ontjugé moins favorablement.

ARNOLD (CoDKFROi ou Geoffroi), ministre de Perleberg et bisloriograpbe du roi de Prusse, naquit à Annaberg, dans l'Eslzgeburg, le 5 septembre 16li5. Il fut l'un des plus ardents défendeurs de la secte des piétisles, secle prntestante d'Allemagne qui se pique d'être (ilus régulière que les auires. 11 mourut en 1714^. On a île lui une Histoire de l'e'ylise et des Iterésies, Leipzig, 1700, 2 v. in-fol., et augmentée à Srhaffouse, 17i0, 3 v. in-fol.. qui lui atlira beaucoup de traverses. Son Histoire de la théologie mystique est presque le seul ouvrage qu'il ait écrit en lalin. Il en a composé beaucoup d'autres en allemand, qui ne sont lus que par ceux dont l'imaginalion n'est pas mieux réglée que celle de l'auteur.

ARNOLDUS (Nicolas), ministre protestant, né à Lesna, en Pologne, en 1618. Après avoir parcouru différentes villes, croyant par ces Sortes de pèlerinages perfectionner ses talents, il fut recteur, en 16.'Î9, de l'école de Jablonow. Nommé, en 16ol, professeur de théologie à Franecker dans la Frise, et trois ans après prédicateur académique, il se fil une certaine réputation par ses sermons, et mourut en 1680. Ou a de lui : Jîéfniation du Catéchisme des sociniens ; un Commentaire sur l'EpUre aux Hébreux ; un ouvrage inli- Inlé Lux in lencbris, etc., Leipzig, 1698, in-8". C'est une explication des passages de FEcrilure dont les sociniens abusaient. Ce qu'il y a d'estimable dans les écrits de ce ])rédicant, c'est qu'au lieu de s'acharner, à l'exemple de ses confrères , contre l'Eglise catholique, il tourne presque toujours ses armes contre les ennemis de la divinité de Jésus-Christ. — Michel Aunold, un de ses fils, mort le 28 mars nSS.à Harlem, où il elail ministre du saint Evangile, a publié, en 1680, à Franecker : Codex 'fatmudtcus Tamid., etc., avec une traduction et un commentaire. Cet ouvrage a été inséré dans le tome \' de la AJishna de Surcnhusius. On ronnail encore de lui, en hollandais, des HJcditaliuns chrétiennes, Ilarling, 1087, in-12; et une Oraison funèbre du prince Hejiri Casimir, Leuw., 1697, in V'.

AKNON, chanoine régulier, florissait dans le XII' sièile. Il fut doyen de la con)munauié de Reitherspergh, en Bavière, et mourut le 30 janvier 117o. (i'elait un homme rectnnmaudable par sa piété, sa science et son zèle pour la reforuic des congrégations des chanoines réguliers, comme on le voil dans un ouvrauc intitulé Scuiuiii canonicorum, où il parle de la façon de vivre, des coutumes et des ot)scrvances des chanoines réguliers do son temps. Il y a beaucoup de piété et d'unetinn dans cet écrit ; il y soutient que l'etul de chanoine régulier peut être aussi parf.iit ijue celui de moine. Ce n'est pas une des moiudre.> pièces du recueil publié par Raimond Duclli sous le litre de Miscetlanea,

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Augsbourg, 1723, in-4°. Arnoi» ne fut pas moins zélé pour la ilocirine de l'Eglise et contre ceux qui l'aKaqucnt. 11 composa un bon ouvrage contre Folmar, prévôt de Treiffenstein en Franconie, qui débitait des erreurs touchant l'Eucharistie. On peut voir sur cet ouvriige la Bibliothèque des Pères, édition de Cologne, toui. XIII,eirA«cf(inMm d'Auberl Le Mire.

AKNOUL (saint), évêque de Metz, était né vers 580 au château de Lay, près de Nancy, et fut élevé par lessoins de Gondulphe, maire du palais d'Auslrasie sous Théodebert 11, à la mort duquel il exerça plu^ieurs emplois à la cour de ce roi. Ayant perdu son épouse, il entra dans l'état ecclésiastique, el fut nommé à l'évêché de Metz en 611. Ciotaire II ayant divisé ses Etats en 6'22, et fait son fils Dagobert roi d'Austrasie, il mit saint Arnoul avec Pe|iin de Landen à la tête du conseil du jeune prince. Tandis que le saint eut part aux affaires, Dagobert régna avec autant de vertu que de gloire et de bonheur. Mais Arnoul ne pouvant résister au désir qu'il avait de ne plus s'occuper des choses de la terre , alla se cacher dans les déserts des A'osges, près de Kemiremont, où saint Uomaric, son ami, avait fondé un monastère. Saint Arnoul avaiteu de Uode, sa femme, deux fils, dont l'un nommé Anchise , fut père de Pépin d'Hèrislel, qui eut pour fils Charles-Martel , duquel les rois de France de la seconde race sont descendus. La Vie de ce saint évêque, écrite avec fidélité par son successeur, a été traduite par Arn luld d'Andilly. Saint Arnoul mourut le IG août GiO. Ses reliques rapportées à Metz se conservaient dans l'abbaye de son nom. Le martyrologe romain fait mention de lui le 18 juillet; en France on célèbre sa ièle le IG août. — Un autre Arnoul, dont la vie nous est presque entièrement inconnue, prêcha la foi parmi les Francs, après que le roi Clovis eut été baptisé par saint Rémi. Ses travaux apostoliques furent traversés par de grandes contradictions. Il reçut la couronne du martyre dans la forêt d'Yveline , entre Chartres et Paris. Son culte est fort célèbre à Paris, à Reims et dans toute la France. La fête de saint Arnoul est marquée au li) juillet dans le bréviaire de Reims.

ARNOUL (saint), sorti d'une famille illustre de France , embrassa la profession des armes, et servit avec distinction sous les rois Robert et Henri I". Le clergé el le peuple de Soissons le demandèrent pour évêque aux pères du concile que le légat du pape Grégoire Vil av.iit assemblé à Meaux. Les députés du concile étant venus lui faire part de son élection , il leur donna la réponse suivante : « Laissez un pécheur offrir à Dieu quelques fruits de pénitence, et n'obligez point un homme tel que moi à se charger d'un fardeau qui demande tant de sagesse. » il fut cependant obligé de se rendre, il remplit tous les devoirs de l'épiscopat avec un zèle incroyable. Mais l'impossibilité de corriger certains abus criants et la crainte du compte qu'il aurait à rendre pour lui et pour les

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autres, lui firent demander la permission de se démettre. Il fonda depuis un monastère à Aldenbourg, ville alors considérable du diocèse de Bruges, située du côté d'Oslende. Il y mourut sur le ciliée et la cendre, en 1087. 11 s'opéra à son tombeau plusieurs miracles dont la vérité fut reconnue par le concile de Beauvais, en 1121.

ARNOUL, évêque de Lisieux dans le xu' siècle, défendit hautement Alexandre III et saint Thomas de Cantorbéry. Il fil le voyage de la terre sainte avec Louis le Jeune en 1147, et revint deux ans après. Sur la fin de ses jours, il se démit de son évêché, et mourut le 31 août 1182, dans l'abbaye de Saint- Victor de Paris, où il s'était retiré. On a de lui un volume li'Epitres écrites avec assez d'élégance; elles sont surtout remarquables par les particularités sur l'histoire el sur la discipline de son temps. Turnèbe en donna une édition à Paris en lorfa, in-8°; Paris, 1611, iii4° ; réimpr. dans la Bibliothèque des Pères, et dans le tome Xill du SpicHegium de d'Achéry. On a encore de lui des poésies imprimées avec ses lettres. On les trouve aussi dans la Bibliothèque des Pères.

ARNOUL (François), dominicain, natif du Maine, projeta, vers le niilioii du xvn' siècle, d'ériger un ordre de chevalerie propre au sexe, et qui étendit le culte de la sainte Vierge. Anne d'Autriche, régente do France, à qui il communiqua son dessein, lui donna son agrément. Le nouvel instituteur publia, en 1647, à Paris et à Lyon , le projet de son ordre du Collier céleste du sacré rosaire, composé de 50 demoiselles ; mais il ne put trouver de chevalières. N'ayant pu être fondateur, il voulut être du moins de quelque utilité. Ayant f.iit l'ess/ii de divers remèdes qui avaient jiroduit de bons effets , il les publia sous le titre de Révélations charitables de plusieurs remèdes, Lyon, 1631, in-12 ; il eut soin auparavant de les faire approuver par des gens de l'art.

ARNOUL ou Arnolph , évêque de Rochester, naquit à Beauvais, vers l'an 1050, et mourut en 112'i. 11 laissa un livre intitulé : Texlus Rdffensis, el quelques autres traités insérés dans le Spicilége. Ces écrits sont intitules : Ve incerlis nuptiis ; des Réponses à diverses questions de Lcmbert, abbé de Munster, principalement sur le corps et le sang de Nolrc-Seigneur Jésus-Christ, elc.

ARNOULD ou Arnold ue Rotterdam , théologien du xV siècle, dont le nom de famille était (iheilhoven, suivit les cours des académies de Bologne et de Paris. Il se fit recevoir docteur en droit canon et prit le titre de docteur es décrets [doctor dicretorum). A son retour dans sa patrie, il entra dans l'institut des Frères de la vie commune, qui suivaient la règle de saint Augustin, et prononça ses vœux dans le monastère de Val-Vert ou Groenendael, près de Bruxelles. Il partagea son temps dans celte retraite entre les exercices de piété, la transcription des manuscrits el la rédaction d'ouvrages qui attellent des connaissances assez étendues dans les sciences ecclésiastiques, et mourut,

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âgé (le plus de 60 ans, en 1W2. Le pins iinporUiiil de ses écrits esl : (inotosolitos (pour F-mOi (7e«JTov), iive spéculum conscieiitiarum, Bruxelles, l'i7C, in-fol. C'est le premier volume, du moins avec da'e, (|ui ait été imprime par les Frères de la vie commune à Bruxelles : on peut consultera ce suji'l Lambinet, Origine de l'imiirimerie, loin, il, p. 188. Arnuuld avait encore laissé plusieuis ouvrages manuscrits, conservés en partie à Cambrai, à Louvaiii et dans d'autres villes des Pays-Bas. En voici les titres : Confessionate fœneratorum ; Somnium doctrinale ; Ciinonicalis erposido in regiilam sancli Auçjustini; Lectura super conslilulionibus Benedicti papœ XJl ; Spéculum roUadonumjuris; Valicanum sivf spéculum phdosophorum et poetarum.

Ar.NOULT(JEAN-BAPTisTi;),ex-jé.suite,m()rt à Besançon en 1753, âgede 64 ans, esl auteur de plusieurs écrits où se fait remarquer une certaine singularité, savoir : un recueil de proverbes français, italii ns et espagnols, sous ce tilre : Traité de la prudence, pelil ouvrage assez rare, qui lut imprimé à Besançon, 1733, in-12. Arnoult y prit le nom à'Antoine i)umont, pour éviter les désagréments que pouvaient lui causer ses plaisameries sur les jansénistes, alors puissants. Son Traité de la grâce (en latin), parut sous le même nom en 1738. Mais sou ouvrage le plus considérable esl le suivant : Le Précepteur, qui se compose de plusieurs traités. Kn voici les titres dont nous conservons l'ortliographe : Grammaire francèse ; Orlograf- fnincèse ; les Eléments de l'arilutéiique ; Abrégé de la cri noloijie; un autre de la géogrufin; les Eléments de la relifjiun crélienne; VArt de se san- ?(7/ir,22oO(Besaiiçon,174"). in-V°.Cet ouvrage mal écrit, suivant M. Sabatliier, renlermo des réllexions utiles. «L'alibé Arnuult, dit « M. Vveiss, atiacliail beaucoup dimporlaiiijc « à ses idées sur la réiormc! de notre ortlio- « graphe, et il se proposait de les a|ipliquer <( dans des é'iilion-. qu'il préparait des Ûic- « lioiinaires français-latin, et latin-fraîçais , « de Joub; il el lianel. Ce projet n'a pas eu « de suite. »

AKNOUX (Jkan), né à Hiom.dans la Basse- Auvergne, vers le milieu du xvi' siècle, mort à Lyon en 1C36. fil profession chez les Jésuites à I âge de ;7 ans, el enseigna successivemeni les humanités, la pliilosopliie et la tliéolo^iie. Il prêcha à 1 1 cour avec succès, et devint, en 1017, confesseur de Louis Xlll, à la morl du P. Collon. Grégoire avoue que le P. Ariioux avait des qualités louables, et qu'on doit lui tenir compte de ses efforts jiour réconcilier Louis XIII avec Marie de Médii is, sa inére. Ayant été éloigné de son emploi, en 1621, par la jalousie du connétable de Luyne-, Arnoux se relira à Toulouse, el en 1622 il lit avec le jeune Amablu de Bourzéis ( vog. ce nom ) un voyage à Uoine, où il séjourna quelque liMiips. Le duc de .MoniNiorency, qui fui ilccapité le 3i) octobre 1632, le choisit pour se |. réparer à la mort, cl le roi le lui accorda par l'intercssion du cardinal de La Valette. L'ablie l'aydit rapporte (lUC Arnoux, par uneélr.iiige mono-

manie qui lui arriva sur la fin de ses jours, se croyait métamorphosé en co(i, au point qu'il essayait d'en imiter la façon de manger, ainsi que le chant et le vol. Arnoux a publié : O'ni.iun funèbre sur le déplorable trespas de tris-chrétien, très-puissant cl très -grand Henri JV, roi de France, el de Navarre, ditte à Tournon en la qrande église de Saint-Julien h -2^) juillet 1610, Tournon, 1010, in-i", et danslerecueil de Dupeyral, Paris, 1011, in-S". On y trouve de l'imaginalion, mais le style en esl défectueux. Le P. Arnoux soutint une polémique très-vive contre les calvinistes : le dimanche 18 juin 1617, il avança, dans un sermon prêché devant Lous Xill à Fontainebleau, que tous les passages cités dans leur confession de foi sont faussement allégués ; le dimanciie suivant, 25, il montra que les articles que les ministres afiirment contre les catholiques n'oul nul fondement dans la parole de Dieu, et que la même Ecriture les combat el les presse eux-mêmes par des le\le< bien plus explicites. Un gentilhomme protestant, ayant ot)leiiu du P. .arnoux qu'il lui communi({uâl des preuves mises par écrit, les plaça sous les yeux des quatre ministres (le Cbarenton , ^Montij^ni , Dumoulin, Durand et Mesirezai, qui pulilièrent uneZ>e'fense de la confission des cgli.-^es réformées dt France , La liochelle et Cbarenton, juillet 1617, in-8% à la suite de laquelle ils ajoutèrent l'écrit du P. Arnoux. Dès le milieu du même mois ce jésuite leur répondit et publia : LuConfession de foi de MM. les ministres, convaincue' de nullité par li ui s propres Bibles , avec la réplique à l'écrit conc rCé, signé et publié par les quatre minisires de Charenlon , 1617, iu-8°. Le jésuite y démontre « que les « prulestanis n'ont eu l'Iîeiilure saiute, « même prise dans leurs Bibles, aucun lexle H iormel en conrnmalion des ariicles con- « traires à la croyance cathuiii|ue, el qu'eu « lous les textes cil s à la marge de leur « Confession de foi ou dans leur écrit, pour « suppléer au défaut des marges, il n'y a i( aucune preuve qui ne s'en aille en fumée « aussitôt (ju'on la regarde d'un œil ferme, « loole nue el séparée de leurs expllc lions, « (jui sont traditions humaines. » Les proleslaiils, irriiv's de rencontrer une telle vigueur lie logique, aceuioulèrenl contre le P. .Vrnoux Ls invectives elles accusations d'intolérance et <lo persécution ; mais rien n'eiait plus injusio que ces reproches, car il esl constant in'il rappela en toute occasion il Louis Xlll qu'il ne devait jamais s'écarter lies voies d l.i douceur el île la modération envers les hérétiques. On lui a attribué, mais à torl, une relali m, en lalin,de la courte expédition iiui élahlil la r<ligi.)o catholiqui' dans le Béarii ; celle relation a pour litre : Bearnica ciirisliinissimi régis quingue dierum expedilio, Lyon, 1620, iii-o°, de seize pages, titre, compris.

AH.NOUX ou .\i(NoiLX (François), écrivain ascétique, ne en Provence an eommeiicemciit du XVII' siècle, exerça la prulession d'avocat au parlement d'.\ix. Il a laisse divers ouvrages ascétiques plus remarquables par la bi-

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zarrerie de leurs titres que par le mérite des id.e-i ou du style. Les plus connus sont : L'Hercule chrétien , contre la tyrannie que le péché exerne surK's humains, Lyda fAix), 1626, petit in-12; Le.^ Elatu (/énéraux convoqués au ciel, L\on, 1628, petii in-8° ; La Poste royale du Paradis; Lv)n, 1635, in-12 ; Recueil et inventaire des corps saints et autres reliques qui sont au pays de la Provence, la plupart visités par Louis XIII en 1622, Aix, 1()3G, u\-8' ; L'Echelle de Paradis, pour , au partir de ve monde, escheller les deux, Uoneh, 1661, in-12, eic.

AUND Nicolas), .théologien. célèbre, né à Méraucoarl, près Verdun (Meuse), en 162'J , perdit de bonne heure ses parents. Pour échapper aux i. mauvais Iraitemenis de son tuteur, il \iiità P,:vis ; un seigneur catalan se l'attacha, et l'amena à Perpignan, où le jeune Arnu fil sa rhétorique. 11 se lit dominicain en 1614, et enseigna la [)hilosopliie et l.i théologie à Tarragone, puis à Perpignan. D;ins cette dern ère ville il devint préfet du collège. L" P. 1 humas de Roccaberti, général de l'ordre, l'appela à Home et lui donna une chaire dans le collège de Saint- Thomas. Arnu obtint plus tard une chaire de méiaphysique à l'université de Padoue, et mourut dans celte ville en 1692. Il a laissé : Clypeus plitlo.'opliiœ ihomisti œ, Béziers , 1672, 2 vol. in-12; seconde édition, entièrement remaniée , ayan; pour litre : Philosophiœ syntngma , Padoue, 1C86, 2 vol. in-8° ; Doclor anijelicus, dirus Titomns divinœ volun!a(is et sui ipsius inlerpres, '* vol. in-12. Les deu\ premiers parur nt à Rome, en 1679, les deux autres à L) ou, en 1686. L'auteur en donna une seconde édilion in-tol., un an avant sa mort. Ce religieux publia encore un omr.ige qui renferme des réflexions sur la ligue formée entre l'empereur et le roi de Pologne contre le grand seigneur, et qui lui valut une réputation de bizarrerie el de singularité, à <'ausc de quelques prédictions sur la ruine prochaine de l'empire ottoman.

ARPE (PiEnRE-FnÉDKRic), jurisconsulte et philologue, né en 1682 à Kiel, (ajiitale du duché de Holstein, occupa pendant quelques années une place de [irofe. seur en droit dans sa patrie, puis se retira à Hambourg, où il vécut sans emploi jusqu'à sa mort arrivée en 1748. 11 avait réellement beaucoup d'ériidilion et une vasle mémoire ; mais ou lui a justement reproché d'avoir employé son temps à des rei herchcs futiles. Plusieurs de ses ouvrages annoncent, comme le titre le fuit entendre, des sentiments Irès-hétérod »xes. On connaît de lui : /. P. F. R. P. Epistularum decas, sive hreris delintaiio Musœi scriplorum de divinatione , majoris opeiis prodromus (Wolfenbullel), in-8° de 66 pages. L'ouvrage annonce dans ce litre n'a pas été publié ; Pyrrhonismihistorici, sive observationum de lustoria et historicis (inlU/uis argumentum (ibid.), 1711, iu-8° de 2i [).iges. L'ouvrage dont cette brochure e^t le [uodrome n'a pas été non plus exécuté ; Apoloyia pro Cœtare Vanino , Cosmopoli ( Rotterdam ) , 1712, in-S"; ouvrage qui fil du bruit à soo

apparition et qni est aujourd'hui oublié. Deux fois, en 1717 et <n 1728, l'auteur en avait ;innoncé une «eeonde édilion, mais il ne réalisa pas son jirojet. Barbier cite bien une édition de 1718, mais on ne la trouve dans aucun catalogue. Le but d'Arpe dans cet écrit était de prouver qu'on a eu tort de regarder Vanini comme un alhée, et que par conséquent sa condamnation fut injuste. Bay e avait déjà soutenu la même opinion dans ses Pensées sur la comète; Tlieatrum fati, sive Notitia srriptorum de Providentia , fi'rtunu et falo, Rotterdam, 1712, in-8% catalogue chronologique des auteurs qui ont écrit sur le di'slin ou la Providence, de(iuis Hermès jusqu'à J. -Conrad Kliumet en 1632 ; De prodigiosis naturœ et ar'.is operibus talisnianes el amuleta diclis, cum recensione scrip» lorum liujiis argumenli , liber sin(/ularis , Hatnbourg, 1717, in 8°, compilation analogue à la precéilente; Laie is veritntis vindex, sive de jure laicornm, prœcipuœ (itrmanuruin in promuvendo relyionis negolio, Kiel, 1717, in-4-°; 2" édition augmentée, ibid.. 1720, in-4°, ouvrage dans lequ 1 l'auteur s'élève contre la division des chrétiens en ecclésiasli()ues et en laïques; Feriœ œslivales, sive scriplorum suoru'jt fiistoria, liber sinyularis , Hambourg, 1726, iu-S" : c'est la plus carieuse des productions de l'auteur. On v trouve l'histoire de tous les livres qu'il avait composés, i(nprimés ou maiiuscrits. Parmi ces derniers, il en est un intitulé; Hierophunies, Sive de Hieroloi/ia et H erographia, etc. C'est un catalogue des auteurs (|ui ont écrit sur les fables, les énig nés ; et à celte occasion il se proposait de traiter des hiéroglyphes, des svmboles, des nomlires mystérieux, des notes ou sigles des anciens calligraphes , de la stènegraphie, des écritures c^ichèes, eic; Themis cimbrica, sive de Cimbrorum et vicitiariim (/entium anliquissimis inslituti> corntnenlnritis, Hambourg , 1737, in-4°, ouvrage plein de recherches savantes sur les anciennes coutumes du Jutland. On lui a allrilmé une Réponse à la Dissertation de La Munnoye SKr le Traité des Trois imposteurii, La Ha>e, 1726, in-12, et .M. Renouard le donne comîne le véritable auteur il'nne tr.idnciion française du Traité des Trois imposteurs, impi imé en 1775, in-S" ; mais il est prouvé que celle prétendue traduction d'un livre qui n'a point existé en latin avant le milieu du x\ iir siècle, n'est aulre (jue VEsprit de Spinusa, imprimé à la suite de la > ie de ce sectaire, dès 1719 ARPHAXAD, fils de Sem, el pelil-fils de Noé, né deux ans .iiirès le déluge, eut pour fils Coi'uan, suivant les Septante. Jos.plic croit (|u'il passa le Tigre, et qu'il se fixa dans le pays appelé d'abord Arpliaxalide, el depuis la Chaldée.

Al'.PHAXAD, roi des Mèdes, dont il est parlé dans le livre de Judith, est, suivant la commune opinion, le même que Phraortes, fils et successeur de Déjoces, roi des Mèdes. Hèroilole dit qu'il assujettit premièrement les Perses , et qu'ensuite il se rendit maître de tous les peuples de rA>ie, passant successivement d'une nation à l'autre: mais qu'eu-

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