‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 197 sur 341 · SID · texte numérisé non relu

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mort sur la fin de 183i, à Montpellier, où il avait longtemps exercé les fonctions de conseiller il la cour royale, se fit la réputation d'homme érudit et de magistrat intègre. On a de lui : une traduction des Leçons sur la poésie sacrée des Hébreux, de Robert Lowth, Lyon et Paris, 1812, 2 vol. in-8" : on préfère cette traduction à celle de François Roger; une autre traduction d'un opuscule deLowili, sous le titre de Généalogie de Jésus-Christ, représentée sur la fenêtre orientale de la chapelle du collège de Winchester, qu'il inséra à la suite du précédent ouvrage. Sicard fournit, en outre, à la Biographie universelle de Michaud , plusieurs articles remarquables, notamment ceux de Henri et d'Adrien de Valois.

SICHEM, fils d'Hémor, prince des Sichimites, étant devenu passionnément amoureux de Dina, l'enleva et la déshonora. L'ayant ensuite demandée en mariage à Jacob et à ses fils, il l'obtint, à condition que lui et tons ceux de Sichem se feraient circoncire. Le troisième jour, lorsque la plaie était la plus douloureuse, et que les Sichimites étaient hors de défense, Siméon et Lévi entrèrent dans la ville, massacrèrent ce qu'ils trouvèrent d'hommes, et enlevèrent les femmes et les enfants, qu'ils réduisirent en servitude. Jacob, leur père, eut horreur de cette exécution barbare, et en conserva un souvenir si profond, qu'il le reprocha encore à ses fils au lit de la mort. Votj. Siméon.

SIDONIUS APOLLINARIS ou Sidoine Apollinaire (Caius Sullius), était fils d'Apollinaire, qui avait eu les premières charges de l'empire dans les Gaules. 11 naquit à Lyon vers 430, et fut parfaitement instruit des lettres divines et humaines ; ses écrits en vers et en prose font voir la beauté de son esprit. Il fut successivement préfet de la ville de Rome, patrice et employé dans diverses ambassades. 11 avait les qualités du cœur qui font l'homme et le chrétien, Il était humble, détaché du monde, aimait tendrement l'Eglise, et compatissait aux misères du prochain. Il fut élevé, malgré lui, en kl2, sur le siège de la ville d'Auvergne Augustonemetum, qui a pris dans la suite le nom de Clermont, qu'elle porte encore. Dès ce moment il s'interdit la poésie qu'il avait tant aimée, et fut encore plus sévère à l'égard du jeu. Il se défit aussi d'un certain air enjoué qui lui était naturel. Il renonça à toutes les dignités séculières qu'il laissa à son fils A[)ollinaire, et se sépara de sa femme d'un consentement mutuel. Saintement avare de son temps, il étudiait continuellement l'Ecriture sainte et la théologie, et il y fit de grands jirogrès. Quoiqu'il fût [d'une complexion délicate, toute sa vie fut une pénitence continuelle. Dans un temps de famine, il nourrit, avec le secours de son beau-frère Edicius, non-seulement son diocèse, mais aussi plus de quatre mille personnes que la misère y avait attirées. Il mourut le 21 août 489, jour auquel l'Eglise honore sa mémoire. Il nous reste de lui 9 livres d'Epitres et 2'i- piè-

ces de poésies. Jean Savaron a donné une édition des OEuvres de ce prélat, avec sa Vie et de bonnes notes, Paris, 1609, in-4-°. Le P. Sirmond en a donné une ]>lus complète, quia été réimprimée par les soins de Ph.Labbe,in-'i-°, en 1652, avec la vie du saint. Les notes qui accompagnent cette édition sont judicieuses et annoncent autant de goût que d'érudition. Les pensées de Sidonius sont ingénieuses et délicates; son style est serré, vif et agréable ; il est cependant quelquefois boursouflé et chargé d'expressions qui montrent que le latin n'était plus dans sa pureté primitive. Son imagination est brillante, et il excelledans les descriptions. Son panégyrique de l'empereur Majorien, en vers, est intéressant ; il^^ décrit la manière dont les Frai>çais de son temps combattaient et s'habîlfaient. Son Eloge du sénateur Avitus, qui devint empereur, et dont il avait épousé la fille, fut récompensé par une statue couronnée de lauriers, que le sénat lui fit élever sur la place Trajane. — Relativement à l'édition des OEuvres de Sidoine Apollinaire-^ publiée par M. l'abbé Migne, en 184-7, avea celles do plusieurs autres Pères, dans le tome LVIII de son Cours complet de Patrologie, voy. la fin de l'article saint Hilaire , pape, tome II. col. 676.

SIDOROWSKY (Jean-Ivanowitsch), traducteur russe, né l'an 1748, mort en 1795, était prêtre et professeur de langue grecque et latine au séminaire de Kostroma. En sa qualité de membre de l'académie impériale de Saint-Pétersbourg, il prit part à la rédaction du grand Dictionnaire russe, où il ûï une partie de la lettre A, et toute la lettre B, ense servant du Dictionnaire de l'académie française, qu'il traduisait. Indépendamment d'une traduction du français d'un Essai sur la Providence, on cite de lui de nombreuses,; traductions du grec, notamment les suivantes : la Chronique de Cédrène, Moscou, 1794,. 3 vol. in-folio ; les Homélies non encore traduites de saint Jean Chrtjsostome, 1787 et 1791, 2 vol. ; les Sermons choisis du même- Père, Moscou, 1791 ; les Dialogues de Lucien^ en trois parties (en société avec Pachamow, translateur du Synode), Pétersbourg, 1775 ; les OEuvres de Platon (avec le même), ibid., 1780-83, 3 vol. ; la Description de la Grèce, parPausanias et par Strabon (avecle même), ibid., 1788-89, tom. I", Il et III : ce travail n'a pas été terminé.

SIDOTTI (l'abbé), ecclésiastique sicilien, d'une naissance distinguée, était un de ces hommes à qui rien ne coûte, et que rien ne rebute, quand il s'agit des intérêts du ciel. Apprenant les vains efforts qu'avaient faitsplusieurs missionnaires pour enti-er dans 1* Japon, consoler et instruire les fidèles de cette Eglise désolée, il espéra d'être plusheureux, et partit d'Italie , en 1702, pour cette œuvre apostolique. Il n'arriva h Pondichéi-y qu'en 1704, et au Japon en 1709. On ne sait positivement ce qu'il devint ; mais l'opinion générale danslesindes est qu'il fut reconnu d'abord et mis à mort, sans avoir

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recueilli d'autre fruit de son voyage, de son zèle, que sa propre sanctification. « Une si « grande obstination dans ce peuple aveu- « gle, dit le P. Cliarlevoix, et une aversioii « si marquée du chrisiiaiiisme dans ceux qui « le gouvernent, devait, ce semble, ikt- « suader li^s missionnaires que cette notion, « ayant mis le comble à son endurci^se- « nient, s'était absolument fermé le retour « aux miséricordes du Seigneur. Mais un « cœur apostolique ne sait pas désps|)érer du a salut des âmes que le Fils de Dieu a ra- « clietées de son sang, et croyant pouvoir « dire avec ce divin Sauveur ce que lui- « même représenta à son Père, en priant « pour ses bourreaux : Seigneur, ils ne sa- « vent ce quih font ; il attend toujours le « moment de la grâce. » Yoy. Xogunsama. SIDRACH. Yoy. Ananias.

SIENNES (Antoine de), né en 1539, à Guimaraens, en Portugal, entra dans l'ordre des dominicains, enseigna la philosophie à Lisbonne, fut créé docteur à Louvain, en 1571, fut banni des Etats du roi d'Espagne, pour s'être déclaré en faveur de don Antoine de Beja, qui se donnait pour roi de Portugal, mena ensuite une vie errante, et mourut à Nantes en 1585. On a de lui : une Chronique (le son ordre en latin, Paris, 1585, in-8° ; Bibliothèque des écrivains de son ordre, ouvrages pleins de fautes et écrits sans goût. On a encore de lui des notes sur les ouvrages de saint Thomas, etc. Voy. le P. Quétif, des Ecrivains dominicains.

SIESTRZENCEWICZ de Boulsz (Stams-

LAs), archevêque catholique de Mohilow, et métropolitain de Russie, naquit h Zabladow, diocèse de Wilna, le 4 septembre 1731, de parents protestants. Il avait suivi la carrière militaire et avait obtenu un grade <ians un régiment prussien, lorsqu'il fut ramené h la vérité catholique par le prince Slassalski , évèque de Wilna, qui lui persuada même de recevoir la prêtrise. Lors du premier partage de la Pologne, en 1773, l'impératrice Catherine II demanda au saint-siége que les provinces incorporées à son empire fussent administrées par un vicaire apostolique : son but était de les soustraire ainsi à l"autorité des évêques polonais. Ce fut Sieslrzencewicz qui fut investi de cette dignité, après avoir été sacré évoque do Mallo in partivus. Vers la même époque, le pape Clément XIV supprima la compagnie de Jésus (bref du 21 juillet 1773); Siestrzencewicz contribua puissamment à les faire maintenir en Russie , conformément, du reste, au désir formel de Catherine. En 1783, il fut nommé arclievôque de Mohilow par le saint-père, qui, sur la demande de l'impératrice, érigeadans cette ville un siège métropolitain, et donna un coadjuteur au prélat. Il avait aussi deux évêques sulfragants, l'un a Polotsk, l'autre à K?iow. Après le dernier partage de la Pologne, une portion de la Lithuanie étant devenue province russe, l'archevêque de Mohilow fut chargé d'administrer le vaste diocèse de Wilna, duquel relevaient quatre évô-

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ques sufiEragants. En 1799, l'empereur Patd,

refusant d'admettre aucune sorte de nonciature, lui confia la direction de toutes les affaires religieuses de ses sujets catholiques dans toute la Russie ; déjà le pape Pie VI, prévoyant le refus d'un nonce en Russie, en avait conféré tous les pouvoirs à l'archevêque de .Mohilow, par un bref du 19 septembi't^ 1795. Ainsi devenu ministre du culte calholique pour toute la Russie, Siestrzencewicz se lixa à Saint-Pétersbourg, où il mourut le 13 décembr(! 1826, à l'âge de 95 ans. On a d"- ce prélat : Recherches hisloriques sur l'oriqine des Sarmales, des Esclavons et des Slaves, et sur les époques de la conversion de ces peuples au christianisme , Saint-Pélei'sbourg, 1812, 4 vol. in-8° ; ibid., 1833, 4 vol. in-8°, ornés de tableaux et de cartes. L'auieur en avait adressé un exemplaire à l'abbé Grégoire, ancien évèque de Blois , qui cherchait à nouer des lelations religieuses ou scientifuiues dans tous les pays. Il envoya aussi à Grégoire une copie des Recherches sur l'origine de la Russie , ti-aduites en russe et lues à l'académie russe, Saint-Pétersbourg, 1818 : ce qui ferait croire que Siestrzencewicz avait daboid composé ces Recherches en français; Précis des Recherches historiques sur l'origine des Slaves ou Eclavons et des Sarniates, eic, 2' édition, Saint-Pétersbourg , 1824, in-4', avec une planche et trois cartes; Histoire du royaume de la Chersonêse Taurique (la Rrimée), 2° édition, Saint-Pétersbourg, 1824, in-4°, avec une planche et trois cartes.

SIEYÈS ( le comte Emmanuel-Joseph ) , était né le 3 mai 1748, à Fréjus, où son père était directeur de la poste aux lettres. Jeune encore, il fut envoyé à Paris pour y faire ses études ecclésiastiques. Il étudiait en même temps avec ardeur, mais sans méthode, la littérature et les arts, notamment la musique, les sciences mathématiques et physiques, et recherchait de préférence les ouvrages des métaphysiciens et des économistes. Aucun livre ne lui avait procuré une satisfaction plus vive que ceux de Locke, de Condillac, de Bonnet. Ses supérieurs avaient inscrit cette note sur leur registre : ;< Sieyès « montre d'assez fortes dispositions pour les K Sciences ; mais il est à craindre que ses « lectures particulières ne lui donnent du « goût pour les nouveaux principes philo- « sophiques. » Ils écrivaient un jour à son évèque : » Vous pourrez en faire un cha- « noine honnête homme et instruit ; du « reste, nous devons vous prévenir qu'il « n'est nullement propre au ministère ecclé- « siasti(iue. » Ils avaient raison : c'est Sieyès lui-mùuicqui le dit dans une Notice qui lui est attribuée. Il obtint d'abord une place de sacristain dans la chapelle de Madame Sophie de France. 11 s'attacha ensuite (1775) à M. de Lubersac, évèque de Tréguier, puis de Chartres, qui le lit grand vicaire, et le nomma chancelier de la cathédrale (l"/84). L'abbé Sieyès avait, en outre, une chapelle^ nie au diocèse de Tréguier, et une peusiott de la chapelle de Madame Sophie. Il assista

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à l'assemblée générale du clergé, en 1785 et 1786, et il fut membre des assemblées jirovinciales, quand elles se formèreut.Dès cette époque, il soccupait beaucoup de politique, et manifestait des opinions favorables aux réformes que l'on aj)pelait de toutes parts. Lorsque le gouvernement de Louis XVI s'occupa de convoquer les Etats généraux, le principal ministre ayant invité tous les publicistes à faire connaître leurs idées sur ces assemblées, Sieyès publia les siennes dans un écrit intitulé : Vues sti,r les moijens d'exécution dont les représentants de la France pourront disposer en 1789, in-8°. Ce fut aussi vers le même tem|)s qu'il lit paraître son Essai sur les privilèges, et la fameuse brochure : Qu'est-ce (pte h tiers-état? Tout. Qu'a-t-il été jusqu'à présent? Bien. Que demande-t-il? Devenir quelque chose. Ce livre, d^ns lequel la plupart des arguments étaient revêtus de formes vives et palpables, était plus propre à exalter les passions populaires qu'à calmer l'effervescence ciui régnait alors dans les esprits. Trente mille exemplaires en furent vendus en peu de temps, et il servit en quelque sorte de fanal à l'opinion démocratique, sur les questions neuves mises ;i l'ordre du jour par les événements de 1788 et 1789. Quoique prêtre, Sieyès fut nommé député du tiers-état à Paris, et eut la plus grande part à l'attitude cjue prit cette assemblée dans les premières séances des Etats généraux. Ce fut lui qui proposa de sommer les deux autres classes de se réunir an tiers-état, et de leur déclarer qu'en cas de refus, la chambre se constituerait sans elles. Cette menace étant restée sans effet, Sieyès proposa au tiers de se déclarer les représentants de la France, et de se constituer sous la seule dénomination d'assemblée nationale. Après la séance royale du 23 juin 1789, lorsque l'injonction eut été faite aux députés de se séparer, Sieyès fut d'avis, aussi bien que Miiabeau, de continuer les délibérations : « Eh, messieurs, dit-il, ne sentez- « vous pas que vous êtes aujourd'hui ce que « vous étiez hier? » Nommé membre du comité de constitulion, ce comité lui demanda, le IG juillet, une Déclaration de droits, qu'il lui ]>résenta le 20 du même mois, en lui offrant sur cet objet un travail auquel il attachait une grande importance, sous le titre de: Préliminaires de la constitution française, suivis d'une reconnaissance et exposition des droits de l'homme et du citoyen. Peu de jours après, Sieyès se prononça dans l'assemblée pour lo maintien des biens du clergé, et s'écria, lorsqu'on eut déclaré les dîmes abolies : n Ils veulent être libres, et ils ne savent « pas être justes. » Il publia à ce sujet ses Observations sommaires sur les biens ecclésiastiques et ses opinions sur les dîmes, le 10 août 1789. Mais en même temps qu'il défendait les biens du clergé, Sieyès n'hésitait pas à dépouiller le pouvoir royal de toutes ses prérogatives. Il prononça, le 7 septembre, un discours^ qui fut imprimé sous le titre de : Dire de l'abbé Sieyès sur la question du veto royal, dans lequel il repoussait comme une

absurdité le veto absolu, que Mirabeau luimême voulait accorder au roi. Il y exposait en môme temps un jirojet de constitution démocratique, qui n'obtint l'assentiment de personne, et ne fut même pas mis en discussion. Sieyès fut dès lors l'un des principaux membres de la faction des constitutionnistcs et des diplomates dont l'influence fut si fatale à la France. On le soupçonna aussi d'avoir pour but secret de servir la maison d'Orléans ; mais ces conjectures ne furent jamais appuyées d'aucune preuve. V.n 1790, il travailla beaucoup dans les comités, et particulièrement dans le comité de constitution. Mais la métapliysitiue obscure cju'il mettait dans toutes ses conceptions ayant presque toujours fait rejeter ses avis, malgré la haute opinion que ses collègues avaient de ses lumières et cle sa capacité, il parut pendant quelque temps renoncer aux afl'aires. C'est en déplorant cette inaction que Mirabeau dit un jour à la tribune : « Le si- « lencedeSieyès est une calamité publique.» Il est vrai que plusieurs historiens ont soutenu que Mirabeau n'entendait se servir do ces paroles que dans un sens ironique. Cependant, le 20 janvier 1790, il présenta un - Projet de loi contre les délits qui peuvent se commettre par la voie de l'impression et par la publication des écrits et gravures, in-8°. Il y proposait l'application du jury îi ces délits. Vers le même temps, il publia un Projet de décret provisoire sur le clergé, in-S". Ce projet, ridicule dans presque toutes ses parties, portait qu'on ne pourrait s'engager dans l'état ecclésiastique sans l'autorisation de la municipalité et du district; que le vœu du célibat serait aboli, que les ecclésiastiques n'auraient plus de costume particulier, que toute corporation religieuse était supprimée, etc. Au mois de mars de la môme année, il donna son aperçu d'une nouvelle organisation de la justice et de la police en France. Cet écrit, lu devant l'assemblée par le marquis de Bonnay, n'eut aucun résultat. Au mois de février 1791, Sieyès fut élu membre de l'administration du département de Paris , et apprenant que, par suite de la constitution civile du cleigé, on allait le nommer évêque de cette ville, il écrivit à l'assemblée électorale qu'il refuserait cette dignité , qui échut alors à Gobel. Lorsque vint l'anniversaire de la constitution des Etats généraux en assemblée nationale, Sieyès fut proclamé président. Cependant son influence diminua depuis sensiblement, et il crut devoir garderie silence dans les derniers temps de l'assemblée constituante. Toutefois, le 7 mai 1791, il parla eu faveur des catholiques qui ne reconnaissaient point l'Eglise constitutionnelle, et il se plaignit du comité ecclésiastique, qui semblait, disait-il, n'fli'oi'r vu dans la révolution qu'une superbe occasion de relever l'importance théologique de Port-Royal,, et de faire enfin l'apo-; théose de Jansénius sur la tombe de ses ennemis. Nommé membre du comité de révision de l'assemblée nationale, après le retour de Yarennes, il s'y trouva en opposition avec

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la plupart de ses collègues, et fut contraint de se retirer. Après la session de l'assemblée constituante, Sieyès se retira à la campagne, et resta quelque temps (étranger aux a'tfnires publiques. Au mois de septombro

1792, il entra comme député de la Sarthe à la Convention, oiî il siégea parmi ces meuibresiunnobiles et silencieux, qui semblaient étrangers à tout ce qui se passait autour d'eux, et étaient aux ordres des plus forts. Lors du procès de Louis XVI , il vota la mort, mais sans ajouter les mots, sans phrase, ainsi qu'on l'a prétendu. Le comité d'instruction adopta ses projets sur l'instruction publique ; mais il les lit présenter par Lakanal, atni que les Jacobins ignorassent quel en était l'auteur. Robespierre les fit rejeter, en s'écriant : « Citoyens, on vous trompe ; « cet ouvrage n'est pas de celui qui vous le « présente ; je me méfie beaucoup de son « véritable auteur. » Au mois de novembre

1793, époque où se firent tant de déplorables abjurations, Sieyès prononça ces paroles en faisant l'abandon de sa pension, comme ancien bénéficier. : « Mes vœux appelaient de- « puis longtemps le triomphe de la raison « siirla superstition et le fanatisme. Ce jour « est arrivé; je m'en réjouis comme d'un « des plus grands bienfaits de la révolution « française...; je ne reconnais d'autre culte « que celui de la liberté et de l'égalité ; « d'autre religion que l'amour de l'huma- « nité et de la i^atrie. » Depuis cette époque jus(ju"à la fin de la terreur, Sieyès se renferma dans un silence prudent. Dominé parle sentiment de la peur, il vota toutes les mesures de proscription, et lorsque plus tard on lui demanda ce qu'il avait fait durant ces teinjis de tyrannie sanguinaire : J'ai vécu, répondit -il froidement. On l'a aussi accusé d'avoir été l'un des principaux auteurs de l'arrêt de mort envoyé par le comité de salut public, contre les "émigrés français débarqués à Quiberon, et qui avaient déposé les armes. On a dit encore qu'au 13 vendémiaire ( '* octobre 1795 ), ce fut lui qui, du pavillon de Flore aux Tuileries, donna le signal du combat entre les tioupes conventionnelles et les sectionnaires insurgés. Après le 9 thermidor, il ne balança pas à embrasser la cause des vainqueurs, monta plusieurs fois à la tribune pour attaquer les partisans de Robespierre, et fut nommé membre du comité de salut public. Le 31 mars 1795, il fit prononcer la rentrée, dans le sein de la Convention, des Girondins proscrits au 31 mai. Lors de la formation du Directoire exécutif, il refusa d'en faire partie et de se charger du ministèie des relations extérieures. Cepentlant il fut appelé aux principaux comités, où on lui confia des travaux importants. Une tentative d'assassinat, qui fut faite sur lui, le 12 avril 1797, par un ancien moine nommé Poulie, neveu du célèbre prédicateur de ce nom, lui rendit un |ieu de popularité. Ajjrès le coup d'Etat de fructidor, Sieyès, suivant sa coutume, se déclara i)Our les vaini]ueurs, et fut adjoint à quatre autres députés pourrédiger le décret di-proscription

qui frappa cinquante-deux de ses collègues. Peu de temps après, il fut nommé président du conseil des Cinq-Cents. En 1799, il fut envoyé à Berlin, avec le titre de ministre jilénipotentiaire près le roi de Prusse. Nommé, l'année suivante, membre du Directoire exécutif, il s'associa aux injustices commises par ses collègues, et fit inscrire, sur la liste de déportation du 18 fructidor, plusieurs noms négligés jusqu'alors. Chargé de prononcer plusieurs discours à l'occasion des anniversaires, il fit entendre dans celui du 10 août les paroles suivantes : « La royauté « ne se relèverajamais : on ne verra plus ces « hommes qui se disaient délégués du ciel « pour opprimer avec plus de sécurité la « terre, et qui ne voyaient dans la France « que leur patrimoine , dans les Français « que leurs sujets , et dans les lois, que « l'expression de leur bon plaisir. » Cependant cet ennemi de la royauté contribua puissamment à mettre la couronne sur la tète d'un soldat. On assure qu'il fit parvenir à Bonaparte en Egypte, sous le couvert du chargé d'alfaires de Prusse àConstantinople, un mémoire où, en le prévenant de l'état déplorable où se trouvait la France, on lui faisait entendre que lui seul pouvait remédier au mal. Au retour de Bonaparte, Sieyès, d'accord avec Rœderer et quelques autres, se concerta avec lui pour préparer la révolution du 18 brumaire. Le général et le directeur, dans plusieurs entretiens secrets, convinrent des moyens à employer pour assurer le succès de la conspiration. Des militaires affidés se trouvèrent dans la capitale, et plusieurs députés influents des deux conseils furent prévenus de ce qui allait se passer. Sieyès, qui dans cette affaire avait agi à l'insu de ses trois collègues Barras, Moulin et Gohier, se fit mettre en surveillance par le général Bonaparte, et feignant de n'agir que par contrainte, resta dans sa voiture à la porte du palais, prêt à prendre la fuite si la conjuration échouait. La victoire étant demeurée aux conjurés, Sieyès devint un des trois consuls ainsi que Roger- Ducos, le seul de ses collègues qu'il eût mis dans la confidence du complot. Il s'était flatté d'abord de marcher l'égal de Bonaparte ; mais il s'aperçut bientôt qu'il n'avait été qu'un instrument de l'ambition du général, et il se vit réduit à échanger son titre de consul contre celui de sénateur. Bonaparte l'en dédommagea par une riche dotation, par le titre de comte et par plusieurs décorations. Il ne paraît pas, quoi qu'on ait dit, qu'il ait fait de roi)positiou dans le sénat. Napoléon , pour flatter son amour-propre, lui témoignait beaucoup d'égard dans toute circonstance, et affectait de s'entretenir particulièrement avec lui. Dans les premiers jours d'avril 181i , Sieyès ne parut point aux séances ; mais il envoya plus tard son adhésion aux actes du sénat, qui proclamait la déchéance de l'empereur et le rappel des Bourbons. Il fut compris néanmoins dans la chambre des pairs formée pendant les Cent- Jours ; mais il refusa prudemment de signer

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l'acte additionnel. En 1816, la loi contre les ' régicides le força de se retirer à Bruxelles. 11 rentra en France après la révolution de 1830, et prit place dans l'académie des sciences morales et politiques. Depuis longtemps sa santé avait soutl'ert de graves altérations ; il était devenu jiresque aveugle, et avait perdu la mémoire. Sieyès mourut à Paris le 20 juin 1836, âgé de 88 ans, sans avoir rétracté aucune de ses erreurs : aussi la sépulture ecclésiastique lui fut - elle refusée. AIM. Siméon et Cauchois-Lemaire prononcèrent des discours sur sa tombe. Outre les ouvrages déjà mentionnés, on a de Sieyès : Plan de délibérations pour les assemblées de bailliages, 1789, in-8 : l'auteur y indiquait cette transformation territoriale du la France, dont l'idée fut exécutée en 1798. « Ce n'est, « disait-il, qu'en effaçant les limites des pro- « vinces qu'on parviendra k détruire tous les « privilèges locaux. Ainsi il sera essentiel « de faire une nouvelle division territoriale « par espaces égaux partout. 11 n'y a pas de « moyen plus puissant et plus prompt de « faire sans trouble, de toutes les parties « de la France, un seul coi'ps, et de tous « les peuples qui la divisent une seule na- « lion. » Quelques idées de constitution applicables à la ville de Paris ; Observations sur le rapport du comité de constitution concernant la nouvelle orç/nnisation de la France, 1789, in-8''; Rapport du nouveau comité de constitution fait A rassemblée nationale sur le rétablissement des bases de la représentation proportionnelle , 1789, in-8"; Aperçu d'une nouvelle orijanisation de la jtistice et de la police en France, 1790, in-8"; Discours sur la liberté des cultes, 1791, in-8°; Rapport du comité de défense générale, relatif au ministère de la guerre, 1793, in-8'"; Opinion sur la constitution de 1793 , in-8"; Opinion sur le jury constitulionnaire, 179.3, in-8".

SIFFREIN-MAURY (l'abbé). Voij. Maury.

SIFFHID ou SIFFRIDUS de Uisnie, prêtre du xiV siècle, a donné des annales depuis la création du monde jusqu'à l'an 1307. Pistorius en a publié une partie, l'an 1583, depuis l'an 458 jusqu'à l'an 1307. George Fabricius en a donné des extraits dans ses Res misnicœ et ses Origines Saxonicœ.

SIGAUD DE LAFOiND (Jean-René), chirurgien célèbre, naquit à Dijon en 17i0, et lit ses études au collège des jésuites de sa ville natale. Il fréquenta ensuite l'école de Saint- Côme à Paris, et se fixa dans cette ville où il se livra principalement à la pratique des accouchements. Plus tard il parcourut plusieurs autres villes de France , dans lesquelles il donna, avec succès, des leçons do physique : il mourut à Bourges, en 1810. Parmi ses ouvrages, on distingue les suivants : Leçons de physique expérimentale, 1767, 2 vol.in-12, traduit en allemand, Dresde, 1773, in-8''; Leçons sur l'économie animale, 1767, 2 vol. in-12; Traité de l'électricité, 1771, in-12; Lettres sur l'électricité médicale, 1771, in-12: Description et usage d'un cabinet de j)hysique expérimentale, 1773, 2

vol. in-8"; et i18k, 2 \n].; Fléments de physique théorique et expérimentale, faisant suite à l'ouvrage précédent, 1787, 'i vol. in-8", traduit en espagnol par Taddeo-Lope, 1782-89, 5 vol. in-V"; deux Opuscides sur la section de la symphise des os du pubis, 1777 et 1779, in-8°; il est question dans ces deux écrits d'une découverte à laquelle Sigaut de Lafond doit [irincipalement sa célébrité. Dictionnaire de physique, 1780, 'v vol. in-8", augmenté d'un Supplément , en 1781 ; Précis historique et expérimental des phénomènes électriques, 1781, 1783, in-S"; Dictionnaire des merveilles de lanalure, 1781. 2 vol. in-8'', traduit en allemand i)ar C.-(j.-F. Webel , Leipzig, 1782-83, 2 vol. in-8"'; YEcole du bonheur, ou Tableau des vertus sociales, Paris,

1782, in-12; 1802, 2 vol. iu-12 ; La religion défendue contre l'incrédulité du siècle, contenant un Précis de l'histoire sainte, ibid.,

1783, G vol. in-12, augmenté de 2 vol. in-12, 1787, sous le titre De l'économie de la Providence dans l'étalilissemcnt de la religion ; Physique particulière, 1792, in-12; FJxamen de quelques principes erronés en électricité,

'SIGEBERT, roi des Est-Angles ou de l'Angleterre orientale, ap|)elé par le vénérable Bède, Roi Irès-éclairé et très-chrétien, travailla à faire ileurir la foi dans ses Etats, fonda des églises, des monastères et des écoles, et descendit ensuite du trône pour se faire moine à Rnobersburgh , aujourd'hui Burgh-Castle, dans le comté de SufTolk. Il fut aï^sassiné en Ci2, avec Egrich, son cousin, qu'il avait mis sur le trùne en sa place. On fait la fête de Sigebert dans plusieurs églises d'Angleterre et de France.

SIGEBERT, troisième fils de Clotaire I", eut, pour son partage, le royaume d'Austrasie, en 561, et épousa Brunehaut , qui d'arienne s'était faite catholique. Les commencements de son règne furent troublés par une irruption des Huns dans ses Etats ; mais il en tailla une |iartie en i)ièces, et chassa le reste jusqu'au delà du Rhin. Il tourna ensuite ses armes contre Cliilpéric, roi de Soissons, qui, prolitant de son absence, s'était emi)aré de Reims et de quelques autres places de la Champagne. Il reprit ces villes, et, étant entré dans le royaume de Soissons, il se rendit maître de la capitale, et força son frère à accepter la paix aux conditions qu'il voulut lui i)rescrire. Au bout de quelques années , il la rompit, à la sollicitation de la reine Brunehaut, pour venger la mort de Galsuinte, sœur de cette princesse et femme de Chilpéric. Les succès de Sigebert furent rapides, et la victoire le suivait partout, lorsqu'il fut assassiné, l'an 575, par les gens de Frédégonde, la source des malheurs de Chilpéric, qui l'avait épousée après Galsuinte. Sigebert fut pleuré de tous ses sujets, dont il faisait les délices par son atl'abilité, sa douceur et sa générosité. — 11 ne faut pas le confondre avec SiGEBEiiT, dit le Jeune, fils de Dagobert, et son successeur dans le royaume d'Auslrasie, l'an 638. Ce prince, mort en

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6dG, a mérité par sa piété d'être mis au iiombro dos saints; on fait sa fête <\ l'église priiiiPtialu, aujoui'd'lmi cathédrale de Nancy, où l'on conserve son corps. Sigebert (le (jemblours a donné la Vie de ce roi. On la trouve dans le tome 1" du mois de févi'ior des Aria sanctorum.

SKIEBERT, moine de l'abbaye de (leinblours dans le Brabant, no vers l'an 1030, e'iseiy,'na pendant )ilusieurs années dans le monastère de Saint- Vincent, <i Metz, et mourut à Gemblours en 1112. Il passait )iour un hounni! desprit, pour un savant universel et un ijon iioéte, et c'est sans doute la vanité (jue lui insidraient ses talents et les éio;:çes ([n'ils lui attiraient, qui lui lit oublier l'esprit de son état, au point do prendre le parti du siraoniaque et schismatiquo Henri IV^ contre les saints pontifes Grégoire VII , Ui'bain II et Pascal II. Sigebert est auteur : d'une Chronique, dont on conserve l'original dans la bibliothèque de Gemblours, et dont la meilleure édition est celle d'Aubert Le Mire, Anvers, 1608, in-8". Pistor'ius l'a insérée dans ses Scriptores germarrivi, tom. I". Elle commence à l'an 381, où linit celle d'Eusèbe , et va jusqu'à l'an 1113. Elle a été continuée par plusieurs auteurs. Il ne faut nullement ajouter foi .'i ce (|u'il raconte des papes qui ont eu des démêlés avec l'empereur Heni'i IV. ///n, dit Valero André, non tam fada quam a Siijeherto ron/irla. Saint Anselme, dans sa lettre viii'' l'a réfuté, de môme f(ue Baronius, au tome XI de ses Annales, Bollanuin, De scriptoribtts eccl.jcX dans ses Conlrotwrses {Voy. les jugements de [dusieurs auteurs sur cette Chronique, dans la Bibliothèque du P. Le Long, n° 696V); Vie de saint Théodéric, évoque, fondateur du monastère de Saint-Vinf^ent à Metz. Leil)nitz l'a insérée dans ses Scriptores rerum brunswicensium. Vie de saint Sigebert, roi, dans Surius et dans le V* volume des Acta sanctorum, du mois de février ; Vie de saint Guibcrt, fondateur du monastère de Gemblours, dans Surius, les Acta sanctorum, et dans les Acta de Mabillon ; Gesta ahbatum gemblaccnsium , contiluiés par un disciple de Sigebert jusqu'à l'an 1138, dans le Spicilégc de D. d'Àchéry; De viris illnstribus, Anv'ei'S, 1639, in-fol., avec des notes par Aubert Le Mire, et dans \ii^ liiblinlhèque do Fabricius , Hambourg, 1718, in-fol. On conserve jilusieurs ouvrages nianuscrils de Sigebert à Gemblours : Passio sanctœ Luciœ, poème; Passio 'J'hebœorum, poërno ; Vita et passio sancti Lambert! ; De jejunio quatuor temporuin ; Ecclesiastes rersu heroico descriptus; etc. Dans son ouvrage de Viris illustribus, il donne le catalogue de ses |)rodu(tions : il y en a une intitulée Apolngia ad Henricum imperalorem contra cas qui calumniabanlnr missas conjugatorum presbgtcrorum ; ouvrage qui a disjiaiu ot qui n'aurait pas dû paraître.

SIGISMOND (saint), roi de Bourgogne, succéda, l'an 51(i, à Gondebaud, son père, qui était arien. Le fils, instruit dans la véritable religion par saint Avit , évoque de

\^ienne, abjura cette hérésie. En 516, il fonda le célèbre monastère de Saint-Maurice , à Agaune, en Valais. 11 inn-gea ses Etats du poison des vices et de l'hérésie. C'est à son zèle que l'on doit la convocation du concile d'Kpaone, où présida saint Avit, Ajn'ès la i mort de sa femme Amalberge, dont \\ avait I eu un lils nommé Sigerir, il se remaria. Le [ jeune prince encourut l'indignation de sa belle-mère, qui l'accusa d'avoir formé le ]irojet dùter la vie et la couronne à son père. C'était une calonmie ; cependant le |)ère donna dans le piège, et fit mourir son fils. 11 ne tarda pas à recoimaître son erreur, et se retira dans le monastère d'Agaune pour y expier sa crédulité et sa précipitation iiar les lai-mes do la pénitence. Il y établit les acémèles, pour laisser dans l'Eglise un monument durable de sa douleur et de son repentir. Clodomir, fds de Clovis, lui déclara la guerre : Sigismond fut vaincu, fait |)risonnier et envoyé à Orléans. Il fut ensuite massacré et jeté avec sa femme et ses enfants dans un puits du village de Saint- Père-Avy la Colombe,- à h lieues d'Orléans, l'an 523. On gardait ses reliques à Agaune; mais l'empereur Charles IV les fit transporter à Prague. On lui a donné quelquefois le nom de martyr, comme à d'autres hommes vertueux de ce tempsdà , qui mouraient d'une mort violente. Sa Vie, écrite par Grégoire de Tours, se trouve dans le Recueil des Bollandistes.

SIGISMOND de Luxembourg, empereur d'Allenuigne, fds de Charles IV et frère de l'empereur Wenceslas, naquit en 1366. Il épousa Marie, reine de Hongrie , fille de Louis le Grand, et fut élu roi de ce pays en 1386. Les Turcs faisaient des progrès journaliers en Europe ; et la Bulgarie, dont ils venaient de s'emparer, les rapprochait des frontières de la Hongrie. Ils commençaient déjà à infester la Servie, la Bosnie et la Valachie , dont les [)rinces feudafaires de la couronne de Hongrie, avaient droit de recourir à la protection du roi. Le plan combiné de conquêtes affecté par ces infidèles , et qui semblait menacer la Hongrie et toute la chrétienté, réveilla l'attenlioii de Sigismond. Il s'allia avec l'empereur de Constantinople , et sollicita dos secours dans dilférentes cours d'Europe , pour se trouver en état de re[)Ousser de si redoutables ennemis. Le comte de Nevcrs, fils du duc de Bourgogne, lui amei:a une nombreuse noblesse et un coi-ps de dix mille Français, tous gens d'élite. Une armée de 130,000 hommes se rassembla sous les drajicauxde Sigismond, qid, désirant de reprendre la Bulgarie, pénéfj-a, en 1396, dans cette province, et vint mettre le siège devant Ni^ copolis. B jazet, étant arrivé à la tète de toutes ses forces pour dégager cette place, gagna une victoire complète. Sigismond, a,yant été coupé dans sa rotiaile, prit le parti de s'embarquer sur le Danube, et de se sauver par Constantinople. La longue absence de ce i)rinco, joiide à l'aversion que les Hongrois avaient pour lui, accrédita le bruit de

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sa mort el occasionna de nouveaux troubles dans la Dalmatie. A son retour il acheva de révolter tous les esprits par la rigueur ex- IrOnie dont il usa à l'égard des moteurs de la sédition. Les états le tirent arrêter et enfermer au château de Ziklos, eu i;39î). Ladislas ou Lancelot vint de Na|)les pour lui enlever sa couronne ; mais cette entreprise n'eut jias de succès. Sigismond recouvra sa liberté et le trône, et fut choisi empereur, en liiO. Après avoir fait différentes constitutions pour rétablir la tranquillité en Allemagne, il s'appliqua à pacifier l'Eglise et à terminer le schisme qui la désolait. A cet effet, il passa les Aljies et se rendit à Lodi, oii il convint avec le pape Jean XXIII do convoquer un concile. La ville de Constance fut choisie pour être le lieu oii se tiendrait cette auguste assemblée qui commença, en 1414, composée d'une midtilude extraordinaire de prélats et de docteurs. L'empereur y fut presque toujours présent, et son zèle y éclata dans plusieurs occasions. Pierre de Lune, qui avait pris le nom de Benoît XIH, continuant de braver l'autorité du concile, Sigismond fit le voyage du Roussillon pour l'engager à se démettre de la papauté. N'ayant pu y réussir, il se rendit à Paris, puis à Londres, pour concerter avec les rois de France et d'Angleterre les moyens de rendre la paix à l'Eglise et à la France; mais il revint à Constance sans avoir pu faire réussir son e'itrejirise. Cependant ses soins contribuèrent beaucoup à la fin du schisme («'0(/. Jean XXIII el Martin V); mais, en donnant la paix à l'Eglise, il se mit sur les bras une guerre cruelle. Jean Huss el Jérôme de Prague avaient été dégradés parle concile et livrés au bras séculier, qui les condamna au feu, afirès qu'on eut épuisé tous les moyens de vaincre leur obstination [voyez Uuss). Les liussites, voulant venger la mort de ces deux hérétiques , armèrent contre l'emiiereur. Ziska était à leur tète. Il remporta unt^ pleine victoire eu 1419 sur Sigismond, qui put à peine en seize années réduire la Bohème avec les forces d'Allemagne et à l'aide des croisades. Ce prince mourut à Znaim en 14.37, à 70 ans, après avoir a; 'aisé le reste des troubles de Bohème, el fait reconnaître Albert d'Autriche, son gendre, pour héritier du royaume. Depuis Un, l'aigle à deux tètes, employé d'abord comme symbole des deux emi)ires d'Orient et d'Occident, a toujours été conservé dans les armoiries des empereurs. Ce prince était bien fait, libéral, atfable et fort instruit. Il i)arlail bien plusieurs langues, et, régnant avec éclat en temps de paix, il fut malheureux en temps de guerre, quoiqu'il ne mauquùt ni d'activité ni de courage. La couronne im[iériale renira après sa mort daas la maison d'Autriche, d'où elle ne sortit plus jusqu'à son extinclion, en 1740.

SIGONIO (Charles), d'une famille ancienne de Modène, où il naquit vers 1520, fut destiné par son père à la médecine ; ma;s son génie le portait à la littérature. Sigonio occupa d'aljord une chaire d;ms sa patrie, et

obtint la protection du cardinal Grimani. La jalousie de Bandinelli, autre savant renommé, lui fit quitter Modène. Il occupa d'autres chaires à 'Venise, à Bologne, et ensuite à Rome, où il fut chargé, en 1578, par le pape Grégoire XIII, de continuer VHistoirc ecclésiastique, commencée par Panvinio, et obtint une pension de la république de Venise. Il alla mourir dans sa patrie en 1584, à G4 ans. Ce savant avait de la difficulté à parler; mais il écrivait bien, et sa latinité est assez pure. Il refusa d'aller auprès d'Etienne Battori, roi de Pologne, qui voulait le fixer à sa cour. Il ne voulut jamais se marier; ci quand on lui en demandait la raison, il répondait : Minerve et Vénus nont jamais pu vivre ensemble. On a de lui un grand nombre d'ouvrages recueillis à Milan, en 1732 et 1733, 6 vol.in-fol. Les principaux sont : Z>c rcpublica Uebrœorum, traité méthodique, el qui renferme dans un petit espace bien des choses utiles; De republica Atheniensium librl IV, savant et recherché ; Ilistoria de Ocridenlis impcrio , livre nécessaire pour connaître l'histoire de la décadence de l'empire romain, et la formation des principautés d'Italie ; De reçjnoltaliœ libriXX, depuis l'an 679 jusqu'à l'an 1.300, traité plein de recherches, d'exactitude, et éclairé par une sage critique ; une Histoire ecclésiastique, imprimée à Milan en 1734, en 2 vol. in-4", dans laquelle on trouve beaucoup d'érudition. On a encore de lui des Notes sur Titc-Live, de savants Traités sur le droit romain, etc. Ses OEuvres ont été recueillies par Argellati, cl publiées à Milan, 1732-.37, 6 vol. in-fol., avec une Vie de l'auteur par Muratori, etc. La liste complète des écrits de Sigonio, avec une Notice sur ce savant, se trouve dans Tiraboschi. Sigonio avait eu de violents démêlés avec Robortello.

SIGORGNE (Pierre), licencié en Sorbonne, et doyen de l'église de Mâcon, naquit le 23 octobre 1719, à Rambercourt-les-Pots , en Lorraine. Il vint faire ses études à Paris, et ai)rès sa licence, il fut nommé professeur de philosophie au collège du Plessis. C'est lui qui introduisit le premier le newtonianisine dans l'enseignement de l'université. Un de ses premiers ouvrages fut V Examen et la réfutation des leçons de physique données au collège royal par Privât de Molières. Ce savant, adoptant et rejetant en f)arlie les systèmes de Newton et de Descartes, avait imaginé de grands tourbillons composés de petits, et en avait fait la base d'un système particulier. Une dispute s'engagea entre les deux physiciens, et la chute des petits tourbillons en a été l'issue. Cette victoire, remportée sur un homme cjui jouissait d'une célébrité méritée, fit connaîire de la manière la plus avantageuse l'abbé Sigorgne; il fut nommé à l'abbaye de Bonnevaux ei/ 1775. Après avoir quitté l'enseignement, il se retira à Mâcon, où il avait été pourvu du doyenné de la cathédrale. 11 devint en même temps grand vicaire du diocèse , et montra dans cette administration autant d'habileté que de sagesse. La pari qu'il y prit n'absorba

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