‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 170 sur 341 · RUE · texte numérisé non relu

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Bourgogne se préparaient secrètement h jouer cette dernière pièce; mais le P. de La Kup, en étant informé, les arrêta par son crédit, ne voulant pas que des pièces cora- ]iosées pourTex-ercice des écoliers, dans des vues de zèle pour la b mne insiitution de la jeunesse, parussent avoir été destinées îi un théiUre lubrique et corrompu. On était persuadé, de son temps, que VAnclricnnc, imitée de Térence, et jouée le 16 novembre 1703, était de lui, et non de Baron, et l'on est |iorté à le croire, quand on a comparé cette pièce à celles de cet auteur. Quatre livres de Poésies latines, Paris, 1668, 1680, in-12, et Anvers, 1693: ces poésies sont [ileincs de délicatesse et de sentiment, et l'auteur mérite un rang distingué sur le Parnasse latin : Barbou en donna plus tard une édition magnifique; wneédition de Virgile, avec des notes claires et précises, à l'usage du dauphin, 1682, en 1 vol. in-4°, et en 4 iii-12 ; et une édition d'Horace, avec des notes et une interprétation. On s'en servait pour l'ordinaire dans les collèges des jésuites. — M. l'abbé MIgne a publié, dans sa collection des Orateur> sacrés, les OEuvres (oratoires) complètes de Fénelon et de de La Rue, 18W, en 1 vol. in-4°, qui forme le XXVIII" tome de la collection.

RUE (D. Charles de La), bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, né à Corbie en Picardie, l'an 1684, fut l'élève du célèbre Montfaucon, et son rival pour la litléralure grecque. Il se fit un nom par sa nouvelle édition d'Orif/ène. Il en donna les deux i)remiers vnlumes, et il était prêt à pub ier le 3% lorsqu'il mourut à Paris en 1739, h 55 ans. — Dom Vincent de La Rue, son neveu, bénéilic.in delà raêmecoiigrégation, acheva, en 1752, cette édition, (]ui est en k vol. infol. Il avait partagé les travaux de son oncle, et mérité son esiime. Il mourut en 1762, après avoir publié l'ancienne Version latine de la Bible que l'on nomme italique, Reims, 1743-19, 3 vol. in-f ,1.

RUESNE (Jean-Baptiste de), curé doyen de Sainie-Waudru à M ns, né à Valenciennes en 1751, lit ses études l^ Valenciennes et à Douai, et reçut la prêtrise à Camhrai, le 28 septembre 1775. Après avoir occupé divers posies, il était curé de Condé h 1 époque de la révolulinn Lorsque les Autriiliiens, après avoir pris cetie ville, furent obligés île capituler avec les républicains, un ne irouva d'autie moyen pour sauver le curé, que de lui faire prendre l'ubilorme de sapeur dans les ran^s iie l'armée autr, chienne. Il fut ainsi conduit avec la gai-nison jusqu'au delà du Rhin, par an détachement trançais qui, à chaque étape, jiassait son monde en revue, de sorte que le danger il'êire reconnu recommençait chaque jour. Il exerça les fonctions du saint ministèie à Dusseldôrf, puis à Paderborn, et se familiarisa avec la langue allemande au point de pouvoir facilement prêcher aux naiionaux. Rentré en France en 1795, il se rendit utile, en bravant de nombreux périls, aux fidèles des diocèses de Cambrai, de Reims et de Soissons. L'archevêque de Cambrai, le prince Ferdinand de

Rohan, le nomma vice-doyen de Cambrai et grand vicaire pour une partie de cet archidiaconé. L'abbé de Ruesne, à l'époque du Concordat, passa dans le diocèse de Tournay, qui était en partie formé de démembrements de celui de Cambrai, et, en 1803, il fut nommé curé de Sainte-Waudru à Mons. C'est dans l'exercice de ces fonctions que la mort le frappa, le 10 juin 1838, à l'âge de 87 ans. L'abbé de Ruesne avait publié, avant la révolution, un ouvrage intitulé: Le Manuel du vrai catholique, par un missionnaire, II tomes grand in-12, l'un de 390, l'autre de 370 pages, qui sont ordinairement réunis en un volume. On peut consulter ÏAmi de la relif/ion, tome XCVIII, n" du 11 aoîlt 1838, et tome C, n° du 8 janvier 1839. Il y est dit que l'abbé de Ruesne avait été connu dans les premiers temps de son sacerdoce sous le nom de iM. Diecdonné.

RUEUS (François), médecin, natif de Lille, mort en i6>6, est connu par un traité intitulé: De gemmis, iis prœse'rtim quorum D. Joannes in Apocalypsi meminit, etc., Paris, 1547; on le trouve aussi avec le traité : De occultis naturœ miraculis, de Lemnius. On voit par cet ouvrage qu'il avait fait une étude particulière de l'histoire naturelle, et qu'il était versé dans les belles-lettres.

RUF (saint), Romain de naissance, florissait dans le ni' siècle, et fut le premier évoque d'Avignon. Le détail de ses actions est peu connu, mais l'i iée générale de ses vertus s'est conservée parmi les chrétiens. Il est nommé, sous le 12 novembre, dans le martyri)loj,e de Bède, d'Adon, d'Usuard, et dans le roma'n. On garde ses reliques dans la calliédrale d'Avignon. Une célèbre congrégation de chanoines réguliers a porté son nom; mais dans ces dernières années, n'ayant plus le nombre suliisant de sujets pour soutenir la conventualité, elle a été supiirimée.

RUFFELET (Christophe-Michfl), chanoine de la cathédrale de Saint-Brieuc, né dans cette ville le 11 janvier 1725, mort le 21 août 1806, employait tous ses loisirs à la culture des lettres et des sciences. 11 avait formé une très-belle bibliothèque, qu'il lé.^ua à l'évêché de Saint-Brieuc. Indépendnmment d'un Propre de Saint-Brieuc, et de Réflexions critiques sur le Précis de l'histoire de Carhaix |jar La Tour-d'Auvergne, insérées dans le Dictionnaire historique et géographique d'Ogée, au mot Carhaix, on a de l'abbé Ruffelet : Annales Briochines, ou Abrégé chronologique de Ihistoire ecclésiastique, civile et littéraire du diocèse, enrichi de plusieurs notes historiques, géographiques et critiques, Saint- Brieuc, 1771, in-24.

RUFFO (Fabrice-Dems), cardinal, surnommé en Italie le général-cardinal, naquit à Naples, le 16 septembre 1744, d'une famille ancienne et iiluslre, dont le chef porte le litre de duc de Baranello, mais qui, à cette époque, ne possédait pas une fortune considérable. Le jeune Fabrice, n'étant pas l'aîné, fut desiiné à l'état ecclésiastique : il se rendit à Rome, i)lut au pape Pie VI, qui le

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nomma son trésorier général, et s'occupa avec succès de plusieurs parties de l'adininistration. Devenu cardinal-diacre de Sainte- Marie inCosmcdino, le 21 février 1781, il retourna îi Nnples, et le roi lui donna l'intendance du château de Caserta. Il s'y livra d'abord à l'agriculture; mais, l'armée française s'étant emparée des Etats du pajjc, et ayant forcé le roi de Naples à se retirer en Sicile, le cardinal l'y suivit. 11 s'était opposé à la guerre, et les désastres de l'armée napolitaine avaient justifié ses craintes. Acton, alors premier ministre, crai^niaiit qu il ne s'emparAt de l'esprit de la reine et du roi, chercha à réloi'^ner, et le proiiosa comme niopre îi déterminer une insurrection en Calabre, préparée depuis (pielque temps pur le parti royaliste, afin de forcer h s Français à évacuer le royaume de Naples. Le cardinal ne fut jioint la dupe de l'intrif^ant Acton; mais, doué de lieaucoup d'énergie et d'un caractère bellii|ueux, il osa se charger de cette périlleuse mission, dans l'espoir de rétablir le roi, son maître, sur le trùne de ses ancêtres. Muni de pleins louvoirs, il partit avec cinq hommes d'escorte -, bientôt il en eut cent. Entin, il parvint à former une armée de 25,000 hommes bien déterminés, avec lesquels il se porta d'abord sur Mon'teleone, où s'étaient enfermés les répulilicains des contrées environnantes. Cette ville fut attaquée avec vigueur et défendue avec courage; néanmoins elle fut forci'e de se rendre à discrétion et livrée au pillage. Cet exemple de sév.'rité remplit de terreur tout le pays, et le caidinal ne marcha plus que de victoire en victoire jusqu'aux portes de Naples, où il pénHra avec le secours des Russes, après avoir couru les plus grands dangers, et conclu avec la junte napolitaine une capitulation, d'après laquelle les patriotes devaient être embarqués et envoyés h Marseille; il écrivit à la cour pour l'engagera des sentiments de modération envers des ennemis qui n'étaient plus à craindre; mais on l'accusa de trop d'indulgence pour les républicains, et même on lui re[irocha d'avoir déployé peu de zèle pour relever la couronne. La capitulation ne fut point observée par les Anglais débaïqués avec le général Nelson, et il périt un graml noml)re de personnes, victimes d,; vengeances et de haines politiques. Le cardinal voulut vainement s'opposera ces exécutions ; il tomba dans la disgrâce, et Ferdinand lui doinia un successeur. Cependant, ce prince revint bientôt de son erreur, et nomma Kulîo ministre plénipotentiaire à la cour de Rome. Ajjiès l'enlèvement du saint-père, Bonaiiarle le lit venir à Paris, lui donna la croix d'honneur, et sembla le distinguer des autres cardinaux. No s'étant pas montré assez docile aux volontés du despote, il fut exilé à Bagnenx, près de Sceaux ; il assista néanmoins au mariage de l'emiiereur, et ne partagea point les nouvelles rigueurs dont furent frappés les cardinaux. A la restauration de 1814, il retourna à Rome, et Pie Vil l'accueillit avec bienveillance ; il revint ensuite à Naples, où

il fut mal reçu du roi qui lui devait sa couronne. Le cardinal Ruffo rentra dans ses possessions, s'y livra à des plantations et autres opérations agricoles, et ne rentra au conseil qu'en 1821, après le rétablissement du pouvoir absolu à Naples. Il est mort dans cette ville le 13 décembre 1827, avec la réputation d'un honnne habile et plein d'énergie. 11 était très-instrnit, et sa conversation était aimable (t spirituelle. Il ne fut toujours que cardinal-clerc, et jamais il ne reçut l'ordre de jirèlrise. On lui a reproché des exécutions ciaielles dans sa conquête du loyaume de Naples ; m;ns il faut plutôt les attribuer à la horde de brigands qu il avait été obligé d'admettre da'is son armée ; ce qui le pr luve, c'est que depuis il s'est toujours fait remari|uer |)ar la modération de ses opinions. On a de lui plusieurs ouvrages en italien, sur les manœuvres des troupes et les équipements de la cavalerie ; sur les fontaines, les canaux, et sur les mœurs de différentes sortes de pif/eons.

RUFFO (Locis', parent du prerecfi'nt, né le 2o août 1750, à Saii:t-Onuphre, fief de sa maison, était de la branche de cette famille, dont le chef ]3orte le titre de prince deScilla. Le IG février 1803, il fut créé cardinal-prêtre du titre de Sainte-Marie-des-Monts, et l'année suivante il succi-da au cardinal Zurlo dans l'archevêché de Naph'S. Par suite de son refus de prêter seraient, en 1806, au nouveau roi Joseph Bonaparte, il dut se retirer à Rome, et il ne l'ecouvra son siège qu'en 181V. En 1820, il se montra d'aliord favorable à la constitution proclamée, et il ex|irima ses sentiments dans un mandement ; néanmoins il jirolesta dans deux adresses au iiailement contre la liberté des cultes et la suppression de la censui'C ecclésiasti{(Lie. Ferdinand I" le nomma chi'f de l'université et de l'instruction publique ; mais il fut remplacé, peu de temps après, ]iar Rosini. Rull'o était depuis longtemps atteint d'une surdité presque complète, lorsqu'il mourut, le 17 novembre 1832, à Naples.

RUFIN (Tyranmus), prêtre d'.\quilée, né vers le milieu du iv siècle, à Concorde, petite ville d'Italie. Il cultiva son esprit par l'étude des belles-lettres et surtout de l'éloquence. Le désir de s'y rendre habile le lit venir à Aquilée, ville si célèbre alors, qu'on l'apfielait communément la seconde Rome.

Après s'être rendu habile dans les lettres humaines, il pensa aux moyens d'acquérir la science des saints, et se retira dans un monastère de cette ville. Saint Jérôme revenant de Rome passa par Aquilée, et se lia par une amitié étroite avec Rutln ; mais il lui dit adieu pour parcourir les provinces do F'rance et d'Altemagne, d'où il se retira en Orient. Rulin, inconsolable de l'éloignemenl de son ami, résolut de (piitter Aquilée pour l'aller chercher. Il s'embar(]ua pour l'Egypte, et visita les solitaires qui en habitaient les déserts. Ayant entendu parler de la vertu et de la charité de sainte Mélanie l'ancienne, il eut la consolation de la voir à Alexandrie, où il alla pour écouter le célèbre Didyrae. La

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piété qno Mélaiiie remarqua dans Rufin l'engagea à lui donner sa contiance, qu'elle lui continua pendant tout le temps qu'ils restèrent en Orient, c'est-à-dire environ 30 ans. Les ariens, qui dominaient sous le règne de Valens, firent soutl'rir à Uufui une cruelle persécution. Il fut mis dans un caihot, chargé de chaînes, tourmenté par la faim et par la soif, et relégué dans les lieux les plus affreux de la Palestine. Mélanie, qui employait ses richesses à soulager les confesseurs qui étaient ou en prison ou exilés, racheta Ruliu avec plusieurs antres, et se retira avec lui en Palestine. Saint Jérôme, croyant que Rutlu irait aussitôt après h Jérusalem, écrivit à un Je ses amis qui y demeurait, pour le féliciter du honneur qu'il allait avoir de posséder un homme d'un si grand mérite. « Vous verrez, dit-il, briller en la per- « sonne de Rufin des caractères de sainteté, « au lieu que je ne suis que poussière. C'est « assez pour nioi de soutenir avec mes f,ii- « hlesyeux l'éclat de ses vertus. Il vient de se « puritier encore dans le creuset de la persé- « cution,etil est maintenant plus blancque la a neige, tandis que je suis souillé de toutes « sortes de péchés. » Rufin, étant arrivé en Palestine, em[)loya son bien à bâtir un monastère sur le mont des Oliviers, où il assembla eu peu de temjis un grand nombre de solitau'es. Il les animait à la vei'tu par ses exhortations ; et, outre ce travail, il était encore souvent appelé par les premiers jiasteurs pour instruire les peu|iles ; car il avait été élevé au sacerdoce par Jean, évèque de Jérusalem, vers l'an 388. Il convertit un grand nombre de pécheurs, réunit à l'Eglise plus de iOO solitair(,'S qui avaient pris part au schisme d'Anlioche, et engagea plusieurs macédoniens et plusieurs ariens à renoncer à leurs erreurs. Son séjour en Egypte lui a3antdoimé la facilité d'apprendre la langue grecque, il traduisit de cette langue en latin divers ouvrages. Son attacheme'ht au jiartid'Origène le brouilla avec saint Jérôui(\ qui non-seulement rétracta les éloges qu'il lui avait donnés, mais l'accabla de reproches. Leurs divisions furent un grand scandale |)Our les faibles. Théophile, amide l'un etde l'autre, les raccommoda ; mais cette réconciliation ne fut pas de longue durée. Rufin, ayant publié à Rome une traduction des Principes d'Origène, fut cité par le pape Anastase ; mais il allégua quelques prétextes pour se dispenser de paraître, et se contenta d'envoyer, en 400, à Anastase son Apologie, où il s'expliquait d'une manière orthodoxe sur les erreurs que l'on reprochait à Origène. Saint Jérôme écrivit contre la traduction des Pri'Hfi/jf'i-, et Ruliu litunc A|iologie éloquente, dans laquelle il déclai-a qu'il n'avait prétendu être ciuo simple traducteur d'Origène, sans être le garant de ses erreurs. Saint Chroraance d'Aquilée et saint Augustin écrivirent à saint Jérôme pour l'exhorter à la paix, que la conduite indiscrète de Rufin avait troublée, en paraissant favoriser des erreurs. La plupart des historiens ecclésiastiques disent que Rufin a é^é excommunié par le pape Anas-

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tase ; mais dom Ceillier, dom Constant et Fontanini paraissent avoir prouvé le contraire. Il est vrai qu'il est fait mention de l'exccmmunication de Rulin dans quelques éditions de la Lettre du pape Anastase h Jean, évoque de Jérusalem; mais il est visible que c'est une inteipolation : ce passage contredit le reste de la lettre où Anastase déclare qu'il laisse à Dieu à jug'T de l'intention du traducteur. En 407, Rufin retourna à Rome; mais l'année suivante, cette ville ayant été menacée par Alaric, il passa en Sirile, où il mourut vers la fin de l'an 410. On a de lui: une Trad. des OEuvres de l'Iiislorien Josèplie ; celle île plusieurs écrits d'Origène ; une Version latine de dix Discours de saint Grégoire de Nazianze et de huit de saint Basile. Quand on compare sa traduction avec le texte grec, on voit combien il se donnait de liberté ^ n traduisant. Saint Chromace d'Aquilée l'avait engagé à traduire l'Histoire ecclésiastique d'Eu>èbe, Utrecht, 1474, in-fol., édition princeps, Rome, 1746, in-fol. Ce travail fut achevé en mouis de deux ans. Il fit plusieurs additions dans le corps de l'ouvrage d'Eusèbe, elle contiuia depuis la 20' année de Constantin jnsqu'àla mort du grand Théodose. Il y a plusieurs endroits qui paraissent écrits avec peu de soin, et des faits que Rufin semble n'avoir rapportés que sur des bruits populaires : il en a omis d'autres très-importanis ; mais on doit lui savoir g(é d'avoir le premier composé l'histoire suivie d'un temps où il s'était passé tant de choses remarquables. Un Ecrit pour la défense d'Origène; deux Apologies contre saint Jérôme ; des Commentaires sur les bénédictions de Jacob, sur Osée, Joël et Anios ; plusieurs Vies des Pères du désert; el'es forment le second et le troisième livre d s Vies des Pères du désert, nidjliies pat Rosweyde ; une Explication du symbole : c'i'St de tous les ouvrages que Rufin a donnés celui (fui lui a fait le plus d'honneur, et qui a été le plus utile à l'Eglise. Ses ouvrages o'il été im; rimes h Paris, en lo80, in-folio, par les soins de Laurent de La Baire [voy. sa Vie et son Apologie en 2 vol. in-12, par dom Gervais, Paris, 1724). Dom Ceillier, le cardinal Noris, Fontanini, dans son Ilistore littéraire d'Aquilée, et Cave, oui peint Uutin d'une manière fort intéressante. — Il ne faut pas le confondre avec Rlfin, qui, étant venu de la Palestine à Rome en 399, inspira ses erreui s sur la grâce à Pelage et à Célestius. Ce Rufin, né en Syrie, survécut à Rufin d'Aquilée. On trouve sa Profession de foi dans les dissertationsduP.GarniersurMarius Mercalor. Il ava t été disciple de Théodore de Mopsueste, regardé comme le premier père du pél.igianisme.

RUGGERi (Come), astrologue florentin, se rendit en France dans le temps que Catherine de Médicis y gouvernail. Ses horoscopes et ses intrigues lui obtinrent l'abbaye de Saiiit-Mahé en Basse-P «stagne. Accusé, eu 1574, d'avoir conspiré contre la vie du roi Charles IX, il fut condamné aux galères, doùla reine-mère le tira peu de temps après.

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Il commpnça ii publier des AlmanachseniGO\, ospèce d'ouvrage qui s'est étrangement multiplié en France. Cet astrologue mourut en 1G15. Son corps fut traîné à la voirie, parce qu'il avait eu l'impiété de déclarer qu'il mourait athée. On publia, en l'an 1615, V Histoire /pouvdnlablc de deux magiciens étranglés par le diable. Uuggeri était le premier, et un nommé César le second.

RUGGIERI (CoNSTANTix), philologue italien, né à Sant-Arcangelo près de Uavenne, en 1714, étudia le droit et exerça d'abord la profession d'avocat ; mais il y renonça bientôt pour s'adonner entièrement à l'étude des antiquités, surtout de celles du moyen âge qui se rapportaient à l'histoire ecclésiastique. Entre ses ouvrages qui sont pleins d'érudition, l'un des jjIus importants est l'histoire sacrée et profane de Bologne, écrite par ordre de Benoît XIV, et dont l'institut de celte ville acheta le manuscrit après la mort de l'auteur. Buggieri, qui avait été appelé h diriger rimjirimerie de la Propagande, mit (in lui-même à son existence, d'un coup de pistolet, à Home, le 11 novembre 1780, p:ir suite du dérangement d'esprit que lui causa la mort du cardinal Spinelli, son protecteur. On a de lui : De Portaensi saiicti Hippolyti rpiscopi et marlyris sede, Rome. Cet'e dissertation, composée par reconnaissance pour le cardinal Odoboni, évoque de Porto, qui l'avait pris pour son bibliothécaire, fut arrêtée à la page 80, jiar suite du manque de fonds pécuniaires ; Disquisitio de Albanensi sancti Innocenta J palrin, ibid. ; De rébus gestis B. Gregorii X, ponlifîcis ; Disguisitio de Aruaido deFungcriis, Petro Gomcsii, Bertrando de Deiicio, episcopis Sahin., dans le tome XX de la Raccolta Calogeria-ia ; Testimonia de B. Nirolao Alberguto episcopoBononiensi, Rome, 17-V4; réimp. parmib'sOEuvres de BenoitXlV, par l'ordre duquel l'auteur l'avait écrit ; Disserldtioncs très de ecclesiastica liierarcliia, et «(»« de arcani disciplina; ces discours furent composés |)Our l'aradémie ecclésiastique qui se rassemblait chaque semaine dans b' palais du Quirinal en présence de Benoit XIV ; Osservazioni criliche sopra il monistero di sunta Maria Vallis Josaphat, nella diocesi di Cosenza, écrites pour le cardinal Sjiinelli, ancien archevêque de Naples ; Dissertazinne inlorno al monistero di Brtisfeld, nello stato di Jirunsrick, pour le mèmi' cardinal; Relazione dcir origine, regolamento e stato présente dclla stamperia di Propaganda, Otivrage composé d'après les décrets de la congrégation, les mémo res de Mgr Ingoli, qui eu fut le fondateur, et d'autres moiuunents authentiques ; Meinoria di fiitlo circa il corso de Maltesi contro gl' infideli, ib\d., où l'auteur se propose de prouver qu'en aucun temps il n'a été permis aux Maltais d'attaquer les bAtiments chiéliens d'Orient, quoique apijartenant aux ég ises schismatiques, ni d'arborer le drapeau de leur grand-maître ou d'autres jirinces étrangers ; Osservazioni supra l'nso e la forma degli ombrelli, oppressa gli untichi, tanto gentili elle cristiani, ibid., en réponse à uu écrit du P. Paciaudi sur le même sujet ;

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Dissertnzione critica circa il numéro e l'nutenlicità degli atti di santa Barbara, etc., où l'on examine la patrie de cette sainte, ainsi que le lieu et le temps de son martyre, d'après deux manuscrits des bibliothèques Valliccllana et Casanatense; Regcsti instrumentornm monasterii sanctorum Andrcœ et Gregorii in Cliva Scauri, Rome, 1753. Une partie de ces cliartesa été reproduite par Mittarelli et Costadoni, dans leur grand ouvrage, Camaldulensium Annalium, tome I, lib. ii ; Notizie antiche délia città d'Ancona, où l'auteur donne l'explication de plusieurs anciens monuments ; Dell' autorità e valore de' dialoghi di S. Gregorio Magno ; Metodo facile per fare ntilmente le occorrenti ricerche negli archivj di Roma ; etc. Plusieurs des productions de Ruggieri ont été imprimées sous le nom de Niceta Aletofilo. On peut voir sur cet auteur le Commentarius in Vitam Conslantini Ruggerii, d'Amaduzzi, dans le tome XX de la Nuova Raccolta Calogeriana.

RUINART(domTHiERRY), savant bénédictin, né à Reims le 10 juin 1657, entra fort jeune dans la congrégation de Saint-Maur, et lit profession en 1675. Il s'appliqua avec tant de succès à l'étude des Pères et des auteurs ecclésiastiques, qu'en 1682 le P. Mabiilon le choisit pour l'aider dans ses travaux. Dom Ruinart fut un digne élève d'un tel maître. Il avait le même caractère de simplicité et de modestie, le même esprit de régularité, un grand jugement, une exactitude scrupuleuse, une critique saine, un style net. De là les avantagi's qui ont distingué ses ouvrages de tant d'autres compilations. Les principaux sont : Acta primorum Martyrum sincera et selecla, Vaiis, iu-4°, 1689; Amsterdam, 1713, in-ful. ; Vérone, 1731, in-folio. 11 a enriclii ce livre de remarques savantes et d'une préface judicieuse. Il s'y attache particulièrement à réfuter Dodwell, qui avait avancé dans une de ses dissertations sur saint Cy()rien, qu'il n'y avait ([ue peu de martyrs dans l'Eglise, voulant anéantir la preuve de fait que forme, en faveur du christianisme, cette nuée de témoins. Indépendamment du grand nombre des actes authentiques que dom Ruinart oppose au sophiste anglais, un coup d'œil sur l'hisloire ecclésiastique suffit pour le co'ifo'idre. Les auteurs païens et chrétiens des trois pn-miers siècles ne parlent que des efforts que fit l'idolâtrie, , soutenue de toute la puissance des empereurs, pour anéantir la rel gion de Jésus-Christ, et pour la noyer dans lesangdeses sectateurs. Si sousTrajan, prince d'un caractère assez doux, sous Antonin, sous Marc-,\urèle, les chrétiens furent indistinctement mis à mort, il est aisé de penser de quelle manière ils étaient traités sous les Néron, les Domitien, les Valérieu, les Dioclétien, les Maximin, etc. Les rues et les l)laces publiques étaient quelquefois timtes remplies d'échafauds sanglants, couverts de victimes et de cadavres. Eusèbe de Césarée nous dit qu'il a vu lui-même des trente, quarante et jus(ju'à cent chrétiens tourmentés en même temps; et ces cruelles boucheries dui'èrent plusieurs années de suite sans

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interruption; il cite une ville d'Asie, où tout étant chrétien, noblesse, peuple, magistrats, on abrégea l'exécution en faisant brûler la ville avec tous ses habitants; il rai)porte une lettre de Maximin aux magistrats de Tvr, par laquelle il les félicite d'avoir exterminé tous les chrétiens de leurs murs et de leur territoire. Les édits deDioclétion et de ses préilécesseurs sont des pièces qu'on ne peut suspecter de supposition. Tacite, Suétone, Sénèque, Juvénal, ont parlé des chrétiens qui soutTrirent sous Néron. Tacite dit que le nombre en était prodigieux (m«/titudo inyens) ; qu'ils souffrirent les supplices les plus cruels et les plus recherchés {'/uœsitissimis tormentis), etc. Si à la multitude des martyrs on ajoute leurs qualités ; si on considère qu'il y avait parmi eux des sages, des philosophes, des magistrats, la plupart élevés dans les préjugés les plus contraires au christianisme ; que les premiers martyrs étaiint témoins oculaires des faits pour lesquels ils mouraient, etc., on conviendra que ce tableau présente une preuve que les chrétiens seuls peuvent l'éclamer en laveur de leur foi. Les AcCa ont été traduits en français avec la préface par l'abbé Drouet de Maupertuy, et publiés pour la première fois in 1708, à Paris, en 2 vol. in-8" ; 1730, 2 vol. in-12, et 1825. 3 vol. iii-8°. L'Hisloirc de la persécution des Vandales, composée en latin par Victor, évoque de Vitte en Afriipu', 1694-, in-i°. Dom Uuniart a orné cette édition d'un commentaire historique latin, d'un grand nombre de remarques aussi savantes que solidt-s, et de quelques monuments qui ont rapport à celte histoire ; un'' nouvelle Edition des ouvrages do saint (Irégoire do Tours, avec une excellente Préface, 1099, U\-(i)].; Aliréfjc de la V/e du 1». Mabillon, 1709, in-12; une longue Vie latine du pape Urbain II, iiiqiriuiée dans les Œuvres posthumes de Mabdioa et de doui Ruinart, publiées par dom Vincent Thuillier, 3 vol. in-i" ; une Dissertation sur lepaltium, en latin ; Jtcr lilterariuin in Alsatiam et Lotharingiani ; un ouvrage contre le P. Germon, pour prouver la sincérité des diiilômes de dom Aiabillon, qu'il intitula fort mal à propos : Ecclesia parisiensis vindicata, et dans lequel il jiarait avou- eu tort autant pour la forme que jiour le fond des choses : ce qu'il y a de positif, c"est que des juges impartiaux ont donné gain de cause à son adversaiie. Yoy. Germon et Raguet. Dom Ruin.ut mourut en 1709, dans l'abbaye de Haut-Villiers en Champagne.

RUIVET (Claude-Joseph) , grand vicaire de Belley, né vers 1766, à Meximieux, lit ses premières études à Nantua, et alla les continuer à Lyon, au séminair' de Sdnt-Irénée, où il eut pour condisciples Camille Jordan et Ravez, qui présida longtemps la Chambre des députés sous la restauration. Le jeune Ruivet n'était que diacre i\ l'époque de la révolution; c'est k Fribourg en Suisse qu'il reçut la prêtrise. Dévoré de zèle ])uur le salut des âmes, il rentra aussitôt en Fiance, et muni des pouvoirs les plus étendus par

M. de Marbeuf, archevêque de Lyon, il s'appliqua à distribuer aux fidèles les secours de son saint ministère. Pendant la durée des troubles révolutionnaires, il fut l'un des quatre préposes qui administrèrent le vaste diocèse de Lyon Ayant refusé de reconnaître la validité d'un mariage fait en vertu des dispenses données par Royer, évoque constitutionnel de l'Ain, il fut jeté dans une prison,, où l'insalulirité de l'air faillit le faire périr.- Il fut remis en liberté et il continua d'exercer secrètement ses fonctions sacerdotales,au milieu des plus grands périls. En 1797, les évèques constitutionnels, qui allaient former un concile national, envoyèrent une invitation de s'y rendre à l'abbé Ruivet, qui s'abstint de leur répondre. Lors du rétablissement du culte, il réunit plusieurs jeunes gens auprès de lui, alin de les former aux fonctions sacerdotales, et son établissement, qui prospéra et s'étendit, devint un des petits séminaires du diocèse de Lyon. Après avoir été fait curé de Saint-Chamônd (Loire) , il le devint de Meximieux, en 1816. M. Dévie le nomma chanoine et vicaire général. )l mourut presque subitement à Belley, le jeudi saint 28 mars 1839, âgé do 73 ans. On a de l'abbé Rnivet un Traité de la présence de Dieu, en forme d'élévations, 1837, sur lequel l'.lmi de la relif/ion, dans son tome XCIV, [). 416, a porté un jugement favorable. Le môme journal a consacré une notice assez détaillée à l'abbé Ruivet, dans son n° du 17 août 18.39.

RULHIÈRE (Claide-Carloman de), historien et poêle, naquit à Bontli, près de Paris, en 1735, d'une famille distinguée. Au sortir du collège il entra au service et fut quelque temps aide-de-camp du maréchal de Richelieu, gouverneur de la Gnienne. Il s'adonna aussi à l'étu le de la diplomatie, et accom- ()agna, en 1760, à Pétersbourg, le baron de Breteuil comme secrétaire d'ambassade. Témoin de la révolution (1762) qui arracha le sceptre à Pierre 111 (étranglé ensuite dans sa prison par Oilotf), et qui [ilaca Catherine sur le trône, il écrivit en peu de pages, et dans un style digne de Salluste, VHistoire de cette sanglante catastrophe. Catherine II n'y esî nulh-inent llatiée, et elle ne méritait pas de l'être. Rulhière n'osa pas publier son ouvrage, qui ne j)arut qu'après sa mort, en 1797. Il avait été déposé entre les mains de la comtesse d'Egmont , fille du maréchal de Richelieu. Quoique inédite , cette histoire fut connue : elle alarma l'impératrice qui ne put obtenir ni par les séductions, ni par les menaces, la sujipression de ce livre, dont elle redoutait la pulilication. E 1 1768, on le chargea ii'écrire [lour l'instriiction du dau|)hin (depuis Louis XVI) , l'histo re des troubles cpii agitaient la république de Pologne, et, en 1771, on attacha à ce travail une pension de 6000 livres, dont il a joui jusqu'à sa mort. 11 parcourut plusieurs cours de l'Europe, et accompagn;i le maréch-d de Richelieu dans son gouvernement. Rulliière débuta à cette époque dans la carrière de la littérature, par deux Epitres qui établirent sa réputation. Eu 1787, il fut reçu à l'académie française,

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