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une espèee de vision qui dura cinq ou six heures, et pendant Imiuelle il se crut descendu d.ins l'enfer, produisit sur son esprit une profonde impression. Il donna quelques signes de conversion et entra même chez les chartreux pour y faire pénitence. Mais peu après il retourna au vice et il continua ses désordres et ses blasphèmes. Au milieu de ses déplorables égarements il avait néanmoins conservé un reste de dévotion pour la sainte Vierge, et, lors môme qu'il blasphémait Je nom deDieu, )iar une contradiction inexplicable, il invoquait sa mère. Aussi plus lard il attribua sa conversion à l'intercession de Marie. Elle s'opéra à Loudun où il s'était rendu pour tenter de corrompre une demoiselle huguenote. Un des moyens de séduction qu'il voulait employer était d'abjurer le catholicisme. Mais avant d'exéculer ce projet, il voulut être témoin d'une cérémonie qui le frappa et dans laquelle on exorcisait de jeunes filles possédées du démon. Alors la lumière enira dans son es])rit, et il résolut aussitôt de mener une vie chr>5tienne. Après avoir vendu sa charge de conseiller, il lit un voyage h Notre-Dame de Bonne- Nouvelle h kennes, et 1 1 il se confirma dans sa résol.ition. Il se soumit à plusieurs épreuves, et se décida ensuite, de l'avis de son directeur, à prendre les oi'dres sacrés: Queriolet fut ordonné le 28 mars 1637. Dès lors sa vie ne présente qu'une suite de mortilications. Il serait trop long de dét.iiller lous les genres de privations qu'il s'imposa; il pritàt;lc:ie de maltraiter son corps, et jusqu'il sa inoit ce fut une i)énitence continuelle. Sa fortune tout entière fut consacrée au soulagement des pauvres : souvent il visitait les hospices et les prisons. Autant ses premières années avaient donné de scandale, autant les dernières furent édiliantes. Sa mort qui fut celle d'un saint arriva le 8 octobre KiOO. Plusieurs personnes, dit-on, ont été guéries par ses prières ou en venant visiter son tombeau. Sa vie a été écrite sous ce titre : Le grand Pécheur converti, représenté dans deux états de la rie de M. de Qaeriolct, prêtre, conseiller au parlement de Itennes, par le P. Duininit/uc de Sainlc-Catherine, religieux Carme de la province de Touraine et observance de Rennes, ',i' édition, revue, corrigée et augmentée, Paris, l(j71, in-l2. On la trouve aussi dans les Vies, gestes, morts et miracles des saints de la Bretagne-Arniorique, par Albcrt-Legrand.
QUEKK. (iGNicii), jésuite, né en Autriche, consacra sa vie à l'instruction du [leuple, surtout dans«les canijiagnes, et fut regardé dos grands et des petits comme le modèle des bouillies aiiosloliques. Vieux et inliriuo, retiré dans la maison de Sa nte-Anne, ((ui était le noviciat des jésuites à Vienne, il exhortait les nonces qui le servaient dans sa maladie à se pourvoir d'une verlu ferme et résistante, parce qu'il airiveiait bientôt des lemps où ils en auraient besoin, et leur disa.t souvent : Advenient tcmpora magna- tribulatioiiis, qui- Ijus absque sulida viriute succumbetis. Gaudebilts si quis voOis micas de niensa suppedi-
taverit : sanguis a capitibus vestris defluel ; prédiction accom ilie à l'égard de la soc été, et à l'égard du clegé en général. Il mourut en nV3, à l'iîge de 84 ans.
QUESNE (Henri, marquis du), fils du célè bre marin Abraham Du Quesne, qui, entre autres exploits, obligea Alger et Gènes d'implorer la clémence de Louis XIV, se distingui aussi par son habileté dans la guerre maritime. Il mour.it à Genève en 1722, à 71 ans. On a de lui des Réflexions anciennes et noui^elles sur l'Eucharistie, 1718, in-4-°, dont 1 s protestants font un cas singulier, parce qu'elles renfi;rment tou es les erreurs de ^a secte touchant cet auguste mystère des chrétiens.
QUESNEL (Pasquier), né h Paris le 14 juillet l(j3i d'une famille honnête, fît son cours de théologie en Sorbonne avec beaucoup de distinction. Après l'avoir achevé, il entra dans la congrégation de l'Oratoire en 16.37. Consacré tout entier à l'étude de l'Ecriluie et des Pères, il composa de bonne h u: e des livres de piété, qui lui méri èient, dès l'âge de 28 ans, la place de premiei' directeur de l'institution de Paiis.Ce fut pour l'usage des jeunes élèves confiés à ses soins qu'il composa ses Réflexions morales. Ce n'étaient daboid que quelques pensées sur les plus belles maximes de l'Evangile. Le marquis de Laigue ayant goûté cet essai, en fît un grand éloge à Félix V.alart , évêque de Chàlonssur-Marne, qui résolut de l'adopter pour son diocèse. L'oratorien , flatté de ce sulfragc, augmenta beaucoup son livre : il fut imprimé à Paris en 1671, avec un mandement de l'évoque de s h ilons et l'approbation des docteurs. Quesiiel travaillait alors à une nouvelle édition des OEuvres de saint Léon, pape, sur un ancien ina, inscrit apporté de Venise, qui avait appartenu au cardinal de Grimani.Kde parut à Paris en 1675, en 2 vol. in-i", fut réimprimée h Lyon en 1700, in-fol.; et l'a été depuis à Rome en 3 vol. in-fol., avec des augm.-ntations et des changements. Quelque éloge qu'en fisse M. du Pin, l'oratoriiui semble ne l'avoir entreprise que pour attaquer les prérogatives du saiiit-siége : d'ailleurs il s'est donné des peines inutiles pour prouver que saint Léon est auteur de la Lettre à Uéiiiétriade et du livre de la Vocation des gentils. Le repos dont il avait joui jusqu'alors fut troublé ()eu de temps aprè-. L'arclievèque de Paris (M. de Harlay), in-truit de son attachement aux nouveaux disi iples de saint Augustin, et de son opposition à la bulle d'Alexandre VII, l'obligea de quitter la capitale et de se retirer à Orléans en 1681 ; mais il n'y resta pas longtemps. On avait dressé dans l'as-icmblée g mérale de l'Oratoire, tenue l^ Paris en 1678, un formulaire de doctrine qui défendait à tous les membres do la congrégation d'enseigner le jansénisme et quelques nouvelles opinions en philosophie, dont on se déliait alors parce (|u'elles n'ét lient pas encore bien éclaircies. Dans l'assemblée de 1684, il fallut quittc'r ce corps ou signer ce formulaire. Quelques membres de la congrégation en sortirent :
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Quesnel fut de ce nombre. 11 se retira aux Pays-Bas en 1685, et alla se consoler auprès (le M. Arnauld à Bruxelles. C'est alors qu'il commença à. jouer un rôle. Ayant uu talent singulier pour écrire facilement avec onction et élégance,. jouissant d'une santé robuste, que ni l'étude , ni les voyages, ni les peines continuelles d'esprit n'altérèrent jamais; joignant à l'étude le désir de diriger les consciences, personne n'était plus en état que lui de remplacer Arnauld. Il en avait recueilli les derniers soupirs. Un auteur prétend « que Arnauld mourant l'avait désigné « chef d'une faction malheureuse. Aussi les « jansénistes, k la mort de leur pape, de leur « père abbé, mirent-i's Quesnel à la tète du « parti. L'ex-oratorien méprisa des titres si « fastueux, et ne jjorta que celui de père « prieur. 11 avait choisi Biuxelles pour sa « retraite. Le savant bénédictin Gerberon, « un prêtre nommé Brigode, et trois ou « quatre autres personnes de confiance com- « posaient sa société. Tous les ressorts qu'on « peut mettre en mouvement, il les faisait « agir en digue chef du parti. Soutenir le « courage des élus persécutés, leur conser- « ver les anciens amis et protecteurs ou leur « en faire de nouveaux, rendre neuties les a personnes puissantes qu'il ne pouvait se « cunciiier; entretenir sourdement des cor- « respondances partout , dans les cloîtres, « dans le clergé, dans les parlements , dans « plusieurs cours de l'Europe : voilà quelles Cl étaient ses occupations continuelles. 11 eut « la gloire de ti'aiter par ambassadeur avec « Rome. Hennebel y alla, chargé des all'aires « des jansénistes. Ils tirent de leurs aumônes « un fonds qui le mît en état d'y représenter. « Il y ligura quelque temps : il y parut d'é- « gai à égal avec les envoyés des tètes cou- « ronnées; mais les charités venant à bais- « ser, son train baissa de même. Hennebel « revint de Rome dans les Pays-Bas en vrai « pèlerin mendiant. Quesnel en fut au dé- « sispoir; mais, réduit lui-môme à vivre « d'aumônes, comment eùt-il pu fournir au « luxe de ses députés? » Ce fut à Bruxelles qu'il acheva ses Ré/lexions morales sur les Actes et les Epîtres des apôtres. Il les joignit aux Réflexions sur les quatre Evangiles, auxquelles il donna plus d'étendue : l'ouvrage ainsi complet parut en 169.'î et 169i. Le cardinal de Noailles , alors évèque de Ghàlons, successeur de Vialart, invita par un manue- Tnent, en 1695, son clergé et son peuple à le lire, il le proposa aux fidèles comme le pain des forts et le lait des faibles. Les jésuites, voyant qu'on amitipliait les éditions de ce livre, y soupçonnèrent un poison caché. Le signal de la guerre se donna en 1696. Noailles, devenu archevêque de Paris, publia une instruction pastorale sur la prédestination, qui occasionna le Problème ecclésiastique. Yoy. Noailles. Celte brochure roulait presque entièrement sur les Réflexions morales. Elle donna lieu à examiner ce livre. Le cardinal de Noailles convint que la critique était fondée, et fit faire des corrections; l'ouvrage ainsi corrigé parut à Paris en 1696. DICTI0^N. DE Biographie relig. 111.
La retraite de Quesnel h Bruxelles ayant été découverle, Philippe V donna un ordre pour l'arrêter : l'archevêque de Matines, Humbert de Précipiano, le fit exécuter. On le trouva au refuge db Forêt, caché derrière un tonneau. « Comice on avait de la peine à le re- « connaître, dit l'abbé Bérault, sous l'habit « séculier qu'd portait, on lui demanda s'il « n'était pas le P. Quesnel. Il répondit avec « simplicité qu'il s'appelait de Rebecq. De « Fresnes, de Rebecq, le Père prieur : c'é- « talent là pour lui auiant de noms de guer- « re et de pieux expédients, pour éviter les « restrictions mentales et l'abominable équi- « voque. » On ne laissa pas de saisir de Rebecq, et on le conduisit dans les pi-isons do l'archevêché, d'où il fut tiré par une voie inespérée, le 13 septembre 1703. Sa délivrance fut l'ouvrage d'un genlilhonune espagnol réduit à la misère , qui, [ilein d'es[)oir en la boîte qui vaut la pierre pliilos(i[)hale, perça les murs de la prison et biisa ses chaînes. En l'arrêtani, on s'était saisi de ses papiers et de Cl ux qu'il avait d'Arnaulil ; le jésuite Le Tellier en fit des exiraits, dont madame de Maintenon lisait tous les soirs quelque chose à Louis XIV [lendant les dcrnièies années de sa vie. Le moi, arque y tiouva (les motifs nouveaux de ne pas se repentir des ellorts qu'il avait f its ])Our abattre cette secte naissante. Quesnel, remis i n libcrlé, s'enfuit en Hollande, u'où il décoclia plusieurs brochures coutre l'archevêque i!o A'alines, un des plus sages et des pl;is zélés prélats qu'eût alors l'Eglise cathiilii|ue. Yoy, PiiÉciPiANO. Cependant dès le 15 octobre de cette année, Foresta de Cologne, évèque d'Ajit, proscrivit les Réflexions morales. L'année suivante, on dénonça l'auteur au IHiblic, comme hérétique et comme séditieux. 11 était ell'ectivement l'un et l'autre. Le P. Quesnel se défendit; mais ses apologies n'empêchèrent pas que ses Réflexions morales ne fussent condamnées par un déciet de Clément XI en 1708, supprimées par un arrêt du conseil en 1711, proscrites jiarle cardinal de Noailles en 1713, emin solennellement anathématisées par la constitution Uni- ^f«i<«s, publiée à Rome le 8 septembre de la môme année, sui les insiances de Louis XIV. Cette bulle l'ut acceptée, le 25 janvier 171i, par les évoques assemblés à Paris, enregistrée en Sorbonne le 5 mars, et reçue ensuite par le corps épiscopal, à l'exception de quelques évoques français qui en appelèrent au futur concile. De ce nombre était le cardinal de Noailles, qui dans la suite abandonna le [larti avec éclat. Quesnel survécut ]jeu à ces événements. Après avoir crupliiyé sa vieillesse à former à AmstcrJaiu (jutl([U(s églises jansénistes, il mourut dans Cl tte ville en l'il9,a 85 ans xVoy. Causa ij'tesnetliana, Bruxelles, 170i, iii-V', ei llisionu d.cclesiœultrajectinœatempuremutatœ rcligionis, par Hoyiiciv van Papenurecht, Alalines, 1725, in-folio.) La manière dont il s'expliqua dans ses derniers moments est remarquable. 11 déclara dans une profession ue foi : « Qu'il « voulait mourir comme il ava.t toujours v^-
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« eu, dans le soin Je l'Eglise catholique ; (( qu'il croyait toutes les vérités qu'elle enseigne, qu'il condamnait toutes les erreurs " .7u'clle condamne; qu'il reconnaissait le « souverain vionlife pour le premier vicaire « de Jésus-Christ, et !e siège apostolique « pour le centre de l'unité. » Dans le cours de la mc^me malailie, il rappela à une persoiuie qui était auprès de lui les accusations qu'on avait formées contre lui à Louvain touchant ses mœurs, et assura qu'elles étaient mal fondées. Quelque temps auparavant, son neveu Pinson lui a^ant demandé conseil sur je parti à prendre dans les disputes qui l'avaiint tant occupé, il lui recommanda de rester attaché h l'Eglise : « Les manières (1 outrageantes des jésuites, ajouta-t-il, m'ont « engagé <i soulenir avec opiniâtreté ce que « je soutiens aujourd'hui. » Co dHail se trouve dans une lettre de M. Pinson, sculpteur, à M. Poucet de La Rivière, évoque d'Angers. On a de Quesnel : Lettres contre les nudités, adressées aux religieuses qui ont soin de l'éducation des filles, in-lâ, 1686; Viiéc du sacerdoce et du sacrifice de Jésus- Christ, dont la seconde partie est du P. de fiondren , deuxième supérieur général de l'Oratoire. On a plusieurs éditions de cet ouvrage, qui est in-12. Les trois consécrations, la consécration baptismale, la consécration sacerdotale et la consécration religieuse, in-12, avec l'ouvrage précédent; Elévations à Notre-Seigneur Jésus-Christ sur sa 2)assion et sa mort, etc., in-16; Jésus pénitent, in-18; Dit bonheur de la mort chrétienne, in-12; Prières chrétiennes , avec des pratiques de piété, 2 vol. in-12; Office de Jésus, avec des ré fierions, in-12; Prières à Notre-Seigneur Jésus-Christ, aw nom des jeunes gens et de ceux qui désirent de lire la parole de Dieu, et snrtOiU l'Evangile, brochure in-12; Eloge historique de M. Desmahis, chanoine d'Orléans, à la tète de Vérité de la religion catholique, etc., de ce chanoine. Tous ces ouvrages ont été souvent reimprimés. Recueil de Lettres spirituelles sur divers sujets de morale et de piété, in-12, 3 vol., Paris, 1721 ; Tradition de l'Eglise romaine sur la prédestination des saints et sur la grâce efficace, Cologne, 1687, ^1- vol. in-12, suus le nom du Sr. Germain, docteur en théologie. La matière y est traitée conformément aux maximes adoptées par l'auteur; La discipline de l'Eglise, tirée du Nouveau Testament et de quelques anciens conciles, 2 vol. in-'^^ Lyon, IGà!). Ce ne sont qu.Mles mémoires imparfails, fruits des conférences sur la disciiilnie qu'il avait été engagé do faire par ses supérieurs. Cause arnaldine, in-8", 16'J9, en Hollande. Ou voit dans cet ouvrage tout ce que l'esprit de parti peut inspirer d'ardeur pour la défense du chef. 11 le lit entrer en partie dans la Justification do M. Arnauld, 1702, 3 vol. in-12. Entretiens sur le décret de Rome contre le Nouveau Testament de Chàlons, accompagnés de ré/lcxions morales, sept Mémoires en 7 vol. iii-l::, pour s. rvir à l'examen de la constitution i'.tigenilus; une grande quantité d'ouvrages sur les contestations dans lesquelles
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il s'était engage, dont il est inutile de donner la liste, depuis que la secte dont il fut le coryphée a professé ouvertement le déisme et l'athéisuT^. comme on l'a pu voir lors de la révolution de 17,89.
OUESNEL (Pierre), surnommé Bénard , mort à La Haye vers 177'i-, âgé de 75 ans, est connu dans la république des lellres par jilusieurs ouvrages, et principalement par ['Histoire de la compagnie de Jésus, dont les quatre premiers volumes furent imprimés à Utrecht en 1741. Cet écrivain , qui avait achevé, trois mois avant sa mort, cette Histoire, h laquelle il avait employé la plus grande partie de sa vie , se détermina, peu d'heures avant de rendre le dernier soupir, et ^ la persuasion de certaines personnes qui lui en fusaient un cas de conscience, à en faire brûlerie manuscrit, qui aurait formé 20 volumes in-12.
QUÉTIF (Jacques), né à Paris le 6 août 1G18, prit l'habit de Saint-Dominique, fut bibliothécaire du couvent des Dominicains de la rue Saint-Hfinoré, et mourut le 2 mars 1698, à 80 ans. On a de lui : une Edition des opuscules et des lettres de Pierre Morin; une nouvelle Edition du concile de Trente, in-12 ; une nouvelle Edition de la Somme de saint Thomas, en 3 vol. in-fol.; les Lettres de Savonarole, et sa Vie par Jean-Franço s Pic de La Mirandole ; il préparait une Bibliothèque des auteurs de son ordre, qui fut finie par le P. Echard, son confrère. Toutes ses productions sont des témoignages avantageux de son érudition. Sa vertu égalait son savoir, et son savoir était très-étendu.
QUEUX (Claude Le), chapelain de Saint- Yves à Paris, mort en 1768, a donné des Traductions de plusieurs traités de saint Augustin et de saint Prosper, sur la grâce et sur le petit nombre des élus. De plus, il a composé : Les dignes fruits de pénitence, 174-2, in--12; Le Chrétien fidèle à sa voc.ition, 11'*B et 17G1, in-12; Le Verbe incarné, 1759, iu-12; Tableau d'un vrai chrétien, 17i8, in-12; MémoireJHslificatifdi' VExposition de la doctrine chrétienne, de Me-enguy, 1763, in-12; Mémoire abrégé sur la vie et les ouvrages du môme, aussi 1763, in-12; un Traité du, petit nombre des élus, traduit du latin de Foggini. 11 a travaillé aussi avec l'abbé Le Roi, ex-oratorieu, ii une édition dc-Y Histoire des variations par Bossuel, 5 vol. in-12, 1772, avec la Défense, les Avertissements aux protesianl-s, etc.; mais ce qui l'a fait le plus connaître, est le Prospectus de la nouvelle édition des OEuvres de ce prélat, abandonnée ensuite à dom Déforis et autres bénédictins : édition prost-rite par le clergé de France, et enlrei)rise précisément pour corrompre les écrits de ce grand homme, et rendre sa foi suspecte. On raconte, au sujet de l'abbé LeQnoux, l'anecdote suivante, que nous transcrirons telle qu'elle nous a été coumuuiiipiée. « Feu M. Riballicr, syndic de « la faculté de Pars, parla ; it ;\ M. ral)bé Le « <}iieux. du petit ouvrage qu'avait fait Rosit suetsur le formulaire tl'Alexandre Vil, lui « dit aue sûrement il avait dû le trouver parmi
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« ses manuscrits. L'abbé répondit qu'effccti- « vement il Vavait trouvé, mais qu'il l'avait K jeté au feu. M. llib;iîlier lui fit h ce sujet « une ré|)i'iman'le convenable. » Nous })ouvons citer les personnes les plus respectables qui vivent encore, ajoute Feller, et à qui M. Uiballior a fait part de cotte anecdote. Il n'en revenait pas toutes les foi< qu'il racontait cette impertinente n'-ponse. Voy. Soardi.
QUEVEDO-Y-OUINSANO (Pierre de Al- CANTARA de), Cardinal et évèque d'Orensi'e en Galice, naquit le 12 janvier 173i) à Villa- Nuova-di-Frenio , près de Badajo^ , dans l'Estraraadure, d'une famille rccommandable par ses vertus et par sa noblesse. Le jeune Quevedo Ht ses études à l'université de Salamanque, où II prit le grade de docteur, et embrassa l'état ecclésiastique. 11 devint bientôt cbanoine de Salaraanque et inquisiteur du Saiid-Oiïice. En 1776, le roi Charles 111 lenommaévêque d'Orensée en Galice. Ce n'était point un sié.^e riche, ni un poste brillant; son humble troupeau n'en eut que plus de droit à son intérêt. Quevedo prêchait assidLlment, répandait d'abomlantes aumônes, maintenait la disciplinepanuisonclergé, faisait de fréquentes visites dans sou diocèse pour s'assurer du bien qu'il y avait à faire , et des abus qu'il fallait réprimer. Le cardinal Delgadoéiant mort en 1782, et ayant laissé le sié^^e de Séville vacant, Charles lil y nomma Quevedo. Aussi désintéressé que modeste, l'évèqae d'Orensée supplia le roi de le dispenser d'accepter cette jilace, et de le laisser à sa première épouse. Lorsque la persécution révolutionnaire obligea les ecclésiastiques français de quitter leur patrie, Quevedo accueillit honorablement tous ceux (|ui cherchèrent un asile dans sou diocèse. Il les logea dans ses séminaires, dans sa maison de campagne, et même dans son palais. Il fournit à tous leurs besoins. Le nombre ne l'etlrayait pas, et plus il s'en présentait, plus la Providence semblait multiplier les i-essources dans ses mains charitables. 11 aidait également des familles d'émigrés retirées en Galice. On aévaluéàplusde80,000fr. ce qu'il consacrait par an à cette bonne œuvre, i)0ur laquelle il mérite la reconnaissance de tout s lésâmes généreuses. Quand Bonaparte s'empara de l'Kspagne, il ne voul it reconnaitre ni un rnaitie étranger ni le pouvoir que s'arrogeaient les cortès, et refusa de se prêter aux vues de ces assemblées. Proscrit par elles, il se retira dans une partie de son diocèse située en Portugal, et y demeura jusqu'au retour de Ferdinand Vil, en 1814-. Un des |)remiers soins de ce prince rendu à ses Etats fut de rappeler l'évêque d'Orensée, et de le nommer à l'archevêché de Séville, qui se trouvait de nouveau vacant. Quevedo pour la seconde fois refusa ce Biche bénéfice. La lettre qu'il éciivit à ce sujet au ministre secrétaire d'Etat, et qui a 'été insérée dans l'Ami de la religion, tome 1", p. 831, est un modèle de désintéressement et de modestie. Alors Ferdinand lui envoya le grand cordon de l'ordre de Charles 111, et quelque temps après il le présenta
au cardinalat, dignité que Pie VII lui conféra dans le consi>toire du 8 mars 1816. Ce prélat vénérable mourut presque subitement dans son pc'ais é()iscopal, la nuit du 27 au 28 mars 1818, dans sa 83° année. En 1801, les prêtres français avaient fait graver son portrait à Madrid avec cette inscription : Consolatus est lurjentes in Sion, eleemosjjnas ejus enarrahit omnis Ecclesia sanctorum.
QUiCKENBOUNE (Le P. Chaules van), jésuite, missionnaire au Missouri, naquit le 21 janvier 178J, à Peteghem-les-Denise en Flandre, et fut d'abord professrur pendant quatre années au petit séminaire de Uoulen. Après avoir été ordonné prêtre, il exerça quelque temps le ministère dans un village près de Courtrai. En 1815, il entra chez les jésuites, qui l'envoyèrent eu Amérique en 1817. Le Missouri lut le théâtre de ses travaux ; il visita les Osages et parcourut les pays au nord-ouest du Missouri. On trouve [dusieurs lettres du P. Quickenbornc dans les Annales de la Propagation de la foi. Ce zélé missionnaire est mort au Portage des Sioux en 1837.
QIJIKN (Michel Le), dominicain, na(|uit à Boulogne en lOGl, d'un ujarchand. Etaiit venu achever ses études à Paris, il s'y ren lit habile dans les langues, dans la théologie et dans l'antiquité ecclésiastique. 11 fut aimé par ses confrères et consulté par les savants, qui trouvaient eu lui un critique habile et un littérateur poli, toujours prêt à communiquer ses lumières. Ce [lieux et savant dominicain mourut à Paris, en 1733, à 72 ans. Ses principaux ouvrages sont : la Défense du texte iiébreu et de la version vulgate, contre le P. Pezron,avecuneréponsea 1 môme Père, gui avait rétuté cette Défense, Paris, 1690, in-12. Voy. Morin Jean, et Cappel; ut\e Edition des OEuvres de saint Jean Damascène, en grec et en latin, 3 vol. ui-iol., 1712 ; un traité contre le schisme des Grecs, qu'il a intitulé : Panoplia conlra scliisma Grœcorum, in-4*, sous le nom d'Etienne de Altamura; Nullité des ordinations anglicanes, contre le Père Le Courayer, k vol. in-12; plusieurs />/sser^a/«o«s dans les Mémoires de littérature et d'histoire, recueillis par le P. Desmolets ; Oriens christianus, in quatuor patriarchatus digestus, in quo exhibentur Ecclesiœ patriarcliœ, cœterique prœsules Orientis, 3 vol. in-fol., 1740, Paris, de l'iaiprimene royale : ouvrage qui renferme toutes les Eglises orientales, sous les quatre grands patriarcats de Constantinople, d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem. L'auteur y donne la description géographique de chaque diocèse des villes épiscopales. Il rapporte l'origine et l'établissement des égdses, leur étendue, leur juridiction , leurs droits, leurs jirérogatives, leurs prétentions, la succession et la suite de leurs évêques, le gouvernement politique, les changements qui y sont arrivés, etc. La Gallia christiana de Sainte-Marthe lui a servi de modèle, et il la Irès-bien imitée.
QUIGNONEZ (François be), cardinal, était fils du comte de Luna, et naquit à Léon vers la fin du xv' siècle. Il fut page du cardi-
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nal Xirucnès. et quitta cet homme célèbre pour entrer che/ les cordeliers. Quigiioiiez parvint p;ir ses tnleiUs à la place de général do son ordre en 1322. L'empereur Cliaries- Quiiit, qui raimail autant qu'il l'estimait, le fit membre de sim conseil de conscience. L«rs(iue Clément VU eut été fait pr sonnier, en 1327, par les troupes dj ce pnnce, Quignonez lïil ciiargé par ce pontife de négocier la [)aix et d'obtenir sa liberté. Ses soins lui ayant réussi, il fut honoré de la pourpre, envoyé lé,j;al en Espagne et à Naples, fait évé |ue de Coria , et mourut àVeruli, en 15i0, après avoir donné une grande idée des lumières de son esprit et des qualités de son cœur. On a de lui un Bréviaire {Breviariuin rommuun e sacra polifsimam Scriptiira et probulis sanctoruin liistoriis con~ fectum), im|)rimé h Home, en 1335, in-8%. aujourd'hui assez rare. La préface en est belle cl m rite d'être lue. On a suivi en partie , dans les nouveaux Bréviaires de Fraixe.le plan ] ropnsé i ar ce cardinal : et si celui de Paris itait pendant toute l'année comme il est au temps pascal, observe Fel- 1er, il y serait entièrement conforme. Les Heures canoniale^ sont rédu,tes à trois psaumes, et les Matines à trois leçons. Le Psautier y est distribué de façon qu'on peut le réciter eu entier dans chaque semaine ; mais les psaumes y sont morcelés, ce qui fait un défaut essentiel par la confusion qu'il y a dans les idées, relativement au nombre, à la nature et à l'objet de ces divins cantiques , par l'extinction do l'en- Ihousiasme poétique qid en a dessiné les liaisons, et lixé l'ensemble de la manière la plus inviolable. ( Voy. le Journal hisl. et litt., l"nov. 1780, page i71 ; 1" oct. 1792, page 1%; avantages de l'ancien et du nouveau Bréviaire comparés, ibid., 1" septembre 1792 , page 13.) Pie V, ne voulant d'ailleurs pas autoriser par son silence la circulation d'un ouvrage liturgi(iue qui n'avait aucune sanction, le supprima. On le réimprim i à Paris, en l'au 167!), in-8". Il est recherché des savants, suitout des liturgistes. i'oij. RoiîiNKT (Ui-bain).
QUILLOT (Ci.AtJDK), ecclésiastique, né à Arnai-le-Duc en Bourgogne, vers le milieu du xvir siècle, d'une famille pauvre, tit ses premières études ilans sa vdle natale, et les contin .a à Dijon, où il entra chez un conseiller au parleniiMit de celte ville en qualité de préce[)teur de ses enfants. 11 avait de la piété : l'idée de mener une vie pénitente lui lit prendre la résolutiond'entrerchezles chartreux. Il se présenta chez ces Pères, y fut adm s, et les cddia par son zèle et sa régularité ; mais ses firces ne répondirent point h sa bonne v(d()nté. Il ne put soutenir l'ansténté de cetli; vie, et fut obligé de rentrer Uans le monde. Lévèque do Langres lui cjnféra les ordres sacrés, l'attacha à la par. lisse dô Saint-Pierre de Dijon, et lui donna le pouvoir de confesser. Sa vie édiliante lui eut bientôt attué la confiance des personnes les phis religicusesdelaville. Onleconsultait lie tout«s parts. Il devint célèbre, et c«tte
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célébrité, qu'il ne cherchait y,as, lui fit des jaloux. Sa piété le portait à rechercher les ouvrages (|u'il croyait les plus propres à la nourrir. Il lut les Mystiques, et môme, diton, les écrits de Molinos, qui n'étaient pas encore condamués. Il reçut chez lui, en 1G8G, madame Guyon et le P. Lacombe. Il n'en fallut pas davantage à ses ennemis pour faire éclater leur haine. Ils le dénoncèrent comme complice de Philibert Robert, dont on poursuivait alors le procès pour accusation de quiétisme. Quillot en effet fut compris dans la sentence lancée le 17 juillet 1700, par l'official de Dijon, contre ce prêtre et ses sectateurs. Quillot qui n'avait point comparu fut déclaré, par cette sentence, contumace , atteint et convaincu d'avoir tenu des discours rem[)lis des erreurs du quié^ tisme, d'avoir distribué des livres (jui contenaient lesdites erreurs, etc. , et pour cette raison il fut condamné à trois ans de (irison dans un monasière, à y jeûner au pain et à l'eau tous les vendredis, et à faire certaines prières et aumônes : tout pouvoir d'entendre les confessions lui était retiré. Cependant Quillot s'était caché. Le parlement de Dijon, de son côté, prenait connaissance de cette allaire en ce qui pouvait le concerner ; car plusieurs personnes avaient été englobées dans cette sentence. Quillot y tit parvenir différentes pièces qui prouvèrent son innocence ; et i)ar arrêt du 27 aoiU 1700, il fut mis hors de cour. Ce premier succès lui en fit espérer un plus complet. Il demanda la révision du [irocès instruit devant l'ollicialité, et se constitua en prison. Une nouvelle sentence le renvoya à pur et à plein de l accusation formée contre lui ; il sortit de prison le 21avril 1701, et reprit ses fonctions, à l'exception de celles du confessionnal, dont les suiiérieurs ecclésia>tiques jugèrent qu'il devait s'abstenir. Cette justification authentique n'empêcha pas la publication d'ua écrit calomnieux sous le titie d'Histoire du quillotisme, ou de ce qui s'est passé à Dijon au sujet du quiétisme, etc., Zell, 1703, in-4°. L'auteur est Hubert Maufiarty, procureur du roi du bailliage et siège présidial de Langres : tout, dans celle histoire, respire la passion et la haine. On veut absolument y faire croire à une nouvelle hérésie, dont Quillot sei-ait l'auteur. .M. de Clermont-Tonnerre, évèque de Langres, ayant fait examiner cet ouvrage, le défendit j)ar une Lettre pastorale du 21 avril de la môme année, et le parlement de Dijon le condamna, le 9 juillet suivant, à être lacéré et brûlé par l'exécuteur de la haute justice, comme calomnieux et blessant également le sacerdoce et l'empire. Il est devenu irès-rare. On ignore l'époque de la mort de Quillot.
QUINCAKNON (le sieur de) écuyer, ancien lieutenant de cavalerie et commissaire de l'artillerie, ne nous est guère connu que par deux oiiuscules, fort rares , sur deux églises de Lyon. Ils sont intitulés : Les antiquités et la fondation de la métropole des Gaules, etc., avec les épitaphes que le lemps y a rehgieusGUJent conservées, Lyon, Mat-
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Ihieu Libéral, 1673, in-1 2 ; La fondation et les antiquités de la basilique coUéijiale et curiate de Saint-Paul, in-12, sans date et sans nom (le ville (imprimé à Lyon aux frais de l'auteur vers 1682). On trouve dans ces deux écrits des particularités très-intéress intes.
OUINDART DE Là HAYE. Voy. Haye.
QUINTIEN (saint), né en Afri |up, sous la domination des Vandales, vint en France du temps du roi Clovis, et fut élu évoque de Rodez; i. assista en cette qualité au concile d'Agde, en S()6. Chassé de son siège par les Goths, il se retira en Auvergne, où il devint évéque, et où il mourut saintement en 527, après avoir sauvé par ses prières sa ville épiscopaie, que le roi Thierry avait juré de démolir.
QUINTIN, tailleur d'habits qui fut, avec un autre homme obscur et inconnu, appelé Chopin, chef des hérétiques qu'on nommai tZ-ibertins, tient une place parmi les rêveurs et les blasphémateurs du xvi' siècle. Il soutenait que Jésus-Christ était Satan, que tout l'Evangile était faux; qu'il n'y avait dans l'univers qu'un seul espiit, qui est Dieu ; qu'on ne doit i).is punir les méchants ; qu'on peut professer toutes sortes de religions; enfin, qu'on peut sans péché se laisser aller à toutes ses passions. Cet impie factieux et turbulent fut brûlé à Tournay en 1530 : mais la mort du maître n'empôclia |)as les disciples de se répandre en France, en Hollande et dans les pavs voisins.
QUINTIN (Jean), fils d'un greffier de l'officialité d'Autun, naquit dans cette ville le 20 janvier 1500. Après avoir voyagé dans les divers pays qui sont à l'orient de la Méditerranée, il fut chevalier s rvant dans l'ordre de Malte, et accompagna le grand maitre dans cette île, en qualité de domestique. Revenu en France, il fut fait prêtre à Paris, professa le droit canon depuis 1536, et obtint un bénéfice dans l'ordre de Malte. Une harangue qu'il prononça au nom du clergé, en 1560, dans l'assemblée générale des Etats du royaume, et dans laquelle il exhortait le roi et la reine à prendre des mesures énergiques envers les prolestants , excita les plaintes de ces derniers. Quintin mourut à Paris le 9 avril 1561. On cite de lui : Melitœ insul V descriptio, Lyon, 1536, \u-k° ; réimpiimé à Paris, ia-S" ;Exegcsis concilii cujusdam generalis in uno beneftciorum multiludinemvetantis, tert. lib. Décrétai. Grcg. cap.'SS, titul. 5, Paris, 1539, in-i° ; Dejuris canonici laudibus : ecclesiasticonim canonum dcfensio breiiter et simpliciter duobus conciunctdis, auctoritas, theoria simul et praxis ad ecclesiasticœ œconomiœ , ordinisque tabernaculi conservationem, Paris, l'àkk, h\-k° ; 2' édition, ibid., 1601 ; 3' édit., Nuremberg, 167J ; Spéculum sacerdotii Apostoli describentis episcoporum, presbyterorum et diaconorum mores, Paris, 1559, iii-i" ; Rcpctitœ dudum duœ duorum capitum prœlecliones, cap. De multaprovidentia, de prœbetid. et dign.tulib., et cap. Novit ille qui nihil ignorât. De judiciis in an-, tiquis; quorum altéra beneficiorum ecclcsiasticorum ecclesiastica dispensalio designatur;
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- altei'a christiana civitatis aristocratia delineatur, Paris, 1552, in-folio : cet ouvrage roule sur la pluralité des bénéfices et l'aristocratie de la religion chrétienne; Oraliones duœ adversus gnoslicorum sgcophantas, Paris, 1556, in-8°; Joonnis Zonarœ commentarii in canones conciliorum tam arumenicorum quam provincialium, Paris, 1558, iii-i»; Octoqinta^ quinque regulœ, seu cannnes apostolorum, cum retustis Joannis monachi Zonarœ scholiis latine modo versis, Paris, 1558, in-4° ; Sjjnodus Gangrensis evangelicœ promutgationis... cxplicata commentariolis, Paris, 1500, in-4"; Scholia in Tertulliani librum de Prœscriptionibus hœreticorum, P.ii'is, 1560 et 1561, in-i"; Uœreticorum catalogus et liistoria, Paris, 15C0 et 1531, in-i" ; li Harangue prononcée dans les Etais d Orléans, au mois de décembre 1560; Sijntagma canonum. grœcorum : c'est une traduction de l'ouvrage grec du moine Matthieu Blastares. Papillon, dans sa Bib iothèque des auteurs de Bourgogne, donne quelques détails sur Quintin et sur s^'S ou Vi âges.
QUIQUERAN de BEAUJEU (Pierre de), naquit, en 1526 , d'une ancienne maison d'Ailes en Provence. Après avoir appris la rhétorique et la poésie à Paris, il fit un voyage en Italie, où il s'appliqua h la musique. De retour à Paris, il éludia les mathématiques, l'histoire naturelle, la botanique et les belles-lettres. Sa naissance, soutenue par la réputation que lui avaient faite .'es talents, lui mérita 1 évôché de ï^e:;ez, à r,!ge de 18 ans. Il n'en jouit pas longtemps, étmt mort à Paris en 1550, à "Si ans. Quiqueraa fut le premier évoque nommé après le concordai de Léon X et de François I". On a de lui : un Eloge de la Provence, on vers hitins, sous ce titre : De laudibus Provinciœ. On en a une version française, in-8", par Pierie de Vini de Claret, archidiacre d'Arles. XjïiPoi-me latin sur le passage d'Annibal dans les (;aules. Ces deux ouvrages olfrent des ima-es heureuses et de l'esprit ; m.iis on voit que son génie n'avait pas encore acquis Sa maïurité. Ils ont été recueillis à Paris, en 1551, in-f(il.
QUIQUERAN de BEAUJEU (Honoré t)e), de la même famille que le précédent, naquit à Arles en 1655. Après avoir brillé dans le cours de ses études, il entra dans la con^régat.on de lOrato re à l';lge de 17 ans, et fut chargé, quelque tenijs après, do professer la théologie dans sa ville natale, puis i\ Saumur. Après la révocation de l'éd.t de Nantes, on l'envoya dans les missions du Poitou et du pays d'Aunis. Il s'y fit une si grande réjiutation, que le célèbre Fléehier, l'vôque do Nîmes, lui donna un caiionicat dans sa cathédrale et 1.' choisit pour un de ses grands vicaires. L'abbé de Beaujeu se signala (lar ses prédications dans le Langue.ioc autant que dans le Poitou. SI s'était accoulumé de bonne heure à pail 'r sur-le-chump et sans préparation. Son éloquence le fit aiimirei dans les assemblées du clergé de 1693 et 1700. Le roi, informé des conversions que l'abbé do Beaujeu opérait dans, le diocèse de
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Nîuies, le nomma, en 1705, à l'évéché dOlél'Oii. <'t |>resqiieaussilùt à celui de Castres. Louis XIV ('■tant mort en 1713, dans le temps de l'assemblée générale du clergé, révû(|ue de Castres fut choisi pour prononcer à Saint- Denis l'oraison funèbre de ce monarqu'e, et il s'en acquitta avec succès. Elle fut imprimée, la môme année, à Paris, \n-k°. On a gu' Iqtiefois cité cette comparaison qu'il y foit de son héros à un arbre élevé sur le somnietuu Liban, et nous la rejiroduisons comme pouvant servir à donner une idée de la manière de l'orateur : « Ce f.uneux monarque « na presque rien entrepris qui n'ait lieu- « reusement réussi, et ses malheurs môme « n'ont servi qu'à rehausser sa gloire. Sem- « blable à cet arbre nourri des plus belles « eaux de la nature, qui, du sommet du Li- « ban, pousse une tige droite et élève jns- « qu'aux nues une tète superbe que les oi- « seaux du ciel resiiectent, que les arbustes « ne sauraient atteindre, que l'impétuosité « des vents ne saurait ébranl r, que l'inon- « dation des rivières ne saurait entraîner, « que les ardeurs du soleil ne sauraient en- « dominager, que l'inconstance des saisons « ne saurait flétrir, dont la fécondité ne peut « être retardée, et dont les feuilles, par la X fraîcheur et l'utilité qu'elles procurent , « aussi bien que par l'odeur qu'elles r(''pan- « dent, surpassent les fruits délicieux des « antres espèces; tel a toujours paru le roi, « supérieur aux autres hommes, comme aux « événements de la bonne et de la mauvaise « fortune; plus heureux d'avoir su fore un « bon usage d'une si rare félicité, que del'a- K voir méritée. » On a de Qui pieran de Beaujeu un volume in-i* de Mnndemenls, de Lettres et d'Instructions pastorales, qu'il publia sur l'établissement de son séminaire, sur les maladies contagieuses de la Provence et du Lang :edoc, sur l'incendie de Castres, sur les abus de la mendicité, sur la légende de Grégoire VU, sur le fameux concile d'Embrun, auquel il n'était pas favorable, et sur plusieurs |)oints de doctrine et de discipline qui décèlent son attachement aux nouveaux disciples de saint Augustin. Colbert et Soanen eurent en lui un ami zélé. Ce prélat mourut à Arles, où il était allé voir sa famille, le 26 juillet 173G. Le nom de Quiqueran de IJeaujeu figin-e parmi ceux que M. l'abbé Migiie a fait entrer dans sa grande eollectiou des Orateurs sacrés, en 60 vol. in-'i.°.
OtJIRET. To]/. Gliérkt (Jean).
QUIKIN (saint), évèque de Sciscia, ville de la Pannonie, aujcmrd'hui Sisseg, soulfrit li mort pour la foi à Sabaria, le '» juin '.iO'.i ou soi. Saint Jérôme et Fortunaf en parlent avec de grands éloges; Prudence a conqiosé une hymne en son honneur. Dom Uuinart a publié les Actes authentiques de son martyre.
QUmiNI ou QDERINI (Angklo-.Mahia) , noble Vénitien, c.irdinal et lilléi-atinr, né'en 16t!0, avec un esprit vif, entra de bonne heure dans l'ordre de Saint-Henoît. 11 fit profession, lo 1" janvier 1698, dans l'ab-
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baye des bénédictins de Florence, et se Hvpa aux sciences avec une application infatigable. Il fui aussi chargé de donner des leçons de théologie et de langue hébraïque aux'novices de son ordre. Cependant, en 1709, ses études furent quelque temps traversées par une idée importune : il s'imaginait qu'il avait la [lierre. 11 en fut détronqié par une (iiète sévèie qui, en guérissant son imagination, alf liblit excessivement ses forces : pour les rétablir, il prit le jiarti de voyager et de visiter les savants. 11 parcourut l'Allemagne, la Hollande, l'Angleterre ( t la France, et fit connaissance avec plusieurs hommes distingués. De retour à Rome, il fut nommé, en 1723, archevèqu'' de Corfou, et s'aitii-a par une conduite vraiment épisco|iale , nonseulement la vénération de ses ouailles , mais encore celle des Grecs sclnsm..ti(|ues. Honoré du chapeau de cardinal en 1727, il répara avec magnificence l'église de Saint- Marc, qui était son titre. L'église cathédrale de Bresiia, dont il avait été fait évèque en 1726, est devenue par ses soins imedes|)]us magnifiques d'Italie. Toute l'Europe sait combien il a contribué à la construi tion de l'éiilise catholique de Berlin. Il augmenta la bibl otlièqae du Vatican pai- la don.ition de la sienne, qui élail choisie, et si nombreuse, qu'il fallut, pour la placer, construire une nouvelle s:dle. 11 acheta un gran i nombre de livres, qu'il donna de môme h la ville de Bi'escia, pour en faire une bibliothèque publique, à l'entretien de laquelle il assigna des fonds sulfisants. On s'étonnera peut-être de toutes ses libéralités ; mais il avait de granis revi nus et peu de besoins. Cet illustre prélat mourut subitement d'apoplexie à Brescia en 1755, à 73 ans. Lebeau fit, en 1736 son Eloge à l'académie des inscriptions et belles-lrttres, diml le cardinal était correspondant. Ses principaux ouvrages sont : Primordia Corcyrœ, ex antiqiiissimis mnntttnentis illiistrata, Lecce, 1723, in-V°, ouvrage l)]ein d'érudition et de critique, dont la meilleure édition est cille de Brescia en 1738, in-'i-°; une Edition des ouvrages de quelques saints évoques de Brescia, qu'il publia en 1738, in-folio, sous ce titre : Yetcrum Brixiœ episcoporum, sancti Philastrii et samti Gaudmtii opéra : nec non heati Rampcrti et venerabilis Aldemani opitscula, etc.; Spécimen XHiriœ litteraturœ, qiue in xirbe Brixia ejiisque ditione paiilo post typographiœ incunabula (Jorebat, etc., 1739, in-i° ; la Relation de ses voyages : elle renferme des anecdotes curieiises et intéressantes ; une Edition des livres de l'office divin, à l'usage de l'Eglise grecque ; une de VEnchiridion Gnecorum , Bénévent , 1723 , in-i" ; Gesta et epistolœ Francisci Barban ; un recueil de ses Lettres en dix livres; la Vie du pape Paul JJ, contre Plaiine, en latin, Rome, 1740, m-k° ; une Edition des lelti'es du cardinal Polus ; quatre Instructions pastorales; \m Abrégé àc sa l'if, jusipi'à l'année 17.V0, Brescia, 17W, in-S"; étant bibliothécaire du Valican, il procura la nouvelle Edition des OEuvres de saint Ephrem, 1742, 6 tomes in-fol., eu grec, en
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syriaque et en iatin; une Harangue, De mosaicœ hisloriœ prœstmtia , plenie d'idées justes, et bien propre à apprécier la narration de Moïse.
> QUIROGA ("Joseph), jésuite et missionnaire espagnol, né le 14 mars 1707, îi Lugo en Galice, d"une illustre famille de cette province, entra dans la sociélé de Jésus à l'âge de 13 ans. 11 avait éludii les inathématiquesavec succès, avait même été admis à l'école 'de la marine et avait fait sur mer plusieurs voyages. Il sollicita de ses supériein-s la permission de passer en Amérique, pour y prêcher l'Evangile. Dans le même tem[is, il reçut du roi d'Espagne la conuuission de visiter la ierre dite Magellnniquc , à l'extrémité de /Amérique du sud, de s'.'issurcr des ressources que le pays pouvait offrir, et de déterminer des points convenables à l'établissement de porls et lie r.ides pour les bâtiments de commerça. Le ré-^uliat de cette mission ne fut jias aussi important qu'on était en droit de l'attendre du zèle du PèieQuiioga. De retour en Europe, il se rendit à Rome pour y exposer l'ét.it des missions dans le Paraguay. Lors de la suppression de son ordre, il se tixa à Bologne, où il se lia avec les mathématiciens les i)lus renommés , comme Canterzoni, Palcani, etc. 11 y publia un ouvrage en italien, intitulé Tiatado del arle verdcidcro de nnvegar porcirculo pamlelo a la cquinozial, Bologne, ITSV, qui eut beaucoup de succès 11 a laissé en outreitlusieurs manuscrits, qui existaient dans l'institut de Bologne {la Specola), et qui trait<înt de la manière do trouver la longitude en nier par l'observation des taciies du soleil, de la Ume, d-es éclipses, des satellites de Jupiter, et de la boussole (en latin), de l'art de labriquer les boussoles, des moyens de renouveler et purifier l'air dans un vaisseau, de l'art de construire des barques et des ponts sur les lleuves et les rivières les plus rapides; un traité sur les dilïérents climats, de la construction d'oiseaux artificiels, etc. Le P. Quiroga allait donner tous ces ouvrages à l'impression, lorsque la mort le surprit à Bologne le 13 octobre 1784, à l'ùge de 77 ans. 11 étailmembredeplusieurs .«jciétés savantes d'Espagne et d'Italie. Le JiMrnal de son voyage, rédigé sur ses observations et sur celles de ses conqiagnons, par le Père Loçano, a été imprimé dans les Pièces (uslificativcs de l'histoire du Paraguay, parle Père de Charlevoix.
QUIROS (Augustin de), jésuite espagnol, natif d'Andujar, fut élevé aux premières cliarges de sa province, ensuite envoyé au Mexique, où il fut inspecteur des missions, et où il mourut le 13 décembre lC-2-2, âgé de 50 ans. On a de lui des Commentaires sur le cantique de Moï^e, sur Isaie, INahum, Malachie , sur l'Epître aux Colnssiens, sur celle de saint Ja&jues, etc., Séville, 1622, in-ful., lU inie Dissertation, en espagnol, contre les écrivains qui alfectent de se servir d'expressions anciennes et inusitées. — Quiros ( riiéodore de), religieux dominicain et missionnaire, né l'an 1599, à Vivero dans la Galice, s'embarqua pour les îles Philippines en
1637, et professa d'abortl la philosophie à Manille; il se rendit ensuite dans l'ile do Formose, où il remplit pendant dix ans les fonctions de son ministère avec un zèle infatigable. Cette île .ayant été prise par les Hollandais, le P. Quiros fut fait prisonnier, et conduit h Jacatra, puis à Macassar. 11 retourna par l'ordre du roi d'Espagne à Manille, où il reprit ses pénibles travaux et mourut le 4 décembre 1662, à 63 ans. Ce missionnaire avait composé une Grammaire et un Dictionnaire de la langue tagala ; et il traduisit dans cette langue un Catéchisme et divers ouvrages ascétiques, entre autres un Traite de la dévoti(m au rosaire, imprimé plusieurs fois k Manille et à Mexico. — Qunios (Hyacinthe-Bernard de), dominicain espagnol , qui portait dans son ordre les noms (ï Augustin-Thomas , enseigna la théologie et le droit canonique à Rome. Ayant apostasie, il se rendit k Berne, olUint une chaire d'histoire ecclésiastique à l'iuiiversité de Lausanne, et mourut d'aijoplexie à Lausanne le 6 novembre 1738. On cite de lui une Histoire de l'Eglise, en allemand, Lausanne, 1736, in-folio, et plusieurs Dissertations académiques, en latin.
QUISTORP (Jean), théologien luthérien, naquit à Rostock en 1584, et fut professeur de théologie dans cette ville. 11 eut ensuite la surintendance des églises de sa communion. 11 assista Grotius dans ses derniers moments. 11 a comjiosé divers ouvrages, savoir : Articuli formula; concordiœ illustrai i ; Manuductio ad studium theologicnm ; des Notes latines sur tous les livres de la Bible ; des Commentaires sur les E))itres de saint Paul ; des Sermons ; des Dissertations. 11 mourut en 1648. — Qlistorp (Jean), fils du précédent, naquit en 1624, et suivit la même carrière que son père. Il fit ses études à Greipfswalde, et visita les universités de Copenhague et de Leyde, pour en entendre les professeurs. Revenu à Rostock, il y obtint une chaire de théologie, et en même temps une place de pasteur. On a de lui : Cutcchesis antipapistica : il y attaque le pape et l'Eglise romaine; Pia desideria; Repctitiones decalogi antipapisticœ ; une Lettre allemande à la reine Christine de Suède, sans signature ; le Trésor dans le champ ; Disputationes theologicœ. Dans ses écrits, surtout dans ceux contre le pape, le fiel est mêlé à l'érudition. 11 mourut en 1669,
QUISTORP (Jean-Nicolas) , théologien luthérien, né à Rostock en 1651, fut pasteur dans cette ville, et y mourut le 9 août 1713. il a laissé des Explications sur saint Jean, et f>lusieurs écrits de controverse et de théologie.
QUOD-VULT-DEUS (saint) , était évêque de Cartilage dans le temps que cette ville fut prise par Gcnseric, roi des Vandales, l'an 439. Ces barbares le mirent lui et la plupart de ses clercs dans de vieux navires qui faisaient eau de toutes parts, et qui étaient sans aucune |>rovision. Dieu fut leur pilote, et les fit aborder heureusement à Napies, où ilc furent reçus comme de glorieux confesseurs de Jésus-Christ. Voy. Deo-Gbatias.