‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 13 sur 341 · MAI · texte numérisé non relu

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« phe sont bien d'une autre éloquence. ( Pré- « face, tom. I".) Ailleurs le pétulant orateur « nous révèle son secret tout entier. Diderot, « dit-il, souvent témoin de la colère et de l'in- « dignation avec lesquelles je itarlais des « m;iux sans nombre que les prêtres, les re- « ligions et les dieux de toutes les nations « avaient faits à l'espèce humaine, et des cri- « mes de toute espèce dont ils avaient été la « cause, disait, des vœux ardenta que je for- « mais (pectore ab inio) pour l'entière desa truction des idées reliqieuses, quel qu'en fût « l'objet, que c'était mon tic , comme celui de « Voltaire d'écraser l'iufdme (tom. IX, p. 51 1, « note). Au moins cela n'est pas dissimulé, « et le ton de colère et d'indignation avec « lequel Naigeon s'exprime ajoute au prix « d'un tel aveu, et c'est un témoignage écla- « tant de l'impartialité et de la modération « d'un tel homme. On jugera si un tel suf- « frage n'est pas plus honteux que flatteur « pour le parti auquel il était attaché... Nous « n'avons pas besoin de dire que le môme « homme a mérité d'être inscrit dans le Dic- « tionnaire des athées , où Maréchal le cite « comme un des esprits forts les plus décidés. « Cependant Lalande lui a reproché depuis « de n'avoir pas osé convenir qu'il fût athée. « Il paraît que Naigeon avait eu la prétention « de devenir sénateur, et qu'il craignait que « la réputation d'athée ne lui fût nuisible ; « ainsi, il tombait dans cette pusillanimité « qu'il reproche amèrement , dans son Dic- « tionnaire, à Bayle, à Voltaire , k d'Alem- « bert , et à Diderot lui-même. Naigeon a « fourni beaucoup de renseignements à l'au- « leur du Dictionnaire des ouvrages anony- « mes, sur les véritables auteurs des ouvra- « ges philosophiques pendant la dernière « moitié duxviir siècle. Ces renseignements « oni paru suspects à beaucoup de personnes, « et on croit que Naigeon, soit par zèle pour « la mémoire du baron d'Holbach, soit pour « toute autre raison , lui a fait l'honneur de « lui attribuer des écrits auxquels le ba- « ron d'Holbach n'eut d'autre part que de les « encourager et de les payer. Plusieurs de « ses confrères de l'Institut voyaient avec « peine Naigeon siéger parmi eux; Laharpe « i'§^ tourné en ridicule dans sa Correspon- « ddnce littéraire avec le grand duc de Russie , « tom. Il, p. 235 et 302; mais qu'est-ce que « des ridicules en comparaison de l'horrible « doctrine que prêchait Naigeon, et des vœux « atroces qu'il a osé consigner dans sa Phi- « losophie ancienne et moderne? » On a encore de Naigeon un Eloge de Lafontaine, Bouillon, 1775, in-8°, et une Notice sur la vie de Jean Racine, 1784-, in-i°.

NAILOR (Jacques) , imposteur du diocèse d'York, après avoir servi quelque temps en qualité de maréchal-des-logis dans le régiment du colonel Lambert, embrassa la secte des quakers ou trembleurs. Il entra, en 1656, dans la ville de Bristol , monté sur un cheval dont un homme et une femme tenaient les rênes, et qui criaient, suivis d'une foule de sectateurs : Saint, saint, saint, le Seigneur Dieu de Sabaoth. Les magistrats se saisirent

de lui et l'envoyèrent au parlement, où il fut condamné, en 1657, comme un séducteur, à avoir la langue percée avec un fer chaud , et le front marqué de la lettre B, pour signifier blasphémateur. Il fut ensuite reconduit à Bristol , où on le tit entrer k cheval, le visage tourné vers la queue. On le confina ensuite dans une étroite prison pour y expier ses rêveries ; mais il n'en fut que plus fanatique. Ayant été ensuite élargi , il ne cessa de prêcher parmi ceux de sa secte , jusqu'à sa mort ariivée en 1660.

NAIN DE TILLEMONT (Loiis-Sébastiej»

Le), né en 1637 k Paris, d'un maître des requêtes, se consacra k l'étude de l'antiquité ecclésiastique. Sacy , son ami et son conseil, l'engagea, en 1676, k recevoir le sacerdoce, et Biizanval, évoque de Beauvais, espérait de l'avoir pour successeur. Il alla demeurer k Port-Royal des Ctjamps. Son attachement au jansénisme lui attira des désafgréments et l'ohligea de quitter la capitale. Il se relira k Tillemont, près de Vincennes, oii il se communiquait libéralement k ceux qui avaient besoin de ses lumières, et surtout k ceux qui étaient voués au parti. Tillemont ne sortit de sa retraite que pour aller voir en Flandre le fameux Arnauld » et en Hollande l'évêque de Castorie. De retour dans sa solitude, il continua k s'occuper de travaux utiles et d'intrigues de secte, et mourut à Paris, après une langueur de trois mois, en 1698, k 61 ans. On lui doit : Mémoires pour servir à l'Histoire ecclésiastique des six premiers siècles, 16 vol. in-4-°; Y Histoire des empereurs, en 6 vol. in-i". Ces deux ouvrages, tirés des auteurs originaux , sourvent tissus de leirs propres termes, expriment leur sens avec fidélité. Ils sont écrits avec un ordre, une justesse et une précision dont le mérite ne se fait bien sentir qu'à ceux qui ont éprouvé par eux-mêmes combien coûtent ces sortes de travaux. Le dernier volume de son Histoire des empereurs finit avec le règne d'Anastase. Ses Mémoires, ecclésiastiques ne contiennent qu'une partie du VI' siècle, et les douze derniers volumes ne furent imprimés qu'après sa mort. Quoique l'esprit de parti dont il était animé ne se montre pas k découvert dans cet ouvrage , des lecteurs attentifs en découvrent çà et Ik quelques allures. Une Lettre contre l'opinion du P. Lami, « que Jésus-Christ n'avait point « fait la P;lque la veille de sa mort. » Nicole la regardait comme un modèle de la manière dont les chrétiens devraient disputer ensemble ; elle se trouve k la fin du 2' volume des Mémoires pour servir â l'histoire ecclésiastique. Quelques ouvrages manuscrits , dont le plus considérable est l'Histoire des rois de Sicile de la maison d'Anjou. L'abbé Tronchai , chanoine de Laval , a écrit sa Fie, in-12, 1711. On trouve k la suite de /cet ouvrage des Jiéflexions pieuses et des Lettres édifiantes. Si aux vertus dont elle présente le tableau on pouvait ajouter la soumission aux décrets de l'Eglise , l'éloge de ce savant homme serait complet. Son zèle pour le parti dont il avait épousé Jes inté-

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