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avait dit trop de bien de lui, et le second trop de mal.
SLUSE (René-François Walther ouGual- TiEu, baron de), de Visé, petite ville du pays de Lié^e, était frère du cardinal de Sluse et du baron de ce nom. conseiller d'Etat de l'évoque de Liège. Il devint abbé d'Amay, chanoine et chancelier de Liège, et se fit un nom célèbre par ses connaissances théologiques, physiques et mathématiques. La société royale de Londres le mit au nombre de ses membres. Cet illustre érudil mourut à Liège, en 1685, h 62 ans. On a de lui un ouvrage intitulé : McsoUibium et prohlcmata solida, Liège, 1668, in-V ; et Disscrtalio de sanrto Servatio epiacopo Trajeclcnsi, Liège, 168i, in-8°.
SLUSE (Jean Walther, baron de), cardinal, frère du précédent, né h Visé, l'an 1626, fut appelé à Rome par .Tean Walther, son oncle, secrétaire des brefs. Il s'y attira d'abord l'estime des personnes les jilus distinguées. Clément IX le reçut au nombre de ses prélats domesliques ; il succéda ensuite à l'emploi de son oncle. Le pape l'honora delà jjlus intime confiance, et le considta dans les affaires les plus importantes. Innocent XI l'éleva au cardinalat, l'an 1686. Sa trop grande application aux devoirs de sa charge et à l'étude, jointe à sa complexion faible, avança la fin de ses jours. Il mourut le 7 juillet 1687. Quelque recommandable qu'il fût par les qualités de l'eaprit, il l'était encore davantage par celles du cœur. Détaché des richesses, il se contenta de son patrimoine et des revenus de sa charge, et refusa conslannnent tout bénéfice. Les brefs qu'il a dressés sont d'un style vif, et montrent combien il était versé dans la discipline de l'Eglise, l'Ecriture sainte et les saints Pères. Il avait amassé une bibliothè.{ue immense, dont on a im|)rimé le catalogue en latin, Rome, 1690, inJt% avec le portrait du cardinal.
SMALTZ ( Vai.entin ), Smalcius, fameux socinien, né en Thuringe, mort à Cracovie, le li décembre, en 1622, est auteur d'un traité contre la divinité de Jésus-Christ, intitulé : De divinitate Jesu Cliristi , 1608, in-4-°, traduit en polonais, en allemand et en 11amand, et plusieurs fois réfuté, particulièrement par Jean Cloppenburg, dans son ouvrage Anti-Sinakhis, Franeker, 1652, in-4°.
SMELLALRTS ou SNELLAERTS ( Dominique), né à Anvers, en 1650, fit ses éludes avec un succès distingué dans l'université de Louvain, où il enseigna la philosophie et les langues ; il devint chanoine de la cathédrale de Gand et ensuite d'Anvers, et mourut dans cetlc dernière ville, le 3 mars 1720. Son principal ouvrage est Annotationes in sanctum Jcsu Chrisli Evangeliuin, Anvers, 1724-, iii-i" : commentaire écrit d'un style un peu pesant, mais assez pur. Il y a de fort bonnes choses, mais presque rien qu'on ne trouve ailleurs. Il a laissé beaucoup de manuscrits, nommément un Traité en faveur de la validité des ordinations anglaises, matièi'e (ju'il n'avait pas bien approfondie, et dont en mouraiit il avait défendu l'impression. Voy. Gourayer.
SMITH (Richard), théologien anglais, né l'an 1566 dans le Lincolnshire, fut élevé à l'épiscopat par le ]iape Urbain VIII, sous le titre d'évôque de Chalcédoine et envoyé en Angleterre en 1625. N'ayant pas assez ménagé les religieux qui étaient dans ce royaume , il souleva contre lui les catholiques. Smith fut obligé, l'an 1628, de se retirer en France. Deux jésuites, Knot et Floyd, publièrent deux Ecrits contre le droit que les évéques prétendaient avoir d'approuver les réguliers, droit que Smith avait vainement réclamé en Angleterre. Ces deux livres furent censurés par M. de Gondi, archevêque de Paris, par la Sorbonnc et par le clergé de France, qui manda les jésuites elles obligea de les désapiirouver. Malgré ce désaveu, le P. Floyd opfiosa deux autres ouvrages à ceS censures. C'est k cette occasion que l'abbé de Saint-Cyran fit, avec l'abbé deBarcos, son neveu, le gros livre intitulé /'c^riis Aurclius. Richard Smith, qui avait occasionné cesdisjiutes. mourut à Paris en 1655. A l'occasion de la querelle dont nous avo'is parlé, concernant la juridiction épiscopale, Richard Smith avait composé un écrit intitulé : Brevis et neccssarin declaratio juris episcopatis, etc., Calais, 1631. Il fui traduit la même année en anglais, et imprimé à Douai: il est dirigé contre Floyd. Ceux qu'il lit contre les aiglicans, tant en latin qu'en anglais, sont assez nombreux. Nous citerons : Réponse à Thomas Bell, auteur de la Ruine du papisme, 1605, in-8°; Balance de la relif/ion selon tes règles de la Providence, où. il piouve que tous les rois d'Angleterre, et tous les archevêques de Cantorbéry, depuis l'ap'jtre saint Augustin, avaient fait constamment jîrofession de la religion catholique, 1609 ; Collatio doctrinœ catholicœ et protestantiam, Paris, 1622, in-4"; Irad. en anglais, avec des augm., Douai. 1631 ; Refutalio apologiœ pseudocatholicœ Th. H.'ortoni, Cologne, 1651, in-12; Lettre historique sur les bons procédés entre les papes et les rois d'Angleterre, 1652; Aveu évident des Protestants, que l'Eglise romaine occupe le premier rang dans l'Eglise de Dieu, et que la foi qu'on y ])rofesse suffit au salut, 16V5, 111-8° ; Examen de l'ouvrage du docteur Bramhall, intitulé: Juslilication de l'Eglise anglicane, 165'( ; Flores erclesinslicœ historiœ gentis Anglorum, Paris, IGo'i ; Traité du sacrement de confirmation ; Traité de lu distinction entre les articles fondammliiux et non fondamentaux de la foi, ii'Ao, iu-8''; De auctore et essentia protc.itantium ecclesiœ et religionis, Paris, 1619, in-8". Nous citerons encore de lui une Vie de la comtesse de Montagu, Rome, KiOi, en latin. — Il y a eu un autre Richard Smith, qui jinblia, en 1550, contre Pierre Martyr, un écrit intitulé: Diatriba de hominis justificalione, in-S".
SMITHS ou Smits (Guillaume) , né k Kevelaer , dans la Gueldre j^russieime, en 1704, se fit récollet, et s'a|)pliqua avec le plus grand succès à l'étude de l'Ki riture sainte, sur laquelle il publia d'excellents Commentaires en plusieurs volumes in-8". On y remarque, outre une grande connaissance des langues.
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une critique judicieuse et orthodoxe, beaiicou(> de zèle contre les faux herméneules, lus mesquineries grainoiaticales des Buxtorl et d'autres niasorètes, un talent distingué pour venger les anciennes versions des atteintes de la témérité ou de l'ignorance. Afin de perpétuer dans son ordre une étude si im- )ioilaule, d élablità Anvers un Musée de philologie sacrée. (V'oy. van Hove.) 11 mourut dans cette ville le V décenibi e 1770, âgé de 67 ans.
SNliLLAEKTS. Voij. Sukllai:kts.
SNOY (Kemer), né l'an 14.77, à (jouda. eu Hollande, lit ses études à Goiyla et à l.ouvain, et suivit les cours de médecine à l'universilé de Hologne, où il reçut le grade de docteur. 11 s'attira l'eslimc et la conliancede jilusieuis personnages illustres, notamment d'Adolphe de Boiu-gogne , gouverneur de Vecre, en ZéUunie, et lut chargé démissions di, lumatiques auprès de Christian 11, roi de Danemark , rélugié dans cette contrée , et aupiès de Jacques IV, roi d'Ecosse, il exerça la médecine en Anghterre pendant quelques années, et l'ut ensuite nomoié l^oui-gmesire à Gouda. 11 y avait quelque années qu'il s'était dérais 'de ces fonctions pour se livrer entièrement à l'élude, loisqu'il mourut dans celle ville le 1" août lo37. Eiasine l'appelait une des gloires de la litléia'jre hollandaise. On a de Snoy : l^e tibcrUite clirisliuna, looO, ]n-8' ; De rébus balavicis, libri Ircdccim.CvUe hisloire de Hollande, ([ui s'arrête à l'an 1519, é^pnque de l'élection de l'emjiereur Charles- Ouint, ne contient guère, dil un biogia[ihe, que des récits de soulèvemenls, de batailles et de sièges. Elle a été insérée , aveu la Vie de Snoy, composée par IJrassica, son neveu, dans les Jieruin beiyicarum annales, de Fr. Sweert, Fianclort, 1020, in-folio; Paraphrasis pcrspicua in omnes Jlaiidis psalinos. Cet ouvrage a été souvent réimprimé , et ou l'a trailuit en plusieurs langues. Hulieit Uaellen, curé de Saint-Quentin, à Louvain, en donna une édition dans cette ville, en 170i, avecla para|ihrase de sept cantiques des Heures canoniales. On cite eni.ore de Snoy : Praxis medica, 2 vol. ; De urtc akhimistica; Scriilinium kistoricœ veriUUis ; De essentia, poleii' dis et passionibas aniinœ ; Anti-Lutherus ; De (irlc poetica; Purœnelicon ad Caruluiu V Auyaslum, curmine etegiaco ; Laiis Deiparœ virginis, curmine sapphico ; Poemata sacra, etc. , S.SYDEKS (JeanJ, en latin Surturius, natif d'Amsterdam, mort près de Leyde, en 1570, se ht principalement connaitre jiar une Paraphrase des grands et des petits prophètes, IJàle, 1558, in-fol., où il montre déjà sa sympathie pour les erreurs protestantes, auxquelles il souscrivit plus tard.
SOAN (Jean), jésuite japonais , nommé communément Jean de Gotto , |iarce qu'il était de ce royaume, fut mis à mort pour la foi chrétienne avec Paul Miki et Jacques Kisai, également Japonais ei jésuites , sous la persécution de Taikosama, l'an 1596. Un enfant de 12 ans, qui voulut participer à la même couronne, et plusieurs religieux de l'ordre de Saint-Françuis, moururent également étendus en croix at percés avec des lances
Ils furent canonisés en 1597 par le pape Clément VIII. Ce furent là les prémices de cette multitude incroyable de martyrs qui illustrèrent Jiar leur foi et leur sang cette nouvelle église : Primitiœ niartijrum apud Japoniœ gentes, comme dit l'Eglise, dans i'oflîce des trois premiers.
SO.\NEN (Jean) , fils d'un procureur au présidial de Riom, en Auvergne, et de Gilberte Sirmond, nièce du savant Jacques Sirmond, jésuite, naquit à Kiom, le 6 janvier 164-7. 11 entra en 1661 dans la congrégation de l'Oratoire à Paris, où il prit le P. Quesnel pourson confesseur. Au sortirde l'institution, il enseigna les humanités et la rhétorique dans plusieurs villes de ])rovince. Consacré au ministère de la chaire, pour lequel il avait beaucoup de talent, il prêcha à L^on , à Orléans, à Paris et à la cour les carêmes de 1686 et de 1688. On récompensa ses succès par l'évêché de Senez, en 1695. Son économie le mit en état de iaire beaucoup de charités. Un pauvre s'étanl présenté, et l'évêque ne se trouvant point d'argent , il lui donna sa bague, action qui lit du bruit, et qu'une charité circonspecte eût peut-être évitée. La bulle Unigenitus lui ayant paru un Décret monstrueux, il en appela au futur concile, et publia une Instruction pastorale, dans laquelle il s'élevait avec force contre cette constitution. Le cardinal de Fleury , voulant faire un exemple d'un prélat quesnelliste, profita de cette occasion pour faire assembler le concile d'Embrun, tenu en 1727. Le cardinal deTencin y présida. Soanen y fui condamné, suspendu de ses fonctions d évoque et de prêtre, et exilé à la Chaise-Dieu , en Auvergne, où il mourut le 25 décembre 1740, Agé de 93 ans. Les quesnellistes en ont fait un saint. Sa retraite fut fort fréquentée : on le visitait et on lui écrivait de toutes parts. 11 signait ordinairement, Jean, évéque de Senez, prisonnier de Jésus-Christ , ignorant sans doute que la première vertu des disciples de Jésus-Christ est une humilité d'esprit et une soumission sincère aux décisions de son Eglise. On a de lui : Instructions pastorales ; des Mandements ; des Lettres, imprimées avec sa Vie, en 2 vol. in-4°, ou 8 vol. in-12, 1750. Ce recueil aurait dû être élagué pour l'honneur du prélat , même considéré comme écrivain; mais ceux qui le faisaient croyaient tout précieux. On a imprimé sous son nom, en 1767, 2 volumes in-12 de Sermons ; mais quelques-uns doutent qu'ils soient de lui.
SOAKDI (Victor-Amédée) , né d'une famille distinguée de Turin , dont son père était • gouverneur , eut pour parrain le roi Victor-Amédée, et reçut une excellente éducation, qui le lit entrer dans le monde avec beaucoup de connaissances et d'avantages. 11 excellait dans plusieurs arts, surtout dans les exercices militaires, et se trouvait de toutes les com[)agnies brillantes, où il était estimé et recherché. Un jour, fatigué des divertissements du carnaval , de retour chez lui, il réiléchit sur la frivolité et la pénible jouissance de ces plaisirs , fit une retraite
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chez les Pères de la mission , et, pour se soustraire à la sollicitation de ses parents, il alla s'engager à Paris dans la congrégation de Saint-Lazare, en 1735. 11 tourna dès lors tout l'essor de son génie vers la religion, et enseigna la théologie au séminaire de Saint- Firmin, travaillant en môme temps à un ouvrage profond et très-important à la hiérarchie de l'Eglise, intitulé : Deswprema romani pontificis auctoritate, hodierna Ecclesiœ gallicamr doctrina, Avignon, 174-7, 1 vol. in-V°, dont M. de Buininck, conseiller de l'électeur palatin, a donné une nouvelle édition, Heidelberg, 1793, avec une préface intéressante, et une épitre dédicatoire au pape Pie VI. Dans ce livre plein d'érudition et d'une sage critique, Soardi montre que la doctrine actuelle du clergé de France n'est point du tout opposée, mais au contraire très-favorable à l'autorité du pape, et que , dans la pratique surtout, ce clergé semble regarder la fameuse déclaration de 1682 comme non avenue. Un observateur, rapprochant l'époque de la déclaration avec celle de la révolution, voit dans les événements un contraste qui prête plus d'une matière à des rétlexions utiles. 11 voit, après la révolution d'un siècle, le respectal)le clergé du royaume trèschrétien persécuté, dépouillé, exilé par les suites de ce même richérisme, auquel, peutêtre sans le vouloir et sans s'en douter, il avait cru devoir accorder quelque chose dans des temps difficiles , par déférence pour les volontés d'un monarque absolu, et les instances d'une magistrature qui n'avait pas encore dévoilé tout le plan de ses opérations. 11 voit ce même clergé se jeter sans réserve entre les bras du chef de l'Eglise ; demander, attendre ses décisions, les accepter comme des décrets irréfragables , les prendre pour fonilement des instructions adressées aux peuples, et de la juste réclamation de leurs sièges envahis, promener la profession pratique de cette doctrine dans toutes les régions de TEurope; confondre , par les paroles, les écrits, l'exemple et l'aspect seul dé leurs personnes , les richéristes des pays étrangers; ellacer ou, si l'on veut, expier toutes les traces dune déclaration qui peut-être avec d'autres causes a concouru pour sa part à préparer la démocratie acéphale qui a désolé l'Eglise de France. {Voy. l.»iNOCE\T XU et Sfondrati.) Le parlement de Paiis, puissamment sollicité par les amis d'un prélat accusé jiar l'auteur d'avoir altéré la Défense de lu Déclaralion du clertjé, par Bossuet, supprima l'ouvrage de Soaiili par un arrêt du 2o juin ITVS ; mais il n'a sans doute pas prétendu déroger par-là aux trèsbonnes raisons dt; l'auteur. {Voy. le Jotirn. hist. et lilt., 1" déuembi-e 1790, pag. 5il.) « En général , dit un critique, on ne peut « regarder comme étant léellement et tola- « lement de Bossuet que les ouvrages im- « primés de sou vivant, parce que les papiers « de ce grand homme ont passé par les mains « des bénédictins jansénistes des Blancs- « Manteaux, qui les tenaient de l'évêque de « Troyes, dévoué à la bccto. » iny. LkQueux.
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Le style de Soardi est clair . jmr, attachant. 11 mourut k Avignon en 1752.
SOAKEZ (Jean), évêquo de Coimbre et comte d'Arganel , de l'ordre des augustius , parut avec éclat au concile de Trente , el mourut en 1580. On a de lui des Commentaires sur les Evangiles de saint Matthieu, de saint Mai'c et de saint Luc.
SOCIN (MABiA.Nus),naquità Sienneen 1401, et professa le droit canon dans sa patrie avec un succès qui lui mérita l'estime de Pie II. 11 mourut en,H67. — Son fils, Barthélemi SociN, mort en 1507, à 70 ans , professa le droit dans i)lusieurs universités d'Italie , et laissa des Consultations, imprimées à 'i'euise, avec celles de son père, en 1579, eu i v. in-f".
SOCIN (LÉLiE), auteur de la secte socinienne , ou , si l'on veut, restaurateur de la secte arienne, arrière-petit-hls de Marianus Socin, naquit à Sienne en 1525, et fut destiné par son père à l'étude du droit. Le système des prolestants , qui réduisait tout à l'Ecriture sainte expliquée par Vesprit privé, enhardit Socin à pousser la réforme plus loin, et quelque tort qu'il eût dans la chose même, il faut convenir que, le principe supposé , il raisonnait juste. Voy. Kaprinai, Lentulus, MÉLANCHTHON, Sebvet, Vorstius. Il asslsla , en 15iO, à une conférence tenue à Vicence, où la destruction du christianisme fut résolue {voy. Ocuin;, et concentra ses elforts à renouveler l'arianisme, el à saper la religion par ses fondements, en attaquant la Trinité et riucarnatiou. Il soutint néanmoins la préexistence du Verbe el sou éternité, ainsi quo celle du Saint-Esprit , contre lesquelles son neveu [voy. l'article suivant] ne tarda pas à s'élever. Du reste, il dogmatisa d'abord avec réserve. Calvin lui donna de bons conseils à ce sujet, en 1552. Socin protita de cet avis , et plus encore du supplice de Servet. Il ne découvrit ses erreurs qu'avec beaucoup d'artilice et de précautions. 11 tit un voyage en Pologne vers 1538, el mourut à Zurich le 16 mars 1562. On a lui quelques écrits pleins de subtilités dialectiques. Voy. Crellius. A l'entendre, le dogme de la Trinité ne serait qu'un assemblage de mots sans idées, tandis que la loi chrétienne ne présente pas de mystère qui soit di.'lini d'une manière plus précise el plus assurée contre toutes les erreurs. Ou ne peut rien dire de plus ou de munis , sans qu'on n'aperçoive l'écart. Si Ihérélique veut se déguiser, s'il cherche à s'envelopper , le théologien catholique le poursuit dans tous les l'aux-fuyanls, le serre de près, et ne quitte j)as juise qu'il ne sesoit expliqué nettement puur ou contre la vérité révélée. La doctrine de la liinitén est donc pas un composé de mots, mais un asseuiblage de vérités bien exprimées , dont il résulte des idées précises , malgré la profondeur du mystère qu'elles repiésenlent. « Il ne faut tt pas demander toujours, dit le célèbre Leib- « uilz, ce que j'appelle des notions adéqua- « tes, ul qui u enveloppent rien qui ne soit « explique , puisque même les qualités sen- « sihles, comme la chaleur, la lumière , la « douceur, ne nous oauraienl donner de tel-
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« les notions. Ainsi, convenons que les mys- « tères reçoivent une explication; mais cette « explication est imparfaite. 11 suffit que « nous ayons quelque intelligence analogi- « que d"ùn mystère, tel que la Trinité et l'in ■ « carnation, afin qu'en le recevant nous no « prononcions pas des paroles destituées de « sens. Mais il n'est |)as nécessaire que l'ex- « plication aille aussi loin qu'on pourrait le « souhaiter, c'est-à-diro qu'elle aille jusqu'à « la compréhension et au comment. » Uisicours sur la conformité de la foi avec la raison. On a attribué à Socin plusieurs ouvrages, mais il n'est pas certain qu'ils soient de lui. SOCIN (Fauste), neveu du précédent, un des grands promoteurs de la secte qui porto ce nom, naquit à Sienne, le 5 décembre 15;J9. 11 fut gâté de fort bonne heure , aussi bien que plusieurs de ses parents, par les lettres de son oncle; et, pour éviter les poursuites de l'inquisition, il se retira en France : nouvelle preuve, dit Feller , que c'est à ce tribunal que l'Italie et l'Espagne doivent la tranquillité dont elles ont joui, tandis que l'état politique et religieux du reste de l'Europe était ébranlé par les nouvelles sectes. Lorsqu'il était à Lyon, n'étant âgé que de vingt ans, il apprit la mort de son oncle, et alla recueillir ses papiers à Zurich. De là il passa en Italie, où il demeura douze ans à la cour du duc de Florence, quitta ce séjour et se fixa à Bâle pendant trois ans , publia peu après son ouvrage De Jcsu Christo scrvatore, se retira, en 1579, en Pologne, y composa le livre De magistratu , contre Jacques Paléologue, ce qui lui attira ties affaires (|ui l'obligèrent à quitter Cracovie, et de se réfugier chez un seigneur polonais. Il se maria et perdit sa femme en 1587, retourna ensuite à Cracovie, où le peuple, irrité contre lui , pilla, en 1598, ses manuscrits et son mobilier , et ne lui eût pas fait un sort bien favorable, s'il n'eût eu le bonheur de s'échapper. Il se retira enfin à Luclavie, et dogmatisa avec une liberté sans frein, renchérissant même sur les erreurs de son oncle. Il prétendait que les ariens avaient trop dunné à Jésus-Christ et nia nettement la préexistence du Verbe. 11 était forcé d'avouer que l'Ecriture donne le nom de Dieu à Jésus-Christ; mais il disait que ce n'était pas dans le même sens qu'au Père, et que ce terme appliqué à Jésus-Christ signifie seulement que le Père , seul Dieu par essence, lui a donné une puissance souveraine sur toutes les créatures, et l'a rendu par-là digne d'être adoré des anges et des hommes. Ceux qui out lu ses écrits savent quelle violence il a été contraint de faire à l'Ecriture pour l'ajuster à ses erreurs, et détruire un mystère sur lequel reposent tous les dogmes des chrétiens, et dont !a connaissauce, bien loin de tyranniser l'esprit par l'impossibilité de l'expliquer par des idées humaines, devient une source de lumières, en nous instruisant plus particulièrement de l'essence et des propriétés de la nature divine. « Si en Dieu il n'y avait qu'une per- « sonne, dit un théologien de ce siècle, peut- « être qu'on disputerait davantage, et que les
« esprits contentieux s'accommoderaient « moins de ce dogme que de celui de la Tri- « nité. Les juifs, qui ne reconnaissent pas la « Trinité, ne peuvent expliquer un grand « nombre de passages de l'Ancien Testament, « sur lesquels ils se tourmentent beaucoup. « Philon dit que Dieu seul peut comprendre « le sens de cette espèce do consultation « qu'on lit dans la Genèse : Faciamus homi- « nem ad imaginem et similitudincm nostram. « Quelques auteurs ont observé que l'igno- « rance de ce mystère a produit plusieurs « contestations et un grand nombre d'erreurs « parmi les philosophes de l'antiquité. Ces « raisonneurs ne pouvaient se (igurer que « Dieu, de toute éternité, ait pu être heureux « sans rien produire et sans chercher une « diversion à sa solitude et à son prétendu <i ennui. Cette idée était ridicule, sans doute; « mais la connaissance de la Trinité les en « aurait guéris; Aristote n'aurait point placé « la complaisance de Dieu dans l'éternité du « monde , ni Démocrite dans des courses « continuelles après les atomes, ni Héra- « dite dans les différents plans de la créa- « tion, ni Pythagore dans une multitude in- « finie d'amours transformés en unité sim- « pie, ni Hermogène dans l'éternité d'une « matière pi'éexistante, ni los talmudistes « dans la production et l'anéantissement suc- « cessifs de plusieurs mundes. Toutes ces « imaginations s'évanouissent par les leçons « de la foi, qui nous apprend que le Fils fait « de toute éternité l'objet des complaisances « du Père; que le Saiiit-Espiit est le lien qui « les unit, et en même temps une personne « subsistante ; que, malgré l'unité de la na- « ture, la multiplicité des personnes forme « en Dieu une espèce de société essentielle, « indivisible, inetlable, aussi intime que lui- « même. De là l'attachement que Platon a « marqué pour ce dogme sublime, dont il « paraît néanmoins n'avoir pas eu des idées « fort précises. » Socin anéantit la rédemption de Jésus-Christ, et réduit ce qu'il a fait pour sauver les hommes, à leur avoir enseigné la vérité, à leur avoir donné de grands exemples de vertu, et à avoir scellé sa doctrine par sa mort. Le péché originel, la grâce, la prédestination, passent chez cet impie pour des chimères; il regarde tous les sacrements comme de simiiles cérémonies sans aucune efficace. Il prend le parti d'ôter à Dieu les attributs qui paraissent choquer la raison humaine, et il forme un assemblage d'opinions qui lui semblent plus raisonnables, sans se mettre en peine si quelqu'un a pensé comme lui depuis l'établissement du christianisme. Il mourut en ICOi, dans le village de Lticlavie, près de Cracovie, oiî il s'était retiré pour se dérober aux poursuites des catholiques et des protestants réunis contre un ennemi commun. Il était dans sa 65' année. La secte socinienne, bien loin de mourir ou de s'affaiblir par la mort de son chef, devint considérable par le grand nombre de personnes de qualité et de savants qui en adoptèrent les principes. Le§ sociniens furent assez puissants pour obtenir dans les
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