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Alain changea de résolution, et prit l'habit do offrit
chanoine régulier. 11 remplit avec édification les devoirs du noviciat, prononça ses vœux, et forma le projet de réformer son abliaye. 11 étudia à Paris la i)liilosO[ihie et la théologie, et eut pour maîtres dans cette dernière science Garaaches et Duval, professeurs célèbres. Il rixut la bénédiction abbatiale le 6 janvier 1623! Tous les religieux de son abliaye s'étant retirés, excepté un seul, il prit des novices, et introduisit dans la maison une réforme sévère, tant pour le spirituel que pour le temporel. Chargé de faire la visite de divers couvents, il s'acquitta avec zèle de cette mission, et introduisit une salutaire réforme dans plusieurs maisons qui se donnèrent à lui. Le roi Louis XIII, instruit de son mérite, le nomma à l'évéché de Lavaur; mais le modeste Alain refusa. Cependant l'évéché de Cahors étant venu à vaquer, il fut
DiCT. DE BlOOBAPHIE RELIG. III.
contraint de l'accepter, en conservant toutefois son abbaye, et fut sacré le 27 se|itembre 1037. Il établit un séminaire, qu'il confia aux prêtres de la mission appelés lazaristes, tint des synodes, fit donner de fréquentes missions, et censura les maximes relTichées de quelipies casuistes. Il fonda à Cahors une maison de chanoines réguliers, un Hôtel- Dieu, une maison de la Providence pour les orphelines , une autre pour les orphelins ; rebâtit plusieurs églises, et fournit pour ces divers établissements j)lus de 300,000 francs, somme énorme à cette époque. Aussi pieux que bienfiiisant, il était chéri et respecté de ses diocésains. Ce vertueux prélat mourut pendant le cours d'une visite pastorale, le 31 décembre 1659, âgé de 66 ans. Sa Yie a été écrite et publiée par le P. Chastenet, Paris, 1817, in-8° (voy. L'Ami de la religion et du roi, tom. XII, pag. 129 et suiv.). SOMACiLIA (Jules-Marie della), cardinal né à Plaisance le 9 juillet 1744., eut pour parrain le /ardinal Albéroni, qui se trouvait momentanément h Plaisance, où il avait luimême reçu le jour. Della Somaglia avait reçu les prénoms de Jules-César, qu'il jugea plus tard convenable de changer en ceux de Jules- Marie. On lui donna une éducation distinguée, et il conunença sa carrière publique par le poste de chargé en second du cérémonial. Pie VI, a|)précianl son mérite, lui cfmfiait la rédaction des bulles dogmatiques et des brefs à Louis XVI, et ce pontife le fit cardinal le 1" juin 1795. Lors des émeules qui allligèrent la ville de Rome en 1797, le cardinal della Somaglia se vit empri.sonné : mais la reconnaissance d'un Romain qu'il avait autrefois obligé, et qui prenait ])art à l'émeute, lui ouvrit les portes de sa prison, en lefai.sant déporter h Civita-Vecchia, d'oii le cardinal put atteindre un port de la Toscane, sur une mauvaise barque. La population, peu riche, mais honnête, do ce lieu s'empressa de le secourir: il ne reçut l'argent qui lui fut remis que pour le distribuer entre plusieurs de ses collègues, qui étaient réduits ?( une extrême misère, en d'autres endroits. Le pape Pie VI étant mort à Valence, l'empereur d'Allemagne, François II,
au sacre collège dispersé rhos|)italit6 dans la ville de Venise. Della Somaglia, grâce à de nouvelles aumônes, put se rendre auprès de ses collègues. Le conclave, composé de 35 cardinaux, élut le p;.pe Pie VII, qui nomma bientôt della Somaglia cardinal vicaire. A l'époque où Napoléon s'unit avec Marie-Loui-e, il consentit à assister au mariage civil, qui pour lui n'avait aucune importance, mais non au mariage religieux, jiarce ipi'il était à sa connaissance que Pie VII, en personne, à la fin de 1804, avait célébré ou confirmé le mariage entre Napoléon et José|)hine, dans la chapelle des Tuileries, et qu'il avait lui-même reçu et gardé l'acte qui était déposé au Vicariat à Rome. Beaucoup de ses collègues suivirent son
avril
dans
la galerie de Sainl-Cloud, 13 sëuleraeut pa-
exemple, et sur 26 cardinaux qui, le 1' 1810, avaient assisté au mariage civil
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nirent à la cérémonie religieuse du lendemain, dans la grande salle du Louvre, convertie en ehafielie. Les douze autres abstenants étaient : iMatlei,Pi^;natelli, di Pietrn, Saluz<îO, l'raiieadoro, Galefii, Opizzoni, Litia, Scolti, Gabriell ,Consalvi ni Louis llulfo. C'est alois que le sacré collège fut partagé en cardinaux rouges el en carainaux noirs , ceux-ci ne pouvant plus porter la pour[iie. Ces derniers f uenl ixilés dans diverses villes de France, el Jella Somaglia fut envoyé à SIézières. Lorsque la pa;x fui rendue à l'Eglise, il rej)rit s s fonctions de vicaire, et, au mois d'août iSli, il contriluia, de concert avec le cardinal Pacca, au rétablissement de la compagnie de Jésus qui avait tijujours eu son estime et ses sympathies. En 1820, après la mort du cardinal Mattei, délia Somaglia, déjà archiprôtre de Saint-Jean-de-Latran, basilique dont le i-oi de France est le premier chanoine, devint évô.iue d'Ostie et de Vellétri, et car.iinal doyen. Il était en outre devenu préfet du ci-rémonial. Dans le conclave qui élutLé(jn XII en 1823, il avait et.', après Sevcioli, l'un des candidats qui avaient réuni d'aijord le plus de voix, et ce furent ses amis et lui qui assurèrent la nominatio:i de deila Geiiga. On a dit que délia Somaglia avait voulu reprendre l'œuvre entreprise autrelo s par Albéro:ii, de détrure la lépubliqne de Saint-JLirin, et d'en joindie le territoire à celui d..'s Etats du saint-siôge. IMais le pape Léon XII désavoua formellement celte poli-^ tique, de même que le |)ape (uléiiienl Xll avait cassé les actes d'A béroni. Délia Somaglia aurait voulu donner à M. de Lame.inais une place élevée dans radminisliatiun de la bibliothèipie de la Propaginde, et même un évêché in partibiis : ihais il dut céder ilevant une opiiosiliou odicielle. Son âge très-avancé le détermina a rés gner ses fonctions de secrétaire d'Etat, eu 1828: il conserva celles de doyen du sacré codége et dn bibliothécaire du Vatican. « Poui- aucun trésor, d:l M. Ar- « tau i du iMontor, il n'aurait donné sa démis- « s, on de ces deux places : l'une éta.t le prix « d'une vie que les inlirni;tés n":i> aient pas « abattue; l'anlre, la récompense la plus ho- « norabi ■ de publications savantes, de re- « cherches laborieuses, d'une éloquence peu « commune, de la b lie parole italienne el « latine...» Lecarduial délia Somaglia mourut le 2 avril 18J0. « Il faut se rappeler, dit i< le même historien, qu'il vit Ueniut XIV, « Clé.nent Xiil, Clément XIV, Pie Vi , « Pie VU, Léon Xli et Pse VIII. S'il ne lut « pas pape, il fut sur le [)oint ue le devenir, « et il aida de ses lumières les sept pontifes « que nous venons de nommer. 11 esl un des « cardinaux qui ont le [dus mérité de la re- « ligion, de la cour romaine, de l'ei-udition et « de la lielle lilléralure italenne. »
SO.MMALIUS (Henri), pieux et savant jésnit.', né ti Dinan , dans la iirincipauté de Liège, vers l'an 153i, mourut à Valencieunes le 3'J mars 1019, après avoir travaillé avec Beaucoup de zèle au salut des tluies en Allemagne et dans les Pays-Bas. Il s'appliqua à rechercher les ouvrages de piété pour eu
donner de bonnes éditions, tels que : Delmitatione Christi ; Soliloquia sancti Augustini ; Libri coiifcssurum, du môme saint, et plusieurs autics.
SOMMIER (Jean-Claude), Franc-Comtois, curé de Cham|)S, conseiller d'état de Lorraine, aichevêque de Césarée, et grand prévôt de l'église collégiale de Saint-Diez, né l'an 1661 à N'auvillers , publia divers ouvrages oii il montra du zèle et des connaissances : V Histoire dogmatique de la Religion, 1708 et 1711, en G vol. in-i° ; celle du saint-siége, 7 vol. in- 12. L'abbé Sommier mourut eu 1737, âgé de 76 ans.
SONNIUS ( Fra?<çois ) , nommé aussi de Campo ou Vanden Velde, natif d'un petit village de la Campine brabançonne, nommé5o7î, d'où il prit le nom de Sonnius, reçut le bonnet de docteur à Loiivain en 1539. 11 fut ensuite nommé chanoine d'Utrecht et inquisiteur de la foi, assista au concile de Trente et au colloque de Worms en 1537. Il fut envoyé à Rome par Philippe II, roi d'Esfiagiie, pour l'érection des nouveaux évèchés dans les Pays-Bas, et il s'acquitta si hier» de sa commission, qi'à son retoer il fut nommé évê pie de Bois-!e-Duc en 1562 , et ensuite évêque d'Anvers (il fut le premier qui occupe) ce siège). Il mourut en 1576, après avoir rempli toutes les fonctions d'un vrai et zélé i)asleur. On a de lui : Christimup instilulionis furmulœ, Anvers, 1571, in-12; un Catéchisme flamand, Anvers, 1562, in-8', traduit en latin sous le liire de Demonstrationum rcligionis christianœ libri lll, Anvers, 1564, iii-i°. Apièsla mort de l'auteur on y a ajouté un quarièroe livre des Sacrements , 1577. Il y a de l'érudition, el il y monire beaucoup de zèle pour l'orthodoxie. Confutalio caicinianœ confessionis, Cologne, 1357 ; Stntiitasijnodalia, Anvers, 1576. Il parut en 1570 un ouvi-age intitulé : Divisio tolius Belgicœ urbium, etc., ad opprimcndàm per novos cpiscopus cvangelium, aactore Sonnio, etc. Mais personne n'y a été trompé, le titre et les notes ont décelé la fourberie des calvinistes. Les vrais Aetes de Sonnms pour l'érection des nouveaux évèchés aux Pays-Bas ont été insérés dans le Supplément à la Collection de diplômes belgiques , par Foppens , tom. Ili, pag. 515, Biuvelles, 173i
SONOl ou SNOY (TnÉODORrc), lieutenant du prince d'Orange dans la pr.ivince de Frise, se rendit odieux el exécrable aux protestants mômes par sa cruauté envers les callioliques. Son fanatisme sanguinaire lui lit inventer d.'S sujiplices auxquels les Busiris et les Plialaris n avaient pas songé. ^K. Tolède Ferdinand.) Ce monstre mourut dans la pruvince dcGroningue.en 1597, à l'âge de 6S ans.
SOPIiONlE, Sophonias, le neuvième des petits [iroiihetes, lils de Chusi, commença îi piO|diétiser sons le règne de Josias, vers l'an 62i avant Jésus-Christ. Ses piophéties sont en hébreu, et c ntienneiit trois chapitres. Il y exiiorte les .luifs k la pénitence ; ii prédit la ruine de Ninive, et, après avoir fait des menaces terribles à Jérusalem, il linil jiar des promcssts consolantes sur le ftloiir du
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la raptivité, l'établissement d'une loi nouvelle, la vocation des gentils, et les progrès do rîv.:,iise de Jésus-Christ. Les prophéties de So'dionie so-it écrites d'un style véhément et assez semblable à cplni dr; Jérémie, diuit il parait n'être que l'abrévialeur.
SOPHRONE (saint), célèbr.' évoque de Jérusalem en (J3V, natif de Damas en Syrie, fut l'un des plus illuslros défenseurs de la foi catholique contre les monothéliles. Imraédiatenieiil après sa promotion il assembla un concile, où il foudroya leur hérésie. De là il envoya sa lettre synodale au pape Honorius, et à Sergius, patriarche de Constantinople: cette lettre fut depuis approuvée par le sixième concile général. Il députa à Rome Etienne, évoque de Dore, et lui dit : « Allez « vous présenler au siège apostolique où « sont les fondements de la sainte doctrine. « Informez les saints personnages qui y sont « do tout ce qui se passe ici, et ne cessez « l)oint de les f.rier jusqu'à ce qu'ils jugent « cette nouvelle doctrine, et la condamnent « canoaiquoment ; » mais il paraît qu'Etienne n'airiva à Rome qu'après la mort du pape Honoi'ius {voi/. ce nom). Les monothélites furent condamnés sous le pontificat de Martin 1" dans le jjremier concile de Lalrau en 6i9. Ce prélat, [)lein de zèle et de vertus, Ouit sa sainte carrière en G38 ou 6^.'*. On a do lui la Vie de sainte Marte Egijptienne, et des Sermons, qui, selon Photius, respirent une tendre piété, mais dont le style n'est pas correct.— SoPHRONE est aussi lu nom d'un auteur ecclésiastique du iv' siècle, ([ui composa un Panégyrique de la tille de Bethléem, et un écrit sur la destruction de la statue de Sérapis. Il traduisit du 1 din en giec quelques ouvrages de saint Jérôme, entre autres la Vie de saint Hilarion, et le livre de Ut Virginité, adressé à Eustochie. En 1526, Erasme ût imprimer à Bàle, sous le nom de Sophrone, une traduction grecque des Ecrivains ecclésiastiques de saint Jérôme ; mais I<«ac ^'ossius affirme que cet! e traduction, d'ailleurs peu fidèle, est bien postérieure à Sopiirone.
SORBIN, dit de Siintc-Foi(\R-n\VD), évoque de Novers, et prédicateur des rois Charles IX, Henri III et H^nri IV, théologal de Toulouse, né à Monteig, village du (Juerci, près de Montauban, fut un des écrivains les plus féeon:is du xvr siècle, et prononça les oraisons funèbres de plusieurs des plus grands personnages de son temps. Ces oraisons funèbres ont été imprimées. Nous cite onsdelui: Trace du ministère visible de l'Eglise romaine, etc., Paris, 1368, in-8' ; Histoire de la Ligue sainte, sous ta conduite de Simon de Mont/'ort, contre les Albigeois, tenant le Béarn, le Lanquedoc, la Gascogne et le Dauphiné..., trad. du latin, de Pierre, moine de Vaux-de-Cernay, Par. s, 1589, in-8''; Conciles de Toulouse, Béziers et Narbonne, ensemble les ordonnances du comte Raymond contre les Albigeois, etc., Paris, 15G9, i'i-8' ; Manuel de dévotion, extrait des écrits des saints Pères et Docteurs, mis en très-bel ordre par Simon Verrepé, trad. en fra'çais par i.-li., augm. de plusieurs dévoies Ofaisûûs , par A. Sorbin , Lyon ,
1373 ; des Sermons ; des Homélies , etc. SORBONNE, ou plus exactement Sorbon (Robert de), naquit le 9 octobre 1201 au village de Sorbon ou Sorbonne, dans le Rhételois, diocèse de Reims, d'une famille obscure. Après avoir été ri'çu docteur à Paris, il se consacra à la prédication et aux conférences de |)iété. Il s'y acquit en peu de temps foi une si grande réputation, que le roi saint Louis voulut l'entendre. Ce prince, cliarmé de son mérite, l'honora du titre de son chapelain, et le choisit pour son confesseur. Robert de Sorbonne, devenu chanoine de Cambray vers 1231, rélléchit sur les peines qu'il avait eues pour parvenir à être docteur, et résolut de faciUter aux pauvres écoliers le moyei d'acquérir les lauriers doctoraux. Il s'appliqua donc à former une société d'ecclésiastiques séculiers, qui, vivant en commun, et ayant les choses nécessaires à la vie, enseignassent gratuitement. Tous ses amis approuvèrent son dessein, et offrirent de l'aider de leurs biens et de leurs conseils. Robert de Sor;ion:ie, apfiuyé de leurs secours, fonda, en 1233, le collège qui porte son nom. Il rassembla il'habiles professeurs, et choisit entre les écoliers ceux qui lui paruienf avoir plus de piété et de dispositions. Telle est l'origine du collège de Sorbonne , qui a servi de modèle à tous les autres collèges ; car, avant ce temps-là, il n'y avait en Europe aucune communauté où les ecclésiastiques séculiers vécussent en commun et enseignassent gratuitement. Robert de Sorbonne, après avoir solidement établi sa société pour la théologie, y aj(jula un autre collège pour les humanités etla|ihilosopliie.CecolIège, connu sous le nom de collège de Calvi et de petite Sorbonne, devint très-célrbie par les grands hommes qui y furent formés. II subsista jusqu'en 1636, que ie cardinal de Richelieu le fit démfdir pour y bâtir la chapelle de Sorbonne. Le célèbre fondateur, devenu chanoine de Paris dès l'an 1258, s'acquit une si grande réputation, que les (irinces mêmes le prirent pour arbitre en quelques occa^io^s importantes. Il termina saintement sa carrière en 1274, Agé de 73 ans. après avoir légué à la société de Sorbonne ses biens, qui étaient très-considérables. On a de lui [ilusieurs ouvrages en latin ; les principaux sont: un Traité de la cotiscience, un autre de la confession; et un livre intitulé Le chemin du paradis. Ces trois morceaux sont imprimés d:ln^ la Bibliothè |ue des Pères. De petites Notes sm- toute l'Ecriture sainte, imprimées dans l'édition de Menochius, parle P. Touruemino ; elles n'occujient que l'espace de 13 pages ; les Statuts de la maison et société de Sorbonne, en 38 articles; un livreda Mariage; un autre Des trois moyens d'aller en paradis; un grand nombre de Sermons, eic. Ils se trouvaient en manuscrit dans la bibliothèque de Sorbonne, et 1 on iemari|uaitdans tous assez d'onction, malgré la barbarie du style. La maison et société de Sorbonne était une des quatie parties de la faculté de théologie de Paris. Elle a été une source féconde en habiles théologiens, et jusqu'à ses derniers mo—
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