RIT
des missions dans les Calabrcs ; ses longs et fructueuï travaux lui ont fait donner le titre iTapôtre île cette contrée. Le P. Ripoli fut unanimement élu supérieur-général de sa congrégition le 29 juin 1832. En 1837 il fut nommé évoque de Potenza : mais son humilité lui fit refuser cette dignité. Le P. Ripoli est mort à Nocera, près Naples, le 18 février 18.50. Le roi et la famille royale rendirent hommage à sa haute vertu, en allant le visiter dans sa dernière maladie.
RIPPERDA (JEAN-GLiLLAiMEjduc DE),d'une famille noble de la province deGroningue, et d'origine espagnole, servit quelque temps les états-généraux en qualité de colonel d'infanterie. Il était revêtu de ce grade, lorsqu'il fut nommé, en 1715, ambassadeur de Hollande à la cour d'Espagne. Son esprit adroit et insinuant ayant plu à Philippe V, il se lîxa à la cour de Madrid en 1718, et y parvint bientôt au faîte de la grandeur. On lui confia le détail de la guerre, de la marine, des finances. Enfin, il eut le pouvoir de premier ministre sans en avoir le titre. Disgracié en 1726, il fut renfermé au château de Ségovie. Il y resta jusqu'au 2 septembre 1728, qu'il trouva le moyen de s'évader en Portugal. De là il passa en Angleterre et ensuite en Hollande, où il connut l'ambassadeur de Maroc, qui l'engagea à se rendre auprès de Muley Abdallah, son souverain. 11 se fit circoncire, prit le nom û'Osman, et affecta un grand zèle pour la religion mahométane. Cependant il méditait un nouveau système de religion, qu'il comptait faire goûter au peuple. Il prétendait que les chrétiens, les inahométans et les Juifs avaient été jusqu'alors dans une erreur presque égale ; les premiers en attribuant trop à Jésus-Christ, les seconds à Mahomet, et les derniers en n'attribuant rien à l'un ni à l'autre. Selon son système, le Messie est encore avenir. Voilà du moins ce que raconte l'abbé Prévôt, dans le tome I" de son Pour et contre. Ripperda fut obligé de quitter Maroc en 173i, également méprisé des mahométans et des chrétiens. Il mourut à Tétuan en 1737. La Vie de Ri|iperda a été publiée en français, en espagnol et en anglais, par trois ditt'érents auteurs.
RISBECKI ou RIESRECK (Gaspard), né en 17,o0, à Hoechst près de Francfort, eut pour père un négociant assez riche, qui l'envoya dans cette dernière ville pour s'y appliquer au droit; mais une imagination brûlante et un caractère impétueux rendirent le jeune Risbecki peu propre à l'étude des lois. A cette époque régnait en Allemagne une secte dont les principes dangereux n'ont formé que trop de prosélytes : elle s'appelait la Secte des génies par excellence (Das Genie-wesen). Ses principes fondamentaux étaient le mépris souverain des convenances sociales , l'éloignement pour toute affaire quelconque. Ses partisans regardaient comme au - dessous d'eux les emplois, les engagements iiolitiques, les fonctions qui exi:.'ent un travail suivi : enfin la liberté était l'idole chimérique '({u'ils encensaient, et à laquelle ils sacriliaient toutes les réalités. Risbecki ne fut point
quuiiuuvuuL-u écrire ;u ropanuu les mômes ireurs contre les prêtres elles catholiques en énéral, dans son Voyage d'Allemagne, trauit en français, Paris, 1788, 3 vol. in-S".
des derniers à se rendre auprès de ces nouveaux Diogènes ; mais il dissipa en peu de temps le bien dont il avait hérité, et se vit réduit, pour subsister, à se mettre aux gages des libraires. Il écrivit des Lettres sur les moines, telles qu'un homme passionné etfanatique iiou vui l en écrire ; il répandit les mômes fui géi dui
« Qu'on se représente, dit un bibliographe, « un jeune homme empreint de tous les dé- « lires du jihilosophisme, et, de plus, d'une « forte dose de préjugés protestants , qui « parcourt l'Allemagne à pied, dans un état « à ne pouvoir guère fréquenter que les der- « nières classes de la société, et qui dans sa « course prononce définitivement sur la po- « litique, la religion, les mœurs, les cours et « les princes ; et l'on aura une idée juste de « ce voyageur. Sa grande règle est de trou- « ver alfreux tout ce qui est catholi([ue, et « de porter jusqu'aux nues tout ce qui tient « ou à l'esprit de secte ou à l'impiété domi- « nante du siècle. » 11 a consigné les mêmes écarts dans une prétendue Histoire d'Allemagne, qu'il laissa manuscrite. Réduit à la misère, il s'isola dans le village d'Arau en Suisse, où il ne connut plus d'autre société que celle des cabarets, et où il mourut le 5 février 178G. Dans ses ouvrages, il a pris, ou les éditeurs lui ont donné le titre de baron; mais il est certaiu qu'il n'était ni baron ni noble. (Voy. le Journ. Iiist. et litt., 1" avril 1788, |)ag. i78.) Le prince Boris de (ialitzin a publié, dans le Mercure d'août 1788, une Notice fort intéressante sur cet auteur.
RISIUS (Sergius), savant maronite, archevêque de Damas, fiorissait dans le xvii" siècle. C'est par ses soins, par ceux de Guadagnoli et de Pierre (lolius qu'a été publiée la Bible arabe, Rome, 1671. Foy. Gouus(P?erre).
RITTANGELIUS (Jean-Etienne) , de Forcheim, au diocèse de Bamberg, de catholique romain était devenu juif, et de juif il se fit luthérien, suivant quelques auteurs. On a de lui des Notes sur le livre intitulé Jezirach (Voy. Abraham), où il soutient que la Paraphrase chaldaïque fournit des arguments contre les Juifs et contre les antitrinitaires. Cette proposition fut attaquée par un socinien Guillaume-Henri Vorstius, qui se cacha sous le nom d'irenopolita. Rittangelius se défendit par un traité qu'il intitula "libra veritatis, 1698, et qu'il dédia à Jean Casimir, roi de Pologne. Il mourut vers 1632, professeur en langues orientales dans l'académie deKœnigsberg. Nous avons de lui : un traité de Veritute religicnis christianœ, Franeker, 1699; des Lettres; une Traduction allemande des prières que les Juifs font dans leurs synagogues le premier jour de chaque année, et d'auti'cs écrits.
RITTERSHUYS (Conrad), en latin Rittersfti(.<«MA-, jurisconsulte de Brunswick,- où il était né en 1360, est auteur et éditeur d'un grand nombre d'ouvrages dacs lesquels ou remarque beaucoup de critique et d'érudition. Nous citerons entre autres, celui qui a
RIV
pour titre : De âiffcrmtiis juris ciiilis et ca- «on/ri, Strasbourg, IGlf), 1()18, iii-S" ; ihid., Ki.'JS, l()f)8, in-l" ; Sincti Isldori J'clitsiutœ de iiitrrprrlulione (livinœ Srriptitnr epistolarum liliri quatuor, etc., KiOo, iii-f'olii) : c'est la tradiiiliiJU, Ju groccn latin, des Lettres de saint Isidore de Péluse ; mais l'iltersluiys u'o traduit ((uo le quatrièuie livre; les trois premiers l'avaient (''té par Jacques de l$illy ; un ciii([ui6me fut découvert jilus tard, et traduit par André Schott; Coinmentnrius in Salrianuin Massiliensein , Altort', IGll , 2 vol. in-8% précédés de la Vie de Salvien ; 2' édition, augmentée des notes de plusieurs philologues, et d'une Vie de Co'irad Rittershuys par SOT lils Georges. Conrad mourut i'an 1613 à Allorf, oii il était |>rofesseur en droit. RIVALLIÈRE-FRAUENUORF (le comte DE La), s'est fait connaître avantageusement par deux ouvrages pieux, intitulés, l'un : Le Guide du néophyte, ou La religion du cœur, 1 vol. iu-18; et l'autre : Un iiiois de correction offert à Marie , ouvrage où le culte de la sainte Vierge est présenté d'une manière attrayante. Cet homuie estimable est mort subitement à Paris, au mois de février 18il. RIVAROLA (Augcsti.n), cardinal, né k Gènes, le ik mars 1758, d'une famille noble, étudia le droit civil et le droit canon, et fut euiployé avec distinction comme secrétaire de plusieurs auditeurs de rote. Pie VI le nomma un de ses camériers secrets, et lui donna en 1793 le gouvernement de San-Severino. En 1797, les troupes républicaines qui occupaient les Marches, l'obligèrent de se réfugier à Gènes ; mais un arrêté du directoire l'ayant forcé de quitter cette ville, il se rendit à' Parme, où 1 on attendait Pie VI, violemment enlevé do ses Etats. Pendant le séjour dupape dans cette ville, Rivarola essaya, au péril de sa liberté et de ses biens, de le délivrer, mais il ne put réussir dans sa courageuse entreprise. Eu 1800, Pie VII le nomma son délégat h Pérouse, et vers la tin de 1802 l'envoya dans la ville de Macerata comme président-général des Marches. Dans ce poste important, malgré les obstacles qu'il rencontra, la justice, la fermeté et l'intelligence du prélat le rendirent cher aux populations. Eu 1808, au moment où les Français envahirent les Marches, Rivaiola fut arrêté et conduit dans la forteresse de Pesaro; six mois après on le déporta à Rimini où il resta dix-huit mois, puis il revint de nouveau à Gènes. Il se trouvait dans cette dernière ville en 1814, lorsqu'il apprit la délivrance de Pie VII. Il se rendit aussitôt [ii-ès du pontife, qui lui donna l'ordre d'aller à Rome reprendre les rênes du gouvernement, avec le titre de délégat apos- ^ l()li(iue. Rivaiola s'acquitta avec succès de i cette mission, et prit jusqu'à l'arrivée du pape toutes les mesures nécessaires pour le maintien de l'ordre et des lois. Dans les premiers mois de 1815, les Marches ayant été envahies par Murât, Pie VII se retira à Gènes, et pendant son absence Rivarola devint secrétaire avec voix délibérative de la junte d'Etat présidée par le cardinal délia Soiiiaglia. Pe retour dans ses Etats, le souverain pontife
Rrv 776
le nomma son majordome et maître des sacrés-palais. Cette charge importante le mit en mesure de se concilier do plus en plus l'alfection du pape, qui, le premier octobre 1817, le nomma cardinal-diacre. En 1824, Rivarola fut envoyé par Léon XII dans la ville et la province de Ravenne, avec le titre de légat à latere; il fut chargé en même temps de la légation de Forli, et plus tard, lorsqu'il revint à Rome, on lui confia la direction de la congrégation des cours, à laquelle enjoignit la préfecture des chanoines. Nommé par Grégoire XM à la pro-préfecture de la congrégation du concile, il trouva encore le moyen de faire exécuter d'utiles et importants travaux : il détourna l'Anio, rendit au culte le célèbre temple de Sainte-Marie degli Angeli, à .\ssise, détruit par un tremblement de terre, et fit élever deux autres édifices sacrés à Camerino et à Bénévent. Rivarola s'était fait estimer par sa piété et sa charité, non moins que par ses talents administratifs. Il mourut, flgé de 84 ans, le 7 novembre 1842. RIVAULT fDiviD), sieur de Flurance, né h Laval vers 1571, fut élevé auprès de Guy, comte de Laval. Après avoir voyagé en Italie, il accompagna en Hongrie le comte de Laval qui fut tué par les Turcs. Il revint en France, fut nommé gentilhomme du roi, sous-précepteur, puis précepteur de Louis XIII, et mourut à Tours en 1616, à 45 ans. Malherbe et plusieurs autres écrivains célèbres ont parlé de Rivault avec estime, et cela n'est pas étonnant, il était bien à la cour. Il nous reste de lui quelques ouvrages, qui ne justifient que faiblement Jours éloges. Les principaux sont: des Eléments d'artilkrie, 1608, in-8°, qui sont rares et assez curieux ; les Etats, esquels il est discouru du prince, du noble et du tiers-état, conformément à notre temps, 1596, in-12 ; une £'(/(//o« d'Archiraède, in-4"; VArt d'embellir, tiré du sens de ce sacré paradoxe : La sagesse de la personne embellit sa face {Sapientia hominis lucet in vultu ejus , et potentissimus facicm illius commutabit, Ecc\es.Mu); étendu à toutes sortes de beautés, et es moyens de faire que le corps retire en effet son embellissement des belles qualités de l'dme, 1608, in-12. Cet art n'est pas une chimère, il est même le fondement vrai de la science physiognostique. (I On croit, dit un philosophe (J. J. Rousseau), « que la jihysionomie n'est qu'un simple dé- « veloppement des traits déjk marqués par « la nature. Pour moi, je penserais qu'outre « ce développement, les traits du visage d'un <( homme viennent insensiblement se former « et prendre de la physionomie, par l'im- II pression frécpiente et habituelle de certai- (I nos alfections de l'âme. Ces affections se « marquent sur le visage, rien n'est plus cer- « tain ; et quand elles tournent en habitude, « elles y doivent laisser des iuqiressions du- « râbles. » L'auteur des Etudes de la nature appuie ces observations et les porte même beaucoup plus loin, sans qu'on puisse dire que l'expérience lui soit contraire. Après avoir parlé ue la variété extrême et de la configuration très-bigarrée des physionomies, il ajoute : « Au reste, ceux qui ont été
RIV
"^ défigurés par les atteintes vicieuses do nos « éducations et de nos habitudes, peuvent " réform. r leurs traits: et je dis ceci surtout " pour nos femmes qui, pour en venir à « bout, mettent du blanc et du rouge, et se « font des physionomies de poupées sans « caractère. Au fond, elles ont raison ; car il « vaut mieux le cacher que de montrer celui « des passions cruelles qui souvent les dé- « vorent. Elles ont un moyen sûr de devenir « des beautés d'une expression touchante. « C'est d'être intérieurement bonnes, douces, « compatissantes, sensibles, bienfaisantes et « pieuses.Ces affections d'une âme vertueuse « im[)riraeront dans leurs traits des carac- « tères célestes, ç^ui seront beaux jusque « dins l'extrême vieillesse. » Voy. Richtf.r.
RIVAZ (Pierre-Joseph de), né l'an 1711. à Saint-Gengoulph , village de Savoie, sur la frontière du Bas-Valais, mort à Moutiers en 1772, s'est fait une certaine réputation par ses travaux mécaniques; il p^rlVctionna les horloges, l'exploitaiiondes salhies, le dessèchement des marais. Il laissa en manuscrit quelques ouvrages, dont l'un, qui a éié publié par son fils, Joseph Rivaz, grand vicaire de Dijon, a pour litre : Eclaircissement sur les martyrs de la légion thébéenne, 1779, in-8°. Il est aussi auteur des Recherches critiques sur la maison de Savoie. — François de Rivaz, de la même famille, né dans le môme village, entra fort jeune dans le couvent de Saint- Maurice, de l'ordre des Augusiins, dans le Bas-Valais. Celte abb3.)e fut fondée, en 513, par Sigismond, duc de Bourgogne, en l'honneur des martyrs de la légion thébéenne, et sur le lieu où l'on croit qu'ils soulfrirent la mort. Amédée de Savoie la rétablit en 113C. Elle fut presque entièicment consumée par le feu en 1692, et rebâtie dans le dernier siècle sous l'abbé Placide. On y garde l'épée de saint Maurice dans une gaine d'argent, et ou y trouve plusieurs restes d'antiquités romaines. Cette abbaye est habitée par des chanomes réguliers , dont plusieurs vont desservir les cures voisines. Ils ont formé à Saint-Maurice un hospice pour les passants et un collège pour l'éducation de la jeunesse. François de Rivaz enseigna d'abord dans ce collège, et il s'adonnait en même temps à la prédication. A la mort de l'abbé Pierra, il fut élu abbé de la maison, et il fut préconisé par Pie VII dans le consistoire du 10 mars 1823. 11 e^t mort au mois de septembre 1834, dans un âge peu avancé.
RIVET (André), ministre calviniste, né à Saint-Maixent en Poitou, l'an 1572, s'acquit une grande réputation dans le parti des calvinistes, fut chargé de leurs all'aires les plus importantes, et présida à plusieurs de leurs synodes. Il devint professeur de théologie dans l'université de Leyde, et mourut à Bréda en 1651, à 78 ans. On a de lui : un traité intitulé : Criticus sacer, Dordrecht, 1619, in-8°; Commentaires sur plusieurs livres de l'Ecriture ; Instruction chrétienne touchant les spectacles publics, les comédies et tragédies, où est décidée la question s'ils doivent être permis par les magistrats, etc., La Haye, DiCTiONN. D£ Biographie relig. III.
RIV 778
J639, in-12, livre curieux et rare; divers Traités de controverse, et d'autres ouvrages, recueillis en 3 vol. in-fol. - Son frère, Guillaume Rivet, fut comme lui ministre en France. 11 est auteur d'un Traité de la justification, et d'un autre de la liberté ecclésiastique contre la primauté du pape, tous deux en latin , Genève, 1625, in-8° ; livres qui n'ont eu cours que chez les protesiants.
RIVET DE La Grange (dom Antoine), de la même famille que les précédents , mais d'une branche catholique, naquit à Confolens, petite ville du Poitou, en 1683. Il prit l'habit de bénédictin à Marmoiiùer en 170/i-, et y fit ses vœux en 1705. Ses supérieurs l'appelèrent à Paris l'année suivai.te, pour travailler avec quelques autres religieux à l'Histoire des hommes illustres de Saint-Benoît. Il ramassa une grande quantité de matériaux relatifs à cet objet ; mais cet e entreprise échoua. Il se livra entièrement à V Histoire littéraire de la France, dont il avait déjà conçu le des-ein, et qui l'a occupé toute sa vie. Il s'associa dans ce travail trois de ses confrères , dom Joseph Duclou, dom Maurice P(mcet et dom Jean Colomb. La tranquill té de sa vie fut troublée par son attachement h la mémoire et à la cause d'Arnauld et lieQuesnel. 11 fit imprimer, en 1723, à Amsterdam, in-i", le Nécrotoge de Port- Royal-des-Champs, rédigé par des religieuses, mais qu'il revit et acheva. La publication de cet ouvrage, jointe à la vivacilé de .-on opposition à la bulle Unigenitus, dont il avait appelé, indisposa ses suiiérieur^. On l'ob igea de se retirer dans l'abbaye de Saint-Vincent du Mans. Il y travailla pendant plus de 30 ans à \ Histoire littéraire de la France. Il en fit paraître le 1" volume in-4-° en 1733, et Unissait le 9', qui renferme les premières années du xir siècle, lorsqu'il mourut en 17W, à 66 ans. Dom Tailland;er, son confrère, a fait son éloge à la tête du 9' volume de l'Histoire littéraire, qui a été poussée jusqu'au 12'. On souhaiterait que les auteurs eussent mis plus d'élégance, plus de correciioi et plus de légèreté dans le style; qu'ils se fussent moins appesantis sur les écrivains inconnus, et qu'ilseussent rendu plus dejusiice à ceuxqui, sur certaines matières, ne pensaient pas comme eux.
RIVET (du). Voy. Papillon.
RIVIER (Marie), fondatrice des sœurs de la Présentation, nai^uit le 21 décembre 1768, à Moiitpezat , aujourd'hui dans le département de l'Ardèche. Dans son enfance , elle fut percluse de tous ses membres; mais elle en recouvra subitement l'usage vers l'âge de neuf ans par l'iatercession de la trèssainte Vierge, le jour de l'Assomption. Elle avait douze ans lorsque ses parents l'envoyèrent au couvent de Notre-Dame de Pradelles, où elle se concilia prom[)tement l'estime et la confiance des religieuses, qui la chargèrent, malgré son extrême jeunesse, d'instruire les jeunes personnes et de les former à la i)iété. Quel que fût son désir de se fixer dans cette maison, elle fut refusée, à cause de ia f.iiblesse de sa santé et de sa petite taille. Elle songea alors à fonder ehe-même
RIV
RIV
ÎSO
un couvent. De retour dans sa famille, elle continua d'instruire de jeunes personnes, et le (iiinauche elle réunissait li!S femmes pour la même (in. Couime à cette époque, les prêtres, obligés do se dérober aux fureurs de la pe.sécution, ne pouvaient vaquer aux saintes fonctions de leur ministère, .Marie llivier préparait aussi de jeunes garçons à l'acte important et solennel de la [jremiôre communion. Elle fut misi! en rapport avec un V'nérable prêtre de S\int-Sulpice, et celui-ci l'engagea à s'é'ablir à Tliuevts, oiî plie vint se fixer en 179V. E le fit d'abord les petites écoles et s'associa quelques pieuses filles. En 1796, elle acqu t la maison Choroix, qui a été le premier couvent cl le berceau de la congrégation: elle y établit un pensionnai et un noviciat. Une heureuse cii'constance amena auprès d'elle une jeune veuve de Nantes, pleine de talents et d'expéiience })0ur l'éducation, qui donna un nouveau luslre à sa maison. Marie Rivier ne tarda pas à entrer en relation avec l'abbé 'Vernet, alors vicaire général de l'archevôque de Vienne, et alministrateur apostolique du diocèse de Viviers. Elle s'entendit avec lui sur la forme à donner à la congrégation, et tous deux étftbfrent de concert les constitutions et les règles. Leurs statuts, après avoir été approuvés par M^r d'Aviau, archevêque de Bordeaux, Mgr Chabot, évoque de Mende , Mgr de Mous, archevêque d'Avignon, Mgr Molin, évoque de Viviers, et M-^r Bonnet, son successeur, furent autorisés par une ordonnance royale du 29 mai 1830. La congrégation comptait plus de quatre-vingts établisseruents plus ou moins considérables, formés dans plusieurs départements et dans la Savoie, lorsque Marie Rivier mourut k Rourg-Sainl-Andéol , le 3 février 1838, âgée de 70 ans. On a une Vie de madame Rivier, fondatrice et première supérieure de la congrégation des sœurs de la Présentation de Marie, par l'auteur de la Vie du cardinal de Cheverus, Paris, un vol. in-12, avec portrait.
RIVIÈRE (l'abbé) , grand vicaire du diocèse de Besançon, sous l'administration de M. Cortois de Pressiguy, traduisit de l'allemand en français un Catéchisiue qui est estimé, k cause de la manière simple et claire dont les vérités de la leligion y sont exposées aux jeunes intelligences. Cet ouvrage, connu sous le nom de Catéchisme de Constance, parce qu'il fut imprimé dans celte ville, forme i volumes. L'abbé Rivière mourut à Besançon le 11 juin 1828, âgé de 76 ans.
RIVIÈRE (Bon-François). Voij. Pelvert.
RIVIÈRE. Voy. Poncet de La Rivière, évèque de Troyes.
UIVINUS (André), dont le vrai nom était Bachmann, né à Haile eh Saxe, en 1600, fut médecin, professeur de poé.-ie et de physiologie k Leipzig, et mourut le h avril 1656. 11 s'est fait une réputation par ses Remarques sur les anciens poètes chr('t;eiis , par des Dissertations sur diverses matières de littérature, et sur l'oiigine de 1 imprimerie, publiées à Leipzig, sous le tilre de Philo-Phy-
siologica, 1656, in-4% ei par des Editions de quelques auteurs anciens, qu'il a accompagnées de notes. Son Commentaire sur le Perviyiliuni Vencris, qu'on trouve dans l'édition de La Haye, 1712, in-8°, ne fait pas l'éloge de ses mœuis. On a encore de lui : Veterunt bonoram scriptorum demedicina collectanea, i&6'*, in-8" ; Mysteria medico-physica, 1681, in-12.
RIVIUS (Jean), luthérien allemand, natif d'Altdorf, fut conseiller de Georges, duc de Saxe, puis précepteur d'Auguste, qui fut dans la suite électeur. Il mourut étant recteur du collège de Meisseu , en 1553, à 53 ans. On a di; lui des ouvrages de controverse, et un traité de morale sous ce titre : De stuUitiu mortalium in procrastina correctione l'itœ, Bàle, loi", iîi-8°, plein de réflexions judicieuses, mais communes. — Il ne faut pas le confondre avec Rivus, médecin allemand, dont on a une Introduction aux sciences nécessaires à un architecte, Nuremberg, 154-7 ; une Traduction de \'itruye, avec des Commentaires, Nuremberg, 1548, et plusieurs ouvrages de médecine.
RIVIUS (Jean), religieux augustin, né à Louvain en 1599, fils de l'imprimeur Gérard Ri vins, fut prieur et provincial dans son ordre, et mourut à Ratisbonne le 1" novembre 1665. On a de lui : une Vie de saint Axigustin, qui a beaucoup servi à Tilleraont. Rivius l'a puisée dans les écnts de ce Père et dans les auteurs contemporains. On le blâme cependant de ce qu'il a osé traiter (p. 519) de semi-pélagiens les théologiens qui admettent en Dieu, depuis la chute d'Adam, un décret de donner h tout liomme des secours suffisants pour faire son salut. L'/ndex, d'accord avec la raison et la Donne théologie, désigne cette assertion comme devant être retranchée. On doute aussi trèsfort qu'il ait réussi à prouver que saint Augustin savait le grec et l'hébreu. Les ouvrages de ce saint docteur déposent contre cette assertion; on y voit qu'il n'avait qu'une connaissance médiocre du grec et aucune de l'hébreu. Rerum Francicarum décades quatuor, imper a Belgarum exordium, progressus ad annum 1500, Louvain, 1651, in-4.°. H n'y flatte point les Français. Poemata, Anvers , l(i-29; Diarium obsidionis lovaniensis, anno 1635, Louvain, 1635, in-4", etc.
RIVO (Raoul), ou du Ruisseau, né à Brée, petite ville de la principauté de Liège, dans le XIV ' siècle, alla étudier les langues savantes k Rome. Sa science et ses vertus rélevèrent k la dignité de doyen de l'église collégiale de Tongres. Il fonda le monastère de Corsendonc, et donna aux religieux de cette maison une règle conforme aux anciens canons. 11 mourut l'an 1403. On a de lui : Traité de l'observation des canons, Cologne, 1508, Rome, 1590, dans la Bibliothèque des Pères, tom. VI, édition deParis,et tom.XlV, édition de Cologne ; Histoire des évéques de Liège, depuis l'an 1347 jusqu'à l'an 1389, diuis la colle; lion de Chapeauville ; Co/eKdrier ecclésiastique, Louvain, 1568 ; Martyrologe en vers.
RIVOIRE (Antoine), savant jésuite, mem-
781 ROB
bre de l'académie de Lyon, où il était né le i3 mars 1709, remplit dans son ordre les chaii'cs de physique et d'histoire naturelle, et a laissé les ouvrages suivants : Traité des (limants artificiels, 1752 , in-12 ; Nouveaux principes de la perspective linéaire, tiaduits de l'anglais, 1757, in-8"; Histoire mélalliqae de l'Europe, ou Catalogue des médailles modernes du cabinet de M. Poulliariez, 1707, in-8' ; Vie de saint Castor, 17G8, in-12. Ai)rès la suppression des Pères do la compagnie, ilse lixaà Lyon, où il mourut vers 1789. M. Jars a fait son Elofje.
ROA (Martin de), né à Cordoue vers 1503, entra, à l'âge de quinze ans, dans la compagnie de Jésus, et lit de grands progrès dans les études. Il professa successivement , dans le collège de Cordoue, la rhétorique et les saintes Ecritures, et remplit avec distinction les principaux emplois do son ordre. 11 fut recteur de dilférents collèges, provincial à Séville, et procureur général à Rome. De retour en Esj)agne, il se démitdo tous ses emplois, et ne s'occupa {ilus que de l'étude de l'histoire et des a diquités. 11 mourut h Montillo, le 5 avril 1037, âgé de 1k ans. Il a laissé : Singulariuin locorum et reruin sucrœ Scripturœ libri VI , in dnas partes distincti r item de die natali sacro et profana liber uuus, Lyon, 1G()7, in-8°, édition reclnrchèe ; De accentu et recta in Grœcis, Latinis , barbaris pronuntiatione ; De Cordubœ principatu, et de auctoritate et anliqailute sanclorum nmr- Ifirum cordubensium, ac de cordubensi breviurio, Lyon, l(jl7, in-'i" : l'auteur traduisit lui-même cet ouvrage (-n espagnol, et y ht des additions, Cordoue, 1G3G, in-V' ; Santos Honorio, Eutichio, Estevan patronos de Xérès de la Erontera, nombre, sitio, autiyuedad de ciudad, valor de sus viudadanos, Séville, 1G17, in-k" ; Del estado, etc., ou De l'état des ûmes en purgatoire d'après le livre des Machabées , ibid., IGl'* , traduit en latin et en italien; ouviage j)lus singulier qu'utile : il y avance plusieui's choses qu'il eût mieux, valu laisser dans les secrets de Dieu ; Malaga., su l'ondacion,su antiguedad, etc., Malaga, 1027, in-i' ; Historia de la muy antigua y noble ciudad de Ecija, Séville, 1G2'J, in-4". La liste de tous les ouvrages du P. Roa est dans la Bibliothèque de Southwell.
HOHBE ^ Jacques), [)rètre du diocèse d'Amiens, docteur et j)rolésseur en théologie de la maison et société de Sorbonne, et grand lïiaitre du collège Mazarin, mort en 1742, âgé deGi ans, est auteur de plusieurs ouvra- ,ges qui ont été [nibliés plus tard par les soins de ses neveux, MM. Lebel, l'un docteur en théologie de la maison de Soi bonne, chanoine de Sainte-Opi)ortune; l'auti'e ancien recteur de l'université, moii en 1780, à G3 ans. Ces ouvi'ages sont : Tractatus de mystfrio Verbi incarnati, Paris, lo72, in-S" ; De laugustissimo Eucharistiœ sacramento , Neufdiàteau, 1772, in-8" ; De gratia Dei, 1780- 1781, 2 vol. iu-8"; Dissertation sur la manière dont on doit prononcer le canon et quelques autres parties de la m.-sse, où l'on examine ce que l'on doit .eiiLendre pai' le subtnissa
ROB
voce dans cet endroit du concile de Trente, pia mater Ecclesia, etc., Neufchàteau, 1770, in-12. Robbc s'y propose de prouver que le rite de la prononciation secrète du canon et de quelqui^s autres jjarties de la messe a été univeisellement et coiitiiu'.ment observé dans l'Eglise grec(iue et latine, depuis les [iremiei's siècles jusqu'à notre tenqjs ; et qu'un prêtre ne peut pas, sans pécher, prononcer à haute voix: les parties de la messe où le concile |)rescrit une |)rononciation secrète. — Un autre Jacques Robhe, ingénieur et géographe du roi de France, né àSoissons en lGi3, fut maire perpétuel de Saint-Denis en Frai ce, avocat au jiarlement de Paris, et mourut à Soissons en 1721. On a de lui : Méthode pour apprendre facilement la géographie, contenant un abrégé de la sphère, la division de la terre, et un petit traité de la navigation, Paris, 1G78, in-12; 2' èdit., 1G83, 2 vol. in-12; G' èdit., 171i. Ce livre fut traduit en anglais, Londres, HOo. C'est, dit Feller, un assez bon ouvrage ; il y a des jugements vi-ais et impartiaux sur les caractères des peuples, et auties objets sur- lesipiels res|)rit national égare souvent les géfigraphes comme les historiens. On y trouve cette ass;;i tion aussi exactement vraie que honorable aux h.'.bitants de la Belgiiinc : « Ce t assurément l'endroit d(î loule l'Iùi- « rope où la religion catholique soit pro- « fessée avec |>lus de puielé et de siinérité;» observation que l'événemeid contirma, on 1792, par l'invincible lésistunre que ces peuples oi)|iosèri'iit à l'impiété des démagogues fran(^-ais, préservant ainsi jiar leur exemple, par une conduite ferme et conséquente, l'Europe d'une subversion qui eut pu «levenir générale. Emblème sur la paix, présenté au loi le 29 mars 1G79, Paiis, iii-i'. L'allégorie de cet emolème est ingénieuse : on y a rangé, sous les signes du /.0(lia(pie , les jirincipales conijuôtes de Louis X;\", dont la plus précieuse est celle ilo l'olivier de la jtaix ; quelques autres compositions littéraires.
ROBELOT (Dems), né à Dijon le 23 miii 17G3, mort à Saint-Dizi'cr le 2 février 1825, était nis d un procureur au bailliage de Dijon. A l'époque où la révolution éclata, il était chanoine de la cathédrale de cette ville. Robelot refusa le serment, et passa en West- ]ihalie. Rentré en France sous le consulal, il lit quelques éducations particulières. On a de lui lieux ouvi-ages : De l'Influence de la reformation de Lulhcr sur la croyance religieuse, la politique cl le pr-grès des lumières, Lyon, 1822, in-8'; De l'autorité qui, prévenant les écarts de l'indipcndance dans lu société religieuse, civile et domesliqur, devient le premier de nos intérêts et le plus indispensuble des besoins sociaux, Lyon et Paris, Kusand, 182'i-, in-&'. « Le sujet' dû jin-mier ouvrage, «dit un biographe, avait èt(! jiroposé en R -prix ijar l'Inslilut national de France; Char- « les de Villers le reuipnrta et fut ccmionnô « eu 1803 ; Je lanréatiavait traité ce sujet dans « l'intérêt et en faveur du [iroleslantisnie. « L'abbé Robelot a abordé la question au
ROB
ROB
7Si
« point de vue catholique, et y a fait preuve « do logique, de critique historique et d'une « grande érudition. »
KOBERT (saint), premier abbé de la Chaise- Dieu, dans le diocèse de Clerinonl, était lils de Géraud, descendant de saint Géraud, baron d'Aurillac. Ayant fait un voyage h Rouie, dans des vues du religion et de piété, il se retira avec deux compagnons dans une solitude 0 1 il releva les ruines d'une église, et fonda un monastère avec l'approbation de l'évèque et du pape Léon IX. En peu de temps il fut chef de plus de 300 religieus d'ane ferveur extrême, ([u'il gouverna avec la prudence des saints, et mourut le 2'i. avril 1007 ou 1068. — Il ne faut pas le confondre avec saint Robert, abbé de Molesme, de l'ordre de Giteaux, mort en 1108 ou 1 110, qui fut canonisé par le pape Honorius III.
ROBERT , roi de France , surnommé le Sage et le Dévot, parvint à la couronne en 99(>, après la mort de Hugues Capel, son père. Il fut sacré à Orléans, où il était né, puis à Reims, après l'emprisonnement deCharlesde Lorrain(\ Il avait épousé Berlhe sa cousine, veuve d'Eudes 1", comte de Blois ; Grégoire V déclara nul ce mariage , et excommunia le monarque. Si nous en croyons le cardinal Pierre Damien , cet anathème fit en France tant d'etîet, que tous les courtisans du roi et ses propres domestiques se séparèrent de lui. Il ne lui en resta que deux, qui pleins d'horreur pour tout ce qu'il avait touché, passaient par le feu jusqu'aux plats où il avait mangé, et jusqu'aux vases où il avait bu. Le môme cardinal rapporte qu'en punition de cet inceste, la reine accoucha d'un monstre, qui avait la tête et le cou d'un canard. (Des auteurs rapportent que la reine étant accouciiée d'un enfant mort, ou répandit le bruit qu'elle avait mis un monstre au monde.) On ajoute que Robert fut si frappé de c'ette espèce de prodige, qu'il se sépara de sa femme. Robert contracta un second mariage avec Constance, fille de Guillaume, comte d'Arles de Provence ; mais l'humeur àltière de cette princesse aurait bouleversé le royaume, si la sagesse du roi ne l'eût empêchée de se mêler du gouvernement de l'Etat. Henri, duc de Bourgogne, frère de Hugues Capet, mourut en 1002 sans enfants légitimes, laissant son duché à un fils que sa femme avait eu d'un ^iremier mariage. Robert, assisté de Richard, duc de Normandie, déclara la guerre aux seigneurs bourguignons qui voulaient soutenir ce choix. Elle dura six ans, et Robert se vit enfin tranquille possesseur de la Bourgogne. Il investit de ce duché Heiu"i, son second fils, qui depuis, étant devenu roi, le céda à Robert son cadet. Le duc Robert fut chef de la pi'emière branche royale des ducs de Bourgogne, ([ui dura jusqu'en 1361. Ce duché fut alors réuni à la couronne par le roi .lean, qui le donna h son ipiatrième fils, Philippe le Hardi, chef de la (leuxième maison de Bourgogne, qui finit en la personne de Charles le Téméraire, tué en l'i-77. Le roi Robert termina par sa médiation les longues querelles qui existaient en-
tre le comte de Chartres et le duc de Normandie. Ce dernier avait appelé à son secours deu"'. de ces rois du Nord, encore païens, qui dévastaient alors l'Angleterre. Le roi Robert conclut la p^ix entre les deux adversaires, et paya sur son propre trésor les sommes nécessaires pour congédier les deux princes du Nord, prévoyant cnnbien il serait difficile de les chasser, dès qu'ils auraient été séduits par le pdlage, récompense ordinaire de leurs services. Ce prince mérita par sa sagesse qu'on lui offrît l'empire et le royaume d'Italie; mais il les refusa, et après avoir fait couronner îi Reims son second fils Henri I", il mourut à Melun en 1031, âgé de 60 ans. Robert bAtit un grand nombre d'églises et fit restituer au clergé les dîmes et les biens dont les seigneurs laïques s'étaient emparés. La déprédation était telle, que les séculiers possédaient les biens ecclésiastiques à titre héréditaire ; ils les partageaient à leurs enfants ; ils donnaient même les cures pour la dot de leurs filles, ou la légitime de leurs fils. Robert cultiva les sciences et les protégea. On a de lui plusieurs Hymnes que l'on chante encore dans l'Eglise, et on lui a attribué l'hymne Veni, sancle Spiritu^. Son règne fut heureux et tranquille. C'est sous ce même règne que la France éprouva, en 1010, une faui ne de quatre ans, suivie d'une |>este qui parut une seconde fois en 1030 jusquen 1033. Rob Tt régna trente-cinq ans, et, pendant près de trente ans, la France jouit d'une tranquiililé parfaite.
! OBERT, né à Thorigni en Normandie, et pour cela appidé Rohertas a Torineo, quinziè:ne abbé du mont Saint-Michel au diocèse d'Avranches, fut em|iloyé dans |)lusieurs affairi'S importantes p;ir Henri II, roi d'Angleterre. Ses occupations ne l'empêchèrent pas de composer un grand nombre d'ouvrages, dont il ne nous reste que la Continuation de la Chronique de Sigebert , et un Traité des abbayes de Normandie , que D. d'Achery a donné à la tin des OEmres de Guibert de Nogent; il mourut l'an 1186.
ROBERT d'Auxer. e ou de Saint-Marien (Roberlus Antissiodorensis) , chanoine régulier de l'ordre de l'rémontré, florissait à la fin du xir et au commencement du xiii' fiècle. Son nom de famille était Abolant ou Abolanz. 11 et lit chanoine de la cathédrale d'Auxerre, sous l'épiscopat de Hugues Desnoyers, et revêtu du personnat de lectew ( c'était une dignité capitulaire à laquelh était atîccié le soin des manuscrits et des ar chivesj, comme le prouvent plusieurs titre; qui finissent par ces mots : Datum per ma num Roberti lectoris. Pendant qu'il possé dait cette c large, il fit éciire deux volume: d'.4(7M des saints, dont un seul reste, leque éfiit conservé à l'abbaye de Saint-Germaii d'Auxerre. Robert était passionné pour le livres, et lié d'intimité avec Milon, anbé di Saint-Marien, ordre de l'rémoniré, qui pari tageait ce goût et s'était ftrmé une .^elle bi' bliotlièque. Robert, à la sollicitation de ce, abbé, fit une compilation des Chroniques d ^ Sigebert et autres écrivains. 11 y inséra ton
ROB
ROB
ce qu'il put trouver de faits intéressants dans les archives de l'église de Sens, et ce que put lui fournir le livre intitulé Gesta ponlip.cum antissiodorensium. Avec ces matériaux il conduisit d'abord son ouvrage jusqu'à l'an 1205. 11 paraît que c'est vers ce temps qu'il prit l'iiahit de l'ordre do Préraontré dans l'abbaye de Saint-Marien, qu'il y continua sa chroniqie jusqu'en 1212, et qu'il mourut la tuême année. Son continuateur, que Casimir Oudin croit être un nommé Hugues , aussi chanoine régulier de Saint-.M.irirn, reprit le travail de Hubert, elle poussa jusqu'à l'an 1227. Celte chronique estl'une des plus estimées, et « d'un meilleur goîit que tant d'autres, » disent les auteurs de l'Histoire littéraire de France (tome IX, page 127). Quoiqu'elle ne so;t point enlièremenl exempte de fautes, on la consulte avec conliance. Robert était homme de mérite et très-instruit dans l'histoire pour son temps. Les règles d'une critique sage, si peu connues dans ces siècles reculés, ne lui étaient ])as étrangères, et il en trai e de fort judicieuses pour les légendes. Nicolas Canmsal, savant chanoine de Troyes, fit imiirimcr la Chronique de Robert sous ce titre : Chronologia ab orbis origine ad annum CItristi 122) , cum appendice ad annwn 1223, 1608, in-i°. L'ordre de Premontré se proposait d'en donner une deuxième édition, et le nianuscrit en avait été communiqué à de savants religieux de cet ordre en Lorraine. M. Le Venier , péniiencier d'Auxerre, mort en 1669, avait eu le même projet ; mais ni l'un ni l'autre ne furent exécutés. On peut voir à cet é«ard \i'S M^'iioires de l'abbé Leheuf , concernant l'Histoire ecclésiastique et civile d'Auxerre, tome II, page 490. On y trouve aux Preuves, p. 36, le testament que fit Robert avant d'cuiijrysscr l'ordre de Prémontré. — 11 y a un autre Robert d'Auxerre, contemporain du précédent, aussi de l'ordre de Prémontré et profès de Saint- Marien. Ufut prieur de Nitre-Dame-là-d'Hors, cure de cette abbave. Il est auteur d'un ouvrage intitulé : Traàition de l'église d'Auxerre, imjirimé en 1719.
ROBERT GROSSE-TESTE, en \a.\.mCapito, naquit en Angleterre, dans le pays de Sutfoik, de parents pauvres. Ses talents lui méritèrent l'arcliidiaconé de l.eicester, et, en 1235, l'évêché de Lincoln. Il eut de grands dillér;nds avec les moines, et un démêlé considérable avec Innocent IV, sur une dispense que ce pape avait accordée pour un cannnicat de l'église deLincoln.il mourut en 1253. Outre son Abrégé de la sphère, ses Commentaires sur les Analytiques d'Aristote , et quelques Lettres renfermées dans le recueil de Brown, intitulé Fasciculus rerum cxpelendarum , nous «itérons ses ouvrages : de Cessatione legatium , Londres , 1652 ; Commentarius in Pseudo-Dionysii Areopagitœ Theologiammysticam, Strasbourg, 1502; et son Testamentum XII patriarcharuin, filioruni Jacob, Haguenau, 1532, in-8', très-rare : ouvrage apocryjihe , dont il n'est que l'éditeur ou le traducteur du grec en latin. A l'authenticité près , il a ce qu'il faut pour être un livre
utile. On y trouve les mystères chrétiens si formellement exprimés , que les douze patriaT'ches n'ont pu en parler de la sorte sans anachronisme, ou sans des révélations qu'on n'est pas fondé à supposer. Quelques criti- (jues pr>Heudent que ces Testamenta sont de la comjiosition deGrosse-Teste, et que l'original hébreu ni môme la traduction grecque n'ont jamais existé. Dans ses autres écriis , il reprend avec liberté, et peut-ôtre avec tro > d'amertume, les vices et les dérégi 'ments des eeclé-iastiques de son temps. 11 y a une édition de plusieurs de ses ouvrages faite à Venise en 1511.
ROBERT (Claude), né à Bar-sur-Aube, vers 1564, ou suivant Moréri, à Cheslai, près de Bar-sur-Seine, devint précepteur d'André Fiemiot, depuis archevêque de Bourges, avec lequel il voyagea en Italie, en Allemagne et dans les Pays-Bas. Les cardinaux Baronius, d'Ossat et Bellarmin lui donnèrent des marques de leur estime. De retour en France, il fut nommé archidiacre et grand vicaire de Chùlons-sur-Saùne. Ce savant mourut en 1636. Le plus imi)orfant de ses ouvrages est le grand recueil intitulé Gallia christiana, qu'il jiublia en 1625, en 1 vol. in-fol. M.M. de Sainte-Marthe augmentèrent, dans la suite, cet ouvrage utile, dont les bénédictins de la congrégation de Saint-Maur ont donné une nouvelle édition, qui est en 12 vol. in-fol., et qui n'est pas achevée.
ROBERT, historien français, qu'on trouve aussi nommé Rupcrt ou Albert, était né k Reims, et était religieux bénédictin, lorsqu'il fut nommé, eu 1095, abbé de Saint- Remi de Reiras. Il assista au célèbre concile de Clermont en Auvergne, où fut décidée la guerre contre les inlidèles. Sa nomination d'abbé ayant éié annulée au concile de Reims en 1097, Robert fut relégué au prieuré de Saint-Oricle de Scnuc, quoique le |)apo Urbain II se fût prononcé en sa faveur. Il passa en Palestnie, se trouva au siège de Jérusalem, et essaya encore, mais vainenent, appuyé d'une décision du concile de Poitiers, tenu en 1100, de reprendre ses fonctions d'abbé de Saiut-Remi. Son prieuré même de Saint-Oricle lui fut retiré par le pape Callixti^ II, en 1121, parce qu'on l'accusait d'en dissiper les revenus. Robert mourut simple religieux à Senuc, le 22 août de la même année. Grégoire VII, Trithème, Orderic Vital et d'autres écrivains ecclésiasiiipies vantent son savoir et son style. Le Gallia christiana lui attribue des Àcta conciliorum ini'dits. On a encore de lui : Lettre à Lambert, évéquc d'Arras, qui se trouve dans les Miscellanea de Baluze, tome V, p. 315, dans laquelle il se plaint d'avoir été injustement déposé dans le concile de Reims ; Historia Hicrosolymitana libris octo cxplicata, dont le manuscrit était conservé à la bibliothèque du monastère de Saint-Reaii de Reims ; c'est la relation de la première croisade qui eut pour résultat la prise de Jérusalem. Elle a été imprimée à Cologne, vers 1470, par Arnold Tlier-
ROB
ROB
lioern, en 1 vol. in-V" de 126 feuillets nnii ( liillrés, sans indication de date ni de lieu d'iuipression ; à B;lle, en 1533, sons re litre : De. christianoruin principum in Syriam profectione, in-fulio. Juste Rciiber et Bonj^ats ront insL'i'ée, le pieniier, dans ses Scriplorcs rerum germanicantin, Francfort, lo8i ; le second, dans le loine I" des Gesia Dri per Francos, Hanau, 1G11. François Bal- .deili le traduisit en italien, Florence, loo2, in-8" ; et Sébastien Ciampi en donna une nouvelle traduction italienne, avec une piéface et de savantes notes, Florence, 1825, un vol. in-8°, orné d'une planche.
ROBERT. Voy. Genève, Lindet , Sor-
LONNE.
ROBKRTI (Jean), jY^suite, né îi Saint- Hubert en Ardennes. 1 an 1560, enseigna la théologie et l'Kci'iture sainte à Douai, n Trêves, A Wiirlzbourg, à Msyence, et mourut à Namurle 14 Tévricr 1651. Sesouviat^es prouvent qu'il était versé dans les belles-lettres, la théologie, la eontioverse et dans l'histniie ecclésiastique. Les principaux sont : Dissertuliu de superstitione, Ti'ùvi'S, 1614, in-16; Mijstka Ezechiclin quadriga, hoc est, Quatuor Evangelia, historiarum et temporum série vinculala. grœce et latine, Jlayence, 1615, in-ful. ; Tractatus nori de magnetica vulnerum curatione Anatome, Louvain, 1616, in-8°. Le P. Robcrti y démontre les impostures de Goclenius, qui prétendait ^iiér.r toutes les maladies avi c l'aimant. Il lit suivre cette dissertation de quan-e ou cii q autres aussi solides que la première. Une Dissertortion pour jirouver que saint Barthélemi était le môme que Nathanaël, Douai, 1619, in-4° ; tlistoria sancti Hubcrti , Luxembourg, 1621, in-4°. Celte histoin' est tièscurieuse, et renferme plusieurs dissertations ; la jilus im[)ortante est celle oi!i il parle des guérisuns qui se font journellement à Saint-Hubert. Il y examine, d'après les règles de la plus sévère critique, si les cérémonies qui s'y observent renferment quelque chose de superstitieux, et il décide qu'elles ne coi-tienrient rien de semblable. Ces cérémonies, tiaitées de pratiques suf)erstitieuses par Gerson, par queiques docteurs en théologie de Paris et les médecins de la même université l'an 1671, par M. Gillot, docteur de Sorbonne, par le P. Pierre Le Brun, dans son Histoire des pratiques superstitieuses, ont été défendues, non-seulement par le P. Roberti, mais encore par le P. Marchant, par Jacques Boudart et par un religi(;ux de Saint-Hubert. (On trouve l'explication de ces cérémonies par ce religieux dans Vllistoire des pratiques superstitieuses du P. Le Brun.) Les docteurs de Louvain, entre lesquels était Martin Steyaerts, les approuvèrent par une déda ration du 6 septembre 1690, et les docteurs en médecine de la même université, le 17 juin 1691. Elles ont encore été approuvées eu 1690 par les examinât, urs synodaux de Liège, et par Jean-Louis d'Elderen, évèque de la même ville. M. Collet a remis sur le tapis cette question dans le 3' volume de
son Traité des dispenses, où, après avoir répondu aux plus fortes nbjeclions, (t observé quo les docteurs de Louvain ne sont pas gens h tolérer des usages superstitieux, il conclut en ces termes : « Voilà tout ce que « je puis aire au sujet de la neuvaine de « Saint-Hubert ; pour moi, je n'aurais point « de peine à la faire. Son adversaire lo plus « déclaré, Gillot et tous ses Gillotins , « avouent qu'elle n'est pas évidemment « mauvaise : Aperta corruptela vurnt. Il dit « de p'us, qu'au moyen de la bonne foi et « de la piété avec laquelle on la fait, on « peut obtenir (il aura.t pu ajouter, et l'on « obtient tous les jours de Dieu), par les « mérites de son saint, le préservatif qu'on « va lui demander. » 11 e-t vrai, observe Fel- 1er, qu'on attache à ce (ju'on appelle ]e répit (nu le délai qu'accor ient ceux qui ont été taillés) des effets dénii ntis par des exemples récents et incontestables, et qu'on ne saurait Iroji louer la , rudence des religieux de Saint-liubert, qui, dans ces dernières années, ont siujplitié ou réformé plusieurs observances, dont l'explication n'était pas sans diflici.lté. Rien de plus s'^nsé que ce qu'on lit à ce sujet dans l'excellent recueil des Vies des Pères , des martyrs, etc., fom. X, pag. 603 : u On doit implorer les secours du « ciel contre la rage, avec d'autant plus d'ar- « deur qu'on ne peut avoir guère de con- « fiance dans les bains de mer et dans les « autres remèdes ordinaires. Le nouveau se- « cret qu'on a trouvé contre ce mal redoute table a réussi quelquefois ; mais ce n'est « rien moins qu'un remède infaillible. Ce- « p: ndant, comme la superstition se glisse « facilement dans les pratiques les plus res- « pectables par bur objet, il est du zèle des « pasteurs de veiller avec le plis grand soin « sur les pèl rinag.js à Saint-Hubert et sur « les autres dévotions semblables. » Sanctorum quinqu'iginta jurisperitorum clogia-, contra populure commentum de solo Ivone, publicata, Liège, 1632. On e?t surpris d'y trouver an nombre des saints avocats plusieurs patriarches de l'Ancien Testament, des rois, des papes, des docteurs de l'Eglise, etc. Vita sancti Lamberti, episcopi tùngrensis. etc., ex anliqu>s auctoribus et cliartis collecta et edila, Liège, 1633, in-12, peu commun.
ROBERTI (le comte Jean-Baptiste), jésuite et litt.''rateur iialien, né à Bassano le 4 mars 1719, d'une famille patricienne, fit de brillantes études à Bologne, et professa successivement avec une grande distinction, à Plaisai ce, à Brescia, à Parme, à B.ilogiie, où il occupa, pendant 18 années, la chaire de philosophie. Après la suiipressiun de Si>n ordre en 1773, il se retira dans sa famille, consacrant tout son temps à la pratique des devoirs de sou état et h l'étude. Le P. Roberti mourut à Bassano le 29 juillet 178t), chéri de tous ceux qui l'avaient connu et comblé des bénédictions des malheureux. Ses ouvrages n'ont point complètement justifié la réputation qu'il s'était faite par son enseignement ; on lui a reproché trop d'ap-
ROB
ROB
pTôt dans le style, et l'on a dit que ses préceples valaient beaucoii]) mieux que ses exeinplos. Ses principaux ouvrages, tant en pi'ose qu'en vers, sont : Orazione in Iode deile arli del discgno ; Due discorsi sopra le fasce de' bamhini ': ces dmix discours, dont l'un défend, l'antre attaque l'usage du maillot, sont écrits dans le senre des deux lettres de Jean-Jacques Rousseau sur le suicide ; Trattatello sulle virtù piccole ; Sopra il predicare contro gli spiriti forli ; Del le.ggere llbri di metafisica e di divertimento ; Quattro opuscoH sopra il lusso ; Délia prohila naturale ; Sopra Vumanità del secolo xvin, con nna lettera sopra il traffico de' negri ; Istruzinne cristiana ad un giovane cavalière; XXXVI Lezioni sulla fine del monda ; Dell' aniore verso la patria, ouvray;e postiiumc ; Cil Favole Esopiane, con un discorso intorno ail' Apologo ; La Moda, le Fragole, le Perle, la Conimedia, t'Annonia, poemetti ; ed il Paradi.so terrestre, oratorio ; Varj elogj , panegirici ed orazioni ; Varie lettere e discorsi. Les OKuvres de J.-B. Roberti, réunies pour la première fois à Bulogne en 17G7, l'ont encore été à Bassano, en 1797, 13 vol. in-lG, et elles ont été réimprimées plus tard, avec une Notice par Moreschi, et son Hloge |)ar le comle Giovio.
ROBERTSON {William), lexicographe anglais et théologien, mort vers 1G8(), est auteur de plusieurs ouvrages qui obtinrent l'estime dps érudits : Seplier Tchiliiin, id est Liber Psalmoriun et Tfireni Jeretniœ, cumnotis masorethicis , Cambridge, l(j83, in-12 : celle édilion du Psautier et des Lamentations de Jérémie est toute en hi'breu sans traduction ; Thésaurus linguœ grœcœ in epitomen sive compendium redactus, Cambridge, 1676, m-k°: cette édition est recherchée ; Thésaurus linguœ sanctœ, siveconcordanliale Icxicon hebrœo-latino-biblicum, Londres, 1G80, in-4-"; rare et trés-estimé. Ce livre a été très-utile à Christian Stock et à J.-Fr. Fischer pour la composition (Je leur Clavis lingua; sanctœ Veteris et Novi Testamenti, léna, 1730,2 vol. in-i°; réimp. îi Leipzig, en 1753; Manipulus linguœ sanctœ et eruditorum , Cambridge , 1086, in-8" ; Index alphabcticus hebrœo-biù liens, Cambridge, 1683, in-8"; traduit en latin par Leusden, et publié sous le litre de Lexicon novum hebrœo-latinum , Utreclit , 1687, in-8".
ROBIN DE Là RocHEFURON (René), auteur du xvir siècle, natif de Tours, n'est connu que ]iar la publication d'un ouvrage de piété, qui fut fort répandu dans son temps. Ce livre, dont la dernière partie est une traduction de l'on vragedu P.C. Franciotti, a poui- titre: Quatrains moraux en vers français, suivis d'un livre d'oraisons contenant les pieux et utiles moyens de s'entretenir avec Dieu une heure entière, sans ennui et sans distraction. Tours, 164.4..
ROBINET (Urb4in), pieux et savant docteur de Surbonne, chanoine et grand vicaire de Paris, abbé de Bellozane, né en Bretagne, mort le 29 septembre 1758, âgé de 75 ans. 11 est le rédacteur du Bréviaire de Rouen,
qui (si on en excepte la mutilation des Psaumosi est un chef-d'œuvre en ce genre, Rouen, 1736. Il publia en 1744 : Breviarium ecclesiaslicnm clero propositum; ce bréviaire a été adopté par les évé(jues de Cahors et du M ns, et quelques autres. Vny. Quignonez. On lui atlribue les belles Préfaces, pour la messe des morts, celle du Saint-Sacrement , de la dédirace de l'Eglise, de l'Avent, de la Toussaint, etc., qu'on chante dans la plupart des églises de France. {Voy. le Journ. hist. et litt., 1" août 1786, p. 490.)
ROBINET (Jean-Baptiste-René), écrivain, né à Rennes, le 23 juin 1735, mort dans sa patrie, le 24 mars 1820 , embrassa d'abord la vie r(!ligieiiso chez les jésuiies ; mais regrettant bientôt sa liberté, il rentra dans le mondy, se livra avec ardeur à la culture des lettres, et a'ia ensuite en Hollande faire imprimer un ouvrage intitulé : De la nature, et qui tit dans le temps quelque bruil, à cavise des o|)inions singulières qu'il renferme. De retour à Paiis eu 1778, Robinet fut nommé censeur royal et secrétaire particulier du ministre Amelot. Il passa ensuite le reste de ses jours dans son jwys natal. 11 avait été vni des disciples des ency.lopédistes, et s'était attaché, pendant la révolut on, aux princijies de l'Eglise con-titutionuelle. Il eut le bon- Leur d'être ramené à la religion, et signa, avantsa mort, une rétractation doses erreurs. Robinet a la ssé un assez grand nombi e d'ouvr.iges, dont on tiouve la liste dans V Annuaire nécrologique de 182;). Nous citerons seulement : De la nature, il6l,m-k°, 1766-68, 4- vol. in-8". Une mauvaise physique, une métaphysique plus mauvaise encore, forment le fonds de ce livre, r mpii de paradoxes sur Dieu et ses attributs, sur l'âme, sjr la matière, sur les s nsations, etc. Peu d'accord avec lui-môme, il nie dans un endroit ce qu'il accorde dans l'autre , et accumule les contradictions, les hypothèses et les assertions 1rs plus hardies. Le P. Richard , domiiicain, publia conire Robinet : La nature en contraste avec la religion et la raison, iii-8°, 1773 ; et l'abbé Bai ruel a consacré plusieurs passages des Helriennes à réfuter les systèmes du livre de la Nature. Essais de morale, ou Recherches sur les principes de la morale, traduit de l'anglais de David Hume , Amsterdam , 1760 , in-12. Ce volume fait partie de la collection des OEuvres plnlosophiques de Hume , traduites par Mérian.
Considérations sur l'état présent des lillératures en Europe, trad. de l'anglais de Hume, Londres, 1762 , in-12 ; ctt ouvrage a été faussement attribué à l'abbé Aubry. Parallèle des conditions et des facultés de l'homme avec la condition et les facultés des autres animaux, Bouillon, 1769, in-12 ; Paradoxes moraux et littéraires, 1769, in-12; Considérations philosophiques sur la gradation naturrelle des formes de l'être, 1768, in-8°, ti[;;ures. Dictionnaire universel des sciences morales, éco7iomiques, etc., 1783, 3 vol. in-8°; Considé' rations sur le sort et les révolutions du commerce d'Espagne, 1761 , in-8° ; Grammaire française, extraite des meilleurs grammairiens.
ROB
ROC
17G2, 3 vol. in-S"; Grammaire anglaise, 1764, iii-8°; 1774, in-12 ; L'homme d'état, IrsuluH de rit;dien, in-V, ou 3 vol. in-12. Robinet a niissi travailli; îi divers recueils, et a traduit dos romans et des livres an[^lais. Yoy. VAnnunire nécrolog. de M. Mahul, toin I", et l'Ami de la religion, tom. xxiv, p. 367.
ROBINOT (Louis-Augustin), né l'an 1756 , à Deci/.e, petite ville du Nivernais, quitta la France en 1791 pour ne point prêter un S(;rment qui répugnait à sa conscience, et y jentra en 1798. 11 devint successiveiient curé de Liicenay-Ies-Aix et de Marcigny, et lorsque le diocèse de Nevers eut été rétabli, le nouvel évéquc, MgrMillaux, le lit chanoine, et le mit h la tétedii colb'gedecelte ville. Pins tard il fut nommé supérieur du jjetit séminaire et granil vicaire lionoraire. 11 mourut presque subitement le 27 avril 1841, âgé de 85 ans. Ona de l'abbé Roliiiiol : Diseours dogmatiques et moraux sur différents points de la religion, Lyon, 1824-, 4 vol. in-12; La Religion démontrée et défendue, ouvrage traduit de l'italien, de .Mgr Al. -M. Tassoni, Valence, 1836,4 vol. in-8'et in-12.
ROBINSON (Robert), théologien anglais, de la secte des l)aplistes, né l'an 1735, à Swatl'ham en Norfolk, mort à Birmingham en 1790, avait été mis d'abord en apprentissage chez un coilfeur. Mais, parvenu à l'âge de vingt ans, il abandonna cette profession et se mit à prêcher. Les bouffjnneries qu'il se permettait attiraient h foule auprès de lui. A l'exercice de son ministère il joignait les soins d'une ferme et le commerce de blé et de cliarbon, dont le produit faisait vivre sa nombreuse famille. Il avait employé les loisiis de sa jeunesse à étudier des livres de théologie et ii converser avec des prédicateurs non-conformistes : c'est ce qui explique counnent il a pu composer linéiques écrits qui ne manquent pas d'un certain fonds de connaissances : Défense de la dirinité de Jésus- Christ, 1776, ouvrage qui valut h l'auieur les remerciements de plusieurs évoques anglicans ; Plan de lectures d'après les principes de la non-conformité, pour l'instruction des catéchumènes, 1778; Seize discours sin divers textes de l'Ecriture, 1786; Catéchisme politique, 1782; Histoire du baptisme, in-4", ouvrage posthume ainsi que le suivant ; Recherches ecclé Mastiques, 1 vol. in-4° ; L'esclavagè incompatible avec l'esprit du christianisme, sermon.
ROBINSON (le révér. Thomas), théologien anglican, élèvede l'universiiéde Cambridge, devint recteur de Ruan-Minor, vicaire de Saint-Hilaire, dans la province de Cornouailles, et luourut à H Iston, dans le môme comté, au mois de mai 1814, laissant plusieurs ouvrages : 'Esquisses en vers, 1796, in-8" ; Les fondements de la foi d'un chrétien, 1800, in-8° ; Appel pressant aux paroissiens four fréquenter l'église, 1803, in-8"; Recherches sur la nature, la nécessité et les preuves de la religion révélée, 1803, in-8°.
KOBOAM, roi de Juda, succéda à Salomon sou père, l'an 975 avant J.-C. A peine fut-il monté sur le trône, que Jéroboam, à la tète
du peuple, alla le prier de décharger ses sujets des impôts dont son père les avait accablés dans les dernières années de son règne. Roboam d.mîanda trois jours pour lui faire réponse. Pendant ce temps, les plus anciens de son conseil fiirent d'avis de soulager le peuple; mais il |)référa l'avis des jeunes seigneurs avec lesquels il avait été élevé, et ne répondit qu'en menaçant le peuple d'un traitement encore plus fâcheux. « Conduite, dit « un politiq,ue, que les souverains impru- « dents et orgueilleux ne cessent d'imiter , « et q li a toujours le même etïet.» Cette dureté lit soulever dix tribus qui se séparèrent de Roboam et choisirent Jéroboam [)Our leur roi. Telle fut l'origine du royaume d'Israël. Boboamfitconstruiredesforteresses pour conserver les deux tribus qui lu résinent; et (juand il se crut à l'abri des entreprises de Jéroboam, il abandonna la loi du Seigneur pour suivre les penchants de son cœur corrompu. Il adora des idoles, et le peuple ne tarda pas à suivre les traces du maître. Sésac, roi d'Egypte, suivi d'une armée innombrable, entra dans le pays, et prit en peu de temps toutes les places de défense. Jérusalem, oii le roi s'était retiré avec les principaux de sa cour, allait être assiégée. Pourleurôter toute espérance, Dieu envoya le prophète Séméias, qui leur déclara de sa part que , puisqu'ils l'avaient abandonné, il les abandonnait aussi au pouvoir de Sésac. Cette menace les toucha; ils s'humilièrent sous la main de Dieu, et reconnu eut la justice de ses jugements. Le Seigneur, tléchi par cette humiliation, adoucit la rigueur de l'arrêt porté par sa justice. Sésac se retira de Jérusalem, afirès avoir enlevé les trésors du temple du Seigneur et ceux du palais du roi. Roboam continua à vivre dans l'iniquité. Il mourut l'an 958 avant J.-C, après avoir régné 17 ans, laissant le royaume à Abias, un de ses fils.
ROCABÈIITI (Jean-Thomas DE), né vers 1624, à Pérelada, sur les frontières du Roussillon et de la Catalogne, d'une maison illustre, entra jeune dans l'oi'dre de Saint-Dominique. Il devint provincial d'.\ragon en 1666, général de son ordre en 1670, archevêque de Valence en 1676, et grand inquisiteur de la foi en 1695. Il s'acquit l'estime du roi catho-. liijue, qui le fit deux fois vice-roi de Valence. Il employa le temps que lui laissaient ces places à composer plusieurs ouvrages. Les principaux sont : un traité estimé. De romani pontificis auctoritate. Valence, 1693 et 1694, 3 vol. in-fol.; condamné par arrêt du parlement de Paris le 20 décembre 1695. Bibliotheca pontificia max'ima : c'est un recueil de tous les traités composés par différents auteurs, en faveur de l'autorité et de l'infaillibilité pontificale , imprimé à Rome en 1700 et années suivantes, en 21 vol. in-fol.; un livre intitulé : Aliment spirituel, etc. Il mourut à Madrid en 1699.
ROCCA (Ange), né en 1545, à Rocca-Contrata, dans la Marche d'Ancône, ei j\ite de Saint-Augustin, fut l'ait docteur en théologie à Padoue, en 1577, secrétaire de son ordre pendant 6 ans, président de l'imprimerie du
793 ROC
Vatican en î585, sacristain de Clément VIII on 1595, et enfin évêque de Tagaste en 1605. 11 mourut à'Rome le 8 avril 1620. Il a fait diverses remarques sur l'Ecriture sainte et sur les Pères ; mais on ne lit plus ses commentaires. Il s'y sert indifféremment des bons et des mauvais auteurs, de monuments authentiques et de pièces douteuses. Il écrit nettement, mais sans élévation. Ses différents ouvrages parurent h. Rome en 1719, 2 vol. infolio. Les littérateurs font quelque cas de la Bibliotheca vaticana Ulustraln de cet auteur, quoique fort inexacte. So'i Thésaurus pontificiarum antiquitatum, necnon rituum ac cœremoniarum, 2 vol. in-fol., Rome, 174.5, est un recueil curieux. On estime aussi son traité De campanis, Rome, 1612, in-4°. On le trouve dans le 2' vol. du Thésaurus antiquitatum roinanarum de Sallengre. Le P. Nicéron, dans le t. XXI de ses Mémoires, a donné les titres des ouvrages de Rocca, au nombre de quarante-un.
KOCH (saint), né en 1295, à Montpellier, d'une famille noble, portait en venant au monde une croix couleur de pourpre sur la poitrine. Il perdit son père et sa mère à l'Age oe 20 ans ; il alla à Rome en pèlerinage, y guérit un grand nombre de personnes affligées de la peste, et, à son retour, il s'arrêta à Plaisance, infectée de cette maladie. Roch en fut frappé lui-même, et, contraint de sortir de la ville, pour ne pas infecter les autres, il se retira dans une forêt, oii le chien d'un gentilhomme voisin, nommé Gothard, lui apportait tous les jours un pain. Guéri de la contagion, il retourna à Montpellier. Sa patrie était alors en proie aux fureurs de la guerre : pris pour un espion, il fut jeté dans un cachot, où il mourut le 12 août 1327. Cet article est composé d'après les traditions populaires, et sur des légendes de peu d'autorité : mais l'incertitudedes actes d'un saint ne conclut point contre son existence, ni contre l'idée générale de ses vertus et de ses miracles. Vop. sainte Catherine. Les altérateurs des légendes n'ont choisi que de vrais actes, de vraies histoires pour les embellir ; ils eussent regardé comme une impiété l'audace d'en supposer pour le fond, et ils n'auraient pas réussi à les faire recevoir ; ce n'est qu'en faveur des monuments et du culte déjà établi que ces impostures, qu'ils ont cru méritoires, ont pris faveur. Une excuse plus recevable est que, durant les dévastations des barbares, un grand nombre d'actes de martyrs, d'histoires édifiantes, etc. , ont péri, et que la piété des moines a cru devoir les remplacer par d'autres, rédigés sur la tradition ou sur le souvenir qu'ils en avaient conservé ; et comme ces sources n'étaient ni fort sûres, ni sutTisantes pour fournir à de grands détails, les nouvelles histoires ont été peu exactes, et dirigées eti partie sur les mémoires de l'imagination. On a une Vie de saint Roch par Diédo. Les curieux préfèrent sa légende publiée en latin, au commencement du xvi' siècle, par J.-D. Pins, évêque de Rieux. Voy. aussi le Recueil des Bollandistes et les Vies des saints de Butler et Baillet,
ROC
ROCHE (Jean de La), né dans le diocèse de Nantes, en 1656, entra dans la congrégation de l'Oratoire. Son talent pour la prédication se manifesta de bonne heure. Il remplit avec succès les principales chaires de la province et de la capitale. Il prêcha deux carêmes à la cour. Cet orateur mourut à Suresnes, en 1711, dans sa 35" année. On a de lui un Avent, un Carême, et des Mi/stères, en 6 vol. in-12; et 2 vol. in-12 do' Panéqyriques. C'est principalement dans ce dernier genre qu'il excellait. Son Panéqyrique de saint Augustin et celui de saint Louis, qu'il prononça devant l'académie française, furent applaudis lorsqu'il les débita, et plaisent encore lorsqu'on les lit. Ses Sermons sont solides, et l'Evangile n'y est pas défiguré parle vernis de nos orateurs h la mode. Ils sont écrits avec noblesse et avec élégance. — Les Œuvres complètes de La Roche ont été imprimées par M. Migne, éditeur de la collection des Orateurs sacrés: elles y forment 1 vol. in-4°.
ROCHE (Antoine-Martin) , ex-oratorien, né dans le diocèse de Meaux, quitta l'Oratoire à raison de son opposition aux décrets de l'Église, et mourut à Paris en 1755, avant la 50 année de son âge. On a de lui un Traité de la nature de l'ûme et de l'origine de ses connaissances, contre le système de Locke et de ses partisans, en 2gros vol. in-12, qui ont paru en 1759. Cet ouvrage solide et bien écrit mérite d'être lu.
ROCHE (Jacques Fontaine de La), grand partisan des convulsions, né l'an 1688 h Fontenai-le-Comte, mort en 1761, vécut à Paris dans une obscurité prudeUe. Il eut, depuis 1751, la principale part aux feuilles qui pai'aissaient toutes les semaines, sous le litre de A'owvelles ecclésiastiques. Il avait été pourvu d'une cure dans le diocèse de Tours ; mais il quitta la houlette pastorale en 1728, pour jirendre la plume satirique et fanatique d'un scélérat obscur, selon l'expression d'un auteur trèsconnu. Comme ce libelle a été continué, et qu'il a été longtemps la trompette du mensonge et de la calomnie, il ne .sera pas inutile de l'apprécier. En comparant les témoignages des jésuites, des jansénistes et de ceux qui se moquent des uns et des autres, il sera aisé de déterminer au juste le mérite de la gazette et du gazetier. Si l'on pouvait s'en rapporter aux jésuites, le nouvelliste réunit tous les vices. « Il est impie dans sa « morale, hérétique dans sa doctrine, calom- « niateur dans ses imputations, séditieux « dans ses plaintes, imposteur dans ses écrits, « ridicule dans ses déclamations, forcené dans « ses invectives, téméraire dans ses soup- « çons , absurde dans ses raisonnements, « faussaire dans ses citations, furieux dans « ses satires, fade dans ses éloges, insipide « dans ses plaisanteries... Son libelle pério- « dique est un trésor de mensonges gros- « siers, de blasphèmes horribles, d'impostu- « res atroces, de falsifications palpables, de « contradictions sans nombre, de platitudes « pitoyables. C'est là que des convulsions « diaboliques sont mises sur le compte du
ROC
ROC
« Tout-Puissant, et qu'on vomit contre les « vicaires de Jésus-Christ et leurs décisions, K contre les premiers pasteurs et leurs in- « structio'is, contre les gens de bien et leur « soumission h l'K^lise, les cidoinnii'S les « |iliis uti'ooi's, assaisonnées de toutes les ex- « pressions indécentes que peuvent su:j;;j:érer « la raj^o et la fureur à un frénétique (|ui n'a « ni ;lme ni éducation. L'infernal ga/.etii'i-, « dans sa retraite obscure, se nourrit 'ie son « infamie; il s'enveloppe de sa noirceur ; il « s'applaudit de sa méchanceté. Il ne s'hunuin nise que lorsqu'il faut faire l'oraison fuuè- «»bre de quelque maître d'école, de quelijui! « servante, qui auront eu le bonlieur de « niourii' en disant des injures au pape, en « faisant décréter leur pasteur, en se faisant « porter leur jugement et leur condamnation, « en vertu d'un exploit et sous l'escorle des « huissiers. » En un mot, si l'on en croit les jésuites, la gazette ecclésiastique est contraire aux premiers principes de la foi. de la raison, de la charité et de la probité. Si l'on s'en i'a|)porte aux écrivains qui ne sont ni jésuites , ni jansénistes , en particulier îi AI. d'Alembert, « le gazetier est un scélérat « obscur, qui se rend tous les huit jours cri- « niinel de lèse-majesté, par des libelles mé- « prisés; qui est tombé dans un excès d'a- « vilissement auprès des gens sensés, en « donnant le nom de miracles à des tours de « passe-passe dont le-; charlatans de la foire « rougiraient; en faisant l'éloge de ces filles « séduites, que des imposteurs ont ilressées « dès l'enfance pour jouer, h prix d'argent, « cett ■ farce abominable. C'est un blasphé- « mateur qui caloumie le vicaire de Jésus- « Clirist en citant l'Evangile ; qui ne parle « qiu) de la charité dont il viole toutes les « lois; qui vend tout. -s les semaines un li- « belle qui dégoftte aujourd'hui les lecteurs « les pins avides de satires ; qui ne respecte « ni les oints du Seigneur, ni les premiers « pasteurs de l'Eglise, ni les ministres des « souverains; qui distille, en un mot, son « venin sur les talents et les vertus qui ho- « norent la religion et que la religion consa- « cro. » Si Pou consulte enfui les jansénistes, dont il est le secrétaire et l'entrepôt, ils n'en font point un portrait plus flatteur. Le célèbre et modéré M. Duguet dit que Vauteur inconnu des Nouvelles ecclésiastiques .se rend coupable d'un attentat énorme. M. Petitpied, appelant, le caractérise ainsi : « L'auteur in- « sensé des Nouvelles ecclésiastiques, abin- « donnant les voies de la charité, n'a point « trouvé celles de la vérité. C'est un impu- « dent... qui n'a aucun discernement. C'est « un histoiien partial..., indigne de toute « créance... C'est un ingrat...; c'est un in'lo- « cile... ; c'est un rebelle... L'esprit de yer- « tige s'est saisi de lui... : c'est un furieux « qui attaque toutes les puissances ecclé- X siastiqui's et séculières, tous les corps et « tous les particuliers. Abbés, évoques, ar- « chovôques, cardinaux, papes, ordres reli- « gioux, magistrats, ministres, princes, rois, « rien n'est épargné par ce frénétique ; le « tiul coule de sa plume, le noir sang qui
« bout dans ses veines se répand... sur les « persoimes de tout état, de tout sexe, de « te ute condition. C'est un convulsionniste... « f.natique.Eu un mot, c'est un enragé, qui « déchire h belles dents depuis le sim))le « clerc jusqu'au souverain pontife, depuis « Neutelet jusqu'à Louis X'V, et tout ce qui « est (nitre ces deux extrêmes. » De ces trois portraits, on pourra choisir celui qui paraîtra le plus ressemblant et le plus flatteur. En voici un quatrième, tracé par une miin respectable à tous égards, par un des plus grands f)rélats qu'il y ait eu en France. M. de Montillet, archevêque d'Auch, dans son Instruction vraiment pastorale du 24 janvier 17G4, apjjrend ainsi à ses diocésains à se former une juste idée du gazetier ecclésiastique : « C'est un écrivain caché, inconnu : on ne « sait oiî il habite; cependant, du fond de « son repaire il lance incessaannent les traits « les plus envenimés contre tout ce qui lui « déplaît ; monstre déguisé sous les dehors « d'un défenseur du grand précepte de la « charité, il en viole toutes les règles; c'est « un fourbe, un imposteur, un calomniateur « décidé: vertu, mérite, puissance, dUtorité, « tout est en proie à la malignité de sa «plume; vrai ou faux, tout lui est égal. « pourvu qu'il nuise, qu'il déchire, qu'il « mette en pièces; rien ne le décide que « l'intérêt de la cause à qui il a vendu sa « plume, son hoimeur et son âme ; il est « connu par les siens, même sous ce carac- « tère : mais on a besoin d'un tel homme, on « le paye, on le mi'prise et on s'en sert. » Ecoulons encore d'Alembert {Dict. eneycl., art- Nouvelles ccclés.) : « Nouvelles ecclésias- « «î'^itM est le titre très-impropre d'unefi'uille, « ou plutôt d'un libelle périodique, sans es- « prit, sans vérité, sans charité et sans aveu, « qui s'imprime clandestinement depuis « 17:28, et qui paraît régulièrement toutes « les semaines. L'auteur anonyme di' cet ou- « vrnge, qui vraisemblablement pourrait se « nonuuer sans être plus connu, instruit le « public, quatre fois par mois, des aventui-es « do quelques clercs tonsui'és, de quelques « .sœurs converses, de quelques prêtres de « paroisse, de quelques moines, de quelques « convulsionnaires, appelants et réappelants; « de quelques petites fièvres guéries par « l'intercession de M. Paris; de quelques « malades qui se sont cru soulagés en ava- « lant lie la terre de son tombeau, jnirceque « cette terre ne les a pas étouffés comme « bien d'autres. Quelques personnes parais- « sent surprises que le gouvernement qui « réprime les faiseurs de libelles, et les ma- « gisfrats qui sont exempts de partialité « comme les lois, ne sévissent pas efllcace- « nunit conti'e ce ramas insipide et scanda- « leux d'absurdités et de mensonges. Un pro- « fond mépris est sans tloute la seule cause « de cette indulgence: ce qui confirme cette « idée, c'est que l'auteur du libelle périoili- « que dont il s'agit est si malheureux, qu'on « n'entend jamais citer aucun de ses tiaits; « humiliation la plus grande qu'un écrivain « satirique puisse recevoir, puisqu'elle sup-
ROC
ROC
« pose en lui la plus grande ineptie dans le « genre d'i^crirele plus facile de tous. » Après ces portraits divers, tracés par des mains non suspectes, ceux qui sont condamnés et calomniés dans ce libelle peuvent dire avec Tertullien : Taii dedicatore dainnationis nostrœ etiam gloriamur, Apolo,^'., c. 5. Après avoir fait connaître l'ouvrage, ajoute ici un biographe, continuateur de l'article de Fel- 1er, nous allons faire connaître l'aiitiHir. Chassé de sa cure, il vint à Paris en 1728, et fut accueilli par les frères Desessarts, dont la maison était ouverte k tous les appelants. Ils avaient commencé h envoyer dan^ les provinces des bulletins en faveur de l'app 1 ; ils s'adjoignirent, vers cette époqu". Fontaine, les frères Boucher, Troya et quelques autres, qui travaillèrent à ces bulletins ; mais Fo'itaine en demeura bientôt seul chargé. 11 se cotulamna pour cet etïct à une profonde retraite. Une dame Théodon, à ce que l'on croit, avait formé rim|irimerie secrète d'où partaient les écrits du parti, et c'était dans sa maison , près de la rue de la Parcheminerie, que s'imprimaient les Nouvelles, que le lieutenant de police de cette époque ne put jamais parvenir à arrêter. Fontaine mourut un 1761 ; mais sa mort ne fit point cesser le Journal. riuénin,dit de Saint-Marc, lui succéda et continua les Nouvelles jusqu'en 1793. Il avait d'abord eu comme réviseurs, Gourlin, Mey, Maultrot, et dans les derrière temps, il était secondé par Larriôre et Hautefage. De[)uis 1793, les NoiKelles furent continuées à Utrecht par Jean-Baptiste- Sylvain Mouton, ])rètre, né à la Charité-sur- Loire. Elles ne paraissaient plus que tous les quinze jours, et elles cessèrent totalement en 1803, l'abbé Mouton étant mort le 13juin de la môme année.
ROCHE (Jean-Baptiste-Louis de La), docteur de Sorbonne et prédicateur du roi, vivait dans le xviii' siècle. Il est auteur d'un grand nombre d'ouvrages qui supposent un homme instruit et un ecclésiastique pieux. 11 a publié : Les Psaumes de David, traduits et distribués pour tous les jours du mois, 1725, in-12; une frad. de l'Office des saints Côme et Damien, 1728, in-12; Œuvres mêlées, avec un discours sur le but que s'est proposé Virgile dans la composition de ses Bucoliques, et une traduction en vers français de ses Eglogues, « version faible et languissante, » au jugement d'un critique [Nour. Biblioth. d'un homme de goût, t. I", p. 90), Paris, 1732, in-12 ; Panégyrique de sainte Geneviève, 1737, in-.'i." ; Pensées, maximes et réflexions morales de La Rochefoucauld, avec des remai'ques, 1737, in-12 ; La belle vieillesse, oli les anciens quatrains des sieurs de Pibrac, Du Faur et Matthieu, sur la vie, la mort et la conduite des choses humaines, nouvelfe édition augmentée de remarques, 17i6, in-12; Eloqe funèbre de M. h duc d'Orléans, 1733, in-V ; Règles de la vie chrétienne, l7o3, 3 vol. in-12 ; Cosmographie pratique, in-12 ; Année dominicale, 8 vol. in-12; Heures nouvelles, in-i-I; Lettres littéraires sur divers sujets, 2 vol. ii1-12 ; Mémoires historiques et curieux, 3 vol.
in-12 ; Les OEuvres de la chair et les fruits de l'esprit, in-12; trad. du Bréviaire de Cîteaux, à l'usage des religieux de la Trappe, 3 vol. in-8 ; Mélanges de maximes, de réflexions et de sentences chrétiennes, politiques et morales, sur la religion, la inorale et In nature, 1769, in-i2;Entreticns sur l'orthographe française et autres sujets analogues, Nantes, 1778, in-8". Voy., sur quelques ouvrages qu'on lui attribue, le Dictionnaire des Anonymes, 2« édition. L'abbé de La Roche est mort à Paris en 1789. dms un âge fort avancé.
ROCHE (le P. Alain de La), ou Alain de Rupe. Vo''. Alain.
ROCHEBLAVE (Henri de), prédicateur de la religion prétendue réformée, né l'an 1663, fut ministre à Schaffhouse en Suisse, dès l'âge de vingt ans. Il passa ensuite en Irlande, et devint ministre de l'église française de Dublin, où il mourut eii 1709. On a de lui un volume de Sermons.
ROCHE DE Chandieu (La). Foî/. Chandieu.
ROCHECHOUART (Louis-Victor de), duc de Mortemart et de Vivonne, prince de Tonnay-Charente, fils de Gabriel duc de Mortemai t, né l'an 1636, servit de mnréchal-decainp k la prise de Gigeri en Afrique, l'an 166i, à celle de Douai en Flandre, en 1667, et an siège de Lille l'année d'après. Sa valeur le tit choisir pour conduire les galères du roi au secours de Candie, où il parut en qualité dégénérai de la sainteEglise, titre dont le pape Clément IX. l'honora. «,e pontife, pénétré de reconnaissance pour les services qu'il avait rendus à cette occasion, lui permit de porter dans l'écusson de ses armes, lui et sa postérité, le gonfalon de l'Eglise. Il ne se distingua pas moins dans la guerre de Hollande (1672), où il reçut une blessure dangereuse. Le bUon de maréchal de France, le gouvernement de Champagne et de Brie, et la place de général des galères, furent les récompenses de son courage, et le fruit de la faveur de la marquise de Montespan, sa sœur. 11 mourut en 1688.
ROCHEFORT (César de), jurisconsulte, contioversiste et lexicographe, né à Belley dans les premières années du xvii' siècle, termina ses études h Rome, et fut employé dans diverses négociations par le gouvernement français. Louis XIV^ le récompensa par le collier de Saint-Michel. Rochefort exerça ensuite les fonctions d'avocat du roi pendant les grands jours, plaida avec succès devant plusieurs parlements et mourut, vers 1690, à Belley. Il a laissé un volume de Controverses, publié d'abord sous le nom d'un de ses amis, et dont il donna à Lyon une seconde édition, augmentée des Conférences qu'il avait eues avec quelques ministres protestants; un Dictionnaire général des mois les plus usités de la langue française, avec les étymologies, etc., auquel sont joints des discours et des démonstrations catholiques sur tous les points contestés par les hérétiques, Lyon, 1683, in-folio.
ROCHEFOUCAULD (François de La), évoque de Senlis et cardinal, né l'an 1558, de Charles de La Rochefoucauld, de la même.
ROC
ROC
farailly que le comte François de La Rochefoucauld, qui fut chambellan des rois Charles VIII et Louis XII, se fit connaître avantageusement dès son enfance. Le roi Henri III réleva, en 1583, à l'évêché de Clerraont, qu'il gouverna avec beaucoup de sagesse. Le pape Paul V, instruit de son zèle pour faire recevoir le concile de Trente en France, et pour détruire l'hérésie, lui envoya le chapeau de cardinal en 1607. Louis XIII, ■voulant l'avoir plus près de sa personne, lui fit quitter l'évô.'hé de Clermont pour celui de Sentis, en 1613. Ce prélat travailla beaucoup pour la réforme des ordres de Saint- Augustin et de Saint-Benoît, et il eut le bonheur d'introduire la réforme dans son abbaye de Sainte-Geneviève-du-Mont. En 1625, on fit courir en France un petit livre qui avait pour titre : Jugement des cardinaux, archevê'ques et évéques sur les libelles diffamatoires (ces libelles étaient deux ouvrages où le cardinal de Richelieu était otfensé). Le parlement fit défense de publier aucun autre écrit contre ces libelles, parce que peut-être il supposait que c'était la véritable censure des prélats, comme M. Dupin l'a soutenu dans son Histoire eccle'siastique ; mais les prélats assemblés désavouèrent, le 27 février 1626, cet ouvrage, comrne n'ayant été lu ni vu par aucun des nommés au titre quil porte. Le cardinal de La Rochefoucauld justifia leur conduite dans un assez gros ouvrage intitulé : Raison pour le désaveu fait par ies évéques, etc., et l'adressa au roi. Il y montra que le livre désavoué est marqué au sceau du schisme. Il y a beaucoup d'érudition dans cetouvrage.il mourut en 16V5, à 87 ans. Les vertus de cet homme illustre, sa' piété et l'innocence de ses mœurs ne l'ont pas rais à l'abri des reproches et des iniures des jansénistes, et surtout de l'abbé de Saint-Cyran; ils lui ont fait un crime d'avoir fait du bien aux jésuites, d'avoir agi avec zèle dans les querelles excitées par le docteur Richer. Voy. sa Vie, 16i6, in-i% par le P. de La Morinière, chanoine régulier de Ste-Geneviève, ou celle qui a été donnée en latin, Paris, 1645, in-8% parle P. Rouvière, jésuite.
ROCHEFOUCAULD /Dominique de La), cardinal et archevêque de Rouen, naquit à Saint-Elpis, près de Mende, en 1713. Il était d'une branche pauvre et ignorée de la maison illustre de son nom, et il dut son changement de fortune à une circonstance heureuse. M. de Choiseul, évèque de Mende, en faisant la visite de son diocèse, ayant découvert cette famille, en parla à l'arc^ievêque de Bourges, M. Frédéric-Guillaume de La Rochefoucauld, qui la reconnut, la combla de bienfaits, et appela auprès de lui le jeune Dominique. Après qu'il lui eut fait faire ses études au séminaire de Saint-Sulpice, il le nomma son grand vicaire. M. l'abbé de La Rochefoucauld en exerça les fonctions pendant plusieurs années, jusqu'à sa nomination, en 1747, à l'archevêché d'Albi. Il fut ni^iMubre des assemblées du clergé de 1750 et l'îoS, où il soutint les privilèges de son corps ; et dans la seconde de ces assemblées
il fit adopter, dans les questions qu'on dis entait alors sur l'Eglise de France, des mesures conciliatrices. En 1757 il eut la riche abbaye de CJuny, et il passa au siège de Rouen en 1739. M. de La Rochefoucauld fut le premier qui adhéra aux actes de l'assemblée du clergé de 1765, et il présida celles de 1780 et 1782. 11 avait été promu au cardinalat le l"juin 1778. La Collection des Traités de Théologie de MM. Baston et Tuvache fut publiée sous ses auspices. Député aux Etats généraux de 1789, il présida la chambre du clergé et vota, ainsi que la majorité de son corps, pour la séparation des trois ordres, et ce ne fut que sur l'invitation expresse de Louis XVI qu'il se réunit au tiers état. Il déposa cependant sur le bureau une protestation pour la défense des droits de son corps. Il concourut à toutes les mesures que le clergé adopta, et présida les réunions tenues pour défendre ces mêmes droits , el dont le résultat fut l'écrit intitulé : Exposition des principes, etc. Les doctrines révolutionnaires avaient dans ce prélat un adversaire décidé, et il témoignait l'affliction qu'elles lui faisaient éprouver dans les lettres qu'il écrivait à un de ses plus intimes amis. On intercepta une de ces lettres, dans laquelle il s'élevait contre les innovations qui s'accomplissaient chaque jour, et il fut dénoncé en pleine assemblée, ce qui donna lieu à un grand tumulte. M. de La Rochefoucauld déclara avec fermeté que la lettre avait été en effet écrite par lui, et qu'elle contenait l'expression de ses véritables sentiments ; mais cet incident n'eut pas de suites fâcheuses. Le prélat refusa de prêter le serment civique, et on le remplaça, suivant les formes constitutionnelles du jour, quoiqu'il écrivît aux électeurs, le 23 janvier 1791, pour leur remontrer combien était irrégulière leur opération, et qu'il publiât, le 20 février, une Instruction pastorale contre la constitution civile du clergé. Il continua de paraître à l'assemblée, et se soumit sans murmure aux privations que lui imposait la perte de ses revenus. Le cardinal de La Rochefoucauld fut un des derniers à quitter la France. Il se rendit dans les Pays-Bas en septembre 1792, et demeura successivement à Maëstricht, à Bruxelles et à Munster, et, bien qu'il refusât, assure-t-on, les olfres de sa famille et celles de Pie VI, il trouvait moyen d'être utile aux malheureux. Il mourut'à Munster le 23 septembre 1800, à l'âge de 89 ans. Son Oraison funèbre, prononcée par l'abbé Jarry, a été imprimée.
. ROCHEFOUCaULD-MOMONT (François- Joseph DE La), et Rochefoucauld-Bayers (Pierre-Louis de La), frères, tous deux évoques, éprouvèrent l'un et l'autre le même sort. François-Joseph naquit à Angoulême en 1733. lî embrassa l'état ecclésiastique, et portait le nom d'abbé de Momont. Après ses premières études il entra au séminaire de Saint-Sulpice, fit sa licence de 1762 à 1763, et s'attacha à la maison de Navarre. En 1772, il fut nommé évêque-comte de Beauvais, et sacré le 22 juin. Elu député aux Etats-géué-