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fort nugiUL-iitéc, 18-20. Gel ouvni^i^ donna lien à une [lolémique iisscz vive de l'auteur avec Malihus, Hicardo et Jean-Ba|itist,e Say ; Uistoire des Français, Pai'is, 1821-.'i.2, 29 vol. in-8° : cette histoire, que l'auteur voulait conduire jusqu'à l'assemblée des Elals-j^dnéraux, linit avec le règne de Louis XV; Jiilia Severa, ou l'An 492, Paris, 1822, 3 vol. in-12: c'est un tableau des mœurs et des usages dans les Gaules à l'époque de l'étalilissenierit de Clovis ; Histoire de la renaissance de la liberté en Italie , de ses progrès, de sa décadence et de sa chute, Paris, 18.'{2, 2 vol. in-8" ; Histoire de la chute de l'empire romain et du déclin de la civilisation, de l'an 250 fi l'an 1000, Paris, 1835, 2 vol. iu-8" ; l-Jtudes sur les constitutions des peuples libres, ou Des sciences sociales, Paris, 1836-38, 3 vol. in-S" : les tomes II et III sont aussi intitulés I" et IP des litudes sur l'économie politique ; Précis de l'histoire des Français, Paris, 1839, 2 vol. in-8° ; plus un grand nombre d'opuscules critiques, philosophiques, politiques, biographiques, etc. Nous croyons devoir rap- P'Tter ici l'appréciation des ouvrages historiques de Sismondi faite par M. de Loménie, dont la Notice est extrêmement favorable à cet auteur, et dont le jugement est loin de pouvoir être taxé de sévérité : « M. de Barante « a dit avec esprit de Sismondi, que, dans « ses vertueuses indignaiions, il s'était fait « en quelque sorte l'ennemi personnel de tous « les rois, seigneurs ou évéques des temps « passés. A la vérité ce n'est point parce « qu'ils sont rois , seigneurs ou évèques " (toute prévention démocratique ou philo- « sopliique est étrangère à l'illustre histo- « rien), mais bien |>arce que leurs actions « sont rarement conformes aux strictes rè- « gles de la |)robité ou de la justice. Il est « certain que, considérée exclusivement sous « ce point de vue, notre histoire, connue « toutes les histoires, otfre un aspect as>ez « peu séduisant ; il est certain aussi que i< cette face du sujet n'est point à négliger. « Je n'ai pour ma part aucun goût pour les « parades de quelques charlatans historiques « du temps actuel, qui, dans leur sceiHicisme u industriel , poiu' se donner sans frais de « travail des airs d'originalité et de prol'on- « detir, s'amusent à nous développer le grand « côté de tous les crimes, de toutes les périt lidies, (le toutes les ird'amies qui salissent « l'histoire ; mais encore faut-il, dans l'a))- « pi'écialion des aciitins des hommes, tenir « com|)te des intluences cxtéiieures. Du « commencement à la fin de VHistoire des « Français, vous chercheriez vainen:ent un « homme investi d'une puissance quelcon- « cjue qui ne soit sévèrement traité par Sis- « monJi ; les rois, en particulier, jiortcnt •» presque toujours la responsabilité île tout « le mal qui se commit île leur temps ; or, « cela n'est pas précisément équitable : les K rois, même les plus absolus, ne furent » souvent que les instruments de passions « ou d'idiîes ])lus puissantes qu'eux. Il ne « leur l'ut pas touj(jurs loisilile d'être |)lus a habih.'s ou [)Ius justes, et les idées cjui les
" dirigèrent s'enchaînent suivant une loi de « perfectionnements successifs dont la re- « cherche est aussi une des attributions de « l'historien. »Ce témoignage d'un apologiste montre assez avec quelles ])récautions on doit lire les ouvrages de Sismondi.
SIXTE I" ou XisTE (saint), Romain, pape après Alexandre I", l'an 119, fut martyrisé vers la fin de l'an 127. Il ordonna que les vases sacrés no pourraien être touchés que par les ministres des au'els. On lui attribue mal à propos deux Décrétâtes. Saint Télesphore lui succéda.
SIXTI<: II (saint). Athénien, ]iape après Etienne 1", en 257, soulfrit le martyre trois jours avant son fidèle disciple, saint Laurent, le 6 août 258, durant la persécution de Valérien.Rufin attribuait à ce pape le Recueil des sentences du philosophe Sextus. Saint Denis fut son successeur.
SIXTE m (saint), prêtre de l'Eglise romaine, obtint la chaire de saint Pierre après le papeCélestin I", en 432. Il trouva l'Eglise victorieuse des hérésies de Pelage et de Neslorius, mais déchirée par la division des Orientaux. Il l'éussit à étemdre cette espèce de schisme en réconciliant saint Cyrille avec Jean d'Aiitioche. On a de ce pape plusieurs Epitres da-'is le recueil de dom Coustant, et quelques Pitres de poésie sur le péché originel, contre Pelage, dans la Bibliothèque des Pères. On place sa mort en j'uillet 440. Léon le Grand lai succéda.
SIXTK IV (Fraîsçois d'Albescola ue La RoviVre\ fils d'un pêcheur du village de Celles, a cinq lieues de Savone, dans l'Etat do Gênes, embrassa la règle des Cordeliers, professa la théologie à Padoue et dans les plus célèbres universités d'Italie, et devint génér-al de son ordre. Paul II l'honora du cardinalat. Après la mort de ce pontife, en 1471, il fut élevé siu" la chaire de saint Pierre. Il accorda le chapeau de cardinal à deux de ses neveux, quoique fort jeunes encore, et ce fut un sujet de mécontentement pour les anciens. Il était si facile, qu'il ne pouvait l'ieii refuser : il arriva souvent qu'il avait accordé une même grâce à plusieurs pei'sonnes. H fut obligé, pour éviter cet inconvérnent, de charger' un de ses olliciers de tenir un registre des requêtes qu'on lui présentait. Un de ses premiers soins fut tl'i nvoyer des légats chez les princes chrétiens, pour les exciter a la guerre contre les infidèles ; mais son zèle n'eut pas beaucoup de succès. Ce]iendant il fit partir, en 1472, je cardinal Caralfe à la tête d'une Hotte do 29 galères, qui, s'étant jointe à colle des Vénitiens et des Napolitains, se saisit de la ville d'Attalie eu Pamphylir;, et obligea l'armée des Turcs à se retirer sans avoir rien fait. Le légat prit ensuite Smyrne, aidé des Vénitiens seuls, et y fit un l'iche butin. Après cette expédition , il r'ontr-a à Rouk; comme en triomphe, menant avec lui 25 Turcs montés sur' de beaux chevairx, 12 chameaux chargés de ilépouilles, aver^ beaucoup d'enseignes ))rises sui' les ennemis, et une partie de la (haine de fer qui termait la por-te d'Attalie
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Sixte donna tous ses soins à l'euibellissoiuent de la ville de Rome, fit construire sur le Tibre un beau pont qui porte son nom, fit bâtir et réparer des palais, des éi^lises, paver les rues, etc. L'année 1476 fut signalée par une bulle dans laquelle Sixte IV accorda à ceux qui célébreraient avec dévotion la fête de l'immaculée Conception de la sainte Vierge, les mêmes indulgences qui avaient été accordées par les papes pour la fête du Saint-Sacrement. Il eût été plus sage de mettre quelque dilférence entre ces indulgences, comme il y en avait certainement entre les sujets et les motifs. Ce décret, le premier de l'Eglise romaine touchant cette fête, ayant soutïert des contradictions, il donna une nouvelle bulle en 1483, pour réprimer les excès de quelques ecclésiastiques, qui prêchaient que tous ceux qui croyaient la Conception immaculée de la sainte Vierge, péchaient mortellement et étaient hérétiques; tandis que d'autres, par un autre excès, taxaient d'hérésip ceux qui ne la croyaient pas. Les hérétiques qui ont blAmé l'Eglise d'avoir institué une fête poiu' célébrer une chose qu'elle n'a pas voulu décider, ne songent pas que la conception de la Vierge, ne fût-elle pas immaculée, est néainioins, comme l'observent les cardinaux Bellarmin et Gotli, un événement assez important au christianisme pour le célébrer. D'ailleurs une opinion pieuse, aussi fondée que cellelà et aussi ancienne (voij. Mahomet et Duns), suffit pour instituer une fête, quand l'objet direct et absolu du culte (qui est ici la sainte Vierge) est bien certainement réel et digne des honneurs d'une solennité chrétienne. Il faut convenir, du reste, que les religieux de Saint-l"'rani;ois et ceux de Saint-Dominique se sont trop vivement déclarés les uns pour, les autres contre un sentiment qui, de sa nature, n'était pas susceptible d'une décision dogmatique. [Voy. Paul V.) Une autre dispute aussi vive, mais moins grave, divisait ces deux ordres. Les cordeliers niaient que sainte Catherine de Sienne eût eu des stigmates , et prétendaient que ce privilège n'avait été accordé qu'à saint François, leur patriarche. Le pape, qui avait été de leur ordre, et qui d'ailleurs ne trouvait pas les raisons des dominicains satisfaisantes, défendit, sous peine des censures ecclésiasti- (jues, de peindre les images do cette sainte avec les stigmates. Une contestation non moins frivole agitait alors les chanoines réguliers de Saint-Augustin et les ermites du même nom : ils voulaient les uns et les autres être enfants de Saint-Augustin. {Voy. WiMPHELiNGE.) Lc papo so préparait à terminer cette affaire, lorsqu'il mourut en 1484, â^é de 71 ans. Ce pontife ternit sa gloire par la confiance aveugle qu'il eut pour ses neveux, et par la passion qu'il montra contre îa maison de Médicis et contre l(!S Vénitiens. On lui attribue la rédaction des Rcgulœ cancellariœ romance, 1471, in-4°, traduites en français par du Pinet, 1364, in-8'' ; livre qui a fourni aux protestants, qui ne s'arrêtaient ni à l'esprit m au but de la chose, l'occasion
de déclamer beaucoup contre la cour de Rome. Nous avons de lui plusieurs Traités en latin : un sur le sang de Jésus-Christ, Rome, 1473, in-fol. ; un autre sur la ptiissance de Dieu; une Explication du Traité de Nicolas Richard, touchant les indulgences. Innocent VIII fut son successeur.
SIXTE V ou SixTE-Qci!VT, na(juit en 1.521, dans un village de la Marche d'Ancône, appelé les Grottes, près du château de Montalle. Son père, qui était vigneron, ne pouvant le nourrir, le donna foit jeune à un laboureur, qui lui ht garder ses moutons, ensuite ses pourceaux. Félix Perctti (c'est ainsi qu'il s'appelait) s'acquittait de cet emploi, lorsqu'il vit un cordelier conventuel qui était en peine du chemin qu'il devait prendre })Our aller à Ascoli. Il le suivit et témoigna une si grande passion pour l'étude, qu'on l'instruisit. Ses talents répondant aux soins qu'on prenait de lui, on le revêtit de l'habit de cordelier. Le frère Félix devint en peu de temps bon grammairien et habile philosophe. H fut fait prêtre en 154.5, puis docteur et professeur de théologie à Sienne, et prit le nom de Montaite. Il s'acquit une si grande réputation par ses sermons à Rome, à Gênes, à Pérouse et ailleurs, qu'il fut nommé commissaire à Bologne et inquisiteur à Venise; mais, s'étant brouillé avec le sénat et les religieux de son ordre, il se retira à Rome. A peine fut-il arrivé qu'il devint un des consulteurs de |a congrégation, puis procureur général do son ordre. Il accompagna en Espagne le cardinal Buoncompagno, en qualité de théologien du légat et de consulteur du saint-otfîce. Le cardinal Alexandrin, son disciple et son protecteur, ayant obtenu la tiare sons le nom de fie V, se souvint de Montaite et lui envoya en Piémont un bref de général de son ordre. Il l'iionora ensuite de la pourpre romaine. Le cardinal Buoncompagno ayant succédé à Pie V en 1372, sous le nom de Grégoire XIII, frère Félix aspira, si l'on en croit Gregorio Leti, au trône pontifical, et, pour mieux y parvenir, il cacha ses vues. Il renonça volontairement à toutes sortes de brigues et d'affaires, se plaignit des infirmités de sa vieillesse et vécut dans la retraite, comme s'il n'eût travaillé ([u'à son salut. Grégoire XIII étant mort, les cardinaux, après avoir été quel(jue temps divisés, se déterminèrent en sa faveur et l'élurent le 24 avril 1583. A peine eut-il la tiare sur la tête, qu'étant sorti de sa place il jeta le bâton sur lequel il s'appuyait, leva la tête droite et entonna le Te Deum d'une voix si forte, que la voûte (le la chapelle en retentit. Voilà ce que raconte Leti, dont l'imagination romanesque et saliri(|ue rend les récits très-suspects. Dès qu'il fui élevé sur le sainl-siége, il s'a[)pliqua à |>urger les terres de l'Eglise des brigands qui y exerçaient impunément toutes sortes de violences. Il montra une rigueur extrême dans les moyens qu'il emjiloya pour procurer la sûreté publique. 11 arrêta ia licence, qui était sans bornes sous le dernier pontificat. Il faisait dresser des potences pour punir à l'instant ceux qui
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commettraient querque insolence pendant le divertissement du carnaval. Il fit des édits très-sévères contre les voleurs, les assassins et les adultères. Il entreprit de relever le fameux obélisque de granit que l'on voit actut'jleaient sur la place de Saint- Pierre à Rome, et dont l'éreclion fut confiée à l'habileté de l'ingénieur Fontana. Après avoir achevé ce grand ouvrage , il fit déterrer trois autres obélisques et les fit placer devant d'autres églises. Il fit encore LAtir à grands frais, dans l'église de Sainle-Marie-Majeure, une chapelle superbe de marbre blanc, et deus tombeaux, un pour lui, et un autre où il fit transporter le corps de Pie V", par reconnaissance des bienfaits qu'il en avait leçus. Au commencement de l'année suivante, 1586, il donna une buUa jinurifé fendre l'aslrologie judiciaire, qui était alors en vogue à Rome. Quelques personnes de condition s'étant amusées à cette science absurde, furent condamnées aux galères. Par une autie bulle, il défendit aux cordeliers de se faire capucins, sous peine d'excommunication : ces sortes de changements arbitraires, sous [)rétexte d'embrasser un ordre plus austère, étaient sujets à de grands inconvénients. Il fixa le nombre des cardinaux à 70, par une bulle du 3 décembre lo8G, qui a été observée par ses successeurs. Il entreprit de changer en ville le village des Grottes, oij il avait pris naissance ; mais le terrain rendant l'exécution de ce projet impossible, il se contenta de faire bâtir cette nouvelle ville à Montalte même, doat il avait porté le nom étant cardinal, et il l'érigea en évèché. Sixte- Quint donna une nouvelle forme h la congrégation du saint-offiee, établie par Paul IV pour juger les hérétiques. On le regarde en (pielipie sorte comme l'instituteur de la congrégation des rites. La dernière année de son pontificat, il voulut réparer la célèbre bibliothèque du Vatican, à laquelle le dernier sac de Rome avait causé un grand dommage. Il résolut de n'épargner ni soins ni dépenses pour la rendre la plus riche et une des plus belles de l'univers. Il fit bâtir, dans la partie du Vatican, appelée Belvédère, un superbe édifice jiour l'y placer, et fit orner ce lieu de belles peintures qui représentaient les principales actions de son pontificat, les conciles généraux et les plus célèbres bibliolhèques de l'antiquité. Il fit des règlements fort sages, pour empêcher qu'elle ne fût dissipée dans la suite jiar la trop grande facilité à communiquer les livres. Il fit encore bâtir près de cette biidiothèque une très belle imprimerie, destinée à faire des éditions exactes et correctes de beaucoup d'ouvrages altérés par la mauvaise foi des hérétiques, ou par l'ignorance des catholiques. (À"s monuments de son savoir et de sa magnificence nu l'emiièclièrent [las de veiller sur les intérêts de l'Eglise dans les pays les jilus éloignés, et surtout dans les royaumes d'Kui ope, dévastés j)ar les nouveaux' sectaires. Henri III s'étant joint au parti jMoteslant, et ayant fait lAchement assassiner le cardinal et le duc de Guise, Sixte le frappa
d'excommunication. La crainte de voir périr la religion catholique en France lui fit aussi [ donner une bulle contre Henri IV, qu'il estimait cependant beaucoup, et qu'il aurait sans doute accueilli avec empressement s'il eût été encore en vie lors de la conversion de ce prince. Un travail excessif le minait peu à peu ; sa dernière -maladie ne put le lui faire interrompre. Il mourut en lo90, à 69 ans. Le peuple romain brisa la statue ciuon lui avait élevée: la sévérité de Sixte le lui avait rendu odieux. Ce fut néanmoins à cette sévérité que Rome dut l'avantage de voir le liberti- 1 nage exclu de ses murs. Avant Sixte, les lois, trop faibles contre les grands, ne mettaient pas les jeunes filles à l'abri des entreprises do la témérité et de l'impudence; mais sous le règne de ce nouveau pape, elles jmrent jouir en sûreté de leur vertu, et se promener dans les rues de Rome avec autant de tranquillité que dans l'enceinte d'un couvent. L'adultère connu était condamné au dernier supplice. Il ordonna môme « qu'un ;< mari qui n'irait pas se plaindre à lui des « débauches de sa femme, serait puni de :< mort. » Il avait coutume de dire, comme Vespasien, q\ïun prince doit mourir debout : sa conduite no le démentit i)oint. Aussi grand prince que grand ))ape, Sixte-Quint fit voir qu'il nait quelquefois sous le chaume des gens capables de porter une couronne et d'en soutenir le poids avec dignité. Il sut licencier les soldats, les gardes même de ses prédécesseurs, et dissiper les bandits par la seule force des lois, sans avoir de troupes ; se faire craindre de tout le monde par sa place et par son caractère ; renouveler Rome, et laisser le trésor pontifical très-riche ; telles sont les marques de son règne, et marques qui- n'appartiennent qu'à lui. Oa peut voir la Vie de Sixtc-Quint par Leti, traduite en français, Paris, 1685, 2 vol. in-12, par Jean Le Pelletier; mais il faut bien se garder de croire tout ce que l'auteur raconte. Voy. Letf . Une autre Histoire du pape Sixtc-Quiiit, bien |)lus exacte que celle de Leti, a été publiée par le P. Tempesti, cordelier, Rome, ITo'i, 2 vol. in-4°. « Sixte-Quint en place, « dit un historien, ne montra jilus qu'une « gravité, une force et une grandeur parfai- « tement assortie à la dignité suprême dopt « il était revêtu. Il se montra constamment « ennemi du vice et protecteur de la vertu, « pénétrant et juste, vigilant et sévère oh- « servateur de l'ordre, magnifique en tout « ce qui regarde la splendeur de l'Etat et la « gloire de la religion ; ami des bttres et de « tous les arts, très- apiiliqué lui-même à « l'étude, où il passait une partie delà nuit, « après avoir donné le jour aux affaires. En- « fin, soif qu'on le considère dans le règje- « ment de sa maison, ou dans l'administra- « tion publique et les démê'és qu'il eut avec « différents princes, on ne peut disconvenir « qu'il nait été un de ces honmies rares qui « font honneur à l'humanité. » On travaiJia, l)ar oidre de Sixte-Quint, à une nouvelle Version latine de la Bible, qui parut e;i 1590, 3 parties en 1 vol. iii-fol. Les fautes dont OD
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la trouva chargée, obligèrent Clément VIII d'en faiie faire, en 1592, une nouvelle édition dans laquelle furent corrigées les inexactitudes répandues dans la première. Urbain VII lui succéda.
SIXTE DE Sienne, né en 1520, dans la ville dont il porte le nom, fut converti du judaïsme à la religion chrétienne, et se fit cordelier. Convaincu d'avoir enseigné des hérésies, et refusant avec opiniâtreté de les abjurer, il fut condamné au feu. La sentence allait être exécutée, lorsque le pape Pie V, alors cardinal et inquisiteur de la foi, vainquit son obstination, et le lit passeï- de l'orclre de Saint-François dans celui de Saint- Doadnique. Sixte s'y consacra à la chaire et à l'étude de rEcrilurc sainte. Il réussit dans ces ditférents travaux l'un et l'autre si importants. Le pape Pie V, charmé de ses vertus et de son savoir, lui donna des marques d'une estime distinguée. Sixte termina sa carrière à Gènes en 15G9, h i9 ans. Son principal ouvrage est sa Bibliothèque sainte, dans laquelle il disserte sur les livres et les versions de l'Ancien Testament, et donne les moyens de les expliquer. On y trouve aussi d'excellentes remanjues pour l'intelligence des Pères. Cet ouvrage est savant, curieux et utile ; il y a cependant des jugements faux, et l'auteur manque quelquefois de critique. La meilleure édition est celle de Naples, 17'i.2, en 2 vol. in-fol., avec des remarques pleines d'érudition. On a encore du pieux dominicain : des Notes sur différents emhoits de l'Ecriture sainte ; des Questions astronortiiques géographiques, etc. ; des Homélies sur les Evangiles, etc., plus remplies de citations que d'éloquence.
SIXTUS. Voy. Sexius.
SKELTON (I'hilippe), savant théologien ii'landais, né en 1707, près de Lisburn, dans le comt(^ d'Antrim, fut en 1750 [lourvu de la cure de Peltigo, dans le comté de Donégal. Il s'y montra pasteur aussi vigilant que charitable. Une disette étant survenue, il aida ses jiaroissiens de son argent et d^ ses provisions. Il vendit môme ses meubles et jusqu'à sa bibliothèque, à laquelle il était fort attacb.é. Il prêchait d'une manière si persuasive, qu'il ramena à la communion anglicane un assez grand nombre de dissidents. L'évoque de Clogher le nomma en 1759 à la cure de Déocnish, au comté de Fermanagh ; et à celle de Fintona, an comté de Tyrone, 1766. On lui doit divers ouvrages dont voici les titres: Le Déisme révélé, 2 vo\. in-8° ; livre ([ui eut un grand succès et qui le méritait ; (les Sermons; des Pièces fugitives ; divers Traités. On a formé du tout des OEuvres complètes, en 7 vol. in-8°. Cet ecclésiastique estimable mourut h Dublin en 1787. .
SLAUGHTER (Edouard), jésuite anglais, enseigna avec réputation la langue hébraïque, les mathématiques et la théologie au collège de sa nation à Liège. Il y mourut dans un âge avancé, le 21 janvier 1729. On a de lui : Grawmatica hrbraica, Amsterdam, 1699 : elle est estimée ; Arithmetica, Liège, 1725, in-12.
SLEIDAN (Jean Philipson), historien renommé, né à Schleide, petite ville, capitale du comté de ce nom, dans leduché de Luxembourg, en 1506, de parents obscurs, passa en France l'an 1517. Ses talents le lièrent avec les trois illustres frères de la maison du Bellay. Le cardinal de ce nom le prit en amitié, l'emmena avec lui à la diète de Haguenau, et l'employa dans des affaires importantes. Sur ces entrefaites parut, en 1542, l'édit de François I", contre les partisans de Luther. Le penchant de Sleidan pour les nouvelles erreurs l'obligea de se retirer à Strasbourg, où son ami Sturmiuslui procura un établissement avantageux. Sleidan fut député en 1545 par les [irotestants vers le roi d'Angleterre, puis envoyé au concile de Trente. 11 fut une des colonnes de son parti. Il avait embrassé la secte de Zuingle en arrivant à Strasbourg ; mais il la qintta dans la suite et mourut luthérien en 1556. On a de lui : une Histoire en 26 livres, sous ce titre: De statu rrligionis et reipublicœ Germanorum sub Carolo V, nb anno 1517, ad annum 1555, Strasbourg, 1556, in-8°. Le Père Le Courayer a traduit cet ouvrage en français, Leyde, 1767, 3 vol. in-4°. Henri Pantaléon en a donné une version en allemand, et a continué en latin cette histoire jusqu'en 1562. Landorpius y a ajouté trois volumes et une Apologie de cette histoire, Francfort, 1610. Personne n'a su mieux que Sleidan donner un air de vraisemblance aux mensonges les plus révoltants. On voit combien il avait en horreur Charles-Quint, dont il dénature toutes les actions. C'est néanmoins ce détracteur fanaticjue d'un si grand prince qu'ont suivi l'abbé Berault dans son Hist. ecclés., Linguet, dans la continuation de VHist. unir, de Hardion, et presque tous les écrivains d'un siècle, oCi l'histoire, dit Feller, est devenue lejouet des préventions et des jietites vues de tous les genres. Cependant à travers les mensonges de Sleidan, la.vérité réclame de temps en temps ses droits, et l'on s'aperçoit que l'esprit de secte ne l'a pas entièrement étouffée. Il y a des passages Irès-fàvorables aux catholiques, ce qui a beaucoup déplu aux prolesta'ds, et ces témoignages, d'a\itantplus précieux qu 'Is sortaient d'une plume stipendiée par les hérétiques, ont disparu dans les éditions données après la mort de l'auteur. Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à comparer l'édition de 1556 avec celle de 1653. {Voij. Roverus Po\- TAXUs et SuRies.) De quatuor summis imperiis, 1711,in-8\ C'est un assez médiocre abrégé de VHistoirc universelle. Gilles Strauch ou Struchius, Conrad Schurtzileisch, professeur de'^Vitlenberg, l'ont continué jusqu'en 1678, et Christiaii Junker l'a poussé jusqu'à la fin du xvn° siècle. Il a été traduit en français, Paris, 1757, in-8". Une Traduction, en latin des Mémoires de Philippe de Comines, cjui n'est pas toujours fidèle, Strasbourg, 15Ï5, in-8° ; uii Abrégé, en latin, de la Chronicpe de Froissard, Paris, 1562 ; une Traductmn de la Grande monarchie de Claude de Seyssel. Charles-Quint appelait Paul Jove et Sleidan ses menteurs, parce que le premier