‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 132 sur 341 · BEL · texte numérisé non relu

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de l'âme, en allemand. On y trouve quelques idées neuves.

REINECCIUS ou REINECK (Reimer), naquit en ISil, à Steinheim, dans le diocèse de Paderborn. Il fut élève de Mélanclithoii et de Glandorp, et enseigna les belles-lettres dans les universités de Francfort et de Hclmstadt, jusqu'à sa mort arrivée, en 1595, par suite d'une chute. On a de lui : un Traité de la méthode de lire et d'étudier l'histoire : Methodus legendi hisloriam, Helmstadt, 1583 , in-fdl. : ce n'est qu'une compilation assez mal digérée ; Historia Julia, sivc syntagma heroicnm, continens historiam Chal.dœorum, Assyriorum, etc., Helmstadt, 159i-95-97, 3 vol. in-fol., ouvrage savant pour les recherches des anciennes dynasties, et rare surtout pour l'édition que nous citons ; Chronicon nierosolymitanum, in k°, peu commun ; Historia orienlalis seii de rébus in Oriente gestis a Christianis , Saracenis et Turcis , etc., Francfort, 1595 ou 1596, in-folio. Peu d'écrivains ont écrit aussi savamment que Reineccius sur l'origine des anciens peuples.

REINHARD ( François-Volkmar ), prédicateur protestant, né en 1753, à Vohenstrauss, dans le duché de Sulzbach, était fds d'un ministre qui résidait au bourg de ce nom, et qui dirigea ses études jusqu'à l'âge de 16 ans. Envoyé alors au gymnase de Ratisbonne, il passa ensuite à l'université do Wittenberg, oii il devint professeur de théologie et de phdosophie. Reinhard fut nommé premier prédicateur à la cour de Saxe, conseiller ecclésiastique et membre du consistoire suprême. Son influence dans l'administration se manifesta par des améliorations dans toutes les branches de l'enseignement scolaire et religieux. Il consentit à présider les exercices pour la |)rédication , auxquels se livraient tour à tour les membres d'une société homilétique formée sous ses auspices. Reinhard mourut à Dresde le 6 septembre 1812. Ses jirincipaux ouvrages sont : Système de la morale chrétienne, 1788- 1815, 5 vol. Les deux premiers volumes ont été réimprimés plusieurs fois. Essai sur le plan formé par le fondateur de la religion chrétienne pour le bonheur du genre humain, ouvrage qui a obtenu quatre éditions de 1701 à 1798, et dont l'idée Idndamentale avait été déjà exprimée dans une dissertation latine, qu'il avait publiée en 1780, in-4-°, sous ce titre : Consilium bene merendi de universo génère humano, ingenii supra hominem elati documentum; Sermons, 1786-1813, 39 vol. in-8°. Les quatre derniers n'ont été pubi es qu'après sa mort. Le docteur Ernest Zimmerniatin, aidé de Reinhard lui-même, a donné une Tc'jle de toutes les matières traitées dans les sermons de Reinhard , Francfort, 1812- 1822,4. vol. in-8°. J.-L. Rittera fait imprimer un semblable extrait en deux parties, Leipzig, 1813; Lettres de F.-V. Reinhard sur ses études et sa carrièrt de prédicateur , trad. de l'allemand parMonod, 1816, in-8". On trouve le catalogue raisonné d. s ouvrages de Reinhard à la suite de ses lettres. De prœstantia religionis christianœ in consolandis miseris,

Dict.de Biographie reug. IIU

trad. en allemand sous ce titre : Influence du christianisme sur l'adoucissement du malheur, parJ.-S. Fost,2' édition, 1798 ; Leçons de théologie dogmatique, 1801 ; k' édition, 1818.

REISER (Antoine), théologien [irotestant, né à Augsboiu'g, le 7 mars 1628, mort le 27 avril 1686, à Hambourg, où il était pasteur de l'église de Saint-Jacques , s'était vu persécuté, parce qu'il s'était opposé au renoncement que lit la commune de Presbourg, oh il fut d'abord pasteur , du luthéranisme pour embrasser le calvinisme. Reiser composa un assez grand nombre d'écrits théologiques , qui sont aujourd'hui oubliés; on en trouve la liste dans le Dictionnaire de Joecher. Ils n'ont fait quelque bruit dans le temps que par la •singularité du système de l'auteur, qui prétendait prouver que saint Augustin , saint Thomas d'Aquin, etc., avaient soutenu la même doctrine qu' Luther, et (|ue le docteur Launoy était un fort bon protestant. Son Joh. Launoius... testis et confessor veritatis evangelicœ... vindicatus , Amsterdam, 1685, in-4°, lui sévèrement défen lu à Paris, et la saisie en fut ordonnée par arrêt du conseil du k juin 1685. On cite encore son Index manuscriplorumbibliothecœAugustanœ, 1675, in-i° de 174 jiages.

REISKE (Jean), recteur du collège de 'Wolfenbuttel, mort en 1701, à 60 ans, publia un grand nombre d'ouvrages plus savants que méthodiques, sur /a corne d' Ammon ; sur les oracles des Sibylles, et les autres anciens oracles; sur VAssuérus d'Esther ; sur la maladie de Job ; sur les images de Jésus Christ, et sur la langue qu'il parlait ; sur les glossopètres ; une édition du Chronicon sararenicum et t\ircicum de Wolfgang Drechsier ou Dress er, avec des notes et un appendix, Leip/Jg, 1689,

I vol. in-8".

RELAND (Adrien), né à Ryp , village de Nord-Hollande, près d'Alkmaër , le 17 juillet 1676, d'un ministre de ce village, fit paraître dès son enfance des talents extraordinaires [)our les belles-lettres et pour les sciences. La chaire de philosophie de Ha derwick ayant vaqué, il y fut nommé, quoiqu'il n'edt que 2'r- ans. il la quiita ensuite pour une place de profrsseur Je langues orie:. taies et des antiquités ecclésiistiqu s à Utrccht. La petite vérole l'emporta le 5 février 1718 , à 42 ans. Ses principaux ouvrages sont : une Description de la Palestine, très-savante et très-exacte. L'auteur considère cette province dans les différents états où elle a été.

II publia cet ouvrage sous le titre de Palœstina ex monumentis veteribus illuslrata , Utrecht, 1714, 2 vol. in-i° : d a profité des observations que M. Lub avait fûtes sur les lieux , endai.t dix-sept ans; cinq Dissertations sur les médailles des anciens Hébreux, Utrecht, 1779, et plusieurs autres Dissertations sur différents sujets curieux et intéressant>, 1706-1708, » vol. iii-12 : elles décèlent une érudition profonde ; une Introduction à la grammaire hébraïque, 1710, in-S"; Antiquitates sacrœ teterum Hebrœorum , Utrecht, 1 vol. in-8% première édition , que d'autres suivirent en 1712, 1714, 1717, 1741,

in-8°. G.-J.-L.yogel. en donna une nouvelle, îvnc des augmentations, à Halle, 17G9, in-8". Cet ouvrage est écrit avec méthode , mais il est, dil Feller, jieu solide; on n'y trouve que les explications des talmudistes, presque toujours destituées de fondement. Selon M. Saint-Martin, dans la Biographie universelle de Michaud , c'est le recueil le plus complet, le plus concis et le plus méthodique qui l'xiste sur cette matière. De relif/ione muhamedicà, libri duo, Utrecht, 1703, in-8°. L'auleur en dopua, en 1717, in-8°, une nouvelle édition bien plus étendue, et ornée de quelques figuresentaille-dauce. C'est sur cette édition que David Durand traduisit l'ouvrage en françai.s, La Haye, 1721, 1 vol. in-12. On a reproché au traducteur d'avoir fait d'assez n liTibreuses suppressions, mais il a ajouté à l'œuvre originale un petit traité intitulé : Confession de foi des Mahométans, qui est tiré d'un manuscrit latin, traduit sur un origiml espagnol, écrit en caractères arabes. Le premier d 'S deux livres , dars lesquels se divise l'ouvragp deRel:m 1, contient uuabrégé delà croyance des mahométans, traduit d'un manuscrit arabe, et le second, les accusations et les reproches qu'on leur fait, et sur lesquels il entreprend tro|) légèrement de les justifier. « C'est, dit un critiipip, une de ces « apologies dont il est ifillicile de devin^'r le « but; car l'auteur n'ignorait point qu'il ne « |)ersuadQrait pas les sav mts qui connais- « sent l'Alcoran et le mahométisme à fond ; « et il semble qu'il y a tie la' mauvaise foi à « vouloir persuader les autres. » 11 demande comment, si cette religion était si absurde, tant de nations l'auraient embrassée : le mode de la prédication de Mahomet et la nature de sa doctrine répondent suiilsamment à cette question. Relaud ne faisait sans doute pas attention que sa demande justifie tout autant l'idoliUrie que le mahométisme. De spoliis templi hierosohjmitani in arcu titiano Roinœ conspicuis, Utrecht, 1716; une édition d'Epictète , pour lequel l'auteur est beaucoup tro)) prévenu ; pctri Relandi Fasli consulares ad illustrationem codicis Justinianei et Theodosiani secundum rntiones temporum digesli , etc., Utrecht, 1715, in-8°. Adrien lit d'importantes additions à cet ouvrage, qui est de son frère Pierre Reland, avocat, pensionnaire de la ville de Harlem, mort eu

REMACLE (saint), né dans l'Aquitaine, fut disciple de saint Sulpicede Bourges, puis de saint Eloi, qui l'établit premier abbé du monastère qu'il fonda à Solignac , près de Limoges. Il se vit depuis obligé de prendre le gouvernement de l'abbaye de Cougnon. Saint Arnaud ayant quitté le siège épiscojtal de Tongres, en 630, saint Remacle fut contraint d'accepter cette dignité, qui donna un nouvel éclat à ses vertus. Sigobert, roi d'Austrasie, riionora de toute sa confiance, et le saint en profita jjour l'engager à fonder deux monastères dans les Ardennes (Stavelo et Maltnédy), oïl des religieux seraient occupés à adresser dos vœux au Seigneur pour la stabiiUé et la trancpiillité da royaume. Saint

REM

Remacle en fut fait abbé en 632. La crainte de s'oublier lui-même au milieu des fonctions extérieures du ministère lui fit désirer la retraite. Il résigna son évêché à .saint Théodard, du consentement de son clergé et du roi Ch'lderic II, et alla se renfermer à Stavelo en 660 ou 661 (et non pas en 65.3), comme le prouvent les bollandistes. Sur le bruit de sa sainteté, qui se répandit de toutes parts , un grand nombre de personnes demandèrent à vivre sous sa conduite : on compte parmi ses disciples saint Théodard, saint Lambert, saint Hubert, qui occupèrent successivement son siège épiscopal, saint Tron et saint Hadelin. 11 mourut l'an 675 , dans uu âge trèsavancé.

RE>iI (saint), né dans les Gaules vers l'an 4.38 ou i39, d'une famille illustre dans les environs de Laon en Picardie , fut eucoie plus distingué par ses lumières et ses vertus , que par sa naissance. Ses grandes (jualités \ le tirent mettre sur le siège pontiLical de î Reims, à l'âge de 22 ans. Il eut beau résis- i ter, il fallut qu'il soriît de sa solitude. Ce fut lui qui b-qitisa le roi Clovis , qu'il instruisit dos maximes du christianisme , con.oinlement avec saint Goaaid de Rouen et saint Vaast.Rien n'est plus admirable que la dignité avec laquelle il jiarla à ce roi altier et victorieux, au moment qu'il courbait 1 : tète pour recevoir les eaux saciées du bai;tème : Adorez, dit-il, ee que vous are; brûlé; brûlez ce que vous avez adore' : désignant par ce contraste frappant la croix et les iJoies. « Le « nouveau Samuel, dit Bossuet, appelé pour « sacrer les rois, sacra ceux de Fiance en la « personne de Llovis, comme il dit lui-même, « pour i'ire les défenseurs de l'Eglise et des « pauvres, qid est le plus diync objet de la « royauté. Il les bénit et leurs successeurs , « qu'il appelait toujours ses enfajits, et priait « Dieu nuit etjour qu'ils persévérassent dans « la foi. Prière exaucée de Dieu , avec une « prérogative bien particulière , puisque la « France est le seul royaume de la chrétienté « qui n'ait jamais vu sur le trône que des « rois enfan;s de l'Eglise. » 11 mourut eu 533, dans la 9i' année Ue son âge. Nous avons sous son nom quatre Lettres dans la Bibliothèque des Pères. On a aussi deux Test,amenis , mais plusieurs savants doutent qu'ils soient de lui. Le P. Suisken, dans les Acta sanctorum, paraît avoir démontré que le plus ample de ces deux testaments est une pièce supposée. L'abbé Bye, savant boUandiste , a fortifié les preuves du P. Suisken d'une dissertation intitulée : Réponse aux tnémoires de M. des Roches, Bruxelles, 1780, in-8'. L'abbé Ghesquière a démontré la môme chose dans les Acta sanctorum Belgii selecla. Voy. Oudin, inSuppl.adBellarm..., pag. 113. 11 existe un graiK^ nombr^^^ de Vies de saint Rémi; on doit consulter principalement la Bibliothèque littéraire de France, la Gallia christiana et le Recueil de Godescard.

REMI (saint), grand aumônier de l'emperùur Lothiiire, succéda à Amoloa dans l'archevôehé de Lyon en 852. On croit que ce fut lui qui fit, au nom de cette église, la Ré-

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ponse aux trois Uttres cVHincmar de Reims, de Pard'de de Laon, et de Rnban de Maijence. . V |)r(''sida le condie de Valcice ea 800, se trouva à celui do Langies et à celui de Savomières, près de Toul, e'i 830, et se sig'iala dans toutes ces assemblées par un zèle peu cnmmu'i. Cet illustre prélat teruiina sa vie glorieuse en 873, après avoir fait diverses fo'K^ations. On trouve sou 11010 parmi ceux des saints dans le supplément au Martyrologe romain de Ferrari , et dans le Martyrologe de France par du Saussay ; mais il ne paraît pas qu'il ait jamais été honoré d'un cuite public. Outre la Réponse dont nous avons parlé, et dans laquelle il soutient la doctrine de saint Augustin sur la gi-,ice et sur la prédestination, nous avons de lui : Traité de la condamnation de tous les hommes par Adam, et de la délivrance de quelques-uns par Jésus-Christ : Tesh'iciion qui ne doit s'entendre que de la délivrance efficace et effective. On trouve ce traité, ainsi c(ue la réponse, dans la Ribliolhèque des Pères et dans Vindiciœ prœdestinationis, 1650, '2 vol. in-i". REMI d'AUXERRE , ainsi nommé parce qu'il était moine de Saint-Germain d'Auxerre , fut appelé à Reims vers 882 , par Foulques, archevêque de cette ville, pour y établir des écoles. 11 mourut vers l'an 908. Il eut pour raailre Henric ou Henri. Ses éludes, suivant le bon usage de ce temps-là, embrassèrent les ïciences profanes et les sciences divines. On croyait alors, ceciue les gens sages pensent encore aujourd'hui , que ces sciences bien étudiées se prêtent de mutuels secours. 11 enseigna dans l'université de Paris, et s'y acquit quelque ré|)utation. On a de lui : une Exposition de ta messe , des Commentaires sur les petits prophètes, sur les Epitres de saint Paul, sur le Gunticjue des cantiques, sur l'Apocalypse (ces deux derniei'S commentaires ont été longtemps attribués à Aimon d'Halborstadt }. Il en a aussi fait sur les Psaumes, Cologne, 1336, in-fol., et dans la Bibliothique des Pères.

REMI (JosEPH-HoNORÉ), né à Remiremont, en 1738, fut ordonné prêtre par l'évèque de Toul, qui voulut le fixer dans son diocèse ; mais, captivé par les coryphées de la secte philosophique, il vint k Paiis et se livra à la littérature. Comme ce genre de travail ne lui fournissait pas de quoi subsister, il étudia le droit et se lit recevoir avocat. Il concourut pour plusieurs prix académiques, et les maximes (ju'il eut soin de parer d'une éloquence verbiageuse et antithétique lui méritèrent les applaudissements de bien des gens. L'Eloge de Fénelon fut jugé digne d'un accessit en 1771, et celui de Michel l'Hôpital fut couronné en 1777 ; mais la faculté de théologie, offensée des paradoxes de l'auteur, flétrit ses lauriers [lar une censure bien motivée. Il se chargea ensuite de la rédaction de la partie de la jurisprudence dans la nouvelle édition de V Encyclopédie, par ordre de matières ; il rédigea le premier volume, et était assez avancé dans le second, lorsqu'il mourut le 12 juillet 1782. Outre les ouvrages dont nous avons l'ait mention, on a de lui : Le Cosmo-

politisme, 1770; Les Jo^irs, pour servir de corrcclij' aux Nuits d'Toung, 1770, oiî ij critiqua fort mal à propos cet ouvrage admirable, plein de grandes idées et de sentiments profonds , chef- tl'œuvre du genre sombie; le Code des Français, 1771, 2 vol. in-12, plusieurs Extraits dans le Mercure de France, dont il a été un des rédacteurs depuis la fin de 1778. L'abbé Rémi avait des dispositions heureuses pour réussir dans la culture des belles-lettres. Ses succès ji'auraient pas été d.outeux, sans ce niallieureux esprit philosophicjue, qui dessèche l'âme, qui éteint le sentiment et l'imagination, les deux grands ressorts de l'éloquence.

REMOND (FiiANçois), jésuite, naquit à Dijon en 1338, de Guillaume Remond, conseiller au parlement de Bourgogne, et non de Florimond de Remond , écrivain célèbre, comme quelques-uns l'ont avancé. Guillaume, magistrat zélé pour le service du roi, mourut empoisonné par les intrigues des ennemis de l'Etat. François fit d'excellentes études, et, jeune encore, il cultivait la poésie avec succès. Etant allé à Rome, il se mit sous la direction du P. Jérôme Plato, jésuite, et entra lui-même dans la société en 1380, ayant alors 22 ans. Il commença à professer à Rome en 1386. Il parait qu'il resta dans cette ville au moins jusqu'en 15!)6, et on voit que pendant cet espace de temps il prononça divers discours ou harangues, soit à l'occasion du décès de personnages considérables, soit dans d'autres circonstances. En 1398 et 1399, le P. Remond était à Padoue, et à Parme en 1600; il y fut appelé par le prince Ranucio Farnèse, diicde Parme et de Plaisance, pour commencer les exercices dans l'université que ce prince venait d'y fonder. Il revint en France et fut professeur de théologie scolastique à Bordeaux, depuis 1603 jusqu'en 16'.t9 inclusivement. Il repassa ensuite en Italie, et enseigna les saintes lettres à Mantoue. Cette ville ayant été surprise et pillée par les Impériaux , le P. Remond se dévoua au service des soldats blessés ou malades pour leur administrer les secours spirituels. Il gagna la peste dans l'exercice de sa charité, et mourut le 14 novembre 1631. On a du P. Remond : Orationes XXI, eleqiœ VIII, epigrammatum libri II, Lyon, iCÔo, in-12; Pont-à-Mousson, 1603, in-16 ; Ingolstadt, 1607, in-12 ; Paris, 1613, in-S-; Epigrammata et orationes XII, Cologne, 1605 et l(i06; Anvers, 1607, in-12; Genève, 1607, in-8'\ Une partie de ses poésies ont été insérées dans les Dciiciœ poetarum gallorum de Gruter. Carmina et orationes novat, Ingolstadt, 1615, in-12, et dans plusieurs autres lieux. Une partie se trouve dans les Epigrammata selécta , Pont-à-Mousson , 1615, in-12. Poemata et XXI orationes ; Epigrammat. libri II ; Elrgiœ VIII de divinis amoribus ; Alexias elegiœ septem. L'auteur, dans ce dernier ouvrage, introduit l'épouse abandonnée de saint Alexis, exprimant ses plaintes et ses douloureux regrets sur sa fuite. CoUetet , père du poëte du môme nom ridiculisé par Boileau, et meilleur poëte quQ

REM

son fils, •! traduit VAlerinde en vers, sous le titre do' D£'!espoir amoureux ; « expression « trop libre, peut-être, pour une âme si (16- « vole, » dit l'abbé de M woll-s, qui, à propos du môme ponmc, n'ln'site point h proclamer le P. Remond \'Or>(le chrétien. Panegi/ricw orationes XV in laudctn sanrti Jgnatii et sancli Francisci Xnverii, etc., Plaisance, 162C , in-V° ; Orniiones in funere Matthœi Contarelli , Constantli Sarnani et Philippi Guaslarillœi , cnrdiiialiuin, (hns les Orationes funèbres, Hanovre, 1613, m-k\

REMOND (Florimond de). Voy. Florimond

et IhCHEOME.

REVIONDINI (Balthasar-Marie), évèque de Zante et de Céphalonie, naquit à Bassano, dans l'Etat de Venise, le li août 1G98, d'une famille noble et qui s'était distinguée dans les premières places de la magistrature. 11 étudia les lettres grecques et latines dans le séminaire de Padoue. Après ces études préparatoires, il suivit les leçons des plus célèbres professeurs de droit civil et canonique de l'université de cette ville, et y prit le bonnet de docteur. De là il passa à A'icence. Le séminaire épiscopal était mal doté et dénué de maîtres. Remondini se chargea d'}' professer gratuitement l'éloquence ; ce qu il fit depuis l'an l~2:i jusqu'en 1729. Ayant été ordonné prêtre, il retourna à Bassano, et y enseigna la théologie à de jeunes clercs ses compatriotes. Le désir de se perfectionner dans les sciences lui fit entreprendre le voyage de Rome. Sa réputation l'y avait devancé. Le 26 février 1736 , Clément XII, instruit de son mérite, le nomma aux sièges unis de Zante et de Céphalonie. Il prit possession de son évôché le 8 février 1737. Des tremblements de terre avaient presque entièrement détruitson église cathédrale : il la reconstruisit , l'enrichit d'ornements précieux, en accrut les revenus, ra])pL'la les chanoines que la ruine de l'église avait dispersés , et rétablit l'office canonial. On manquait d'un séminaire pour la jeunesse qui se destinait à l'état ecclésiastique : il Y pourvut h ses propres frais, et avança les fonds pour des places gratuites en faveur de ceux qui n'avaient pas de fortune. Rien n'échappait h sa sollicitude pastorale. En 1717, il fit le voyage de Rome : il y fut accueilli par Benoît XIV avec la bienveillance et l'estime dues à ses services. Ce pontife offrit à Remondini un évèché dans les Etats romains. L'évêque de Zante, attaché à une église où il avait fait tant de bien, n'accepta pas cette offre brillante. Après avoir passé ensuite quelques jours dans sa |)alrie, il retourna ;\ Zante, où il continua de donner rexem[)le de toutes les vertus épiscO|)ales. Il y mourut saintement le 5 octobre 1777, âgé de 79 ans. La multitude de ses occupations ne l'empêchait pas de cultiver les saintes lettres. Il avait une bibliothèque nombreuse, choisie et riche en manuscrits grecs. Il en détacha quelques-uns des plus précieux, qu'il fil passer à Rome sous les pontificats de Clément XII et de Benoit XIV, pour augmenter la collection de la bibliothèaue vaticane.

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