‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 217 sur 341 · SUS · texte numérisé non relu

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.Biower jusqu'en 1673. On en a une traduction française, 1573, in-8°. C'est une suite de la Cliriinique de Nauclérus; il semble que Surius ne l'a entreprise que pour démontrer la mauvaise foi de Sleidan, qui a étrangement déiiyuré l'histoire de son temps. Sj)on ianus en parle en ces ternif^s {ad fi)tn. liJoC, in-8"): Qnœ Sli'idcmus qua-silis faluiiinlts vel imparis dcrisionibus peccavit, ut frcqaentissimc frcit, Laurcnlius Stirius censuris suis in scmitam rcctam rediixil. Une excellente traduction en latin tlu Traité de la |)réseiice véritable de Jésus-Clu'ist après la consécration, de Grop- \M'V, sous ce titre : De, vcritatc corporis et saii- (juinis Clihsti in eucluiristia, Cologne, 1560, in-h". Il a encore traduit en latin les ouvrages de Taulère, deUusbroik, de Staphyle, et donné l'ii'sieurs ou\rages de contioveise.

SUSANNE, tille d'Helcias et femme deJoakim, de la tribu de Juda, est célèbre dans IKcriture pai' son amour pour la chasteté. Elle demeurait h Babylon?- avec son mari, qui était le pl'is riche et le plus considérable d(3 sa nation. Deux vieillaids conçurent pcmr elle une passion criminelle, et, pour la lui déclarer, choisiront le moment qu'elle était seuil', prenant le bain dans son jardin. Ils l'allèrenl surprendre, et la m'nacèrent de la faire condannei- comme adultère, si elle refusait de les écouter. Susanne ayant jeté un grand cri, les deux suborneurs a|)|)elèrent les gens de la maison, et soutinrent l'avoir surj rise avec un jeune homme. Susanne fut condamnée i;omme coupable; mais lorsqu'on la menait au supi)lice, le jeune Daniel, inspiré de Dieu, demanda un second examen de cette atlaire. On interrogea de nouveau les deux acc\isaieurs. Ils se contredirent dans leurs réponses; l'innocence tiionqiha, tt ils lurent condamnés par le peuple, l'an 607 a>ant Jésus-Chrisi, au même supplice auquel ils avaient injustement fiit condamner Susanne. En comparant celte néroïneà Lucrèce, dont les Romains ont l'ait de si grands éloges, on ne peut que g mir sur l'aveuglement de ces moralistes qui exaltent la hlchelé d'une femme (jui se tue de désespoir d'avoir commis un crime, et méconnaissent la véritable vertu, qui embrasse l'ig-inminie et la mort plutôt que de le comraeltre.

.SUSON (le bienheureux Henri), écrivain ascétiq' e, né probaiilement à Constance, Vers l'an 1300, d'une l'amillenoble de Souabe, entra dans l'ordre de Saint-Dominique, et mourut h Ulm en odeur de sainteté, l'an 1366. Surins a écrit sa Vie. On a de lui: Méditations sur la Passion de Notre-Seigncur ; divers Sermons; Horloge de la sagesse, traduite en latin [)ar Surius, sur un manuscrit allemand fort imparfait. Cet ouvrage, tel qu'il est sorti des mains de l'auteur, fut iml)rimé dès l'an 1V70, et avait été tiaduit en français, dès 1389, par un religieux franciscain, natif de Neuchàteau en Lo raine. Cette der lière veision fut imprimée k Paris, en 1493, in-fol., après avoir été retom hée, pour le style, par les chartreux de Paris. On en a

une autre traduclion, 178'i-, iu-1-2, par l'abbé

de Vienne, chanoine de la Saintc-Cbapello

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de Viviers en Brie. Ses OEuvres ont été publiées avec sa Vie, Cologne, 1555, 1588, 1615, in-8'.

SUTCLIFFE fMATTHiEu) , Sutclivius, théologien protestant d'Angleterre, au commencement du xvii° siècle, a composé plusieurs Traités de controverse , dictés par le fanatisme el l'emportement. On en |. eut juger par son livre anonyme touchant la prétendue conformité du papisme et du turcisme, Londres, UlOi. Il a encore laissé : De vera Christi Ecclesia, Londres, 1600, in-4-° ; De purgalorio, Hanau, 1603, in-8° ; De missa papistica, Londres, 1603, in-4-", etc. : tous ouvrages dictés par le même esprit.

SUTHOLT (BEnNARD),néà Hamm en West- ]ihalie, vers la lin du xvr siècle , d'une famille calviniste, enseigna le uroit à Harderwick et à Leyde. La lecture des ouviages d'isaac Casauboi lui fit naître des doutes sur sa religion ; celle des saints Pères, et suriout des conlroversistes orthodoxes, le détermina à se déclarer hautement catholique. L'archevêque de Salzliourg lui douna une chaire de droit. En 1623, le duc de Juliers le fit son conseiller. On igiore la date de sa mort. On a de lui des Dissertations sur les Inslitutes, dont une des meilleures éditions est d'Amsterdam, 1665. Elles sont estiniées. Personne, au jugement u'Ulric Hubert, n'a apjiliqué plus sensément que lui la philosophie à la jurisprudence. 11 publia aussi les raisons qui l'avaient déterminé à abjurer le calvinisme , Cologne, 1625.

SlîTOR. Voy. CocTuniER.

SWEDENBORG (Emmaniel), né à Stockholm, le 29 janvier 1688, fut niimmé,o'iî7l6,à la charge d'assessi'ur au collège métalliqnede cette ville, i ar G h nies XII. Il fut anobli par la reine Ulrique-Eléonore eu 1719, se rendit fameux [)ar ses voyages, ses livres et ses extravagances. Il disait que Dieu lui avait apparu piH'sonnellement en 17i3 , pour le rendre capable de converser avec les au^^es; il se mêlait d'annoncer les choses futures ou cachées, se vantait d'être en correspondance avec les âmes des morts, d'aller souvent en enfer, et d'être membre de la société des anges. Il mourut à Londres en 1772, à 84 ans , a|)rès avoii' laissé plusieurs ouvrages dont, grAce à la bizarrerie des goûts du siècle et h l'ardeur factice de nos enthousiastes, on a fait de toutes parts des traductions. Ces ouvrages sont : un traité des Merveilles du ciel et de l'enfer ; un traité de la Nouvelle Jérusalem céleste: un traité de VAmour conjugal; un autre de la Liaison entre le spirituel et le matériel , ou du commerce établi entre l'âme et le corps. Celui-ci a été traduit par M. Parraud, à Pa: is : on en a publié à La Haye une édil!(m augmentée d'un Discours préliminan-e et de plusieurs pièces sur la vie et les écrits de Swedc borg. On a encore de lui le Règne minéral, Leipzig, 3 vol. in-fol. , compilation inf rme qui n'est d'aucun usage. On ne |ieut cei endant refuser à Swedenborg quelques connaissances isolées et incohélentes dans les malhéniotiques, la physique, l'histoire naturelle, l'anatomie , la mètaphy-

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sique et la théologie ; mais il n'y a geiire de folie ni d'hérésie qui ne se trouve dans ses ouvrages. Il s'y décide pour l'hérésie d'EuUchès. Toutes les jilatitudes accumulées contre les catlioliqucs et les ]ilus grossières calomnies y so'il constamment répétées. Les livres saints y sont expliqués d'une manière ari^itraire, ridicule et souvent indécente. Oi y trouve cependant cà et là des vérités énoncées avec la plus subjuguajte énergie, telles que la suivante : « L'homme est naiurelle- « ment enclin à la croyance et à l'adoration ft do Dieu dans son ;\me ; inlluence qu'il lui « faut étouffer pour passer à l'athéisme. » Swedenborg devint le chef d'une espèce de secte, assez répandue à Londres, connue aussi à Paris sous le nom de Marlinistes. Elle s'accrut et trouva des adeptes parmi les gens même atteints de philosophie. Si on en croit l'auteur du Voile leié et de la Conjuration contre l'Eglise catholique, Swedenborg n'était pas un visionnaire de bonne foi, mais un socinien ou déiste hypocrite qui employait le langage des enthousiastes pour substituer au christianisme une prétendue religion naturelle. ( Voy. le Journ. hist. et litl., 13 janvier 1786, pag. 89. — 1" octobre 1792, pag. 182.) H parut, en 1820, à Copenhague, un ouvrage qui eut beaucou]i de débit; c'est une Vicde l'assesseur Swedenborg. Elle est enrichie de plusieurs fragments de ses écrits et d'une analyse de son système ; on y voit que Swedenborg avait eu quelques idées de la cranologie que le docteur Gall a établie de nos jours. Voy. Richer (Edouard'.

SWIFT ( JoNATHAx), surnommé par Voltaire le Rabelais de l'Angleterre, né à Cashel, dans le comté de Tipperary en Irlande le 30 novembre 1667 , mort le 29 octobre 17Vo , embrassa l'état ecclésiastique et fut doyeii de Saint-Patrick. Il joua un rùle politique assez important pendant le règ ie de la reine Anne, et fut du nombre des publicistes torys qui esercèrent le plus d'influence sur l'opinion publique. Ceux de ses ouvrages qui ont le plus contribué à réjiandre son nom hors de son pays, sont le Conte du Tonneau, et les Voyages de Gulliver. Le premier est une satire allégorique, où, sous les noms dePierre, d(iMartin,e\. dt'Jean, ilattaque tour àtourlepape, LutheretCalvin. C'est unramas de déclamations souvent impies, presque toujours prolixes et fatigantes. Le second est un ouvrage rempli d'allusions contre les institulioîis sociales. Parmi ses autres productions nous citerons celle qui a pour objet : des Avantages qu'il y aurait à abolir la riligion en Angleterre, petit écrit ingé lieux, oii l'auteur tourne en ridicule les discours des incrédules et des poiits maîtres d'Angleterre. Ses œuvres complètes ont été imprimées à Londres, 1733, li vol. iii-i".

SWINDEN ou SWINDIN (Jéuémie), théologien anglais, est connu par un Traité en anglais, sur la nature du feu de l'enfer et du lieu où il est situé; il prétend que l'enfer est placé dans le soleil, et débite sur ce sujet des choses singulières, solidement réfutées par le P. Patuzzi, dans sa dissertation De

sede inferni, Venise, 1767, quoique le savant dominicain ne distingue pas assez les choses décidées par l'Eglise de celles qui ne le sont pas. [Voy. le Catéchisme philosophique, n. 4GI.) Drexelius avant lui, et plusieurs autres, s'étaient livrés à des conjectures sur le même sujet. Voy. Drexelics. Le livre de Swinden a été traduit en français par Bion, et imprimé en Hollande en iT-28. Le Dictionnaire des anonymes , lom. I", p. 339, parle d'une Histoire du diable, de Swinden, iraduite par le même. Bion, Amsterdam, 1729, 2 vol. in-12. Peut-être est-ce le même ouvrage sous un titre ditl'érent. Les autres productions de Swinden ne sont point connues. Il mourut vers 17i0, date donnée i)ar Watkins et le Dizionario storico di Bassano. Le Dict. universel (Prudhomme), dit que Swinden mourut en 1720.

SVAGKIUS (saint), évêc^ue d'Autun, fut élevé à l'épiscopat vers l'an 560, et assista au 2' concile de I yon, en 567 ; au 4' de Paris, en 373 ; au 1" de Maçon , en 380 ; au 3' de Lyon, en 583 ; au 2' de Mâcon, en 385, et aux autres conciies qui se tinrent en France de son temps. Lorsque, en 390, la paix du monastère que sainte Radegonde avait fondé à Poitiers fut troublée par la fuite scandaleuse de Chrodielde, fille du roi Charibert , qui emmenait avec elle plus de quarante religieuses, Syagrius fut chargé, avec quelques autres évêques, d'y rétablir l'ordre, et il assista au concile qui se tint à Poitiers pour cet objet. Il parut aussi au baptême du roi Clotaire II, qui se fit à Nanterre en h91. Le pape Grégoire le Grand le thargea de plusieurs missions importantes dans les Gaules, et lui conféra le pallium,en élevant son église d'Autun au premier rang dans la province , après celle de Lyon, qui était la métropole. Ce pape lui écrivit plusieurs lettres, une entre autres pour lui recommander les missionnaires qu'il envoyait en Angleterre, sous la conduite de saint .\ugustin, en 397.

SYKES (Arthlr-Aghleg), théologien anglican, naquit à Londres en 168i. Il avait du savoir, et jouit dans son temps de quelque célébrité par ses écrits et ses liaisons avec les personnages les plus remarquables du clergé d'Angleterre, tels que l'évêque de Steadly, si fameux par la Controverse de Bangor, et Samuel Claike. Il jiarlageait leurs opinions et écrivait dans le même sens. On sait que tous deux on avaient de fort libres sur nos principaux mystèros, et que Clarke, dans son livri' de la Doctrine de l'Ecriture sur la sainte Trinité, ne dissimula t pas son penchant pour l'arianisme. Voy. Clarke (Samuel), né à Noiwich. Sykes professait les mêmes principes, et prit part à toutes les controverses religieuses agitées de son temps en Angleterre. Ii était opposé aux souscriptions. Malgré celle opposition, il persista dans son adhésinn à la doctrine de l'Eglise anglicane, à l'exemple de ses deux amis, qui, tout en sapant ks fond 'ments de cette croyance, ne se tenaient point pour obligés de cesser d'exercer le ministère dans cette église, et de renoncer aux bénéfices dont lo

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