NEAU
ROYE (Guy de) , archevêque de Reims , fils de Matthieu, seigneur de Roye, grand maître des arbalétriers de France, d'une illustre maison originaire de Picardie , fut chanoine de Noyon, puis doyen de Saiiit- Quenlin, et vécut à la cour des papes d'Avignon avec beaucoup d'agrément. 11 s'attacha au parti de Clémenl VU et de Pierre de Lune, autrement Benoît XlL Ce fut |)ar leur cré'lit qu'il devint successivement évèque de Verdun, de Castres et de Dol, arclievùque de Tours, puis de Sens, et enfin archevêque de Reims, en 1391. 11 fonda le collège de Reims à Paris en 1393, tint un concile provincial en 14-07, et partit deux ans après pour se trouver au concile de Pise. Arrivé à Vo tri, bourg à 5 lieues de Gènes, un homme de sa suite prit querelle avec un honune de ce bourg, et le tua. Ce meurtre excita une sédition. Roye voulut descendre de sa chambre pour apaiser ce tumulte ; mais en descendant il fut frappé d'un trait d'arbalète i)ar un des haliitants, et mourut
de cette blessure, le 8 juin li09. Il laissa un livre intitulé : Doctrinale sapientiœ, traduit par un religieux deCluny, sous le tilre de Doctrinale de la sapicnce, in-4°, en lettres gothiques. Le traducteur y a ajouté des exemples et des historiettes contées avec naïveté. Le nom de Guy de Roye doit reste dans la mémoire des hommes qui chérissent les vertus é;iiscopales. Il laissa sa bibliothèque , précieuse pour le temps , à son chapitre de Reims, auquel il fit plusieurs autres dons, ain-^i qu'aux églises de Verdun, Dol, Tours et Sens.
ROYE (François de), fils d'un conseiller au présidial d'Angers , fut professeur en droit dans cette ville pendant plus de quarante ans, et y mourut honoré et estime en 168G. On a de ce jurisconsulte : Devita, hœresi et pœnitentia Berengarii, arcliid. Andegavensis : accedit Lociis Josephi de Christo vindicatus, Angers, 1636, in-4° ; Apologeticîis pro omnibus Galliarum antecessoribus contra Parisienscs canonici jurix professores, Angers, 1665, in-l" ; De jure pntronatus et de juribus honorificis in ecctesia libri duo, Angers, 1667, in-V; Nantes, 1743, in-4^ ; De missis dominicis, corum offtcio et potestate, Angers, 1672, in-4" ; Leipzig, 1744, et Venise, 1772, in-S" ; Institutiones juris canonici, Paris, 1681, in-12.
ROYER (Jean-Baptiste), évèque constitutionnel, était curé deChnvannes à l'époque de la révolution, et fut élu, en 1789, député suppléant du clergé du baiiliage d'Arras aux Etats généraux. 11 y suivit le parti révolutionnaire, prêta le serment civique, et devint peu de temps après évèque constitutionnel du département de l'Ain. Elu par ce département député à la Convention nationale, il y vota la détention de Louis XVI pendant la guerre et son bannissement à la paix. Il signa aussi la protestation du 6 juin 1793 contre les événements du 31 mai, et fut un des 73 députés qui furent mis ea arrestation sous Robespierre et réintégrés ajirès la cliute de ce tyran. Il passa au conseil des Cinq-Cents, et dénonça un mouvement royaliste dans la Haute-Loire. Il invoqua aussi la liberté des cultes, et sortit du conseil le 21 mai 1798. Nommé à cette époque évèque constitutionnel de Paris, il en exerça les fonctions jusqu'au concordat de 1802. M. de Boulogne avait écrit plusieurs art. clés pleins de raison et de sel sur les encycliques de Royer. 11 couvrit surtout de ridicule une lettre que l'évêque constitutionnel adressa à Bonaparte le 30 décembre 1799, et dans laquelle il lui demandait quo M. de Juigné, archevêque de Paris, fût rappelé. Après le concordat, Royer fut accueilli par Lecoz, archevêque de Besançon, qui le nomma chanoine de sa métropole. Royer se consacra particulièrement au service des hùpilaux, et mourut dans cette ville quelques années plus laid.
ROVER(CLAUi)E),curédeChAlons-sur-Saône avant la révolution, se jeta dans le mouvement, et fut nommé substitut de Fouquier- Xinville au tribunal révolutionnaire. Il avail
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proposé, dans une séance des Jacobins, de répartir l'armée révolutionnaire par département, déclarant qu'il ne faudrait que deux mille hommes comme lui pour purger la France du dernier des aristocrates. Il avait aussi dénoncé, dans une autre séance, un ouvrage intitulé : Hommage catholique rendu à la constitution. Pins Uu'à, quAnd les clubs eurent été abolis, Royer parut renoncer à la politique : il s'établit agent d'alTaires à Paris, où il est mort pendant la révolution. — On a d'un autre abbé RoYEBi (jui fut chanoine et théologal de Provins, YOraison funèbre de Louis XV, prononcée h Provins, 1774, m^k° ; et un Discours à la messe solennelle célébrée le jour du sacre du roi (Louis XVI), 1778, in-i°.
ROYER (Jeanne Le), sœur de la Nativité. Yoy. Nativité.
ROYÈRE (Jean-Marc de), évêque de Castres, naquit le 1" octobre 1727, au château de Bad, en Périgord, d'une famille noble, mais peu riche. L'abbé deBonneguise, grand vicaire de Cambrai et aumônier de la dauphine, se chargea de son éducation, et dirigea ses premiers pas dans la carrière ecclésiastique. Lorsque l'abbé de Bonneguise ftit nommé évèque de Cambrai en 1752, il emmena lé jeune de Royère avec lui, le lit grand vicaire , et ensuite archidiacre . En 1766, l'abbé de Royère fut nromu à l'évêché de Tréguier, où il se concilia l'estime et la vénération publiques par son zèle et par sa piété. Il établit dans son diocèse la dévotion au sacré Cœur de Jésus, et fit un nouveau Propre des saints. Transféré sur le siège de Castres, vacant en 1773 par la mort de M. de Barrai, il y donna de nombreuses marques de l'esprit de charité qui l'animait. Membre des assemblées du clergé de 1772 et de 1780, il prononça, dans la première, le discours d'ouverture, dans lequel il "traita de l'union de l'Eglise avec l'autorité civile. 11 fut député aux Etats généraux par son clergé, signa les actes de la minorité, puis revint à Castres où il fut chassé de son palais ; bientôt même il fut obligé de quitter cette ville. Après deux mois de séjour à Ax, il fut l'objet d'un mandat d'amener, et treize gendarmes se présentèrent pour l'exécuter. Un de ses amis le sauva. Ce prélat se rendit à Urgel, puis à Yich ; deux ans après il fut contraint de quitter ce séjour à l'approche des troupes françaises. Royère se rendit à Lisbonne, et résida dans l'abbaye d'Alcobaça, où il mourut le2i mai 1802, ajjrès avoir envoyé au pape sa démission qui lui avait été demandée. On trouve dans YAnn de la religion (l du roi, t. LX, p. 123, une Notice sur ce prélat, écrite par te supérieur du séminaire de Castres.
IIOYOU (Thomas-Marie), chapelain de l'ordre de Saint-Lazare, né à Quimper, vers 17'i.l, d'un honnête commerçant de cette ville, j)rofessa, pendant plus de 20 ans, la ]ihilosophie au collège de Louis le Grand. Après la mort de Fréron, il fournit plusieurs articles à Y Année littéraire , et, en 1778, il dirigea le Journal de Monsieur, qu'on parvint DicT. PE Biographie belig. III.