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raux en 1789 par iC clergé du bailliage de Clormont en Beauvaisis, il siégea dans l'assemblée constituante, n'y prit point la parole, mais vota constamment avec le côté droit, et resta attaché aux intérêts de la monarchie et de son ordre. Il fut, ainsi que son frère, du petit nombre des évêques qui n'émigrèrent point. Ayant été enfermé aux Carmes après le 10 août 1792, il y fut massacré avec son frère. — Pierre-Louis de La Ro- CHEFOucAULD-BàYERS, ué dans le diocèse de Périgueux le 15 octobre 174-4, avait aussi embrassé l'état ecclésiastique et avait été élevé à Saint-Sulpice. Il s'était attaché comme son frère à la maison de Navarre. Pendant son cours de licence, qui eut lieu de 1768 à 1770, il fut pourvu du prieuré commendataire de Nanteuil, sur la nomination do M. le cardinal de La Rochefoucauld, en sa qualité d'abbé de Cluny. Nommé à l'agence du clergé en 1775, il fit, pendant les cinq années que dura cette commission, divers rapports au conseil d'Etat, et la termina honorablement en 1780. L'année précédente il avait obtenu l'abbaye de Vauluisant. Il était d'usage que l'agence finie, les agents du clergé passassent à un évêché. L'abbé de La Rochefoucauld eut celui de Saintes, et fut sacré le 6 janvier 1782. Il gouverna sagement son diocèse et s'y fit aimer. Vers la fin de l'assemblée constituante, il vint à Paris pour y concerter avec ses collègues les mesures à prendre relativement aux affaires de l'Eglise de France. En 1792, dans la séance de l'assemblée législative du 4 juin, l'évoque de Beauvais fut dénoncé par le capucin Chabot, comme prenant part au prétendu tomité autrichien.
Cette réunion, qu'on a toujours regardée comme imaginaire, eût-elle eu quelque réalité, ceux qui ont connu l'évêque de Beauvais savent que personne n'était moinsijiropre à de pareilles aflaires, et moins disposé à y entrer. Néanmoins, pour donner moins de
f irise à la malveillance, les deux frères résourent de quitter Paris et se retirèrent à Soissons, chez leur sœur, abbesse de Notre- Dame. Un détachement de soldats révolutionnaires étant arrivé dans cette ville, ils surent que deux évoques étaient dans le couvent. Ils s'y présentèrent en force et demandèrent qu'on les leur livrât. On parvint à dissiper cet attroupement ; mais, la nuit, MM. de La Rochefoucauld, pour ne point compromettre leur sœur et ses religieuses, quittèrent Soissons et revinrent à Paris. L'évêque de Beauvais ayant été arrêté, son frère demanda à partager sa prison, et ils furent conduits aux Carmes. Dans les derniers jours d'août, le valet de chambre de l'évêque de Saintes parvint à s'introduire dans cette maison et annonça à son maître qu'il avait le moyen de l'en faire sortir, déguisé avec des habits qu'il apportait. L'évêque de Saintes lui demanda s'il pouvait aussi sauver son frère. La réponse ayant été négative, il refusa d'en faire usage. Tous deux furent massacrés le 2 septembre 1792, et firent partie des victimes de cette horrible journée. » C'est, dit Mathon de La Varenne, un tail-
leur d'habits, nommé Berthelot, qui tua les évêques La Rochefoucauld, et Martin Froment se fit un atroce plaisir de mutiler leurs cadavres , en leur coupant le nez et les oreilles. »
ROCHEFOUCAULD (Marie-Charlotte de La), religieuse bénédictine, abbesse de Notre-Dame de Soissons et sœur des précédents, naquit en 1732, et prit le voile fort jeune. Elle fut d'abord abbesse du Paraclet, maison fondée par Abailard, et dont Héluïse fut la première abbesse. Avant la révolution, les restes de ces deux amants y reposaient dans un même tombeau. Madame de La Rochefoucauld gouverna ce monastère pendant dix ans. En 1778, elle passa à l'abbaye de Notre-Dame de Soissons, l'une des premières de France par son ancienneté, sa riche dotation et la haute naissance de ses abbesses. Elle y faisait tout le bien que peuvent inspirer la religion et la charité chrétienne h un cœur naturellement généreux. Elle n'en eut pas moins sa part des jiersécutions dont les personnes de son état et de son rang furent l'objet. On a vu, dans l'article qui précède, qu'on vint chez elle à main armée pom- en arracher ses frères. On fit des visites et des perquisitions dans son couvent. Une petite imprimerie portative qu'on y trouva, qui servait aux passe-temps cîe l'évêque de Beauvais, et avec laquelle il avait imprimé quelques oraisons pour les religieuses, fut transformée par la société populaire en un instrument au moyen duquel on répandait des libelles. Madame de La Rochefoucauld, sortie de son abbaye avec une sœur infirme à sa charge, devenue ellemême aveugle, sans ressources, et livrée à des besoins de tout genre, l'ut un modèle de courage, de patience, de résignation chrétienne. Elle mourut le 27 mai 1800, âgée de 74 ans, après plus de quinze ans d'une pénible existence, dans le lieu même où elle avait fait un si saint et si noble usage de la richesse que la Providence avait mise entre ses mains.
ROCHER (PiERRE-JÉRÔMEJ, prêtre et confesseur de Louis XVIII, né à Chinon, en septembre 1751, fut de bonne heure orphe^ lin, et reçut d'abord les soins de deux ecclésiastiques. Il entra ensuite au petit séminaire d'Angers, puis au grand séminaire de Saint-Sulpice, et fut ordonné prêtre en 1776. Rocher fut successivement vicaire des deux paroisses de Tours, puis à Chinon, où il devint chanoine de Saint-Mexmes. Il était aussi supérieur des communautés religieuses de cette ville, et, le 24 avril 1790, il prit possession de la cure de Loches, qu'il perdit sous la révolution, pour avoir refusé le serment. Néanmoins il resta dans son diocèse, et fut incarcéré avec les autres prêtres insermentés. Lorsqu'on rendit le décret de déportation, Rocher se retira dans l'île de Jersey, où beaucoup d'autres prêtres et d'émigrés avaient aussi cheiché un refuge, y séjourna environ quatre ans, et se rendit à Londres, où il resta à peu près une année. Dans le mois d'août 1797, l'évêque de Saint- Pol-de-Léon l'envoya à Yaxley pour y ser-