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SEC SED

SÉBASTIEN DE Saint- Paul (le Père), dont le nom de famille était Pctyt, né l'an 1630 à Enghien, carme do l'ancienne observance, mort à Bruxelles le 2 août 1706, est connu par quelques ouvrages où il attaque les Ijollandistes, qui avaient rejeté quelques opinions touchant l'ordre des carmes, qui ne paraissaient pas trop d'accord avec la saine critique. Le P. Cùme de Villiers, son confrère, dans sa ^/6/io</(e(7)te, convient qu'il a violé les règles de la modération et Thon- place.?, il vint* assiéger la capilale. La ville

fils de Josias etd'Amital. Nabuchodonosor le mit sur le trône de Juda, à la place de son neveu Jéchonias, l'an 599 avant Jésus-Christ. Ce prince avait alors 21 ans, et il en régna onze (lans l'impiété et dans la débauche. Il méprisa les conseils de Jérémie, et oublia les bienfîiits de Nabuchodonosor, qui , pour IJunir sa mauvaise foi, entra avec une puissante armée en Judée, où il mit tout à feu et à sang; et, après avoir saccagé toutes les

nêteté qui doivent assaisonner ces sortes de dispuies. Yoy. Papebrock et saint Albert.

SEBONDE (Raymond), philosophe espagnol du XV' siècle, professeur en médecine, en théologie et en Ecriture sainte à Toulouse, où il enseignait en W^Ç>, s'est fait connaître par un Traité latin, peu commun, sur la théologie naturelle, Strasbourg, 14-96, in-fol., en lettres golliiques. Il contient plusieurs erreurs qui plurent aux phdosophes de ce temps, et furent répétées par ceux du siècle suivant. Montaigne le trouva en beaucoup d'endroits conforme à .ses idées, et en lit une Traduction, im|)riméc à Paris, 1581, in-8".

SECKliNDOUF (Gti-l.ouis de) , né à Horzogen-Aurach, près de Nuremberg, en 1626, d'une maiscn ancienne, conseiller privé de l'électeur de Bramiebourg, et chancelier de l'université de Halle, a publié : une Histoire du luthéranisme , Francfort , 1686-1692 , 3 vol. in-fol., réimprimée en 169i, écrite en latin, d'une manière embarrassée, dans laquelle ce sujet est traité avec autant d'étendue que de prévention. C'est une prétendue réfutation <ie Y Histoire du luthéranisme , par le P. Mairabourg. Etat des princes d'Al- Icmaqne, in-8" ; Description de l'empire germanique, in-8". Ces deux ouvrages sont en allemand , et passent pour être assez exacts. Une Dissertation contre la messe, telle qu'on devait l'attendi'c d'un sacramenlaire. 1! aurait dû se souvenir que, de toutes les controverses, celles qui regardent la messe ont toujours le jilus mal tourné aux hérétiques. Le fameux du Plessis-.Mornay en avait fait une terrible expérience, qui consterna toute sa secte, et qui pouvait être un avis [iour Scckendorf. On cite de lui plusieurs autres ouvrages, et entre autres son Jus publicum Romano-Germanicum, Francfort, 1687, in-8°. Scckendorf mourut en 1692, à 66 ans.

SECUNDINUS. C'est le nom de deux auteurs qui figurent dans les Bibliothèques des Pères de l'Eglise : l'un, Secundinus le Manichéen, adressa une lettre à saint Augustin, qui en réfuta les erreurs. On peut voir les arguments du sophiste avec les réponses de l'évèque d'Hippone dans les Opéra sancti Augustini, tome VIII, col. 571, de l'édition imprimée par M. l'abbé Migne, pour son Cours complet dePatrologie. L'autre, évèque irlandais, est auteur d'inie Hymne à la louange de saint Patrice, qui vivait encore. Cette hymne a été reproduite dans le tome LUI, col. 837 de la Patrologie de M. Migne. Yoy. la un des articles saint Paulin, de Nôle, et Phébade.

SEDECIAS, nommé auparavant Mathatias,

fut prise, et les Chaldéens y entrèrent en foule. Sédécias, ne voyant point d'espérance d'arrêter l'ennemi, chercha son salut dans la fuite ; mais il fut bientôt atteint, chargé de chaînes, et mené à Nabuchodonosor qui était à Reblatha, au pays d'Emath. Après qu'il eut vu égorger ses deux fils, on lui arracha à lui-même les yeux, et il fut conduit dans la capitale de l'Assyrie. 11 y mourut dans les fers, et c'est en lui que finit le royaume de Juda, Fan 588 avant J.-C.

SÉDÉCIAS, fils de Chanana, faux prophète de Samarie, un de ceux qu'Achab, roi d'Israël, consulta sui' la guerre que Josaphat et lui voulaient aller faire à la ville de llamoth en Galaad. Ces imposteurs prédirent au roi un heureux succès. Sédécias, qui s'était fait faire des cornes de fer, imitait Faction d'un taureau furieux qui renverse avec ses cornes tout ce qu'il trouve en son chemin. Ce prophète de mensonge eut la douleur de voir arriver précisément le contraire de ce qu'il avait prétiit. — Il ne faut pas le confondre avec SÉDÉCIAS, fils de Maasias, faux prophète que Nabuchodonosor fit frire dans nne poêle ardente. Voy. Aciiab, lils de Gholias.

SEDULIUS ( Caius-C*liis ou C^cilius), prêtre et poète du v' siècle, n'est guère connu que jiar son poème latin de la Vie de Jésus- Christ, intitulé: Paschalc carmen , publié d'abord sans date in-4°, puis à Leipzig , lfi99, in-i". Ce n'est pas un chef-d'œuvre, mais il oU're des vers heureux. On le trouve dans la Bibliothèque des Pères. Les Aides en ont don'ié une belle édition dans un recueil in-8", 1502, qui renferme ceux de Juvencus, d'.Vrator cl de plusieurs auteurs sacrés. €ellarius en a donné une bonne édition , à Halle, 170i, in-12, ;i l'aide d'un manuscrit qu'il tira de la bibliothèque Pauline à Leipzig, et des variantes que lui fournit Théodose Jansson van Almeloveen. On le trouve aussi dans le Corpus poetaruni de Maittaire. — Relativement à l'édition de ses OEuvres donnée par M. Migne, voyez Juvencus.

SEDULIUS (Henri), savant récollet , ^né à Clèves vers loi7, fut élevé aux premiers emplois de sa province, et mourut à Anvers en 1621, après avoir publié : Uistoria sancti Francisci illustriumque virorum et fcminarum, etc., Auveps, 1613, in-fol., avec fig. Ce sont les actes originaux des vies de saints et de plusieurs martyrs de son ordre, accompagnés de commentaires. Vie de saint François d'Assise, par saint Bonaventure, avec des commentaires, Anvers, 1597, in-8°; Apologeticus adversus Alcoranum Franciscanorum, pro libro Conformitatum, Anvers, 1007,

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loco

in-l°. SéduHus aurait mieux fait de ne point entreprendre cette Apologie. {Vvy, Ai.bizzi.) Prœscriptiones adversus hœreses , Anvers , 1606, in-'i."; Martyria FF. Minorum Alvmariensiuin,Gorcomiensiuin, etc., Anvers, 1G13, in-V, avec fi;^. C'est l'histoire des religieux de son ordre, mis à mort par les hérétiques des derniers siècles en Hollande. Imagines religiosorum ord. sancti Francisci in eis incisœ cHin elogiis, 1602 ; Commmtarius in vitam sancti Ludorici, cpiscopi Tolosani, 1602. SÉEDORFF (François), né ii Fribourg en Suisse, d'une faniillc noble, jésuite de la province du Haul-llhin, confesseur de Charles-Philippe, et ensuite de Charles-Théodore, électeur palatin, mourut à la résidence électorale de Schwetzingen, le 10 juillet 1758, âgé de 66 ans. On a de lui douze Lettres de controverse, imprimées pour la deuxième fois à Manheim, en 1749, 2 vol. in-8°. Elles furent composéespour l'inslruction du prince Frédéric, comte palatin, avant qu'il se fût réuni à la religion catholique ; ouvrage solide. Le pape Benoît XIV lui en témoigna sa satisfaction. L'auteur nous apprend luimême'qu'il a beaucoup profité de la lecture des lettres du P. Schell'macher. M. Pfalf, qui avait écrit contre celui-ci, écrivit aussi contre le P. Séedorff , en latin, dans une thèse de théologie ; et en français, dans un gros volume de Réflexions, imprimé à Tubingen, in-8% en 1750. Le P. SéedorD' lui répondit, sous le nom d'un docteur en théologie de l'université d'Ingnlstadt, par un volume d'égale grosseur, en 1752 et 1753, Manheim, in-8°. Les personnalités qui s'y trouvent en rendent la lecture moins utile que celle des douze lettres.

SÉGAUD ( Guillaume de), prédicateur, né à Paris en 1674, mort dans la môme ville en 1748, prit l'h.ibit de jésuite à l'âge de 16 ans. Ses supérieurs le choisirent pour enseigner les humanités au collège de Louis-le-Grand, à Paris, puis à Rennes et à Rouen. Une des places de régent de rhétorique à Paris étant venue à vaquer, les jésuites balancèrent entre Porée et Ségaud. Le premier l'emporta, et le second fut destiné à la chaire, quelque envie qu'il eût d'aller annoncer l'Evangile aux i'Uidèles. Ce fut à Rouen que le P. Ségaud lit l'essai de son talent. Il commença à prêcher à Paris en 1729. On ne tarda pas à l'y admirer. Appelé à la cour pendant trois carêmes, il satisfit tellement le roi, qu'il lui fit une pension de 1200 livres. Le P. Ségaud vivait d'une manière conforme à la morale de ses sermons : fidèle à tous ses exercices de piété, dur h lui-môme, et ne connaissant point d'autres délassements que ceux qui étaient prescrits par sa règle. Au sortir d'un avent ou d'un carême, il^conrait avec zèle faire une mission dans le fond d'une campagne. Ses manières douces , simples et unies, son air affable , lui attiraient les cœurs de tout le peuple. Los plus grands pécheurs accouraient à lui dans le tribunal de la pénitence. Il était également recherché des grands et des petits, surtout aux approches de la mort : on s'estimait heureux de

mourir entre ses mains. On trouve dans ses Sermons un grand fonds d'instruction, beaucou[) d'élégance et d'énergie, et surtout cette onction qui pénètre l'âme et qui la dispose à profiter des vérités évangéliques. Ils ont été imprimés k Paris en 1750 et 1751, en 6 vol. in-i2, parles soins du P. Berruyer, si connu par son Histoire du peuple de Dieu. M. Migne les a mis dans ses Orateurs sacrés. Le P. Ségaud a aussi composé plusieurs [)etites pièces de vers, qui ont eu le suffrage des connaisseurs : la principale est son poème latin sur le camp de Compiègne, Castra Compendicnsia.

SEGNERI (Paul), prédicateur, né à Neltuno, dans la Campagne de Rome, en 1624, d'une famille originaire de Rome, montra dès sa jeunesse beaucoup de goût pour l'état religieux. Il entra dans la société des jésuites, et y brilla par la sainteté de ses mœurs et le succès de ses prédications. Il joignit à l'emploi de prédicateur celui de missionnaire, et il remplit l'un et l'autre avec un zèle vraiment apostolique pendant 27 ans. Les Italiens le regardent comme le Bourdaloue de leur pays ; mais il n'eut ni l'éloquence, ni le jugement du jésuite français. Ses discours sont plus remplis de paioles que de choses ; à des vérités graves et à d'excellents raisonnements il mêle des réflexions tiiviales et des contes populaires. Le pape Innocent XU ra[)pela à Rome, pour y remplir les places de son prédicateur ordinaire et de théologien de la pénitenceiie ; mais il ne les exerça ])as longtemps. Ce saint religieux, ce directeur infatigable, usé par ses travaux et par ses austérités, tomba dans une langueur qui l'emporta en 1694, à 70 ans. Tous ses ouvrages furent réunis après sa mort dans un Recueil en 3 vol. in-fol., outre ses Sermons traduits en fiançais, Lyon, 1713, 7 vol. in-12, sous le titre du Chrétien instruit dans sa loi, traduit en latin, Au^sbourg, 1702. Nous avons de lui : des Méditations, traduites en français en 5 volumes in-12; l'Incrédulité sans excuse ; la Manne céleste, ou la Nourriture de l'âme. C'est un cours de méditations, dont un de ses confrères a donné une traduction libre en 1737. La Pratique des devoirs des curés, ouviage important, plein d'onction, de zèle et de lumière, traduit par le P. Buflîer. Cette traduction a paru à Lyon en 1702; M. Delvincourt en a ilonné une nouvelle édition avec quelques légers changements, en 1782. Le Confesseur instruit; lo Pénitent instruit; l'Accord de l'action et du repos dans l'oraison ; les Jllusions des quiétistes ; le Serviteur de Marie ; l'Exposition du Miserere, traduite en français jiar ral)lié Laugier; divers autres Opuscules de piété. On en a traduit quelques-uns en français. Muratori adonné sa Yie en italien, Modène, iii-8'.

SEGNI (Jean-Baptiste), Bolonais, et chanoine régulier de la congrégation de Saint- Sauveur, vivait au xvi' siècle. Il était profond dans la théulogie, science qu'il professa à Ferrare et à Urhin. Il avait aussi étudié avec soin les antiquiiés sacrées et profanes, et poss'dait un fonds d'érudition (iui lui

avait mérité l'estime des savants. Segni avait OCCU|)é dans sa congrégation divers emplois honorables. Il mourut à Ferrare en 1610. Il a laissé les ouvrages suivants : De online ac stulu canonico hbri quatuor, Bologne, 1601 ; réimprimé dans la même ville, en 1611, par les soins du prieur général Biagio Bagni, do la même congrégation ; Pengrinatio bonorum spirituum nd impetrandam confirmatioticm vert status reUgiosi ac prœcipue canonici, Ferrare , 1392 : l'ouvrage est dédié à Clément \'\\\; lieliquiarum, sive de reliquiis «l veneratione snnctorum liber unm, etc., Bologne, 1610; De optimo cpiscopo, Holstan, 1606; ]l vero studio cristiano contra l'artr planetaria, cabalistica, lunaria, clavicola di Snlomone, ed altre superstizioni , Ferrare, 1592 ; Trattato de' sogni, Urbin, 1591. 11 faut ajouter à cela divers écrits restés inédits.

SEGUENOT (Claude) , né à Avallon en 1596, entra dans l'Oratoire, après avoir brillé dans le barreau à Dijon et à Paris. Il fut supérieur de plusieurs maisons ; mais ayant publié en 1638, in-8°, une Traduction française du livre de la Virginité de saint Augu.stin, avec des notes, la Sorbonne censura l'ouvrage, et l'auteur fut mis à la Bastille. Il y déprime la pauvreté évangélique, sape les fondements de la vie religieuse, et en ruine tout le mérite. Condamnant les vœux monastiques, il prétend qu'il est plus louable de faire le bien libiement que de s'y astreindre par vœu, comme si ce vœu n'était pas libre, et par conséquent ne rendait pas libre tout ce qui en est l'effet. Séguenot, ayant obtenu sa liberté, fut élevé k la place d'assistant du général, et mourut à Paris en 1676, à 80 ans, après avoii' essuyé quelques nouvelles disgrâces qu'il dut à ses liaisons avec les solitaires de Port-Royal. On a de lui plusieurs autres écrits.

SÉGUI (Joseph), né à Rodez en 1689, se consacra de bonne heure à l'éloquence et à la poésie. 11 remporta le prix de vei s à l'académie fi'ançaise en 1732, et il remplit les chaires de la cour et de la capitale :'.vec distinction. Cet auteur mourut en 1761, à 72 ans, après avoir publié le recueil de ses Panégyriques, 2 vol. ia-12 ; ses Sermons, eu 2 volumes, et des Discours académiques, enl volume. L'académie française se l'était associé. L'abbé Ségui écrivait avec assez de noblesse et de pureté; mais il ne faut pas chercher chez lui ces peintures saillantes, ces coups de génie, ces traits frappants qu'on trouve dans Bossuet et dans Bourdaloue. Il était fait pour marcher dans les routes battues, et non pas pour se tracer une carrière nouvelle.

SÉGUIER (Pierre), président è mortier au parlement de Paris, né en 1504, d'une ancienne famille illustre dans la magistrature et dans les armes, rendit des services importants aui rois François 1", Henri II et Charles IX. Ces monarques l'employèrent dans diverses négociations : il fit biillerdans toutes une éloquence et une intelligence [leu communes. 11 mourut eu 1580, à 76 ans,

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comblé d'honneurs et de biens. On a de lui des Harangues et un traité sous le titre de Rudimenla de cognitione Dei et sui.

SÉGUIER (Martin'), prêtre, frère du président Séguier, eut 1 emploi de conservateur des privilèges de l'université, et fut nommé deux fois conseiller au parlement, charge qu'il refusa, la croyant incompatible avec ses devoirs ecclésiastiques. On cite de lui : Soupirs du bon pasteur, qui sont lieux recueillis de la Bible, et rapportés aux misères du temps, Vavis, 1570, in-S"; Prières du roi, Paris, 1377, in-8° ; Paraphrases iur trente psaumes du roi prophète David, Paris, 1579, in -16; EpHrc envoyée à tm gentilhomme français étant en Allemagne, Paris, 1580, in-S". L'auteur y suppose que ce gentilhomme rentre en France, accompagné de Reitres, et il lui donne des conseils remplis de patriotisme et de ch.irité : c'est le plus remarquable de ses écrits. — Séguier (Jérôme), seigneur d'Estioles, fut président au grand conseil, et publia quelques ouvrages. Nous citerons :

l'Histoire miraculeuse de la sainte hostie gardée en l'église de Saint-Jean en Grève, ensemble quelques Hymnes au saint sacrement de l'autel, Paris, 1604-, in-8°. Cet ouvrage a donné lieu^k un autre plus étendu du P. Théodoric do Saint-René, carme des Rillettes, intitulé : Remarque historique à l'occasion de la sainte hostie miraculeuse conservée pendant plus de quatre cents ans, avec les )nèces originales et des figures , Paris, 1725, 2 tomes en un vol. in-12.

SEGUIER (ANToi!«iE-Loeis), avocat général au parlement de Paris, appartient à la famille du chancelier de ce nom. Né à Paris le 1" décembre 1726, il fut élevé par les jésuites de La Flèche et du collège de Louis-le-Grand à Paris. Il montra de bonne heure les plus heureuses dispositions pour l'art oratoire. Sa mémoire était prodigieuse : après avoir entendu un discours dont le manuscrit était perdu, il le rétablit tout entier dans l'espace d'une nuit. Il fut pourvu, dès l'an 1748, d'un office d'avocat du roi au Châtelet ; et en 1751 il fut nommé avocat général au grand conseil, et en 1733 au parlement de Paris, où il resta jusqu'en 1790, époque de la dissolution de cette compagnie. Il avait remplacé le célèbre d'Aguesseau, et il se montra digne d'un tel prédécesseur par son éloquence et par ses vertus. Il lutta longtemps contre les philosophes et les novateurs politiques, et se fit beaucoup d'ennemis par son réquisitoire de 1770 ; monument de courage et de sagesse, formant 35 pages in-i", et qui fut imprimé [lar ordre exprès de Louis XV. Le magistrat y signalait l'origine de la fausse philosophie, la licence de la presse, et les etforts d'un ])arti puissant pour nervertir les esprits, atf.iiblir l'empire de la religion, tourner ses pratiques ci ridicule, et soulever les peuiilcs au lieu de les éclairer. Il analysait en même tem[)s plusieurs écrits déférés, et il en faisait sentir le venin et le danger. Le parlement avait hésité à en ordonner l'impression. Ce n'est pas la seule fois que cet avocat général montra sou zèle coati'e la li-

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cence de .a presse ; en 1T75, il dénonça un pamphlet de Voltaire ; en 1777, il s'éleva nu sujet d'un écrit qui attaquait rarclievêque de Lyon, contre la noirceur (iiec laquelle an tentait de semer la ilivision dans le clerf/é et de soulever les ouailles contre le pasteur : sou réquisitoire du 25 mai 1781, contre V Histoire philosophique de Kaynal, était une réclamation vigoureuse contre le scandale de cette publication audacieuse ; il y signalait le danger de ces déclamations emphatiques, de ces tableaux licencieux, de ces provocations insolentes dont le livre est rempli : il l'appelait un ornas de chimères et d'indécence, un dépôt de fiel et de corruption; il montrait que, sous prétexte d'attaquer les abus, Raynal tendait à rendre la religion et l'autorité odieuses, et sur ses conclusions, l'Histoire philosophique fut condamnée au feu et l'auteur décrété de prise de corps. Lorsque la guerre éclata entre la cour et le parlement, et que la nouvelle magistrature, appelée par dérision le parlement Mnt/^eow, fut installée, Séguier donna sa démission et s'éloigna. Il rentra avec l'ancienne compagnie en 1774- ; et fidèle à ses principes, il continua de combattre avec énergie les opinions nouvelles ; mais voyant ses efforts impuissants, au commencement de la révolution il se retira au sein de sa famille, et refusa la [ilace de maire de Paris qui lui fut oiferte ()ar un parti puissant. Eulin, signalé par un libelle intitulé : Séguier traité comme il le mérite, il prit la détermination de quitter la France et se retira à Tournay, où il mourut le 25 janvier 1792 d'une attaque dapoi)lexie. Son tds aîné a fait graver sur sa tombe une épitaphe terminée ainsi : « 11 fut juge intègre, magis- « trat éloquent, défenseur éclairé sur la re- « ligion, sujet lidèle ^ son roi : Non habrbis « ossa ejus, inqrata palria. » Ce magistrat a laissé des plaidoyers, des comptes rendus aux assemblées des chambres, des réquisitoires, des mercuriales qui l'honoreront à jamais ; ruais celles de ses productions qui ont été imprimées sont éparses et difficiles à trouver. Son Eloge a été prononcé à l'Institut le 2 janvier 180G parle comte Portails. En 1757 il avait été noauué membre de l'Académie française, pour remplir la place laissée vacante par Fontenelle. Parmi les nombreux réquisitoires oà la dignité du langage, la clarté, le choix et l'exactitude des expressions sont pour l'ordinaire si bien d'accord avec la justesse et la force des raisonnements, on distingue celui du 18 aoilt 1770, dans lequel les causes et le tableau de la révolution de 1789 sont présentés avec tant de vérité, près de vingt ans avant l'événement. Voy. le Journal hislor. et litt., 15 lévrier 1791, p. 204-. On peut consulter sur ses autres discours 1" janvier 1778, ]>. 55 ; — juillet 1781, p. 382; — l"aoiU 1781, p. 5U ; — 15 juillet 1785, p. 472; — 1" octobre 178G, p. 209 ; — 15 décembre 178G, p. C17.

SEGUIN ( Philippe - Cuables - Fiiançois), évèque constitutionnel du déjiartfunent du Doubs, né l'an 1741 à Ik'sancon, était chanoine de la cathédrale de cette ville à l'épo-

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