‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 89 sur 228 · ATA · texte numérisé non relu

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lins. Chaque strophe renferme, dans le premier vers, un fait de l'Ancien Testament, et dans le secon^l , une application de ce fait à (|ueliiHe point du Nouveau. Son siyle est assez pur pour son tein|>s, mais sa poésie est Irès-f.iilile. Il revit ans'ii et putilia le Poëine /jasca/deSidulius, inséré dans la Bibliothèque des Prres.

ASTKSAN, religieux de l'ordre de Saint- François, ainsi nommé parce qu'il élail de la ville li'Ast, publia une Somme de cas de eomcience, appelée A^lesane, l'an I.'JIT. Ce livre composé à la prière de Jean Cajelan Stéphancrie, prolecleur de l'ordre, a été longtemps estimé et consulté. La pretiiièie impression de cet ouvrage est de Venise, li78, in-fol. L'auteur mourut en 1230. — Il y a un autre Astesan qui a vécu quelque temps après, auteur d'un Commentaire sur le livre des Sentences, et de quelques Sermons.

ASÏRUG (JicàN), docteur de la faculté de Montpellier, né à Sauves dans le diocèse d'Alais le 19 mars 1084. Son père, d'abord i; inislre protestant, était rentré d;iiis le sein de la véritable Eglise avant la révocation de l'édit de Nantes, avait embrassé la profession d'avocat, et partaj^eait son temps entre l'exercice de cette pro'éssion et l'instruction de ses enfants. Jean, l'aîno, fut envoyé à Montpellier pour y faire sa philosophie, et lorsqu'il s'a; il du chois d'un ;lat, il préféra la médecine. H lut reçu docteur en 1703, et, choisi par Chirac pour le remplacer durant une longue absence, alla concourir à Toulouse, où il obtint la chaire d'analomie, et revint à Montpellier professer la médecine à la place de Cbâîelain. Une laveur ro\a!e (une pension de 700 livres) alla lui révéier quelle estime avait de lui Louis XV; ce fut en 17i20. Neuf ans après, Auguste II, roi de Pologne, le nomma son premier médecin; mais, se Irouvanl trop gêné à la cour de ce prince, Astruc laqulUacl vint à i'aris. Toulouse, en 1730, le nor.ima capitoul ; et en même temps Louis XV le mit au nombre de Ses méilecius consultantj>. L'année suivante, il fnl nommé professeur au collège de France à la plaie «le Geoffroy, et la faculté de Paris l'adopta en l'ikS. Les ètsai!g<M-s, que l'cirdeur J'apprendre attirait à l'ariss'emprcssaient di; se procurer une place dans son école : Ja foule des auiliteurs la rendit souvent trop petite. Ce médecin mourut a Taris le 5 mai J76<). Sa modestie, son humeur bienfaisante, sa sagesse el sa modération le rendaient aussi recommandable que son savoir. Outre de nombreux et im|)orlar.ls ouvrages de médecine qu'il n'enlri! point dans le plan de ce Dictionnaire de citer ici, il composa des Conjectures sur les vi'moires originaux dont il jiarail <)ne Moïse s'elait servi pour écrire le livre de la Genèse, Paris el Bruxelles, 17o3, ln-12;el bienlftl pour détruire 1 s douli-s que cet ouvrage avait l'ail élever sur sou orlliodoxit:, il publia deux Dissrriafious sur l'immortalité, l'immatérialitc et la liberté de l'âme, Paris, 17.)5, in-12.

ArAYi)K((iKoii(;i:s),comtedeCastanheira, Portugais, assista, eu qualité de théoloKicu,

au concile de Trente. Après la septième session, il se relira à Piome. où il fut employé à la réform.ition du Bréviaire. Il fut ensuite fait évoque de Vizeu en 1308. Après avoir rempli avec zèle tous les devoirs d'un bot. évèiiue, il quitta son siège pour ne vaquer qu'à soa salut el refusa depuis constamment les archevêchés d'Fvora et de Lisbonne. Jl ne ])ut né;inmoins se défendre d'accepter la dignité de grauil-aumônierque le cardinal don Henri lui oiîrit, el celle dignité l'engagea à recueillir les privilèges accordés'à la chapelle royale, qui furent imprimes en 1G09. Philippe II l'iionora aussi de son estime , et le nomma président du conseil de conscience. II mourut en ICil, âgé de 76 ans.

ATHALIE, nile d'Achab et de Jézabel, épousa Joram, roi de Jnda. Après la mort de ce prince, elle lit massacrer tous les enfants que son lils Ochosias avait laissés, .'ocabed, sœur de ce Jernter, sauv;i .Toas, que le grand ])rètre Joïada fil reconnaître pour roi par les sokhils et par le pcniile. Athalie, accourue au bruit du couronnement, fui mise à mort par les troupes, l'an 878 avant J.-C. Saint Jérôme dit qu'Athalie n'est nommée fille d'Achab (jue par imitation, c'esl-à-ilire, par ses cri, nés et ses impiélés, qu'elle imita jjarfuitement; el cela parce (ju'elie est aussi notnmée fille d'Amri ; mais Athalie était réellemeal fille d'Achab, et petite-fille d'.\mri. On sait que dans l'Ecriture sainte le nom de fils se donne à l'égard des ancêtres même les plus reculés.

ATlIAN.liSE (sainl) , né vers 29G à Alexandrie d'une famille distinguée, fut élevé au diaconat par saini Alexandre, évéque de celle ville. (I Dieu, dit un historien, qui le desti- « nait à combutlre la plus terrible des lié- <( résies, armée tout à la fois des subtilités « de la dialectique cl de la puissance des « empereurs, avait mis en lui tous les dons « de la nature cl de la grâce qui pouvaii'ul « le rendre pro|)re à remplir celte haute « desliiiatiou. « Il accompagna son évê<iue au concile de Nicée, et s'y distingu.i par sou zèle et son élo^iucnce. rfainl .Mexandre le choisit pour lui succéder l'année suivante, en 32b. il signala son eiilrée dans l'episeoiiat en relusanl de recevoir Arius à sa communion . Les sectateurs de cet héréli jue inventèrent contre celui qu'ils n'avaient pu gagner, mille impostures, espèce d'armes que les sectaires de tous les temps ont emplo)ees contre le. délenscurs de 1 1 foi. L'empereur Constantin indiqua un con<ilc à Césaréc pour le condamner ou pour l'ab^ondre ; m;iis le saint évè(iue refusa de s'y trouver, p.irce que ses ennemi ^ aur.iienl été ses juges. Ou assembla un autre concile à Tyr, en 'i'Sa ; les ariens et les nielecieus le composaient jresquc entièrement. Ces imj ostcnrs l'ac<usèrent de trois crimes : le premier, d'avoir violé une vierge ; le dcuxièuje, d'avoir tué l'ciêque Arsène, el le troisième , d'avoir g ii dé sa main droite pour des opér.itions magnines. Le premier chef d'accusation fut confondu par la prétendui; vierge elle-même, (jui ayant paru au concile pour accuser le saint

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prélat, s'adrpssa au prôtrc Timothée, qui s'était présumé à la pl.ice d'Alhanase, cl lui fit voir qu'elle ne connaissait pa^ même l'accusé do vue. Les deux aulres calotnnies furent réfutées par Arsène, qui se montra plein de v\e et avec ses deux innins. Cela n'empêcha pas cette assemblée factieuse de condamner Alhanase. On le déposa. Le saint prélat s'adressa à Constantin; mais cet empereur, prévenu contre lui par les ariens, qui l'avaient accusé d'enipécher la sortie des blés d'Alesandrie pour Conslantinnple, le reléftua à Trêves. Ce prince orioiina, dans sa dernière maladie, qu'on le fit revenir, malgré les oppositions d'Eusèbe de Nicomédie. évéque courtisan, homme de lettres factieux, £i sectateur déclaré d'Arius. Son fils, Cous- <anlin le Jeune, ayant rappelé, en 33S, les évèques catholiques chassés d' leurs sièges, fit revenir saint Alhauaso. En 3'iO, le concile d'Alexandrie, composé de 100 évèques, écrivit une lettre synodale à tous les prèla's caliioliques. pour le laver des nombreuses \:\famies qu'où avait vomies contre lui ; mais ses ennemis ne cessant d'en inventer de nouvelles, à mesure que les anciennes étaient détruites, il alla à Kome, où le pape Jules, auquel il en avait appelé (1), convoqua uu

(1) Rien de plus rem.irq-.i.tlilc que la mnnière dont sailli Aili.iiiiise lui-iuêine s'expiiine sur eei a|i|>el, dans sa IcUie aii pape. On Vdii qu'il ro2iircl«> les appels au saiiil-siége de Rome coiiune leiiant aux londemmis de l'i glise cl à la driclrine formelle de l'Evangile , ainsi qu'à la rniiviclion iinanitue des ëvci)iies c;illii)|iqiies. A prœdictis frnlribiis definitiim est consonanler ut vestra siwcla romana inlirpelietnr sedes, eut ab ipso Dumin'i polesias ligandi et solvendi ipeciali privileyio iuver alias concesia est. Ipsu ftnnatnenlum a Deo li.vum, ipsaest sacer veriex, in quo omncs verluniur, sus(entaiilur, tevaiitur. Marcel d'Ancyre el Astlépas lie Caza en ap|)eléreni cga!';aienl au pape. Jules reçnl leurs plaintes , com i e clanl clrirgé, en qualité rie cliel'des pasl^'urs, dil Sozoniéne, de veiller sur toutes les églises, ei il 1rs rétablil sur leur siège. ■ Ignorez-vous (écrit ce pontife, en celle occa^i(ln, f aux évêiiUfS d'Orient ) qu'il est d'usage de coiii- I niencei' par nous infuniier de ce qui se passt; en € pareil cas , alin que nous puissions régler ce qui I parait ju^le? il fallait dniic vous adresser à nous, € si vous aviez des sujets de plaintes contre un

«évoque C'est ce que nous avons ajipris de l'a-

« pôire saini Pierre , et ce dont je ne vous parlerais « pas, parce (|ueje vous crois snflisamnienl instruits, < si ce que vous vene» de faire ne nous avait alÛigé.> C'est encore par l'antoritc de ce pape que les évèques d'Orient et d Occident s'assemblèrent à Sar- (iii4ue en 5>7, pour dinbiper les nuages que les ariens avaient élevés au sujet des déciets de Mieée. — Ursace et Valens , les suppôts de l'arianisine, s'étanl rctiactés au cMicile de Stilan, eu 34'), le concile les rcfivoie au saint-siége pour être jugés. — Euslaclie de Sébasle ayant été déposé par le concile de Méliline , en Ai incnie , s'adresse au cape Libère, qui le lesliliie à son siège. — Lorsque L'rsace el Valciis reiournent à leurs premières erreurs , c'esl encore Ue Rome ipie pan la semence qui les soumet à l'anatliéiiic. Le pape saint Daiii^-e , après les avoir condamnés dans un concile, en dmine avis à tous les évèques. Le même pape coneourt avec l'empereur à la convocation du second concile général contre Macedonius ; et il a déjà proscrit l'erreur à ISomc, lorsque les l'ères l'aiiathéiuutiseui àCoiistaiitiiiople. On voit , en toute occasion , que dans ces

concile de 50 évèques, qui le déclara innocent. Le concile de S jrdique, assemblé 5 ans après, en 3V7, confirma la seuienre de celui de Rome, et iléposa de l'épisc ipat î'usnrnaleur de son siège. Alhanase y fui rétabli en 3V9, à la sollicitation de l'empereur Constant. Après la mort de ce prince, Constance, prince d'un caractère faible, léger, in( onstant, dissimulé, opiniâtre dans l'hérésie arienne, qu'il soutint par toutes sortes de cruautés, l'exila de nouveau, après l'avoir fait condamner par des èvè lues de sa secte. A'hanase, poursuivi par ses ennemis, délaissé par ses amis, prit le parti de s'enfoncer dans le désert. Il y visita les numastères, et les édifia. Le pape Libère, traité avec inhumanité dans l'exil que lui avait attiré sa fermeté contre les ennemis d'Athnnase, consentit enfin à sa condamnation. C" ne fut pas un des coups les moins sensibles pour ce saint évéqiie. Les ariens mirent sur le trône patriarcal d'Alexandrie un cerlain Grégoire, qui le posséda jus()u'à la mort de l'empereur Constance. Saint Alhanase, rendu à son peupie, fut obligé de le quitter de nouveau. Les païens l'ayant rendu odieux à Julien, ce prince aussi crédule que superstitieux, nourrissant d'ailleurs dans son cœur une haine formelle contre J.-C, ordonna qu'on chas-àt d'Alexandrie ce défenseur do sa divinité. A'hanase se cacha une seconde fois ; mais, dès que Jovien fut monté sur le trône impérial, il reparut dans Alexandrie, oii sou troupeau le reçut comme un pasteur qui avait souffert piur lui. il a-sembla un concile des évèques u'Egyple, de la Thébaïde et de la Libye, au nom duquel il adressa une lettre à Jovien, dans la(|uelle on propoiail la formule de foi du concile de Nicée, comme règle de la foi or- Iboiloxo. Il se rendit lui-rnème auprès de ce princeà Aniioche. Les arieiis, qui étaient venus pour le n.iircir dans l'es prit de l'empereur, se retirèrent, confus de le voirl'oiijet de l'amitié el de l'estime de ce prince, tandis qu'euxmêmes étaient un objet d'horreur et de mépris. V^alens, successeur de Jovien, fut moins favor'ti le à la saine doctrine. Alhanase se vit obligé de prendre la fuite pour la quatrième fois, et de s'eulerrer quatre mois de suite à la caiiijiagno, dansun petit bâtiment construit sur le tombeau de son père. L'empereur ^a^al■.l rappelé, le saint évèque ne s'occupa plus qu'à préserver son peuple du venin de

premiers siècles, les jugements définitifs venaient constamment de Rome Le même ordre de choses fui soigiieusemaul cnnservé rians les sièrles suivants, (foyei Innocent 1^''). Saint Bernard regardait l'appel a R'iiue comme au^si nécessaire dans l Eglise que le soleil dans te monde. Les évèques de F aiiee, dans une (!c leurs plus nuDibrcuses assemblées (âU janvier loiIU), en parlent comme d'une maxime londamentale de la biérarcliiu , dont l'uliservance tient sub-lantiellement à la conservation de l'Eglise : Hoitaiiiiir episcopos omrnîs , «/ aposlolicam sedem, ulpoti; Oei sponsioni' iniaUibili fundniam . omniiimque Ecclesiaruni matrein, omni honore cnliutpie prosequanliir ; i/Asn eniin, xit ctim 11. .ilhanasio loqiimmr, est sacrum iltiid cupul, a quo in f)i/oi.'.s Ecclesias velul loiiUem membra , omnis 5i)irilus diffunUauT, quo nu- Iriunlur et conservantur.

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l'hérésip, et à se préparei- à la mcri. Il monnit eiiDn tr(^s-p.ii>-ibl<'nifnl itans les bins de son peuple, le :î mai 373, après qiiarantc-sii ans .-111 moins d'épiseopal, passés dans une agitation pi-rpéluellc. « Il tennin i sa vio, dit « s.iint Grégoire de Naziaiize. dans un âge « fort avancé, pour aller se réunir à ses pè- « res, aux patriarclios, aux prophètes, aux « apôlros, aux niarlyrs, à l'exemple dcsqtiels « il avilit généreusement comb.illu pour la « yérité. Je dirai, pour renferiiirr son épi- « laphe en peu de mois, qu'il "-orlil de celte « vie mortelle avec b aiicoup plus d'bonneur « et Ai- gloir'" qu'il n'en avaii reçu, ;'; Alexan- « drie, lorsqu'après ses dilTérenls exils il y « rentra de la manière la plus Irioniph.'ute. « Qui ne sait, en cITet, que tons les gens de « bien pleurèrent amèrement sa mort, et que « la mémoire de son non» est resiée profon- « di'inent gravée dans leur cœur? Puisse-t-il « du haut du ciel abaisser sur moi ses re- « gards, me favoriser, in'assist<r dans le « gouvernement de mon troupeau, conserver « dans mon église le di'pôt de la vraie foi! « El si, pi)ur les péchés (iu inonde, nous de- « vous éprouver les ravages de l'hérésie, « puisse-t-il nous délivrer de ces maux, et « nous obtenir par son intercession la grâce « de jouir avec lui de la vue de Dieu! » Quelques inciédiiles ont peint ce grand homme comme un zélateur imprudent, comme un boule-feu, un fanatique. La vérité est qu'il n'opposa jamais que la patience, la prudence et la force de la vérité à une perséculion di'. 50 ans. Son caractère se montre dans ses ouvrages : 11 n'iiiiurie point ses adversaires, il ne iherche pointa les aigrir, il les accable par l'autorité de l'Ecriture sainte, et par la force de ses raisonnements. « 11 avait, dit l'abbé de La Blelterie, dans « son éloquente Histoire de Jovien, l'esprit « juste, vif et pénétrant, le cœur généreux « et désintéressé; un courage de sang-froid, « el, pour ainsi dire, un héroïsme uni, lou- « jours égal, sans impétuosité ni saillies; « une foi vive, une charité sans bornes, une « humilité profonde, un christianisme mâle, « simple et noble comnif l'Kvangile; une élo- « quence naturelle, semée de traits perçants, <( forte de choses, allant droit au bul, et d'une « préci"ion rare dans les (Irecs de ce lemps- « là. L'austérité de sa vie rendait sa vertu « respectable; sa douceur dans le commen e « le faisait aimer. Le calme cl la sérénité de « son âme se peignaient sur son visage. Quoi- « qu'il ne fût pas d'une laille avantageu^e, « Son extérieur avait ()nel(iuc chose de maa jcsluoux et de frappant. 11 n'ignorait pas « les sciences |)rofanes, mais il évite d'en « faire parade. Habile dans la leitrc des Kcri- « tures.-il en possédait l'esprit. Jamais ni « Grecs ni Humains n'aimèrent aut.int la pa- « trie qu'Athanase aima l'Kglise, dont les « intérc'i furent lonj^iiirs inséparables des « siens. Vue longue expérienrc l'av.iit rompu « aux affaires ecclési.istniues. L'adversiié, « qui étend et raffine le génie, lorsqu'elle no « l'écrase pas, lui av.iit donné un coup-d'dîil « admirable pour apercevoir des ressources,

« mémo humaines, quand tout paraissait «^désespéré. Menacé de l'exil lorsqu'il était « dans son siège, et de la mort lors(iu'il était a en exil, il lutta près de .'iO ans contre une « ligne d'hommes subtils en raisonnements, « profonds en intrigues, courtisans déliés, et « maîtres du prince, arbitres de la faveur et « de la disgrâce, calomniateurs infatigables, « barbares persécuteurs. 11 les déconcerta, « les confondit, et leur échappa toujours, « sans leur donner la consolation de lui voir « faire une fausse démarche; il les Gt trem- « hier, lors même qu'il fuyait devant eux, et « qu'il était enseveli tout vivant dans le tom- « beau de son père. Il lisait dans les cœurs « et dans l'avenir. Quelques catholi(]ues « étaient persuadés que Dieu lui révélait les « desseins de ses ennemis : les ariens l'accu- « saientde magie, et les païens prétendaient « qu'il était veisé dans la science des augu- « res, et qu'il eniendait le langage des oi- « seaux : tant il est vrai que sa prudence « était une espèce de dîTination. Personne « ne discerna mieux que lui les moments de « se produire ou de se cacher, ceux de la « parole ou dn silence, de l'action ou du re- « pos. 11 sut fixer l'inconstance du peuple « (des Alexandrins, c'c-t tout dire), trouver « une nouvelle patrie dans les lieux de son « exil et le même crédit à l'extrémité des « Gaules, dans la ville de Trêves, qu'ea « Egypte et dans-le sein môme d'Alexandrie ; « entretenir des correspondances, ménager « des protections, lier entre eux les orttio- « doxes, encourager les plus timides, d'un « faible ami ne se faire jamais un ennemi, « excuser les faiblesses avec une charité et « une bonté d'âme qui font sentir que s'il « C'indamnail les voies de rigueur en matière « de religion, c'était moins par intérêt que « par principes et par caractère. Julien, qui « ne persécutait pas les autres é\êiues, da « moins ouvertement, regardait cymine un « coup d'élal de lui rttcr la vie, croyant que « la desliiiée du christianisme était attachée « à celle d'Alhanase. » Nous avons diverses éditions des OEuvres de ce saint. Celle de Commelin, en 1600, el celle de Paris, en 1027, avec les corrections de Pierre Nannius, sont belles ; mais la meilleure est celle de dom de Montfaucoii, en 3 vol. in-lnl., 1608, corrigée sur tous les anciens manuscnis, enrichie d'une version nouvelle, d'une Vie du saint, de plusieurs ouvrages qui n'avaient point vu le jour, et de quel(|ues opuscules attribués à saint Alhanase : on y joint ordinairement, du même dom de .Monlfaucon, Collcctin iiovn Pdlrtim gnrcoi uni , Paris , 17U(>, -1 vol. iu-fiil. Les principaux ouvrages de ce Père sont sa Uéfense de lu Trinité et de riiifarnaiion ; ses Apulnyies : ses Lettres; ses TriiiCt's ciintrc les ariens, les mcleriens, les npoltiuaristrs et tes iiiaccdonirns. Le style de saint Mhauase n'est ni au-dessus, ni au-dcssoiis du sujet qu'il traite, tour à tour noble, simple, élégant, clair, palhétl(iue. « On y 0 trouve, dit Photius (le meilleur critique des « écriv.iins de sa langue), avec une diction '< nette, facile, abondante, une lorcocluno

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« Gnesse inimitables. Tout ce qu'il avance, « et qu'il présente sous le jour le plus avance lageux, porte sur une logique solide, et « en même temps susceptible de termes no- « blés el des ornements de la haute élo- « queiuc. Mais son plus grand art consiste « à caclier l'arl même, et rien ne paraît si « simple et si naturel que les traits les plus a victorieux. Il s'insinue dans les esprits, « couvert de ces moyens qui font disparaiire « sa personne : ce n'est pas l'auteur, c'est la « raison même qui domine le, lecteur; et ce- « lui-ci se trouve persuadé sans s'être aperçu « qu'on le voulût faire; docteur el orateur « d'une sagesse extrême, d'un goiil exquis, « d'une justesse unique dans l'expression, « partout il proportionne exactement le tour « du discours au sujet qu'il traite, et aux « personnes qui l'écoiitcnt. » Erasme était grand admirateur dusiyle de saint Athanase; et il le préférait à celui de tous les autres Pères. 11 trouvait qu'il n'était point dur et difficile comme celui de Tertullien, point gêné et embarrassé comme celui de saint Hiiaire, point recherché comme celui de saint Grégoire de Nazianze, point entortillé comme celui de saint Augustin. Il est partout, selon le même auteur, facile, élégant, orné, lli'uri, et admirablement adapté aux dilTércnts sujets que traite le saint docteur; et si quelquefois ils n'ont p;is tout le poli que l'on pourrait désirer, il faut s'en prendre aux embarras des affaires et aux persécutions qui ne permettaient pas à saint Athanase de mettre la dernière main h tous ses ouvrages. Un ancien moine, nommé Côme, avait coutume de dire : « Quand vous trouverez quelque chose « des ouvrages de saint Athanase, si vous « n'avez pas de papier, écrivez-le sur vos « habiis. » Prat. spirit. c. VU. On ne connaît pas l'auteur du Symbole qui porte son nom; mais la plupart des savants pensent qu'il n'est pas de lui, quoiqu'il soit l'exacte expression du dogme i)our lequel 11 a tant souffert. Quesnel l'attribue à Virgile de Tapse, Anthelmi à Vincent de Léruis. L';ibbé LeCk'rc publia une Dissertation en 1730, tendant à prouver que ce symbole est réellement de saint Athanase. Nous avons une Vie de saint Athanase, pur Godefroi llcrmanl, en 2 vol. in-i", très-propre à iaire coiuiailre ce défenseur de la divinité de Jésus-Christ el ses adversaires.

ATHANASE, évêque d'Ancyre, lut ordonné par les anoméens, du vivant de Marcel, évéque de cette ville; mais le défaut (|ui se trouvait dans sa promotion à l'épiscopat fut réparé par le zèle qu'il lit éclater pour la loi de NIcée , el par les coml)ats qu'il soutint pour défendre la divinité du \'erbi; el du S.iint-Esfirit. Il envoya deux prêtres au concile d'Antioche en 3i3 et assiaia à celui de Tyane en 3Gli. Il mourut vers l'an 372. Saint Grcgoire de Nazianze et saint Basile lui donnent de grands éloges.

ATUANAbilî, diacre de Jérusalem, soutint avec zèle la foi du concile de Cluilcédoine, et fut persécuté par Tliéodose, chef du parti des eulychiens, patriarche intrus de Jéru-

salem. Athanase lui ayant reproché les cruautés qu'il exerçait, fut enlevé par des satellites, qui, après l'avoir déchiré à coups de fouet, lui coupèrent la tête, vers l'an 452. Son corps fut traîné par un pied dans toute la ville, el donné à manger aux chiens. Le martyrologe fait mention de lui le 5 juillet.

ATHANASE (Pierre), Bhetor, ou le Rhéteur, était né dans l'île de Chypre à la lin du XVI' siècle. Son litre de rhéteur semble prouver qu'il avail dirigé une école de grammaire el de littérature. Il lut ensuite attaché comme simple prêtre à l'une des églises de Constantinople. vint en France en 1637 ou 1638 au plus tard, puisque son Anti-Campanela fut approuvé par la Sorbonne le 20 février de celte anné ■, et retourna, trois ou quatre ans après, dans l'Orient, chargé pur lii régente de travailler à l'extinction du schisme. Il était à Constanlinople en 1G52, et il assistait, le 20 juin, au sermon dans lequel Palellaros, rétabli depuis peu sur le siège patriarcal, aitaqua la primauté du pape. Athanase réfuta les arguments du patri.irche par un écrit qui obtint un grand suciès. Il écrivit, dans les premiers jours île l'année 1633, aux patriarches d'Alcxuiulrie et de Jérusalem pourles inviter à se réunirai Eglise romaine, et il en reçut des réponses favorables. De retour à Paris à la lin de ICai, il se vit, par la mort de ses anciens protecteurs, dans un état voisin de la misère. Athanase est mort vers 1670, sans qu'on puisse dire en qu'l lieu. Pierre de Maica, qui, après avoir été nommé archevêque de Toulouse, mourut le jour même où ses bulles arrivèrent, faisait le pins grand cas de lui, et lui donnait la première place ù s I table. On cite d'Atlianase: Opuscula phiUisophica quatuor , gr.-lat., Paris, 1031), in-V*. Les trois premiers sont de petits traités de liigii|ue et de dialectique, le quatrième est un extrait de Jumblique, imprimé aussi séparément, sous ce litre: P. A. Deliciœ aniinœ site liortus ex lis tjuœJamblichu mayno elaboiaia suul consilus, i'aris, 1639, in— 'i." , recherché ; Aristoteles propriam de animœ immorlalitate mentem explicans; opus ex mulCis ac variispliilosopliis colleclum Aristolelis ipsitis audiioribus, eic, ibid., 16il, in-'t", rare. Cet ouvrage est divisé eu trois livres; dans la dédicace du second l'auteur annonce un Cominenlaire sur le Philèbe de Platon, qui ne paraît pas avoir été publié; Anti-PaCellaros.— Epislola de uniunc Ecclesiarum ad Alexandi inum et Uierosolymorum palriurchus. — Anti-Cuinpunella in conipendium redaclus, Paris, 1653, in-4-°. Les deux premiers opuscules sont en grec et en latin; le troisième, en latin seulement, est une réfulatiun du traité de Campanella : De sensu rerum et nmyia, clc. ; une Rhétorique grecque par demandes et par réponses, qui est citée dans la Uibliotliecu cuislinianaAe f\om Monlfaucon, in-fol., p. 599.

ATHANA.-sIE (sainle), fille de Nicétas et d'Irène, naiiiiil au com.neneemcnt du ix" siècle, dans l'île d'Egine. Etant encore vierge, elle avait résolu de se consacrer à Dieu ; mais

s^s parents l'obligèrent à se maHor à on officier, ([iii fat lue |ieu d'années aprôs dans nn combat contre les Sarrasins. Après élre restée quelque temps veuve, elle lïKobligée de se marier une seconde fois, jwir l'édil de l'empereur Michel le Iièi;iii', qui ordonnait aux filles nubiles et au\ jeunes veuves de se marier; édit aussi contraire à la libcrlé ptrsonnolloel civile des citoyens qu'à la libellé évangèlique et au respect dû aux conseils ée l'apôtre; édit digne d'un prince qui voulait rétablir le judaïsme, et iini régnait en despote violent et déb;iuché. Le second mari d'Atlianasie , touché des exemples de sa femme, entra dans un monastère, et Athanasie changea sa maison en couvent. Quatre ans après elle transporta cette nouvelle communauté dans un lieu écarté et solitaire, où elle bâtit trois églises. Son monastère lut appelé 2 unie, c'est-à-dire lieu honoré et respecté.Athanasie fut obligée defaireunvoyage à Conslaniinople, et mourut à son retour, le 15 août 8C6. Les giecs fout sa léte le 1(3 août. ,

ATHÉN AGORAS ou ATHÉNAGORE, d'Alliènes, philosophe chrétien, adressa à Marc- Aurèle, et à son û:s Commode, associe à l'empire, une Apologie, dans laquelle il décharge les chrétiens de toutes les calomnies qu'on imaginait contre eux. On voit par celte Apologie que les païens les accusaient de trois crimes principaux, d'athéisme, de tuer et de manger un enfant dans leurs assemblées, de s'y livrer ensuite à l'irapndicité ; accusations absurdes, qu'Athéiusgoras n'eut pas de peine à réfuter, et qui prouvent autant la parfaite innocence des chrétiens, que la haine aveugle de leurs ennemis, haine qui se manifestait dans tous les procèdes des païens contre lesenfantsdel'Evangile. « Pourquoi,demande Athenagoie, sous ie règne de deux princes pliil isophes et naturellemi nt équitat)les, n'accorde-l-oa pas aux chrétiens, qui font profession d'honorer la Divinité, la même liberté dont jouissent les superstitions les plus absurdes '' Pourquoi ne p;ocèdcl-on pas contre des hommes dont les in i urs sont innocentes, dans la môme forme juridique que contre des malfaiteurs coupables des plus grands erimes? » (jueslions qui trouvent une réponse toute naturelle dans l'opposition ess. iitielle (ju'il y .inra toujours entre la perversité et la corruplion du monde, (^t la religion de Jesus-tjhrist ; conforméinenl à ce divin oracle : hrilis odio omnibus propler nomeii meum. Nolitc mirari si vo.i odii muiiduf. (Conrad, (Icsiier et SuHridus Pelri, ont tr.iduil du grec en latin cette .Vpologie. On a encoie de lui un Traité s.tr la réstirrecliDii desmorls. Ces deux ouvrages sont écrits avec pureté : on les trouve dans la liihliotl>èque den Pères, c\ a la suite des Oliuvres de saint Justin dans l'édition des liénédictMH. Ils ont été imprimés (ilusienrs lois séparément. La meilleure i dition de ces deux Traités est celle d'Oxford, HOti, in-8', sous le litre de Lfjalio pro (.'hi isiiauis. « Quelques critiques pruleslanis, dit nu tliC iiu'^>iei4, font piiisieiirs repiucbes contre la dncinne d'At^enagorc,

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