SUR
rôme de Prato, dans la Vie de Sulpice, a prouvé que le récit de Gennade avait toutes les appaCencPS d'une fable ( voyez aussi VApologiedct Sulpice-Sévère par Bollandus, au 29 janvier). Plusieurs savants, fondés sur l'autorité de saint Jérôme, l'ont accusé de millénarisrae ; il est vrai que ce docteur condamne le dialogue intitulé Gatlius, et que le pape Gelas mit cet ouvrage parmi les livres apocryphes ; mais c'est jirécisémenl parce qu'il contenait de fausses conjectures sur la réédilication du temple de Jérusalem, et sur le rétablissement des cérémonies légales par l'antechiist {voyez une dissertation dans Raccolta di opuscoli scientiftci, tome XVIII , Venise, 1748, et la 5' Dissertation de Prato, dans son édition de Sulpice, t. I"). Nous lui sommes redevables d'un excellent abrégé d'histoire sacrée et ecclésiastique, qui est intitulée : Historia sacra. Elle renferme, d'une manière fort concise, ce qui s'est passé de siècle en siècle, depuis la création du monde jusqu'au consulat de Stilicon , l'an 400 de Jésus-Christ. Cet ouvrage a fait donner à Sulpice le nom de Sallustc chrétien, parce ciu'en l'écrivant il s'y e-t proposé cet historien pour modèle. Il iaut avouer qu'il l'égale pour la pureté et pour l'élégance du style. On trouve dans son livre quelques sentiments paiticuliers , tant sur l'instoire que sur la chronologie ; mais ces défauts n'empêchent pas qu'il ne soit regardé comme le premier écrivain pour ks abrégés d'histoire ecclésiastique. Sleid;in nous en a donné la suite, écrite avec assez d'élégance; mais, comme il était protestant, il est très-favorable à la secte. Un autre ouvrage, qui fait b.aucoup d'honneur à Sulpice-Sévère , est la Vie de saint Martin, qu'il comiiosa à la sollicitation de plusieurs de ses amis. On a encore de lui trois dialogues et i)lusieurs Lettres qui contiennent des traits remarquables de la vie de sa nt Martin. On lui a reproché d'avoir cru trop faclement des miracles, et d'en avoir rapporté qui n'étaient pas assez constatés ; mais il en est plusieurs dont il avait été témoin oculaire ; et il faut convenir qu'à l'égard des faits extraordinaires rapportés par des auteurs sages, vertueux et éclairés, la critique de -cerlains savants dégénère souvent en une fausse délcatesse, qui considère moins les preuves et l'autorité de l'historien que la nature de l'événement, qui n'est pas toujours d'accord avec leur manière d'apprécier les vues et les merveilles de la Providence. Ce qui donnerait plutôt quelque déliance du récit de Sulpice Sévère, c'est l'envie trop marquée d'élever saint Martin au-dessus de tout ce qui jouissait alors de la réputation de sainteté et du don des miracles, ce qui |)araît surtout dans ses Dialogues, et en termes exprès, Dialogue 1, numéros 16, 17, 18. On trouve aussi qu'il est trop prévenu en laveur de la vie monastique, au préjudice de ce qu'il devait aux clercs, aux prêtres, et même aux évoques, dont il parle fort lestement , et auxquels il semble faire un crime de ne pas vivre exactement comme les moines, d aller k
DicT. DE Biographie relig. IU,
cheval au lieu de ne monter que des Anes , d'être vêtus de bure, et autres articles qui certainement n'étaient pas l'effet d' m luxe brillant. Mais ces défauts ne peuvent pas faire supposer dans l'auteur un manquement de bonne foi, qui lui aurait fait inventer des faits qu'il dit avoir vus lui-môme, ou appris de témoins irréprochables. C'est sur la vérité de son récit qu'il fonde la prééminf-uce de saint Martin sur les saints de son temps, ^ et l'on ne doit pas croire qu'il règle son ré- ' cit sui' l'idée de cette prééminence, quoique ces sortes de parallèles soient peu conformes à l'esprit de la vraie piété, et si judicieusement condamnés par l'auteur de \ Imitation de Jésus-Christ, liv. m, chap. 58. Du reste, indépendamment de ce que Sulpice-Sévère rapporte de cet illustre évoque, il est certain que saint Martin était regardé comme un thaumaturge par tous ceux qui l'ont connu ; et le sage et vertueux historien défend trèsbien sa sincérité et son éloignement de toute exagération dans son 3' Dialogue, n" 5. L'édition la meilleure et la plus complète de ses écrits est celle de Vérone, 1741, 2 vol. in-fol., et 175V, 2 vol. in-4", par le P. Jérôme de Prato, oratorien de la môme ville. Cette édition est accompagnée de variantes , de notes, de dissertations savantes et do la Vie du saint. Hack et Elzévir en ont doimé au<!si de très-belles éditions, mais défigurées par des notes fanatiques , dans lesquelles néanmoins l'on convient que tout ce que le protestantisme a entrepris do réformer existait au temps de Suljdce-Sévère , et longteniiis a^'ant lui. — Il y a eu encore saint Sulpice- Sévère, évoque de Bourges, mort en 501, et saint Sulpice le Débonnaire , ou le Pieux, aussi évoque de Bourges, mort en 644. L'un et l'autre se signalèrent par leurs vertus et leurs lumières. Nous avons quelques Lettres de celui-ci dans la Bibliothèque des Pères. Baronius et d'autres éditeurs du Martyrologe romain confondent Sulpic '-Sévère, historien ecclésiastique, avec Sulpice-Sévère, évoque de Bourges : cette erreur a été relevée par Benoit XIV, dans sa préface de l'édition du Martyrologe i[\ï\\ a donnée en 1749; il y démontre que le saint-siége n'a jamais mis le nom de l'historien Sul[uce Sévère dans le Martyrologe. On lui rend cpendant un cidto depuis un temps immémor.al dans l'église de Tours. Voy. la tin de l'art. Phébade.
SLPPERVI'LLE (Damel de), ministre de l'église wallonne de Roterdam, naquit, en 1657, à Saumur en Anjou, et y fit de bonnes ét;ides. Il les continua à Genève, passa en Hollande en 1685, et mourut à Roterdam le 9 juin 1728. On a de lui : Les devoirs de l'Eglise affligée, 1691, in-8° ; des Sermons, in-8", 4 vol., dont la T édition est de 1726; Les vérités et les devoirs de la religion, en forme de catéchisme, 1706 ; Traité du vrai communiant, 1718, etc. Ces différents ouvrages sont estimés des protestants.
SURENHUSIUS (Guillaume), auteur allemand du XVII' siècle, savant dans la langue hébraïque, est connu principalement par une bonne édition de la Mischna, qu'il donna
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