‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 91 sur 228 · ATT · texte numérisé non relu

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îïliihe. On .1 rfe lui : Bihincia délia verità, PalermPjnSS, in-4°. C'est une réponse au livre inlitulé : Paulus aposlolus in mari, quod mine venutiK sinus dicitur , nnufragits , [)ar le père Ignace (îiorgi, béncdiclin de la congrégation de Kfiguse. La i|uestion était de «avoir ce que c'était que l'île a|ipolée en latin Meliia, où aborda saint Paul après son tl^iufrage. L'opinion la plus commune roulait que ce fût l'île de Malte, entre la Sicile et l'Afrique, tandis que d'autres soutenaient »}ne c'était une île de la Dalraiatie, dite aujourd'hui Mehtda. Le père Oiorgi avail écrit en faveur de celte dernière opinion; Attardi Soutint victorieusement la première. LeUera scritta ad un suo amico , in prova chu San Filippo d'Argirïïfu muudato dal principe degli upostoli San Pitiro . i^alefiue . 173S, in-'f; La Ripusta senza maschera al sig. Lodovico Antonin Muratori, Palerme, 17W. C est un des nombreux écrits qui attaquèrent le sage Sluratori, lorsqu'il eut soutenu, sous le nom d'Anlonio Lainpridio, ifue l'on n'était pas obligé de défendre pur l'effusion de son saut; , l'opiiiioit de l'immaculée conception de la yierge Marie [Voij. Mlratori).

ATTAVANTl (Pall), de l'ordre des frères Serviies et communément appelé frère Paul de Florence, naquit dans ceJle ville en 1419, Cl se distingua par ses vrlus , sou savoir el son éionuence. Il était lié avi-c les savants les plus célèbres de son temps, el assistait sou- Yent aux assemhlées de l'académie plalonieieniip, qui tenait ses séances dans le palais de Laurent de Jledicis. Ses succès dans la prédication contribuèrent à é.eudre son ordre en Piémont, en Savoie cl eu Suisse, et Û en devint le provincial dans la Toscane; Ati;ivanli mourut à llorence, en li99, âgé de 80 ans. On a de lui : Vila beati Joacitimi ordinis servonun, eic, insérée, sous la dale du 16 avril, dans le loruc II des Actes des gaintsdc Boilan'lus; Quadragesimale de reditu peccaloris ad Deuin, Milan, li79, in-4'; Sreviarium totius juris caniuici, Milan, l'i-78 et 1479, in-fol.; Memmingeo, li85, et Bàle, li87, in-i°; hxpusitio in Psalmos pœnilenliales, Jlilan, li79, in-i°; De origine ordinis Servorum B. Mariœ dialo jUs , Parme, 1727, in-i ; Florence, 17V1 , in-S". Allavauti avait encore composé d'autres ouvrages qui n'ont point i té imprimés, entre autres : riu de sainte Catherine de Sienne ; Ilistoire de la maison deGonza .ue; des Sermons, (tn ignore C3 que sont devenus ces manuscrits.

ATTERSOL (Glillaime, savant .mgiais , vivait au commencement du xvii' siècle. Il a composé plusieurs ouvrages : le plus connu est son Commentaire en anglais sur le livre des Nombres, 1618, in-folio.

ATTICUS, moine de Sebasle en Arménie, n'élanl encore que prêtre , servit de témoin contre saint Jean Cnrjsosiome, lorsque celui-ci fut chassé de Constanlinople. Il succéda à Arbène sur le siège pairiarcal de Constanlinople, en 406, du vivant de saint Jean Cbrisostomo , pasteur légitime. Le pnpe Innocent l", et divers cvèqucs d'Orient flésapprouvèreal celle elcctiun. Iiuiocenl en-

voya ses légats pour rétablir saint Jean Chrysostome. mais ils furent maltraités par le parti d'AliJcus , sans qu'il soit cerl;jin qu'Atlicus y eût part, tout se faisant par ordre de l'impératrice Eudoxie, qu. régnait de<potiquement. Ce qui peut en faire douter, c'est qu'après la mort de saint Jean, le pape lui accorda se communion , à condition qu'il reraeltr.iit le norri du saint patriarche dans les diptiqties, ce qa'Atticus exécuta s;ms répugnanc'. Devenu possesseur légitime de son siège, il édifia son Iroupoau et l'iiisiruisi(. 11 composa un traité De jUde et virginilale, pour les princ'sses filles de l'empereur Arcadius. S;ii[it Cyrille et le pape saint Célestin font son é'oge, et se servent de son témoignage centre les erreurs de NVstoriu^. Les conciles d'Ephèse et de Chalcéd. ine cîlcrit ies écrits, pour en composer, avec les témoignages des autres Pères, une chaîne de traditions contre les ncsloriens et les eutychicns. Saint Prosper loue le zèle avec lefjuel il opposa aux jiéliigîens I antiquilé de la foi. II mourut en 437.

ATTIRE! (le frère Jean-Dems), né à Dole en Fraiiche-Cotnlé le 31 juillet 1702, reçut do son père, qui profess;iit la peinture, iis premières leçons do cet art; puis, encourage par le marquis de Srossia, ri alla se perfectionner à Rome. Quelques tableaux qu'il peignit à Lyon . lorsqu'il passa par celte vijie à son retour d'Italie , commencèrent sa réputation. Doué d'une grande piété, Alltre*. entra chez les jésuites, à l'âge de 80 ans, en qualité de frère convers. Les jésuites (te la Chine ayant demandé un peintre pour leur mission, Attiret sollicita cette destination, et partit vers la 6n de 1737. Il présenta à l'empereur son tableau de V Adoration des Rois, qui a mérité les suffrages des connaisseurs. Habitant d'un pays nouveau, il lui fallut essayer son pinceau sur des matières nouvelles, et plifr son goût aux bizarres usages de cette nation ; il prit des leçons des peintres chinois, qui admirèrent son talent cl s'avouèrent vaincus. L'empereur Kien-Long occupait alors le trône et agrandissait tous les jours ses états par de nouvelles conquêtes. Attiret ne cessait pas plus de peindre que le roi de vaincre , et tous les moii voyaient éclore quehiue tableau en l'honneur d'une nouvelle bataille gagnée. La rapidité avec laïuelle il était obligé de les faire ne lui permit pas de les soigner pa:faitemont; mais l'empereur ne laissa pas d'en orner ses appartements , sans d<iute parce que mêaie avtc ses défauts, Attiret n'avait pnnt de rival. H avait un logement dans le palais. Kien-Long se lîoiinait tous les jours le plaisir d'aller le voir dessiner, et l'encourageait pardes paroles flatteuses. Reconu-aissaiit des services de son Apelles, il voulut le récompenser en lui envoyant le brevet de mandarin ; l'humble frère le refusa constamment, et ne voulut même pas accepter la pensi 11 qui lui fui offerte. .Vccabié de Ira vaux qui ne lui laiss.iieat point uu instant d ■ relà'lic, il mourut en 1768, à l'âge de 66 ans, plus estimable par ses vcrlus qu'admi-

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rable par son talent. Atlirot, au rapport des missionnaires, avait du feu, de la vivacité , beaucoup d'esprit , et une piété tendre réunie au plus aimable caraclère. Tous ses tableaux sont conservés dans un des apparleuiiMils du palais de l'empereur , où personne n'est admis. Son tableau de VAnye (jardien orne la chapelle dis néopbyles . dans l'é-lise de la Mission française de Pékin. On trouve une lettre d'Allirêi dans le tome XXXVK des Lettres rdipiintes.

ATTON ou Atto, surnommé Second, évéque de Verceil dans le x' siècle , considéré par les théologiens, d'après l'autorité du cardinal Bcllarmin , tomme un des Pères de l'Eglise, fut fait évéque en 9W. Il remplit avec zèle tous les devoirs de l'épiscopat, et gagna la confiance du roi Lothaire, qui le fil sou grand chancelier en "JS'i. 11 ne vécut pas au delà de l'an '.60. On a de cet évéque un Cf/JÙi/Zaire distribui' en cent chapitres, inséré dans le Spicilcgiiun de dom d'Acliery, des Sermons, des Lelires, des Commentaires, etc. Charles Buronzo del Signore, chanoine de Verceil, a donné dans ceilc ville une édition de tous les ouvrages d'Alton, sous ce titre : Atkonis sanriœ Veriellarum ecclesiœ episcopi opéra aiaulogmphi vercellensis fidem, nunc primum exaci<i prœf'lione et comuienlariis iUustrata, 1708, 2 vol. in-folio. L'abbé Mai, célèbre par ses belles découvertes de fragments des classiques latins, a inséré dans le sixième tome de sa collection le J'uiypCicum de l'evéque Alton, manuscrit qui se trouvait à Rnme; ouvrage écrit, dit le savant éditeur, d'une manière mystérieuse et énigmaiique. — 11 ne faut pas confondre cet Alton, avec Atton, qui a écrit la Vie de saint Jean Gualbert, en latin, Home, 1C12, in-J.»,

AUBl'.KT (saint), Aiidebertus ou AulprrtuSy fui sacré évéque de (^.ambrai et d'.\rras le 21 mars 633, ces deux sièges étant alors réunis. Ses instructions, soutenues par la sainteté de sa vie, produisirent des fruits merveilleux. La conversion de saint Landelin fut le fruit de ses j)rières et de ses larmes. Le comte Vincent , NValdetiade sa femme, sainte Aldegonde sa sœur, reeurL-nt l'habit religieux des mains du saint évéque. Tous ces saints fondèrent des monastères par son conseil, il en fonda lui-même quelques-uns, et bâtit plusieurs églises. Il lit, en 606, la translation des reli()ues de saint A'aast d'Arras , et concourut à la fondation du monastère qui porte le nom de ce sainl. Il (il fleurir la religion cl l'étude des saintes lettres dans le Hainaul et la Flandre, mourut en 608, après Irenle-.six ans d'épiscopat, et fui enterré dans l'église de S.iinl-Pierre à Cambrai. C'était autrefois une abliayc célèbre, connue sous le nom du saint évéque. L'abbé (jodescard, dans les Vies- dea l'èrei, parle de lui au 13 de décembre. Votiez sa V'ie, publiée par Mabillon, Acl. Ucn. lum. H, page 873.

AUHliUr (Jiun-Bai>tisti:-Simon), né eu 17.31, à l'"ontvu',illc, dans le diocèse il'Arles, cnlr.i d.ins l'ordicdes augiisiin-, el professa la pliilusopliie el la théologie. Lu 17<Jl, il

prêta serment à la conslitulion civile du clergé, et devint ensuite curé à Aix et président du presbytère des Bouches-du-Uhône. Auberl fut nommé, en 1798, évécue de ce département, assista en celle qualité au concile de 1801, et donna ensuite sa démission. Le reste de sa vie se passa sans événement remarquable. Avanl sa mort, arrivée en 1816, à Fonlvieille, Aubert avait signé la rétractalion de son serment.

AUBERÏIN (Antoine) , né à Nancy au commencement du xvii' siècle, entra dans l'ordre des PrémoMtrés, et devint prieur de l'abbaye d'Estival, monastère des Vosges. Il mourut en 1678, à Brieul près de Verdun, laissant les deux ouvrages suivants : Vie de sainte Birharde , fille d'un roi d'Ecosse , Nancy, 16."j5, iii-12. Richarde, femme de Teuipereur (Charles le (îros, fonda l'abbaye d'Andlau en Alsace ; Vie de sainl Asiier, solitaire dans le i'ériyord, dédiée aux seigneurs de la très-illustre maison de Saint-Aslier, Nancy, 10o6. in-12.

AUBERTIN(Edme), ministre de Charenton, né à Ctiâlons sur-Marne en 1595, mort à l'aiis en 1652, est auteur d'un livre estimé dans sa communion , sous le titre de l'A'ucliaristie de l'ancienne Eglise, 1633, in- fol. Cet ouvrage a été victorieusement réfuté par Arnaulil, dans la l'erpétuité de la foi. Bayle accuse M. Olier. fondateur de la congrégation de Saiiil-Sulpice, d'avoir tourmenté ce ministre à sa mort. Tous ceux qui connaissent le genre de vertu de cet illustre ecclésiastique savent ce qu'il faut penser de cette accusation d'un philosophe.

AUBERV (Jiîan-Hexri), jésuite, poêle latin, né à Bourl>on, enseigna les belles-Ieltres dans sa société pendant 20 ans, avec beaucoup de réputation, et mourut à Aucb le 27 novembre 1052. Entre ses écrits, ou distingue : Missus poclirus, sive varia carmina, elegiœ, poemala cpica, hjrica, Toulouse, 1617, in-k° \ Cgrus, tragœdia; Thcogonia, seu de (liis genlium, Toulouse, 163'»^; Leucuta triumplions : Tliuinœum, sivcsancti Tliumœ Aquinatis gluriusum sepiilcrum, Tolo-a;. La plupart de ses poésies ont été imprimées dans le l'arnassus sociclalis Jesu, Francfort, 1654.

AUBESPINE ((ÎAitmiiL de i.'), évéque d'Orléans, né le 20 janvier 1579 d'une famille féconde en diplomates habiles el originaire de Beaune, succéda sur le siège d'CJrléans à son oncle Jean de l'Aubespine. n'ayant encore i]ue 20 ans; il fut sacré à Rome par Clément VIII en ItiO'». 11 joignit aux études d'un savant laborieux le zèle d'un pasteur vigilant, cl servit en même temps l'état dans des occasions importantes. Henri IV et Louis \lll emploverent utilement ses conseils. 11 mourut à Ciroiuilde en 1030, âgé de .">2ans. On a de lui : De lelenhus Ecile^im rilibtis, in-'i , en 1023, ouvr.ige (jui respire l'éruililiou la plus profonde, ci la connais^ sauce la plus vaste des aiiti(|uités ecclésinsliiines ; un Traité (ie l'jnrirnne police de l'Eglise , sur r.idmiiiistralion de l'eueiianslie, Irès-suvant. On u encore de lui des no-

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tes sur les conciles, sur Tertullien, et sur

Optai de Milève.

AUBIN (saint), en lalin Albinus, né d'une famille noble et ancienne, qui s'était établie dans la Bretagne, mais qui élait ori<;in.iiic d'Angielorre, fut tiré du monastère de Tintillan, nommé alors Cincillaa, et élevé sur le siège cpisoopal d'Angers en 529, par les suffrages réunis du clergé et du peuple. Il voulut s'opposer à son élection , mais on n'écoula point les raisons que lui suggérait son humilité, et il lut obligé de se laisser consacrer. Son extrême douceur ne l'emiiêchait point d'être forme lorsqu'il s'agissait de défendre la loi de Dieu, et de maintenir la sévérilé de la discipline. Ce fut par ses soins que le concili' tenu à Orléans en 638 reniil en vigueur le 30 canon du concile d'Epaone, qui proscrivait les mariages incestueux, assez communs dans ce temps. Ce saint évêque mourut le 1" mars 549, à l'âge de 81 ans. Le martyrologe romain fixe sa fête au 1" mars, lui 550, son corps fut levé de terre et enchâssé par saint Germain de Paris, en présence d'une assemblée d'évôques, du nombre desquels était Eutrope , successeur du saint. La plus grande partie de ses reliques élait à Angers, dans la célèbre abbaye de Saint-Aubin, fondée par le roi Childebert. 11 y a en France beaucoup de monastères, d'églises et de villages qui portent le nom de Saint-Aubin.

AUBIN, ministre de la religion réformée, né à LouduM dans le xvii' siècle, quitta la France après la révocation de l'édil de Nantes, et se rél'ugia en Hollande, oiî il publia son nistoire des diables de Londan ou de (a possession des religieuses Ursulines, et de la condamnation et du supplice d'Urbain (irandier, curé de ht même ville, Amsterdam, 1G93, in-12. Ce livre, qui a été plusieurs fois réimprimé, fut traduit en hollandais. On en a donné des éditions sous ces litres : Cruels effeU de la vengeance du cardinal de Richelieu, Amsterdam, Hoger, 171G, in-12; Hisloire d'Urbain Grandier, Amsterdam, 1735, in-12. Un prêtre de l'Oratoire, La Ménardaye, en Ht paraître en l"'i-9 une critique sous ce litre : Examen et discussion de l'Iiistoire des diables de Loudun, Liège (Paris), 17i9, 2 vol. in-12. Aubin, encouragé par le succès de ce premier écrit, donna, en 1G78, une traduction de la Vie de Michel Ruijter, par Brandi, in-fol., fig. Cette Iraduclion est déiliée à Lcfort, amiral des armées navales de Russie. Avant de l'entreprendre, Aubin s'était livré à l'étude particulière du langage de la marine, et c'est ainsi qu'il amassa les matériaux d'un Dictionnaire de marine , Amsterdam, 1702, in-V ; 2 édit. , ibid., 1730, in-V", avec di'S figures.

AUBllY (Jean), prêtre, né à :\Ionlpellier, docleur en droit, abbé de Notre-Dame de l'Assomiilion, fit une élude particulière de la chimie. Décoré du litre de médecin ordinaire du roi, il exerça son talent à Paris, et fit ensuite un voyage eu Orient pour convertir les infidèles. Mais, peu content de ses succès, il revint en France dans le dessein d'y

DiCT. DE BlOGRAPHrE UELIG. J,

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trouver un renièile qui pût lui donner de la célébrilé par ses effets. Il en trouva an dont il fit un grand débit, avec des sniles bonnes et mauvaises. Il mourut vers *667, laissant plusieurs ouvrages singuliers par l'urs titres : I.a Merveille du monde, ou la Médecine véritabU rrssiisritée, Paris, 1055, in-'i." ; Le triomphe de l'nrche'e, et le désespoir de la médecinp , ibid. , 1050, in-V". Ces deux ouvr.iiies réunis ont reparu sous ce litre: La médeine unicerselle et véritable, pour toutes sortes de maladies les plus désespérées, in-'i° ; Abrégé des secrets de Baimnnd Lnlle, \n-k°. etc. On a encore de lui un livre plein d'enthousiasme qui commence par ces mots : Au public, à l'honneur et gloire de Dim; je cotnmenrerai la trompette de V Evangile.

AUBRY(Jacques-Charles), digne émule de Cochin et de NormanI, fut reçu avocat au parlement de Paris, sa patrie, en 1707, et plaid I avec le plus grand succès. Son principal talent était l'art de manier l'ironie : figure en général odieuse, et qui, lorsqu'elle est trop répétée, est aussi peu favorable à la vraie éloquence qu'elle est peu propre à honorer le caractère de l'orateur. Oti a de lui un grand nombre de consultations et de mémoires imprimés, mais épars dans différentes bibliothèques. Ceux qui ont fait le plus de bruit sont ses deux Consultations pour Soanen, évê(|ue de Senez ; la première, souscrite par 20 avocats, et la seconde par 50; ces consultations d'avocats, dans une affaire de dogme et purement ecclésiastique, ne produisirent aucun effel. Tout le monde fut surpris de voir nu avocat s'élever contre les décisions do l'Eglise universelle, et ériger en saints les rèl'ractaires à ses décrets. Il monrut en 1739, âgé de 51 ans.

AUBBV (Jran-Raptiste), né à Deyviller, près d'Epinal, en 1730, fit son éducation chez les jésuites, qui voulurent le faire entrer dans leur ordre; mais Aubry se décida pour celui de Siiiiii-Bonoît et entra <à Moyen- Moulier, monastère de la congrégation de Saint-Vannes, llemi Cellier, à qui l'on doit

Y Histoire des auteurs sacrés et ecclésiastiques, étanl mort, Aubry fut chargé de continuer cet ouvrage avec un de ses confrères. Un volume se trouva bientôt composé, mais il ne fut pas publié, et l'ouvrage resta interrompu, parce qu'on ne put s'accorder avec l'imprimeur. Aubry mourut à Commercy le

V oclo'ire 1800. Ses ouvrages se distinguent princifialement par une saine morale et une grande pureté de style. On a d'Aubry : L'Ami philosophe et politique, ouvrage où l'on trouve l'essence, les espèces, les principes, les signes caractéristiques, les avantages et les devoirs de l'amitié, 1770, in -8°; Théorie de l'âme des bétrs, 1780; nouvelle édit., 1790- Questions philosophiques sur la religion naturrlle, 1783, in-8". Toutes les objections des philosophes sont rassemblées dans ce volume, et sont réfutées séparément. Uiballiei' le censeur, l'abbé Bergier, d'Alembert et Lalande, ont fait l'éloge de cet ouvrage. L'abbé Guinol, auteur des Leçons philosophiques, en fit cependant la critique, et

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Aubry lui répondit par sps Lettres critiques sur plusieurs qurstions de la métaphysiiiue tiwihrne: Leçons métaphijsiques à un milord itiiréditlc sur la nature et l\xistence de Dieu, 1790; Questions aux phitoscplies du jour sur l'âme et la matière, 1791 ; VAnli-CondilInc, ou Harnngne aux idéologues modernes, 1801; Nouvelle théorie des êtres, 180V. L<" Joiiin;il des Ucl)alsayanl maltrailc cet ouvrag(>, Tailleur publia son Aubade, ou lettres apologétiques el critiques à MM. Geoffroy et Mongin; le nouveau Mentor, 1807, ouvracrc qui rentVrnie des notions précises sur les sciences, les lielles-ietiies et les beaux-arts.

AUCLi: UG (GAB!!iF.L-ANDnÉ), avocat, à qui nous avons cru devoir accorder une pace dans ce Diclionnaire, parce qu'ilcssaja de fonder un nouveau cuite religieux, naquit à Argf.ilon, dans le Berry, vers le milieu du XMir siècle. Il embrassa avec entlmusiasme les principes de la révolution de 1789,. el se mil en léte de substituer les absurdes croyances du paganisme au culle consolateur et niaiesluenx de la religion cliri tienne. Les fêtes de la déesse Raison semblaient un acheminement à l'inauguration de ce culte insensé; nuiis Auclerc ne put Irouver de sedaleurs. Il eut beau se parer du nom de Quintius Naiitius, et se i)rétendant descendu d'une race de ponlifes de l'ancieiiue Home, se revêtir d'un costume analogue aux fonctions qu'il s'atiribuall ; le cercle de ses néophyles ne sortit pas de sa maison où il célélirail les mystères des divinités mortes depuis près de deux mille ans. Après le rctabli^semenld^ la leligion calbo.iqne, il osa continuer encore ses lolies ; il portail en public une robe longue, el il publia ses absurdités dans un ouvrage anonyme : La liuéicie, ou la seule Voie des sciences divives et humaines, du culte vrai et de lu morale, Francfort (P-iris, Moutardier), 1799, in-8\ livre qui rebule autant par l'incorrecliou du style que par l'incoberence des idées. Aucirrc mourut à Bourges en 1815, après être revenu à de meilleurs sentimenls, du moins si l'on en juge par cet opn-cule anonyme qu'on lui alliiliue : -4«cê>u/at(« le la riligion, on Bécit des crimes el des fu curs, de in conversion et de la murt chrétienne qui ont eti lieu récemment dans la ville de Bourges, poème en trois tlianls, Bourges, 1813, ii:12 de ;i2 pages.

AIDKBUANL» (Iîtienne), moine de Sainl- Allire de Clermonl, aiirès avoir été prieur de Tiirel en Auvergne, et ensnile trésorier ri grand-cann rlingui' de l'Kglise roinaine, fut élu évèque de Mont-t^a sin, de S.iinll'ons, el enlin arclievéqne de Toulouse en 13:11. L'histoire de son èlèvaiion est remarquable. Lors(]u'il était d.ms son prieuré de 'inret, il arriva que l'ierrc Boger, moine de îa Chaise-Dieu, venant de laire ses éludes à Paris, lut vole dans la l'orêi de Bendanl en Auvergne, en sorte que les voleurs ne lui laissèrent ((u'unc simiilc luni(iue. Lu cel étal, il prit le chemin de Turet el fui bien rc(;u du prieur, qui loi donna un hahil el fournil à ses besoins. Boger, pcuélré do ro-

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