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prétend que l'auteur, qui n'était rien moins que désintéressé, y gagna près de cent mille écus. Quand YHomère anglais vil le jour, il parut fort au-dessous du grec, quoiqu'on y trouvât de l'abondance et de la force. Ses ennemis ou ses rivaux en profitèrent pour l'accabler de sarcasmes. Ils allèrent jusqu'à ridiculiser sa figure et sa taille, qui eu etfct n'étaient pas avantageuses ; ils lui reprochèrent d'être puant, laid et bossu. Po|ie répondit par une satire intitulée la />i«Hf /«f/e, c'està-dire YHébétiade ou la Sottisiadc. Il y passait en revue les auteurs et les libraires. Cette satire basse et indécente respire la fureur. L'auteur eut honte dans la suite de l'avoir enfantée; il n'hésita point à la jeter au feu en présence du docteur Swift, qui la retira promptement, et lui rendit le mauvais ofTice de la conserver. Non contents de le traiter dans vingt libelles d'ignorant, de fou, de monstre, d homicide et d'empoisonneur, ses adversaires firent courir dans les rues de Londres une relation d'une ilagellaiion ignominieuse. Cette satire, où il y avaitquelques traits perçants, et qui ne tombaient pas absolument à fau\, remplit d'amertume le cœur de Pope. Il ne se contenta pas de faire écrire un Avis au public, où il atti'stait qu'il n'était
fias sorti de sa maison le jour marqué ]iar a relation, il voulut encore ajouter de nouveaux traits à la Dunciade. Ses amis lui conseillèrent de ne répondre h ses adversaires que par des ouvrages louables, et il enfanta l'Essai sur l'homme. L'auteur embellit les matières les iilus sèches par un^ éloc.ition noble, facde, énergique, variée avec art. Il y a pourtant des descriptions trop étendues et des pensées répétées ; on y trouve peu de solidité dans quelques assertions, peu d'ordre et de liaison entre les idées, et, ce qui fait l'objet d'une critique plus grave, des principes favorables à l'irréligion, une morale vague et sans autorité, une métaphysique imaginaire et illusoire. Il est vrai que Ramsay a tenté de faire l'apologie de ses sentiments, dans une lettre à Racine le fils, auquel Pope écrivit lui-même; mais il est bien difficile à quiconque a lu les ouvrages et a connu les amis de Pope, de n'avoir pas quelques doutes sur ses sentiments. « Après « avoir lu ce poème dans l'anglais, dit Ua- « cine, loin d'en être le défenseur, je recuuoriidis qu'il ne peut être justifié que par des «explications forcées, et que le système qu'il « présente d'abord est celui du déisme. » Plusieurs écrivains l'ont traduit eu français. La version de l'abbé duResnel,en vers, n'est t)as assez littérale, et celle de M. Silhouette, en prose, l'est trOii. L'abbé Alillot en a donné une en 1761, qui ne vaut aucune des deux précédentes. Ou trouve à la suite de sa traduction une épître morale de Pope sur la connaissance des hommes. C'est un tissu de réflexions où le génie anglais se montre dans tout son éclat et avec tous ses défauts. Cotte épître tient par son sujet à l'Essai sur, l'homme, et on peut la regarder comme une carte particulière, où est tracé en détail ce qu'une carte générale ne présente qu'en gros.
En 178.3, M. de Fontanes a donné une nouvelle traduction en vers de l'Essai sur l'homme, avec dos notes et un discours rempli d'idées communes, débitées avec trop d'emphase. Quelques personnes- préfèrent celle de l'abbé du Resnel. Si le premier traducteur manque souvent d'élévation, de vigueur et de coloris, il est du moins clair, naturel, et fait entendre Pope, si obscur dans la dernière traduction; sa phrase est plus française , plus coulante ; sa versification moins sèche , moins dure, moins heurtée. Pope a encore composé des Odes, des Fables, des Epitaphes, des Prologues et des Epilogues ; il passe pour le poète le plus élégant et le plus correct, et, ce qui est encore beaucoup , le plus harmonieux qu'ait eu l'Angleterre. Il a réduit les sifflements aigres de la trompette anglaise au son doux- de la flûte. Nous ne parlerons point de ses Lettres, dont on a un recueil assez ample. S'il y en a deux ou trois qui puissent intéresser le public, toutes les autres ne sont presque d'aucun prix ; et il en est ainsi de presque toutes les collections de ce genre. Ses différents ouvrau;i's ont été recueillis à Londres en 1731, 20 vol. in-8°; 1797, 9 vol. in-8° ; ibid., ISOi, 6 vol., et à Edimbourg, 1764, 6 vol. in-8». Sa Traduction d'Homère ne se trouve point dans cette dernière édition. Cette traduction a été réimprimée à Londres en 1805, 12 tomes en 6 vol. On a publié à Amsterdam les OEuvres diverses de Pope, traduites de l'anglais ; . nouvelle édition , augmentée de plusieurs pièces et de la Vie de l'auteur, avec des figures en taille-douce, 1767, 7 vol. in-12. La plupart des traductions insérées dans ce recueil sont lourdes, maussades, pesantes. On a donné une nouvelle édition des OEuvres complètes de Pope , Paris, 1779, 8 vol. in-8", avec figures. « Pope, dit un cri- « tique, avait plus de subtilité dans l'esprit « que de vérité et de jugement. Il n'a ni le « génie de Milton, ni le goiit épuré d'Addi- « son. Son talent principal était d'imiter et « de s'approprier les idées d'autrui ; le talent « qui lui manquait était l'inventionet l'ordre. « Il entassait beaucoup de parties brillantes, «dont il ne savait pas faire un tout bien «proportionné. La i-lupart de ses détails, « pris séparément, sont bien ; mais, malgré « sou système, le tout n'est pas bien. » On a souvent cité de lui ce morceau sur la mort, qui est effectivement d'une grande beauté : « O mort, je te bénis! C'est toi qui frappes « les tyrans, qui en purges la terre, quimels « un frein à la cruauté et à l'ambition. C'est « toi qui confonds dans la poussière ceux que « le monde avait flattés, et qui regardaient « les hommes avec m'épris. Ils tombent, et «nous respirons. Sans toi, nos malheurs se- « raient éternels. O mort, qui tiens en res- « pect les hommes durs et heureux, qui jettes « l'effroi dans leurs cœurs coupables , espoir « des infortunés, achève d'étendre ion bras M sur les scélérats puissants et respectés.» Il ne reste plus qu'à faire connaître l'homme, après avoir fait connaître l'écrivain. Pope était bon parent et bou ami ; il avait de la
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nhilosopliif. niais surtout de celle qui est do moded.insun siècle légT, qui est beaucoup plus dans lespiit que daus le caractère. Il était v;iiu, railleur, colère, envieux; sacrifiaut tout à sa réputation, d'une sensibil.té puôrile sur la criti;]ue, et capable des plus grandes violences pour la re|)Ousier. Il allait souvent chez son libraire, et il y donnait de temps en temps des scènes defureur, que sa figure, sa taille et la singularité de ses mouvements rendaient comiques. On l'accusait aussi d'avarice. Sa santé fut toujours chancelante, et l'art fut souvent appelé au secours de la nature. Il mourut d'une hydropisie de poitrine en 17VV, à oG ans. — M. l'abbé Migne a reîiroduit : Le iMessie, églogue sacrée, que Pope composa à l'imitation du Pollion de Vir.^ile ; et VEssai sur l'hoinme, dans le tome VII dosa grande collection des Jh'.'nonstraliunséiangelicjueSjVetii-^lonlrou'^e, 18V3-18+9, 18 vol. in-V. — L'ode siiiv.uite, que ndus citons à cause de sa brièveté, est une imitation du langage qu'Adrien tient à bon âme, un peu avant de mourir, mais est aussi supérieure en sublimité à l'original, qu.i la religion chrétienne l'est au paganisme : « Divine étincelle' d'une flame céleste, quitte « ce corps mortel. Jouet de la crainte, de « l'espérance et de la douleur, il est temps « que tu triomphes de la nature à ton tour, a et que tu t'élèves vers les régions de la « vie. — Ecoule ce que disent ces anges : « Viens, chère sœur, viens. Je ne me con- « nais plus 1 Mes sens se troublent, ma vue «s'éteint, mes esprits se dissipent, je cesse « de respirer. Quoi ! mon dme , est-ce là (I mourir ? — La terre s'éloigne, elle dispa- « rait ; le ciel s'ouvre à mes yeux : mes « oreilles sont frappées du chant des séra- '< pliiris. Prètez-mol , prêtez-moi vos ailes ; je « monte d'un vol rajiide. O sépulcre, où est ta .( victoire ? ô mort, où est ton aiguillon ? »
POKCAIRE ou PoRCHAïKE ^saiiit), abbé de Lérins en 731, était à la tcMe de cinq cents moines, lorsque les Sarrasins ou Maures d'Espagne vmrent fondre sur cette ile, au retour du siège d'Arles. Ces barbares massacrèrent tous ces saints religieux, à l'exception de quatre, qu'ils emmenèrent avec eux. Ceux-ci, s'étant sauvés, revinrent à Lérins, et n'y trouvèrent qu'un vieillard apjielé Eleuthère, qui s'était caché dans une grotte pendant cette horrible boucherie. Ils l'élurent jiour abbé, après avoir fait revenir d'Italie 36religieu\que saint Porcaire yavait envoyés à la première nouvelle des incursions des Saira>ins en Provence. Les habitantsdeMonverdan, près du Lignon en Forez, croient que saint Porcaire se retira chez eux, et qu'il y fut (lepuis martyrisé par les Sarrasins. Mais si le saint di^ ce nom qu'ils honorent est le rnème que l'abbé do Lérins , ce sera quelque translation do ses reliques, qui aura donné lieu au culte qu'ils lui rendent.
PORCHEHON i.loiu Dwid-Pi.acidi;), bént5dictui et biuliuthécairo d;; l'abl)ave de Samt- Germain-des-Prés, naquit à Ch;Ueauroux en Ik-rri l'an 16o2. Les langues, l'histoire, la b'eoisraplue, les généalogies et les médailles
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entraient dans la sphère de ses connaissances. Ce pieux et savant religieux mourut à Paris, dans l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés.en 1G'.)V. à 12 ans. On a de lui : une é.lition des Miximes pour réitucation d'un jeune seigneur, laquelle il publia en 1090, in-12, après en avuir réformé le style. Il y ajouta une traduction des Instructions de l'empereur Ba sile le Macédonien pour Léon son tils, et la Vie de ces deux princes. Une Edition de la Géographie de l'Anonyme de Ravenne, qu'il publia on 1688, in-8", avec des notes curieuses et savantes : ouvrage très-utile pour la géographie du moyen îige; il contribua à la nouvellefrf/O'on-de saint Hilaire, et à quelques autres éditions publiées |)ar ses confrères.
PORCHETTI SALVAGIO, en latin de Siivaticis, savant et pieux chartreux génois, qui mourut vers 1315,s'occupa danssa solitude à réfuter les Juifs dans un livre intitulé : Victoria adversus impios Hebrœos ex sacris litteris,tum ex diclis l'ulmud,ac cabalistarum, cl aliorum omnium uuthorum quos Hebrœi recipiunt, monstratur Veritas calholicœ fidei ; cet écrit, dont la ]Miblicalion est due à Augustin Justiniani, évèque de Nebbio, qui eut be.iucoup de peine à le mettre en ordre, jiarut à Paris, 1320, in-fol., got'.iique, assez rare. Cet ouvrage, dont Raimond Martin lui avait fourni le modèle, et qui depuis fut copié par Pierre Galatin, renferme de fort bonnes choses, mais aussi quelques raisonnements peu concluants ; son zèle paraît quelquefois plus avaïitageusement que sa logique. Voij. JusTixiAM (Augustin).
PORCQ (Jean Le), prêtre de l'Oratoire, né l'an 1631), mort à Saumur le 5 avril 1722, à près de 86 ans, professa pendant 30 années la théologie dans l'école que sa congrégation avait formée à Saumur. 11 se prononça avec force contre la doctrine de Jansénius, et il publia : Les sentiments de saint Augustin sur la grâce , opposés à ceux de Jansénius ,\GS2, in-i"; nouvelle édition augmentée, 1700. Le P. Le Porcq s'y attache a montrer que Jansénius a mal saisi les principes de saint Augustin, dont la doctrine dill'èro singulièrement de celle du moderne novateur. Le Porcq était un homme d'une piété sincère et d'un savoir solide, bien que ses adversaires aient essayé plus d'une fois de le dénigrer.
PORÉE (Charles), jésuite, né l'an 1673, à Vendes, près de Caeu, entra dans la société des jésuites en 1692. Il professa' d'abord les iiumanités en province, et se lit ui.e grande réjiutation. Appelé à Paris pour y faire sa théologie, il fut chargé en même temps de la direction de quelques pensionnaires. Les progrès qu'ils tirent sous un tel maître, l'idée qiieses supérieursavaient de ses talents, le fî-' rent nommer, en 170S, professeur de rhétoii- ' queaucollége de Louis leGrand, emploi qu'il n'accepta qu'à regret. Si l'on n'eût écouté que ses inclinations et ses instances, il se serait consacré pour toujours aux missions chez les inàdèles. Le P. Porée, choisi immédialeiiient après le P. Jouvenci, le remplaça dif^neinenl. Même zèle, même piété, même application; mais plus d'esprit, plus dé gé-
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nie , plus d'élévation dans le successeur. Une latinité moins élégante et moins pure, mais un style plus vif, plus ingénieux, un st.\le que Sénèque et Pline auraient peutêtre pnvié. On lui a reproché de n'avoir point l'éloquence nombreuse et périodique de Cicéron; mais il ne voulait pas r.ivoir. Le style coupé, pressé, vif, lui paraissait plus convenable pour des discours académiques, tels que ceux qu'il prononçait à l'ouverture des classes, et plus [iropré à aiguiser l'esprit des jeunes gens et à exercer leur imagination. Le P. Porée forma des élèves dignes de lui, pendant les 33 années qu'il occupa la place de professeur, jusqu'il sa mort, arrivée en IT'il.ll aim.iit ses disciples, et il avait l'art de s'en faire aimer. Il les rappelait à leur devoir par la douceur, et à la vertu par ses exemples. Occupé uniquement de son emploi, il était presque aussi solitaire au milieu de Paris que dans un désert. On a de lui un Recueil de hai-angues, publié k Paris en 1735, en 2 vol. in-12. On ne peut nier qu'il n'y ait dans ses discours un grand nombre de tours ingénieux, de pensées fines, d'expressions vives et saillantes; mais ou y trouve en môme lemps des jeux de mots, des antithèses, et en général un tour tout différent de celui de l'éloquence romaine. On raconte à ce sujet l'anecilote suivante. Le P. Thoulier (depuis l'abbé d'Olivetj lui parla un jour de celte ditfé/'ence. Le P. Porée répondit : Après tout, que trouvez-vous de si beau dans Cicéron ? — Je vo^is promets là-dessus le secret , votre vie durant, reprit le P. Thoulier, uu des plus zélés partisans de l'orateur de Rome. Un second Recueil de harangues, Paris, 1747, in- 12. Il y en a ipielques-unes sur des sujets pieux, dans lesquelles il est plus simple que dans ses discours d'apparat. Il ne pense qu'à éclairer l'esprit et à toucher le cœur, et il réussit. Six Tragédies latines, publiées en 1723, in-12, par le P. (iritfet, qui les a ornées d'une Vie de l'auteur. Il y a plusieurs morceaux pleins d'élévation, de noblesse et de pathétique; mais tout n'est pas égal. Cinq Comédies latines en prose, en 174-9, in-12, qui ont vu le jour par lus soins du môme éditeur. Le comique du P. Porée est gracieux et toujours décent. Il n'a ni le vis comica de Plante, ni l'élégante simplicité de Térence; mais on admire la flexibilité de son esprit, et surtout l'attention d'amener une morale exacte à la portée des jeunes gens. Le P. Porée a fait d'auires pièces fugitives, telles que celle qu'il composa sur la dernière maladie du P. Commire, où l'on remarque beaucoup d'imug.nation et de poésie. On a gravé son portrait, avec ces mots au bas, qui renferment un éloge d'autant plus flatteur qu'il est fondé sur Ui plus exacte vérité : Pietate an ingenio, poesi an eloquentia, modestia major an fama? L'abbé Ladvocat blâme l'usage de faire représenter aux écoliers des coiuéd es, et prétend quoi, devrait leur prél'érL'r les , exercices en forme de plaidoyer, dont on se I sert, dit-il, depuis le P. Porée dans le collège Louis-le-Grand. Cet habile jésuite avait ef-
fectivement employé ce moyen, établi par le P. Le Jay, et on convient qu'il l'avait porté à toute la perfection dont il est susceptible; mais il croyait le théâtre plus propre à corriger les ridicules des jeunes gens, et à leur donner de la hardiesse pour les actions pubhques auxquelles on les destine. Ce sentiment est incontestable et sen.«iblement vrai dans ses effets; mais le théâtre en général est si corrompu, est devenu une source si vaste et si sûre de corruption, que dans la crainte de nuancer le bien avec le mal, il est convenable de sacrifier les avantages d'un théâtre honnête et innocentaux dangers du théâtre devenu l'école des vices et des abominations humaines.
PPUÉE (Charles-Gabriel), frère du précédent, naquit à Caen, en 1683. Le d(goû( que ses premiers maîtres lui tirent prendre pour l'étude dura jusiju'à 23 ans. A cet âge il se cassa la jambe, et la lecture, sa ressource contre l'ennui pendant la guérison de cet accident, devint une passion qui ne le quitta qu'avec la vie. Il entra dans la congrégation de l'Oratoire d'où son frère le fit sortir bientôt après pour le placer auprès de l'illustre Fénelon, en qualité de bibliothécaire. Eu suite il fut curé dans l'Auvergne jusqu'en 1728, que le roi lui donna, dans la cathédrale de Eayeux, un canonicat qu'il résigna deux ans ai)rès. On le contraignit encore d'accep-p ter la cure de Louviguy, près de Caen; il la garda vingt ans. Hetu-é dans cette ville, au sein de sa famille, il partagea son lemps entre la prière et l'étude jusqu'au 17 juin 1770, époque de sa mort. Il était gai, franc, charitable, chéri de tous les honnêtes gens. Nous avons de lui : Examen de la prétendue possession des filles de Landes, diocèscdeBayeux, et Réfutation d'un mémoire où l'on s'efforce de l'établir, Antioche (Rouen) , 1738, in-8° : il fit cet ouvrage conjointement avec M. Dudonet, médecin à Caen; £a Mandarinade, ou Histoire du mandarinat de l'abbé de Saint- Martin, connu dans le xvir siècle par ses ridicules : cette histoire, publiée à La Haye, 1738,3 vol. in-12, renferme beaucoup d'anecdotes amusantes sur l'abbé qui en est le héros. Ses extravagances fournirent, dit-on, à .Molière l'idée du Bourgeois gentilhomme; quatre Lettres sur la sépulture dans les églises, Caen, 1745, iu-12. Cet ouvrage, où l'auteur s'élève contre l'usage d'inhumer dans les églises, fut attaqué; il répondit par un petit écrit, sous le titre d'Observations; Nouvelles littéraires de Caen, 3 vol. in-8". Il les commença en 1742, et les continua jusqu'à la fin de 1744 : c'est un recueil de pièces, en prose et en vers, des académiciens de cette ville; quarante-quatre Dissertations sur différents sujets, lues à l'académie de Caen, dont Porée fut, pendant 30 ans, un des princijiaux ornements. Onze de ces dissertations ont été imprimées dans les Mémoires de cette académie, et dans les Nouvelles littéraires; un grand nombre de corrections et d'additions pour une nouvelle édition du Dictionnaire de Trévoux, restées manuscrites.
PORION (PiEBRE-JosEPij), évêque cohsti-
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Iiilionnel , né l'an 17W, à Thièvre , flioct-se (le S;iint-Omer, fut un des scrrétuires de /"nrclievôque de Paris, Christophe de He;uiniiint , et devint professeur au follé^X' militaire de La Flèche , puis à celui d"Arras , alors dirigé par des prêtres st-culiers. Ea 1780, il devint curé de Saint-Mcola^-des- Fossés dans cette dernière ville. Elu, le 30 mars 1791, évoque du Pas-de-Calais , il fut sacré à Paris le 10 avril suivant; mais il fut peu de temps sur son sié^'e. Eu 1793, il renonça aux fonctions ecclésiastiques , ainsi que la plupart des prêtres qu'il avait oMonnés. Porion se lit défenseur officieux près les tribunaux, et fut quelq le temps président de l'administration municipale de Saint- Omer. Il s'était marié à la tille d'un officier irlandais. En 1802, il vint se fixer à Paris, où il vécut dans l'obscurité. 11 composa un Commentaire de Lhomond, et publia d s Corrigés de ih'mes, qu'il consacra spécialement à l'éducation de sa tille unique. 11 fai-ail des vers latins et français qui ne lui ont pas fait grande réputation, quoiqu'il ait chanté successivement les chefs des divers gouvenements qui se sont succédé pendant la révolution, il mourut à Paris le 20 mars 1830.
POUMORANT (Alexandre-Colas de), prêtre, né dans les premières années du xvii* siècle à Orléans, fut nommé, en 16i0,curé de Notre-Dame de la ville de Calais, et se lit connaître par les services qu'il rendit dans cette charge. 11 devint abbé commendataire de l'abbaye de la M delcine de Pleine-Selve, au diocèse de Bordeaux , et il consacra dès lors toute sa vie à l'instruction de la jeunesse. Pormorant mourut le 18 septembre 1675. On a de lui : Le Triomphe de la charité, contenant l'institution, les règlements et exercices du la com[)agnie des fiâmes de la Charité, établie en l'église paroissiale de Calais, Paris, 16i0 ; Idée de la famille de Saint-Joseph, établie au faubourg Saint-Victor de Paris, sous la protection du roi et de la reine régente, pour élever chrétiennement et civilement les enfants des no:)les et honnêtes familles indige.ites , etc., Paris , lOii , in-12 ; Factitmpour l'abbé de Pormorant contre René Radii/ue, au sujet de l'administration île l'Hùtel-Dieu de Checi , en 1054; c'est surtout à cause de sa singularité que nous citons ce mémoire qui est en vers français. L'abbé de Pormorant publia plusieurs autres ouvrages de piété et des Réponses apologétiques à la censure que la Sorbonne lit de son Idée sur l'établissement de Saint-Joseph. POHRÉE (Gilbert de La), né à Poitiers, fut chanoine, puis évèque de cette ville, après avoir enseigné la philosophie et la tnéologie avec une réputation extraordinaire. Le goût de son siècle était, en logique et en théologie, d'an.ilyser tout, cl de donner des noms dilférents aux dillerenles qualités (les objets, (iilbert de La Porrée le suivit. Il avait composé plusieurs* ouvrages théologiques, et avait traité les dogmes lîe la religion, plutôt selon les maximes d'Aristoto i[ue suivant le laiigig.î de l'Ecrituie et des saiiils Pères. Ainsi, pur exemple, ea uarlaul de la Trinité,
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il avait examiné la nature des personnes divines, leurs attributs, leurs propriétés. Il avait examiné quel'e différence il y avait entre l'essence des personnes et leurs propriétés, entre la nature divine et Dieu, entre la nature et les attributs de Dieu. Comme tous ces objets avaient des délini lions diverses, Gilbert jugea qu'ils étaient diû'érents, que l'essence ou la nature de Dieu , sa divinité, sa sagesse, sa bonté, sa grandeur, n'étaient pas Dieu, mais la forme par laquelle il est Dieu. Ainsi, par une métaphysique aussi vaine et fausse qu'hétérodoxe , il regardait les attributs de Dieu et la Divinité comme des formes diU'érentes; et Dieu , ou l'Être souverainement parfait, comme la collection de ces formes. C'est l.i l'erreur fond.-.ment.ile de Gilbi-rt de La Porrée. 11 en avait conclu que les propriétés des personnes tlivuics n'étaient pas ces personnes, que la naiure divine ne s'était pas incarnée. Gilbei't d.' La Porrée conserva tous ces princi,.es, lorsqu il fut élu évèque de Poitiers, et les eXfiiiqua dans un discours qu'il tit à son clergé'. Arnadd tt Calou , ses archidiacres, le uéférèreiit au pape Eugène III, qui était alors a Sienne, sur le point de passer eu France. Lorsqu il y fut arrivé, il fit examiner l'accusation qu'on ava t por;éo contre l'évèque de Poiiiers. Gilnert fut appelé à une assemblée qui se t.nt à Paris, en 11 i7, et ensuite au concile de Reims, tenu l'année suivante, et dans lequel on condamna les sentiments de Gilbert. Ce prélat rétracta ses erreurs , et se réconcilia sincèrement avec ses dénonciateurs. Il mourut en septembre 115V, à 8i ans. Quelques-uns de ses disciples persévérèrent dans leurs sentiments; mais ils ne formèrent point un parti. On a imprimé de La Porrée : un Commentaire sur le livre de la Trinité de Boëce, dans l'édition des OEuvres de Boëce, Bâie, li70, in-f. Ce commentaire est plus obscur que le texte même ; uae Lettre à l'abljé de Saint-Florent de Saumur, dans le 1" vol. des Anecdota, de .Martène; un ï;-a/f(^ philosophique des six principes, dans les anciennes édilions d'Anstote; un Commentaire sur l'Apocalypse, avec d'autres interprétations, Paris, 1512, in-8'".
PORRÈTE (Marguerite), lemme du Haiiiaut, vint à Paris, où elle composa un livre rempli des erreurs renouvelées par quelques quiétistes modernes. Yoy. Molisos. Elle y disait, entre autn s choses,» qu'une per- « sonne anéantie dans l'amour de son crea- « leur peut satisfaire librement tous les dé- « sirs de la nature, sans crainte d'olfenser « Dieu.» Elle soutint opiniâtrement cette doctrine, et fut condimuée à être brûlée en 1310. PORTA (Jean-Baptiste), gentilhomme napolitain, et physicien célèbre, né à Naples, vers 15V5, s'adonna à l'étude des mathématiques, de la médecine et de l'histoire natulelle. 11 parcourut l'Italie, la France et l'Espagne, en observateur, et, de retour à Naples, il y établit l'académie ues Otiosi. Son jienchant l'entraînait vers les sciences occultes. Il tenait souvent chez lui des assemblées d'iiomiues versés daus l'asirologie, dans les-
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quelles on traitait des secrets de la magie, et cette réunion prit le nom d'académie de' Secreti. La cour de Rome, instruite de l'objet qui occupait cette petite académie, lui lié- Icuidit de la tenir. Il se consacra aux muses et composa des Tragédies et des Comédies qui eurent quelque succès. Il mourut en 11)15, à 70 ans. On a de lui : un Traité de la magie naturelle, en latin, Aoisterdam, ICGi, in-i2; traduit eu français par Meissonnicr, Lyon, 1688, in-12 : livre plein d'idées cliiniériques et extravagantes. On assure que l'auteur avait composé les premiers livres de cet ouviage à l'Age de quinze ans. Un autre Traité de la phgsionomie , composé dans le même esprit que le précédent. L'auteur, entêté de l'astrologie judiciaire , l'a rempli d'inepties. Cet ouvrage, imprimé à Lcytie en latin, lOVa, in-12, fut trailuit en français par Raull, llouen, ICG.o, in-8". On l'a aussi en italien, Venise, 1(352, in-8°, édition exlrèmcmenl rare. De occultis lilterarum notis , réimprimé à Strasbourg en 160G, avec des augmentations. C'est un traité sur la manière de cacher sa pensée dans l'écriture, et de découvrir celle des autres. Il y donne plus de 180 manières de se cacher ; et il en laisse encore une infinité d'autres à deviner, qu'il est aisé d'inventer sur celles qu'il propose. Ainsi il a surpassé de beaucoup tout ce qu'avait fait Trithème sur ce point, particulièrement dans sa Polygraphic, soit par sa diligence et son exactitude, soit par son abondance et sa diversité, soit enfin par sa netteté et par sa méthode. Phijtognomonica, seu Methodus cognoscendi ex inspectione vires abditas cujnseumrjue j-p/, Na|)les, 1383 , in-fol.; De disiillationibus, Rome, 1608, in-V". C'est à J.-B. Porta que nous devons l'invention de la chambre obscure, perfectionnée depuis par s'Gravesande. 11 avait conçu le projet d'une Encijelopédie, que Bacon a proposé ensuite d'une manière plusdévelopiiée, et qui, exécuté enfin d'une façon pitoyalile par des hommes inconséquents et dirigés uniquement par l'esprit d'intérêt , a produit une masse inforûie, fatale à toutes les biaîTches des sciences. C'était du reste un esprit empirique et faux, auquel on a trouvé plus d'un trait de ressemblance avec Corneille Agrippa, Cardan, Paracelse et autres partisans d'une i)hysique occulte et condamnable. M. H.-Gabr. Duchesne a publié une notice historique sur J.-B. Porta, Paris, 1801,in-8°. Voy,. sur Porta la Storia délia letteratura de Tiraboschi.
PORTALIS (Jean-Etiennk-Marie), ministre des cidtes, né le 1" avril 1746, au Beausset en Provence, d'une famille de robe qui depuis longtemps jouissait de l'estime générale, fut reçu , à l'âge de 21 ans , au parlement d'.\ix, et dès son début il se plaça parmi les jurisconsultes et les orateurs lesplus distingués de cette époque. Plusieurs mémoires contribuèrent îiétabUr sa réputation, entre aatressaConsultation sur la validité des mariages des protestants en France, Paris, 1770, in-12. Deux causes soutenues contre deux adversaires puissants, >.iirabeau et Beaumarchais,
DicfiONN. DE Biographie helig. 111.
augmentèrent encore sa célébrité : Portalis s'était chargé des intérêts de madame de Mirabeau , et il parvint à obtenir une séparation utile à la conservation de ses biens. Moins heureux en défendant le comte'deLa Blache contre Beaumarchais, il ne put gagner sa cause déjà perdue devant le public; mais sa défense fut digne de son talent. Portalis fut bientôt placé, malgré sa jeunesse, à la tête de l'administration de sa province; il justifia par sa capacité, dans les fonctions administratives, le choix qu'on avait fait de lui. Au commencement de la révolution , sa modération l'éloigna du rôle auquel auraient pu l'appeler ses talents, et dès 1790 il se retira à la campagne. Les troubles du Midi et les préambules des persécutions révolutionnaires lui firent chercher un asile à Lyon, C[u'il fut encore obligé bientôt de quitter. Portalis se rendit à Paris dans les derniers mois de 1793; il no tarda pas à y être arrêté, et il ne recouvra sa liberté que plusieurs mois après la chute de Robespierre. Nommé en 1795 député du département de la Seine au conseil des Anciens, il y développa un caractère plein de modération, et se montra constamment opposé au parti directo.ial. Le Directoire voulait s'arroger le droit d'élection, et Portalis opina sur ce dioit le 15 décembre de la même année : «Ce serait, dit-il, « compromettre cette autorité que de lui « donner la faculté proposée : en admettant « le prétexte do la tranquillité publique jiour « violer un article de la constitution, bien- <( tôt on pourra en violer un autre, et ainsi « tout sera livré à l'aibitraii'e. » Il fut nommé secrétaire de l'assemblée le 17, et le 27 février 1796 il fit un rapport verbal sur la résolution de déiruire la liste des émigrés; il combattit en même temps le [irojet de donner au Directoire le pouvoir de statuer sur les radiations. Il prouva victorieusement que l'intérêt du gouvernement lui-même y était opposé, et que les tribunaux étaient les juges naturels de ces contestations comme de toutes les autres. Malgré la noble franchise de ses discours, qui auraient paru blesser les intérêts ou les prétentions du Directoire, il fut président le 19 juin 17'.}6 ; le 25 août il s'opposa à l'impression d'un discours de Creuzé-la-Touche contre les prêtres. Le lendemain , il présenta un rapport exact des lois rendues sur cet ordre; il se plaignit des serments exigés d'eux , plus encore des peines prononcées contre ceux ([ui, obéissant à leur conscience, avaient refusé de se parjurer. Il assimila, avec assez de justesse, les mesures |H'oposées à leur égard à celles qui avaient été adoptées ]3endant le règne de la terreur, et cita J.-J. Rousseau, c[ui, philosoj>he lui-même, disait « que « si les philosophes avaient jamais l'empire, « ils seraient plus intolérants que les prê- « très. » Il fut un de ceux qui s'élevèrent le plus vigoureusement contre la loi du 9 floréal an IV (28 avril 1796), qui ordonnait le ])artage des biens des ascendants d'émigrés, loi qui dépouillait de leur vivant des vieillai'ds innocents et oui était en opposition
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avec un des premiers piincipes des législateurs, que les crimes sont personnels. Il attaqua, le 30 novembre 17%, la loi du 3 brumaire, dans si'S articles concernant les parents d'émigrés, comme proclamant l'intolérance, poursuivant en masse tous les citoyens, « faisant des privilégiés, di'S sus- « pects, des mécontents et des esclaves. » Il démontra que l'amnistie du k brumaire était absolue, et dit: «Que si elle pouvait a subsister encore après le rejet de la réso- « lution, elle subsisterait oubliée, désliono- « réo, comme une loi de colère, comme le « dernier acte de la vengeance d'un parti, et « que le 1" germinal, époque dee élections, «' ,(-ll6 serait anéantie par la volonté du peuce pie, par cela môme qu'elle ne serait pas « olTerte à l'acceptation du souverain. » Dans le courant do lévrier, il fut diVsigné dans le plan de conspiration de Lavilleheurnois, comme devant remplacer Cochon dans le ministère de la police. 11 s'opposa à ce que les électeurs fussent asireints à prêter le serment civique. Le 25 juillet, il vola contre les sociétés pojtulaires. Bientôt après, il fut inscrit dans la liste de déporlition du 18 fructidor an v (4 septembre 1797), et se réfugia en Allemagne. Rappelé en France après la révolution du 18 brumairo (9 novembre 1799), il y arriva le 13 février 1800. Le 3 avril , on le nomma commissaire du gouvernement près du conseil des prises, et il entra dans le conseil d'Etat vers la fin de la môme aimée. Il présenta différents projets de loi au corps législatif, et défendit plus particulièrement le |)rojet relatif à l'établissement des tribun lus spéciaux, qui éprouva une forte opposition. Peu de temps après, il présenta le projet du Code civil. Il fut chargé, dans le mois d'août 1801, de toutes les affaires concernant les cultes. Il fit reconduire à Rome le corps de Pie VI, resté jusque-là à Valence. Il ordonna d'ell'acer les inscriptions païennes qui restaient sur le frontispice des temples. 11 rappela dans leur patrie les évôaues démissionnaires tpii en étaient exilés depuis tant d'années : mesure qui ne fut que le pré'ude d'un autre acte que réclamaient depuis longtemps la justice et l'humanité, le rappel dos émigr'és : objets si malheureux de la haine révolutionnaire, et sur lesquels la barbarie s'était a[)|)esantie au point ({u'il sullisait d'être de C(^tte classe proscrite pour être envoyé à l'écliafaud sans autre formalité. Le 5 avril 180-2, il prononça, devant le nouveau corps législatif, que l'on venait de convoquer pour cet elfot, un discours dans lequel il exposait les inolifsqui avaient amené la convention faite entre le saiiit-siége et le gouvernement français. 11 y établit quelques principes forl sages; mais on croit s'apercevoir que l'orateur craignait do [laraître trop favorable à la religion cat'ioli(pie, et qu'il redoutait les sarcasmes de la pliiloso[)hie, à moins qu'on no veuille l'excuser sur les pr'éventions (pie res[)rit révolutionnaire avait encore laissées, chez beaucoup de gens eu place, contre la religion ; préventions telles, que le gouvernement pouvait craindre que
le concordat ne fiU (ras adopte, si on nenrtait ti'Oji les opinions. Le discours de Portails d'ailli-'ur-s était grave, décent, et contrastait ave'j le langage révolutionnaire, inhumain et far'ouclie , dont cette môme Iribune avait retenti tant de fois. Il lit ensuite lei'ture du concoi dat du 13 juillet , que le corps législatif adopta, après quelque discussion. En 18j3, il fut élu candidat au sénat conservateur, en juillet de l'année suivante on le nomma déhnilivouient ministre des cultes. Le l" février 1803, il fut créé grand officier de la Légio i-d'Honneur. Le 2 janvier 1806 il prononça à l'Institut, dont il était membre, VEloge d' Antoine-Louis S('guier , avocat au parlement de Paris, et successeur de Fontenelle à l'académie française : cet éloge a eu deux éditions. Portails mourut le 23 août 1807. Bonaparte oriorma qu'il servait élevé à ce ministre une statue dans le conseil d'Etat. Elle a été exécutée par Dcsenne. En 1820, son fils a publié un ouvrage posthume intitulé : Traité sur l'usage et l'abus de l'esprit philosophique pendant le xvm" siècle, jirécéJé d'une notice fort intéressante sur l'auteur, Paris, 2 vol. in-8". C'est un Irvre trèsremarquable par la philosophie religieuse qui y règne, par l'esprit de méthode, d'analyse et d'impartialité qui a présidé h sa composition, et par un st^le noble et élégant.
PORTALLIER (Claude-Josiîph), ecclésiastique du diocèse de Belley, né le 19 mars 1788 !i Meximieux, diocèse de Lyon, mort le 22 juillet 1831, exerça le ministère à Poncin, et lut ensuite emjiloyé dans les séminaires de Meximieux, d'Alix, de l'Argentière et de Saint-Irénée à Lyon. M. l'évèque de Belley, ayant pris possession de son siège, chargea l'abbé Portallier de tous les soins relatifs à la formation du grand séminaire de son diocèse qu'il établit à Bi-ou. Le jeune ecclésiastique s'en acquitta avec zèle et intelligence : sa faible sanlé ne lui iiermettant pas de supporter continuellement les pénibles austérités de la vie de séminaire, il revint à Bourg, où il fut chargé de diriger le noviciat des sœurs de Saint-Joseph, pour lesquelles il a composé quelques ouvrages. Cette congrégation, qui se consacre à tous les genres de bonnes œuvi'cs, tient sept hôpitaux, et a 80 établissements dans le diocèse. Parmi les ouvrages dont l'abbé Portallier est auteur, on distinguo le Manuel des cérémonies lyoïinnises et le Mois de Marie. On a ans>i dé lui une nouvelle édition do ['Histoire de l'église de Brou. L'évèque de Bourg l'avait nommé chanoine d'honneur de sa cathédrale.
PORTE DE Saint-Martin (Antoine de La), né en Bretagne d'une famille distinguée , originaire de l'Anjou, fit profession, en 1011, chez les cai'iiies de l'étroite observance de Rennes, et alla faire s. s éludes théologiques au collège des jésuites de La Flèche. Il enseigna successivement la philosophie et la théologie aux novices de son ordre. En 1G23, il fut nommé prieur du couvent de Poitier's qui venait d'être réformé, puis il le fut do celui de Loudun, et enfin, eu 1C26, de celui d'Angers. Il prêcha avec beaucoup
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de succès dans la cathédrale d'Angers, pendant un octave du Saint-Sacrement, puis à Paris, où les caruies de l'étroite oiiservance de Kennes s'étauHrent dans le couvent du Très-Sainf-Sacreuient , connu sous le nom des Billettes. Le P. de La Porte mourut le 20 septembre 1630. En 1637, le P. Strati , général de l'ordre, l'avait nommé son commissaire |)0ur établir la réforme dans la grande maison des carmes de la place Maubert. On a du P. de La Porte : La présence de Jésiis-Christ dans les hôpitaux et les prisons, par un prêtre pauvre, Paris, I6'^0, in-12; Conversation avec Jésus-Christ dans le Très- Snint-Sacrcment de Vautel, Paris, 16^4, in-12; De la manière de bien vivre dans les compagnies, Paris, 16ii, in-12; Le Trésor des richesses dans le sein des pauvres, Paris, 16'i-4 , in-î2; Les Conduites de la grâce, Pai'is, 164-5, J646, in-i"; La Vie de madame la conseilUre de Ferrant-Beaufort, Paris, IGoO, in-S" ; Les Vacances spirituelles; Contemplations amoureuses sur la passion de Jésus-Christ : ces deux dernières productions n'ont pas vu le jour. PORTE (Barthélémy de La), prêtre et théolo„'ien, né vers 1699, était, selon le Dictionnaire des anongmes, delaCiotat. 11 paraît que n'ayant pas voulu signer le formulaire , il s'était attaché au diocèse de Montpellier, où M. Colbert lui conférâtes ordres, et quil est le méiuc qui fut exilé sur une accusation d'intrigues, en IT'il, à Auxerre et en 1743 à Bordeaux. Quoi qu'il en soit, l'abbé de la Porte mourut en 1786, après avoir publié divers ouvrages sous le voile de l'anonyme. Nous citerons : Le conciliateur pacifique , ou Remarques succinctes d'un théologien de province sur la lettre de iabbé Joubert au P. de Saint-Gènes sur tes indulgences, 1760, in-12, à l'occasion des écrits de Mariette sur cette matière ; Lettre d'un Bordelais sur la Vie et les mystères de la sainte Vierge, de Lafitau {Voy. Lafitau), 1739, in-12, de concert avec le P. Eymar; Lettres philosophiques et théologiques, avec la réfutation d'une Instruction pastorale de M. de Beaumont, 1760; Inscription en faux contre le texte cité sous le nom de Bossuet, dans la réclamation de l'assemblée du clergé de 1760, 1761, in-12 ; Principes théologiques, canoniques et civils sur l'usure, 1763, 3 vol. in-12. Ils commencent par une Introduction intéressante sur les écrits pour et contre le j rét, et Unissent par six Lettres contre le Traité des prêts de commerce ; Nouvelles lettres à un ami sur les prêts usuraires de commerce, 1769, in-i2. Un quatrième volume, ajouté aux Principes théologiques , en 1772, est spôcialeiiicnt du-igé contre te Traité des prêts de Mignoi. Lettre instructive d'un théologien romain sur la nouvelle dévotion au sacré Cœur, 1773 (c'est la traduction d'un écrit en italien, qui avait pa.u à Rome); Le Défenseur de l'usure confondu, ou Réfutation de lalhéoriede l'intérêt de l'argent, 1782, in-i2, avec un recueil d'ordonnances, par Moltrot. 11 est à regretter que La Porte, homnje d'ailleurs instruit et régulier, ait mêlé à de fort bonnes raisons des expressions dures contre ses adversaires.
PORTER (François), né en Irlande dans le comté deMeath, fiit récollet et professeur en théologie dans le couvent de Saint-Isidore à Rome. Plusieurs cardinaux l'hi murèrent du titre de leur théologien, et Jacques îl lui donna c^lui de son historiogiaphe. Il mourut à Rome, le 7 avril 1702. On a de lui : Securis evangelica ad hœresis radiées posita , 1674; Palinodia religinnis prœtensœ reformatée, 1679 ; Compendium Annalium ecclesiasticorum regni Uiherniœ, 1690, in-4"; Si/stema decretorum dogmaticorum ub initia nascentis Ecclesiœ per summos pontifices, concilia generalia et particulariahucusquc editorum, 1698. PORTES (Philippe des), né k Chartres, en 1546, vint à Paris et s'y attacha à un évêque avec lequel il alla à Rome, où il apprit la langue italienne. De retour en France, il se livra à la poésie française, qu'il cultiva avec un succès distingué. Peu de pnëtes ont été aussi bien payés de leurs vers. Henri III lui donna 10,000 écus pour le mettre en état de ]iublier ses premiers ouvrages, et Charles IX lui avait dOi né 800 écus d'or (lour son Rodomont.L'i\im\a\ de Joyeuse fit avoir à l'abbé des Portes une abbaye pour un sonnet. Enfin, il réunit sur sa tète jilusieurs béuétices, qui tous ensemble lui produisaient plus de 10,000 écusde rente. Henri III faisait aussi l'honn ur à des Porti'S de l'appeler dans son conseil, et de le consulter sur les alfaires les plus importantes du royauuie. On prétend qu'il refusa plusieurs évèchés, et même l'archevêché de Bordeaux. Après la mort de Henri IIL, il embrassa le parti de la ligue, et contribua à enlever la Normandie à Henri IV; il travailla ensuite à la f ire rentrer sous son obéissance, et obtint l'amitié et l'estime de ce monarque. Des Portes mourut en 1606, h 60 ans. Nous avons de lui : des Sonnets, des Stances, des Elégies , des Chansons, des Epigrammes , des Imitations de l'Arioste , la Traduction des Psaumes, en vers français, 1398, in-8° : d'autres Poésies, qui virent le jour pour la première fois en 1573, in-4°. La muse de des Portes a une naïveté et une simplicité aimables; il est le premier parmi les poètes françiis qui ait jiossédé l'inutile et souvent dangereux talent de mettre de l'agrément et de la délicatesse dans les veis erotiques. Il possédait tous les poètes anciens et modernes, et il les imitai souvent. Malherbe a beaucoup critiqiié ses ouvrages. Des Portes était neveu de Matl.urin Régnier, et avait un frère, Joachim des Porti s, auteur d'un Abrégé de la Vie du roi Charles IX
PORTEUS (Beu.by), lord évêque de Londres, né à York en 1731, mort en 1808, fut d'abord chapelain du roi , puis curé de Lamiieth, et ensuite évêque de Chester, où l'un des premiers actes de son épiscopat fut une exhortation pour recommander d'observer le vendredi saint. De Ih il passa sur le siège anglican de Londres, après la mort du célèbie docteur Lo« th, ariùvée en 1787. 11 se rendit célèbre par ses talents et ses succès dans la [irédicalion. On a de lui : une édition de ]s.Courte réfutation des erreurs de l'Eglise romaine, extraite des cinq sermons de Thomat
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Secker, archevétjue de Canlorbénj, 178I,in-12. Parmi les diverses réponses que les callioliqucs firent à cet ouvrage, nous citeruus l'écrit de Milner, intitulé : laFin de la controverse religieuse, 1818, in-8% traduit en français sousle tilre iVExcellencc de la rclujion , 1823, 2 vol. in-8"; un Sermon prêché à Cambridge en 1761 , et publié sous ce titre : le Caractère de David ; c'était une réponse à un pamphlet anonyme , intitulé : VHisloire de riiomme selon le cœur de Dieu ; Lettre aux habitants de Manchester , sur les derniers tremblements de terre; Sermons sur différents sujets, 1783, in-8% qui roulent principalement sur les |)reuves de la révélation : il en parut un second tome eu I79'i.; Lettres au clergé de Chester, sur les écoles du dimanche ; Essai stir un plan pour civiliser et convertir lesnègres; iMtres aux colons anglais dans les Antilles ; Discours surréi-ungile de saint Matthieu, 1802, 2 vol. in-8°; Abrégé des principales preuves delà vérité et de la divinité de la révélation, destiné principalement à la jeunesse, 1800; Lettres au clergé de Londres sur la négligence à se mettre à genoux dans l'église quand la liturgie l'ordonne, 180i; Les bienfaits du christianisme, etc., prouvés par l'histoire, 1806; traduit en français sous ce titre : Heureux effets du christianisme sur la félicité temporelle du genre humain, etc., suivi des Princijjales preuves, etc., Paris, Galignani, 1808, petit in-8° de 227 pages. Cet ouvrage est fait dans le meilleur esprit , et comme l'a remarqué un critique, « il faut que le mot de papisme ait échappé au bon et respectable évoque, pour qu'on ait pu deviner que l'auteur de cette [iroduction, qui annonce une plume véritablement chrétienne, appartenait à une communion dissidente. » Porteus cependant était très-attaché à l'Eglise établie, ce qui rend sa modération encore plus louable. On dit qu il avait la contiance de Georges III, et l'on croit, (ju'il ne fut point étranger aux dispositions do ce monarque envers les catholiques. On cite encore de ce prélat des Mandements et des Sermons détachés, dont quelques-uns roulent sur rincrédulité. Tous ces écrits , et de [ilus quelques essais de poésies, ont été recueillis en 1811, et publiés avec une Notice biographique, par son neveu Robert Hodgson. En 1815, on a donné en anglais : Beautés du docteur Porteus , axec un portiait et des notes; l'on a ensuite publié des Sermons tirés des leçons de l'évéïpie Porteus, Londres, 1817, in-8*. Les Heureux effets du christianisme , etc., ont été reproiluits dans le 12° vol. de la coUectioa des Démonstr.évangéligues,\)ub\iéepaLvM. Migue, 18'i3-184.9, en 18 vol. in-V.
POKTO-MAURIZK) ( Paul-Jérôme Casa- NtovA, connu sous le nom de Léonai\d dk), religieux de l'uistitut des frères mineurs rél'iirniés d'3 Saint-François , naquit à Port- Maurice dans l'Etat de Gènes, le 20 décembre 1076. A r.lge de 12 ans il fut envoyé à Home, où il aciieva d'excellentes études au colléye romain dirigé [tar les jésuites. A l'ilgo de 21 ans, il résolut de quitter le monde, et il pnl riiahil monastique le 2 oitobre 1697.
Des qu'il eut reçu là prêtrise, en 1712, il se consacra entièrement aux missions, et parcourut successivement le pays de Gênes, la Toscane, la Corse, les Etats pontificaux, laissant partout des marques de son zèle et des fruits de son apostolat. Il établit au Colysée, si souvent arrosé du sang des martyrs, l'exercice de dévotion appelé Chemin de la croix. Le |jape Benoît XIV se plaisait souvent à l'entendre prêcher. Le P. Léonard mourut au couvent de Saint-Bonaventure, à Rome, le 26 novembre 1731, et fut béatifié en 1796 par le pape Pie VI. On a de ce religieux, en italien : Le Trésor caché , ou Prix et excellence de la sainte Messe , Rome, 1737 : l'ouvrage est dédié au pape Clément XII ; Manuel sacré, ou Recueil sacré de divers enseignements spirituels pour les religieuses, Venise, 1734.; Guide pour la confession générale, Rome, 1739 ; La voie du Paradis, considérations sur les maximes éternelles et sur la Passion du Seigneur, Bergame, etc. Le P. Léonard avoue avoir beaucouj) profité des ouvrages du P. Segneri, dans ses sermons et autres compositions. Les divei s écrits que nous venons de citer ont été réunis en 2 volumes, sous le titre d'OEuvres sacrées et morales , Venise , 1742 , plusieurs fois réimprimées ailleurs. Le P. Ra[ihaël de Rome , du même ordre, a écrit la Vie du P. Léonard de Porlo- Maurizio, 1733.
POSADAS (François), dominicain, né l'an 1644- à Cordoue dans l'Andalousie, de parents pauvres, mais vertueux , mourut subitement à Cordoue le 20 septembre 1713, après une vie passée tout entière dans les bonnes oeuvres et les austérités. Ces dates ditfèrent de celles queMoreri adonnées, mais elles nous paraissent plus sûres. ( Voy. le tome XXVIII de l'Ami de la religion, p. 211.) Le P. Posadas se signala dans son ordre par le talent d'instruire les pauvres de la campagne , et de ramener à une vie exemplaire les personnes du grand monde. Sou mérite le fit nommer à un évêché, mais son humUité le porta a le refuser. Tout ce qu'il y avait de grand en Espagne avait pour lui une considération singutièie. On le consultait comme un oracle. Béatifié le 20 septembre 1817, le P. Posadas a été canonisé en 1818. Un savant religieux do son ordre a écrit sa Yie, et l'a publiée en un gros volume in-i". Vincent de Casuo en a donné un abrégé , Rome, 1818, iii-l2. On a du P. Posadas plusieurs ouvrages qui respirent la plus haute piété : Le l'riomphe de la chasteté contre les erreurs de Molinos, in-.'i-'' ; la Vie de saint Dominique de Gusman, in-.'i.°; Sermons doctrinaux , 2 vol. in-'i-'' ; Sermons de la sainte Vierge Marie , iii-.'i ". On a encore de lui divers Traités de théologie mystique , qui pouiraient former 6 vol. in-'i-'. Ils sont restés manuscrits.
POSSEVTN ( Antoine j, né à Mantoue en 133i, fut d'abord précepteur do F^raiiçois et de Scipion de tionzague, entra ensuite dans la compagnie de .lésus en 1539. Il prêcha en Italie et en France avec un succès distingué, et fut fait successivement recteur des collèges d'Avignon et de Lyon. Evrard Mercurin,
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général de son ordre . l'appela h Rome en 1573, et le fit son secrétaire. Son génie pour les langues étrangères et pour les négociations le fit choisir par le pape Grégoire Xlll pour être envoyé en qualité de nonce à la cour de Suède ; Maximilien II , empereur d'Allemagne, le décora du titre d'ambassadeur. Il travailla beaucoup en Suède pour les intérêts de la religion catiiolique, et parvint à engager le roi .Tean h abjurer le luthéranisme le 16 mai 1578. Mais ce succès ne fut point de longue durée. Il fut encore envoyé, en qualité de nonce, en Pologne et en Russie , en 1581, rétablit la bonne intelligence entre Jean III, roi de Pologne, et le czar Rasilowitz, et consacra tous ses soins 5 la réunion des Russes à l'Eglise romaine. On peut voir le succès de celte entreprise dans son ouvrage intitulé Moscovia. De retour en Italie en 1586, il demeura pendant quatre ans ;'i Padoue, où il dirigea la conscience de saint François de Sales. Il travailla à Rome h la réconciliation de Henri IV avec le saintsiége. Ce zèle ne plut pas aux Espagnols, qui se défiaient de la conversion de ce jirince, et qui firent donner ordre à Possevin de sortir de cette ville. Il mourut h Ferrare le 26 février 1611, âgé de 77 ans. Nous avons de lui divers ouvrages. Les plus importants sont : une Bibliothèque choisie, Rome, 1593, in-fol., pleine d'érudition et de reclierclies ; mais l'auteur ne fait pas toujours un assez bon choix des écrivains qu'il consulte, il en censure d'autres avec trop ])eu de ménagement: il y a d'ailleurs des négligences et des inexactitudes ; Appuratus saccr ad scriptorcs Ycteris clNovi Testamenti , 3 vol. in-fol., ouvrage qui a eu beaucoup de cours ; Moscovia, Cologne, in-fol., 1587 : c'est une description fort étendue de l'Etat des Moscovites, de leurs mœurs, de leur religion, etc.; Juclicium de Niue (La Noue), Joannis Bodini, Philippi Mornœi et NicolaiMachiavelli quihusdam scriptis, Rome, 1572, et Lyon , 1593, ouvrage fait par ordie d'Innocent IX; Confatatio ministrorumTransylvanice et Francisci Daridis , de Trinitate ; Miles christ ianus; quelques Opuscules en italien , dont on peut voir le titre dans le Dictionnaire typofjraphique. Le P. d'Origny, jésuite, a donné la Vie de cet haliile négociateur, en 1712, in-12. Elle est curieuse et intéressante. — Il ne faut pas le confondre avec Antoine Possevin, son neveu, natif de Mantoue, dont on a Gonzaqarum Mantuœ et Montis ferrât idticumhist or i(i,'SlaniouG, 1628,in-8°. POSSIDIUS, élu en 397 évèque de Calarae, en Numidie, et disciple de saint Augustin , recueillit les derniers soui)irs du saint docteur en 430. On a de lui la Vie de son maître, écrite d'un style assez simple ; mais il y a beaucoup d'exactitude et de vérité dans les faits. 11 y a joint le catalogue des ouvrages de ce Père, avec lequel d avait eu le bonheur de vivre pendant près do kO ans. Celte Vie a paru àNaples, avec de savantes notes, 1731, et h Augsbourg, 176'i., avec une dissertation critique : De variis gestis , diclis ac risionibus sancto Augustino falso aut minus solide altributis. Pour l'édition des écrits de Possi-
dius donnée par M. Migne, roy. Cas.sjen et Hii.AHU! d'Arles.
POSTEL. ( Guillaume ) , savant 'et célèbre visionnaire, né le 25 mars 1510, à la Dolerie, hameau de la paroisse de Barenton en Normandie, perdit à 8 ans son père et sa mère, qui moururent de la peste. La misère l'ayant chassé de son village, il se fit maître d'école, âgé seulement de ik ans, dans un autre village |iiès de Pontoise. Dès qu'il eut ramassé une i>etite somme, il vint continuer ses études à Paris. Pour éviter la dépense, il s'associa avec quelques écoliers ; mais il ne fut pas longtemps à s'en repentir : dès la première nuit on lui vola son argent et ses habits. Le froid qu'il endura lui causa une maladie qui le réduisit à souffrir pendant deux ans dans un hôpital. Sorti de cet asile de la misère, il alla glaner en Beauce. Son industrie laborieuse lui ayant jirocuré un habit, il vint continuer ses études au collège de Sainte-Barbe , où il s'engagea à servir quelques régents. Ses progrès furent si rajiides , qu'en peu de temps il acquit une science universelle. François l", touché de tant de mérite uni à tant d'indigence , l'envoya en Orient , d'où il rapporta plusieurs manuscrits précieux. Ce voyage lui mérita la chaire de professeur royal de mathématiques et de langues, avec des appointements considérables. Sa façon d'enseigner, et surtout sa façon de vivre, lui suscitèrent divers ennemis. La reine de Navarre, irritée de son attachement au chancelier Poyet. lui fit perdre ses places. Obligé de quitter la France , il passa ;'i Vienne, s'en fit chasser ; se rendit à Rome, se fit jésuite, fut exclu de l'ordre, et mis en prison l'an 154-5, pour avoir commencé à répandre des erreurs. Après une année de captivité, il se retira à Venise , où une vieille fille s'empara de son cœur et de son esprit. Il s'oublia jusciu'à soutenir que la rédemption des femmes n'était pas achevée, et que la Mère Jeanne (c'était le nom de sa Vénitienne) devait terminer ce grand ouvrage : c'est sur cette enthousiaste qu'il publia son livre extravagant : Des très-merveilleuses victoires des femmes du Nouveau- Monde, et comment elles doivent par raison à tout le monde commander, et même à ceux qui auront la monarchie du monde viril , Paris , 1553, in-16. Ses rêveries le firent enfermer; mais on le relâcha ensuite comme un insensé. De retour à Paris en 1553, il continua à débiter ses extravagances. Contraint de fuir en Allemagne , il se retira à la cour de Ferdniand, qui l'accueillit assez bien, et il professa quelque temps dans l'université de Vienne en Autriche. L'amour de la patrie le sollicitant de.retourner en France, il adressa une rétractation à la reine , qui le rétablit dans sa chaire du collège royal. Son changement n'était pas sincère. Il chercha à répandre ses folies, et fut relégué au monastère de Saint-Martin-des-Champs, où il fit pénitence, et où il mourut le 6 septembre 1581, âgé tie 71 ans. Postel se faisait beaucoup plus vieux ; il attribuait sa constante santé et sa longue vie à l'avantage de n'avoir jamais ap-
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proche d'<iu( une femme, il voulait persuader aussi qu'il était ressuscité, et, pour prouver ce miracle à ceux qui l'avaient vu autrefois avec un visage pAle, des cheveux gris et une Larbe blanche , il se fardait secrètement et se peignait la barbe et les cheveux. C'est pouniuoi, dans la pUipart de ses ouvrages, il s'aiipelait Postcllus Rcstitulus. Quelques auteurs ont écrit qu'il a vécu cent ans, qu'à la fin de ses jours il rajeunit, et que ses cheveux bl-uics devinrent tout noirs. Postel était, malgré ses rêveries, un des génies les |ibis étendus de son siècle. II avait une vivacité, une |)énétration, une mémoire, qui allaient jusqu'au jiroiligc. Il connaissait parfailement les langues orientales, une parlie des langues mortes, et [iresque toutes les vivantes ; il se vantait de pouvoir faire le tour du monde sans Iruchemenl. François 1'' et la reiue de Navarre le regardaient coiiune lu merveille, de leur aièclc. Charles IX l'appehiit son philosophe. On assure que quand il enseignait à Paris dans le collège des Lombards, il y avait une si grande fouie d'auditeurs, que la salle de ce collège ne pouvant les contenir, il les faisait descendre dans la cour et leur parlait d'une fenêtre. On ne peut nier qu'il n'eût fait beaucoup d'honneur aux lettres, si, à force do lire les rabbins el lie (;onlempler les astres, il n'avait pas ])erdu la tèle. Ses principales chimères ét.iient que les femmes domincraiem un jour sur les lionunes ; que toutes les sectes seraient sauvées par Jésus-Christ; que la plupari des mystères du christianisme pouvaient se dén.outrer par la raisi.m ; que l'ange Raziel lui avait révélé les secrets divins, et que si'S écrits étaient les écrits de Jésus-Christ même ; enlin, que l'àrae d'Adam était entrée dans son corjts. Ces folles idées étaient plus dignes de compassion que de châtiment , et Poslel était un de ces hommes qui sont moins méchants que fous. Dans la foule d'écrits dont i'I surcharge,! l'univers littéraire, on ne citera que les principaux : Claris absconditorum a coustiltitione mundi qua metu' h.umnnu, tam in dirinis qumn in hunianis , pertinijet ad inleriora vclaininis œlernw veriiutia , Bàle, 15V7, in-l(j, et Amsterdam , IGiO, iu-12. Cette dernière édition est très-coummiu:, la j)remière est fort rare. Quelques-uns ont comparé à cet ouvrage extravagant celui de ('oint de Géb:'lin, Le Monde primitif anali/se et considéré dans son r/énie (tlléfiori//ue, et diiiis les allcijories auxquelles conduit ce (jénie; mais il faut convi^iir ([ue, malgré iiudipjcs Japports du côté de l'imagination, le iiarallele d uis sa généralité est peu exact ; De ullimo pidicio, sans nom de ville ni iTimi)! imeur, et sans date, in-lO. C'e^t un des |)lus rares ouvrages de Postel. Apologie contre les détracteurs de la Gaule, qui renfeiine des choses singulières; [Unique moyen de l'accord des protestants cl des catholiques; les Premiers éléments d'Euclide chiéiien pour la raison de la divine et éternelle vérité démontrée, traUuils du latin, Paris, lo7i), 1 vol. in-tij; la Divina ordinuzionc, i vol. in-8", î55G, où est corapiise la raison de la restitu-
tion ue toutes choses ; Merveilles des Indes et du nouveau Monde, ou est montré le lieu du Paradis terrestre, Paris, 1563, 1 vol. in- 16; Description et carte de la Terre-Sainte, 1553, in-16; Les Raisons de la monarchie, Paris, 1551, i vol. in-8"; Histoire des Gaulois depuis ledéluor, Paris, 1^52, 1 vol. in- 16; Z,f/ loi salique, 1532; De PImnicum litteris, Paris, 1552, 1 vol. in-8', petit format; Liber décousis naturœ, 1.552, 1 vol. in-lG; De originibus nationum, 155.3, i vol. iii-8°; Le prime nuovc deir altro mondo, cioè la Vergine veni^ tiana, 1555, 1 vol. in-S"; Traité de l'origine de l'Etrurie: Epistola ad Schwcncfeldium de Virgine venitiana, 1556, 1 vol. in-S"; Recueil des prophéties les plus célèbres du monde, par lequel il se voit que le roi François I" doit tenir la monarchie de tout le Monde; Alcorani et Evangelii concordia, Paris, IS'sS, 1 vol. in-8"; De rationibus Spiritus sancti, idem; De nativitate Mcdiatoris ultiina, lo'i7, 1 vol. in-i"; Proto-Evangelium, 1552, 1 vol. in-8'; Z>e linguœ phœnicis, seuhcbruicœ excellenliu. Vienne en Autriche, 155'i-, 1 vol. in-4-°, inséré depuis dans la Bibliothèque de Brème ; très-rare. Il lit aussi l'apologie de Servel. De Orbis concordia, Bàle, 1 vol. in-fol., ISH. Le but de Tauleur est de ramener l'univers à la religion chrétienne. Cette production bizarre est divisée en quatre livres. Le premier contient les preuves de la religion ; le deuxième, la réfutation de la doctrine de lAlcoran; le troisième, un traité de l'origine des l'ausses religions et de l'iiloli'ltrie , et le quatrième , de la manière do rauumer les mahométans , les païens et les juifs. Ces écrits sont aussi rares que singuliers. Il y en a encore d'autres (|ue les carieux recherchent, quoique leur rareté en fasse tout le mérite. Consultez les Nouveaux Eclaircissements sur In vie et les ouvrages de Guillaume Postel, par le P. Desbillons, Liège, 1773. On voit par cet ouvrage que la folie s'était emparée de l'esprit de Poslel longtemps avant qu'il eût la réputation d'en être atteint; c'est un germe qui s'étendait el qui croissait jus(ju'à la uiatu rilé de ses fruits. 11 en est ainsi de presque toutes les folies; elles s'annoncent jiar des ècai'ts isolés, qu'on ne remarque presipie jioinl, et Unissent par des délires constaniset des extravagances suivies. C: si ii tort qu'on a attribué à Postel le livre De tribus impostoribus. Voy. \'iGNii:s (Pierre des).
^POSrEL (Hemu), jésuite, né le 28 mai 1707 à Binche, iietite ville de Hainaut, mourut le 7 novembre 1788, à Douai, où il avait professé la l'hilosophie et la théologie pendant un grand nombre d'années. On a remarqué dans ses leçons une solidité, une ])récision, une clarté, (lui en ont fait désirer la iiulilicalion. 11 en a donné une jiartie sous le titi'(! de l'Incrédule conduit à la religion par la voie de la démonstration. Tournai, 1772, 2 vol. in-8°, dont le premier est dirigé contre les athées, les déistes, et autres incrédules, et le second n'est (|u'un précis do controverse contueles sectaires. L'élégance et la légèreté du style n'égalent pas la for- o
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de raisonnement répandue dans cet ouvrage. L'auteur, en l'annonçant par la voie des écrits périodiques, a donné le défi formel de faire voir quelque défaut de logique dans les divers argiuuents qu'il oppcsait aux erreurs dominantes. Ce défi n'a point été accepté, et l'ouvrage est demeuré sans réponse.
POTAMIÈNE (sainte), martyre, que les instructions du célèbre Origène avaient formée à la pratique du chrislianisme, fut, durant la persécution qui éclata à Alexandrie, en 202, sous remjiereur Sévère, conduite devant le jiréfet Aquila qui lui fit donner la torture et menaça de la jeter dans une chaudière de poix i^ouillante. « Je vous conjure, -.lui dit la sainte, par la vie de l'empereur que vous respectez, de ne point permettre que je paraisse dans un état indécent. Ordonnez que l'on me descende dans la chaudière avec mes habillements, et vous verrez quelle patience Jésus-Christ, que vous ne connaissez point, sait donner à ceux qui espèient en lui. » Pendant ((ue l'on conduisait la sainte au supplice, un soldat, nommé Basilide, qui était chargé de l'exécuter, la protégea contre l'insolence de la populace qui insultait à sa pudeur par des paroles obscènes. Potamiène assura à ce soldat qu'en récompense de ses bons offices elle demanderait à Dieu de l'amener à la vérité. Potamiène fut exécutée selon la sentence, et sa mère Marcelle fut plongée dans une chaudière. Quelques jours après, Basilide, touché de la grâce, se déclara chrétien, et il reçut le baptême de la main des chrétiens qui veuaient le visiter dans sa prison. Sa généreuse confession de foi lui valut aussi la jialme du martyre; le mêoie préfet le condamna à avoir la tôte tranchée.
POTHÏER (Robert-Joseph), célèbre jurisconsulte, conseiller au présidial d'Orléans sa patrie, et professeur en droit de l'université de cette ville, naquit en janvier 1699 et mourut au mois de mars 1772, après avoir consacré toute sa vie à la jurisprudence. Un goût ])articulier le jjorta d'abord vers le droit romain; il s'attacha ensuite au droit français, et nous avons de lui un très-gi and nombre d'ouvrages, qui prouvent qu'il possédait l'un et l'autre. Les principaux sont : Pandcctœ Ju.Hininnw, 1748 à 1752, 3 vol. in-f; Traité des obligations, Orléans, 1761, 2 vol. in-12; réimpr. en 17Gi avec des augmentations ; Traité du contrat de vente, 1762, in-! 2 ; Traité du contrat de louage, 1764, in-12; Traité du contrat de société, iu-12; Traité des contrats maritimes , in-12; Traité des contrats de bienfaisance, 1766-67, 2 vol. in-12, réunis en un; Traité du contrat de mariage, 1768; idem, 1771, 2 vol. in-12. Tout n'y est pas ex;,ct; quoiqu'il s'éloigne de l'erreur de Launoy, et qu'il reconnaisse dans l'Eglise le pouvoir de mettre des empêchements dirimants, il n'est pss toujours d'accord avec les plus sages jurisconsultes, ni avec luimême. On peut consulter là-dessus l'excellent traité : Apologie du mariage chrétien, Liège, 1788, in-12; et le Journ. hist. et littér., 13 février 1791, o. 2'*7. (!'o(/. Dominis,
Gerbais, Gibert, Launoy.) Coutumes du duché d'Oiléans, 1740, 2 vol. in-12, et 1773, in- 4°; Traité de la possession et de la prescription, in-12, 1772, etc., etc. Ces nombreux ouvrages ont été recueillis en 1774 et 1781, en 4 vol. in-4°, à l'exception des Pandectœ Justinianœ, et d'un Traité des fiefs, Orléans, 1776, 2 vol. in-12. En 1777 et 1778, ont paru 3 vol. d'OEuvres posthumes, [inljHées par M. Guyot. Les ouvrages de Pothier aussi imprimés en 28 vol. in-12, ont été réimprimés en 1817-1810 en 13 vol. in-8% y compris la table avec quelques corrections. Cette édition est peu recherchée, étant mal imprimée. M. Bernardi a publié, en 1806 et années suivantes les OEuvres de Pothier mises en rapport avec le Code civil, 23 vol. in-8° Elles ont eu peu de succès. On n'y trouve ni le traité de la Procédure civile, ni ceux des Fiefs et de la Garde noble, ni la Coutume d'Orléans. Tous les ouvrages de Pothier, à l'exception de ses Pandectes, se trouvent réunis dans l'édition de M. Siffrein, Paris, 1821-23, 17 vol. in-8°, et dans celle de 1826 qui a pour titre : OEuvres de Pothier revues sur les anciennes éditions, classées dans l'ordre des matières du Code civil, précédées d'une dissertation sur sa vie et ses écrits, et suivies d'une table de concordance, par M.Sl. Rogron et Firbach. L'auteur joignait à beaucoup de mémoire une grande facilité de travail; mais son jugement n'égalait pas ces avantages : il est souvent obscur et embarrassé dans ses raisonnements ; ses preuves sont incohérentes, quelquefois contradictoires, et presque toujours d'un faible résultat. Son amour pour la jurisprudence l'engagea h faire chez lui des conférences de droit, qui s'y tenaient toutes les semaines. Nommé par le chancelier d'.\guesseau à la (ilace de professeur en droit français, en 1749, sans l'avoir demandée, il établit des prix pour exciter l'émulation parmi les étudiants. C'était un homme doué de toutes les vertus morales et chrétiennes, charitable, bienfaisant, utile à sa patrie par son savoir et par son esprit de conciliation. On lit dans l'épitaphe que la ville de Paris fit mettre sur son tombeau dans le grand cimetière, l'éloge suivant :
Vir juris peritia, cequi studio,
Scriptis, consilioqiie,
Animi candore, simplicilale raorum,
Yitae sanclilate
Pnvclarus.
Civibus singulis, pvobis omnibus,
Sludios'e juventuli,
Ac maxime pauperibus,
Quorum gratia paiiper ipse vixit,
iElernuin sui desiderium reliquit.
POTHIER (Rémi), curé de Bétheniville, chanoine de l'église de Laon, né l'an 1727 h Reims, apporta dans les discussions religieuses une ardeur qui le faisait craindre de ses confrères. Il ne ménageait pas dans ses qualifications les traducteurs les plus renommés de l'Ecriture sainte, sans en excepter Bossuet. L'abb ': Polliier se fit connaître par une Explication sur l'Apocalypse, dont il publia le plan en 1773. Sur les poursuites de l'avo-
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cnt gt'iK'Tal S('-guier, le parlement ordonna que l'ouvryge serait lacéré et brûlé. Pothier répondit au réquisitoire de Séguier dans la préface de sou livre, qu'il tlt imprimer flandeslineraent à Douai, 1773, 2 vol. in-12. Il le réimprima .'i Liège en 1793, lorsque les orages révolutionnaires l'eurent obligé de se réfugier dans cette ville. L'ouvrage parut encore à Augsbourg, 1797, 2 vol., en latin, et en 1798, en un gros vol. in-12, dont il lit un exti'ait qu'il publia sous ce titre : Les trois dernières pluies dans lesquelles la colère, de Dieu est consommée, in-12 de 177 pages. H donna ensuite une Explication des Psaumes de David, Augsbourg, 1802, en latin, et il comptait publier un travail semblable sur toutes les prophéties. En 1809, il lit iwraîtro ' une petite lirochurc intitulée : Ecluircisseincnt sur le prêt, l'usure et le trafic de l'arç/ent, où il combf.ttait l'opinion commune dos théologiens. Enlin en 1810 et 1812, parurent à Reims deu>: brochures de lui contre les quatre articles de l'Eglise gallicane, sans nom d'auteur ni d'imprimeur, qui furent saisies par or Ire du gouvernement au mois dejudiet 1812, chez la sœur de l'auteur. Pothier était mort dans celte ville le 23 juin de la même année, âgé de 85 ans.
POTHIN (saint), 1" évèque de Lyon, était disciple de saint Polycarpe, qai l'envoya dans les Gaules. 11 a pu l'être aussi de saint Jean, puisqu'il avait quinze ans quand cet apôtre mom'ut. Polhin était Agé de 90 ans, lorsqu'une persécution cruelle s'éleva sous l'empire de ce doucereux Marc-Aurèle, que nos philosophistes nous donnent comme un modèle de bienfaisance, l'an 177 de Jésus- Christ. Il fut conduit devant les magistrats de Lyon, à la vue d'une multitude de païens qui criaient contre lui. Le gouverneiu- lui demanda alors quel était le Dieu des chrétiens : Vous le connaUrez, répondit saint Pothin, si vous en êtes dir/ne. Cette réponse irrita le tyran. On le maltraita cruellemeni, et on le traîna en prison, où il mourut deux Jours après. Saint Irénée fut son successeur. y'oj/ez les actes de son martyre dans la Let-lie <les églises de Vienne et de Lyon aux fidèles d'Asie et de Phrygie, qu'on trouve en grande iiarlie dans l'Histoire ecclésiaslicpie d'Kusèbe, lib. v. C'est un des plus précieux monuments des jjremicrs siècles de l'Eglise.
POTOT (NicoLAS-M vniE-DiEUDONNÉ), né le 12 juillet 1771, h Met/,, était fds d'un fonctionnaire très-distingué do la magistrature, ipii le destina à la carrière du barreau. Dès l'Age de vingt ans, il fut reçu avticat à Strasbourg, et il se faisait remarquer déjà par ses élo(juentes plaidoiries. .Mais h celte é[ioque mènje, la révolution changeait les destinées de la France et de l'Europe, et le jeune Potot se joignit aux volontaires ipiL couraient (hd'iMidre les frontières menacées par l'ennemi. Pendant huit campagnes, il se distingua tellement dans son bataillon, que le général Nry It^ mit jilusieurs fois à l'ordre du jour, dans les termes les plus honoi'ablcs, et déclara (pi'il recherchait son amitié, parce qu'il recherchait l'amitié d'un
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orave. Dans une affaire du 18 septembre 1799, au moment où Potot, h la tête de son bataillon, s'élançait sur les batteries ennemies qui défendaient les approches de Manheim, il tomba frappé d'une balle au fémur droit. Sa blessure fut jugée incurable, et il dut i-enoncer au brillant avenir qu'il s'était promis. Pour calmer ses souffrances et l'en ■ nui qui naissait de son inaction forcée, il demanda et lut avidement les cyniques productions du patriarche de Ferney. La lecture de ces diatribes aussi violentes que calomniatrices, de ces obscénités révoltantes, indigna son cœur pur et droit, et il se dit qu'un écrivain qui attaquait la révélation avec do telles armes, ne pouvait être qu'un homme de mauvaise foi. Aussi répétait-il plus tard qu'il devait peut-être à Voltaire la première ])ensée de son retour vers Dieu. Des conférences qu'il eut avec le vénérable M. Thibiat, vicaire général du diocèse, l'amenèrent enfin h une soumission complète aux vérités de l'Evangile. Potot montra dès lors une ferveur qui ne se refroidit 'amais depuis, et bien que le sacerdoce lui apparût comme une fonction aussi redoutable qu'élevée, il eût craint de résister à la volonté de Dieu, en refusant de l'accepter. C'est au mois de septembre 1818 qu'il fut fait piètre. Son évèque, M. Jautfret, lui confia presque aussitôt la direction des communautés religieuses de la ville de Metz. Chanoine d'honneur de la cathédrale, il attacha son nom à foules les institutions pieuses formées dans cette église, qu'il soutenait par ses exhortations sim- ])les et pathétiques. L'abbé Potot jeta les fondements de rOCu^re f/w Orphelines, chargée de donner à un grand nondjro de jeunes jiersonnes une éducation convenable à leur état et aux devoirs qu'elles auraient à remplir dans le monde. 11 était aussi supérieur de la mission diocésaine, et il parcourut avec ses collaborateurs les villes et les campagnes, opérant jiartout des fruits abondants de charité. 11 ouvrit sa propre maison à une réunion de prêtres auxiliaires, avec lesquelsil vivait en communauté, partageant leurs saints exercices, s'associant à leurs travaux a|)ostoliques , et satisfait d'être l'un des plus humbles d'entre eux. En 1833, il alla faire sa jirofession chez les jésuites de Suisse, et, après son retour à Metz, il établit la confrérie du Rosaire vivant. L'abbé Potot termina sa carrière le 2 mai 1837, laissant après lui une grande réjiutation de sainteté. En même temps que les honneurs ecclésiastiques étaient rendus aux restes du prêtre vénéré et béni, les honneurs militaires étaient décernés au cercueil du brave chef de bataillon, sur lequel les épaulettes du grade et l'épée s'entremêlaient îi l'étole. Deux chanoines et deux chefs do bataillon portaient les quatre coins du poêle. L'ablié Potot ne paraît pas avoir laissé aucun écrit ; mais nous avons ])ensé qu'une vie si bien remplie, d'abord devant le monde, puis devant Dieu, n'en avait pas moins sa place marquée dans notre Dictionnaire.
l'OTTER (Christophej, né en 1591, fut
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élevé à Oxford. Il devint chapelain du roi Charles I", doyen de Worcester, et vicechancelier de l'université -d'Oxford. Dans sa jeunesse, il fut puritain zélé. Dans un âge plus avancé, il s'attacha au parti du roi, et fut maltraité dans les troubles qui agitaient l'Angleterre. On a de cet auteur quelques Traités sur la prédestination et sur la grâce. On ne doit point s'atteiidie à y trouver de la justesse ni de l'orthodoxie. Il a aussi traduit de l'italien enanglais, et publié VHistoire du différend du pape Paul V avec les Vénitiens. Il mourut en lCi6.
POTTER (FuàNçois), curé de Kilraanton en Angleterre. Son goût pour la peinture et les mécaniques allait jusqu'à la passion. Une machine pour l'eau, qu'il présenta à la société royale de Londres, lui valut l'honneur d'être admis au nombre de ses membres.
Potter mourut aveugle en 1678. On a de lui plusieurs ouvrages, parmi lesquels on distingue l'Explication du nombre CC6 de la Béte de l'Apocalypse, chap. xni. 11 pousse le fanalismejusqu'à prétendre trouver dans le nombre de la bête, Rome, le pape, les cardinaux et toute la hiérarchie de l'Église catholique. Ce livre, imprimé à Oxford, 16i2, in-'i ", a été traduit en latin, Amsterdam , 1677, in-8°.
POTTER (Jean), né à Vakefield, dans le comté d'York, en 1674, se rendit très-habile dans la langue grecque, fut nommé à l'archevêché de Cantorbéry, et mourut à Lambeth en 17V7. On a de lui : Archœologia grceca, sive anliqnitatam Graciœ corpus absolutissimum : cet ouvrage, ordinairement en anglais, a été imblié à Oxford, et a en au moins treize éditions jusqu'en 1713. Les meilleures éditions sont de 1698, 2 vol.in-8", en latin; de Leyde, 1702, in-fol.; de Venise, 1774, 2 vol. in-fol., et dans Gronovius; une Edition de saint Clément d'Alexandrie, avec des annotations, Oxford, 1715, 2 vol. in-fol.; une^f/Z^îondeLycophron, 1702; des Ouvrages théologiques, contenant des Sermons, un Discours sur le gouveinement de l'Eglise, eic, Oxford, 1753,3 vol. in-8°.
POT l'ER (Robert), théologien anglais, né vers 1721, ht ses études à Cambridge, au collège d'Emmanuel, et y prit le degré de maître-ès-arts. Il obtint, en 1788, la cure de Lowestoft, au comté de Sufl'olk, cure qu'il conserva lorsqu'il fut ensuite nommé à un canonicat de Norwich. Il parait qu'il s'occupa beaucoup plus de littérature que de théologie; du moins on ne trouve cité de lui aucun ouvrage du dernier genre; mais il acquit de la célébrité par leanérile de ses Traductions. Il a donné en anglais celles do Sophocle, d'Euripide et d'Eschyle. Il prit le parti du poète Gray contre Johnson, et mourut subitement à Lowestoft, le 9 août 1804, dans la 83' année de son âge.
POUGET (FuANçois-AiMÉ), prêtre de l'Oratoire, docteur de Sorbonne et abbé deChambon, naquit à Montpellier, le 28 août 1666. 11 fut fait vicaire de la paroisse de Saint- Roch à Paris en 1692, et ce fut en cette ipiaiité qu'il eut part à la conversion du célèbre
La Fontaine, dont il donna une relation curieuse et détaillée, dans une Lettre publiée par le P. Desmoiets. Pouget avait fait sa licence avec Colbert, évêque de Montpellier, qui le mit à la tête de son séminaire. Après avoir rempli avec zèle les fonctions attachées à cette place, il alla mourir à Paris, dans la maison de Saint-Magloiro, le 14 avril 1723, à 57 ans. 11 avait fait dans cette ville des Conférences publiques sur les cas de conscience, •t fut choisi par le cardinal de Noailles pour être membre de la commission chargée de travailler à la réforme de la liturgie de Paris. Son principal ouvrage est le livre connu sous le nom de Catéchisme de Montpellier, dont l'édition la plus recherchée est celle de Paris, en 1702, in-4°, ou 5 vol. in-12. Il a été traduit en italien, en espagnol et en anglais. Pouget avait lui-même traduit cet ouvrage en latin, et il voulait le publier avec les passages entiers qui ne sont que cités dans l'original français; la mort l'empêcha d'exécuter ce dessein. Le P. Desmoiets, son confrère, acheva ce travail, et le mit au jour en 1725, sous le titre d'institutioncs catholicœ, 2 vol. in-fol., Louvain, 1774, et en 14 vol. in-8\ Cet ouvrage solide peut tenir lieu d'une théologie entière. 11 y a peu de l)roductions de ce genre où les dogmes de la religion, la morale chrétienne, les sacrements, les prières, les cérémonies et les usages de l'Eglise, soient exposés d'une manière plus claire et avec une simplicité plus élégante. Il y a cependant quelques endroits qui ont essuyé des dillicultés, et qui tirent condamner l'ouvrage à Rome en 1721. L'auteur cite toujours en preuve de ce qu'il avance, les Livres saints, les conciles et les Pères; mais l'on remarque dans quelques citations, non-seulement une prédilection qui semble tenir h l'esprit de parti, mais encore des applications qui ne tiennent pas au sens littéral, ce qui est cependant essentiel dans un catéchisme. Charency, successeur de Colbert, le fit imprimer avec des corrections qui firent disparaître ce qui se ressentait des préventions de l'auteur, et paraissait favoriser les opinions condamnées par l'Eglise, et c'est de cette édition qu'il faut entendre les éloges que les catholiques ont fait de l'ouvrage. On doit encore au P. Pouget : Instruction chrétienne sur la prière, Paris, 1728, in-12, qui n'est en général que la traduction des passages des Pères, tirés île sdu grand catéchisme; Instruction chrétienne sur les del'oirs des cheraliers rfeil/rt/Zc, Paris, 1712, ir 12. 11 ne fut guère que l'éditeur et le réviseur de cet ouvrage ; Lettre à M. de Colbert , sur la signature du formulaire ; Lettre à M. le cardinal de Noailles, sur la bulle Unigenitus; Mémoire d'un docteur de Sorbonne, consulté par les commissaires du conseil de régence, chargés d'examiner les questions proposées par rapport au refus que le pape fait de donner des bulles aux sujets nommés par le roi à divers évêchés. Le P. Pouget a eu part au Bréviaire de Narbonne.
POUILLARD (Jacques-Gabriel), saerisiais; de la chapelle royale des Tuileries, mort îi
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Paris le 8 octobre 182:}, était i\6 h Aix en Province, on 1731. Son premier goût le porta ?i la peinture, puis vers l'étude des médailles et dos antiquités en général; mais sincôremenl attaché à la leligion, il entra en 1780, dans Tordre du Mont-Carmel, et obtint d'être allilié à la maison d'Aix. Après avoir passé plusieurs années dans cet asile, il sollicita d(i ses supérieurs la permission d'aller voir la ville de Rome. 11 s'attacha dans cette ville à l'élude des médailles et aux aulres monuments antiijues ; l'histoire religieuse du mo.yen âge devint l'objet particulier de ses travaux. Pouillard était sacristain de l'église de son couvent, dite de Saint-.Martin-des-Monts, lorsque les armées françaises entrèrent à Rome. Cette église devint'un hôpital pour les soldats, et le P. Pouillaid en fut l'aumônier. Le cardinal Fesch, venu à Paris, l'y appela pour faire de lui le conservateur d'un musée de tableaux dont aucune colleclion particulière n'a peutêtre jamais égalé la richesse, et d'une bibliothèque consacrée à l'étude de la religion ; mais avant (]ue Pouillard vînt occu|)er cette place, une mission dun autre ordre le retint dans le voisinage de Lyon. Le cardinal Fesch avait fondé un séminaire dans le Ikigey. Il invita Pouillard à remplir les fonctions (le directeur de cet établissement. Ce n'est que plus tard qu'il vint h Paris prendre possession de sa place. En 181't, le cardinal deTalIeyrand, devenu urand aumônier, lui donna la place de sacristain du chlteau des Tuileries. Pouillard a laissé : quatre volumes de Lettres renfermant des dessins de sa main d'après les bas-reliefs et des mi'-dailles, ou des inscriptions grecques ou latines avec des ex|ilications. Dissertazione sopra l'aiileriorita delliaeio de' Piedi de' sommi ponte jkiali introdn-.inne delta croce sulle /oro.s«n7je,Uome,1807.bans cet écrit, l'auteur a montré autant de connaissance des sources littéraires du moyen ,ige, qu'il a manifesté de lumières en ce qui conci'rne l'aiiprécialion des monuments di' l'ai t. On a de lui plusieurs Dissertations , dans le Magasin eucyclopé- (liquiî de iMillin, savoir : sur une inseription trouvée à Rome, dans le jardin de Saint-Marlin-des-Monts (180tJ, tom. I" ) ; sur le sceau de la basoche de Dijon (1800, tom. 1") ; sur une question de elifonoUxjie iJ80!t, tom. V); sur un ancien as romain (1809, tom. Vl) ; sur un vase chrétien de terre cuite, trouvé à Paris (1810, tom. IV) ; sur une médaille de Siris et sur les médailles inruses{l8V6, tom. IV); Pouillard a laissa manuscrits: un Yoijurfc lilléraire dans l'intérieur de Rome; an Mémoire sur l'état des arts en Provence, au temps du roi René; une Instruction chrétienne à l'usage des soldats ; un traité Des droits spirituels du grand aumônier de France, etc.
POUILLY (Jkan -Simon -LÈVESQUE de), membre de l'académie des inscri|)tions, né le 8 mai 173'i., à Reims, mort dans cette ville, le 2V mars 1S20, était lils de Louis-Jean-Lévesque de Ponilly, magistrat estimé. Ayant 'lei'du son ))ère à i'ilge (h; Ki ans , il aciieva son éducation sous la direction de son oncle
Burigny, qui le fit venir à Paris. Il remplit avec distinction pendant 30 ans la place de lieutenant-général du bailliage à Reims, fut nounné conseiller d'Etat en 1777, et, en 1782, ses concitoyens l'appelèrent à diriger les affaires de la Ville, eu qualité de lieutenant des habitants. On a de Ponilly -.l'Eloge de Jean Rogier, lieutenant des habitants de Reims, 17o5 ; la Vie du chancelier de L'Hôpital, i~i}'* , in-12, et 177i, in-8", ouvrage loué par Voltaire et par Fréron; une Dissertation, en deux mémoires, sur la naissance et les progrès de la juridiction temporelle des Eglises, depuis rétablissement de la monarchie jusqu'au commencement du xiv° siècle, 1770^ dans le tome xxxix, p. 566 et 39!), des Mémoires de l'académie des inscriptions ; VEIoge de Charles Bonnet , Lausanne, 1794 , in-8° : l'auteur obligé de se réfugier en Suisse pendant la révolution, s'était lié avec ce célèbre naturaliste; Théorie de V imagination, etc., Paris, 1803, in-12.
POULARD (Thomas-Just), ancien évèque de Saône-et-Loire, né h Dieppe le 1" septembre 173i, vint à Paris en 1772, et entra au séminaire des Trente-Trois. Nommé ensuite curé au diocèse de Lisieux, il suivit néanmoins h Paris la carrière de la chaire. Il prononça en 1791, avec quelques membres du clerg'' de Sainl-Roch, le serment exigé des ecclésiastiques. Devenu vicaire é[)iscopal de l'Orne, il donna des jireuves de sa sympathie pour la révolution; ce qui pourrait faire supposer que, ainsi qie V Ami de la Religion du 28 mars 1833 est disposé à le penser, Poulard est, avec une eçreurde nom, le même que Soullard, aussi vicaire épiscopal de rOine, et qui, suivant les procès-verbaux lie la Convention, aurait abjuré à la date du 27 brumaire an ii. De retour à Paris a|U"ès la teneur, Poulard resta attaché à l'Eglise constitutionnelle, devint curé d'Aubervilliers près de Paris, et assista au concile de 1797 comme député de la Haute-Marne. En 1800 parut un;^ adresse de plusieurs curés conslitulionnels du diocèse de Paris, aux autres curés, vicaires et prêtres constitutionnels de France, et qui n'est qu'une déclainalion contre les ecclésiastiques qui avaient refusé le serment; P(.iulard y apposa sa signature. A l'époque oi^ le concorilat allait se conclure , Poulard fut fait évêque de Saôneet-Lo re ; après avoir été sacré le 14 juin 1800, il se rendit à CliAlons, et y tint un synode. Le nouvel évé jue assista au concile de 1801, donna sa demissiou, quand elle fut demandée aux évèquesde son parti, obtint la pension que l'on accordait à tous, et vi'cut depuis, à Paris , dans la retraite. 11 composa, de concert avec Gré,-;oirc dont il était l'auji, divers écr-its pour apjmyer ses opinions [>olitiiiues et religieuses, parmi les(piels nous cite;ons les Ephémérides religieuses, pour servir à l'histoire ecclésiastique de la fin du xvin" et du commencement du xix' siècle ; et un ouvrage mtitulé : De l'état actuel de la religion en France, d mt le but était d'opérer une réunion. Poulard publia, peu de temps avant la révolution de juillet : Moyens