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du conseil du roi, du 31 juillet, créa une commission pour la réforme des ordres religieux, l'abbé Uiballier en fut nommé membre, et chargé de différents travaux relatifs à cet objet. Il les entreprit; mais les vues dans lesquelles ils étaient ordonnés ne permirent pas à Uiballier de faire le bien qu'il désirait. On a de l'abbé Uiballier : Lettre à l'auteur du Cas de conscience sur la réforme des réguliers,

1768, in- 12; Essai historique et critique sur les privilèges et exemptions des réguliers,

1769, in-12; Lettres d'un docteur à un de ses amis au sujet de Bélisaire, 1768, in-12. Cet ouvrage de Marmontel, imprimé avec approbation et privilège obtenus un peu par surprise {Voy. Mémoires de Marmontel, tom. III, p. 55sqq.), avait jiaru dangereux à cause du chapitre 13, où se trouvaient des propositions rèpréhensibles. Le 2 mars 176"7, l'abbé Riballier, en sa qualité de syndic, le dénonça à la faculté de théologie, qui nomma pour l'examiner une commission dont lui-même faisait partie. Néanmoins, avant de procédera la censure, on crut devoir user de ménagements. Il y eut chez l'archevêque de Paris (de Beaumont), des pourparlers avec l'auteur. Comme il n'en résulta rien, la censure de la feculté parut le 26 juin suivant. Il n'en fallait pas tant pour émouvoir la bile de Voltaire. Il bafoua la censure et la Sorbonne dans une foule de libelles qui se succédaient rapidement et circulaient dans la capitale. 11 s'y vengeait du syndic qui avait présidé la commission, par d'indécentes boulfonneries, par de basses allusions à son nom, par des injures grossières dignes des halles. L'abbé Riballier répondit par des raisons. Il n'en fut attaqué que plus vivement. Il se tut, et c'était le seul parti à prendre. Il eut d'autres affaires à débattre. En 1768, on soumit à son examen des Thèses qui avaient été soutenues en pays étranger ; il s'y trouvait des expressions dures et des principes qui lui parurent avoir besoin d'être modifiés. Il s'en expliqua dans des notes remplies de modération. Un parti qui voulait trouver dans ces thèses un appui pour ses propres opinions fut ijiécontent des notes et les critiqua. Les docteurs Riballier et Le Grand répondirent à la critique par une lettre imprimée en 1769. Cette lettre ne demeura pas sans réplique, et elle fut suivie de deux autres du 15 janvier et du 12 septembre 1770, dans lesquelles les deux docteurs démontraient laditîérencequ'il y avait entre les sentiments des augustiniens d'Italie, et ceux des appelants français. Un procès entre le chapitre de Cahors et les curés de cette ville donna lieu à un autre différend, dans lequel l'abbé Riballier se trouva, impliqué. Les curés de Cahors avaient mis en avant la prétention l'être de droit divin, et d'avoir succédé dans l'ordre hiérarchique aux 72 disciples. Ils faisaient dériver de là des prérogatives qui choquaient les chanoines. Ceux-ci traitèrent leurs prétentions de chimériques ; les curés les soutinrent, et rédigèrent à l'appui un mémoire qu'ils envoyèrent en Sorbonne. Deux docteurs, Xaupi et Billette, dounèrent droit aux curés. Les

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abbés Riballier et Le Grand, dans une autre consultation du 11 avril 1772, en ne refusant

S oint de reconnaître que les curés sont de roit divin, trouvèrent néanmoins que leurs prétentions étaient exagérées. La question fut portée à la faculté de théologie assemblée. Elle blûma la première consultation, et celle des docteurs Hiballier et Le Grand fut maintenue. L'abbé Riballier a eu des ennemis. 11 dut en avoir parmi les jibilosophes du jour, [larce qu'il combattait leur doctrine, et s'opposait à sa propagation. 11 en eut aussi dans le parti qui refusait de se soumettre aux décisions de l'Eglise , parce qu'il en maintenait l'autorité de tout son pouvoir ; mais il était généralement estimé dans le clergé, et il le méritait. Il avait du talent, du savoir et les qualités convenables aux places qu'il occupait; il en remplissait les devoirs avec exactitude et dignité. A un caractère doux et facile il joignait de l'aménité dans les manières. Il était ennemi des voies rigoureuses et de l'éclat, et, autant qu'il était en lui, il les évitait. C'était, en un mot, un homme de mérite, et qui n'emprunte point, quoi qu'en dise le Dictionnaire universel, sa célébrité de celle du Bélisaire. L'abbé Riballier mourut en 1785.

RIBAS Y CARASQUILLAS (Jeax de), prédicateur de l'ordre de Saint-Dominique, naquit en 1612, à Cordoue, et y mourut en 1087, à 75 ans, après avoir enseigné longtemps la philosophie et la théologie. C'est lui qui est auteur du fameux livre intitulé : Tcatrojesuitico, apologetico discurso, con saludablcs y seguras dotrinas ncccsarias a los principes y scnores de la tierra, Coimbre, 1654-, in-i', de 176 p., et noipasdon Ildefonse de Saint-Thomas, dominicain et évèque de Malaga , à qui on l'avait d'abord attribué, et qui le désavoua. C'est un recueil intéressant pour les ennemis des jésuites. On a encore du Père de Ribas plusieurs autres écrits contre la société. RIBERA ou RIBEIRA (François de), pieux et savant jésuite, né l'an 1514 à Villacastin, dans le territoire de Ségovie en Espagne, étudia dans l'université de Salamanque, et y apprit les langues et la théologie. 11 entra prêtre chez les Jésuites , à l'âge de 33 ans. Il enseigna avec succès k Salamanque , où il mourut en 1591, aimé et estimé. On a de lui : de bons Commentaires sur les douze petits Prophètes, Cologne, 1599, in-folio ; — sur l'Evangile de saint Jean, Lyon, 1623, in-fol. ; — sur TEpître aux Hébreux , Cologne , 1600 , in-8°; — sur l'Apocalypse, Anvers, 1603, in-8°; un Traité du Temple de Salomon, avec le précédent; la Vie de sainte Thérèse, Cologne , 1620, in-8°. 11 avait été pendant quelque temps son directeur.

RIBEYRE (Paul de) , évêque et seigneur de Saint-Flour (Haute-Auvergne), naquit en 1692, à Clermont-Ferrand, dans la basse Auvergne, d'une des plus anciennes familles de la province. Peu touché des honneurs que sa haute naissance lui promettait dans le monde, il embrassa l'état ecclésiastique , et dt^à il était chanoine au chapitre cathédral de Clermout, lorsque Massillon vint illustrer le siège . DiCT. DE Biographie reug. III.

épiscopal de cette ville. Ce prélat eut bientôt apprécié les rares dispositions de l'abbé de Ribeyre, et le nomma son grand-vicaire et officiai. Le trait suivant prouvera l'estime que Massillon faisait de lui. L'évcque de Llermont avait envoyé, de sa maison de campagne, h l'abbé de Ribeyre, un mandement pour le faire imprimer. Celui-ci le lut, y fit quelques observations critiques et le soumit à la révision de l'illustre auteur, qui reconnut fondée la sévérité de son grand-vicaire, et lui écrivit : Je vous envoie, mon cher abbé , mon thème corrigé. Ribeyre fut bientôt nommé au siège de Saint-Flour, et il fut sacré évèque le 7 août 17V2. Une profonde ignorance et une grande misère pesaient sur le peuple qu'il était appelé à administrer. Des missionnaires, pleins de lumière et de zèle, allèrent porter partout la parole de vie, et le nouveau prélat fit paraître un code de statuts synodaux, que le premier sénat du royaume revêtit du sceau de son approbation. Tout en s'occupant de réprimer ou de prévenir des abus, le sage évèque pourvoyait aux besoins de ses diocésains : il réussit à détourner une famine atfreuse dont la haute Auvergne était menacée. Un vaste hôpital fut créé par ses soins, ainsi qu'un magnifique couvent et un grand séminaire. Des routes et des places furent ouvertes, et les nécessiteux reçurent chaque année d'abondantes aumônes. Sa fortune ne pouvant suffire à l'excès de sa charité, il se dépouilla de son mobilier liour le donner aux pauvres. Aussi, lors- (lu'après trente-cinq années d'épiscopat, ce digne évêque rendit le dernier soupir, les regrets qu'inspira sa mort furent universels. La ville reconnaissante de Saint-Flour fit placer ses armes sur sa porte d'entrée , qui fut nommée Porte-Ribeyre , et au-dessus de laquelle fut gravée cette inscription , que fournit le poète du Belloy :

De Ribeyre en ces lieux tu vois le moindre ouvrage : Compter nos nionumenl's, c'est compter ses bienfaits. De l'église et du pauvre il accroît 1 liérilage. Et lègue à ses paienis les heureux qu'il a'faiis.

La tourmente révolutionnaire a détruit ce que la Porte-Ribeyre avait de monumental : il ne reste plus que les deux pilastres.

RIBIÉ ou RiiiiER ( César ), né à Lyon en 1762, entra au séminaire de Saint-Irénée de cette ville. Lorsqu'il eut reçu les oi-dres , il fut chargé du soin de la paroisse de Farnay, annexe de Saint-Paul-en-Jarre(s, où il se fit chérir des habitants par son zèle pour le salut des âmes et son excessive charité. Ayant refusé le serment ordonné par la constitiition civile du clergé, il éprouva quelques persécutions, et fut môme renfermé à Saint-Paul; mais bientôt mis en liberté, il se retira à Lyoi, puis il fut contraint de s'cxjjatrier. Pe dant son exil, il chercha à acquérii' quelques connaissances en médecine, espérant que cette étude lui faciliterait les moyens, en rendant la santé aux corps, de procurer le saiul des âmes. En 1795 il revint ù Lyon, et fut désigné jiour remplir les fonctions de sécrétai/ e du ■ conseil de l'archevêché, qui était alors gou-

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verné par les vicaires-généraux en l'absence d.' rarchevêque, M. de Marbeul'. Une nouvelle organisation ayant eu lieu dans le diocèse, e!i 1802, il devint vicaire à Saint-Nizier, une des plus importantes paroisses de Lyon. En 1807, il fut nommé curé à Lai-ajasse, petite paroisse située dans les montagnes du Lyonnais. Dans les dernières années de sa vie, M. Dévie, nommé évèque de Belley, qui l'honorait d'une amitié particulière, voulut se l'attacher en qualité de son premier vicaire-général; mais il céda aux prières de ses paroissiens, qui le regardaient comme un père, et il resta au milieu d'eux. Ce vénérable pasteur leur fut enlevé le H mai 1826. Une Notice sur sa vie a été imprimée en 1826, in-8". Son humilité ne lui a pas permis de rien faire imprimer pendant sa vie; mais on a publié après sa mort -.Le paradis sur la terre, ou Le Chrétien dans le ciel par ses actions; Méditations sur l'amour de Dieu pour tous les jours de deux mois, sur la communion, pour entendre la sainte messe, et divers autres exercices en forme de méditations, précédé d'un Abrégé de sa rie, Lyon, 1827, in-18; 2' édition, 1828, avec son portrait; ouvrage qui a obtenu le plus grand succès, et qui convient à toute espèce de personnes, jarce que ce sont des sujets détachés qui Jorment la matière d'amjjles réllexions pour celui qui veut entrer dans la vie spirituelle; Conférences et sermons , suivis d'Avis et d'une Retraite de trois jours pour les premières communions, et d'un Plan de retraite pour les religieuses, Lyon, 1823, 1 vol. in-12. Il laissait, en manuscrit, un grand nombre de Sermons et d'Instructions familières.

RICAllD (Dominique), littérateurdistingué, né à Toulouse le 23 mars 1741, entra de bonne heure dans la congrégation des doctrinaires, et professa avec distinction au collège d'Auxerre. il vint ensuite à Paris, et s'y chargea de Féducation du lils du président de Meslay. L'abbé Ricard était très-versé dans la langue grecque; il s'occupa, pendant son séjour dans la caintale, de donner au public' une noavQWtiTraduction des œuvres complètes de Plutarque, et il consacra le reste de sa vie à ci; travail. Il mourut à Paris, le 28 janvier 1803, à l'âge de 62 ans. On lui doit les traductions suivantes : Vies des hornmes t7/H.s(res, dont il n'a pu donner que 4. vol. in-12, 1798 : la suite a été publiée avec une Notice sur l'abbé Rii'ard, en tout 13 vol.; OKuvres morales, en 17 vol. in-12, depuis 1783 jusqu'en 1793, en tout 30 vol. in-12. Il existait déjà une Traduction de Plutarque jarAmyol. L'abbé Ricard pensa que le style de 'ancien traducteur ayant vieilli, cette traduction ne pouvait è\rc lue que par les gens de lettrcîs à peu près seuls capables de sentir encore les ciiariues de son vieux langage. Celle de l'abbé Ricard, quoique bonne, ne peut faire oublier celle de rinter[)rète si simple et si naif du philosophe de Chéronée. Mais les notes qui accompagnent la nouvelle traduction so it savantes, et seront consultées avec fruit. Ricard a encore publié : {.a sphère, poëme en huit chants, qui con-

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tient les éléments des deux sphères, 1796, in-8% enrichi de notes et d'une notice des poèmes grecs qui traitent de quelques parties de l'astronomie. Mais Ricard avait peu de talent pour la poésie didactique. Ce fut lui qui créa, en i'àdt, lu Journal de la religion cl du culte catholique, qui parut depuis sous le tilvad' Annales philosophiques, morales et littéraires.Onlui doit aussi la imblica lion des Traités sur la superstition et sur l'enthousiasme , ouvrages posthumes de l'abbé Pluquet, que l'éditeur a fait précéder d'une Notice sur cet auteur. Enfin l'abbé Ricard a laissé en manuscrit plusieurs traductions en grec et en latin, et quelques opuscules en vers ou en prose, Tiotamraent un Voyage en Suisse, contrée qu'il avait visitée, en il8k, avec le président de Meslay. Ce Voyage est rédigé en forme de lettres. «On y trouve, dit M. Ville- « nave, qui a été son ami intime, d'agréables « tableaux des sites les plus pittoresques de « l'Helvétie , et des notions satisfaisantes « sur le gouvernement , les lois , les mœurs « et les coutumes de ses habitants. » Il conserva dans la capitale toute la pureté des mœurs qui l'avait rendu, ainsi que ses talents, cher aux religieux ses confrères, et il se lit également remarquer par sa modestie et sa bienfaisance. Il était particulièrement lié avec Mably, Barthélémy, Dussaulx, Auger, Larcher, Pluquet, Garnier, Sicard, Dacier et M. Pastoret. Une place semblait l'attendre à l'académie des belles-lettres eu 1785, après la mort de Burigny ; ses amis le déterminèrent à se présenter pour la remplir, mais il ne fut point élu.

RICCI (Matthieu), jésuite et fondateur de la mission de la Chine , né à Macerata en 1352, passa aux Indes, acheva sa théologie à Goa en 1578, et y enseignai la rhétorique. Ses supérieurs l'ayant destiné aux missions de la Chine, il apprit la langue du i^ays, et ne négligea point les mathématiques, qu'il avait étudiées à Rome sous le savant Clavius. Après bien des traverses, il arriva à Pékin, et y fut reçu avec distinction par l'empereur Vanli. Ricci n'oublia rien pour le reu'lre favorable à la prédication de l'Evangile. Parmi diverses curiosités d'Europe que le Père lui présenta, il fut si touché de tpielques tableaux du Sauveur et de la sainte Vierge, qu'il les lit placiT daiis un lieu élevé de son palais, pour y être honoiés. L'empereur lui ayant iiemandé une Carte géographique, il évita de choquer les idées d'un peuple ignorant et vain, qui croit que la Chine est au milieu du monde, et disposa la carte de façon que la Chine se trouva réellement placée au mdieu. Après des peines infinies et une longue patience, il parvint à bâtir une église, et à jeter les fondements d'une chrétienté qui devint très-llorissante. Cet homme illustre mourut à Pékin en 1610, à 58 ans. 11 laissa des Mémoires curieux .sur la Chine, dont le Père Trigault s'est servi pour écrire ^on ouvrage : De christiana expedilione apud Sinas, Cologne, loS-i', iii-S". Le Père Doi léans, ji'suite, qui a donné 1693, in-12, la Vie de Ricci, rapporte que ce Père composa d'<ibord pour

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les Chinois un petit catéchisme, « où il ne « mit presque, tlit-il, que les points do la « morale et de la roliginn naturelle les |)lus « conformes à la religion chrétienne. » Les esprits étant ainsi favorahlenient disposés, il eut moins de peine à leur l'aire adoiiter la croyance des mystères. C'est ainsi (|ue de tout t> mps le zèle des hommes vraiment apostoliques a toujours été accompagné de prudence et d'une sainte industrie. Le Père Ricci est le (iremier Européen qui ait écrit des ouvrages en langue chinoise ; ils sont au nombre de quinze, dont nous citerons les suivants : La véritable doctrine de Dieu; Les six premiers livres d'Eiiclidi; ; Arithmctifjue pratique, en 11 livres; Géométrie pratique ; Explication de la sphère terrestre et céleste, etc.

lUCCI (Bakthki.emi), jésuite, né à Chàteau- Ficard, dans la Marclie d'Ancùne, entra dans la SOI iété en lj(i6, et fut pendant vingt ans maître des novices à Noie et à Rome, puis provincial en Sicile. Il mourut à Rome, le 12 janvier 1G13, laissant quehfues ouvrages : Vita Jesu Cliristi, ex verbis Evangeliorum in ipsisinet concinnata, Rome, 1609, in-i", avec 160 planches ; Triumplius Jesu Christi, Anvers, 1608, in-8°, avec les tigures de tous les martyrs qui ont été crucitiés après Jésus- Christ, gravés [lar Adrien Collaërt ; Monotessaron evangelicon. — Un autre Barthélemi Ricci, ou Riccio, né à Lugo dans la Romagne, en IWO, mort en 1369, se distingua comme latiniste, et laissa quelques ouviaiîes estimés, relatifs en partie à l'étude de la langue latine.

RICCI (Lal'rext), jésuite, né à Florence le 2 aoilt 1703, d'une famille distuiguée, l'ut élu général le 21 mai 17o8. Le plus grand événement de son généralat fut la destruction de son ordre. Les j suites ayant été chassés de Portugal en 1739, le furent quelques années après de France, dEsjiagne et de Naples. Les ministres des cours de Rourhon se réunirent poiu' en demander l'exliiiclion totale au pape Clément XIV. Ce pontife signa le bref (|ui supprimait la compagnie de Jésus, en date du 21 juillet 1773. (Voyez Clément XIV et VAmi de la rcliçiion, tom. XVII, pag. 241 et 273.) On transféra l'ex-général Ricci, .accomnagné de ses assistants et de plusieurs autres jésuites, au château Saint-Ange, après lui avoir fait signer une lettre circulaire à tous les miss onnaires de son ordre pour leur en apprendre la suppression. L'explication de ces événements, d(! leurs causes, et de leurs elfets , dit Feller , n'appartient pas à ce siècle; la postérité verra tout cela d'une manièie plus calme et plus sûre. Cependant un voyageur philosophe, qui juge avec beaucoup d'imiiartialité, a cru pouvoir se permettre les réflexions suivantes : « De '< ces siècles oii la cour de Rome parut soun vent abuser de son autorité, je passe à des « temps où elle n'est plus ocim:>ée qu'à j)arer « les traits qu'on lui lance. Elle' ne commande « plus; elle ne fait qu'obéir. Les demandes «des souverains sont des ordres pour elle. « les sollicitations la font plier, les menaces K l'intimident et l'elîrayent ; elle recule à

« pas de géant, tandis que son intérêt lui « conseille, le devoir même lui ordonne de « se roidir contre les obstacles , et d'avan- « cer. Si elle paraît de tem|)s en temps re- « prendre son ancienne vigueur, ce n'est or- « dinairement que pour montrer bientôt plus « de faiblesse, et tomber avec plus d'éclat « dans une situation qui excite la pitié : elle « n'entend autour d'elle que le frémissement « des passions les plus violentes. Fatiguée, « elle iirenddes résolutions extrêmes, et qui « semblent inspirées par le désespoir. Pri- « vée d'une partie de sns ressources, elle « nose faire usage de l'autre, et se range « quelquefois du côté de ceux qui la détes- « tent et la combattent, tandis qu'en même « temps elle repousse ceux qui l'aiment et qui « la soutiennent. Armée du glaive, elle s'a- « vance avec une contenance hère pour con- « sommer un sacrifice qui étonne l'univers. « Sur un autel élevé par des mains enne- « mies, elle immole des victimes dont elle « n'i,y,nore pas le prix, et qui n'auraient ja- « mais dû tomber sous ses coups. » Discours sur l'histoire, etc., par le comte d'Albon. Ricci mourut dans sa prison le 2.'i. novembre 1775. Il signa, peu de temps avant sa mort, une espèce de Mémoire, qu'on rendit public, conformément à ses intentions. Il y firotestait, 1° que la compagnie de Jésus n'avait donné aucun lieu à sa suppression, et qu'il le déclarait en qualité de supérieur bien informé de ce qui se passait dans son corps ; 2° qu'en son particulier , il ne croyait pas avoir mérité l'emprisonnement et les duretés qui avaient suivi l'extinction de son ordre ; 3° entin qu'il pardonnait sincèrement à tous ceux qui l'avaient tourmenté et aflligé, d'aliord par les alfronts faits à ses confrères, et ensuite par les atteintes portées h sa propre réputation. Un grand évêque, le plus éloquent prédicateur qu'eût alors la France, en prêchant peu de temps après la supj)ression de cet ordre devant une des plus illustres assemblées du monde, n'a pas fait dilliculté de s'exprimer en ces termes : « Si une société « faneuse par le crédit et la confiance dont « elle avait joui si longtemps auprès des « pontifes et des rois, et par les services « qu'elle avait rendus fi la religion et aux let- « très (car quelle considération pourait em- « pocher les âmes sensibles de rendre ce « témoignage à des hommes malheureux?) « si cette société a été la victime , etc. >> Oraison funèbre de Louis XV, par M. de Reauvais, évèque de Senez. Caraccioli, auteur extrêmement fécond en brochures de tous les genres , a donné la Vie du Père Ricci, froide et incohérente compilation de gazettes.

RICCI (Scipion), évêque de Pistoie et de Pralo, né à Florence en 1711, était neveu du précèdent, et fut élevé au séminaire Romain. Nommé auditeur du nonce à Florence, puis vicaire général de l'archevêque Incontri, qui occupait le siège de la m"^me vill ', Scipion Ricci fut pi'omu lui-même îi l'évèché de Pisloio en 1780. Fauteur des réformes intro- . duites dans les Etats autrichiens par rempçf

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reur Joseph II, ot pnr suite dans le grandduché de Toscane", il fut longtemps eu oppcisition avec le s inl-sié^'e, cjui, autant que les circonstances le permettaient, re[)oussait ses dangereuses innovations. Il devint le conseil de Léo;)0ld II, grand-duc de Toscane et frère de l'empereur. On vit dès lors le goavernement se mêler des affaires ecclésiastiques, vouloir régler le culte et les cérémonies , et s'emparer de l'enseignement spirituel. On faisait composer des catéchismes sans consulter les évèques ; on établissait dans les écoles de théologie des professeurs imbus des doctrines qu'on voulait' accréditer. Le 18 septembre 1786 , conformément aux désirs du grand-duc, Ricci ouvrit à Pistoie un synode pour procéder régulièrement aux reformes qu'on voulait faire. Il s'en fallait bien qu'elles fussent du goût de la majorité de son clergé; mais la nouvelle théologie avait pénétré dans l'université de Pavie. On fit venir de cette ville Tamburini, qui avait été privé de sa chaire par le cardinal Molino, évèquc de Pavie, pour une dissertation où il établissait la doctrine janséniste sur la grAce. Ricci le lit promoteur de son synode, quoiqu'il n'eût pas môme le droit d'y assister. Il y joua le piincipal rôle, aidé d'ecclésiastiques partageant ses idées, qu'on avait eu soin de lui adjoindre. On y adopta la doctrine des appelants français. On y consacra le système de Bains et de Quesnel sur les deux amours , sur l'efficacité de la grâce et l'inutilité de la crainte; en un mot, sur les dogmes que l'Eglise repousse depuis le commencement de ces disputes. L'année suivante, une seconde assemblée se tint à Florence le 2.3 avril, par ordre du grand-duc; elle était composée de tous les évêques de Toscane. Elle fut loin de se terminer au gré de Ricci, comme la première : non-seulement il y trouva de l'opijosition de la part de la majorité des évêques , mais encore il fut ohii^é de la dissoudre le 5 juin, après dixneul sessions. Pendant sa durée, une sédition s'était élevée contre lui dans le diocèse de Prato : on avait renversé et brûlé son trône épiscopal et ses armoiries, après avoir enlevé de son palais et de son séminaire les livres et les papiers qui s'y trouvaient. On fut obligé d'envoyer des "troupes à Prato pour y rétablir l'ordre. Néann)oins, malgré ces écliecs, Ricci, soutenu par le grand-duc, n'abandonna pas ses plans. A son instigation, de nouveaux, édits en leur faveur, et calqués sur ceux de Vienne, se succédaient. Un événement, auquel on ne s'attendait pas, vint mettre lin <\ ces funestes innovations : la mort de l'empereur Joseph II , en 17'.)0, lit monter Léopold sur le trône impérial. Il i)araît que la conduite de ce prince dans ce qui s'était passé tenait moins à ses propres oninions qu'au désir de ne point contrarier les projets de son fi'ère. Après son départ de l'oscane, tout, sous le ra|)port religieux, y rentra dans l'ordre. Une nouvelle émeute , qui eut lieu à Pistoie, contre Ricci, l'obligea ce fuir, et le détermina à donner sa démission. Pic VI, en 1791., condamna par la bulle

Aucioremfiâeih doclrine établiedafiSle concile de Pistoie. Cette condamnation ne sufiit pas j>our ouvrir les yeux à Ricci. Plus tard, en 1799 , il subit un emprisonnement pour s'être déclaré en faveur des décrets do l'assemblée constituante et des Français qui avaient occupé la Toscane. Rendu à la liberté, il persista dans ses erreurs. Ce ne fut qu'en 1805 qu'il revint sur ses pas. Pie Vil passait par Florence, en revenant de France : l'heure du repentir était arrivée ; l'ancien évêque de Pistoie vit le saint-père et lui remit une déclaration portant qu'il recevait les constitutions apostoliques contre Baïus, Jansénius et Quesnel , et notamment la bulle Auctorem fidei , qui condamnait son synode. Cet évoque mourut le 27 janvier 1810. On a de lui quelques Instructions pastorales, tendant à appuyer ses prétendues réformes. On lit dans le Dictionnaire universel de Prudhomme que Ricci ne se rétracta point , et on en fait pour lui un sujet d'éloges. Son retour à de meilleurs sentiments est un fait positif, et nous croyons le louer mieux en affirmant sa rétractation et sa soumission aux lois de l'Eglise. En 182i on a publié à Bruxelles un ouvrage intitulé : l'ie et Mémoires de Scipion Ricci, par de Potter, 4 vol. in-8°. 11 a été réimprimé en 1825 à Paris chez les frères Baudouin ; cette édition, qui est mutilée, a été publiée par l'abbé Grégoire et le comte Lanjuinais.

RICCI ARDI (Antoine), philosophe et rhéteur, natif de Brescia , mort en 1610 à Asola, où il occupait une chaire de professeur, est auteur de plusieurs ouvrages : un Traité des Anges; une Histoire de la ville d' Asola; un livre Sur l'excellence et l'ancienneté des langues, où il prétend que la langue cimbrique, parlée encore aujourd'hui dans le Jutland, en Danemark, est i)lus ancienne que l'hébreu ; Commentaria symbolica explicantia arcana pêne infinita ad mysticam naturalem atlinentia, 2 vol. in-folio.

RICCIOLI (Jean-Baptiste), jésuite, néà Ferrare en 1598, professa avec succès la théologie à Parme et à Bologne. Il se fit unnom par ses connaissances astronomiques et mathématiques. Ses principaux ouvrages sont : Geographiœ hydrographiœ libri XII, Bologne, 1661, et Venise, 1672. Ce livre peut servir à ceux qui veulent travailler à fond sur la géographie; mais il faut prendre garde, en le lisant, aux inexactitudes qui, dans le temps où écrivait l'auteur, étaient inévitables ;C/i»-onologia reformata , Bologne, 1669. in-folio : livre où l'on trouve des choses communes, avec d'autres utiles et savantes ; Ahiiagestum novum, astronomiam vetercm novamque complectens , tribus tomis distinctum, BolO'^ne , 1 551 ,in-fol. : Iruit d'une étude profonde de l'astronomie, et un des traités les plus complets que nous ayons sur cette science ; ceux qui ont eu le plus de succès dans ce siècle ne l'ont pas fait oublier. Il y a des fautes et des erreurs, ajoute Feller," mais peut-être en jilus petit nombre qwe dans les ouvrages les plus modernes. C'est la grande réputation de Riccioli et la considération qu'avaieut

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