‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 208 sur 341 · SPA · texte numérisé non relu

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cultiva les belles-lettres, et exerça la profession de rhéteur. Il avait lIu goût pour l'histoire ecclésiastique, et son premier coup d'essai fut un Abrégé de ce qui s'était |iassé depuis l'ascension du Sauveur juscpi'à la défaite de Licinius. Cet abrégé est perdu. 11 commença une Histoire plus considérable vers ran\V3. Elle est divisée en 9 livres, et renferme les événements arrivés depuis l'an 32i jusqu'à l'an 139. 11 déclare, au conunencement du 1" livre, « qu'il écrit ce qui s'est « passé de son temps, sur ce qu'il a vu lui- « même, ou sur ce qu'il a appris des per- « sonnes les mieux instruites, et qui avaient « été témoins oculaires. » L'histoire de Sozomène contient des faits très-remarquables; mais la plupart se trouvent aussi dans Socrate, ([u'il semble n'avoir que coiiié. Elle est néanmoins plus étendue el mieux écrite ; mais elle n'est pas sans défaut, même pour le style; l'auteur est fort au-dessous de Socrate pour lejugejnent. 11 y donne de grands éloges à Théodore de Mopsueste, el |)araît favoriser les erreurs des novatiens. On croit qu'il mourut vers l'an 450. La plus belle édition de ï Histoire de Sozomène est celle qu'on voit dans le recueil des historiens latins, donné par Robert Etienne, en loi'*. On la trouve aussi dans le recueil de Valois et dans celui de Christophorson, ou bien avec celle de Socrate, en grec, et en latin, Paris, Vitré, 1668. Le président Cousin l'a traduite en français.

SPAGNl (André) , jésuite, né à Florence, le 8 août 1716, entra dans l'institut des jésuites à Rome, le 22 octobre 1731. Chargé de divers emplois à Sienne et à Rome, il eut l'occasion d'y donner des preuves de son savoir, et d'y déployer des talents auxcpiels sa modestie et ses autres vertus ajoutaient du prix. Témoin de la suppression de son ordre, il n'en continua pas ses études avec moins d'ardeur. Son penchant le portait vers la métaphysique et les autres parties de la philosofihie. 11 y avait acquis des connaissances si étendues, qu'il passait pour un des plus habiles méta[iliysiciens de son temps. Voici le titre de quelques-uns des ouvrages (]u'il a laissés : De ideis Inunanœ mentis eorwiif/ue sifpiis, Rome, 1781 , 2 vol. in-4° ; De signis idearum , Rome, 1781; De causa efficiente, Rome, 17Gi; De bono, malo et pulchro disscrtationes très, Rome, 1706; 2' édition avec des augmentations, ibid., 1776 ; De mii-acu~ lis, Riinie, 1777; De anima brutorum , iljid., 1775. Il ne s'était presque pouit éloigné de Rome ; il y mourut en 1788.

SPANC.ÈNRERC. (Augiste-Théophile), un des princi|iaux soutiens de l'église des frères moraves, na(iuit le 15 juillet 1704, à Kleltenburg dans le pays de Wurtemberg. A l'âge de dix-huit ans il commença un cours de droit, qu'il ne tarda pas à abandonner pour d'autres travaux plus conformes à ses penchants. Après avoir été reçu docteur en philosophie, il alla passer deux années dans la ville de Herrnhut, récemment bAtie jiar le comte de Zinzendorf (roy. ce nom) en faveur de ses prosélytes, employa ce temps à s'initier

à la nouvelle doctrine, et consacra le reste de sa vie à la propager. Dans un voyage en Amérique où il séjourna environ quatre ans, il contribua à l'établissement des frères moraves dans la Géorgie, revint en Europe oii il travailla avec activité au soutien des maisons de sa secte, principalement en Angleterre et en Allemagne, et reçut en 1745 le titre d'évèque général de l'église morave dans les deux mondes. Il entreprit ensuite, dans des vues semblables , de longs et fréquents voyages, passa de nouveau en Amériiiue, en Angleterre, en Hollande, et mourut le 18 septembre 1792, à Bertholsdorf, dans le voisinage de Herrnhut. Le plus important des écrits de Spangenberg, parce qu'il est le plus propre à faire connaître la doctrine des frères moraves, est celui qui a pour litre : Idea fidei fratrum , ou Doctrine chrétienne dans la communauté évangélique dis frères, Rarby, 1779, in-8". On lui doit aussi : Biographie du comte Nicolas-Louis de Zinzendorf, Raiby, 1772 à 1775, 8 vol. ii>-8". Le précis de celle de Spangenberg, rédigé par lui-même à l'âge de quatre-vingts ans, el inséré dans le second tome des Archives pour l'histoire de l'Eglise, par Henke, a fourni à ï. Risler les documents dont il s'est servi pour écrire sa Vie de Spangenberg, évéque de l'église évangélique des frères, Barby, 1794, in-4".

SPANHEIM (Frédéric) , né à Amberg en 1600, dans le Haul-Palatinat, parcourut une iwrtie de l'Allemagne el de la France, et s'arrêta à Genève. Il obtint en 1626 une chaire de philosophie, et en 1631 une chaire de théologie, que Benoit Turretin laissait vacante. En 1642, il fut appelé ii Leyde pour y remplir la même ]ilace. 11 y mourut en 1649, à 49 ans. Ses principaux ouvrages sont : Commentaires historiques de la vie et de la mort de Christophe, vicomte de Dhona, 1639, in-4° ; Dubia evangelica, en 7 parties, 1700, 2 tom. in-4°; Exercilationcs de gratia universali , en 3 vol. in-8" ; la Vie de l'clectrice palatine, in-4° ; le Soldat suédois , Genève , 1633, iii-8° ; le Mercure suisse, 1634, etc. Presque tous ces ouvrages sont déligurés par des préventions de secte , qui altéraient le jugement de cet écrivain savant et laborieux.

SPANHEIM (Frédéric), second fds du précédent, né à Genève en 1632, fut professeur de théologie à Leyde, oîi il mourut en 1701, à 69 ans. On a de lui une Histoire ecclésiastique, et plusieurs autres ouvrages en latin, recueillis et imprimés à Leyde, 1701 et 1703, en 3 vol. in-fol. Il y règne beaucoup d'érudition, mais encore plus de préjugés el de haine contre l'Eglise catholique. — Son frère aîné, Ezéchiel Spanheim, né h Genève en 1629, fut gouverneur du prince électeur palatin, et voyagea avec lui dans les cours des irinces d'Italie, à Florence, à Mantoue, h

arme, à Modène , <i Rome , pour observer les démarches des électeurs catholiques en ces cours. De retour à Heidelberg en 1665 , il fut employé par l'électeur palatin en diverses négociations importantes. L'électeur de Brandebourg le demanda à l'électeur palatin,

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cl le chargea de quelques ambassades. Il niourul il Londres en 1710, h 81 ans. Ses ouvrages les plus con-ius sont : De prœstnntia et usu numismalum antiquoram, dont la nicillonie (édition esl d'Amsterdam, 171", en 2 vol. in-t'ol., ouvrage d'une érudition rare et iiiétiiodi(iue ; plusieurs Lettres et Dissertnlions sur diverses médailles rares et curieuses ; la Traduction do la Satire des Césars de l'emiiereur Julien, avec des notes, Amsterdam., 1728, in-i" ; une Préface et des Noies dans l'édition des Oiiuvres du même emiiereur, à Lei|>zig, 1696, in-fol.; deux Discours sur la crèche et sur la croix de Jésus-Christ, ([u'il traduisit lui-môme en français après les avoir prononcés en latin, Genève, 1655, in-8".

SPANMULLEH (Jacqces), jésuite, savant humaniste et philologue, né à Brugg ou Briick dans la Bohême l'an loV2, prit le nom latin de Pontanus, sous lequel il est plus connu. 11 professa dans les maisons de son ordre les langues anciennes et la rhétorique avec un grand succès, jiublia des ouvrages élémentaires qui longtemps ont été suivis dans la plupart des collé,.;es de l'Euiope, et forma un grand nombre d'élèves distingués, l.e P. Pontanus mourut à Augsbourg le 25 novendjre 1620, à 8'i. ans. Ses inlirmités l'ayant ob!i^;é de renoncer à l'enseignement, il employa ses dernières années à donner des versions latines d'auteurs grecs, à composer des poésies, etc. Ces dernières productions sont faibles : il était, dit Feller, plus capable de commenter les poètes que de l'èlre lui-même. Nous citerons de lui : une Traductimi , en latin, de V Histoire de Jean Cantacuzène ; de celle de Théophylacte Simocatta; de la Chronique de George Phranza, qui font partie de la Byzantine. 11 traduisit aussi la Règle chrétienne, de Phdippe le Solitaire ; la Yie de Jésus-Christ, par Nicolas Cabasilas ; les Instructions spirituelles de Jean Carpathius ; les Elor/es de saint Basile, de saint Grégoire de Na/ianze et de saint Jean Cbrysostome, par Philothée, patriarche de Conslantinople ; les Discussions théolofiiqucs de Michid Glycas et les Jlaranf/iies de Simon le Jeune. Ces ditférentes versions ont été insérées dans la liibliotheca magna Patrum. Il traduisit aussi ue l'allemand \ Histoire de ta guerre des Hussites, par Zacliarie Théubaklus, Francfoit, 1621 , in-fol., donna des Commentaires sur les livres dePonio et les Ir/s^Pi'd'Ovi. le, In.-,olstadt, 1610, in-fol. ; des Commentaires très-amiiles sur Virgile, Augsbourg, l()9i), in-fol.; Colloquiorum sacroruin libri quatuor cum notis , Augsbourg, 1609, in-8" ; etc. On peut consulter sur ses autres ouvrages imprimés, ou demeurés manuscrits, la Bibliothèque des PP. Alegambe et Souliiwell.

SPÉ ou SPÉli (FiiKDÉRic), né d'une faiinlle noble h Langenfeld , près de Kayserwerth , ]'an 1595, se lit jésuite en 1615, enseigna la philosopliie et la tliéologie ?i Cologne, se consacra ensuite aux missions , et exerça les fonctions de ce ])énible ministère avec tout le zèle que la leligion peut inspirer. C'est particulièrement dans l'évèchéileHddesheim qu'il ralferniit les catholiques qui étaient

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chancelants dans la foi, et qu'il ramena h l'unité de l'Eglise ceux que l'hérésie en avait séparés. Ses succès irritèrent les hérétiques au point qu'ils atti.nitèrent à sa vie. Il se retira ensuite k Trêves, se di'voua entièrement au service des hôpitaux et des soldats, et mourut le 7 août 1635. On a de lui : Cautio criminalis seu de processihus contra Sagas, Rinthel, 16.'11, 1 vol. in-8", dont on a donné une nouvelle édition à Francfort en 1632, et une autre la même année à Cologne. Le P. Spé combat les préjugés de son siècle, et les fautes qui se commettaient par les juges dans les procédures contre les sorciers et les sorcières. Le savant jésuite montre que le ]ieupl ', toujours extrême, s'imagine voir des sortilèges où souvent il n'y en a pas même l'apparence; mais il ne disconvient pas que la magie ne soit possible et même réelle , quoifpie dans des cas beaucou]) i)lus rares qu',")n ne le croyait alors. Il est à remarquer que le P. Spé vivait dans un temps où Voa n'osait point écrire contre la magie ; et nous éciivons dans le tem:s où, sans s'exposer à la risée des beaux esprits, on ne peut en défendre l'existence. Telles sont les révolutio'is qui , avec beaucoup d'autres, forment l'histoire de l'intelligence humaine, et qui doivent ins|drer à tout esprit juste une défiance jirudente des opinions de mode el de vogue {roy. Bodin, Brown, Faustus, Deluio, de Haf.\, Maffée Franeois-Scipion, îMéad). Exercitia aurea trium i^irtatum theologica- »-i«m, Cologne, IGiO.Leibniti fait le plus grand éloge de ce jésuite, et l'appelle un excellent homme dont la mémoire doit être précieuse aux sages rt aux savants. Excellcntis viri memoria cruilitis etiam ac sapirntibus in pretio esse débet. Tcntamina Theodic, partie première. SPEED (Jean), géographe et historien anglais , naquit à Farrington, dans le comté de Chester, en 1552, d'une famille jiauvre. 11 pr t d'abord l'état de tailleur ; mais ses inclinations l'entraînant à l'étude des sciences, il attendait un moment [)riipice pour satisfaire ce désir. Il le communii[ua aune de ses pratiques, homme liche et jiuissant, qui devint son Mécène ; et, s'étant rendu à Cambridge, il fut le modèle des autres élèves par sa bonne conduite et ses rapides jirogrès. Si)eed obtint plusieurs emplois aussi lucratifs qu'honorables, et mérita les bienfaits de Janpies I". Ses ouvrages les plus connus sont : Théâtre de la Grande-Bretagne, ICOj; reproduit sous le litre de -.Description géugraphii/ue des royaumes d' Angleterre, d'Ecosse, d'Irlande et des des adjacentes, avec les comtés, les cantons, 1rs villes du royaume d'Angleterre, Lnudrtifi, 1656, in-lolio. Les descriptions des comtés ne sont, à peu près, que des extraits fort laconiques de l'ouvrage de Camden, qui avait traité la même matière. Les cartes sont exactes, et 0"> peut encore les cO!isulter. Histoire de la Grande- Bretagne sous les conquêtes des Romains , des Saxons, dis Danui.i, des IVormands, etc., depuis Jules-César jusqu'il Jacques I", Londres, lOli, in-l'ol.; Nuée de témoins, ou Généalogie de l'Ecriture, confirmant la vérité

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de l'Histoire sainte et de l'humanité de Jcfsus- Chrisl. C^'t auteur avait uae grande érudition dans les sciences sacrées, ainsi que dans les profanes. Il mourut à Londres en 1629, âgé de 77 ans. On a irapriiué toutes les OEuvres de Speed h Londres, 1723, in-folio.

SPEliT (Jean-Pierre), né à Augsbourg, de parents catholiques , florissait dans la dernière moitié du xvii" siècle. II lit de bonnes études, et devint habile dans la langue hébraïque. Après avoir embrassé le luthéranisme, il n'y demeura pas plus attaché qu'il ne lavait été à la religion dans laquelle il était né. li quitta les protestants d'Augsbourg pour les sociniens, les sociniens pour les mennonites ; puis, renonçant à toutes les communions chrétiennes, il se fit juif à Amsterdam, et prit le nom de Moise Germon. Quoiqu'il n'ait pas abjuré le judaïsme, il paraît qu'il ne fut pas meilleur juif qu'il n'avait été bon chrétien : on l'a même soupçonné d'avoir fini par tomber dans l'athéisme. Quelques savants jtrotestants entreprirent, sans succès, de le ramener au luthéranisme. Spect monrut à Amsterdam vers 1701. On a prétendu qu'il avait été enqioisonné par les juifs, jiaree iju'ils ne le croyaient pas sincèrement attaché à leur religion, et qu'il se moquait des fables et des absnrd;tés du Talmud. Ce qui étonnerait, si quelque chose pouvait étonner de la part d'un honune aussi inconséquent, c est que lui-même, tout savant qu'il était, donna dans des rêveries non nioins extravagantes, en voulant expli(^uer l'origine du christianisme. 11 aida Knorr de Rosenroth dans son édition de la Cabbala denudata, et publia en vers alcaïques latins une traduction assez élégante de l'ode intitulée : Mi Camocha.

SPELMAN (sir Henri), antiquaire, et chevalier anglais, né en 1362, à Cougliam jn-ès de Lynn-Kegis, mort à Londres en 164-1, se rendit habile dans l'histoire d'Angleterre. Il s'attacha aussi à débrouiller le chaos des mots de la Itasse latinité. On a de lui : Glossurium archœoUif/icxim, Londres , 166i et 1G87, in-fol. La dernière édition est la meilleure. Il y explique les termes barbares et étrangers, les vieux mots remis en usage, et les nouve.iux inventés depuis la décadence de l'empire romain. Viltare Anglicum, in-8' : c'est une description alphabétique des villes, bourgs et villages d'Angleterre. Une Collection des conciles, décrets, lois et constitutions d'Anylctcrre, depuis I06(i jusgu'cn la31. David Wilkins a donné, en 1737, une édition de cet ouvrage plus ample que la première, qui n'était qu'en 2 vol. in-fol., 1639 et 166i. Celle que nous citons, et qui est la meilleure, est en k vol. in-fol. ; elle contient tous les conciles qui se sont tenus dans la Grandeliretagne et l'Irlande par les catholiques et les sectaires, de|)uis l'an 9i6 jusqu'à l'an 1717. Vita Alfredi Mafjni, Oxford, 1678, in-folio; Codex ler/nm , veterum stalutorum Anqliœ, que Wilkins a inséré dans ses Leges anglo-saxoniece, Londres, 1721, in-fol. ; ses OEuvres posthumes en anglais, lesquelles ont élé publiées par Gibson, Oxford,

1698, in-folio. On ne sait pas pourquoi l'éditeur n'y a pas inséré un traité de Spelniai), intitulé : Histoire et fatalité des sacrilèges, vérifiée par des faits et des exemples, etc., ouvrage qui a un certain rapport avec le traité de Lactance De mortibus persecutorum. On en a publié un abrégé en français , Bruxelles, 1778; Liège, 1789, fort augmenté.

SPELTA (Antoine-Marie), littérateur italien, né à Pavie, l'an 1.559, suivant Baillcl, ou l'an i.5o3, d'après Moréri, mort dans la môme ville en 1632, prenait le titre d'historiographe du roi d'Espagne, et cultivait la poésie italienne et la |ioésie latine dans laquelle il réussissait mieux. Parmi ses ouvrages en prose, les suivants ont été imprimés : Tite de' Vescovi di Paria, Pavie, 1597, in-l"; Aggiunta alla Sloria di Parla del Breventano, Pavie, 1602, in-V' ; Istoria de' fatti notabili occorsi neir universo, ed in particolare del regno de' Goti, de' Longobardi , de' Duchi di Milano, etc., Pavie, 2' édition, 1603, in-'i" ; La Saggia pazzia, etc., Pavie, 1606, in4°, espèce do facétie assez curieuse, qui a été plusieurs fois réimprimée. L. Garon et J. Marcel en ont donné chacun une traduction française. Celle de Garon parut à Lyon, 1628, ou Kouen, 1635, 2 tomes en l'vol. in-12, sous le titre de La Sage-Folie, fontaine d'allégresse, etc., et celle de Marcel, à Lyon, 16oÔ, iu-8°.

SPENCER (Jean), né à Bocton, dans le comté de Kent, en 1630, devint maître du collège de Christ, et doyen d'Ely, et mourut en 1693, à 03 ans. On a de lui : un ouvrage sur les lois des Hébreux, et les raisons de ces lois ; Discours en anglais sur les prodiges et la vanité des songes ; Traité sur les prophéties vulgaires, et plusieurs autres écrits unprimés à Cambridge en 1727, en 2 vol. in-fol., dans lesquels on trouve beaucoup d'érudition , et [ifusieui's oliservalions singulières.— 11 ne faut pas le confondre avec Guillaume Spencer, membre du collège de la Ti'inité, à Cambridge, dont on a une bonne édition grecque et latine du 7'rrt/<ed"0rigène contre Celse; et de la Philocalie, avec des notes pleines d'érudition. Cet ouvrage parut à Cambridge, in-k", en 1638.

SPENhIl ( Philippe-Jacqles), célèbre docteur de l'église protestante, regardé comme le fondateur de la secte appelée des Piétisles, naquit le 13janvier 1635, à Rilieauviller, et était fils d'un conseiller au si rvice du dernier comte de Ribeaupierre, en Alsace. Après avoir terminé d'excellentes études, il devint, en 16oi, instituteur de deux princes de Birkenfeld, avec lesquels il passa deux années à Strasbourg; ensuite il voyagea en Allemagne, en France et en Suisse. A Bàle, il étudia l'hébreu sous le fameux Buxtorf, et a Lyon, il connut le P. Ménestrier, qui lui inspira du goût pour le blason, science qu'il transiiorta en Allemagne. De retour à Strasbourg, en 1663, il y accepta une place secondaire de prédicateur, et il acquit bientôt une si grande réputation par son éloquence, la pureté de Tes mœurs et sa piété, que le sénat de Francfort-*ur-le-Mein lui oflrit la

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preniièni piano parmi les pasteurs de cette ville (lOlXi). 11 V séjourna 20 ans; et, convaincu que les tVoides prédications qui constituaient l'essence du culte ]irolestant, ne peuvent produire ljr<aucoup d'effet sur les grandes niasses, il institua chez lui, eu 1670, des assemblées jiarticulières dans lesqueUes, après des actes de dévotion, il répétait d'une manière simple et très-abrégéc le contenu de ses sermons, et expliquait quelques versets du Nouveau Testament. Atin de mieux éclairer ceux qu'il instruisait, il leur permettait d'exposer leurs doutes, et de demander des éclaircisserae-its. Les femmes étaient admises à ces exercices , mais sans |)ouvoir être vues de l'auditoire. On appelait ces réunions des Collèges (le piété, et ils subsistèrent pendant plusieurs années sans aucune plainte. Il se forma des assemblées pareilles dans plusieurs villes de l'Allemagne; mais il s'y glissa des abus et il s'éleva des réclamations de toutes parts. Spener essaya dejustifier son institution par un livre intitulé : Piadesideria, dans lei(uelil s'elforçait de démontrer la nécessité d'une réforme générale dans tous les états de la société, et particulièrement parmi les ecclésiastiques dont les études n'étaient dirigées, disait-il, que pour faire briller les prédicateurs dans les disputes religieuses, au lieu de les pénétrer de cet esprit de charité, d'humilité et des sentiments pieux ciui édifient les fidèles. Ne se contentant pas de signaler le mal, il proposa les moyens de le guérir, et il continua à exécuter le plan de réforme qu'il avait entrepris. Cependant l'électeur de Saxe, nui l'avait connu dans ses campagnes, voulut l'attirer à son service, et il céda ù ses instances, dans l'espoir de produii'c un plus grand bien dans une cour qui était alors très-corrompue, et dans un pays qui renfermait les deux principales universités ])rotestantes. Sur ce nouveau théâtre, il s'appliqua à gagner les esprits par des écrits, des sermons et surtout des instructions ; mais il fut enveloppé dans deux disputes religieuses qui le brouillèrent avec l'électeur qui ne lui permit plus de paraître de vaut lui, et affecta même de ne pas aller à ses sermons. Alors il accepta (1690) la plai:e d'inspecteur et premier pasteur de ré,.^lise Saint-Nicolas de Berlin, et il parvint à faire introduire son système de réforme dans l'université de Halle, nouvellement fondée par l'électeur de Brandebourg. Cette ville devint alors le centre du piélisme, et tous les luthériens d'Allemagne se partagèrent en deux partis opposés : les orthodoxes comprenant les universités de Saxe, et les piélistes ou spenériens qui dominaient à Halle. Les docteurs de Willeuberg [lublièrent un ouvrage dans lequel ils dé'io'icèrent 26'i- thèses hérétiques extraites des livres de Spener. Cehiici se défendit avec beaucoup de talent. Frédéric-.\ugusle I", qui était parvenu en 16'Ji il l'électorat de Saxe, le pressa de revenir à Dresde i)rendre ses ancienne^ fonctions ; mais il ne voulut plus quitter Berlin , et il v mourut le o février 170.j. Qucl(jues-unes do

ses opinions sont peu conformes aux livres symboliques des luthériens. Celle qui, élevant la théologie au-dessus d'une science, en faisait une lumière intérieure , parait conduire au mysticisme, et Spener semble se rapprocher de l'Eglise catholique par le mérite qu'il accorde aux bonnes œuvres. Ses idées sur une seconde venue du Christ forment tout à fait une nouvelle croyance. 11 a laissé un grand noinlu-e d'ouvrages de théologie en langue allemande, oubliés aujourd'hui. Ses ouvrages historiques et héraldiques, écrits en latin, ont pour titre : Sylloge fjenentogico-historica e numéro prœcipuanim fdiniliarum quibiis saos principes Germania nostra débet XII exhibens, etc., Francfort, 1665, in-8°; Theatrum nobititatis Europeœ, etc., 1668-78, ib., 4 vol. in-folio ; Commeutarius historiens in insignia serenissimœ domus Saxonicœ, ib., 1668, in-'i-° ; Insigniam theoria, seu operis heraldici pars specialis , 1680 ; pars genrralis, IGOO, 2 vol. in-fol., réimprimés en 1717; Illustriores Gallice stirpes tabiilis genealogicis comprehensœ, 1689, in-folio. — Son fils, Jacques-Charles Spener, mort en 1730, a laissé plusieurs ouvrages estimés : Hisloria Germanica universalis et pragmatica, 2 vol. in-8"; Notilia Gerinaniœ anliquœ, 1717, in-V.

SPIFAME (Jacques-Paul), né à Paris, était originaire de Lucques, en Italie. Après avoir occupé (liffériMites places, telles que celles de conseiller, de président au parlement, de maître des requêtes, de conseiller-d'état, il entra dans l'état ecclésiastique, fut élevé à l'évêché de Nevers, et se trouva aux États tenus à Paris, 1557. Ce prélat, frivole et voluptueux, entretenait alors une femme qui lui i)ersuada de se retirer avec elle à Genève. Spifame, plus subjugué ]iar sa passion que convaincu de la sagesse de la réforme , alla joindre Calvin en 1559, et |)rit le nom de Passij, terre dont Jean Sjufame son jière était seigneur. Le jiati-iàrche des réformés l'envoya à Orléans auprès du prince de Condé, en qualité de ministi'e. Ce prince le dé[)u!a K la diète de Francfort, jiour justifier les protestants ([ui avaient pris les armes, et s'étaient révoltés contre lautorité royale, après avoir rejeté celle de l'Eglise. De retour à Genève, il fut soupçonné de négocier sous main pour rentrer dans l'Eglise catholique. « C'est pourc|uoi, dit un historien, on <( lui suscita une accusation, vraie ou fausse, « d'avoir fait un faux contrat ; on lui fit son n procès, et il fut condamné à avoir la tète « tranchée : » ce qui fut exécuté en 1366. Il témoigna, selon un écrivain protestant, un grand repentir de ses fautes. Ne pourrait-on pas croire que ce repentir fut principalement d'avoir abandonné avec tant de scandale la religion catholique"? — Son frère, Raoul Spifa>ie, avocat au parlement de Paris, se fit interdire do sa profession, à cause de la bizarrerie de soji inia.;inHtioii. Il prit le titre de Dictateur cl de garde du sceau dictatoire et impérial. Il est mort à Melun en 1563. 11 est auteur d'un livre rare, intitulé : Dicœarcliiœ llenrici legis christianissimi pro~

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gymnasmata, in-8% sans date ni lieu d'impression. Ce volume contient 309 arrêts de sa composition, qu'il suppose avoir été rendus par Henri II, en looG. Se mettant à la place du souverain, wnnne tant d'autres écrivains, il ordonne des choses impraticables , et quelques-unes utiles et sensées. Auirraj a pris dans ce livre les réflexions qui ont été le plus de son goût, et les a publiées sous le litre de Vues d'un polilique du XVI' siicle, Paris, 1775, in-8°. —Il ne faut pas le confondre avec Martin Spifame, dont les plates poésies parurent en 1583, iii-lG.

SPlNAou DE L'EspiNk. (Alphonse), religieux espagnol de l'ordre de Saint-François, dans le X.V' siècle, fut recteur de l'université de Salamanque, et chargé par queltiues évèi[ues de la recherche des hérétiques dans leurs diocèses. Il avait été juif, à ce qu'on dit. Il est auteur du livre intitulé : Forlalitium fidci, ouvrage très-médiocre, imprimé plusieurs fois, tant in-folio que in-'i°.

SPINA (Barthélemi), natif de Pise, mort en 154-6, à 72 ans, entra dans l'ordre de Saint- Dominique vers l'an 1494. Il fut maître du sacré jialais, et l'un de ceux que le pape choisit pour assister à la congrégation destinée à examiner les matières que l'on devait proposer au concile de Trente. On a de lui divers ouvrages en trois volumes in-folio.

SPINA (Jean de L'Epine). Yoy. Epine.

SPINA (Joseph), cardinal, né l'an 175G, à Sarzane, de parents nobles, alla étudier la jurisprudence à Home. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il s'attacha à Pie M qu'il suivit en Toscane, et qui le nomma archevêque de Coiinthe. S[)ina accompa-;na aussi le saint-père en France dans son exil, lui administra les derniers sacrements, et fut son exécuteur testamentaire. Pie VII l'envoya ii Paris avec d'autres plénipotentiaires (Caselli et Consalvij, pour y traiter du concordat, et il souscrivit avec eux à cet acte, le 15 juillet 1801. Voî/. CoNSALvi. Ses nombreux services lui méritèrent h pourpre ; il fut légat du pape à Forli et à Bologne, devint évèque de Palestrine, et mourut en 1828.

SPINCKES (Nathaniel), théologien catholique anglais, né à Castoi, dans le Northamptonshire, en 1C53 ou 1054, occu|)a d'abord jilusieurs cures avec honneur. Il possédait depuis trois ans une prébende de Salisbury avec la cure de Sainte-Marie , lorsque son attac ;enient aux Stuarts lui fit refuser le serment à Guillaume et à Marie. Destitué pour ce fait et privé de ses revenus, il n'eut d'autre ressource pour vivre que la libéralité des plus riches non-juro)-s, qui, dit-on, l'élurent évoque. Nathaniel S|)inckes mourut le 28 juillet 1727, laissant divers ouvrages de controverse relatifs au catholicisme en Angleterre et pour la défense de la cour ue Rome. On cite principalement VHomme malade visité, qui fut imprimé en 1712. La collection des OEuvresûe Spinckes a eu plusieurs éditions; la sixième, avec une Notice historique et le portrait de l'auteur, est de 1775.

SPINOLA (Charles), jésuite, était tils unique d'Octave Spinola, comte de Tassocole,

grand-écuyer et favori de l'empereur Rodolphe II, et petit-fils d'Augustin Spinola, qui se rendit célèbic sous Charles-Quint. Le P. Spinola naquit à Gènes en 1564, fut élevé à Noie, sous les yeux ducaidinal Philippe Spinola, son oncle, qui était évoque de cette ville, s'y fltjésuite à la fin de 1584, malgré les oppositions de sa famille, étudia les mathématiques sous le fameux Claviiis, et les professa avant même d'avoir achevé ses éludes de théologie. 11 demanda ensuite d'être envoyé au Japon, et l'obtint après bien des instances II s'embarqua à Lisbonne au mois d'avril 1596, fut pris par les Anglais, qui le minèrent en Angleterre. Ayant été échangé, il se rendit à Lisbonne, se rembanjua au mois de mars 1598, et prit terre à Nangasaki en 1602. Il y travailla avec zèle et avec succès jusqu'en 1618, qu'il fut pris et mis en prison à Omura : il y demeura quatre ansavec des incommodités inconcevables, et en sortit en 1622 pour être mené à Nangasaki, oii il fut brillé vif le 10 septembre avec le P. Sébastien Kimura, le premier prêtre japonais, et quelques autres religieux de sa compagnie, plusieurs autres des deux ordres de Saint-Dominique et de Saint-François, et un grand nombre de laïques. Sa Vie a été écrite en italien par le P. Fabio Ambrosio Spinola, et dédiée à un seigneur de sa maison, traduite en latin par le P. Germain Hugan, et dédiée au célèbre Ambroise Spinola, gouverneur des Pays-Bas. Le P. Dorléans a aussi écrit sa Vie en français.

SPINOLA (Nicolas-Gaétan), cardinal-prêtre du titre de Saint-Nérée et de Saint-Achirlée, de l'illustre maison de Spinola de Gênes, naquit en Espagne le 20 février 1659; il entra jeune dans la prélature romaine, en parcourut tous les degrés, et en remplit les principales charges. Il était président de la chambre apostolique en 1695, et clerc de la même chambre en 1696. En 1706 il fut nommé à la nonciature de Florence , et fait archevôciuc de Thèbes, in parlibus infidelium. Il était auditeur général de la chambre apostolique en 1715, lorsque Clément XI le créa cardinal, dans sa promotion du 16 décembre de la même année. Le 19 du même mois, le pape lui donna le chapeau. Le 8 juin 1716, il lui assigna le titre de presbytérial de Saint-Sixte, qu'il quitta en 1725, pour inendri; celui de Saint-Nérée et de Saint-Achillée. Il était, en 1718, [iréfet de la congrégation de la Consulte. Il le fut depuis de celle des Confins. Il mourut à Rome, le 11 avril 1735, Agé de 76 ans.

SPINOLA (Georges), cardinal, de la même maison que le précédent, né à Gênes , le 5 juin 1667, fut pendant quelque temps commandeur (le riiôpital du Saint-Esprit à Rome. Ayant été désigné, en 1711, pour la nonciature ue Barcelone, il fut nommé archevêque de Césarée, in parlibus infidelium, le l"juilletde la même année, et sacré en cette qualité le 7 du même mois. Au mois de juillet 1713, il fut désigné nonce à la courde Vienne, et il lit son entrée solennelle en cette ville, le 11 mars 1714. Clément XI le créa cardinal le 29 novembre 1719. C'était la quatorzième

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prninntiôri (\né faisait ce papo. Spinola n'avait point ciirorc! quitto Vienne, et le 18 février 1720, il iv.it i'Iioaneur de recevoir la i)arrelte des mains de l'einpirenr. De retour à Rome, a même amée, il reçut le chapeau, le 19 décembre, dans un consistoire |)ul)lic, et le IG janvier suivant, le pape lui assigna lu litre prosbvtéral de Sainte-Agnès hors des murs. Clément XI élanl mort 1;' 19 mars 1721, et Innocent XIII lui ayant sut'cédé, ce nouveau jiontife, le lendemain de son exaUalion, nomma le cardinal Spinola son ministre et secrétaire d'état. Il exerça cette charge pendant tout le pontilirat de ce pape. Le 12juin 1726, après l'exaltation de Benoît XIII, il fut fait préfet de la congrégation de VJminunitéj et le 23 juin 1727, nommé légat à Bologne pour trois ans. Le temps de sa légalion éiaiit achevé, il revint fixer son séjour h Rome. Il quitta le titre de Sainte-Agnès pour celui de Sainte-Marie in Transteverr, et ce dernier encore pour celui deSaintc-Praxède ; il |)assa de l'ordre des [irètres dans celui des évoques, par la moi't du cardinal Barborini, dojen du sacré collège, eut révèchc de Palestrine, et mourut le 17 janvier 1739, dans sa 72' année. Outre ces cardinaux, la maison de Spinola en a eu plusiturs autres, savoir : — Jules Spinola, archevêque de Laodicée, nonce à Vienne, créé par Alexandre VII, dans sa promotion de 1666, cardinal du titre de Saint- Sylvestre, puis de Saint-Martin-aux-.Monts, évèque de Sutri, de Napi et de Lucfjiies, mort le 11 mars 1701, Agé de 79 ans. — Jean-Baptiste Spinola, dit le cardinal de Saiule-Cédle, longtemps gouverneur de Rome, archevêque d'Aci'rença, ji ,is de Gènes, créé cardinal [lar Innocent XI dans la promotion de 1G81, mort le i juin noV, Agé de 89 ans. — Enlin, un autre Jean-Baptiste Spinola, aussi gouverneur de Rome, et camerlingue delà sainte Eglise, créé cardinal du titre de Saint-Césarée, puis des Saints-Apôtres, sous le nom de San Cesarino, par Innocent XII dans la promotion de 1693, mort le 1 J mars 1719, Agé de 73 ans. SPINOSA (Barlch, puis Benoit de), chef des panthéistes modernes, né à Amsterdam l'an 1632, était lils d'un juif poi'tugais, marchand de profession. Après avoir étudié la langue latine sous un médecin, il employa quelques années à l'étude de la thé()lo,,;ii', et se consacra tout entier à celle de la philosophie. Plus il acquérait de connaissances, et plus il se formait de doutes sur le judaisuie, que ses rabbins ne pouvaient résoudre. Sa conduite, troi» libri! à leur égard, le brouilla avec eux. Eulin, un coup de couieau qu'il reçut il'un juif en sortant de la comédie, l'engagea à se sépann- tout à fait de la communion judaiipie. Il embi'assa la religion de Calvin, et fi'éqiienla les églises des mennonites ou des arminiens. Ce fut alors tju'il changea son nom juif de Barueh en celui de Benediclus. Quoiiiue soumis extérieurement à l'Evangile, il se contenta d'einjuiuitcr le Secours de la philosophie pour la reclierclie de la vérité, et son orgueilleuse présomption le précipita dans le plus aifreux abiuje.Peur philosopher avec plus de loisir, il abandonna.

.\mslerilajn, et se retira h la campagne, oil de tomjis en tem s il s'amusait ci faire des microscopes e' des télescopes. Cette vie cachée lui plut lellemimt qu'il le put s'en détacher, lors même qu'il se fut (tabli à La Haye. Il était qnehpiefois trois m< is de suite sans sortir di' son logis ; mais cette solitude éiait égayée par les visites qu'il recevait des raisonneurs des deux sexes et de toute condition, ([ui vriiaient prendre chez lui des leçons d'athéisme. Spinosa, vieux avant le temps, fut attaqué d'une maladie lente, dont il mourut en 1677, Agé de io at;s. Il était petit, jaunâtre, avait quelque chose de noir dans la physionomie, et portait sur le visage un caractère de réprobation. Ces traits sinistres n'ont rien d'étonnant dans un homme qui a érigé le j)remier l'athéisme en système, et en un système si dérai-sonnable et si absurde, que Bayle lui-même n'a trouvé dans le s;iinosisme quodes contradictions, et des hypothèses absolument insoutenables. L'ouvrage de Spinosa qui a fait le plus de bruit est sou traiti' intitulé: Tractatus theoloç/ieo-politicus, publié à Hambourg, en 1670, in-V°, où il jeta les semences tic l'athéisme qu'il a enseigné hautement dans ses Opéra posthuma, imprimés en 1677, in-'i-°. Le Tractatus theologicofoliticus a été traduit en français, sous trois titres dilférents, par Saint-(jlain. Voy. Cl.^in. Le but principal de Spinosa a été de détruire toutes les religions, en introduisant Fathéisme. Il soutient hardiment queD;eu n'est pas un être intelligent, heureux, infiniment parfait; mais que ce n'est autre chose que cette vertu de la nature qui est répandue dans toutes les créatures. Ce sophisie absuide attribue tout ce qui existe à inie aveugle nécessité. Il ne reconnaît dans l'univers qu'une seule substance, à laquelle il donne l'étendue et la pensée pour attributs. 11 présente son système sous une forme géométrique. Il donne des déiinitions, pose des axiomes, déduit des propositions; mais ces prétendues démonstrations ne sont qu'un arnas de termes subtils, obscurs et souvent inintelligibles. Ses raisonnements sont fondés sur une métaphysique alambiquée, où il se perd, sans savoir ni ce qu'il pense ni ce qu'il dit. Pour alfaibln- les preuves de la religion chrétienne, il tâche de déprimer les prédictions des proplièles de l'Ancien Testament. Il |)rétend qu'ils ne devaient leurs révélations qu'à une im.igination plus forte queceile du commun: principe absurde, qu'il éteni jusqu'à Moïse et à Jésus-Christ même ; comme si la force de l'imagination pouvait saisir dans l'avenir les choses (jui ne tiennent à rien. A la fin de la prem ère jiartie de son Traité de morale, il nie, d'après Lucrèce, « que les yeux soient « faits pour voir, les oreilles jionr entendre, « les dents pour mAcher, 1 estomac | our di- « gérer: » il traite de préjugé de l'enfance le sentiment contraire. On peut juger, par ce trait, do la beauté du génie de ce prétendu philosoplie. Spinosa avait un tel désir d'immortaliser son nom, qu'il eût sacrifié volontiers à cette gloire la vie présente, oùt-il fallu ôlre mis en [lièLOS par un peuple mulik é:

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autre vanité ridicule dans un athée. C'est ce fanatisme plus ou moins vif de vanité, d'ostentation, de singularité, qui anime presque tous les ennemis de la n,'liij;ion, dit Feller, aont nous reproduisons l'article, et fait le grand ruobile de ce qu'on appelle aujourd'hui philosoplies. Ce n'était que par dOo'rés (pie Spinosa était tombé dans le précipice de l'athéisme. 11 i)araît liien éluigné de cette doctrine dans les Princij;es de René Descartes, drmonlre's selon la manière des géonùtres, Amsterdam, 1067, in-îi-", en latin. « On préteivJ, « dit un auteur, qu'il avait des mœurs ; mais « outre que ces assertions sont toujours va- « gués et sans preuves, et qu'un épicurien « conséquent ne doit se priver de rien, qu'en « pourrait-on conclure de plus que pour les « anges dégradés et convertis en démons, qui « ne sont ni des âmes charnelles, ni des es- « prits bouchés? L'orgueil conduit aux mé- « mes préci|)ices que les vices de la chair. « L'égarement de Spinosa provint d'avoir « creusé les matières delà religion, avec une « curiosité profane et toute la trmérité de la «présomption, comme aussi d'avoir soumis « les œuvres de Dieu aux procédés mal con- « çus de la géométrie, et les preuves de fait « aux raisonnements d'une vaine dialec- « tique. » Les absurdités du spinosisme ont été solidement réfutées par un très-grand riomjjre d'auteurs, entre antres par Cuper, dans ses Arcana atheismi rcvclata, Uolterdaui, 1676, iu-i°; |iar dom Fiançois Lami, bénédxtin; par Jaequelot, dans son Traité de rexislence de Dieu; par Le Vassor, dans son Traité de la véritable reliijion, imprimé à Paris en 1G88; et dans les écrits donnés sur cette matière en ces derniers temps. Voy. les Mémoires de Nicéron {tom. X.111), qui a profité de la Yie de Spinosa par Colérus, insérée dans la Réfutation de Spinosa par divers auteurs, recueil jiublié |)ar l'abbéLeiiglet,1731, in-12, et d'une autre Vie de ce philosoiihc, par un de ses [lartisans, 1712, in-8". Les extravagances de Spinosa ont été reproduites en 1770, dans le Si/slême de la nature, et victorieusement réfutées, en 1771, |iar l'abbé Bergier, dans \'Examc7i du matérialisme, 2 vol. in-12. Le professeur Paul us a pub ié, en 180;J, à léna, les QEuvres de Spinosa, 2 vol. in-8". Sa Vie, dont nous avons parlé, écrite en hollandais, par Lucas, médecin, et publiée sous le nom de Colerus, La Haye, 1703, in-8", a été traduite en français, ibid., 1706, in-8", et en allemand, Francfort et Leipzig, 1733, in-fe". M. E. Saisset, professeur agrégé à la faculté des lettres de Paris, a traduit en français les O/iiuTM de Spinosa, Paris, 18i2,2 v. gr. in-18. SPUUDION (saint), évèque deTrémilhonte, dans l'île de Chypre, confessa généreusement la foi durant la persécution de Maximien- Galère, fut envoyé aux mines après qu'on lui eut arraché l'œil droit et coupé le jarret gauche, assista ensuite au concile général de Nicée en 323, et vécut jusques après le concile de Sardique en 34-7. Son zèle et ses miracles lui liront un grand nom. Il était si pénétié de respect pour les saintes Ecritures, qu'il ne voulait pas qu'on en changeU les

expressions par une fausse délicatesse de langage.Triphille, évèque de Lèdres, ayant, dans un discours qu'il faisait dans une assemblée des évèques de l'île de Chyi^re, substitué le mo! lit à celui de grabat, dans ce passage de saint Marc (cha|)itre ix). Toile gr(diatum tuum, il le refirit vivement, et lui dem-inda s'il .'■avait mieux f[ue l'évangélisle de ipiel terme il convenait de se servir. Sozomène rapporte qu'un voyageur fatigué se |iiéscnta chez Spiridion en earème, en le priant do lui accorder l'hospitalité. Il le reçut avec une grande charité : mais il ne se trouvait ni [lain ni farine dans sa maison; il n'y avait qu'un peu de lard. Considérant la fatigue et le besoin extrême du voyageur, il se mit en oraison, et pria Dieu de le dispenser de la discipline de l'Eglise, fit cuire le lard, commença le premier à en manger, et invita son hùte à en faire autant. Calvin et Kcmnitius ont voulu conclure do lî> cpie la prali(ino du jeûne n'était pas alors d'obligation; mais cette histoire nième [irouve précisément le contiaire.

SPIZEL ou SPIZELlUS (Théophilu), écrivain protestant, né h Augsbourg ou dans la Slyrie, en 16.39, remplit pendant vingt-neuf aiis les {onctions de diacre et de pastî^ur de l'église Saint-Jacques, et, en 1690, il olitint la dignité d'oHCîcH. 11 est mort en 1691. Il a comjiosé plusieurs ouvrages. Les plus connus sont deux traités , l'un intitulé : Félix littcratus, 2 vol. in-8°, et l'autre Infeiix litteratus, 2 vol. in-8". Spi/.elius prétend faire voir, dans ces deux ouvrages, les vices des gens de lettres, et les malheurs qui leur arrivent, quand ils étudient par de mauvais motifs, et plutôt pour eux-mêmes que pour l'amour de Dieu et l'utilité du prochain : vues excellentes, oi'i les savants vrais et prétendus de nos jours trouveraient à profit; r. Nous avons encore de lui : une espèce d'essai de Bibliothèque, sous le titre de Sacra bibliothecarum illuslrium arcana détecta, imiirimé en 1668, in-8°; mais cet Essai maïupie de clarté et de méthode, et no s'étend qu'ti un petit nombre d'auteurs ; Sinensium rcs lilteraria , Leyde, 1660, in-12; Confutatio relationis Monlrsinianœ de repertis in America tribubus israeliticis, BAle , 1661. Yoij. Me-

NiSSEH-BEN-IsRAEL.

SPONDE (Henki de) , né a Mauléon de Soûle, bourg de Gascogne, en 1568, i'un calviniste, secrétaire de Jeanne de Navarre, fut élevé dans la religion de son père. Il eut poui' parrain Henri de Bourbon (depuis Henri IV). Dans sa jeunesse il annonça beaucoup de goût pour h s belles-lettres et'aiP grande facilité pour apjrendre les langues. 11 exerçait la charge de maître des requêtes [lour îe roi de Navarre, lorsque les livres de controverse des cardinaux du Perron et Bellarmin touchèrent son cœur et éclairèrent son esprit. Il abjura, à l'exemple de son frère aîné, le calvini-me en 1595 et accompagna à Borne le cardinal de Sourdis. Quelques an nées ajTès, il embrassa l'état ecclésiastique et il fut nommé à l'évêché de Pamiers en 1620. Il n'oublia rien pour tirer de l'erreHr les hérétii^ies de son diocèse. H y éablit une con«

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grégation ecclésiastique, oes séminaires, des maisons religieuses, et se signala par toutes les vertus épiscopales. Cet illustre prélat finit ses jours à Toulouse en IGiS, Agé de 75 ans. Son principal ouvrage est l'Abrégé des Annales de Baronius, 2 vol. in-lbl., et la continuation qu'il en a faite depuis 1127 jusqu'à l'an 1622, 2 vol. in-fol., Paris, 1639. (La continuation des Annales de Baronius fut ensuite reprise par Frizon.) Quoique cet Abrégé ne soit |3as parfait et qu'il y ait |)resque autant de fautes que dans Baronius, il est trèsutile pour ceux qui ont les Annales de ce cardinal. Il sert à leur rappeler les faits principaux, qui y sout détaillés avec netteté et choisis avec jugement. Pour rendre ce recueil plus complet, Sponde y joignit les Annales sacrées de l'Ancien Testament jusqu'à Jésus-Christ, in-fol., qui ne sont proprement qu'un abrégé des Annales de Torniel. On a aussi de Sponde des Ordonnances synodales. La meilleure édition de ses OEuvres est celle de La Noue, Paris, 1639, 6 vol. in-fol. Son traité De cœmeteriis sacris, p\iblié en latin à Paris, avec des additions, en 1G38, iii-i°, après avoir été impr. en français à Bordeaux, 1596, in-12, renferme des recherches curieuses. Pierre Frizon , docteur de Sorbonne , a écrit sa Vie : son Eloge se trouve dans Nicéron et dans les Hommes illustres de Perrault. — Son frère aîné, Jean de Sponde, abjura aussi le calvinisme et mourut en 1595. On a de lui : des Commentaires sur Homère, 1606, in-fol. ; une JRéponscaii Traité de Bèze sur les Marques essentielles de l'Eglise, Bordeaux, 1595, in-8°.

SPOTSWOOD (JEAN^undes réformateurs de l'Ecosse, né l'an 1509, connut en Angleterre, où il s'était retiré lors des premiers progrès de la réforme dans son pays, l'évéque Cranmer, qui lui lit partager ses principes. Etant retourné en Ecosse vers 15i3, il prit part à la propagande réformiste et fut un des principaux collaborateurs du Livre de discipline et de la Profession de foi. Lorsque la religion presbytérienne fut établie, il lut nouuné surintendant , poste qui répond à peu près à celui d'évèque. Il mourut le 5 décembre 1585. — Son tils, Jean Spûtswood, né en 1565, succéda, dès l'âge de 18 ans, au père, dans les fonctions de pasteur de Calder. Il fut archevêque de Glasgow, puis de Saint-André, ce qui lui donnait la qualité de primat et de métropolitain de l'Ecosse. Ce fut lui qui sacra Charles 1" dans l'abbaye de Holyrood-House. II avait présidé en 1615 l'assemblée d'Aberdeen , pour établir l'ancienne discipline ecclésiastique et une certaine uniformité entre l'Eglise d'Ecosse et celle d'Angleterre. Il fui nommé chancelier d'Ecosse en 1635. .Mais quatre ans plus lard des tumultes populaires l'obligèrent de se réfugier en Angleterre, et il mourut à Londres en 1639, à 7i ans. Il avait terminé une Histoire de l'Eglise d'Ecosse, depuis l'an 203 de JSotre- Seigneur jusqu'au règne de Jacques VI, qui ne fut imprimée qu'en 1655.

SPKENGER (Placide), religieux bénédictin et historien, bibliothécaire du monastère do

Banz en Franconie, naquit le 27 octobre 1735, et mourut le 23 septembre 1806 à Lichtenfels, bourg de la principauté de Bamberg. où il s'était retiré, lorsque les couvents funuit sécularisés en 1803. Sprenger passait pour avoir des connaissances étendues en histoire et en bililiographie, et il contribua à répandre le goût de l'étude et des lettres dans les Etats catholiques allemands, par la publication de divers écrits, parmi lesquels on cite: Le Spectateur de la Franconie , Francfort, 1772, in-8°, dont il ne parut que quatre cahiers ; Littérature de l'Allemagne catholique, Cobourg, 1775-1788, 8 vol. in-8" ; Magasin littéraire pour les catholiques, Cobourg, 17:'2- 1795, 6 cahiers, in-8° ; Thésaurus rei patristicœ, Wurtzbouig, 178i-1792, 3 vol. in-V: cet ouvrage, qui n'est point terminé, otfre un extrait par ordre chronologique des Dissertations sur l'Histoire des Pères qui se trouvent dans les OEuvres des Pères Le Nourry, de Galland, etc. ; Histoire de l'imprimerie' à Bamberg, Nuremberg, 1800, in-i" ; Histoire de l'abbaye de Banz, d'après des documents authentiques, depuis lO'ôQ jusqu'en 1251, Nuremberg, 1803, in-8°.

SQUIRE (Samuel), savant anglais, né ea 171'i-, évoque de Saint-David , au pays de Galles, mort en 1766, a publié plusieurs ouvrages où il y a de l'érudition et du zèle contre l'incrédulité : L'ancioine Histoire des Hébreux vengée, ou Remarques sur le troisième volume du Philosophe moi-al, par Théophanes Canlabrigiensis, nom sous lequel il se cacha, Cambridge, l7il : on trouve dans ce livre une très-bonne notice des rois pasteurs de l'ancienne Egypte ; L'indifférence inexcusable en fait de religion, 1748, in-12; Principes de religion, 1763; Isis et Osiris, de Plularque, en grec et en anglais, Cambridge, 17i'i-, in-8°. Le texte grec est fort exact, et la trad. est estimée ; Essai sur la chronologie et la langue des anciens Grecs; Recherches sur h: constitution d'Angleterre.

STACRHOUSE (Thomas), théologien anglais, né en 1680 , mort en 1752, se fit un nom ]iar ses écrits contre Tyndal, Collins et Woolston, empiriques de la secte des modernes philosophes. Ses ouvrages les plus estimés sont : Le Sens littéral de l'Ecriture, 1738, 3 vol. in-8" : traduit en français. 3 vol. in-S" ; un Corps complet de théologie, dont on a aussi une version française ; une Histoire générale de la Bible, 173*2, 2 vol. in-fol., plusieurs fois réimprimée.

ST.\FFORD (Antoine), littérateur renorainé, né dans le comté '.ie-Northampton, d'une illustre famille, vers 1577, est auleur des ouvrages suivants : Niobé dissoute dans le Nil, ou le Siècle de Niobé noyé dans ses larmes. Malgré le titre bizarre "de cet écrit, il renferme de belles |)ensées, et le style en est l)ur et naturel. Méditations et Résolutions; la Vie et la mort de Viogènc; l'Orgueil de l'honneur; la Gloire du sexe, ou la Vie de la vierge Marie. Staiford eut à endurer, de la part des iniritaiiis et au sujet de ce livre, beaucoup d'attatines dont il sortit vainqueur : Le Triomphe de l'honneur et de la vertu sur la

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mort, manifesté dans la vie et la mort de Henri lord Slafford, vol. iii-4°. Antoine Stafford mourut à Londres vers 16't0.

STAGNI (Alexandre), écrivain ecclésiastique italien, naquit en 1700 à Montfalcon, dans le Frioul, et mourut le 10 juillet 18.36. Ses principaux ouvrages sont : Alcimi saggi concernenti i principali carattcri délia storia ecclesiastica, 1790; Dell' itiflnenza délia cattolica religione sul hene del priiicipato c ddla società , 1790; Opéra tkeologico -politica (contre le svnodede Pistoie), 1793; Le prove filosofico-politiche délia religione, 1832.

STALENS (Jean), né en 1395, à Calcar, dans le duché de Clèves, curé de Kées dans le même duché, y montra beaucoup de zèle à préserver son troupeau des nouvelles erreurs et à ramener à la foi de l'Eglise ceux qui les avaient adoptées. 11 entra ensuite dans la congrégation de TOratoire. Stalens mourut à Kévelaër le 8 février 1681, après avoir publié plusieurs ouvrages de controverse, dont les principaux sont : Sijntagma conlroversiarum fidei, 2 vol.; Papissa, monstrosa et mera fabula, Cologne, 1639, in-12, ouvrage savant, dont Bayle et Bloiulel ont profité pour réfuler cette lable si chère aux fanatiques de leur communion. {Voy. Benoit 111.) Instruction courte et facile pour connaître la vraie Eglise, Amsterdam, 1637, en allemand ; Pcregrinus ad loca sancta, Cologne, pour justitier les processions, l'invocation des saints; etc.

STANCARI (François), l'un des premiers promoteurs de la réfoiination en Pologne, naquit à Mantoue en 1301. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il l'abandonna pour se marier : car il avait adopté les nouvelles erreurs. Chassé d'Italie, il essaya de s'établir en Allemagne et d'y former une école ; on ne le lui p^-rmit pas. Il était à Villach, petite ville de Carintliie en 1530. L'évoque de Cracovie, qui ignorait soji changement de religion, ayant appris qu'il était habile dans Ja langue sainte, le lit venir et lui confla une chaire d'hébreu ; Stancari glissa dans ses leçons le venin de l'hérésie. L'évèque en fut averti et le fit mettre en prison ; mais il lui rendit presque aussitôt la liberté, sur les sollicitations de quelques seigneurs. Stancari se retira chez Stanislas Stadniski à Dubieko, où il ouvrit une école qui prospéra. Stadiiiski étant ro-^rt, Stancari trouva un asile chez Jérôme Philippow, et s'établit enfin chez Nicolas Olesnicki, à Pinckzovie, où il avait été appelé par ie comte d'Ostrorog pour réformer les églises de la Grande- Pologne. Il fonda une église réformée à Pinckzovie, fit vider les monastères , briser on lorûlerles images, et dressa des règles de Information pour toutes les églises qui embrasseraient la réforme. Ayant été envoyé en Prusse, afin de professer l'hébreu à Kœnigsberg, il y demeura une année et eut un vif démêlé avec Osiander, au sujet de la justification et de la qualité sous laquelle Jésus- Christ est notre médiateur. Osiander prétendait que c'était en qualité de Dieu , et que Jésus-Christ était notre justice selon sa na-

DicTiONN. DE Biographie relig. III.

ture divine. Stancari, croyant trouver une erreur dans cette doctrine, la combattit avec feu, mais tomba lui-même dans une erreur opposée, en soutenant que Jésus-Christ n'est notre médiateur que selon sa nature humaine. Son opinion fut condamnée dans plusieurs synodes. Il écrivit pour la justifier. On lui répondit, et il résulta de ces différends une lutte qui ne finit qu'avec lui. Il se plaint des persécutions qu'on lui fit éprouver, et compare les synodes qui le condamnèrent aux conciles célébrés contre saint Alhanase : Hoc morfo, dit-il, Constantius imperator arianus novem concilia celehravit contra sanc-

Ittm Athanasium, quem miris modis afjlixerant sed tandem reritas vieil. La comparaison était un peu ambitieuse. On a de lui : une Grammaire hébraïque, Bàle, 15i6; une Exposition de l'Epitrc de saint Jacques, avec la conciliation de quelques passages de l'Ecriture, Bâle, loi7. Bayle remarque que cette conciliation est tirée mot pour mot des Commentaires de Bullinger. De Trinitate et mediatorc Domino nostro Jesu Christo, adversus Henricum BuUingerum, Petrum martyrem, Joannem Calvinum, et reliquos Tigurinœ ac Genevensis ccclesiœ ministros, Ecclcsiœ Dei perturbatores, B;lle, 1547, in-8': c'est celui de ses ouvrages où l'on peut le mieux étudier sa doctrine. De Trinitate et unitate Dei, deque incarnatione Domini nostri Jesu Chrisli contra tfitheilas, arianos, eutychianos, macliarianos, ccrintliiunos, ebionitas et photinianos ; Opus novum de reformatione tum doctrinœ christianœ, tum rerœ intelligentiœ sacramentorum, cum matura consîderatione et fundamento Scripturœ sanctw et consilio SS. PP., Bâle, loi7, in-8° ; De dccem captivitatibus Jiidœorum ; De sanguine Zachariœ, etc. On trouve l'indication de ses ouvrages dans VEpitome de Gessner, page 207. Stancari mourut à Stobnitz le 11 novembre 1374, âgé de 73 ans. Stanislas Orichovius écrivit contre lui un livre intitulé Chimœra, Cologne, 1363, in-8°, qui contient, dit Bayle, beaucoup de raisons et beaucoupd'injures. C'était l'usage entre ces premiers réformateurs, tant ils étaient peu d'accord surles principes de leur réformation. STA.NDONCH (Jean), docteur de la maison et société de Sorbonne, né à Malines en 1443 d'une famille obscure, alla achever ses études à Paris et fut fait régent dans le collège do Sainte-Barbe, puis principal du collège do Montaigu. Ce dernier collège reprit son inicien lustre, et il en fut reg-irdé comme le second fondateur. Ayant parlé avec liberté sur la répuiliation de la reine Jeanne, femme du roi Louis XII, il fut banni du royaume j.our deux ans. Il se retira alors à Cambrai, où l'évèque, allant partir pour l'Espagne, le fit son vicaire spécial jionr tout le diocèse. Siandonch retourna à Paris après le temps de son exil, et continua de faite fleurir la piété et l'étude dans le collège de Montaigu. Il y établit les clercs nommés Frères de la vie commune ou de saint Jérôme [voy. Gérard le Grand), qui avaient déjà ouvert avec succès plusieurs écoles dans les Pays-Bas. Standonch leur bâtit des maisons à Cambrai,

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Valencieiines, Malines et Louvaia. Il drossa (les rèalemenls pour ces maisons. Du Boulai {IHstotre de Vunwersité de Paris, tora.VI, pag. 9i8) et l'abbé Ladvocat prétendent que ces règlements fournirent à saint Ignace, qui demeura quelque temps au collège de Montaigu, le plan de sa compagnie ; mais ceux qui ont quelques connaissances des règlements qui ont été en vigueur au collège de Monlaigu, de môme que dans les maisons que Standonch a fondées aux Pays-Bas, ri'en croient rien. Les constitutions des jésuites

Sortent tellement l'empreinte du caractère e saint Ignace, qu'on ne peut soupçonner 3u'il les ait empruntées d'un autre. Stanonch mourut saintement au collège de Montaigu, en 1504., après avoir rempli la place de recteur de l'université et avoir converti beaucoup de pécheurs par ses sermons. „ ,

STANISLAS (saint), né en 1030 de parents illustres par leur naissance et parleur piété, fit ses études à Gnesne et à Paris. De retour en Pologne en 1059, il fut élu évoque de Cracovie en 1071 ; mais ayant repris vivement Boleslas II, roi de Pologne, qui avait enlevé la femme d'un Polonais, ce prince, aussi cruel que voluptueux, le tua de sa propre main, dans la chapelle de Saint-Michel, le 8 mai 1079, oi:i il expira martyr de son zèle. On raconte que, dans un procès que lui suscita ce prince inique, il ressuscita un mort pour déposer en sa faveur ; mais les auteurs contemporains ne parlent point de ce miracle. A la chapelle où il tut tué, on bâtit une belle église, qui était sous la direction des Pères paulins ; mais son corps se conserve dans la cathédrale, où on lui a construit un superbe mausolée.

STANISLAS KOSTKA (saint), fils de Jean Kostka, sénateur polonais, et de Marguerite Kriska, sœur du palatin de Mazovie, né au château de Rostkow, en 1550, se distingua dès l'enfance par une tendre et fervente piété, et entra chez les jésuites après avoir surmonté avec beaucoup de courage et de constance les obstacles que sa famille apportait à sa vocation. Ses progrès dans la vertu en firent un saint dès le noviciat, duiaiit lequel il mourut à Rome, le 15 août 15(18, ûgô de 18 ans. Le pape Clément VUI le béatiiia en 1604-, et Clément X mit sa fête au 13 novembre. Le P. Dorléaiis a écrit sa Vie h la suite de celle de saint Louis de Gonzague, Paris, 1732, in-12. Son corps rei)0se h Rome, dans l'église de Saint-André, autrefois le noviciat des jésuites, dans une urne de lapis-lazuli ; mais l'on admire surtout, dans la chapelle qui lui avait servi de chambre, sa belle statue de marbre noir et blanc dont le sculpteur a tiré si ingénieusement parti. La Vie de saint Stanislas Kostka, traduite de l'italien de Cépari jiar Calpin, a été souvent i éimprimée ; elle fait partie des livres que les jésuites mettent entre les mains de leurs élèves.

STANISLAS I'"' ^Leckzinski ou LeszcziNSKi), roi de Pologne , grand-duc de Li- Ihuanie, duc de Lorraine et de Bar, né à L.eniberg, dans la Grande-Pologne, le 20 oc-

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tohre 1G82, du grand-trésorier de la couronne, fut député en 1704 par l'assemblée de Varsovie, auprès de Charles XII, roi de Suède, qui venait de conquérir la Pologne. 11 était alors âgé de 22 ans, palatin de Posen, général de la Grande-Pologne, et avait été ambassadeur extraordinaire auprès du grandseigneur en 1699. Sa physionomie était heureuse, pleine de hardiesse et de douceur, avec un air de probité et de franchise. Il n'eut pas de peine à s'insinuer dans l'amitié du roi de Suède, (|ui, en 1705, le lit couronner roi de Pologne h Varsovie. Le nouveau roi suivit Charles XII en Saxe, où l'on conclut, en 1706, un traité de paix entre les deux rois d'une part, et le roi Auguste, qui renonça à la couronne de Pologne, et reconnut pour légitime souverain de cet état Stanislas. Le nouveau monarque resta avec Charles XII, en Saxe, jusqu'en septembre 1707. Ils revinrent alors en Pologne et y firent la guerre pour chasser entièrement les Moscovites. Le czar fut obligé d'en sortir en 1708; mais le roi de Suède, ayant trop poussé son ennemi après avoir remporté plusieurs avantages sur lui, fut défait entièrement luimême au mois de juillet 1709, à la bataille de Pultawa. Stanislas ne se trouvant pas en sûreté dans la Pologne, où les Moscovites revinrent et où le roi Auguste reprenait de l'ascendant, fut obligé de se retirer en Suède, puis en Turquie. Les affaires de Charles Xil n'ayant pas pu se rétablir, Stanislas se retira dans le duché de Deux-Ponts et ensuite en Alsace. Il vécut dans l'obscurité jusqu'en 1725, que la princesse Marie, sa fille, épousa Louis XV, roi de France. Après la mort du roi Auguste, en 1733, ce prince se rendit en Pologne dans l'espoir de remonter sur le trône. Il y eut un parti qui le proclama roi ; mais son compétiteur, le prince de Saxe, devenu électeur après la mort du roi son père, soutenu de l'empereur Charles 'VI, et de l'impératrice de Russie, l'emporta sur le roi Stanislas. Ce prince se rendit à Dantziek pour soutenir son élection ; mais le grand nombre qui l'avait choisi céda bientôt au petit nombre qui lui était contraire. Dantziek fut jiris; Stanislas, obligé de fuir, n'échappa qu'à travers beaucoup de dangers, et à la faveur de plus d'un déguisement, après avoir vu dans sa propre patrie sa tête mise h prix par le général des Moscovites. Lorsque la paix se ht , en 1736 , il renonça au royaume qu'il avait eu deux fois, et conserva le tiire de roi. Il eut la jouissance des duchés de Lorraine et de Bar, qu'il rendit heureux. Stanislas soulagea ses peuples, embellit Nancy et Lunèville par des places publiques et des édiûces superbes, lit des établissements utiles, dota de [lauvres filles, fonda des collèges, bâtit des hôpitaux, éleva la magnifique maison de la Mission royale, se montra en tout l'ami delà religion eide l'humanité. La Lorraine jouissait de ses bienfaits, lorsqu'un accident hâta sa moit : le feu prit à sa robe de chambre, et ses plaies lui causèrent une fièvre qui l'enleva au monde le 23 février 1766. Son corps fut déposé dans la chapelle de

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Notre-Dame do Bon-Secours, près de Nancy, où l'on voit son mausolée vis-:i-vis de celui de son épouse. On lit sur une pyramide cette application heureuse d'un passage du IP liv. des Rois : Snivnvit me Dominus a contrndictionibus populi nui. Sa mort fut un deuil public, et les pleuis de ses sujels sont le plus bel éfoge que nous puissions faire do ce prince. Charles XII disait de lui cju'i'/ n'avait jamais vu d'homme si propre à concilier toxis les partis. Dans sa jeunesse, il s'était endurci à la fatigue ; il avait forlitié son esprit en fortifiant son corps. Il couchait toujours sur une espèce de paillasse , n'exigeant jamais aucun service de ses domestiques auprès de sa personne. 11 était d'une tempérance peu commune dans ce climat ; libéral , chéri de ses vassaux, et peut-être le seigneur polonais qui eût le prjsdamis. Il fut en Lorraine ce qu'il avait été dans sa p.itrie, doux, afl'able , compatissant, parlant avec ses sujets comme avec ses égaux, partageant leurs peines, et les consolant en père tendre. On lui donna d'une coannune voix le titre de Stanislas le Bienfaisant. Les revenus de ce prince étaient modiques; cependant, lorsqu'on voulaitapprécier ce qu'il faisait, on le croyait le plus riche potentat de l'Europe. On jieut voir sur ce sujet , Recueil des fondations et établissements faits par le roi de Pologne, duc de Lorraine, Lunéville , 17(32, 1 vol. grand in-l'ol. Ce prince avait beaucoup d'esprit ot de lumières : il protégeait les sciences et les arts. S'il avait été un simple i)arliculier, il se seraitdislingué par son talent pour la mécanique. Nousavons de lui divers ouvrages de philosophie, de politi(jue et :ie morale , im|)rimés d'une manière élégante sous ce titre : OEuvres du philosophe bienfaisant , 17G5, en 4 vol. in-8°. Un attachement sincère et éclairé à la religion, beaucoup de zèle contre les erreurs modernes, une aversion décidée contre le philoso.ihisme de son tem|)S, le véritable amour des hommes, le désir de les voir heureux, la sagesse des [uincipes, la grandeur des vues , les leçons courageuses données aux princes, rendent cetie collection précieuse. On découvre particulièrement combien sa manière de voir était juste et profonde dans une prédiction sur le sort de la Pologne, publiée en langue indigène sous le titre de La voix libre du citoyen, et insérée dans les OEuvres du philosophe bienfaisant, sous le titre d'Observations sur le gouvernement de la Pologne. « 11 est certain, dit Sta- « nislas , c[ue i'édiiice de noire république « s'alfaisse par son propre poids, et rienfieut- « être ne seracoinparaide un jour à ses raal- K heurs. Je ne pense iju'avec crainte k tout « ce qui nous environuL'. Nous croyons que « nos voisins, par leur propre jalousie, s'in- « téressent à notre conservation : vieux pré- « juj;é qui nous trompe, ridicule entêtement, « qui autrefois a fait perdre la liberté aux « Hongrois, aux Bohèmes, et qui nous l'en- « lèvera sûrement , si , nous appuyant sur « une espérance aussi frivole, nous couti- « nuons à demeurer désarmés. Notre tour « viendra sans doute, où nous serons la proie

« de quelque fameux conquérant. Peut-être « même les puissances voisines s'accorde- « ront-elles à se partager nos Etats. Il est « vrai qu'elles sont les mômes que nos pères « ont connues, et qu'ils n'ont jamais appré- « hendées ; mais ne savons-nous point que « tout est changé dans les nations ? Elles ont « à présent d'autres mœurs , d'autres lois, « d'autres usages, d'autres systèmes de gou- (' vernement , d'autres f.çons (Je faire la « guerre, j'ose môme dire, une plus grande « ambition. Cette ambition s'est augmentée « avec les moyens de la .satisfaire, etc.» Voy. diverses observations dans le Journ. hist. et litt. , 1" juin 179.3, pag. 202. On a imprimé OEuvres choisies de Stanislas, roi de Pologne, duc de Lorraine et de Bar, précédées d'une Notice historifjue par madame de Saint-Ouen, 1825, 1 vol. in-8°. Labbé Proyart a publié ïUistoire de ce prince, 1784-, 2 vol. in-12. — M. l'abbé Migne a reproduit le Philosophe chrétien, de Stanislas 1", dans le tom,; X de sa grande' collection des Démonstrations évangéliques, Vâr\s (Montrouge , 18i3-1849, 18 vol. in-4-°.

STANISLAS CZERNIEWICZ, vice-provincial des jésuites dans la Russie Blanche, est connu par la manière dont il a soutenu l'existence de la société dans l'empire de Russie , dont cette province était dépendante. Voyant que non-seulement le bref de sui)pression ne s'y publiait pas, mais que la cour de Rome n'insistait pas sur la publication, ni près de l'impératrice, ni j^rès des jésuites, il prit le parti de maintenir toutes choses in statu quo. 11 sauva ainsi quelques débris de celte société célèbre; et pour nous servir des paroles de Cicéron : Nobilissimam familiam jam nd paucos reductam pêne ab interitu vindicavit. C'est certainement en vain qu'on a cherché à lui en foire un crime. Ceux môme qui prétendent, cmtre l'Oidnion générale et la pratique, contre l'irrésistible argument tiré de la validité des mariages clandestins , qu'il suffit qu'une lui ecclésiastique ait été promulguée à Rome pour qu'e le ait la force d'obliger, avouent qu'il y a toujours lieu à de justes représentations, et qu'on peut môme s'abstenir d'y déférer aussi longtemps qu on espère que le supérieur, après les éclaircissements qu'on veut lui faire parvenir , ou révoquera la loi, ou n'en exigera pas l'observation. Et tel était le cas des jésuites russes, comme l'événement l'a très-bien démontré. Czerniewicz mourut le 18 juillet li8.o , âgé de 57 ans, à Stayki, village appartenant au collège de Pnlocz. Après sa mort, on vit circuler en Pologne et en Russie un écrit où l'on fait une pleine apologie de ce religieux, que les ennemis de la société ont trop légèrement accusé d'être réfractaire aux ordres du saint-siége. L'auteur de cet écrit, après avoir mont, é, par l'exemple d'un grand nombre de saints, que les décrets pontificaux en matière de disciphne, et en particulier relativement aux ordres religieux , n'obligent pas où ils n'ont pas été publiés, continue de la sorte : « Il savait tout cela ; cependant il « n'osa encore suivre cette route que lui

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« avaient ouverto id tiacée laiiUlu saints, et « pendant tant do siècles. Bien loin de là , « voulant montrer pour le bref du pape une « obéissancejusqu'ici sans exemple, il adressa « à rirapératrice de Russie un mémoire, pour « qu'il fût permis aux jésuites de la Russie « Blanche de se conformer aux volontés « du pontife , promettant que ces jésuites, « étant sécularisés, travailleraient avec au- « tant de zèle et d'ardeur qu'auparavant à se

« rendre utiles Il donna encore une au-

« tre preuve de sa soumission au bref de " Clément XIV. Quoique son ordre subsistAt « en son entier dans la Russie Blanclie, six « ans s'écoulèrent sans qu'il osât recevoir « des novices, bien qu'il y ertt un noviciat « de jésuites au collège do Polocz ; et il ne « rouvrit ce noviciat qu'après en avoir ob- « tenu, Ie28juin 1779, une permission for- « melle et authentique de l'évoque diocé- « sain, aujourd'hui archevêque de Mohilow, « qui avait lui-même reçu à ce sujet, du pape « Pie VI, actuellement régnant , un plein « pouvoir, signé à Rome le 15 août 1778, a avec le titre et le caractère de délégué apos- « tolique. Enfin, sur l'ordre donne en forme « d'ukase, par l'impératrice, le 5 juillet 1782, « et l'approbation du môme prélat, les jé- « suites de la Russie Blanche s'étant assem- « Ijlés en congrégation générale au collège « de Polocz, élurent le 17 octobre 1782, [)our « vicaire général, av( c toute l'autorité de gé- « néral, le P. Czerniewicz , qui a vécu dans « cette charge deux ans , neuf mois et un « jour. »

STANYHURST (Richard), né à Dublin en 1332, de prolestant se fit catholique, entra dans l'état ecclésiastique après la mort de sa femme, devint chapelain de l'archiduc Albert, et mourut à Bruxelles en 1618. On a de lui : De rébus in Hi/bernia geslis, Anvers, lo3i, in- 4"; Vita sancti Patricii, 1587, in-8° ; Description de l'Irlande, en anglais ; les quatre premiers livres de l'i'/i^irfe, traduits en vers anglais, Londres, 1383; Brevis prcemunilio, etc.. Douai, 1613, in-12. C'est une réfutation de la sottise de Jacques Ussérius, neveu de Stanyhurst , qui voulait prouver que le pape est réellement l'autechrist. — Son fils Guillaume Stanyuurst, jésuite, né à Bruxelles en 1601 , et mort dans cette ville le 10 janvier 1063, s'est fait un nom par son zèle à ramener les hérétiques à la foi de l'Eglise, par sa charité à servir les malades, iiarticulièrement les pestiférés, et par plusieurs livres ascétiques qu'il a publiés.

STAPFER (Jeam-Fkédkric) , célèbre théologien protestant, né ùBrougg, canton d'Argovie, l'an 1708, mort en 1773, pasteur de la paroisse de Diesbach, près de Thoun, dans le canton de Berne, a laissé les ouvrages suivants, imprimés h Zurich : Institaliones theologiœ poleinictr, 17'».3-'i-7, 5 vol. in-8' ; 2" édition, 1752; Fondements de la vraie religion, 1746-53, 12 vol. in-8'. L'auteur fit lui-même un abrégé do cet ouvi'ago, 175V, 2 vol.; La Morille chrétienne, 1756-66, 6 vol. iu-8'. — Trois frères do Stapfer, Jean, Albert et Daniel, se tirent aussi c"nunître . soii pnr dos

écrits, soit par les services qu'ils rendirent à l'église de Berne. Jean, né l'an 1719 , mort en 1801, premier professeur de théologie à l'académie de ce canton, se distingua comme prédicateur, et publia : llieologia analylica, Berne, 1763, in-i°: des Sermons, Berne, 1761- 1781, 11 vol. in-8°. Un 12' volume fut publié en 1805, par son frère Daniel, qui exerçait les fonctions de pasteur à la cathédrale de Berne.

STAPHYLE (Frédéric), natif d'Osnahruk, fut professeur de langue grecque à Breslau , et de théologie à Kœnigsberg. Il se réunit à l'Eglise romaine en 1553, et fut fait conseiller de l'empereur et du duc de Bavière. Il mourut en bon catholique , à Ingolsladt , le 5 mars 1564 , après avoir publié quelques ouvrages excellents, entre autres : De dissidiis hœreticorum, qui a été traduit par Stapleton, et imprimé à Anvers , 1565 , in-12 : Apologia de germano Scripturœ sacrœ intellectu, etc. L'archevêque de Salzbourg avait été chargé de lui remettre , de la pari du pape, le bonnet doctoral de couleur rouge, envoyé de Rome , et de le déclarer docteur en théologie et en droit pontifical. Yoy. les Annales de runiversite' d'Inyolstadt, tom. I".

STAPLETON (Thomas), controversiste catholique anglais, d'une ancienne famille du comté de Sussex, raquit à Henfield en 1535 , et fut chanoine de Clhchester. Les cruautés inouïes que l'on exerçait contre les catholiques dans sa patrie, l'obligèrent de se retirer en Flandre. Il enseigna l'Ecriture sainte à Douai, et fut pourvu d'un canonicat. Dégoûté du monde , il se fit jésuite ; mais sa faible sanlé l'obligea de quitter cet ordre. De retour à Douai, il obtint un canonicat en 1390, et succéda à .Michel Baïusdans la chaire d'Ecriture sainte à Louvain. Philippe II le nomma au doyenné d'Hilverbeeck. Ces emplois et ces bénéfices le mirent en état de faire de grandes largesses à ses compatriotes exilés pour cause de religion. Clément VIII , qui prenait plaisir à entendre la lecture des ouvrages de Stapleton, pendant ses repas, désira de l'avoir à Rome; m as ses infirmités habituelles et son âge déjà avancé ne lui permirent point de se rendre au vœu du pape. II mourut à Louvain le 12 octobre 1598. Stapleton, d'un caractère doux et aimable, avait la piété en partage; il possédait très-bien les belles- lettres , était versé dans le grec et l'hébreu, la théologie et l'histoire. Les hérétiques, qu'il confondit dans ses écrits, ont rendu hommage à son savoir, et le cardinal du Peii'on le met à la tête de tous les controversistes. Il faut avouer cependant que Bellarmin le surpasse dans la science de 1 Ecrilure, dans la lecture des Pères , et dans les connaissances historiques , et que du Perron les surpassa tous deux dans l'exactitude à discerner ce qui est de foi d'avec ce qui n'est que d'opinion. Ses ouvrages ont été recueillis et im])rimés à Paris, 1620, h vol. in-fol.; les plus remarquables sont : ses Ecrits polémiques ; les Vies de saint Thomas, ajjôtre, de saint Tliomas de Cantorbéry, et de Thomas Morus, données sous le titro de Très Thomœ, Douai, 1688, in-12. On trouve

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dans le môme volume VEIorje funèbre d'Aruold de Ganthois . abbé di^ Marchiennes ; Apologie de Philippe II, contre les calomnies d'Elisabeth, reine d'Angleterre. On voit à la tête de cette collection sa Vie par Henri Holland.

STARCK (Jean-Auguste), docteur en philosophie et eu théologie, prédicateur en chef de la cour de Hesse-Darmstadt, né à Schweriu le 29 octobre 1741 , ne se distingua pas moins comme homme de lettres que comme savant théologien. 11 fut appelé, en 1770 , à Kœnigsberg, pour y occuper une chairedethéologie et poury prêcher ii la cour. L'année suivante il se dorait de ses places, et seretiraàMittau. En 1781,1a cour de Darmstadt lui conféra l'office de premier prédicateur, et la première place dans le consistoire. 1! n'accepta que la première de ces fonctions ; et s'étant choisi un petit nombre d'amis, il s'en tint à eux, vécut parmi ses livres, et renonça au reste de la société, pour se livrer avec plus de liberté à ses travaux. Il mourut en mars 1816, h l'âge de 75 ans. Il a laissé de nombreux ouvrages sur la littérature et sur la religion. Ces derniers sont : Histoire du premier siècle de l'Eglise chrétienne, Berlin, 1779, et 1780, 3 vol.; Pensées et considérations franches sur le chiistianisme, Berlin, 1780; Essai d'une histoire stir l'arianisme, Berlin, 1783, 2 vol.; .'-ur le cryptocatholicisme contre les réilacteurs du Journal de Berlin, Francfort, 178.5-86. 3 vol.; Histoire du baptême des anabaptistes, Dessau, 1789; Le triomphe de la philosophie dans le xviii* sir'cle, Francfort, 1803. 2 vol.; Le banquet de Théodule , ou Entretiens philosophiques sur la réunion des différentes communions chrétiennes, 1 gros vol. in-8'', Paris, 1818, qu'on dirait avoir été composé tout exprès ]50ur faire l'apologie delà religion catholique. Les deux derniers ouvrages ont attiré à Starck beaucoup d'ennemis, les uns parmi les partisans de la philosoiiiiie moderne , dont il signale les dangers ; les autres parmi les protestants, qu'il montre, en général, trèsraédiocremenl attachés aux dogmes de la réformation, et livrés à un indifférentisme qui ne laisse plus parmi eux que l'écorce de l'ancienne religion protestante , et la réduit au pur déisme. Il y a sur cet ouvrage un inté.essant article dans VAmi de la religion , t. XVI, p. 05. — Dans un voyage que Starck fit à Paris, en 1765, il avait, dit-on, embrassé le catholicisme, mais sans donner aucun éclat à cet acte important.

STATOR (Pierre), né à Thionvdle, embrassa le calvinisme, puis le socinianisme à Genève, d'où il se retira en Pologne, de peur d'essuyer le même sort que Michel Servet; il écrivit ensuite contre la divinité du Saint-Esprit, puis redevint calviniste, parce que ses intérêts le demandaient, et mourut vers 1568. H a eu beaucoup de part à la Bible polonaise, 1563, in-fol., à l'usage des unitaires de Pologne, et a fait quelques écrits polémiques. — Son fils Pierre , appelé S^omsÂi, fut nommé ministre socinien à Rakovie, où il mourut en 1605, après avoir publié

plusieurs ouvrages en faveur de son parti.

STAUDIGL (Ulrich), religieux bénédictin, était né le 9 octobre 16H à Landsberg sur le Lech, où son père était brasseur. Son savoir et son mérite le firent nommer procureur-général pour négocier à Rome la réunion de tous les monastères de l'ordre do Saint-Benoît, en Bavière, en une seule congrégation, et il réussit à terminer cette affaire, en ICS'i.. il mit à profit le temps de son séjour îi Rome pour étudier le droit civil et la médecine, et un biographe a dit de lui qu'il est peut-être le seul sujet qui ait été revêtu du grade de docteur en toutes les facultés , savoir, de philosophie, de théologie, de médecine et de droit. Staudigl, de retour à son monastère d'Andechs, reçut de nouveaux emplois, et il y mourut le 8 mars 1720. En 1686, il avait fait imprimera Rome : Omnium scientiarum et artiuni Organon univcrsale seu Logica practica, etc., 1 vol. in-8°. 11 traduisit en latin les Applausi festivi nella so- Icnnità d'alcuni santi , de Philippe Picinelli, et le Traité des études monastiques , de Mabillon.

STAUPITZ (Jean), Staupitius , vicaire-général de l'ordre des Augustins, néenMisnie d'une famille noble , fut le premier doyen de la faculté de théologie de l'université de Wittenberg. Staupilz y appela d'Erfurt, en 1508, le fameux Luther, poury être professeur en théologie ; mais lorsque cet hérésiar- (|ue répandit ses erreurs, Stau[>itz se retira Ji Salzbourg, où il fut abbé de Saint-Pierre, et où il termina sa vie , en 1527. On a de lui, en allemand : un Traité de l'amour de Dieu ; un .mtre de la foi chrétienne, traduit en latin, Cologne, 1624, in-8"; un traité de l'/mîïa^î'orî de la mort de Jésus-Christ.

STEELE (Richard), littérateur, né en 1675, .suivant Mathan Drake , ou 1671 , suivant Chalmers, à Dublin en Irlande, de parents anglais, passa de bonne heure à Londres pour y faire ses études, et eut pour condisciple le célèbre Addison, avec qui il conlraclauneamitié qui dura autant que leur vie. Il entra, malgré sa famille, comme simple soldat dans les gardes à cheval; mais ayant dédié au lord Cutts son Héros chrétien, cette attention lui valut le grade de capitaine dans un régiment de fusiliers. Il quitta la carrière des armes, pour s'adonner entièrement h la littérature. En 1701 il donna lesFunérailles ou le Chagrin à la mode : c'est la première de ses comédies qui ait eu du succès. Deux ans après une deuxième pièce de Steele fut aussi trèsbien accueillie; mais une troisième ayant été silllée , l'auteur se dégoûta du théâtre et se mit h publier le Babillard (The laller). II eut beaucoup départ aux écrits périodiques d'Addison. Ils donnèrent ensemble le Spectateur, hoi\ûies, 1733, 8 vol. in-12; traduit en français, 9 vol. in-12, ou 3 in-4°; puis le Mentor, Londres, 1734, 2 vol. in-12. Steele étant devenu paralytique, se retira dans une de ses terres près de Caermarthen, où il mourut en 1729. C'était un philosophe chrétien , ■ qui n(! faisait pas cas des talents, s'ils n'étaient appuyés sur la vertu. On a de lui un

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grand nombre d'Ecrits polilHiurx, la Bibliothèque des dames, traduite en français , en 2 vol. in- 12; le Tatln- (le Babillard), 1733, 4vol. in-12, Londres; l Anglais , ('■crits périodiques; Histoire ecclé.<iasti(fHe de Borne, pendant les dernin-es années, 1715, 'i- vol. in-8°, qui n'est qu'une trnd. de l'italien, et qui a été trad. en français par Sallengre, 1710, in-8°.

STEFANUCCl (Houace) , savant jésuite italien , élait né h Anagni , le 10 octobre 1706 : il entra le 11 octobre 1723 dans la compagnie de Jésus h Rome, qu'il illustra par de grands talents, de la piété et toutes les vertus de son état. Il avait éludié h fond le droit canonique : il le professa avec le plus grand succès dans le collège germanique, depuis l'an 17V8 jusiiu'îi l'an 1773, c'^sf-à-dir e i^endant vingt-cinq ans. Il eut et mérita l'estime d'illustres persoiuiages, tels quelecardin.il Jean-François Albani, et le cardinal duc d'York. Tous deuv le prirent pour leur confesseur et pour leur théologien. Le dernier le chargea de la rédaction des actes du synode qu'il avait tenu h Frascati , dont il était évêque. A la supjiression des jésuites, le P. Slelanucci partagea le sort du P. Ricci , son général , et fut , ainsi que quelques autres de ses confrères , arrêté et enfermé au château Saint-Ange; ce qu'il dut en partie h son attachement pour sa compagnie et pour celui qui en était le chef. Il mourut dans cette forteresse, le 3 fév. 1775, pendant la vacance du siège pontitical. Le conclave assemblé lui fit faire d'hnnorables funérailles, dans l'église de Sainte-Marie in traspontina, où il lut inhumé. Il est auteur d'un grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels nous citerons les suivants : La Vita di sanla Vebronia , vcrgine e martirc , tradotta dal greco in franccse, colT aggiunta d'akune annotazioni, dal Padre GianFranresco Battus, dclla compagnia di Gcsu, c dal francese tradotta in italiano da un altro rcligioso (le P. Stelanucci), dclla medesima compagnia, lîome, 17o'2; In titulum XLI , libriiu, deiretaliam de celebratione missarum etdirinis officiis disscrtatio canonica, Koma, 1755; livre où se trouvent réunis l'ordre , l'érudition, le jugement et une docte et sage critique; Synodas Tusculana, celebrata anno 1763, cum appendice, Rome, lIGï, 2 gr. vol. in-4°. C'est le synode de Frascati dont il est parlé plus haut. On peut regarder cet ouvrage comme un abrégé de théologie morale, dogmatique et canonique, enrichi de tout ce qui peut le mieux contnjjuer h l'instr-uction des ecclésiastiques. De appcllalionibus ad sedem apos- (dlicain disscrtatio, Rome , 1768. Il a laissé inédites plusieurs autres dissertations, parmi lesquelles il s'en trouve une intitulée : De electione simoniaca , qu'on présume avoir occasionné son arrestation, quoique cet écrit evlt été composé dès 1760 , et par ordre du cardinal duc d'York.

STEINGI'X (CuAiiLEs), bénédictin allemand du xvn' siècle, s'est lait connaître j)ar une Histoire de son ordre en Allemagne , 1619 et 1638, 2 vol. in-fol., et par quelques ouvrages lie iiiété. Parmi ces derniers, ou distingue la

Vie de saint Joseph, Munich, 1616. in-8°. Ce petit ouvrage est assez recherché pour les singularités qu'il renferme, et pour les jolies figures dont il est orné.

STELLA (Jean), est connu ]iar les Vies des souverains pontifes, qu'il a données au public. Cet ouvrage, digne de grands éloges, fut imi:)rimé à BAle par Michel Furfer, l'an 1507. 11 commence à saint Pierre, et finit au commencement du règne de Jules II.

STELLA nu plutôt EsTEiA (Didace), Espagnol de l'ordre de Saint-François, se distingua dans la chaire, fut confesseur du cardinal de Granvelle, et enseigna la théologie à Madrid. Il mourut vers l'an 1382. On a de lui : De modo coruionandi ; un Commentaire sur saint Lue et sur le psaume cxsxvi ; De vanitnte et contemptu mundi , etc.

STELLART (Prosper), né à Toumay vers 1586, se fit augustin, fut prieur, visiteur de la province belgique, fit un vovage en France et en Espagne, se rendit îi Rome pour les affaires de son ordre, et mourut à Gacte, dans le royaume de Naples , le 10 aoOt 1626. Il avait de la littérature , mais i)eu de critique. Ses principaux ouvrages sont : De coronis et tonsuris pagnorum , judœorum , christianorum, etc.. Douai, 1023. Il y a beaucoup de savoir, mais souvent étranger à son sujet. Bulilii Benzonii Bomani dissertationes et commentaria in Magnificat, etc.. Douai , 1625, in-fol.; Fxindamina et regulœ omnium ordinum monasticorum et militarium , Douai, 1626, in-V; Annales monastiei, Douai , 1627, in-'i°. Il ne va que jusqu'à l'an 600. Il y a beaucou[i de faits apocrvrihes.

STENGELIÛS (George), jésuite d'Augsbourg, docteur et professeur en théologie, recteur du collège de Dillingen, mnrl h Ingolstadt, l'an 1631, à 66 ans, a publié plusieurs ouvrages, entre autres : les Vies des saints Willibald, Wunibad et Walburg, liO'^orés à Aichstaedt, d'aprèsun vieux manuscrit ; Judcx et dux hœrcticorum hujus ttmporis: des ouvrages polémiques, entre lesquels il y en a plusieurs contre Jacques Reihing (voti. ce nom). — Il ne faut pas le confondre avec Laurent Stexgelius, dont on a un Traite' sur les monstres, assez bien écrit en latin , où il y a des choses curieuses , des vues sages et chrétiennes, mais pas toujours assez de discernement et de critique.

STERNE (Laurent), curé et prédicateur anglais, m^ à Clonmel, en Irlande, le 24 novembre 1713, eut l'esprit bouffon et frondeur de Rabelais. Il excitait le rire, non-seulement par ses plaisanteries, mais ] ar une figure singulière , et une façon de s'habiller plus singulière encore que sa figure. Malgré le revenu de ses bénéfices et le produit de ses ouvrages, doi;t la seconde édition lui valut 2'i, 000 livres, il mourut très-pauvre en 1768, à Londres. Son goAt pour la dépense était extrême, et sa succession ne i roduisit à sa femme et à sa fille que des dt ttes. Ses ouvrages, traduits en français [lar Fresnais, de Bo mai et Salaville, ont été laibliés par Bastien, 1803, 6 vol. in-8". Ou avaii déj.à donné, en français : Voyage sentimental, in-12, plein

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de frivolités, de sentiments romanesques, mous et lâches, noyés dans le plus ennuyant verbiage; et le second, Ln vie et les opinions de Tristram Shandij, 4 vol. in-12. C'est une boufronnerie continuelle , dans le goût de Searron. — Tel est l'article que les diverses éditions de Feller ont reproduit sur un écrivain, trop souvent licencieux, qui jouit d'une certaine popularité parmi les Anglais, article que nous n'aurions point conservé dans ce Dictionnaire, malgré les Sermons assez nombreux (on 6 vol. sous le noui d'Yorick), que nous pouvions ajouter à la liste des ouvrages de Sterne , si nous n'avions pensé qu'on trouverait ici avec plaisir quelques réilexions qu'il écrivit à son point de vue sur le caractère des livres sacrés , de même qu'ailleurs nous avons cru intéresser en rappelant une composition religieuse de Molière. Voici en quels termes l'autiuir du Voi/ar/e sentimental établit la comparaison entre iélo(iuence profane et l'i'loquence sacrée : « Il y a deux « sortes d'élo(iuence ; l'une en mérite h peine « le nom : elle consiste en un nombre fixe « de périodes arrangées et compassées , et « de figures artificielle s , brillantées de mots « à prétention. Cette éloquence éblouit, mais « éclaire peu l'entendement. Admirée, nll'ec- « tée par les demi-savants, dont le jugement « est aussi faux que le goût est vicié, elle est « entièrement étrangère aux écrivainssacrés. « Si elle fut toujours estimée comme étant « au-dessous des grands hommes de tous les « siècles, combien à plus forte raison a-t-elle « dû paraître indig'ie de ces éciivains que « l'esprit d'éternelle sagesse animait dans « leurs veilles , et qui devaient atteimlre à « cette force, cette majesté, cette simplicité « à laquelle l'homme seul n'atteignit jamais! « L'autre sorte d'éloquence est entièrement « opposée à celle que je viens de censurer, « et elle caractérise visiblement les saintes « Ecritures. Son excellence ne dérive pas « d'une élocution travaillée et amenée de « loin, mais d'un mélange étonnant de sira- « plicité et de majesté , double cyractère si « difficilement réuni, qu'on le trouve bien « rarement dans les compositions purement « humaines. Les pages saintes ne sont pas « chargées d'ornements superflus et alfertés. « L'Etre infini ayant bien voulu condescen- « dre à parler notre langage pour nous ap- « porter la lumière de la révélation, s'est « plu sans doute à le douer de ces tourruires « naturelles et gracieuses qui devaient péné- « trer nos âmes. Observez que les plus grands « écrivains de l'antiquité, soit grecs , soit '< latins, |)erdent infiniment des grAces de « leur style quand ils sont traduits litu'rale- « ment dans nos langues modernes. La «fameuse apparition lie Jupiter, dans le « premier livie d'Homère ; sa pom[)euse « descriiition d'une tempête; son Neptune « ébranlant la terre; et l'entr'ouvrant jusqu'à « son centre; la beauté des cheveux de sa « Pallas; tous ces passages, en un mot, ad- « nnrés de siècles en siècles, se flétrissent « et d.sparaissont presque entièrement dans « les versions latines. Qu'on lise les traduc-

« tions de Sophocle, de Théocrite, de Pindare « même , y trouvera-t-on autre chose que « quelques vestiges légers des grâces qui « nous ont charmés dans les originaux?

« Concluons que la pompe de l'expression , « la suavité des nombres et la phrase musi- « cale constituent la plus grande partie des « beautés de nos auteurs classiques , tandis « que celle de nos Ecritures consiste plutôt « dans la gi'andeur des choses mêmes que n dans celle des mois. Les idées y sont si « élevées de leur nature, qu'elles doivent « paraître nécessairement sublimes dans leur « modeste ajustement : ellesbrillent h travers « les plus faibles et les plus littérales ver- « sions de la Bible. »

STERZINGER (Ferdinand) , religieux de l'ordre des Théatins , né le 2'i. mai 1721 à LichtenwOrtb, dans le Tyrol, oi!l le ch.lteau de sa famille était situé, professa pendant trois ans la théologie morale à l'université de Prague , puis , en 1753 le droit canon à Munich. En 1762, il fut élu supérieur de son couvent et membre de l'académie des sciences, nouvellement établie par l'électeur Maximilien-Joseph, et il débuta par un discours Sur le préjugé de la sorcellerie , en 1766 , à l'occasion de la fête de l'électeur. Il combattit aussi avec vivacité les idées et les opinions de Gassner, dans les opérations duquel il ne voyait qu'illusion et cliarlatanisme. Sterzinger mourut le 18 mai 1786. On cite encore de lui : Positiones selertœ ex philosophia mentis (1755), et sensuum (1756), in-l'ol. : ces deux thèses firent du bruit par leur hardiesse; Disputatio canonira de quinto Hhro Decretalium, 1761, in-fol.; Disputatio de jurisprudentia ecclcsiastica, 1764, in-4-°; Pensées sur l'amour de la vérité, 176'i-, in-4% en allemand, ainsi t[ue les productions suivantes : La magie tromperie et la sorcellerie rêverie , 1767, in-^"; Les merveilleuses cures de Gassner dévoilées, 1775, in-8° de 55 pages. La même année il en parut une deuxième édition, augmentée d'un Catéchisme sur les esprits, dans lequel il combat une foule de croyances populaires. Cet érrit fut attaqué dans un pamphlet anonyme, intitulé : Question : Le Catéchisme sur les esprits est-il un catéchisme catholique? Augsbourg, Ilieger, 1775, in-8' (le 48 pages; Introduction chronologique à Vhistoire ecclésiastique , Munich, 1764-1778, 5 vol. in-8°. Cet abrégé, qui s'arrête à l'an 1700, est pro|irement une continuation du travail de Pfefl'el; la préface est de P. d'Osterwald. — Antoine-Uegalat Sterzinger de Salzrein, né l'an 1751 à Inspruck, fut professeur de théologie, conseille,' épiscopal, et, depuis 1785, curé de l'église académique de sa ville natale. Il publia en allemand deux Dissertations sur le baplême et sur la confirmation, 1777 et 1778, in-8°, et traduisit de cette langue en italien une Histoire du Tyrol, 1780, in-8'.

STEUCUS ou Steuco (Augustin), surnommé Eugubinus, parce qu'il était né à Eugubio, dans le duché d'Urbin , en 1496, se fit chanoine régulier de la congrégation du Sauveur, devint garde de la bibliothèque apostolique , et évêque de Kisamo en Candie. Il

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iwonrut h Venise en 13i9. On a de lui des Notes sur le Pentateuque, des Commentaires sur i7 fisaurnes, et d'autres ouvrages imprimés à Paris , en 1577, et à Venise, 1591, en 3 vol. in-fol.

STKVART (Pierre), natif de Liège, enseigna la théologie à Ingolstadt, et y fut fait curé , emploi qu'il remplit très-longtemps avec beaucoup de zèle. Il devint ensuite chanoine de l'église de Liège, et gr;uid-vicaire. Foppens, dans la Bibliolhrca belf/ica, et les lexicograiihes, se trompent sur l'annén de la mort et sur l'clge de Stévart. Il est prouvé, dit Feller, par le monument sépulcral qui est dans l'église de Sainte-Walburge (couvent des religieuses, et iiaroisse en même temps, dont il est le fondateur), qu'il est mort le 27 avril 162V, à 77 ans. On a de lui : des Commentaires sur plusieurs Epitres de saint Paul; une Apologie des jésuites , contre Lyserus, Ingolst.idt , 1575; une Edition des quatre livres de Manuel Calecas , contre les erreurs d'S Grecs, avec des notes, 1608, in-4% et dans la Bibliothèque des Pères; Recueil de dix-sept auteurs tant grecs que latins, q\ii fait le septième tome des Antiquœ lectiones de Canisius. Ce recueil avait été publié à Ingolstadt, en 1616, in-i°; Manière de louer Dieu par les psaumes; Commentaire sur la Vie de sainte Walburge, 1616, in-4-°.

STEVENS (Corneille), né le 26 décembre ÎTW, à Wavre , diocèse de Namur, tit ses études à Wavre et à Louvain, fut reçu lisfucié en théologie le 19 mai 177V, et ordonné prêti e le 2S du même mois. En 1783, il quitia Louvain et devint chanoine gradué de la cathédrale de Namur, puis, l'année suivante, examinateur synodal. Appelé à Malines par le cardinal de Franckenberg et admis dans son conseil pour l'examen des professeurs du grand séminaire, l'abbé Stevens se prononça en 1707, contre la déclaration de la souveraineté du peuple qu'on voulait exiger des ecclésiastiques belges, et contre le serment de haine à la royauté et h la monarchie, qui fut demandé quelque temps après. Il tut alors obligé de se cacher, et il resta confiné dans la retraite qu'il s'était choisie jusqu'au mois de février 181i. En 1794 on le nomma vicaire-général de Namur; il administra ce diocèse au nom de l'archevêque de C;;mbrai qui en était métropolitain, et du souverain pontife Pie VI, dont il tenait ses pouvoirs. En 1800, 1801 et 1802, il publia, en cette qualité , [)lnsieurs lettres pastorales , dans lesquelles il recommandait aux fidèles la fuite (les |)laisirs , les prémunissait contre la lectnre des mauvais journaux, et exhortait les ecclésiastiques assermentés à se rétracter, défendant d'ailleurs de rien publier pour ou contre le serment et de traiter ces qiieslions en chaire ou dans les catéchismes. Sa lettre pastorale du 20 janvier 1801 est pleine de sages avis au clergé sur l'oraison , sur le bréviaire, sur la célébration de la inesse, etc. En 1802, le concordat ayant été publié et exécuté, Stevens résigna ses pouvoirs entre les mains du nouvel évoque , Mgr Bexon. C'est <\ tort ipi'on lui a reproché de s'être op-

posé à cet acte de la suprématie pontificale, il en reconnut au contraire la validité et la légitimité ; mais il ne consentit jamais à admettre les articles organiques. Ce fut à cette époque qu'il s'éleva à son sujet un schism^e véritable, auquel d'ailleurs il ne prit aucune part. Quelques fidèles du diocèse de Namur, aj'ant à leur têle deux religieux et un prêtre séculier , refusèrent de se soumettre à la nouvelle administration. Stevens, dont ils s'obstinaient à reconnaître lajuridiction, les blâma énergiquement , et s'efforça de les ramener; mais il ne put y réussir, et ils persistèrent dans leur opposition. On a cependant, par l'effet d'une fAclieuse méprise, appelé ces schismaliques stevenistes , et ce fut là une des causes des jugements inexacts portés sur Stevens. Depuis 1802 jusqu'à la chute de l'empire, l'abbé Stevens fut dans un état constant d'opposition contre le gouvernement impérial, et ses écrits, imprimés clandestinement et répandus en Belgique , cnntiibuèrent à y exciter im profond mécontentement. La police aurait voulu s'emparer de sa personne, sa tète même fut mise à prix pour trente mille francs; mais il échappa à toutes les recherches. Il attaqua successivement le serment de la Léginn-d'Honneur, qu'il considérait comme illicite, quoique plusieurs prélats l'eussent prêté ; le catéchisme de l'empire, qui ét.iit à peu près celui de Bossuet , mais avec quelques omissions; un décret du 18 f(;vrier IfOOsur les religieuses hospitalières, dont les disposilions avaient porté l>> trouble dans ces pieux établissements, en défendant le vœu de pauvreté et celui de chasteté au delà de cinq ans; les décrets de 1809 qui établirent l'université, dont l'institution lui parut dès lors dangereuse pour la religion. Enfin, lorsqu'après la bulle d'excommunication on hésita en Belgique à continuer les prières pour l'empereur, il déclara, dans une lettre du G novembre 1809, qu'il'ne comprenait pas comment un curé chantant ces prières pouvait être tranquille devant Dieu et devant l'Eglise. Ainsi l'opposition de Stevens s'étendait à tout , et on doit reconnaître que , si ses intentions fui'ent bonnes, il s'est souvent trompé. D'ailleurs, la violence de ses attaqués contre quelques évêques devait diminuer le respect dû à l'épiscopat, et alfaililir les liens qui unissent le clergé à ses chefs. Il sortit do sa retraite en 1814; il avait vécu à Fleurus depuis 1802, disant la inesse dans sa caverne les jours de dimanches et de fêtes. Sa première visite fut à l'église où il célébra publiquement la messe avec l'agrément du curé. Il fixa ensuite sa résidence à Wavre, où il devint un objet d'édification. Les quatre dernières années de sa vie furent éprouvées par de cruelles souffrances. Réduit à un déiiûment presipie absolu, il subsistait des dons des personnes charitables. Stevens apl^laudit hautement ro|)posilion ferme et couivigeuse des évêques belges contre les projets anti-catholiques de Guillaume, mais il ne publia aucun écrit à cette occasion. Il mourut le 3 septembre 1828, dans les sentiments les plus édifiants.

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