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en 1700, 2 vol. in-I2. Le chevalier Fmhin prétend, dans ses mémoires, que le P. Tachard est d'une crédulité excessive , et qu'il a exagéré la puissance et les ricliesses du roi (le Siam. Ses observations scientitlques, dit M. Weiss, sont exictes. Plusieius Lettres dans le Recueil des lettres édifiantes. 11 publia, outie ses deux Voyages, un Dictionnaire français et latin, P;,ris, 1689, in-'i', et un autre lalin-français , tous deux à l'usage du duc d.! Bourgogne. La uieilleure édition de celui-ci est celle de Paris, 1727, in-V.
IWCHER (Pierre), rainisti'c éva'igélique à Boston, né en 1752, à AiiUon, se lit un nom co.nme prédicateur. Il s'ap[)liqua à propager les erreurs de sa secte, qui étaii le Mlviuisme, et quand la lutte pour l'jiidépendaiice américaine avec la Grande-Bretagne commença, il soutint courageusement .es droits de son pays, et fut délégué en 1780, de Mal len, oiî il était alors ministre, à la convention qui établit la constitution des Massachuscts. Il se montra démocrate zélé, et s'opi)Osa vigoureusemeut à l'article ([ui donnait le titre d'excellence au premier magistrat ; mais dans la suite il défendit la constitution avec autant de vigueur tju'il l'avait attaquée, et fut installé, en 1785, ministre de l'églis ' de Boston. 11 mourut à Savanah, en 1802. Il a publié un grand nombre de Sermons, des Discours sur les armées en activité de service, et des Observations sur l'état des ecclésiastiques dans la Nouvelle-Angleterre.
TA^'.HON (dom Christophe), bénédictin lie Saint-Sever, au dioièse d'Aire, mort en 1693, cultiva le talent do la chaire avec succès. On a de lui un livre intitulé : De la sainteté et des deroirs d\(n prédicateur évangélique, avec l'Art de bien prêcher et une courte Méthode pour catéchiser, iu-12.
TAILHIÉ (Jacques), prêtre appelant, né dans le connnencement du sièole dernier, à Villeneuve-d'Agen, a publiédcs compilations peu estimées, (pjnique très-répandues. Nous ignorons l'époque de la mort de crt écriv/dn, qui était très-préve lu contre les jésuites et le clergé. Il a laissé : un Abrégé de l'Histoire ancienne de Rollin, à l'usage des jeunes gens, 17i4, 4 vol. in-12; nouvelle édition, 1782, 5 volumes in - 12 ; Abrégé de l'Histoire romaine, idem, 1735, 4 vo!. in-12; nouvelle édition, 178V et 1813, 5 vol. in-12. Ces deux ouvrages ont été souvent réimprimés, et ont été en usage dans les collèges, quoiqu'ils soient rédigés dans un ruauvais esl>rit et avec peu de talent. Abrégé chronologique de l'histoire des jésuites, 1759,2 parties in-12, etc. A ces com|ii!atio ns il a ajouté quelques écri;s, qui sont : Histoire de Louis XII, Milan Paris), 1755, 3 vol. in-12, sans nom d'auteur; 1784,5 vol. in-12, avec le nom de Fauteur; Itcmarques succinctes et pacifiques sur les écrits pour et contre la loi du silence, 1760, in-12; Portrait des Jésuites, 1762, in-12; Histoire des entreprises du clergé sur la souveraineté des rois, 1767, 2 vol. in-12. Cet ouvrage, mis îi l'index le 19 juillet 1708, et qui n'est qu'une espèce de
recueil de fout ce qu'ont dit les philosophes sur le même sujet, ne fit honneur ni aux principes ni à la gloire littéraire de l'auteur. Traité de la nature du gouvernement de l'Eglise, 177S, 3 vol. in-12.
TAILLANDIER (Charles-Louis), naquit à Arras en 1705, fut reçu dans la congrégation de Sai nt-Maur. Ph ce ensuite dans la maison des Blancs -. Ma iteaux, il en éiiousa les sentiments hétérodoxes, et lit jm. liqucment l'éloge d'un de ses confièr.s qui s'était dévoué à la secte de Saint-Médard,ce qui le rendit plus que sus[)ect à tous 1 s catholiques. Ceiiendant la congrégation s'élant chargée de l'histoire de Bretagne, il y fut employé avec dom Aîorice. Celui-ci donna d'abords vol. in-l'ol. de Pièces pour servir à l'histoire de Bretagne, imprimés à P.uns en 1742, 1744, 174o ; et le premier volume de l'Histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, en 1750. Taillandier donna le secon.ii en 1756. Il est aussi l'éditeur du Dictionnaire bas-breton, dont il lit la piéface. Il trouva moyen d'obtenir de riches bénéfices j)ar la protection de M. de Bonneguise, évêqne d'Arras, et il parut dans le monde avec un air qui n'était pas celui de son état. Il mourut [irès de Lille, en 1786.
TAILLEPIED (Noël), religieux de Saint- François, né k Ponloise, mort en 1589, fut lecteur eu théologie et [irédica eur. On a de lui : une Traduction française des Vies de Luther, de Carlostadt et d>' Pierre Martyr, écrites en latin par Jéiùme Bolsec, in-8"; un Traité de (apparition des esprits, 1602, in-12; un Recueil sur les Antiquités dr la ville de Rouen, in-8° : c'est son meilleur ouvrage. L'Histoire des druides, Paris, 1585, in-8" : livre savant, rare et reciierché.
TALBERT (François-Xavier), chanoine de Besançon, né dans cette ville, le 4 août 1728, était lils d'un conseiller au parlement de Franche-Comté : il entra lui-même dans la magistrature, mais il quitta la pla-e (pi'il y occupait pour embrasser l'état ecclésiastique. L'abbé Talbert s'adonna à la prédication, prêcha à Lunévill'e devant le roi Stanislas , à la cour de Versailles devant la famille royale, et partagea, en 1777, la station de Saint-Siili) ce à Paris avec le célèbre P. Elisée, son compatriote. Il estimait les lettres et les avait cultivées avec suciès. 11 concourut pour |ilusieurs prix, et fut souvent couronné. En 1791, il alla en Italie, où il eut occasion de connaître la princesse île Nassau, qui l'emmena dans ses terres en Pologne, et qui l'y traita avec une extrôni" bienveillance. Il mourut à Lemberg en Galiicie, le 4 juin 1803. >'oiciles tiires de ses écrits : Discours sur la source de l'inégalité parmi les hommes, couronné à Dijon en 1754. L'abbé Talbert eut pour concurrent J.-J. Rousseau, qui traita la même matière avec des paradoxes. Panégyrique de saint Louis, prononcé devant l'acadénne française, l'î55, m-8°;<e Cilogcn, poëuie ; les Aniiitages de l'adversité, poëme (pii rem|Jorta le prix de l'académie d'Amiens, en 1769, in-8"; Eloge historique du rhfvalicr Bayard, 1770, in-8' et in-12 ;
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Eloge de Michel de Montnigne, 1775, qui a roiiiporlé le promier juix do l'acailéuiie de Bordeaux, o;i 177V, i:i-8"; Eloge de Bossuet, 1773, in-8", couronné |iai- raradi-inie do Dijon ; Eloge de Louis le Bien-Aime, lu en 1775 à la séance puljlit|ue de l'académie des scionces, belles-lettios et arts do Besançon, in-8'; Odesur Viiidiistrie, qui a r. mporté, on 1769, le prix do l'acadéraii' de Pau, 1770, iii-8" ; Elage historique du cardinal d'Ainboise, couro'iné par l'académie de riminaculée Conception de Rouen, 1777, in-8' ; Eloge de Philippe d'Orléans, couronné à Villefranche en 1/77, in-8" ; Eloqe de Miehel de iUôpital, couronné à Toulouse, 1777, in-8°.
\ TALBOT (Pierrk), né en Irlande, en 1020, d'une branche de rillustre m lison de Talbot, devint aumônier du la reine Catherine de Portuga!, t'omme de Charles II, roi d'Angleterre. Son zèle pour la religion catholique le porta à quitter l.i cour et à rejiasser en Irlande, où il travailla si utilement pour l'Eglise, que le pape Clément IX le fit archevêque de Dublin. Arrêté et renfermé par les protestants dans une étroite |)rison , il y mourut en odeur de sain' été, en 1680. On a de lui : De nalura fidei et hœresis, in-8° ; Politicorum calechismus, m-k" ; Tractatus de religione et regimine, in-V"; Histoire des iconoclastes, Paris, 1074-, i i-V, et d'autres ouvrages. — Son iVére, Biclmrd T\i.i!0t, duc de Tyrconel, se trouva, dès l'dge do quinze ans, à une bataille où il resta trois jours parmi les morts. Après la mort de Cromwell, il s'attacha à Charles II , roi d'Angleterre, et fut laissé vice-roi d'Irlande par Jacques II, lorsque ce dernier jiassa en France. Talbot s'opposa à Cuillaume, prince d'Orange, et se préparait à donner l)alaillo, lorsqu'il mourut en 1692. Son oraison funèbre, |)rononcée à Paris par l'abbé Anselme, et publiée v^-h°, donne une grande idée do sa valeur et de son zèle jiour la roli;j,ion catholique.
TALLEYllAND-PÉKKlOllD ( Ai uvandre- Angéliqiïe de), cardinal et archevêque de Paris, naquit dans cette ville lo 18 octobre 1736, d'une ancienne f nnille de France. Le nom do Talleyran<l s(>mble avoir été dans l'origine celui d'une terre qu'ajoutèrent h leur nom, vers lo xir siècle, plusieurs comtes souverains du Péri:J,ord. Par la suite il devint le titre distinctif d'une branche cadette de cotte maison, sans cesser néanmoins d'être porté par quelques seigneurs de la branche ainée,qui s'éteignit dans la personne d'Arcbambaud VI, mort en 1125, sans postérité. Nous mentionnerons ici quelques-uns dos personnages de la branche cadette qui subsiste encore aujourd'hui. — Hélie Tal- LEïRAND DE Péricord, Cardinal, né en 1301 et mort en 1361 , au moment de partir, comme légat , jiour une nouvelle croisade sollicitée par Pierre I", roi de Chypre, et prê.hée par Urbain V; il exerça "toujours une grande inthienco dans le sacré collège, cultiva et protégea les lettres, et fut ami de Pétrarque. Ce fut la faction dont il était le chef qui lit nommer Cbarlesde Luxembourg empereur, en 1346, à la place do Louis V,
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excommunié par Clément VI. Ce fut encore lui qui alla solliciter à Londres la liberté du roi Jean, m.iis il no init obtenir d'Edouard III qu'une trêve de doux ans. — Henri de Tai,i.EYRAND, comte do Chalais, né vers 1599, mort le 19 août 1626, sur l'échafaud, pour avoir consi)iré avec la duchesse de Chevreuse confie le duc de Richelieu, ((ui l'accusa d avoir formé des projets contre la vie même du roi ; il reçut trente-quatre coups avant d'avoir la têtiî séparée du corps. La Borde a publié les Pi-ces du procès île Henri de Talleyrand, Londres (Paris), 1781, in-12, avec les portraits du comte de Chalais et de madame de Chevreuse. — Le cardinal, qui fait l'objet de col article, s'étant consacré à l'état ecclésiastique, obtint, dans l'année 1762, l'abbaye du Gard, dans le diocèse d'Amiens. M. Biiurlier, depuis son grand vicaire et ensuite évêque d'Evrcux , dirigea ses études théologiques ; il fut ensuite nommé aumônier du roi Louis XV. En 1766, à peine .''igé de 30 ans, il fut fait coadjuteur de M. de La Roche-Aymôn , archevê(jue de Reims , lequel se trouvait forcé, par ses fonctions do giand aumônier, de s'absenter souvent de son diocèse. Cotte même année, Talleyrand fut sacré, le 28 décembre, sous le titre d'archevêque do Trajanople. Ses occupations , comme coidjuteur du diocèse de Reims, augmentèieut quand M. de La Roche-Aymon eut la feuille des bénéfices, jilace qui l'obligeait de résider plus longtemps encore k la coui". Trois ans a[)rès (1769), Talleyrand obtint l'abbaye de Haut-Villiers, au liiocèso de Reims, et fut reçu, l'année suivante, à l'assemblée du clergé, où il suppléa, comme pré- • sident, M. de La Roidio-Aymon, que ses inlirmités em|iêchaiont d'y assister. Ce jirélat, qui avait été fait cardinal i^n 1771, mourut le 27 octobre 1777 : son coadjuteur lui succéda de droit dans le siège de Reims, et reçut, en échange do ses alibayes, dont il s'était démis, celle de Saint-Quentiii-en-l'Islo, au diocèse de Noyon. Talleyrand assista aux assemblées du clergé de 1780 et 1788, et i)artagea en m.èmc temps les travaux de ses grands vicaires , parmi lesquels il s'était empressé d'admollro M. Bourlior, son ancien directeur en tlK'ologie. Il se livrait sans relâche aux soins de son diocèse, composé alors de sept cent quarante-six cures ou annexes. 11 confia son séminaire à di s ecclésiastiques de Saint-Sulpico : cet établissement était administré auparavant par des chanoines réguliers qu'il congédia. Après avoir été de la seconde assemblée (fes notables, Talleyrand fut nommé député aux Etats généraux par le bailliage do Reims. Il y adhéra aux protestations du côté droit contre les principes qui avaient pour but le renversement de l'Eglise et de la monarchie ; publia, en son nom, plusieurs écrits, soit pour prémunir ses diocésains contre les innovations de l'assemblée, soit pour déten 're les droits de son siège. Nous pouvons citer, sur cet objet, sa Lettre aux Electeurs de la Marne, du 8 mars 1791; sa Réponse, du 12, à Philibert, curé de Sedan, qui venait d'être nommé évoque des
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Ardennes, et qui lui avait écrit pour le prier de consentir à l'exercice de sa juridiction ; une autre Réponse, du 5 avril, h Diot, curé de Vendresse, élu évoque de la Marne; un Mandement, du 8 avril, relatif h l'élection de Philibert, et enfin, un autre, du 2 mai, au sujet de l'élection de Diot. Il se retira, avant la lin de la session de l'assemblée Constituante, à Aix-la-Chapelle, d'oîi il envoya son adhésion aux dernières, mais inutiles protestations du côté droit. De cette ville il ])assa îi Bruxelles; mais les armées françaises étant entrées dans la Belgique, il se ren"dit en Allemagne, et demeura plusieurs années à Brunswick. Il s'y trouvait lorsque le souverain pontife demanda aux évêques la démission de leurs sièges. Talleyrand refusa d'accé ier pour le moment à cette demande , en s'abstenant d'exercer aucune juridiction sur son diocèse ; il fit, le 12 décembre, une Réponse dilatoire, à l'instar de celle di; M. le cardinal de Montmorency, ei de MM. les évêques de Boulogne, de Limoges, de Séez, d'Aire, de Digne et d'Auxerre. C'était M. de Boulogne qui avait rédigé cette lettre, comme il rédigea aussi celle qui fut écrite au pape, le 26 mars 1892 : elle fut signée par Talleyrand et cinq évoques, et adoptée ensuite par vingt-cinq autres prélats. Cette dernière lettre exposait les raisons qu'avaient tous ces évêques pour dilférer de donner leurs démissions : elle fut comme le germe des Réclamations du 6 avril 1803, signées aussi par Talleyrand. Louis XVIll se trouvait à Mitt^u, et la santé de M. le cardinal de Montmorency ne lui permettant pas de continuer ses fonctions de grand aumônier, le roi appela auprès de lui l'archevêque de Reims, et l'admit d;ins son conseil. Talleyrand fut pn'sent à la raori du ros|3eclable abbé Edgeworth, arrivée à Mittau, le 22 mai 1807. Il suivit le roi en Angleterre, et ne le quitta point pendant son long exil. M. le cardinal de Montmorency étant mort à Altona, en 1808, Louis XV II dunna la charge de grand aumônier à Talleyrand, et le décora, de sa main, du cordon bleu. Lors de la déchéance de Napoléon, il partit de Hartwell avec le roi, et rentra avec lui eu France, en 1814. Louis XVllI lui rendit son titre de ]jremier pair, dignité attachée à l'archevêché de Reiras, et le chargi-a de présenter des sujets pour les évêchés et autres jilaces ecch'siastiques. Aux c^nt-jours, il accompagna S. M. à Gand. Après la bataille de Waterloo, qui amena la seconde abdication de Bonaparte, il revint dans la ca|iit,de. Talleyrand , ne ni'gligeant aucune démarche pour rétablir la paix dans l'iiglise de France, donna sa démission du siège de Reims, provoqua et signa la lettre adressée à Sa Sainteté, le 8 novembre 1810, leitre qui facilita les arrangements du Concordat. Il fut créé cardinal le 28juillet 1817, et institué pour le siège de Paris, le 1" octobre de la môme année. Mais l'opposition d'une partie ilc la chambre des députés au noiiveau concordat, et les etl'orts du ministère f)our revenir <i celui do 1801, empêchèrent Tallesrand de s'installer dans son nouveau siège avant l'au-
tomne de 1819. {Voy. pour de plus amples détails, VAmi de la reliç/ion et du roi, dans le Précis sur les affaires ecclésiastiques de France, tom. XX, XXI et XXII.) Malgré son Age et ses intiriuités. il ne cessa de s'occuper de son diocèse. Il nomma pour coadjuteur et pour grands vicaires, des ecclésiastiques qui avaient l'estime publique, établit jilusieurs sages règlements pour'le clergé, rétablit li'S retraites |iaslorales, fit rédiger un nouveau bréviaire, et donna plus d'extension à l'œuvre des petits séminaires, etc. Depuis plusieurs années, une pustule douloureuse, qui s'était formée sur sa joue, dégénéra en abcès, auquel vint se joindre un catarrhe ; il mourut le 20 octobre 1821 , âgé de 83 ans. Louis XVIII et tous les membres de son auguste famille ti^moignèrent un vif regret de cette perte. M l'évêqui; d'Hermopolis prononça son Oraison funèbre à Notre-Dame , le 29 novembre 1821 , Paris, A. Leclère, 1821, in-8°. Il a paru sur M. de Talleyrand, une Notice très-succincte, Paris, Leblanc, 1821, in-8°. Lors de la translation du cœur de ce cardinal, un prêtre de la Mission de France prononça, d'abord dans l'église métropolitaine ( le 8 janvier 1822), et jiuis le lendemain dans celle do Saint-Roch, VOraison funèbre de M. le cardinal Talleyrand de Pcrigord, Paris, Cosson, 1823, in-8° d'une feuille. M. de Quélen, qui lui succéda au siège de Paris, lit un digne éloge de son prédécesseur ilans le Mandement qu'il imblia à cette occasion. M. de Bausset |)u- Ijl'a une Notice hislori(jue sur ce prélat, Versaill 'S et Paris, 1821, in-8°. Pacini les vertus que possédait Talleyrand, nous devons signaler s in active charité. Dans son diocèse de Reims il répandit des secours abondants ]iarmi les malheureux, |)iocura un asile aux vieux prêtres, et sa sollicitude s'étendit sur les hospices, il encouragea les manufactures, ht amener (l'Espagne à ses frais, un trou,ieau de mérinos , et fit distribuer des sei ours pour remplacer les couvertures de chaume ])ar la tuile. Ce fut M. Bernis, archevêque (ie Rouen, qui fit son Eloge à la Chambre des pairs, le 27 novembre 1821.
TALLEYRAND-PÉRIGORD(CHàRLES-MâUnicE de), habile di[)lomate, neveu du cardinal de ce noiu, naquit h Paris en 175V. Sa naissance l'apiielait au service militaire ; mais un acci lent l'avait rendu boiteux. Il entra dans l'état ecclésiastique , comn^e il arrivait fré(]UPnmient alors, pour ob ir à sa famille et se fiire une i)Ositiiin. Ses opinions et sa conduite furent peu d'arcord avec le caractère doni il ('lait revêtu; mais au milieu du dés>rdrc général, ses irr gulari es par ticulières étaient |)eu remarquées. Il fut nommé, en 1788, évèque d'Autun, à la sollicitation de son père, qui était très-eslimé de Louis XVI. Doué d'un esprit vif et facile, qui se révélait par une conversation pleine (le charmes, il obtint dans le monde de brillants et rapides succès. Le goût de la littéralature, une disposition aux considérations générales qu'avaient développée des études théologiques suivies avec succès; l'habitude
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de s'occuper d'administration, de finances et irécoiiomie politique, firent Ijientôt du jeune Taileyrand un homuie distingué et apte aux allnires. Lorsque la révolutiim arriva, il en prévit les conséquences, sans en être effrayé, et s'associa au mouvement politique avec une confiance que contribuait sans doute à lui donner l'espérance de tirer parti, en homme adroit, des subversions qui se préparaient. Dès son apjiaritio'i à l'assemblée Constituante, il prit place |)armi les hommes les plus influents du parti populaire, et se fit paiticulièremenf remarquer |>ar ses vues sur l'instruction publique, et par quelques discours qu'il prononça sur des questions de finances. Le 7 juillet 1789, il demanda qu'on décl.iràt nuls tous les mandats impératifs ; quelques jours après il pi-oposa d'accorder les droits de citoyen actif a tous les habitants du territoire, et mèuje aux Israélites, et il fit décrétiT, le 20 août suivant, l'admission de tout citoyen indistinctement aux divers emplois. Dès cette époque, Taileyrand possédait au plus haut degiti une disposition d'esprit nécessaire à qui veut réussir en temps de révolution , et qui consiste à rester de sang-froid parmi des hommes ardents, à s'approcher de ce qui s'élève avec éclat, mais à s'y attacher prudjemment, de manière à en recueillir à propos les débris. Fidèle à ce système de circonspection adroite, il se maintint presque indépendant des factions, sans direction positive, appuyant, selon l'occasion, différents côtés de l'assemblée, et se décidant chaque jour d'après la circonstance. Cependant , aux yeux des hommes qui placent avant tout les principes et la conscience, cette époque de sa vie a été l'objet de justes reproches. Partageant la plus giande faute qu'ait commise l'assemblée Constituante , faute qui ne peut s'explii|uer que par des rancunes étroites et des pr('jugés aveugles, il joua un grand rôle dans le malheureux essai d'une église instituée par la loi civile , indépendamment des croyames, et il insista sur l'utilité, sur la convenance mèiiie de la confiscation et de la vente des biens du clergé. Toutefois, comme il voulait la liberté de conscience dans les deux sens, il prit plus tard, à diverses reprises, la défense des ecclésastiques non seimentés. Au mois de février 1790, l'assendjlée Constituante ayant résolu de faiie connaître h la France l'esprit dont elle était animée et le but qu'elle se pro(>osait, la rédaction de cette adresse fut confiée à Taileyrand, (jui fut nommé président quelques jours après. Ce fut lui qui, le li juillet, jour de la fête de la fédération, assisté de l'abbé Louis, célébra la messe sur l'autel de la patrie, et bénit les di-apeaux des déparlements et des tr(jupes. A la mort de Mirabeau, il lui à l'assemblée le discours sur les successions, que lui avait confié ce grand orateur. L'autorité ecclésiastique ayant refusé de sacrer les nouveaux évèques, nommés en vertu des articles de la constitution civile du clergé, et qualifiés d'intrus, Taileyrand se décida le premier à s'en charger, et il eut pour assistants deux évoques in parti-
bus. Pie 'VI en témoigna son mécontente ment par un monitoire d'excommunication.
Dans les derniers jours de l'assemblée Constituante, il devint administrateur du département de Paris, et après la session il se rendit à Londres, en même temps que Chauvelin, dans le but d'assurer la paix extérieure. N'ayant pu y réussir; il revint en France. Le règne de la terreur l'obligea de s'exiler : il passa en Angleterre, et de là en Amériijue, d'où il fut ra[ipelé en 1796, sur la proposition de Chénier. Appelé au sein de l'institut, môme avant son retour à Paris, il fut peu après nommé minis re des relations extérieures par le Directoire. Pressentant la grandeur de Bonaparte, il se rapprocha bientôt du général, à l'élévation duquel il contribua très-efiicacement, et dont il fut longtem|)S ministre des relations extérieures. On a reproché à Taileyrand d'avoir en cette qualité |iarticipé, jusqu'à un certain point, à la mort du duc d'Enghien, fusillé le 21 mars 180't dans les fossés de Vincennes, après avoir été arrêté à Ettenheim, dans le grand duché de Bade , par une violation manifeste du droit des gens. Ce fut vers ce temps que Taileyrand, qui avait renoncé aux habitudes ecclésiastiques, fut relevé de ses vœux par un bref de Pie Vli. Rendu à la vie séculière et se croyant libre, il épousa madame Grandt, mais sans éclat. Nommé grand chambellan en 1806, il reçut, quelques jours après, connue lief, la principauté de Bénévent. En 1808, il tomba dans une espèce de disgrAce, en restant toutefois grand dignitaire de l'empire et prince souvei'ain de Bénévent , et il employa les loisirs de sa retraite à écrire des Mémoires. C'est chez lui, dans sa demeure de Valençay , que Na[)oléon envoya Ferdinand VII, roi d'Espagne , dont il avait exigé l'abdication. Lorsque l'ambition démesurée de l'empereur eut amené les événements de 1814., Taileyrand fit proclamer sa déchéance par le sénat , et dans le conseil des souverains alliés , où il lut appelé , il plaida avec beaucoup de force et d'habileté la cause de l'ancienne famille royale des Bourbons. Ce fut sur sa proposition que le séi.at, dont il était président, ariêta l'établissement d'un gouvernement provisoire, chargé de préparer un projet de constitution qui satisfît aux nécessités du moment. Le prince de Bénévent, MM. de Beui nonville , de Jaucourt, de Dalberg et de Montesquiou eurent la direction des affaires , et le lendemain parut une proclamation signée de Taileyrand, annonçant la fin du règne impérial. Louis X\ III le nomma ministre des affaires étrangères le 12 mai, et pair de France le- 4 juin ; et plus tard il fut envoyé au congrès de Vienne, en qualité de ministre plénipotentiaire. Après son retour de l'île d'Elbe, Napoléon l'excepta nominativement de l'amnistie qu'il proclamait, et Taileyrand alla rejoindre le roi à Gand. Louis XVIII, rentré dans le jialais de ses pères, le nomma , le 8 juillet 1815, ministre des affaires étrangères et président du conseil. 11 obtint de Louis XVIU l'-hérédité de la pairie, qui était
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repnussi^e par los royalistes purs , et pour laquoUe lo monarque avait d'abord montré de la répugnance, l/esprit qui domina dans la chambre do 1813 le força de quitti'r le pouvoir, et il remit le portefeuille au duc de \\\~ chelieu le 26 a 'ût do la môme année. Tait que dura la restauration, il demeura dès lors étranger aux affaires, non toutefois sans conserver encore une grande autarité. Talleyrand était un des hommes les plus spirituels de son épo pie, et de son salon, où alluaient les plus hautes notabilités de la France et de l'Europe, il étendait au dehors son iniluence. On a pu dire de lui qu'il avait été le dernier des grands seigneurs français. Lorsque la révolution de 18Î0 eut fait passer le sceptre dans les raiins du duc d'Orléans, ce prince se hAla d'appeler dans ses conseils Talleyranl, qui, nommé ambassadeur <i Londres, s'attacha à lui assurer l'alUanee de l'Angleterre. Lorsque son œuvre lui parut complète et la paix assurée, il voulut que ce succès, qu'il jugeait glorieux pour lui, mît Qn à sa cari'ière diplomatique, et il se démit
de l'ambassade d'Angleterre.
Mon grand
« Age, écriv,!\it-il à Louis-Philippe, les infir- « mités qui en sont la suite, le repos qu'il t< conseille, les idées qu'il suggère, rendent X ma démarche bien simple , ne la justitlerit a que trop, et en font même un devoir.» La vieillesse n'avait point alfaibli son esprit ; jamais sa conversation n'avait eu plus de grâce et d'attrait. Il prenait intérêt à tout ce qui se passait autour de lui , et il aimait à rappeler ses souvenirs. Dégagé de l'influence des haines politiques et des préjugés de partis , il assistait aux événements contem[)orains comme xui spectateur impu'tial et éclairé. La contiance de Louis-Philippe l'avait suivi dans sa retraite, et il était souvent consulté sur les questions les plus importantes et les situations les plus difficiles. Cependant il avait trop d'élévation et de gravité dans l'esprit pour qu'une vie douce et imprévoyante pût lui sulFire au bord de la tombe. Celui qui avait toujours vouluse rendre un compte certain des situations politiques , ne pouvait échapper à la nécessilé de songer à lui-même. Aff.iibli par une maladie dont les progrès lents, mais sensibles, inquiétaient ses amis, il résolut de faire ses adieux au public qui s'était tant occupé de lui. 11 se rendit à l'Institut , et dans un discours remarquable par les vues morales, il prononça l'éloge du comte Reinhart. Dès ce moment, les réilexions religieuses et les méditations sur les questions les |)lus importantes pour l'homme l'occupèrent plus artiveraent. Il se plaisait à parler de matières ecclésiastiques, et à rappeler des impressions d'enfance et des souvenirs de séminaire. 11 songeait aussi à une rétractation publique de ses erreurs, et il annonça q^ïilamiit quelque chose à faire, et qui' le ferait. C'est vers le même temps (|u'il ré ligea un codicile, où. il déclarait qu'il voulait mourir dans le sein de l'Ei/lise catholique, apostolique et romaine. Lorr.qu'il fut alti'inl d'un mal subit qui ne Jaissa plus d'espoir do lo conserver, il uié-
cnta avec caJme la résolution qu'il avait prise depuis longtemps. Le matin de sa mort, il signa deux actes qu'il avait rédigés quinze jours auparavant , et qui renfermaient une déclaration de ses sentiments. On les lui lut à haute voix et devant huit témoins, au nombre flesquels étaient M. le duc de Noailles, M. Rover-Collard, M. le baron de Barante et M. l'abbé Dnpanloun. Il apposa ensuite h l'un et à l'autre .sa signature, après quoi il se coiifessa et reçut f'extrème-onction. Mgr l'archevêque de Paris vint deux fois savoir de ses nouve'les; le prince avait conservé toute sa connaissance, et s'unissait aux prières de l'Eglise. Il est mort le 17 mai 1838. Par son testament, il a institué pour légataire universel Mme la duchesse de Dino, sa nièce, et il a fait plusieurs legs particuliers à M. le duc de Valençay, son |)etit-neveu. A la suiie du testament, qui est olo^ra^ihe, se trouve une déclaration écrite aussi de sa main, et dans laquelle il expose les principes politiques ({ui ont dirigé sa conduite sous les divers gouvernements depuis 1789. On assure que, d'après sa volont '• expresse, il en a été (lonné lecture ?> sa famille i>n même temps que du testament. Cette déclaration, qui est datée de 18-36, contient la défense formelle, faite par le prince à ses héritiers, de publier ses mémoires , qiii sont, dit-on, déposés en Angleterre , avant que trente ans se soient écoulés depuis le jour de sa mort. Il leur ordonne de désavouer tout ce qui , avant cette époque, serait publié sinis son nom. Ses funéra des eurent lieu le 22 mai, et ses restes furent plus tard transportés ?i Valençav, où il avait manif v-té le désir d'être inhumé. M. le baron de B,iranfo prononça son éloge devant la Chambre des pairs, dans la sénnce du8 j nin. T/dleyrand était décoré des prineipiux ordres de l'Europe, et avait été fait grand-croix de la Légion-d'Honneur dès la création de cet ordre, en 1803. Il était membre de l'académie des inscriptions et belles-lettres et de celle des sciences morales et politiques. Le principal écrit de Talleyrand est un Mémoire sur les relations commerciales des Etats-Unis vers 1797. 11 avait lu la môme année au Cercle constitutionnel, dont il était un des fondateurs, an autre Mémoire sur l'utilité do fonder des colonies françaises sur les côtes de l'Afrique.
TALON (DenIs) , fils d'Orner Talon, célèbre avocat-général au parlement de Paris, lui succéda dais cette charge, et se signaia par l"s mêmes talents. Il mourut , en lfi9S, président à mortier. Nous avons de lui quelques pièces, imprimées avec les Mémoires de son père,(ju'elles ne déparent point, lesquels ont été publiés par Ant. -Franc. J lly , La Haye, 1732, 8 vol. in-12. C'est lui qui, dans un réquisitoire du 23 janvier 1CS7 , a caractérise le jansénism ; par des traits dont la vérité s'est toujours accrue jusqu'à la révolution de France , opérée un siè-le après. « C'est, dit-il, une faction dangereuse q ni n'a « rien oublié, pe idant tre ite ans, pour dite minuor l'autorité de toutes les puissances
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« eccl(^siastiques et séculic'rcs qui ne lui « étoieiit pas favorables.» Le Traité df /'«(«iorité des rois dans le gouvenvinriit de l'Eqlise, qu'on lui attribu;' , n'est poinl do lui , iiiaisde Roland Le Vayer de Boutigny, mort intendant de Soissons en 1685. C'est un de f-es ouvrages par lesquels on a préparé la ruine de l'Eglise et de l'Etat , en dénaturant les principes et l'objet des pouvoirs. Mais quoi(iu'on ne puisse accuser Talon de cette production informe, il est vrai néanmoins que, plus 'l'une fois, il a dérogé aux viaies notiois. et fait un abus blâmaijlo de ce qu'on aii|)elle libertés de l'Ef/lise gallicane : '< liochet favori du pouvoir séculier, dit un « auteur, dont il se sert d'autant plus sûre- « ment contre l'Eglise, quii y trouve tout « ce qu'il veut. C'est un tr(''sor dont il a seul « la clef. » Les évéques do l'assemblée de KiVo en portèrent à \vu près le même jugement dans leurs remontrances au roi. « Au « lieu de maintenir les justes libertés de l'E- « glise gallicane, vos juges les ont tellement « embrouillées, que ce qui devait servir de « proieotion se convertit en oppression. » Voij. du l'uY (Pierre). Talon ne s'est pas non ji'us assez défendu de ce moyen dont on peut si ficilement abuser et qu'on nomme Appel comme d'abus. Voij- Kipebt. — Ses discours et plaidoyers ont été réunis h ceux de .-on pèi-e, et réimprim^'S sous le titre à'OEuvres d'Orner et de Denis Talon, Paris, 1821, 6 vol. i -8'.
TALON (Jacques), oratorien, parent du célèbie avocat gén!''ral , s'atiacha d'abord au cartlinal de La Valette, qu'il suivit dans ses campagnes dr 1623 et 1635, et, après la mort de ce cardinal, ariiv:'e en 1639, il se retira dans le séminaire tle Saint-M.igloire, où il reçut les ordres sacrés. En 16i8, il entra dans la congrégation lie l'Oratoire. 11 .-ivait été dé|)uté du >econd ordre h l'assemblée du clergé de WAo ; il y remplit les fonctions d'.'igent, et rédigea le procès-verbal. Il mourut le 22 lévrier 1671, Agé de 73 ans. On a de Jac |ues Talon : Instructions chrétiennes tirées du catéchisme du concile de Trente, rédigées dans un ordre Irès-mélhoiiicpie , et dédiées aux deux jevnies princes de Conli, Paris, 1667, in-16 ; les Exercices de Tlinulère, sur la vie et la passion de Jésus-Christ, trad. du latin, Paris, 1669, in-12; la Vie et les OEuvres spirituelles de saint Pierre d'Alcanlnra , dt^diées à la reine, Paris, 670, in-12; la Vie de la mère Madeleine de Saint- Joseph, carmélite. C'est une secon le édtion de celle qu'avait publiée le P. Senault, augmentée de plus d'un tiers et retoucliée pour le style; OEuvres spirituelles de Louis de Grenade, Paiis, 1668, in-folio : cette traduction, qu'on atlrib.ie généralement à Girard, est réellement du P. Talon ; Vie de sainte Marie-Madt'eine de Pazzi, trad. de l'espagnol, 1671, in-12; Mémoires du cardinal de La ya/eiie, qui ne parurent qu'en 1772, 2 vol. in-12.
TALON (Nicolas), jésuite, né l'an 160o k Moulins, mort à Pans en 1691, âgé de 86 ans, est auteur de divers ouvrages estimables : une Histoire sainte, PariS, 1640 et
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ann. suiv. , k tomes in-4° ; plusieurs fois r'iraprimée, notamment par Cramoisy , à Paris, 16G5, 2 vol. in-folio; une Description de la pompe funèbre du prince de Conilé, 1645, in-4'; VOraison /'Mnèire de Louis XIII; l'Histoire saî«<p du Nouveau-Testament, Paris, 1669, 2 vol. in-fol. Cet ouvrage, qui est la suite de la précédente Histoire sainte, ne fut pas aussi bien reçue du pidjlic ; la Vie de saint François de Sales, Paris, 1650, in-i"; en tète des OKuvres de ce saint, dont le P. Talon fut l'édileur, Paris, 1661, in-fol.; et séparém.'nt, 1666, in-12 ; les Peintures chrétiennes, Paris, 1667, 2 vol. in-8", ornées de 200 gravures ; la Vie de saint François Borgia, Paris, 1671, in-12.
TA.^]BUHINI (Thomas), naquit à Caltanissette, en Sicile, en 1-391, d'une famille l'iustre, se fit jésuite, enseigna la théologie (lendant 24 ans, fut ensuite tenseur et consulleur du saint-office, et umurut à Pak-rme, l'an 1673. Ses ouvrages, qui roulent tous sur la théologie morale, ont été recueillis à Lyon, 1639, in-fol., et à Venise, en 1735. II y ex(iliipie le Décalogue et les sacrements. Quelques théologiens y ont trouvé des pro positions répréhensibles; mais 1 autorité ecclésiastique n'a point l'mlirmé leurs ten;ures. — Il ne faut pas le confondre avec Michel-Ange Tamuirini, général des jésuites, mort en 1730.
TAMIiL'KlNl (l'abbé Pierre), professeur à l'universUé de Pavie, né en 1737, à Brescia, y étudia la jihilosophie et la théologie, et, jeune encore, y fut chargé de professer les mêmes scieiici.'s d.ms le séminaire. Il resta douze ans dans cet établissement, fut apnelé k Rome sur sa réputation, et oluint la place de directeur des éludes au collège d'Irlande qu'il garda pendant six ans. L'iniiiératrice Marie-Thérèse le nomma ensuite prof-'sseur de théologie à Pavie où il est i-esté jusqu'à sa moi t arrivée le 14 mars 1827. Il avait été nommé en 1797 [irot'esseur de droit naturel et de [)hiloso|iliie morale, et ce 'ut lui qui organisa le lycée de Biescia dont il prit la direction pendant 2 ans. Il a laissé de nombreux ouvrages sur les matières de son enseignement. L'abbé Tambnrini professait, dit-on, des opinions qui n'étaient jioint entièrement conformes à celles lie la cour de Rome ; elles se rapprochaient des doctrines gallicanes. Vog. Bolgem.
TANAQUETIUS. Voy. Thomasius.
TANCHElIN , Tanchelme ou Tasdème , fanatique du \n' siècle, né k Anvers, renouvela la secte infAme des adamites, sous le règne de Henri V, et prêcha punliquement, dans les Pays-Bas et dans la Hullande, contre les sacrements, les prêtres, les évêques, le pape et la dîme. Cet imposteur avait tellement fasciné les esprits, qu'il abusait des iilles en présence de leurs mères, et des femmes en présence de leurs maris. Bien loin que les uns et les autres le trouvassent mauvais, ils se croyaient tous honorés de l'amour du prétendu prophète. Il paraissait en public, escorté de 3000 hommes armés qui le suivaient partout. II marchait avec la ma-
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giiificence d'un roi, et il se servait de son fanatisme pour subvenir à ses dépenses. Cet enthousiaste d'une espèce singulière eut plus d'un trait de ressemblance avec le fameux Jean de Leyden, dont il eut la folie, l'orgueil, l'impudence, la luxure, le cynisme, la crapule et limiiiété. Il lit de grands ravages dans la Zélande, à Utrecht, et dans plusieurs villes de la Flandre, surtout à Anvers, malgré le zèle de saint Norbert, qui le confondit plusieurs fois. « Rien ne prouve « mieux, dit un historien, à quels étranges « excès une tolérance illimitée conduirait « les peuples, toujours dupes des impos- « leurs les plus grossiers, que les prodigieux « succès de Tanchelin et de Jean de Leyden. V D'hommes jadis chrétiens et vertueux, elle « ferait des animaux féroces et immondes. » il s'avisa d'aller à Rome en habit de moine, prêchant partout ses erreurs ; à son retour, il fut arrêté et mis en prison par Frédéric, archevêque de Cologne. Il s'éc!iappa de sa prison ; mais il ne tarda pas à subir la peine que méritaient ses crimes ; il fut assassiné, en 1123, dans un tumulte qu'jl avait luimême excité.
TANCRÈDE, archidiacre de Bologne au xm' siècle, est auteur d'une Collection de canons. Ciron l'a donnée au puLlic avec des notes utiles.
TANEVOT (Alexandre) , ancien premier ■commis des finances, naquit à Versailles, en 1692, et mourut à Paris, en 1773. Ses ouvrages recueillis en 3 vol. in-12, en 1766, consistent en deux tragédies non représentées. L'une est intitulée Se'thos, l'autre Adam et Eve ; il y a des tirades bien versifiées. On trouve encore dans son recueil des Fables, des Epîtres , des Chansons, etc. Son mérite principal est la pureté et la douceur du style, qui dégénère quelquefois en faiblesse €t l'attachement aux bons principes de la morale et du goût. Ouoiqu'il eût occupé des places qui enrichissent, il ne laissa précisément que ce qu'il fallait pour payer ses dettes et pour récompenser ses domestiques.
Plus il avait eu de facilité d'obtenir des grâces, plus il s'était tenu en garde contre la cupidité basse et injuste qui porte à les demander. C'était un honune sincèrement religieux, et un véritable philosophe chrétien. La plus ingénieuse de ses petites poésies est une espèce de poème lyrique, auquel le poëte a donné le nom de Philosopliisme. Un esprit aussi sage que celui qu"il montre dans tous ses écrits ne pouvait qu'être révolté des systèmes de nos philosophes, qui choquent si directement la religion, la morale et la raison. Dès qu'ils commencèrent à paraître, Tanevot, en bon citoyen, prévit tout le mal qu'ils allaient faire dans le monde, et fut un des premiers à employer les armes du ridicule, afin d'en arrêter les progrès. On peut dire que l'ironie y est aussi ingénieuse et aussi piquante que le fond est judicieux et habilement développé. A la tête de ce poëme est un avertissement où l'auteur s'exprime ainsi : « Une fausse philosoo phie, née de l'indépendance et do la pré- ,.
« somplion, lève aujourd'hui un front auda- « cieux, s'arme de mille traits erapoison- « nés, qu'elle ose lancer contre la religion ; « elle la poursuit avec une fureur qui n'a « point d'exemple. C'est tantôt par des atta- « ques à découvert, tantôt par de sombres « marches d'autant plus dangereuses qu'elles « sont moins aperçues. On ne peut se dissi- « muler les rapides progrès qu'elle fait jour- « nellement. Noustouchons |)resqueau temps « d'une corruption générale, suite funeste « de l'extinction des vertus et de ces mœurs « si pures dont la religion est une source « intarissable, et qui ont fait la gloire de nos « ancêtres. . Ce qui touche jusqu'aux lar- « mes, ce sont les périls auxquels notre jfu- « nesse est exposée. Que deviendra l'espoir « de la nation, lorsque ses enfants, livrés de « bonne heure à l'incrédulité et à la licence, « abjureront, du moins dans leur cœur, la foi « et les vertus de leurs pères, et qu'ils n'au- « ront désormais pour la servir d'autre mo- « tif et d'autre aiguillon qu'un intérêt basse- « ment personnel, aussi éloigné du citoyen « que du héros, etc. » Prédiction semblable à celles que d'autres hommes vertueux et éclairés ont faites sur la France. Voy. Elisée, Neuville.
TANNER (Adam), jésuite, né 11 Inspruck en 1572, enseigna la théologie à Ingolstadt et à Vienne en Autriche. Son savoir lui procura la place de chancelier de l'université de Prague ; mais l'air de cette ville étant contraire à sa santé, il résolut de retourner dans sa patrie. Il mourut en chemin, le 25 mai 1632, à 60 ans. On a de lui : une Relation de la dispute de Ratisbonne, en 16.il , à laquelle il s'était trouvé, Munich, 1602, in-fol. ; une Théologie scolastique, 4 vol. in-fol. ; un grand nombre d'autres ouvrages en latin et en allemand, parmi lesquels on distingue son Astrologia sacra, Ingolstadt, 1621, in-fol. ; Apologia pro societate Jesu, Vienne, 1618, in-i".
ÏANNER (Matiiias), né à Pilsen , en Bo-= home, l'an 1630, se fit jésuite en 164-6, enseigna les belles-lettres, la philosophie, la théologie et l'Eftriture sainte, et fut envoyé à Rome en qualité de procureur en 1675. On a de lui : Cruentum Chy-isti sacrificitun incruento m'issce sacrificio explicatum, Prague, 1669, in-12; Conlra omnes impie agentes in locis sacris, en latin et ensuite en bohémien ; Societas Jesu icsqae ad sanguinis et vitœ profusionem wu7/fans, Prague, 1675, iurfol., avec do belles figures. C'est l'histoire des religieux de son ordre qui ont souffert pour la foi ; elle est écrite avec pureté et élégance. Historia societatis Jesu, sive vitœ et gestn prœclara Patrtim societatis, etc., Prague, 1694-, in-fol., avec figures, écrite avec la même élégance. Tanner mourut vers 1703.
TANNER (Thomas) , savant anglais, né à Luwington en 1674, posséda successivement plusieurs bénéfices, et fut enfin élevé sur le siège de Saint-Asaph, au pays de Galles. Il mourut en 1735, après avoir été marié à une riche héritière. On a de lui : Abrégé de l'histoire des monastères en Angleterre, Oxford,
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