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: latines, on distingue le Poè'me des jardim. C"est son chef-d'œuvre. « Il est digne du siè- « cle d'Auguste, dit l'abbé Des Fontaines ; '< pour l'élégance et la pureté du langage, « pour l'esprit et les grâces qui y régnent. « L'agrément des descriptions y fait dispa- « raître la sécheresse des préceptes, et l'i- « iiiai,ination du poëte sait délasser le lec- « leur par des fables qui, quoique trop fré- « quentes, sont presque toujours riantes et « bien choisies. » Plusieurs critiques ont prétendu que le P. Kapin n'était que le père adoptif de cet ouvrage charmant, et qu'on le trouvait dans un ancien manuscrit lombard, qu'un |)rince deNaples conservaitdans sa bibliothèque. Mais quels garants donnet-ou d'une anecdote aussi singulière? des oui-dire sans fondement, et qui sont démentis par la facilité qu'il y aurait de vérilier le fait s'il était vrai En 1782, Delille tit paraître un [)oëme français sur les Jardins, à l'occasion duquel il critique fjrtemcnt celui du P. Rapin. Aiais l'année suivante on vit paraître un Parallèle raisonné entre les deux poèmes, etc. On y fait voir que « le plan du P. « Kapin est grand, quoique simple ; la mar- « clie en est aisée, quoiqu'on s'arrête un « peu trop souvent pour cueillir des fleurs; « heureux défaut ! l.e style est élégant, les « détails pleins de délicatesse et de sensilii- « lité; entin, li's épisodes très-heureux, quoi- « qu'un peu IropiVé juents. Le poème de M. a i'abi)é D lille n'a aucun plan : tout y est « dans le désordre et la confu.^ion ; on est « inondé de préceptes froids et sentencieux « que rien n'égaie ; le cœur y est d'une sé- « cheresse qui l'attriste ; il n'y règne point « d'ensemble ; on n'y trouve que deux épi- « sodés bien faits et qui appartiennent au « poète ; et par-dessus tout cela, on voit, en « lisant le P. Kipin le premier, que M. De- « lille s'est approprié les tournures les plus « h.eureuses, les expressions les plus poé- « tiques de son rival; qu'il a imité les plus « beaux morceaux en les amaigrissant par « la fureur de créer un jargon précieux, un « style maniéré qui ne soit qu'à lui. » Cette critique est terminée par un dialogue en vers, intitulé le Chou et le Navet, dans lequel on trouve des vers fort heureux et des détails d'une gaieté piquante et naturelle. On ne fait pas moins de cas des églogues sacréesdu P. Kapin que de son poëme. Si celui-ci est digne des Géorgiques de Virgile, celles-là méritent un rang distingué auprès des Bucoliques. Quoique le P. Rapin fiU bon poète, il n'était pas entêté de la [loésie. Du Perrier et Santeuil parièrent un jour à qui ferait mieux des vers latins. Ménage n'ayant pas voulu être leur juge, ils convmrent de s'en rapporter au P. Raiiin. Ils le trouvèrent qui sortait de l'église. Le jésuite, après leur avoir reproché vivement leur vanité, leur dit que les vers ne valaient rien, rentra dans l'église d'où il sortait, et jeta dans le tronc l'argent qu'ils lui avaient consigné. On a encore du P. Kapin des OEuvres diverses, Amsterdam, 1709, 3 vol. in-12. On y trouve des RéfiexioHs sur l'éloquence, sur la poésie, sur
V'histoire et sur la philosophie; les Comparaisons de Virgile et d'Homère, de Démosthènes et de Cicéron, de Platon et d'Aristole, de Thueydide et de Tite-Live ; celle-ci et la pénultième sont moins estimées que les premières; plusieurs ouvrages de piété, entre autres la perfection du christianisme, l Importance du salut, la Vie des prédestines, etc. On trouve dans ces OEuvres des réflexions judicieuses, des jugements sains, des idées et des vues : le style ne manque ni d'élégance ni de précision ; mais on y souhaiterait plus de variété, plus de douceur, plus de grâce. Ces qualités se font surtout désirer dans les Parallèles des auteurs anciens. Le P. Rapin pul;)liait alternativement des ouvrages de littérature et de piété ; celte variation fit dire à l'abbé de La Chambre, que ce jésuite servait Dieu et le monde par semestre. La meilleure édition de ses Poésies latines est celle deCramoisy, en 3 vol. in-12, 1C8L On y trouve des églogues, les 4 livres des Jardins et les Poésies diverses. LesJardins ont été traduits en français par Gazon Dourxigné, Paris, 1772; mais cette traduction prolixe et très-infidèle est semée de termes indécents qui ne se trouvent pas dans le poëte lalin ; toujours fidèle aux bienséances de son état, jamais il ne chanta l'amour et ses transports, comme la traduction pourrait le faire soupçonner. On a donné une meilleure traduction avec le texte à côté, Paris, 1782, in-8"; elle aurait cependant éié plus exacte et plus complète si les traducteurs avaient eu sous les yeux la belle édifiai de l'original donnée par le P. Biotier, avec des additions, des notes lumineuses et la Dissertation du P. Rapin : De disciplina hortensis culturœ, Paris, 1780.
RAPINE (Claude) , célestin , né au diocèse d'Auxerre, et conventuel à Paris, fut envoyé en Italie pour réformer quelques njonastères de son ordre. Le succès avec lequel il s'acquitta de cetiC commission le fit choisir par le chapitre général pour corriger les constitutions de son ordre, suivant les ordonnances des c' ajiitres précédents. Ses principaux ouvrages sont : un traité De stwdiis philosophiœ et theologiœ ; un petit traité De studiis monacliorum, dont le P. Mabillon a fait usage dans son Traité des éludes monastiques ; De vita contemplaliva, où l'auteur reprend certains religieux qui, sous prétexte d'humilité , se dispensent d'une application nécessaire aux gens qui vivent dans la solitude. On a aussi attribué au P. Rapine le liyre Des choses merveilleuses en nature, 154-2, in-i", qui parait être de Claude Dieudoniié, du môme ordre. — On a d'un autre Rapine (Charles), natif du Nivernais, et religieux récollel dans le xvn' siècle : les Annales ecclésiastiques de Chûlons-sur- Marne, Paris, 1G36, in-8° ; Y Histoire des liécollets, P.nris, 1631, in-l".
RASPONl ( dona Félice), dame italienne, célèbre par son savoir, d'une illustre lamille, naquit à Ravenne en 1G23. Elle apprit la langue latine, étudia la philosophie de Platon et celle d'Aristole, l'Ecriture, le^