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l'avous déjà dit , s'y montre encore plus acharné contre les souverains et contre la religion. Son style , parfois noble et élevé , preii.l trop souvent le ton d'un charlaian luontJ sur un tr.-t.au, lour débitera la multiiu 10 d»is lieux communs et des imfiréiations nienagniiles ccinlre le des;iotisrue et la supersiition. Hajnal d/'clare la {guerre, iionsei li'inent à l.i révi'lation , mais aussi à la morale cl à toutcau'orlé civile. Le Dieu des juifs n'étfit pour lui qu'un dieu local coiitine cciijc (Irsaulrcs nalions,vl rélablis>-emeiit du cbrisliaiiisme n'ét.i t que l'etiet d'une mauvaise toyif/ue. Toutj sa nioi-ali> se londait sur es deux principes : désir de jouir , liberté de jouir. Il s"éle\ait contie le despotisme paternel , qui produit le respect extérieur et une haine impuissante et secrète contre les pères. Aux [)eu|iles il olfrait des remèdes contre la tyrannie. « Puissent les « vraies lumières, uit^ait-il, faire rentrei-dans « leurs droits des èlns qi.i n'ont besoin « que lie les sentir pour les reprendre ! Sa- « ges d ' la teire, philosophes de toutes les M nations, c'est à vous seuls h faire des lois, « en les indiquant à vos concitoyens. Ayez « le courage d'éclairer vos frères. Faites « rougir ces honnnes soudoyés qui sont « prêts à exteim ner leurs concitoyens aux « ordres de leurruaitre. Soulevez dans lei.rs « âmes la nature et l'humanité contre le
« renversement des lois sociales llévé-
« lez-leur les mystères qui tiennent l'uni- « vers à la chaîne et dans les ténèbres , et « que, s'aperrevant combien on se joue do « leur crédulité , les peuples éclaii'és tous à a lu fois vengent enlin la gloire de l'espèce « humaine. " Nous terminerons cet aiticle en rapportant les phrases suivantes du réquisitoire de l'avocr.t gcnéral Séguier contre l'Histoire philosophique de Raynal : « Par « une singularité Idai étonnante, celte liis- « toire, qui ne devait être que |)hilosopiiique « et |)olilique, qui n'avait pour objet que « l'établissement des Européens dans les « deux Indes; qui ne devait avoir d'autre « but (p.e l'accKiisscmeut et la facilite du « commerce; ctle relation de f.its ai rivés « sous dilférentes épo ,ues, est tellement cn- « treinôlée de di'clamat ons impies , de rco proches amers, de sa'casmcs indécents, et « d"impo^lures grossier, s sur tout ce qui est « relatif à a religion chrétienne, it par là « môme absolument étran^j,cr h la matière , « qu'on dirait ipio l'auteur n'a enlrciuis ce « tiavrtil que pour réunir sous un seul et « munie |)oint de vue, tous les genres d'iuj- « piétés... Nous n'enlri'ions pas, ajoutait l'a- « \ocat généial, dans le tléluil tle toutes les « rêveries que l'on d. bite dans ce livre sur « la souver.iinelé. L'auleiu- semble se joiu- « die aux ennemis de la France |iour l'inju- « lier, et ce patriote prétendu s'exhale in « invectives contre le gouvei'nement même « sous le(juel il vit. A l'en croire, la religion « ne présente tju'une raorfde barbare, ab- « jecti-, exlraag inle, superstitieuse. |)uérile, « indécenie... L'impiété, l'audaie, W. mépris « du souverain et l'esprit d'indépendance
« sont tellement empreints dans cet ouvrage, « qu'on peut dire que l'auteur n'a fait qu'un « code barbare, qui n'a d'autre but que de « renverser les fondemems de l'ordre civil. « lin lapprocliant toutes les parties du ; .s- « tème répan lu dans la totalité de cette liis- « t ir;', on pourrait tracer le jilan de sub- « version générale que renferme cette af- « freuse pinduclion. » Plusii u s autei.rs ont ré.uté les assertio s de Raynal. ^On trouve dans les OEuvres du cardinal Gît dl un morceau sur ce sujet.) Cet écrivain, honteux luimême de ses égai einents , se proposait sur la [in de ses jours de donner une nouvelle édition de ses OEuvres, purgée de toutes les déc'amations irréligieuses et révolutionnaires de ses amis. Sa famille, dit-on, possède ce manuscrit.
RAYNAUD (le P. Théophile), né à Sospello, au comté de Nice, en 1583, entra dans la société des jésuites en 11)02, et y passa toute sa vie, quoique travrrsé par ses confrères et sollicité d'en sortir par les étrangers. Quelques auteurs l'ont cru Français, parce qu'il a tou.oursvécu en Fiance. Après avoir ense gu'' les belles-lettres et la tliéologie dans dilférentes maisons de sa compagnie, il mourut dans celle de Lyon, en KitJS, à 80 ans. Cet auteur avait l'es, rit pénétrant, une imagination vive et une mémoire prodigieuse. Il avait embrassé tous les genres ; mais on reconnaît à sa laçon d écrire qu'il avait tiop négligé les auteurs de la belle latinité. Imitateur de ddléi'ents styles , lorsqu'd a voulu s'en faire un propre, c'est celui de Tacite qu'il a rencontré. Il | arait Iressou vent obscur, I a. ce qu'il alfecte de se servir de termes recherchés et de mots tirés du grec, il voulait être original dans sa diction comme dans ses pensées. Ayant fait un chapitre sur la bonté de Jésus-Christ, il l'intitula : Christus bonus, bonu , bonuiii. Quoiqu'il parût l'homme le plus doux dans le commerce de la vie, il était tiès-inordant la jilume à la main. Malgré ses défauts, son érudition immense, et une soi te de singularité dans les sujets qu'il a choisis, ainsi que dans la manière de les traiter, feront toujours rechercher ses ouvrages. On distingue tnlre autics : Erotemiita de bonis et malis libris, c'est-à-dire. Questions sur les bons et sur les mauvais livres; Symbola antoniuna , Rome, IGW. in-H\ relatif au feu Saint-Antoine; les Heleroclita .ipiritualia,iiù il traite des dévotions s ngulieres et exeiiques , que le goilt de la solide piété semble ne |ias comporter. On louve dans les autres plusieurs questions qui .sont dune origmalié sans exemple. Parmi les satires qui sont soriies do sa plume, il n'y en a point de plus vi>e (jue celle qu'il publia contre les dominicains, sous le nom de Petrus a Valle clausa. Les par émeute d'Aix et de Toulouse condamnèrent cet ouvra;:,e au feu ; jui^ement où il y avait autant d'iiumeur (|ue de rigueur. U avait fdl un livre en laveur du sca|aiiaire, Pu'is, 1053, iii-8" ; mais il désavoua ensuite ce traité , comme a,\ant été altéré par une main étrangère depuis le commencement
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