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ments. L'avant-veille de sa mort il adressa à son clergé les plus touchants adieux, et comme s'il eût voulu ex|.ier par une hiimililé plus profonde sa magnificence passée, il répéta souvent sur son lit de mort : Mex frères, priez pour moi; je ne suis rien, moins que rien! Par son testament qui est un monument de bienfaisance et de piété, le cardinal fit des dons considérables au séminaire de Besançon, à l'église métropolitaine et aux pauvres , et il légua aux archevêques ses successeurs tous ses ornements pontificaux, son mobilier, sa chapelle évaluée à 150 mille francs , une riche bibliothèque et des tableaux précieux. Le duc de Rohan a laissé de [irofonds souvenirs dans le diocèse de Besançon. Dans les temps q li précé.èrent la révolution de juillet, son salon était devenu le rendez-vous de tout ce que la ville offrait de plus distingué. Les jeunes gens surtout étaient accueillis par le prélat avec une grâce affable qui les charmait. Plusieurs trouvèrent en lui un protei;teurzélé, et quelques-uns qui étaient sans fortune reçurent en secret de sa main de généreux secours. Nul ne sut jamais rendre la piété plus aimable par 1'. légance de ses manières, la bienveillante aménité de ses mœurs et la tolérance foule chrétienne qui le distinguait. Ami des arls, il encouragea puissamment les hommes c|ui les cultivaient. Zélé pour l'inslruciion du clergé, il s'appliqua à donner un nouvel essor aux études ecclésiastiques. L'ense.gnement du séminaire excita sa sollicitude, elil fonda une rente pour les améliorations qu'il avait projetées. Malgré l'influence des événements politiques, sa mort causa dans tout le diocèse une s?ns dion doulonrcuseï el profonde, et l'on vit couler des larmes sincères à ses funérailles. Ajoutons toutefois que les projets conçus par le prélat ne furent pas toujours accueillis avec sympathie ]iar une partie de son cle gé, et qu'il eut à combatire de vives résistances pour opérer les changements qu'il avait jugés utiles. Le duc de Rohan a laissé des Mandements et des Lettres pastorales, et il publia, sous le titre de Manuel, un livre de iirières qui est un véritable chef-d œu l're d'onction et de piété. Il parut à l'époque de sa mort une Notice sur le duc de Rohan, in-12 et in-18, et l'on a de M. le chanoine de Margui^rye une Oraison funèbre, qui, après avoir été prononcée dans la métropole de Besançon, fut imprimée dans cette vJle, 1833, in-8°.
ROI (Mariiv Le). Voy. CiOMuEnviLLE.
ROISSARD (l'abbé), prédicateur du roi, est auteur d un bon et utile ouvrage intilulé : La consolation du chrétien, ou Motifs de confiance en Dieu dans les diverses circonstances de la vie, 2 vol. in-12, imprimé pour la iiremière fois en 1775, très-souvent réimprimé en 1 el en 2 vol. in-12.
ROLEWINCK(Werner), nommé quelquefois Laerius ou. Larensis, parce qu'il est né en lV25,àLaer, bourg du diocèse de Munster, Se fit chartreux à Cologne en ihkl, et se distiligùa par sa science et par sa légùlanlè. Le grand nombre d'ouvrages qu'on a de lui, imprimés
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et en manuscrit, prouvent son assiduité au travail. 11 mourut l'an l'»92, victune de sa charité envers dos religieux de son ordre, infectés de la \<e<e, ou phitAt en lo02, comme le pense M. Daunou, auteur de l'aiticl(! Ruiewinck, de la Biographie universelle. Kntretous ses ouvrages on distingue : Fascicultis trmponun, Cologne, l'i-74, 1473, Louvain, 1V86, traduit en français par Pierre Farget, de l'o.dre île Saint-Augustin, 14-83, sous le Idrc de Fleurs des temps passés. C'est une chronique (jui va, dans l'édition de Louvain, jusqu'en 1480 et qui a été continuée jusqu'en 1514, par Jean Linturius, curé de HÔlf, dans la B isse-Autriche. 11 y a des éditions où l'on ne trouve pas l'histoire de la résurrection du chanoine qu on dit avoir occasionné la conversion de saint Bruno. Yoy. DiocKE. Libellus de venerabili sacramenio, Paris, 1513; De regimine principuiu, ou De opiimo génère gubernandi rempublicam. Munster, in-4°; Vita et mirncnla suncti Servatii, Cologne, 1472 ; Vita sancti Hugonis ; Dissertationes de martijrologio pascludique luna, 1472, in-4° ; des Sermons, des Commentaires sur quelques livres de l'Ecriture, etc. Quatre seulement des ouvrages de ce savant religieux, dit Feller, subsistent dans nos bibliothèques, savoir : Paradisus conscientiœ, Cologne, 1475, in-folio; Quœstiones thcologicm duodecim, ibid., 1475 ; De laude Weslphaliœ, sive de moribus et situ antiquorum Saxonum libri ni, in-4'', sans date ; 2' édition, Cologne, 1514 ; et Fascicuhts temporum. Ce dernier ouvrage, qui parut pour la première fois en 1474 , comme il est indiqué ci-dessus, eut un grand nombre d'éditions. On en com|)te 27 avant l'année 1501.
ROLLAND D'ERCEVILLE (Barthélemi- Gabbiel), naquit k Paris en 1734. Issu dune famille distinguée dans la magistrature, il suivit la même carrière, et fut successivement conseiller et président au parlement de Paris. Rolland cultiva en même temps la littérature, et publia plusieurs écrits sur différentes milières. En 1754, parurent ses Lettres d'un magistrat à Morénas, in-12, qu'il ne faut pas confondre avec les Lettres d'Eusèbe Philalèthe à Morénas, 1753, un gros vol. in-12; celles-ci sont de dom Clément. Deux des lettres dont nous parlons sont relatives aux procédures des parlements : l'auteur les désavoua, parce qu'on avait fait quelques changements à son manuscrit. Lors de nos troubles [)olitiques, il ne put les envisager sans eu témoigner son indignation. En 1790, i-1 protesta, comme [)lusieuis autres de ses collègues au parlement, conti'e les opérations de l'assemblée. Sa démarche n'eut d'abord aucun funeste résultat pour lui; mais les factieux, qui avaient désigné d'avance leui-s victimes, le dénoncèrent, pendant le l'ègne de la terreur, comme suspect et contre-révolutionnaire. Il fut arrêté, traduit devant le tribunal lévolutionnaire, condamné à moi't, et exécuté le 20 avril 1794, à l'Age de 64 ans. On a do lui : Lettre à l'abbé YelUj sur l'autorité des états en France, 1756, in-12 : Compte rendu des interrogatoires subis par-
devant M. d'Argenson, au commencement du xvnr siècle, par divers prisonniers détenus à la Bastille ou à Vincennes, et notamment de l'Histoire de l'abbé Blache, trouvée dans la Bibliothèque des jésuites, 1761'), 111-4" ; Lettre à M. l'abbé de Majainville ; etc., 1788. Le sujet de cette lettre nous force à remonter à la cause qui la ht écrire. Rolland avait joué un rôle très-actif dans l'expulsion des iésuites, et, en 1762, il fut chargé par le parlement de l'exécution des arrêts concernant la suppression de cet ordre, ainsi que d'installer l'université dans le collège de Louis-le- Grand. Sur ces entrefaites, un M. Rouillé des Filletières mourut, privant de ses biens ses parents, et les laissant à plusieurs légataires, parmi lesquels se trouvait un ex-jésuite. Les jiarents portèrent leurs [ilaintes au parlement ; un d'eux était Rolland d'Erceville, neveu de M. des Filletières, et c'est à cette occasion qu'il rédigea la lettre ci-dessus indiquée. Il y dit que le. testament lui fait tort de deux centmille livres ; que l'affaire seule des jésuites et des collèges lui coûtait de son argent plus de six cent mille livres ; et qu'en effet les travaux qu'il avait faits, et surtout relativement aux jésuites, gui n'auraient pas été éteints s'il n'eût consacré à cette œuvre son temps, sa santé et son argent, »ie devaient pas lui attirer une cxliérédation de son oncle. 11 joignit îi sa lettre les pièces du procès, que l'abbé de Majainville , principal légataire, gagna autant par la bonté de sa cause que par le talent de son avocat, le célèbre Gerlaier. Rolland d'Erceville lit paraître un Mémoire en sa faveur, signé Constant, Dorival et Jadeau, procureur, imprimé en 1781, et o(i il s'explique contre sa partie adverse avec asse^ de modération ; ce qui ne l'empêcha pas de perdre sa cause. Dissertation si les inscriptions doivent être rédigées en français ou en latin, 1782, in-8'' : l'auteur se prononce pour la seconde de ces langues ; Recherches sur les prérogatives des femmes chez les Gaulois, sur les cours d'amour, ainsi que sur les privilèges qu'en France les mères nobles transmettaient autrefois à leurs descendants, 1787, in-12 ; Discours prononcé à l'académie d'Orléans, iTë,S,i\\-k'' ; et un grand nombre de comptes rendus au parlement sur l'affaire des jésuites.
ROLLE (Reinhard-Henri), né l'an 1683, à Unna, dans le comté de la Marck, fut successivement prorecteur et professeur de philoso[)hie au gymnase de Dortmund (1712), professeur Ue philosophie ii l'université ue Giessen (1730) , fut nommé super-intendant ecclésiasti(jue , membre du consistoire et prédicateur de cette ville, et y mourut le 2 octobre 1708. On a de Rolle : L'ibliolheca nobitium theologorum, Rostock, 1709 ; Breviarium logicw sacra', 170î> ; Breviarium meta' phgsicœ sacrœ, 1709 ; Memoriœ philosophorum, oratorum, poclarum. historicorum et philologoriim a Lnlheri reformât ione ad nostra usque tempnra, Rostock et Leipzig, 1710. Cet ouvragt! fut lémipriiué sous le titre do Vitœ eruditissimorum in re litteraria viroruni ex monumentis rarissimis cotlectw a Conrado
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Henrici, eu 1713 ; Salomu a sccpticismi crimine defensui, Rostock, 1710 ; De autodidactis, Dortraund, 1711, in-i°; Prœkctiones metaphysicœ sacra: , Franifort et Osnabruck , 1714-, in-8° ; Memoriœ Tremonienses , sive viroruin erudilorum qui Trcmoniœ Westfalorum (Dortmundj clamer uni, etc., Dortiimnd, 1729, in-4°; Vindiciœ librorum ecclesiœ lutheranœ symbolicorum, ibid., in-4-°; etc.
ROLLER ( JosEPB ), né à Hohenstadt en Moravifi en 170i, entra chez les jésuites en 1720, et se distingua dans l'étude des belleslettres. L'éloquence de la chaire l'occupa sui-tout ; il l'enseigna pendant neuf années avec un succès extraordinaire ; il donna ensuite pendant un an des leçons sur l'élo- (fuence profane. A la sollicitation de ses auditeurs, il publia son traité : Eloquentia sacra et profana in geminos tractatus distrihuta, Ohnulz, 1752, in-8". C'est une excellente rhétorique, contenant les meilleurs principes et un bon choix d'exemples. L'auteur mourut à Waporzan en 1767.
ROI-LIN (Charles), historien et recteur de l'université de Paris, où il naquit le 30 janvier 1601, était tils d'un coutelier, et fut reçu maître dans la même profession dans son enfance. Un bénédictin de la maison des Blancs-Manteaux , dont il servait la messe, avant reconnu dans ce jeune homme des dispositions heureuses, lui obtint une bourse pour faire ses éludes au collège du Plessis. Charles Gobinet en était principal; il devint le protecteur de Rollin, qui sut gagner l'amitié de son bienfaiteur par son caractère, et mériter son estime par ses talents. Après aNoirfait ses humanités et sa philosophie au colli'ge du Plessis, il lit trois années (le théologie en Sorbonne ; mais il ne poussa pas plus loin celte étude, et il n'a jamais été que tonsuré. Le célèbre Hersan, son professeur d'humanités, lui destinait sa place. Rollin lui succéJa etrectivement en seconde en 1683, en rhétorique en 1687, et à la chaire d'éloquence au Collège royal en 1688. A la ♦jn de 109i, il fit fait recteur, place qu'on mi laissa pendant deux- ans pour honorer .-•on m'riie. L'université |)rit alors une nouvelle face : Rollin y ranima l'étude du grec; il substitua les exercices académiques aux tragédies; il introduisit l'usage, toujours observé depuis, de faire apprendre par cœur une :iartie de l'Ecritu e sa nte aux écoliers. L'abbé Vittement, coadjuteur de la priucipalité du collège deBeauvais, ayant été appelé à la cour, (it donner cette [dace à Rollin, (|ui gouverna ce collège jusqu'en 1712. Ce fut dans cette année qu'il se relira, jiour se consacrer à la comimsition des ouvrages qui ont il'ustré sa mémoire. L'université le clioisit une seconde fois pour recteur en 1720. L'académie des belles-lettres le iiossédait depuis 1701. Rollin mourut h Paris le li septeriibre 1741. Iléiait principalement estimable par la douceur de son caractère, par la simplicité île ses mœurs. Au lieu de rougir de sa naissance, il était le premier à en parler. Cest de l'antre des cyclopes, disait-il dans une épigrainme latine à un ne ses amis,
en lui envoyant un couteau, que j'ai pris mon vol vers le Parnasse. Ce n'est pas qu'il n'etit en même temps une sorte de vanité, surtout par rapport à ses ouvrages, dont les éloges emphatiques de ses partisans lui avaient donné une haute opinion. 11 disait naïvement ce qu'il en pensait ; et ses jugements , quoique trop favorables , étaient moins l'ell'et de sa présomption que de la franchise de son caractère. C'était un de ces hommes qui sont vains sans orgueil. Rollin parlait bien ; mais il avait plus de facilité d'écrire que de parler, et on trouvait plus de plaisir à le lire qu'à l'entendre. Son nom passa dans tous les pays de l'Europe. Plusieurs princes cherchèrent à avoir des relations avec lui. Le roi de Prusse, Frédéric le Grand, étant encore prince royal, entretenait une correspondance avec lui. Quand il fut monté sur le trône, il lui ('crivit pour lui annoncer son avènement. Rollin lui répondit par une longue lettre bien édifi.uite, où il lui détaillait les devoirs d'un roi chrétien. La réponse de Frédéric commençait à peu près ainsi : « M. Rollin, je trouve dans votre lettre les « conseils d'un sage , la tendresse d'une « nourrice , et l'empressement d'un bon « ami. » Plus bas il disa t : « Vos avis, mon « cher et vénérable Rollin, me sont beau- « coup plus utiles que les compliments faux « et souvent insipides des flatteurs. » Cette phrase dorait un peu la pilule; mais Rollin ne put digérer « la tendresse d'une nour- « rice. » Il rompit toute correspondance avec le roi, et il lui écrivit que, « comme il res- « pectait ses occupations importantes, il n'au- « rait plus 1 honneur de lui écrire. » Quant au mérite littéraire de cet auteur, on l'a trop exalté de son temps et on le déprécie tiop aujourd'hui. Ses principaux ouvrages sont : une édition de Quintdien , en 2 vol. in-12, 1715, à l'usage des écoles, avec des notes, et une préface très-instruc ive sur l'utilité de ce livre , tant pour former l'orateur que l'honnête homme. L'éditeur a eu l'atiention de retrancher de son ouvrage quantité d'endroits qu'il a trouvés obscurs et inutiles. Traité de la mani('re d'enseigner et d'étudier les belles-lettres par rapport à l'esprit et au cœur, 1726, en k vol. in-12, plusieurs fois réimiirimé. Cet ouvrage est recommandable par les sentiments de religion qu'il respire, parle zèle du bien public, par le choix des beaux iraits des écrivains grecs et latins, ])ar la noblesse et l'élégance du style : il ne peut être que très-utile aux instituteurs, et siTvir à former d'excellents élèves; c'est déjà par lui-même une bonne réfutation de la pédagogie moderne; il l'est davantage encore par les fruits qu'il a produits et qu'il produira toujours quand on le prendra pour guide. L'Histoire ancienne des Egyptiens, des Carthaginois, des Assyriens , des Babyloniens, etc., en 13 vol. in-12, publiés depuis 1730 jusqu'en 1738. Peu d'auteuis ont travaillé les annales du genre humain avec des intentions plus f)ures et plus sages, avec une dose plus marquée de cette simplicité et de cette bonhomie précieuse, infiniment [ilus
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attachante que l'amphigourisme du bel esprit. Si l'auteur a eu le malheur d'ôtre surpris p.ir une faction insidieuse, par d'imposants dehors, du moins il a su se défendre dans la composition de ses ouvrages histori(pies des impressions de Forreur. On s'est plaint avec raison que la chroiiologie n'est ni exacte, ni suivie; qu'il y a beaucoup d'inexactitudes dans hs faits ; que l'auteur n'a pas assez examiné les exagérations des anciens historiens; que son style n'est pas égal, et celte inégalité vient de ce que l'auteur a emprunté dans drs ouvrages modernes des vingt et trente pages de suite. Uicn de filus noble et de jilus épuré que ses réflexions ; mais elles sont répandues avec tro!) peu d'économie. L'Histoire romaine de puis la fondation de Rome jusqu'à la bataille d'Aelium. La mort l'empôclia d'achever cet ouvrage, que Crévier, !=on disciple, a continué depuis le 9' vol. L'Histoire romaine eut moins de succès que l'Histoire ancienne. On trouva iiue c'était plutôt un discours moral et historique qu'une histoire en forme. L'auteur ne fait qu'indiquer plusieurs événements considérables , tandis qu'il s'étend avec une sorte de prolixité sur ceux qui lui fournissent un champ libre pour moraliser; la traduction latine de plusieurs écrits théologiques sur les querelles du temps. L'auteur était un des plus zélés pai'tisans au diacre Paris; il ne rougissait pas de faire en son honneur un personnage parmi les coiivulsionnaiies sur le cimetière de Saint-Médard. 11 se glorilie lui-mèiue de cette dévotion dans ses lettres. Il laissa par son testament trois raille florins à la caisse destinée aux entreprises et à la dé|)ense du parti. Yoy. Nicole. Opuscules contenant diverses lettres, haranf/ues, discours, compliments, etc., l'aris, 1771, 2 vol. in-12; recueil ]ieu intéressant , et qui aurait eu besoin de [ilus de chiiix. L'abbé Tailhié a donné un Abrégé de l'Histoire ancienne, imprimé avec ti^ui'cs à Lausanne et à Genève en 5 vol. in-12. L'Histoire ancienne, l'Histoire romaine, elle Traité des études, ont é!é réimprimés en 17?i3, 16 vol. in-l°. En 1782, Bassoni|)icrre, inqirinieur de Liège, donna au public une trèsbelle édition de VHisloire romaine, avec la continuation, 10 vol. in-8'. M. Lelronne, de l'Institut, a donni'; une nouvelle édition des OEuvres de liollin, accompagnée de notes et d'observations historiques, Paris, Bidot , 1821, 3;) vol. in-8', avec atlas. M. Le iuien en a aussi publié luie édition de 1820 à 1827, en 30 vol. in-8', avec les notes sur les pi'iiicipales époques de l'histoire romaine et de l'histoire ancienne par M. Guizot. En 1818, l'Eloge de Rollin, de l'avocat Bei'ville, obtuit le prix pi'oposé par l'académie française : cet éloge a été juacé en tète de l'édition de Letronne. Ch. Gollln, iHOfesseur de l'université de Paris, connu par des productions latines estimées, et successeur de notre historien dans le principalat du collège de Beauvais, fit ces vers pour être placés au bas de son portrait :
Ilie esiiormand* solers cupidiisque-juventae
Assidiiiis monim ciillor ei ingi'iiii.
Yivus iiitliMC lioiiiimiin volilai regiialque pérora,
Faiiri' iileni leslis spictor ol i|isi' sii;c. Uliica pcrieiital gcnciosiiin glmia pc< lus,
Spargcre doclriiiaj qiias ciiiiuila\it opes
L'auteur du Génie du christianisme, qui a consacré un chapitre de son ouvrage à la gloire de lUillin , le termine par ces paroles : « Rollin esllcFénelon de l'histoire, et comme « lui il embellit l'Egypte et la Grèce. Les « premiers volumes de l'Histoire ancienne « abondent du gi'niie de l'antiquité. La nar- > « ration tlu vertueux recteur est pleine, sim- * « pie et tranquille; et le christ anisme, at- I « tendrissant sa plume, lui a do.iné quelque « chose qui remue les entrailles. Ses écrits « respi.cnt tous cet homme de bien, dont le « c(eur est une l'ète continuelle, selon l'ex- « pression merveilleuse do l'Ecriture. Nous « ne connaissons jias d'ouvrage qui remue « plus doucement l'Ame. »
RO.MAGÈRE ( Matuias Le Groing de La), évèque de Saint-Brieuc, naipiit à Sainî-Sauvier, diocèse de Moulins, d'une ancienne et noble famille. .\près avoir fait sa ph.losojih e et sa théologie à Saiiit-Sulpice, il i rit des grades en Sorbonne, dont il fut prieur. En 1783, il devint chanoine théologal et grand-vicaire de Châ'.ons-sur-Marne ; il fut aussi vi(aire général de Bourges et de Clerraont. A l'époque de nos tempêtes révolutionnaires, il montra une constance inébranlable. Il se vit d'abord chargé seul de l'administration du diocèse de Châlons, puis il fut contraint de se réfugier dans les bois". En 1793, il fut arrêté avec son frère, granilvicaire de Bourges , et tous deux furent enfermés dans les prisons d ■ Moulins. On les conduisit à Rochefort, dans les premiers mois de 179i, avi c soixanle-douze ]irôtres du département de l'Allier, condamnés comme eux <i subir la déportation au delà des mers. La Romagère, ne pouvant présumer que la barbarie des législateurs allAt jusqu'A permettre ou approuver les tortures infligées aux confesseurs de la foi, ex|iiima au capitaine du navire les re|iréscntations de ses compagnons de soutfiance. Celui-ci l'invita à lui remettre un Mémoire, qu'il [iromettail de présenter à l'administialion du district do Rochefoit. A peine La Romagère eut-il apporté ce Mémoire, que quatorze jirètres signèrent avec lui, que le capitaine, ei Iranl en fureur, condamna tous les signataires aux feis : on leur mit aux jambes des anneaux rivés sur le pont, et à la tile les uns des autres. La Romagère vit expirer h ses côtés plusieurs de ses compagnons, notamment son frère. La chute de Rob spierre lui rendit enlin la liberté, et il re;ourna dans son pays pour y travailler au rétablissemcit de la religion. Sacré évèque de Saint-Brieuc le 17 octobre 1819, il consacra le reste de sa vie au soin de son troupeau. Sa charité it son zèle lui gagnèrent l'alfection et le resoect de ses diocésains , qui se souviennent encore du dévouement dont il lit preuve lors
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de l'invasion du choléra. Le séminaire de Plougiiernével, la maison de retraite pour les prêtres infirmes, la caisse de secours, l'hospice des Frères de S.iint-Jean-de-Dieu, ï'iiislilution des Sourds-Muets, la publication d'im nouveau I réviaire, et d'autres œuvres utiles, ]irouvent que son é[)iscopat n'a pas été sans fruits. Le Groing de La Romagère est mort k Saint-Brieuc le 19 février 1841 , flgé de 85 ans.
ROLLVINCK ( Wernercs ). Yoy. Ro-
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ROMAIN (saint), diacre de l'église de Césarée, néd.ins la Palestine, souffrit le martyre sous l'empereur Dioclét'en. Commo il reprenait publiquement les chrétiens qui, pour éviter la rage des bourreaux, allaient dans les temples .-durer les faux dieux , il fut pris et mené devant le juge, qui le condamna à être brûlé. Elant sur le bûcher, attaché au poteau , et voyant que les bourreaux attendaient que l'empereur ordonnât d'y mettre le feu, il les iire^sa et leur demanla hardiment où était le feu. L'empereur, en étant averti, le fit ramener devant lui pour le conduuner à souffrir un autre supplice, et il ordonna qu'on lui coupât la langue, qu'il donna généreusement; il fut ensuite mené en prison et étranglé quelque temps après. — Il ne faut pas le confomire avec saint Romain qui fut décapité h Rome, la veille du martyre de saint Laurent, (pii l'avait instruit et baiilisé; ni avec deux autres martyrs du même nom.
ROMAIN (sa nt), en latin 7?omf/n)(s , l'un des fondateurs de rnl)baye de Saint-Claude, dans le Jura, né îi Isernore d ms le Rugey, au commencement du \° sièc'e, vécut d'abord longtemps dans le monastère d'Ainay , h Lyon, dans leqnel il était entré de bonne heure, puis obtint la permission de se retirer dnns un désert i)lacé au milieu de'^ gorges du mont Jura. Il y construis t une cellule, et défricha et cultiva un petit terrain. Sun frère Lupicin l'étant venu rejoindre dans ce lieu quelques années après, la réputation de leur sainteté leur amena en peu de temps un si grand nombre de disciples, qu'ils bâtirent dans le voisinage trois monastères et d'autres établissements , qui furent l'origine de la ville actuelle de Saint-Claude. Les deux frères gouvernèrent conjoiiitement ces divers monastères avec la plus grande union, quoique leur caractère assez différent portât Romain à adopter les voies les plus douces, et Lupicin les plus rigides. Romain mourut vers l'an hGO, et l'ut enterré au monastère de La Baume, couvent de femmes, où l'on observait la clôture la plus exacte, et qui devait également son origine à ces pieux solitaires. Le Martyroloqe romain marque la fête de saint Romain au 28 février.
ROMAIN (saint), issu de la race des rois de France, fut nommé à l'archevêché de Rouen en 626. Sa vertu et sa naissance lui acquirent l'estime des peuples. Il mourut en 6.3:). L'église de Rouen était dans l'usage de délivrer tous les ans un crimuiel le jour de l'Ascensioii. Ce droit, dont elle jouissait de
temps immémorial, est fondé, dit-on, sur le privilège qui lui fut accordé par un des rois de France, en mémoire de ce que saint Romain avait délivré les environs de Rouen d'un horrible dragon qui dévorait les hommes et les bestiaux. On sait que ces dragons tués sont souvent le symbole et l'expression des fléaux et des maux publics arrêtés par le courage, l'industrie ou la sainteté de quelque bienfaiteur do l'humanité.
ROMAIN, pape après Etienne VII, en 897, cassa la procédure de son prédécesseur contre Formose, et mourut vers la fin de l'année où il avait été élu. On a de lui une Epître. 11 eut pour successeur Théodore 11. Son riom était Gallesin.
ROMAN (l'abbé Jean-Joseph-ThérèseI, né h Avignon en 1726, vint h Paris à l'âge de 25 ans, fut attaché comme desservant îi la paroisse de Saint-Méry, et employa ses loisirs h la culture des lettres. Nommé vicaire général du diocèse de Vence, il demeura près de la fontaine de Vaurluse, où il continua ses travaux littéraires. Il entreprit avec lord Fitz-William différents voyages en Italie, en Allemagne, en Suède, en Danemark, etc.; fut agrégé à plusieurs sociétés savantes, et mourut dans sa patrie en 1787. On a de l'abbé Roman : un Essai sur l'art de traduire ; La mort d'Adam , tragédie, traduite de l'allemand de Klopstock, avec un Discoers préliminaire,Pans, t7(;2, in-12; \lnoculation, poème en quatre chants , Paris, 1773, in-8", où l'on trouve de la grâce et de la facilité ; Le Génie de Pétrarque, ou Imitation en vers français de ses plus belles poésies, précédées de la Vie de cet homme dont les actions et les écrits sont une des plus singulières époques de l'histoire et de la littérature moderne, Parme (Paris), 1778, in-S". Cette édition a été contrefaite à Avignon, dans la môme année, in-12. La Vie de Pétrarque, qui est à la tête de cet ouvrage, avec la traduction de la lettre de ce ])Oéte à la postérité , par Tissot de Mornas , ont été imprimées à Avignon en 18lj4, in-12, par les soins de M. Fortia d'Urban, et sous les auspices de l'athénée de Vaucluse ; Les Echecs, poëme en quatre chants, Paris, 1807, 1 vol. in-8°. Ce poëme est considéré comme supérieur à ceux qui ont été composés sur le même sujet par Vida, on latin ; par Ducchi , en italien , et par Cérutti , en français. Les vers de l'abbé Roman ont peut-être moins d'élégance que ceux des auteurs ci-dessus énoncés ; mais il a sur eux le mérite d'avoir traité celte matière avec plus de précision et de clarté. M. Aug. Couvret a fait précéder l'é îition qu'il a donnée de cet ouvrage de Recherches historiques sur le jeu d'échecs. Il a en outre laissé un autre manuscrit , qui , ainsi que le précédent, fut imprimé après sa mort, et qui a pour titre : Mémoires historiques et inédits sur les révolutions arrivées en Danemark et en Suède pendant les années 1770, 1771 et 1772, suivis d'anecdotes sur Is pape Ganganelli et le conclave tenu après sa mort, et d'un récit historique sur l'abdication de Victor- Amédée , roi de Sarduigne, par feu l'abbé Roman, témoin oculaire, et imprimé sur
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(les tnamtscrits autographes, ornés du portrait de Gustave, 1807, in-8°. Qiioique l'auteur n'ait pas été témoin oculaire de ces événements, ainsi que l'annonce le titre, comme il arriva, trois on quatre ans a;)rès , dans les contrées où les événements eurent lieu, il put se procurer de bons renseignements sur les révolutions qu'il a décrites, auprès des personnes qui en avaient été témoins, et des acteurs eux-mêmes. Cet ouvrage est trèscurieux ; mais l'auteur s'arrête un peu trop h peindre les scandales domestiques qui déshofjorent quelquefois les palais des grands. La première de ces révolut'ons est celle qui, depuis l'î70 jusqu'en 1772, éleva presque au rang suprême , en Danemark , le médecin Struensée, qui pér.t ensuite sur un écliafaud. et qui était le favori de Caroline Matliilde , Sieur de Georges III , roi d'Angleterre et femme de Cliristian VII , prince livré aux pla sirs, dont l'abus le rendit incap:;ble (le gouverner ses peuples. L'autre révolution e-t celle de Suède où Gustave I!I, secondé par la France, parvint, sans répandre une goutte de sang, à se saisir du pouvoir que le sénat avait usurpé depuis la mort de Charles XII, et pendant le règne d'Ulrique, sœur de ce monarque. Ce même siijit avait été traité [lar l'abbé iMi.clielesi, Sberidan, et le comte de Hordt. L'abbé Roman parle ensuite de l'abdication de Victor-Amédée, roi de Sardaigne. Ces Mémoires sont écrits d'uu stsio concis, rapide et |ilein de chaleur. Les anecdotes sur le pape G.ngane li n'olfrent pas beiucoup d'inérèt , et .semblent luôine déplacées dans cet ouvrage. L'abbé Roman a écrit aussi : plusieurs Discours sur la littérature, des Poésies fugitives, pour les journaux et l'almanach des Muses. Son caractère était doux, et il eut le bonheur de se faire, par sa conduite et par ses ouvrages , beaucoup de partisans et presque aucun ennend.
ROMBAULD (saint). Yoy. Rlmold.
ROMILLON (Elisabeth), de Lisle au comtat Venaissiu, perdit son mari et ses enfants dans un âge peu avancé. 11 ne lui resta de son mariage qu'une tille nommée Françoise, nce en lo73, qui se joignit à ele pour établir desreligieus. s, sons la règle du tiers ordre de Saint- François. Elle mourut en 1619, sans avoir eu la consolation de voir perfectionner cet établissement. Sa tille, Françoise de Barthelier, y mit la dernière main. Elle donna des constitutions à ses tilles, et les nomma Religieuses de sainte Elisabeth. Après avoir fondé plusieurs couvents de son ordre, elle retourna à celui de Paris, où elle mourut en odeur de sainteté l'an Ki^S.
ROMILLY (îean-Edme), pasteur, né en 1739,àGenève, où son père s'est fait une réputation comme horloger, mort dans la rietite paroisse de Sacconai le 29 octobre 1779, âgé de 41 ans, a fourni divers articles à la compilation uncyclopédique, entre autres les articles Tolérance et Vertu. 11 a aussi pul)lié des Sermons sur divers textes de l'Ecriture sainte, Genève, 1780, in- 8°. Les grandes vérités y sont solidement établies. Nous ne sommes
cependant pas de l'avis de l'éditeur, qui prétend en faire le manuel des catholiques : 1° parce que nous avons en ce genre des discours très-supérieurs, discours faits par les plus grands orateurs du siècle passé et de celui-ci; discour-: où la morale est unie au dogme qui lui doime la sanction, et parfaitement d'accord avec lui; 2' parce que, se prévenant pour un auteiu' d'une man ère quelconque, ne fût-ce que nour le style, on se prévient aisément pour la généralité de ses sentiments, même pour ceux que nous faisons profession d'ailleurs de rejeter. Cependant l'enchantement du style de Rorailly n'ira pas jusque là. Sa manière négligée et froide présente en même temps, par un contraste assez singulier, des expressions recherchées et des prétentions au bel-esprit.
ROMDALD (saint), fondateur et premier abbé de l'ordre des Camaldules, naquit à Ravenne vers 952, de la famille ducale des Honeoti. Séduit par les attraits de la volupté, il se livra à tous les charmes trompeurs du monde. La grâce le toucha enfin, et il se renferma dans le monastère de Classe, près de Ravenne, où quelques moines peu réguliers, gênés par sa vertu, voulurent le précipiter du haut d'une terrasse. Il fut obligé de se retirer auprès d'un ermite nommé Marin , qui demeurait aux environs de Venise. Ce solitaire récitait tous les jours le Psautier; et comme Romuald savait à peine lire. Marin, pour le rendre attentif et hâter les fruits des leçons, peut-être plus encore pour éprouver sa constance, lui donnait des coups de baguette sur la tète, du côté gauche. Le jeune solitaire, après avoir longtemps souffert, lui dit enfin de le frapper du côté droit, parce qu' il n'entendait presque plus de l'oreille gauche. Le vieillard admira sa patience, et le traita avec plus de douceur. Romuald bâtit plusieurs monastères, et envoya des religieux prêcher l'Evangile aux infidèles de Hongrie. Il partit lui-môme pour cette mission; mais il fut arrêté en chemin par une langueur qui l'empêcha d'ailer plus loin. Saint Romuald fonda, l'an 1012, lemouastère de Camaldoli eu Toscane; c'est de là que son ordre a pris le nom de Camaldule. Le saint fondateur rendit son âme à Dieu en 1027, à 75 ans, près de Val-de-Castro. Ses vertus lui avaient acquis une grande considération. L'empereur Henri II l'appela à sa cour en 1022; mais le pieux solitaire, après lui avoir donné de sages conseils, retourna dans sa chère retraite. Les censeurs du christianisme demandent si, pour se sanctitier, il est nécessaire de se retirer dans les déserts? Non, sans doute; « mais ce goût, « dit un auteur sage et équitable, que Dieu « a inspiré à des personnages très-vertueux, « n'a pas été inutile au monde. Ils ont dé- « friche et rendu habitables des lieux qui «étaient sauvages; la renommée de leurs « vertus a souvent tiré du désordre des hom- « mes qui seraient morts impénitents ; la soli- « tude est nécessaire à ceux iiour lesquels le « monde est un séjour dangereux, et il y au-