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Italie, dit qu'il fut massacré à l'instigation d'Antonia, épouse de Bélisaire. A[)rès sa mort, Vigile fut reconnu pour pape lëgitirae. Yoy. Libérât, Breviarium , cap. 22; Acta sanctorum, Junii, tom. IV, pag. 13; et les Annales d'Italie, par Muratori.

SILVESTRE I" (saint), pape après saint Melchiade ou Miltiade, en janvier 314, envoya des députés au concile d'Arles, pour l'affaire des donatistes, et en tint lui-même plusieurs à Rome. 11 envoya aussi Vitus et Vincent, prêtres de l'Eglise de Rome, avec Osius, évêque de Cordoue, au concile général de Nicée, en 325, pour y assister en son nom. Sa mort, qui arriva en décembre 333, fut celle d'un saint. C'est sous son [lontiticat que commença d'éclater l'hérésie d'Arius,

3ui déchira si" longtemps l'Eglise. Les Actes e ce saint sont apocryphes. On dit qu'il a été envoyé en exil sur le mont Soracte, du temps de Constantin, et qu'à son retour il baptisa ce prince, et le guérit en même tenii)s de la lèpre ; mais les hagiographes d'Anvers, au 21 de mai, Baronius , et surtout Noël Alexandre, sect. k, pag. 18, prouvent que ce récit est faux dans tous ses détails.

SILVESTRE II, pape, appelé auparavant Gerbert, né en Auvergne d'une famille obscure, fut élevé à Aurillac, dans le monastère de Saint-Gérauld, et devint par son mérite abbé de Bobio, dans la Lombardie. Il se retira ensuite à Reims, où il fut chargé de l'école de cette ville, et où il eut pour disciple Robert, tils de Hugues Capet. Son savoir lui lit tant d'admirateurs, qu'il fut élevé sur la chaire archiépiscopale de cette ville, en 992, après la déposition d'Arnoul. Mais celui-ci ayant été rétabli en 998, par Grégoire V, Gerbert se retira près de l'empereur Othon, qui avait été sou disci{>le. Ce prince lui obtint l'archevêché de Ravenne. Enfin, le pape Grégoire V étant mort, le savant bénédictin obtint la papauté, par la protection du même prince, en 999, et en jouit jus{ju'en 1003, année de sa mort. Gerbert était un des

Elus savants hommes de son siècle. Il était abile dans les mathématiques et dans les sciences les plus abstraites. Il nous reste de lui 149 Epitres, la Vie de saint Adalbert , archevê(]ue de Prague, et quelques ouvrages de mathématiques qui déposent en faveur de son érudition ( voyez Mabillon, Annlect., tom. Il, pag. 215). Quelques-uns lui attribuent la construction de l'horloge de Magdebourg, l'an 99G ; mais cela n'est pas constaté : on croit que l'inventeur des horloges à roues est Richard Waligford, abbé de Saint-Alban en Angleterre, lequel llorissait l'an 132(3. Brennon, cardinal du parti de l'antipape Guibert, qui écrivait un siècle après la mort de Silvestre, ne rougit pas de du'e que ce pape s'est adonné à la magie et à la nécromancie; calomnie qui a été répétée par Martin de Pologne et par les hérétiques des derniers temps. Elle a été démentie par tous les historiens contemporains, et réfutée solidement par Gretser. Gerbert fut le premier Français (jui monta sur la chaire de saint Pierre. On s'est occupé, récemment, de lui élever

un monument dans sa patrie, et de faire des recherclies pour connaître le lieu de sa naissance et le venger de ses détracteurs. — L'histoire du pape Silvestre II et de son siè^ de a été écrite par C.-F. Hock, et trad. de l'allemand, avec des notes et des documents inédits, iiar l'abbé Axinger , Paris, 1845, 1 vol. in-8".

SILVESTRE ( François j, pieux et savant général des dominicains, était d'une illustre famille de Ferrare : ce qui l'a fait appeler franciscus Ferrariensis. Il mourut à Rennes dans le cours de ses visites , en 1528 , à 54 ans, après avoir gouverné son ordre avec beaucoup de prudence. On a de lui plusieurs ouvrages. Les principaux sont: de bons Commentaires sur les livres de saint Thomas contre les gentils, dans le tome IX des OEuvres de ce saint docteur; une Apologie contre Luther; la Vie de la bienheureuse Osanna de Mantoue, religieuse.

SILVESTRE de Prierio. Voy. Mozzolino.

SILVIUS. Voy. Sylvius.

SILVY (Louis), écrivain janséniste, né à Paris le 27 novembre 1760, d'une famille de magisirats, succéda à son père dans la charge de conseiller du roi et d'auditeur à la chambre des comptes, qu'il perdit à l'époque de la révolution. Il manifesta en ])lus d'une circonstance son ardente fidélité aux doctrines de Port-Royal et son aversion non moins prononcée pour les jésuites, et mourut le 12 juin 1847, à Port-Royal, où il était allé résider, afin de pouvoir repaître continuellement SCS regards dû spectacle des ruines auxquelles s'attache le souvenir du jansénisme. 11 serait injuste d'omettre de dire que sa piété était sincère et profonde, son désintéressementet sacliarité dignes des plus grands éloges. Les ouvrages ((ue Louis Silvy a publiés en faveur du jansénisme ou contre les jésuites, et dont nous donnons la liste d'après l'abbé Badiche , sont intitulés : Extraits des discours de piété, 1822 , 5 vol. : cet ouvrage est le fruit des improvisations d'une demoiselle Fronteau, dévote du parti; La vérité de l'histoire ecclésiastique rétablie par les monuments authentiques, contre le système d'un livre intitulé : Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant le xviiT siècle, yjf/r M. S***, ancien magistrat, Paiis, décembre, 1814, in-S". 11 faut, dit le biographe cité, que Silvy ait eu fort à cœur de répondre, car sa bochure ne devait plus avoir le charme de la nouveauté contre des mémoires que Picot avait publiés en 1806; ce ne fut qu'en 1816 que parut la seconde édition ; Première lettre à l'auteur des Mémoires pour servii' <i riiislou'e ecclésiastique pendant le xvnr siècle. Cette lettre peut servir d'avis aux souscripteurs de cet ouvrage et aux abonnés du journal du même auteur. On y a joint, etc., par M. S***, anci-en magistrat, Paris, 1813, brochure in-8°. C'est un manifeste contre la 2' édition et contre l'Ami de la Religion ; Les véritables sentiments de Bossuet, rétablis par les manuscrits originaux et autres témoignages irrécusables, en ce qui concerneunpoint historique Irès-importatUf

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dont traite M. de Baussct, auteur de la Vie de ce (/rand évéque, Paris 1815, in-8'; Les j(fsuites tels qu'ils ont été dans l'ordre politique, religieux et moral, Paiis, 1815, iii-S"; Du rétablissement des jésuites en France, P;u-is, 1810, iii-8"; liclairvisscment au sujet des dépêches du prince-régent de Portugal, concernant les jésuites, envogées à son ministre à Rome, Paris, 181G, in-8'; Aca- fidi-les catholiques aux évêques et aux past<:urs de l'Eglise de France, au sujet des nouvelles éditions des OEuvres de Voltaire et de Jlousscuu, Paris, 1817, iii-8' ; Relation concernant les événements qui sont arrivés à un laboureur de la Heaucc dans les premiers mois de 181(5, Paris, 1817, in-8"; 2' L'dilion, novrniljiv 1830; .■]' édition, janvier IS.'U; JJenri IV et les jésuites, suivi d'uwii Dissertation sur la foi, qui est due au témoignage de Pascal dans ses Lettres provinciales, Paris, 1818, in-8°; Avis important sur lesnouvcaux écrits des modernes ultramontains et des apologistes d'une société renaissante, Paris, 1818- Difficulté capitale, proposée à M. l'abbé Frayssinous au sujet de son livre intitulé : Lus vrais principes 'le l'Egliso gallicane, Paris, 1818, m-8°; Plainte en calomnie et diffamation contre un journaliste qui se unlifie L'Ami de la Reli^^ion et du Roi, oii on éclaircit un point historique concernant le pape Grégoire Vil et nos libertés gallicanes, avec une Observation sur l'importance et le fondement des quatre articles du clergé de mSl contre le système des gallicans d'opinion , par M. Silvg, ancien magistrat, Paris, 1818, in-8"; Discours sur les promesses renfermées dans les Ecritures et qui concernent le peuple d'Israël, Paris, 1818, in-8°; Quelques réflexions d'un vieux croijant catholique sur le changement des sculptures, emblèmes et figures faits au frontispice du Panthéon, ci-devant l'église de Sainte-Geneviève, 1818; Articles relatifs à In religion, extraits du Journal du Commerce, dans les premiers raois de l'an 1818 (du i janvier au k novemijre), Paris, 1818, in-8"; Doléances et pétitions des fidèles persécutés dans le diocèse de Lyon aux honorables membres de la chambre des pairs et de celle des députés, oà l'on fait voir une foule d'actes de schisme qui s'exercent depuis quinze ans dans un grand nombre de paroisses du diocèse de Lyon, etc., Paris, 181'J, in-S" ; Réponse à l'Ami de la religion des jésuites, oii l'on expose les causes véritables de leur suppression, d'après le bref de Clément XIV, qui les a abolis, et d'après une lettre officielle du cardinal de Bernis, que l'on oppose à la bulle de Pie VU qui les a rétablis, par M. S***, ancien magistrat , Paris, 1819, in-8'; Réponse à l'apologiste des ultramontains, qui se dit l'Ami de la Religion et du Roi, où l'on démontre par des pièces authentiques que l'on n'a pas cessé de maintenir au delà des monts la doctrine contraire au premier de nos quatre articles, rempart de nos libertés gallicanes, par M. S*''*, ancien maiji'lrat, Paris, 1819, in-8"; Eclaircissements de plusieurs faits relatifs à la persécution qui a lieu dans une partie du diocèse de Lyon, extrait de la Chronique religieuse, Paris, 1820, ir.-S';l{elation des faits miraculeux con-

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cernant la révérende mère Emmerich, reliqietise du couvent des Augustines de Dulmen en Westphalie, avec les témoignages qui constatent ces faits subsistant depuis plusieurs années, Paris, 18-20, in-S" ; M. S*** , ancien magistrat, à l'auteur de l'écrit intitulé : Le passé et l'avenir expliqués par des événements extraordinaires arrivés à Thomas Martin, laboureur de la Beauce,m-8' : c'est une suite et une défense de la Relation mentionnée plus haut concernant les événements arrivés a un laboureur de la Bcauce. On a encore de Silvy : Eloge de M. l'abbé Hautefage, ancien chanoine d'Auxerre, prononcé dans une réunion do ses arais et de ses élèves, Paris, 1816, in-8°. Silvy avait aidé dom Déforis dans son travail pour l'édition des OKuvres de Bossuet, commencée parLequeux, et cfue ce bénédictin s'était chargé de continuer. Les tables du i;5" et du 14° vol. avaient été dressées par' Silvy; elles n'ont pijint été im|)rimées. Enfin il a coopéré quelque temps à la rédaction de la Revue ecclésiastique, journal mensuel, qui a cessé do paraître en lévrier 18^8.

SIMÉON, chef de la tribu du mémo nom, et second lils de Jacob et de Lia, naquit vers l'an 1757 avant Jésus-Christ. 11 vengea avec Lévi l'enlèvement de sa sœur Dina, en égorgeant tous les sujets de Sichom ( voy. ce nom) : action atroce par laquelle on fit périr une foule d'innocents pour jamir un seul coupable. Etant allé dans la suite, durant la famine, avec ses frères en Egypte , pour acheter du blé, Joseph lo retint en otage jusqu'à ce que ses autres frères eussent amené Benjamin. Jacob, au lit de la mort, témoigna son indignation contre la violence que Siniéon et Lévi avaient exercée envers les sichimites. il leur prédit qu'en punition de leurs crimes, Dieu les séparerait l'un de l'autre et disperserait leurs descendants parmi les autres tribus. L'événement justifia la prédiction d'une manière frappante. Lévi n eut jamais de lot ni de partage fixe dans Israël , et Siméon ne reçut poiu- partage qu'un canton ciue l'on déinembra de la tribu de Juda, et quelques terres. Fage dit que les siméonites, dépoui'vus des ressourcés communes aux autres tribus, se consacrèrent à l'éducatio'i des enfants dans toute la Judée pour g-igner leur pain ; il s'appuie sur l'autorité des anciens rabbins : si cette tradition est bien fondée, elle vérifie la prédiction à la lettre. Le crime de Zambri attira aussi la malédiction sur la tribu de Siméon, et c'est la seule que Moïse na bénit point en mourant.

SIMÉON , homme juste et craignant Dieu, vivait à Jérusalem dans l'attente du Rédemitteur d'Israël. Il demeurait presque toujours dans le temple, et le Saint-Esprii l'y co:iduisit dans le moment que Josojih et Marie y présentèrent Jésus-Christ. Alors ce vieillard, prenant l'enfant entre ses bras, rendit grdccs à Dieu, et lui témoigna sa recomaissance par un cantique qui exprime admirablement l'arrivée du Fils de Dieu sur la tei're, l'ardent désir avec lequel il était attendu, et les lumières que sa venue devait répandre chez

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toutes les nations du monde. C'est une espèce de tradition populaire que Siméon était grand prêtre, et on le voit souvent représenté dans ce costuuie : il ne paraît pas cependant que cette opinion soit l'ondée ; le récit évangélique ne dii rien qui la favorise.

SI.VIÉON (saint) , dit le frère de Jésus- Christ, c'est-à-dire son cousin germain, était fils de Cléophas, autrement /i/;j/(t;>, et de Marie, sœur de la sainte Vierge. Les plus habiles interprètes pensent qu'il est le même que ce Simon, frère de saint Jacques le Mineur, de saint Jude et de Joseph, dont il est parlé dans l'Evangile de saint Matthieu , chap. xni. 11 fut disciple du Seigneur, et élu évêque de Jérusalem après la mort de Jacques, son frère. Trajan ayant fait faire des recherches de ceux: qui se disaient descendus de David, les Juifs déférèrent Siméon à Atticus , gouverneur d.' Syrie, comme chrétien et comme issu de David. Après avoir été longtemps tourmenté, il fut enfin crucifié l'an 107 de Jésus-Christ, Agé de 120 ans, dont il avait passé environ ii dans le gouvernement de son église.

SIMÉON STYLITE (saint) , né vers l'an 390, à Sisan, sur les confins de la Cilieie, était fils d'un berger et fut berger luimême jusqu'à l'âge ue 13 ans. 11 entra alors dans un monastère, d'où il sortit quelque temps après pour s'enfermer dans une cabane. Après y être resté trois ans, il alla se placer sur une colonne fort élevée sur le haut d'une montagne de Syrie, où il fit la pénitence la plus austère jusqu'à sa mort, arrivée en 459 ou 60, à 69 ans. 11 y a des choses si surprenantes dans l'histoire de ce héros de la mortification, que quelques écrivains les ont révoquées en doute ; mais ils ne faisaient pas attention que Théodoi'et, qui en a donné une relation , 16 ans avant la mort de saint Siméon, en parle comme témoin oculaire ; que ces mêmes faits ont été éciits par Antoine son disciple (dans les Acla sanctorum); que nous avons la Vie de ce saint écrite en chaldaïque, 15 ans après sa mort, par le prêtre Cosmas, publiée par Etienne Assémani [Act. mart., tom. II, Append., page 1229) ; qu'il en est fait mention dans Evagre, Théodore Lecteur, dans les anciennes Vies de saint Eulhyme,-de saint Théodose, de saint Auxence, de saint Daniel Stylile, etc. Nous avons de lui une Lettre et un Sermon dans la Uibliothèque des Pères. — Il y a eu un autre saint Siaiéon Stylite, qu'on surnomma le Jeune, parce qu'il vivait près d'un siècle après l'ancien, c'est-à-dire vers 322. 11 mourut en 595. Cette manière de se mortifier a quelque chose de singulier sans doute ; mais ce n'est pas sur nos goûts et nos mœurs, ni môme sur les règles communes de la vie chrétienne, qu'il faut juger les actions extraordinaires des saints. Voyez une réflexion de Flcury, à la fin de l'article Pathice. Les peuples ne pouvaient concevoir qu'une bien grande idée de l'Etre que des gens sages et vertueux adoraient d'une manière SI constante et si pénible. Ces saints prêchaient d'ailleurs du haut de leurs colon-

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nés, et opéraient de grandes conversions ; et sous ce point de vue combiné avec l'impossibilité i)hysif[ue que l'on croit apercevoir dans la durée d'une telle attitude, quelques auteurs ont regardé leur pénitence comme miraculeuse et élevée au-dessus des forces de la nature. Voy. saint Daniel.

siméon' (saint), cëlcbre dans les Annales de l'église de Trêves du \i' siècle, naquit à Constantinople, do parents chrétiens et distingués. Après avoir passé sa jeunesse à cultiver les lettres, dans lesquelles il fit de trèsgrands progrès, il se fit d'abord anacliorète, l)uis moine du mont Sinai. Crevin et Richard, abbés de Trêves, eurent occasion de le connaître dans le voyage qu'ils firent à la Tei-re-Sainle, et touchés de ses vertus, ils l'amenèrent avec eux à Trêves, d'où il se retira dans l'abbaye de Tholey. L'archevêque Poppon ne l'y laissa pas longtemps ; car, ayant résolu de faire lui-même un voyage en Palestine, il engagea saint Siméon à l'accom- ]iagner dans ce pèlerinage. A son retour, Poppon lui accorda un petit coin de la Porte- Noire, monument de la plus haute antiquité, qu'il venait de convertir eu église. Le saint s'y tint enfermé jusqu'à sa moi t. L'abbé Crevin, qui l'assista dans ses derniers moments, écrivit sa Vie, et l'envoya à Benoît IX, qui le mit au rang des saints en 1047. L'église auprès de laquelle il se retira, et qui ])0ssède son tofflbeau, porte aujourd'hui son nom.

SIMÉON, fameux rabbin du u' siècle, est regardé par les Juifs comme le prince des cabalistes. C'est à lui qu'on attribue le livre hébreu intitulé Zoliar, c'est-à-dire la lumière, Crémone, 1560, 3 vol. in-fol. On sait que la cabale est devenue chez les Juifs modernes une abondante source d'erreurs, lattis erroruin fons, comme dit l'auteur de la Physiea saera. Il semble que, s'étant trompés sur le sens des prophéties , surtout de celles qui regardent le Messie, ils cherchent à mieux connaître l'avenir par un moyen (jui n'est point du tout assorti à cet elfet. Il est vrai cependant ([ue l'Esprit- Saint a quelquefois exprimé des vérités secrètes par l'emblème des lettres et de leurs divers rapports ; ce qui fait une espèce d'énigme cabalistique, telle que celle qu'on lit au chapitre xv de rA|)Ocalypse, où le nom de la bètc est désigné par le nombre 666. Mais cela est trèsdili'érent de l'espèce de divination que les rabbins prétendent exercer par des combinaisons de lettres et de chiffres , sorte de jonglerie que des philosophes du dernier siècle n'ont pas hésité de mettre en usage, tout comme ils ont voulu goûter de la magie. Voy. l'art. Faustus. Il est certain que si de pareils moyens avaient quelque résultat, il ne pourrait être naturel. C'est la remarqua d'un homme qui n'adopte et ne rejette [laslégèrement les opinions qu'il examine. Aliqiiid ex faturis contingentibus av liberis, delerniiiiatc sciri ae dici ope cahalœ passe, nisi magia et implicili mm orco pacli vinculum inlerccsserint, nemo sensntus crediderit.

SIMÉON MÉTAPHRASTE, né au x' siècle, 'd Constantinople, s'éleva, par sa naissance et

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par son mérite, aux oinplnis les plus considérables. Il fut secrétaire des empereurs Léon le Philosophe et de Constantin Por()hyrogénète, et eut le département des aUaires étrangères. Ce prince l'ayant exhorté à faire le recueil des Tien des saints, il ne se contenta pas de compiler les faits, il les broda d'une manière romanesque. Il rassembla tout à la fois des exemples des vertus les plus héroïques et des prodiges les plus ridicules. On a traduit plusieurs fois son ouvrage en latin, et on le trouve dans le recueil des Vies des saints, jkir Surius ; mais il serait à souhaiter qu'on l'imprimût en grec ; car, quoiqu'il soit rempli de fables, il renferme des monuments anciens et authentiques, qu'un habile critique discernerait. Cet écrivain fut nommé Métaphraste , parce qu'il paraphrasait les récits en amplilicateur. Yoy. saint RocH. On a encore de lui des vers grecs dans le Corpus poetarwn Grœcorum, Genève, 1606 et 1614, 2 vol. in-folio.

' SIMIANE (Charles-Emmanuel-Philibert- Hyacintue de), marquis de Pianèze, né l'an 1608, ministre du duc de Savoie, et colonel général de son infanterie, servit ce prince avec zèle, dans son conseil et dans ses armées. Il signala son intelligence et sa valeur dans les guerres du Montferrat et du pays de Gènes, etc. Nommé ambassadeur extraordinaire à la cour de Vienne, il fut nommé plus tard président du conseil de la princesse régente, veuve du duc Victor-Amédée 1", mort en 1637. Sur la tin de ses jours, il quitta la cour et se relira h Turin, chez les prêtres de la mission, où il ne s'occupa que de son salut. Sa solitude n'était troublée que par les conseils qu'on lui demandait comme k l'oracle de la Savoie. Il hnit saintement ses jours en 1677. On a de lui deux ouvrages ascétiques, savoir : un Traité de la vérité de la rcliijion chrétienne, en italien, dont le P. Bouhours a donné une traduction française, imprimée à Paris en 1672, in-12; réimprimée en 1678 et en 1687, avec une prélace qui contient des détails sur la vie de l'auteur ; Piissimi in Deum affectus cordis ex D. Augustini Confessionibtis delecti , Paris, Yilré, in-12. 11 laissait, en manuscrit, un Traité (jénéalofjiqae de la maison de Simiane, in-i", cité dans la Bibliothèque historique de France, n° i'i-lal.

SIMIOLI ( l'abbé Joseph) , professeur de théologie à Naples, né dans cette ville le 26 juin 1712, s'attacha d'abord au cardinal Spinelli, qui le nomma professeur de théologie dans son diocèse, et l'amena ensuite à Home. Benoit XIV, qui l'estimait beaucoup, l'emjiloya dans les congrégations , et l'on dit (ju'il eut part à l'encyclique de ce pontife. Il fut chargé , avec plusieurs autres théologiens, de composer une méthode générale pour l'instruction des élèves destinés aux missions étrangères, et demeura à Rome jusqu'à la mort du cardinal Spinelli, en 1763. Bernard Tanucci, Toscan, professeur de droit à Pise, et depuis ministre et président du conseil de régence à Naples, sous le roi Ferainand, rappela Simioli dans cette ville ; et

le cardinal de Sersale, qui en était archevêque, le lit de nouveau professeur de théologie, puis chanoine de la métropole, et princi[tal du collège archiépiscopal. On dit que Simioli n'était point étranger à l'esprit qui régnait à Naples, au sujet des affaires de l'Eglise ; et la faveur que lui accordait Tanucci, opposé en toute occasion à la cour de Rome, en serait une preuve Suffisante. Il était d'ailleurs lié avec les théologiens d'Italie qui partageaient les mêmes o|)inions, et qui, sous le prétexte de poursuivre la morale relâchée , faisaient aux jésuites une guerre dans laquelle ceux-ci finirent par succomber, au grand préjudice de la saine morale elle-même, des principes religieux et de l'éducation publique. On a de Simioli : un Cours de théologie, ou Institutions théologiques , ouvrage qui fut adopté par plusieurs évèques, Naples, 1790; Dissertations sur divers points a histoire, de critique, et de discipline ecclésiastique ; Avis aux évêques pour bien gouverner leur diocèse. Le roi fit distribuer cet avis à tous les nouveaux prélats du royaume, il a été traduit en espagnol; divers ouvrages restés inédits. Simioli prit part à une édition de la Bible , avec des notes contre la Bible expliquée de Voltaire. Il mourut subitement le 21 janvier 1799, en travaillant avec son archevêque à une affaire qui concernait le diocèse. 11 avait, dit-on, refusé un évêché.

SIMLER (JosiAs), ministre de Zurich, né en 1530, moui ut dans cette ville en 1576, à 45 ans. On a de lui : plusieurs ouvrages de théologie et de mathématiques ; un Abrégé de la Bibliothèque de Conrad Gesner, estimé, quoiqu'il y ail quelques inexactitudes. Cet abrégé parut à Zurich, en 1574, in-fol., et Frisius en a donné une édition augmentée en 1583 ; De Helveliorum republica, Zurich, 1576, in-8° ; Elzévir, 1624, in-24; traduit en français, 1578, in-8° ; Vallesiœ descriptionis libri duo , et de Alpibus commentarium , Leyde , 1033, in-24 : on y trouve un catalogue des plantes qui croissent sur les Alpes ; Vocabula rei nummariœ, ponderum et mensurarum, grwea, lalina, hehraica, arabica, Zurich, 1584, in-8°; Vie de Conrad Gesner, Zurich, 1566, in-4°.

SLMON I", grand prêtre des Juifs , surnommé le Juste, était fils d'Onias I", auquel il succéda dans la grande sacrificature. H répara le temple de Jérusalem qui tombait en ruine, le fit environner d'une double muraille, et y fit conduire de l'eau par des canaux pour laver les hosties. On en voit un bel éloge dans le livre de V Ecclésiastique, chap. l. SIMON II, petit-fils du précédent, succéda à Onias 11 , son père. C'est sous son pontificat que Ptolémée Philopator vint à Jéru salem. Ce prince ayant voulu entrer dans le Saint des saints , malgré les oppositions de Simon , Dieu étendit sur lui son bras vengeur, el punit sa profanation, en Je renversant par terre sans force el sans mouvement.

SIMON MACHABfiE, fils de Mathathias, surnommé Tltasi, fut prince et pontife des Juifs l'an 143 avant Jésus-Christ. Il signala sa

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valeur en plusieurs occasions, sous le gouvernem'^nt de Juda et de Jonalhas, ses frères. Lo premier l'ayant envoyé avec 3,000 hommes dans la Galilée, pour secourir les Juifs de celte province contre les habitants de Tyr, de Sidon et de Ptolémaïde, Simon défit plusieurs fois les ennemis. Il battit Apollonius, conjointement avec Jonathas : et celui-ci ayant été arrêté par Tryphon, Simon alla à Jérusalem pour rassurer le peuple, qui, ne voyant personne jilus digne que lui d'être à la tête des alfaires, l'élut tout d'une vois. Simon, devenu chef de la nation par ce choix unanime, fit d'abord assembler tous les gens de guerre, répara avec diligence les murailles, les fortifications de Jérusalem, et s'appliqua à fortifier les autres places de la Judée. Il envoya ensuite des ambassadeurs à Démétrius, qui avait succédé dans le royaume de Syrie au jeune Antiochus, et le pria de rétablir la Judée dans ses franchises. Ce prince lui accorda tout ce qu'il demandait. La liberté étant rendue aux Juifs, Simon renouvela l'alliance avec les Spartiates, et envoya un bouclier d'or ;\ la république romaine. Il battit ensuite les troupes d'Antiochus Evergètes, roi de Syrie, qui s'était déclaré son ennemi, et, sur la fin de ses jours, il visita les villes de son Etat. Lorsqu'il arriva au château de Doch, où demeurait Plolémée, son gendre, cet ambitieux, qui voulait s'ériger en souverain du pays, fit inhumainement massacrer Simon et deux de ses fils, au milieu d'un feslin qu'il leur donna, l'an l.'JS avant Jésus-Clirist. Jean Hyrcan, son fils, lui succéda On voit l'éloge de ses vertus, de sa sage et heureuse administration dans le premier livre des Mâchabées, chap. x.iv.

SIMON (saint), apôtre du Seigneur, fut surnommé Cananéen , c'est-à-dire, Zélé. On ignore le motif de ce surnom. Son zèle pour Jésus-Christ le lui fit-il donner, ou était-il d'une certaine secte de zélés? On est aussi peu instruit sur les particularités de sa vie, sur sa préJieation, et le genre de sa mort. Quelques-uns le font aller dans l'Egypte, la Libye, la Mauritanie; d'autres lui font parcourir la Perse, mais avec aussi peu de fondement que les premiers. Voyez la fin de l'article de saint Jacques le Majeur. Sa fête, réunie à celle de saint Jude, se célèbre le 28 octobre.

SIMON LE Cyré\éen, père d'Alexandre et de llufus, était de Cyrène, dans la Libye. Lorsque Jésus-Christ montait au Calvaire et succombait sous sa propre croix, les soldats contrai;^ nirent Simon, qui passait, de la porter avec lui. Cependant le mot angariaverunt semble dire qu'on l'y engagea par voie de persuasion. Il est vraisemblable que Simon était connu pour discijile de Jésus-Christ, et que c'est ce qui donna lidée de lui faire porter sa croix, charge qui, selon toute apparence, aura été pour lui une source précieuse de grâce. Il est le seul qui ait porté littéralement la croix du Sauveur, et qui ait rendu sensible aux yeux ce grand moyen de sàlu.l.

DicT. DE Biographie rblig. IIl

SIMON LE Magicien, du bourg de Gitton ou Gitthon, dans le pays de Samarie, séduisait le peuple par ses enchantements et ses prestiges ; une multitude incroyable s'attacha à lui en l'appelant la grande vertu de Dieu. Le diacre Philippe étant venu prêcher l'Evangile dans cette ville, Simon, étonné des miracles qu'il faisait, demanda et obtint le baptême. Les apôtres , quelque temps api'ès, vinrent pour imposer les mains aux baptisés. Simon voyant que les fidèles qui recevaient le Saint-Esprit parlaient plusieurs langues sans les avoir apprises, et opéraient des prodiges, offrit de l'argent pour acheter la vertu de communiquer ces dons. Alors Pierre, indigné, le maudit avec son argent, parce qu'il croyait que les dons de Dieu pouvaient s'acheter. C'est de là qu'est venu le mot simoniaque, qu'on applique à ceux qui achètent ou vendent les choses spirituelles. Après le départ des apôtres, Simon tomba dans des erreurs grossières, et se fit des prosélytes. Il quitta Samarie et parcourut plusieurs provinces, qu'il infecta de ses impiétés. Il attirait beaucoup de monde après lui par ses prestiges, et se fit surtout une grande réputation à Rome, oii il arriva avant saint Pierre. Les Romains le prirent p ur un dieu, et le séiat lui-même fit ériger à cet imposteur une statiie dans l'ile du Tibre, avec celte inscription : Simon Dco Snnclo. Valois et le P. Pagi contestent ce fait, et prétendent que cette statue était consacrée à Semô-Sachus, qui était une divinité adorée parmi les Romains; mais d'habiles critiques, au nombre desquels sont les Bollandistes [Ai-ta SS., 29 junii ; Tillemont, tome II, p. 48.'), sont d'un avis contraire, et soutiennent la réalité de la statue élevée à Simon. Quoi qu'il en soit, les illusions de ce fourbe fascinèrent les yeux des habilants de Rome, et furent l'objet do la curiosité de Néron ; mais le charme ne dura pas. Saint Pierre ruina sa réputation par un couii d'éclat que quelques savants révoquent en doute, mais qui se trouve admirablement d'accord avec les anecdotes rapportées par les historiens profanes, sous le règne de ce même Néron. Le magicien se disait fils de Dieu, et se vantait comme tel de pouvoir monter au ciel. Il le iiromit à Néron lui-même. Au jour indiqué, en pi-ésence d'une foule de peuple qui était accouru à ce spectacle, il se fit élever en l'air ]iar le démon ; mais, à la prière de Pierre, Simon, cpii était à une certaine hauteur, tomba à terre et se rompit les jambes. Ceux qui nient ce fait pris à la lettre, l'expliquent d'une manière métaphorique, de la grande réputation que Simon s'étaii faite à Rome, et de la rapidité avec laquelle saint Pierre la détruisit ; mais il paraît qu'il est très-peu nécessaire de recourir à celte allégori''. Le vol de Simon est rajiporté comme réel et physiquement vrai, par Justin, Ambroise, Cyrille de Jérusalem, Augustin, Philastre, Isidore de Péluze, Théoaoret, etc. Dion Chrysostome, auteur païen, assure, or. 21, que Néron retint longtemps à sa cour un magicien qui lui [iromit de voler dans les

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ilirs. On lit dans Suélonu, itiNer., c. li, qu'aux jeux publics un homme entiv^prit de voler en présence de Néron, mais qu'il tomba dès qu'il eut pris son essor, et que le balcon où était l'empereur fut teint de son sang. Baronius, Tiilemont, Ceillier et Orsi entendent cette histoire de Simon le Magicien. Et puisque les dates ou les époques historiques s'accordent ici avec le témoignage direct et formel des plus illustres auteurs chrétiens, et le témoignage moins développé, mais si analogue et si évidemment api)lic,ible des auteurs païens, l'on ne voit pas quelle raison peut faire révoquer ce fait en doute.

SIMON, fils de Gloras, l'un des plus grands seigneurs d'entre les Juifs , fut en partie cause de la ruine de Jérusalem et de la nation. Les Juifs l'avaient reçu dans Jérusalem comme un libérateur ; ils l'avaient appelé pour les délivrer de la tyrannie de Jean de Giscala {Vo;/. Giscala) ; mais il fut encore plus cruel que ce tyran, avec lequel il se lia. Rien u'égafe les scènes d'horreur qui accomi)agnèrent la ruine d'un peuple autrefois chéri (le Dieu, alors l'objet de ses malédictions, se déchirant lui-même les entrailles, taudis que les Romains répandaient autour de lui, et déjà dans son sein, la dévastation et la mort. Quand la ville fut prise par les Romains , il se cacha dans les souterrains avec des ouvriers munis li'outils nécessaires pour creuser. Mais il manqua bientôt de provisions, retourna sur ses pas, lut pris parles ennemis, attaché au char de triomphe de Titus, puis exécuté sur la place publique de Rome.

SIMON, moine d'Orient dans le xui" siècle, passa en Europe, où il se fit dominicain, et composa contre les Grecs, sur la procession du Saint-Esprit, un Traite qu'on trouve dans Allatius.

SIMON (saint) , jeune enfant de Trente, cruellement assassiné et découpé par les Juifs, en haine de Jésus-Christ, l'an 147i. Le Martyrologe romain en fait mention le 2i mars.Wagenseil et Basnagc ont nié l'assassinat de cet enfant ; mais la vérité de ce crime a été mise dans le plus grand jour par un anonyme, dont l'ouvrage vraiment démonstratif a pour titre : De cultu sancti Simonis, pueri Tridentini, et martijris apud Venctos, "et se trouve inséré dans la Raccolta d'opuscoli scient i fie i , etc., du P. Galogera, tome XLVIII, pag. 406, 4.72. Voyez l'instruction du procès dans les Acta sanctorum, avec des notesparHenschenius;/'A»!/)/?s4-. collect. vet. de doni Marlenne, lom. II, png. 1516; et Benoît XIV, de Canonis., lib. i, cap. 14, pag. 105. C'.-'st avec tout aussi peu de raison que Schoeiillin, dans son Ahatia illnstrala, a révoqué en doute le martyre de l'enfant dont on voit le monument dans l'église de Weissembourg en Alsace. Ce fanatisme des Juifs, dit Feller, a produit autrefois plusieurs atrocités de ce genre ; on en a vu encore dans le dernier siècle des exemples incontestables ; ceux qui en douteraient peuvent consulter le Journ. hisl. et litt., 15 janvier 1778, pag. 88; 15 octobre 1778, pag. 258.

SIMON (Richard), savant hébraisant, né à Dieppe le 13 mai 16.33, cuira dans la congrégation de l'Oratoire à 21 ans, et en sortit peu de temps après. Il y rentra ensuite vers la lin de 1662, la mémoire enrichie d'une partie des languesorientales. Quelques chicanes qu'on lui fit sur cette étude lui donnèrent l'idéede quitterdenouvcaul'Oratoirepourles jésuites; mais il en fut détourné par le P. Bertad, supérieur de l'institution. 11 fut employé bientôt à dresserun catalogue des livres orientaux de la bibliothèque de la maison de Saint-Honoré, et s'en acquitta avec succès. Le président de Lamoignon, ayant eu occasion de le voir, fut si satisfait de son érudition, qu'il engagea ses supérieurs à le retenir à Paris; mais comme il ne pouvait pas payer sa pension, on l'envovaà Juilly poury professer la philosophie, te fut alors qu'il commença à publier ses différents ouvrages.

La hardiesse de ses sentiments, la singularité de ses opinions et de srui caractère, l'obligèrent de quitter l'Oratoire en 1078, pour se retirer à Belleville en Caux, dont il fut curé pendant quatre ans. Simon répétait souvent: Alterius ne sil qui suus esse potest. 11 abandonna sa cure, se retira k Dieppe, vécut pendant quelque temps à Paris , et alla enfin mourir dans sa patrie en 1712. On ne peut lui refuser une érudition très-vaste et une Httérature très-variée. Sa critique n'est pas toujours modérée ni exacte, et il règne dans tout ce qu'il a écrit un esprit de singularité et de nouveauté qui lui suscita bien des adversaires. Les plus célèbres sont Veil, Spanheim. Le Clerc, Jurieu, Le Vassor, du Pin, Bossuet, etc. Simon ne laissa presque aucun de leurs ouvrages sans réponse ; la hauteur et l'opiniâtreté dominent dans tous ses écrits polémiques. Son caractère mordant, satirique et inquiet ne fit que s'aigrir dans sa vieillesse. On a de lui un très-grand nombre d'ouvrages. Les principaux sont : une Edition des Opuscules de Gabriel de Philadelphie, avec une traduction latine et des notes, 1686, in-4°; Les cérémonies et coutumes des Juifs, traduites de l'italien de Léon de Modène , avec un supplément touchant les sectes des caraïtes et des samaritains, 1681, in-12, ouvrage estimable; VUistoire critique du texte, des versions et des commentateurs du Vieux Testament, dont la meilleure édition est celle de Rotterdam, in-V, 1689; Histoire critique du texte du Nouveau Testament, Rotterdam, 1689, in-4°, qui fut suivie, en 1690, d'une Histoire critique des versions du Nouveau Testament, et en 1692, de ['Histoire critique des principaux commentateurs du Nouveau Testament , etc., avec une Dissertation critique sur les principaux actes manuscrits cités dans ces trois parties, in-4". Tous ces écrits respirent l'érudition; mais une critique souvent téméraire les a fait placer dans l'Index des livres défendus tie Rome ; 'ce qui n'a point empêché les moines dogmatisants, dont l'Allemagne fourmillait à la fin du xviii' siècle, de suivre son exemple, et de couvrir leur ignorance par les plagiats faits à cet homme d'ailleurs érudit et estimable, mais

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qui, par un excès de liberté dans ses in(erpréiaîions, a paru dénaturer l'Ecriture sainte et la livrer à la mobilité de l'imagination. Réponte au livre intitulé : Sentiments de quelques théologiens de Hollande, 1(586, in-l" ; Inspiration des livres sacrés, 1687, iurl" ; Antiquitates Ecclesiœ orientalis, Londres, 1682, in-12, avec la Vie et des Lettres du P. Morin, ouvrage rempli de fautes, dit l'abbé Tabaraud, et dans lequel il fait une satire indécente du savant P. Morin et de la congrégation de l'Oratoire, il prétendit l'avoir trouvé dans les papiers du P. Amelotte, mais il ne persuada personne. Dans ce qu'il dit des antiquités des Chaldéens et des Egyptiens, R. Simon paraît quelquefois n'avoir fait que copier l'abbé de Longwerue, et s'est attiré à ce sujet une vive accusation de plagiat. Voy .Nous . Nouvelles observations sur le texte et les versions du Nouveau Testament, Paris, 1693, in-i" ; Lettres critiques, donlla uii'illeure édition est celle d'Amsterdam, en 1730, i vol. in-t2, dans lesquels il y a des choses curieuses et intéressantes ; une Traduction française du Nouveau Testament avec des remarques littéraires et critiques, 1702, 2 vol. in-8°. Le cardinal de Noailles, archevêque de Paris, et Bossuet, condamnèrent cet ouvrage. «llsemble,ditBossuet, que « l'auteur n'a eu dans l'esprit que le dessein de « ravilirles idées de l'Ecriture. Sous prétexte >( de condescendre à la ca|)acité du vulgaire, « il le [ilonge, pour ainsi parler, dans la fantf ge des expressions les [ilus basses.» Histoire de l'origine et des progrès des revenus ccc/e'«(a«/(^«es. Cet ouvrage iiaruteii 1709,2 vol. in-12, sous le nom s\\p\tost' de Jérôme Acosta. C'est, dit-on, le résultat d'un mécontentement de Simon contre une communauté de bénédictins : or, on sait que la colère n'est pas propre à conduire à la vérité, ni à répandre des lumières sur un objet quelconque. Créance de l'Eglise orientale sur la ti-anssubstantiation , 1687, in-12; Bibliothèque critique, sous le nom de Saint-Jore, avec des notes, 1708 et 1710, i vol. in-12. Ce livre fut supprimé par arrêt du conseil; il est devenu rare. On y trouve des pièces qu'on chercherait vainement ailleurs. Bibliolh'que choisie, 2 vol. in-12 ; Critique de la Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques de M. Du Pin, et des Prolégomènes sur la Bible, du même, 1730, 4 vol. in-8% avec des éclaircissements et des remarques du P. Souciet, jésuite, qui est l'éditeur de cet ouvrage; Histoire delà croyance et des coutumes des nations du Levant, sous le nom deMoni, etc., livre intéressant et instrudif, 1693, in-12; Traduction de l'italien en français du Voyage au Mont-Liban, du P. Dandini, avec des notes critiques.

SIMON DE La Vierge ( le P. ), religieux de l'ordre des carmes réformés, dans lequel 11 remplit plusieurs fonctions importantes, était né dans la Touraine vers l'an 1638, et mourut nonagénaire à Paris, dans le couvent du Saint-Sacrement, le 26 décembre 1728. Il se fit une grande réputation dans la chaire sacrée. Ses sermons ne se distinguent point

par une haute éloquence, mais on y trouve de l'onction et une sage doctrine, et ils plaisent par leurs divisions méthodiques, la clarté et la pureté du style. On a du P. Simon de La Vierge : Eloge funèbre de madameCharlotte-Françoise-Raaegonde de Montault de Navailles, abbesse du monastère de Sainte-Croix de Poitiers, Paris, 1676, in-4''; Actions chrétiennes, ou Discours de panégyriques et de morale sur divers sujets, Paris, 1693, in-12; Actions chrétiennes, ou Discours de morale pour le temps de l'Avent, Paris, 1703 ; Lyon, 1718, 2 vol. in-12; Actions cnrétiennes, ou Discours de morale pour tous les jours de Carême, Lyon, 1719, G vol. in-i2. Plus lard, tous les sermons du P. Sim(jn lurent réunis sous le titre d'Actions chrétiennes, ou Discotirs, etc., Liège, 1755, 15 vol. in-12. — M. l'abbé Migne a publié un choix des sermons de ce prédicateur dans sagrande collection des Orateurs sacrés.Voy., sur cette édition, la fin de l'arlicIeMAiMBOURG. SIMON (N.), curé de Saint-Germain, de la ville de Rennes, avait quelque talent [lour la chaire. 11 fit imprimer, en 1749, des Prônes pour les dimanches de l'année avec quelques Sermons et Panégyriques, Rennes, 2 vol. in-i2. Ces prônes, simples, clairs et courts, sont encore rechercliés.

SIMON n'abbé Louis-Benoît), fut aumônier et bibliothécaire du comte deClermont, et remplit les fonctio'ns de censeur royal. Il publia une série de lettres sur la littérature et les arts, savoir : Z,('«;ys sur nos orateurs chrétiens, 1754, in-12; — sur l'éloquence de la chaire en général, et en particulier sur celle de Bourdaloue et de Massillon, 1735; — sur Corneille et Racine, 175S ; — sur l'éducation par rapport aux langues, 1759 ; — aux amateurs sur un dessin proposé nnurune chapellcà Saint-Roch. nGQ; — sur l' utili tédes sciences, 1760; — sur l'éducation des femmes, 1764. SIMOND (Philibert), né en 1755, à Rumilly, en Savoie, prit les ordres, et lors de la révolution il en embrassa les principes. Renvoyé pour ce motif do son pays, il vint en Alsace, oîi il fut nommi' vicaire général de l'évêque de Strasbourg. Son ardeur à pioclamerles nouvelles idées le fit élire, par le département du Bas-Rhin, député à la Convention nationale. Les Savoyards réunis à la France avaient envoyé des "députés à la Convention pour la porter à des mesures révolutionnaires; Simond appuya leur demande, et s'etforça de prouver que « cette Conven « tioi) avait plus fait en huit jours que l'as* « semblée constituante en trois ans, puis- « qu'elle avait déjà aboli la noblesse et la « royauté, suupriiié les ordres militaires, « anéanti la féodalité, etc. » Ce zèle lui gagna la confiance des députés de la Savoie, qui le firent nommer commissaire dans leur pays, lequel prit le nom do Mont-Blanc. Il était en mission dans cette contrée lors du procès de Louis XVI. Ne pouvant en voter la mort, il invita par écrit la Convention à juger sana appel ce roi parjure. De retour i\ Paris, il traita, le 28 mai, le président Isnarl de contre-révolutionnaire, le menaça

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delà vengeance du peiiiilc, et aeeiisa a- gt'niTal Cusline de iiiéiiriser les lois de la Cuiivention. Il se donna beaucoup de mouvement le 31 mai, jour de la chute des Girondins, dont il était ennemi, lit fermer les barrières, et provoqua ledécretd'arrestalio:i contre les gens suspects. Simond fut toujours promoteur des mesures les {)lus arbi- Irau-es, et il proposa en juin de déclarer les villes anséati(jues ennemies de la république ; il pro|>osa aussi de rendre le cuuiité de salut [lublic seul juge des taxes imvosées |)ar les tiil>uiuuix de la France. Il IVéluentait habitueileuienl le club des jacobins, ,lont il était un des membres les plus fougueux. Il jjrononçaà leur tribune plusieurs discours contre le' gouvernement anglais et les fédéralistes. Jusque-là il avait figuré i)armi les adhérents de Robespierre; maisquand il le vit dominer en maître la Commune et la Convention, et qu"il ne pouvait lui rester qu"un rôle bien secondaire, il se déclara contre ce tyran, s'approcha de Danton, c'est à-dire cju'il resta toujours jacobin, mais sous les auspices d'un autre clief. La chute de ce dernier entraîna la sienne. Saint-Just, le séide de Robespierre, le fit arrêter le 1 mars 1794., et enfermer dans les prisons du Luxembourg, avec Hérault deSéchelles. Cependant il ne suivit [)as au tribunal son collègue qui le demanda mais en vain, pour son défenseur oliîcieux. Sur ces entrefaites. Laflotte accusa Simond de conspirer avec Arthur Dillon, pour sauver Danton, Hérault, Camille-Desmoulins, etc.; mais cette atfaire n'eut pas de suite. On ne l'oublia cepemlanl pas, et bientôt après Vadier renouvela cette accusation, et Couthon le dénonça aux Jacobins, comme ayant voulu jjlacer le pelit Capet {Louis XA'Il] sur le trône, sous la régence de Danton. Legendre et Bourdon de l'Oise rappelèrent en même temps ses liaisons avec Ghaumette et Gobel, et l'accusèrent de complicité avec ces athées. Livré au tribunal révolutionnaire Simond fut condamné à mort et exécuté le 13 avril 179i. On a de lui les écrits suivants : Sur l'Education des filles, brochure in-8"; Lettres aux Jacobins de Chainbe'ri : i\s y répondireiit, le 17 janvier 1793, et l'excliu-ent de leur société ; Réponse ul la société des Jacobins de Chambéri, Annecy, 1793; Philibert Simond à ses commettants, discours du 30 janvier 1793, Chambéri, in-S" ; Lettre aux jacobins de Paris, du 12 avril 1793.

SIMONET (Edmond), né k Langres en 1662, se ût jésuite en 1681. Ses supérieurs le chargèrent de professer la philosophie à Reims et à Pont-à-.Vlousson, où il enseigna ensuite la théologie scolastique. Il mourut dans cette ville en 1733. On a de lui un cours de théologie sous ce titre : Institutiones thcoloqicœ ad tisum seminariorum, Nancy, 17-21- 1728, 11 vol.ia-12;età Venise, 1731, 3 vol. in-fol.

SI.MONETTA (BoMFACF;i,né dans l'Etat de Gênes, selon quelques-uns, et selon d'autres à Milan, entr^a chez les cisterciens, fut abbé du monastère del Corno, dans le dio-

cèse de Lodi, et mourut vers 1490, après avoir rempli les devoirs de son état et tourné ses études du côté de l'histoire ecclésiastique. On doit à ses soins un ouvrage relatif ?» cet objet, sous ce titre : De persecutionibus christianœ fidei et romanorum pontificum. Il fut imprimé d'abord à Milan, en 1492, et ensuite k Bâle en 1509, in-fol. Cet ouvrage est écrit en forme de lettre, et a été traduit en français par Octavien de Saint- (îelais. 11 y a beaucoup d'érudition; mais la critique n'ayant pas encore ré|)aridu les lumières qu'on a recueillies depuis, il ne faut pas être surpris s'il s'y trouve quelques fautes. — Son oncle, Jean Simonetta, se distingua dans l'étuile des belles-lettres, et a donné : De rébus ç/estis Francisci Sfortiœ, Mediolanensis ducis, libri xxsi. Milan, 1480 et 1486, in-f% bien écrit. Il eut un tils nomm(' Jacques Simoxetta, né à Milan, qui mérita i;i confiance de Jules II ( t de Léon X, et fu! chargé de plusieurs commissions importantes. Clément VII le fit évêque de Pesaro ; Paul III le plaça sur le siège de Perouse, et le créa cardinal, il mourut à Home en 1539. On a de lui : Tractatus reservationum beneficiorum; Epistolœ, etc. — Simonetta (Louis), cardinal, neveu de Jacques, le remplaça, en 1535, sur le siège de Pesaro. Il se distingua au concile de Trente, o,i il parut comme légat, et mourut à Rome, en 1568.

SIMONI (Simon ou Simo), médecin de Lucques dans le xvr siècle, passa de l'Eglise catholique dans le parti des calvinistes et de là daiis celui des sociniens. Il finit par n'être d'aucune religion : sort commun des esprits inquiets et raisonneurs, qui, ayant quitté la vraie croyance, ne trouvent plusnulleparlo'i sefixer. (Voi/. Servet.) Marcel Squarcia Lupi. socinien, le peint comme un homme formellement athée. La pièce où ce sectaire est si maltraité, parut à Craeovie en 1588, in-i", sous ce titre : Simonis Simoniisummareligio ; elle a été supprimée avec tant d'exactitmle qu'elle est d'une rareté extrême. On a de Simoni plusieurs ouvrages de médecine, et d'autres qui ne lui ont guère survécu.

SIMONIS (Pierre), né à Thieit en Flandre, licencié en théologie, fut successivement curé à Courtrav, chanoine et premier archiprôtre de Gancï, second évêque d'Vpres en 1585, et mourut en 1605, à 66 ans. Il ne dut son élévation (ju'à ses vertus et à sa science. On a de lui plusieurs ouvrages, la plupart contre les calvinistes : ils ont été recueillis et publiés à Anvers, 1609, in-fol., par Jean David, son successeur dans la cure de Courtray, et ensuite jésuite. On distingue entre les écrits de ce piélat : De veritale ; Apologia pro veritate catltolica ; Dehirreseos ha-reticorumque natura ; des Haranç/ues et des Sermons, bien écrits en \aùu ; Instruction pastorale sur la manière dont les curés doivent se comporter lelativement aux exorcismes et aux personnes qui les demandent pour cause de maléfice. Voy. Spé. — Il ne fautpas le confondre avec François Simonis, auteur d'un savant ouvrage : De fraudibus hœreticçrum ad nrthodoxos tract ntio, imprimé à

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Mayence t-n 1678, iii-8". Il en a pai'u une traduction libre sous; le titre : Arlifices des hérétiques, Paris, 1681, in-1-2. Il a été aussi traduit en flamand et en italien. Nicéron dit que François Simonis est un nom em|)runté et attribue l'ouvrage h unjésuite.

SIMONIS. Voy. ME^^o.

SIMONIUS. Yoy. Simoni.

SI.VIPLIGIUS (saint), natif de Tivoli, pape après saint Hilan-e, le 23 février 468, suivant Lenglet-Dufresnoy et le P. Pagi, et en 467 suivant Fleury, gouverna avec beaucoup de prudence dans" des temps très-difficiles. Il fit tous ses efforts pour faire chasser Pierre Monge du siège d'Alexandrie, et Pierre le Foulon de celui d'Antioche. 11 sut démêler tous les artifices dont Acace de Constantinople se servit jiour le surprendre. Il nous reste de lui dix-liiiil Lettres , dont plusieurs • sont très-importantes ; elles sont imprimées dans le Recueil du P. Labbe. Il mourut le 27 février 483, a|)rès 15 ans d'un pontificat glorieux. On célèbre sa fête le 2 mars. Félix 111 lui succéda. — Relativement h l'édition de ses Lettres donnée par M. l'abbé Migne, dans son Cours complet de Patrolorjie, Voy. RoBiCE.

SIMSON (Archimbaud), théologien écossais, est connu : pai' un Traité des hiéroylyphes des animaux dont il est parlé dans l'Kcriture, E limbourg, 1622, in-v, ouvrage savait et recherché ; un Commentaire anglais sur la seconde éfiitre do saint Pierre, imprimé à Londres en 1632, in-4% fort inférieur au précédent.

SIMSON (Edouard), théologien anglais, composa une Chronique nmverselle, depuis le commencement du monde jusqu'à Jésus- Christ, Oxford, 1652, in-fol. On en a donné une belle édition à Leyde en 1729, in-fol., et on l'a réimprimée sous le même format, à Amsterdam, en 1752. Quoiqu'il y ait bien des fautes, elle est méthodique, et oh la cite quelquefois. La Vie de l'auteur est à la tète, avec là liste de ses ouvrages. Né l'an 1578, Sirason mourut ("1 1651.

SINGLIN (Antoine), ecclésiastique, hls d'un marchand de vins de Paris, renonça au commerce par le conseil de saint Vincent de Paul, et embrassa l'état ecclésiastique. L'abbé de Sainl-Gyran lui lit recevoir la |)rètrise, et l'engagea à se charger de la dueclion des religieuses de Port-Royal. Singlin fut leur confesseur pendant vingt-six ans, et leur supérieur pendant huit. Pascal lui lisait tous ses ouvrages avant de les publier, et s'en rapportait h ses avis. Singlin eut beaucoup de part aux atfaires de Port-Royal, et aux traverses que ce monastère essuya. Craignant d'être arrêté, il se retira dans une des terres de la duchesse de Longueville. Il mourut en 1664, dans une autre retraite. On a de lui un ouvrage intitulé : Ijistructions chrétiennes sur les mystères de Notre-Seiqneur et les principales fêtes de Vannée, Paris . 1671 , en 5 vol. in-8", réimprimé depuis en 1736, 12 vol. in-12. Cette édition est précédée d'une Vie de Singlin, par l'abbé fioujet. Il a aussi laissé quelques Lettres

SINNICH (Jean), Irlandais, né à Cork, docteur professeur do théologie , président du grand collège à Louvaiu, chanoine de Bruges et de Turnhout , un des ardents défenseurs des écrits de Jansénius, fit le voyage de Rome pour aller plaider la cause de ce fameux prélat, et mourut à Louvain en 1666, après avoir publié : Saut ex-rex, Louvain , 1662-1667,2 vol. in-fol.; Goliathismus profligalns, Louvain, 1667, in-fol. , contre les luthériens de la confession d'Augsbourg ; plusieurs écrits en faveur de Jansénius, dont les titres sont fort bizarres, comme Consnnantiarum dissonantia ; Vulpes capta, etc. Ils ont été condamnés à Rome. L'esprit de parti où i! se laissa engager ne l'empêcha pas d'être désintéressé, charitable , et de faire plusieurs fondations utiles et édifiantes.

SINSART ( dom Benoît), abbé de Munster, naquit à Sedan, en 1696. Il était religieux de la congrégation de Saint-Vannes, et avait fait profession à l'abbaye de Senones, en Lorraine, le 7 septembre 1716. Avant de se consacrer il Dieu, il avait suivi pendant quelque temps la profession des armes, et avait servi en Hollande en qualité d'ingénieur. Il professa la philoso[)liie et la théologie d'une manière distinguée dans différents monastères de sa congrégation. Nommé jirieurà Munster en Alsace, il fut élu en 1743, coadjuteur de dom Rutau, qui en était abbé, et à qui il succéda, en 1745. Ou a d(^ lui : les Vrais sentiments de saint Augustin sur la, grâce, et son accord avec la liberté, Rouen (Bâle), 1739, .in-8". Il y prouve; tjue de la doctrine de Jansénius i-ésulte l'extinction du libre arbitre, par rapport à ses actions méritoires et aux inouveraeiits de la grâce efficace. La Vérité de la religion catholique démontrée contre les protestants, et mise à la portée de tout le monde, Strasbourg, 1746, in-8% avec une Réfutation de la réponse de M. Pfaff à la 2' Lettre du P. Schelfmacher à un gentilhomme protestant, et des Remarques sur un sermon de de M. Ibbas, docteur anglais; Défense du dogme catholique sur l'éternité des peines , Strasbourg, 1748, in-8" ; Essai sur l'accord de la foi et de la raison touchant l' eucharistie, Cologne, 1748, in-8" ; Chrétiens anciens et modernes, ou Abrégé des points les plus intéressants de l'histoire ecclésiastique, Londres, 1754, in-12 ; un petit ouvrage sur l'ut'ilité des moines; Recueil de pensées diverses sur l'immatériaiité de l'âme, son immortalité , sa liberté, et sa distinction d'avec te corps, on Réfutation du matérialisme, avec une réponse aux objections de M. Cuentz et aux arguments du philosophe Lucrèce, Colmar, 1736, in-8°. Il a aussi travaillé à un nouveau Rituel pour le diocèse de B;Ue. II avait approuvé le traité théologique sur l'autorité et l'infaillibilité de dom Petit-Didier, Luxembourg, 1724, in-12, ouvrage supprimé la môme année par les arrêts des parlements de Metz et de Paris, flom Sinsart mourut à Paris le 23 juin 1776.

SIONITE (Gabriel). To?/. Gabriel.

SIRET (Pierre-Hubert-Christophe) , ancien chanoine régulier df.la congrégation de Sainte-Genevièvt. né î' Reuns le'3 août 1754,

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mort à Paris, le 19 mai 183i, étant curé de la paroisse de Saint-Séverin, professa d'abord la rhétorique dans l'abbaye de Sainte-Gene- TièvG à Paris, et se dévoua ensuite à la prédication. Sa nomination au prieuré de la cure du Val-des-Ecoliers l'éloigna de la capitale, et il était prieur-curé de Sourdun à lépoque de la révolution. Il en adopta les |)rincipes et il prêta, en 1791, le serment à la constitution civile du clergé, à l'exemple de M. de Brienne, archevêque de Sens, dans le diocèse duquel il se trouvait. 11 cessa, en 1793, d'exercer les fonctions du saint ministère, et il se procurailes moyens d'existence en travaillant dans les bureaux de M. de Normandie, liquidateur général de la dette des émigrés. En 1797. il fut attaché comme simple vicaire au clergé de Saint-Merry , et il se fit entendre dans la piniiart des chaires de la capitale. C'est en 1820 qu'il fut nommé curé de Saint- Séverin. 11 se fit aimer dans ce poste par son aménité et jmr sa prudence, et il parvint à restaurer son église ravagée par le vandalisme révolutionnaire. On a de l'abbé Siret : Eloge fuiùbre de Mgr le cardinal de Bellay, archevêque de Paris, 1808, in-8" ; Eloge funèbre deLo«isA'17,181i,in-8''; Pane'gyriqae desaint Patrice, prononcé au collège des It landais, in-8°; Discours prononcé pour la profession de deux religieuses à l Hôtel-Dieu de Paris , 1817, in-8' ; Me'moriul de la chaire, ou Manuel du jeune prédicateur , contenant des sujets variés, des textes, prônes et discours à développer pour les dimanches et fêtes, ouvrage très-utile aux jeunes ecclésiastiques , Paris, 182i, 1 vol. in-12. On trouve aussi deux sermons de lui à la suite des Sermons de M. Cochin , curé de Saiut-Jacques-du- Haut-Pas, dont il fut l'éditeur. — Son frère, Charles-Joseph-Christophe Siret, né à Reims le 4 novembre 1760, mort dans la même ville le 28 mai 1838, à 78 ans, se distingua dans l'enseignement. 11 fut censeur du collège royal et bibliothécaire de Reims. C'est à lui qu'est dû VEpitome historiœ grœcœ, in-12 ,

I un des livres classiques dont il s'est fait le plus d'éditi.ns. En 1810, il traduisit de l'italien et lit impriiuer à Reims des Méditations et prières pour servir de préparation à la fête de la B. M. Sainte-Thérèse de Jésus, ii;-12.

II avait |)rojeté de continuer les Essais historiques sur la ville de Reims, commencés par la commission des archives de cette ville créée par un arrêté de la mairie du 22 février 1822 ; il était un des membres les plus distingués de cette commission qui l'avait choisi pour la rédaction des n"^ 3 et suiv., jusqu'au n° 16 inclusivement, tous imprimés à Reims, 1822-1823, in-8°. D'a{)rès les notes de cette commission il rédigea le Précis historique du sacre de S. M. Charles X, 1825 , in-4°.

SIRICE (saint), Romain, monta sur la chaire de saint Pierre après Damase I", en décembre 38i , à l'exclusion d Ursicin , et mourut en novembre 398. On a de lui plusieurs Epitres intéressantes , dans le recueil de dom Cousiant; entre autres une àllimèrc, évoque de Tairagone, dans la(iuelle il répond à diverses questions importantes de ce prélat.

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Elle passe, parmi les savants , pour la première épître décrétale qui soit véritable. Le P. Papebrock prouve que les épîtres de ce pape ont été auTOoins interpolées [Voy. le Propylœum). Il condamna Jovinien et ses sectatem-s. On trouve son nom dans plusieurs anciens Martyrologes, entre aiitres dans celui de saint Jérôme ; cependant Baroniusl'aomis dans le sien, parce qu'il a cru que la vie de ce pontife prêtait à quelques criti(iues ; mais Florentinius , auteur d'un commentaire sur le Martyrologe de saint Jérôme, réfute savamment Baronius, et s'appuie princi|)alement sur un passage de saint Ambroise.

SIRIQUE. Yoy. MÉI.ÈCE.

SIKLET (Glillaume), cardinal, né en tSli à Guardavalle, dans la Calabre, de parents pauvres, se distingua par son érudition et sa piété, et posséda l'estime des papes Marcel ÎI et Pie IV, dont le dernier le fit bibliothécaire du Vatican et cardinal, à la sollicitation de saint Charles Borromée. Il mourut en lo8o, à 71 ans. Ce cardinal possédait bien les langues savantes. Il a travaillé à la réforme du Bréviaire et du Missel romain, et à la correction de la Version Vulgate de la Bible ; c'est en pnrtie à ses soins que l'on doit le Catéchisme du concile de Trente. 11 avait encore fait plusi' urs ouvrages ; mais il ne voulut pas permettre qu'on les publiât, excepté les Variœ lectiones, qu'il avait rassemblées pour être insérées dans la Bible Polyglotte de Plantin d'Anvers.

SIRilOND (Jacques), savant jésuite, né à Riom e!i 1339 d'un magistrat de cette ville, entra chez les Pères de Jésus et s'y distingua par son érudition. Aquaviva , son général, l'appela à Rome en 1390, et Sirmond lui servit de secrétaire pendant 16 ans. Le savant jésuite profita de son séjour à Rome ; il rechercha les monuments antiques, visita les bibliotlièqueset enrichit son esprit de toutes sortes de connaissances. Les cardinaux d'Ossat et Barberiu furent ses protecteurs et ses amis ; il jouit aussi de l'estime du cardinal Baronius, auquel il ne fut pas inutile pour la composition de ses Annales. On voulait le retenir à Rome ; mais l'amour de la pairie le rappela en Frnnie en IbOS. Louis XIII, pour mieux l'attacher à sa personne, le choisit pour son confesseur l'an 1637; et cela, comme dit Henri de Valois, dans VEIogc qu'il a fait du p. Sirmond, Ne tantus vir ad illustrandum Ecctesiie gallicame antiquitatem nalus, Galliœ eriperetur. Il remplit longtemps ce poste délicat avec l'estime du public et la contiance du roi, et il ne cessa de l'occuper que quelques années avant sa mort, arrivée en 1631, à 92 ans. Le P. Sirmond avait les vertus d'un religieux et les qualités d'un citoyen. Lorsqu'il était à Rome, il s'employa fort "utilement pour les intérêts de la France. La ville de Clrrmont ayant voulu enlever h Riom, sa patrie, le bureau des nuances, il obtint une déclaration du roi qui l'y tixait pour toujours. Quolipie d'un caractère doux dans la société, il était assez vif dans ses écrits polénnques. Il a rendu les plus grands :iervices à lliistoiro de l'Egliso

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