‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 179 sur 341 · SAD · texte numérisé non relu

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tes les matières : tlipoloi^ie, philosophie, éloquence, ijot^sio. Il joi;j,nait à un lare savoir une inotli5r,ilion et une modestie plus rares encore : il f llul que L(''on X usât de toute son autorité pourUr faire accepter l'évèchr- île Carpeiitras. Après la mort de ce pontil'e, il se rendit dans son diocèse, oij il partagea son temps entre les travaux de l'épiscopat et les ]ilaisirs de la littérature. Clément VU le rappela à Home ; mais Sadolet ne s'y rendit qu'à condition qu'il retournerait dans son évèché au bout de trois ans. Il y retourna en elTet; mais Paul III l'ayant fait revenir à Rome en 1538, il accompagna le pape à Nice, où devait s'eliecluer une enti-^-vue entre le l'oi de France et l'empereur. Quelque temps après, ce même pou ife l'envoya nonce en France, pour engager François I" h faire la paix avec Charles-Quint. Le monarque français goùla beaucoup les charmes de son esiiril, et le pontife romain, non moins satisfait de sa négociation, l'honora do la pourpre en lo3G. Cet illustre cardinal mourut à Rome e'i loV", à 70 ans, également regretté des catholiques et des protestants. Il s'att.!cha dans sa jeunesse à la poésie latine avec un succès peu commun ; mais il y renonça enlièrement sur la tin de ses jours. Son style en- vers et en prose respire l'élégance et la pureté des anciens écrivains romains. Il s'était formé sur Cicéron ; on pourrait même lui reprocher de s'être trop attaché à l'imiter. De tous ceux qui ont fait revivre dans le XV siècle la belle latinité, il est celui qui a le mieux réussi. Ses ouvrages ont été recueillis à Vérone en 3 vol. in-V;lel"eniT37, le 2' en 1738, et le 3° en l'iO. Les princij)aux écrits de ce recueil sont divers Discours dont tout le mérite est dans le style ; dixsept livres d'Fpîtrcs, les unes intéressantes, les autres moins agréables ; une Interprétalion des Psaumes et des Kpîtres de saint Paul, et d'autres ouvrages de théologie écrits avec plus d'élégance que de profondeur ; des Truites de morale philosophique sur l'éducation des enfants, sur les consolations dans les malh.'urs, et quelques autres écrits de ce genre dont on fait cas, quoique ses raisonnements soient quelquefois trop subtils et embarrassés ; plusieurs Poèmes, parmi lesquels son Curtius et son Laocoon tiennent le premier rang, '.'auteur copie quelquefois dans ses vers les phrases de Virgile, ainsi que dans sa prose celles de Cicéron ; mais, à travers cette imitation, il laisse échapper des traits d'esprit qui lui sont propres. Ses écrits théologiques sont d'un ton de douceur et de modération qui était l'expression de son caractère. Il avait quelques sentiments (lartieuliez's, mais il tenait fortement à l'orthodoxie. On sait de quelle manière , en écrivant au cardinal Contarini, il s'est justitîé de n'être pas on tout du sentiment de saint Augustin, qu'il croyait avoir poussé (juelquefois trop vivement et Iroj) loin la défense de la vérité : i\ec tanun, si non cum Auynstino, idcirco ah Ecdcsia cutholicn dissentio, quœ, tribus tantum Pelagii capitibus iv'probatis, ca-tent libéra ingeniis dispututio-

nibusque reliquit. Pour avoir les ouvrages comiilets de Sadolet, il faut ajouter aux trois volumes déjà cités ses Lettres et celles des savants avec lesquels il était en correspondance, publiéesà Rome eti 176V, in-I2,3 vol.; ainsi qu'un autre Recueil imprimé eu 1759 , in-12, qui coîitient sps Lettres écrites au nom de Léon X, Clément VII et Paul I!I, avec un abrégé de la Vie de l'auteur, écrite par Fiordibello son contemporain.

SADOLET (Paul), cousin-germain du précédent , né à Modè'ie, l'an 1508, fut choisi pour être son coadjuteur à l'évôché de Carpentras en octobre 1533, fut nommé recteur ou gouverneur du coiutat Venaissin en mai 15il, et devint, en loiT, évêque de Car|)entras, par la mort de Jai'ques Sadolet. Autant sa piété et ses vertus lui assurèrent l'atl'ection et le respect des fidèles, autant il mérita l'estime des savants par son savoir et son aménité. Le pape Jules III le rappela à Rome en 1552, pour remplir l'emploi de secrétaire des brefs adressés aux princes. Ce pontife étant mort en 1555, Paul Sadolet retourna dans son diocèse, et fut de nouveau recteur du comtat Venaissin, en 1560.11 le fut une troisième fois en 1567, et il conserva alors cette dignité jusqu'en février 1572, époque de sa mort. Ou adeluides Z.e;/res,au)iorabrede vingt-se|)t, et des Poe'sics latines disséminées dans diitérents recueils. Les unes et les autres ont élé réunies par l'abbé Costanzi, dans VAppendix du tome V des Lettres du cardinal Sadolet, jjrécé lées d'une V;e de l'auteur. Tiraboschi a publié une nouvelle lettre de Paul, dais sa Bibliot. modenese, tom. IV, p. 46i.

SAGARI ou SÉGAREL (Gérard), né à Parme, fut le fondateur de la secte des apos-^ toliques, qui tit grand bruit dans lo xin' siècle. Il exig'^ait que ses disciples allassent de ville en ville, vêtus de blanc, avec une longue barbe, les cheveux épars et la tête nue. Cet enthousiaste publia que toute l'autorité que Jésus-Christ avait donnée à saint Pierre et à ses successeurs avait pris tin , et qu"il en avait hérité ; que Dieu étant partout, il n'y avait pas besoin d'églises ni de service divin; qu'il ne fallait point faire de vœux , et que l'attachement à sa doctrine sanctihait les actions les plus criminelles. Cette doctrine fanatique et impie le fit condamner au feu à Parme en 13()0. « Lorsque les protestants, « dit l'abbé Bergier, déclament contre les « supplices que l'on fait subira ces sectaires, « ils devraient faire attention ([u'on ne les a « IMS punis pour leurs erreurs, mais parce « qu'ils iroublaient la tranquillité publique « et l'ordre de la société. Umi erreur inno- « cente, qui ne peut porter préjudice à perce sonne, est graciable sans doute ; mais une « doctrine séditieuse, qui échauft'e les esprits, « corrompt les mœurs, alarme les gouverne- « ments, et qui est suivie d'émotion parmi le « peuple, est un crime d'Etat; on a droit d'en « punir les auteurs et les sectateurs opiuiâ- « très.»

SAGAX-LANDULPHUS. Voy. Paul Warnefride, diacre d'Aquilée.

SAGE (Hervé-Julien Le ], ancien religieux

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préniontré, et en dernier lieu chanoine de Saiiit-Rriouc, naquit en 1757, .'i Usel (arrondissement de Loudéac, dans les Gôtes-du- Nord), et entra à l'ilge de 20 ans dans l'abbaye de Benuport, de l'ordre de Prémontré, située dans le diocèse di' Saiiit-Brit.uc. M. Le Mintier, évêque de Tréj;uier, le nomma, en 1783, prieur-euré de Bociuoho, près de Châlelaudren. Pendant la révolution. Le Sage publia, à Toecasion du serment exigé des ecclésiastiques, une Lettre d'un curé qui ne jurera pas à un curé qui a juré, adressée à M. Delaunay, prieur-curé de CliAtelaudren, qui était membre de l'assemliléc constituante, et appartenait aussi «> l'ordre de Prémontré. Obligé, comme prêtre insermenté , de quitter la France, Le Sage s'embarqua et passa en Belgique, où il trouva un refuge parmi ses confrères de la célèbre abbaye de Tongerloo, à neuf lieues d'Anvers. Les victoires des armées françaises le contraignirent de fuir eu Allemagne, et il alla jusqu'en Silésie , oii existaient plusieurs maisons de son ordre. Il y passa le reste du temps de l'émigration, s'occupant d'études utiles , en même temps que d'exercices de piété, et il y entreprit une traduction d'un ouvrage allemand , qu'il donna plus tard sous Je titre d'Exposition de la morale chrétienne. Le Sage , rentré en France en lSO-2 , repiit la d reetion de son ancienne paioisse de ChAtelaudien , et fut ensuite nommé clianoiiie de Saint-Brieuc. Il l)iêcha avec succès à Saint-Brieuc, à Nantes, et d:uis la plupart des villes les plus importantes de la Bretagne, notaunuent àQuimper, oii il prêcha quatre carêmes. Le vénérable M. d'Aviau de Sanzay l'appela aussi en 1808, pour faire entendre la paiole du Dieu à Bordeaux. Le Sage est mort en 1832, du choléramorbus, (jui, à cette époque, ravageait une grande partie de la Frame. 11 avait fait imprimer, en 180S, un Discours pour l'établissement du séminaire de Saint-Brieuc. Son Ex- Pfisition de la morale chrétienne |iarut en 1817, sans nom d'auteur, en 2 vol. in-12, Irad. do l'allemand du P. H,;nnner, bénéiictia, et par l'ordre de l'archevêque de Saltzbourg. Cette exposition ne formait que la suite d'un ouvrage dogmatique qui devait avoir pour titre : Manuel du catholique instruit des vérités et des devoirs de la religion, et se composer de cinq volumes [voyez l'Anii de la Ueligion, tom. XIII, n° 333j. Un passage du livre publié en laveur du |irêt de couuuerce excita des réclamations, et fut attaqué par M. l'abbé Pages, dans sa Dissertation sur le jrrét.Lo Sage adressa au journal que nous venons de citer, une lettre qui y fut insérée (tom. XXVIl , n° 680). Peu ajirès, il voulut rendre son apologie plus compilète, en publiant une Lettre à M. Pages, ou Observations modestes, Saint-Brieuc, in-8°, de 19 pages, où l'on regrette de ne pas trouver la gravité cfue semblait commander l'importance du suj^l. Il lit paraître, en 1830, une Notice sur M. Le Clecli, curé de Plouha, son ami, et a laissé en manuscrit des mémoires sur l'état du diocèse de Saint-Brieuc, mémoires auxquels le Ion satirique qui y règne fait perdre une graiidc

partie de l'intérêt qu'ils pourraient offrir. On cite encore de lui un manuscrit, se composant de Lettres qui renferment des rétlexions sur la révolution et ses causes, avec des détails sur l'émigralion de l'auteur. Ces lettres pourraient , dit-on , former (leux volumes.

SAGE-TEN-BUOCK (Le). Foy. Lesage.

SACJTTARIUS (Gasi-ah), théologien luthérien, liistorien du duc de Saxe, et professeur en histoire dans l'université de Hall, naquit à Lunebourg en 1643, et mourut en 1691. Les langues savantes, l'histoire, les antiquités, lui étai.^nt très-familières. Sa mémoire était un vaste dépôt, où s'étaient rassemblées les connaissances les jdus étendues; mais elles n'y étaient pas toujours dans l'nrdre le plus clair. Ses [)rincipaux ouvrages sont : des Dissertations sur les oracles, sur les souliers, in-i", et sur les portes des anciens, in-8° ; Introductio in historiam ecclesiasticam, sive Notitia scriptorum reterum atque recentium, etc., léna, 1694, in-i", de plus de 1200 pages. « Quoique nous ayons un grand « nombre de bibliographies "des historiens « ecclésiastiques , celle-ci otl're l'avantage « d'être distribuée méthodiquement par ma- « tières, et acconipagnée do tajjles qui faci- « litent les recherches : sur chaque objet « on indique séparétnent les écrivains lu- « thériens , les calvinistes et les catholi- « qucs. » Mais on a i-eproché à ce livre des omissions , des singularités, el même des fabh-'S. Quelques protestants l'ont aussi critiqué assez auiement et l'ont accusé de plagiat. D'ailleurs l'ouvrage est resté incomplet. Au deuxième volume, qui lut jiublié dans l'éilition de 1718 pari'ahbé.L-A. Schujidt, dépositaire des uianuscrits de l'auteur, Sagittarius devait en joindre un troisième, relatif aux rites et autres antiquités ecclésiastiques. La succession des princes d'Orange jusqu'à Guillaume IIJ : l'Histoire delà ville d'JJarderwiclc, in-4° ; V Histoire de saint Norbert, qu'il jiubliaen lOS-l; flistoriaantiqua Noribcrgœ, savante et judicieuse; les Origines des ducs de Brnnswick, in-4°; Histoire de Lubeck, in-4°; Antiquitates regni Thuringici (1G85);... gcntilismi et chrislianismi Thuringici (1685);... ducatus Thuringici (1688), 3 voi. in-4% en allemand, quoique le titre soit latin. Ouvrage plein de recherches, ainsi que tous les écrits de cet auteur, dont on peut avoir la liste dans sa Vie, composée en latin par SchmidI, léna, 1717, in-8° ; une Histoire des marquis cl des électeurs de Brandebourg, iii-4°, etc.

SAGUNDINO (Nicolas), célèbre littérateur grec, né à Négrepont, vers 1390, était instruit dans presijue toutes les sciences, et possédait les langues orientales. L'empereur Jean Paléologue l'appela à sa cour; Sagundino l'acconqiagnaà Ferrare, avec Joseph, patriarche de Constantinojile, et servit d'interprète aux Pères de l'Eglise, dans le concile commencé dans cette vdle l'an 1433, et transféré à Florence, à cause de la peste qui se fit sentir à Ferrare. 11 se rendit ensuite à Venise, où il fut nommé seciétaire ducal. Dans un voyage qu'il lit à Négrei>ont , il eut le malheur de voir e igloutir dans les flots, sa femme , ses

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enfants et toute sa fortune. De retour a Venise, cette république, jiour riiideiiiniser de ses[)ertos, lui lit présent de 600 ducats, soninie alors assez considérable, et le réint('gra dans la place de secrétaire dont il s'était démis. 11 passa ensuite au servie ■ de Pie II, et mourut à Home le 23 mars H63. I! a écrit des Lettres sur dilférentes matières scientilliiues ; diverses Traductions des classiques grecs et des Pères de l'Eglise ; une excellente Généalogie des princes turcs.

SAILER (Jean-Michel), évêque de Ratisbonne, né à Aresing le H novembre 1751 , fut reçu docteur et professeur à Funiveisité de L^nd>but, et devint ensuite cliannine de Ratisbo'ine. De Mastiaux, dans son Journal littéraire , Ini attribue cent trente-cinq ouvrages, opuscules ou brochures ; nous mentionnerons seulement un écrit sur TEsprit et la force de la liturgie catholique; une édition des Sermons sur divers sujets de Winkelhol'er; une brochure sous ce titre : J.-M. Sailer de se ipso. Il [laraît que quelques-uns de ses ouvrages n'étaient pas à l'abri de tout reproche, et qu'il en crut devoir humblement rétracter les erreurs qu'il avait émises. En 1822 Sailer fut nommé coadjuteur de Ratisbonne avec le titre d'évèque de Germanicopolis. Il avait succédé depuis peu de temps à Mgr de Wolf, évoque de Ratisbonne, lorsqu'il mourut le 30 mai 1832 , dans sa quatre-vingtunième année.

SAILLY (TuGMis), jésuite, né à Rruxelles vers l'an 1353, accompagna le P. Possevin en Russie. De retour dans sa patrie , il jeta les fondements d'une mission militaire, se donna tout entier à cet emploi, dans lequel il eut intiniment à souffrir; jiassa prescjue toute sa vie parmi les soldats et dans les hôpitaux, et mourut h. Bruxelles en 1(323. Ses travaux continuels ne l'empêchèrent pas de publier un grand nombre d'ouvrages de controverse et de piété.

SAINCTES (Claude de), Sanctesius, né en 1525 dans le Perche, se fit chanoine régulier dans l'abbaye de Saint-Cheron près de Chartres, en 15i0, à l'Age de 13 ans. Le cardinal de Lorraine le mit dans le collège de Navarre, où il lit ses humanités, sa philosophie et sa théologie. Il fut reçu docteur de Sorbonne en 1333, et entra dans la maison du cardinal son bienfaiteur, qui l'employa au colloque de Poissyen 1361, et le lit envoyer parle roi Charles IX au concile de Trente, avec onze autres docteurs. C'est lui et Simon Yigor, depuis archevêque de Narbonne, q ni disputèrent contre deux ministres calvinistes chez le duc de Nev.'rs, en 1566. Leur triomphe fut complet, et de Sainctes lit imprimer, deux ans après, les Actes de cette C(jnférence. Ses écrits, ses sermons, et son zèle contre les hérétiques lui méritèrent l'évèché d'Evreux en loT5. Il assista l'année suivante aux Eiats de Blois , et au concile de Rouen en 1581. Son zèle pour la ligue le jeta, dit-on, dans des travers. Il fut pris à Louviers |)ar les gens du roi Henri IV'. On prétendit avoir trouvé dans ses papiers un écrit où il justitiait l'assassiuat de Henri 111, et excitait à commettre

le même forfait sur le roi de Navarre. Ces accusations, intentées jiar les calvinistes, ne furent pas prouvées. H n'en fut pas moins conduit y)risonnier à Caen, où il aurait souffert le dernier supplice , si le cardinal de Bourbon et quelques autres prélats n'eussent intercédé pour lui : ils ne purent cependant empêcher qu'il ne fût enfermé dans le château de Crèvecœur, au diocèse de Lisieux, où il mourut de poison, dit-on, en 1591. On a de lui un grand nombre d'ouvrages. Le plus considérable et le plus rare est un Traité de l'Eucharistie, en latin, in-fol., plein d'.éru<iition, et qui irrita particulièrement les ministres huguenots contre lui. Nous avons encore de lui : Liturgiœ Jacobi aposloli, BasiliiMagni,JoannisChrijsostomi, etc., \ïi\ ers, chez Plantin, 1560, in-8% et la même année à Paris, in-fol.; ouvrage recherché à cause des choses cuiieuses et importantes qu'il contient touchant la messe : on le joint ordinairement à la Missa latina antiqua, de Francowitz. Voq. Fra>co\vitz.

SAINJUliE. Voy. Jlre (de Saint-).

SAINT-ADON (François Picard de), docteur de Sorbonne et prêtre du diocèse de Rodez, né dans la ville de Saint-Côme en Rouergue, devint doyen du chapitre royal de Sainte-Croix et de la chrétienté d'Etampes, diocèse de Sens ; c'était un ecclésiastique pieux et savant, que M.Languet. son archevêque, avait en grande estime. Il est auteur des ouvrages suivants : Vérités sensibles de la religion, opuscule de 180 pages; Maximes d'un philosophe chrétien, de 40 pages; Gémissements d'une jeune solitaire sur les désordres de la plupart des chrétiens, id., Paris, Butard, 1768, in-12. Le 3° de ces opuscules a cela de particulier, que les lettres initiales des phrases indiquent le nom et les qualités de l'auteur, qui ne s'était distingué que par celle d'un théologien orthodoxe; on y trouve de plus cette phrase : Priez Dieu pour la conversion de H. S. P. E. A. U. R. S. Votjez le Dict. des anonymes, tome IV, page 54; Traité des moyens de reconnaître la vérité dans l'Ecriture, 1759; ouvrage que M. Languet recommanda par un mandement à ses diocésains; Lettre d'un chanoine à tin prieur; elle est signée F. P. D. S. A. (François Picard de Saint- Adon). U mourut en 1773. La liste des ouvrages de cet écrivain est presque entièrement ditférente dans le Dictionnaire de Cliaudon et Delandine.

SAINI-ALLAIS (Nicolas Viton de), généalogiste, né à Langres, le 6 avril 1773, d'un épicier qu'il disait issu de famille noble, mourut à Paris en 18îi-2. Il avait publié un certain nombre d'ouvrages de généalogie ou de chronologie. Le seul que nous (royions utile de mentionner ici est intitulé: Martyrologe universel, traduit en français du Martyrologe romain, offrant pour choque jour de l'année la série des saints martyrs, etc. , 1823, n\S\

SAIN'r-AMOUR. Voy. Amoir.

SAIN T-AUIJIN (Jean de), jésuite, né l'an 1587, dans le Bourbonnais, enseigna la rhétorique et les belles lettres pendant dix ans dans

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lo collège delà Trinité à Lyon, parut ensuite avec succès dans la chaire sacrée, et mourut au mois d'octobre 1G60, dans la môme ville, oii il était devenu recteur de la maison du noviciat. On a du P. de Saint-Aubin : Histoire de la ville de Lyon, ancienne el moderne, Lyon, 166(5, in-folio ; Histoire ecclésiastique de la ville de Lyon , ancienne et moderne, Lyon, 1666, in-folio ; toutes deux publiées par le P. Menestrier. On reproche a celte histoire d'être écrite d'un style beaucoup trop lleuri ; mais on la recherche encore, soit parce qu'elle renferme des faits qui se trouveraient difllcilement ailleurs , soit à cause des ligures qui ont été gravées par Israël Silvcstre. On cite encore de ce Père une Paraphrase de l'Ecclésiaste de Salomon, en vers français, Lyon, 1658, in-12. SAINT-CYR (Odet-Joseph de Vaux-du- GiRY de), sous-précepteur du Dauphin, fils de Louis XV et père de Louis \\l, naquit en 1694, à Bagnols. Il entra dans l'état ecclésiastique, et fut pourvu de bonne heure d'un canonicat dans la collégiale de Saint- Just à Lyon, ce qui ne rem|)ècha pas de venir à Paris terminer ses études théologiques. 11 passa deux ans au grand séminau'e de Saiut-Sulpice, et fit son cours de licence dans la maison de Navarre. Ayant été reçu docteur en théologie, il s'attacha à M. de Rastignac, archevêque do Tours, qui le fit son grand vicaire et chanoine de sa cathédrale. L'abbé de Saint-Cyr monira son zèle en plusieurs occasions lors des dis;iutes élevées par les 0[>posanls aux décisions du saint-siége, et il adhéra, le I" juin 1730, au décret de la facu'té de théologie de Paris, du 15 décembre 1729, [)Our l'acceptation de la bulle Unigenitus. Son mérite lui procura un emploi aussi honorable que diliicile. En décembre 1735, il fut nommé sous-précepteur du dauphin, lils de Louis XV; le jeune prince était dans sa s plième année. C'est le 15 janvier 1736 qu'il fut mis entre les mains de ses maîtres (1). L'abbé de Saint- Cyr paraît avoir eu la princi|)ale part à son éducation ; il gagna la confiance de son élève, non en flattant ses caprices, mais en lui parlant toujours le langage de la raison et de la vérité. Il joignait, dit Proyart,à une âme solidement vertueuse un esprit orné de toutes les connaissances utiles. Le même historien a recueilli quelques détails sur les ra[iports du maître et de l'élève. Ferme et bon, l'abbé de Saint-Cyr était surtout uniforme dans sa conduite avec l'enfant; il l'accoutumait à raisonner juste, et, en lui prescrivant le trc^vail, il savait le lui rendre plus facile. Quand son éducation fut terminée, le dauphin, voulant acquérir de nouvelles connaissances conserva l'abbé de Saint-Cyr, qui eut alors plus de peine à modérer son ardeur qu'il n'en avait eu autrefois à l'exciter. II l'admettait à sa familiarité la plus intime, et son cabinet lui

(I) Le comte, puis duc de CluUilIoii, était gouverneur : l'évëque de Mirepoix, liov" r, préccplour;»les comtes de Muy et de Polaslronl sous-gouverueurs et l'abbé de Marbeuf, lecteur.

était toujours ouvert. L'abbé Proyart nous a conservé quelques-unes de leurs lettres; celles du prince sont sur le ton de la confiance et de l'amitié, et celles de l'abbé de Saint-Cyr sont ]>lcines de sagesse et de sens. Quoiqu'il aiiuAt et cultivilt les lettres, il fut le premier à faire observer au dauphin qu'il ne devait point s'attacher trop à la littérature, et qu'il est des connaissances plus nécessaires à un roi. Il lui inspira surtout le resj)ect et l'amour de la religion et un grand éloignement pour les systèmes des incrédules. 11 avait su a[)précier les écrivains qui avaient pris à cette époque le titre de philosophes, et avait essayé de faire connaître leur doctrine et leur morale dans le Catéchisme et décisions de cas de conscience , à l'usage des Cacoxuws, Cacopolis, 1758, in-8° de 107 pages; c'est un recueil de maximes et de pensées tirées des livres des modernes incrédules. L'abbé de Saint- Cyr n'y mit pas son nom, et il paraît que c'est la seule chose qu'il ait publiée. Cet homme estiiuable mourut lel3 janvier 1761, à IVige de 67 ans. 11 était conseiller d'Etat et aumônier ordinaire de la dauiihine. 11 avait été nommé àbbé de Val-Benoîle en 1726, de la Clarté-Dieu en 1733, et de Saint- Martin de Rouen en 1711. En 1749, il remit ces abbayes, et eut celle de Troarn, au diocèse de IJayeux. 11 avait été reçu à l'académie française, en 1742, à la place du cardinal de Polignac. Son discours de réception, qui fut prononcé le 10 mars, est aussi sage que modeste. L'orateur y amène naturellement l'éloge du prince son élève, et qiiel([ues détails sur son heureux caractère. Il termina ainsi son discours: « Mais, « quelque autorité que les lettres aient sur « les esprits et sur les mœurs, c'est d'un « princijie plus sublime que nous attendons « raccomplissement d'un si grand ouvrage. « Vous le savez, messieurs, c'est h la reli- « gion seule qu'il appartient de donner au « monde des rois selon lo cœur do Dieu « et selon le cœur des hommes. Puissent « ces salutaires maximes , jusqu'à présent « reçues avec docilité, s'im|>rimer de plus « en plus et ne s'effacer jamais ! » Ce fut Destouc'ies qui répondit comme directeur; il loua dans le réci[iiendaire la douceur de son caractère, la délicatesse de son esprit, sa vaste érudition et sa profonde connaissance des lettres grecques et romaines. L'abbé de Saint-Cyr fut remplacé dans le même corps par l'abbé le Batteux, dont le discours de réceiilion est du 9 avril 1761. Il lit sentir combien la philosophie de son prédécesseur avait été sage, raisonnable et religieuse, et le duc de Nivernais, dans sa réponse, dit que l'éloge le plus frappant de l'abbé de Saint-Cyr était le succès de ses soins auprès de son auguste élève, et il parle des vifs et honorables regrets de l'académie. L'abbé de Saint-Cyr a sa place dans l'Histoire des membres de l'académie, morts depuis 1700 jusqu'en 1771, qui fait suite aux Liages des académiciens, par d'Alembert. Mais le secrétaire perpétuel

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s'eîl bien gardé de louer un homme qui avait o|)précié à leur juste valeur les vues des philosophes: son article est tout entier une critique et un persillai^e; il suppose que l'abbé de Saint-Cyr n'avait pas cherché à inspirer au dauphin de l'éloigneraent pour la philosophie, celte sauvegarde la plus assure'c des rois, dit-il ; la su te a monlié si cette sauvegarde était bien sûre. D'Alembert prétend qu? le dauphin se plaignait sourent d'avoir été mal élevé ; et en etïot, un prince élevé par un prêtre attaché ?i la religion, un I rince qui lui-même faisait profession de ])iété, et qui n'avait pas dissimulé son peu de penchant pour les principes de d'Alembert et de ses amis, ne pouvait à leurs yeux qn'avoir été mal élevé. D'ailleurs le propos qu'on prête au dauphin est suthsammeut démenti i)ir la confiance, l'estime et l'amitié qu'd téuioigiia toujours à son ancien maître. Il lui reniait compte de ses lectures et lui demandait ses conseils. Le suffrage d'un prince si solide, si vertueux, si juste appréciateur du mérite, doit avoir au moins autant de poids que celui du partial académicien. Les Mémoires de Trévoux, dans le peu de mots qu'ils consacrèrent à l'abbé de Saint-G\'r, disent de lui « qu'il cultiva les lettres et la [)hi- « losophie, comme s'il avait voulu que per- « sonne ne lui sût gré de son mérite, de « ses talents et de ses travaux, et qu'il « conserva, dans le tourbillon même de la « cour, cette égalité <le mœurs, d'études, « de procédés, qui exclut les désirs et con- « damne les prétentions. »

SAINT-CYRAN. Foî/- Verger de Hauranne.

SAINT-FÉLÎX (Gaspard de), ancien supérieur du séminaire de Toulouse, naquit dans crtle ville le 25 mars 1741 , d'une famille de magistrature. Après avoir été admis dans la congrégation des prêtres de Saint-Sulpice, il fut di ecteur et professeur de théologie dans plusieurs séminaires, notamment à Lj'on ; devint siipérieur de la communauté des Robertins h Paris, et le fut ensuite du séminaire Saint-Charles à Toulouse, établi pour les clercs des ditférentsdiocèses voisins, qui étudiaient à l'université de cette ville. Les orages révolulionnair'cs le contraignirent de |)asser en Espagne. De retour en France, il fut mis, après le concordat, à la tête du séminaire diocésain de Toulouse qu'il dirigea jusqu'en 1811, époqie où Bonaparte expulsa les prêtres de la congiégation de Saint-Sulpice des séminaires dont ils étaient chargés. L'abbé de Saint-Félix se tixa à Paris, où il mourut le 1" janvier 1832, ;lgé de 91 as, après avoir été, jusqu'au dernier moment, l'exemple di' la communauté par sa piété et jiar son assiduité à tous les exercices du séminaire.

SAINT-GELAIS (Octavien de), évêque d'Angoulêmè, né k Cognac, vers ih-Gd, de Pierre de Saint-Gelais, marquis de Mont- Lieu et de Saint-Aulave, fit ses éludes à Paris, embrassa l'état ecclésiastique, et se livra îi la galanterie. Ayant été introduit de bonne heure à la cour, il acquit les bonuiss grâces

du roi Charles ■\'in, qui le fit nommer, par le pape Alexandre VI, ;i l'évêchéd'Angoulème, en IWf. Octavien de Saint-Gelais alla résider dans son diosèse en IVOT, et ne s'occupa plus que des fonctions de son ministère et de l'étude de l'Ecriture sainte et des Saints Pères. Il mourut en 1302, à 36 ans. On a de lui des Poésies et d'autres ouvrages en français. Le Yn'f/ier d'honneur fut imprimé séparéinent, in-8", in-i" et in-fol. Le Château de Labour le fut en 1532, in-16. Une traduction d 'S six comédies de Térence vit lejour en 1538, in-fol. ; et les Héroides d'Ovide, aussi traduites, furent insérées dans le Vergier d'honneur.

SAINT-GEMÈS. Voy. Besombes.

SAlNT-GEilAlAIN, évôquede Toulon. Voy.

MoiIlîGL'ES.

SAINT-GLAIN, Voy. Glain.

SAINT-IGNACE (Henri), religieux carme, né à Atli, au comté de Hainaut, professa pendant plusieurs années la théologie dans les couvents de son or.lre ; il est connu par un livre intitulé : Ethica amoris, ou Cours complet de théologie morale, qui l'ut prohibé à Rome en 17ii et 1722. Il est aussi auteur de quelques pamphlets, notamment du Molinisme renversé, dans lequel il se déc'ara contre les jésuites. En général, ses ouvrages ne se recommandent ni par le fond ni par la forme. Ce religieux, né dans xvii' siècle, termina sa carrière vers 1720.

SAINT-JEAN (N.), ecclésiastique, mort à Toulouse, le 12 mai 1828, dans sa 80" année, était professeur émérite de l'université. Il est auteur du Nouveau Manuel ecclésiastique, un vol. iii-12. Voyez le n" 1377 de l'Ami de la Religion. L'année même de sa mort il y donna une suite sous ce titre : Lettres sur divers sujets relatifs att saint ministère et à l'exercice de ses fonctions, in-12,de 20 pages. L'abbé Saint-Jean était membre de l'Académie des jeux floraux, et de celle des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse. Il avait fondé une bourse au séminaire diocésain de cette ville, et il a laissé par son testament lOOJ fi'. aux pauvres de l'hôpital Saint-Jieseph de la Grave.

SAINT-JORRI (Pierre du Faurdte). Voy.

FaIjK.

SAINT-JOSEPU. Voy. Joseph (Pierre de

Saint-), et Ange de Saint-Joseph (le Père).

SAINT-JURE, ou, selon Prudhomme, SanjHRE, et, suivant dom Calmet, Sainjure (Jean-Bai liste). Voy. Jlre.

SAINT-MARC (Charî.es-Hugues Le Febyre de), né à Paris en 1698, embrassa le parti désarmes; mais, en 1718, il prit le petit col let, s'attacha à l'histoire ecclésiastique du siècle dernier, et débuta dans la littérature par le Supplément au Nécrologe de Port- Royal, qui parut en 1735 [Voy. Desmares, ToussiiiU); il travailla ensuite à l'Histoire de Pavillon, évêqué d'Aleth, ouvrage qui marque assez ses liaisons avec les gens du i parti. Après avoir quitté l'habit ecclésiasti- ' que, et vu échouer plusieurs projets sur les- ; <]uels il fondait sa fortune, il s'occupa à donner des éaitions de plusieurs ouvrages, qu'il

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a cliargé de beaucoup de pièces et de remarques inutiles. Les 17° et 18" tomes du Pour et contre, et partie du 19% sont encore de lui, et n'ont ni la variét'i, ni les agréments des volumes do'inés par l'abbé Prévôt. Il adonné aussi la Vie de Philippe llecqwt, et un Abrégé chronologique de l'histoire d'Ilidie, dont le 1" volume parut en 1701, in-8", et qu'il a continuéjusqu'au 6% qui parut en 1770, ,Tprés la mort de l'auteur arrivée à Paris en 17G9. Cette histoire est d'une lecture fatigante, par la singularité de l'ortliographe, le grand nombre d(^ colonnes dont elle est cliargée, enfin à raison des ell'oits pénibles que fait l'auteur pour contourner les laits au prolit de la petite églis(!. On a aussi de lui ciuelques pièces dn poésie française.

SAINI'-MAUC (l'abbé dV.). Voij. Gceni\.

SAINT-MAKTIN (Locis-Cl audu dk) , sur- TxomvàiSW. Philosophe inconnu, né à Amboise le 18 janvier 17V.3, appartenait à une famille distinguée dans les armes, lit de bonnes études, et possédait plusieurs langues anciennes et modernes. 11 avait lu île bonne heure le livre du théologien protestant Abbadie, sur l'Art de se connaître soi-même, et c'est là qu'il |)uisa les princi|ies de philosophie, de moi'ale et de religion qu'il professa toute sa vie. Destiné par ses parents à la magistratui'e, il étLidia le droit ; mais ensuite, préfé^rant la carrière, des armes, qui lui laissait plus de loisir pour s'occuper de ses méditations philosophiques, il entra, îi l'âge de 22 ans, clans le régiment de Foix en qualité de lieutenant. Il fut initié alors, i)ar des formules, des rites et des [iratiques, à la secte dite des Marlinistes, tki nom de Martinez- Pasqnalis qui en était le chef. Il n'adopta ])oint entièrement les doctrines de cette secte. Mais ce fut par là qu'il entia dans les voies du spiritualisme. L'état militaire n'étant guère conforme à ses inclinations, il le quitta au bout de six ans. Saint-Martin, doué d'un caractère tranquille, aimait l'étude et le recueillement, où il se plongeait dans ses idées meta [ihysiques. Après a voii' voyagé en Suisse, en Allemagne, en Angleterre et en Italie, il revint à Lyon, où il demeura trois ans, presque inconnu, dans la retraite, ne voyant qu'un petit nombre d'amis. Il mena la même vie obscure et |>aisible à Paris, où il s'était rendu après celte époque ; impassible au milieu des événements de la révolution, il put en éviter les suites. Il ne blâmait ni ne biuait rien avec excès, et son àme, concentrée en elle-même, ne se nourrissait que d'idées philosophiques, ne regardant les alfreuses scènes qui se passaient .nitour de lui que comme des maux inévitables ou mérités. Il n'éiuigra point à l'époque de la révolution dans laquelle il reconnaissait les desseins terribles de la Providence, comme il vit plus ta ri un grand instrument temporel dans Bon;(iiarte. Expulsé de Paris en 179-'i. comme noble, il fut arrêté peu de tem;;s après dans la retraite qu'il s'était choisie, co.ume faisant jiartie de la prétendue conjuration do la Mère de Dieu, Catherine Théos. Le 9 thermidor le rendit à la liberté, et vers latin de

la même année fl79i), il fut désigné parle district d'Amboise, sa patrie, comme un des élèves de l'école normale. Il publia successivement à Paris un grand nombre d'ouvrages qui ont été commentés et traduits en partie, ]>rincipalement dans les langues du nord de l'Europe. Saint-Martin mourut d'une atta((ue d'apoplexie, à Aulnay, village près de Paris, le 13 octobre 1803, chez son ami le sénateur La Roche. Parmi ses écritsnous citerons les suivants : Des Erreurs et de la Vérité, ou Les hommes rappelés au principe universel de la science, par un philosophe inconnu, Edimbourg (Lyon), 1775, in-8". Ce livre fit beaucoup de bruit dans le temps, quoiqu'il soit, et peut-être parce qu'il est inintelligible. Quelle est h science? Selon lui, c'est la révélation naturelle; et cette même révélation, qu'est-elle en substance? C'est ce que Saint- Mai'in n'a pas su concevoir, ou ce qu'il a mal expliqué. « Son système, dit M. Toulet, « a pour but d'expliquer tout par l'homme. « L'homme, selon Saint-Martin, est la clef de « foule énigme et l'image de toute vérité: « prenant ensuite à la lettre le fameux oracle « de Delphes, iVosce te ipsum, il soutient que, « pour ne pas se méprendre sur l'existence « et l'harmonie des êtres composant l'uni- « vers, il suflit à l'homme de se bien connaî- « tre lui-môme, parce que le corps de l'hom- « me a un rapjiort nécessaire avec tout ce « qui est visible, et que son esprit est le type « de tout ce qui est invisible ; que l'homme « doit étudier et ses facultés physiques, dé- « pendantes de l'organisation de son corps, « et ses f.icultés intellectuelles, dont l'exer- « cico est souvent intluencé par les sens ou « par les objets extérieurs, et ses facultés « morales ou sa conscience, qui suppose en « lui une volonté libre ; c'est dans cette « étude qu'il doit chercher la vérité, et il « trouvera en lui-même tous les moyens né- « cessaires pour y arriver. Voilà ce que Saint- « Martin appelle la révélation naturelle. Par « exemple, la plus légère attention suffit, « dit-il, pour nous ap,:rendre que nous no « communiquons, et cjue nous ne formons « môme aucune idée, qu'elle ne soit précé- « dée d'un tableau ou d'une image cngenn drée par notre intelligence ; c'est ainsi « que nous créons le plan d'un édifice ou « d'un ouvrage quelconque. Notre fticulté « créatrice est vaste, active, inépidsable ; « mais en l'examinant de près, nous voyons « qu'elle est secondaire, temporelle, dépen- « dante, c'est-à-dire qu'elle doit son origine « à une faculté créatrice, supérieure, indé- « pendante, universelle, dont la nôtre n'est « qu'une faible copie. L'homme est donc un « tj/pc cjui doit avoir son prototype; c'est « une effigie, une monnaie qui suppose une « matrice, et le Créateur, ne pouvant puiser « que dans son propre fonds, a dû se peindre « dans ses œuvres, et retracer en nous son « image et sa ressemblance, base essentielle « de toute réalité. Malgré le rapport et la « tendance que nous conservons vers ce « centre commun, nous avons pu, en vertu « de notre libre arbitre, nous en aoiirocher

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« ou nous en éloigner. La loi naturelle nous « ramène constamment à notre première « origine, et tend à conserver ci nous l'em- « preinte de Timaj^e primitive ; mais notre « volonté peut refuser d'obéir à cotte loi ; et « alors la chaîne naturelle étant interrom- « jiue, notre type ne se rapporte plus à son « modèle, il n'en dépend plus, et le i)lace « sous rinfluence des êtres corporels qui ne « doivent servir qu'à exercer nos facultés « créatrices, et par lesquelles nous devons « naturellement remonter à la source de tout « bien et de toute jouissance. Cette disposi- « tion vicieuse une fois contractée par o notre faute, peut, comme les autres facul- « tés organiques, se transmettre par la voie « de la génération : ainsi nous héritons des « vices de nos parents. Mais la vertu, mais « l'étude et la bonne volonté pourront toute jours diminuer ou détruire ces affections .< dépravées, et corriger en nous ces altéra- « lions faites à l'image de la Divinité ; nous « pouvons, en un mot, nous régénérer et « seconder ainsi les vues réparatrices de « Vnomvie-Dieu. » Malgré cette analyse que nous avons rap|)ortée en entier, on ne voit pas bien clairement quelle était la doctrine de Saint-Martin. « Je me suis permis, disait- « il, d'user de réserve dans cet écrit, et de « m'y envelopper souvent d'un voile que les « yeux les monis ordinaires ne pourront pas « toujours percer, d'autant que j'y parle « quelquefois de toute autre chose que de « ce dont je parais ti-aiter. » Avec une pareille explication on peut être obscur et inintelligible tout h son aise. Toutefois, au milieu d'un grand nombre de maximes erronées, on en trouve quelques-unes de vraies. Telle est celle-ci : // est bon de jeter continuellement les yeux sur la science, pour ne pas se persuader quon sait quelque chose ; sur la justice, pour ne pas se croire irréprochable ; sur toutes les vertus, pour ne pas penser qu'on les possrde. Le livre de Saint-Martin a trouvé beaucoup de partisans en Angleterre, et on en a imprimé à Londres une suite en anglais, 178V, en -2 volumes in-8° ; mais l'auteur français n'y a eu aucune part, et elle s'éloigne des pruicipes de son système ; Le ministère de l'homme-esprit, Paris, an XI (1802), 3 part. in-H" ; Eclair sur l'association humaine, an V (1797), in-8°. Il y cherche les fondements du pacte social dans le régime Ihéocratique, et les communications entre Dieu et l'homme ; Le Livre rouije ; Ecce Homo, Paris, an IV '179(5), in-12; l'Homme de désir, Lyon, 1790, ln-8", nouv. édit., Metz, an X (1802), in-12 ; Le cimetière (l'And)oise ; Le Crocodile ou La Aiuerre du bien cl du iual arrivée sous le rèijnc de Louis XV, iioëme épico-magique en 102 chants, Paris, 1799, in-8'. C'est l'ouvrage le plus obscur qu'ait enfanté l'imagination ténébreuse de l'auteur, et qui ne fait nul honneur à ses talents poétiques. On y voit ligurei' un Jof (la foi), un Sédir (le désir), et un Ourdeck (\c jeu), qui sont la clef de tout le poème; sans ijue cela le rende ni moins enl'iuyeux ni plus inlelligible : Tableau naturel des 7-apports qui existent entre Dieu,

l'homme et l'univers, deux parties, Edimbourg (Lyon, 1782, in-8"), traduit en allemand, ainsi que le livre dos Ei-reurs ; Le Notivel Homme, 1790, in-8'; De l'esprit des choses ou Coup d'ceil philosophique sur la nature des êtres, etc., Paris, an VIll (1800), 2 vol. 10-8°; Lettre à un ami, ou Considérniionspolitiques, philosophiques et religieuses sur la révolution française, Paris, an llï (1795), in-8"; Réflexions d'un observateur sur la question proposée par l'institut : Quelles sont les institutions les plus propres à fonder la morale d'un peuple, an VI (l'79S), in-8" ; Discours en réponse au citoyen Garai, professeur d'entendement humain aux écoles normales, sur l'existence d'un sens moral, etc., imprimé d'ins la Collection des Débats des écoles normales, an 1801 , tome l\l;Essai sur cette question proposée par rins^/(tt< : Déterminer l'intluence des signes sur la formation des idées, an VII (1799), in-8'' de 80 pages. Saint-Martin a traduit de l'Allemand de Bœhm les Trois Principes de l'Essence divine, 1802, 2 vol. in-8"; et ['Aurore naissante ou la Racine delà philosophie, etc., 1800, in- 8°. Il avait, dit-on, un caractère doux, bienfaisant; ses connaissances étaient très-variées ; il aimait les arts, et surtout la musique. Ses auteurs favoris étaient Burlamaqui et Rabelais ; il lisait le premier pour s'instruire, et c'est de lui, dit-il, qu'il prit le goût de la méditation ; il lisait le second pour son amusement. Cependant on convient qu'il y a assez de ces deux écrivains pour se gAter l'esprit et se corrompre le cœur. Les OEuvres posthumes de Saint-Martin ont été publiées à Tours, 1807, 2 vol. in-8°; on y trouve un Journal depuis 1782, dans lequefrauleur a rapporté les entretiens, les relations, etc., qu'il avait eus ; ce morceau est intitulé : Portrait de Saint-Martin fait par lui-même. Plusieurs biograj)hes ont confondu Saint- Martin avec Maitinez-Pasqualis (1) qui fut son maître. M. Gencea fait paraître, en 1824, chez Migneret, une Notice biogi-aphique sur Saint-Martin, in-8°, de 28 pages.

SAIN-TMARTIN (Jean-Didier de), missionnaire, né à Paris, en 174.3, embrassa l'état ecclésiastique, et devint directeur du séminaire de Saint-Louis. Reçu docteur en théologie, en 1772, il partit la même année pour la mission de la Chine, et dès qu'il fut arrivé à Macao, il fut em|iloyé \>ar ses supérieurs dans la province de Sse-Tchouan oii il apprit assez bien la langue du pays pour pouvoir

(I) îlartinez Pasqualis, chef de la secte des iVartimstes, clait à ce qu'on prcsuine, portugais de uaissau(<', et même jiiil'. Eu 17oi, ce personnage s'aniioui;a par l'inslilulion d'un rite caijalislicpie d'élus, dits coliens, en hébreu préires, qu'il introduisit dans quelques loges maçonniques de France, notaninieut à Marseille, à Bordeaux el à Toulouse. Il piéeha aussi sa doctrine à Paris, puis (piitla soudain eeue ville, et s'embarqua, vers 1778, pour Saint-Domingue, oîi il termina, en 1779, au Port-au-Prince, sa carrière ihéurgicpie. — On a lieu de eroire, d'après ses écrits et ceux de ses élèves, que sa doctrine est celle cal>alc de .loil's, (pii n'est autre que leur niétapliysique, ou la scieiiee de l'olre, com|irenant les no lions de Dieu, des esprits et de l'iiomme dans ses divers étals.

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prêcher et publier des traductions. En 1704, J'abbe saint Martin fut nommé coadjuleur du '.icaire apostolique do la province, et sacré évoque de Caradre in partibus. Après avoir ipartagé l'année suivante lapersécution qu'es- :siiyèrent différents missionnaires, et qui le iforça de se retirer quelque temps à Manille, il revint en 1789 dans la province de Sse- Tchouan dont il fut nommé, trois ans après, Ticaire apostolique. C'est dans ce poste difficile que ce savant et vertueux missionnaire «terminé sa vie, en 1801. Il a composé et traduit en chinois plus de trente ouvrages de piété, entrcautres limitation de Jésus-Christ et le Cati<chisine de Montpellier. On trouve dix-huit lettres de lui dans les trois premiers volumes das Nouvelles lettres e'dijiantes, et M. l'abbé Labouderie en a publié 23 autres sous ce titre : Lettres de M. de Saint-Martin, écéçue de Caradre, à ses père et mère, et à son frère, religieux bénédiHin, etc., avec mie Notice biographique et des Notes, Paris, 1822, in-8'. On y a joint un Essai sur la législation chinoise par M. Dellac, avocat.

SAINT-MARTIN (Louis-Pierre), d'abord ecclésiastique, puis magistrat, né à Paris le 10 janvier 1753, devint, en 1781, conseillerclerc au Châteliît, et |)rècha, cinq ans après, Je Panégyrique de saint Louis devant l'Académie française. Kntraîné par le torrent de la révolution, il oublia ses serments, se mariaavecune femme divorcée, dontilse sépara iui-niême plus tard par le divorce. Il se livra ensuite à l'étude des lois, et fut successivement juge au tribunal do cassation, membre du tribunal de révision àTièves,pour les quatre déparlements de la rive gauche du Khin, juge à la cour d'appel, et enlin conseiller à la cour supérieure de justice à Liège. Quand on voulut dépouiller llome et Tllalie de ses précieux monuments des arts, Saint-Martin fut un des membres de la commission qui devait les recueillir. Il fut continué, à l'époque de la restauration, par le roi des Pa^ s- Bas, dans sa place de conseiller à la cour d'appel de Ljége, et il mourut dans cette •ville le 13 janvier 1819, âgé de 66 ans. Il avait recommandé qu'on l'enterrât dans le jardin de la loge maçonnique de cette ville, dont il taisait partie. Cependant ses collègues réclamèrent pour lui la sépulture ecclésiastique ; n'ayant pu l'obtenir, ils rendirent au défunt des honneurs extraordinaires, avec toutes les cérémonies pratiquées par les francs-maçons. On publia à cette occasion une brochure intitulée : Honneurs funèbres rendus dans la loge de la Parfaite-Intelligence, à la mémoire du vénérable frère de Saint-Martin, Liège, 1818, in-8°. Saint-Martin a laissé des Réflexions en réponse à celles de l'abbé d'Espagnac, touchant Suger et les établissements de saint Louis, avec des. notes, 1786, in-8°.

SAINT-MARTIN (Jean-Antoine), orientaliste distingué , élève de M. Silvestre de Sacy, né à Paris en janvier 1791, mort du choléra en juillet 1832, a laissé un grand nombre d'écrits savants, parmi lesquels nous citerons seulement une Notice sur le Zodia-

DlCTIONN. DR BlOr.RAPUIE RELIG. III.

que de Denderah, lue à l'académie des inscriptions, Paris, 1822, in-8°. On trouve dans cet opuscule, où l'auteur réfute les conjectures do Dupuis, beaucoup de sagesse et une critique lumineuse.

SAINT-MARTIN (Antoine deLa Porte de).

Voij. Porte.

SAINT-MARTIN (LÉANDRE de). Tow. Jones.

' SAINT-MARTIN (tiuiLLAUME de), prêtre, docteur en théologie, aumônier du roi, et curé de l'église de la basse Sainte-Chapelle de Paris, se fit une place honorable parmi les prétiicateurs du xvu' siècle. Il avait prêché l'Avunt devant Louis XIV en 1677. On a de lui des Sermons en 7 vol. in-8°, Paris, 1683 et 1685. Ils sont ainsi répartis : Avent, 1 vol.; Carême, 2 vol.; Panégyriques des saints, 2 vol. ; Octave du Saint-Sacrement, 1 vol. Le septième volume, renfermant les Mystères et Professions religieuses, avec des Discours prononcés aux synodes de Paris, et autres pièces, fut imprimé en 1694. L'abbé de Saint-Martin parut dans un temps où l'éloquence delà chaire avait éprouvé d'heureux changements. On en avait déjà presque banni toutes les citations d'auteurs |)rofanes, les applications allégoriques et forcées de l'Ecriture sainte et les exi)ressions énigmatiques ; mais on n'était pas encore parvenu à ce degré de perfection dont nous sommes redevables au P. Bourdaloue, à Massillon, et à d'autres prédicateurs éminents. Ainsi, l'on peut dire que sa méthode d'écrire et de composer tient le milieu entre celle des anciens prédicateurs et celle des modernes. Le P. Houdry, jésuite, rapporte souvent, dans sa Bibliothèque , des extraits de sermons de cet orateur. M. l'abbé Migne a fait entrer les œuvres de l'abbé de Saint- Martin, avec celles de deux autres prédicateurs, dans sa grande collection des Orateurs sacrés, sous ce litre : OEuvres complètes de De Fromenlières, et Sermons choisis de DeLa Volpilière et de Guillaume de Saint-Martin, 1844, 2 vol. in-4% formant les tomes Vlll et IX de la collection.

SAINT-PARD (PiERRE-NicoLAs VAN Blotaque, plus connu sous le nom emprunté de ), jésuite, né le 9 février 1734 à Givet- Saint-Hilaire, dans le diocèse de Liège, entra dès l'âge de dix ans au collège de cet ordre à Dinant, et en voyant sur le portail de l'église des jésuites une inscrifition qui annonçait que cet institut était destiné à travailler au salut des âmes, il conçut l'idée d'entrer dans leur compagnie. Il vint à Paris pour y faire son noviciat, et fut envoyé, suivant l'usage, dans plusieurs collèges comme professeur; il se trouvait à "Vannes lors des arrêts du parlement contre la société, et il revint aussitôt à Paris, oîi il prit, pour pouvoir exercer son ministère, le nom de Siint- Pard , que depuis il a toujours conservé. M. de Beaumont le plaça dans la paroisse de Saint-Gcrmain-on-Laye,' et il y échappa aux arrêts do proscription et de bannissement. "Vers 1775, il fut nommé directeur des religieuses do la Visitation do la rue Saint-Antoine. Pendant la révolution il ne sortit poiuj

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de France, et se tint caché dans divers asiles, toujours prôt cependant b. remplir les fonctions de son ministère; ce qui le fit renfermer ])endant six mois dans les prisons do Versailles, sous le Directoire , el jifu après à Paris pendant le même temps. A l'époque du concordat (1801), M. deBelloy, archevêque de Paris, le nomma chanoine honoraire; il se fixa sur la paroisse d(i Saint- Jacijues, où il exerça son zèle, confessant et prêchant, soit dans 'la capitale, soit dans les provinces. 11 est mort le 1" dècemhre 1821-. On lui doit : Le Livre (1rs élus ou Jésus crucifié, par le père de Snint-Jure, revu et corrigé, Paris, 1771, in-1-2, avec une préface de l'éditeur, qui contient l'éloge du père de Saint-Jure, et une liste de ses ouvrages, nouvelle édition, 1825, augmentée d'une nitice sur l'abbé de Saint-Pard, extraite de VAmi de la religion et du roi, tome XLII, page 198; de la Connaissance rt de Vamoxir de Jésus-Christ pour servir de suite au Livre des élus, par le père de Sainl-Jure, revue et corrigée ; Retraite de dix jours à Tusage des ecclésiastiques et des religieux d'après l'Ecriture sainte et les Pères de l'Eglise, 1773, in-12 ; l'Ame chrétienne formée sur les maximes de l'Evangile, ouvrage de piété en faveur des personnes qui aspirent à la perfection, 177V, in-12 ; la Yie el la doctrine de Jésus-Christ, rédigées en méditations pour tous les jours de l'année, traduites du latin du P. Àvancin, Paris, 1775, 2 vol. in-12; le Jour de communion, ou Jésus-Christ considéré sous les différents rapports qu'il a avec l'âme fidèle dans l'Eucharistie, suivi de sentiments affectueux, 1778, in-12; nouv. édit., 1819; Conduite intérieure du chrétien, 1779, in-2'+ ; revue et mise dans un nouvel ordre, Paris, Rusand, 1819, i'i-32 ; Exercice de l'amour pénitent, suivi d'un essai sur l'ordre considéré comme vertu, 1819, in-lti. Il a laissé en manuscrit des Lettres spirituelles et des Lectures pieuses tirées des psaumes.

SAINT-PÉKÈS ( J. DE ), poëte, dont le nom ne nous est connu que par l'ouvrage suivant, qui est devenu fort rare : Le vray Trésor de Vhistoire sainctesur le transport miraculeux de l'image de Nostre-Dame de Liesse , Paris, A. Eslie me, l(ii7, in-i°, où l'auteur raconte le transport miraculeux de cette image, depuis l'Egypte jusqu'à la ville de Laon, en 1113. Ce livre est encore recherché h cause surtout de huit belles gravures de Poilly, d'après les dessins de Stella. Le livre se termine par la relation du pèlerinage qu'entreprit, en IGV'i., une famille composée du père, de la mère et de deux enfants. 11 fallait alors trois jours entiers pour aller par le coche do Paris àLaon. Les vers sont plats, mais souvent naïfs.

SAINT-SAMSON ( Jean Dumoulin de ) , serviteur de Dieu, vénérable par sa vertu extraordinaire, naquit à Sens le 29 décembre 1571, de Pierre Dumoulin et de Mario d'Aiz, personnages dont la vertu et la pieté surpassaient encore les richesses. Dès le berceau, Jean perdit complètement la vue par suite de la petite vérole. Orphelin à

l'âge de dix ans, il fut mis sous la tutelle d'un oncle maternel qui lui fit donner une éducation aussi soignée que pouvait la recevoir un enfant aveugle. Peu d'années après, l'enfant se confina dans une retraite presque absolue, afin de s'y livrer à la pratique des austérités, et de se faire lire des livres qui traitaient uniquement des choses de Dieu. Il alla ensuite demeurer à Paris, étant âgé de 25 ans, chez un de ses frères, qui était trésorier et payeur de la gendarmerie. Celuici étant mort, Jean abandonna, quoique aveugle, tous ses biens aux pauvres, et il voulut concourir à la réforme des carmes. 11 s'était rendu habile dans le jeu des orgues, et sa profession d'organiste l'avait mis en rapport avec un jeune religieux de cet ordre, qu'il s'appliqua, pendant deux années, à rendre capable d'être un des principaux instruments de la réforme qui eut lieu peu de temps après dans le couvent de Rennes, d'oiî elle se réi)andit dans plusieurs provinces. Ce fut aussi lui qui inspira le même dessein au P. Philippe Thibaut , qui fut le chef de cette pieuse entreprise. Luirnôme il entra dans le couvent de Dol , oii sa haute vertu le fit recevoir, malgré sa cécité. Dès qu'il fut en religion, sa sainteté parut s'accroiire encore. Son exercice favori était l'assistance des malades, et l'on cite plusieurs cures miraculeuses opérées par la vertu de ses invocations : il employait, dans ce cas, l'oraison qin se dit à Saint-Pierre de Rome pour le même sujet. De Dol il fut appelé au couvent réformé de Rennes, oi!i sa réputation le suivit. Les prélats, les premiers présidents du |iarlement, les personnages les plus illustres de la Bietagne, et jusqu'à la reine Marie de Médicis, mère de Louis XIII, lui témoignèrent plus d'une fois la vénération que sa vertu leur inspirait. Le saint aveugle mourut à Rennes le li septembre 163G. On a de frère Jean de Saint-Samson un grand nombre de traités pieux, qui, publiés d'abord séparément, ont été réunis en 2 vol. in-folio. Nous citerons : Le vrai esprit du Carmel ; Le cabinet mystique; Règles de conscience et de conversation ; Le miroir et les flammes de l'amour divin, composé à la prière de Revol, évoque de Dol ; Les soliloqiies ; Les contemplations ; Méditations pour les retraites , ou Exercices de dix jotirs ; Lumières et règles de discrétion pour les supérieurs ; Recueil de ses Lettres s]/irituelles ; De la simplicité divine; De l'effusion de l'homme hors de Dieu et de sa réfusion en Dieu ; La mort des saints précieuse devant Dieu, ou L'art de pâtir et de mourir saintemenl ; Obfcrvntions sur la règle des carmes ; La conduite des novices ; Poésies mystiques (ou cantiques spirituels). On a la Vie de fière Jean de Saint-Samson, composée en français par le P. Donatieu de Saint-Nicolas, et traduite en latin par le P. Malhurin de Sainte-Anne, tous deux religieux carmes. On peut consulter aussi les recueils de dom Loinneau et d'Albert Legrand.

SAINT-SIMON ( Ci,\ui>E-FRANçors Ver- MANDOis DE Roi'vnoï Sandricourt de), évê-

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que d'Agde, né à Paris en 1727, fut d'abord grand vicaire de l'évi^que de .Metz, et voyagea ensuite en Italie jiour perfectionner les connaissances qu'il avait acquises dais ses étuiles. A son retour il fut uouimi! évoque d'Agde (1759). C'est dans cette ré.siilence qu'il rassembla la collection la plus complète de livres ecclésiasiiqucs, les meilleures éditions des auteurs grecs et latins, et une suite nombreuse d'ouvrages d'antiquités, principalement sur les peuples du Nord. Son érudition le fit a Imettre en 1785 à l'académie des inscriptions et belles-lettres. Au commenceuient de la révolution il vint chercher à Paris un asile contre les persi'cutions dont il était l'objet ; mais il ne put échapper aux proscriptions. Arrêté et détenu pendant plusieurs mois, il fut traduit devant le tribunal révolutionnaire, qui le condamna à mort le 25 juillet 179'i.. Sa bibliothèque, qui fut rendue à sa famille, a été acquise par le médecin Bartliez, et celui-ci l'a léguée à l'école de médecine de .Montpellier. On trouve dans ]e Magasin encyclopédique, année 1808, loDJe V, page 377-84, une Notice sur ce prélat.

SAINT-SIMON (Claode-Henri , comte de), fondateur de l'école politico-philosophique dite des industriels, né à Paris, le 17 octobre 1760, do la mémo famille que le précédent, était le plus proche parent du duc de Saint- Simon, et se montra de bonne heure partisan des idées libérales qui avaient pénétré jusque dans la cour de Louis XVI. D'Alembert fut son précepteur. Entré au service en 1777, il fit, deux ans après, la guerre d'Amériipie, sous M. de Bouille, puis sous Washington, fut fait prisonnier en 1782, avec M. de Grasse, et rei;ut des Américains la décoration républicaine de Cincinnatus. De retour eu France l'année suivante, il fut nommé colonel du régiment d'Aquitaine. En 178'J il quitta la canière militiire et se jeta dans des sj)éculations considérables, .sur les domaines nationaux. Pendant la n'volution il ne prit aucune part aux événements poiltiques. Cependant, par suite d'une ressemblance de nom, un mandat d'amener fut lancé contre lui, et, pour ne pas compromettre son hôte, il se constitua lui-même prisonnier ; il ne recouvra la liberté qu'après onze mois de détention, à l'époque du 9 thermilor (le 27 juillet 179i). C'est eal807qu'a-

{irès avoir li{[uidé ses opérations counnerciaes, Saint-Simon fjrma la résolution de prêcher une nouvelle doctrine sociale : il exposa, cette même année, dans son Introduction aux travaux scientifiques du xix' siècle, 2 vol. in4°, les idées fondamentales de son Système. La destinée de l'homme, selon ce nouvel apôtre, étant sur la terre de produire par le travail, cette théorie qui, dans l'application, est circonscrite nécessairement dans le cercle matériel de Vutile, proclame l'industrie comme le bit définitif de la société humaine, et les indii^-.triels comme la classe ."^"oérieure de la société : en d'autres termes son système n'est qu'un quakérisme sans spiritualité et sans pratiques extérieu-

res. Après avoir réalisé les débris de sa fortiino, Saint-Simon voulut refaire, comme il le disait, son éducation , et passa dix ans à se mettre au courant des diverses branches de la si;ience, nouant dans ses voyages en Angleterre, en Allemagne, en Suisse et en Italie de nombreuses relations avec les savants les plus renommés de ces pays. En 1810, il fit paraître le prospectus d'une Nouvelle Encyclopédie, ouvrage dont la bizarrerie a fait croire k quelques critiques que l'auteur n'était pas exempt de folie : il prétend descendre de Charlemagne qu'il dit avoir vu en songe. On peut consulter sur cet écrit VAmi de In religion, tome LXIII, page 374. Sa doctrine fut peu goûtée, et Saint-Simon en ressentit un dépit difiîcile à exprimer. C'est sans doute à une cause semblable qu'il faut attribuer le parti désespéré qu'il prit de se tiier un coup de pistolet, mais il ne réussit qu'à perdre un œil. En 1817, il publia un recueil intitulé l'Industrie. Voyez l'Ami de la, religion, n" 336, tome XIII. Saint-Simon y déclarait la guerre à la monarchie comme a la religion : aussi fut-il désavoué par ceux qui avaient mis leurs noms sur la liste des souscripteurs. Après s'être vu plusieurs fois poursuivi pour ses publications qui étaient d'une hardiesse que l'on peut dilhcilement concevoir, Saint-Siaion est mort à Paris, le 19 mai 1825; son corps ne fut point présenté à l'église, et ce fut un de ses disciples qui lit les frais de ses funérailles. Nous recommandons à ceux qui voudront connaître la doctrine saint-simonienne qui, malgré la date récente de son établissement, a subi déjà bien des révolutions, les n"^ cités de l'Ami de la religion, et ceux du même recueil, tome LXV, page 539; tome LXVI, page 209 ; tome LXVIII, page 257, etc. L'amélioration du sort des basses classes de la société [tarait être l'objet particulier de la sollicitude des saint-simoniens ; la hiérarchie sociale, suivant ce qu'ils prêchent, serait basée sur les capacités respectives; les sentiments de famille, les idées de propriété, sont détruits par eux, etc. Nous renvoyons, pour plus ami)le connaissance de leurs doctrines, au journal le Globe, qui, après avoir été le dépositaire des doctrinaires politiques, est devenu, avant de cesser tout à fait de paraître, celui de I'é^co^c industrielle de Saint- Simon. On trouvera aus>i quelques détails dans la Revtie encyclopédique , t. XXX, av.il l'26, p. 281, et dans le t. VI de l'Annuaire nécrologique deMahul. Saint-Simon a publié : Lettres de Saint-Simon, 1808, en plusieurs livraisons ; Introduction aux travaux scientifiques du \ix° siècle , 1807, iu-S" ; ( avec M. Augustin Thierry, son élève et son fds adoptif ) ; De la réorganisation de la société européenne, ou de la Nécessité et des moyens de. rassembler les peuples de l'Europe en un seul corps politique, en conservant à chacun son indépendance nationale, 1814, 1' édition, i;i-8°; (aussi avec .M. Augustin Thierry) l'Industrie, ou Discussions politiques, morales et philosophiques, dans l'intérêt de tous IfS hommes livrés à des travaux utiles et indé-

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pcpdaiils, i8(7 ot 1818, h vol. in-S"; Le Déferseur des propri'Uairrs (h iloinaines natinrui-ix. ou lierhcrchcx sur tes causes du disriédil dans Ivqael sont tombées les propriétés nationales, et sur les )noi/ens d'élever ces propriétés à la même valeur r/ue les propriétés jiatriiiioninlcs, 181.'), iii-8' ( il n'en .-i panique des rrospi'etus ) ; Profession de fui des auteurs du Défenseur des propriétaires de domaines nationaux, au suj t de l'invasion du territoire français par N. nonnjiarle, 1815, in-8'; (aVec M. Aui^i'Siin Thierry ) Opinion sur les mesures à prendre contre la coalition de 1815, Paris, 1818, i;i-8"; Du si/stèmc industriel, 1821-2-2, 3 jiai'lies in 8°; Catéchisme des industriels, ibid., 182'i-, 3 cahiers formant 1 vol. in-8"; le 3' cahier est de M. Auguste Comte; \{; Nouveau christianisme, dialogue entre un conservateur et un novateur; l'aris, 1823, 111-8". Dans tous ces écrits on voit briller quelques idées bien conçues, avec des paradoxes, des o;!inions exagérées, sans ordre et sans suite. 11 paraît que AI. do Saint- Simon écrivait de première inspiî-alion ; mais, en ce cas, elle n'était pas heureuse.

SAINT-SOllLIN ( Jean Desmarets de ).

Voy. Marets.

SAINT-VICTOU i'Richardde).]"o(/. Richard.

SAINT-VINCKNT ( Gkégoire de), jié à Bruges, l'an l,"j8'4', se lit jésuite à Rome, à Tâi^e de 20 ans. Disi;iple de Clavius pour les mathihuati(|ues, il les professa avec réputation à Louvain, et fut appelé à Prague par l'empereur Ferdinand II, où il répondit parfaitement h l'idée qu'on avait conçue de sa capacité. Philippe IV, roi d'Espagne, voulut ravoir poui- enseigner cette science au jeune prince Jean d'Autriche, son lils. Le P. Grégoire de Saii't-Vincent n'était ])as moins recommaudablc par son zèle que par sa science. 11 suivit l'armée de Flandre pendant une campagne, et y reçut plusieurs blessures en confessant les soldats blessés ou mourants. I! mourut d'apople\ie à Gand, en 1G07, âgé de 83 ans. On a de lui, en latin, trois savants ouvrages de mathématiques : Opus geomctricum quadraturœ circuli, et sectionum coni, dccem liOris comprehensum, Anvers, IGi", en 2 vol. in-folio. Quoi(ju'il ne démontre pas dans cet ouvrage la quadrature du cercle, son livre contient un grand nombre de vérités et de découvertes importantes. Le P. Léolaud, jésuite, a publié une critique de cet ouvrage, Lyon, 163i, in-'+° ; Theorcmata mathematica , Louvain , 1()24., iii-'i-"; Opus geoinetricum posthumum, Gand, 16G8, in-folio. Le P. Grégoire a enrichi la géométrie d'un nombre inconcevable de vérités inconnues, de vues profondes, de recherches étendues. Leibuitz 1 élève au-dessus de Galilée et de Cavalieri du côté de l'invention. Auteur vasie, pénétrant, original, il a résolu la plupart dos pioblèmes qui avaient arrêté les anciens gi'omètres ; et ceux qu'il n'a pu résoudre, il en a porté la solution, dit )r'eller, au point où les calculs modernes les laissent encore aujourd'hui. Le fameux P. Caslel disait qu'en j-ussédant bien les ouvrages de Grégoire de Saint-Vincent, on sa-

vait tout Newton, et que le géomètre anglais s'était enrichi des dépouilles du géomètre flamand.

SAINTE-BEUVE (Jacques de), né l'an lf)13, à l'aris, fut reçu docteur m Ihc'ologie en 1038. Cinq ans ajirès, il fut choisi pour remplir une des chaires de théologie deSorboiine, 1)1. ICC qu'il perdit pour n'avoir pas voulu souscrire à la censure contre Arnauld, et parce (jue sa doctrine avait beaucoup d'afli'iilé avec le jansénisme. Kn 1656, on lui défendit de prêcher ; mais, ayant ensuite 'montré [ilus de soumission pour les décisions de l'Eglise, et ayant souscrit au fornmla re d'Alexandre Vil, il fut choisi pour théologien du clergé, et obtint mille livres de pension annuelle. Il fut depuis continuellement appliqué h la lecture ou occupé à répondre aux consultations qui lui étaient faites sur les (as de conscience, de morale ou de discipline. Son frère Jérôme, appelé le Prieur de Sainte-Beuve, recueillit après sa mort (arrivée en 1677, à 64 ans) ses Décisions, en 3 vol. in-i° et in-8°. Celte collection décèle beaucoup de savoir, de jugement et de droiture. On a encore de lui deux Traités en latin, l'un, de la confirmation, et l'autre de l' extrême-onction , en ri'ponse à ceux de Daillé, et imprimés en 1686, in-4°, par les soins de son frère. Voy. la fin de l'article Edmond Richer.

SAINTE-CROIX ( Guillaume-Emmanuel- JosEPH GuiLUEiM de Clermon d-Lodève , baron de), savant critique, naquit à Mormoiron, dans le comiat Venaissin, le 5 janvier 1746, d'une famil'e noble et très-ancienne. A près avoir fait ses études dans le collège des jésuites de Grenoble, il ob'int, en considération des services qu'avait rendus un de ses oncles, le chevalier de Sainte-Croix, en défendant Belle-Ile, un brevet de caiiitaine. 11 partit, en cette qualité, en 1761, pour Saint-Domingue, d'où il revint dans sa patrie, et entra dans le corps des grenadiers de Fiance, où il servit près de sejit ans. Soa amour pour l'étude lui tit quitter le métier des armes, où tout lui faisait espérer de réussir, et il obtint successivement plusieurs prix au concours de l'académie des inscriptions et belles-lettres. En 1777, celte société l'admit au nombre de ses associés libres étrangers. Les événements survenus dans le cointat Venaissin, pendant la révolution, le déterminèrent à se fixer à Paris, et il y fut reçu membre de l'institut en 1802. Sainte- Croix mourut 11! 11 mais 180it. C'est dans les classiques grecs et latins et dans la Ucluro de l'histoire qu'il puisa cette vaste érudition qu'on remarque dans ses ouvrages. En remontant jusqu'à la plus haute antiquité, il en examina toutes les branches , et les éclaircit par une critique aussi profonde qu'impartiale. Ses écrits se répandirent dans presque toute l'Europe, et obtinrent les suffrages des gens instruits. Les principaux .sont : Examen critique des anciens historiens d'Alexandre le Grand, Paris, 1775, 1 vol. in-4°. Cet ouvrage avait été couronné, en 1772 , par l'académie des inscriptions et

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belles-lettres. Lauteur ne s'y attache pas seulement à examiner les divers liistoriens d'Alexandre, mais il devient lui-môine historien de cette fameuse époque, sur laquelle il répand un jour lumineux. Son jugement est fin et profond, et il se montre très-versé dans la géographie et la chronologie. L'auteur en a donné une édition nouvelle en 1804, et cet ouvrage, revu et refondu, est le principal monument de son érudition. L'EzouR Vedam, on Ancien commentaire du Ve- DAM, contenant l'exposition des opinions religieuses et philosophiques des Indiens, Yverdun, 1778, 2 vol. in-12. Sainte-Croix, en publiant ce livre, et eu mettant ;i la tète des observations préliminaires, s'wtait pr0| osé de montrer combien était douteuse l'antiquité si vantée des dogmes religieux et des livres sacrés des Indiens. De l'état et du sort des colonies des anciens peuples, Philadelphie (Paris), 1779, 1 vol. in-8°; Observations sur le traité de paix conclu, en 1763, entre la France et l'Anc/lcterre, Amsterdam, 1780, 1 vol. in-12; Mémoires pour servir à l'histoire de la religion secrète des anciens peuples, ou Recherches historic/ues sur les mystères du paganisme, Paris, 1784, 1 vol. in-8°. Ce traité fut composé pour un concours proposé par l'académie des belles-lettres, et fut traduit en allemand en 1790, avec la suppression des additions que d'Ansse de Villoison, éditeur de cet ouvrage, s'était permis d'insérer sans la participation du baron de Sainte- Croix, 2' édit. corrigée et augmentée, 1817, 2 vol. in-8°. Des anciens gouvernements fédératifs, et de la législation de la Crète, Paris, 1798, 2 vol. in-8°. Ce sont deux Mémoires réunis ([ue Sainte- Croix lut h l'académie des belles-lettres. Le premier sert à prouver que la Grèce n'eut pas de constitution fédérative avant la ligue des Achéims ; et le second traite de l'origine des Cretois, de leur législation, et du rapport de leurs institutions avec celles de Sparte. Des Dissertations insérées dans le llecueil de l'académie des belles-leltres, dans le Magasin encyclopédique ; enfin le baron de Sainte-Croix publia un Eloge historique de l'abbé Poulie, celui du cardinal de Bernis, dans les Annales catholiques, auxquelles il a fourni plusieurs morceaux intéressants; et une é'(/)0'ob du Traité de VEvidence de la religion chrétienne, de Jennyngs. Il a aussi pulilié une édition des OEuvrcs diverses de J.-J. Barthélémy, Paris, 1798, 2 vol. iu-8°. On peut consulter la Notice sur sa vie et ses ouvrages, |iar M. Silvestre de Sacy, et celle que M. l$oissonade lui a consacrée dans le Journal de l'empire, 6 avrd 1809. Cet académicien était sincèrement religieux; il ne manijue pas l'occasion de rendre hommage au christianisme dans plusieurs de ses productions.

SAINTE-FOY (le P. Timothée de). Foy. Re-

GOUBD.

SAINTE -MARGUERITE (la comtesse Olïmpe de ), née à Aix en Provence , dans Tannée l'^TO, morte dans cette ville vers latin d'août 183(), se consacra tout entière à l'éducation de filles jeunes encore , et composa

plusieurs ouvrages à leur portée. Les plus estimés sont : le Manuel de l'enfance; Les méditations sur l'enfance de Notre-Seigreur Jésus-Christ, et des Instructions sur les évangiles des dimanches et fêles. Dans ces diverses productions on remarque une instruction solide jointe aux sentiments de la piété la plus tendre.

SAINTE-MARTHE, nom d'une famille illustre par le grand nombre de ses membres, qui ont marqué dans la théolngie , lus scionces, les lettres et tous les emplo-s publics. Dreux du Radier, dans sa Bibliothèque du Poitou, en mentionna 45. Voici les principaux : Sainte-Marthe (Gaucher de), trésoi-ier de Franco dans la généralité de Poitiers, plus connu sous le nomûeScévole deS'iinte- Marthe, naquit en 1536, d'une fmiille féconde enhomuiesde mérite. Il exerça des emplois considérables sous les règnes de Hiniri III et de Henri IV, qui l'Iiomirèrent de leur estime, et fut intendant de l'armée de Bretagne, sous le duc de Montponsier. Il parut aux h:tals de Blois en loS8, oii Henri IH l'avait appelé. Ce prince l'envoya en Poitou pour y désarmer la ligue et le calvinisme par son éloquence, et il eut le bonheur d'y réussir. Aussi fidèle à Henri IV qu'à Henri III, il lit rentrer la ville de Poitiers sous l'obéissance de ce monarque, dont il défendit les intérêts dans rass( mbléodes notables tenue h Rouen. Il mourut à Loudun, sa patrie, en 1623. Le fameux Grandier prononça son oraison funèbre ; le Parnasse français et latin se joignit à lui pour jeter des'lleurs sur son tombeau. On a de Scévole de S inte- Marthe : des éloges intitulés : Galhrum doctrina illustriam, qui nostra patrutnque memoria floruere, elogia, Isenaci, 1022, in-S". Colletet les traduisit assez platement en français, 1644, in-4°. Un grand nombre de Poésies latines; 3 livres de la Padolr^phie, ou de la uianière de nourrir et d'élev, v les enfants à la mamelle; 2 livres de poési 'S lyriques ; 2 de sylves, 1 d'el 'gies ; 2 i.'éj)igraiinnes ; des poésies sacrées ; piu^ieurs Pièces devers français, qm sont fort ea-dessous des latines. Celles-ci eurent to s les sutfrages; sans avoir l'imagination de Virgile, l'auteur avait quelque chose de la. pureté et de réh'ganee de son siyle. Ses OEuvres furent recueillies en 1632 et 1633 , ]n-4°.

SAINTE-MARTHE (Abei. de), fils aîné du précédent, chevali( r, seigneur d'Esticpied, conseiller d'Elat, et garde de la hibliothèque de Fontainebleau, mort en 1052, à 82 ans, avait un génie facile et heureux i our la poésie latine; il est cependant inférieur à son père. Ses poésies sont le Laurier, la Loi salique, des élégies, des odes, des épigrammes, des |)oésies sacrées, des hymnes ; elles ont été imprimées m-4% avec celles de sou père. 1! est encoi'e auteur de quelques autres ouvrages, moins connus que ses vers. Il a laissé un fils nounné Auel conuiie lui, qui donna, en 1638, une traduction l'rauçaisa de la Pœdotrophic, et mourut en 1706.

SAlNTE-iMARTHE (Gaucher de, plus

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connu, ainsi que son père, sous le nom do Sce'vole, et Loris de), irères jumeaux, fils de (iau(;lier de Sainte-M.irthe, nariuircnt à Loudu'i le 20 di^cfmbre 1371. Ils se ressemblaient parfaitement de corps et d'espi il ; leur union fut un mo ièle |)nnr les parents et pour les amis. Ils furent l'un et l'autre historiographes de France, et Iravaillèf-rit de concert à des ouvra,;ïes ipii ont rendu leurs noms célèlires. Gauchei', chevalier, sei^ineur de Méré-sur-Indre, mourut ?i Paris en 1650, h 79 ans , et Louis, conseiller du roi, seigneur de Grelay, mourut eu 1056, à 85 ans. On a de ces deux savants : Vlfistoire généalogique de la maison de France, 16i7, en "2 vol. iu-fol.; une continuation de la Gallia christiana, qui avait été entreprise par Claude Robert, Paris, 1656,2 vol. in-fnl.; Y Histoire généalogique de la maison de Beauveau, in-fol., etc.

SAINTE-MAKTHE (Claude de), lils de François de Sainte-Marthe, avocat au parlement de Paris, et petit-fils de Scévole de Sainte-Marthe, dont il est parlé dans l'article précédent, naquit à Paris en 1620. Il embrassa l'état ecclésiastique, et fut pendant longtemps directeur des religieuses de Port- Royal. Exilé deux fois par ordre du roi, il se retira à Courbeville en 1679, et y mourut en 1690. On a de lui : une Lettre à l'archevêque de Paris, Péréfixe, oii il ex])rime son attachement au parti de Jansénius ; Traités de piété, en 2 vol. in-12; un Recueil de lettres, en 2 vol. in-12, où l'on trouve peints au naturel son esprit et son caractère ; un Mémoire sur l'utilité des petites écoles, etc.; deux Défenses des religieuses de Port-Royal.

SAINTE-MARTHE (Denis de), fils de François de Sainte-Maithe, seigneur de Chandoiseaa, et général des bénédictins de la congrégation de Saint-Maur, où il était entré en 1607, naïuit à Paiis en 1630, et mourut en 1723, h 75 ans. Il fit honneur îi sou corps par sa vertu et par ses ouvrages. Les principaux sont : un Traité de la confession auriculaire ; Réponse aiix plaintes des protestants, qui se disaient jpersécutés en France; Entretiens touchant l'entreprise du prince d'Oronge ; quatre Lettres à laljijé de Rancé ; la Vie de l'assiodore, in-12, 1705; V Histoire de saint Grégoire le Grand, in-i" ; ces deux ouvrages sont savants et curieux ; une Edition des OEuvres de saint Grégoire, k vol. in-fol. Il avait entrepris, à la prière de l'assemblée du clerg" de 1710, nne nouvelle édition du Gallia christiana, in-folio, et il en lit paraître 3 volumes. Cet ouvrage fut continué après sa mort, et le 13° volume jiarut en 1785. 11 manque quatre méiropoles : Tours, Vienne, Besançon etUtrecht. Beaucoup de matéiianx avaient été rassemblés pour terminer cet important ouvrage, quand la révolution vint les disperser. Yoij. dom Brice et Robeut (Claude).

SAINTE-MARTHE (Abel-Louis de), général des Pères de l'Oratoire, se démit de cet emploi en 1696, et moiuut l'année d'après, âgé de 76 ans, à Saint-Paul-au-Bois, i)rès de Soissous. 11 laissa divers ouvrages manus-

crits de théologie et de littérature. Ce Père peut être regardé comme une des principales causes de la décadence de la congrégation de l'Oratoire, par son adhésion aux sentiments de Jansénius et d'Arnauld, et par la confiance qu'd avait dans le P. Quesnel. Il était fils de Scévole de Sainte-Marthe, mort en 1650.

SAIX I Antoine du), Saxanus, ecclésiastique, né l'an 1515, à Bourg, fut précepteur du duc de Savoie, qui le nomma son aumônier, et le chargea d'une ambassade ii la cour de François 1". Il mourut vers 1579, laissant plusieurs ouvrages, qui sont rares et recherchés : VEsperoti de discipline pour inciter les humains aux bonnes lettres ( Paris], 1532, pet. in-4-°, goth.; Paris, 1538, in-16, écrit en vers de dix syllabes. L'auteur y traite de la lecture, de la théologie, de la philosophie, du droit, de l'éducation, etc. ; Le Blason de l'église de Brou, Lyon, sans date, in-8°. Le P. Pacifique Rousselet a depuis publié l'histoire de cette église, l'une des plus belles de France ; Oraison funèbre de Marguerite d'Autriche, duchesse de Savoie et comtesse de Bourgogne. Elle a été traduite en latin et imiirimée à la suite de l'ouvrage intitulé : De antiquo statu Burgundiœ, 1549, de Paradin. L'Opiate de sobriété , composée en carême, pour conserver au cloître la santé des religieux, Lyon, 1553, in -8°, ouvrage écrit en vers, etc.

SAJANELLI (Jean-Baptiste), religieux de l'ordre de Saint-Jérôme, de la congrégation du bienheureux Pierre de Pise, était né à Crémone le 5 octobre 1700. Après avoir fait ses humanités chez les jésuites, il embrassa, à Venise, en avril 1716, l'institut des hiéronymites. Cet ordre avait toujours été fécond en grands hommes ; et le P. Sajanelli était destiné à en augmenter le nombre. 11 n'avait que 22 ans lorsque ses supérieurs le chargèrent d'enseigner la philosophie à Venise. Son bon esfirit lui fit apercevoir que les cours qu'on lui avait donnés jusqu'alors étaient chargés de questions oiseuses et inutiles, et il fut le premier qui osa les écarter de ses leçons. Il passa, en 1729, à Padoue, pour y professer la théologie, emploi qu'il exerça pendant neuf ans, et où il acquit beaucoup de réputation. Il prêchait en môme temps avec succès. Ses occupations ne nuisai 'lit pas à ses études particulières. Les supérieurs de l'ordre cherchèrent à tirer parti de ses veilles laborieuses , pour la gloire de leur institut. Jusque-là on n'avait point songé à en écrire l'histoire ;ils crurent que personne ne s'en acquitterait mieux que le P. Sajanelli. Il s'en chargea, et il réussit. En 175S, il fut élu général lie sa congrégation. Il se servit de l'autorité que lui doiniait cette place |)0ur faire exécuter divers travaux littéraires honorables à son ordre. Le P. Augustin Bajomez recueillit tout ce qui concernait le bienheureux Pierre de Pise, et comj)Osa l'Histoire de sa vie, publiée depuis en iranciis (1772); et le P. Jean- Baptisle Gobatii rassembla en un corps les bulles, brefs, diplômes et privilèges accor-

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