‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 18 sur 341 · NAT · texte numérisé non relu

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gleteri-e, Vahbi Genel avait communiqué ses manuscrits h plusieurs personnes qui varient d'opinion sur le iJei-'r6 de confiance que méritaiont les prédidinns qu'ils contenaient. Plusieurs copies en furent niiMne distribuées. A la mort de cet ecclésidstiqiie, survenue en 1817, les iiianusorits furent vendus à un libraire qui les publia dans la niôme année sous le litre de Vie et Rérélatiotis de la sœur de tu Natiiùté, .'î vol. in-lî. Cet ouvrai^e est composé d'un Discours préliminaire de l'abbé Genêt, qui t;U-he de iirouvcr que la sœur était inspirée; d'un Abrégé de la rie delà sœur, par le même; d'une Vie intérieure de ladite sœur, écrite ou pour mieux dire dictée par elle; de ses nombreuses et extraordinaires Révélations, par lesquelles elle prédit beaucoup de clioses sur l'Eglise et la lin du monde. Ces révélations contiennent des détails pleins de piété et délévation, et d'autres (fui pourraient être soumis h une sévère critique. On trouve dans le troisième volume, un Recueil d'autorités en faveur de ces mêmes révélations, des Observations de l'abbé Genêt sur l:i même matière, et une Relation faite par lui des huit dernières années de la sœur. On lit une nouvelle édition de cet ouvrage en 1819, i volumes in-S" et in-12. Le (juatrième volume supplémentaire a été dicté par la sœur à des religieuses qui avaient mérité sa confiance. L'Ami de la Religion et du Roi a donné une analyse et un extrait de cet ouvrage dans le tome XXIII. p. 321-385, et dans le tome XXIV, p. 193. Un anonyme lui répondit par une brocbuie intitidée : Réponse de mon oncle sur la Censure des révélations (le la sœur delà Nativité. — Une autre Jeanne de la Nativité, religieuse ursuline, est auteur du Triomphe de l'amour divin dans la vie de la bonne Armelle, Paris, 16S3, in-1-2.

NATTA (M \RC- Antoine), célèbie jurisconsulte du XVI' siècle, natif d'Asli en II, die, était magistrat à Gènes, où il se distingua par ses vertus et son amour pour l'étude. Le sénat de Pavie lui offrit une chaire de droit canon; mais il ne voulut pas priver Gônes de ses lumières. On a de lui divers ouvrages de théologie et de jurisprudence. Son traité De Deo, en quinze livres, Venise, 1.0.39, est au nombre des raretés typographiques. Ses autres ouvrages sont trois tomes des Conciles; un traité de l'immortalité de l'âme; un de la Passion du Seigneur; neuf livres de la doctrine des princes, etc.

NAl'TA (Hyacintuk), (ils de Gabriel-Hector Natta, comte d'Alliano, et do Polyxène de Hlandrate, comtesse de Saint-Georges, naquit à Casai , capital du Wunlfcirat , en lu7o. Il passa de l'université de Pavie, où il commenga ses études, dans celle de Salamanipie et ensuite dans celle de Bologne, où il prit le degré de docteur eu droit. Entré dans l'onlro des capucins, à l'Age de 25 ans, il ne tarda pas ii s'y faire un nom parmi les plus célèbres prédicateurs : Kome , Milan,^ Naplcs, (iènes, Bologne, etc., deviureut successivement le théâtre do son élo(juenoe. lîn 160G. il prêchait le carême à Venise, d'où il lut exilé ï»our avoir mêlé dans ses sermons

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quelques traits relatifs au différend qui subsistait entre le pape Paul V et cette république. Envoyé ensuite par la cour de Rome au|irès de différents princes , le Père Natta déploya partout des talents supérieurs : il réconcilia l'empereur Rodolphe II et l'archiduc Mathias, divisés pour des intérêts de famille, dont le choe pouvait devenir funeste à l'Etat ; il engagea ce dernier, lorsqu'il fut devenu empereur, h révoquer le permission donnée aux hérétiques de bâtir des temples, et s'opposa de toutes ses forces à leurs menées, qui ne tendaient h rien moins qu'à l'entier anéantissement de la religion catholique. Ce fut lui qui dévoila à la cour d'Espagne les desseins du prince de Galles, qui, sous prétexte de négocier son mariage avec la princesse Marie, sœur de Philippe IV, ne s'était rendu à Madrid avec le baron de Digby, que pour détacher le roi désintérêts des autres princes catholiques. A Bruxelles, il obtint do l'infante Isabelle, en faveur des Pères de l'Oratoire l'emiilacement qu'ils occupent en celte ville : de là il se rendit à Paris, où il employa également ^^ procurer le bien, les marques de considération et de confiance qu'il reçut à la cour et à la ville. Vers l'an 1621 , il retourna à Rome , et s'adonna à la prédication jusqu'à sa mort, arrivée en 1627, à Casai, à l'âge de 52 ans. On a de lui divers ouvrages de piété, tous écrits en italien.

NAU (AIichel) , missionnaire jésuite , né l'an 1G31, à Paris, dune famille anoblie par Henri IV en 1606, s'appliqua d'abord à l'enseignement, et obtint ensuite de grands succès dans les missions des pays orientaux où il fut envoyé par ses supérieurs. Le P. Nau mourut à Paris le 8 mars 1683, laissant plusieurs ouvrages estimés, savoir : Voyage nouveau de la terre sainte, Paris, 1679, in-12; réimpr. en 1702; Écclcsiœ Romanœ Grœcœque vera effigies, Paris, 1680, in

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« La manière dont il traite son sujet, dit un « biograi)he, est fort simple en apparence, « mais dans le fond elle est fort adroite et « solide. » L'état présent de la religion mahoniétane, Paris, 2' édit., 1685, 2 vol. in-12. — Son frère Nicolas Nau, jésuite comme lui, est auteur d'une Oraison funèbre du cardinal de La Rochefoucauld, 1645, in-8°, en latin. NAUDÉ (Gabriel) , savant distingué, né à Paris en 16J0, lit des progrès rapides dans les sciences, d;ins la critique, dans la connaissance dos auteurs et dans l'intelligence des langues. Henri de Mesmes, président au parlement de Paris, le lit son bibliothécaire. Son inclination pour la médecine l'engagea quelque temps après à se rendre k Padoue; il s'y consacra k l'étude de cet art, et y prit h; bonnet de docteur. Le cardinal Bagni le choisit pour son bibliotliécaire, et l'emmena avec lui à Kome. Après la mort de Bagni, le cardinal Barberin fut charmé de l'avoir auprès de lui. Naudé était à Rome lorsque le général des bénédictins de Saint-Maur voulut faire imprimer à Paris Vlmitation de Jésus-Christ, sous le nom de Jean Gerscn, Gesen ou Gesscn, religieux de l'ordre de

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Saint-Benoît. Dom Tarisse (c'était le nom de ce gf^néral), le donnait pour le véritable auteur de cet ouvrage; personnage i]ui, selon toulcs les apparences, est un être de raison. Il se fondait sur l'autorité de quatre manuscrits ([ui étaient à Rome. Le cardinal de Richelieu écivit à Rome k Naudé , pour les examiner. Il parut à l'examinateur que le nom de Grrsen, [ilacé à la loto de quelquesuns de ces manuscrits était d'une écriture plus récente que les manuscrits mêmes. Il envoya ses observations aux savants du Puy, qui les communiquèrent au P. Frcmteiiu, chanoine ré^^iulier de Sainte-Geneviève, trèsétonné de ce qu'on voulait enlever cet ouviag'^ de rimit;.tion à son confrère Thomas à Kempis, son véritable auteur. 11 fit proujptemrnt imprimer ce livre sous ce litre : Les quatre livres de Vhnilation de Jésus-Christ, par Thomas à Kempis , avec la conviction de la fraude qui a fait attribuer cet ouvraqe à Jean Gersen, bénédictin. L'éditeur génovéfain ne manqua pas de ra;iporter la Relation du sieur Naudé envoyée à messieurs du Puy de quatre manuscrits qui sont en Italie, touchant le livre de l'Imitation de Jésus-Christ, sous le nom de Jean Gersen, abbé de Verccit. Toute la congrégation de Saiut-Maur se souleva contre l'auteur de cette pièce. Le P. Jean-Robert Quatie-Maire, leur prircii)al défenseur, accusa Naudé d'avoir falsifié les manuscri s et de les avoir vendus aux chanoines réguliers pour un prieuré simple de leur ordre. Ce conte ridicule semblait renforcer les raisons de Naudé et d''celer la faiblesse de celles qu'on lui prétendit opposer. Le P. François Valgrave, autre bénédictni, vint à ra[iiMii (ie son confrère, et reprocha également à Naudé de la mauvaise foi dans l'examen d s manuscrits et dans su Relation. Une simple querelle lidéraire devint alors un procès crinnnel. Naudé tit présenter une requête au Cliàtelet, pour f.dre saisir et supprimi^r les exemplaires des livres de Quaire- Maire et de Valgrave. Les bénédictins éludèrent cette juridiction, et firent renvoyer la eausi" aux requèt'-s du pa'ais. Aussitôt par irent de part et d'autre des factum. Tous les g"nj d" lettres s'intéressèrent pour Naudé. Les chanoines réguliers intervinrent au procès : il traîna en longueur. Enfin, après avoir été pour les avocats matiôj'e h plnisanteric, l'ailaire fut terminée le 12 février iGli-2. On ordonna que les [;aroles injurieuses Ci:., loyées de ]>art et d'autre seraient supprimées; qu'd y aura't main-levée des exemplaires du livre de Valgrave, qui avaient été saisis; qu'on ne laisserait plus im[)riLner le livre de ['Imitation de Jésus-Christ, sous le le nom de Jean Gersen, abbé de Verceil;

mais sous celui de Thomas à Kempis Le

temps, l'équité etla bonne critique ont décidé cette controverse d'une manière plus jiréremptoirc qu'elle n'a pu l'être dans un tribunal de jurisprudence. La multitude de germanismes dont l'ouviage est rempli forme ' seule une preuve évidente et irrésistible contre les prétentions des gersénistes. {Voy. Kempis, Gersen, Amort, QuATRE-MAmE,etc.

A'aines subtilités de dom Chais, Jour. hist. et litt., 15 août 1785, pag. 586.) Comme Naudé jouissait d'une pension à la cour de France, avec le titre de médecin do Louis Xlll, le cardinal de Richelieu le rappela à Paris, où il revint en 1642. Après la mort d(i ce ministre, le cardinal Mazarin se l'attacha en qualité de bibliothécaire, et lui donna un canonicat de Verdun et le prieuré de Lai tige en Limousin. La bibliolhèque de cette Eminence s'accrut so is ses mains de plus db VO.OOO volumes. La reine Christine de Suède, instruite de son mérite, l'appela à sa cour. Naudé s'y rendit; mais les témoignages d'estime et d'amitié dont cette princesse le combla ne purent lui faire aimer un pays contraire h sa santé; il mouiut en revenant , à Abbeville, en 1653, à 53 ans. Naudé avait beaucoup d'esprit et de savoir; mais ses jugements ne sont pas toujours vrais ui bien motiés. Il était extrêmement vif, et sa vivacité le jetait quelquefois dans des singularités dangereuses. 11 parlait avee une liberté qui s'étendait sur les matières de la religion, à laquelle il fut ce[)endant , à ce qu'on assure , attaché de cœur et d'esprit : inconséquence qui lui était commune avec tant de prétendus sages, qui saciitient au bel air philosophique des sentiments respectables, dont ils n'ignorent ni la solidité ni le prix. Ses principaux ouvrages sont : Apologie pour les grands personnages faussement soupçonnés de magie, Paris, 16:^5, in-12, réimpi-imée à Amsterdam en 1712. Il y a de bonnes observations; mais il y en a aussi ijui, en lionne critique, ne sont pas recevables. Plusieurs de ces soupçonnes sont bien justifiés, ce sont ceux qui n'avaient jias besoin de l'être; quelques-uns le sont trèsmal, et restent toujours entachés. Avis pour dresser une bibliothèque, I6'i-4, in-8', bons pour leur temps; Addition à la Vie de Louis XI, 1030, in-8', curieuse; Bibliugraphia polilica, Leyde, traduite en français par Chail- Hne, Paris, 10i2, ouvrage savant, mais peu exact; Syntagma de studio iiberali, 1032, in-'i", où il y a de bons préceptes sur la manière d'étudier; Syntagma de studio militari, Rome, 1037, in-i°, ouvrage peu commun, et qui ne mérite guère de l'être; De antiquitate scholœ medicœ parisicnsis, Paris, 1028, in-8°; Kpistolœ, Carmina, in-12, 1007; les Considérations politiques sur les coups d'Etat, \noduction médiocre écrite d'un style dur et incorrect, furent inijirimées à Paris sous le nom de Rome, en 1639, m-h-°. Cette édition est estimée. Louis du May en donna une en 1073, sous le titre de Sciences des princes, et y ajouta ses réflexions. Quelques curieux recherchent son Instruction à la France sur In vérité de l'Uistoire des fri'res de la Rose- Croix , Paris, 1623, in-8'. Elle prouve que Naudé connaissait cette société; et si la France eût écouté cette instruction, elle se fiU bien trouvée de sa docilité. Voy. Maier, C)cuiN. Jugement de tout ce qui a été imprimé contre le cardinal irlazarin, 1650, in-4°, livre devenu fort rare, et dont cependant il y a eu deux éditions, l'une de 492 pages, l'autre de

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