‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 130 sur 341 · REU · texte numérisé non relu

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pour effet que d'éterniser les discordes et les haines, en livrant Tétat à de continuelles agitations. 11 établissait l'opinion que c'était la Iprreur seule mise à l'ordre du jour qui avait compromis et ruiné la république, et au nom dis vrais amis de la liberté, il repouss.nit toute solidaiilé pour les crimes commis en son nom.Bcnjamin Constant fit partie du cercle cdustitutionnel de la rue de Lille, composé en grande partie de républicains modérés, et dans un discours qu'il prononça comme secrétaire de celte sociéti', il exprima de nouveau son hoireur profonde pour les excès delà faction terroriste. Quoiqu'il ne fût appelé h aucune fonction publique sous le Directoire, il j'arait cependant qu"il jouit de quelque crédit auprès de ce gouvernemen', 1 1 qu'il lu- fut pas étranger à la nomination de M. deTalleyr;u:d connue ministre dos relations oxtérieu es. On l'a même accusé d'avoir lait l'apologiedu ISfructiilor, coup d'état par lequel le Directoire jirolongea sa faible existence. Mais plus tard, lorsque son opinion .'■e fut mûrie par l'expérience, il en signala l'illégalité et It^s conséquences fune tes. Eirangeraux événements qui [)!acèrent le pouvoir entre les mains de Napoléon, Benjamin Constant se vil cependant a[)pelé au ti-,bunat en 1799 ; mais il s'y prononça franchement contre les envahissements successifs du nouveau gouvernemiuit. 11 repoussa avec force le |)rojet do loi de janvier 1800, qui avait pour but de fiire pass, r les lois sans autres formalités que celle de leur présentation ofTiciellc et d'une simple lecture. 11 combaltit aussi l'établissement des ti'ibunaux spéciaux qui semblaient reproduire les tribunaux révolutionnaires. Chargé de rendre hommage au vainqueur de Marengo, il osa associer aux éloges de la gloire quelques idées de liberté, (^cs hardiesses le rangèrent parmi ceux qui méritèrent d'êti'e éliminés; et il partagea cette disgrâce avec Chénier, Ginguené et quelques autres. Bientôt il fut exilé avec madiirae de Staël, qui, dans les salons oii elle régnait en souveraine, ne cessait de lancer contre Bonaparte des épigrammes qui inquiétaient le triomphateur de l'Italie. Après avoir [larcouru, avec la femme célèbre dont il partageait la proscrqjtion, toutes les parties de l'Europe où le bras de Napoléon n'atteignait pas encore, il vint se tixer à Goettingue, dont l'académie l'admit au nombre de ses membres. Benjamin Constant s'.v lia avec les écrivains les plus distingués de TAlleraague, et empruntant leurs habitudes laborieuses, il profita de son séjour dans cette ville savante pour étudier à fond la littérature germanique : il y composa une traduction en vers français de la tragédie de Wallenstein, qui i)asse pour le chef-d'œuvre de Schiller. En la publiant, il y joignit, dans une préface, un examen comparé des deux systèmes littéraires adoptés par les Français et par les Allemands, morceau remarquabh; par une grande sagacité de critique. C'est aussi en Allemagne que Benjamin Constant conçut le plan du roman d'Adolphe,

qu'il publia plus tard, et qui est loin d'être sans reproche sous le rapport de la moralité. Pendant le cours de ses studieux travaux, l'ordre d'exil qui le tenait éloigné de la France fut révoqué, et il put revenir h Paris. Mais le séjour qu'il y tit fut très-court. A la France , telle que Bonaparte l'avait faite, il préférait l'Allemagne devenue sa patrie adoptive, et où il semblait s'être irrévocablement fixé, en épousant une femme d'une famille distinguée de Hanovre. ■\"ers 1814., il publia avec un grand succès en Allemagne son ouvrages ir l'esprit de conquête et l'usurpation dans leurs rapports avec la civilisation actuelle. L'au eur y annonçait la chute prochaine de Boiiai)arte, et les événements ne tardèrent pas à réaliser cette prédiction, qui du res'.e était alors h la portée des esprits les plus vulgaires. Lorsque la première restauration fut accomplie. Benjamin Consta: t revint à Paris. Il écrivit beaucoup dans les journaux, et fit paraître successivement plusieurs brochures, où il discuta les atfaires politiques avec cette finesse d'induction qui était le caractère particulier de son talent. Benjamin Constant était loin alors de se montrer hostile aux Bourbons : l'idée dominante de ses écrits était d'établir une alliance durable entre la monarchie légitime et les intérêts nés de la révolution. A la nouvelle du débarquement de Bonajiarte sur les côtes de France, en 1815, il n'hésita pas à se prononcer fortement contre lui. 11 publia dans le Journal des Débats une profession de foi énergique où l'on remarquait ces mots : « Du côté du roi est la lift berlé constitutionnelle, la sûreté, la paix; « du côté de Bonaparte, la servitude, l'a- ■( narchie, la guerre. Nous jouissons, sous « Louis XVIII, d'un gouveinement lepré- « sentatif, nous nous gouvernons nous-mê- « mes. Nous subirions sous Bonaparte un « gouvernement de Mamelucks; son glaive « seul nous gouvernerait. C'est Attila, c'est « Gengis-Ivan... Quand on ne dem.inde quh « servir le despotisme, on passe avec indif- « férence d un gouvernement à l'autre, bien « sûr qu'on retrouvera sa place d'instni- « ment sous le nouveau despotisme ; mais « quand on chérit la liberté, on se fait tuer « autour du trône qui la protège. » Ces paroles reçurent bieniôt un éclatant démenti. Averti que Bonaparte désirait le voir, Benjamin Constant se rendit aux Tuileries, et sortit de l'entrevue qu'il eut avec l'empereur, entièrement converti à sa cause, l'eu de jours après, les journaux annoncèrent sa nomination au poste de conseiller d'état. Ce brusque changement étonna le jinblic, et valut à Benjamin Constant la qualification de transfuge que lui lancèrent à la fois les républicains et les partisans des Bouibons. Cette défection n'eut pas même une excuse, lorsqu'on apprit que Benjamin Constant avait rédigé l'acte additionnel qui faisait évanouir toutes les espérances oe liberté fondées sur le retour de Napoléon. Après la seconde restauration, il alla passer quelque temps à Bruxelles, et revint en 181G a Paris,

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OÙ il s'occupa de divers ouvrages politiques ot philoso|ilii(|iies. Elu disputé en 1819 par le (l('!|),-irleinent do la S^arllio, malgr.'^ tons les ellorts du iiunisti^re, il jirit place h la chanibre parmi les chefs de l'oppositinn iibi^ralo, et s'y lit rniuai'fpier par la finosse ca itiouse de son arsumeiitaliim, qui n'était pas Imijours exoin,)te de sophismes. D'au res dî'plovèrent h la trihuno jdiis de vioienc" et daij^ieur; mais nul ne donna plus d'embarras auv ministères qui se snrcédèreni sfius la nstauralion. Si Benjamin Constant ne prit aui'iuie part, ainsi qu'il l'a assuré, au\ rnnspiralions qui se tramèrent pendant quinze ans contre la brauclii- ainée des B lurnoiis, il ligura du moins comme un des champions les plus iufatij,ables, dans cette guerre sans cesse renaissante, i)ar laquelle l'opposi ion harcelait le pouvoir ro,\al, et dont le but secret paiaissait êlre de lui n-ndre le gouvernement impo-^sible. Après la r'volntion de 1830, qui semi)lai devoir combler 1, s vœux du |)arti liliéral, de tristes mécomptes et de cruels désappointements vinrent le désenchanter. Saisi d'une noiie mélancolie, et se sentant atlaiblir de jour on jour, il parut ac(piérir, en descendant dans la tombe, la triste conviction que les doctrines qu'il avait professées tonte si vie n'avaient ri n fondé tle durable; il mourut le 6 dé emliro 1830, frajtpé, s'il faut on croire le Journal du Commerce et la Tribune, de la prévis on d'une mystérieuse catastrophe (jui uienagait la France. 11 avait espéré, sur la lin do sa vie , entrer à l'académie française ; mais la préférence do née à M. Vieu'iet par cette coni()ag'iie, lui causa un profond, chagrin. On assure qu'après la révolution de, juillet, le goavernenKMit nouveau le gratifia d'une somme considérable qui soi'vit h |)ayer ses dettes ; mais que cotte faveur, jointe au titre de conseiller d'état, ne remplit point son attente, et fui loin de remplacer à ses yeux le ministère qui avait toujours été le but de son ambition. Benjamin Constant avait travaillé au Mercure ot ci la Minerve. 11 avaitnussi donné à l'Athénét; (piolques leçons d'histoire, où perçaient dos opinions pou favorables au christianisme. 11 a publié entre autres ouvrages : De l'esprit de conquête et de l'usurpation dans leurs rapports avec la civilisation européenne, 1814, in-8" ; Ité/lexions sur les constitutions , la distribution des pouvoirs, et les qanxnties dans une monarchie constitutionnelle, l:>lf|., in-8" ; De la liberté des brochures^ des pamphlets et des journaux, soris le rapport de l'intérêt du (jouvernement, 181 'r, in-8"! De la responsabilité des ministres, 181.'> , in-8"; Principes de politique applicables à tous les qouvernements représentatifs, et particHlif-rement à la constitution actuelle de ta France, in-8'; De la doctrine polilii/ue qui peut réunir les partis en l<'ran ce, 1817, in-8'; Question sur la léqislation actuelle de la presse m France, 1817, in-8' ; Mémoires sur les vent-jours, en forme de lettres, IH-iO, in-8", prciiii re partie; Du triomphe inévitable et prochain des principes constitutionnels eu

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P)-usse, traduit de l'allemand do M, Korefï, 1821, in-S" ; Commentaire sur l'ouvrage de Filanqieri, iS^'î-iS-Ik, 2 parties in-8°, traduit en esiiagnol, 182.5, in-S"; De la reliqion ( onsidf'rée dans sa source, ses formes et ses développements, 1823-1825, 2 vol. in-8°. Ce dernier ouvra j,e, qui est le plus iinfiortant que Benjannn ('onstant ait pnlilié, est peu profonl, et l'auteur y paraît souvent dominé par ses pr'jugés philosO|ihi(iu s. La jionsée fond/imeiitale dn livre est uni' pensée déiste et sceptique. Suivant raiiteni', la religion a pour source primitive le sentiment religieux inné dans tous les hommes, et dint les (iifférontes espôies de cultes ne sont q e les diverses formes plus ou moins fausses. D'aprôs lui, il n'y a de vrai en religion que ce sentiment, que chacun a droit de manifester h sa façon ; mais qui pi'esquo toujours a été vicié par les formes sacerdotales et artiticielles dont on l'a revêtu, l.o baron d'Kkstein, dans le tome V du Catholique, a parfaitement fait sentir tout le faible de cet ouvrage.— Benjamin Constant passa toute sa vie en dehors des affaires, et ses amis raôme n'ont jamais pensé qu'il possédât les lale'its de l'homme d'état. Ecrivain et orateur infatigable, il était peu propre à occuper un ministère ou une ambassade. On peut penser, d'après le scepticisme et la tiédeur de ses principes [)olitiqu(!S, que l'amour do la renommée fut, plus encore qu'un zèle véritable pour le bien ])ublic, le mobile de sa conduite parlementaire. Aimant les plaisirs du monde, et surtout le jeu, on assure qu'il ne vit souvent dans les entreprises de littérature et de journalisme auxquelles il prit part, qu'un moyen de se jiro'urer des ressources que ses goîits lui rendaient nécessaires. Le genre de vie qu'il menait dérangea sa fortune, et il mourut dans un état de gène dont la libéralité du pouvoir n'avait pu le faire soitir entièrement.

BEBELLUS (Ferdixaspi), jésuite portugais, né à Prado l'an i'6\~, mort en 1603, est le premier des théologiens qui a attaqué le probabdisme. Voy. (Ionzai.ez (Thyrse). 11 enseigna longtemps la jihilosophie et la tiiéologie h Evora. On a de lui un ouvrage am|)le et érudit sur les obligations de justice, d" religion et de charité.

REBOULET (Simon), historien, né à Avignon le 9 juin 1687, mort dans la môme ville on 17S2, lit de bonnes études chez les ji'suitesde sa jiatrie. 11 prit du goAt pour cet étau l'cnnbrassa, et fut obligi- de le quitter psr défaut de santé. 11 tourna alors ses études du côté de la juris[)ruilence, se fit recevoir avocat dans l'université d'.Avignon ot fréquenta assidi'lmenl W. baricau. 11 remplissa.t les fondions d'avocat et île juge a^ ec apjilaudisseinent, lorscpie des \oniiss(unenls de sang réitf'rés le coidraignirenl d'abandonner l'une et l'autre. Peu de teuijis avant sa mort, l'université d.mt il était meudjre l'honora do la charge de primioier. Une élude jikis ou moins série\isc l'occupa toute sa vie ; celle de l'histoire lui "^ervaii de dél issement. Les ouvrages que nous avons do lui

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