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quoiqu'il n'eût publié aucun ouvragfi important. Son discours de récep.tion fut très-applaufJi, et parut justifier le choix de l'académie. Rulhièrc était imbu tie principes jibilosophiques ; mais il tenait beaucoup aussi aux faveurs des grands. Lors de la révolution, il sembla se déclaier pour son parti, sans adopter néanmoins les mesures du nouveau régime : c'est-à-dire qu'il aimait la révolutioa comme phiiosoiihe, et les grands connue ambitieux. 11 mourut le 30 janvier 1791. Voici le portrait que fait de lui son ami Chamfort : « Rulliière cachait un esprit « très-d.'lié sous un extérieur assez épais , « très-m.ilicieux avec le ton de l'aménité , « très-intrigant sous le masque de finsou- « ciance et du désintéressement. Réunissant « toutesles prétentions del'homme dumonde « et du l)el esprit, il faisait servir ses galan- « teries à ses bonnes fortunes littéraires, et « les lectures mystérieuses de ses produc- « tions à s'introduire chez les belles dames. « Fort circonspect avec les hommes qui pou- « raient l'apprécier , il était extrêmement « hardi, à tous égards , auprès des femmes « qui ne doulaient point de son mérite. Tout « dévoué à la faveur et aux g-ns en place, il « n'évitait dans son manège que la bassi'sse « qui l'aurait empêché de se faire valoir ; « souple et réservé, adroit avec mesure, faux « avec épanchement , fourlle avec délices, « haineux et jaloux, il n'était jamais plus « doux et plus mielleux que pour ex|)rimer « sa haine et ses (inHentions. Superficielle- « ment instruit, détaché de tous principes, « l'erreur lui était aussi bonn^ que la vériié. « quand elle pouvai' faire briller la frivolité « de son esprit. Il n'envisageait les grand 's « choses que sous les petits rappoi'ts, n'ai- « mait que les tracasseries de la politique, « n'était éclairé que par des étincelles, et ne « voyait dans l'histoire que ce qu'il avait vu « dans les petites sociétés, etc. » Si ce i>ortrait est véritable , ainsi que ton' le fait croire, il ne semble cependant pas fait par la plunie d'un ami. On a de Rulhière : Eclaircissements historiques sur (es causes de la révocation de l'édit de Nantes, et sur l'état des protestants en France, depuis le commencement du règne de Louis A7F, Paris, 178S, 2 vol. in-S". Cet ouvrage, où se laissent facilement remarquer les princijies iihilosophiques de l'auteur, est par fois écrit d'un style assez clair et rapide. Il y embrasse ouvertement la défense des protestants et ne ménage pas les ivitholiques. Il possédait le manuscrit de l'abbé de Mably sur VHistoire de France, qu'il termina; il en rédigea en entier la seconde partie; Discours (en vois) sur les disputes; Epttre sur le renversement de ina fortune; De l'action de ropinion sur les (joucernements, 178S; Jlistoire de la révolution de Russie en 17G2, Paris, 17;i7, in-8°; Histoire de l'anarchie de Pologne et du démembrement de cette république, suivie d'avecdotes sur la révolution de Russie, Paris, 1807, 4 vol. in-8° et in-12. Cette histoire ne contient que le premier partage de la Pologne, Rulhière étant mort avant l'entier dé-
membrement de ce royaume. En même temps qu'il peint lesmalheufsdu roi Poniatowski,e» la courageuse quoique inutile défense des Polonais, il met jn usage tous les moyens d'exciter l'indignation de ses lecteurs contre cette injuste opj)ression , et notamment contre l'ambitieuse Catherine II. 11 tâche en outre . de dévoiler les vices et les désordres du gouveiTiement de Louis XV, et semble pronostiquer l'anarchie qui désola la France quelques an;iées après. Le style est correct et élégant ; mais on y reconnaît toujours la plume d'un philosophe du xvni' siècle. Les Jeux de. mains, poëme en trois chants, avec VEpître sur les disputes, Y A-propos, dcsEpigrnmmes, etc., Paris, 1808, 1 vol. in-8°. On a publié les OEuvres posthumes de Rulhière en 1791, i'i-12, oti l'on ne reconnaît cependant le style de cet auteur que dans les anecdotes du maréchal de Richelieu. Rulhière avait du talent poétique; et quand son Epître sur les disputes parut. Voltaire dit à ses amis : « Lisez cela, c'est du bon temps. » Et Laharpe, en parlant de lui, s'est exprimé en ces termes : « Ron plaisant dans les vers, il « était loin d'être gai dans la société; il y « était au contraire lourd et important. » On a réimprimé, en 1819, les OEuvres diverses de Rulliière en "2 vol. in-8", et sous le titre à'OEtivres posthumes, l'Histoire de l'anarchie de Pologne, et les Anecdotes sur la révolution de Russie. Daunou a fait précéder une des éditions de Rulhière d'une Notice sur cet auteur.
RULMAN (AuLSÉ). Voy. la fin de l'article Fléchier.
RU.MOLD f saint ) , communément saint Rombaud, en latin Rumoldus, patron de l'église de Slalines, est un de ces zélés religieux anglo-saxons, établis en Angleterre et en Irlande, qui, dans le viu" siècle, quittèrent leur solitude pour porter la lumière de la foi à diverses nations d'Europe. Il s'associa aux travaux apostoliques de saint Willibrod, et fut sacré évêque régionnaire, c'està-dire sans avoir de siège fixe. 11 convertit une multitude d'infidèles aux environs de Malines, de Lierre et d'Anvers, et mourut martyr de son zèle, pour s'être élevé contre les scandaleux désordres d'un habitant du pays, le 2"! ^'uin 775. Son corps, jeté dans l'eau, fut découvert miraculeusement, et enterré par les soins du comte Adon. Les principales actions de sa vie sont représentées par de beaux tableaux dans l'église cathédrale de Malines.
RUNG (Philippe), Anglais de naissance , mort le M février 1823, âgé de 70 ans, à iHalle, où il professait la langue anglaise, s'est surtout fait connaître par un ouvrage intitulé -.Dictionnaire biographique des juifs et des juives qui se sont distingués dans la carrière des lettres, en y comprenant les patriarches, les prophètes et les rabbins célèbres, Leipzig, 1817. En 1820, il avait fait pa- , raître une traduction anglaise d'une comédie allemande de Hell.
RUNGIUS (David), luthérien, né enPomé- ' ranie, l'an 1.5G'i, mort en IGO'* , professa la
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